15.05.2012
n°611 - Dossier ‘Les grévistes de la faim Palestiniens ’: François Hollande et la question palestinienne : nouveau président, même politique...
n°611 - Dossier ‘Les grévistes de la faim Palestiniens ’: François Hollande et la question palestinienne : nouveau président, même politique...
L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources
Dossier ‘Les grévistes de la faim Palestiniens’
n°345 15-05
C.De Broeder & M.Lemaire
Vous retrouverez ce journal
a) sur mes blog :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) Sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
c) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com
d) Sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
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Sommaire Tiré à part Farid Merrad : Les détenus en grève depuis 25 jours, la mobilisation en Cisjordanie tend vers une intifada. Al-Manar : Grèves de la faim : des Palestiniens en colère contre l’indifférence de l’ONU. Les détenus en grève Ziad Medoukh : Et les cris des prisonniers palestiniens ? Politique Palestinienne Afp : Palestiniens en grève de la faim: Abbas met en garde contre un "désastre national". IRIB - Les palestiniens bloquent le siège des organisations internationales à Gaza. Politique Israélienne wikistrike : Israël met ses détenus palestiniens dans des conteneurs. Politique Internationale a) Les organisations IRIB - Le CICR inquiet de l'état de santé des prisonniers palestiniens. b) Les Pays Grève de la faim des détenus palestiniens: des pourparlers en cours via une médiation égyptienne. Egypte Tunis IRIB -Les Tunisiens manifestent en soutien aux grévistes palestiniens. IRIB -Istanbul : sit-in des palestiniens. IRIB -La Suisse durcit le ton contre Israël. François Hollande - le président élu. CAPJPO-EuroPalestine : Monsieur Hollande, n'avez-vous rien à dire sur les prisonniers palestiniens ?
Citizen K : François Hollande et la question palestinienne : nouveau président, même politique... 2-1 Alain Gresh : Palestine, ces prisonniers ignorés en grève de la faim. 2-2 Amnesty: action urgente pour les prisonniers palestiniens en grève de la faim. 3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage. 3-2 Soutien aux 2 000 prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim Communiqué du Collectif 69 de soutien au peuple palestinien. 4 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion. 4-1; Middle East Monitor : Pourquoi les Palestiniens ont-ils entamé une grève de la faim ? 4-2 José Luis Moraguès : La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques palestiniens et les tâches du mouvement de solidarité internationaliste. 5 Annexe Poème dédié aux prisonniers palestiniens. Rim al-Khatib : Excuse-moi, monsieur le prisonnier |
Tiré a part
Farid Merrad : Les détenus en grève depuis 25 jours, la mobilisation en Cisjordanie tend vers une intifada.
Pas moins de 3000 détenus palestiniens dans les prisons de l’occupation entrent ce vendredi dans leur 25e jour de grève de la faim illimitée, dans le but d’arracher leurs droits humains légitimes de l’administration pénitentiaire sioniste. Au même moment, un effet boule de neige s’amplifie en Cisjordanie où une mobilisation timide avait commencé jusqu’à devenir un troisième soulèvement populaire qui fait reconsidérer la cause palestinienne au niveau local et international.
L’état de santé de nombreux prisonniers grévistes se détériore, en raison de 74, 57 ou 50 de grève de la faim, où parce que certains ont arrêté de se soigner. Et en Cisjordanie occupée, région qui était absente dans l’action résistante depuis de nombreuses années, est désormais le lieu d’un mouvement populaire qui s’agrandit de jour en jour, et devient un espoir de retour de l’esprit de lutte et de résistance auprès des jeunes cisjordaniens traqués sans cesse par les soldats de l’occupation et leurs collègues des services de sécurité de l’Autorité.
De nombreuses activités, comités populaires et factions palestiniennes ont appelé à faire de ce vendredi un jour de colère pour soutenir les prisonniers grévistes de la faim, sous le nom du « vendredi des détenus ». Ceci après des appels adressés par l’un des responsables de la grève, le commandant des Brigades d’Ezzedin al-Qassam, Ibrahim Hamed, de sortir par millions vendredi pour soutenir les prisonniers et comme un don offert par la Cisjordanie.
Des sources au sein du Comité de direction de la grève ont annoncé l’échec de la réunion tenue jeudi soir dans la prison de Nafha, entre l’ensemble des membres du Comité et une importante délégation de l’administration pénitentiaire sioniste.
Le centre Ahrar spécialisé dans les affaires des prisonniers a indiqué que l’échec de cette rencontre s’est confirmé avec la poursuite des détenus dans leurs mesures de lutte, en se privant de vitamines et en boycottant la clinique de la prison. Le Comité de direction de la grève exhorte le peuple palestinien et l’ensemble des factions et activités à intensifier le mouvement de solidarité et le soutien à leur cause. De même qu’il demande à l’Egypte, la Tunisie, la Libye, la Jordanie et les autres pays à venir en aide aux détenus et de sortir dans de grandes marches de soutien.
Farid Merrad
Al-Manar : Grèves de la faim : des Palestiniens en colère contre l’indifférence de l’ONU.
" Ceci contraste nettement avec vos déclarations fortes et constantes pour soutenir le soldat israélien incarcéré Gilad Shalit ", détenu par le Hamas à Gaza pendant cinq ans et libéré en octobre en échange d’un millier de prisonniers palestiniens, soulignent-ils.
Plusieurs dizaines de Palestiniens bloquaient mercredi l’accès aux bureaux de l’organisation des Nations-Unies à Ramallah en Cisjordanie, pour exprimer leur colère contre son double poids et mesure et presser le secrétaire général Ban Ki-moon d’intervenir en faveur des détenus en grève de la faim en Israël. Les manifestants, qui empêchaient les employés de l’ONU d’entrer, brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire en anglais "UNfair" (injuste, jeu de mots sur le sigle de l’ONU en anglais : UN), laissant entendre que l’organisation onusienne est injuste.
"Nous remarquons avec déception votre silence depuis le début de ce mouvement de protestation en décembre 2011", affirment les organisateurs du rassemblement dans une lettre ouverte à M. Ban, citant le pionnier de cette mobilisation, Khader Adnane, membre du mouvement de résistance Jihad islamique, libéré le 17 avril sur décision de la justice israélienne après 66 jours de grève de la faim.
" Ceci contraste nettement avec vos déclarations fortes et constantes pour soutenir le soldat israélien incarcéré Gilad Shalit ", détenu par le Hamas à Gaza pendant cinq ans et libéré en octobre en échange d’un millier de prisonniers palestiniens, soulignent-ils.
Au moins un tiers des quelque 4700 détenus palestiniens d’Israël (dont près de 310 en détention administrative) sont actuellement en grève de la faim, dont sept depuis plus d’un mois et demi, selon l’administration pénitentiaire israélienne, des sources officielles palestiniennes et des organisations humanitaires.
Ils réclament l’abolition de l’isolement carcéral et de la détention administrative, une disposition héritée du mandat britannique sur la Palestine qui permet l’incarcération sans inculpation ni jugement de suspects pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.
"Nous vous exhortons à prendre une position ferme et forte contre la violation par Israël des droits des prisonniers", selon le texte, demandant au chef de l’ONU "d’encourager les Etats membres à s’opposer à ces violations flagrantes des droits de l’Homme".
Le bureau du coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, n’avait pas de commentaire dans l’immédiat sur cette protestation, mais M. Serry s’est dit le 3 mai "profondément troublé par les informations sur l’état critique d’au moins deux prisonniers palestiniens (...) en grève de la faim depuis plus de deux mois". Dans un communiqué, il "appelait toutes les parties à trouver une solution avant qu’il ne soit trop tard".
Le 2 mai dernier, le rapporteur des Nations-Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 Richard Falk s’est dit « écœuré par les violations des droits de l’homme dans les prisons israéliennes ».
Appelant la communauté internationale à veiller à ce qu’Israël respecte les lois et normes internationales en matière de droits de l’homme dans sa façon de traiter les prisonniers palestiniens, il a reppelé dans son communiqué que depuis 1967 « quelque 750 000 Palestiniens, dont 23 000 femmes et 25 000 enfants, ont été en détention dans les prisons israéliennes, soit approximativement 20% du total de la population palestinienne des territoires occupés ».
jeudi 10 mai
Les détenus en grève
Ziad Medoukh : Et les cris des prisonniers palestiniens ?
Depuis un mois, plus de 2000 prisonniers palestiniens ont entamé une grève de la faim illimitée. Leur mouvement, d'une ampleur nationale et politique sans pareille, n'aboutit à aucune réalisation de leurs revendications pourtant légitimes. Le gouvernement israélien refuse de répondre à leurs demandes : ils réclament l'amélioration de leurs conditions de détention, la fin de l'isolement, l'autorisation de visite pour leurs familles, la suppression des arrestations arbitraires et l'abolition de l'arrestation administrative sans aucun jugement
Ce mouvement est suivi en Cisjordanie et dans la bande de Gaza par des milliers de Palestiniens qui organisent partout des manifestations de soutien à ces prisonniers, dans leur combat pour la liberté et la vie. Et des centaines de personnes ont commencé une grève de la faim en solidarité avec eux.
Cette grève est historique, c’est la plus longue dans l’histoire des prisonniers politiques du monde. C’est une résistance remarquable que celle de ces hommes et de ces femmes de bonne volonté qui, par leur patience et leur persévérance, sont un exemple pour le monde entier
Malgré quelques initiatives prises par des associations de la société civile dans certains pays, en solidarité avec les prisonniers palestiniens grévistes de la faim, on observe le profond silence des médias, des intellectuels, des partis politiques et celui des gouvernements d'un monde qui se dit libre et démocrate.
Personne ne bouge pour réagir devant le sort réservé à ces prisonniers ? Pourquoi?
Vont-ils continuer longtemps à souffrir ?
Où sont donc les organisations des droits de l’homme ?
Où donc est le monde libre ?
Quand y aura-t-il une réelle pression sur les autorités israéliennes d’occupation ?
Les cris des estomacs vides de nos prisonniers vont-ils être entendus ?
En attendant, derrière les prisonniers palestiniens, tout notre peuple va poursuivre le combat, jusqu’à la conquête de ses droits légitimes et jusqu’à la sortie du dernier détenu des prisons et des ghettos israéliens.
Jeudi 10 mai 2012
Ziad Medoukh
Politique Palestinienne
Afp : Palestiniens en grève de la faim: Abbas met en garde contre un "désastre national".
RAMALLAH (Territoires palestiniens) — Le président palestinien Mahmoud Abbas a mis en garde dimanche contre un "désastre national" au cas où un des 1.550 prisonniers palestiniens en grève de la faim décéderait dans une prison israélienne.
Deux des détenus, Bilal Diab et Thaer Halahla, ont cessé de s'alimenter depuis 75 jours et la communauté internationale, comme les organisations de défense des droits de l'Homme, s'alarment de l'état de santé des grévistes de la faim.
"La situation des prisonniers est extrêmement dangereuse. Certains d'entre eux risquent des lésions très graves, ce qui serait un désastre national que personne ne saurait tolérer", a prévenu M. Abbas avant de présider une réunion du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
"J'espère et je prie Dieu que personne ne souffre davantage car ce serait une énorme catastrophe", a-t-il insisté.
Le président palestinien a évoqué le sort des prisonniers lors de sa rencontre samedi soir avec l'envoyé spécial israélien, Yitzhak Molcho, porteur d'une lettre du Premier ministre Benjamin Netanyahu sur le processus de paix.
L'OLP a affirmé dimanche son soutien à la position de M. Abbas "sur l'impératif de relâcher les prisonniers et mettre fin à leurs souffrances". L'organisation a aussi appelé à un jeûne de 24 heures lundi en solidarité avec les détenus.
Selon la porte-parole de l'administration pénitentiaire, environ 1.550 détenus palestiniens sont actuellement en grève de la faim.
Des responsables palestiniens ont dit espérer prochainement une réponse positive des autorités israéliennes aux revendications des prisonniers. Mais ils ont prévenu que les détenus intensifieraient leur mouvement sans précédent, en cas d'échec des négociations en cours.
Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, a fait état de contacts entre l'Egypte et l'Etat hébreu pour tenter de régler la crise, mais il a accusé Israël d'avoir "changé d'avis".
"La partie israélienne joue avec les mots. Après les efforts louables des Egyptiens (...) afin de répondre aux exigences israéliennes, et tenter de mettre fin à la grève de la faim et à la crise, les Israéliens ont changé d'avis il y a deux jours", a affirmé à l'AFP le numéro deux du Hamas, Moussa Abou Marzouk, dans une interview dimanche au Caire.
Selon lui, les autorités israéliennes sont revenues sur leurs promesses de lever les mesures d'isolement contre certains prisonniers et de faciliter les visites des familles.
Les détenus réclament l'abolition de l'isolement carcéral et de la détention administrative, qui permet l'incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment, ainsi que l'autorisation des visites de proches pour les prisonniers originaires de Gaza.
L'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, s'est déclaré samedi "de plus en plus inquiet de la dégradation de l'état de santé des prisonniers palestiniens qui sont en grève de la faim dans les prisons israéliennes".
Vendredi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est dite "extrêmement préoccupée par l'état de santé de plus de 1.600 détenus" en grève de la faim en Israël et a appelé l'Etat hébreu à leur "assurer un accès immédiat et approprié aux soins".
Le règlement de la crise devient pressant à l'approche du 15 mai, le jour de la "Nakba" ("catastrophe"), l'exode des populations palestiniennes après la création de l'Etat d'Israël en 1948, anniversaire marqué chaque année par des manifestations et un regain de tensions dans les Territoires palestiniens.
afp
IRIB - Les palestiniens bloquent le siège des organisations internationales à Gaza.
Des dizaines de jeunes palestiniens, ont organisé, aujourd'hui dimanche, des rassemblements protestataires, devant les sièges des organisations internationales, à Gaza, contre les conditions déplorables des palestiniens détenus dans les prisons du régime sioniste.
Ces organisations ont été fermées, pendant 2 heures, en raison de ces rassemblements. Les protestataires ont exigé de ces organisations d'assumer leurs responsabilités et de soutenir les revendications équitables des prisonniers palestiniens. Ils ont empêché pendant deux heures les employés du Croix Rouge Mondiale, de l'UNESCO et de l'organisation de l'UNDP de se rendre au travail. Les organisations internationales sont responsables de la vie des prisonniers palestiniens, tandis qu'elles ne font rien dans ce sens, a déclaré l'un des manifestants, Hani Abou Mostafa, lors d'une conférence de presse devant le siège du Croix Rouge Mondial. Les manifestations ont menacé de fermer tous ces sièges à Gaza si leur mutisme immobilisme se poursuit.
IRIB
Politique Israélienne
wikistrike : Israël met ses détenus palestiniens dans des conteneurs.
Un groupe de détenus palestiniens dit que les fonctionnaires des prisons israéliennes ont adopté une série de nouvelles mesures pour punir les prisonniers qui font une grève de la faim.
Les gardiens de prison ont confisqué leurs effets personnels, fouilles à nu effectuées, et les prisonniers ont été placés dans des petits conteneurs métalliques dans les prisons du Néguev dans le sud d'Israël, c’est ce que rapporte Ma'an samedi.
Les autorités ont également interdit les pauses pour les prisonniers et six détenus ont été placés à l'extérieur dans des conteneurs en guise de punition.
Le 17 avril, des centaines de prisonniers palestiniens ont commencé une grève de la faim pour protester contre l'emprisonnement sans accusation et l'isolement exercé par le régime de Tel-Aviv.
Il ya eu plusieurs manifestations à travers la Cisjordanie occupée et la bande de Gaza pour exprimer la solidarité envers les prisonniers.
Selon le Bureau central palestinien de la statistique et des groupes de défense des prisonniers, il y a actuellement des milliers de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, dont beaucoup ont été enfermés sans inculpation ni jugement.
06/05/2012
Politique Internationale
a) Les organisations
IRIB - Le CICR inquiet de l'état de santé des prisonniers palestiniens.
Le Comité international de la Croix rouge évoque la nécessité de l'examen de l'état de santé des prisonniers palestiniens, en grève de la faim dans les geôles du régime sioniste. Nadia Dibsy, porte-parole du CICR a dit, dimanche, au reporter de Press TV, que le CICR s'inquiète de l'état de santé de ces prisonniers en grève de la faim détenus dans les prisons israéliens et qu'il a demandé à maintes reprises aux responsables israéliens d'entreprendre les mesures nécessaires pour transférer à l'hôpital, les 6 prisonniers, en grève de la faim depuis 74 jours. Entre temps, l'Agence allemande a rapporté, citant un responsable palestinien qui a souhaité garder l'anonymat, que la récente lettre du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu au président de l'Autorité autonome, Mahmoud Abbas, ne comprend pas d'importants points pour une nouvelle relance du processus des négociations de paix.
4/05/2012
IRIB
b) Les Pays
Grève de la faim des détenus palestiniens: des pourparlers en cours via une médiation égyptienne.
Des pourparlers sont en cours, via des médiateurs égyptiens, pour tenter de trouver une issue à la grève de la faim de centaines de prisonniers palestiniens détenus en Israël, a-t-on appris samedi de sources officielles palestinienne et israélienne.
Selon des responsables pénitentiaires, au moins 1.600 des 4.600 prisonniers palestiniens détenus en Israël refusent de s'alimenter. Les Palestiniens estiment qu'environ 2.500 détenus suivent la grève de la faim. Les grévistes entendent dénoncer leurs conditions d'incarcération et réclamer la fin des "détentions administratives". Ce système, justifié par l'Etat hébreu au nom de la lutte contre le terrorisme, permet que des suspects palestiniens restent détenus pendant des mois, voire des années, sans que des charges aient été retenues contre eux.
C'est la première fois que l'on évoque des négociations importantes depuis le début du mouvement, il y a plusieurs semaines, ou même dans certains cas plusieurs mois. Selon des responsables palestiniens, des médiateurs égyptiens tentent de favoriser un accord entre les grévistes et les autorités israéliennes. Un responsable israélien a confirmé la tenue de pourparlers, sans autre précisions. Les autorités israéliennes sont réticentes à conclure un accord avec les prisonniers, craignant qu'il n'encourage d'autres grèves de la faim.
Deux prisonniers, Thaer Halahleh et Bilal Diab, sont en grève de la faim depuis plus de 70 jours. Tous deux sont membres du Djihad islamique, un groupe palestinien qui a perpétré de nombreux attentats-suicide, fusillades et autres opérations meurtrières contre les Israéliens. On ignore toutefois si les deux hommes ont été impliqués dans des activités terroristes, car ils sont incarcérés dans le cadre d'une détention administrative.
Par ailleurs, un émissaire du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, Yitzhak Molcho, devait rencontrer plus tard dans la journée le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie, pour évoquer les pourparlers de paix dans l'impasse, selon une source palestinienne.
Tunis
IRIB -Les Tunisiens manifestent en soutien aux grévistes palestiniens.
L'association lycéenne pour le soutien à la cause palestinienne, en Tunisie, a entamé une série d'initiatives, en soutien aux Palestiniens détenus dans les prisons du régime sioniste. La grève de la faim de deux jours à laquelle ont participé, symboliquement, certains ministres et représentants de l'Assemblée constituante figure parmi ces initiatives. Simultanément à ces démarches, des manifestations de soutien à la revendication réclamant la libération des prisonniers, afin de mettre fin à leurs souffrances, ont eu lieu, dans différentes villes tunisiennes. En signe de solidarité avec les Palestiniens détenus dans les prisons du régime sioniste, une grève de la faim de deux jours avec la devise «Nous resterons affamés, pour soutenir les épris de liberté», a été organisée.
06/05/2012
IRIB
Turquie
IRIB -Istanbul : sit-in des palestiniens.
En solidarité avec les palestiniens détenus dans les prisons du régime sioniste, les ressortissants palestiniens résidant en Turquie ont observé un sit-in.
La minorité palestinienne en Turquie a observé un sit-in, à Istanbul, et a exigé au premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoghan, et au minstre des AE Ahmed Davutoglu ainsi que aux instances de défebse des droits de l'homme de réagir et faire pression sur le régime sioniste. Le palestiniens détenus dans les prisons du régime sioniste ont entamé une grève de la faim depuis le 17 avril simultanément à la journée du prisonnier palestinien en protestation contre l'arrestation
4/05/2012
IRIB
Suisse
IRIB -La Suisse durcit le ton contre Israël.
Le ministre suisse des Affaires étrangères a critiqué, dans un communiqué officiel, la situation des prisonniers palestiniens.
Cité par l'IRNA, la diplomatie suisse s'est dite inquiète de la situation des Palestiniens détenus par les militaires israéliens dans les geôles du régime sioniste, appelant les responsables israéliens à mettre des moyens médicaux à la disposition de ceux qui observent une grève de la faim. A noter qu'un grand nombre de Suisses ont manifesté, il y a deux semaines, en guise de protestation contre l'invitation faite au ministre israélien des Affaires étrangères de venir en Suisse. Plus d'une centaine de Suisses s'étaient réunis, devant le ministère de la diplomatie suisse et demandé à son ministre de revenir sur cette invitation. Les manifestants ont considéré Lieberman comme un raciste et un violateur des droits de l'Homme, insistant pour qu’il ne lui soit pas permis d’effectuer sa visite, à Bern. Ils ont, également, demandé le boycott de marchandises israéliennes.
4/05/2012
IRIB
François Hollande - le président élu.
CAPJPO-EuroPalestine : Monsieur Hollande, n'avez-vous rien à dire sur les prisonniers palestiniens ?
François Hollande a beaucoup parlé de justice et de dignité pendant sa campagne électorale. Serait-il néanmoins indifférent au sort des 2000 prisonniers palestiniens en grève de la faim, et pour certains en danger de mort, qui réclament un peu plus de justice et de dignité justement.
François Hollande est très occupé.
Mais tout de même, n’a-t-il rien a dire, concernant le respect du droit international, au partenaire privilégié de la France qu’est Israël ?
Ne pense-t-il pas que la France, pour laquelle il a déclaré avoir de grandes ambitions, s’est créé quelques obligations en signant les Conventions de Genève, en ratifiant la Convention sur la Torture, et en votant les résolutions de l’ONU ?
Des hommes sont en train de mourir pour protester contre le système israélien de "détention administrative", c’est à dire l’emprisonnement pour des durées illimitées, sans charge et sans procès.
Non seulement Israël maintient depuis 45 ans une occupation illégale (résolution 242 de l’ONU)
Non seulement Israël viole la 4ème convention de Genève qui interdit le transfert de population et de prisonniers des territoires occupés sur le territoire de la puissance occupante
Non seulement Israël ne reconnait pas le statut de prisonniers politiques à ces femmes et ces hommes qui luttent pour leur liberté, pour leur indépendance
Non seulement Israël a légalisé la torture contre les Palestiniens en autorisant les "pressions physiques modérées", qui couvrent un large éventail de tortures physiques et psychologiques, y compris à l’encontre des enfants
Non seulement Israël a emprisonné 800.000 femmes, hommes et enfants palestiniens depuis 1967
Mais en plus Israël inflige des châtiments (privations de visites, placement en cellule d’isolement...) aux prisonniers contraints de recourir à la grève de la faim pour faire valoir des droits fondamentaux
Monsieur Hollande, ne serait-il pas temps d’intervenir, de montrer que les mots "justice" et "dignité" ont véritablement un sens pour vous ?
Vous vous honorez d’être Français. Pouvez-vous faire en sorte que nous puissions en faire autant, et ne soyons pas submergés par la honte face au silence de cette "nation qui n’est pas une nation parmi les autres", comme vous l’avez affirmé ?
Nous vous rappelons au demeurant que votre co-équipière, Martine Aubry s’est beaucoup agitée pour non pas 2000, mais une seule prisonnière (dont les agissements restent assez obscurs), au Mexique, allant jusqu’à appeler au boycott du Mexique, et bien plus encore puisqu’elle s’est permis, en tant que maire de Lille, d’empêcher la tenue d’une exposition sur le Mexique dans sa ville !
CAPJPO-EuroPalestine
Vendredi 11 mai 2012
(cf : http://www.europalestine.com/spip.php?article5874 )
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Almanar : le Hamas invite le président élu, François Hollande, à Gaza. Le mouvement de résistance palestinien Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, a invité le président français élu François Hollande à visiter le territoire sous blocus israélien et à «corriger» la politique française envers les Palestiniens. «Nous appelons le président français élu François Hollande à mettre la question palestinienne en tête de ses priorités et à corriger l'approche française de la question palestinienne», affirme le Hamas dans un communiqué. Le mouvement, victorieux aux dernières élections législatives palestiniennes en 2006, presse le nouveau président de «respecter les droits du peuple palestinien, d'agir pour leur recouvrement, de respecter le choix démocratique de notre peuple et mettre fin au boycott de notre direction élue et au siège de la bande de Gaza». «Nous l'appelons également à venir à Gaza pour y constater la situation et la souffrance tragique de sa population», poursuit-il. «Malheureusement, jusqu'à présent les interventions internationales dans la situation intérieure palestinienne et les conditions injustes du Quartette sont le plus grand obstacle à la démocratie palestinienne et la cause principale de sa destruction», estime le Hamas. La France n'entretient officiellement aucune relation avec le Hamas, considéré par l'Union européenne (UE) comme une «organisation terroriste». Elle exige pour cela que le mouvement accepte les trois principes du Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, ONU, Russie): reconnaissance d' « Israël », renonciation à toute « violence » et respect des accords signés. Le président français sortant, Nicolas Sarkozy, avait salué en octobre la libération du soldat israélien Gilad Shalit, lors d'un échange de prisonniers avec le Hamas, comme «un signal positif» mais pas suffisant pour que le mouvement devienne un interlocuteur de la France. http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=63509 |
Citizen K : François Hollande et la question palestinienne : nouveau président, même politique...
Le changement, c’est pas maintenant.
Le nouveau président de la république va encore plus loin que son prédécesseur. Dans un article publié sur le site du CRIF, on apprend que François Hollande, lors d’une rencontre avec une “forte délégation” du Crif, a assuré “de son engagement de fermeté contre les actes antisémites et antisionistes”.
La première question qui devrait être débattue est la suivante : que signifient les mots “Sémite” et “Sioniste” ?
Pourquoi, M. Hollande, comme l’ensemble de la classe politique française et mondiale, utilise le mot “antisémite” pour qualifier le racisme envers les juifs ? C’est incorrect et trompeur. Selon la définition du Larousse, un sémite est une personne appartenant à un ensemble de peuples parlant ou ayant parlé dans l’Antiquité des langues sémitiques. Il ne s’agit donc pas du “peuple juif”. En effet, un polonais ou un américain, bien que juif, n’est pas et ne sera jamais un sémite.
En ce qui concerne la volonté du nouveau président de combattre les actes antisionnistes... Est ce que le sionisme est une religion Monsieur Hollande ? Non, absolument pas. Le sionisme est un courant idéologique. Il s’agirait donc, en France, pays des droits de l’homme et des libertés individuelles, d’interdire au peuple d’exprimer son mépris pour le sionisme ? Au nom de quoi ?
Critiquer l’état d’israel et sa politique entre dans le cadre de la libre expression. Même si cela est devenu quasiment impossible dans notre pays à cause des lois mémorielles et d’une sacrée dose de mauvaise foi et de mensonges à répétition.
S’agirait-il de faire un pas de plus dans le mensonge et la tromperie ? Ce qui, avant le 5 mai, consistait à inculper chaque personne osant critiquer l’état d’israël d’être antisémite, consisterait désormais, de faire également de l’antisionisme un crime passible de poursuites judiciaires ? S’agirait-il d’un ultime coup d’épée pour museler les dissidents de la pensée commune qui, au fil du temps, ont appris à se défendre et à éviter les inculpations d’antisémitisme ?
Les images de la Place de la Bastille, pleine de monde, célébrant l’avènement du Parti socialiste au pouvoir, ont dérangé un grand nombre de personnes. Parce que des drapeaux “maghrébins” (Algériens, Marocains et Tunisiens) flottaient pour célébrer le nouveau président de la République française. Ce raisonnement est aussi choquant que stupide. Tous ces drapeaux flottant au même endroit, au même moment et pour une même “cause” étaient un symbole d’unité et de fraternité qu’apparemment beaucoup n’ont pas su percevoir. Sans doute à cause d’oeillères inconscientes imposées insidieusement par une propagande médiatique massive et continuelle.
Ce qui m’a choqué devant ces images de la Bastille en liesse, c’est de voir ces mêmes drapeaux, ainsi que de voir le drapeau Palestinien, mais pour une toute autre raison : voir tout ce monde fêter l’arrivée au pouvoir d’un homme tel que M.Hollande, qui est en plusieurs points identique à Nicolas Sarkozy, et notamment sur la question Palestinienne. Comment est ce que les français peuvent penser un seul instant qu’il sera un bienfait pour la Palestine ? Ne sont-ils pas au courant de ses nombreuses déclarations pro-israélienne ? Ne l’ont-ils pas vu aller, comme une grande majorité de la classe politique française, prêter allégeance au diner du Crif en février dernier (le CRIF est un lobby sioniste ayant pour but principal la défense d’israël et de ses intérêts) ? Ne se demandent ils pas pourquoi les diners du CRIF sont devenus un passage obligatoire aux élus de la république ? Ne remarquent-ils pas que M.Hollande utilise les mêmes mots que son prédécesseur pour qualifier la Résistance de Terrorisme, et ainsi, en un tour de mots, légitimer les atrocités quotidiennes infligées aux palestiniens ?
Dans l’article auquel je fais référence un peu plus haut, nous apprenons également que François Hollande a déclaré lors de sa rencontre avec le CRIF, que si Israël est l’objet de tant de critiques c’est qu’il constitue une grande démocratie. Ces mots semblent tout droit sortis de la bouche de Bernard Henri Levy (que je n’ai plus besoin de présenter tant sa réputation de faussaire et d’agent israélien est connue). En effet, en faisant quelques recherches supplémentaires, on peut apprendre que ces deux hommes, Hollande et Levy, ont déjeuné ensemble peu de temps avant cette rencontre.
Les français n’ont pas remarqué tout cela. Très souvent parce que les médias complaisants traitaient ces informations de manière trop peu approfondie. Les discours de Monsieur Hollande lui ont valu à plusieurs reprises d’être qualifié par la droite et l’extrême droite de “candidat des musulmans”. Ce qui bien entendu est faux ! Mais qui a suffit, par une habileté médiatique déjà prouvée, à laisser penser aux musulmans de France et aux français sensibles à la question, que M.Hollande serait différent de son prédécesseur sur la question palestinienne.
L’histoire ne change pas. Le cirque des élections auquel les sujets sont invités à participer en votant, renforce l’illusion de la démocratie et permet de conserver un système corrompu et élitiste qui ne sert bien évidemment pas le peuple.
mardi 8 mai 2012 - 07h:56
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http://counterpsyops.com/2012/05/07...
2 Dossier
Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information
2-1 Alain Gresh : Palestine, ces prisonniers ignorés en grève de la faim
.Imaginons un instant deux mille prisonniers politiques en Chine engagés dans une grève de la fin depuis plusieurs semaines ; ou bien deux mille autres, mobilisés dans un mouvement similaire en Russie. Il y a peu de doute que les télévisions et les radios, si promptes à se mobiliser sur les atteintes aux droits humains dans de lointains pays, ouvriraient leurs bulletins d’information sur cette nouvelle, s’indigneraient de cette violation des droits élémentaires, appelleraient nos autorités à réagir et même à intervenir, à imposer des sanctions à Pékin ou à Moscou.
Il y a bien deux mille prisonniers politiques qui font la grève de la faim, mais en Palestine. Et l’information ne semble pas intéresser grand-monde. Mais nous le savons depuis longtemps, les Palestiniens, les Arabes, les musulmans ne sont pas vraiment des êtres humains comme les autres.
Revenons d’abord sur les faits, rapportés par le correspondant du Monde (« Le mouvement de grève de la faim des prisonniers palestiniens en Israël s’étendrait à 2 000 détenus », Lemonde.fr, 6 mai) :
« Israël éprouve des difficultés croissantes à contrôler le mouvement de grève de la faim des prisonniers palestiniens, qui ne cesse de s’étendre. Commencée le 17 avril pour protester contre la pratique de la détention administrative (qui permet de maintenir un suspect en prison sans jugement, pendant une période de six mois renouvelable), cette action regrouperait aujourd’hui quelque 2 000 détenus, selon Addameer, l’association palestinienne de défense des droits des prisonniers. » (...)
« Deux prisonniers au moins sont dans un état critique : Bilal Diab, âgé de 27 ans, est originaire de Jénine, et Thaer Halahla, âgé de 33 ans, originaire de Hébron (tous deux membres du Djihad islamique), ont commencé leur grève de la faim le 29 février. Après soixante-six jours sans alimentation, ils sont entrés dans ce que les médecins appellent “une phase aléatoire de survie”. Les deux hommes ont comparu, jeudi 3 mai, sur une chaise roulante, devant le Cour suprême d’Israël, mais celle-ci a renvoyé sa décision sur une éventuelle remise en liberté à une date ultérieure. »
« Au moins six autres prisonniers sont dans un état de santé jugé alarmant. Ce mouvement de grève s’est étendu aux principaux centres de détention en Israël, et plusieurs chefs de file de la résistance palestinienne, comme Ahmad Saadat, chef du Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), l’ont rejoint. Alors que les manifestations de solidarité se multiplient dans plusieurs villes palestiniennes, le gouvernement du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, hésite sur la conduite à adopter. »
Cette grève pose d’abord la question des détentions administratives (c’est-à-dire sans preuve et sans jugement), une pratique héritée de l’époque du mandat britannique, quand Londres luttait (1944-1948) contre le « terrorisme sioniste ». Comme je le rappelle dans De quoi la Palestine est-elle le nom ?, ces lois d’exception avaient été dénoncées par nombre de juristes, dont le docteur Moshe Dunkelblum, qui devait siéger plus tard à la Cour suprême d’Israël. Le 7 février 1946, il déclarait : « Ces ordonnances constituent une menace constante contre les citoyens. Nous, juristes, voyons en elles une violation flagrante des principes fondamentaux de la légalité, de la justice, de la discipline. Elles légalisent le plus parfait arbitraire des autorités militaires et administratives. (…) Elles dépouillent les citoyens de leurs droits et confèrent aux autorités des pouvoirs illimités. » Mais, une fois arrivés au pouvoir, les sionistes oublièrent ces critiques et retournèrent ces lois contre les Arabes.
La Cour suprême d’Israël, que certains présentent comme le garant de la démocratie dans ce pays, a rejeté l’appel de deux prisonniers administratifs en grève de la faim depuis deux mois (« Court rejects petition by Palestinian hunger strikers against detention », Haaretz, 8 mai 2012). En toute hypocrisie, elle a noté que cette pratique de la détention administrative était « une aberration dans le domaine juridique » et devait donc être utilisée « aussi peu que possible », mais les prisonniers qui avaient fait appel étaient déboutés. Il fut un temps où Israël autorisait officiellement des « pressions physiques modérées » contre les détenus palestiniens : un peu de torture, pas trop... Une décision que cette Cour suprême « humaniste » a soutenue jusqu’en 1999 (on était, à l’époque, en pleines « négociations de paix » entre Israël et l’OLP !).
La grève des prisonniers palestiniens a été relayée par les déclarations de Richard Falk, le rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, qui s’est déclaré « écœuré par les violations continues des droits de l’homme dans les prisons israéliennes. Depuis 1967, 750 000 Palestiniens, dont 23 000 femmes et 25 000 enfants, ont été en détention dans les prisons israéliennes, soit près de 20% du total de la population palestinienne des territoires occupés », a-t-il rappelé (cité dans Armin Arefi, « Israël : la dernière arme des prisonniers palestiniens », AFPS).
Conclusions : silence radio dans la plupart des médias ; aucune pression sur le gouvernement israélien ; aucune indignation morale de tous ces grands intellectuels... La terre continue de tourner et certains s’étonnent que les discours européens sur la démocratie et les droits humains suscitent surtout des ricanements dans le monde arabe.
Alain Gresh
Mardi 8 mai 2012
Source : Les blogs du Diplo
http://blog.mondediplo.net/...
2-2 Amnesty: action urgente pour les prisonniers palestiniens en grève de la faim.
Ils prennent les cas et pas tous les prisonniers bien sûr. Adresses et contact fournis au bas du document.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 8 JUIN 2012 .
Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
Six détenus palestiniens observant une grève de la faim afin de protester contre leur maintien en détention sans inculpation ni jugement sont désormais si faibles qu’ils ont été transférés à l’hôpital de la prison de Ramleh. Aucun n'a été autorisé à être examiné par un médecin indépendant.
Thaer Halahleh et Bilal Diab ont entamé leur grève de la faim le 29 février 2012 environ afin de protester contre leur placement en détention administrative ; leur santé s’est beaucoup dégradée depuis lors. La Cour d'appel militaire les a déboutés de leurs appels le 23 avril 2012, et aucune date n’a encore été fixée pour l’examen de leur recours par la Cour suprême israélienne.
Thaer Halahleh a été appréhendé chez lui dans le village de Kharas (district d’Hébron) le 26 juin 2010, puis placé en détention administrative. Son ordre de détention, qui peut être renouvelé indéfiniment, l’a été le plus récemment le 5 mars 2012. Bilal Diab a été arrêté à son domicile de Kufr Rai, à Djénine, le 17 août 2011 ; le dernier renouvellement en date de l’ordre de détention administrative émis contre lui remonte au 14 février 2012. Compte tenu de la dégradation de leur santé, il a été décidé de transférer les deux hommes à l’hôpital de la prison de Ramleh le 21 mars. Bien que Médecins pour les droits humains-Israël (PHR) en ait plusieurs fois fait la demande auprès de la justice, les deux hommes n’ont pas été autorisés à être examinés par des médecins indépendants, exception faite de la visite d’un docteur de PHR le 9 avril. PHR a exhorté les autorités à les transférer dans un hôpital civil afin qu’ils puissent recevoir des soins médicaux spécialisés.
Hassan Safadi, Omar Abu Shalal et Jaafar Izz al Din, qui mènent eux aussi une grève de la faim pour protester contre leur placement en détention administrative, se trouvent également à l'hôpital pénitentiaire de Ramleh. Aucun n’a été autorisé à être examiné par un médecin indépendant. Mahmoud al Sarsak, lui aussi à l'hôpital de la prison de Ramleh, est le seul Palestinien de Gaza à être détenu sans avoir été jugé ni même inculpé par Israël au titre de la loi sur les combattants illégaux. Il a été arrêté le 22 juillet 2009 au poste de contrôle d’Erez. Il a commencé sa grève de la faim le 24 mars 2012 afin de protester contre son maintien en détention administrative sans inculpation ni jugement. La Cour suprême israélienne a rejeté à quatre reprises les recours qu’il a formés. L’ordre de détention émis à son encontre a été renouvelé le 1er mars 2012.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en hébreu ou dans votre propre langue :
- exhortez les autorités israéliennes à libérer immédiatement ces six détenus (en les nommant) ainsi que tous les autres Palestiniens se trouvant en détention administrative, à moins qu’ils ne soient inculpés d’une infraction reconnue par le droit international et jugés dans le respect des normes internationales d’équité des procès dans les meilleurs délais ;
- demandez-leur de veiller à ce que tous les détenus observant une grève de la faim puissent régulièrement s’entretenir en privé avec des médecins indépendants, leur famille et leur avocat, et ne soient pas sanctionnés d’une quelconque manière en raison de leur grève de la faim ;
- engagez-les à cesser de recourir à la détention administrative, y compris en vertu de la loi sur les combattants illégaux, car elle bafoue le droit à un procès équitable, prévu par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 8 JUIN 2012 À : Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
Vice-Premier ministre et ministre de la Défense
Ehud Barak
Ministry of Defence
37 Kaplan Street, Hakirya
Tel Aviv 61909, Israël
Fax : +972 3 69 16940 / 62757
Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
Juge militaire et général de brigade
Brigadier General Danny Efroni
6 David Elazar Street
Hakirya, Tel Aviv, Israël
Fax : +972 3 569 4526
c.e.: avimn@idf.gov.il
Formule d’appel : Dear Judge Advocate General, / Monsieur le Juge,
Copies à :
Commandant des FDI pour la Cisjordanie
Major-General Nitzan Alon
GOC Central Command
Military Post 01149
Battalion 877, Israel Defence Forces, Israël
Fax : +972 2 530 5724
Formule d’appel : Dear Major-General, / Monsieur,
Veuillez également adresser des copies à :
Ambassade de l’Etat d’Israël
Avenue de l’Observatoire 40,
1180 Bruxelles
eMail: info@brussels.mfa.gov.il
Fax 02.373.56.17
INFORMATIONS GENERALES
Hassan Safadi, 34 ans, a été arrêté à son domicile, au camp de réfugiés de Beit Ain al Ma (Naplouse), le 29 juin 2011. L’ordre de détention le concernant a été renouvelé le 29 janvier. Il a entamé une grève de la faim le 2 mars ou aux alentours de cette date. Un recours déposé auprès de la Cour suprême israélienne contre son placement en détention administrative a été rejeté le 24 avril. Omar Abu Shalal, 54 ans, a été appréhendé alors qu’il franchissait la frontière jordanienne le 15 août 2011. Le dernier renouvellement en date de l’ordre de détention émis contre lui remonte au 15 février ; il a commencé sa grève de la faim vers le 4 mars 2012. Jaafar Izz al Din, 41 ans, a été arrêté chez lui à Arrabeh (Djénine) le 21 mars 2012, puis placé en détention administrative. Il a entamé sa grève de la faim afin de protester contre la détention administrative vers le 27 mars 2012. Un membre de l’équipe palestinienne de football, Mahmoud al Sarsak, a été appréhendé le 22 juillet 2009 ; il mène une grève de la faim depuis le 24 mars 2012.
Amnesty International a pu confirmer toutes les informations pertinentes relatives aux cas ci-dessus. Plusieurs autres prisonniers et détenus palestiniens ont entamé des grèves de la faim en mars pour différentes raisons ; tous n’ont pas été transférés à l'hôpital pénitentiaire de Ramleh et aucun n’a, à notre connaissance, pu recevoir la visite de médecins indépendants. Une grève de la faim collective a débuté le 17 avril : quelque 2 000 prisonniers et détenus palestiniens entendent ainsi protester contre leurs conditions de détention, leur isolement et le fait qu’ils ne puissent pas recevoir la visite de leur famille. Beaucoup sont sanctionnés de différentes manières, et aucun n’a semble-t-il pu voir de médecin indépendant.
Des Palestiniens de Cisjordanie sont placés en détention administrative au titre de l'Ordonnance militaire 1651, qui relève de la législation militaire appliquée à la Cisjordanie occupée. En vertu de cette ordonnance, les ordres de détention administrative émis par des responsables militaires pour une durée pouvant atteindre six mois sont renouvelables indéfiniment, s’il existe des « motifs raisonnables » de penser que la personne visée présente un risque pour la « sécurité de la zone » ou l’« ordre public ». Ces termes ne sont pas définis et leur interprétation est laissée à l’appréciation des chefs militaires.
Israël invoque la loi sur les combattants illégaux pour incarcérer des résidents palestiniens de la bande de Gaza sans inculpation ni jugement en vertu d'ordonnances militaires émises par le chef d’état-major de l’armée. Cette loi est entrée en vigueur en 2002, époque à laquelle elle était censée permettre le placement en détention de citoyens libanais. Elle réglemente la détention sans inculpation ni jugement – une forme de détention administrative – de civils commettant des actes hostiles à l’égard d’Israël et ne bénéficiant pas du statut de prisonnier de guerre aux termes du droit international humanitaire. En vertu de cette loi, un « combattant illégal » est une personne qui a pris part à des hostilités envers Israël, directement ou indirectement, ou qui est membre d’une force ayant ouvert les hostilités contre Israël.
La pratique de la détention administrative (y compris au titre de la loi sur les combattants illégaux) en Israël et dans les territoires palestiniens occupés porte atteinte au droit à un procès équitable, reconnu à l’échelon international, qui doit être respecté pour tous les prisonniers politiques, même ceux qui sont accusés de violences, y compris lorsque l’état d’urgence est proclamé. Les prisonniers ont droit à un procès équitable, comme le prévoit l'article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel Israël est partie, ce qui comprend le droit d'être pleinement informés sans délai des raisons de leur détention, d'être présumés innocents, d'être présents lors de la comparution des témoins et d'être jugés publiquement. La pratique de la détention administrative et l’application de la loi sur les combattants illégaux bafouent constamment ces droits.
Les éléments à charge sont présentés en secret, sans que l'accusé ou son avocat ne soit autorisé à en prendre connaissance et à les contester.
D’après les services carcéraux israéliens, 320 Palestiniens se trouvaient en détention administrative au 31 mars 2012.
Noms : Thaer Halahleh, Bilal Diab, Hassan Safadi, Omar Abu Shalal, Jaafar Izz al Din, Mahmoud al Sarsak
http://www.isavelives.be/fr/node/9146
3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
3-2 Soutien aux 2 000 prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim
Communiqué du Collectif 69 de soutien au peuple palestinien
URGENCE !
Depuis le 17 avril, 2000 prisonnier(e)s palestinien(ne)s mènent une grève de la faim. Tout comme près de 800 000 palestiniens qui ont connu les prisons israéliennes depuis 1967 - soit un palestinien sur trois ! - le seul crime de ces prisonnier(e)s est d’avoir résisté à la colonisation pour l’application du droit : la fin de l’occupation et le droit au retour des réfugiés.
Cette grève est historique, c’est la plus longue dans l’histoire des prisonniers politiques du monde.
Nous avons reçu l'information de l’association Addamer de Ramallah qui craint pour la vie de Thaer Halahleh et Bilal Diab (73° jour) de Hassan Safadi (67° jour) de Omar Abu Shalal (65° jour), ainsi que de nombreux prisonniers palestiniens en grève de la faim. Cette association réitère sa demande de soutien au nom de tous les grévistes.
NOUS SOUTENONS LEURS EXIGENCES :
la fin du régime de détention administrative qui permet de maintenir un détenu indéfiniment en prison sans que lui soit notifiée la moindre charge
une modification de leurs conditions d’enfermement (fin des mesures d’isolement, des mauvais traitements, des humiliations à l’encontre des visiteurs, de l’interdiction des visites pour les familles de Gaza…).
Nous affirmons notre solidarité avec ces prisonniers en grève de la faim et exigeons que les autorités israéliennes abandonnent leurs pratiques qui violent les droits humains élémentaires.
( Une information sera faite aux lyonnais le Samedi 12 mai 2012 à 14 heures 30 Place de la République )
Vendredi 11 mai 2012
Source : Collectif 69
4 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion.
Ndlr : La publication de l’article ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse ou point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information
4-1; Middle East Monitor : Pourquoi les Palestiniens ont-ils entamé une grève de la faim ?
La question relative aux prisonniers Palestiniens est l’une des conséquences les plus fâcheuses de l’occupation israélienne. Depuis 1967, plus de 700.000 Palestiniens, soit 20% de la population de Ramallah et de la Bande de Gaza Occupées ont été emprisonnés. Ce taux représente 40% de l’ensemble de la population masculine dans les Territoires Occupés.
1.2. Il y a aujourd’hui environ 6000 prisonniers enfermés dans 17 prisons israéliennes et centres de détention. Ce nombre comprend 6 femmes et 200 mineurs.
1.3. Pas moins de 330 Palestiniens sont en détention administrative sans qu’ils ne soient officiellement inculpés devant le tribunal. Cette catégorie compte 28 parlementaires et 3 anciens ministres.
1.4. Ces prisonniers Palestiniens sont actuellement détenus dans des endroits très éloignés de leurs maisons et en dehors des Territoires Occupés. Ce point constitue une violation manifeste de la Quatrième Convention de Genève, relative à la Protection des Personnes Civiles en Temps de Guerre. L’Article 76 de la Convention stipule :
« Les personnes protégées inculpées seront détenues dans le pays occupé et si elles sont condamnées, elles devront y purger leur peine »
L’Article 49 stipule :
« Les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la Puissance occupante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif »
1.5. L’Article 32 interdit expressément « le meurtre, la torture, les peines corporelles, les mutilations et...toutes autres brutalités, qu’elles soient le fait d’agents civils ou d’agents militaires » Depuis 1967, 202 prisonniers Palestiniens sont décédés des suites des tortures subies dans les prisons israéliennes.
1.6. Israël traduit systématiquement les Palestiniens devant les tribunaux militaires qui, faut-il le signaler, ne répondent pas aux normes les plus fondamentales du droit international ; notamment les lois relatives au traitement des prisonniers de guerre et des personnes vivant sous occupation.
1.7. A la lumière de ce qui précède, des appels sont lancés pour la poursuite judiciaire des officiels israéliens devant un tribunal international.
Isolement cellulaire
2.0. L’isolement cellulaire reste la méthode préférée des autorités pénitentiaires israéliennes dans le but de punir les prisonniers Palestiniens. Plus de 1600 prisonniers se sont engagés, le 17 avril, dans une grève de la faim sous le slogan « Nous vivrons dans la dignité » Ils revendiquent la fin de la tourmente qui est devenue une partie intégrante du vocabulaire de l’existence Palestinienne.
2.1. La grève de la faim massive a commencé le 17 avril 2012 pour marquer la Journée des Prisonniers Palestiniens. Cependant, plusieurs prisonniers avaient auparavant entamé une grève de la faim ; certains ont même dépassé le cap des 50 jours.
2.2. Deux cas ont été largement médiatisés durant cette période de grève. Il s’agit de Khader Adnan et de Hanan Al Shalabi.
2.3. Certains prisonniers ont, vers la fin de l’année 2011, entamé une grève de la faim de 20 jours. Du fait de la médiation égyptienne, les prisonniers et les autorités israéliennes sont parvenus à un accord stipulant la suspension de l’isolement cellulaire.
2.4. Peu de temps après, Israël a rompu le contrat et a de nouveau eu recours à l’isolement cellulaire, en imposant cette fois-ci aux prisonniers des mesures encore plus strictes.
2.5. Les prisonniers sont enfermés dans des cellules minuscules de 1.8 m sur 2.7 m. Cet espace réduit ne permet pas aux prisonniers de bouger ni de ranger leurs effets personnels.
2.6. Les cellules d’isolement sont spécialement conçues pour resserrer l’étau sur les prisonniers en les soumettant à des pressions physiques et psychologiques. Les cellules sont constituées de murs en ciment, sans finitions, peints avec des couleurs ternes, et un faible éclairage. Dans un petit coin du mur, il y a souvent une petite ouverture qui permet à peine la pénétration de l’air à l’intérieur. De plus, les cellules sont très humides, ce qui favorise la transmission des maladies, notamment les problèmes respiratoires et les maladies de la peau.
2.7. Outre les coupures d’électricité, les prisonniers se voient souvent refuser le droit à la visite des proches et des avocats.
2.8. Israël se sert de l’isolement cellulaire comme mesure punitive contre les leaders de la résistance les plus influents et ce, dans le but d’anéantir leur détermination et d’affaiblir leur endurance physique et morale.
2.9. Le gouvernement actuel de Netanyahu a voté une loi dite « loi Shalit », suite à laquelle les conditions de détention se sont remarquablement détériorées. Cette loi est intervenue avant la libération du soldat israélien capturé, Gilad Shalit.
2.10. Les prisonniers qui ne sont pas en isolement cellulaire ouvrent généralement droit à une sortie en plein air, une heure par jour dans le but de bénéficier des rayons du soleil ; un moment de répit légal qui n’est pas accordé aux prisonniers en isolement. Toutefois, il leur arrive d’en bénéficier suivant l’humeur des geôliers qui peuvent décider à n’importe quel moment de faire sortir les prisonniers. Parfois, la sortie est programmée à 6h du matin, même s’il pleut ou s’il fait très froid. Bien entendu, le prisonnier n’a pas le droit de demander le report de la pause, et si tel est le cas, il risque de perdre l’occasion de sortir pendant toute la journée.
2.11. S’agissant de la nourriture, la règle fait qu’elle soit affreusement de qualité médiocre et immangeable. Par voie de conséquence, les prisonniers, lorsque l’occasion s’offre à eux, font souvent des achats de la cantine de la prison. Cette mesure pèse davantage sur la situation financière du prisonnier et de sa famille.
2.12. Quant aux prisonniers en isolement, les cantines leur sont interdites ainsi que l’argent ou les cadeaux reçus de leurs familles ou autres. Ils sont cependant obligés de consommer la nourriture qui leur est proposée, et souffrent constamment de malnutrition, de troubles de la vision et d’anémies. Les différentes carences sont le résultat des repas insuffisants en quantité et en qualité. En effet, les prisonniers ont seulement le droit de demander de l’eau à des moments précis, ce qui n’arrange pas trop les choses, notamment pendant l’été où ils ont le plus besoin de consommer de grandes quantités d’eau.
2.13. Les autorités israéliennes utilisent une forme de punition exceptionnellement rigoureuse. Il s’agit du principe du « sunduq » (boîte), une cellule de 180 cm de long sur 150 cm de large. Inutile de préciser que cet espace suffit à peine à dormir ou à faire la prière et contient deux récipients, le premier pour boire de l’eau et le second pour uriner. Ceux qui ont eu la malchance de se retrouver là ne sont autorisés à aller aux toilettes qu’une fois par jour. Pour surmonter cet obstacle, les prisonniers essaient de manger le minimum afin de réduire le besoin d’aller aux toilettes.
2.14. Les prisonniers du « sunduq » n’ont pas le droit d’avoir des montres, des horloges, des radios, des journaux ou des télévisions. Ils n’ont pas le droit d’acheter ce dont ils ont besoin et ne sont même pas autorisés à avoir des oreillers.
Revendications fondamentales - Vivre dans la dignité et :
Mettre un terme à la pratique arbitraire qu’est la détention administrative.
Mettre un terme à l’isolement cellulaire.
Alléger les cellules encombrées.
Lever les restrictions imposées aux visites des proches.
Améliorer les soins médicaux.
Mettre un terme à l’humiliation que subissent les proches des prisonniers au niveau des checkpoints, qu’ils soient sur le chemin de la prison ou sur celui du retour.
Source : Info Palestine
Dessin : Carlos Latuff
http://michelcollon.info/Pourquoi-les-Palestiniens-ont-ils.html
4-2 José Luis Moraguès : La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques palestiniens et les tâches du mouvement de solidarité internationaliste.
Dans le dernier paragraphe (Notre combat) de son article ”Pour quoi se battent les prisonniers politiques Palestiniens ?“, Ameer Makhoul qui est un dirigeant de la société civile palestinienne, prisonnier politique actuellement enfermé à la prison de Gilboa, énonce clairement les raisons du combat des prisonniers.
“ La véritable préoccupation pour le peuple sous occupation n’est pas de savoir si la détention de leurs fils ou de leurs filles relève d’un ordre administratif israélien ou d’un ordre de tribunal militaire ou civil. L’oppression, la répression et le pillage sont identiques, quel que soit l’outil que l’occupation utilise. La bataille d’Adnan est un combat contre le projet colonialiste dans son ensemble et pas seulement contre l’un de ses outils.
Mais quand des dirigeants palestiniens et des militants des droits de l’homme déclarent que la prochaine étape consiste à intensifier la campagne contre les ordres de détention administrative, cela montre une faiblesse et une vision erronée.
La bataille contre les lois d’urgence israéliennes est une bataille qui regarde les Israéliens, pas le peuple palestinien. La bataille pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux dans le monde qui s’opposent à l’occupation et au colonialisme, est contre l’occupation et l’État occupant, et pour la libération nationale, pour le rétablissement de la patrie et le retour de ses habitants aujourd’hui réfugiés et exilés.“
Dans une interview récente, Khader Adnan , à qui on demandait les raisons de sa grève de la faim le jour de son arrestation, réaffirmait lui aussi les objectifs stratégiques du combat des prisonniers et de son action. En se mettant en grève de la faim le jour de son arrestation il affirmait ainsi ne pas se battre seulement contre les mauvaises conditions de détention, et contre la “détention administrative” mais contre l’injustice de l’arrestation elle -même : “ Ma réjection de la détention administrative est le complément direct de ma réjection de l’occupation elle-même et de ma quête pour retrouver la dignité qui nous a été volée par les Israéliens.“
La réaffirmation des revendications fondamentales :
L’un et l’autre affirment que l’objectif stratégique de la bataille engagée est la fin de l’occupation, de la colonisation, le retour des Réfugiés et la libération nationale. Qu’ils ne refusent pas seulement les mauvaises conditions, la torture, l’arbitraire illégal de la détention administrative mais le fait des arrestations elles-mêmes. Même si Israël cessait les détentions administratives et respectait les droits des prisonniers, il faudrait combattre les arrestations et exiger la libération de tous les prisonniers. Ce qui ne saurait advenir sans la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid.
Ce retour aux revendications fondamentales et cette volonté de lier les objectifs tactiques aux objectifs stratégiques est énoncé avec fermeté dans l’Appel BDS Palestinien de 2005 et réaffirmé sans cesse. Il semble que, au delà des partis impliqués, l’ esprit qui anime la bataille actuelle des prisonniers palestiniens est celui de l’écrasante majorité de la société civile palestinienne aujourd’hui et que nous connaissons mieux depuis et à travers l’Appel BDS. Rien de surprenant à cela puisque la quasi totalité des associations de prisonniers et des familles sont signataires de l’Appel BDS. A l’occasion de la journée internationale des prisonniers 12 organisations palestiniennes de prisonniers et de familles des prisonniers ont signé aux côtés du BNC Palestinien (Comité National Palestinien pour le BDS) un appel adressé aux sociétés civiles et aux organisations des droits de l’Homme demandant de boycotter l’entreprise israélienne G4S qui exporte dans le monde son “savoir faire”(!) en matière de surveillance et de répression dans les prisons.
L’appel des organisations de prisonniers au mouvement de solidarité : Inclure la question des prisonniers dans le BDS.
Sans doute sur le plan tactique faut-il dénoncer les violations du droit international et des conventions qui régissent les droits des prisonniers, sans doute faut-il dénoncer la “détention administrative” parce qu’elle est illégale au regard du droit actuel et aussi parce qu’elle est une forme de torture psychologique. Mais rien ne serait plus dommageable que d’isoler la lutte tactique pour le respect des droits des prisonniers et contre la détention administrative de l’objectif stratégique qui est la libération nationale du peuple Palestinien et le retour des Réfugiés.
Que les ONG humanitaires et des droits humains s’en tiennent à réclamer l’application des conventions de Genève en matière du droit des prisonniers et exigent l’interdiction de la détention administrative, cela relève de leur registre d’intervention et c’est tout à leur honneur. Le mouvement de solidarité à la Palestine se tient et se tiendra sans conteste à leurs côtés dans ce travail incontournable et indispensable.
Il appartient au mouvement de solidarité, non seulement de faire connaître et de porter l’ensemble des objectifs (tactiques et stratégiques) de la bataille engagée par les prisonniers Palestiniens, mais aussi et surtout d’inventer les actions et les modalités d’un rapport de force qui fasse reculer Israël.
En liant la lutte actuelle des prisonniers à la campagne BDS internationale, les 12 organisations palestiniennes de défense des prisonniers ont clairement fait entendre leur choix et nous appellent explicitement à inclure la question des prisonniers politiques palestiniens dans la Campagne internationale BDS.
José Luis Moraguès
29 avril 2012
5 Annexe
Poème dédié aux prisonniers palestiniens.
Rim al-Khatib : Excuse-moi, monsieur le prisonnier
Jeudi 10 mai 2012
Monsieur le prisonnier, excuse-moi, j'attends ta mort
quel que soit ton nom,
quelle que soit ton organisation,
que tu te trouves dans la prison de Ofer, de Haddarim, de Ascalan ou une de leurs prisons,
Peu m'importe si tu es condamné ou le nombre d'années que tu as passé dans leurs prisons,
que tu sois isolé ou non,
Peu m'importe la couleur de ta peau, combien tu mesures ou ton âge,
que tu sois en grève de la faim ou non,
peu m'importe tout cela,
J'attends ta mort
Depuis plusieurs jours, j'attends ta mort et je guette la nouvelle dans tous les médias
J'attends l'annonce de ton martyre pour annoncer ma révolte,
pour annoncer ma colère,
pour déclarer ma tristesse pour toi.
Mais à présent, excuse-moi, je suis occupé.
Peu m'importe ta faim... ta douleur... ta souffrance.
Ce qui m'importe, c'est l'annonce de ta mort et ma colère pour ta mort
Excuse-moi, monsieur le prisonnier
Je suis à présent occupé
Mais le jour de ta mort, je quitterai mon travail pour participer à ton cortège funèbre et à l'oraison funèbre à ton intention
Pour déclarer à tout speaker et tout journaliste que je suis très triste pour ta mort
Excuse-moi, monsieur le prisonnier
Thamer Saba'na Source : Rim al-Khatib
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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14.05.2012
n°3 - Journal du Mali - 30-04 au 13-05 - - Yves Bonnet : Sarkozy est responsable du chaos en Libye et au Mali
,
Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources
Journal du Mali
n°3 30-03 au 30-04
Par C.Debroeder & M.Lemaire
Le journal du Mali se retrouve
a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html
http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html
b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html
c) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
d) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
e) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine- solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire
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1 tiré à part
Fatma Kassoul, Michel Collon, Mouâd Salhi : Le Mali, une terre riche, un Etat endetté… 1 Mali occupé : Envoi immédiat de troupes au Mali pour sauver son "intégrité territoriale" ! 2 Politique internationale a) Usa
b) France Odile Tobner : Le Mali dans l’œil du cyclone. 3 Médias 3-1 GROS APPETITS POUR LE SAHEL 4 Les brèves 4-1 Chien Guevara : Mali, révolte touareg : et si l’on parlait vrai ? 5 Dossier 5-1 Jeunesse africaine : Le MNLA gagne du terrain face à une armée malienne faible, ATT est-il contraint de négocier ? 5-2 Investig’Action : Ruée vers l’or au Mali. Qui accourt ? 6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 6-1 Nord-Mali : comment éviter un nouvel "Afghanistan", au cœur du Sahel ? 7 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 7-1 Amy Goodman : Mali, un pays pris dans un jeu d’échec. 7-2 Salima Tlemçani : De l’autre côté de l’oued, les réfugiés maliens livrés à la misère. 7-3 Mountaga : LE MALI, VICTIME DU POISON DÉMOCRATIQUE… |
Tiré a part
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L'Ex-directeur de la DST Yves Bonnet : Sarkozy est responsable du chaos en Libye et au Mali. |
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L’ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST), un service de renseignements du ministère de l'Intérieur, Yves Bonnet, a accusé le président Nicolas Sarkozy d’être responsable « du chaos en Libye, au Mali », soulignant que " le manque de confiance entre l'Algérie et la France a aggravé la situation dans la région de la côte de l'Afrique ". Dans une interview accordée au quotidien algérien alAkhbar, Bonnet a jugé que "l’Afrique fait l’objet de perturbations sécuritaires de plus en plus dangereuses en raison du chaos provoqué en Libye, et dont les parties responsables sont bien connues à savoir l'OTAN et la France. Or, ces derniers n’ont pas tenu compte de quelque chose de grave, celui de réfléchir sur les résultats d’une intervention dans les affaires d'un Etat quel que soit la nature de son régime". Il a souligné qu’ "en politique, il est impératif de s'assurer que le règlement que nous cherchons dans une quelconque situation esera de loin meilleur que la situation elle-même, autrement dit dans le cas de la Libye, je pense que la situation d’avant était bien meilleure que celle d’aujourd'hui." Directeur du DST entre 1982 et 1985, Yves Bonnet connaît bien la Libye et les Libyens, c’est pour cela il affirme que "la Libye était un pays bien géré et a réalisé des progrès sociaux importants, voire que les Libyens étaient parmi les peuples les plus riches du Maghreb et maîtrisaient l’art de bien traiter avec autrui, sans compter qu’ils baignaient dans la paix et la sécurité, et donc la situation qui leur a été imposée est tout à fait différente de ce qu’elle était auparavant". Et de poursuivre :"qu’au cours de sa visite l’an dernier à Benghazi et à Tripoli, durant laquelle il était accompagné par les membres d’un centre qui s’intéresse aux questions sécuritaires, nous avons exprimé de sérieuses préoccupations envers l'extrémisme islamique croissant et mis en garde contre la fragmentation de l'Etat ". Yves Bonnet a accusé "le gouvernement du président Nicolas Sarkozy et l'OTAN d’avoir entraîné la Libye dans un chaos et une perturbation sans précédent ", soulignant que "ces deux parties savaient parfaitement la taille des conflits tribaux là-bas et ses conséquences dans le cas où le pays sortait de sa stabilité". Pour ce qui est du Mali, l’ancien DST a mis en garde contre la présence d’Al-Qaïda en Lybie: "Nul doute que certaines parties en Libye sont contrôlées par Al-Qaïda, or cette dernière a implanté un homme dans une région vitale, ce qui est dangereux non seulement pour la Libye, mais pour tous les pays dans la région" ! Interrogé sur la nécessité d’une intervention militaire étrangère au Mali pour résoudre la crise, Bonnet n’a pas exclu cette option mais ne l’a point encouragée en raison de la gravité de ses conséquences, surtout que « les pays dans la région du Sahel sont confrontées à des situations de plus en plus difficiles, et que cette région est une zone de confluence des civilisations, ainsi la civilisation bédouine et celle des nomades autochtone n'ont pas réussi à trouver un état d'harmonie ». Enfin, l’ex-DST a mis en garde contre une marginalisation du rôle de l’Algérie : « La plus grande erreur qu’a commis la France, c’est qu’elle a oublié que Algérie est aussi un Etat du désert du Sud, et donc un partenaire incontournable ». "On peut trouver des solutions aux problèmes de la région sous influence française, en créant une entente ou un accord entre l'Algérie et la France, sans que cela n’évolue en un problème plus complexe, surtout si les deux pays n’ont pas confiance l’un dans l’autre. Malheureusement, la France n’a pas confiance en Algérie, et non l’Algérie", a ajouté Yves Bonnet . http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=59859&cid=21&fromval=1&frid=21&seccatid=61&s1=1 Fatma Kassoul, Michel Collon, Mouâd Salhi : Le Mali, une terre riche, un Etat endetté… Le Mali possède de nombreuses ressources naturelles allant des mines d’or jusqu’aux innombrables rizières. Paradoxalement le peuple malien mange un riz industriel venant de l’Orient… Investig’Action s’est entretenu avec Eric Pauporté, spécialiste du Mali. Il nous a éclairé sur la question et nous a demandé de veiller au grain… L’attitude du pouvoir politique malien et le contrôle de la région par la France s’expliquent-ils par le problème du contrôle des richesses et de l’indépendance économique du Mali ? Effectivement, il y a un contrôle autant politique qu’économique. C’est toute la politique enjointe par la France et le FMI avec son réajustement structurel qui a barré la route aux développements possibles. Qu’est-ce que le FMI a dit au Mali et dans quelles circonstances ? Le marché mondial a provoqué un appauvrissement du pays par étranglement. Un des mécanismes d’étranglement était la spéculation sur le coton. Dans les années nonante, le FMI a engagé le Mali dans une production à grande échelle de coton pour l’exportation. Le marché mondial a réduit fortement le prix du coton malien. Cette spéculation a endetté le Mali. Ils se sont tournés vers le FMI qui leur prêtait de l’argent sous les conditions de sacrifier tous les investissements publics et de s’ouvrir à l’investissement étranger. Résultat, toutes les richesses et ressources naturelles ont été bradées. Le chemin de fer a été vendu à une compagnie canadienne pour 107 millions de Francs CFA, autant dire rien du tout. C’est un pillage ! Pour ce qui est des mines, les multinationales ont acheté les terres aux paysans à 54€ pour 7 hectares. Les paysans se retrouvent sans rien après. Et qui achetait ces terres ? Morila SA, c’est la société d’extraction qui appartient à Anglogold issue du consortium Anglo American et à Randgold qui appartient à Oppenheimer-Debeers (monopoliste sud-africain). Avec quels intérêts ? L’intérêt est le contrôle total du pays. Le Mali est disséqué. Regardez la carte minière du Mali. C’est un territoire qui a été privatisé et repartagé comme un gâteau entre les multinationales. Que pouvez-vous nous dire sur l’Office du Niger ? L’Office du Niger est la régie des terres de rizières dans le delta intérieur du Niger non loin de la ville de Ségou. Cet Office appartient à l’Etat. Il y a une énorme plaine très bien irriguée par le Niger se trouvant en aval du barrage de Markala. La plaine a un potentiel de production de riz de plus d’un million d’hectares. Elle a la capacité de nourrir toute l’Afrique de l’Ouest ! L’Office du Niger a la responsabilité d’entretenir toute cette plaine. Les paysans ont-ils le droit d’exploiter cette plaine ? Oui, ils peuvent exploiter ces terres à condition de louer. Concrètement, ils payent une redevance sur l’entretien du réseau d’irrigation. Ces taxes sont coûteuses et ne servent qu’à remplir les poches des personnes qui sont au pouvoir. En plus de toute l’infrastructure qui accompagne l’Office : il y a des usines d’engrais, des usines d’huiles extraites à partir des noyaux de coton. Toutes les infrastructures du domaine public ont été liquidées. Aminatou Toumani Touré, le président déchu, les a vendues les unes après les autres pour pas un sou aux multinationales et aux fonctionnaires corrompus. Dans toutes ces terres vendues, le pouvoir a chassé les paysans par milliers. Comment les paysans ont-ils vécu cela ? Cela a éveillé un mécontentement énorme. Il y a eu des luttes armées. Un des élus locaux, du parti SADI (opposition de gauche) a été assassiné juste après l’élection. Après cela, une loi a été érigée sur la réforme agraire. Elle consiste à donner un titre de propriété d’une terre à qui la revendique. Traditionnellement, les terres appartiennent à la collectivité. Mais comme les paysans sont endettés, ils ne peuvent que les vendre, c’est un cercle vicieux ! Propos recueillis par Michel Collon, Mouâd Salhi et Fatma Kassoul Pour Investig'Action michelcollon.info |
1 Mali occupé :
Envoi immédiat de troupes au Mali pour sauver son "intégrité territoriale" !
Réponse à ACTUS sur le Mali et la "rebellion Touareg" du MNLA (qui est en fait une alliance de diverses tribus du nord du Mali, et pas seulement des Touaregs) :
La CEDEAO, c'est-à-dire l'impérialisme français, vient de décider de l’envoi immédiat de troupes au Mali pour sauver son "intégrité territoriale" !
Salut à toutes et à tous,
Je pense qu'ACTUS, qui croit que les Touaregs du nord du Mali sont alliés à l'impérialisme français, se trompe totalement sur ce qui se passe au nord du Mali.
Les Touaregs étaient dans le camp de Kadhafi, et ils se sont battus en Libye contre al-Qaïda, contre l'OTAN et contre la France, afin d'aider la Libye Verte de Kadhafi.
Je suis dans le camp des Touaregs, a priori, depuis bien avant la guerre de Libye :
http://mai68.org/journal/N28/11janvier2000.htm
J'ai été confirmé dans mon soutien aux Touaregs quand je les ai vu soutenir Kadhafi. Pour ce faire, ils se sont battus entre autre contre al-Qaïda. Et aujourd'hui, la télé française veut nous faire croire que les Touaregs sont alliés à al-Qaïda ? Je n'en crois rien !
Et on ne peut pas raisonner sainement quand on ne sait pas qu'AQMI appartient aux services secrets français. En voici les preuves :
http://mai68.org/spip/spip.php?article1372
Les nomades Touaregs sans frontière ont toujours été considérés comme des ennemis par les sédentaires colonialistes occidentaux fabriqueurs de frontières artificielles telles que, par exemple, celle du Mali (Le Mali n'est pas une création malienne, le Mali est une création française !).
Aussi, tenant compte de tout ça...
Comment va-t-on s'y prendre pour me faire croire que les Touaregs sont aujourd'hui au service de l'impérialisme français au Mali, dès le lendemain qu'ils viennent de le combattre en Libye ? Je n'en crois rien ! :
http://mai68.org/spip/spip.php?article4015 (Regarder en particulier la seconde vidéo)
Par ailleurs, j'apprends aujourd'hui 27 avril 2012 que la CEDEAO, c'est-à-dire l'impérialisme français vient de décider de l’envoi immédiat de troupes au Mali pour sauver son "intégrité territoriale" :
http://mai68.org/spip/spip.php?article4052
Après ça, il est d'autant plus impossible de continuer à soutenir que l'impérialisme français et le MNLA (alliance des Touaregs et d'autres tribus du nord du Mali) soient dans le même camp.
Il faut se renseigner à la source :
Bien à vous,
do
2 Politique internationale
a) Usa
|
Nile Bowie :Washington et la déstabilisation politique de l'Afrique. Après le coup d'État, une guerre séparatiste menace le Mali. Alors que la communauté internationale et les membres voisins de la Communauté économique des États d'Afrique occidentale (CEDEAO) condamnent le coup d'État militaire au Mali, mené par des protagonistes inexpérimentés, des milliers de personnes ont pris les rues de la capitale malienne de Bamako en appui à la nouvelle junte. Les citoyens brandissaient des pancartes et des banderoles affichant: « À bas la communauté internationale » et « À bas Sarkozy », en chantant des slogans à la gloire du chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo. [1] Bien que Sanogo ait visité les États-Unis à plusieurs reprises après avoir été choisi par le Pentagone pour participer à un programme international d’éducation et d’entraînement militaire parrainé par le département d'État étasunien [2], les représentants des États-Unis ont appelé les dirigeants du coup d'État au Mali à démissionner et permettre la tenue d'élections. La présence d'un second groupe séparatiste dominé par les Touaregs, Ancar Dine, complique davantage la situation. Le mouvement cherche à imposer la charia dans tout le nord du Mali et est dirigé par Iyad Ag Ghaly, une personnalité salafiste éminente, soupçonnée d'avoir des liens avec une filiale d’AQMI d'Ayman al -Zawahiri, dirigée par son cousin Hama Ag Hamada [13]. Comme les séparatistes contrôlent désormais un tiers du Mali, une crise alimentaire est à venir dans la région du Sahel et du Sahara alors que près de 80 000 réfugiés demandent l'amnistie dans les pays voisins, dont l'Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso [14]. Comme le groupe militant Ancar Dine semble réclamer le contrôle de régions attribuées auparavant au MNLA [15], leur avance pourrait avoir de plus grandes implications, pouvant déstabiliser la région de façon drastique. Avec la possibilité accrue que des soulèvements généralisés comme ceux du printemps arabe surviennent dans la région du Sahel, un afflux de réfugiés mettra une pression supplémentaire sur l'Algérie et le Niger. L'Algérie pourrait être déstabilisée davantage si la situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali et la France pourrait se sentir obligée d'intervenir dans les affaires de ses anciennes colonies, comme on l’a vu malheureusement en Côte d'Ivoire. Il y a un parallèle entre la crise au Mali et les événements en cours au Nigeria, une nation aux prises avec les activités des insurgés islamiques séparatistes de Boko Haram au nord. Compte tenu de l'instabilité politique à Abuja, un coup d'État orchestré par des officiers de grades inférieurs contre le président nigérian Goodluck Jonathan basé sur le modèle malien ne serait pas impensable. Au moment où la Banque mondiale et la Banque africaine de développement suspendent toute aide au Mali, une certaine forme d'intervention militaire est concevable si les appels du Conseil de sécurité pour le « rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel et du gouvernement démocratiquement élu » ne sont pas respectés [16]. Alors que les voisins du Mali menacent de recourir à des sanctions et à la force militaire pour renverser l'actuel Comité pour la réinstauration de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDR) dirigée par le capitaine Amadou Sanogo [17], la junte a dévoilé une nouvelle constitution garantissant la liberté de parole, de pensée et de mouvement [18]. Sanogo a promis de ne pas s'accrocher au pouvoir et de mettre en place des élections démocratiques lorsque l'insurrection touareg sera maîtrisée. Ceux qui ont pris part au coup d'État ne pourraient pas participer aux élections [19]. L'afflux d'armes découlant du changement de régime de l'OTAN en Libye a créé de nouvelles perspectives désastreuses favorisant une guerre civile au Mali, où les parties seraient lourdement armées. Il reste à voir comment le bloc de l'OTAN réagira si le CNRDR refuse les appels à démissionner et s'engage dans un interminable conflit avec les séparatistes islamistes. Comme l'armée américaine s’oppose à l’Armée de résistance du Seigneur en étendant sa présence militaire par le biais d’AFRICOM en République démocratique du Congo, l'aggravation de la situation au Mali et au Nigeria fournit une justification supplémentaire pour l'intervention étrangère et l’exploitation de la guerre. [1] Mali: des milliers de manifestants soutiennent la junte, comprise en vue, AFP March 28, 2012 [2] Leader of Mali military coup trained in U.S., Washington Post, March 25, 2012 [3] US calls for Mali coup leaders to step down, CNN March 30, 2012 [4] Ibid [5] Human Development Indices, United Nations Development Programme, 2008 [6] Mali coup: African Spring Russia Today March 29, 2012 [7] Côte d’Ivoire: Ouattara Forces Kill, Rape Civilians During Offensive, Human Rights Watch, April 9, 2011 [8] Tuareg rebels force Mali army out of North, World News Australia, March 31, 2012 [9] Mali's muti Nile Bowie Nile Bowie est un auteur indépendant et photojournaliste vivant à Kuala Lumpur, en Malaisie, il contribue régulièrement au site de Tony Cartalucci, Land Destroyer Report, et à celui du professeur Michel Chossudovsky, Global Research. Twitter: @ NileBowie Nile Bowie est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. |
Le 4 avril 2012
Article original en anglais : Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
b) France
Odile Tobner : Le Mali dans l’œil du cyclone.
Après la Libye et la Côte d’Ivoire, passées sous contrôle occidental à la suite de guerres menées notamment par l’armée française, on subodorait que le Mali était le prochain sur la liste.
Cela n’a pas manqué : on assiste depuis janvier 2012 à la réactivation de la rébellion du mouvement national de libération de l’Azawad, mouvement sécessionniste revendiquant la partie saharienne du territoire malien.
Puissamment armé, le MNLA a lancé dans le nord-est du pays une offensive victorieuse contre l’armée malienne. Le 24 janvier, à Aguel Hok, les rebelles ont exécuté, dans des conditions atroces, 80 prisonniers de guerre. On peut voir dans ce massacre l’origine du putsch militaire qui a renversé, le 21 mars, le président Amadou Toumani Touré. Depuis février, en effet, des familles de militaires, mais aussi des jeunes, se rassemblent pour dénoncer l’impuissance du chef de l’État, voire sa complicité avec la rébellion, et ces manifestations, parties du camp militaire de Kati, ont gagné Bamako et Ségou.
Les déclarations faites le 26 février par Juppé à Bamako, où il a été accueilli par des manifestations hostiles, n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu. Celui-ci s’est dit convaincu qu’il n’y aurait pas de solution militaire à la crise au Nord-Mali, ajoutant : « Il faut donc prendre la voie du dialogue aussi inclusif que possible avec tous ceux qui doivent s’assoir autour de la table et le président Amadou Toumani Touré a confirmé que c’était son intention ». C’était méconnaître totalement la situation ainsi que l’état d’esprit de l’armée et de la population malienne. En pompier pyromane, le même Juppé n’a pas manqué, une fois Touré destitué par de jeunes officiers, de lancer de vertueux appels au retour de la légalité constitutionnelle, demandant à la junte militaire d’organiser des élections.
Pendant ce temps, les vastes étendues du nord sont livrées à divers mouvements groupusculaires, mais surarmés. Outre le MNLA, on a le MPA (Mouvement populaire de l’Azawad) salafiste devenu le mouvement fondamentaliste Ançar Edine, sans compter l’AQMI, qui, ensemble ou séparément, revendiquent de lutter, qui contre l’État malien, qui pour la Charia, contre l’Occident, etc. Les habitants des localités du nord, en butte à leurs attaques ou craignant les représailles, s’enfuient vers le sud ou les pays limitrophes. Une grande partie des 200 000 personnes qui ont ainsi fui les combats vivent désormais dans des conditions critiques sur le plan humanitaire. Le cortège habituel des calamités de guerre s’abat sur un pays qui a le malheur de se trouver pris entre les manœuvres d’une politique française à la gribouille et la convoitise que suscite, chez les grandes puissances, un territoire quasi vide et recelant d’immenses ressources minières encore inexploitées. Une telle situation est propice à la création d’un État-fantôme assujetti, dont on fera au minimum peser la menace sur le Mali s’il ne consent pas à s’aligner sur les mots d’ordre de « protecteurs » intéressés.
On observe en effet que ni la CEDEAO, communauté des États d’Afrique de l’Ouest, ni la France, ni les États-Unis, ni l’Union européenne, si empressés à exiger des putschistes le retour à la légalité républicaine, n’ont demandé aux mouvements séparatistes qui sèment le chaos au Sahara de cesser leurs violentes attaques contre l’État et les citoyens maliens. Il faut croire qu’un Mali rétif aux injonctions des puissances étrangères gêne plus les appétits impérialistes qu’une guerre civile frappant opportunément une région convoitée.
Source : Survie
3 Médias
3-1 GROS APPETITS POUR LE SAHEL
Tandis que les médias de masse nous abreuvent de détails sur l’ordre constitutionnel, l’islamisme, l’intangibilité des frontières, chaque « expert » (bien payé et pas neutre comme le démontre le documentaire sur « les nouveaux chiens de garde ») trouvant ainsi l’occasion d’étaler son savoir sur des questions qui, pour les puissants de ce monde, sont secondaires.
L’ordre constitutionnel n’est respectable que tout autant qu’il n’est pas dérangé par le résultat d’un référendum comme en 2005 en France , l’islamisme est ici encouragé ( guerre d’Afghanistan 1979-1989) là utilisé ( Yougoslavie) ou brandi à l’occasion comme un épouvantail alors que les relations les plus étroites sont entretenues avec les pays qui le financent ( Arabie saoudite, Qatar) .
Tout ce spectacle hypocrite sert à masquer d’autres enjeux.
La carte qui suit émane d’un club très officiel puisqu’il est une sorte de commission spécialisée de l’OCDE sur le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. Rien de plus respectable pour les pouvoirs capitalistes en place puisque l’OCDE est l’institution qui a succédé à l’OECE chargée dés les débuts de la guerre froide de la répartition des crédits Marshall c'est-à-dire de la mise sous contrôle économique par les Etats-Unis des pays de l’Ouest européen. Depuis l’OCDE s’est installée comme bureau de recherche et de planification de l’ordre capitaliste occidental dominant.
Qu’ait été créé au sein de l’OCDE un club SAHEL et AFRIQUE DE L’OUEST suffit à démontrer que cette région du monde est considérée par le capitalisme occidental comme une de ses arrière-cours et qu’il a dans cette zone des projets et des appétits qui ne s’embarrassent pas de la souveraineté des Etats de la région.
Que dit cette carte ?
1- D’abord sur la population
Que les touaregs sont majoritaires dans la zone Nord du Mali, ce qui est une évidence démographique de longue date et cette partie du territoire malien actuel est appelée AZAWAD, terme revendiqué par le MNLA.
Qu’ils ne sont pas majoritaires au Sud de la boucle du Niger. Là aussi simple rappel des faits.
Mais surtout elle montre que la zone à dominante touareg dépasse très largement le Mali, qu’elle s’étend jusqu’en Libye et qu’elle est donc déstabilisée par la disparition du régime libyen.
2 -Ensuite sur les ressources convoitées :
Le niveau actuel des cours de l’or et les inquiétudes des possédants sur la stabilité des monnaies des pays capitalistes riches a déchainé une ruée mondiale vers le métal jaune
L’accès à de nouvelles sources de pétrole et de gaz est une préoccupante stratégique des Etats-Unis comme de l’Union européenne et iles veulent mettre la main sur les nouveaux gisements avant l’Inde et la Chine. L’Afrique de l’Ouest est donc de ce point de vue le terrain de chasse prioritaire.
3 - Dernière indication de portée politique et stratégique considérable : « le gaz du bassin de Taoudéni pourrait être exporté via l’Algérie ». Là s’exprime la crainte que l’Algérie et sa société pétrolière nationale la SONATRACH qui a déjà commencé à prendre part aux côtés des sociétés occidentales (Total et ENI en particulier) aux recherches prometteuses en Mauritanie et au Mali devienne le maitre du jeu.
Pour l’empêcher rien de tel qu’un bon gros désordre « islamique » pour mettre le pouvoir algérien, le seul qui conserve encore un peu d’indépendance du Caire à Rabat, sur la défensive.
Mais une autre histoire est possible qui n’est évidemment pas celle que veulent écrire les puissances membres de l’OCDE : que sous la houlette de l’Algérie, qui aujourd’hui a seule les capacités militaires et techniques pour le faire, les pays de la région se mettent d’accord pour exploiter ensemble ces nouvelles ressources pétrolières, les utilisent pour leur propre développement et exportent le reste par un port à construire sur l’Atlantique en Mauritanie ou au Sénégal.
Un vrai projet Sud-Sud qui constituerait une véritable décolonisation du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
4 Les brèves
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
4-1 Chien Guevara :Mali, révolte touareg : et si l’on parlait vrai ?
DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE DE L’AZAWAD (Vendredi, 06 Avril 2012 02:24) NOUS, PEUPLE DE L’AZAWAD, Par la voix du Mouvement National de Libération de L’Azawad après concertation avec : Le Comité Exécutif, Le Conseil Révolutionnaire, Le Conseil Consultatif, L’Etat-Major de l’Armée de Libération, Les bureaux régionaux Rappelant les principes du droit international et les principaux instruments juridiques internationaux régissant le droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes, notamment, la charte des Nations Unies en ses articles 1 et 55, les dispositions pertinentes de la déclaration internationale des droits des peuples autochtones ; Considérant, la volonté explicitement exprimée dans la lettre datée du 30 mai 1958 adressée au président français par les notables, guides spirituels de toutes les composantes de l’AZAWAD ; Considérant qu’en 1960, à l’occasion de l’octroi de l’Indépendance aux peuples Ouest-Africains, la France a rattaché sans son consentement l’AZAWAD à l’Etat malien qu’elle vient de créer ; (...)
Lire la suite :http://www.legrandsoir.info/mali-revolte-touareg-et-si-l-on-parlait-vrai.html» .
Chien Guevara
5 Dossier
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
5-1 Jeuness africaine : Le MNLA gagne du terrain face à une armée malienne faible, ATT est-il contraint de négocier ?
Depuis les premières opérations du 17 Janvier à Ménaka et dans la région de Kidal ,le MNLA(mouvement national pour la libération de l’Azawad) n’a cessé de faire parler de lui .Les autorités maliennes tous comme la communauté internationale ont pris à la légère ce mouvement qui s’érige aujourd’hui en une force qu’il faut prendre au sérieux.
En effet la naissance de ce mouvement n’est que la conséquence logique des bombardements de l’OTAN sur la Libye qui ont finis par mettre fin au régime du guide libyen Kadhafi qui a été un acteur important dans le maintien de la paix dans les pays qui compose le Sahel .La chute du régime de Kadhafi a permis à plusieurs groupes de s’emparer d’armes lourdes ,groupes parmi lesquels des Touaregs qui avaient combattu a Sebha au côté de l’armée libyen et l’un des chefs de ces groupes Touaregs Mohammed Ag Najem colonel dans l’armée libyen est rentré au Mali pour lancer la plus grand rébellion armée touareg que le Mali n’a jamais connu.
Il faut cependant souligner que les responsabilités liés au déclanchement de cette rébellion sont partagées entre plusieurs acteurs .D’abord il s’agit de dégager la responsabilité des puissances impérialistes qui ont menés cette guerre contre Kadhafi sans mesurer les conséquences pour les pays voisins de la Libye ,il y a aussi la responsabilité du CNT qui a aveuglement mené sa révolution sans sécuriser les frontières ,Kadhafi est également responsable pour avoir permis le pillage des dépôts d’armes ,il y a aussi la responsabilité du Niger et de l’Algérie qui ont laissés ces rebelles passés par leurs frontières car le Mali ne fait pas frontière avec la Libye ,et enfin la responsabilité des autorités maliennes à la tête desquelles le président Toumani Touré qui a fait preuve de naïveté en laissant des hommes lourdement armé rentrer dans le territoire malien .ATT aurait dû faire comme le président Nigérien ,désarmer les rapatriés de la Libye avant de les laisser franchir les frontières. ATT est aujourd’hui en train de payer le prix de ces passivités dans la sécurisation de son pays mais aussi des pays voisins notamment dans la gestion des menaces terroristes des islamistes d’AQMI, des rebellions touareg ,et des trafiquants de drogue.
Sur le terrain le Mali a face lui un MNLA différent des autres mouvements de rébellion ,d’abord de par sa puissance militaires mais aussi de par ses revendications qui ne se limitent plus cette si fois si à l’insertion des populations du nord ou à des questions d’emplois ou économiques, mais l’autonomie totale de la région de l’Azawad avec la création d’un nouvel État pour les Touaregs comme promis par la puissance coloniale française depuis la pénétration coloniale .Le massacre d’Aguelhok ,la prise du camp militaire d’Amachach et toute la ville de Tessalit, Libération de la Ville de Goudam (Région de Tinbouctou),contrôle d’un Camp d’Entraînement de la milice militaire malienne à Soudere-Gourma,…le MNLA contrôle désormais plus 1/3 du territoire maliene et envisage de prendre le contrôle de Kidal ,Ménaka et Tombouctou pour avoir un contrôle effective sur l’Azawad dont il réclame .Ce qui est dramatique c’est que l’armée malienne est incapable de bloquer cette marche vers la séparation mettant ainsi en cause la souveraineté de l’État malien qui est à la limite ridiculiser par les fuites de son armée ,par des morts et prise d’otage au sein de cette armée.
Soutenu par le mouvement islamiste touareg Ansar Dine d’Iyad Ag Ghali et AQMI(Al-Qaïda au Maghreb Islamique),le MNLA est plus que jamais en position de force et contraint les autorités maliennes à la négociation. Il est évident que avec toutes ces villes prises par le MNLA ,les otages et les morts dans le rang de l’armée malienne ,les soutiens internes et externes dont bénéficie le MNLA ,les milliers de maliens ayant fuient les combats et refugiés dans des camps au Niger ,au Burkina Faso ,en Mauritanie et en Algérie, et avec l’approche des élections ,le président malien est aujourd’hui obligé de négocier avec les rebelles. Mais la grande question qui se pose est négocier sur laquelle base car les autorités maliennes insistent sur le fait que la souveraineté du Mali n’est pas négociables alors même que c’est là que se trouve la principale revendication des rebelles.
ATT doit-il concéder la souveraineté de son pays à une force africaine pour mettre fin au MNLA ?
ATT doit-il négocier avec le MNLA sur une décentralisation plus poussée avec une réelle autonomie et insertion des populations du nord ?
ATT doit-il accepter la création de l’État touareg ?
ATT fait-il preuve de passivité exprès pour se maintenir au pouvoir ?
L’État touareg naitra-t-il un jour ?,les jours à venir nous édifierons d’avantage sur ces questions que beaucoup se posent aujourd’hui.
5-2 Investig’Action : Ruée vers l’or au Mali. Qui accourt ?
Le sage grec Chilon disait : « Le feu éprouve l’or et l’or éprouve l’homme ». Le dernier documentaire d’Eric Pauporté, Mali d’or, confirme cette maxime.
Le cinéaste belge s’est rendu dans le pays d’Afrique de l’Ouest, sur le site minier de Morila. Investig’Action a rencontré Eric Pauporté.
Il nous explique comment les multinationales du secteur minier ont les mains libres pour exploiter l’or du Mali dans des conditions insupportables pour les populations locales et l’environnement. Il nous dévoile également le véritable rôle de la coopération dans les relations Nord-Sud
Le cinéaste Éric Pauporté se rend au Mali en 2005 en territoire Bambara.
Il y découvre une gigantesque mine d’or à ciel ouvert, la mine de Morila, exploitée par une filiale à capital partagé entre Randgold Resources et Anglogold Ashanti.
Aujourd’hui fermée, la mine Morila a laissé place à un paysage lunaire : « … La zone d’exploitation a été aujourd’hui laissée à l’abandon. La mine est devenue un immense trou avec à côté des terrils et un grand bassin de traitement des eaux usées. Autour de la mine des dizaines de maisons et des champs à l’abandon. Les gens qui se sont fait voler leurs terres ne les ont jamais récupérées. La compagnie minière avait un plan de fermeture et de réhabilitation du site. »
La mine de Morila est-elle un cas isolée ? Non.
Présentées par la banque mondiale, le FMI et le secteur privé comme des projets de développement pour les populations locales, les mines provoquent partout dans le monde les mêmes conséquences : la déstructuration des communautés, la spoliation, les pollutions et aussi bien sûr l’enrichissement des acteurs financeurs financiers de ces exploitations.
L’histoire ancienne du Mali est une histoire peu connue. Pouvez-vous nous en parler ?
Le Mali est historiquement riche en or et riche de son or. Cela remonte à la nuit des temps : l’or du Mali a été acheminé vers l’Égypte, Carthage, Rome, l’Europe, le Monde Arabe. Sur cette richesse furent bâties des sociétés élaborées qui sont les premières à avoir laissé des traces remarquables dans l’Histoire. C’est le cas de la région du Hodh, avec la ville d’Awdaghost, mais aussi de l’empire du Ghana, de l’empire Almoravide (empire berbère), puis de l’empire du Mali ou Mandé dés 1234 avec son fondateur, Sundjata Keita. Ce dernier créa un État fédéral avec une organisation élaborée qui comprenait un parlement, une armée très bien structurée, un système d’enseignement, un trésor public ainsi qu’une organisation de l’extraction et de la vente de l’or. Il développa aussi l’agriculture : coton, arachide. Ce fut aussi l’époque de grands centres urbains universitaires comme Tombouktou, Jenné ou Ségou.
Sundjata Keita eût d’illustres successeurs comme Boubakar II qui, deux siècles avant Christophe Colomb, lança deux expéditions maritimes pour découvrir l’Amérique.
À la fin du 19ème siècle, des grands hommes d’État comme Babemba, Amadou, Alibouri et Samory, ont eux aussi réussi à contenir les assauts des colons européens qui lorgnaient sur les richesses du Mali. Mais pour un temps seulement : en 1883, le Mali devint une colonie française. Durant cette période, les bases économiques de production ne changèrent pas fondamentalement mais la métropole contraint à l’exportation des produits et surexploita les ressources.
Quelle est l’histoire de la mine de Morilla sur laquelle vous avez enquêté ?
La mine s’installe en 1998 et commence à exploiter en novembre 2000. Une seule concession est exploitée, mais l’entreprise en possède huit autres dans la région. La mine devait avoir une durée de vie de treize ans, mais finalement, elle cessera ses activités huit ans après sa création, en 2009.
Cette mine est une conséquence du boom minier industriel qu’a connu le Mali. Dans les années 80, la Banque Mondiale force le pays à s’ouvrir aux investissements étrangers et à ne plus avoir de contrôle sur les flux financiers. Cette dérégulation permet l’arrivée massive de sociétés qui ont toute liberté pour s’installer et exploiter. La nouvelle législation leur permet de contrôler tous les aspects de la production : contrôle de l’exploitation de la mine, des produits chimiques et de l’exportation.
C’est pendant cette période que des belges obtiennent une concession d’exploration dans la zone qui allait devenir la mine Morila. En suivant les pistes traditionnelles des orpailleurs locaux, ils identifient une vaste mine avec des teneurs en or exceptionnelles : 900 g par tonnes de minerais ! L’étude d’Impact Environnement et Social (EIES) faite pour la compagnie confirme cette information.
Qui sont les différents acteurs de ce projet d’exploitation ?
Dans le contrat signé avec le gouvernement malien, l’exploitant supposé est Union Minière, compagnie belge qui exploite aussi au Congo. Mais à ce moment-là, Union Minière est nationalisée par Mobutu et la branche commerciale, UMICORE, s’en détache et s’installe à Washington.
Cette séparation est probablement la raison pour laquelle, l’exploitation de Morila passe dans les mains d’Angloglod Ashanti et de Randgold Resources à travers la filiale Morila SA. Angloglod et Randgold sont les branches spécialisées dans l’exploitation minière de deux consortiums financiers : Oppenheimer et Angloamerican.
Le premier est connu pour avoir le monopole de l’extraction de diamants et de l’or en Afrique du Sud. Le deuxième est une major du secteur minier. Etienne Davignon, célèbre figure de la vie politique et économique belge, fait partie de son conseil d’administration.
Étienne DAvignon est une des grosses fortunes de Belgique qui s’est d’abord bâtie avec la colonie au Congo. Il est impliqué dans l’assassinat de Lumumba et la mise en place de Mobutu. Il a participé à la création dans les années 70 du think tank « Groupe de Bilderberg » (pour la création d’une Europe libérale). Il est un des principaux acteurs du dossier Morila et a été à la tête d’Union Minière
Le contrat d’exploitation de la mine Morila porte sur l’or, mais Morila SA exploite aussi du nickel, des platinoïdes, de l’argent… Cela ne fait pas partie des contrats, mais ça fait partie du processus de spoliation dans le sans où l’épuration de l’or se fait en Afrique du sud.
Autre information intéressante : si Anglogold et Rangold ont certes créé Morila SA, c’est la Somadex, une entreprise sous-traitante, qui extraie l’or. Et la Somadex, c’est Bouygues….
Le groupe Bouygues n’est pas connu pour ses capacités techniques dans l’exploitation de l’or !
Ils ont toute la capacité qu’ils veulent quand il y a du fric derrière.
Que s’est-il passé avec les populations locales qui vivaient sur le territoire de la concession de Morila ?
Il y avait environ 20.000 personnes sur le territoire concerné. Ce sont des Bambaras qui vivaient et travaillaient ces terres, surtout des agriculteurs et des forgerons.
Entre 1.000 et 1.500 habitants furent directement déplacés mais en tout, 10.000 personnes qui dépendaient de cette zone pour l’agriculture ont perdu leur accès à ces terres. Ces populations n’ont pas été informées ni consultées d’une manière adéquate. Traditionnellement au Mali, la terre est un bien commun qui est géré par les sages, les notables du village. On ne peut donc normalement pas vendre la terre. Mais l’État a donné les droits d’exploitation à l’insu de la population. La compagnie a donc pu acheter des terres, le plus souvent à très bas prix : cinquante euros pour sept hectares. Aussi, l’entreprise avait promis septante emplois par villages. Au final, n’y en eut que trois ou quatre.
Parallèlement, à Domba, un village situé sur une des concessions minières à côté de Morila, la direction de la mine est venue interdire aux orpailleurs traditionnels d’exploiter l’or de surface. Alors que les gens exercent cette activité depuis la nuit des temps, à la pioche et qu’il existe actuellement, selon des estimations, 200,000 personnes qui vivent de l’orpaillage au Mali….
Autour de la mine, quelles sont les conséquences observables de cette exploitation sur l’environnement ?
Les problèmes de pollution sont en général liés à la surexploitation. En surface, les taux d’or présents dans les roches sont élevés. Mais en profondeur, ils le sont moins. C’est à ce moment-là qu’intervient l’exploitation minière industrielle qui utilise les produits chimiques. On peut donc dire que les problèmes de pollutions environnementaux sont liés à la surexploitation.
Un autre problème : l’eau. Il s’agit d’une zone où il y a beaucoup d’eau. Mais avec une extraction de quatre millions de tonnes de minerais par an et un brassage dans dix-sept millions de mètre cube d’eau dans lequel se déverse aussi sept tonnes de cyanure, l’accès à l’eau en général et à une eau saine en particulier est très compliqué pour les villageois. L’eau qui sert au traitement du minerai va dans la nappe phréatique. Elle est déversée d’abord dans un bassin de rétention qui fait environ quarante hectares mais qui ne possède aucun système de protection, pas de bâches. Par conséquent, les eaux usées peuvent s’infiltrer dans le sol. La compagnie minière prétend que le cyanure s’évapore. D’une part, ce n’est vrai qu’en surface, d’autre part, il s’évapore dans l’air qu’on respire. De plus, avec le système de cette mine, du cyanure s’infiltre quand-même dans le sol et donc dans les nappes phréatiques. Enfin, il y a aussi le problème de la pollution insidieuse à l’arsenic. En effet, j’ai vu des trains d’écoulement avec des traces de carbone et d’arsenic. Le minerai explosé lors du processus d’exploitation libère l’arsenic dans l’environnement.
Y a-t-il des impacts sur la santé des travailleurs ou des populations de l’utilisation des produits chimiques ? Et comment ces populations ont-elles réagi à cette situation ?
Oui, il y a eu de nombreux cas d’étourdissement qui ont provoqué des accidents souvent mortels. En effet, le cyanure est un anoxiant qui agit par asphyxie en se fixant sur le sang. Il aura fallu cinq ans pour que l’accumulation des intoxications inquiète les populations et que celles-ci fassent le lien entre leurs problèmes de santé et l’exploitation minière. En mai 2005, à Morila, un homme est mort devant la porte de la mine. Un de trop.
C’est à partir de là que les gens ont commencé à s’organiser. Le sentiment général était la colère. Une grève a commencé en juillet car les gens se rendaient compte qu’ils mouraient les uns après les autres.
Ensuite, il s’est avéré que ni les conditions de travail ni le système de prime n’étaient respectées. Et il y avait des problèmes avec les contrats des travailleurs : il y avait plus de 300 contrats falsifiés qui étaient en réalité des contrats d’essai, systématiquement photocopiés.
Les populations locales se sont senties trahies sur toute la ligne par les autorités du pays et par les autorités de la mine.
Mais maintenant que la mine est fermée, elles ne peuvent plus revendiquer leurs droits car elles n’ont plus personne à qui se plaindre : la SOMADEX a disparu et est devenue MARS, pour l’exploitation d’une autre mine. Il n’y a donc plus d’interlocuteur juridique.
Y a-t-il selon vous une dimension internationale à ce problème, un shcéma qui se répète ailleurs dans le monde ?
Toutes ces sociétés minières ont un siège dans un paradis juridique : le Canada. Et pour la circulation des flux financiers, ces compagnies ont des sièges dans les paradis fiscaux.
Le contrat minier imposé au Mali est calqué sur le code minier canadien. De plus, l’époque coloniale n’est pas loin avec la liquidation des opposants et la corruption. Quand il y a 890 grammes d’or qui disparaissent sur 900, on voit bien la marge que les grosses compagnies minières ont pour corrompre autour d’elles… Le fait est que nous sommes dans un système de dérégulation générale où l’État ne peut jouer aucun rôle de contrôle. Tout le contrôle se retrouve dans les mains des multinationales.
La coopération entre les pays du Nord et du Sud permet-elle d’améliorer la situation des peuples victimes de ce type d’exploitation ?
La présence de la coopération est directement liée à la présence des multinationales. La coopération, c’est la mission du capital. Au même titre que pendant les colonies on a envoyé l’église catholique, maintenant on envoie des coopérants. Ils jouent exactement le même rôle, mais avec des outils plus élaborés, plus sophistiqués.
Jean Bofane en parle bien dans son bouquin, Mathématiques congolaises : la coopération est le vecteur de rétribution d’un petit pourcentage des fruits de l’exploitation qui s’occupe de conditionner cette rétribution par des critères choisis, décidés en Occident.
La coopération, par l’argent, conditionne le fonctionnement politique de ces pays : les « démocraties » provoquées sont faites pour faire valoir l’incapacité humaine, politique et sociale du colonisé et pour imposer le savoir-faire occidental.
Source :www.michelcollon.info
6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme
6-1 Nord-Mali : comment éviter un nouvel "Afghanistan", au cœur du Sahel ?
Alors que les rebelles touaregs ont ouvert la porte à la domination du Nord-Mali par les groupes salafistes et terroristes du type Aqmi, Jeune Afrique tente d'analyser les pistes possibles de sortie de crise.
Une enquête à découvrir dans son édition n° 2676, en kiosques du 22 au 28 avril 2012.
Dans le nord du Mali, ce ne sont plus les rebelles touaregs, mais les islamistes qui ont pris le pouvoir. À Gao ou Tombouctou, les émirs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), les redoutables Mokhtar Belmokhtar, Abou Zeïd et Yahya Abou Hammam, se sont alliés aux combattants touaregs d'Ansar Eddine et se déplacent à leur guise. « Si la communauté internationale n'intervient pas vite, a prévenu le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz le 15 avril, tous les ingrédients sont là pour faire du Mali un Afghanistan ».
Depuis la fin du mois de mars, le Nord fait peur et les capitales de la sous-région vivent dans la hantise d'une infiltration terroriste. Enlèvements, attentats ou tir de missile contre un avion civil, tout est possible. Mais que faire ?
L'armée malienne est démotivée, désorganisée et sous-équipée. Les pays de la sous-région sont, à quelques rares exceptions près, réticents à intervenir militairement chez leur voisin en crise.
L'Algérie sur ses gardes
L'Algérie elle-même, qui serait la seule capable de faire peur aux nouveaux maîtres de Tombouctou, a dit qu'elle refusait d'opérer hors de ses frontières. Et pour l'instant, négocier paraît tout aussi compliqué, compte tenu de l'imbroglio politique à Bamako, depuis le putsch du 22 mars.
Peut-on encore sauver le Nord et éviter qu'un nouvel Afghanistan ne se constitue au cœur du Sahel ? C'est une enquête à lire dans Jeune Afrique n°2676.
Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Nord-Mali : comment éviter un nouvel "Afghanistan", au coeur du Sahel ? | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
17 avril 2012
7 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
7-1 Amy Goodman :Mali, un pays pris dans un jeu d’échec.
Devant la difficulté croissante d’obtenir des informations sur ce qui se passe réellement au Mali, il nous parait primordial de donner la parole aux vrais connaisseurs de la situation. Dans une interview accordée au programme Democracy Now ! Firoze Manji explique dans les grandes lignes la réalité malienne. Firoze Manji anime le site Pambazuka News qui traite de la justice sociale en Afrique. Ex-directeur d’Amnesty International en Afrique, il vient de publier, en anglais, le livre 'Un livre : Le réveil Africain : les révolutions émergentes.'
Quelques extraits de cette interview :
Amy Goodman : Pouvez-vous nous parler de la signification des propos du Président Malien lorsqu’il dit qu’il démissionne, et quel est l’enjeu derrière tout cela ?
Firoze Manji : Je ne pense pas que cela soit aussi dramatique qu’on veut nous faire croire. Même si le coup d’état n’avait pas eu lieu, il était obligé de se retirer en avril de toute manière. Je ne pense pas qu’il avait beaucoup de choix. Cela faisait probablement partie des négociations avec les officiers militaires qui se sont emparés du pouvoir. Et donc, je n’attacherais pas une grande importance à cela.
Je pense que ce qui est plus sérieux, ce sont les menaces venant des communautés économiques pour l’Occident – ou les Etats Africains Occidentaux, la CEDEAO – qui menacent d’entrer militairement au Mali. Et s’ils le font, cela pourrait causer une situation tragique.
Je pense que ce que nous avons au Mali est une situation très complexe. Vous avez, d’un côté, des officiers de rang moyen démobilisés, qui n’ont pas d’objectifs ou de plan précis de ce qu’ils veulent. On sait qu’ils sont démoralisés par la défaite qu’ils ont essuyée lors du Mouvement National pour la libération des Azawad, que les gens appellent communément Touaregs. Et ils ont actuellement pris la moitié du territoire du Mali. Mais cela est une partie de leur territoire traditionnel. Et ils ont maintenant organisé un cessez-le-feu. Ils ont occupé le territoire. Ils ont gagné ce qu’ils voulaient.
Cependant, la situation est beaucoup plus compliquée, à cause de mouvements comme Al Qaida au Maghreb, AQMI, qui ont été les porteurs de toutes sortes d’activités terroristes – et le porte parole des Nations Unies prétend que c’est le mouvement Azawad qui a perpétué toutes ces attaques terroristes. La réalité est bien différente. Selon des fuites récentes de WikiLeaks, le gouvernement malien a été très proche d’AQMI, dans le but de miner les efforts du peuple Azawad dans leur lutte pour l’indépendance.
Amy Goodman : - Pouvez-vous expliquer comment la Lybie et la chute de Kadhafi entre en ligne de compte et parler de qui sont les rebelles touaregs – pour certains, c’est la première fois dont ils en entendent parler.
Firoze Manji : Oui, Et bien, il y a eu beaucoup d’articles dans les médias, de publications, faisant allusion au fait que Kadhafi était membre de cette rébellion en particulier. Mais en réalité, ce mouvement a été organisé depuis un certain temps. Il y a certainement de nombreuses personnes que Kadhafi a entrainées dans son armée qui est issue de la population appelée Touareg. Et beaucoup d’entre eux sont retournés dans le mouvement après l’effondrement de la Libye. La moitié d’entre eux a certainement rejoint la rébellion touarègue, mais l’autre moitié est en fait à Bamako, la capitale du Mali, et a rejoint l’armée malienne, en prétendant être Maliens. Donc, il n’est pas très clair que ceux qui viennent de Lybie font désormais partie du mouvement de libération nationale.
En ce qui concerne les Touaregs, ce sont des gens qui ont occupé de larges régions d’Afrique. Ils se situent au Maroc, en Mauritanie, au Burkina Faso. Ce que nous devons comprendre, c’est que ce sont des bergers de bétail. Ce sont des gens qui sont nomades traditionnellement, qui bougent, et qui ont été incorporés au Mali à cause du gouvernement colonial français, qui a tout simplement divisé le territoire en fonction des ressources qu’il voulait exploiter. Et il faut se rappeler que le Mali a de très bonnes sources d’or, aussi bien que de gaz et de pétrole.
Donc, les Touaregs sont reliés à une grande communauté de gens qui s’étend du Nord de l’Afrique à beaucoup d’autres parties d’Afrique de l’Ouest. Ils demandent à avoir leur propre Etat, ce qui n’est pas déraisonnable, et ils sont nombreux à essayer de former un mouvement pour libérer leur territoire. La communauté internationale à renié leurs attentes. Ils ont été reniés par le gouvernement français. Dans les faits, les Etats-Unis ont une présence militaire dans cette zone, appelée AFRICOM. Et il n’y a pas doute qu’ils sont actifs pour empêcher les agissements du mouvement de libération nationale, le mouvement des Azawed, pour les empêcher d’atteindre une quelconque forme d’indépendance.
Amy Goodman : Quelle est la relation entre la formation américaine AFRICOM et la formation africaine, le CEDEAO, les nations africaines, et l’organisation des Etats d’Afrique de l’Ouest ?
Firoze Manji : Officiellement, aucun des pays africains, à part le Libéria, et plus récemment, la Libye, ont officiellement accepté la présence de AFRICOM et de la présence militaire en Afrique. Bien que les positions officielles soient ainsi, en pratique, AFRICOM a été présente dans cette région depuis de nombreuses années. Ils ont certainement été actifs en Algérie, au nord du Mali, et ils ont certainement une présence dans d’autres pays africains. Imaginez que les troupes kenyanes occupent une partie des Etats Unis, je ne pense pas que la population américaine sera contente. Et je pense que la population africaine a la même réponse : elle refuse la présence de troupes étrangères sur son territoire.
Amy Goodman : Et comment le Mali entre-t-il en ligne de compte dans ce qui se passé au Sénégal ?
Firoze Manji : L’ex-président du Sénégal, Abdoulaye Wade, a tenté de changer la constitution pour la 16ème fois pour s’assurer de remporter les élections avec plus de 25 pourcent des votes. Et les jeunes gens sont sortis dans les rues, et il y a eu de nombreuses manifestations. Ces protestations ont mené à une situation où un changement de la constitution n’était tout simplement pas possible. Et c’est ce qui a mis en place un bon contexte pour des élections réussies au Sénégal, ce qui a mené à la tête de la présidence Macky Sall. Et donc, c’est une immense victoire.
Mais je pense que c’est une partie d’un phénomène plus large, qui est en train de passer à travers le continent, qui vient du fait que les trente dernières années, notre peuple a perdu tous les gains de l’indépendance. Les Africains ont été habitués à avoir des soins de santé gratuits, une éducation gratuite, l’accès à l’eau, leurs propres infrastructures de télécommunication et de communication. Toutes ces choses gagnées avec l’indépendance ont été perdues, et cela à cause de l’application de ce que j’appelle les politiques néolibérales, qui ont été imposés à de nombreux pays africains par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.
Et donc, nous avons une situation dans la plupart de l’Afrique où les règles sont souvent non respectées par les sociétés multinationales. Et je pense qu’il y a un mécontentement grandissant du fait que les gens sentent qu’ils n’ont pas les moyens de déterminer leur propre destinée. Et donc, l’autodétermination est devenue un dynamisme vital à travers le continent. Et je pense que la montée du Mouvement National pour la libération des Azawad, que les gens appellent les Touaregs, cela fait partie du même processus de sentiment de perte d’autodétermination.
18 avril 2012
Traduit de l’anglais par Fatma Kassoul pour Investig'Action michelcollon.info
Source : Democracynow
7-2 Salima Tlemçani : De l’autre côté de l’oued, les réfugiés maliens livrés à la misère.
De l’autre côté de l’oued Tin Zaouatine, des dizaines de tentes, faites d’étoffe rafistolée, abritent près de 200 fmilles, en majorité des nomades.
Cela fait presque trois mois que celles-ci ont fui les violences à Kidal, Ménaka et Aguelhoc. Beaucoup d’entre elles se trouvaient dans les zones que l’aviation militaire malienne a bombardées, après les premières attaques menées par les combattants du Mouvement national pour la libération de l’Azawad. Elles comptent parmi elles de nombreuses victimes. «Nous étions en train de faire paître nos chèvres, lorsque les avions ont commencé à larguer des bombes. Nous ne savions pas quoi faire. Fallait-il sauver nos femmes et nos enfants qui étaient sous les tentes, ou faire évacuer nos troupeaux qui sont nos seules ressources ?
Nous avons vécu l’horreur. Mon voisin et cousin a perdu deux de ses enfants, et un autre nomade a vu sa femme se faire déchiqueter. Nous avons pris la décision de quitter les lieux, parce que les avions n’ont pas cessé de faire des allers-retours. Nous nous sommes rapprochés de la frontière algérienne avec comme bagages uniquement nos vêtements et quelques chèvres ayant échappé au massacre», raconte Mohamed Ag Issa. Il est père de six enfants, tous en bas âge. A moitié nus, quelques-uns accourent vers nous, dans l’espoir d’arracher un morceau de pain ou uniquement une bouteille d’eau.
Fièvre
«Nous manquons de tout. Nos enfants mangent rarement et se suffisent de quelques tasses de lait de chèvre que nous partageons avec nos voisins», souligne Akli qui a à sa charge une famille de douze membres, qu’il peine à nourrir. «Nous n’avons ni de quoi manger ni de l’argent pour traverser et acheter de la nourriture. La majorité des enfants sont atteints de maladies liées au manque d’hygiène. Affaiblis, leurs corps ne peuvent plus se défendre. Nous ne pouvons plus retourner chez nous de peur d’une éventuelle reprise des combats dans nos régions», lance Ahmed. Il nous emmène dans le camp qui fait face. Une maman tient un de ses enfants dans les bras et semble très préoccupée.
«Cela fait trois jours qu’il a de la fièvre et je n’ai pas de quoi le soigner ou l’emmener chez le médecin. C’est à peine si je peux trouver de quoi nourrir ses autres frères et sœurs», nous dit-elle d’une voix nouée. A peine 4 ans, son fils ne cesse de pleurer. Il transpire très fort. C’est le cas d’un autre enfant un peu plus âgé. «Il a dû manger quelque chose qu’il n’a pas supporté. Il a une forte diarrhée et des douleurs au ventre. Je lui ai donné quelques herbes, mais il ne s’est pas rétabli», précise son père. D’autres familles vivent dans les mêmes conditions de pauvreté extrême. Elles se bousculent pour venir nous parler, en pensant que nous faisions partie d’une mission humanitaire.
«Le monde nous a abandonnés à notre misère. Nous avons choisi d’être sur la bande frontalière, parce que nous ne voulons pas nous exiler en Algérie. Nous restons sur notre territoire en espérant que le monde nous prête un peu plus d’attention. Les grandes chaleurs arrivent et nous n’avons même pas de quoi soigner ou nourrir nos enfants», crie une femme, mère de cinq enfants. Elle exhibe les deux jambes de son fils et ses deux bras recouverts de boutons, dont plusieurs totalement infectés.
Une autre femme nous montre les yeux de sa petite-fille recouverts d’une substance jaunâtre.
«Cela fait deux jours qu’elle n’arrive pas à les ouvrir. Elle a très mal. Je lui ai mis du khôl. En vain. Sa sœur souffre de la même maladie et je crois que c’est elle qui l’a contaminée. Nous n’avons ni médecin
ni médicaments pour soigner nos enfants. Faites quelque chose pour eux. Ils ne méritent pas toutes ces souffrances. Nous aurions aimé retourner sur nos terres, mais la situation ne le permet pas pour l’instant», déclare-t-elle, avant qu’elle ne s’arrête pour nous montrer une file de poids lourds qui passe à toute vitesse. «Regardez, ces camions passent quotidiennement de nuit comme de jour, pour aller livrer la marchandise et le carburants aux trafiquants. La quantité laissée ici est vendue à des prix exorbitants, précise t-elle. Personne ne peut se permettre d’acheter même un kilogramme de riz.»
Salima Tlemçani
http://www.elwatan.com/international/de-l-autre-cote-de-l-oued-les-refugies-maliens-livres-a-la-misere-27-04-2012-168425_112.php
7-3 Mountaga : LE MALI, VICTIME DU POISON DÉMOCRATIQUE…
Si l’impérialisme occidental voulait détruire les nouveaux États africains, il a en partie réussi son coup. Grâce au poison très efficace qu’est la « démocratie ».
Un concept aussi abstrait que flou qui, au lieu de favoriser l’égalité ou le mérite, n’a fait qu’accentuer la division et la corruption dans des sociétés déjà gangrénées par des clivages ethniques ou de castes. Pour m’en limiter au Mali, beaucoup de mes compatriotes s’accordent pour dire que la « démocratie » a carrément tué ce pays, en y consacrant la MORT DE TOUTE FORME D’AUTORITÉ, favorisant l’effritement du tissu social et brouillant les repères grâce auxquels fonctionnait cette société. Et surtout, en y instaurant une AUTRE FORME DE DICTATURE : celle du GAIN MAL ACQUIS.
On assiste à l’émergence d’un OSTENTATOIRE EGOÏSME, aussi féroce que destructeur. Si bien que le VÉRITABLE DANGER qui guette le Mali n’est pas la menace de partition brandie par les rebelles touaregs ou l’intégrisme brandi par les islamistes, mais celle d’une EXPLOSION SOCIALE pouvant prendre des formes variées, toutes aussi tragiques.
LES RAVAGES D’UNE DÉMOCRATIE COCA-COLA
Comme le rappelait NYERERE, la démocratie doit se faire conformément à l’histoire, à la culture et au niveau de développement d’un pays et ne peut se concevoir « comme une BOUTEILLE DE COCA-COLA que chacun est obligé de boire. » En fait de bouteille de coca-cola, il aurait dû parler de CIGÜE, ce poison que le philosophe grec Socrate fut condamné à boire pour succomber. C’est cela qui est arrivé au Mali, face aux diktats des institutions de Bretton Woods, faisant de la « démocratie », présentée comme la voie toute indiquée pour le « développement », une condition pour leur aide financière. Et depuis, ce pays a amorcé une pente dangereuse, au point que certains en arrivent à regretter le temps de la dictature militaire du Général Moussa Traoré qui, à l’époque, avait justement pressenti en cette démocratie imposée une « CAMISOLE DE FORCE » que le Mali n’était pas prêt à porter.
Le problème réside en réalité au niveau de la FORME que cette « démocratie » a prise chez nous. Au lieu d’une « démocratie sociale » qui aurait véritablement soulagé les populations, on s’est retrouvé parachuté, sans aucune préparation, dans l’une des PIRES FORMES DE GOUVERNANCE. Un succédané de « démocratie libérale » ou DÉMOCRATIE DE MARCHÉ s’inspirant du LIBÉRALISME SAUVAGE qui fait tant de ravage dans certains pays occidentaux, pourtant culturellement mieux aguerris que nous sur la question. Et le DOGME s’est très vite enraciné chez nous que c’est cela LA « DÉMOCRATIE », dans le meilleur des mondes. La panacée !
Mal inspirés ou opportunistes, nos intellos, naguère zélateurs du parti unique UDPM, ont tôt fait de tourner casaque, adoptant des procédures et des institutions (des coquilles vides) et des mœurs nouvelles pour faire avaler aux populations cette dangereuse mixture. Avec à la clé une FLORAISON DE PARTIS POLITIQUES en proie à l’ERRANCE IDÉOLOGIQUE, n’ayant comme seul objectif que la prise du pouvoir pour accéder aux richesses nationales. D’où des formations à base régionaliste, avec la rapide émergence d’une BOURGEOISIE COMPRADORE faite de nouveaux riches qui ont saigné le pays à blanc, notamment par le truchement des privatisations massives des entreprises publiques, l’attribution de marchés de gré à gré, la spéculation foncière, etc.. Le DÉTOURNEMENT DES RICHESSES NATIONALES se faisant avec la complicité de leurs PARTENAIRES OCCIDENTAUX, prêts à tout pour CAUTIONNER ces FORFAITURES à travers leurs médias, fermant les yeux sur les FRAUDES ÉLECTORALES MASSIVES. Ainsi, l’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT, ayant servi d’objet de chantage pour l’instauration de la « démocratie », retourne en partie dans les pays occidentaux, par le truchement de cette IMPOSTURE.
LES FILS À PAPA DE LA DEUXIÈME GÉNÉRATION
Après avoir été victime des gabegies de la première vague, le Mali ploie maintenant sous le poids d’une nouvelle génération de « démocrates » compradors, plus résolus que jamais à faire mieux que leurs pères dans le banditisme politique et l’enrichissement illicite, via le démantèlement du patrimoine national. Ayant grimpé l’échelle sociale avec le nom, le réseau et les ressources de leurs pères retraités, ils veulent en imposer aux autres, brandissant souvent des titres fictifs prétendument obtenus en Occident. Au fond, leur devise est la suivante : « J’ai préséance sur les autres, du fait de l’héritage politique de mon père. » Pour ne pas dire : « Mon mérite est que mon père a su mieux se prostituer que vos pères. » ou « Je sais mieux me vendre que vous ne pouvez le faire ».
Ils savent effectivement bien se vendre, puisqu’ils ont compris qu’il faut passer par des BLANCS et leurs réseaux pour s’imposer dans son propre pays. Pour cela, ils accepteraient volontiers de devenir FRANCS-MAÇONS ou autres sectaires, pourvu que cela les mène au sommet…
À suivre
Mountaga Fané Kantéka
Tél: 223 76 69 24 47
http://www.kanteka.blogspot.com/
12.05.2012
n° 504 - Afghanistan - les dossiers - 12-05 :- - Le "tribunal de guerre" d’Obama à Guantanamo à l’œuvre
n° 504 - Afghanistan - les dossiers - 12-05 :- - Le "tribunal de guerre" d’Obama à Guantanamo à l’œuvre
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!
Sa diffusion est un acte de résistance.
Afghanistan
Les dossiers
n°504 du 12-05C.
De Broeder & M.Lemaire
Avant propos
‘La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.
Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.
(MICHEL BOUNAN)
· Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes
Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda' & Al-Zarqaoui, Mollah Omar = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes
Le "journal de l'Afghanistan" est visible :
a) sur nos blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site :
www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com
d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/
Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire.
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1-Dossiers
1-2 IRIN News : Vivre dans la bulle de Kaboul. 2 Guantanamo : Les dossiers 2-1 Les USA auraient libéré en secret des prisonniers en Afghanistan. 2-2 Bill VAN AUKEN : Le "tribunal de guerre" d’Obama à Guantanamo à l’œuvre. 3 Témoignage 3-1 Manlio Dinucci L'art de la guerre 4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 4-1 Jean-Pierre Muller : Le retrait d'Afghanistan, un premier casse-tête pour Hollande. 4-2 Manlio Dinucci : Aube rouge sang à Kaboul. |
1 Dossiers
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
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1-1 James Petras :Le massacre de dix-sept enfants et la diversion d'Obama. Après le froid et sanglant massacre de dix sept villageois afghans dans la province de Kandahar, l'armée US et le très complice régime d'Obama ont conçu une opération de désinformation élaborée, exposant l'Administration à des charges de conspiration pour avoir dissimuler des faits essentiels, falsifiant les données et entravant la justice. Tous sont passibles d'accusations criminelles et de poursuites judiciaires selon la procédure qui vise les hauts-fonctionnaires US (l'Impeachment). Ce massacre n'est qu'un parmi plusieurs centaines d'autres commis par les forces armées US selon le président afghan Hamid Karzaï. Cela pourrait ruiner la présidence Obama, un procès contre lui pourrait être intenté pour entrave à la justice et il pourrait même être envoyé en prison pour crimes de guerre. Les mensonges délibérés d'Obama à propos des « évènements » concernant le massacre et la responsabilité fondamentale de l'état major pour les crimes commis par leurs troupes soulignent l'échec de l'occupation de l'Afghanistan, la pièce maîtresse de la politique guerrière d’Obama. Le président US a personnellement joué un rôle dans la dissimulation de cette affaire. D'un point de vue politique, la charge de conspiration contre l’exécutif a des implications plus profondes et plus sauvages que le massacre lui-même, si horrible soit-il.
Le massacre, la version officielle (1ère du nom) et la dissimulation Selon commandement militaire US en Afghanistan et le régime d'Obama, le 11 mars 2012, à 3 heures du matin, un « soldat dérangé » est sorti d'une base spéciale dans la province rurale de Kandahar et, sans ordre de son commandement, est entré dans deux villages séparés de 3,2 kilomètres, a ouvert le feu et tué dix-sept civils non-armés, pour la plupart des femmes et des enfants, et blessé un nombre non-communiqué de villageois ; puis il a arrosé leurs corps avec de l'essence, y a mis le feu pour ensuite retourner à la base militaire afin de se rendre à ses supérieurs. Cette « reddition », clame le Pentagone, a été enregistrée sur une vidéo et pas moins que le Président Barack Obama a attesté de l'authenticité de cette preuve concluante pour l'histoire de ce soldat dérangé et tueur de foules. Le commandement militaire a rapidement expédié le meurtrier sans nom hors d'Afghanistan, l'a incarcéré dans la prison de très haute sécurité de Fort Leavenworth, Kansas, et l'a identifié seulement après comme un homme de trente-huit ans, ayant reçu plusieurs décorations au cours de ses onze années de bons et loyaux services : le Sergent Robert Bales. Les États-Unis ont repoussé toutes les tentatives du président afghan, du chef de l'armée afghane et des membres du Parlement qui voulaient interroger le Sgt Bales afin d'avoir son témoignage et de l'emmener devant un tribunal afghan. Selon une enquête parlementaire afghane indépendante menée par Sayed Ishaq Gillami, et les enquêtes initiales du Général Sher Mohammed Karimi de l'armée afghane, qui ont interrogé les habitants des deux villages, il y a de singulières contradictions dans la version officielle défendue par l'armée US et le président Obama. Des témoins oculaires ont soutenu que plus de vingt soldats étaient impliqués, aidés par un hélicoptère. Ce qu'ils ont décrit ressemblait à un raid de nuit américain typique, qui induit systématiquement la démolition des portes de maisons, le réveil brutal des familles endormies et l'exécution des ses victimes. Gordon Duff, éditeur renommé de Veterans Today, trouve la version des villageois très plausible pour les raisons suivantes : les villages, où les meurtres ont été perpétrés, étaient séparés de deux miles (3,2 km), ce qui rend très improbable qu'un soldat seul, armé jusqu'aux dents, puisse porter un jerricane de plusieurs dizaines de litres d'essence depuis sa base jusqu'au premier village endormi, fracasse des portes de maisons, commette dix-sept meurtres, arrose et brûle ses victimes pour ensuite gagner, trois kilomètres plus loin, le second village, tire, tue et brûle d'autres villageois non-armés puis retourne à sa base pour finalement se rendre. Il paraît beaucoup plus plausible qu'une troupe des Forces Spéciales, lourdement armée, engagée dans une opération de « pacification » de village, ait quitté sa base dans des véhicules militaires, ait passé le pont aux premières lueurs du matin comme lors d'une opération de routine autorisée par leurs supérieurs et que les choses aient mal tourné. Ce qui était supposé n'être qu'un habituel raid de nuit dans un village pacifié pour rechercher d'éventuels sympathisants du régime taliban, s'est transformé en massacre d'enfants et de leurs mères dans leurs lits avec, virtuellement, aucun homme (maris, pères, oncles ou frères) auprès d'eux pour les protéger. Il n'est effectivement pas rare que les paysans afghans cachent des armes dans leurs maisons. Mais ces villages avaient été désarmés par les Forces spéciales et les hommes étaient absents : soit ils avaient déjà été emprisonnés dans des rafles précédentes, soit ils se cachaient pour ne pas justement que leurs femmes et enfants subissent de telles opérations. Quelles que soient les raisons de cette effroyable tuerie de femmes et d'enfants en chemises de nuit, dans ces deux villages de Kandahar, une chose est claire : le président des États-Unis a comploté avec son état major pour tromper la justice en dissimulant un atroce crime de guerre, ce qui est hautement répréhensible par « l'impeachment ». Quand l'irrationalité de la première version officielle est devenue dangereusement évidente au plus superficiel des observateurs, l'équipe de « couverture » d'Obama a lancé une nouvelle version le 26 mars : selon celle-ci, le solitaire et dérangé sergent Bales a commis le premier massacre à l'aube du 11 mars, est rentré à la base pour le petit déjeuner, a mangé, puis s'est dirigé vers le second village pour une deuxième volée de meurtres en série et est enfin rentré pour se rendre à ses supérieurs et poser dans la vidéo de ses aveux.
Pourquoi la couverture d'Obama : le moral des troupes et la guerre en Iran. Pourquoi le président Obama se serait-il engagé dans une si maladroite affaire, minant un peu plus les relations avec le président Karzaï, son état major et surtout le peuple Afghan ? Pourquoi aurait-il risqué les charges de conspiration pour protéger des criminels de guerre en insistant sur un mensonge aussi facilement réfutable ? L'histoire de l'assassin présumé, le Sgt Bales, fournit de larges hypothèses à propos de la crise à laquelle fait face cette armée impériale. Bales est un soldat décoré pour trois faits d'armes en Irak et plus récemment pour son affectation afghane où il aurait participé à des opérations similaires de « pacification spéciale » parmi des civils dans la campagne de l'Afghanistan. Dans les jours qui ont suivi l'annonce des nouvelles à propos du massacre, un Afghan furieux, le président Karzaï, s'est insurgé contre les centaines de massacres similaires qui ont été perpétrés par les États Unis d'Amérique et les forces de l'OTAN sans jamais avoir été rapportés par les médias occidentaux et qui donc, sont restés impunis. Karzaï en a appelé plusieurs fois à la fin des raids des Forces Spéciales sur des villages endormis. Mais, jusqu'à maintenant, il n’y avait pas eu besoin que le président US mette la main à la patte pour dissimuler la vérité. Avec le retrait prochain des USA d’Afghanistan et les sentiments nationaux grandissant, le régime d'Obama doit cacher la vraie nature de l'occupation. Les clients afghans de Washington ne pourront plus ignorer bien longtemps les crimes de guerre étasuniens contre des femmes et des enfants innocents ou d'autres non combattants. Ce qui est surtout vrai pour les si biens nommés « villages pacifiés » où les hommes adultes Afghans avaient déjà été arrêtés lors de rafles ou obligés de se cacher et où le peu d'habitants restants sont désarmés et sous contrôle de l'armée américaine. Prenons en compte la version officielle : pourquoi les commandants des Forces Spéciales chargés du Sgt Bales n'ont pas entendu le son des armes à feu et les cris des victimes dans un périmètre de cent mètres à 3:00 du matin ? Toujours selon la version officielle, le commandement n'aurait été alerté des massacres que quand le Sgt Bales serait rentré à la base, aurait levé ses mains en l'air pour une vidéo de confessions à propos des meurtres et de la profanation des dix-sept corps, principalement des femmes et des enfants. Obama a essayé de vendre cette vidéo comme une preuve irréfutable de la version officielle à un président Karzaï sceptique qui a immédiatement demandé que cette dernière lui soit remise pour un examen détaillé d'authentification. Le refus d'Obama de céder la vidéo tend alors à confirmer son rôle dans la dissimulation des faits. Obama s'auto-satisfait de son affirmation quant au fait qu'un soldat seul et déséquilibré ait commis les crimes. Cela montre de sérieux problèmes structuraux dans la guerre en Afghanistan. Là-bas, les troupes US sont démoralisées et en colère car leurs commandements militaires les ont emmenées dans un cul-de-sac, une mort certaine. Ils se sont engagés dans une longue défaite où chaque mort du côté américain fait écho à nombre d’estropiés, d’aveugles ou de traumatisés. Dans la guerre de Barack Obama, les blessés sont pansés puis recyclés dans le même hachoir à viande, dans un environnement de plus en plus hostile où le viol, la torture, la mutilation et le meurtre deviennent les seules « récréations ». Le Sgt Bales y a été contraint lors de plusieurs opérations en Irak puis il fût expédié en Afghanistan, contrairement à ses attentes de promotion et la fin promise de ses mobilisations outre-mer. Il y a un énorme fossé entre d’une part le monde des seigneurs de guerre de Washington et leurs complices des « lobbies bellicistes » et d’autre part celui des soldats qui risquent leurs vies dans des guerres d'occupation impériale. Ces soldats, dont on peut se passer, sont sans arrêt déployés à des fins brutales de guerres coloniales à des milliers de kilomètres de leurs maisons pour se confronter à un ennemi qu'ils ne pourront sans doute jamais comprendre. Ils finissent par brutaliser les familles, les amis, les voisins et les partisans des insaisissables combattants anticolonialistes -qui sont partout. Dans les bureaux de Washington, aucun des politiques belliqueux n'a jamais expérimenté la souffrance d'une guerre prolongée pour laquelle chaque soldat est présent sur le champ de bataille. Les soldats, comme le Sgt Bales, opèrent dans un environnement très hostile où une bombe sur le côté de la route, une grenade jetée d'une moto ou encore un « allié » Afghan qui retourne ses armes contre ses « mentors » américains, sont autant de menaces omniprésentes qui pèsent sur les chances qu’ils ont de rentrer chez eux en un seul morceau. Obama a du comploter avec le Pentagone pour étouffer ce massacre, défendant les officiers chargés de « maintenir la paix » dans ces villages parce qu'il n'y a pas d'alternatives, pas point de non retour, pas de nouvelle recrue à engager dans une douzième année de guerre en Afghanistan. Il n'y a que des tueurs à recycler qui veulent poursuivre leur « carrière » dans les Forces Spéciales en s’impliquant dans des opérations « Kill and Destroy ». De plus, Obama ne peut pas rallier les internationaux qui s'empressent déjà de retirer leurs propres troupes de ce bourbier. Et Obama a un problème avec ses alliés Afghans, seigneurs de guerre et kleptocrates, qui prévoient de filer à l'anglaise avec plus de 4,5 milliards de dollars accumulés en 2011, soit la moitié du budget de l'Etat (Financial Times, 19/3/2012). Le président Obama ne peut pas autoriser une garnison entière, y compris les officiers, de se voir intentée un procès pour crimes de guerre à cause d’un tel massacre. Ne tenir personne pour responsable, sauf bien sûr l'infortuné Sgt Bales. L'inverse pourrait inciter une rébellion générale des forces armées, ou, au minimum, démoraliser l'élite des Forces Spéciales qui dont les hommes attendent leur désengagement au cours des prochains retraits, l’occupation de l’Afghanistan pouvant durer jusqu'en 2024. Le problème a des implications qui vont bien au-delà de l'Afghanistan : en effet, Obama a développé sa nouvelle stratégie anti-insurrection basée sur « l'entrée facile et la sortie sanglante » (« easy entry and bloody exit ») des Forces Spéciales américaines, ciblant ainsi soixante quinze pays. Ces Forces spéciales font figure de proue dans les préparations militaires de Barack Obama concernant la Syrie et l'Iran, ces préparations ayant été développées sur ordres des suzerains sionistes. Finalement, l'appareil militaire entier du régime d'Obama, si formidable sur le papier, dépend en réalité des équipes d’Opérations Spéciales. Aussi, elles sont la pièce maîtresse de la nouvelle guerre impériale, développée en guise de réponse aux réductions l'armée de terre, dont le budget est de plus en plus restreint et qui connait des mécontentements au sein de sa propre organisation. Les opérations de ces Forces Spéciales sont montées de façon à ne laisser aucun témoin, ou rien qui pourrait les embarrasser. Ils peuvent être des bourreaux de femmes et d'enfants mais ce sont les bourreaux de service de la Maison Blanche... Malgré les crimes de guerre et les dissimulations étatiques, la priorité du régime d'Obama est de les défendre avec tout ce qu'il a de valable et de personnel à sa disposition. Donc, pendant que Bales est à Leavenworth, l'élite Afghane crie à l'injustice, les familles de Kandahar pleurent leurs victimes et les Résistants préparent leur revanche. Sur le plan interne, Obama fait face à une forte opposition à la guerre coûteuse et sans fin qui a détruit l'économie américaine et fait grandir la colère et la dépression des forces armées. Il y a un mécontentement populaire massif des Etasuniens contre les politiques des deux partis qui ont sans retenue envoyé des troupes dans d’anachroniques guerres coloniales. En guise de résultat, le président Obama a délivré un décret exécutif, l'autorisant à avoir les pleins pouvoirs dans le but de militariser l'économie, ses ressources et ses forces de travail. Le 16 mars 2012, Barack Obama a déclaré un « Ordre exécutif national de Préparation des ressources à la Défense » dans le but de subvenir à l'empire global. Clairement, les guerres coloniales prolongées ne peuvent pas passer outre le consentement des citoyens et beaucoup d'entre elles ne devraient même pas exister selon les manuels militaires et la Convention de Genève. A partir de là, seule la loi présidentielle par décrets peut assurer la complaisance des citoyens au pays et seules les diversions peuvent maintenir les guerres coloniales à l’étranger. Mais ces mesures sont désespérées et temporaires : quand les mesures extrêmes auront fait leur temps, il n'y aura plus rien pour rebondir et rien ne pourra sauver le président de la révolte des ses concitoyens et de ses soldats contre son empire déclinant.
Article original en anglais :
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1-2 IRINNews : Vivre dans la bulle de Kaboul.
Les attaques coordonnées lancées par des militants contre le Parlement afghan et plusieurs institutions situées dans le quartier diplomatique le 15 avril ont entraîné la suspension temporaire des déplacements du personnel des Nations Unies dans la capitale Kaboul.
Les travailleurs humanitaires s’inquiètent de voir les Résistants pénétrer dans les zones les plus sécurisées de la ville.
Cet incident est le dernier en date d’une longue série d’attaques - aucune n’a toutefois été aussi spectaculaire - qui ont obligé les travailleurs humanitaires à se cacher derrière des murs de bétons et à se terrer dans des abris anti-aériens.
Les travailleurs humanitaires sont confrontés à de nombreuses restrictions liées à la sécurité, même au cours d’une « journée normale ». Voici un aperçu de leur vie dans la « bulle de Kaboul » pour reprendre les mots d’un travailleur humanitaire.
Les agences d’aide humanitaire des Nations Unies ont installé leurs sièges à l’intérieur de la « ceinture d’acier » ou « zone verte » dont la superficie ne dépasse pas 7 km² - ce quartier placé sous haute protection abrite également de nombreuses ambassades et organisations internationales. Les attaques du 15 avril ont, entre autres, visé ce quartier.
Les membres du personnel des Nations Unies sont logés dans divers bâtiments de Kaboul : des maisons d’hôtes des agences des Nations Unies placées sous haute protection ; le Park Palace Hotel ; ou l’Office des Nations Unies pour la coordination de l’aide économique et humanitaire en Afghanistan (United Nations Office Complex in Afghanistan, UNOCA).
Ce dernier se trouve à environ 20 minutes à l’extérieur de la ville, entouré de murs de 3 à 4 mètres de haut surmontés de fils barbelés. Son entrée est protégée par des blocs de béton disposés en zigzag. Pour pénétrer dans l’enceinte, il faut passer deux points de contrôle, où des agents de sécurité procèdent aux contrôles d’identité et vérifient que les visiteurs ne transportent pas de bombes à l’aide de chiens et de miroirs passés sous le châssis des véhicules.
Des travailleurs humanitaires mangent, dorment et travaillent à l’intérieur de cette enceinte au cours de missions qui peuvent durer plusieurs années. Beaucoup se plaignent de ne pas pouvoir mener une vie saine. Le dimanche après-midi, par exemple, les cafétérias de l’institution sont fermées, nombre de travailleurs humanitaires doivent donc se contenter de biscuits salés ou de conserves de thon. Les conteneurs préfabriqués, dont certains ne font pas plus de 14 m², manquent d’équipements pour cuisiner - ils comprennent un lit simple, une salle de bains, un bureau et deux plaques chauffantes.
Les travailleurs humanitaires peuvent ne pas quitter l’enceinte du bâtiment pendant plusieurs jours (car ils doivent attendre qu’un chauffeur soit disponible) et ne se déplacent que du conteneur dans lequel ils dorment jusqu’au conteneur dans lequel ils travaillent.
Les visiteurs doivent fournir leur nom, leur nationalité, leur passeport et le numéro de la plaque minéralogique de leur véhicule 12 heures avant de se présenter sur place.
Les déplacements à l’intérieur de Kaboul sont en grande partie limités aux bureaux gouvernementaux, à quelques restaurants et hôtels spécifiques ou aux enceintes d’autres organisations d’aide humanitaire. Les agents de sécurité recommandent de limiter les déplacements à l’extérieur du « cercle d’acier ».
À l’extérieur du périmètre de la ville de Kaboul, les travailleurs des Nations Unies doivent circuler en convoi de deux 4x4 blindés escortés par des équipes armées de la police afghane qui encadrent le convoi.
Les travailleurs humanitaires se plaignent régulièrement de ne pas pouvoir rencontrer la population locale, de ne pas pouvoir se rendre au marché et d’avoir le sentiment de ne pas appartenir à la communauté au sein de laquelle ils travaillent. Les défis psychologiques engendrés par la limitation des déplacements sont aggravés par la lourdeur des relations en Afghanistan. Les familles n’étant pas admises à l’intérieur de ce lieu d’affectation, les membres du personnel se contentent de se connecter à Skype avec une connexion Internet médiocre pour contacter leur famille et leurs amis en dehors des visites durant les périodes de repos et récupération (R&R).
Ces difficultés ne sont rien en co « Beaucoup de travailleurs n’ont quasiment pas accès au terrain. La plupart d’entre eux sont très jeunes, n’ont pas d’expérience dans le pays. Ils ne savent pas de quoi ils parlent » mparaison avec les problèmes auxquels les civils afghans sont confrontés au cœur de ce conflit.
Les agences des Nations Unies qui travaillent dans ces environnements doivent entre autres assumer le poids financier des périodes obligatoires de R&R. À ces coûts, il faut ajouter l’augmentation des coûts des 4x4 blindés, les coûts des entreprises de sécurité privées qui fournissent une protection à l’intérieur des établissements, des agents de sécurité qui réalisent les contrôles à l’entrée, des casques et des gilets pare-balles fournis au personnel ... La liste est encore longue. Et les succès obtenus sont discutables.
« Vu la façon dont les Résistants mènent désormais leurs attaques, des millions [de dollars] ne suffiront pas », a dit un travailleur humanitaire.
Toutefois, l’impact de ces attaques sur la fourniture de l’aide est le plus important.
Voici comment Laurent Saillard, vétéran de l’humanitaire en Afghanistan et directeur de l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) en Afghanistan, a décrit la situation :
« Beaucoup de travailleurs n’ont quasiment pas accès au terrain. La plupart d’entre eux sont très jeunes, n’ont pas d’expérience dans le pays. Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Ils ne sont jamais venus dans le pays ; ne se sont jamais déplacés à l’étranger ; n’ont jamais géré un projet ; n’ont jamais passé de temps avec la population afghane. Les seuls Afghans qu’ils connaissent sont le cuisinier, le personnel de ménage ou le chauffeur. Ils ne connaissent rien de ce pays. Ils arrivent à l’aéroport, montent dans un véhicule blindé, entrent dans l’enceinte d’une institution et c’est tout...
mercredi 18 avril 2012 - 18h:40
IRIN News
http://www.irinnews.org/Fr/Report/9...
2 Guantanamo : Les dossiers
2-1 Les USA auraient libéré en secret des prisonniers en Afghanistan.
Les Etats-Unis ont secrètement relâché ces dernières années des résistants détenus dans une prison militaire en Afghanistan dans le cadre de négociations avec les résistants, écrit lundi le Washington Post.
Le programme "libération stratégique" a permis aux responsables américains de procéder à l'élargissement de prisonniers en échange d'une baisse des violences dans certaines provinces, précise le journal, citant des sources officielles anonymes.
Les bénéficiaires de ce programme sont en général des combattants détenus à la prison de Parwan qui ne peuvent théoriquement pas être légalement libérés. Ils doivent pour cela promettre de renoncer à la violence, poursuit le journal.
Les officiels interrogés par le Washington Post n'ont pas voulu dire si certains de ces combattants ont par la suite repris les armes.
Ces libérations sont un élément des négociations menées par la Maison blanche pour mettre fin à la guerre en Afghanistan, élément central de la stratégie de l'administration Obama pour retirer les troupes combattantes à l'horizon 2014, ajoute le journal.
Elles n'ont mené à pratiquement aucun résultat concret, d'autant que les effets positifs présumés de ce programme ont été en grande partie annulés par le refus des Etats-Unis de libérer cinq hommes détenus à Guantanamo, dont les taliban avaient fait une condition préalable à la poursuite des négociations de paix.
Contrairement aux prisonniers en Afghanistan, qui peuvent être élargis discrètement avec l'aval du haut commandement militaire américain, les détenus de Guantanamo ne peuvent être relâchés qu'avec l'accord du Congrès américain, précise le Washington Post.
Les officiels américains n'ont pas précisé combien de taliban ont ainsi été libérés, mais ce nombre est peu élevé, ont-ils assuré.
"Les Afghans sont venus nous voir avec des informations qui semblaient renforcer le processus de réconciliation", a expliqué au journal l'ambassadeur américain à Kaboul, Ryan C. Crocker. "Nous agissons souvent de cette façon."
John Crawley, Tangi Salaün pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/les-usa-auraient-libéré-en-secret-des-prisonniers-071808894.html
2-2Bill VAN AUKEN : Le "tribunal de guerre" d’Obama à Guantanamo à l’œuvre.
Derrière les clôtures surmontées de barbelés du camp de détention de la Baie de Guantanamo à Cuba, les procès du « tribunal de guerre, » tel qu’il est officiellement désigné, ont repris leur cours normal sous la nouvelle direction du gouvernement Obama.
Des auditions préalables aux procès ont lieu pour deux affaires qui devraient être entendues sous la présidence d’un juge militaire, le colonel de l’armée de terre James Pohl. Elles seront débattues devant un jury d’officiers américains sélectionnés avec soin, et les accusés encourent la peine de mort.
Le premier cas est le procès pour assassinat d’Abd al Rahim al Nashiri, accusé d’être l’architecte de l’attentat suicide du 12 octobre 2000 contre le destroyer USS Cole au large du Yémen, où 17 marins américains ont perdu la vie. Le second vise Khalid Sheikh Mohammed et quatre autres hommes accusés d’avoir organisé les attentats du 11 septembre 2001. Dans l’affaire du 9/11, la lecture de l’acte d’accusation est fixée au 5 mai.
Le caractère de ce genre de "justice" militaire a été mis en évidence dans les requêtes déposées cette semaine dans l’affaire Nashiri. Les avocats de ce Saoudien de 47 ans, qui est maintenu en détention depuis 2002, d’abord par la CIA puis par l’armée, ont demandé au juge que leur client ne soit pas menotté au sol quand il est en entretien avec eux, contrairement à la procédure normale à Guantanamo.
Les avocats ont avancé que, menotté de la sorte, Nashiri n’était pas en mesure de participer à la préparation de sa défense parce que cela lui faisait revivre les traumatismes qu’il avait subis dans la même position durant des années de tortures imposées par la CIA pendant sa détention. La requête a soulevé une brève controverse quant à savoir si les médias seraient autorisés à entendre Nashiri décrire sa torture, ou si ce témoignage devait être fait à huis clos. Le juge militaire a contourné la difficulté en faisant droit à la requête sans demander à Nashiri de témoigner.
La raison du refus de divulguer ces informations sur la torture est claire. Un rapport de l’inspecteur général de la CIA en 2004 [en anglais], dont de nombreuses informations ont été raturées, donne une idée des méthodes criminelles auxquelles Nashiri a été soumis. Ce rapport admet que Nashiri a subi 83 simulations de noyade, une torture qui a été considérée comme un crime de guerre après la Seconde guerre mondiale.
Une autre technique, décrite dans le rapport comme « non autorisée, » consistait à faire fonctionner un marteau-piqueur juste à côté de la tête du détenu debout, nu et encagoulé. Dans le même genre, on armait un pistolet placé sur sa tempe à plusieurs reprises au cours de ce que l’agence appelle « des simulations d’exécutions. »
Les interrogateurs l’ont menacé de faire venir sa mère au centre de torture et de la violer sous ses yeux. Il a été pendu par les bras, attachés dans le dos, jusqu’à ce que les interrogateurs craignent qu’il ne se démette les deux épaules. Sa peau a été mise à vif avec une brosse de toilettes et ils ont délibérément marché sur ses entraves de pieds pour qu’elles entaillent sa chair. Ils l’ont également pris à la gorge, bloquant la carotide jusqu’à ce qu’il s’évanouisse, puis l’ont ranimé, à plusieurs reprises. Il a aussi été soumis au froid extrême, à la privation de sommeil et à des bruits insupportables.
Les interrogateurs ont également été accusés d’utiliser de la fumée comme « technique d’interrogatoire approfondi » mais, pour leur défense, ils ont dit qu’ils ne fumaient des cigares que pour couvrir la puanteur de la cellule où Nashiri était enfermé toute la journée.
Ces tortures ont permis d’obtenir des confessions de Nashiri non seulement pour l’attentat du Cole, mais aussi pour de nombreux autres actes et projets, il a même reconnu qu’Oussama Ben Laden possédait une bombe atomique. Quand il a comparu devant un tribunal militaire en 2008, il a affirmé avoir fait de fausses dépositions pour que la torture s’arrête.
Dans un mémoire déposé à la commission militaire de Guantanamo en juillet dernier, les avocats de Nashiri ont avancé que le gouvernement américain n’avait pas « l’autorité morale » pour le juger. « En torturant M. Al Nashiri et en le soumettant à des traitements cruels, inhumains et dégradants, les États-Unis ont perdu leur droit à le juger et certainement à le tuer, » y est-il écrit. « En appliquant des sévices physiques et psychologiques, le gouvernement a pratiquement déjà tué l’homme qu’il a interpellé il y a 10 ans. »
Aucun responsable américain – que ce soit de la Maison-Blanche, du ministère de la justice qui a validé ces méthodes, ou parmi les interrogateurs de la CIA – n’a été mis en accusation pour une quelconque infraction relative à ces tortures systématiques. Le gouvernement d’Obama est régulièrement intervenu pour mettre fin aux procédures de dédommagement des victimes de tortures.
Les tribunaux de guerre réunis pour les procès de Nashiri et de Sheikh Mohammed et ses co-accusés n’ont rien de neuf. Ils ne font que reprendre les opérations là où elles avaient été interrompues temporairement par l’élection d’Obama en 2008.
Le candidat Obama avait juré de restaurer les « idéaux » et les « valeurs » de l’Amérique en fermant Guantanamo, en réhabilitant l’habeas corpus [le droit de connaître les motifs d’une arrestation et d’être en liberté sous caution tant qu’aucune condamnation n’est intervenue, ndt], et soit de juger, soit de relâcher les détenus qui y étaient. L’un de ses premiers actes de président a été de publier un décret selon lequel ce camp devait fermer dans l’année.
Les procédures militaires en cours contre Nashiri, Sheikh Mohammed et les autres avaient été suspendues et il avait été annoncé qu’ils comparaîtraient devant des tribunaux civils. Mais, face à l’opposition des républicains et d’une grande partie des démocrates de droite au Congrès, Obama a capitulé, signant des lois qui, pour résumer, ont fait de Guantanamo et des tribunaux militaires montés spécialement pour l’occasion, des aspects permanents de l’Etat américain.
Ces tribunaux, qui ont été remaniés à plusieurs reprises pour tenter de leur donner un vernis de légalité, sont conçus d’emblée pour aboutir au verdict voulu par l’Etat. Cela transparaît dans la composition militaire du jury, dans les règles d’administration des preuves qui permettent de présenter des informations obtenues sous la torture, et dans le contrôle complet de l’accusation sur la procédure. S’ils sont effectivement publics, les procès doivent être diffusés dans les médias avec un délai de 40 secondes, ce qui permet à des agents anonymes des services de renseignement d’effacer tout témoignage considéré comme gênant.
Même dans le cas très improbable où les accusés seraient acquittés, ils seraient simplement renvoyés dans leurs cellules de Guantanamo pour y être détenus comme « combattants ennemis » tant que durera l’éternelle « guerre contre le terrorisme. »
Qu’un tel tribunal digne d’un Etat policier soit maintenant une institution permanente, inscrite dans la loi américaine, constitue un avertissement majeur. Plus récemment, Obama a promulgué une loi lui accordant le droit de maintenir en détention pour une durée indéterminée toute personne, y compris un citoyen américain, sans qu’elle soit présentée à un juge, sur la simple base d’allégations non prouvées qu’elle serait un « terroriste. » Son ministre de la justice a publiquement proclamé le « droit » du président à ordonner l’assassinat des terroristes supposés, y compris de citoyens américains.
Le développement abject de méthodes dignes d’un Etat policier qui s’est poursuivi depuis l’ère Bush jusqu’au gouvernement Obama n’est pas simplement le produit d’une idéologie politique ou juridique particulière, c’est surtout le résultat de contradictions profondes et objectives dans le capitalisme américain et mondial.
Dans le contexte d’une crise prolongée du système d’exploitation et de niveaux sans précédent d’inégalité sociale, les procédures authentiquement démocratiques sont devenues impraticables. Craignant la montée des mouvements sociaux et un regain des luttes de classes, l’élite financière prépare de nouvelles méthodes de répression pour défendre son pouvoir et ses privilèges.
Les tribunaux de guerre qui débutent leurs sessions à Guantanamo pourraient bien anticiper sur leur usage plus large contre les travailleurs américains, annulant tous les droits démocratiques et constitutionnels fondamentaux acquis depuis plus de deux siècles.
Cette menace ne peut être contrée que par la classe ouvrière mobilisant sa force indépendante dans une lutte politique pour mettre fin au capitalisme et réorganiser la vie sociale et économique afin de répondre aux besoins de la grande majorité et non aux désirs de profits d’une minuscule élite.
Bill Van Auken
5 mai 2012
(Article original paru le 14 avril 2012)
http://www.wsws.org/francais/News/2012/avr2012/guan-a26.shtm...
3 Témoignage
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
3-1 Manlio Dinucci L'art de la guerre
Ceux qui nous défendent des atrocités
Qui doutait que Barack Obama ne méritait pas le Prix Nobel de la paix va devoir maintenant revenir sur son opinion. Le président a annoncé la création de l’Atrocities Prevention Board, un comité spécial de la Maison Blanche pour la « prévention des atrocités ». Il est présidé par son inspiratrice, Samantha Power, assistante spéciale du président et directrice pour les droits de l’homme au National Security Council, formé par les conseillers les plus importants en politique étrangère. Dans son ascension au pouvoir (auquel elle semble prédestinée par son nom), Samantha, aspirante secrétaire d’Etat, s’est toujours appuyée sur la dénonciation de présumées atrocités, attribuées à ceux qui, chacun à leur tour, sont désignés comme les ennemis numéro un des Etats-Unis. Sous l’aile de son patron, le puissant financier Georges Soros, Power a contribué à élaborer la doctrine « Responsabilité de protéger », qui attribue aux Etats-Unis et à leurs alliés le droit d’intervenir militairement dans les cas où, de leur avis sans appel, des « atrocités de masse » sont sur le point d’être commises. C’est grâce à ce type de motivation officielle, en particulier celle de protéger la population de Benghazi menacée d’extermination par les forces gouvernementales, que le président Obama a décidé l’an dernier de faire la guerre contre la Libye. La doctrine est maintenant institutionnalisée avec la création de l‘Atrocities Prevention Board. A travers la Communauté d’intelligence (formée par la Cia et 16 autres agences fédérales), il établit quels sont les cas de « potentiels atrocités de masse et génocides », en alertant le président. Il préfigure ainsi les outils politiques, économiques et militaires pour la « prévention ». Dans ce cadre, le Département de la défense est en train de développer « des principes opérationnels ultérieurs, spécifiques de la prévention et de la riposte aux atrocités ». Dorénavant ce sera l’Atrocities Prevention Board qui préparera le terrain à de nouvelles guerres. Et il est déjà au travail : face à l’ « indicible violence à laquelle est soumis le peuple syrien, nous devons faire tout ce que nous pouvons », a déclaré le président Obama, en soulignant qu’aujourd’hui comme dans le passé, « la prévention des atrocités de masse constitue une responsabilité morale fondamentale pour les Etats-Unis d’Amérique ». Dommage que l’Atrocities Prevention Board n’ait été créé que maintenant. Sinon il aurait pu prévenir les atrocités de masse dont est constellée l’histoire étasunienne, à commencer par le génocide des populations autochtones nord-américaines. Il suffit de nous souvenir, en nous limitant aux cinquante dernières années, des guerres contre le Vietnam, le Cambodge, le Liban, la Somalie, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye ; les coups d’état orchestrés par les Usa en Indonésie, Chili, Argentine, Salvador. Des millions de personnes emprisonnées, torturées et tuées. Pour prévenir d’autres atrocités, l’Atrocities Prevention Board devrait livrer à la justice les responsables, impunis, des tortures et meurtres à Abu Ghraib, à Guantanamo et dans des dizaines d’autres prisons secrètes de la Cia. Il devrait aussi joindre aux actes les vidéos avec lesquelles les soldats étasuniens documentent, pour s’amuser, le meurtre de civils en Afghanistan[1][1][1], que le Pentagone a essayé d’abord d’occulter puis de minimiser. Que Samantha Power les regarde bien, ces vidéos, pour comprendre ce qu’est vraiment une « atrocité de masse ».
[1][1][1] Voirhttp://www.rollingstone.com/politics/news/the-kill-team-20110327
Manlio Dinucci
Mardi 1er mai 2012
Edition de mardi 1er mai 2012 de il manifesto
Source : Marie-Ange Patrizio - Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120501/manip2pg/14/manip2pz/322008/
4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
4-1 Jean-Pierre Muller : Le retrait d'Afghanistan, un premier casse-tête pour Hollande.
L'un des premiers défis de François Hollande sera de rassurer les alliés de la France au sein de l'Otan, qui ont été surpris par son annonce d'un retrait des soldats combattants d'Afghanistan à la fin 2012, deux ans avant les autres pays. |
L'un des premiers défis de François Hollande sera de rassurer les alliés de la France au sein de l'Otan, qui ont été surpris par son annonce d'un retrait des soldats combattants d'Afghanistan à la fin 2012, deux ans avant les autres pays.
Quelques jours seulement après son entrée en fonction, le nouveau président français sera très attendu à Chicago, où se tiendra les 20 et 21 mai le sommet de l'Otan, le premier depuis novembre 2010.
M. Hollande devra y expliquer pourquoi il estime que la mission des soldats français est désormais "terminée" et comment il entend les retirer sans affaiblir la force internationale.
"Je considère que, sans prendre le moindre risque pour nos troupes, il convient de retirer les troupes combattantes fin 2012", a-t-il déclaré le 2 mai. "J'annoncerai cette décision dès le sommet de l'Otan de Chicago (...) pour que nous engagions ce processus. Je le ferai en bonne intelligence avec nos alliés", a-t-il souligné.
Au siège de l'Otan, à Bruxelles, "le message de M. Hollande est passé et personne ne devrait donc être surpris à Chicago", a indiqué un diplomate.
N'empêche, cette annonce "n'a pas été chaudement accueillie", selon lui. Car elle ébranle la stratégie établie par l'ensemble des alliés en 2010 qui vise à finaliser le retrait des troupes étrangères à la fin 2014.
Il en va de même au sein du gouvernement afghan. "Si la France se retire à la fin de l'année nous serons préoccupés, mais nous respecterons sa décision", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de la Défense, Daulat Waziri.
Le président Nicolas Sarkozy avait déjà enfoncé un coin en décidant au début de l'année d'avancer l'échéance à fin 2013 pour les troupes combattantes françaises.
"Il ne faut pas exagérer les conséquences de l'accélération du calendrier par les Français", souligne François Heisbourg, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique. "Son impact sera limité sur le plan militaire car les soldats français ne sont actuellement que 3.500 sur un total de 130.000, dont les trois-quarts d'Américains", dit-il.
L'Otan devra cependant réorganiser le soutien à l'armée afghane à qui les Français s'apprêtent à transférer la sécurité de la province de Kapisa (nord-est), la seule dont ils ont actuellement la charge.
"L'adaptation sera gérée sans heurt" afin de "ne pas affecter la situation sécuritaire sur le terrain", assure un responsable militaire de l'Alliance.
Au-delà des annonces politiques, les armées françaises préparent les opérations de retrait qui s'annoncent extrêmement complexes à mener, prendront du temps et coûteront cher. Car il s'agit de rapatrier 1.500 conteneurs et 1.200 véhicules, dont quelque 500 blindés lourds, et 14 hélicoptères.
M. Hollande a reconnu que l'évacuation du matériel prendra "plus de temps" que celle des hommes et qu'elle se poursuivra au-delà de la fin 2012.
A Chicago, le nouveau président devrait par ailleurs rassurer les alliés de l'Otan en ne revenant pas sur la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Alliance, une décision prise par M. Sarkozy malgré les critiques des socialistes.
Publiquement, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a affiché sa sérénité. "La France a toujours été fortement impliquée dans nos opérations de sécurité et je voudrais que cela reste le cas, quel que soit celui qui sera élu", a-t-il déclaré en avril.
M. Hollande pourrait cependant afficher sa différence sur le bouclier anti-missile, dont l'Otan entend annoncer l'achèvement de la première phase à Chicago. "Je suis réticent à l'égard de cette évolution", a-t-il récemment déclaré, en regrettant que la France n'ait pas les moyens d'y participer au niveau industriel.
Jean-Pierre Muller
Publié le 06.05.2012, 20h12
4-2 Manlio Dinucci : Aube rouge sang à Kaboul.
Après la traversée du sombre nuage de la guerre, la lumière pointe maintenant à l’horizon du nouveau jour : c’est avec cette image rhétorique banale que le président Obama a annoncé l’accord signé avec le président Karzaï. Les plumes qui lui écrivent ses discours, à l’évidence, tirent leur flemme. On ne peut pas en dire autant des stratèges qui on rédigé « l’Accord de partenariat stratégique durable » avec l’Afghanistan. Celui-ci assure qu’après le retrait des troupes en 2014, les Etats-Unis continueront à protéger l’Afghanistan, en lui conférant le statut de « plus grand allié non-OTAN ». Dans le cadre d’un nouvel « Accord de sécurité bilatéral », les Usa chercheront des fonds pour que l’Afghanistan « puisse se défendre des menaces internes et externes ». Ce n’est pas eux qui les alloueront, donc, mais ils les « chercheront » en impliquant les alliés (Italie comprise) (et France : nous sommes aussi des membres de l’Alliance, NdT) dans le paiement de la majeure partie des au moins 4 milliards de dollars annuels pour entraîner et armer les « forces de sécurité » afghanes. Selon « les standards OTAN », de façon à les rendre « inter-opérationnelles avec les forces de l’Alliance ». De son côté, Kaboul « fournira aux forces étasuniennes l’accès et l’utilisation continus des bases afghanes jusqu’en 2014 et au-delà ». Ce que l’accord ne dit pas c’est que les principales « bases afghanes », qui seront utilisées par des forces étasuniennes, sont les mêmes que celles qu’ils utilisent aujourd’hui (Bagram, Kandahar, Mazar-e-Sharif et d’autres) : avec la différence qu’y flottera le drapeau afghan à la place de celui des Etats-Unis. L’accord ne dit pas non plus qu’en Afghanistan opèreront encore plus qu’aujourd’hui des forces Usa-OTAN pour les opérations spéciales, flanquées de compagnies militaires privées. Les Etats-Unis promettent qu’ils n’utiliseront pas les bases contre d’autres pays mais, en cas d’ « agression extérieure contre l’Afghanistan », ils fourniront une « riposte appropriée » comprenant « des mesures militaires ». L’accord, précise l’ambassadeur Ryan Crocker, n’empêche pas les Etats-Unis de continuer à attaquer depuis l’Afghanistan, avec les drones, les résistants au Pakistan, car « il n’exclut pas le droit à l’autodéfense ». Mais les piliers sur lesquels reposera le « partenariat stratégique durable » ne sont pas seulement militaires. Washington encouragera « l’activité du secteur privé étasunien en Afghanistan », en particulier pour l’exploitation de la « richesse minière, dont le peuple afghan doit être le principal bénéficiaire ». Le peuple afghan peut en être sûr : ce sont des géologues du Pentagone qui ont découvert, dans le sous-sol afghan, de riches gisements de lithium, cobalt, or et autres métaux. L’Afghanistan, rapporte un mémorandum du Pentagone, pourrait devenir « l’Arabie saoudite du lithium », métal précieux pour la production de batteries (et industries pharmaceutiques, NdT). Et puis il y a surtout une autre ressource à exploiter : la position géographique même de l’Afghanistan, de première importance aussi bien militaire qu’économique. Ce n’est pas un hasard si, dans l’accord, les Etats-Unis s’emploient à faire retrouver à l’Afghanistan « son rôle historique de pont entre l’Asie centrale et méridionale et le Moyen-Orient », en réalisant des infrastructures pour les transports, en particulier des « réseaux énergétiques ». La référence est claire au gazoduc Turkmenistan-Inde, à travers Afghanistan et Pakistan, sur lequel mise Washington dans la bataille des gazoducs contre Iran, Russie et Chine. Qui sera contrôlé par des forces spéciales et des drones étasuniens au nom du « droit à l’autodéfense ».
Manlio Dinucci :
Mardi 8 mai 2012
Edition de mardi 8 mai de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
14:28 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pakistan, al qaeda, résistants, occupants, usa, attentats, 11-septembre, amérique, militaire, obama, afghanistan, otan, gates, holocauste, nucléaire, bush, tortures, guantanamo, terrorisme .rasmissen, pentagone, karzai, abdallah, mushtarak, kaboul, journal de l'afghanistan, petraeus, mercenaires, blackwater, enduring freedom, ben laden, lemaire, de broeder, zarkozy
11.05.2012
n°503 - journal de l'Afghanistan -24-04 au 10-05 - a1 - Engagement américain à protéger (.) l'Afghanistan pendant 10 ans.
n°503 - journal de l'Afghanistan -24-04 au 10-05 - a1 - Engagement américain à protéger (.) l'Afghanistan pendant 10 ans.
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!
Sa diffusion est un acte de résistance.
journal de l'Afghanistan
n° 503- du 24-04 au 10-05
C.De Broeder & M.Lemaire
Avant propos
‘La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.
Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.
(MICHEL BOUNAN)
· Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes
Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda' & Al-Zarqaoui, Mollah Omar = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes
Le "journal de l'Afghanistan" est visible :
a) sur nos blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site :
www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com
d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/
Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire.
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Tiré à part Engagement américain à protéger (…) l’Afghanistan pendant 10 ans… Les résistants dénoncent l'accord illégitime signé par Kaboul avec les USA . . Dommages Collatéraux... Xinhua : 14 civils tués dans des raids aériens de l'OTAN. L’OTAN admet une bavure 1 Analyse & déclaration a)Paroles & action des résistants Explosion des camions de l'OTAN, dans le Nord 2 Politique a) Les collaborateurs afghans Karzai Karzaï menace de geler l'accord signé avec Obama. b) Les occupants 1) Usa Obama Obamapromet un "jour nouveau" aux Américains Crimes de guerre en Afghanistan et les manœuvres de diversion US… Occupation de l'Afghanistan Ria Novosti : Attentats à Kaboul en réaction à la visite d'Obama. Dans le monde Belgique M. Dallemagne s'étonne du projet de maintien de militaires après 2014.
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Tiré à part
Engagement américain à protéger (…) l’Afghanistan pendant 10 ans…
L’accord de partenariat stratégique préparé par l’Afghanistan et les Etats Unis prévoit l’engagement de Washington à protéger Kaboul durant dix ans après le retrait des troupes américaines prévu fin 2014, a-t-on annoncé mardi de source gouvernementale afghane.
Dimanche, la présidence afghane avait annoncé dans un communiqué que le projet d’accord sur le partenariat à long terme entre l’Afghanistan et les Etats-Unis a été finalisé et paraphé le jour même à Kaboul par les responsables des deux délégations chargées des négociations à Kaboul.
Jugeant l’accord « très important », le vice-ministre afghan des Affaires étrangères, Jawed Ludin, a confirmé mardi l’engagement militaire américain à protéger l’Afghanistan pendant dix ans, sans toutefois divulguer l’intégralité de l’accord qui doit être signé par les présidents afghan Hamid Karzaï et américain Barack Obama. Le diplomate afghan a souligné devant des journalistes que le projet d’accord ne devait pas être vu comme une menace pour la sécurité des Etats voisins de l’Afghanistan.
« Nous avons bien souligné dans ce document qu’il ne doit pas être utilisé contre un pays tiers », a-t-il déclaré. « Nous voulons montrer à nos voisins que l’Afghanistan est une force positive, et peut l’être encore plus, pour la paix et la stabilité de la région, et ils devraient considérer cet accord comme tel », a-t-il insisté.
Concluant que cet accord est « le meilleur moyen pour assurer la sécurité de l’Afghanistan », M. Ludin a souligné que son pays « a eu de mauvaises expériences ». « Nous avons besoin de garanties, et en même temps de pouvoir être forts face à des menaces telles que le terrorisme », a-t-il dit.
L’accord, intitulé « Accord de Partenariat stratégique durable entre l’Afghanistan et les Etats-Unis », conforterait un partenariat stratégique à long terme « entre deux Etats souverains égaux », avait indiqué l’ambassadeur des Etats-Unis. Kaboul a déjà posé deux conditions préalables pour signer l’accord, le transfert aux autorités afghanes du contrôle de la prison de Bagram et la fin des raids nocturnes des forces internationales contre les résistants résistants.
24/04/2012
http://www.algerie1.com/international-2/engagement-americain-a-proteger-lafghanistan-pendant-10-ans/
Les résistants dénoncent l'accord illégitime signé par Kaboul avec les USA .
Les rebelles résistants ont dénoncé l'accord de partenariat américano-afghan illégitime signé dans la nuit de mardi à mercredi par les présidents Barack Obama et Hamid Karzaï, qui encadre les conditions d'une présence de soldats américains en Afghanistan jusqu'en 2024.
Le prétendu pacte stratégique américano-afghan a été signé la nuit dernière (...) entre Barack Obama et sa marionnette Hamid Karzaï à Kaboul, déclarent les résistants dans un communiqué publié sur un de leurs sites internet, la Voix du Jihad.
Les rebelles y considèrent ce document comme un acte de vente de l'Afghanistan établi par une marionnette sans pouvoir (Hamid Karzaï, NDLR) à son maître et envahisseur, et le condamnent dans les termes les plus forts.
En tant que véritables représentants de la nation islamique d'Afghanistan, les résistants ajoutent qu'ils continueront de toutes leurs forces à mener la guerre sainte contre toutes les mesures contenues dans ce document illégitime et jusqu'au retrait total d'Afghanistan de tous les envahisseurs et de leurs marionnettes.
Chassés du pouvoir par les Etats-Unis à la fin 2001, les résistants mènent depuis une tenace rébellion contre le gouvernement pro-occidental de Kaboul et son allié de la force internationale de Otan (Isaf).
Cette dernière, dirigée par les Etats-Unis et composée à plus des deux tiers de soldats américains, compte également des contingents d'une quarantaine de pays et prévoit de retirer toutes ses troupes de combat du pays d'ici à la fin 2014.
Seules des troupes américaines, à part peut-être des contingents résiduels de formateurs étrangers, resteraient ainsi dans le pays au delà de cette date à laquelle l'Isaf aura en principe transmis aux forces du gouvernement afghan la responsabilité de la sécurité du pays.
02/05/2012
Dommages Collatéraux...
Xinhua : 14 civils tués dans des raids aériens de l'OTAN.
Quatorze civils ont été tués et six autres blessés alors que des avions de combat de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) dirigée par l'OTAN ont bombardé lundi les cachettes suspectes de résistants dans la province de Badghis, à 555 km au nord-ouest de Kaboul, capitale afghane, ont fait savoir mardi des responsables locaux.
"Les avions de l'ISAF ont attaqué les cachettes suspectes des résistants dans le district de Balamirghab lundi à l'aube, mais ont bombardé par erreur les bâtiments résidentiels, faisant 14 civils morts, y compris des femmes et des enfants, et six autres blessés", a indiqué à l'agence de presse Xinhua le porte-parole de l'administration provinciale Sharif Majidi.
Il a également fait savoir que la zone affectée était considérée comme foyer des résistants, où les résistants lancent souvent des attaques contre des convois des forces de sécurité.
Pour sa part, le porte-parole de la police locale Abdul Rauf Ahmadi a également confirmé l'incident, en précisant que 14 civils avaient été tués.
Dans le même temps, dans un communiqué publié lundi soir par son bureau, le président Hamid Karzaï a demandé aux autorités concernées de mener des enquêtes sur les incidents similaires qui se sont produits ces derniers jours dans les provinces de Badghis, de Logar, de Kapisa et d'Helmand.
Source: xinhua
L’OTAN admet une bavure
L'Isaf, la force armée de l'Otan en Afghanistan, a admis mardi sa responsabilité dans la mort d'une famille afghane dans le sud du pays la semaine dernière. Lundi soir, le président Hamid Karzaï a menacé de suspendre le partenariat stratégique signé la semaine passée avec le président des Etats-Unis Barack Obama si les pertes civiles se poursuivaient.
"A ce niveau de l'enquête, nous pouvons confirmer l'incident survenu dans le Helmand (sud). Nous nous excuserons officiellement auprès de la famille dans les jours à venir", a déclaré le lieutenant-colonel Stewart Upton, un porte-parole de l'Isaf. "Nous sommes profondément attristés par les morts de civils et regrettons particulièrement quand des civils sont tués à la suite d'actions de l'Isaf", a-t-il poursuivi.
Le bureau du gouverneur de la province du Helmand a indiqué par communiqué que la famille a été tuée non intentionnellement vendredi dans un bombardement aérien consécutif à l'attaque de postes de contrôle de l'Isaf par des résistants. "Malheureusement, six membres de la famille, qui comprennent deux garçons, trois filles et une femme ont été tués à la suite de l'incident", d'après ce texte, qui ajoute que l'Isaf s'était excusée et avait promis d'aider les membres restants de cette famille.
Le président Karzaï a convoqué lundi le commandant de l'Isaf, le général américain John Allen, et l'ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul, Ryan Crocker, pour une "réunion d'urgence". L'Isaf a indiqué enquêter sur les trois autres incidents mentionnés par le président afghan, sans plus de précision…
!
8 mai
http://www.europe1.fr/International/Afghanistan-l-OTAN-admet-une-bavure-1074435/
1 Analyse& déclaration
a) Paroles & action des résistants
Explosion des camions de l'OTAN, dans le Nord
Les Résistants ont fait exploser deux camions transportant des équipements nécessaires à l'OTAN, dans le Nord de l'Afghanistan.
Les membres de ce groupe ont attaqué, samedi soir, un groupe de forces américaines, dans la province de Beghlan, a déclaré Zabihullah moudjahid.
Lors de cette attaque, deux camions de l'OTAN ont été détruits, selon Moudjahid. L'OTAN n'a pas encore réagi à cette information.
06/05/2012
IRIB
b) Troupes d'occupation : Analyse& déclaration
France.
Le retrait des troupes françaises conditionné à l’accord de l’Otan
Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a rappelé, lundi à Bordeaux, que le retrait des unités combattantes françaises d’Afghanistan fin 2012 était conditionné à l’accord des autres pays membres de la coalition de l’Otan.
« Le nouveau président de la République pense qu’il peut opérer ce retrait d’ici fin 2012, on verra s’il obtient un accord de nos partenaires lors du sommet de Chicago », a souligné M. Juppé, lors d’un point presse à Bordeaux. M. Juppé faisait référence au sommet de l’Otan qui se tiendra les 20 et 21 mai dans cette ville du nord-est des Etats-Unis, et auquel le socialiste François Hollande participera en tant que nouveau chef de l’Etat français.
Par ailleurs, le maire de Bordeaux a rappelé que la France va « commencer à organiser le retrait, qui a déjà commencé, avec achèvement en 2013 ». Les forces de sécurité afghanes sont prêtes à reprendre pleinement le contrôle des territoires dont l’armée française a la charge si celle-ci entame un retrait anticipé fin 2012, comme le souhaite le président élu François Hollande, a pour sa part fait savoir Kaboul lundi.
2 Politique
a) Les collaborateurs afghans
Karzai
Karzaï menace de geler l'accord signé avec Obama.
Le président afghan Hamid Karzaï a menacé lundi Washington de geler l'accord de partenariat stratégique de long terme signé récemment par les deux pays si la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf) ne faisait pas plus d'efforts pour éviter de tuer des civils lors de ses opérations. M. Karzaï a lancé cet avertissement au commandant de l'Isaf, le général américain John Allen, et à l'ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul, Ryan Crocker, qu'il avait convoqués dans l'après-midi pour une "réunion d'urgence" au palais présidentiel à propos des victimes civiles de l'Isaf, indique un communiqué publié par la présidence afghane. Selon lui, l'Isaf a tué plusieurs dizaines de civils, dont des femmes et des enfants, dans des bombardements depuis la semaine dernière.M. Karzaï leur "a fait part de ses inquiétudes à propos des victimes civiles" tuées ou blessées ces derniers jours dans les quatre provinces du Logar (sud de Kaboul), du Helmand (sud), de Kapisa (nord-est) et de Badghis (nord-ouest)."Si les vies des Afghans ne sont pas mieux protégées, l'accord de partenariat stratégique (américano-afghan) perdra de sa substance", a mis en garde M. Karzaï, cité par le communiqué. Le général Allen a indiqué accepter la responsabilité des conséquences de ces bombardements, exprimé ses condoléances aux familles des victimes et s'est engagé auprès de M. Karzaï à "mener des enquêtes approfondies" et à lui communiquer leurs résultats, a indiqué un porte-parole de l'Isaf.
Selon des responsables locaux afghans, les bombardements de l'Isaf auraient tué au moins 15 personnes à Badghis samedi et six dans le Helmand vendredi. Les victimes civiles des bombardements et raids de l'Isaf sont un sujet de friction récurrent entre M. Karzaï, qui dénonce des meurtres de civils injustifiés et impunis, et ses alliés de l'Otan, qui jugent ces opérations indispensables pour tenter de vaincre la rébellion menée par les résistants.L'accord signé mercredi dernier à Kaboul par M. Karzaï et son homologue américain Barack Obama encadre les conditions d'une présence de soldats américains en Afghanistan jusqu'en 2024, alors que les troupes de combat internationales de l'Isaf ont, elles, prévu de se retirer à la fin 2014.Il engage Kaboul à donner "accès aux forces américaines jusqu'à 2014 et au-delà". Mais il n'entérine ni des bases militaires permanentes en Afghanistan ni une éventuelle immunité des soldats américains qui resteront dans le pays après 2014, deux sujets de tension entre les deux gouvernements.En Irak, un désaccord persistant entre Washington et Bagdad sur l'immunité des soldats américains avait fait capoter le projet d'accord bilatéral similaire.Jeudi, au lendemain de la signature de l'accord, M. Karzaï avait prévenu que Kaboul et Washington devraient encore mener des "négociations encore plus difficiles" incluant "des sujets très sensibles" pour le compléter.Près de 120.000 soldats étrangers, aux deux tiers américains, sont déployés en Afghanistan sous la bannière de l'Isaf pour soutenir le fragile gouvernement de Kaboul face aux résistants. Selon des sources militaires américaines, Washington envisage de laisser environ 15.000 soldats sur place après la fin 2014.Les civils sont les premières victimes du conflit afghan, et leur nombre augmente d'année en année. Selon l'ONU, un peu plus de 3.000 ont ainsi été tués en 2011, un record, la plupart victimes d'attaques rebelles.
b) Les occupants
1) Usa
Obama
Obamapromet un "jour nouveau" aux Américains
Un après la mort de Ben Laden, le président américain était en visite surprise à Kaboul.
Son départ a été suivi d'exposions.
Barack Obama avec son homologue Amid Karzaï, en visite surprise à Kaboul, a signé un accord stratégique avec l'Etat Afghan et a tenu à rassurer les GI's. (CHARLES DHARAPAK/AP/SIPA)
Mots-clés : Barack Obama, visite, Afghanistan, Al-Quaïda, Kaboul, explosions
Deux explosions ont secoué Kaboul mercredi 2 mai peu après le départ du président américain Barack Obama, en visite surprise dans la capitale afghane où il a promis aux Américains "un nouveau jour" après plus d'une décennie de guerre.
Une de ces déflagrations est due à un attentat suicide à la voiture piégée survenu sur Jalalabad road où se trouvent plusieurs bases militaires étrangères, a indiqué le chef de la police de Kaboul, Mohammad Ayoub Salangi.
D'après les témoins des attaques, celles-ci ont fait plusieurs victimes, et visé une pension où résident des étrangers.
L'ambassade américaine a pris des mesures de confinement et fait résonner ses sirènes d'alerte en appelant son personnel à "se mettre à l'abri et à s'éloigner des fenêtres".
Regain de violences
Alors que la coalition internationale doit se retirer en 2014 pour transférer la sécurité aux forces afghanes, ces explosions, survenues peu après le départ de Barack Obama, témoignent du regain d'activité des résistants. Plus de dix ans après l'invasion des forces de l'Otan pour les chasser du pouvoir, les fondamentalistes reviennent sur le devant de la scène.
Le 15 avril, les résistants avaient lancé six attaques coordonnées à travers le pays. Ces attaques, les plus massives en plus de 10 ans de conflit, avaient fait 47 morts, dont 36 parmi les résistants.
Lors de cette visite qui aura duré six heures dans la nuit de mardi à mercredi, un an exactement après l'élimination d'Oussama Ben Laden au Pakistan, Barack Obama a promis "un nouveau jour" aux Américains. Les GI's ont payé un lourd tribut avec 1.957 soldats tués en Afghanistan depuis 2001, selon le site icasualties.org qui compile des statistiques de l'Isaf.
Accord stratégique avec Hamid Karzaï
Il a aussi signé un accord de partenariat stratégique avec son homologue afghan Hamid Karzaï, encadrant les conditions d'une présence de soldats américains dans son pays jusqu'en 2024. Cet accord ne prévoit pas de bases militaires permanentes en Afghanistan mais engage ce pays à donner "accès et jouissance aux forces américaines jusqu'à 2014 et au delà".
Il prévoit la possibilité que des forces américaines y restent après cette date pour "former les forces afghanes et viser [les éléments] d'Al-Qaïda restants", selon la Maison Blanche.
Toujours selon la même source, "les Etats-Unis vont aussi désigner l'Afghanistan 'allié majeur non membre de l'Otan' [un statut privilégié déjà accordé à des pays comme le Japon, la Jordanie ou l'Egypte, NDLR]" . Mais ce partenariat "n'engage pas les Etats-Unis sur un nombre de soldats ou un niveau de financement à l'avenir".
Vaincre Al-Qaïda "est à notre portée"
Lors de son discours depuis la base aérienne de Bagram, diffusé mardi en début de soirée sur la côte Est américaine compte tenu du décalage horaire, Barack Obama a affirmé que vaincre Al-Qaïda était "désormais à notre portée" et renouvelé son appel aux résistants pour qu'ils participent à la réconciliation nationale.
Mais Barack Obama, qui va briguer dans six mois un second mandat de quatre ans, s'est surtout adressé à ses compatriotes. Un discours qui intervient près de 11 ans après que les Etats-Unis ont envahi l'Afghanistan dans la foulée du 11-Septembre, puis renversé le régime des résistants qui avait donné asile à Al-Qaïda et leur chef Oussama ben Laden.
"Je reconnais que de nombreux Américains en ont assez de la guerre (...) Je ne laisserai pas des Américains en danger un seul jour de plus qu'absolument nécessaire pour notre sécurité nationale. Mais nous devons finir le travail que nous avons entrepris en Afghanistan et mettre fin à cette guerre de façon responsable", a-t-il plaidé.
Un "nouveau jour"
"Nous avons évolué pendant plus d'une décennie sous les nuages noirs de la guerre. Pourtant ici, dans l'obscurité qui précède l'aube de l'Afghanistan, nous distinguons la lueur d'un nouveau jour poindre à l'horizon", a aussi affirmé le président américain. "Cette période de guerre a commencé en Afghanistan, et c'est là qu'elle prendra fin", a encore martelé l'hôte de la Maison Blanche, en évoquant la nécessité de se concentrer désormais sur la situation économique aux Etats-Unis.
Ce voyage-éclair a eu lieu alors que Barack Obama était déjà accusé par son opposition républicaine d'utiliser à des fins électorales la mort de Ben Laden, le 2 mai 2011 lors d'un raid de commandos américains au Pakistan. Les Etats-Unis entretiennent encore 87.000 soldats en Afghanistan, de loin le plus gros contingent de la force de l'Otan (Isaf), qui compte au total 130.000 militaires.
Malgré la résistance la sécurité s'améliore en Afghanistan, notamment grâce à la montée en puissance des forces afghanes, a indiqué le Pentagone dans un rapport publié mardi. Mais les sanctuaires des résistants au Pakistan et la corruption restent un problème.
Barack Obama, qui a envoyé des dizaines de milliers de GI's supplémentaires en Afghanistan dans les mois qui ont suivi son arrivée au pouvoir, fait face à une opinion publique majoritairement favorable à un retrait rapide des troupes. Face aux soldats réunis à Bagram, Barack Obama a reconnu que leur mission serait encore marquée par "du chagrin, des douleurs et des difficultés", mais qu'il existait "une lumière au bout du tunnel grâce aux sacrifices que vous avez consentis".
Crimes de guerre en Afghanistan et les manœuvres de diversion US…
Alors que les oppositions à la poursuite de l’occupation de l’Afghanistan s’intensifient, de jour en jour, les autorités américaines tentent de détourner l’attention de l’opinion publique des crimes commis par les forces américaines, dans ce pays, en essayant de les faire passer pour des comportements personnels, afin d’apaiser, ainsi, la colère et la rancune du peuple afghan envers les occupants.
"Le récent comportement des militaires américains, en Afghanistan, ont porté atteinte à la mission de l’armée américaine, dans ce pays", a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Léon Panetta. "La diffusion des images et des vidéos des crimes des forces américaines et de l’OTAN, qui ont fait la Une des médiaux internationaux, ont porté préjudice à la mission de Washington et à son statut mondial, mettant en danger la vie des forces américaines", a-t-il ajouté, lors d’une conférence de presse, en Géorgie. Ces déclarations sont à prendre en considération sous deux aspects : primo, elles suggèrent que les crimes des forces américaines commis, en Afghanistan, sont de caractère personnel, secundo, elles témoignent de l’inquiétude des Américains, quant aux révélations sur ces crimes. Ces déclarations montrent, également, que la plupart de leurs crimes ne sont pas révélés, en raison d’un intense Black out. La diffusion des images des crimes des forces américaines, en Afghanistan, par les différents médias, notamment, américains et allemands, a révélé, en partie, non seulement, les crimes des militaires américains, en Afghanistan, mais encore, a soulevé une vaste vague de condamnations et de critiques envers le bilan de ces forces, en Afghanistan. Le massacre des civils afghans, par les militaires américains et de l’OTAN, pour se distraire, en coupant les doigts de leurs victimes, tout en se surpassant les uns les autres dans l’horreur, de même que lancer des grenades dans les maisons des habitants des villages, en les mitraillant, constituent une partie des crimes commis par les soldats américains et l’OTAN, déployés, en Afghanistan, qui ont provoqué plus que par le passé la colère et l’indignation du peuple afghan et des milieux régionaux et internationaux contre les Etats-Unis et l’OTAN. De l’avis des observateurs politiques, le manque de sincérité de Panetta, dans ses déclarations, est flagrant, d’autant plus que l’appareil judiciaire de l’Armée américaine n’a, jusqu’à présent, jugé personne, pour ce qu’eux mêmes appellent un mauvais comportement répréhensible, tandis que l’armée américaine, en soutenant les militaires criminels, les encourage, d’une certaine manière, à commettre leurs crimes. C’est pour cette raison que le peuple afghan est inquiet de l’immunité judiciaire que Washington tente d’imposer, dans le cadre d’un traité sécuritaire passé avec le gouvernement afghan.
05/05/2012
IRIB-
Occupation de l'Afghanistan
Ria Novosti: Attentats à Kaboul en réaction à la visite d'Obama.
Les résistants afghans ont exécuté mercredi une série d'attentats à Kaboul en réponse à la visite surprise du président américain Barack Obama en Afghanistan les 1er et 2 mai, rapportent les médias internationaux citant le porte-parole du mouvement des résistants en Afghanistan, Zabihullah Mujahid.
"C'est la réaction (des résistants) à la visite d'Obama en Afghanistan", a déclaré l'intéressé, commentant la série d'explosions survenues ce matin dans la capitale afghane après le départ du chef d'État américain.
Citant des témoins oculaires et les autorités afghanes, les médias occidentaux ont auparavant annoncé que quatre ou cinq explosions ont éclaté mercredi dans la capitale afghane.
Selon certaines sources, deux détonations sont survenues près du Green Village, où résident les employés étrangers de plusieurs organisations de l'Onu et de l'UE.
Selon les dernières informations, les explosions ont fait au moins six morts et près de 15 blessés.
Le président américain Barack Obama est arrivé le 1er mai à Kaboul pour une visite surprise. M.Obama a signé avec son homologue afghan Hamid Karzaï un accord de partenariat stratégique entre leurs deux pays.
Mercredi 2 Mai 2012
Ria Novosti
Dans le monde
Belgique
M. Dallemagne s'étonne du projet de maintien de militaires après 2014.
Le député Georges Dallemagne (cdH) – Belgique s'est "étonné" lundi des déclarations faites par le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, à son retour d'Afghanistan et dans lesquelles le chef de la diplomatie belge n'exclut pas la présence de militaires belges sur le sol afghan au-delà de 2014.
"Cette hypothèse est contraire à l'accord de gouvernement (Di Rupo 1er) qui prévoit +un retrait des troupes belges à partir de 2012, avec un retrait définitif au plus tard en 2014+", a souligné M. Dallemagne dans un communiqué. Selon lui, l'hypothèse soulevée par M. Reynders contredit également la réponse donnée par le Premier ministre, Elio Di Rupo, à sa question posée en séance plénière le 19 avril dernier sur le résultat de ses entretiens avec la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, de passage par Bruxelles. Le Premier ministre avait en effet affirmé: "je lui ai rappelé le calendrier de retrait de nos troupes. Dans l'état actuel des choses, quelque 220 militaires belges doivent revenir au pays cette année. Le retour du reste de notre contingent est prévu pour fin 2014 au plus tard". M. Dallemagne a rappelé que ce point de l'accord de gouvernement négocié entre les six partis de la coalition avait été le fruit d'"âpres négociations". Lors de leur visite la semaine dernière en Afghanistan, à l'approche du sommet de l'Otan de Chicago (Etats-Unis), les 20 et 21 mai, M. Reynders (MR) et son collègue de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), ont indiqué envisager un rôle militaire pour la Belgique au-delà de fin 2014 - l'échéance fixée pour le retrait des troupes de combat occidentales - dans le domaine de la formation des militaires et policiers afghans, mais non sans la protection nécessaire de l'Otan. (GGD)
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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10.05.2012
n°30 : Journal de Côte d'Ivoire :- 21-04 au 10-05 - a1 - Arrestations en Côte d’Ivoire : la thérapie du désespoir du régime Ouattara !
Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources
Journal de Côte d’Ivoire
n°30 21-04 au 09-05
Par C.Debroeder & M.Lemaire
Les informations contenues dans ce journal sont obtenues par la lecture journalière des journaux en ligne des journaux en ligne suivants:
(Afp- ats - Ap - Reuters, Al-manar - Chine nouvelle- CPI - IPC –Novosti- PNN- Wafa –Sana – Radio chine internalionale - Al Manar & XINHUANET (Chine)
Nos informations sont le résultat de recoupements car les médias occidentaux donnent des informations qui ou se contredissent ou ne prennent en note qu’une partie des infos
Le journal de Côte d'Ivoire se retrouve
a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html
http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html
b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html
c) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
e) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine- solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire
Tiré à part :
ABIDJAN DIRECT : PRESIDENTIELES FRANCAISE:COMMENT LES IVOIRIENS ONT ACCUEILLI LA VICTOIRE DE HOLLANDE.
Hassane Magued : Côte d’Ivoire : après la France, le changement, c’est maintenant !
Cameroonvoice :Chute de Sarkozy. Ouattara, handicapé, cherche ses repères...
Mélanie Debrest : LE SCANDALE DE LA DERNIERE VISITE DE OUATTARA A SON PARRAIN LIVRE SES SECRETS.
1 Côte d'Ivoire occupé :
|
1-1 : Les grandes manœuvres Joseph Marat : « Le Président Gbagbo devrait renaître de ses cendres. » |
1-2 Sur le terrain
Hassane Magued : Arrestations en Côte d’Ivoire : la thérapie du désespoir du régime Ouattara !
2 Politique internationale
2-1) France
Hassane Mague :Révolution Permanente :
Lettre de mise au point à François Hollande
3 Europe
France
Abidjandirect : Présidentielles françaises : Comment les ivoiriens ont accueilli la victoire de Hollande.
SARKOZY SUR LE DEPART, OUATTARA RECULE DEJA
4 Médias
KOBAZEYRET : France-Afrique : Un crime en rappelle d’autres.
5 Dossier
5-1 Ghislaine Atta : CONSEQUENCES DE LA CRISE IVOIRIENNE: LES PSYCHOLOGUES ONT PEUR D'EN PARLER
5-2 Alain Bouikalo : Quand la force Licorne tuait les ivoiriens.
5-3 Hassane Magued : Le 1er Mai en Côte d’Ivoire : bonne fête du chômage, du mensonge et du vent !
5-4 Camus Ali : Combien de Dominique Ouattara coûte aux Ivoiriens ?
6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net
6-1 KOBAZEYRET Laurent : AUX PEUPLES AFFAIBLIS ET HUMILIES PAR SARKOZY.
7 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
7-1 Théophile Kouamouo : Quand il pleut à Paris... Abidjan est mouillé.
Tiré à part :
ABIDJAN DIRECT : PRESIDENTIELES FRANCAISE:COMMENT LES IVOIRIENS ONT ACCUEILLI LA VICTOIRE DE HOLLANDE.
La France a un nouveau président.
Son nom, c’est François Hollande.
Candidat socialiste contre Nicolas Sarkozy, le 6 Mai 2012.
La droite française a été littéralement laminée par la gauche socialiste. Tous les candidats, après le premier tour, ont formé le "Tous Sauf Sarkozy" (TSS).
Pour ceux qui ne voulaient pas donner de consignes claires à l’instar de Bayrou ou de Marine Lepen, ils n’ont pas hésité à marquer publiquement leur dégoût pour le président sortant Nicolas Sarkozy. A Abidjan, les commentaires allaient bon train. Et les pronostics aussi. Les proches de Laurent Gbagbo étaient convaincus de la victoire de Hollande tandis les militants du RHDP dans leur large majorité souhaitaient la victoire de Nicolas Sarkozy. Mais, les français ont fait leur choix. Choix du cœur ou choix de la raison ? Peu importe.
Les abidjanais et surtout les pro-Gbagbo, à l’annonce des résultats n’ont pas boudé leur plaisir. En dépit des menaces des FRCI de Ouattara, le quartier de Yopougon, connu pour son attachement à Laurent Gbagbo, a laissé éclater sa joie comme dans un stade de football. Lorsqu’un but est inscrit dans les derniers instants du match. Les débits de boisson et autres espaces de joie sont pris d’assaut. Les moins courageux essaient de manifester leur joie, discrètement, à la maison. « Ça fête à Abidjan... Je reviens de Bingerville. Je ne consomme plus d'alcool mais je vais manger deux testicules de mouton chez Mado, pour fêter celui qui a été chassé comme une vermine aux senteurs pestilentielles », nous a confié un proche de Laurent Gbagbo, joint au téléphone à l’annonce des résultats.
Mais dans certains quartiers, à l’instar d’Abobo où parler de Laurent Gbagbo est un crime de lèse-majesté, l’on peut sans grande difficulté entendre les mouches voler. Un calme plat règne sur le quartier. Aucune manifestation de joie n’est visible. Pis, les quelques noctambules qui se trouvaient dans les espaces de joie regagnent leur domicile. L’atmosphère est lourde. Abidjan est dans la joie d’un côté. Et dans l’autre camp, c’est le découragement, la désolation totale. La défaite de Sarkozy fait trembler déjà les occupants du palais présidentiel du Plateau.
ouatarabendjibril@abidjandirect.net
Source:ABIDJAN DIRECT.NET
http://regardscroises.ivoire-blog.com/
Hassane Magued : Côte d’Ivoire : après la France, le changement, c’est maintenant !
Le message doit être clair et sans ambigüité pour tous. C’est pourquoi la présente Chronique s’est voulue précise et directe.
Après la France, le Changement en Côte d’Ivoire, c’est maintenant !
Parce qu’il doit en être ainsi. Le régime génocidaire installé dans l’Injustice et le mépris des valeurs républicaines ne doit pas survivre à la chute du régime fasciste français dont il n’est qu’un démembrement.
Ce régime a été jugé mauvais et il vient d’être censuré. Il vient d’être arrêté dans son élan barbare et ébranlé dans ses fondements démagogiques et mensongers par un peuple qui rêve la dignité et une France normale.
Il doit en être de même en Côte d’Ivoire. Si les Ivoiriens aussi rêvent la Dignité et une Côte d’Ivoire normale.
Nous vous l’avons dit dans une récente chronique que « l’accessoire suivra le principal ». Eh bien, le principal commanditaire de la razzia de la Côte d’Ivoire a été terrassé. Le principal bourreau du peuple de Côte d’Ivoire été mis hors d’état de nuire.
Le bouclier anti-citoyen, le bouclier anti-constitution, le bouclier anti-vérité a été ôté par François Hollande et la Grande Gauche française.
L’ennemi, l’imposteur, le tueur, le menteur, le génocidaire est désormais face à son destin. L’heure de vérité qu’ils avaient eux-mêmes annoncée, en cas de défaite de Sarkozy, a sonné.
Alors, leur emboitant le pas, nous lançons un appel solennel à toute la Résistance Patriotique et Révolutionnaire de Côte d’Ivoire et d’Afrique. Nous lançons un appel à toute la Côte d’Ivoire éprise de Liberté, de Justice et de Vérité pour que le Changement intervienne maintenant.
Et à cette fin, notre message est très clair : le compte à rebours, c’est maintenant !
Vive la République de Côte d’Ivoire !
Vive la Côte d’Ivoire nouvelle, cette Côte d’Ivoire de Justice, de Liberté, de la Démocratie vraie.
A bas l’imposture ! A bas les hors-la-loi
A Très bientôt.
Hassane Magued
http://www.lynxtogo.info/afrique/la-chronique-de-hassan/2309-sar.html
Cameroonvoice :Chute de Sarkozy. Ouattara, handicapé, cherche ses repères...
Le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, qui séjourne en France depuis le 29 avril dernier, a échangé hier en fin de matinée avec Nicolas Sarkozy, fraichement battu au second tour de la présidentielle française.
C’est un Ouattara au sourire presque forcé qui est apparu sur le perron de l’Elysée, symbole d’un choc encaissé personnellement, où était venu l’accueillir son ami et parrain, Nicolas Sarkozy. Qui, lui, semble avoir pris sa déconvenue avec beaucoup de philosophie. Les deux hommes ont échangé environ une demi-heure, au cours d’un tête-à-tête. On imagine aisément les sujets abordés au cours de cet entretien privé, puisque dans une semaine exactement le président-battu devrait passer la main au tout nouveau président français, François Hollande. Il apparaissait donc opportun voire primordial pour Alassane Ouattara d’échanger avec Nicolas Sarkozy sur plusieurs questions importantes des relations ivoiro-françaises et celles qui touchent aussi à la sous-région. Et surtout sur l’avenir des relations très privilégiées entre Paris et Abidjan, depuis la prise de pouvoir de Ouattara en avril 2011. Le chef de l’Etat ivoirien, on le devine est venu personnellement remercier une fois encore le président
français sortant pour son engagement dans sa prise de pouvoir le 11 avril 2011.
Mais en même temps s’assurer que son ami et «parrain» Nicolas Sarkozy, fera certainement figurer au nombre des dossiers importants à transmettre à son successeur, le dossier ivoirien. Un voeu que Ouattara luimême laisse transparaitre dans son télégramme de félicitation adressée à François Hollande, en souhaitant «une consolidation des liens privilégiés» entre les deux pays. Et sur le probable rapprochement ou maintien de liens très privilégiés, Ouattara espère compter sur ses «contacts» socialistes, avec notamment le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Qui, avait été contacté, pour favoriser un contact entre les deux hommes, lors d’un voyage parisien de Ouattara. Il y a quelques mois. Le chef de l’Etat qui doit son pouvoir à la France «sarkozyste», sait qu’il a encore besoin de l’appui et de la «protection» de Paris.
D’abord sur le maintien encore d’une base de l’armée française à Abidjan et surtout sur la «validation» par le parlement français des accords de défense, signés entre lui et Sarkozy. L’indifférence du pouvoir Sarkozy devant peu d’engouement à favoriser une décrispation politique et la réconciliation véritable en Côte d’Ivoire, a toujours encouragé le régime dans un entêtement euphorique. Paris version Hollande acceptera-t-il tous les caprices du régime Ouattara sans le rappeler à l’ordre comme sous Sarkozy ?
En tout cas, le changement radical en France aura à coup sûr des répercussions de quelque nature que ce soit sur la vie politique en Côte d’Ivoire, même si des miracles ne sont pas attendus.
http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6810
Mélanie Debrest : LE SCANDALE DE LA DERNIERE VISITE DE OUATTARA A SON PARRAIN LIVRE SES SECRETS.
Il faut bien le savoir, au cours de la campagne présidentielle française, les recettes mensuelles du Trésor ivoirien ont atterri en totalité à la Présidence ivoirienne. Tandis que les caisses étaient vidées en Côte d'Ivoire, Dramane et sa « photocopie » ont partagé cette cagnotte en trois parties. Une pour le Clan Ouattara comme d’habitude, une pour Sarkozy et une pour les socialistes. C’est pour éviter toute fuite que la gestion très opaque des fonds a été confié à son petit-frère BIRAHIMA Téné Ouattara alias « photocopie ».
Autant le clan Sarkozy a accepté l’argent sale de Ouattara, autant le camp Hollande a catégoriquement rejeté et les émissaires de Dramane et leurs propositions alléchantes de financement occulte. Les socialistes ont opposé une fin de non-recevoir, refusant toute compromission avec le pouvoir d’Abidjan. A deux reprises, ils ont dit niet à Ouattara et à ses envoyés.
Les larmes de Dramane Ouattara, qui était accueilli sur le perron de l’Elysée par un "has been" et un pouvoir moribond, s’expliquent à partir de là par deux raisons essentielles. Face à la tentative avortée de corruption du nouveau pouvoir français Dramane a demandé à son parrain, qui faisait ses valises pour la prison, de lui assurer au moins deux choses auprès des socialistes :
1- le maintien de la force Licorne pour assurer sa garde rapprochée,
2- le succès du PPTE sur lequel Sarko n’avait pu réussir aucune anticipation.
Sarko a promis de faire au mieux et d’en tenir compte dans la transmission des dossiers dits sensibles, sans rien garantir en retour.
Il a, en revanche, sommé son filleul de relâcher toutes les formes de pression autour de l’opposition en Côte d’Ivoire et, très clairement, autour des proches de Laurent GBAGBO car cette exigence du parti socialiste au pouvoir ne serait pas négociable. Sarko a également avoué son impuissance à protéger les chefs de guerre, notamment Soro et Chérif Ousmane, qui ne pourront désormais plus éviter la CPI.
Mélanie Debrest
Source: COTE D’IVOIRE LA VRAIE
http://regardscroises.ivoire-blog.com/
1 Côte d'Ivoire occupé :
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1-1 : Les grandes manœuvres Joseph Marat : « Le Président Gbagbo devrait renaître de ses cendres. » |
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Quelqu’un a dit que le temps est un autre nom de Dieu. Une façon de dire que la justice divine se révèle toujours dans le temps. Un autre dicton dit que le mensonge à beau courir, il se laisse toujours rattraper par la vérité. Le mensonge qui a été véhiculé dans l’opinion publique après le bombardement de la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo, commence à fondre comme du beurre au soleil Dès sa première comparution au tribunal de la Haye, le 05 décembre 2011 dernier, Laurent Gbagbo avait fait tomber le voile du mensonge sur son arrestation. Il avait clairement dit que c’est la France qui avait fait le boulot. Elle avait bombardé son palais, l’avait arrêté avant de le livrer, à l’« armée paysanne de Dramane Ouattara », pensant secrètement que celle-ci achèverait le boulot en mettant une balle dans la tête de l’illustre homme. Désiré Tagro n’a-t-il pas été victime de ce plan diabolique ? On continue encore de s’interroger. Le Ministre Tagro était-il vraiment celui qu’on voulait atteindre ? Le lendemain de cette déclaration du président Gbagbo à la barre de la CPI, leurs officines médiatiques se sont mises en branle pour traiter celui qui a échappé à leur assassinat de menteur. Le 11 avril dernier, sous la pression de l’évidence qui rend leur ligne de défense ridicule, l’ambassadeur Jean Marc Simon, en poste à Abidjan durant cette crise, a avoué sur la radio dite mondiale que devant les limites de la « paysannerie » de Dramane Ouattara, Sarkozy a été obligé de décider de faire le boulot. L’autre pan du mensonge sur cette affaire qu’il continue d’entretenir comme la savonnette de leur conscience de criminels, est qu’« ils n’avaient aucunement l’intention de tuer Laurent Gbagbo ». Mais comment le savoir puisque le type n’est pas mort. Et qui leur demande leur intention initiale. Finalement ne sommes-nous pas devant cet autre dicton qui dit : « qui s’excuse s’accuse » ? Au demeurant cette autre forteresse de mensonge peut-elle résister durablement à l’évidence des faits relatés par les images de ce qui reste de la résidence bombardée ? Quelle vie les bombardiers avaient-ils l’intention de préserver quand, après leur bombardement, il ne reste plus aucune pierre sur une autre sur le site de la présidence ? Ou bien le président Laurent Gbagbo était-il, pour eux, un phénix qui devrait renaître de ses cendres ? |
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source : Joseph Marat |
1-2 Sur le terrain
Hassane Magued : Arrestations en Côte d’Ivoire : la thérapie du désespoir du régime Ouattara !
En Côte d’Ivoire, on a peur, donc on cherche désespérément à se rassurer. En Côte d’Ivoire, on souffre d’une très grande peur, donc on se soigne d’une façon excessivement stupide et nocive.
Et pourquoi a-t-on peur ?
On a peur, d’abord, parce qu’il y aurait des mercenaires ou miliciens pro-GBAGBO. Ils se promènent 18 par 18. Car chaque fois qu’on les arrête, ils sont au nombre de 18. Jamais armés, mais en train de tenir une réunion pour déstabiliser le régime, nos 18 mercenaires de tous les jours, sont partout. 18 à Taï ; 18 à Duekoué ; 18 à Abobo ; 18 dans la forêt du Banco ; 18 à Yopougon SIDECI ; etc. etc.
Ensuite, on a peur, parce qu’il y a le sentiment de culpabilité qui habite tout malfaiteur. Il voit l’ennemi partout, dans tous les regards, dans tous les gestes, dans toutes les paroles, parce qu’il est porteur d’un lourd fardeau de culpabilité. Car celui qui se reproche bien des choses, a toujours des raisons de soupçonner le mal, même de façon maladive.Et qui a peur ?
En principe, c’est celui qui est en danger et qui n’a pas les capacités de se défendre qui a peur.
Or, en Côte d’Ivoire, il y a d’un côté, ceux qui ont l’appareil d’Etat, un Etat certes avarié mais qui est considéré comme Etat ; il y a de ce même côté, ceux qui ont pour armée nationale la Force Licorne et pour police nationale, la branche armée de l’ONUCI forte de plus de 10 000 hommes ; il y a également de ce côté-là, les FRCI (la milice CEDEAO formée par Ouattara) qui volent et tuent, puis les Dozos, ces broussards et affabulateurs qui se font passer pour des seigneurs de la guerre dotés de pouvoirs mystiques, alors qu’ils ont été incapables d’approcher de 5 Km le quartier du Plateau ou le Camp d’Agban tenue par le Commandant Jean-Noël Abéhi.
Et de l’autre côté, il y a les civils appelés pro-GBAGBO par les propagandistes français, ces civils devenus des indésirables dans leur propre pays et alors, privés d’emplois, privés de liberté, privés de sécurité, car l’Armée régulière qui est censée les protéger est privée de moyens de travail. Ceux qui sont ce côté ci sont toujours dans la tourmente, pourchassés, arrêtés de façon arbitraire et torturés sans que cela n’émeuve ni la Justice ni les "protecteurs" des civils de l’Occident.
Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce sont plutôt ceux qui sont protégés, qui sont encadrés, qui disposent de l’appui militaire de toutes les puissances du monde, qui paniquent, crient au danger, tirent prétexte de ces menaces imaginaires et violent sans être inquiétés, les droits les plus élémentaires de l’Homme.
La peur du régime Ouattara est devenue une maladie incurable !
C’est de cela qu’il s’agit. Après le mensonge, c’est la peur qui devient un des plus gros problèmes de ce monsieur qui fait tuer en restant froid et sans remord. La peur. Il en a une paranoïa, un état de démence, un état de dépendance.
Mais quand on est malade, on se soigne. Donc à Abidjan, Ouattara se soigne avec les mises en scène grotesques d’arrestations d’étudiants ou de jeunes écoliers ivoiriens toujours présentés comme des mercenaires libériens.
Bien évidemment, ces arrestations finissent toujours avec la libération des prévenus, faute de charges sérieuses contre eux.
Mais le drame dans tout ça, c’est que les étudiants ou élèves interpellés ressortent chaque fois en nombre réduit parce que les mauvaises conditions de détention et la torture, font toujours au moins 2 ou 3 morts, une semaine après ces arrestations stupides et motivées par la paranoïa d’un homme perdu par ses ambitions folles.
Et pourtant, rien ne pourra sauver Ouattara !
C’est dur à avaler, mais c’est comme ça. Cet homme est perdu. C’est pourquoi il est désespéré et tire dans tous les sens. Mais s’il en est arrivé là, ce n’est point parce que quelqu’un parmi la Résistance patriotique et révolutionnaire l’y aura conduit.
Non. Ouattara a atteint son propre point d’achèvement tout seul. Il en a été ainsi parce que cet homme a utilisé le mensonge comme un instrument d’ascension sociale et politique. Or le mensonge est gros arbres qui donne beaucoup de fleures mais jamais de fruits. Ensuite, cet homme a fait du crime en masse, un métier d’avenir pour lui-même et pour les jeunes du Nord de la Côte d’Ivoire. Résultat : la criminalité ambiante instaurée comme mode de vie a sapé les fondements et terni l’image d’une imposture pourtant dorée, parfumée et présentée à la face du monde comme une merveille nouvelle.
Du coup, pour son propre bien, pour celui des jeunes gens qui tuent en son nom et pour son compte, pour le salut du peuple de Côte d’Ivoire, Ouattara doit être admis en soins très intensifs afin que sa guérison rapide et urgente soit celle de toute une Nation, celle de tout un peuple qui se meurt.
A Très bientôt.
Hassane Magued
2 Politique internationale
Les grandes manœuvres
2-1) France
Hassane Mague :Révolution Permanente :
Lettre de mise au point à François Hollande
La Révolution Permanente vous prie de retenir et de ne jamais oublier que personne en Afrique et tout particulièrement en Côte d’Ivoire, ne compte sur vous, pour restaurer la Dignité bafouée de nos peuples
Excellence Monsieur le Président de la République, comme tous les observateurs de la vie politique française, nous avons appris votre élection à la Magistrature suprême en France le 6 mai 2012. Nous en prenons acte et vous adressons nos vives félicitations.
Tout comme vous, nous sommes porteurs des valeurs socialistes, je veux parler de la justice sociale, de l’égalité des hommes en droit et en dignité humaine, de la République comme cadre civilisé d’épanouissement du sujet social.
Mais à la différence de vous, nous sommes issus de peuples et de pays qui ont une valeur marchande aux yeux de votre peuple. Nous appartenons à des peuples et nations qui ont été faits victimes d’un déni de leur humanité et de leur place dans l’histoire des Nations, ce qui leur a valu et leur vaut d’être traités par le peuple auquel vous appartenez, comme une marchandise ordinaire, un objet quelconque dans le commerce, comme la cravate ou la chaussette que vous portez.
De ce seul point de vue, vous n’êtes pas le socialiste que nous sommes et vous ne le serrez jamais.
Mais ce n’est pas là, l’objet de cette correspondance que nous avons voulu vous adresser pour mettre les points sur les "i" avant que vous ne cherchiez à vous prendre pour celui que vous n’êtes pas et que vous ne serez jamais à nos yeux.
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Cela dit, la Révolution Permanente vous prie de retenir et de ne jamais oublier que personne en Afrique et tout particulièrement en Côte d’Ivoire, ne compte sur vous, pour restaurer la Dignité bafouée de nos peuples.
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Ce préalable clarifié, je voudrais appeler votre attention sur deux faits.
Premièrement, votre arrogance fétide contre le Président GBAGBO alors qu’il était un Président en exercice et vous, n’étiez qu’un simple homme politique en France ; cette insulte à ce digne fils de l’Afrique que vous avez traité de tous les noms, reste un affront que nous entendons laver pour que plus jamais, le mépris du Chef Africain ne soit votre partage en France.
Deuxièmement, votre adhésion au projet de meurtre et d’assassinat de Chefs d’Etat africains initié par Nicolas Sarkozy en 2011 comme une réponse à la déconfiture économique en France, reste un lourd passif qui vous met exactement au même niveau que ce brigand que vous avez tout de même battu à la loyale.
Mais vous vous présentez depuis peu comme l’homme du changement en proclamant que ce changement se ferait maintenant.
Nous osons donc espérer que vous avez pu changer avec l’assassinat de Mouammar Kadhafi et le meurtre manqué suivi de la déportation de Laurent GBAGBO, et que ce qui vous a fait changer aujourd’hui, ne vous oblige pas à poursuivre dans la voie du mépris et surtout du banditisme international qui semble être devenu la valeur cardinale autour de laquelle la France politique promet pour demain, le salut à la France citoyenne.
Mais peu cela nous importe. Que vous ayez changé ou pas, vous ne serez traité par la Révolution Permanente que comme un ennemi repentant et à tout le moins, comme un homme de bonne foi qui a été trompé et qui demande pardon.
C’est pourquoi, la présente mise au point nous semble indispensable. D’abord, pour que vous n’ayez pas la tentation de vous prendre pour l’Administrateur de l’Afrique parlant français et le propriétaire de la Côte d’Ivoire défigurée et truandée par la France. Ensuite, pour vous dire que les temps ont changé et que la moindre erreur, le moindre écart diplomatique, la moindre posture agressive trouvera une riposte immédiate et à due concurrence de la part des dignes fils de l’Afrique que nous sommes.
Mieux, nous avons pris l’option ne pas nous contenter de riposter à vos ingérences agressives et à vos immixtions désobligeantes dans la vie de nos Nations. Nous insistons aussi pour dire que les coups d’Etat et les rébellions conduites par renégats interposés trouveront également leur lot de consolation français. Lisez bien cette phrase.
Excellence Monsieur le Président, étant des peuples souverains, évoluant dans le cadre de rapports diplomatiques avec votre pays, soyez convaincu que tout comportement français maladroit en Côte d’Ivoire ou ailleurs en Afrique sera sanctionné sans état d’âme, sur le fondement de la Réciprocité comme principe diplomatique.
Cela veut dire, que si vous nous respectez, nous vous accordons le même respect. Si vous nous agressez, nous vous agressons aussi. Peut-être, pas à arme égale, mais les résultats seront les mêmes.
Cela veut dire aussi, que ce que vous avez semé en Côte d’Ivoire, attendez-vous à le récolter.
Excellence Monsieur le Président de la République, vous êtes un Français et vous comprenez le français. Vous comprendrez donc aisément que la Révolution Permanente, consciente que vous ne pouvez pas renier la France en Côte d’Ivoire, vous propose trois petites choses :
1. Mettez-vous à l’écart lorsque nous allons entamer la phase opérationnelle de la restauration de la République et de la Loi en Côte d’Ivoire. Ce problème va être réglé à guichet fermé entre Alassane Ouattara et nous. Ne vous y mêlez pas. Vous comprenez ce que cela veut dire ;
2. Oubliez l’idée que la France doit nuire à l’Afrique pour rayonner à l’International. C’est un projet idiot qui va vous coûter excessivement cher. Ceux qui avant vous ont été porteurs d’un tel projet ont bénéficié de circonstances favorables. Aujourd’hui, poursuivre dans cette voie n’est que pure vanité. Aucun peuple au monde, fût-il petit, ne peut plus être vaincu et géré militairement. La défaite de la coalition occidentale en Afghanistan face aux Talibans devra achever de vous convaincre. Et ce sont ces projets idiots d’invasion contreproductive de peuples souverains qui sont en train de vous appauvrir tous. Si vous avez des besoins, posez-nous vos problèmes dans l’humilité et de façon civilisée, nous allons vous aider.
3. Vous n’êtes que le Président de la France et vous connaissez les frontières de la France. Entre personnes cultivées, je pense que nous nous comprenons.
Pour le reste, je vous souhaite un quinquennat sous le sceau de la sagesse, du respect des autres, du respect des frontières de la France.
Je vous prie de croire, Excellence Monsieur le Président, Camarade socialiste, en l’Assurance de ma très distinguée considération.
A Très bientôt.
Hassane Mague
A Très bientôt.
http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6807
3 Europe
France
Abidjandirect : Présidentielles françaises : Comment les ivoiriens ont accueilli la victoire de Hollande.
La France a un nouveau président. Son nom, c’est François Hollande. Candidat socialiste contre Sarkozy Nicolas, le 6 Mai 2012. La droite française a été littéralement laminée par la gauche socialiste. Tous les candidats, après le premier tour ont formé le ‘’Tous Sauf Sarkozy ‘’(TSS).
Pour ceux qui voulaient donner de consigne claire à l’instar de Bayrou ou de Marine Lepen, ils n’ont pas hésité à marquer publiquement leur dégoût pour le président sortant Nicolas Sarkozy. A Abidjan, les commentaires allaient bon train. Et les pronostics aussi. Les proches de Laurent Gbagbo étaient convaincus de la victoire de Hollande tandis les militants du RHDP dans leur large majorité souhaitaient la victoire de Nicolas Sarkozy. Mais, les français ont fait leur choix. Choix du cœur ou choix de la raison ? Peu importe.
Les abidjanais et surtout les pro-Gbagbo, à l’annonce des résultats n’ont pas boudé leur plaisir. En dépit des menaces des FRCI de Ouattara, le quartier de Yopougon connu pour son attachement à Laurent Gbagbo, a laissé éclater sa joie comme dans un stade de football. Lorsqu’un but est inscrit dans les derniers instants du match. Les débits de boisson et autres espaces de joie sont pris d’assaut. Les moins courageux essaient de manifester leur joie, discrètement, à la maison. « Ca fête à Abidjan... Je reviens de Bingerville. Je ne consomme plus d'alcool mais je vais manger deux testicules de mouton chez Mado pour fêter celui qui a été chassé comme une vermine aux senteurs pestilentielles », nous a confié un proche de Laurent Gbagbo, joint au téléphone à l’annonce des résultats.
Mais certains quartiers, à l’instar d’Abobo où parler de Laurent Gbagbo est un crime de lèse majesté, l’on peut sans grande difficulté entendre les mouches survoler. Un calme plat règne sur le quartier. Aucune manifestation de joie n’est visible. Pis, les quelques noctambules qui se trouvaient dans les espaces de joie regagnent leur domicile. L’atmosphère est lourde. Abidjan est dans la joie d’un côté. Et dans l’autre camp c’est le découragement, la désolation totale. La défaite de Sarkozy fait trembler déjà les occupants du palais présidentiel de Plateau.
ouatarabendjibril@abidjandirect.net
http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=5049
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SARKOZY SUR LE DEPART, OUATTARA RECULE DEJA ! |
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Il aura tenté de nous montrer l’image d’un homme téméraire, d’un homme tellement puissant qu’il ne saurait accepter qu’on lui tienne tête, toujours prêt à soumettre ceux qui se hasarderaient à se dresser sur son chemin. Seulement, la chute prochaine de Nicolas Sarkozy, le véritable parrain et protecteur de Ouattara, fait déjà apparaitre que tout ce zèle affiché de ce dernier depuis son accession à la tête de la Côte d’Ivoire par coup d’Etat de la France, n’est que feu de paille. Ainsi, la cinglante défaite de Sarkozy qui se profile à l’horizon pousse déjà Ouattara à faire profil bas. Après la fermeté d’Abidjan, Ouattara et la Cedeao font volte-face sur le dossier Malien à Dakar On se rappelle encore de la fermeté affichée par la Cedeao et son président Alassane Ouattara lors du sommet consacré aux crises que vivent la Mali et la Guinée-Bissau qui s’est tenu à Abidjan en fin avril dernier. A cette réunion, le club des sous-préfets de la sous-région s’était voulu ferme en fixant de manière unilatérale la transition au Mali à 12 mois et en confirmant le maintien du président de transition Dioncounda Traoré pour toute la durée de cette période. Ce qui violait de facto l’accord conclu entre la junte et les émissaires de la Cedeao qui prévoyait une période de 40 jours pendant laquelle se tiendraient des assises nationales qui elles détermineraient le contenu véritable d’une transition politique au Mali. Mais la Cedeao ne s’est arrêtée là. Elle décida même l’envoi d’une force internationale en vue de sécuriser la transition. Suite à ces décisions, la réaction de la junte ne se fit pas attendre. Le capitaine se voulant clair et ferme à son tour déclara qu’aucun militaire étranger ne foulera le sol Malien sans qu’ils en fait la demande. Il continua pour dire que Dioncounda Traoré ne fera pas un jour de plus après ses 40 jours tels que voulu par l’accord. La suite, on la connait. Des combats éclatent à Bamako entre bérets rouges aidés de mercenaires ivoiriens, Burkinabès, sénégalais et sierra-léonais infiltrés et armés par la Cedeao contre les troupes de la junte. Ces derniers inflige une cinglante défaite aux ébrets rouge et prenne même le contrôle de leur camp. Ainsi, Sanogo s’affiche comme le véritable maitre à Bamako. Seulement, contre toute attente, au lieu d’une décision ferme comme on le lui connait, Ouattara et la Cedeao font volte face à Dakar ce jeudi 03 mai 2012. En effet, la Cedeao déclare qu’elle n’enverra des troupes au Mali que si les autorités sur place en font la demande. Cela sonne comme un cinglant camouflet. En fait, Ouattara de retour de Paris où il a fêté le 1er mai a eu le temps de prendre le pool de la situation. En effet, sentant la fin prochaine de son parrain et protecteur Nicolas Sarkozy, Ouattara sait à présent qu’il a tout intérêt à mettre de l’eau dans son vin et d’en mettre beaucoup même. Le temps de grâce semble terminé pour celui qui voulait se donner une stature d’invincible alors qu’il n’est en fait qu’un tigre en papier. Ce sont également les raisons profondes du fameux dialogue appelé ironiquement conclave organisé à Grand-Bassam avec des faire valoir ou pseudo opposant. Le conclave de Grand-Bassam signe d’une véritable fébrilité Ouattara et sa clique ne sont plus vraiment sereins. Les propos de Karamoko Yayoro en campagne honteuse pour Sarkozy à Paris en disent long sur la peur qui habite le clan Ouattara. « Si Sarkozy s’en va, notre pouvoir est en danger » déclarait de façon pathétique un Yayoro dépêché d’urgence et maladroitement par Ouattara à Paris pour soutenir le navire UMP en plein naufrage. En fait, Grand-Bassam n’était qu’un prétexte pour se donner une nouvelle image, celle d’un pouvoir soucieux du dialogue avec l’opposition et non d’un pouvoir dictatoriale et tribale dans l’âme. Ce qui est en vérité le cas. Un tel revirement dans la ligne de conduite de Ouattara et de ses Adorateurs n’est à mettre au compte que de la perspective de ne plus avoir en métropole les parrains, les réseaux et les protections nécessaires pour finir le travail d’exploitation sans vergogne et de destruction de la nation ivoirienne si bien commencé par Ouattara. Quoiqu’il en soit, l’accession à la présidence française de François Hollande nous fera voir bien des surprises. Ce sont de véritables pirouettes politiques auxquelles nous assisterons sous peu de la part de Ouattara et de ses Adorateurs. Ce qui est sûr, c’est comme son maitre Sarkozy, la fin de Ouattara est proche et lui-même la sent déjà venir. |
http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=5034
4 Médias
KOBAZEYRET : France-Afrique : Un crime en rappelle d’autres.
Aucun être humain ne peut rester insensible aux multiples meurtres d’enfants, de religieux et même de militaires. C’est tout naturellement qu’il faut exprimer sa compassion et sa solidarité aux parents de ces innocentes victimes.
Malheureusement, ce type de crime détestable et odieux, faisant des victimes innocentes, est monnaie courante beaucoup en Afrique qu’en France.
Nous avons été surpris, absolument surpris de voir un homme, fut-il Président de la République française, aller sur les lieux du crime, à Toulouse (France), verser des larmes de crocodile et exploiter ces circonstances douloureuses pour monopoliser les médias audiovisuels à des fins bassement politiciennes et surtout électoralistes.
Cet homme, Sarkozy, qui a le sang de plusieurs milliers d’ivoiriens et de libyens sur les mains est également un criminel. Mais à la différence de l’auteur des récentes fusillades, Sarkozy, pour accomplir ces crimes, sollicite d’abord la caution de l’ONU, de l’UE, de l’OTAN, de l’UA ou de la Ligue Arabe, pour avoir le droit de vie et de mort sur des peuples de Côte d’Ivoire, de Libye et bientôt de Syrie.
Les quatre victimes françaises de l’homme au scooter ont suscité à juste titre l’émoi dans le monde entier et particulièrement en France et ce, parce que les médias français ont su livrer en boucle l’information vraie.
Il est donc surprenant que ce même peuple reste indifférent devant la barbarie et les nombreuses tueries d’innocentes personnes perpétrées par l’armée française sous les ordres de Sarkozy, au domicile du Président GBAGBO, pour une simple restauration d’une soi-disant démocratie. Cette indifférence ne peut s’expliquer que par la falsification de l’information orchestrée volontairement par les médias français, aux ordres de Sarkozy.
Ce dernier déclarait avec une forte dose de cynisme, se prononçant sur les 10 000 morts de Côte d’Ivoire que, n’eut été l’action de l’armée française, il y aurait eu beaucoup plus de morts comme si 10 000 morts n’étaient pas déjà un nombre très élevé. Un homme qui lève une armée pour massacrer par milliers des jeunes ivoiriens peut-il être ému par la mort de quatre personnes ? A présent, des miliciens de Ouattara, armés par Sarkozy continuent de tuer des ivoiriens, chaque jour que Dieu fait.
Sarkozy, Président-candidat, fait donc une récupération politicienne de la fusillade de Toulouse; mais Sarkozy, Président, a-t-il mis les moyens nécessaires à la disposition des services français de sécurité ? Qui trop embrasse, mal étreint ; les français l’apprennent à leurs dépens. C’est en effet un non-sens que d’entretenir des bandes de tueurs pompeusement appelées Force Licorne hors de France alors qu’on n’a pas les moyens, pour assurer la sécurité des populations sur le territoire français. C’est parce que la police est mal outillée que des assassins peuvent circuler librement sans être inquiétés. Il faut souhaiter que l’assassin, le criminel de Toulouse soit arrêté dans les plus brefs délais et qu’il soit le véritable coupable afin de ne pas revivre à cette occasion les histoires de triste mémoire, des touristes anglais du Bois de Vincennes (banlieue Parisienne) arrêtés comme terroristes ou encore des soi-disant témoins oculaires qui auraient assisté à l’enterrement du journaliste franco-canadien André KIEFFER à Issia, au centre-Ouest de la Côte d’Ivoire.
Les milliers d’innocentes victimes de la guerre post-électorale de Sarkozy en Côte d’Ivoire et celles de Libye sont-elles moins importantes que ces quatre morts de Toulouse ?
Pourquoi les français si sensibles à la mort de ces enfants sont-ils si indifférents au massacre des milliers d’enfants ivoiriens et libyens ? Ces français n’ont-ils pas vu cette horrible image de cette adolescente ivoirienne dont la tête a été éclatée par un obus de l’armée française en Novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire à Abidjan ? Est-ce le résultat de la rétention volontaire de l’information juste par les médias français ou tout simplement un regrettable comportement raciste ? Les milliers de morts ivoiriens et libyens de Sarkozy sont-ils inférieurs aux quatre morts français ?
Que Sarkozy arrête donc de se moquer des parents des victimes parce qu’il est plutôt du côté des bourreaux de ceux qui pleurent ; blanche ou noire une victime est une victime.
KOBAZEYRET Laurent
http://www.ivoirediaspo.net/?p=7015
5 Dossier
5-1 Ghislaine Atta : CONSEQUENCES DE LA CRISE IVOIRIENNE: LES PSYCHOLOGUES ONT PEUR D'EN PARLER
Des actes et scènes d’une extrême violence ont éclaté, dans plusieurs localités de la Côte d’ivoire, au lendemain de la crise post-électorale, débutée le 28 novembre 2010.
Les rescapés sont choqués, sans doute pour le restant de leur vie.
Ils porteront les traces de ces événements douloureux à plus ou moins long terme. Alors que l’on s’attendait à ce que les psychiatres soient prolixes sur la question, c’est à un mur que nous nous sommes plutôt heurtée dans nos tentatives d’en savoir plus sur la situation réelle en matière des désordres psychiatriques occasionnés par les récentes violences post-électorales, ainsi que les clés pour en sortir.
Un psychiatre rencontré au CHU de Treichville (Abidjan) refuse de répondre à la moindre question concernant les victimes de la récente crise. « La situation est encore sensible. Je ne veux pas voir mon nom dans un quelconque journal », avertit-il. Même son de cloche au service d’Hygiène mentale de l’Institut national de santé publique (INSP) dans la commune d’Adjamé. En revanche, le ton est plus modéré: « Je suis médecin psychiatre, certes, mais avant tout fonctionnaire de l’Etat de Côte d’Ivoire, et à ce titre, je ne peux pas répondre à vos préoccupations (…) sans l’avis de ma hiérarchie ». Hiérarchie? Nous joignons un peu plus tard le directeur du programme de santé mentale… qui "botte" aussitôt en touche: « Je ne peux pas officiellement m’exprimer sur ce sujet ».
C’est que, expliquera plus tard notre contact à l’INSP qui insiste pour garder l’anonymat, il est impossible aujourd’hui pour un psychiatre de rendre publique sa lecture de la situation, sans que ses propos ne soient mal interprétés par les pouvoirs politiques. « Aucun camp n’est prêt actuellement à voir en face les dégâts considérables qu’il a créés, depuis plus d’une décennie, dans la tête de chaque ivoirien ou habitant de la Côte d’Ivoire. Car en réalité, tous les camps ont perpétré des horreurs », martèle-t-il. Avant de déplorer le fait qu’aucune prise en charge psychologique réelle n’est faite en direction des victimes des violences successives. « Ce que nous faisons, depuis tout ce temps, c’est de gérer l’immédiat », avoue le médecin. Car malheureusement, aucune structure, aucune volonté politique ne prend en compte « de façon sincère » les besoins en matière de gestion des traumatismes. En Côte d’ivoire, comme dans tous les pays ayant connu la guerre, la prise en charge psychologique est en elle-même tout un processus auquel doivent participer, non seulement le patient et son médecin, mais aussi toute la société dans toutes ses composantes, indique le spécialiste.
Il est vrai qu’après les dommages considérables occasionnés par la guerre, il importe absolument de reconstruire le pays. Mais la population est à un pays ce qu’est le sang au corps humain. Aussi, est-il plus que nécessaire d’œuvrer d’abord à la reconstruction des cœurs et des esprits. Et le gouvernement l’a bien compris, en créant une Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. Or, les psychiatres ivoiriens sont plus d’une fois montés au créneau pour dénoncer leur non-implication dans les différents forums et commissions dits de réconciliation qui se sont succédés, en Côte d’Ivoire.
Mais, réconciliation avec qui? Pourquoi? Pour quoi? Comment? Autant de questions auxquelles ces spécialistes auraient aidé à répondre, si les commissions de réconciliation qui se sont succédées en Côte d’Ivoire avaient prêté attention à leurs interpellations. Pourtant, si les choses demeurent telles qu’elles le sont aujourd’hui, « nous sommes bien partis pour 50 ans » de conséquences psychologiques, a, enfin, regretté le médecin psychiatre rencontré à l’INSP qui voit affluer chaque jour, au service d’hygiène mentale, de plus en plus de victimes venues se décharger de leurs douleurs enfouies tellement profondément…
Ghislaine Atta
Dans le magazine "LE FILAMENT" N° 21 du 15 avril 2012.
Source: SLATE AFRIQUE
http://regardscroises.ivoire-blog.com/
5-2 Alain Bouikalo : Quand la force Licorne tuait les ivoiriens.
La lente marche de la Côte d’Ivoire vers la démocratie a été durablement éprouvée le 19 Septembre 2002 par une tentative de coup d’Etat muée en rébellion armée. Sans aborder les causes profondes de cette rébellion dont les acteurs et complices les plus lointains sont connus, il est bon de préciser que c’est cette action qui a permis le déploiement de la force licorne en Côte d’Ivoire. En effet, c’est en Septembre 2002 que la Force Licorne a été déployée avec comme mission première, la sécurisation des ressortissants français. Rapidement, cette force s’est vue attribuée deux autres missions supplémentaires : le contrôle d’un cessez le feu et l’appui au déploiement d’une mission de la CEDEAO en fin d’année 2002. Comme si cela ne suffisait pas, par des jeux de coudes diplomatiques sulfureux, la Licorne devient en 2004, une force de soutien à la force Onusienne : ONUCI.
A première vue, cette présentation sommaire, qui révèle le rôle classique d’une armée étrangère, pourrait faire penser que la Force Licorne est une force neutre. A la vérité, la Licorne répondait à un agenda politique bien ficelé depuis l’Elysée et successivement mis en œuvre par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Pour réussir la lecture intégrale de cet agenda, il a fallu que la force licorne tue lâchement et vachement, des ivoiriens aux mains nues. L’odyssée macabre débute le 06 Novembre pour s’achever le 11 Avril 2011.
Des ivoiriens assassinés sous l’ordre de Jacques Chirac du 06 au 09 Novembre 2004
Les évènements du début de mois de Novembre 2004 extirpent officiellement la force licorne de ses missions ci-devant énumérées. C’est suite à l’opération « Dignité » initiée par le gouvernement Gbagbo en Novembre 2004 qu’un cantonnement français est bombardé par deux avions Sukhoï 25. La version officielle fait état de neuf soldats tués et des blessés. C’est ainsi que le Président Jacques Chirac, sans un minimum d’enquête, ordonne la destruction de l’aviation ivoirienne. Chose ordonnée, chose faite. En quelques minutes, l’aviation ivoirienne est réduite en cendres. Immédiatement, Blé Goudé Charles, Président du COJEP, appelle le peuple ivoirien à manifester contre la Licorne qui vient de s’illustrer en véritable force d’occupation. Les ivoiriens, comme un seul homme descendent dans les rues pour exiger le départ de la force française. Ce fut le péché du peuple. Cette armée occupe les points stratégiques de la capitale : l’aéroport, les ponts De Gaulle et Houphouët Boigny, le corridor de Gesco (entrée nord d’Abidjan). Elle tire à partir d’hélicoptères sur les manifestants aux mains nues se trouvant sur les ponts et tentant de rallier le 43ème Bima, la base militaire française. Des jeunes et des femmes sont tués, avec des armes de guerre, des tirs de snipers, en face du camp français à Port Bouët, à l’aéroport, à l’hôtel ivoire, au corridor de Gesco, à Songon par la licorne visiblement préparée à cette œuvre macabre. Le bilan, selon le Collectif des Patriotes Victimes de la Licorne (COPAVIL), fait état d’une centaine de perte en vie humaine et de 2549 blessés. Jacques Chirac et ses collaborateurs nous auraient évité un tel bilan s’ils avaient initié une enquête avant de s’offrir la qualité d’assassins. Il est donc évident que l’objectif recherché était de faire tomber Gbagbo puisque des hélicoptères n’ont pas hésité à tirer sur sa résidence, cherchant à l’assassiner.
Les enquêtent diligentées bien plus tard patinent et tout indique clairement que le bombardement n’était qu’un prétexte, ce que souligne en filigrane l’avocat des familles des victimes françaises Me Balan :
« Des éléments du dossier laissent apparaître des pistes plus que troublantes. Par exemple, que le bombardement était voulu afin de créer une situation propice pour se débarrasser de Laurent Gbagbo » (in l’inter du 04/11/2011).
Cet acte de guerre, ce crime de la droite française contre le peuple ivoirien n’a certainement pas satisfait l’envie funeste de cette classe politique. C’est pourquoi, Jacques Chirac, passant le témoin à Sarkozy, lui a sans doute confié la tâche de donner le coup de grâce.
Des ivoiriens assassinés sous les ordres de Nicolas Sarkozy du 06 au 11 Avril 2011
Sous le couvert de la résolution 1975 du conseil de sécurité de l’ONU, la Force Licorne, appendice de l’ONUCI a opéré un crime contre l’humanité en Cote d’Ivoire. Comme nous le savons tous, cette résolution est survenue après « le traquenard électoral» savamment organisé depuis l’Elysée et l’hôtel Sébroko, siège de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Après avoir inspiré les résolutions de la CEDEAO et de l’Union Africaine et plombé le travail du panel, Nicolas Sarkozy a fait voter la présente résolution afin d’achever l’œuvre entamée par son prédécesseur Jacques Chirac. Le paragraphe 6 enjoignait l’ONUCI et son appendice la Licorne à « utiliser tous les moyens nécessaires pour s’acquitter de la tâche qui lui incombe de protéger les civils menacés d’actes de violence physique imminente, dans la limite de ses capacités et dans les zones de déploiement y compris pour empêcher l’utilisation d’armes lourdes contre la population civile…. ». La résolution, n’ayant ni définit les parties en présence, ni indiqué le contenu du terme « armes lourdes » laissait ainsi à la Force Licorne le soin de faire une interprétation malsaine de ladite résolution et donner ainsi le coup de grâce au régime exécré. Bien entendu donner le coup de grâce va de paire avec tuer vachement les partisans de Gbagbo. Et pour cette mission officieuse, la Force Licorne a l’imagination très fertile. Elle bombarde, à partir du 06 Avril 2011, à l’aide de ses hélicoptères les sites stratégiques des FDS. Pendant ce temps, les rebelles du MPCI, devenus par action décrétale, une force régulière, font leur avancée avec le soutien de l’ONUCI et de la Licorne. Cette force pro-Ouattara n’avait visiblement aucune arme lourde, elle avançait avec des coutelas, des pistolets automatiques, des flèches et sabres des chasseurs traditionnels Dozos!
Le peuple ivoirien voit la nécessité de faire bloc autour de la résidence du Président Gbagbo. En dépit de la situation sécuritaire préoccupante, des jeunes et des femmes, prennent le risque d’abandonner leurs foyers et converger vers la résidence présidentielle, les mains nues. Certains empruntent des pirogues, d’autres rallient la résidence à pied. L’occasion est donnée à la Force Licorne de voir en ses patriotes, des armes lourdes. Ces mains nues, chantant et dansant devant la résidence de Laurent Gbagbo ont a été goulûment massacrées par les hommes de Nicolas Sarkozy. Pourtant, aucune des dispositions de la résolution n’autorisait la Licorne à tirer sur des jeunes aux mains nues. Au contraire, le paragraphe 6 appelait à la protection des civils. Seulement, dans l’entendement de Sarkozy, seuls sont civils les partisans de M. Alassane Dramane Ouattara.
Nicolas Sarkozy et ses amis ne cessent de se cacher derrière la résolution 1975 pour légitimer leurs ignobles crimes en Côte d’Ivoire. Le faisant, ils sont dans leur rôle, faire croire à l’humanité qu’ils ont agi dans le strict cadre de l’application de la résolution en question.
Alors si tel est le cas, ne réprimons aucune question que le bons sens précipiterait vers notre conscience. La résolution 1975 autorisait-elle la Force Licorne à exécuter des civils fussent-ils des soutiens de Gbagbo ? La résolution 1975, invitait-elle à bombarder la résidence de Laurent Gbagbo? La destruction des armes lourdes devait-elle s’interpréter comme s’appliquant uniquement au camp Gbagbo ? Si non, quelles sont les armes lourdes des forces pro-Ouattara détruites par la Licorne ? Toutes ces questions aident à évacuer l’argument de la résolution 1975, pour conclure à un ensemble de crimes dont la connaissance relève de la compétence de la Cour Pénale Internationale.
Que retenir au terme de notre analyse? Durant la guerre de 10 ans qu’a connu la Côte d’Ivoire, la Force Licorne a assassiné autant que les forces pro-Ouattara. Il est certes vrai qu’au niveau du nombre de victimes, la Force Licorne et les ex rebelles pro-Ouattara ne peuvent être ex aequo, mais retenons que pour avoir tué des civils aux mains nues, la Licorne a commis des crimes. Cependant, en sa qualité de personne morale, cette force pourrait être qualifiée de « l’arme du crime. » Les vrais auteurs sont donc Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy pour avoir formellement donné l’ordre de commettre le forfait.
Ils devront répondre devant la justice car la vie d’un soldat français en Afghanistan ou celle d’un civil français entre les mains d’islamistes au Maghreb, est aussi importante que celle d’un civil ivoirien lâchement assassiné par la Force Licorne.
Aussi pour la licorne et sarkozy la machine judiciaire devrait être rapidement réactivée dès le 7 mai 2012 au lendemain de sa défaite annoncée aux présidentielles françaises. Le futur Président Français François Hollande devrait logiquement tirer toutes les conséquences de ce désastre pour rappeler les forces françaises sur les différents théâtres d’opérations dans le monde tel que prévu au programme de Parti Socialiste français.
Alain Bouikalo
bouikhalaud10@gmail.com
http://www.lynxtogo.info/oeil-du-lynx/afrique/2305-quand-la-force-licorne-tuait-les-ivoiriens.html
5-3 Hassane Magued :Le 1er Mai en Côte d’Ivoire : bonne fête du chômage, du mensonge et du vent !
Les emplois en été créés. En tout cas, ceux qui ont été promis durant la campagne électorale de 2010. C’est donc le lieu de fêter en Côte d’Ivoire. Nous sommes le 1er mai 2012. Un million d’emplois avaient été promis. Un an après, il y a un million de chômeurs. Qui pouvait espérer mieux en octobre 2010 au moment où Ouattara promettait le vent aux Ivoiriens ?
Personne, sauf les Ivoiriens qui savaient, qui connaissaient cet homme dont la nationalité, la mère, le pays, le lieu de naissance, la date de naissance, les compétences intellectuelles et professionnelles, les relations avec les milieux mafieux, les rapports avec les caisses de l’Etat, ont toujours été entourés d’une enveloppe de mystère et de doute.
Mais le monde occidental mené en bateau par Nicolas Sarkozy, complice de longue date de cet individu de peu de valeur "qui n’a ni parole d’honneur, ni le sens de l’honneur" selon le Président Thabo Mbeki, a imposé par le feu des bombes et dans le sang des étudiants ivoiriens, ce bonhomme qui se faisait passer pour un chercheur d’argent, un créateur d’emplois et un déclencheur de croissance économique.
Le 11 avril 2011, les valeurs légales promues dans une République normale ont été inversées. Depuis lors, la Côte d’Ivoire se retrouve à l’envers.
Mais dans un pays où tout fonctionne à l’envers désormais, être licencié sans droit pour appartenance ethnique ou militantisme politique réel ou supposé au FPI (Front Populaire Ivoirien) et se retrouver à la rue, cela s’appelle, créer des Emplois, dès lors qu’il y aura un "Rattrapé ethnique" pour occuper votre poste sans qualification ni compétence technique. Ici, l’expression "déshabiller Pierre pour habiller Paule" ne peut que trouver tout son sens et servir de fondement philosophique au Programme de "Rattrapage ethnique".
Mais pour un esprit à l’envers, dans un corps à l’envers, les bons emplois, le "Bon travail" a pu être créé ailleurs qu’en licenciant les militants du FPI ou les personnes considérées comme appartenant à une ethnie ennemie de Ouattara, pour embaucher des analphabètes et demi-lettrés en leurs lieux et place.
Ainsi, les mécaniciens, tauliers, taulards, maçons, ferronniers, cordonniers et balanceurs de mini cars urbains appelés Gbaka, ont presque tous été embauchés par le régime Ouattara dans les "emplois du futur" comme le meurtre, le viol, le braquage de domiciles et de véhicules, les attaques nocturnes de villages et de voyageurs, les agressions à caractère ethnique, le port de tenues militaires et la détention d’armes de guerre sans aucun statut administratif, les assassinats ciblés, l’extorsion de fonds, l’expropriation et l’occupation armée de résidences familiales ou de terres agricoles, etc. etc.
Donc Ouattara a créé les emplois qu’il a promis.
En octobre 2010, il avait exhorté certains Ivoiriens à ne pas donner leurs voix au chômage. Aujourd’hui, tous les Ivoiriens se rendent compte qu’il avait pour eux un projet très ambitieux de licenciement ethnique et de destruction des commerces.
En octobre 2010, alors tout feu tout flamme, il leur avait promis faire inscrire la Côte d’Ivoire sur la liste très honorable des pays émergents. Eh bien 12 mois après, la Côte d’Ivoire est sur la liste très funeste des destinations interdites.
En octobre 2010, ne promettait-il pas qu’il était la Solution en tant qu’ADO Solution, pour mettre fin à la pauvreté ? Que non ! Il a finalement érigé l’indigence sociale en condition normale de vie.
Pi, à la même date, ne dénonçait-il pas les prix assez raisonnables des aliments de première nécessité, les présentant comme excessifs ? Un an après, il a rehaussé ces prix pour les faire passer du simple au double afin de les rendre insupportables.
En conséquence, il s’ensuit une baisse vertigineuse de la consommation provoquant une baisse drastique du chiffre d’affaires au niveau de la grande distribution qui est alors obligée de réduire son personnel ; quoi de plus utile, dès lors que les besoins se font de plus en plus pressants en braqueurs et violeurs réservistes.
Et que dire des petits commerçants dont les fonds de roulement ont disparu entre temps pour avoir servi à nourrir leurs enfants affamés ?
Et pourquoi ne pas se souvenir des petits commerces qui ont été fermés après une opération de destruction et de déguerpissement inhumaine et immorale perpétrée par le régime Ouattara sous le fallacieux prétexte qu’il conduisait une Opération dite de "Pays propre" ?
Et pourquoi ne pas révéler au monde entier que des villes aux campagnes agricoles, toutes les familles sont désormais condamnées à une misère inqualifiable, parce qu’elles ont vu leurs niveaux de vie ramenés au plus bas de l’échelle sociale comme si cela permettait à Ouattara de réaliser le rêve qu’il avait les Ivoiriens ?
Alors, après un si grand exploit qui fait gémir tous les Ivoiriens de souffrance et de désespoir, à l’exception d’une poignée de complices ayant été éligibles au Programme de « Rattrapage ethnique » dont il a fait la promotion en France lors de son voyage dit d’Etat, il faut bien que la fête du 1er mai 2012 se fasse en Côte d’Ivoire.
Donc la fête va se faire. A l’envers, bien entendu. Mais elle se fera.
Au menu, il y aura du mensonge, encore du mensonge et puis encore du mensonge. Et après, chacun s’en ira la gorge nouée, affligé, gavé de foutaise Ainsi va la Côte d’Ivoire. Ainsi sera fêtée le 1er Mai, fête du Chômage, du Mensonge et du Désespoir en Côte d’Ivoire.
Et pour une fête à l’envers, pour célébrer des créations d’emploi à l’envers, dans un pays à l’envers, dirigé par un étranger présenté à l’envers, faisant la promotion des contre-valeurs et vivant de contre-valeurs, disons le tout net : il faudra avoir le cœur solide pour entendre les niaiseries, les menteries, les fourberies, les apologies éhontées qui alimenteront les blagues appelées discours du 1er mai 2012.
Cela dit, Bonne fête du Chômage, du Mensonge et de la Honte à tous !
Demain, quand on vous débarrassera de cet individu hautement toxique, j’ose espérer que les pires souffrances d’aujourd’hui vous serviront de leçon et que vous ne retomberez plus jamais dans l’insouciance et l’amusement. On ne joue pas avec un Etat et le pouvoir d’Etat.
A Très bientôt.
Hassane Magued
5-4 Camus Ali : Combien de Dominique Ouattara coûte aux Ivoiriens ?
Alors que les Ivoiriens ploient sous le poids de la vie chère et de la destruction d’emplois – comme les discours du 1er mai ont pu le montrer –, l’actuel maître d’Abidjan, Alassane Ouattara, ne se refuse rien.
Si l’on en croit La Lettre du Continent, il s’octroie un budget de souveraineté de 300 milliards, et «offre» la même chose à son épouse Dominique. «Alors qu'il avoisinait 100 milliards F CFA sous Laurent Gbagbo, le fonds de souveraineté de la présidence ivoirienne atteint désormais plus de 300 milliards F CFA (457 millions €).
C’est Téné Birahima Ouattara, alias "IBO", frère cadet d'Alassane Ouattara, qui gère cette cagnotte. Celui-ci cumule la fonction de directeur financier et de ministre chargé des Affaires présidentielles. Le cabinet autonome de la première dame, Dominique Ouattara fonctionne à partir du même fonds de souveraineté», écrit le périodique parisien, généralement informé par des milieux françafricains qui ont, on le sait, pignon sur rue à la présidence ivoirienne.
L’on se souvient qu’Alassane Ouattara et son parti n’avaient eu de cesse de critiquer le budget de souveraineté du président Laurent Gbagbo, qui gérait un pays déchiré par un conflit et faisant face à une multitude d’imprévus. Un budget qui était passé d’une trentaine de milliards avant le conflit à 76 milliards de FCFA en 2009, selon des données rendues publiques à l’époque par un député membre de la Commission des Affaires économiques et financières, Ibrahim Sanogo.
Ouattara a donc multiplié par quatre le fameux budget de souveraineté. Et octroie à son épouse une somme complètement affolante pour ses mondanités et bonnes oeuvres auxquelles participent de manière rémunérée des vedettes hexagonales sur le retour comme l’acteur Alain Delon.
Camus Ali
6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net
Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme
6-1 KOBAZEYRET Laurent :AUX PEUPLES AFFAIBLIS ET HUMILIES PAR SARKOZY
A la fin du quinquennat de Sarkozy, plusieurs peuples sont fortement affaiblis et profondément humiliés. Aucun autre Chef d’Etat français n’a livré, depuis la guerre d’Algérie, de guerre aux pays africains. Il ne leur reste qu’à réagir et se dresser contre celui qui a été durant ces cinq dernières années leur bourreau.
Sa première victime a été son propre pays, la France, qu’il a affaiblie sur tous les plans.
Sur le plan économique et financier, c’est lui qui, par ses mesures incongrues de gestion, a fait dégrader la note financière de ce pays naguère détenteur du triple A des agences internationales de notation financière. C’est encore sous Sarkozy que l’économie de ce pays, essentiellement basée sur l’accaparement des richesses des pays colonisés, a vu un grand nombre d’entreprises déclarer faillite, jetant ainsi à la rue des milliers de travailleurs et donnant à la France l’un des taux de chômage les plus élevés d’Europe. Ce Président a davantage creusé le déficit budgétaire de la France et exploite, à tord d’ailleurs, l’échappatoire de la crise financière mondiale. Combien de milliards d’euros n’a-t-il pas englouti dans les guerres de Côte d’Ivoire, de Libye, et maintenant de Syrie pour massacrer des milliers de civils aux mains nues. Les conséquences de ces actions néfastes conduiront bientôt, selon un spécialiste français des questions économiques, à payer à crédit les fonctionnaires et les militaires de l’hexagone.
En outre, par sa politique internationale et sa diplomatie nauséeuse, fondées sur le copinage et le clientélisme, Sarkozy a considérément refroidi les relations bilatérales entre son pays et bien des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et même d’Europe. En effet, c’est seulement maintenant que Sarkozy trouve à redire sur les accords de Schengen pour s’attirer la sympathie de certains militants de l’extrême droite française. C’est encore le même Sarkozy qui a fait bénéficier à ses amis riches les fameuses niches fiscales qui n’ont guère embelli les finances de la France, pour leur dire merci de l’avoir fait Président et de lui avoir offert une croisière à bord d’un yacht.
Au plan militaire, par son entêtement à accompagner les USA et d’autres pays européens et pour se donner plus de contenance pour obtenir le soutien de ces pays dans ses expéditions punitives africaines, convaincu que la force de la France ne vient, pour une grande part, que de ses ex-colonies, Sarkozy a envoyé des milliers de soldats français sur des fronts de combat dans le monde entier, faisant plusieurs militaires tués dans la fleur de l’âge et créant la désolation dans de nombreuses familles.
Dans bien d’autres domaines, Sarkozy a tant échoué qu’au soir de son quinquennat désastreux, la France est, sans surprise, très affaiblie. C’est pourquoi, il n’ose pas faire mention de son bilan négatif pendant cette campagne électorale. C’est aussi la raison pour laquelle son slogan de campagne est «la France Forte», étant convaincu avec ses ouailles que la grande faiblesse de la France est de son entière responsabilité. C’est bel et bien lui qui a mis la France au bord du gouffre. Sarkozy a affaibli la France par sa voyoucratie et le terrorisme d’état exercé, sous ses ordres, par son armée hors du territoire français et particulièrement en Afrique. C’est pour masquer cet affaiblissement de la France qu’il a choisi le slogan creux de la France Forte.
Voilà quelqu’un qui a disposé de cinq ans pour rendre la France Forte mais qui n’a fait qu’affaiblir son pays et qui se met à hurler au crépuscule de son mandat «Vive la France Forte» alors que tous les sondages le donnent perdant.
Le moment n’est-il pas venu pour Sarkozy de faire appel aux rebelles hétéroclites de son filleul Ouattara pour organiser une fraude massive comme ce fut le cas dans le Nord de la Côte d’Ivoire en 2010: bourrage d’urnes, suffrages exprimés largement supérieurs aux nombres de votants, séquestrations et viols des représentants du candidat Hollande?. C’est la seule issue pour lui de gagner ces élections qui seront certifiées par le SG de l’ONU «himself» et son copain de toujours Obama.
Pendant que Sarkozy rendait la France faible, il continuait à poser des actes de destruction et d’humiliation dans de nombreux pays en Afrique et au Moyen-Orient.
Des pays africains ont été ainsi grandement affaiblis et humiliés par Sarkozy. Il a, dans ce cadre, entretenu des rébellions, organisé des putschs, planifié des guerres en s’appuyant sur des Présidents fantoches ou des opposants sanguinaires, animateurs et dirigeants de rébellions et qui, depuis plusieurs années sont les Plus Grands Communs Diviseurs (PGCD) des africains.
En Côte d’Ivoire, pendant son mandat présidentiel, Sarkozy a mené une guerre multiforme à la Côte d’Ivoire du Président GBAGBO. Il a, par son armée, mis à feu et à sang ce pays, détruisant tout sur son passage. La résidence officielle du Chef de l’Etat abritant plusieurs dizaines de personnes dont des femmes et des enfants n’a pas échappé aux nombreuses bombes et missiles larguées sur une population aux mains nues. C’est suite à ces bombardements que son armée a arrêté le couple présidentiel pour le remettre aux rebelles analphabètes de Ouattara baptisés par ce dernier FRCI (lisez plutôt Forces Rebelles en Côte d’Ivoire) ; ces criminels, incapables jusque là de franchir le périmètre de la résidence présidentielle, vont se jeter sauvagement sur ces illustres autorités pour les violenter devant les caméras du monde réquisitionnées à cet effet par Sarkozy. Ils seront alors brandis comme des trophées de guerre. Quelle humiliation !
Sarkozy a aussi humilié l’armée ivoirienne qui, jusque là, avait réussi à mater la rébellion. Il a permis à des va nus pieds de « triompher » d’une armée professionnelle. Il continue de semer, par son soutien à la dictature actuelle, la désolation et la mort causées par les dozos et autres rebelles qu’il a formés et entretenus contre le régime officiel ivoirien.
Il a fait bloquer injustement en Europe et partout dans le monde les avoirs des cadres ivoiriens, les conduisant ainsi à une mort humiliante. Les cas de BOHOUN Bouabré (père du budget sécurisé en Côte d’Ivoire), GNAN Raymond, DIAGOU Gomont illustrent suffisamment la cruauté de telles décisions. Sarkozy, par cette action en Europe, a poussé son filleul à bloquer, en Côte d’Ivoire, les comptes bancaires des pro-Gbagbo. Maintenant qu’il a fait lever le gel des avoirs sur les comptes en Europe, en Côte d’Ivoire, ces blocages continuent encore, comme pour signifier aux ivoiriens et africains qu’ils doivent disposer de ressources en Europe pour leurs sécurités politique et financière. Voilà comment Sarkozy affaiblit et humilie de hauts cadres patriotes africains.
En Lybie, Sarkozy s’est servi de l’OTAN pour décimer le peuple libyen jusqu’à humilier ce pays jadis prospère en tuant son Guide, pourtant son illustre bienfaiteur financier. A ce jour, le peuple libyen cherche ses marques, déboussolé qu’il a été par Sarkozy, dont la barbarie injustifiée a rendu ce pays exsangue. Ses actions ont affaibli la Libye au plan politique, économique et social, faisant de ce pays une charogne à la merci des vautours occidentaux avec la complicité de leurs poulains, les renégats libyens.
Au Mali, c’est encore Sarkozy qui a organisé de bout en bout le coup de force en commençant par planifier l’invasion des rebelles au Nord, alibi tout trouvé pour chasser de façon humiliante le Président en fonction, Amadou Toumani TOURE (ATT). Il vient de faire installer au pouvoir, au détour de toute la combine de la CEDEAO et de l’UA, un pantin pour assurer un soi-disant intérim de quarante jours avec comme objectif d’organiser des élections dans un pays….pacifié.
Comment en 40 jours, peut-on pacifier ce Mali aux mains de rebelles hétéroclites bien armés ? Ce ne sera possible que si, pour une fois, l’auteur de ce drame malien met son armée à la disposition du Mali. Sinon, comme à son habitude, la France utilisera son armée en Côte d’Ivoire (la Licorne), ses supplétifs casques bleus de l’ONUCI et l’ECOMOG (mercenaires de la CEDEAO) pour parachever son « job ».
Comment comprendre qu’un pays si pauvre fasse l’objet de tant de convoitise, de tant d’humiliation si ce n’est pour les richesses minières du Mali ?
Dans tous ces pays, Sarkozy a, par ses actes terroristes de déstabilisation, anéanti les processus de paix et de démocratie, humiliant ces peuples à tous les niveaux.
Il a aussi affaibli et humilié les institutions ivoiriennes et maliennes en refusant avec OBAMA, celui qui disait rechercher pour les pays africains des « institutions fortes », les résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel et en fomentant un coup d’état à deux mois des élections au Mali. Le comble, c’est d’imposer aux ivoiriens et aux maliens des marionnettes. Par ces guerres imposées, Sarkozy a fait détruire, brûler de nombreux villages particulièrement dans l’Ouest ivoirien, humiliant ainsi des milliers de familles, les obligeant à un exil forcé, pour se retrouver sous des bâches afin de bénéficier d’hypothétiques aides des soi-disant ONG de ces pays. Ce sont ces pays qui continuent d’humilier et d’affaiblir les états africains.
Auréolé de gloire dans ces actions néfastes à la paix en Europe et en Afrique, Sarkozy ne s’arrête pas en si bon chemin. Il continue à semer la mort et la désolation au Moyen-Orient, précisément en Syrie. Pourquoi c’est Sarkozy qui s’agite le plus dans cette affaire syro-syrienne ? Est-il devenu le Président ou le gendarme du monde ? Par la pratique d’un terrorisme d’état, il prête main forte aux rebelles syriens. En témoignent les écrits de presse faisant état de la présence de soldats français aux côtés des rebelles syriens. Jusqu’à ce jour, ces informations n’ont pas été démenties par le Président-candidat français.
Au vu de ce qui précède, le peuple français fortement affaibli par cinq ans de mandat de Sarkozy se doit de lui refuser le prochain quinquennat au risque de devenir un pays anciennement développé. Avec Sarkozy, la France qui est au bord du gouffre fera sans nul doute un pas de plus en avant pour se retrouver dans le gouffre.
Pour tous ces peuples humiliés et affaiblis et à cause des nombreux crimes de Sarkozy en Afrique et au Moyen Orient, français et naturalisés français d’origines africaine et arabe, vous devez voter tout sauf Sarkozy, celui qui dit pratiquer la démocratie en France mais qui empêche, dans les ex-colonies françaises, la pratique de ce principe de gouvernement du peuple par le peuple.
Peuples affaiblis et humiliés par Sarkozy, refusez d’accorder à votre bourreau votre suffrage à la présidentielle française.
Si, par malheur, vous laissez Sarkozy reprendre le pouvoir, assuré que c’est son dernier mandat, il vous criblera comme du froment car il fera pire que lors de ce quinquennat finissant.
Vous voilà donc avertis. Vos choix au premier et surtout au second tours décideront d’une France forte et d’une Afrique libérée et digne. Forte la France le sera, mais sans Sarkozy, le bourreau.
KOBAZEYRET Laurent
http://www.ivoirediaspo.net/?p=7028
7 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.7-17-1
7-1 Théophile Kouamouo : Quand il pleut à Paris... Abidjan est mouillé.
Ce n’est pas encore la grosse peur, mais un vent de panique souffle sur le clan Ouattara et ses divers alliés. Sarko menacé, le régime Ouattara panique...
Ce n’est pas encore la grosse peur, mais un vent de panique souffle sur le clan Ouattara et ses divers alliés. Le premier tour de la présidentielle française vient de livrer ses résultats, et il paraît évident que Nicolas Sarkozy est en ballottage défavorable dans la perspective de la «lutte finale». La gauche est à son plus haut niveau depuis longtemps, et selon les sondages le président sortant bénéficiera d’un report de voix globalement assez médiocre de la part des électeurs du Front national (extrême-droite) et du MODEM (centre). La perspective la plus probable est donc la défaite électorale de Nicolas Sarkozy, même si les jeux ne sont pas faits.
Ces dernières semaines, les observateurs de la vie politique ivoirienne ont tous pris acte de la nervosité qui s’est emparée des dignitaires du Rassemblement des républicains (RDR) et du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ne se sentant pas satisfaits de l’étrange accord de partenariat signé avec l’UMP, ils ont demandé solennellement à leurs sympathisants ayant la nationalité française de voter pour Nicolas Sarkozy. Un Sarkozy qui devait se demander pourquoi il n’y avait pas de réaction en France à l’activisme des Africains-Français hostiles à sa double épopée ivoirienne et libyenne. Certes, le RDR et l’UMP sont des formations politiques de droite, avec tout ce que cela comporte. Mais l’on ne sent pas la même fièvre dans les autres pays du «pré carré» dirigés par des alliés objectifs de l’UMP. De quoi a donc peur le régime Ouattara ?
Un système de gouvernance autoritaire qui repose sur des complaisances parisiennes.
Une chose est à noter : si Nicolas Sarkozy perd le pouvoir, ce sera la première fois, depuis l’éclatement de la crise ivoirienne, que les alliés traditionnels du PDCI et du RDR quitteront les lambris dorés de l’Elysée et des cabinets ministériels pour s’installer sur les sièges réservés à l’opposition parlementaire. Ce sera donc un grand saut dans le vide.
Déjà, avant la crise, les liens entre la nomenklatura ivoirienne et la droite française étaient patents. Malgré une prévenance de tous les instants des socialistes, Félix Houphouët-Boigny soupçonnait François Mitterrand d’instrumentaliser son opposition pour l’affaiblir. Quand Jacques Chirac a été élu en 1995 en battant Lionel Jospin, les journaux progouvernementaux d’alors ont exulté. Pendant longtemps, l’affrontement entre Bédiéistes et Ouattaristes se déroulait selon la grille Chiraquiens contre Balladuriens.
C’est pour cette raison que l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir sera un sujet de grande joie pour Ouattara, heureux d’avoir «noyé» les réseaux parisiens de Bédié, et de faire savoir à Gbagbo qu’il était le seul opposant d’Afrique subsaharienne à avoir été reçu à plusieurs reprises à l’Elysée dans un contexte de guerre froide francoivoirienne où Gbagbo n’avait «droit» qu’à des échanges non formalisés avec des seconds couteaux ou à une photo à la volée à New York, à l’occasion d’une Assemblée générale des Nations Unies. Dans une logique similaire, la victoire électorale de Jacques Chirac en mai 2002 devait sonner l’heure de la reconquête dans l’arrière-cour ivoirienne, où la «normalisation» et la «prise de distance » voulues par le gouvernement de Lionel Jospin avaient permis aux rapports de force internes de s’accomplir à travers l’élection de Laurent Gbagbo en octobre 2000. Le coup d’Etat du 19 septembre 2002, s’il avait abouti à la capitulation d’un Laurent Gbagbo acceptant un exil doré en France, aurait parachevé la «reprise en main» des lobbies droitiers français pour qui la Côte d’Ivoire doit être la continuité géostratégique de la France…
C’est bel et bien Nicolas Sarkozy qui a instrumentalisé l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine pour faire prévaloir le récit médiatique douteux accréditant la victoire électorale d’Alassane Ouattara. Il a même appelé à onze reprises en une seule journée un chef d’Etat ouest africain pour le rallier à la guerre de Ouattara. Contre un grand nombre d’officiers supérieurs de son pays, il a engagé l’armée française dans la bataille d’Abidjan, ordonné l’omerta sur les crimes commis par les supplétifs FRCI qui avançaient grâce aux missiles de la force Licorne, fermé les yeux sur l’assassinat du Français Philippe Rémond à Yamoussoukro et sur le martyre de son compatriote Michel Gbagbo, vidé les fonds de caisse de l’Agence française de développement (AFD) pour payer les salaires du régime Ouattara, intrigué pour envoyer Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI), applaudi la justice des vainqueurs et les dérives tribales du régime ivoirien…
Un départ de Sarkozy viendrait au pire moment pour Ouattara
Nicolas Sarkozy est allé tellement loin avec Alassane Ouattara que ce dernier sait pertinemment qu’un changement de pouvoir à l’Elysée baissera forcément le niveau des complicités crapuleuses dont il bénéficie à Paris. Il a pourtant construit tout son système autoritaire de gouvernance sur le «droit d’humilier» dont il dispose et sur la muraille d’impunité qui est bâtie autour de lui par la France et audelà de la France – à l’ONU, dans les institutions de Bretton Woods.
Alassane Ouattara est allé tellement loin dans les démonstrations d’amitié avec Sarkozy qu’il pourrait à juste titre craindre un «retour de bâton» des futurs maîtres de la France, qu’il a toujours cajolés grâce à ses relations au Parti socialiste. Des relations – son avocat Jean-Pierre Mignard par exemple – désormais en porte-à-faux avec leur famille politique, «grâce» à la stratégie caricaturale du «tout-Sarkozy» adoptée par l’homme fort d’Abidjan.
Un éventuel départ de l’Elysée de Nicolas Sarkozy interviendrait au pire moment pour Ouattara. Après un an de «grâce internationale» et plus de dix ans d’accompagnement médiatique complaisant, la «bulle explicative internationale», notamment représentée par les différentes ONG financées par les Etats et les grandes entreprises occidentales et qui «notent» la gouvernance des pays africains, commence à se montrer plus exigeante.
Tandis que les analystes de la presse parisienne considèrent désormais qu’une dérive autoritaire guette le régime d’Abidjan. C’est pour anticiper les nouvelles exigences de l’étranger qu’Alassane Ouattara, qui répugne à négocier avec les corps intermédiaires comme les syndicats ou avec son opposition, communique sur le thème d’une main tendue à son opposition qui n’a aucune consistance puisque la logique des inculpations à caractère politique et de la «justice des vainqueurs» se poursuit, voire se renforce avec les dérives de la Direction de la surveillance du territoire (DST).
D’une certaine manière, cet ersatz de dialogue inter-ivoirien pourrait même viser à donner de la consistance à Nicolas Sarkozy qui veut visiblement «capitaliser» sur sa prétendue «crédibilité internationale», se fondant notamment sur ses sanglantes épopées libyenne et ivoirienne, «vendues » comme des «victoires de la démocratie» là où elles ont semé la mort et la désolation. Des informations sur un processus de «réconciliation » en Côte d’Ivoire avant le second tour seraient une aubaine pour lui. C’est pour cette raison que l’opposition ivoirienne ferait une belle passe à l’adversaire en se soumettait à l’agenda et au «storytelling » de Ouattarakozy.
Théophile Kouamouo
http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6665
15:21 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, résistance, occupants, abidjan, bombardements, al-qaïda, américains, miliciens, cheney, rice, politique mondiale, pentagone, crimes de guerre, crime contre l'humanité, génocide, occupation, obama, iran, israël, dossier, debroeder, lemaire, côte d’ivoire, sarkozy, clinton, france, gbagbo, ouattara, onu, massacre
09.05.2012
n°45 - Journal de Libye - 12-04 au 8-05- a1- Mounadil : Libye, l'heure de vérité a sonné.
n°45 - Journal de Libye - 12-04 au 8-05- a1- Mounadil : Libye, l'heure de vérité a sonné.
Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Sa diffusion est un acte de résistance.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.
Journal deLibye
n°45 12-04 au09-05
C.De broeder & M.Lemaire
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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.
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Tiré à part
Révélation Mediapart publie une note sur un accord de la Libye pour financer la campagne de Sarkozy en 2007. Sarkozy 2007: Des avocats tunisiens confirment dans l’affaire du financement libyen. Mounadil : Libye, l'heure de vérité a sonné. 1 Résistance Libyenne 1 Lutte pour la libération du territoire Des explosions à Tripoli.2 Politique Surle terrain Les grandes manœuvres Élections: le chef du gouvernement s'en prend au CNT. 3 Les institutions ONU 4 UnionEuropéenne Europe 1 France IRIB- :Cazeneuve : "Sarkozy doit s'expliquer". 5 Dossier Gilles Munier « Bye Bye Sarkozy ! » 6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 6-1Lee Berthiaume : Le message aux rebelles Libyens jette un doute sur le rôle du Canada. 7 Réflexion Jeunessafricaine : Par qui et pourquoi les assassinats politiques en Afrique ? 8 Analyse - Géopolitique et stratégie – 8-1 0uyahia : Le Printemps arabe un "déluge" qui a détruit la Libye et affaiblit l'Egypte. 8-2 Gilles Munier : Libye : l’histoire ne repasse pas les plats. 9 Annexe 9-1 Manlio Dinucci : L'art de la guerre : Ceux qui nous défendent des atrocités. 9-2 Woodward et Newton : Un rapport de la justice écossaise tenu secret 5 ans durant révèle : La Libye n’était pas l’auteur de l’attentat de Lockerbie. Le Conseil national de transitionaccorde l'impunité aux ex-rebelles... LVO : Libye du CNT : "Toute éloge de la Libye sous Kadhafi est passible d'une condamnation à perpétuité." |
Tiré à part
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Nouvelles révélations sur les liens des services avec le régime Kadhafi Nb : Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.
Les services secrets britanniques ont travaillé avec le régime du colonel Kadhafi, allant jusqu'à trahir des dissidents réfugiés au Royaume-Uni, selon de nouvelles révélations dans la presse que le gouvernement a affirmé dimanche "prendre au sérieux". "Nous ne connaissons pas les détails de l'affaire, mais nous prenons ce type d'accusation au sérieux", a indiqué un porte-parole du ministère de l'Intérieur, interrogé par l'AFP. Les quotidiens disent avoir eu accès à des documents retrouvés en Libye après la chute du colonel Kadhafi l'an dernier. Selon le Mail on Sunday, les services secrets intérieurs (MI5) auraient trahi des opposants au colonel Kadhafi réfugiés au Royaume-Uni et auraient procuré à des agents libyens une résidence luxueuse au cœur de Londres, ainsi que des téléphones mobiles sécurisés. Les documents auxquels le Mail on Sunday dit avoir eu accès datent de 2006, alors que le Premier ministre travailliste Tony Blair et son ministre des Affaires étrangères Jack Straw avaient amorcé depuis deux ans un rapprochement avec la Libye du colonel Kadhafi. Le gouvernement travailliste de l'époque est déjà au centre d'une polémique sur l'enlèvement par la CIA d'opposants livrés au régime libyen. La semaine dernière, les avocats de deux opposants libyens ont annoncé poursuivre en justice Jack Straw. Abdelhakim Belhaj, devenu commandant militaire de Tripoli après la chute de Kadhafi, et Sami al-Saadi accusent l'ancien ministre de Tony Blair d'avoir autorisé en 2004 les services secrets britanniques à donner à la CIA les informations permettant de les livrer au régime Kadhafi, qui les a ensuite torturés. http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=21&frid=21&eid=60769 |
confusion en libye, les ex rebelles attaquent le siège du gouvernement
Des dizaines d'ex-rebelles ont attaqué, mardi 8 mai, le siège de gouvernement libyen, au centre de Tripoli, encerclant le bâtiment et tirant dessus pour réclamer leur part des primes distribuées aux rebelles ayant combattu l'ancien régime, selon un responsable du gouvernement. Au moins deux gardes ont été tués et plusieurs autres blessés, selon un responsable du ministère de l'intérieur.
"Un grand nombre d'hommes armés encerclent le bâtiment. Ils ont tiré dessus avec des armes, dont des canons antiaériens", a indiqué, sous couvert d'anonymat, un responsable qui se trouvait dans les locaux au moment de l'attaque. "Un groupe a réussi à entrer dans le bâtiment et il y a eu des tirs à l'intérieur", a-t-il ajouté, affirmant ne pas être en mesure d'indiquer s'il y a eu des victimes.
Selon des témoins, des voitures armées encerclent le siège du gouvernement et toutes les routes autour du bâtiment ont été fermées, provoquant des embouteillages.
Suspension des primes aux rebelles
Le porte-parole du gouvernement Nasser Al-Manaa a minimisé les violences, affirmant que des ex-rebelles étaient venus au siège du gouvernement en signe de protestation au "sujet des primes". "Ils sont maintenant en réunion avec le ministre de la défense pour trouver une solution", a-t-il ajouté, sans autre détail.
Le gouvernement libyen a commencé il y a quelques mois à verser des primes aux rebelles ayant participé aux combats contre les forces de Mouammar Kadhafi durant les huit mois du conflit libyen, avant de les suspendre quelques semaines plus tard à la suite à d'"irrégularités".
Cette suspension a provoqué l'ire de plusieurs ex-rebelles, qui n'ont pas reçu leur part. Certains d'entre eux avaient déjà attaqué le siège du gouvernement le 10 avril, provoquant l'indignation du cabinet du premier ministre Abdel Rahim Al-Kib et du Conseil national de transition (CNT) au pouvoir.
Le chapeau est de la rédaction de cameroonvoice
http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6801
Révélation
Mediapart publie une note sur un accord de la Libye pour financer la campagne de Sarkozy en 2007.
Le site français d’information Mediapart a publié samedi un document signé d’un ex-dignitaire libyen affirmant que le régime de Mouammar Kadhafi avait accepté en 2006 de financer à hauteur de "50 millions d’euros" la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
Dans ce document en arabe, Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignement extérieur de la Libye, fait état d’un "accord de principe" pour "appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, M. Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros".
Le 12 mars, M. Sarkozy avait qualifié de "grotesque" un éventuel financement de sa campagne présidentielle de 2007 par Mouammar Kadhafi.
Dans cette note, entourée d’un cadre vert, rédigée en arabe et traduite par Mediapart, M. Koussa confirme un "accord de principe" au sujet des "instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, M. Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros".M. Koussa a été ministre des Affaires étrangères de Mouammar Kadhafi, avant sa défection et son départ en Europe.
Il ajoute que cet accord est consécutif au "procès-verbal de la réunion tenue le 6/10/2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi, ndlr) et le président du Fonds Libyen des investissements africains (Bachir Saleh, ndlr), et du côté français M. Brice Hortefeux et M. Ziad Takieddine".
Ami proche de Nicolas Sarkozy, M. Hortefeux a été ministre de 2007 à 2011, notamment à l’Intérieur.
L’avocate de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, citée par Mediapart, a affirmé que son client "n’était pas présent à la réunion indiquée dans le document" mais qu’"il pense que ce document est crédible, vu la date et les personnes qui apparaissent".
(28 avril 2012 - Avec les agences de presse)
Confirmation de l'authenticité du document Mediapart par l'ancien premier ministre libyen !
L'ancien premier ministre libyen confirme que La libye de Kadhafi a bel et bien financé la campagne électorale de Sarkozy en 2007, et confirme aussi l'authenticité du document Mediapart.
Pour voir la vidéo de 1'37'' enregistrée sur BFM le 4 mai 2012 à 01h31, cliquer ci-dessous :
http://mai68.org/spip/spip.php?article4077
campagne de Sarkozy en 2007
http://www.aloufok.net/spip.php?article7320
Sarkozy 2007: Des avocats tunisiens confirment dans l’affaire du financement libyen.
Le principal avocat tunisien de l’ex-Premier ministre libyen incarcéré en Tunisie a affirmé à son tour vendredi que son client lui avait dit que le régime Kadhafi avait financé la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, une allégation démentie par son avocat français Marcel Ceccaldi.
Al-Mahmoudi m’a dit plusieurs fois que le régime de Kadhafi avait bien financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007, a déclaré Mabrouk Kourchid, reprenant l’essentiel des propos tenus la veille par un autre avocat tunisien, Bechir Essid. Me Kourchid, qui a assisté l’ex-dignitaire libyen auprès de la justice tunisienne, n’a pas avancé de montant, contrairement à Me Essid qui avait mentionné une enveloppe de 50 millions d’euros pour le financement de la campagne présidentielle 2007.
L’ex-Premier ministre libyen est convaincu que sa détention prolongée en Tunisie était effectuée à la demande de la France et visait à taire la question du financement, a-t-il poursuivi.
D’autres avocats tunisiens ont indiqué que l’affaire de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime libyen avait été évoquée devant une cour d’appel tunisienne le 25 octobre 2011.
La question a été posée devant un juge à l’ex-Premier ministre libyen et sa réponse affirmative figure dans un procès-verbal judiciaire, a assuré l’avocat qui avait posé la question, Slim Ben Othman. Al-Mahmoudi avait alors indiqué qu’une enveloppe de 50 millions d’euros a été remise par lui-même aux mains d’envoyés de Sarkozy à Genève, a déclaré Me Ben Othman.
L’ex-premier ministre libyen craignait une liquidation physique
Une mallette contenant de l’argent en espèces avait été remise à Genève par Al-Mahmoudi accompagné d’autres ex-dirigeants libyens, a poursuivi Me Ben Othman, rapportant des propos tenus par son client devant une cour présidée par le magistrat Ezzedine Bouzrara.
Des documents attestant de l’opération ont été copiés et déposés dans plusieurs capitales européennes, a ajouté l’avocat affirmant que son client craignait une liquidation physique. Citant son client, l’avocat Mabrouk Kourchid a indiqué que le régime de Kadhafi n’avait pas financé que la présidentielle française, deux autres pays de l’Europe de l’est et de l’ouest ont profité de ses largesses, a-t-il affirmé, sans plus de précision.
J’étais présent lorsque la question du financement a été posée, a indiqué un avocat du comité de défense, Me Mahdi Bouaoucha, assurant que les propos d’Al-Mahmoudi avaient été consignés dans un procès-verbal. Les trois avocats tunisiens ont assuré ne pas connaître l’avocat français Marcel Ceccaldi qui avait formellement démenti jeudi les affirmations de ses confrères tunisiens.
En ma qualité d’avocat d’Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, et sur instruction de ce dernier, je démens formellement les allégations de Bechir Essid, a déclaré l’avocat français Marcel Ceccaldi, qui dit défendre l’ex-Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi.
Dans un état de santé critique, M. Al-Mahmoudi avait été hospitalisé pour hémorragie interne, avait indiqué jeudi Me Kourchid.
04/05/2012
Mounadil : Libye, l'heure de vérité a sonné.
La guerre menée conte la Libye de Kadhafi aura débouché sur une victoire militaire incontestable pour les pays alliés dans l’OTAN.
Un résultat inéluctable, compte tenu de l’inégalité des forces, quelques unes des plus importantes puissances militaires du monde contre une armée somme toute modeste et équipée de matériels largement obsolètes. La maîtrise totale de l’espace aérien par les forces occidentales a été l’illustration parfaite de ce fait.
On l’a vu, l’élimination de Kadhafi et de son régime n’est pas sans conséquences très négatives pour l’Afrique et elle signe peut-être le début de la désintégration d’un certain nombre d’Etats de la région saharo-sahélienne, c’est-à-dire un territoire immense qui s’étend du Soudan à l’est au Nigéria à l’ouest en passant par le mali et l’Algérie.
Les gouvernants en Europe et en Amérique qui ont commandité l’assassinat du colonel Kadhafi sont de ceux qui se prévalent d’un prétendu héritage humaniste et se croient obligés de prétendre qu’ils ont vocation à répandre la démocratie dans le monde.
Or, chacun de ces gouvernants européens ou américains a plus de sang sur les mains que n’en a jamais eu Mouammar Kadhafi. On peut seulement espérer qu’ils répondront un jour de leurs crimes devant une Cour Pénale Internationale qui ne doit pas être réservée aux responsables politiques du Tiers-mode.
En attendant, l’histoire les jugera et elle commence à le faire à travers certainsarticles de presse qui posent ouvertement des questions auxquelles tout le monde connaît pourtant les réponses. Parce que le paradoxe de la démocratie libérale avancée est qu’elle interdit plus ou moins longuement de dire dans l’espace public (c’est-à-dire dans les grands media) ces vérités que tous connaissent.
Mais quand vient l’heure des comptes, questions et réponses tentent de surgir comme dans cet article du journal canadien The Gazette qui explique ce que tout le monde sait : que le gouvernement canadien (comme les autres gouvernement occidentaux) n’a non seulement pas protégé les civils Libyens des violences perpétrées par les prétendus rebelles Libyens mais que tout a été fait pour interdire une issue négociée et pacifique à la crise, en contravention avec la résolution censée justifier l’action occidentale.
C’est pourtant ce schéma que le canada comme la France ou le Royaume Uni voudraient bien reproduire en Syrie. Sauf que, comme le donne à comprendre l’article, le précédent libyen en a échaudé plus d’un à Pékin ou à Moscou.
Si Pékin et Moscou ont semble-t-il tiré la leçon de l’affaire libyenne, certains Etats seraient avisés d’en faire de même.
La leçon doit partir du constat que les Occidentaux, dès lors qu’ils peuvent faire croire même momentanément que le droit est avec eux, ne connaissent aucune limite dans la brutalité et sont prêts à bombarder toutes les infrastructures qui permettent à un Etat de fonctionner.
Avant la Libye, des pays comme l’Irak ou la Serbie en ont fait la douloureuse expérience.
1 Résistance
Analyse
1 Lutte pour la libération du territoire
Des explosions à Tripoli.
Selon Zengtena, la résistance verte demande aux combattants et libyens fidèles à la Jamahiriya dans la ville de Sirte de faire attention ce soir puisque les rebelles vont attaquer la ville pour emprisonner tous les fidèles.
A Tripoli, 4 fortes explosions ont secoué la région de Janzour et de Siyahiya ainsi que des affrontements aux armes légères dans la région de Ghot Chael.
07/05/2012
ALGERIA ISP /
2 Politique Libyenne
Le Conseil national de transitionaccorde l'impunité aux ex-rebelles...
Le Conseil national de transition (CNT), au pouvoir en Libye, a adopté une loi accordant l'impunité aux ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi, pour les actes commis "pour réussir la révolution ou la protéger", selon le texte publié jeudi.
"Pas de sanction pour les actes militaires, sécuritaires ou civils commis par les thowars (révolutionnaires) dans le but de réussir la révolution ou la protéger", détaille l'article 4 de cette loi sur "les procédures particulières à la période de transition". Le texte ne précise pas clairement si la loi concerne aussi les actes commis après l'annonce de la "libération" du pays du régime de Mouammar Kadhafi, le 23 octobre.Des milices formées d'anciens rebelles ont été la cible de vives critiques de la part d'organisations de défense des droits de l'Homme qui les accusent d'avoir torturé des prisonniers, dont la plupart sont des partisans de Mouammar Kadhafi, tué en octobre.
http://french.irib.ir/info/afrique2/item/185929-la-libye-accorde-l-impunit%C3%A9-aux-ex-rebelles
LVO : Libye du CNT : "Toute éloge de la Libye sous Kadhafi est passible d'une condamnation à perpétuité."
Dans la Libye de Sarkozy, ils ont adopté une loi ridicule qui interdit tout éloge du dirigeant légitime libyen Mouammar Al-Kadhafi et son gouvernement, sous la menace de « poursuites pénales ».
L’annonce de l’application de cette loi à été faite hier par les représentants du soi-disant Conseil national de transition, autrefois à la tête du pays.
Maintenant, tous résident du pays ayant des propos élogieux envers le leader de Jamahiriya, toute action ou idée allant en ce sens pourrait être condamné à la prison à vie.
Si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors, dis et meurs.
Depuis l’adoption de la loi, est considéré comme un crime toute « diffusion de rumeurs qui peut contribuer » soit disant à « la propagation du terrorisme », « affaiblir le moral des Libyens », ou « nuire à la conduite des opérations militaires ».
Ainsi que l’a fait remarquer un observateur russe, autrefois sous l’occupation nazie, il y avait des lois étonnamment similaires. Mais maintenant, l’Occident appelle cela la «démocratie».
Un ressortissant libyen interrogé par un journaliste de LVO au sujet de cette annonce, encore une fois surprenante, a répondu avec énergie :
« Est ce qu’ils vont emprisonner ou condamner à mort toute la population ? Cette intimidation ne prendra pas. Pourquoi ? et bien, il faut que vous sachiez en Europe que ici, que nous exprimions ou non notre soutien et reconnaissance au guide, les rats du CNT-OTAN nous pourchassent et nous torturent, violent, humilient, emprisonnent sans raison, quoi que nous fassions. Il y a un homme du nom de Tahar Djaout qui a dit un jour : « Si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors, dis et meurs. »"
Hassan Alliby
http://stcom.net/news/?p=8872#13362112698111&req=rpuPopupResize&len=252
Surle terrain
Le corps sans vie de Choukri Ghanem, l’ancien ministre du pétrole de la Jamahiriya arabe libyenne, a été trouvé noyé dans le Danube, le 29 avril 2012.
M. Ghanem avait trahi son pays en mai 2011 et rejoint l’OTAN. Depuis, il vivait confortablement à Vienne et Londres, sous protection de l’Alliance atlantique, alors même que la Nouvelle Libye avait lancé un mandat d’arrêt international contre lui.
En l’absence de traces de violences, la police autrichienne a conclu à la mort naturelle du « baigneur ».
• Le général Albarrani Shkal, ancien gouverneur militaire de Tripoli, a été assassiné, le 2 mai 2012, en Libye.
M. Shkall avait été secrètement recruté par l’OTAN, en mai 2011. Resté à son poste, il avait démobilisé les 3 800 hommes de sa garde et ouvert les portes de la capitale aux troupes étrangères lors de l’opération Sirènes, le 20 août 2011, livrant Tripoli à l’Alliance atlantique.
L’exécution du général Shkal a été revendiquée par la Résistance verte. Toutefois, il se pourrait qu’elle ait été commanditée par son successeur, Aldelhakim Belhaj, avec lequel il était en conflit.
http://www.voltairenet.org/Reglements-de-compte-libyens
Les grandes manœuvres
Élections: le chef du gouvernement s'en prend au CNT.
Le Premier ministre libyen Abdel Rahim al-Kib s'en est pris mercredi au Conseil national de transition (CNT), l'accusant d'entraver le travail de son gouvernement, ce qui pourrait, selon lui, conduire à un report des élections.
Nous sommes bloqués par les membres du Conseil qui continuent à attaquer le gouvernement et à menacer de lui retirer leur confiance, ce qui entrave nos efforts dans l'accomplissement de nos devoirs au service de la révolution, avec en priorité la tenue des élections à la date prévue, a déclaré M. Kib qui lisait un communiqué.
Le gouvernement n'acceptera en aucun cas le report des élections d'une constituante, prévues en juin.
Le gouvernement n'assumera pas cette responsabilité (le report des élections) ni ses conséquences qui risqueraient de dévier la révolution de son processus, a-t-il dit.
Nous savons que la construction d'un Etat ne se fait pas en quelques mois (...) Cette atmosphère électrique dans cette période critique entrave les efforts du gouvernement en vue de la tenue des élections à la date prévue, a accusé M. Kib.
Des membres du CNT, la plus haute autorité législative du pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, menacent depuis plusieurs jours de retirer leur confiance au gouvernement critiqué pour son échec, selon eux, à activer l'armée et rétablir la sécurité.
Mercredi soir, le CNT a indiqué avoir été surpris par le communiqué lu par le Premier ministre, dans lequel il a fait porter au CNT la responsabilité de la performance chancelante du gouvernement.
Le CNT, qui affirme que les élections auront lieu à la date prévue, souligne qu'il n'a été en aucun moment un rival au gouvernement. Mais par contre, il lui a fourni soutien et conseil et était soucieux de sa réussite au service de la nation.
Il affirme avoir donné au gouvernement plusieurs occasions pour changer sa politique et résoudre les dossiers en suspens, malgré la multiplication des remarques sur la faiblesses du rendement du gouvernement et les plaintes de certains ministres au sujet de l'incapacité du chef du gouvernement de travailler avec ses ministres dans un esprit de groupe.
Le CNT a déploré également un manque de courage dans la prise de décision, provoquant un retard dans les dossiers de sécurité, de l'intégration des ex-rebelles dans la société et le traitement des blessés du conflit libyen.
M. Kib a défendu mercredi son gouvernement qui a réussi, selon lui, à améliorer l'état de la sécurité dans tout le pays, à rétablir une vie normale après un conflit armé de plusieurs mois et à résoudre le problème des financements en obtenant notamment le dégel des avoirs de l'ancien régime bloqués par l'Occident.
Selon lui, le principal objectif de son gouvernement est la tenue des élections à la date prévue. Il a affirmé avoir essayé de coopérer avec le CNT pour concentrer les efforts sur les élections et atteindre ce but.
Malheureusement la priorité du Conseil ou certains de ses membres est de limoger le gouvernement, a-t-il déploré dans des déclarations inédites, étalant pour la première fois sur la place public ses différends avec le CNT.
26/04/2012
3 Les institutions
ONU
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU vient d'adopter, il y a un mois, ....avec un retard d'un an, un rapport que ses experts avaient établi, et félicitant la Libye de Kadhafi pour ses "progrès en matière d'amélioration des droits de l'homme", le tribunal du CNT à Tripoli n'a rien trouvé d'autre pour accuser Seif el islam Kadhafi que d'avoir été propriétaire de chameaux et de poissons, sans possession des licences réglementaires, et maintenant il s'avère que Lockerbie, ce ne serait pas la Libye.
Et on sait que les soi disant "bombardements contre son propre peuple" à Benghazi n'ont jamais existé mais ont été fabriqués par Al Jazeera.
.... Bref, Lucky Lucke tire plus vite que son ombre. Il tue et il vérifie ensuite si la victime était bien l'assassin
4 UnionEuropéenne
Europe
1 France
IRIB- :Cazeneuve : "Sarkozy doit s'expliquer".
Bernard Cazeneuve, porte-parole de François Hollande, a demandé aujourd'hui à Nicolas Sarkozy de "s'expliquer devant les Français" après les informations données par Mediapart sur un accord de principe de la Libye pour financer sa campagne en 2007.
"Face à des éléments aussi graves, étayés par des documents nouveaux émanant de l'entourage du dictateur libyen lui même, Nicolas Sarkozy doit s'expliquer devant les Français", indique Bernard Cazeneuve. "Si les faits révélés par Mediapart étaient définitivement confirmés par d'autres documents ou les instructions judiciaires en cours, il serait alors établi que le président sortant à menti aux Français, pour dissimuler la réalité d'une très grave affaire d'Etat", ajoute-t-il.
IRIB-
5 Dossier
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
Gilles Munier« Bye Bye Sarkozy ! »
La vengeance posthume de Mouammar Kadhafi
Gilles Munier
Lundi 30 avril 2012
Après une enquête de près de 10 mois, le site Mediapart* a publié, le 28 avril dernier, une lettre signée par Moussa Koussa, chef des services de renseignement extérieur libyen de 1994 à 2011, affirmant que le Bureau de liaison du comité populaire général libyen « appuyait » la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy à hauteur de cinquante millions d’euros. Le document, trouvé dans les archives des services secrets, devrait permettre à des juges français – ou à une commission parlementaire – de savoir si la somme, non déclarée à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CCFP), a été versée. Après l’attaque de la Libye par les forces de l’Otan, Seïf al-islam Kadhafi a dit détenir « tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert » de l’opération, et demandé au « clown » Sarkozy de rendre les cinquante millions d’euros au Trésor libyen. Aujourd’hui, il est incarcéré à Zenten dont la milice arabo-berbère doit beaucoup aux parachutages d’armes par la France. Visé par un mandat d'arrêt de la CPI pour « crimes contre l'humanité », Seïf al-islam n’a pour l’instant été inculpé que de « non licence pour ses chameaux» et «élevage illégale de poissons» ! Le CNT – c'est-à-dire les amis de Sarkozy et de BHL - réclament en vain son transfert à Tripoli pour y être jugé… ou assassiné au cours d’une fausse tentative d’évasion.
Côté libyen, outre Seïf al-islam, deux dirigeants peuvent être entendus par d’éventuels enquêteurs :
- Abdallah al-Senoussi, beau-frère du colonel Kadhafi, recherché par la CPI, est théoriquement en résidence surveillée en Mauritanie. Comme Seïf al-islam, il affirme avoir les preuves du financement de la campagne de 2007. Senoussi est également recherché par la France où il a été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité, pour son rôle dans l’attentat contre un DC 10 d’UTA en septembre 1989 au-dessus du Niger (170 morts dont 54 Français). Nicolas Sarkozy, dit-il, lui aurait promis de « tourner la page ». Depuis, le vent a tourné…
- Bachir Saleh, ancien directeur de cabinet de Kadhafi, était le grand argentier du régime. Francophone, il présidait le Libyan African Portfolio (LAP), un fonds souverain libyen pesant 8 milliards de dollars par lequel transitaient certaines opérations occultes du régime. Bien que recherché par Interpol pour escroquerie – selon Le Canard Enchaîné du 4 avril dernier – il a été exfiltré en France où il a aussitôt obtenu un titre de séjour… « au nom du regroupement familial » !
Une très grave affaire d’Etat
Bachir Saleh et Moussa Koussa - qui vit luxueusement au Qatar - ont évidement démenti les « allégations » de Mediapart, tout comme Brice Hortefeux – ancien ministre de l’Intérieur et ami de trente ans de Sarkozy - en présence duquel aurait été validé l’accord « sur le montant et les modes de versement » des cinquante millions d’euros. Il a déclaré n'avoir « jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh ». Interviewé sur Canal +, à quelques jours du deuxième tour de l’élection présidentielle française, Nicolas Sarkozy a qualifié l’article de Mediapart d’ « infamie », de « montage ». Il s’est étonné que des journalistes donnent « du crédit aux fils Kadhafi et aux services secrets de Kadhafi », alors qu’il entretenait les meilleures relations avec ces derniers lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, et ensuite par l’intermédiaire de Claude Guéant.
Pour Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais qui a introduit la sarkozie en Libye, l’enquête sur cette affaire «sera difficile parce que beaucoup d'intervenants sont morts pendant la guerre en Libye ». Il pense « qu'ils ont essayé par tous les moyens de tuer Seïf al-Islam » pour le punir de ses révélations. Ziad Takieddine est également persuadé que Claude Guéant l’a fait arrêter à son retour de Tripoli – le 5 mars 2011, sur l’aéroport du Bourget - parce qu’il croyait que les documents prouvant le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy étaient dans ses bagages.
Un président illégitime, si…
La plainte de Nicolas Sarkozy contre Mediapart pour publication de « faux grossier », si elle n’est pas retirée après la présidentielle, promet un beau déballage sur les dessous de la guerre de Libye. Si l’affaire est « réelle », a déclaré Ségolène Royal sur BFM-TV, cela voudra dire que Nicolas Sarkozy «a exercé son mandat de façon illégitime ». Dans le camp de François Hollande, la prudence est néanmoins de mise. Bernard Cazeneuve, un de ses porte-paroles, a simplement déclaré : «Si les faits révélés par Mediapart étaient définitivement confirmés par d’autres documents ou les instructions judiciaires en cours, il serait alors établi que le président sortant à menti aux Français, pour dissimuler la réalité d’une très grave affaire d’Etat».
Reste à savoir si le candidat socialiste, élu président le 8 mai prochain, laissera la justice faire son travail jusqu’au bout. Ceux qui ont enquêté sur le financement des campagnes présidentielles de François Mitterrand et de Jacques Chirac n’ont pas été bien loin.
* http://www.mediapart.fr/article/offert/d46040d627f535132430faed1c2f8d67
Sur le même sujet, lire aussi :
Libye: une guerre en préparation depuis 2010 ?
http://www.france-irak-actualite.com/article-libye-une-guerre-en-preparation-depuis-novembre-2010-69692632.html
Chasse à l’homme dans le désert libyen pour assassiner Seïf al-islam
http://www.france-irak-actualite.com/article-chasse-a-l-homme-dans-le-desert-libyen-pour-assassiner-seif-al-islam-87455177.html
Seïf al-islam : procès ou exécution sommaire ?
http://www.france-irak-actualite.com/article-saif-al-islam-proces-ou-execution-sommaire-89344220.html
Libye : le spectre de l’Afghanistan
http://www.france-irak-actualite.com/article-libye-le-spectre-de-l-afghanistan-88029682.html
G. Munier/X. Jardez
Publié le 30 avril 2012 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier
6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
6-1Lee Berthiaume : Le message aux rebelles Libyens jette un doute sur le rôle du Canada.
Les encouragements de Baird ont peut-être violé la résolution de l’ONU sur l’action en Libye.
Par Lee Berthiaume, The Gazette (Canada) 28 avril2012 traduit de l’anglais par Djazaïri
Lors d’un séjour en Libye en juin dernier, à un moment où les forces rebelles étaient tenues en échec par les troupes loyales au dictateur Mouammar Kadhafi et où de nombreux pays appelaient à un cessez-le-feu, le ministre des affaires étrangères John Baird avait activement encouragé les rebelles à continuer le combat.
Ces révélations montrent sous un jour nouveau le rôle joué par le Canada dans la guerre civile – tout en soulevant la question de savoir si notre pays à violé l’esprit de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU qui avait autorisé une action internationale dans le conflit.
Baird s’était rendu à Benghazi, la capital du mouvement anti-Kadhafi le 27 juin, et il y avait rencontré des hauts responsables du Conseil national de Transition (CNT) pour leur livrer des kits de premiers secours.
Malgré l’appui maritime et aérien de l’OTAN, les rebelles avaient été incapables d’obtenir des victoires significatives contre les forces de Kadhafi et des informations circulaient sur des tractations de cessez-le-feu.
Après sa rencontre avec Abdeljalil, le président du CNT, et le chargé des relations extérieures, Ali Isawi. Baird avait déclaré aux journalistes : « Il est évident que cette affaire – les tués et les perturbations de la vie quotidienne -ne peut pas s’arrêter très bientôt. Je pense qu’ils sont vraiment enthousiastes et décidés à laisser tout ça derrière eux et commencer à établir la liberté et la démocratie en Libye. »
Ce que Baird n’avait pas révélé – et qu’on apprend seulement maintenant dans des notes de préparation pour une discussion avec son homologue Norvégien qui aura lieu quelques semaines plus tard et que nous avons obtenues grâce à la loi sur l’accès à l’information – c’est qu’il avait exhorté les rebelles à poursuivre leurs attaques.
“Quand j’étais à Benghazi, j’ai bien fait comprendre au Conseil National de Transition l’importance de persévérer dans l’action militaire, » avait-il été conseillé ) Baird de dire ai ministre Norvégien des affaires étrangères Jonas Store.
La Canada a été une des nations les plus bellicistes parmi celles qui ont été impliquées dans le conflit libyen, en accomplissant un nombre disproportionné de missions de frappes aériennes et en apportant un soutien diplomatique et humanitaire important à des rebelles aux abois.
Mais, alors que la mission a depuis été déclaré comme une victoire par le gouvernement conservateur et d’autres allies, beaucoup se demandent su l’OTAN et ses membres n’ont pas outrepassé les termes de la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU autorisant une intervention internationale pour protéger les civils.
De telles préoccupations ont précisément été citées comme une des raisons pour laquelle le Conseil de Sécurité a eu du mal à approuver une quelconque action internationale en Syrie.
Beaucoup ont soutenu que seule l’élimination de Kadhafi pourrait mettre les civils Libyens à l’abri des menaces. Le porte parole de Baird, Joseph Lavoie, avait déclaré dans un courriel que le CNT était un partenaire essentiel dans les efforts de protection des civils, et que «les évènements témoignent du bien fondé de notre position. »
Walter Dorn, directeur des affaires internationales et de sécurité au Canadian Forces College, considère qu’avec le recul, encourager les rebelles ) continuer à combattre apparaît comme ayant été la bonne décision.
Mais il observe que les rebelles ont été également responsables d’attaques contre des cibles civiles. Les organisations humanitaires ont publié un certain nombre de rapports qui dénoncent les forces rebelles pour leurs actions contre des civils Libyens pendant la guerre et après.
Le problème est de savoir si l’OTAN a exécuté son mandat onusien avec impartialité, explique Dorn. «L’OTAN a-t-elle entrepris une quelconque action contre eux, alors même que le Conseil de Sécurité donnait mandat de protéger les civils indépendamment de la source de la violence ?»
Lee Berthiaume
http://mounadil.blogspot.com/
7 Réflexion
Jeunessafricaine :Par qui et pourquoi les assassinats politiques en Afrique ?
Pour changer le cour de l’histoire africaine ,pour maintenir l’Afrique dans la dépendance ,pour piller les richesses de l’Afrique sans être inquiéter ,pour affaiblir les États ,les institutions et organismes africains ,et pour lutter contre la montée du nationalisme africain,…les puissances impérialistes comme la France ,les États-Unis ,la Grande Bretagne,…ont toujours fait recourt aux assassinats politiques qui restent toujours impunis pour des raisons politiques sans doute .La dernière conspiration de ses puissances impérialistes a été l’assassinat du Guide libyen Kadhafi et son fils Muatassim en qui nous rendons un vibrant hommage pour avoir combattu pour défendre leur patrie. Comme bien d’autres cas, la commission des Nations Unies,la cour pénale internation(CPI),Human rigth Watch,la cour international de justice(CIJ),... ne donnent aucune suite sur les circonstances de l’assassinat du guide et don fils, aucune enquête, aucun jugement ,alors que les témoignages ,les images ,démontrent ,ces crimes sur le guide ,sa famille et les populations libyenne.
Avant ce épisode triste de l’histoire africaine il y a eu bien d’autres cas d’assassinats politiques en Afrique préparés par La CIA, ou les services secrets français. C’est ainsi que plusieurs leaders politiques africains payeront de leur vie pour avoir défendu les intérêts de leurs pays et de l’Afrique. Et aujourd’hui encore aucune justice n’a été rendu pour les familles des défunts, pour leur pays et pour l’Afrique .On se souvient encore de Mehdi Ben Barka enlevé et assassiné à Paris par deux hommes blancs le 29 Octobre 1965.Ben Barka était ce grand nationaliste marocain qui a mené une grande révolution au Maroc et en Afrique pour l’autodétermination des peuples ,il a été sauvagement assassiner par la France pour ses idées. Toujours à Paris la sud-africaine Dulcie September représentante de l’ANC en France fut assassiné le 29 Mars 1988.Amilcar Cabral président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et Cap Vert sera aussi assassiné devant sa femme pour ses idées contre l’impérialisme le 20 Janvier 1973.Patrice Lumumba quant à lui sera exécuter le 20 Janvier 1961 par la CIA sous l’ordre du président américain Eisenhower car Lumumba constituait une grande menace pour les idées impérialistes et pour le projet d’une balkanisation du Congo qui permettra le pillage des ressources naturelles du Congo. Le jeune capitaine Thomas Sankara connaitra aussi le même sort ,assassiné pour ses idées Sankara a fait aussi de la lutte contre l’impérialisme ,le néocolonialisme son cheval de bataille ce qui va lui couter la vie. Sylvanus Olympio, président de la république du Togo sera aussi assassiné par Eyadema avec la complicité des officiers français présent sur place en 1963. Ibrahim Barré-Maïnassara, président de la république du Niger, Mohammed Boudiaf, président de la république d'Algérie, Anouar el-Sadate, président de la république d'Égypte, Murtala-Ramat Mohammed, président de la république du Nigeria,…Tous ces présidents africains ont été assassinés pour des causes bien déterminées.
Aujourd’hui encore ces assassinats politiques des grands hommes politiques et de journalistes africains continuent sous le regard de la justice internationale qui prend toujours parti avec les commanditaires .Notons cependant que ces manœuvres politiciennes qui visent à priver l’Afrique de ses plus grands leaders et l’affaiblissement des organisations politiques et économiques de l’Afrique sont l’œuvre des puissances impérialistes mais avec la complicité de certains fils du continent qui jouent le jeu de ses puissances impérialistes pour des intérêts égoïstes. Cependant ces assassinats sont toujours restés impunis pars que quelque part il y a toujours une main française ou américaine qui est impliquée ce qui fait que l’affaire est étouffé et les assassins resterons toujours libre sans être inquiété. Et cela continuera tant que les africains n’ont pas pris conscience de cela .Hier c’était Kadhafi ,demains c’est peut-être Vous ou moi ,car ces puissances impérialistes sont toujours prêtes à mettre fin à tous élan nationaliste qui chercherait des intérêts pour l’Afrique.
8 Analyse - Géopolitique et stratégie –
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
8-1 0uyahia : Le Printemps arabe un "déluge" qui a détruit la Libye et affaiblit l'Egypte.
Le premier ministre algérien et patron du Rassemblement national démocratique (RND, au pouvoir), Ahmed Ouyahia, a qualifié samedi le Printemps arabe de «déluge» qui a «colonisé» l'Irak, «détruit» la Libye, «divisé» le Soudan et aujourd'hui «affaiblit» l'Egypte.
M. Ouyahia a par ailleurs souligné, lors d'un rassemblement électoral à Alger, que «l'unique but» des législatives algériennes du 10 mai était «de préserver la stabilité de l'Algérie».
Devant près de 3.000 personnes, M. Ouyahia a critiqué ceux qui appellent à «un Printemps arabe en Algérie», comme ce fut le cas en Tunisie, en Egypte et en Libye.
«Ce n'est pas un Printemps arabe, mais un déluge sur les Arabes et cela se confirme chaque jour», a lancé le chef du RND, qui a parlé de «la colonisation de l'Irak, la destruction de la Libye, la division du Soudan et l'affaiblissement de l'Egypte».
«Nous disons aux frères arabes, lorsque nous nous faisions égorger, vous n'êtes même pas venus pour présenter vos condoléances, alors ne nous donnez pas de leçons aujourd'hui».
M. Ouyahia faisait allusion à la décennie de violences qui a secoué le pays et fait près de 200.000 morts, selon des sources officielles, après l'annulation du processus électoral début 1992.
Le premier ministre sortant a appelé à voter massivement pour contrer les appels au boycottage et «préserver la République».
Le chef de file du RND a pointé du doigt Abassi Madani, président du Front islamique du salut (FIS, dissous) qui vit à Doha: «il se la coule douce au Qatar et demande aux autres de boycotter les élections».
«Le 10 mai, soit vous répondrez à l'étranger (aux pays occidentaux en participant au vote, NDLR) soit l'étranger brandira la carte de la démocratie pour détruire la République», a-t-il ajouté.
M. Ouyahia est connu pour déclarer systématiquement son intention d'«éradiquer le terrorisme» depuis qu'il est apparu sur la scène politique dans les années 90. Il ne rate pas une occasion d'accuser les islamistes des violences qui ont secoué le pays durant cette décennie noire.
0uyahia
06/05/2012
http://www.djazairess.com/fr/maghrebemergent/11836
8-2 Gilles Munier :Libye : l’histoire ne repasse pas les plats
Mohamed Albichari, fils d’un ancien ministre des Affaires étrangères du colonel Kadhafi mort en 1997 dans un curieux « accident de la route », n’est pas de ces opportunistes qui ont quitté le navire quand il devint évident que le régime allait s’effondrer sous les coups de boutoir de l’Otan et des milices. Dès le début de la révolte, il a apporté, sont soutien aux insurgés de Benghazi, mais crié « danger » si l’intervention occidentale dépassait les limites de la ville. Pour lui, Mohamed al-Senoussi, réfugié à Londres, petit-fils du roi Idris 1er renversé par l’organisation des Officiers libres le 1er septembre 1969, aurait dû s’envoler immédiatement pour la Cyrénaïque pour refonder le mouvement Senoussi, « seul, parmi les tribus libyennes, à disposer d’une véritable légitimité », et à dépasser « les clivages claniques et tribaux ». Après l’évacuation des forces loyalistes de Misrata, Mouamar Kadhafi était affaibli. La crise libyenne aurait alors pu se régler par la négociation – avec ou sans lui - et éviter une guerre civile dont personne ne peut prédire la fin. Le prince héritier est resté prudemment à Londres, probablement parce que l’Otan avait un autre agenda. L’histoire, comme on dit, ne repasse pas les plats.
« Le cauchemar libyen » *, seul témoignage de l’intérieur du régime, écrit par Mohamed Albichari, n’est pas tendre pour le système Kadhafi, « assemblage hétéroclite d’institutions disparates ». Il dénonce la main mise de la famille du Guide et de son clan sur les « postes susceptibles de rapporter des sommes importantes », la création d’un Etat informel composés d’un réseau de sociétés et d’institutions administré par ses fils et parents proches. Après les « révolutions arabes » de Tunisie et d’Egypte, l’auteur redoutait une explosion incontrôlable en Libye, du fait de la complexité des rapports entre les composantes de la société. La suite des événements lui a donné raison.
Où va la Libye ?
Selon Albichari, interviewé par Al Qarra TV (1), la décision d’en finir une fois pour toutes avec Kadhafi a été prise « en juillet » après la chute de Misrata, alors que tout le monde savait que les milices ne s’entendaient pas entre elles, qu’il n’y avait pas de « personnage central capable de gérer la situation », qu’il s’agissait d’un règlement de compte interne entre des opposants ayant résidé pendant des décennies en Occident et Kadhafi, aucune alternative crédible au pouvoir n’avait été constituée.
Mohamed Albichari regrette que le Conseil national de transition (CNT) n’ait pas choisi la voix du dialogue avec le régime affaibli. Pour lui, « On a remplacé le mauvais par le pire ! Pourquoi susciter une guerre civile quand on peut l’éviter ? ». Mais, le CNT le pouvait-il ? Création de l’Otan, sans légitimité nationale, il était coupé des réalités des jeunes combattants thowars (révolutionnaires) ou djihadistes. Pessimiste, Albichari pense que le chaos actuel va durer longtemps parce qu’il est entretenu par « certains intérêts pétroliers, certaines milices et certains pays étrangers ». Ce ne sont pas les élections prévues en juin, si elles ont lieu, qui apaiseront les esprits : une grande partie de la population, accusée de collusion avec l’ancien régime, en sera exclue.
Par Gilles Munier
(Afrique Asie – Mai 2012)
* Le cauchemar libyen, par Mohamed Albichari (Ed. Favre – Lausanne, 2011- 13 euros)
(1) Où va la Libye ? Débat avec Mohamed Albichari, Majed Nehmé, Hélène Bravin (28/2/12)
http://www.alqarra.tv/2012/en-quesn/ou-va-la-libye/
http://www.france-irak-actualite.com/article-libye-l-histoire-ne-repasse-pas-les-plats-104667386.html
9 Annexe
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
9-1 Manlio Dinucci : L'art de la guerre : Ceux qui nous défendent des atrocités.
Qui doutait que Barack Obama ne méritait pas le Prix Nobel de la paix va devoir maintenant revenir sur son opinion.
Le président a annoncé la création de l’Atrocities Prevention Board, un comité spécial de la Maison Blanche pour la « prévention des atrocités ». Il est présidé par son inspiratrice, Samantha Power, assistante spéciale du président et directrice pour les droits de l’homme au National Security Council, formé par les conseillers les plus importants en politique étrangère. Dans son ascension au pouvoir (auquel elle semble prédestinée par son nom), Samantha, aspirante secrétaire d’Etat, s’est toujours appuyée sur la dénonciation de présumées atrocités, attribuées à ceux qui, chacun à leur tour, sont désignés comme les ennemis numéro un des Etats-Unis. Sous l’aile de son patron, le puissant financier Georges Soros, Power a contribué à élaborer la doctrine « Responsabilité de protéger », qui attribue aux Etats-Unis et à leurs alliés le droit d’intervenir militairement dans les cas où, de leur avis sans appel, des « atrocités de masse » sont sur le point d’être commises. C’est grâce à ce type de motivation officielle, en particulier celle de protéger la population de Benghazi menacée d’extermination par les forces gouvernementales, que le président Obama a décidé l’an dernier de faire la guerre contre la Libye. La doctrine est maintenant institutionnalisée avec la création de l‘Atrocities Prevention Board. A travers la Communauté d’intelligence (formée par la Cia et 16 autres agences fédérales), il établit quels sont les cas de « potentiels atrocités de masse et génocides », en alertant le président. Il préfigure ainsi les outils politiques, économiques et militaires pour la « prévention ». Dans ce cadre, le Département de la défense est en train de développer « des principes opérationnels ultérieurs, spécifiques de la prévention et de la riposte aux atrocités ». Dorénavant ce sera l’Atrocities Prevention Board qui préparera le terrain à de nouvelles guerres. Et il est déjà au travail : face à l’ « indicible violence à laquelle est soumis le peuple syrien, nous devons faire tout ce que nous pouvons », a déclaré le président Obama, en soulignant qu’aujourd’hui comme dans le passé, « la prévention des atrocités de masse constitue une responsabilité morale fondamentale pour les Etats-Unis d’Amérique ».
Dommage que l’Atrocities Prevention Board n’ait été créé que maintenant. Sinon il aurait pu prévenir les atrocités de masse dont est constellée l’histoire étasunienne, à commencer par le génocide des populations autochtones nord-américaines. Il suffit de nous souvenir, en nous limitant aux cinquante dernières années, des guerres contre le Vietnam, le Cambodge, le Liban, la Somalie, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye ; les coups d’état orchestrés par les Usa en Indonésie, Chili, Argentine, Salvador.
Des millions de personnes emprisonnées, torturées et tuées. Pour prévenir d’autres atrocités, l’Atrocities Prevention Board devrait livrer à la justice les responsables, impunis, des tortures et meurtres à Abu Ghraib, à Guantanamo et dans des dizaines d’autres prisons secrètes de la Cia. Il devrait aussi joindre aux actes les vidéos avec lesquelles les soldats étasuniens documentent, pour s’amuser, le meurtre de civils en Afghanistan[1][1][1], que le Pentagone a essayé d’abord d’occulter puis de minimiser. Que Samantha Power les regarde bien, ces vidéos, pour comprendre ce qu’est vraiment une « atrocité de masse ».
[1][1][1] Voir http://www.rollingstone.com/politics/news/the-kill-team-20110327
Manlio Dinucci
Mardi 1er mai 2012
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Edition de mardi 1er mai 2012 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120501/manip2pg/14/manip2pz/322008/
9-2 Woodward et Newton : Un rapport de la justice écossaise tenu secret 5 ans durant révèle : La Libye n’était pas l’auteur de l’attentat de Lockerbie.
AFROHISTORAMA
Un rapport de la justice écossaise tenu secret 5 ans durant révèle : La Libye n’était pas l’auteur de l’attentat de Lockerbie.
Tenu secret 5 ans durant, un rapport de la justice écossaise dévoile rôle trouble des services anglais et américains dans l'enquête sur l'attentat de 1988, attribué à la Libye, qui avait fait 270 morts.
Dans une précédente ‘livraison’ (« Kadhafi ne rime pas avec Lockerbie » du 8/1/2012) nous évoquions le mystère qui entoure l’attentat ayant provoqué le 21 décembre 1988, la destruction en vol au dessus du village écossais de Lockerbie, du Boeing 747 de la Pan Am reliant Londres à New-York.
Le crime, attribué par la justice écossaise à des terroristes Libyens, s’est soldé le 31 janvier 2001 par la condamnation à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 27 ans, de Ali Al-Megrahi, membre présumé des services secrets de feu le Colonel Kadhafi qui, tout en niant avec force la responsabilité de son pays dans l’attentat, a néanmoins indemnisé les victimes sous la pression de la communauté internationale…
En échange d’une renonciation à former appel de sa condamnation, Al Megrahi a été libéré le 20 août 2009 pour raison médicale. L’affaire aurait pu en rester là. Il se trouve que ses avocats avaient saisi le 23 septembre 2003, la Scottish Criminal Cases Review Commission (SCCRC), passage obligé en droit écossais avant que l’appel du requérant soit pris en considération.
«Tribunal déraisonnable»
Dans la législation locale, seuls les jugements de première instance entachée de « justice miscarriage » sont susceptibles d’un appel. Le miscarriage en question, concept juridique complexe, consiste à considérer que le jugement de premier instance rendu à l’encontre du justiciable est frappé de fautes de procédures suffisamment graves pour qu’un « tribunal raisonnable » auquel l’affaire aurait été soumise en l’absence des dites fautes, rende en sa faveur, une décision plus favorable.
Le 28 juin 2007, confirmant les doutes émis par les médias anglo-saxons ayant enquêté sur l’affaire quant à la culpabilité de Al-Megrahi, la SCCRC annonçait au terme d’une enquête d’une ampleur impressionnante, qu’elle transmettait le dossier à la Court of Criminal Appeal.
Toutefois en vertu du Data Protection Act britannique et des implications internationales de l’affaire, le rapport de la SCCRC devait rester secret, notamment du fait de l’existence de 2 documents top-secret détenus par l’accusation et dont la Commission avait découvert l’existence. Elle souhaitait les consulter pour les besoins de l’enquête et les divulguer afin qu’Al-Megrahi puisse en prendre connaissance.
C’est finalement le 27 avril 2007 que le représentant de l’accusation a répondu à la Commission que l’autorisation de divulgation était « subordonnée à l’accord des autorités du pays dont provient le document », accord que le pays considéré, invoquant sa «sécurité nationale», n’a jamais donné.
S’appuyant sur l’article 32 du Data Protection Act qui autorise les journalistes à publier toute information d’intérêt général, Le site Internet du quotidien écossais Herald Scotland a pris la décision de publier le rapport de la SCCRC le 25 mars 2012. Un pensum de 800 pages, accompagné dans sa version originale de 13 volumes d’annexes, dont les lecteurs anglicistes les plus courageux de Bakchich pourront prendre connaissance.
On ne sait si l’indignation l’emporte sur la stupéfaction. Prêtant aux thèses soutenues par l’accusation, une oreille plus que bienveillante, la SCCRC va néanmoins examiner avec un soin extrême, la quarantaine d’arguments invoqués par les avocats d’Al Megrahi pour interjeter appel de sa condamnation à perpet’. Elle en retiendra finalement 6 :
- un verdict qualifié de déraisonnable (page 555) sachant que l’enquête, initialement engagée du côté des terroristes palestiniens, de l’Iran et de la Syrie, a été réorientée vers la Libye à la suite de la découverte dans des conditions très controversées, dans les restes d’une chemise supposée provenir de la valise ayant contenu l’explosif, de fragments d’un minuteur MST13 fabriqué par la société suisse MEBO notamment à destination de la Libye et dont la provenance réelle reste inconnue à ce jour,
- la non-communication à la défense des conditions irrégulières voire surréalistes dans lesquelles le témoin principal, Anthony Gauci a identifié Al-Megrahi lors d’une séance de « tapissage » comme étant l’homme qui lui aurait acheté dans son magasin Mary’s House à Malte, les vêtements retrouvés dans la valise ayant contenu l’explosif (page 611)
- la non-communication à la défense des compensations financières conséquentes attribuées par l’Oncle Sam audit témoin et à son frère Paul Gauci (page 644)
- un doute raisonnable sur la date à laquelle ont effectivement été achetés les vêtements chez Mary’s House. La date du 7 décembre 1988 retenue par le tribunal de manière très discutable sur le fondement de déclarations contradictoires d’Anthony Gauci, étant la seule susceptible d’impliquer Al Megrahi (page 664)
- la non-communication à la défense des 2 documents top-secrets évoqués plus haut (page 709)
diverses anomalies de procédure pouvant collectivement constituer un « miscarriage of justice » (page 711).
Le badge fantôme de la CIA
Digne des meilleurs romans de John Le Carré, le rapport met en lumière des faits troublants qui, s’ils ne contribuent pas franchement à faire la lumière sur les véritables auteurs du carnage,démontre le rôle trouble des autorités britanniques et américaines, comme en atteste ces quelques extraits:
« …to cast suspicion upon the conduct of US authorities »…paragraphe 8-130,
« …even assuming that there was some conspiracy to conceal the true sequence of events, it is difficult to envisage why the police would wish to portray DS Armstrong as present at Yorkie Clothing when he was not…. » - paragraphe 10-48,
«… is that US authorities were not only behind the scene but often in control… » - paragraphe 12-9,
interview de Mary Boylan qui a affirmé avoir trouvé dans les débris, un badge de la CIA dont il n’a été retrouvé aucune trace dans l’inventaire des éléments récupérés sur le site de l’accident et dont on lui a demandé de ne jamais faire état, le chef de l’enquête Sir John Orr prétendant que les affirmations de Miss Boylan « are centered in the realm of fantasy and were absolute non-sense… » – paragraphe 12-26,
le fait que la valise de McKEE, officier de la DIA présent dans l’avion avec plusieurs collègues, a été forcée, ouverte et fouillée avant d’être examinée par les enquêteurs – paragraphe 12-42….
Autant d'éléments qui ne peuvent que renforcer la conviction du lecteur selon laquelle, tout comme son co-accusé Al Amin Khalifa Fimah, Al Megrahi aurait du sortir libre du tribunal le 31 janvier 2001.Sa mauvaise étoile et la raison d’état en ont décidé autrement…
Source : Woodward et Newton
Mardi 1 mai 2012
Ouvrir carte de Libye?
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
13:50 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, libye, israël, clinton, lieberman, colonialisme, obama, hezbollah, finul, états-unis, france, biden, hariri, nasrallah, suleiman, résistance, syrie, iran, bombe nucléaire, maison blanche, abdallah, kadhafi
08.05.2012
n° 53 - Dossier de Syrie - a1 - 07-05 - : Jacques Bourdin LA VERITE SUR LA SYRIE
Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Sa diffusion est un acte de résistance.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.
Dossier deSyrie
n°53 07-05
C.De broeder & M.Lemaire
Le "Dossier deSyrie" est visible :
a) sur nos blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com
d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.
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Tiré à part Dan GLAZEBROOK : Former des mercenaires pour lancer des provocations armées. 1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos . SCOOP SCANDALE : YouTube : RMC Jean-Jacques Bourdin LA VERITE SUR LA SYRIE 2 Les Brèves 2-1 Un Parlementaire turc met en garde contre l'envoi d'armes en Syrie2 Dossier 2-1 Louis Denghien : La Maison Blanche négocie-t-elle un prochain virage à 180° sur la Syrie ? 3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 3-1 Collectif pour la Syrie : Un autre point de vue sur la Syrie. 4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 4-1 Qadri Jamil : l'opposition : Les menaces de Juppé fantaisistes. 4-2 Amin HOTEIT : Pourquoi l’escalade des menaces depuis la résolution 2043 ? 4-3 Thierry Meyssan sur les tentatives de déstabilisation de la Syrie et sur l’élection présidentielle française. 5 Annexe 5-1 Manlio Dinucci : L'art de la guerre : Ceux qui nous défendent des atrocités. |
Tiré à part
Dan GLAZEBROOK : Former des mercenaires pour lancer des provocations armées.
Syrie : la pire crainte de l’Occident (AL-AHRAM )
La stratégie était simple, claire et éprouvée. Elle avait été employée avec succès non seulement en Libye, mais aussi au Kosovo (en 1999), et avait été rapidement mise en œuvre en Syrie. Voici ce qui était prévu : former des mercenaires pour lancer des provocations armées ; qualifier la riposte du gouvernement de génocide ; forcer la main du Conseil de Sécurité de l’ONU pour admettre « qu’il fallait faire quelque chose » ; écraser l’armée et toute forme de résistance avec des bombes à fragmentation et des missiles Hellfire ; et finalement instaurer un gouvernement faible et servile qui signerait de nouveaux contrats et alliances rédigés à Londres, Paris et Washington, tandis que le pays s’entre-déchirait.
Le résultat prévu était d’arracher le cœur de « l’axe de résistance » entre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, pour isoler l’Iran et laisser les mains libres à l’Occident pour attaquer l’Iran sans crainte de répercussions régionales.
Voilà ce qui avait était prévu pour la Syrie, et planifié depuis des années dans des hauts comités des ministères de la défense et des services de renseignement US, britanniques et français. Mais contrairement à la Libye, cette fois le plan n’a pas fonctionné.
D’abord, il y a eu le veto russe et chinois contre la résolution sur le « changement de régime » au Conseil de Sécurité en octobre 2011, suivi par un deuxième veto en février de cette année. Ce qui signifie que toute attaque de l’OTAN contre la Syrie ne pourrait pas se prévaloir de l’accord de l’ONU et serait perçu comme un acte d’agression unilatéral non seulement contre la Syrie mais potentiellement contre la Chine et la Russie aussi.
Aussi vicieux et irresponsables qu’ils soient, même Cameron, Sarkozy et Obama n’ont pas nécessairement l’étoffe pour mener ce genre de bataille. Il ne restait plus alors qu’à confier la destruction de l’état syrien aux mercenaires de l’OTAN sur place, l’Armée Libre Syrienne » - un ramassis de milices locales et (de plus en plus) étrangères, en majorité des extrémistes salafistes, avec une poignée de déserteurs ainsi que des forces spéciales occidentales.
Mais cette armée n’avait pas été créée pour abattre l’état syrien, une tâche qui était censée revenir à l’OTAN. Comme en Libye, le rôle des milices était simplement de provoquer des représailles de l’état afin de justifier une guerre éclaire de l’OTAN. Sans aide extérieure, ces forces n’ont aucune chance de remporter une victoire militaire, chose que beaucoup d’opposants ont réalisée.
« Nous ne croyons pas que l’Armée Libre Syrienne puisse aider la révolution syrienne » a récemment déclaré le dirigeant du mouvement interne de la résistance syrienne, Haitham Al-Manna. « Il n’y a pas d’exemple d’une lutte armée victorieuse contre un régime dictatorial. » Bien sûr, on pourrait lui citer Cuba ou le Vietnam du sud, et beaucoup d’autres, mais ce qui est certainement vrai est que la lutte armée seule n’a jamais réussi lorsque le gouvernement est la seule partie en présence à bénéficier d’un soutien significatif auprès de la population, comme c’est le cas en Syrie.
La réalité s’est brutalement imposée au début du mois de mars lors de la bataille décisive autour du quartier Baba Amr dans la ville de Homs. On disait que c’était le fief de l’Armée Libre Syrienne, où elle a pourtant été encerclée et défaite, annonçant d’autres défaites similaires dans les zones qu’elle contrôlait encore. Les groupes d’opposition prennent conscience que leur meilleure chance pour obtenir un changement significatif n’est pas par les armes, un combat où ils ont toutes les chances de perdre et par la même occasion de se faire tuer et aussi de perdre leur soutien et crédibilité, mais par la voie de négociations et de la participation au processus de réformes et de dialogue que le gouvernement a offerts.
Une telle perspective – la fin de la guerre civile et une paix négociée qui aboutirait à des réformes politiques sans déstabiliser le pays – a provoqué une certaine fébrilité chez les puissances impérialistes. Malgré leurs affirmations contraires, la dernière choses qu’elles veulent est une Syrie stabilisée car cela permettrait à la Syrie de demeurer un état fort, indépendant et anti-impérialiste – exactement le contraire du résultat recherché.
Ainsi, quelques jours après le plan de paix de Kofi Annan à la fin du mois de mars qui avait été positivement accueillie des deux côtés, les puissances impérialistes ont ouvertement promis, pour la première fois, des millions de dollars à l’Armée Libre Syrienne : en matériel militaire, pour payer ses soldats, et pour verser des pots de vin aux forces gouvernementales pour provoquer des désertions. En d’autres termes, terrifiées à l’idée de voir la guerre civile en Syrie s’éteindre, elles cherchent à l’institutionnaliser. Si la possibilité de provoquer un changement violent de régime semble s’éloigner, il leur reste l’espoir d’affaiblir le pays et de le mettre à genoux en l’obligeant à dépenser son énergie dans une guerre civile.
Au risque de faire apparaître le Conseil National Syrien comme étant encore plus en dehors des réalités et déconnecté des Syriens ordinaires qu’elle ne l’est déjà, les soutiens occidentaux de l’organisation ont augmenté la pression pour lui imposer cette stratégie, en allant jusqu’à lancer ouvertement des appels aux dirigeants du CNS en faveur d’un armement à grande échelle de la rébellion et d’un bombardement aérien par l’Occident.
Ce qui a provoqué de très grosses tensions au sein de l’organisation et trois de ses membres dirigeants viennent de la quitter le mois dernier parce qu’ils refusent d’être « les complices d’un massacre du peuple syrien par des manœuvres, des mensonges et la monopolisation des prises de décision. » Le CNS, selon un des trois, Kamal Al-Labwani, est « soumis à des objectifs de l’étranger qui visent à prolonger la bataille en attendant... que le pays soit entraîné dans une guerre civile. »
Ce mois-ci, un des rares dirigeants du CNS à être actuellement basé en Syrie, Riad Truk, a appelé l’opposition à accepter le dialogue avec le gouvernement – un appel qui n’a pas été relayé par ses collègues à l’étranger. De même, le principal groupe d’opposition pacifique en Syrie – le Comité de Coordination Nationale – a quitté le CNS à cause de son rôle de plus en plus agressif et de porte-parole des puissances étrangères.
Le dirigeant du CCN, Al-Manma, s’en est récemment pris à l’Armée Libre Syrienne en déclarant « la militarisation de la révolution syrienne signifie la mort de la révolution interne... Nous savons que le gouvernement turc joue un rôle important dans les décisions politiques de l’Armée Libre Syrienne. Nous ne croyons pas qu’un groupe armé puisse être basé sur le territoire turc tout en restant indépendant des décisions turques. »
Il y a donc cette idée qui fait son chemin, y compris au sein du mouvement d’opposition syrien lui-même, que l’Armée Libre Syrienne ainsi que le Conseil National Syrien sont tous deux au service des intérêts de puissances étrangères qui cherchent à prolonger une guerre civile inutile.
Les politiciens occidentaux jouent à un jeu dangereux. A part une attaque par l’OTAN, leur meilleure option pour déstabiliser et neutraliser la Syrie est de faire échouer tout cessez-le-feu et prolonger les combats. Dans cette optique, ils sont en train d’encourager les milices mercenaires de multiplier les provocations : le but des déclarations du Secrétaire d’Etat US Hillary Clinton et du Ministre des Affaires Etrangères français Alain Juppé sur « d’autres mesures » encore envisageables est de préserver dans l’esprit des rebelles l’idée qu’une attaque de l’OTAN est encore possible et de les encourager à poursuivre les combats.
De fait, beaucoup de nouveaux combattants ont été acheminés dans le pays au cours des dernières semaines, selon le Washington Post, et ils ont lancé des attaques à la bombe dévastatrices à Damas et Aleppo. L’ambassadeur US en Syrie Robert Ford est un protégé de John Negroponte, qui a organisé les escadrons de morts pour déstabiliser le Nicaragua dans les années 80 (et qui fut aussi ambassadeur US en Irak – et qui dirige encore aux dernières nouvelles la NSA, l’agence qui chapeaute tous les services secrets US – NdT) ; il est très probable qu’il ait organisé des groupes similaires en Syrie et pour les mêmes objectifs lorsqu’il était encore en poste l’année dernière.
Néanmoins, le programme de déstabilisation ne se passe pas comme prévu. L’opposition interne en Syrie devient de plus en plus frustrée devant le cours des événements, et une scission fait jour entre ceux qui sont basés à l’étranger, contents de voir la Syrie condamnée à la destruction pour la plus grande satisfaction de leurs bailleurs de fonds et de leurs carrières, et ceux qui ont à subir les conséquences.
Les attaques irresponsables lancées par les milices armées les coupent de plus de plus de ceux qui avaient une certaine sympathie pour eux, surtout depuis que les dirigeants à l’étranger se révèlent de plus en plus pour ce qu’ils sont. Ayant montré leur incapacité à libérer et occuper un territoire, ces milices se livrent à des tactiques de guérilla. Mais la guérilla, comme l’a dit Mao, est comme un poisson qui ne peut survivre que dans l’eau du soutien populaire. Et l’eau est en train de s’évaporer rapidement.
Dan Glazebrook
Traduction "John Negroponte, Robert Ford... année après année, d’un continent à l’autre, on retrouve les mêmes fils de p..." par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.
mai 2012
http://weekly.ahram.org.eg/2012/1096/op8.htm
URL de cet article 16612
http://www.legrandsoir.info/syrie-la-pire-crainte-de-l-occident-al-ahram.html
1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
SCOOP SCANDALE : YouTube : RMC Jean-Jacques Bourdin LA VERITE SUR LA SYRIE -
http://www.youtube.com/watch?v=9U6_erVhd_k&feature=player_embedded
2 Les Brèves
2-1 Un Parlementaire turc met en garde contre l'envoi d'armes en Syrie.
Un parlementaire turc a mis en garde contre l'envoi d'armes en Syrie. Certains habitants de la province de Khatai dans le Sud de la Turquie sont témoins d e la circulation des véhicules transportant des armes lourdes vers la Syrie, a déclaré Rafiq Arilmaz, représentant républicains, principal parti opposant au gouvernement turc lors d'un entretien téléphonique avec Presse TV. En critiquant les politiques du gouvernement d'Ankara envers Damas, il a mis en garde contre l'éventualité que la Turquie pourrait être entrainé dans cette guerre. Toute action militaire contre la Syrie aura des répercussions au Moyen Orient et intensifiera la tension dans la région. L'aménagement des camps pour les réfugiés syriens est une partie du plan mis en œuvre sous la pression des Etats-Unis et d'Israël visant de créer des régions de séparation tout au longue des frontières syriennes pour ainsi faciliter toute intervention militaire contre ce pays.
06/05/2012
IRIB
2 Dossier
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
2-1 Louis Denghien : La Maison Blanche négocie-t-elle un prochain virage à 180° sur la Syrie ?
« Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que des organisations terroristes, notamment al-Qaïda, tentent de profiter de la situation qui a vu le jour en Syrie à leurs propres fins. Dans le même temps, nous exigeons toujours du gouvernement syrien qu’il retire ses troupes des zones de conflit et qu’il poursuive la mise en oeuvre du plan de l’émissaire spécial de l’ONU Kofi Annan« .
À qui doit-on cette déclaration, qui, pour sa première partie, sonne comme du Sergueï Lavrov, et pour la seconde comme de l’Alain Juppé ? Eh bien à Mark Toner, qui n’est rien moins que le porte-parole du Département d’État américain, autrement dit de Hillary Clinton herself ! Et Mr Toner l’a faite ce jeudi 3 mai à Washington lors d’un point de presse. Bref, l’administration Obama s’inquiète désormais à haute et intelligible voix de la menace terroriste en Syrie, reprenant l’argumentation de base du gouvernement syrien et de son allié russe. Ce n’est pas rien ! Il faut quand même se souvenir qu’il y a encore quelques jours – le 25 avril en Australie -, Hillary Clinton dénonçait « les intimidations, harcèlements et violences potentielles » du gouvernement syrien contre les opposants, et accusait une énième fois depuis le 12 avril le régime de Bachar al-Assad d’avoir « rompu ses engagements » par rapport au plan Annan.
Le CNS en victime collatérale d’al-Qaïda
Alors, l’ »ennemi public n°1″ – avec le Qatar – de la Syrie est-il en train de changer d’analyse et donc de position ? Voici un peu plus de deux mois, deux (très) hauts responsables militaires américains, le directeur du Renseignement militaire et le chef d’état-major des armées, avaient tiré la sonnette d’alarme sur l’implantation du réseau al-Qaïda en Syrie, via l’Irak, concluant à l’extrême péril qu’il y aurait à armer une opposition qu’ils disaient, sur la base de leurs informations, infiltrée par les disciples d’Oussama ben Laden (voir notre article « Avec ou sans drones, les Américains sont impuissants », mis en ligne le 20 février).
Ces mises en garde des généraux Clapper et Dempsey avaient d’ailleurs eu des conséquences diplomatiques rapides, Hillary Clinton, toujours frustrée d’une intervention militaire de l’OTAN en Syrie, refusant désormais de suivre les excités du Qatar et de l’Arabie séoudite dans leur projet d’armement des radicaux syriens. Mais cette déclaration publique de son porte-parole est incontestablement un fait nouveau. À partir de là, Washington va-t-il, tout en continuant à condamner pour le principe le régime de Damas, adopter une position plus en retrait sur la Syrie et donner le ton, au moins à ses alliés européens, canadiens et australiens ? Actuellement en visite à Pékin, la secrétaire d’État américaine a surtout abordé semble-t-il les dossiers du nucléaire iranien et nord-coréen.
À fort peu de temps d’une échéance présidentielle difficile, l’administration Obama, obsédée par l’Iran, encore empêtrée en Afghanistan, incertaine de l’évolution des situations libyenne et égyptienne, impuissante à bloquer la colonisation israélienne en Cisjordanie, et impuissante aussi à détacher Moscou et Pékin de Damas, l’administration Obama donc pourrait bien vouloir lever le pied sur la Syrie. Le géant américain est fatigué et même lui ne peut gérer tous les dossiers qu’il voudrait. Cette déclaration officielle de la diplomatie américaine ne peut avoir, selon nous, d’autre signification qu’un repli diplomatique, et, à tout le moins, une prise de distance d’avec le CNS. Un CNS dont la CIA et un certain nombre de spécialistes ont dû finir par convaincre Miss Clinton qu’il n’était décidément pas la solution de rechange à Bachar al-Assad. L’Oncle Sam pouvait gérer une ASL sous contrôle turc. Mais les djihadistes sans frontières ni maîtres d’al-Qaïda, qui n’ont guère plus de sympathie pour le roi d’Arabie séoudite et l’émir du Qatar que pour le président syrien, et qui ravagent déjà le Yémen, c’est une autre histoire, et c’est sans doute pourquoi il ne faut sans doute plus compter sur les Américains pour être les big boss du barnum anti-syrien.
Décidément, l’opposition syrienne franchisée par l’Occident semble bien avoir mangé les derniers morceaux de son pain blanc ! Elle devrait très bientôt perdre un autre ami de poids en la personne d’Alain Juppé. Il lui restera bien Bernard Henri Lévy, mais des appuis comme ça…
Louis Denghien,
3 mai 2012
2-2 Le général Mood et la situation sécuritaire actuelle en Syrie
Le général Robert Mood, chef de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS) créée par la Résolution 2043 du 21 avril 2012, a multiplié les déclarations soulignant que le retour à la paix et la mise en œuvre du plan Annan nécessitent un effort constant des deux parties, gouvernement et opposition armée.
Lors de chacune de ses déclarations, il a attesté de la coopération des Forces syriennes et s’est abstenu de tout commentaire à propos de la coopération ou de la non-coopération de l’opposition armée.
Voici le décompte des victimes fournis par le gouvernement syrien, en cours de vérification par la MISNUS, pour la période du 12 au 25 avril.
• Membres des forces armées et de l’ordre tués : plus de 200 (on ignore le sort de soldats faits prisonniers)
• Civils tués par l’opposition armée : 189
• Membres des forces armées et de l’ordre blessés : 571
• Civils blessés par l’opposition armée : 291
• Citoyens kidnappés par des gangs : plus de 200
• Pillages : 144
• Attentats à la bombe : 102
• Bombes désamorcées : 47
Les autorités ne fournissent pas de statistiques sur les victimes parmi les groupes armés. Une cinquantaine d’insurgés, parfois syriens et plus souvent étrangers (surtout irakiens ou double nationaux maghrébins et européens), auraient été tués durant cette période, selon la presse locale.
Le phénomène des enlèvements crapuleux contre rançon et des pillages est nouveau. Depuis le second veto russe et chinois, les Occidentaux ont cessé de payer en sous-main les repris de justice qui avaient été recrutés pour gonfler l’« Armée syrienne libre ». N’ayant plus de ressources, mais conservant les armes qui leur ont été livrées, ces individus se regroupent en gangs et commettent des crimes et délits sans connotation politique, principalement dans les banlieues des grandes villes.
Le nombre d’attentats à la bombe doit être relativisé. La plupart des charges explosives étaient faibles.
On notera que, dans la période actuelle, comme c’était le cas lors de la Mission d’observation de la Ligue arabe, les victimes sont plus nombreuses parmi les forces de sécurité que parmi les civils. Cette constatation valide la version du gouvernement syrien selon lequel le pays fait face à une guerre étrangère de basse intensité ; et elle invalide la version des Occidentaux et des monarchies du Golfe selon lesquels une opposition pacifique est réprimée dans le sang par les forces de sécurité.
La source la plus fiable sur les événements est le bulletin quotidien du Centre syrien de documentation que le Réseau Voltaire publie depuis la mi-février en anglais et en arabe. Cette ONG dispose d’un maillage de correspondants sur tout le territoire et s’efforce de vérifier objectivement les informations diffusées par le gouvernement syrien comme celles diffusées par l’Observatoire syrien des Droits de l’homme mis en place par les Frères musulmans à Londres.
Réseau Voltaire |
4 mai 2012
http://www.voltairenet.org/Le-general-Mood-et-la-situation
3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
3-1 Collectif pour la Syrie : Un autre point de vue sur la Syrie.
Lettre ouverte aux médias, aux élus et aux candidats à la Présidence de la République Française.
*Pas un jour ne passe sans informations sur la Syrie. Mais quelles informations ?
Les médias internationaux "mainstream" font-ils réellement leur travail en ne livrant qu’une seule version des évènements alimentée par « l’observatoire syrien des droits de l’homme, (OSDH) » géré par un seul homme qui compile à l’étranger des vidéos qui lui seraient adressées de Syrie.* A propos de l'Auteur Collectif pour la Syrie <http://oumma.com/auteur/collectif-pour-la-syrie> *Lettre ouverte aux médias, aux élus et aux candidats à la Présidence de la République Française*
Nous sommes des citoyens majoritairement syriens, français et/ou franco-syriens de culture, de religion, de profession et de sensibilités multiples. Le collectif qui nous unit a pour objectif de rassembler nos forces et convictions pour la défense de la Syrie et de son peuple, de son histoire, et de sa générosité, tout en conservant l'amour que nous portons pour la France, sa grandeur, et les valeurs que cette patrie - d'adoption pour un grand nombre de signataires - porte en elle en termes d'humanisme, d'universalisme, de liberté, et de démocratie. Pas un jour ne passe sans informations sur la Syrie. Mais quelles informations ? Les médias internationaux "mainstream" font-ils réellement leur travail en ne livrant qu’une seule version des événements alimentée par « l’observatoire syrien des droits de l’homme, (OSDH) » géré par un seul homme qui compile à l’étranger des vidéos qui lui seraient adressées de Syrie. Ces informations de l’OSDH sont couplées avec les annonces de l’opposition syrienne en exil, les déclarations de la Ligue Arabe et sont reprises sans aucune vérification par les Chancelleries Occidentales.Traitement univoque et toujours émotionnel de l’information qui a trouvé son épiphénomène avec le drame de Homs, en ignorant toute considération géopolitique pourtant très éclairante.
*Des membres de la coordination du Collectif ont effectué plusieurs séjours en Syrie :* -
du 17 au 24 janvier 2011, -
du 8 au 15 mars 2011, -
du 1er au 4 avril 2011, -
du 23 avril au 7 mai 2011, -
du 12 au 19 mai 2011, -
du 10 au 17 juillet 2011, -
du 20 au 27 septembre 2011, -
du 29 octobre au 8 novembre 2011, -
du 15 au 22 novembre 2011, -
du 21 au 28 décembre 2011,
- du 14 janvier au 4 février 2012,
- du 18 au 28 février 2012.
Ils reviennent après s’être entretenus avec de très nombreux interlocuteurs de toutes tendances et après avoir effectué plusieurs déplacements dans le pays.
Nous sommes toujours frappés par le grand écart entre la réalité sur le terrain en Syrie et la version officielle et/ou gouvernementale transmise en France de façon monolithique. La situation est d’une extrême gravité mais ne justifie pas une couverture des évènements décalée par rapport à la réalité de ceux-ci.Soucieux de la paix et de la stabilité dans cette région du monde, nous avons également pleinement conscience de la vocation de la France dans cette région, plus particulièrement avec la Syrie où elle se doit de maintenir sa place. Le problème majeur auquel nous sommes confrontés est l’attitude autistique des médias en France qui ne diffusent qu'un seul point de vue, quotidiennement, avec acharnement, sans mesure, sans nuance. La question de la finalité de ce type d’information se pose.Il n'est pas concevable de diffuser la même version des faits non vérifiable, commentée souvent par de faux spécialistes et documentée par de fausses images. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Une des questions qui s’impose est donc celle de la désinformation. Comment expliquer une telle différence entre la réalité du terrain et les propos tenus dans nos journaux et sur nos petits écrans, qui donnent de la Syrie l’image d’un pays à feu et à sang, où la répression aurait fait plus de huit mille morts (un nombre de plus en plus souvent avancé sans emploi du mode conditionnel) ? Pour l’essentiel, une réponse : l’OSDH ; l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (ou, plus exactement, « les » OSDH), la source quasiment unique des médias occidentaux, presque systématiquement mentionnée dans tous les articles de journaux et reportages télévisés. En juillet 2011 déjà, nous avons été frappé par la distorsion qui existait entre le terrain et « l’information », et ce plus encore à l’occasion d’une expérience très précise, à Hama. Le vendredi 15 juillet, nous avons assisté à une manifestation qui avait rassemblé entre 3.000 et 10.000 personnes. Le soir même, l’AFP, suivie des bulletins de France 24, d’Euronews et du journal Le Monde, avait annoncé 500.000 manifestants et la fin prochaine du régime ! Il convenait de s’interroger sur l’origine de « l’information » : l’OSHD… La ville de Hama, qui plus est, ne compte pas même 400.000 habitants, ce qu’aucune rédaction n’a vérifié. L’étiquette « droits-de-l’homme» de cette organisation semble ainsi avoir inspiré une totale confiance. Pourtant, à plusieurs reprises, les dépêches de l’OSDH se sont révélées contenir des « fakes ». Autre cas très concret : le 20 novembre, toute la presse a annoncé une attaque de roquettes contre le siège du parti Baath à Damas. Un de nos contacts à Damas nous a informés de ce que le bâtiment était intact. Nous l’avons vérifié. Deux coups de fil ont été suffisants pour vérifier l’information et publier une photographie du siège du Baath, avec, en avant-plan, la une d’un grand quotidien du lendemain de la prétendue attaque. Autre exemple vécu : le 27 décembre, nous étions à Damas lorsque l’on a annoncé une fusillade à l’université. Nous nous sommes immédiatement rendu sur place, puis à l’hôpital où les blessés étaient transportés. Nous avons rencontré des étudiants, ainsi que la mère et la tante d’un des blessés : un opposant au gouvernement, un étudiant, était entré dans une salle d’examen et avait tiré, en choisissant ses cibles, tous membres d’organisations étudiantes. Dans l’heure, l’OSDH a affirmé que plusieurs tireurs pro-régime avaient ouvert le feu, tuant et blessant des étudiants qui manifestaient contre le gouvernement… Une « information » immédiatement reprise par l’ensemble des sites de presse occidentaux. Il convenait dès lors de mener une enquête de fond, dans le but d’identifier avec précision l’OSDH, organisation basée à Londres qui, selon plusieurs sources interrogées en Syrie en juillet déjà, dans les milieux de l’opposition, comprendrait notoirement des membres des Frères musulmans. Il n’a pas été bien difficile de rencontrer les membres de cette organisation, à l’origine de laquelle on trouve un certain Rami Abdel Rahmane, syrien émigré à Londres, propriétaire d’un commerce de prêt-à-porter. Depuis le début de la crise syrienne, cet opposant au régime baathiste a créé un site sous le label rassurant d’observatoire des droits de l’homme, adressant aux agences de presse des dépêches dénonçant les exactions du gouvernement syrien et des bulletins nécrologiques chiffrés, informés quotidiennement, selon lui, par un réseaux de plusieurs centaines d’observateurs présents en Syrie. Il doit y avoir d'autres points de vue dans le cadre d'un débat contradictoire.La France, notre patrie d'adoption pour certains, est la mère universelle de l’avènement de la démocratie et respectée pour cela.Comment concevoir que dans ce pays de liberté, il ne puisse y avoir pour des événements aussi graves aucun débat, aucun discours déviant de quelques mots de la ligne officielle, aucune voix portant une information autre ? Cela nous concerne, mais concerne également la France qui a su se faire respecter en 2003 face au monde occidental en disant simplement « non » à la guerre en Irak. Pour envahir l’Irak, les dirigeants des États Unis se sont ouvertement servis de l’opposition « extérieure » après avoir commis la plus grande escroquerie du siècle concernant les « armes de destructions massives ». Avant même le retrait de leur armée, ils reconnurent que ce choix fut à l’origine de nombreuses erreurs d’appréciation qui, sur le terrain, coûtèrent des pertes immenses humaines et autres. Aujourd’hui, il ne reste pour les U.S.A. que le prix exorbitant d’une guerre qui n’était censée durer que quelques mois. Mais pour les Irakiens leur pays est désormais dévasté, ravagé, détruit et la population est en butte à des conflits religieux incessants. Qui n’a pas conscience aujourd’hui d’avoir été manipulé par des informations relayées ad nauseam par l’ensemble des médias occidentaux ? Il ne semble pas que cet échec ait servi ni à l’OTAN ni à ses alliés. Non seulement le même procédé est utilisé pour tenter d’imposer le Conseil d’Istanbul dit Conseil National Syrien, de Tunisie, ou de l’Union Européenne [le CNS] en tant que représentant légal du peuple syrien qui le rejette ; mais on ose s’adresser aux chrétiens du Proche-Orient en tant que protecteur. En effet, dans une tribune intitulée « Les chrétiens d’Orient et les printemps arabes » <http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/spip.php?page=article_imprim&id_article=98696>, Monsieur Juppé appelle les chrétiens de Syrie à « participer » à sa propre vision de la Syrie future et leur assure qu’il a beaucoup insisté sur la question du respect des « minorités » auprès du CNS « qui a vocation à rassembler l’opposition syrienne » ! Il ignore que, malgré les attaques terroristes, le peuple syrien vient d’adopter une Constitution qui démontre, entre autres, qu’une solution politique est possible… CNS ou pas ! Dans une interview télévisée sur la chaîne ANB <http://www.youtube.com/watch?v=46OThtTtZHw&feature=share>,
Monsieur Michel Samaha, homme politique libanais et ancien ministre de l’information, répond à cette sollicitude et à la notion de « minorités »… si inattendue de la part d’un ministre d’État Français où la laïcité fait loi « Non… Alain Juppé ne défend pas les minorités lorsqu’il écrit : Les chrétiens d’Orient sont inquiets. Inquiets pour la pérennité de leur présence dans une région qui est leur région depuis 2000 ans. Inquiets pour le respect de leurs droits dans un contexte de bouleversements majeurs. Inquiets face à la montée des tensions liées au confessionnalisme. Je veux leur dire que j’entends, que je comprends leurs craintes. Je voudrais rappeler que Juppé n’est pas De Gaulle pour se permettre de déclarer un « Je vous ai compris » équivalent à celui adressé autrefois aux Algériens réclamant leurs droits nationaux… Il n’est pas De Gaulle et il ne s’adresse pas aux Algériens… Je dis qu’il a fait alliance et a fabriqué des révolutions désormais livrées aux Takfiristes… Je lui dis qu’il est responsable de la mise en pièces, aujourd’hui même, des croix tombales du cimetière chrétien <http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/video-libye-un-cimetiere-militaire-britannique-profane-par-des-miliciens_1090178.html%20>en Libye…Monsieur Juppé, vous en êtes responsable au même titre que l’État que vous représentez ; puisqu’avec Bernard Henri-Levy, vous avez revendiqué avoir fabriqué et réussi la révolution libyenne. Est-ce là le modèle que vous nous proposez ? Nous refusons vos propos, comme nous refusons que vous nous qualifiiez de minorités, alors que vous considérez les musulmans français comme des citoyens à part entière appartenant à une communauté particulière. Nous ne sommes pas des minorités dans nos patries respectives… Nous sommes des citoyens en pleine possession de notre citoyenneté, mais nous sommes chrétiens et nous nous soumettons à Dieu à travers l’Évangile, tout comme le musulman se soumet à Dieu à travers le Coran… Cette coexistence nous convient depuis toujours… nous la vivons bien, et notre culture commune en est l’expression…». Certains hauts dignitaires européens n’hésitent pas à proposer de traiter la situation en Syrie avec des méthodes identiques à celles utilisées en Libye. Des dizaines de milliers de civils ont été massacrés, des dizaines d’usines et de sites économiques ont été détruits par des frappes aériennes, et maintenant la Libye est en plus divisée. Ce qui se passe entre Tripoli et Benghazi est un cauchemar politique : plus aucune autorité ne règne sur le pays, les milices s'entre-déchirent et le spectre de la partition menace l'unité nationale. A l'heure où les opposants syriens songent à militariser leur lutte, le chaos alarmant
<http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-echo-de-la-libye-retentit-en-syrie_1093039.html%20.>qui règne en Libye a de quoi faire réfléchir. L'opposition reconnue par la France est autoproclamée et ne représente aucunement les syriens. Elle est composée de personnes qui ne vivent plus en Syrie depuis de nombreuses années et n’en connaissent que ce qu’ils en ont retenu lorsqu’ils ont quitté leur pays. Pas un syrien ne connaît M. Ghalioun ! Nous sommes loin de l’histoire de Monsieur Mandela ou de Monsieur Vaclav Havel. Il est très difficile de définir aujourd'hui l'opposition syrienne qui est composée de coalitions hétéroclites dans lesquelles se trouvent des intellectuels, des jeunes de la classe moyenne, des exclus du système informel, des membres de courants libéraux, une opposition conservatrice, voire islamiste. Mais cette opposition existe et se situe en Syrie – tous ceux qui la représentent vivent dans leur pays. Les premières manifestations n’ont pas été perçues par le pouvoir syrien pour ce qu’elles étaient, à savoir une recherche d’ouverture politique, de liberté et de lutte contre la corruption. Ce manque de vision a amené des éléments extérieurs à utiliser les premiers mouvements non pas pour aider les manifestants, mais pour déstabiliser la Syrie avec des groupes armés extrémistes, salafistes et jihadistes financés de l’étranger. Exemple : Le Premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem al-Thani, s'est dit aujourd'hui favorable à des livraisons d'armes à l'opposition syrienne <http://plus.lefigaro.fr/article/syrie-le-qatar-veut-armer-lopposition-20120227-772956/commentaires?page=2>en lutte contre le régime du président Bachar al-Assad . Déjà très impliqué dans le renversement du gouvernement de Libye, où, suite à un accord bilatéral avec la France, il a armé plusieurs mouvements islamistes, le Qatar utilise désormais son bras médiatique, Al-Jazeera, pour soutenir la contestation en Syrie. Les rumeurs, les messages anonymes sur Internet et les rapports émis par la TV satellite dans l’intention d’exacerber les divergences sectaires font partie de la campagne de déstabilisation. La France, y participe malheureusement d’une part à travers les médias et d’autre part par un soutien logistique. Le canard enchaîné, dans son édition du 23 novembre 2011 : «des officiers de la DGSE, le service de contre-espionnage français, ont été envoyés au nord du Liban et en Turquie avec pour mission d’instruire et de structurer les « contingents » de l’Armée Syrienne Libre, censée regrouper des « milliers » de « déserteurs » syriens». D’autre part, le chef d’Al-Qaïda Ayman Al-Zawahiri a manifesté son soutien à la contestation en Syrie, le 12/2/2012, dans un enregistrement vidéo où «il demande aux musulmans de Turquie, de Jordanie et du Liban de soutenir la rébellion et de renverser le régime actuel, qu’il qualifie d’anti-islamiste». Selon la télévision russe, le 16 février, le chef du renseignement américain James Clapper «reconnaît devant la commission des armées du sénat lors d’une audition, le soutien d’Al-Qaïda à l’opposition syrienne». Quelle coïncidence !!!! La France qui a payé un lourde tribu, 82 soldats tués depuis 2001 en Afghanistan pour combattre les terroristes islamiste d’Al-Qaida, se retrouve dans le même camp que ces derniers contre la Syrie laïque !!! De pacifiques, les manifestations sont devenues armées, visant à atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec des réformes politiques et sociales.Les forces de sécurité ont commis plusieurs erreurs injustifiables dans le traitement de ces manifestations. L’utilisation de ces erreurs par des éléments extérieurs a eu pour conséquence que des milliers civils et des soldats ont été tués. Des gangs armés se sont constitués, attaquant des propriétés publiques et privées, et mettant en place des barricades dans certaines villes où ils ont pris le dessus. Dans les tous derniers mois, ces bandes armées se sont chargées de mettre sur pied des sites armés dans les régions frontalières entre la Syrie, et la Turquie, le Liban, la Jordanie et l’Irak pour s’assurer une continuité dans le ravitaillement en armes et en équipements divers. Dans le même temps, certains événements ont été exagérés. Des faits ont été falsifiés ; «comme la mort de l’enfant attribué à l’armée syrienne alors que la mère le contestait et indiquait que si l’armée avait été présente cela ne se serait pas passé. Les équipements dernier cri électronique et médiatique ont été utilisés afin de faire passer l’armée syrienne comme étant complètement responsable de ces actes, et de déresponsabiliser totalement les bandes armées». Parallèlement sur le plan politique, la seule voie ouverte par les occidentaux est le dit Conseil National Syrien.Imposer comme préalable à toute discussion le retrait du régime en place s’assimile à un coup d’état, car en réalité, c’est le «CNS» qui s’imposera de fait. En vertu de quoi ce parti serait-il représentatif des voeux des syriens ? A-t-il été désigné suite à des élections libres ? A-t-il oeuvré en Syrie pour faire connaître ses programmes ? Ses membres sont-ils tous syriens résidents ? Ce n’est pas un coup d’état que demandent les syriens, mais l’ouverture d’une voie réellement démocratique. La mise en place du CNS en remplacement du régime actuel consiste en fait à imposer aux syriens la décision arabo-occidentale dans un but qu’il serait bon d’éclaircir.N’êtes-vous pas surpris que, subitement des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite se préoccupent de la mise en place d’une démocratie chez un pays « frère » alors qu’elle n’existe pas chez eux ? N’êtes-vous pas surpris que la Ligue Arabe, silencieuse lors de l’invasion de l’Irak, de l’Afghanistan, de la guerre faite par Israël au Liban, devant les difficultés auxquelles doivent faire face les palestiniens, se mobilise aujourd’hui avec force démonstrations reprises par les médias quotidiennement contre le régime syrien, avec virulence, intransigeance et vote à tout va toutes les sanctions économiques possibles et imaginables ? N’êtes-vous pas surpris que pas un mot ne soit prononcé par les médias concernant le Bahreïn, l’Arabie Saoudite ou le Kuwait ? Depuis quand ces pays se préoccupent-ils de la démocratie ? Enfin quel pays accepterait que des éléments armés tentent de faire la loi chez lui et reste « l’arme au pied » sans se défendre ? La démocratie ne s’impose pas, elle s’obtient par les peuples concernés. Aujourd’hui c’est la guerre civile, demain ce peut-être une déflagration dans tout le Moyen-Orient. Nous ne croyons pas à la bonne volonté missionnaire, gratuite et altruiste des Chancelleries Occidentales ni à celle de la Ligue Arabe. Pressé par les événements, le gouvernement syrien a adopté plusieurs réformes dont la fin du monopole du pouvoir exercé par le parti Baath et le vote d’une nouvelle constitution visant (en dépit de nos réserves quant à certains articles) à l’établissement d’une société pluraliste et démocratique, garantissant les libertés publiques et privées, aidant au développement de la liberté d’expression et à la reconnaissance du droit de l’opposition à une activité politique pacifique. De vastes secteurs de l’opposition nationale pacifique ont accueilli positivement ces mesures. «L’opposition se compose d’un large spectre de partis très divers majoritairement patriotiques, s’opposant à l’ingérence étrangère et aux bandes armées. De plus, il faut compter avec les Frères musulmans qui peuvent être considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l’étranger». Il y a également plusieurs groupes traditionalistes avec différentes orientations, dont l’influence devient clairement visible dans des rassemblements et manifestations dans différentes régions. Ces groupes ne cachent pas leurs objectifs qui sont typiquement réactionnaires et sectaires. Tandis que l’opposition fondamentaliste et armée s’en tient toujours au slogan du renversement du régime, attisant les tensions communautaires. Dire ceci n’est pas « soutenir le régime », contrairement à une pensée qui s’assimile à du terrorisme intellectuel. Il est possible de revendiquer un Etat de droit sans pour autant cautionner des interventions étrangères, dont l’histoire montre régulièrement qu’elles ne sont jamais dénuées d’arrière-pensées. Il faut donc agir pour que cesse l’armement des groupes étrangers dont l’existence hier contestée ne fait plus aucun doute aujourd’hui. Il faut accepter l’idée d’un cessez le feu entre les groupes armés et l’armée syrienne qui ne peut que se défendre tant que les attaques persistent. Il faut cesser de tuer ses habitants, et de ruiner le pays sur le plan économique. Il faut donner la parole aux partis d’oppositions créés, développés et agissant EN Syrie et non de l’extérieur, et pour ce faire, accepter de les recevoir en France, de leur donner une audience à tout le moins égale à celle donnée au CNS. Il faut utiliser les élections législatives prévues pour favoriser un débat réel, ouvert et actif et ce, pourquoi pas, sous le contrôle d’une commission neutre composée de représentants de pays a priori non concernés tels, par exemple, la Suède, la Suisse l’Inde ou le Japon. Il faut que les élections législatives (mai 2012) se déroulent sous le contrôle d’une même commission, que le dépouillement des votes soit effectué sous le même contrôle. Les syriens peuvent choisir agir et décider. Le tragique de la situation actuelle ne justifie pas qu’elle persiste. Si des comptes doivent être réglés, ils le seront une fois qu’aura cessé cet état de guerre et qu’un pouvoir légitime sera mis en place. Si ces mesures étaient mises en oeuvre, elles pourraient être un pas important, dans la transition de la Syrie vers une société démocratique et pluraliste. Jusqu’à présent, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne (et l’Europe) mènent la campagne internationale visant à imposer de plus en plus de sanctions contre la Syrie. Jour après jour, la situation économique se détériore, la pression sur les conditions de vie du peuple syrien s’intensifie. Tenter de présenter le problème comme s’il s’agissait d’une lutte communautaire ou religieuse serait une falsification flagrante des faits. La Syrie a maintenu la liberté religieuse pour tous, tout en n’autorisant aucun groupement religieux à dominer l’État ou à être promu par ce dernier Dix mille ans d’histoire. Berceau de la civilisation. Premier alphabet. Terre des religions monothéistes. Symbole du vivre ensemble. La Syrie est menacée aujourd’hui d’implosion. La situation est critique et nous ne sommes malheureusement pas encore au bout du chaos qui s’annonce, avec les plus vives inquiétudes qui sont celles de tout un peuple aujourd’hui, meurtri par des débordements qui le dépassent. Ce qui se passe en Syrie fait partie d'une contestation qui dépasse le simple cadre du pays. Certes, nombre de revendications sont justes et légitimes, mais il est des tentatives, de l’intérieur comme de l’extérieur, visant la déstabilisation de la Syrie. Le maintien de la répression et de la situation insurrectionnelle serait au profit d’un désordre sans précèdent qui affecterait tous les pays de la région sans exception. N’oublions pas l'inquiétante dimension interconfessionnelle. La Syrie court des dangers immenses de confrontation communautaire qui n’épargneront aucun état du Proche- Orient. La laïcité est en danger ainsi que la paix, la stabilité régionale et le dialogue euro-méditerranéen. Des solutions de reformes en Syrie et d’apaisement local et régional existent et méritent d’être entendues pour SAUVER non seulement la SYRIE, mais tout le Proche-Orient. La solution ne peut être que politique. Les syriens dans leur majorité écrasante refuseront toute ingérence étrangère. La France pourrait aider à montrer les voies pour une vraie réforme. Elle pourrait également encourager un dialogue serein entre les diverses composantes. Aussi, nous réclamons le droit de réponse afin d’apporter un autre éclairage, notre témoignage ainsi que notre vision concernant ce qui se passe en Syrie. Nous tenons à vous présenter une brève analyse des évènements successifs qui se sont déroulés en Syrie, afin de mettre en lumière certains faits, d’une part, et d’autre part, tordre le cou à certaines contre-vérités montées de toute pièce et médiatisées. Pour finir nous n’oublions pas le bien que peuvent apporter les médias dans la mise à jour de scandales, mais également le mal qui peut être fait dans une utilisation non journalistique de ce moyen de communication. Rappelons-nous entre autre de Timisoara en Roumanie et les « armes de destructions massives » en Irak. Dans l’attente, recevez, Mesdames et Messieurs, l’expression de notre parfaite considération. *La Coordination du Collectif pour la Syrie* Anas Alexis CHEBIB Ali Najib IBRAHIM Philippe MORRON Iyad HALLAJ Bassam TAHAN Père Michel LELONG Safa DELYE Karim SAYEGH
De : PRIEUR <prieur@cgb.fr>
Par Collectif pour la Syrie
Le 3 avril 2012 <http://oumma.com/auteur/collectif-pour-la-syrie
4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
4-1 Qadri Jamil : l'opposition : Les menaces de Juppé fantaisistes.
La menace d'appliquer à la Syrie le chapitre VII de la Charte des Nations unies, récemment formulée par le chef de la diplomatie française Alain Juppé, n'est pas réaliste, a estimé vendredi Qadri Jamil, chef de la délégation du Front populaire de changement et de libération (opposition intérieure syrienne), en visite à Moscou.
Le ministre français des Affaires étrangères a annoncé mardi qu'en cas d'échec du plan de paix de Kofi Annan, il faudrait passer à l'application du chapitre VII de la charte des Nations unies, qui prévoit la possibilité d'un recours à la force en cas de menaces contre la paix.
"Ces propos sont fantaisistes et provocateurs (…). Leur but est de pousser les forces radicales qui ont perdu en importance vers un extrémisme encore plus accru", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à RIA Novosti.
M. Jamil a ajouté que ce genre de déclarations donnaient à certains courants de l'opposition l'espoir illusoire d'une intervention étrangère.
Certains pays, qui s'attribuent aujourd'hui le droit d'instaurer un nouvel ordre mondial, incitent l'opposition à refuser le dialogue avec le pouvoir, empêchant ainsi d'arrêter l'effusion de sang dans le pays, a poursuivi l'homme politique.
Depuis la mi-mars 2011, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime de Bachar Assad. Selon l'Onu, la confrontation armée aurait déjà fait plus de 9.000 morts. Damas indique que plus de 2.500 policiers et soldats syriens, ainsi que plus de 3.200 civils ont été tués dans les affrontements contre des bandits financés de l'étranger.
Le 12 avril, dans le cadre du plan de règlement de la crise syrienne, proposé par l'émissaire spécial de l'Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, un cessez-le-feu a été instauré entre l'Armée syrienne libre et les troupes gouvernementales.
Le 16 avril, les premiers observateurs onusiens chargés de vérifier l'application du plan Annan, ont commencé leur mission en Syrie. Toutefois, les parties impliquées dans le conflit continuent de dénoncer de diverses violations du cessez-le-feu.
Qadri Jamil
28/04/2012
Ria Novosti
4-2 Amin HOTEIT : Pourquoi l’escalade des menaces depuis la résolution 2043 ?
Le samedi 21 avril, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité la résolution 2043 autorisant l’envoi de 300 observateurs en Syrie, missionnés pour surveiller un cessez-le-feu entré en vigueur le jeudi 12 avril [NdT].
Une fois de plus, « le camp des attaquants » a échoué à faire adopter une résolution qui aboutirait à la « mise sous tutelle internationale » de la Syrie, dans le but de saper sa souveraineté et d’apporter une certaine crédibilité aux déclarations hostiles à son gouvernement. La tentative a donc avorté et les États-Unis avec leurs alliés se sont trouvés contraints d’accepter ce que la Syrie avait mis en avant en ce qui concerne la mission des observateurs internationaux sous son autorité. Mais, il n’a échappé à personne que dès l’adoption de la résolution 2043 [qui stipule le déploiement de 300 observateurs non armés travaillant en coordination avec le gouvernement syrien chargé de leur sécurité et de leur déplacement, sans aucune possibilité d’aller au delà de leur mission de surveillance], les US ainsi que les occidentaux et les ourbans du Golfe ont laissé éclater leur colère. Ils jurent de ne pas renouveler la mission des observateurs prévue pour 3 mois. Ils mettent en doute le sérieux du gouvernement syrien qu’ils recommencent à désigner par « régime », contrairement au texte de la résolution qui parle de « gouvernement ». Ils redemandent à armer ce qu’ils appellent « l’opposition syrienne » avec cependant une différence dans les prises de position et le plafond des exigences, qui rappelle la distribution des rôles qu’ils s’étaient répartis avant l’adoption de la résolution, et qui donc perdure. En effet, nous constatons trois tendances au sein de ce camp, lesquelles paraissent contradictoires ou dispersées. Est-ce le cas ? Ou bien s’agit-il d’une manœuvre mue par des motifs et des objectifs précis ?
Concernant les prises de position et le plafond des exigences, nous remarquons :
- Une première catégorie représentée par les États-Unis qui prétendent soutenir la solution pacifique, que l’émissaire international Kofi Annan est chargé de mettre en application, mais qui persistent dans leur tentative de sape de la légitimité de l’État syrien usant d’un langage chargé de menaces, d’intimidations et d’impatience ; tout en sachant que la mission Annan s’est fondée sur le respect de sa souveraineté, la coopération avec ceux qui l’exercent au nom du peuple syrien [le gouvernement et le Président], la cessation des violences qui ne doivent pas être mises à profit pour créer un fait accompli, et l’adoption du dialogue national pour mettre fin à la crise.
- Une deuxième catégorie représentée par le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie qui, contrairement à la précédente, déclare ouvertement qu’elle n’a absolument pas confiance dans la mission Annan dont l’échec serait inéluctable et que la seule solution contre ce qu’elle appelle le « régime syrien » passe par une action militaire ; tout en sachant que les conditions d’une intervention militaire sous drapeau onusien ne sont toujours pas réunies et qu’il lui sera impossible de les réunir dans le délai escompté. Cette deuxième catégorie parie donc sur une action militaire qui serait menée, en dehors de l’ONU, par une intervention étrangère dirigée par l’OTAN et une coalition internationale organisée à cet effet [comme cela s’est passé pour l’Irak] ; ou parie tout au moins sur la guérilla menée par les groupes armés présents en Syrie ou amenés de l’étranger.
- Une troisième catégorie représentée par l’Europe et surtout la France, reste dans le gris adoptant une position intermédiaire par son soutien limité à la mission Annan, son manque de confiance déclarée quant à son succès ; en plus d’encourager « l’opposition syrienne » au refus du dialogue et au recours aux armes, pour empêcher le « régime » de profiter de l’opportunité qui lui est offerte par cette mission de paix !
Quant à la résolution 2043 elle paraît proche des positions de la première catégorie et tout à fait éloignée de celles qui appellent à la militarisation et aux combats. Elle va donc radicalement à l’encontre des déclarations des ourbans du Golfe et de la Turquie ; ce qui pousserait à croire qu’il y a contradictions et dispersion au sein même de ce camp. Cependant, une analyse plus poussée des prises de position des uns et des autres conduit à une autre conclusion, laquelle se résume à dire que les attaquants sous leadership des USA n’ont pas abandonné l’idée d’une agression contre la Syrie ; une agression en cours de planification par un centre de commandement unique qui distribue les rôles aux exécutants qui lui sont inféodés. Un commandement qui a considéré que cesser la focalisation sur l’option militaire ferait échouer la manœuvre et exagérerait ses pertes ; c’est pourquoi il a opté pour une double stratégie : l’une, essentiellement politique en adoptant à contrecoeur une résolution censée faciliter une solution pacifique dont il serait partenaire au cas où elle réussirait ; l’autre, militaire et civile [armement du peuple syrien et intervention militaire étrangère sous quelque forme que ce soit] pour compenser les pertes en dépit des obstacles et des difficultés qu’il pourrait rencontrer. En effet :
- L’évolution du contexte international est arrivée à un point qui rend impossible l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution qui permettrait d’intervenir en Syrie en vertu du Chapitre VII.
- Une intervention militaire en Syrie par la seule initiative de l’OTAN est quasi impossible. D’une part, en raison de son affaiblissement militaire ; d’autre part, en raison des capacités de la Syrie et de son camp qui sont à même de l’empêcher d’atteindre ses objectifs s’il commet la folie de se lancer dans une telle guerre. C’est d’ailleurs les conclusions de certains centres d’études et de nombre de dirigeants politiques européens qui rejettent cette option, [Le candidat à l’Elysée François Hollande a déclaré que s’il était élu et si une intervention militaire en Syrie était décidée par l’ONU, la France y participerait ; sachant qu’une telle résolution ne sera pas adoptée].
- Une coalition dirigée par les Etats-Unis pour mener une guerre contre la Syrie parait obsolète du fait de l’évolution du contexte international, mais aussi du fait que l’économie des États-Unis et de l’Europe ne permet pas une telle agression excessivement coûteuse, car il n’y a pas en Syrie les ressources naturelles qui compenseraient les dépenses qu’elle engendrerait, si elle avait lieu. Et enfin, l’Occident sait qu’une guerre contre la Syrie ne sera pas une promenade et qu’il n’est pas en mesure de contrôler ses frontières, son espace, et ses conséquences. C’est pourquoi cette option est du domaine de l’impossible.
Les prises de position les plus virulentes contre la Syrie, son peuple et son armée sont celles qui appellent à l’armement des citoyens syriens ; déclarées publiquement par les ourbans du Golfe, mais dictées par les États-Unis. Cette décision a été prise par ces derniers après que leur ministre de la Défense ait assuré que les forces armées et la majorité du peuple syrien approuvent leur Président et sont restés loyaux à son égard. Par conséquent, seule une minorité sera armée contre une majorité sans armes ; ce qui signifie que des mercenaires seront appelés à la rescousse pour déclencher l’incendie d’une guerre civile, maintenant que les agresseurs se sont révélés incapables d’occuper ou de contrôler le pays. Cette option est un défi qui ne peut être ignoré, mais certains facteurs peuvent réduire ses effets pervers, notamment :
- La conscience nationale et le patriotisme du peuple syrien sont à même d’éviter le glissement vers une guerre civile souhaitée par leurs ennemis, et nous ne pensons pas que les citoyens syriens puissent se précipiter vers les tranchées de la guerre pour répondre aux manœuvres malveillantes des ourbans.
- La vigilance et la puissance des forces armées syriennes dont l’efficacité et les compétences peuvent empêcher l’installation de lignes de front intérieures ou de tranchées qui diviseraient le terrain en zones isolées ou inaccessibles ; d’où l’importance de la résolution 2043 qui affirme le droit légitime de l’État syrien à assurer la sécurité de son territoire, élargissant ainsi le champ de surveillance des militaires pour faire face à la violence armée de civils qui s’en prendraient à eux.
- L’anxiété et la peur qui ont désormais envahi les États voisins de la Syrie et qui les poussent à prendre de nouvelles mesures pour empêcher le passage des armes et des terroristes à travers leurs frontières communes avec la Syrie, lesquels sont destinés à nourrir la guerre civile voulue par les États-Unis et ses ourbans. Ici, nous parlons du renforcement des mesures prises par la Jordanie et le Liban récemment, ainsi que des mesures antérieures de l’Irak à cet égard ; abstraction faite de la Turquie embourbée dans la question syrienne jusqu’à en perdre tout son poids.
Tout ce qui précède nous indique que les intimidations, l’évocation répétée de l’option militaire et l’escalade de la rhétorique qui l’entoure malgré la résolution 2043, ne sont pas à prendre au sérieux et ne méritent pas grand intérêt. Ce ne sont que des menaces destinées à accroître la pression pour atteindre les objectifs de l’OTAN et de ses alliés à cette étape de l’agression, et qui se résument à :
- Rétablir l’équilibre sur la scène internationale maintenant que la Syrie a fait pencher la balance, en particulier depuis la résolution 2043 qui a décidé de l’envoi des observateurs pour faciliter la politique syrienne orientée vers la recherche d’une solution pacifique.
- Déstabiliser la Syrie et empêcher son gouvernement et le camp de ses alliés du front régional et international [l’Iran, la Russie et la Chine en particulier. NdT] de profiter de leur succès actuel dans la lutte contre l’agression, et semer la confusion d’ici les prochaines élections parlementaires [fixées au 7 Mai. NdT].
- Trouver une présentation des faits qui puisse permettre au camp des attaquants d’échapper à leur défaite au bout d’une année et plus de confrontation. Une défaite qui a pratiquement consacré leur impuissance à atteindre leur objectif de renverser le gouvernement et qui les a obligés à le reconnaître et à admettre que la majorité du peuple syrien le soutient.
- Consolider les groupes armés et les « conseils des oppositions en résidences hôtelières » pour parer à leur désintégration voire leur disparition, une fois convaincus que le peuple syrien ne les suivra pas quel que soit le processus politique démocratique.
Finalement, nous voyons que la Syrie, soutenue par un front régional et international, avance en augmentant ses chances de succès contre ses agresseurs qui fulminent de rage et de colère suite à leur échec et ne profèrent que des menaces et des intimidations couplées avec des actes terroristes ; insultes et terrorisme étant les seules armes qui leur restent depuis qu’ils ont constaté leur défaite.
Dr. Amin Hoteit
Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.
23/04/2012
Source : Al-Thawra http://www.thawraonline.sy/index.php/selected-articles-list/...
Article proposé et traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal (Biologiste)
25/04/2012
URL de cet article 16539
http://www.legrandsoir.info/syrie-pourquoi-l-escalade-des-menaces-depuis-la-resolution-2043.html
4-3 Thierry Meyssan sur les tentatives de déstabilisation de la Syrie et sur l’élection présidentielle française.
Dans une interview accordée à nos confrères suisses de Mecanopolis que nous reproduisons dans nos colonnes, Thierry Meyssan revient sur l’offensive internationale contre la Syrie, la situation dramatique de la Libye et la campagne électorale en France. Comme un symbole, le « succès » français en Libye est un désastre, alors que paradoxalement, l’échec d’Alain juppé en Syrie préserve les chances de peser dans le monde de demain. Alors que la crise syrienne annonce la fin du monde unipolaire et le bouleversement des anciennes alliances, la France n’a qu’une alternative : la reconquête de sa souveraineté ou l’errance mondialiste.
Mecanopolis : Thierry Meyssan, vous observez la situation en Syrie depuis plusieurs mois pour le Réseau Voltaire. Que pouvez-vous nous dire des dernières évolutions sur le terrain ?
Thierry Meyssan : Durant un an, la Syrie a affronté une « guerre de basse intensité ». Des milliers de mercenaires, venant de toute la région et ayant une expérience du combat en Irak et en Libye, ont saboté les infrastructures énergétiques et de télécommunication. Puissamment armés par l’OTAN, disposant de renseignements satellitaires, encadrés par des instructeurs occidentaux, ils ont tenté de semer la terreur et le chaos en perpétrant des crimes d’une violence inouïe. Simultanément, les médias occidentaux ont inventé une histoire de révolution/répression que leurs lecteurs et spectateurs ont gobée par assimilation : le schéma tunisien se reproduirait dans tous les pays où les gens parlent arabe.
Il n’y a pas à ce jour de bilan clair des victimes. La seule source indépendante crédible à laquelle on peut se référer est la Mission d’observation de la Ligue arabe. Elle était majoritairement composée d’experts de haut niveau (officiers supérieurs et diplomates), de nationalités différentes, et a pu librement se déployer dans tout le pays. Selon elle, il n’y a jamais eu de manifestations de masse contre le régime et, partant de là, jamais de répression. Surtout, les groupes armés ont fait autant de victimes parmi les civils que parmi les forces de sécurité (armée et police). Ce constat, qui contredit les assertions des puissances occidentales et du Golfe, a été rejeté par elles, alors mêmes que ce sont elles qui avaient voulu et composé cette Mission d’observation.
La « guerre de basse intensité » a pris fin avec le retrait états-unien consécutif au double veto russo-chinois et au déploiement des armes anti-aériennes russes. L’OTAN, ayant été contrainte d’abandonner son projet de bombardement de la Syrie, n’avait plus de raison de poursuivre sa stratégie préparatoire au sol. Les derniers combattants se sont retranchés dans un quartier de Homs, où ils ont proclamé l’Émirat islamique de Baba Amr. Durant un mois, ils ont organisé un show télévisé mondial pour faire accroire que leur bastion était « pilonné » par les forces syriennes ; ce qui n’a jamais eu lieu et ne pouvait pas avoir lieu puisqu’un détachement syrien était lui-même prisonnier à l’intérieur de l’Émirat islamique. En définitive, à la suite d’un accord conclu entre Claude Guéant et le général Assef Chawkat, les instructeurs français ont quitté Baba Amr et la plupart des mercenaires se sont rendus.
Comme toujours lorsqu’une guerre est finie, il reste des individus et des groupuscules isolés, animés par un esprit de vengeance, qui causent encore des dommages à la population. Quoi qu’il en soit, progressivement tout revient à la normale. Dans quelques jours se tiendront des élections législatives pluralistes, les premières que le pays aura connues depuis un demi-siècle. Les nouveaux partis politiques découvrent la possibilité de s’exprimer à la télévision et d’animer des débats publics. En définitive, la Syrie sort de cette épreuve appauvrie, mais renforcée.
Les efforts de l’OTAN pour faire tomber le régime de Bachar el-Assad ont jusqu’ici été mis en échec. Nous imaginons toutefois que cette coalition occidentale ne va pas abandonner ses projets. Quelles seront, selon vous, les prochaines actions de déstabilisation de la Syrie ?
En déployant en Syrie le système de défense anti-aérien le plus sophistiqué du monde, la Fédération de Russie a mis fin à la dominance aérienne des États-Unis et d’Israël au Proche-Orient. Or, la puissance des forces armées US repose principalement sur sa capacité de destruction aérienne, les forces au sol ayant montré leur incapacité à occuper un terrain. Washington n’a donc plus les moyens de sa politique.
La présence russe est massive. Il y a aujourd’hui plus de 100 000 ressortissants russes stationnés en Syrie et ce sont des militaires russes qui servent leur matériel de défense anti-aérienne.
L’équilibre stratégique s’est inversé en quelques années. Washington, qui n’avait pas réussi à entrer en guerre au Liban en 2005, y a livré une guerre par procuration en 2006, laquelle s’est soldée par la cuisante défaite d’Israël face au Hezbollah. Puis, le Pentagone a été contraint d’évacuer en 2011 les gigantesques bases militaires qu’il avait construites pour un siècle en Irak. L’OTAN vient de reculer en Syrie, et il n’est plus question d’attaquer l’Iran.
Bien plus que les États-Unis et Israël, ce sont les régimes arabes sionistes qui sont les grands perdants de cette nouvelle donne. Je pense particulièrement aux dictatures wahhabites d’Arabie saoudite et du Qatar. Je ne suis pas sûr qu’ils puissent survivre longtemps à leur défaite
Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots quels sont les intérêts que servent l’OTAN dans la déstabilisation de la Syrie, et quel est leur but final ?
L’OTAN n’a d’alliance défensive que le nom. En réalité, c’est une organisation de supplétifs des États-Unis, au service de leurs ambitions impériales. La décision d’attaquer la Syrie a été prise lors d’une réunion au Camp David, le 15 septembre 2001, juste après les attentats de New York et Washington. Elle faisait partie d’une liste de 7 objectifs, après l’Afghanistan et l’Irak, il était prévu d’attaquer la Libye et la Syrie, puis la Somalie et le Soudan, et enfin l’Iran. Les préparatifs de la guerre contre la Syrie ont débuté après la chute de Bagdad, avec le vote du Syria Accountability Act, le 15 octobre 2003. Immédiatement, les premières sanctions ont été prises. Leur prétexte était que la Force de paix syrienne déployée au Liban pour mettre fin à la guerre civile s’y éternisait. Damas a retiré ses troupes, laissant le pays du cèdre à découvert face à l’ennemi israélien, mais les sanctions ont été maintenues. Depuis, tout a été essayé pour provoquer le conflit. Souvenez-vous par exemple de la manière dont on a accusé, sur la base de faux témoignages aujourd’hui annulés, le président Bachar el-Assad d’avoir commandité divers assassinats au Liban dont celui de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri. Pour juger el-Assad, les Etats de l’OTAN et du CCG ont alors financé un tribunal d’exception, dont les règles violent les principes les plus élémentaires de la Justice et du Droit international. Et ainsi de suite.
Fondamentalement, la coalition anti-syrienne unit quatre composantes.
Les États-Unis veulent poursuivre le remodelage du « Moyen-Orient élargi ». Il s’agit pour eux de casser les grands États historiques et de leur substituer de petits États ethniquement homogènes, plus faciles à manipuler. Ils entendent amputer le Nord-Est de la Syrie en vue de la création d’un Kurdistan avec des éléments irakiens, turcs, voire iraniens. Et amputer la côte syrienne pour déplacer le Liban vers le Nord et offrir une partie de son territoire actuel à Israël.
De son côté la colonie juive de Palestine vise à briser « l’Axe de la Résistance ». Il lui faut changer le régime, renverser Bachar el-Assad, au profit d’un fantoche, Burhan Galioun, dont le seul programme politique est de rompre l’alliance syrienne avec le Hezbollah et l’Iran, ainsi qu’il l’a lui-même expliqué au Wall Street Journal.
En ce qui les concerne, les dictatures religieuses du Golfe ont, pour survivre, un besoin vital d’éliminer le modèle laïque syrien. Celui-ci est très différent de ce que nous connaissons sous le même vocable en Europe, particulièrement en France. La laïcité syrienne n’est pas une cohabitation, une tolérance, entre communautés religieuse —et encore moins un cache-nez du racisme comme elle tend à le devenir en Europe , mais une véritable coopération entre croyants pour garantir la liberté de chacun de s’épanouir spirituellement en suivant la foi de ses ancêtres.
Enfin, les multinationales de l’énergie convoitent le gaz de la région. On a découvert des réserves considérables en Méditerranée sous la croute de sel, et dans le continent. Ces gisements sont partagés entre l’Egypte, la Palestine occupée, le Liban, la Syrie, la Turquie et Chypre, mais leur centre se trouve à Qârâ, non loin de Homs. Nous venons en fait d’assister à la première grande guerre du gaz qui préfigure de nouvelles règles géopolitiques bien différentes de celles du pétrole. C’est aussi la raison pour laquelle, les grandes puissances du gaz sont si impliquées : la Russie, l’Iran et le Qatar.
En embarquant la France dans cette aventure, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont cherché à satisfaire chacune des quatre composantes de la coalition ; Paris n’ayant aucun intérêt direct au conflit. La France a cru pouvoir jouer un rôle en tant qu’ancienne puissance mandataire, et monnayer ce rôle. Cependant, l’espoir de la victoire a laissé place à la réalité de la défaite et les Français vont être surpris de devoir payer la facture des crimes commis en leur nom.
Plusieurs mois après l’intervention de l’OTAN en Libye, pouvez-vous nous dire quelle est la situation dans ce pays, et qui le dirige ?
Personne ne gouverne la Libye. Et personne ne pourra la gouverner avant longtemps. J’avais expliqué lors de l’assassinat de Mouammar el-Khadafi, mort sous la torture un jour après l’attaque de son convoi par les Français, que la disparition du « Leader » marquait l’anéantissement de la notion d’autorité dans une société tribale. Le but recherché a été atteint : la société libyenne est détruite, comme on a détruit la société en Somalie et en Irak.
Les partisans du « remodelage » ont étendu leur stratégie à l’Afrique du Nord. La contagion gagne maintenant le Mali et menace l’Algérie.
Permettez-moi de répéter qu’il n’y a jamais eu de révolution anti-Kadhafi en Libye, qui était apprécié par son peuple et n’a jamais envisagé de le massacrer. Par contre, il y a eu une sécession de la Cyrénaïque à l’initiative de la France et du Royaume-Uni pour le compte des États-Unis et d’Israël. On se dirige maintenant vers une partition du pays : rétablissement de la monarchie Senussie en Cyrénaïque, installation des Frères musulmans en Tripolitaine, et repli des anti-impérialistes au Fezzam.
En France, nous approchons du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se sont auto désignés comme les candidats de l’antimondialiste. Pensez-vous qu’ils le soient réellement ?
Si nous abordons la question des programmes politiques, nous devons la penser en termes de partis, d’équipes, et pas de personnes. A l’inverse, si nous parlons des candidats, nous devons juger leur personnalité, leur compétence et leur vertu républicaine.
Je ne doute pas que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon soient antimondialistes, mais l’important est de savoir si leurs équipes le sont. Les positions du Front national et du Front de gauche sont généralement anti-mondialistes, mais souvent ambiguës et parfois contradictoires. Seul des deux, le Front national a condamné les aventures militaires de Nicolas Sarkozy en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie, mais il entretient un flou artistique à propos des États-Unis et d’Israël. Il est clair pour moi que le Front de gauche, malgré les efforts de son candidat, n’est pas anti-mondialiste. Je suis par contre dubitatif quant au Front national qui a soigneusement évité de clarifier en son sein cette question centrale.
Notre ami et camarade Pierre Hillard s’apprête à lancer, dans la continuité du texte d’Adrien Abauzit, un « appel à l’abstention » pour le deuxième tour de cette élection qui, sauf surprise, consacrera un duel entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. L’idée est de donner le moins de légitimité possible au prochain président, de sorte à pouvoir ensuite contester son autorité – qu’il ne manquera pas de mettre au service de l’oligarchie mondialiste. Seriez-vous prêt à le signer, avec d’autres intellectuels français ?
D’abord, par principe, je me refuse à discuter en public de la stratégie de second tour avant que le suffrage universel ait parlé au premier tour.
Ensuite, je pense que le passage du vote blanc à l’abstention doit être murement réfléchi. Le premier exprime un refus de légitimer le choix présenté, tandis que le second manifeste une volonté de délégitimer les institutions. Nous avons évoqué tout à l’heure la Libye. J’ai vu ce que signifie l’effondrement d’un État, l’anarchie que Hobbes décrivait en disant qu’elle fait de l’homme « un loup pour l’homme », et je ne souhaite pas ce genre chose à quelque peuple que ce soit et surtout pas au mien.
Je pense comme Pierre Hillard, et certainement de très nombreux Français, que notre République n’est plus laïque, n’est plus démocratique et n’est plus sociale. Mais si nous appelons à délégitimer les institutions, nous ne pouvons en rester là. Nous devons aller jusqu’au bout : la Révolution ! Sommes-nous prêts ?
Réseau Voltaire
20 avril 2012
Mecanopolis, 19 avril 2012.
http://www.voltairenet.org/Thierry-Meyssan-sur-les-tentatives
5 Annexe
5-1 Manlio Dinucci : L'art de la guerre : Ceux qui nous défendent des atrocités.
Qui doutait que Barack Obama ne méritait pas le Prix Nobel de la paix va devoir maintenant revenir sur son opinion. Le président a annoncé la création de l’Atrocities Prevention Board, un comité spécial de la Maison Blanche pour la « prévention des atrocités ». Il est présidé par son inspiratrice, Samantha Power, assistante spéciale du président et directrice pour les droits de l’homme au National Security Council, formé par les conseillers les plus importants en politique étrangère. Dans son ascension au pouvoir (auquel elle semble prédestinée par son nom), Samantha, aspirante secrétaire d’Etat, s’est toujours appuyée sur la dénonciation de présumées atrocités, attribuées à ceux qui, chacun à leur tour, sont désignés comme les ennemis numéro un des Etats-Unis. Sous l’aile de son patron, le puissant financier Georges Soros, Power a contribué à élaborer la doctrine « Responsabilité de protéger », qui attribue aux Etats-Unis et à leurs alliés le droit d’intervenir militairement dans les cas où, de leur avis sans appel, des « atrocités de masse » sont sur le point d’être commises. C’est grâce à ce type de motivation officielle, en particulier celle de protéger la population de Benghazi menacée d’extermination par les forces gouvernementales, que le président Obama a décidé l’an dernier de faire la guerre contre la Libye. La doctrine est maintenant institutionnalisée avec la création de l‘Atrocities Prevention Board. A travers la Communauté d’intelligence (formée par la Cia et 16 autres agences fédérales), il établit quels sont les cas de « potentiels atrocités de masse et génocides », en alertant le président. Il préfigure ainsi les outils politiques, économiques et militaires pour la « prévention ». Dans ce cadre, le Département de la défense est en train de développer « des principes opérationnels ultérieurs, spécifiques de la prévention et de la riposte aux atrocités ». Dorénavant ce sera l’Atrocities Prevention Board qui préparera le terrain à de nouvelles guerres. Et il est déjà au travail : face à l’ « indicible violence à laquelle est soumis le peuple syrien, nous devons faire tout ce que nous pouvons », a déclaré le président Obama, en soulignant qu’aujourd’hui comme dans le passé, « la prévention des atrocités de masse constitue une responsabilité morale fondamentale pour les Etats-Unis d’Amérique ». Dommage que l’Atrocities Prevention Board n’ait été créé que maintenant. Sinon il aurait pu prévenir les atrocités de masse dont est constellée l’histoire étasunienne, à commencer par le génocide des populations autochtones nord-américaines. Il suffit de nous souvenir, en nous limitant aux cinquante dernières années, des guerres contre le Vietnam, le Cambodge, le Liban, la Somalie, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye ; les coups d’état orchestrés par les Usa en Indonésie, Chili, Argentine, Salvador. Des millions de personnes emprisonnées, torturées et tuées. Pour prévenir d’autres atrocités, l’Atrocities Prevention Board devrait livrer à la justice les responsables, impunis, des tortures et meurtres à Abu Ghraib, à Guantanamo et dans des dizaines d’autres prisons secrètes de la Cia. Il devrait aussi joindre aux actes les vidéos avec lesquelles les soldats étasuniens documentent, pour s’amuser, le meurtre de civils en Afghanistan[1][1][1], que le Pentagone a essayé d’abord d’occulter puis de minimiser. Que Samantha Power les regarde bien, ces vidéos, pour comprendre ce qu’est vraiment une « atrocité de masse ».
[1][1][1] Voir http://www.rollingstone.com/politics/news/the-kill-team-20110327
Source : Marie-Ange Patrizio
Manlio Dinucci
Mardi 1er mai 2012
Edition de mardi 1er mai 2012 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120501/manip2pg/14/manip2pz/322008/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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07.05.2012
n°52 - Journal de Syrie - 07-05 - -: La résistance de la Syrie et les nouvelles équations internationales.
n°52 - Journal de Syrie - 07-05 - -: La résistance de la Syrie et les nouvelles équations internationales. -
Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Sa diffusion est un acte de résistance.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources.
Journal deSyrie
n°52 01-05 - 07-05
C.De broeder & M.Lemaire
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Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.
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Tiré à part SCOOP SCANDALE : RMC Jean-Jacques Bourdin LA VERITE SUR LA SYRIE - YouTube Philippe Abi-Akl : « L’énigme » du Lutfallah Chérif Abdedaïm : Les bouffons de l'empire. 1 Politique Syrienne Louis Denghien :Accord ONU/Syrie sur les observateurs et nouvelle comédie diplomatique juppéenne. Sur le terrain L’Orient-Le Jour : La Syrie refuse des visas à des observateurs. Des Canons ... pas du beurre 2-1 Saisie d'une énorme quantité d'armes destinées aux insurgés syriens Les grandes manœuvres 3-1Plus de 700 combattants anti-Assad déposent les armes. Pays Russie La Syrie doit repousser les "terroristes" avec "fermeté". Turquie Ankara veut faire appel à l'Otan, Moscou préoccupé. 3 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos. 3-1 Eckart Spoo :De l’art de trier les informations 4 Dossier 4-1 Ghaleb Kandil : La résistance de la Syrie et les nouvelles équations internationales. 4-2 Pierre Piccinin - Le plan Annan : une porte de sortie pour Damas. |
Tiré à part
SCOOP SCANDALE : RMC Jean-Jacques Bourdin
LA VERITE SUR LA SYRIE – YouTube
http://www.youtube.com/watch?v=9U6_erVhd_k&feature=player_embedded
Philippe Abi-Akl : « L’énigme » du Lutfallah II :
Décision internationale d’armer l’opposition ou prétexte pour relancer l’ingérence syrienne ?
ÉCLAIRAGE
L’opposition est soucieuse, à l’heure actuelle, d’élucider « l’énigme » du Lutfallah II, selon une source du 14 Mars.
Le navire avait été intercepté vendredi par l’armée, alors qu’il était amarré au large du Liban-Nord. Trois conteneurs d’armes, qui seraient destinés, selon certaines sources, à l’opposition syrienne, ont été saisis à son bord.
La série de questions que se pose l’opposition sur l’affaire sont liées à l’itinéraire emprunté par le navire (parti de Libye, il a fait une escale au port égyptien d’Alexandrie, avant de se diriger vers le port de Tripoli), un itinéraire qui implique directement le Liban dans le conflit syrien, rompant ainsi avec la politique de distanciation.
D’abord, ce n’est un secret pour personne que l’armée exerce un contrôle étroit au niveau des frontières terrestres et maritimes. Affermi depuis le début de la crise syrienne, ce contrôle est relayé à la fois par la Finul et par l’armée israélienne, soucieuse d’empêcher le trafic d’armes par les voies maritimes vers Gaza.
Face à cet état des lieux, comment la partie responsable du trafic déjoué a-t-elle entrepris d’envoyer les armes à travers le Liban, alors qu’elle aurait pu opter pour la Turquie ou pour l’Irak ? D’où lui est venue cette audace ? Cette question est soulevée par les milieux de l’opposition qui jugent déraisonnée pareille démarche... à moins qu’elle ne vise à envoyer un message particulier. En effet, l’opposition s’interroge sur la raison pour laquelle le trafic d’armes semble relever désormais des autorités internationales, alors qu’il s’effectuait traditionnellement à l’échelle des commerçants, toutes confessions et tendances confondues (même le fils d’un cadre d’un parti influent avait été accusé de vendre des armes à l’opposition syrienne, puisées d’un dépôt d’armes du parti en question).
L’itinéraire du navire et la manière avec laquelle les armes ont été saisies (la Finul a notifié l’armée du caractère suspect du navire) paraissent indiquer l’existence d’une décision internationale d’armer l’opposition. Auquel cas le navire ne serait autre qu’un signal clair de cette décision externe. Cette hypothèse est appuyée également par le fait que les armes transportées n’étaient pas dissimulées dans une cargaison de marchandises commerciales, comme s’il n’y avait aucune volonté de les camoufler.
Selon les milieux de l’opposition, la majorité tente de profiter de l’affaire du Lutfallah II en lui imputant la responsabilité de la contrebande vers la Syrie. Pareille allégation viserait à justifier un accroissement éventuel de l’ingérence syrienne, dans un terrain libanais présenté comme ennemi au régime. Or l’opposition rappelle que si le transit des armes s’effectue via le port de Tripoli, cela ne suffit pas à accuser l’opposition, puisque la présence de l’armée est fortement ressentie, et de manière égale, tout le long des frontières. En somme, la majorité tenterait d’exploiter cet incident à des fins politiques, précisément électorales. D’autant que la campagne pour les législatives semble déjà initiée par les attaques du député Michel Aoun contre le chef de l’État, comme le relève une figure de l’opposition.
Une autre question qui se pose : pourquoi le navire a-t-il été dérouté, après son interception, vers le port de Selaata, où il a été vidé, et non directement vers la base militaire de Jounieh ou de Beyrouth directement ? Autant de réponses que l’opposition s’empresse de trouver, sans fonder grand espoir sur les résultats de l’enquête en cours,
puisque, dans cette affaire, c’est également le rôle de l’armée qui est questionné...
Philippe Abi-Akl |
Chérif Abdedaïm : Les bouffons de l'empire.
Le premier ministre palestinien Salam Fayyad a lancé récemment un appel aux pays arabes afin d’apporter une aide financière aux Palestiniens. Ces derniers font face à un déficit qui, selon l’agence de presse Wafa, pourrait atteindre les 800 millions de dollars en 2012.
Face à cette crise, et comble de l’ironie, le ministre des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal, lors d'une réunion tenue récemment avec Hillary Clinton à Riyad, a annoncé que l'équipement de l'opposition syrienne est un «devoir», car elle ne peut pas se défendre.
Dans ce contexte, le roi saoudien Abdullah Bin Abdul Aziz Al-Saoud a adressé une demande, début mars, au roi de Jordanie Abdallah II, afin d’obtenir son accord sur la livraison des armements à l'opposition syrienne à travers son territoire en échange d'une aide économique.
Une position explicitement belliqueuse faisant fi des résolutions onusiennes soutenant la mission de Kofi Annan, dont le but est de trouver un compromis entre les deux parties en conflit.
Que déduire de cette tragicomédie ? D’une part, un peuple spolié et humilié depuis une soixantaine d’années réduit à la « mendicité » et d’autres part, de riches monarques qui sont prêts à dépenser des fortunes pour attiser davantage une guerre civiles et renflouer les tombes par de nouveaux cadavres d’innocents.
Les syriens n’ont-ils déjà pas payé un lourd tribut d’une année de guerre civile pour qu’un monarque se complaise à souscrire aux thèses de l’empire pour la réalisation d’un « chaos constructeurs » ?
Et pourtant, ce soutien aurait été mieux placé s’il était en faveur des Palestiniens dont la souffrance semble s’éterniser, et ce, face à un régime défiant la « communauté » internationale, au même tire que ses instances officielles dont la complicité n’est plus à prouver.
Récemment, le procureur a tenté « d'interdire aux victimes palestiniennes l’accès à la Cour Pénale Internationale (CPI), la seule juridiction capable de se saisir de la situation en Palestine. Or, il existe un grand principe, qui est celui de l’accès au juge. Le procureur près la CPI est une autorité de poursuite, et pas un juge, et sa manœuvre est vouée à l'échec » précise Me Gilles Devers. Pourquoi, donc, ces bouffons de l’empire, hier, complice des assassins de Kadhafi, aujourd’hui, comploteurs contre Assad, n’œuvrent-ils pas, pour une fois, en faveur d’une juste cause? Aider les Palestiniens, déjà reconnus par 130 Etats dans le monde, à arracher leur admission à l’ONU ? Question utopique mais qui tarauderait les esprits.
Cela dit, les vassaux de Washington n’oseraient jamais contredire leur maître. D’ailleurs, l’empire qui, face à ses nouvelles restrictions budgétaires, ne semble plus en mesure d’intervenir directement, vu le coût des opérations, préfère plutôt confier à ses vassaux les sales missions de nettoyage du terrain, en leur promettant le statut de leaderships régionaux.
Chérif Abbdedaïm,
La Nouvelle République du 8 avril 21012
1 Politique Syrienne
Louis Denghien :Accord ONU/Syrie sur les observateurs et nouvelle comédie diplomatique juppéenne.
Malgré les difficultés, et une certaine suspicion légitime, le gouvernement syrien continue de jouer le jeu du plan de paix de Kofi Annan : ce jeudi après-midi19 avril, des représentants de l’ONU et du gouvernement syrien ont apposé leurs signatures sur le texte d’un protocole d’accord sur le cadre et les conditions du déploiement des observateurs de l’ONU.
Ce au siège du ministère des Affaires étrangères à Damas. C’est Fayçal al-Meqdad, vice-ministre des Affaires étrangères, qui a signé pour la Syrie, le général (indien) Abhijit Guha, chef de la délégation technique de l’ONU en Syrie, faisant de même pour l’organisation internationale.
Peut-être n’est-il pas indifférent que ce soit un responsable d’un Etat membre des BRICS – défenseurs affirmés de la souveraineté syrienne – qui ait représenté les Nations-Unies en la circonstance.
Il n’est pas inutile de rappeler que pour l’heure le pôle CNS/ASL n’a rien signé du tout.
Tandis que le gouvernement syrien donne ce nouveau geste de bonne volonté, à Paris Alain Juppé s’efforce d’entretenir la flamme de la guerre civile en réunissant autour de lui les soi disant « Amis de la Syrie », coalition de14 ministres des Affaires étrangères occidentaux ou pro-occidentaux et de frustrés de l’ingérence. Hillary Clinton s’est déplacé pour la circonstance pour faire entendre la grande voie de l’hypocrisie américaine, et sans doute pour voir une dernière fois son fidèle allié français en situation de patron de la diplomatie française.
Les « couloirs humanitaires » version Sarkozy
L’occasion pour ce dernier de nouvelles – d’ultimes ?- déclarations haineuses – et d’une énième défense de son « dada » diplomatique syrien, à savoir l’ouverture (de force) de « couloirs humanitaires« . Des couloirs humanitaires qui ont apparemment une finalité tout autre qu’humanitaire, puisque son patron Nicolas Sarkozy a « mangé le morceau » en déclarant sur Europe 1 que l‘ouverture des dits couloirs devait permettre, non pas de ravitailler des populations en difficulté, mais de permettre à l’opposition syrienne « d’exister« . Texto !
Sans doute, cette désarmante franchise est aussi l’expression d’un politicien exaspéré de constater que sa volonté (de puissance et de nuisance) et une bonne part de son crédit se sont usés sur le roc syrien. Pas d’autre solution donc que la fuite en avant et la gesticulation. Et de cela le très menacé président français ne se prive pas, alternant propos haineux – « Bachar al-Assad ment de façon éhontée, il veut rayer Homs de la carte comme Kadhafi voulait rayer de la carte Benghazi » – et voeux pieux déconnectés de toute réalité, Sarkozy se déclarant « convaincu » que les Chinois et les Russes rejoindraient ses positions. Ce parce qu’ils « n’aiment pas être isolés » explique le fin psycho-diplomate de l’Élysée.
Il est « piquant » d’entendre ces arguments dans la bouche de quelqu’un qui a puissamment contribué à « rayer de la carte« , par ses bombardements et son appui à des insurgés, sinon des villes entières, du moins pas mal de quartiers et d’infrastructures de nombreuses villes libyennes. Dans la bouche de quelqu’un qui s’est coupé, par son atlantisme militant, du seul maître du jeu dans la région, désormais, la Russie. Le pouvoir rend fou, ou à tout le moins déboussole… Nicolas Sarkozy ne devrait pas tarder à être « dégrisé », à cet égard…
Tel maître, tel valet : Alain Juppé a pris lui aussi la parole, devant les « Amis » de la Syrie. Pour exprimer la soi disant impatience de la communauté internationale quant à l’exécution du plan de paix par les autorités syriennes. Un plan de paix que ne respectent pas les groupes armés et dont Juppé et ses amis occidentaux clament à voix haute qu’il est voué à l’échec. Alors, pour la galerie, on réclame une augmentation des effectifs des bérets bleus en Syrie – « 300 à 400 » estime Juppé – et l’on menace la Syrie de nouvelles « sanctions« . Un mot qu’un Juppé a dû utiliser quelques centaines de fois depuis qu’il s’est penché sur ce dossier syrien.
La seule vraie impatience de tout ce beau monde euro-qataro-américain, tout le monde le sait bien, c’est vis-à-vis de la résistance du pouvoir et du peuple syriens.
Depuis le début, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont fait leurs les buts de guerre américains, britanniques et « golfistes » : renverser le régime syrien pour affaiblir l’Iran dans la perspective d’une agression contre celui-ci, et « accessoirement » soulager Israël d’un nouvel adversaire arabe, après l’Irak. Pour l »heure, ce plan n’a guère fonctionné, et c’est cela qui rend nos gouvernants si agressifs. Ni Sarkozy et Juppé n’aiment perdre. Il va pourtant falloir qu’ils apprennent à le faire. Très rapidement.
Louis Denghien
Jeudi 19 avril 2012
Fin de partie pour un calamiteux binôme
Publié le 20 avril 2012 avec l'aimable autorisation d'Info Syrie
Source : Info Syrie
http://www.infosyrie.fr/...
Sur le terrain
1-1 L’Orient-Le Jour : La Syrie refuse des visas à des observateurs.
Ndlr : La publication des articles ne signifie nullement que la rédaction partage tout l'analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
L'ONU a annoncé le refus par la Syrie d'accorder des visas à trois observateurs internationaux et accusé le régime et l'opposition de violer le cessez-le-feu instauré voilà trois semaines, où les violences ont tué 34 personnes mardi.
Selon des diplomates, le gouvernement syrien rechigne à laisser entrer des citoyens de pays occidentaux comme les Etats-Unis, la France le Royaume uni ou l'Allemagne, hostiles au régime de Bachar al-Assad, où de pays arabes comme l'Arabie saoudite et le Qatar qui soutiennent l'opposition.
"Il y a eu trois refus jusqu'à présent", a annoncé à New York le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, sans préciser la nationalité des observateurs.
A Damas, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jihad Makdessi a confirmé que le désaccord portait sur les nationalités mais n'a pas voulu parlé de "refus".
"Nous avons convenu avec l'équipe de l'ONU que les nationalités des observateurs devraient être approuvées par les deux parties. On ne peut pas vraiment parler de refus. Il y a bien plus de 110 nationalités qui peuvent facilement travailler en Syrie. Nous restons engagés par une approche positive à l'égard des besoins liées aux opérations de l'ONU (...)", a-t-il dit.
«Armes lourdes»
Hervé Ladsous a en outre indiqué que "les 24 observateurs" sur le terrain depuis plusieurs semaines avaient constaté que des "armes lourdes" étaient toujours présentes dans les villes, en violation du plan de l'émissaire international Kofi Annan accepté par le régime de Bachar al-Assad.
C'est en vertu de ce plan qu'une trêve a été instaurée le 12 avril mais elle reste quotidiennement violée. Il prévoit aussi une mission de 300 observateurs mandatés par l'ONU, la libération des détenus, le droit de manifester pacifiquement et la libre circulation des médias et des humanitaires.
Les violations du cessez-le-feu constatées jusqu'à maintenant "viennent des deux camps", les forces régulières et l'opposition armée, a ajouté Hervé Ladsous, en refusant de dire dans quelle proportion.
Le mandat des 300 observateurs (MISNUS) qui doivent être déployés rapidement a été approuvée pour une période initiale de 90 jours par le Conseil de sécurité. "Ceci n'est pas un exercice illimité dans le temps", a souligné Hervé Ladsous. Les deux camps "ne doivent pas gâcher cette occasion cruciale".
Toujours plus de violences
La veille, le chef de l'ONU Ban Ki-moon avait appelé "toutes les parties à cesser immédiatement la violence armée sous toutes ses formes et à coopérer pleinement avec le travail de la MISNUS".
Mais sur le terrain, les violences ont continué de plus belle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne.
Dix civils, dont neuf membres d'une même famille, ont péri dans un pilonnage de l'armée d'un village de la province d'Idleb (nord-ouest), 12 soldats ont été tués dans des combats avec des déserteurs à Deir Ezzor (est), 10 civils et deux militaires dissidents ont été abattus par l'armée à Damas, Homs et Hama (centre), a précisé l'OSDH.
Le pilonnage à Idleb est survenu au lendemain de trois attentats contre des sièges de la Sécurité dans la ville qui ont fait au moins 20 morts, en majorité des policiers, selon l'OSDH. Les médias officiels ont parlé de neuf morts en imputant les attaques à la voiture piégée à des "terroristes".
Le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation populaire qui a commencé le 15 mars 2011 par des manifestations pacifiques avant de se militariser face à la répression. Il accuse des "bandes terroristes" de semer le chaos et de mener les attentats, mais l'opposition les lui impute.
Décret signé par Obama
Recevant lundi à Damas le chef des observateurs, le général Robert Mood, le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Meqdad a réaffirmé que Damas "ferait face aux actions des bandes armées", l'appelant à "enquêter sur les violations" du plan Annan et à en référer "avec impartialité à l'ONU".
La presse officielle a accusé les observateurs d'être "incapables de prendre des mesures pour arrêter les infiltrations et les attaques terroristes".
Les observateurs déjà sur place sont répartis dans plusieurs régions -Idleb, Deraa (sud), Homs et Hama. Certains ont visité mardi la province d'Idleb, se rendant à Ariha bombardée la veille et Jisr al-Choughour, selon des militants. Leur nombre devrait passer à 100 d'ici un mois avant d'atteindre les 300.
Enfin, à Washington, le président Barack Obama a signé un décret autorisant l'application de sanctions à des groupes et individus étrangers qui essaieraient de contourner les mesures déjà en place contre la Syrie après la répression brutale de la révolte par le régime.
Depuis le début de la contestation, plus de 11.100 personnes, en majorité des civils, ont péri dans les violences, selon l'OSDH, et des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées selon des ONG. Et selon une estimation de l'ONU, plus de 65'000 Syriens ont fui leur pays. (ats/afp/Newsnet)
Créé: 01.05.2012, 17h54
L’Orient-Le Jour -
http://www.24heures.ch/monde/La-Syrie-refuse-des-visas-a-des-observateurs/story/20977649
Des Canons ... pas du beurre
2-1 Saisied'une énorme quantité d'armes destinées aux insurgés syriens
Pris en flagrant délit de trafic d'arme, l'opposition syrienne, leurs alliés libanais et leurs appuis occidentaux, ne peuvent plus prétendre mener une "révolution pacifique" en Syrie qui a déjà fait 10000 morts: 3500 civils, autant de policiers et de militaires et un nombre égal d'insurgés.
C'est un véritable arsenal, destiné à équiper une petite armée, qui a été saisi: des milliers de fusils mitrailleurs Kalachnikov russes et de M 16 américains, des lance-roquettes de fabrication russe et américaine, des tonnes de munitions et d'explosifs, des obus de différents calibres.
Les armes ont été découvertes par la marine libanaise dans les eaux territoriales nationales dans trois conteneurs à bord d'un navire battant pavillon de Sierra Leone. En provenance de Libye, le navire a fait escale dans le port d'Alexandrie en Egypte, avant de poursuite sa route. Il a été arraisonné à 50 kilomètres au Nord de Beyrouth, au large du port de Selaata, alors qu'il se dirigeait vers le port de Tripoli. La deuxième ville du Liban est situé à moins de 30 kilomètres de frontière syrienne.
Selon des sources de sécurité libanaise, le Lutfallah II appartient à un homme d'affaires syrien dont le frère est le capitaine du navire.
Le chargement a été transporté à Beyrouth dans un convoi escorté d'une douzaine de véhicules militaires et survolé par un hélicoptère de l'armée. Onze personnes, huit syriens et trois libanais, ont été arrêtées et déférées devant la justice libanaise.
Selon des sources bien informées, les contrebandiers disposeraient de complicités au sein de parti politiques libanais, notamment le Courant du futur de Saad Hariri et les Forces libanaises de Samir Geagea.
Des militants salafistes proches de l'opposition syrienne avaient par ailleurs préparés un grand dépôt à Tripoli pour y stocker les armes avant de les envoyer en plusieurs lots en Syrie via le Nord du Liban.
Les milieux politiques libanais ne manquent pas d'exprimer leur étonnement: comment un navire transportant une aussi grande quantité d'armes venant de Libye peut-il arriver au Liban en passant entre les mailles des filets de la marine israélienne et de la force navale internationale, déployée au large des côtes libanaises depuis 2006.
La complicité d'Israël et des pays occidentaux dans l'armement des rebelles syriens ne fait plus aucun doute.
Dr. Ghada El Yafi
4 mai 2012
Les grandes manœuvres
3-1Plus de 700 combattants anti-Assad déposent les armes.
Plus de 700 combattants des groupes armés de l'opposition syrienne ont déposé les armes ces derniers jours, ont fait savoir samedi à RIA Novosti des sources informées.
"Au cours de ces derniers jours, 721 combattants de l'opposition anti-Assad ont déposé les armes et se sont rendus aux autorités", ont indiqué les sources.
Dans le même temps, selon les mêmes sources, les forces de l'opposition syrienne ont commis 1.300 violations du cessez-le-feu en vigueur depuis le 12 avril dernier. Les interlocuteurs de l'agence ont évoqué à titre d'exemple les massacres perpétrés dans les villages d'Arbin (province de Damas) et de Turkman Barih (province d'Aleppo).
En outre, plusieurs personnes ont été tuées par des membres des groupes armés dans la ville de Hama, ainsi qu'aux alentours de Damas et dans les provinces de Deir ez-Zor et d'Aleppo.
Auparavant, certains médias se référant à l'Observatoire syrien des droits de l'homme basé à Londres ont rapporté que les forces gouvernementales syriennes avaient tué 462 personnes, dont 34 enfants, depuis l'arrivée du premier groupe d'observateurs internationaux en Syrie le 16 avril dernier.
Depuis plus d'un an, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime de Bachar el-Assad. Selon les estimations des Nations unies, la confrontation armée y aurait déjà fait plus de 9.000 morts et quelque 230.000 réfugiés. Damas affirme pour sa part que plus de 2.500 policiers et soldats syriens, ainsi que plus de 3.200 civils ont été tués dans les affrontements contre des bandits financés de l'étranger.
28/04/2012
Ria Novosti
Pays
Russie
La Syrie doit repousser les "terroristes" avec "fermeté".
La Russie a estimé samedi que son allié syrien devait repousser "avec fermeté" les "terroristes" opérant en Syrie, au lendemain d'une explosion qui a fait 11 morts à l'extérieur d'une mosquée à Damas selon la télévision d'Etat.
"Nous sommes convaincus que les terroristes agissant en Syrie doivent être repoussés avec fermeté, et tous les acteurs à l'intérieur comme à l'extérieur (du pays) doivent les empêcher de recevoir le soutien qu'ils réclament", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
28/04/2012
Turquie
Ankara veut faire appel à l'Otan, Moscou préoccupé.
La Russie est préoccupée par l'intention de la Turquie de faire appel à l'Otan en cas de menace de la part de la Syrie, a indiqué jeudi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch.
"Nous ne pouvons ne pas réagir aux déclarations du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, selon lequel, face aux menaces émanant du territoire syrien, la Turquie se réserve la possibilité de faire appel à l'article 5 du Traité de Washington sur la défense collective des pays membres de l'Otan", a déclaré le diplomate devant les journalistes.
Lors d'une récente visite en Chine, M.Erdogan n'a pas exclu la possibilité pour son pays de faire appel à l'Otan, dont il est membre, en cas de violation de ses frontières par la Syrie voisine. A cette occasion, il a invoqué l'article 5 de la Charte de l'Otan (cet article signifie que la frontière turque est une frontière de l'Otan, ndlr).
L'Otan a plusieurs fois annoncé qu'elle n'envisageait pas d'intervenir en Syrie.
26/04/2012
Ria Novosti
3 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.
3-1 Eckart Spoo :De l’art de trier les informations (Ossietsky)
Sur Radio Berlin-Brandebourg (RBB) j’apprends que des opposants au régime syrien manifestent par milliers. Et tous les journaux disent la même chose.
Dans le petit quotidien coopératif junge Welt - l’un des rares dans ce pays qui n’appartienne pas à une grande entreprise - je lis que des centaines de milliers de Syriens manifestent pour soutenir leur gouvernement contre l’ingérence étrangère.
Les deux me semblent vrais : deux vérités qui ne s’excluent pas, mais se complètent.
En regroupant tout ce que l’on peut trouver - y compris dans les recoins cachés d’Internet - on peut peut-être finir par connaître toute la vérité. Mais qui a le temps de rechercher partout ?
Quand le journal qui détient le monopole sur toute une région - typique de notre pays- et qui prend ses informations, nationales ou étrangères, chez l’une des grosses entreprises médiatiques répand les mêmes nouvelles que l’émetteur radio régional, quand donc les médias semblent se cautionner mutuellement - et elles sont presque toujours à l’unisson, y compris dans le vocabulaire - il nous est difficile de mettre ces nouvelles en doute.
Nous estimons être correctement informés ; précisément parce que nous ne lisons ni n’entendons rien d’autre, nous nous satisfaisons d’une demi-vérité, c’est à dire en fait d’une contre-vérité. Certaines informations ne sont même que pure invention. Comment percer à jour ces mises en scène chaque jour renouvelées, de la marche du monde, comment démasquer les intérêts à l’œuvre en coulisse ?
Toute mise en scène nécessite du bon et du mauvais.
Dans une pièce de propagande très en vogue de nos jours le Président Assad joue le méchant, ou, selon le Bild, le « dément . » C’est le titre dont le quotidien réalisant le plus fort tirage en Allemagne avait déjà gratifié Saddam, Kadhafi et Milosevic. Un autre qualificatif ne manque jamais son effet : « le boucher. » En effet ces vilains massacrent leur propre peuple, qu’il est donc urgent de protéger de leurs coups. Main dans la main avec nos amis de Washington, Londres et Paris, et légitimés par notre conscience hautement développée, nous devons aider les peuples à se libérer de la violence qu’exercent contre eux leurs Présidents, en utilisant notre « bonne » violence hautement développée. Le principe de droit international de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays ne vaut bien sûr pas pour nous, qui ne soutenons jamais que les bons. Instruits par la propagande dont les médias dominants nous font largement bénéficier, nous souffrons avec les victimes de la mauvaise violence ; celles de la bonne, nous en ignorons tout. Le tri soigneux effectué par les médias propagandistes nous évite ainsi les idées qui dérangent, voire nous égarent. Nous ne pouvons imaginer que les prétendus voyous, déments, bouchers, n’agissent peut-être pas avec tant de brutalité et d’irrationalité qu’on nous le dit, mais font intervenir leurs forces de sécurité pour protéger la souveraineté et de leur peuple et le défendre, ce qui est le devoir de tout Président.
Quant aux bons, que nous aimerions soutenir militairement le plus tôt possible, nous n’en savons pas grand-chose non plus, mais nous sommes convaincus que ce sont de démocrates ne désirant rien d’autre que notre propre démocratie.
Pour ne pas ébranler cette belle conviction, les médias dominants nous épargnent par exemple la nouvelle Constitution syrienne proposée par Assad et ratifiée fin février par référendum. La Maison Blanche avait par avance rejeté ce référendum « ridicule » , qui bafouait la « révolution syrienne. » Qu’Assad veuille appeler le peuple aux urnes sur la base de la nouvelle Constitution, que donc il suive la voie du réformisme pacifique, ne cadre pas avec les intentions des révolutionnaires de la Maison Blanche et des rédacteurs en chef des médias de masse, donc ils en parlent le moins possible.
Nous nous serions peut-être même demandé pourquoi nous autres Allemands n’avions pas eu droit à un référendum sur la Constitution, ni en 1949, ni en 1990.
Que les révolutionnaires usaméricains embauchent des groupes de terroristes musulmans fanatiques en Syrie, comme ce fut le cas en Libye, Irak et Afghanistan et même déjà en Yougoslavie pourrait troubler l’entendement populaire, donc nos bons vieux journaux « régionaux » n’en parlent pas. Après avoir des années durant présenté « l’islamisme » comme une menace mondiale, ils peuvent difficilement dire à leurs lecteurs que les chrétiens syriens sont l’un des appuis d’Assad et que les attentats-suicides des « révolutionnaires » visent surtout les zones chrétiennes. On en parle aussi peu que naguère des églises détruites par les « Kosovars. »
Le rapport de la mission d’observation de la Ligue arabe aurait pu nous fournir quelques éclaircissements. Des experts civils et militaires originaires de 13 pays arabes, placés sous la conduite d’un général soudanais stationné dans toutes les provinces syriennes, ont joué les médiateurs entre groupes armés et gouvernement syrien et envoyé à leur centrale des comptes-rendus quotidiens. Leurs conclusions comportent une critique appuyée des médias. Mais en-dehors du junge Welt, qui nous a parlé de cette mission et de ce qu’elle avait appris ?
Et quels médias ont-ils envoyé des correspondants en Syrie ? Qu’ils lèvent le doigt ! Je ne peux le dire avec certitude, mais je suis sûr qu’il n’y en a pas beaucoup, car cela entrerait en conflit avec les deux tâches principales des grands médias : propagande et économie ; les journalistes doivent rapporter le plus possible à leurs propriétaires, et donc dépenser un minimum de bon argent à mener des enquêtes.
Jürgen Todenhöfer, ex-politicien CDU et manager de la firme Burda, qui a déjà traîné ses guêtres en Afghanistan, Irak et Libye et en a rapporté de tout autres informations que celles auxquelles nous sommes habitués, constatait le 19 février dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung une « gigantesque campagne médiatique contre la Syrie d’Assad (...) La moitié des nouvelles que j’ai vérifiées durant les quatre semaines de mon séjour en Syrie était fausse. » Je crains que d’autres vérifications n’obtiennent un résultat bien pire encore.
En y regardant de plus près, en analysant plus finement, en faisant des comparaisons, on découvrira sous les fausses nouvelles et omissions un intérêt bien compris : celui des ex-puissances coloniales à ramener dans leur giron d’autres pays, tout spécialement les pays au sous-sol riche. Un intérêt inconciliable avec un traitement équitable par les médias dominants des bons et des « méchants » qui ne veulent pas céder leurs richesses. Par exemple Israël et l’Iran. Longtemps l’armement atomique d’Israël a été ignoré. Le scientifique nucléaire Mordechai Vanunu, qui a brisé le silence, a été condamné à 20 ans de prison et il est toujours assigné à résidence. Il va désormais de soi qu’Israël peut continuer à fabriquer des bombes atomiques - il en détient déjà plus de 200 - et que l’Allemagne lui livre des sous-marins nucléaires de lancement.
Quelques monarchies arabes réactionnaires sont autorisées à contribuer au maintien des rapports d’exploitation et de domination au Proche-Orient. L’Arabie saoudite jouit d’une grande estime. Qu’on y coupe la main des (petits) voleurs et que les adultères encourent la peine de mort peut être signalé, mais avec tout le respect dû à nos partenaires en affaires. Ce régime terroriste a fait ses preuves l’an dernier lorsque des mouvements sociaux, au Bahreïn voisin, ont menacé la monarchie. Riyad a envoyé des troupes, bien entraînées et bien armées, qui ont écrasé le mouvement démocratique. L’Allemagne livre aujourd’hui des centaines de chars d’assaut au régime saoudien. Et nul n’empêche l’Arabie saoudite de construire des centrales nucléaires, 16 blocs sont prévus à ce jour. Quel journal, quelle station audiovisuelle rapprocherait ces faits du développement de l’industrie nucléaire iranienne ?
En mars 2012, pourtant, il advint une chose surprenante : la ZDF (Deuxième chaîne allemande) a donné la parole au Président Ahmadinedjad, interviewé par Claus Weber. D’autres médias s’en sont indignés, par exemple Cicero, propriété de la firme suisse Ringier. Nos excellents médias avaient muselé Milosevic, Saddam et Kadhafi des années avant leur mort. Les condamnés à mort ne doivent exposer ni leurs opinions ni leurs intentions, sous peine de rendre possible une sortie négociée du conflit. La rédaction de la ZDF s’était expressément réservé le droit de retravailler l’entretien. Kleber s’est également efforcé de provoquer son interlocuteur. Mais Cicero dut constater avec effroi qu’Ahmadinedjad paraissait- ou aurait pu paraître - crédible et convaincant. De toute évidence la ZDF aussi s’en alarma, car l’entretien ne fut diffusé qu’après minuit.
Une autre Président très largement élu fut gratifié ces jours derniers par la Frankfurter Rundschau du titre « de « barbare impitoyable ». « Un Président qui croit pouvoir venger la mort d’un homme par celle d’un autre homme se met au rang des assassins ». Cette imprécation visait le Biélorusse Loukachenko, traité de dictateur au début et à la fin de l’article ; le journal du groupe DuMont lui reprochait de ne pas avoir gracié deux auteurs d’un attentat qui avait fait 15 morts et de nombreux blessés dans le métro de Minsk. Cette feuille traiterait-elle de « barbare » un Président des USA, qui a fait par exemple abattre Oussama Ben Laden et sa famille de nuit à leur domicile, sans que Ben Laden ait jamais été inculpé et encore moins jugé, un Président responsable des victimes, en nombre croissant, de drones opérant de nuit dans des pays lointains ? Les morts ne pourront jamais témoigner en justice, à l’instar de ce terroriste français que 30 policiers d’élite n’ont, paraît-il, pas pu capturer vivant à son domicile. Et le soldat usaméricainien Bradley Manning, qui a tenté d’alerter sur les crimes de guerre des USA en Irak risque la prison à vie.
Eckart Spoo
Source : http://www.sopos.org/aufsaetze/4f771b89e953a/1.phtml
Merci à Tlaxcala pour la traduction :http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7130
URL de cet article 16585
http://www.legrandsoir.info/de-l-art-de-trier-les-informations-ossietsky.html
4 Dossier
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
4-1 Ghaleb Kandil : La résistance de la Syrie et les nouvelles équations internationales.
La résistance de la Syrie face à la guerre mondiale qu'elle subit sous la direction des Etats-Unis a permis la naissance d'un terreau stratégique nouveau dans les relations internationales. Depuis le double véto sino-russe opposées aux résolutions agressives contre l'Etat syrien et son peuple résistant, l'hégémonie unilatérale américaine, imposée à toute l'humanité depuis l'effondrement de l'Union soviétique, a commencé à reculer.
Depuis 30 ans que les Nations unies se sont transformées en outil à la solde des Etats-Unis, c'est la première fois que la volonté de Washington est brisée. Un groupe d'Etats, hostiles à l'hégémonie américaine, a pris l'initiative et fait passer au Conseil de sécurité des projets qu'il a élaborés ou profondément amendés. Ce groupe d'Etat ne se contente pas de faire voter ses projets, mais il déploie tout un dispositif et une stratégie diplomatique pour veiller à l'application de ces résolutions.
Cela ne veut pas dire que Washington et ses alliés ont baissé les bras. Les puissances occidentales procèdent à un vaste sabotage de l'extérieur du Conseil de sécurité pour empêcher ou retarder au maximum la naissance de ces nouvelles équations, et faire en sorte que le précédent syro-russe soit une exception et non pas une nouvelle règle stable et durable dans les relations internationales.
Les plans de sabotage se traduisent par des interventions continues de la part des pays qui ont échoué à détruire la Syrie, en dépit des moyens gigantesques mis en œuvre sur les plans financiers, politiques, médiatiques, militaires et de renseignements, pour miner l'unité nationale syrienne et lui arracher les atouts qui font sa force.
Une nouvelle guerre froide a commencé par la fenêtre syrienne, car les puissances occidentales n'ont plus les moyens de lancer de grandes guerres trop coûteuses en vies humaines et en argent, à un moment où elles sont au bord de la faillite.
Dans ce climat de guerre froide, le plan de l'émissaire internationale, Kofi Annan, s'est transformé en arène. Les derniers développements montrent que l'Occident manœuvre pour vider cette initiative de son sens, en accusant l'Etat syrien de violer ses clauses. Washington, Paris et leurs amis sont très pressés d'annoncer l'échec du plan Annan, pour en faire assumer la responsabilité à Damas, dans l'espoir de revenir au Conseil de sécurité pour s'y adonner à leur jeu favori: sanctions, menaces, chapitre VII. Mais ils ne comprennent pas que cette époque est révolue, et que jamais plus ils ne parviendront à imposer leur volonté au reste du monde. Les nouvelles équations des relations internationales s'installent dans la durée. Et plus la Syrie résiste au complot, plus ces équations s'enracinent et deviennent solides.
Ghaleb Kandil
Lundi 30 avril 2012
Source : New Orient News
http://www.neworientnews.com/...
4-2 Pierre Piccinin - Le plan Annan : une porte de sortie pour Damas.
Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.
Exception faite de la France, qui a soutenu le Qatar dans son entreprise de déstabilisation du gouvernement syrien [le Qatar a armé les factions de l’opposition qui ont opté pour une rébellion militarisée et a largement utilisé sa chaîne de télévision satellitaire, al-Jazeera, pour attaquer le régime baathiste, au point d’intoxiquer l’opinion publique internationale en promouvant de fausses informations; tandis que des unités de l’armée française entraînent l’Armée syrienne libre (ASL) à la guérilla urbaine dans les camps de réfugiés qui lui servent de bases arrière en Turquie et au Liban], l’Occident, de manière générale, de même qu’Israël, s’est trouvé fort embarrassé face à la fragilisation d’un pays dont l’éclatement pourrait entraîner un séisme géopolitique de Tel-Aviv à Téhéran et de Beyrouth à Bagdad.
En effet, contrairement à la vision développée par les analystes des écoles marxisantes, qui fondent de manière systématique leur approche des événements du Moyen-Orient sur le postulat selon lequel « l’empire américain » et ses « vassaux européens », liés à « l’entité sioniste », tirent les ficelles de tous les dérèglements qui y surviennent, il apparaît de manière assez évidente que ni les États-Unis, ni l’Union européenne, ni non plus Israël n’ont souhaité le renversement du président Bashar al-Assad.
D'une part, les événements en Syrie ont mis en péril toute une politique de réalignement forcé du pays, menée par les États-Unis depuis 2005 : peu après l’assassinat de Rafiq Hariri, le premier ministre libanais, Washington avait utilisé le Tribunal spécial pour le Liban, avec la complicité de son nouvel allié, la France sarkozienne, pour accuser et mettre la pression sur la Syrie ; parallèlement, à travers l’Arabie saoudite, son grand allié dans la région, Washington a offert à Damas des opportunités d’accords économiques et diplomatiques. Bashar al-Assad avait bien compris cette politique de la carotte et du bâton et a saisi la main tendue ; l’enquête du Tribunal spécial fut alors réorientée vers le Hezbollah… Mais les relations entre la Syrie et les Etats-Unis s’étaient déjà améliorées dès après les attentats du 11 septembre 2001 : Damas et Washington s’étaient trouvé un point commun, la lutte contre le terrorisme islamiste. Et des prisonniers furent transférés de Guantanamo en Syrie, pour y être « interrogés » ; une collaboration très étroite s’est développée entre les services secrets états-uniens et syriens.
D'autre part, quelles mesures concrètes ont-elles été prises contre Damas ? Principalement, les Etats-Unis et l’Europe ont déclaré qu’ils n’achèteraient plus de pétrole à la Syrie. Or, les Etats-Unis n’ont jamais acheté de pétrole à la Syrie… En outre, le pétrole syrien continuera de se vendre sur les marchés, ailleurs, à travers l’Irak notamment, et l’Europe s’approvisionnera ailleurs également. Il s’agit donc d’un hypocrite petit jeu de chaises musicales qui n’aura aucune conséquence pour le régime baathiste.
Quant à Israël, il s’inquiète des bouleversements qui ont lieu en Syrie : le régime baathiste ne reconnaît pas l’État d’Israël, appelé « la Palestine occupée », mais ne mène aucune action hostile à Tel Aviv. En dépit des 500.000 réfugiés palestiniens qu’abrite la Syrie, aucune attaque n’a lieu contre Israël depuis les frontières syriennes, tant la région du Golan est parfaitement sécurisée par Damas.
De même, si la Syrie finance le Hezbollah et le Hamas, c’est dans le but de rester un acteur régional incontournable, nullement de détruire Israël.
Ainsi, le plan de paix porté par Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l’ONU, lequel plan vise à faire accepter en Syrie un cessez-le-feu par les forces gouvernementales et les différentes factions armées de la rébellion, constitue pour Damas l’opportunité, d’une part, de mettre l’opposition face à ses responsabilités, en lui proposant de s’asseoir à la table des négociations et de déterminer une feuille de route vers un processus de réformes, et, d’autre part, de renormaliser ses rapports avec l’ensemble de la Communauté internationale.
Le plan Annan survient effectivement à un moment où l’armée régulière syrienne a pour ainsi dire repris le contrôle des foyers historiques de l’opposition, Homs et Hama, et est par ailleurs en train d’anéantir les bastions que l’ASL occupait le long des frontières turques et libanaises, comme Idlib ou Zabadani.
Si l’on a pu penser que ce plan avait pour but de donner le temps à l’opposition, en grande difficulté, de reprendre son souffle, il est cependant soutenu par la Russie, allié privilégié de la Syrie, qui, jusqu’à présent, s’était toujours opposée aux projets de résolutions du Conseil de Sécurité qui condamnaient la violence exercée par le gouvernement, sans évoquer celle de la rébellion. Il en va autrement cette fois, à l’égard d’un plan qui concerne les deux parties en présence et plus seulement le pouvoir en place.
Le plan, en outre, n’appelle plus au départ du président al-Assad, comme cela avait été le cas des différents projets de résolution rejetés par Moscou.
Autrement dit, le scénario le plus probable, si le plan Annan devait se concrétiser, serait celui d’un apaisement de la crise syrienne et d’une réforme progressive des institutions, sur le long terme, voire sur le très long terme, et sous l’égide de l’actuel gouvernement, mais sans plus de risque d’explosion régionale et avec la possibilité, pour Washington, de reprendre, là où elle l’avait laissé, son travail de rapprochement avec Damas.
La seule incertitude réside dans l’attitude des Frères musulmans syriens, qui dominent l’opposition politique : accepteront-ils de se laisser ainsi forcer la main et de dès lors perdre la partie ? Et, bien sûr, dans les intentions du couple franco-qatari. Mais, déjà moins hargneux dans le verbe envers Damas, l’Elysée semble avoir entendu la voix de son maître…
Pierre PiccininPolitologue - Historien du Monde arabe
21 avril 2012
Articles - internet
SYRIE - 50 minutes de vérité... Ce que l'on sait, et comment?
"Dans certaines rédactions, les journalistes doivent apprendre à se taire"
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© Cet article peut être librement reproduit, sous condition d'en mentionner la source (www.pierrepiccinin.eu).
Transmis par :Olivier MONTULET
« Vous ne direz pas que je me fais une trop haute idée du temps présent, et si malgré tout je ne désespère pas de lui, c’est que sa situation désespérée est précisément ce qui m’emplit d’espoir »
écrivait Marx à Ruge en mai 1843
Ce message vous est adressé à titre et usage privés exclusivement. Seuls les textes signés de ma plume sont publics et libres de droits pour autant que l'usage n'en déforme pas les propos (« Le droit de chercher la vérité implique aussi un devoir.
On ne doit cacher aucune partie de ce qui a été reconnu comme étant vrai » Albert Einstein) et que mon nom soit cité.
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
Article publié dans La Nouvelle République Quotidien d’information indépendant - n° 4307 - Samedi 21 Avril 2012
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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05.05.2012
n°610 - Dossier de Palestinen°610 - Dossier de Palestine - 04-05 -: Prisonniers palestiniens : la dignité à l'assaut de la barbarie.
n°610 - Dossier de Palestine - 04-05 -: Prisonniers palestiniens : la dignité à l'assaut de la barbarie.
L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources
Dossier de Palestine
n°610 04-05
C.De Broeder & M.Lemaire
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Sommaire Tiré a part Un rapporteur de l'ONU aux droits de l'homme "écoeuré" par les violations dans les prisons israéliennes. 1 Médias/Vidéos 1-1 David Cronin: Ce que la controverse Günter Grass nous apprend à propos de la censure en Europe. 1-2 JulienSalingue : À propos des bombardements sur Gaza. 1-3Aloufok.net : Journalistes palestiniens détenus dans les prisons de l’occupation. 2 Les brèves 2-1 Suisse : 1.500 "alterjuifs" appellent à la fin de "l’occupation" de la Palestine. 2-2 Les syndicats appellent l'Egypte à fournir du gaz à la Bande de Gaza . 2-3 Une campagne brutale d’Israël pour détruire l’identité palestinienne à Jérusalem-Est. 3 Dossier 3-2 Fadwa Nassar : Prisonniers palestiniens : la dignité à l'assaut de la barbarie. 3-3 El watan. : Agressions de détenus dans les prisons israéliennes : l’Autorité palestinienne recourt à la justice. 3-4 José Luis Moraguès : EXTENSION DE LA GRÈVE DE LA FAIM DES PRISONNIERS PALESTINIENS. 4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage 4-1 Mohammed Larbi : L’iceberg de Bethléem. 4-2 Jeunes communistes : Solidarité avec Noam Gur et Alon Gurman, 4-3 IRIB : manifestation non armée. 5 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion. 5-1 Les prisons israéliennes. |
Tiré a part
Un rapporteur de l'ONU aux droits de l'homme "écoeuré" par les violations dans les prisons israéliennes.
Le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme dans les Territoires palestiniens occupés, Richard Falk, se déclare mercredi "écoeuré par les violations continues des droits de l'homme dans les prisons israéliennes", se référant à la grève de la faim engagée par des centaines de détenus palestiniens.
"Je suis écoeuré par les violations continues des droits de l'homme dans les prisons israéliennes et j'appelle le gouvernement d'Israël à respecter les obligations internationales en matière de droits de l'homme à l'égard des détenus palestiniens", affirme l'Américain Richard Falk dans un communiqué.
"Israël doit traiter ces grévistes de la faim selon les standards internationaux, y compris en autorisant les visites des familles", ajoute-t-il.
Près d'un tiers des Palestiniens détenus par Israël sont en grève de la faim depuis le début de ce mouvement collectif le 17 avril.
Ils réclament l'abolition de l'isolement carcéral et de la détention administrative, une disposition héritée du mandat britannique sur la Palestine qui permet l'incarcération sans inculpation ni jugement de suspects pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.
Des discussions sont en cours entre l'administration pénitentiaire et des représentants des prisonniers, avaient indiqué lundi des sources palestiniennes et israéliennes.
Des responsables palestiniens ont fait état lundi de 2.000 grévistes de la faim sur près de 4.700 détenus, mais la porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne Sivan Weizman a indiqué à l'AFP que 1.450 prisonniers y participaient.
M. Falk appelle la communauté internationale à veiller à ce qu'Israël respecte les lois et normes internationales en matière de droits de l'homme dans sa façon de traiter les prisonniers palestiniens.
Il rappelle dans son communiqué que depuis 1967 "quelques 750.000 Palestiniens, dont 23.000 femmes et 25.000 enfants ont été en détention dans les prisons israéliennes, soit approximativement 20% du total de la population palestinienne des territoires occupés".
02 mai 2012 (AFP)
1 Médias/Vidéos
1-1 David Cronin: Ce que la controverse Günter Grass nous apprend à propos de la censure en Europe.
La fureur à propos du poème de Günter Grass sur Israël m’a fait penser à quel point les journalistes sont sujets à la censure en Europe
Dans un article d’opinion paru dans le journal israélien Haaretz, Gideon Levy rappelle comment les journalistes travaillant pour le groupe médiatique allemand Axel Springer étaient, pendant des années, obligés de signer une convention stipulant qu’ils n’avaient pas le droit de rédiger des écrits remettant en cause l’existence d’Israël.
Non seulement Axel Springer possède le plus grand nombre de journaux circulant à travers le monde (comme Die Welt et Bild), en plus le groupe a joué un rôle important dans les débats sur le renforcement politique et les liens économiques d’Israël avec l’Union Européenne.
En 2007, un « dialogue économique » entre l’Union Européenne et Israël a été établi, mettant en place un forum annuel où les grands entrepreneurs peuvent réfléchir à la manière de supprimer tous les obstacles qui peuvent entraver la maximisation du profit. Mathias Döpfner, le chef executif d’Axel Springer, a été choisi comme représentant européen au forum.
Responsabilité spéciale ?
Deux ans plus tard, Döpfner s’exprime dans The Jerusalem Post : « Il est important que nous n’oublions jamais le passé allemand et ce que l’Allemagne a fait, et à cause de cela, nous avons une responsabilité spéciale dans le soutien à Israël et c’est quelque chose que nous devons continuer de génération en génération pour nous assurer que cela ne s’oubliera jamais. »
Apparemment, cette responsabilité spéciale implique de garder les yeux fermés sur les crimes commis par vos partenaires de « dialogue » – ou pire de soutenir activement leurs crimes. Les participants israéliens au forum – qui ont le soutien total de l’exécutif de l’Union Européenne, à savoir la Commission Européenne – dont Elbit, le manufacturier d’armes dont les produits sont souvent utilisés pour tuer et mutiler des Palestiniens. Bank Leumi et les librairies Steimatsky, qui ont tous les deux des filiales ou des magasins dans les colonies illégales en Cisjordanie, font également partie de ces participants, ainsi que le Saban Capital Group.
Haim Saban, qui dirige le Saban Capital Group est un actionnaire important deBezeq, qui fournit les services de télécommunications à l’armée israélienne. En tant que titulaire d’un média, Saban a été invité à rejoindre le conseil de la télévision française TF1, en 2003. TF1 a été fondé par Bouygues, qui a acquis 23 pourcent d’actions dans l’entreprise d’énergie et de transport Alstom en 2006. En partenariat avec Veolia, Alstom a également développé un tram réservé quasi exclusivement aux colons israéliens dans l’Est de Jerusalem.
Les sionistes et leurs sympathisants contrôlent de larges parts des médias les plus courants dans les trois plus grands pays issus de l’UE : l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne.
Murdoch ne comprend pas la Palestine
Une des rares actions valorisantes d’Alastair Campbell, chef de campagne durant le mandat de Tony Blair en tant que Premier ministre, a été adressée à l’humanité : il a expliqué, dans des termes accessibles, la dévotion aveugle qu’a Rupert Murdoch envers Israël. Dans ses mémoires publiés, Campbell rappelle comment Murdoch a dit à Tony Blair en 2002 qu’il ne pouvait pas comprendre pourquoi les Palestiniens avaient des douleurs. En réponse, son fils, James lui a fait remarquer que les Palestiniens avaient été « chassés de leurs putains de maisons et qu’ils n’avaient aucun putain d’endroit pour vivre ». (Il y a de maigres preuves – cela doit être souligné – que James Murdoch a cherché à éduquer les experts de Fox News ou les autres entreprises appartenant à l’empire que possède sa famille, concernant les réalités à propos du Moyen Orient).
Le problème, selon mon expérience, n’est jamais lié à un seul propriétaire. Les journalistes travaillant pour les médias courants ont tendance à biaiser l’information en montrant uniquement le point de vue du plus fort.
Les biais des journalistes
Lorsque j’ai commencé à écrire à propos du Moyen Orient pour le journalEuropean Voice (qui fait partie du groupe The Economist) en 2001, mon rédacteur en chef m’a dit « nous ne devons pas prendre parti » entre les Israéliens et les Palestiniens. Le même rédacteur était un réserviste de l’armée anglaise, qui a personnellement participé à l’occupation de l’Irak. Lors de ma toute première réunion éditoriale, il a fait une blague sur mes origines irlandaises qui feraient que je sois familier aux armes utilisées par les « terroristes ». Bien qu’il se soit excusé pour cet écart, cela reflète son état d’esprit : les Palestiniens étaient des « terroristes », selon son point de vue (je me souviens de lui surnommant Yasser Arafat de terroriste).
Il s’est avéré que ce rédacteur était en fait bien plus ouvert d’esprit que la plupart des autres journalistes anglais que j’ai pu croiser. Il avait, au moins, la volonté d’engager et de travailler avec des reporters de différentes classes et différentes nationalités. Un de ses successeurs pour le poste de rédacteur en chef d’EuropeanVoice a mis en place une politique restrictive qui ne permet d’engager que des diplômés de Cambridge. Comme ces brillants jeunes hommes et femmes viennent de milieux très privilégiés, l’idée que les journalistes avaient un devoir de défense envers les plus démunis leur était étrangère. Comme son équivalent américain Roll Call, à Washington, European Voice est l’un des journaux les plus répandus parmi l’élite de Bruxelles.
Pendant trop longtemps, la plupart des journalistes et intellectuels européens ont accepté l’idée de ne jamais traiter Israël d’entreprise raciste. Bien qu’il y ait quelques personnes de bonne volonté travaillant dans les médias dominants, je ne pense pas que le changement viendra de là. Heureusement, Internet offre de nombreuses possibilités pour développer des alternatives. Saisir les opportunités offertes par Internet est vital pour atteindre la justice.
Texte écrit par David Cronin. Traduit de l’Anglais.
Source originale : http://dvcronin.blogspot.com/2012/0...
Source : Investig'Action - michelcollon.info
http://www.michelcollon.info/Ce-que-la-controverse-Gunter-Grass.html
1-2 JulienSalingue : À propos des bombardements sur Gaza.
Julien Salingue. (Interview sur France 24, 12 mars 2012) -
1-3Aloufok.net :Journalistes palestiniens détenus dans les prisons de l’occupation.
En ce jour du 17 avril, journée nationale des prisonniers palestiniens, le peuple palestinien est mobilisé pour la défense de leurs droits, pour la fin de la politique de l’isolement et de la détention administrative.
La détention administrative est une arme qui menace l’ensemble du peuple palestinien, car il s’agit d’une détention arbitraire, basée sur des rapports maintenus secrets, fournis par les services de renseignements de l’occupant. Un grand nombre de journalistes ont subi et subissent cette forme de détention.
Les journalistes palestiniens qui sont détenus en ce jour dans les prisons de l’occupation sont :
Suhayb Assa, 26 ans, qui travaille à Radio Bethlehem 2000. Le tribunal militaire d’Ofer vient de le condamner à 4 mois de prison et à une amende de 3000 NIS. Il avait été arrêté le 5 février 2012 suite à une incursion militaire dans son village Al-Ubaydiyya, et sa maison a été fouillée et ses affaires personnelles pillées.
Le journaliste maqdisi Yassin Mohammad Abou Khdayr, détenu depuis 25 ans, et condamné à 28 ans de prison. Il est le plus ancien journaliste détenu.
Le journaliste écrivain Walid Khalid Ali, directeur du quotidien Falastin, du village Sakaka, dans la province de Salfit. Il est détenu administratif depuis le 8 mai 2011, et se trouve en isolement individuel dans la prison Hasharon.
Le journaliste et député Nizar Ramadan, d’al-Khalil, détenu administratif depuis le 28 mai 2011. A chaque fois que la date de sa libération approche, l’ordre de détention est renouvelé.
Le journaliste Nawaf Ibrahim Amer, de Kfar Qalil dans la province de Nablus, directeur des programmes dans la chaîne Falastin. Détenu administratif depuis le 28 juin 2011.
Le journaliste Amin Abdel Aziz Abou Wardeh, de Nablus, détenu administratif depuis le 28 décembre 2011. Correspondant de PNN et du quotidien Al-Khalij.
Le journaliste Amer Abdel Halim Abou Arfa, d’al-Khalil, détenu administratif depuis le 21 août 2011. Travaille à l’agence Shehab en Cisjordanie.
Le photographe Hamze Sulayman Barnat, bénévole dans l’association Adalah et Hurriya, où il s’occupait d’archiver les exactions de l’armée de l’occupation dans les villages de la province de Ramallah. Le tribunal militaire a prononcé contre lui une peine de prison de 18 mois.
Les journalistes et photographes sont considérés comme une « menace » pour l’Etat de l’occupation, car témoins de la terreur sioniste, ils transmettent les paroles et images de leur pays martyrisé. Ils participent activement à contrer la propagande sioniste.
L’Etat de l’occupation n’aime pas les journalistes. Il les emprisonne ou les tue. Des dizaines de journalistes, palestiniens ou appartenant à d’autres nationalités, ont été tués au cours de leur travail. D’autres furent gravement blessés.
mardi 17 avril 2012,
La Rédaction
Baladi"
http://www.aloufok.net/spip.php?article7231
2 Les brèves
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
2-1 Suisse : 1.500 "alterjuifs" appellent à la fin de "l’occupation" de la Palestine.
Un appel lancé par 1.500 "alterjuifs", des personnes se prétendant de "confession ou de culture juive", exigeant la fin de "l'occupation et du blocus des territoires palestiniens par Israël", a été remis jeudi à l'ambassade israélienne de Berne (Suisse)
Environs 300 Suisses l'ont signé. Parmi les 1.500 signataires figure notamment "le vieillard" indigné professionnel Stéphane Hessel. Près de 60% des signatures récoltées proviennent des États-Unis, de Suisse et de la Palestine occupée.
Al Manar
2-2 Les syndicats appellent l'Egypte à fournir du gaz à la Bande de Gaza .
L'assemblée des syndicats professionnels palestiniens a décrit la décision égyptienne de cesser l'exportation du gaz à l'entité sioniste comme une bonne mesure, soulignant qu'elle est en conformité avec la mise en œuvre des résolutions de la Ligue arabe, appelant à boycotter l'occupation sur le niveau économique.
L'assemblée a exprimé dans un communiqué publié le mardi 24/4, son espoir que le gouvernement égyptien prenne des mesures importantes pour fournir du gaz égyptien à la Bande de Gaza assiégée afin de cesser de traiter avec l'entité sioniste.
Elle a confirmé que cette décision était compatible avec les objectifs et les slogans de la révolution égyptienne, appelant à lever le blocus imposé sur Gaza et à ouvrir les passages, en disant : "Nous saluons profondément les efforts du peuple égyptien et ses positions à soutenir la cause palestinienne et la fermeté des Palestiniens".
25/04/2012
PAJU (Palestiniens et Juifs Unis) no 583 le 13 avril 2012
2-3 Une campagne brutale d’Israël pour détruire l’identité palestinienne à Jérusalem-Est.
Dans sa campagne contre la présence palestinienne à Jérusalem-Est, Israël ferme systématiquement des organisations et détruit des maisons.
En 2004, la municipalité de Jérusalem a dévoilé son plan de bâtir un nouveau parc national dans le quartier de al-Bustan. Ce parc entrainerait la démolition de 88 maisons palestiniennes et l’éviction de près de 1000 résidents. Les humains, le peuple sont-ils moins importants que les jardins ?
Selon la Coalition Civile pour la Défense des Droits des Palestiniens à Jérusalem (CCDPRJ), les autorités israéliennes ont, depuis août 2001, fermé 28 organisations au service de la communauté palestinienne à Jérusalem telles que la Chambre de commerce de Jérusalem, la Société pour les Études Arabes, la Maison de l’Orient et le quartier général de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP). En 2009, ces mêmes services ont interdit de nombreux événements culturels et éducatifs prévus pour célébrer la reconnaissance de Jérusalem comme « Capitale de la culture arabe ».
Ces fermetures à grande échelle sont reliées à la politique générale d’Israël qui inclue la violation du droit d’habitation et la révocation de permis de résidence afin de forcer le déplacement illégal des Palestiniens de Jérusalem.
Un rapport récent des Nations Unies condamne la politique israélienne de destruction de maisons à Jérusalem et dans la partie C de la Cisjordanie, sous contrôle militaire absolu d’Israël. Le rapport révèle que le nombre de démolitions en 2011 a été les plus élevé des dernières années.
Adapté de « Israel closes organizations, destroys dwellings in campaign against Palestinian life in East Jerusalem », publié par The Electronic Intifada le 1 janvier, 2012.
Article complet: PAJU (Palestiniens et Juifs Unis) no 583 le 13 avril 2012
Distribué par PAJU (Palestiniens et Juifs Unis)
3 Dossier
Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
IRIB-Il s'agit bel et bien d'une violation flagrante des chartes internationales et des droits de l'homme.
Les autorités de l'occupant israélien persistent à enfouir les déchets chimiques et nucléaires et d'autres toxiques dans au moins 20 sites au Golan occupé dont celui le plus renommé /Nachbet al-Moqbila/ se trouvant à la cime de Jabal Cheikh et à côté se trouve un champ d'exploitation d'énergie éolienne dont les turbines tournent à 100 Km/H pour faire disparaître en cas de fuite radioactive les émanations en direction de l'Est vers les villages du gouvernorat de Quneitra.
Le gouverneur de la ville Hussein Arnous a indiqué qu'en dépit des rapports qui relate ce phénomène de temps à autres, mais cette question ne trouve malheureusement aucun intérêt chez les pays arabes, les organisations régionales, internationales et spécialisées dont l'ONU est ses agences compétentes en la matière. "Cet enfouissement prémédité de la part de l'Occupant des substances chimiques dans la terre occupée du Golan a causé d'énorme préjudice dans la culture et la nature de la terre", a-t-il ajouté. Pour lui, les terres agricoles du Golan occupé non seulement sont devenues un dépotoir de déchets nucléaires et chimiques pour l'occupant mais aussi, un terrain de manœuvres et d'entraînement militaires de son armée. Pour sa part, le directeur de l'environnement de Quneitra, Hamaza Souleymane, a insisté sur la partie polluante de cette question, puisque cet enfouissement estimé à des tonnes de déchets liasse apparaître des signes de contamination et de pollution des eaux souterraines, ce qui met en danger non seulement l'être humain mais aussi les animaux et les espèces qui contribuent à conserver l'écosystème de cette région. Les déchets enfouis dans des conteneurs en ciment ou en verre dont la durée de résistance ne dépassant pas les 30 ans, seront des sources de contamination et de maladies graves cancérigènes, attaquant pas mal d'organes vitaux comme le foi, les reins, l'appareil respiratoire et d'autres. La plus dangereuse des matières portant de graves préjudices à la santé publique est sans doute les déchets de l'uranium appauvri, utilisé à l'extrême par l'industrie militaire israélienne. Cette matière nocive est à l'origine des malformations des fœtus et des nouveaux-nés. Cet enfouissement des déchets toxiques israéliens dans des sites dans le Golan occupé ne date pas d'hier. Selon Nassr Eddine Khayrallah, président de l'association de protection de l'environnement et du patrimoine, l'occupant a depuis les années 70 commencé à mettre en œuvre cette stratégie, parallèlement avec la ceinture de défense parsemée de mines, de bombes à neutron, de petites mines nucléaires tactiques et de matières radioactives prêtes à exploser à tout moment. A préciser que le ministère des AE et des expatriés a, moult fois adressé des documents et des missives aux NU pour dénoncer la politique de l'occupant en la matière mais sans résultats, bien qu'il existe une commission spéciale chargée de se pencher chaque années sur les pratiques et les violations de l'occupant israélien dans les territoires occupés dans tous les domaines.
IRIB
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3-2 Fadwa Nassar : Prisonniers palestiniens : la dignité à l'assaut de la barbarie. Ils sont des milliers (2800 prisonniers qui seront rejoints par les autres à partir du premier mai) à avoir déclenché le 17 avril dernier la grève de la faim, dans les prisons sionistes. Dans ce monde impitoyable dominé par les puissances de la haine raciale et religieuse, par l’injustice, la rapine et l’arrogance, les prisonniers palestiniens ont dû refuser de s’alimenter pour réclamer leur dignité en tant qu’êtres humains et la dignité de leur peuple, soumis à une occupation barbare et inhumaine. Le silence et la complicité de la communauté internationale, de l’ONU et de ses organismes, des puissances dominatrices et de leurs associations de défense des droits de l’homme, sur le sort réservé aux prisonniers palestiniens et arabes dans les geôles de l’occupation, ont poussé ces jeunes et moins jeunes à mener la grève de la faim illimitée, et pour les malades d’entre eux, à refuser leurs médicaments. Ces prisonniers réclament leur dignité, c’est-à-dire la fin de l’isolement des dirigeants de la résistance (certains prisonniers sont isolés depuis plus de dix ans), l’arrêt des fouilles à nu des prisonniers et des membres de leurs familles, fouilles pratiquées pour humilier et non point pour des motifs sécuritaires, comme les sionistes le prétendent, la reprise des visites familiales pour les prisonniers de Gaza (privés de visites depuis la capture du soldat sioniste par la résistance), et la fin des mesures répressives prises par vengeance et légalisées par la Knesset, en vue d’humilier les prisonniers et les priver de leurs droits les plus élémentaires. De plus, les prisonniers en grève de la faim depuis plus de deux mois, Bilal Diab et Thaer Halahla, ainsi que d’autres prisonniers tels que Jaafar Izzidine, Mahmoud Sersek, Omar Moussa Abou Shalal, Hassan Safadi, en grève de la faim depuis plus d’un mois, réclament la fin de la détention administrative, suite à la grève victorieuse de Sheikh Khodr Adnan et de Hana’ Shalabi. Aujourd’hui, Bilal Diab et Thaer Halahla entament leur 64ème jour de grève de la faim. Bilal a été emmené d’urgence dans un hôpital israélien, et Thaer a subi plusieurs complications et frôlé la mort. Par deux fois depuis leur grève, le tribunal militaire sioniste a rejeté, à partir des dossiers fournis par les services de renseignements de l’Etat sioniste (shabak), les recours présentés par leur avocat, mais il a cependant proposé un règlement, consistant à les éloigner vers Gaza, comme la prisonnière libérée Hana’ Shalabi. Les prisonniers ont refusé et réclament leur retour à leurs lieux de résidence, Thaer dans la ville d’al-Khalil et Bilal au village Kufr Ra’i, près de Jénine. Les prisonniers grévistes de la faim ont décidé d’aller jusqu’au bout, jusqu’à leur martyre. C’est le combat entre la volonté de ces prisonniers, assoiffés de liberté et de dignité, et celle de l’occupant oppresseur qui a transformé la Palestine en une terre de mort et de souffrances, soutenu par une communauté internationale, sourde et aveugle. La volonté des prisonniers, de Bilal, Thaer, Jaafar, Mahmoud, mais aussi de Lina Jarbouni et de Ahmad Saadat, de Abdallah Barghouty et des députés Ahmad el-Hage Ali et Jamal Natché, ainsi que plusieurs centaines d’autres, de poursuivre la lutte pour la dignité et la liberté, affronte non seulement l’occupant, mais aussi tous les cercles du pouvoir dans le monde et tous les médias à leur solde qui ont décidé de les nier ou plutôt qui n’osent plus regarder la réalité en face. Les prisonniers palestiniens représentent la conscience vive de la nation arabo-islamique. C’est parce qu’ils ont refusé l’occupation de leur pays et l’humiliation de leur peuple qu’ils ont été arrêtés puis détenus. Certains ont mené une résistance active et militaire, d’autres ont tout simplement refusé de se plier à l’ordre colonial imposé par l’occupant. Mais ceux qui exercent leur suprématie dans le monde, les puissances occidentales, par la force de leurs armes criminelles, suivis par leurs serviteurs dociles, qu’ils soient rois, princes, chefs d’Etat, ou journalistes et penseurs et philosophes, craignent ces voix sorties de prison, ces voix puissantes qui résonnent et traduisent une volonté de fer, ces voix qui réclament la dignité et la liberté. Les cercles de la domination coloniale craignent que le message des prisonniers en grève ne parvienne aux peuples soumis et humiliés, un message qui annonce le refus de l’occupation, de la domination, de l’humiliation et du racisme, un message qui réclame la libération de l’être humain, loin des simulacres de liberté annoncée par les cercles de l’oppression dans le monde. Car la liberté qu’ils réclament n’est pas synonyme « des droits de l’homme », formule inventée par l’oppresseur pour maintenir les peuples dans la misère et le joug colonial, qui n’a ni valeur ni signification, d’autant plus que les colonialistes et les criminels la brandissent pour massacrer les peuples et envahir leurs pays. Les cercles mondiaux de la domination coloniale et de l’oppression, y compris les Nations-Unis et ses organismes, l’ont bien compris, et c’est pourquoi ils ne protestent pas contre les pratiques barbares des sionistes en Palestine, et qu’ils soutiennent même leurs agissements inhumains envers des hommes, des femmes et des enfants de Palestine qui ont osé dire non. Les prisonniers palestiniens en grève de la faim ont réalisé que leur combat se situe au-delà des murs des prisons sionistes, et qu’ils sont en train de mener une lutte pour la liberté et la dignité des peuples soumis. C’est le sens des messages qui parviennent des prisons, ou plutôt de ce qui fait office d’hôpital dans la prison de Ramlé, où des dizaines de grévistes ont été emmenés. Les prisonniers expliquent dans leurs messages le sens et la valeur de leur combat, ils disent pourquoi ils refusent les propositions faites par les geôliers et les tribunaux militaires, et que s’ils succombent, ce sera au cours de leur ultime combat mené dans la dignité et pour la dignité du genre humain. Du côté de l’oppresseur sioniste, c’est la débandade, notamment depuis le déclenchement de la grève le 17 avril dernier. Après avoir transféré les prisonniers grévistes d’une prison à l’autre, mis en isolement ceux qu’ils considèrent comme étant les meneurs de la bataille, ils assistent à l’extention du mouvement, malgré leurs tentatives de le briser, en suscitant les divisions. Ils proposent par exemple aux prisonniers du FPLP la fin de l’isolement du dirigeant Ahmad Saadat en contrepartie de la fin de leur grève, mais ces derniers refusent et mettent en avant la fin de l’isolement de tous les dirigeants. Ils promettent à des sections de prisons d’étudier leurs revendications s’ils mettent fin à leur mouvement, mais les prisonniers sont loin d’être dupes, d’autant qu’ils ont déjà fait l’expérience des promesses creuses de la direction des prisons. D’ailleurs, comme l’a affirmé Khaled Mechaal, lors d’une conférence de presse au Caire, il y a deux jours, les sionistes n’ont toujours pas honoré leurs promesses, faites en octobre dernier, contre la libération du soldat sioniste, de mettre fin à l’isolement et de supprimer la loi Shalit, qui interdit la visite des prisonniers de Gaza. Au moment où les dirigeants sionistes avancent des propositions pour casser le mouvement de grève, ils interdisent la visite des avocats aux prisonniers, ils procèdent à des transferts de plus en plus fréquents des prisonniers grévistes, pour les déstabiliser et les affaiblir (tout transfert d’une prison à l’autre signifie plus d’une dizaine d’heures de routes dans des conditions inhumaines, où les prisonniers sont enfermés et enchaînés dans des caisses métalliques) et répriment la population manifestant devant les prisons, à Ofer ou ailleurs, en soutien aux prisonniers. Sheikh Khodr Adnan, libéré le 17 avril, suite à sa longue grève de la faim, ne ménage pas ses efforts, depuis cette date, pour appeler au soutien des prisonniers grévistes. Parcourant la Cisjordanie, entouré des étudiants de Bir Zeit ou de la population d’al-Khalil, il réclame le soutien populaire aux grévistes, qu’il encourage par ailleurs à poursuivre le mouvement, car, dit-il, c’est « une grande bataille que nous menons » et qu’il faut remporter la victoire. A l’université de Bir Zeit, invité par les étudiants, ses collègues, il a longuement expliqué le sens de l’unité dans la bataille et qu’il est important d’affronter l’occupant pour obtenir des résultats. Il s’est rendu également à la mosquée al-Ibrahimi à al-Khalil et a discuté avec la population, la famille de Thaer Halahla et les prisonniers libérés, les étudiants et les militants de toutes les formations politiques, des moyens de soutenir les prisonniers et comment il fallait dépasser les formes classiques des « tentes de la protestation » pour inventer de nouvelles formes de lutte et entrer en confrontation avec l’occupant. Avec le premier mai, plusieurs centaines de prisonniers, détenus dans plusieurs prisons, vont rejoindre la lutte et commencer la grève de la faim. Comme le déclarait Khalida Jarrar, député et cadre du FPLP, si les prisonniers en arrivent à ce stade, lutter au moyen de la faim pour réclamer leurs droits les plus élémentaires, c’est parce que nous n’avons pas fait notre devoir de soutien ni de mobilisation, c’est parce que nous les avons abandonnés, alors que nous avions les moyens d’agir. Par nos actions et nos mobilisations, nous pouvons mettre un terme à leurs souffrances et leurs maladies, mais surtout obliger l’Etat sioniste et ses complices à accorder les droits humains les plus élémentaires aux résistants de la Palestine. Fadwa Nassar Mardi 1er mai 2012 |
3-3 El watan. :Agressions de détenus dans les prisons israéliennes : l’Autorité palestinienne recourt à la justice.
L’Autorité palestinienne va poursuivre en justice les autorités pénitentiaires israéliennes, accusées de «crimes de guerre violant les lois internationales», a annoncé le ministre palestinien chargé des Affaires des prisonniers, Aïssa Qaraqaë.
S’exprimant lors d’un festival organisé samedi à Al Khalil en signe de solidarité avec les enfants des prisonniers, M. Qaraqaë a dénoncé des «crimes organisés par Israël contre les détenus palestiniens, commis en plein mutisme de la communauté internationale».Pour sa part, le gouverneur de la ville d’Al Khalil, Kamel Hamid, a promis d’œuvrer avec détermination «pour la libération des prisonniers palestiniens, pour mettre fin aux souffrances de leurs enfants».
Ce responsable a, lui aussi, dénoncé les incessantes agressions israéliennes contre les détenus palestiniens. Quant à Ziad Al Rajoub, membre du conseil révolutionnaire du parti Fatah et président de la commune de Doura, il a estimé que la libération des prisonniers «demeure la clé pour l’établissement de l’Etat palestinien indépendant».
Il a souligné également que le soutien de la bataille des prisonniers palestiniens, en grève de la faim depuis quelques jours, «a une très grande importance pour la cause palestinienne». Plus de 1500 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes ont entamé mardi dernier une grève de la faim et 2300 autres décident de ne pas manger pendant 24 heures, à l’occasion de «la Journée du prisonnier», célébrée le 17 avril de chaque années. «Les célébrations de la Journée du prisonnier sont différentes cette année parce que les conditions des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes ont empiré», avait déploré Qaraqaë.
El watan.
3-4 José Luis Moraguès : EXTENSION DE LA GRÈVE DE LA FAIM DES PRISONNIERS PALESTINIENS.
"La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques Palestiniens et les tâches du mouvement de solidarité internationaliste"-
publié le dimanche 29 avril 2012.
Dans le dernier paragraphe (Notre combat) de son article "Pour quoi se battent les prisonniers politiques Palestiniens ?", Ameer Makhoul qui est un dirigeant de la société civile palestinienne, prisonnier politique actuellement enfermé à la prison de Gilboa, énonce clairement les raisons du combat des prisonniers. (http://www.protection-palestine.org...)
" La véritable préoccupation pour le peuple sous occupation n’est pas de savoir si la détention de leurs fils ou de leurs filles relève d’un ordre administratif israélien ou d’un ordre de tribunal militaire ou civil. L’oppression, la répression et le pillage sont identiques, quel que soit l’outil que l’occupation utilise. La bataille d’Adnan est un combat contre le projet colonialiste dans son ensemble et pas seulement contre l’un de ses outils.
Mais quand des dirigeants palestiniens et des militants des droits de l’homme déclarent que la prochaine étape consiste à intensifier la campagne contre les ordres de détention administrative, cela montre une faiblesse et une vision erronée.
La bataille contre les lois d’urgence israéliennes est une bataille qui regarde les Israéliens, pas le peuple palestinien. La bataille pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux dans le monde qui s’opposent à l’occupation et au colonialisme, est contre l’occupation et l’État occupant, et pour la libération nationale, pour le rétablissement de la patrie et le retour de ses habitants aujourd’hui réfugiés et exilés. "(souligné par JLM)
Dans une interview récente, Khader Adnan (http://www.protection-palestine.org...), à qui on demandait les raisons de sa grève de la faim le jour de son arrestation, réaffirmait lui aussi les objectifs stratégiques du combat des prisonniers et de son action. En se mettant en grève de la faim le jour de son arrestation il affirmait ainsi ne pas se battre seulement contre les mauvaises conditions de détention, et contre la "détention administrative" mais contre l’injustice de l’arrestation elle -même : " Ma réjection de la détention administrative est le complément direct de ma réjection de l’occupation elle-même et de ma quête pour retrouver la dignité qui nous a été volée par les Israéliens."
La réaffirmation des revendications fondamentales :
L’un et l’autre affirment que l’objectif stratégique de la bataille engagée est la fin de l’occupation, de la colonisation, le retour des Réfugiés et la libération nationale. Qu’ils ne refusent pas seulement les mauvaises conditions, la torture, l’arbitraire illégal de la détention administrative mais le fait des arrestations elles-mêmes. Même si Israël cessait les détentions administratives et respectait les droits des prisonniers, il faudrait combattre les arrestations et exiger la libération de tous les prisonniers. Ce qui ne saurait advenir sans la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid.
Ce retour aux revendications fondamentales et cette volonté de lier les objectifs tactiques aux objectifs stratégiques est énoncé avec fermeté dans l’Appel BDS Palestinien de 2005 et réaffirmé sans cesse. Il semble que, au delà des partis impliqués, l’ esprit qui anime la bataille actuelle des prisonniers palestiniens est celui de l’écrasante majorité de la société civile palestinienne aujourd’hui et que nous connaissons mieux depuis et à travers l’Appel BDS. Rien de surprenant à cela puisque la quasi totalité des associations de prisonniers et des familles sont signataires de l’Appel BDS. A l’occasion de la journée internationale des prisonniers 12 organisations palestiniennes de prisonniers et de familles des prisonniers ont signé aux côtés du BNC Palestinien (Comité National Palestinien pour le BDS) un appel adressé aux sociétés civiles et aux organisations des droits de l’Homme demandant de boycotter l’entreprise israélienne G4S qui exporte dans le monde son "savoir faire"(!) en matière de surveillance et de répression dans les prisons.
L’appel des organisations de prisonniers au mouvement de solidarité : Inclure la question des prisonniers dans le BDS.
Sans doute sur le plan tactique faut-il dénoncer les violations du droit international et des conventions qui régissent les droits des prisonniers, sans doute faut-il dénoncer la "détention administrative" parce qu’elle est illégale au regard du droit actuel et aussi parce qu’elle est une forme de torture psychologique. Mais rien ne serait plus dommageable que d’isoler la lutte tactique pour le respect des droits des prisonniers et contre la détention administrative de l’objectif stratégique qui est la libération nationale du peuple Palestinien et le retour des Réfugiés.
Que les ONG humanitaires et des droits humains s’en tiennent à réclamer l’application des conventions de Genève en matière du droit des prisonniers et exigent l’interdiction de la détention administrative, cela relève de leur registre d’intervention et c’est tout à leur honneur. Le mouvement de solidarité à la Palestine se tient et se tiendra sans conteste à leurs côtés dans ce travail incontournable et indispensable.
Il appartient au mouvement de solidarité, non seulement de faire connaître et de porter l’ensemble des objectifs (tactiques et stratégiques) de la bataille engagée par les prisonniers Palestiniens, mais aussi et surtout d’inventer les actions et les modalités d’un rapport de force qui fasse reculer Israël.
En liant la lutte actuelle des prisonniers à la campagne BDS internationale, les 12 organisations palestiniennes de défense des prisonniers ont clairement fait entendre leur choix et nous appellent explicitement à inclure la question des prisonniers politiques palestiniens dans la Campagne internationale BDS.
José Luis Moraguès (CCIPPP-BDS France)
29 avril 2012
CCIPPP- BDS France.
4 Déclaration, courrier des lecteurs& témoignage
4-1 Mohammed Larbi : L’iceberg de Bethléem.
Même passé à tabac, le jeune Danois Andreas peut s’estimer heureux. En tout cas plus chanceux que ceux-là mêmes qu’il était venu soutenir, parce qu’eux n’ont pas voix au chapitre. Plus clairement, il a été, cette semaine, plus question des pro-Palestiniens que des Palestiniens, ce qui est important pour la cause palestinienne. Non pas que les premiers parlent plus haut que les autres, mais tout simplement parce que la voix de ces autres est étouffée. Et le mérite des pro-Palestiniens est d’être allés contre un ordre devenu immuable en portant la question palestinienne sur le devant de la scène internationale et en la sortant de l’oubli.
Tout a donc commencé dans de nombreux aéroports européens où des ressortissants du vieux continent ont trouvé leur nom porté sur une liste transmise par les autorités israéliennes aux compagnies aériennes européennes. Ceux-là – et ils étaient des milliers – étaient interdits d’embarquer à destination d’Israël et des territoires palestiniens, leur point de convergence, pour un événement devenu annuel et qu’Israël entend effacer des tablettes. Seuls quelques dizaines d’entre eux ont réussi à passer au travers des mailles pourtant bien serrées du filet tendu par Israël qui, relève-t-on, a bénéficié de complicités dont on ne mesure pas encore toute l’étendue.
Un bien triste bilan, alors qu’une organisatrice de cette opération a estimé que «les mesures draconiennes prises par le gouvernement et les services secrets israéliens pour empêcher le millier de volontaires de rejoindre la Palestine s’est transformé en désastre diplomatique et politique pour (le Premier ministre Benjamin) Netanyahu et sa clique».
Nul doute que des gouvernements sauront se montrer indulgents et aider Israël à remonter cette pente.
Un tel évènement serait donc passé inaperçu n’était le comportement du militaire israélien, habitué à l’impunité, qui a agressé un ressortissant danois. Des images le montrant frappant ce dernier au visage avec son arme ont soulevé l’indignation. Ce qui est arrivé ensuite est unique, sinon extrêmement rare, car aucun soldat israélien
n’a jamais été inquiété pour ses agressions commises sur les Palestiniens, quelle que soit leur situation. Bien au contraire, assassiner des civils et détruire leurs biens passent pour des faits d’armes. Il se trouvera bien une presse, jamais à court d’idées, pour parler de «représailles». Une locution qui exprime à elle seule tout le parti pris en faveur d’Israël, occultant de fait le rapport occupant-occupé. Mais il leur était difficile, cette fois, de nier ce qui s’est passé dimanche, aux portes de la ville palestinienne de Ariha, que l’on disait débarrassée de l’occupation israélienne depuis 1994.
Voilà un autre mensonge – le premier de ces derniers jours – consistant à laisser croire qu’il n’y a pas de problème palestinien, sinon qu’il est pris en charge dans le cadre de négociations, le reste étant de la simple provocation ou même des agressions contre Israël.
C’est ce qui a été dit de toutes les opérations de soutien au peuple palestinien, celui-ci étant, quant à lui, déclaré coupable de ne pas avoir renoncé à ses droits nationaux. Et dire que cela n’aurait pas été possible sans un certain nombre de complicités, toutes faisant obstruction au droit et exposant la région du Proche-Orient à la course aux armements et à l’instabilité. C’est ainsi qu’Israël a pu se retrouver aujourd’hui en possession d’un important arsenal nucléaire.
Ses dirigeants ont su se montrer reconnaissants en dévoilant quelque peu leurs amitiés. C’est l’un des crimes les plus effroyables de ce demi-siècle d’histoire contemporaine. Et l’on se permet de parler de droits et de libertés, ce qui frappe de suspicion tout discours en ce sens. Celui-ci est inadéquat et inapproprié, car traitant une telle question au cas par cas. C’est encore le droit de la force.
Mohammed Larbi
http://www.elwatan.com/international/l-iceberg-de-bethleem-18-04-2012-167299_112.php
4-2 Jeunes communistes : Solidarité avec Noam Gur et Alon Gurman,
( deux jeunes israéliens qui refusent d’accomplir leur service militaire )
« Nous refusons de servir une armée d’occupation et d’apartheid »
Noam Gur et Alon Gurman se présenteront, lundi 16 avril, au bureau de recrutement de la base militaire de Tel Hashomer, où ils vont affirmer leur refus de servir dans l’armée israélienne, tant qu’elle sera pouvoir occupant, et ils seront emprisonnés en raison de ce refus.
Dans sa déclaration expliquant son refus, Gurman écrit: « Mon refus de servir dans l’armée Israélienne, en plus d’être le refus de prendre part à l’occupation et à l’apartheid, est un acte de solidarité envers nos amis Palestiniens vivant sous domination Israélienne, et de lutte pour la liberté, la justice et l’égalité. »
La jeune Noam Gur a justifié, elle, son refus ainsi : « Je refuse de rejoindre une armée qui, dès ses fondements, s’est engagée à dominer une autre nation, à piller et terroriser une population civile sous sa domination. »
Alon Gurman, 18 ans, originaire de Tel Aviv, n’avait aucun doute sur son enrôlement jusqu’à qu’il se rende pour la première fois en Cisjordanie. Durant sa dernière année de lycée, il a commencé à faire des lectures sur la lutte populaire Palestinienne.
« J’ai commencé à me rendre à des manifestations en pensant que certaines des politiques suivies n’allaient pas dans le bon sens, qu’elles pouvaient être changées, changées de l’intérieur, et donc j’ai commencé les procédures d’engagement dans l’armée comme on l’attendait de moi », déclare Gurman.
« C’est seulement après m’être rendu pour la première fois dans les territoires occupés que j’ai réalisé que je ne pourrai jamais faire partie de l’armée. J’ai vu des démolitions de maisons ; j’ai vu des niveaux inimaginables de violence contre les protestations civiles, et tout cela au nom du colonialisme. J’ai été particulièrement traumatisé par mon arrestation lors d’une manifestation à Al-Walaja, juste au moment où nous nous dispersions. Les soldats avaient mon âge, on était de la même génération, et j’ai vu l’effet qu’avait le service sur eux. Vous ne pouvez pas avoir de conscience morale dans une situation immorale ».
Ces derniers mois, Gurman a participé aux manifestations du Vendredi en Cisjordanie sur une base régulière, et lors de la récente escalade militaire à Gaza, il a organisé une manifestation à Tel-Aviv, avant et pendant laquelle il a reçu des menaces personnelles. Avoir été exposé à toute cette violence a renforcé sa décision, son refus de s’engager, mais c’est seulement après avoir entendu Noam Gur qu’il s’est persuadé à l’affirmer publiquement, à risquer la prison, et non seulement à esquiver dans le silence l’enrôlement.
Les amis et les sympathisants à la cause se joindront à Alon Gurman et Noam Gur à la base militaire, et rappelleront aux jeunes Israéliens qu’ils seront sur le point de rejoindre l’armée, que l’occupation des territoires Palestiniens continue, « et qu’il y en a qui s’opposent à cela, et que nous devons tous agir comme Noam et Alon et refuser de participer à l’oppression du peuple Palestinien ».
Source: http://stcom.net (http://s.tt/19AhN)
Traduction AC pour
http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
4-3 IRIB : manifestation non armée.
L'activiste danois Andreas a été attaqué par le lieutenant-colonel israélien Shalom Eisner pendant une manifestation non armée dans la Vallée du Jourdain le 14 avril.
Un Palestinien et l'activiste néerlandaise Mira ont également été blessés par l'agression de Eisner, l'activiste suédois Alex a été menotté et détenu pendant plus d'une heure pendant l'incident.
L'action impliquait quelques deux cents personnes qui voulaient rouler sur la route 90 qui relie des colonies israéliennes reconnues comme illégales par la Cour internationale de Justice. Organisé par le Forum des Jeunes Sharek, l'événement cycliste avait pour but d'attirer l'attention sur les restrictions à la circulation et aux violations des droits de l'homme que subissent les Palestiniens dans la Vallée du Jourdain. Le Forum Sharek fait état des nombreuses voitures palestiniennes fréquemment stoppées, fouillées ou interdites de circulation sur la route 90 où avait lieu la manifestation cycliste.
Le Palestinien, Andreas, Mira et Alex travaillent avec l'avocat du Comité contre la Torture en Israël (PCATI) Meissa Irshaid pour s'assurer que le témoignage de ces participants à la tournée à vélo soit représenté dans l'affaire contre le lieutenant-colonel Eisner."Les soldats israéliens ont bloqué la route à tous les cyclistes et ont rapidement eu recours à la violence pour nous intimider et nous empêcher de rouler sur la route 90. Le lieutenant-colonel Eisner m'a frappé avec son M-16 sans qu'il y ait eu provocation," a déclaré Andreas. Mira a elle aussi été frappée au visage par le fusil de Eisner. Les deux ont été évacués à l'hôpital et Andreas a reçu des points de suture à la lèvre.
IRIB
5 Analyse - Géopolitique et stratégie– Réflexion.
5-1 Les prisons israéliennes.
Je suis allé hier écouter Salah Hamouri raconter ce que furent ses années de prison, après une condamnation douteuse, et surtout ce que sont les conditions des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. Ce récit est cauchemardesque.
Mille détails comme:
• le fait, restant conforme à la loi israélienne et qui fut celle de l’ancien mandat britannique jamais révoqué, de placer des gens en détention administrative sur décision du seul exécutif, par tranches de 6 mois renouvelables indéfiniment (un prisonnier est placé ainsi depuis 25 ans);
• le fait de faire préparer les repas des palestiniens par des droits communs juifs, ce qui oblige les prisonniers à payer leur nourriture achetée à la cantine de la prison afin d’éviter des horreurs;
• le fait de faire circuler les prisonniers entassés dans des fourgons entièrement métalliques et de les laisser à l’arrêt durant des heures soit en été au soleil, soit en hiver, soit sous les bombes (les gardiens s’étant alors mis à l’abri) ;
• l’isolement punitif qui affecte actuellement 500 prisonniers palestiniens, parfois très long et avec souvent des moments de bruits sales ou de musiques en hébreu à tue-tête;
• les visites des familles et les courriers si règlementés que certains prisonniers n’ont aucune nouvelle de leurs parents depuis des années et ne savent pas s’ils sont encore vivants.
La grève de la faim, en cours actuellement, des prisonniers palestiniens a demandé trois ans par le canal des réseaux occultes avant que la date soit fixée. Et cette date, le 17 avril, est l’anniversaire d’un épisode que je raconte:
«Dans le passé, deux Palestiniens prisonniers ont entamé une grève de la faim. Pour les obliger à absorber du lait, les gardiens leur ont enfoncé des tuyaux par la gorge et ont versé le lait. Les tuyaux étaient mal dirigés et aboutissaient dans les poumons, et les prisonniers sont morts, sans qu’aucun médium occidental n’en parle.»
Un chiffre aussi: ramenant aux proportions, les prisonniers français seraient au nombre de 25 millions (le calcul inclut tous les prisonniers dans la prison à ciel ouvert de la Bande de Ghaza).
Et une observation précieuse: La détermination, que nous avons suivie durant son emprisonnement, de Salah Hamouri lui a donné une force d’âme et une capacité de résistance comparable à celle décrite par les survivants des camps nazis. Elle est très générale. Ce qu’on fait aux prisonniers palestiniens permet le tri clair des personnalités, et forme une élite palestinienne de grande valeur.
Le monde extérieur doit aider ce Peuple en faisant bien voir aux israéliens juifs que la violence croissante leur est totalement défavorable, et que leur image si artificiellement et patiemment construite est en train de devenir horrible. Agissons dans le cadre non-violent !
Actuellement, le Libanais Georges Abdallah est prisonnier en France et a terminé depuis longtemps sa peine. La justice française a mis longtemps à décider de sa libération, mais l’a fait assez récemment. Immédiatement, le Président Obama a demandé son maintien dans les prisons françaises, et l’exécutif de notre Pays s’est exécuté, au mépris de notre Droit.
Notre Pays est totalement aligné, comme le serait un enfant de gangsters.
Alain.
Le 22 avril 2112.
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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04.05.2012
n°609 - Dossier ‘Solidarité avec le peuple palestinien’ –
n°609 - Dossier ‘Solidarité avec le peuple palestinien’ –
04-05 - : Attaque de l'armée israélienne contre Gaza.
L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources
Dossier ‘Bienvenue en Palestine’
n°609 04-05
C.De Broeder & M.Lemaire
Vous retrouverez ce journal
a) sur nos blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
e) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
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Sommaire Tiré à part
L’enfance sous occupation. 1- Politique Palestiniene Grey Owol : Processus de paix : Mahmoud Abbas lance un ultimatum. Colonisation: Les Palestiniens mettent l’ONU au pied du mur. 2- Politique Israélienne Manger du pain trempé avec le sang des enfants palestiniens Attaque de l'armée israélienne contre Gaza 2-1 Netanyahu & Lieberman Netanyahuveut légaliser les colonies sauvages. Israël autorise trois colonies sauvages implantées dans les années 90.. Le Point.fr : Israël compte ériger un mur à sa frontière avec le Liban 2-2 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies). Qods occupée : 9 familles palestiniennes expulsées en l’espace d’une semaine. !!! 2-3 Situation dans les geôles israéliennes - Prisons & tortures IRIB : Agressions des détenus dans les prisons israéliennes! 1.350 prisonniers palestiniens observent une grève de la faim illimitée. 3 Politique Internationale des territoires occupés Usa 1 Les grandes manœuvres 4 institutions et leurs satellites Ue Romandie.com : Colonies autorisées: l'UE demande à Israël de revenir sur sa décision. 5 Europe 1 France 5-1 Alain Gresh : Air France : « Etes-vous de confession juive ? » 5-2 Des militants pro-palestiniens refoulés à Roissy. 4 institutions et leurs satellites Ue Romandie.com : Colonies autorisées: l'UE demande à Israël de revenir sur sa décision. 6 Monde Afrique du Sud Ahmed Kathrada : Afrique du Sud : Solidarité avec les Palestiniens. Égypte Al-Ahram : L’Égypte boycotte Adidas pour cause de collaboration avec Israël. Inde |
Tiré à part
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Colonisation: Les Palestiniens mettent l’ONU au pied du mur. Les Palestiniens ont envoyé une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU réclamant la condamnation officielle de la colonisation menée par l'entité sioniste, a indiqué mardi le ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Malki. "La lettre appelle la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité, à condamner les activités de colonisation, qui sont illégales, et d'autres actions illégales d'Israël dans les territoires palestiniens occupés", a déclaré Malki. La lettre appelle également à prendre des "mesures urgentes pour mettre la pression sur la puissance occupante, Israël, pour l'obliger à cesser immédiatement ces actions et ces politiques", a ajouté le ministre. Il a précisé que les Palestiniens allaient chercher à obtenir une déclaration du Quartette "indiquant clairement que la poursuite de la colonisation est l'obstacle principal à la relance de négociations réelles et sérieuses". Al Manar : http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=59129 |
2- Politique Israélienne
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Manger du pain trempé avec le sang des enfants palestiniens Dans un nouvel acte raciste révélant la haine pour les Palestiniens, musulmans et chrétiens, le joueur israélien de basket, Ido Kojikaro a publié sur sa page facebook des déclarations haineuses à l’encontre d’enfants musulmans et chrétiens. Le joueur terroriste a écrit: « la meilleure chose dans la célébration de la fête de Pâques, est de manger le pain « matsah » trempé avec le sang des enfants musulmans et chrétiens….Mummmm ». Il convient de rappeler qu’en février dernier, dix enfants palestiniens avaient péri suite à un accident de bus en Cisjordanie. Les Israéliens avaient également saisi l’occasion pour exprimer leur joie sur les réseaux sociaux après la mort « des saboteurs de l’avenir ». Information du Centre Palestinien d'Information http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=58649&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=22&s1=1 |
Attaque de l'armée israélienne contre Gaza
Les militaires ont attaqué avec des mitrailleuses lourdes le Nord de Gaza.
Les militaires israéliens ont rasé les terrains agricoles des habitants d'Abou Safiya dans l'Est de Gaza. Selon ce rapport les avions ont survolé cette région.
D'autre part, l'armée israélienne a mené, hier soir, dimanche des attaques contre les maisons des citoyens à Al-Khalil, en Cisjordanie.
http://french.irib.ir/info/...
Les vedettes israéliennes chargent les côtes de Gaza.
Les vedettes de l'armée ont pilonné les côtes de Gaza.
Ces attaques ont visé les côtes dans le Nord-ouest de Gaza. Le bilan des victimes et des dégâts est encore inconnu. Les vedettes attaquent régulièrement les bateaux des Palestiniens au large de Gaza. Le régime sioniste a intensifié depuis 2007 le blocus de Gaza.
IRIB
Netanyahu & Lieberman
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Netanyahuveut légaliser les colonies sauvages. |
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a apaisé dimanche les dissensions sur la colonisation au sein de son gouvernement en annonçant la formation d'un comité ministériel spécial chargé de légaliser plusieurs colonies sauvages. Une polémique avait éclaté pendant le week-end sur l'avenir de la trentaine d'habitations de la colonie sauvage d'Ulpana, adjacente à l'implantation de Beit El près de Ramallah (Cisjordanie), qui doivent en principe être démolies avant le 1er mai selon un arrêt de la Cour supérieure de Justice. Ulpana est entièrement construite sur des terres privées palestiniennes. Netanyahu a déclaré dimanche lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet, qu'il espérait trouver un moyen légal de ne pas détruire les maisons, a déclaré un responsable israélien sous couvert de l'anonymat. Selon ce responsable, Netanyahu mène des consultations avec les ministres de la Justice et de la guerre pour trouver une solution. Le ministre des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, avait assuré samedi qu'un démantèlement d'Ulpana pourrait faire voler en éclats la coalition gouvernementale, qui repose en grande partie sur les partis pro-colonisation. Lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, il était prévu que les ministres légalisent rétroactivement trois colonies sauvages de Cisjordanie: Bruchin, Sansana et Rechelim. Au-lieu de cela, Netanyahu a annoncé la formation d'un comité composé de lui-même, du ministre de la guerre Ehud Barak et du ministre sans portefeuille Benny Begin, a indiqué le responsable israélien à l'AFP. Il a ajouté que Bruchin, Sansana et Rechelim avaient été établis sur l'ordre du gouvernement. "Ce ne sont pas des colonies sauvages, mais des problèmes techniques et de procédure touchent ces implantations et doivent être résolus", a-t-il prétendu. Bruchin (350 habitants) et est situé dans le nord de la Cisjordanie occupée, ainsi que Rechelim (240 habitants). Sansana (240 habitants) est situé près d’AlKhalil (Hébron), dans le sud des territoires palestiniens. Les autorités d’occupation considèrent que les colonies construites sans l'accord du gouvernement sont illégales. La communauté internationale considère toutes les implantations construites au-delà de la Ligne verte comme illégales, qu’elles aient ou non obtenu une autorisation du gouvernement israélien. Al Manar |
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=60779
Le pro palestinien Einsner porte plainte contre Israel !
Netanyahu veut légaliser les colonies sauvages(2)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a apaisé dimanche les dissensions sur la colonisation au sein de son gouvernement en annonçant la formation d’un comité ministériel spécial chargé de légaliser plusieurs colonies sauvages.
Une polémique avait éclaté pendant le week-end sur l’avenir de la trentaine d’habitations de la colonie sauvage d’Ulpana, adjacente à l’implantation de Beit El près de Ramallah (Cisjordanie), qui doivent en principe être démolies avant le 1er mai selon un arrêt de la Cour supérieure de Justice.
Considérée par certains membres du gouvernement comme un quartier de Beit El, Ulpana est entièrement construite sur des terres privées palestiniennes.
M. Netanyahu a déclaré dimanche lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet, qu’il espérait trouver un moyen légal de ne pas détruire les maisons, a déclaré un responsable israélien sous couvert de l’anonymat.
Selon ce responsable, M. Netanyahu mène des consultations avec les ministres de la Justice et de la Défense pour trouver une solution
Le ministre des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, un "dur" du Likoud, le parti de M. Netanyahu, avait assuré samedi qu’un démantèlement d’Ulpana pourrait faire voler en éclats la coalition gouvernementale, qui repose en grande partie sur les partis pro-colonisation.
M. Yaalon a critiqué le ministre de la Défense Ehud Barak, dont les prérogatives incluent l’autorisation des constructions dans les colonies autorisées par Israël et les éventuels démantèlements dans les zones non-autorisées.
Plusieurs ministres et députés reprochent à M. Barak de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour légaliser rétroactivement Ulpana.
"S’il s’avère que les maisons (d’Ulpana) ont été érigées sur un terrain privé (palestinien), il n’y aura semble-t-il pas d’autre possibilité que de les évacuer. On pourra les construire (ces maisons) sur un autre site disponible, si nécessaire", a déclaré M. Barak, chef du parti Atzmaout (centre-droit, 5 députés), dimanche à la radio publique.
"Ce débat interne du gouvernement prouve en fait qu’il cherche à ne pas appliquer" l’ordre de démantèlement du quartier, a déclaré à l’AFP la porte-parole du mouvement israélien anti-colonisation La paix maintenant, Hagit Ofran.
Lors de la réunion hebdomadaire du cabinet, il était prévu que les ministres légalisent rétroactivement trois colonies sauvages de Cisjordanie : Bruchin, Sansana et Rechelim.
Au-lieu de cela, M. Netanyahu a annoncé la formation d’un comité composé de lui-même, du ministre de la Défense Ehud Barak et du ministre sans portefeuille Benny Begin, a indiqué le responsable israélien à l’AFP.
Il a ajouté que Bruchin, Sansana et Rechelim avaient été établis sur l’ordre du gouvernement.
"Ce ne sont pas des colonies sauvages, mais des problèmes techniques et de procédure touchent ces implantations et doivent être résolus", a-t-il précisé.
Bruchin (350 habitants) et est situé dans le nord de la Cisjordanie, ainsi que Rechelim (240 habitants). Sansana (240 habitants) est situé près de Hébron, dans le sud du territoire palestinien.
Israël considère que les colonies construites sans l’accord du gouvernement sont illégales. La communauté internationale considère toutes les implantations construites au-delà de la Ligne verte comme illégales, qu’elles aient ou non obtenu une autorisation du gouvernement israélien.
23/04/2012
http://www.aloufok.net/spip.php?article7277
Israël autorise trois colonies sauvages implantées dans les années 90..
Les Palestiniens y voient une réponse à Abbas.
Le gouvernement israélien a autorisé hier a posteriori les colonies sauvages de Bruchin (350 habitants), Rechelim (240 habitants), dans le nord de la Cisjordanie, et Sansana (240 habitants), dans le sud du territoire palestinien. Un comité ministériel ad hoc a « décidé de formaliser les statuts de trois communautés établies dans les années 90 à la suite de décisions de gouvernements précédents », a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. « La décision ne change pas la réalité sur le terrain » et n’implique pas l’établissement « de nouvelles colonies ni l’extension de colonies existantes », a affirmé un responsable israélien.
« La décision de légaliser trois colonies sauvages est la réponse prévue à la lettre du président Abbas au Premier ministre Netanyahu », a réagi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina. Dans un communiqué, le gouvernement palestinien a « condamné la poursuite par Israël du développement de la colonisation », ainsi que « la “légalisation” d’enclaves de colonisation », affirmant qu’elle « détruit les chances de paix et d’une solution à deux États ».
M. Netanyahu avait reçu le 17 avril une lettre de M. Abbas exigeant pour reprendre les négociations de paix une série d’engagements, dont la reconnaissance des lignes de 1967 comme base de discussions et le gel de la colonisation. Le Premier ministre israélien doit y répondre « dans les deux semaines ». Mais les responsables palestiniens anticipaient une réponse négative en s’apprêtant à relancer leurs démarches aux Nations unies. « La question de la lettre palestinienne et de la réponse israélienne ne doit pas être surestimée car nous connaissons la réponse israélienne », a souligné une dirigeante de l’OLP, Hanane Achraoui, estimant que « la prochaine étape devrait être l’Assemblée générale de l’ONU », habilitée à accorder à la Palestine le statut d’État non membre.
« La France condamne cette prétendue légalisation qui envoie un signal très négatif, contraire aux intérêts de la paix dans la région », a réagi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Bernard Valero. Le chef de la diplomatie jordanienne Nasser Jawdeh a également « condamné les activités de colonisation israéliennes ainsi que toute action unilatérale », lors d’entretiens à Amman avec l’émissaire américain David Hale. Le Danemark a lui aussi condamné la décision israélienne et sa « tactique continuelle de grignotage », selon le ministre des Affaires étrangères danois dont le pays assure la présidence de l’Union européenne. « C’est la première fois depuis 1990 que le gouvernement d’Israël décide de l’établissement de nouvelles colonies », a relevé Hagit Ofran, une responsable du mouvement israélien anticolonisation « La Paix maintenant », qualifiant de « tour de passe-passe » la mise en place d’un comité ministériel sur cette question. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est quant à lui déclaré « profondément troublé » et déçu. Les États-Unis se sont dit hier « préoccupés » par la décision de leur allié, estimant que cela n’aidera pas les négociations de paix avec les Palestiniens. La porte-parole du département d’État, Victoria Nuland, a rappelé que Washington était opposé aux activités de colonisation en Cisjordanie et déclaré que les États-Unis allaient demander à Israël, via leur ambassade à Tel Aviv, des « clarifications ».
Le gouvernement Netanyahu a, en outre, décidé de demander à la Cour suprême un sursis à la démolition d’ici au 1er mai d’une trentaine d’habitations de la colonie sauvage d’Ulpana, près de Ramallah, en Cisjordanie, construites sur des terres privées palestiniennes, le temps de trouver une solution juridique pour les préserver. « La décision de l’État de se soustraire à son obligation d’évacuation à la dernière minute (...) est une soumission inquiétante à des considérations politiques », a déploré dans un communiqué l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme Yesh Din, en référence à l’influence du lobby des colons au sein du gouvernement.
Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies sont illégales, qu’elles aient ou non été autorisées par le gouvernement
israélien. Plus de 340 000 colons israéliens habitent en Cisjordanie et
plus de 200 000 dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est.
Par ailleurs, Benjamin Netanyahu a estimé que le Sinaï égyptien était devenu « une sorte de Far West » que les mouvements islamistes exploitent avec l’aide de l’Iran pour s’en prendre à l’État hébreu.
(Source : AFP)
Le Nord de Qods arraché de la Palestine !
La construction du mur de séparation au Nord de Qods étant achevé, la ville se voit, désormais, coupée de sa partie Nord. Selon Al Alam, l'accomplissement de l'ouvrage finit par imposer la domination d'Israël sur la ville sainte. "Israël continue à commettre des crimes, à l'encontre des Palestiniens de Beit-ol-moghadas, de telle manière que les colons écrasent, à bord de leurs voitures, les enfants palestiniens", s'est indigné le président de l'Association populaire de Beit-ol-moghadas. "La présence des colons constitue un phénomène déroutant et incongru dans cette région".
IRIB
Le Point.fr : Israël compte ériger un mur à sa frontière avec le Liban
Les travaux pourraient commencer la semaine prochaine. Le mur serait haut de 10 mètres, et long de 2 kilomètres.
Israël va commencer la semaine prochaine à construire un mur de 2 km le long de sa frontière avec le Liban, à hauteur de la localité israélienne de Metoulla, a indiqué lundi soir la Chaîne-10 privée de télévision israélienne. Ce mur haut de 10 mètres vise à éviter les frictions entre les troupes israéliennes et celles de l'armée libanaise dont les positions respectives sont parfois séparées de quelques mètres seulement, a affirmé la télévision. En janvier, l'armée israélienne avait annoncé ce projet en précisant que ce mur devait protéger des blocs d'immeubles récemment construits à Metoulla contre des tirs de snipers à partir du village libanais de Kfar Kila, situé un kilomètre en face et qui surplombe l'actuelle barrière de sécurité longeant la frontière.
Israël a coordonné la construction de cet ouvrage avec le Liban par l'intermédiaire de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban), a précisé la Chaîne-10. Israël et le Liban sont techniquement en guerre, mais les responsables militaires des deux pays se rencontrent régulièrement sous les auspices de la Finul pour discuter des problèmes de frontière. Les fermiers de Metoulla se plaignent d'avoir été visés par des tireurs d'élite dans le passé et d'être fréquemment attaqués à coups de pierres lancées depuis le côté libanais de la frontière. En 2006, une guerre brève mais sanglante et dévastatrice a opposé Israël et le mouvement chiite libanais Hezbollah qui contrôle la région frontalière.
Le Point.fr –
Publié le 23/04/2012
2-1 Les grandes manœuvres…
Quatre militants pro-palestiniens arrêtés à l’aéroport de Tel-Aviv.
Quatre militants participant à l’opération "Bienvenue en Palestine" ont été interpellés dimanche matin à leur arrivée en provenance de Paris à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, où la police était déployée en force, a annoncé un porte-parole de la police.
"Nous avons interpellé quatre militants arrivés par un vol El-Al (la compagnie aérienne israélienne, NDLR) en provenance de Paris. Ils sont interrogés et seront ensuite expulsés vers leur pays d’origine", a déclaré à l’AFP Micky Rosenfeld, sans pouvoir préciser leur nationalité.
L’opération "Bienvenue en Palestine", organisée pour la troisième année consécutive, consiste pour 1.500 militants, dont 500 à 600 Français, à se rendre dans les Territoires palestiniens, cette fois à Bethléem pour inaugurer une école internationale.
Les organisateurs affirment vouloir ainsi dénoncer le contrôle exercé par Israël sur le mouvement vers et hors des Territoires palestiniens, puisque les visiteurs souhaitant se rendre en Cisjordanie sont obligés de passer par l’Etat hébreu.
La plupart des militants n’ont toutefois pas été autorisés à prendre l’avion dans différents aéroports européens. Les compagnies française Air France, britannique Jet2.com et allemande Lufthansa ont notamment annulé les billets de militants pro-palestiniens.
Plusieurs dizaines d’entre eux ont manifesté dimanche à l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle après s’être vu refuser l’enregistrement, leur nom figurant sur une liste de "personnes indésirables" dressée par les autorités israéliennes.
A Tel-Aviv, la police israélienne a de son côté "mis en place un dispositif de plusieurs centaines de policiers en vue de maintenir l’ordre à l’aéroport", a expliqué Micky Rosenfeld.
Selon la radio publique, 650 policiers, la plupart en civil, étaient déployés à l’aéroport Ben Gourion pour arrêter les militants.
En juillet 2011, Israël avait globalement réussi à déjouer une opération similaire, en empêchant des centaines de militants d’embarquer pour Tel-Aviv et en bloquant puis expulsant quelques dizaines d’autres à leur arrivée.
En 2010 et 2011, seule une petite proportion était parvenue à entrer en Cisjordanie.
Le ministre des Transports Israël Katz a affirmé à la radio publique qu’Israël ne pouvait "pas se permettre de laisser entrer sur son territoire des provocateurs", qui "veulent porter atteinte au droit d’Israël à défendre sa souveraineté". Il a dénoncé l’appartenance de certains militants à des "organisations pro-iraniennes".
En revanche, la dirigeante du parti d’opposition Meretz, Zehava Galon, a estimé que "ceux qui dirigent ce pays ont perdu la tête, ils agissent comme si nous avions quelque chose à cacher". Selon elle, "fermer les frontières en créant un nouveau rideau de fer ne changera pas la réalité de l’occupation israélienne (des Territoires palestiniens) qui dure depuis 45 ans".
http://www.aloufok.net/spip.php?article7214
2-2 Politique colonialiste israélienne. (Colonisation & colonies).
Qods occupée : 9 familles palestiniennes expulsées en l’espace d’une semaine. !!!
Le mercredi 19 avril, les forces israéliennes ont expulsé deux familles palestiniennes de leurs maisons du quartier de Beit Hanina à Qods-Est. Des colons sionistes se sont installés dans leurs maisons le jour même.
Mercredi également, les autorités israéliennes ont détruit les maisons de sept familles dans le quartier d’al-Khalayleh à Qods-Est, expulsant des familles palestiniennes pour la troisième fois en six mois.
Le lendemain, les forces israéliennes ont démoli et confisqué les tentes d’urgence fournies à des familles par les organisations humanitaires, ont indiqué, dans un communiqué commun le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies et l’Office de secours et de travaux (UNRWA).
Le directeur de l’UNRWA en Cisjordanie, Felipe Sanchez, a déclaré que ces expulsions violaient la loi internationale.
Le responsable du bureau local d’OCHA, Ramesh Rajasingham, a ajouté : « Plus de 1 500 Palestiniens ont perdu leur maison à la suite de démolitions et des expulsions depuis le début de l’année 2011. » « Les expulsions forcées et les démolitions provoquent de grandes souffrances humaines, accroissent les besoins humanitaires et la vulnérabilité. »
IRIB
23/04/2012
2-3 Situation dans les geôles israéliennes - Prisons & tortures
IRIB : Agressions des détenus dans les prisons israéliennes!
L’Autorité palestinienne va poursuivre en justice les autorités pénitentiaires israéliennes, accusées de «crimes de guerre violant les lois internationales», a annoncé le ministre palestinien chargé des Affaires des prisonniers, Aïssa Qaraqaë.
S’exprimant lors d’un festival organisé samedi à Al Khalil en signe de solidarité avec les enfants des prisonniers, M. Qaraqaë a dénoncé des «crimes organisés par Israël contre les détenus palestiniens, commis en plein mutisme de la communauté internationale».Pour sa part, le gouverneur de la ville d’Al Khalil, Kamel Hamid, a promis d’œuvrer avec détermination «pour la libération des prisonniers palestiniens, pour mettre fin aux souffrances de leurs enfants».
Ce responsable a, lui aussi, dénoncé les incessantes agressions israéliennes contre les détenus palestiniens. Quant à Ziad Al Rajoub, membre du conseil révolutionnaire du parti Fatah et président de la commune de Doura, il a estimé que la libération des prisonniers «demeure la clé pour l’établissement de l’Etat palestinien indépendant».
Il a souligné également que le soutien de la bataille des prisonniers palestiniens, en grève de la faim depuis quelques jours, «a une très grande importance pour la cause palestinienne». Plus de 1500 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes ont entamé mardi dernier une grève de la faim et 2300 autres décident de ne pas manger pendant 24 heures, à l’occasion de «la Journée du prisonnier», célébrée le 17 avril de chaque années. «Les célébrations de la Journée du prisonnier sont différentes cette année parce que les conditions des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes ont empiré», avait déploré Qaraqaë.
25/04/2012
IRIB
1.350 prisonniers palestiniens observent une grève de la faim illimitée.
Au moins 1.350 prisonniers palestiniens observent une grève de la faim illimitée, ont indiqué aujourd’hui les services pénitentiaires israéliens, après que 150 autres détenus se sont joints au mouvement entamé par des prisonniers mardi. « Il y a maintenant 1.350 prisonniers palestiniens en grève de la faim », a indiqué Sivan Weizman, porte-parole des services pénitentiaires. « Cent cinquante autres prisonniers se sont joints au mouvement de grève de la faim au cours du week-end, portant le nombre total de prisonniers en grève de la faim à 1.350″, a-t-il précisé.
Mardi, quelque 1.200 détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim et 2.300 autres ont décidé de refuser la nourriture pendant 24 heures, à l’occasion de la journée annuelle des prisonniers palestiniens. Auparavant, dix autre détenus palestiniens avaient déjà entamé un tel mouvement dans des prisons israéliennes et quatre d’entre eux ont été transférés dans des hôpitaux en raison de leur état de santé, selon le Club des prisonniers palestiniens.Deux d’entre eux, Bilal Diab, 27 ans et Thaer Halahla, 34 ans, ont cessé de s’alimenter depuis 54 jours et le groupe Adameer, qui défend le droit des prisonniers, a indiqué que leur état de santé se « détériorait rapidement ».
Ces dix grévistes de la faim sont détenus sans charge sous le régime de la détention administrative, une mesure héritée du mandat britannique sur la Palestine qui permet à Israël de garder en prison sans jugement des suspects pour des périodes indéfiniment renouvelables de six mois. Au total 4.699 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, la plupart pour des motifs sécuritaires, dont 319 en détention administrative, indiquent les dernières statistiques du ministère palestinien des Prisonniers.
23/04/2012
http://www1.com/flash-dactu/israel-150-palestiniens-de-plus-en-greve-de-la-faim/
3 Politique Internationale des territoires occupés
Usa 1
Les grandes manœuvres
Le Conseil de l’université du Massachusetts vote une résolution appelant à se désinvestir de Boeing
SJP - Université Massachusetts
Évoquant l’implication de Boeing dans l’opération Plomb durci d’Israël (contre la bande de Gaza, en décembre 2008/janvier 2009), une coalition sous l’égide d’étudiants exige que l’université se désinvestisse de Boeing et des autres sociétés qui font de l’argent sur des crimes de guerre et des violations des droits humains.
L’hélicoptère de combat AH-64 A Apache, de chez Boeing, utilisé par Israël pour tirer sur la population palestinienne, pour l’occupation et la colonisation de la Palestine.
Le Conseil des étudiants de premier cycle de l’UMass Boston a adopté à l’unanimité un projet exigeant que la Fondation UMass, qui est le fonds d’investissement de l’université, se dessaisisse de Boeing et des autres sociétés qui tirent profit des crimes de guerre et/ou des violations des droits humains. Cette motion est une victoire retentissante pour les militants étudiants du pays tout entier et contribue à élargir les mouvements de la solidarité internationale, dont le mouvement pour les Boycotts, Désinvestissements et Sanctions contre Israël (BDS), répondant à l’appel de la société civile palestinienne du 9 juillet 2005.
S’appuyant sur la tradition des étudiants de l’UMass à protester et à se désinvestir pour des raisons d’éthique, une coalition d’étudiants, de groupes d’étudiants et de professeurs a présenté un projet au Conseil des étudiants de premier cycle. En tant que l’une des premières universités américaines à se désinvestir de l’Afrique du Sud de l’apartheid en 1978, et ayant récemment retiré ses fonds du Soudan pour protester contre le génocide suintant au Darfour en 2007, les étudiants ont voulu continuer à faire vivre cette tradition d’intégrité morale en demandant le désinvestissement de Boeing, société qui a résolument fabriqué et vendu de l’armement qui fut utilisé dans des attaques directes contre les civils palestiniens, ce qui est ne violation du droit humanitaire international et des droits humains.
Le projet met en avant que l’investissement de l’université dans Boeing, société qui fait de l’argent sur les crimes de guerre, s’oppose de façon frappante avec la mission de l’université qui est de servir « l’intérêt public de notre cité, de notre communauté et de notre monde ». Outre qu’il demande le désinvestissement immédiat de Boeing par l’université, comme des autres sociétés qui profitent des crimes de guerre, le projet appelle à la création d’un Comité d’investissement responsable pour continuer à soutenir le refus de l’université d’investir dans des sociétés qui font de l’argent sur les violations du droit international, des droits humains, et toutes autres injustices. Le projet a été parrainé par le président du Conseil des étudiants de premier cycle, le président du Conseil de l’université, le nouveau Conseil des étudiants de premier cycle, neuf groupes d’étudiants, et 33 professeurs.
Une copie du projet est disponible (avec notamment la liste des parrains et signataires).
Le projet souligne en particulier le lien entre Boeing et l’opération Plomb durci, agression militaire israélienne pendant trois semaines contre la bande de Gaza en 2008/2009, et durant laquelle 1300 Palestiniens furent tués, la plupart d’entre eux étant des civils, dont 412 enfants. Boeing avait fourni les missiles Hellfire et les hélicoptères d’attaque Apache AH-64, tous les deux étant réputés avoir été utilisés dans cette opération Plomb durci. Les actes d’Israël durant l’opération Plomb durci ont été condamnés par de multiples ONG internationales et organisations humanitaires, telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch.
Les étudiants et organisations signataires veulent que cette résolution construise le cadre pour une activité de désinvestissement plus approfondie sur le campus, jusques et y compris un appel à l’université du Massachusetts à retirer ses fonds de toute société tirant profit de crimes de guerre, où qu’ils soient dans le monde. En particulier, le groupe des Étudiants de l’UMass Boston pour la justice en Palestine (SJP en anglais), un groupe d’étudiants du parrainage, espère que cette résolution ouvrira la voie d’une campagne plus large demandant à l’université du Massachusetts de retirer ses fonds de toute société tirant profit de l’occupation et la colonisation, illégales, par Israël de la population autochtone de la Palestine. SJP considère le vote de ce projet comme une fière victoire pour le mouvement de solidarité avec la Palestine, et il le présente comme une réponse à l’appel de 2005 de la société civile palestinienne pour les Boycotts, Désinvestissements et Sanctions contre Israël. Alexis Marvel, du Conseil d’étudiants montant, a exprimé sa détermination à faire adopter le projet par le Conseil d’administration.
Étudiants pour la Justice en Palestine (SJP)
Université du Massachusetts, Boston
Université du Massachusetts, Boston, MA, 18 avril 2012 - BDS Movement - lettre d’Omar Barghouti (omar.barghouti@gmail.com ) Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )
du 24 avril 2012 -
BDS Movement : http://www.bdsmovement.net/2012/umass-boston-student-senate-passes-resolution-calling-for-divestment-from-boeing-8954#.T5e_B9k4aW8
traduction :JPP: http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=768%3Abds-universite-du-massachusetts&catid=10%3Aactualites-bds-dans-le-monde&lang=fr
4 institutions et leurs satellites
Ue
Romandie.com : Colonies autorisées: l'UE demande à Israël de revenir sur sa décision.
L'Union européenne a demandé mercredi à Israël de revenir sur sa décision d'autoriser des colonies sauvages dans les territoires palestiniens occupés, affirmant qu'elles étaient illégales.
Se disant extrêmement inquiète de la décision des autorités israéliennes d'autoriser a posteriori trois colonies sauvages dans des territoires palestiniens occupés, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a ajouté dans un communiqué: Je les appelle à revenir sur cette décision.
Israël a annoncé mardi avoir légalisé le statut des colonies de Bruchin (350 habitants), Rechelim (240 habitants), dans le nord de la Cisjordanie et Sansana (240 habitants), dans le sud du territoire palestinien, en estimant que cela ne changeait pas la réalité sur le terrain et ne revenait pas à étendre des colonies existantes.
L'UE a régulièrement appelé Israël à mettre un terme à toute activité de colonisation. Les colonies sont illégales au regard du droit international, et menacent la viabilité d'une solution à deux Etats, précise Mme Ashton.
De telles mesures vont à l'encontre de l'esprit de la déclaration du quartette du 11 avril 2012, qui s'était inquiété d'actions unilatérales et provocantes, y compris la poursuite des activités de colonisation, a-t-elle jugé.
Le Quartette (Union européenne, Etats-Unis, Russie, ONU) avait alors notamment exhorté Israéliens et Palestiniens à se garder de toute action qui pourrait saper la confiance et à se concentrer sur les mesures positives qui pourraient renforcer et améliorer (leurs relations) pour la reprise des négociations directes.
Les Palestiniens réclament notamment, pour reprendre les négociations de paix une série d'engagements, dont la reconnaissance des lignes de 1967 comme base de discussions et le gel de la colonisation.
5 Europe
1 France
5-1 Alain Gresh : Air France : « Etes-vous de confession juive ? »
Des centaines de militants européens et étrangers souhaitaient se rendre en Palestine pour exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien. Ils ne venaient ni poser des bombes, ni attaquer des bâtiments publics. Israël a décidé de leur interdire l’accès aux territoires palestiniens : une nouvelle preuve que ceux-ci sont, purement et simplement, des territoires occupés.
Pour cette violation du droit de circuler librement, le gouvernement israélien a bénéficié de la complaisance des gouvernements européens, qui ont tout fait pour mettre en œuvre l’interdiction. Et les compagnies européennes y ont contribué, au nom de la convention de Chicago (lire la justification d’Air France, « Air France, Easyjet ou Lufthansa annulent des billets vers Israël », 15 avril.)
Laissons les aspects politiques et diplomatiques de cette affaire pour aborder un autre point : si Air France est tenue d’appliquer la convention de Chicago, peut-elle le faire en violant la Déclaration universelle des droits de l’homme et les lois françaises ? Il est interdit, en effet, de discriminer une personne en fonction de sa couleur ou de sa religion. C’est pourtant ce qui s’est passé, en particulier à Nice, où la compagnie a refusé un embarquement en arguant que la personne n’était ni israélienne ni juive ! (voir le document ci-dessous).
Source : Europalestine, « Le racisme d’Israël et d’Air France au grand jour ».
Il ne s’agit pas d’une simple bavure, puisque Jean-Charles Tréan, directeur du service de presse et des études, précise, en réponse à une question que je lui ai posée : « C’est dans ce cadre que le Chef d’Escale de Permanence à Nice pour le vol AF 4384 du 15 avril 2012 a, sur demande des autorités israéliennes, posé, en leur nom, les deux questions citées. Cela a d’ailleurs permis d’identifier le fait que la passagère concernée n’était pas admise sur le territoire israélien. » On est en présence d’un cas flagrant de discrimination qui devrait être porté devant les tribunaux.
Précisons, pour la petite histoire, que des diplomates français ont aussi été interdits de voyager (« Israeli official : 40% of names on Shin Bet fly-in blacklist were not activists », Haaretz, 16 avril). Et ne vous attendez pas à des protestations de la France.
Alain Gresh
16 avril 2012,
http://blog.mondediplo.net/2012-04-16-Air-France-Etes-vous-de-confession-juive
5-2 Des militants pro-palestiniens refoulés à Roissy.
Plusieurs dizaines de militants pro-palestiniens ont manifesté dimanche à Roissy-Charles-de-Gaulle après s’être vu refuser leur enregistrement par des compagnies aériennes, leur nom figurant sur une liste de "personnes indésirables" communiquée par Israël. Les manifestants, arrivés dès 5 heures au terminal 1 de Roissy-CDG, souhaitaient embarquer, pour certains, à bord de vols Lufthansa et Swiss Air à destination de Tel-Aviv, afin de se rendre à Bethléem dans le cadre de l’opération "Bienvenue en Palestine". Ils ont été refoulés avant leur embarquement, conformément à une demande en ce sens des autorités israéliennes.
"Aujourd’hui, le check-point est à Paris !" ont scandé les manifestants, encadrés par plusieurs dizaines de CRS, avant de se diriger vers le comptoir de la compagnie Lufthansa pour demander une "attestation écrite officielle" leur expliquant les raisons de leur interdiction de vol.
Certains agitaient des drapeaux palestiniens ou des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Roissy, territoire palestinien" ou "Paris aux ordres d’Israël !". "Notre mouvement est totalement pacifique. Mais malheureusement, on continue de nous considérer comme des fauteurs de troubles", a déploré Olivier Buchotte, l’un des organisateurs en France de "Bienvenue en Palestine", selon qui "plusieurs dizaines de personnes" se sont vu opposer un refus d’embarquement.
"On a l’impression que les frontières d’Israël se trouvent désormais à Roissy. C’est une atteinte à notre liberté de circulation", a-t-il dénoncé. Selon un sympathisant pro-palestinien, Romain Lauféron, une manifestation a également eu lieu à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, où des militants se sont vu refuser l’embarquement à bord d’un vol Easyjet.
"Nous avons bloqué le comptoir de la compagnie, en guise de protestation", a-t-il assuré. Les militants pro-palestiniens interdits d’embarquement avaient été avisés dès jeudi par les compagnies aériennes qu’ils ne pourraient s’envoler pour Tel-Aviv. Ils ont décidé de venir malgré tout dans les aéroports concernés, pour "dénoncer cette décision".
"On nous a prévenus, mais sans nous fournir d’explications", a assuré
Sylvie Deplus-Ponsin, médecin de 63 ans, membre de la Ligue des droits de l’homme. "Je suis mère, grand-mère, je n’ai rien à mon casier judiciaire... Mon engagement est pacifique, c’est sans ambiguïté", a-t-elle ajouté, jugeant "incompréhensible" l’annulation de sa réservation. L’opération "Bienvenue en Palestine", mise en place pour la troisième année consécutive, consiste pour 1 500 militants, dont 500 à 600 Français, à se rendre à Bethléem, dans les territoires palestiniens, pour inaugurer une école internationale.
Lors de la première opération, en 2010, une centaine de militants, selon les organisateurs, avaient réussi à gagner la Cisjordanie. Mais Israël avait pris l’été dernier des mesures drastiques pour empêcher l’opération et avait réussi à dissuader les compagnies aériennes d’embarquer les militants au départ.
2 Suède
Zohar Blumenkrantz :L’aéroport de Stockholm ne veut pas des méthodes d’inspections de sécurité des compagnies israéliennes.
L’aéroport suédois refuse son autorisation aux méthodes israéliennes imposées par le Shin Bet pour les inspections de sécurité, et qui comprennent notamment un profilage ethnique et privé, et un interrogatoire très poussé. La compagnie israélienne Arkia doit arrêter ses vols sur Stockholm en raison du refus par l’aéroport international de la capitale suédoise d’autoriser dorénavant les méthodes israéliennes pour les inspections de sécurité, méthodes dictées par le service sécurité du Shin Bet, nous apprend TheMarker mercredi. Ainsi, l’aéroport de Stockholm rejoint ceux de Malmö en Suède et de Copenhague au Danemark dans leur refus d’autoriser les inspections de sécurité israéliennes, lesquelles impliquent un profilage ethnique et privé, un interrogatoire très poussé et des inspections sélectives basées sur le degré de perception du risque sécuritaire.
Arkia, seule compagnie aérienne israélienne à desservir la Suède, avait dû cette année détourner ses vols à destination du Danemark sur Malmö et Stockholm après le refus du Danemark, l’été dernier, d’autoriser les procédures de sécurité israéliennes sur ses aéroports. Arkia avait alors dirigé ses vols sur la Suède d’où elle emmenait ses passagers au Danemark par voie terrestre. Aujourd’hui, cette possibilité est exclue.
Les ministères des Affaires étrangères et des Transports sont en train d’examiner avec le Shin Bet comment résoudre le différend, surtout que des milliers d’Israéliens ont déjà acheté des billets à destination de cette région pour cet été.
Gadi Tepper, directeur général d’Arkia, a mis en garde contre ce qui risque de se produire : « Il semble, selon les médias internationaux, que d’autres pays européens brandissant le drapeau des droits civils et de l’égalité refuseront les exigences sécuritaires israéliennes ». Arkia et les autres compagnies aériennes israéliennes vont être confrontées à de graves difficultés si une grande partie de l’Europe leur est fermée, a-t-il dit.
« Nous sommes en train de discuter avec les autorités responsables de la sécurité en Suède et dans d’autres pays où des problèmes ont surgi, pour faire comprendre le sens des nouvelles restrictions imposées sur les vols israéliens » a déclaré le ministère des Transports israélien, indiquant qu’il travaillait avec le ministère des Affaires étrangères, l’ambassade à Stockholm et les autorités israéliennes de la sécurité.
Et d’ajouter, « Le ministère des Transports israélien a l’intention de continuer à autoriser les vols des compagnies israéliennes toutes destinations, sans restrictions, en prenant en compte l’ensemble des aspects de sécurité et de sûreté.
Une recherche de coûts réduits
Arkia et Israir font pression pour déplacer leurs vols du Terminal 3 de l’aéroport international Ben Gourion, terminal phare de l’aéroport, au Terminal 1, afin de réduire leurs coûts. Le Terminal 1 est utilisé principalement pour les vols charter, à prix réduit, et il perçoit des honoraires moins élevés. La taxe portuaire par passager au Terminal 3 est d’environ 25 dollars pour 11 dollars au Terminal 1.
Ce qui pousse les compagnies à demander cela c’est le traité Ciel Ouvert qu’Israël a signé avec l’Union européenne et qui devrait, selon les Israéliens, exacerber la concurrence.
Une source à Israir a dit qu’étant donné que le ministre des Transports israélien, Yisrael Katz, appliquait Ciel Ouvert, la compagnie était dans l’espoir que son ministère aiderait les compagnies israéliennes dans leur concurrence contre les compagnies étrangères.
Les compagnies israéliennes veulent que l’État couvre tous leurs coûts liés à la sécurité et les aident à obtenir l’autorisation de l’Autorité aéroportuaire pour déplacer leur activité sur le Terminal 1. Elles veulent aussi plus de plages horaires à Ben Gourion afin de pouvoir doubler leur capacité vers l’Europe et mieux tirer parti de leurs nouveaux avions.
L’Autorité aéroportuaire s’est dite en pourparlers avec les directions d’Israir et Arkia, ajoutant qu’ « elle savait pertinemment que ces compagnies ne rentraient pas dans la catégorie des vols low cost qui sont les seuls autorisés à opérer à partir du Terminal 1. Il n’y a aucun rapport entre le nouvel accord sur le transport aérien et l’affectation du Terminal 1 pour les vols low cost. »
EasyJet ouvre une ligne Manchester-Tel Aviv
La compagnie low cost EasyJet va proposer une nouvelle ligne entre Tel Aviv et Manchester à partir du 1er novembre, mais vous pouvez d’ores et déjà commander vos billets sur le site de la compagnie dès cette semaine.
Le premier prix pour un billet aller simple de Tel Aviv à Manchester n’est que de 38 €, et dans l’autre sens, de 83 €, taxes comprises. EasyJet assurera deux vols par semaine, le lundi et le jeudi. Depuis que la compagnie a commencé à fonctionner en Israël, en novembre 2009, elle a embarqué plus de 270 000 passagers.
Oui, votre avion était plus rempli
Si vous avez eu le sentiment que l’avion que vous avez pris à, ou pour, l’aéroport international de Ben Gourion, le mois dernier, était plus rempli que d’habitude, vous pourriez bien avoir raison.
Quelque 889 000 passagers ont utilisé l’aéroport en mars, voyageant sur 6446 vols. Ce qui représente une augmentation de 3 % du trafic passager, et une baisse de 5 % du nombre de mouvements. Par conséquent, il y a plus de passagers par avion d’après les chiffres de l’Autorité aéroportuaire. La part du marché des compagnies israéliennes El Al, Arkia et Israir a représenté près de 40 % en mars.
La compagnie étrangère qui a emporté le plus de passagers vers, ou depuis, Ben Gourion est la Lufthansa. La compagnie allemande a fait voler 40 000 passagers par Tel Aviv en mars, une augmentation de près de 7 % par rapport à mars 2011.
Zohar Blumenkrantz - Ha’aretz
19 avril 2012 –
traduction : JPP
6 Monde
AfriqueduSud
Ahmed Kathrada : Afrique du Sud : Solidarité avec les Palestiniens.
Conseil judiciaire musulman - Afrique du Sud
« Les cent ans de l’ANC : des leçons à tirer pour les Sud-Africains en solidarité avec les Palestiniens qui résistent à l’apartheid israélien ».
L’ANC doit se pencher sur la façon dont il peut, concrètement, soutenir davantage la lutte palestinienne...
En tant que Sud-Africain ayant vécu et souffert sous un apartheid, et passé près de trente années de ma vie adulte dans ses prisons pour lui avoir résisté, je peux et je dois, humblement, prétendre connaître quelque chose de ce qu’est un apartheid. Vous ne pouvez, comme je l’ai fait, avoir accompagné aussi loin et aussi longtemps le Congrès national africain (ANC), des dirigeants comme Govan Mbeki, Walter Sisulu et Nelson Mandela, sans reconnaître un Apartheid quand vous en voyez et en vivez un.
Récemment, je suis allé au Tribunal Russel sur la Palestine, et j’ai entendu des témoignages de Palestiniens, Israéliens et Sud-Africains.
Le Tribunal a conclu qu’Israël répondait à la définition juridique d’un État d’apartheid. Cela me fait mal d’admettre que, en me fondant sur ce que j’en ai souffert et, plus important encore, ce que j’en ai appris, je suis profondément convaincu que ce que les Palestiniens sont en train de vivre est identique - et à bien des égards, pire - à ce que nous avons connu sous l’apartheid en Afrique du Sud. Ceci a été également mis en avant de façon convaincante par le Professeur John Dugard, l’un des plus éminents juristes d’Afrique du Sud.
Les routes séparées d’Israël, la loi de facto sur les mariages mixtes, les procès par les tribunaux militaires, les répartitions inéquitables des ressources (et particulièrement de l’eau), les lois racistes sur la citoyenneté attribuant et refusant les droits des personnes sur la base de l’ethnicité, les destructions des maisons d’une population originaire du pays qui a vécu et travaillé cette terre pendant des siècles et qui sont destinées à faire la place à de nouveaux arrivants ayant un patrimoine génétique commun avec les dirigeants, les déracinements d’oliviers, les détentions sans jugement, les lois sur le droit de se déplacer, la moindre parcelle de terre qui est donnée à la plus grande partie de la population... je ne connais pas d’autre mot pour cela que celui d’apartheid.
Je me rappelle comment les apologistes de l’Apartheid d’Afrique du Sud ont tenté, au niveau international, de faire valoir que la « situation » sud-africaine était plus complexe que ce que l’ANC voulait bien le faire croire. En effet cela aurait pu être le cas, mais l’argument de la complexité était aussi utilisé comme une arme entre les mains des puissants pour désarmer les faibles et ceux qui agissaient en solidarité avec eux.
Je crains que le même argument puisse passer aujourd’hui. Nelson Mandela nous prévenait déjà en 1996 : « La tentation dans notre situation est de parler de façon étouffée d’un sujet comme le droit du peuple de Palestine à son propre État. Nous pouvons facilement nous trouver incités à voir la réconciliation et l’équité comme une parité entre justice et injustice. Ayant acquis notre liberté, nous pourrions tomber dans le piège de nous laver les mains des difficultés auxquelles les autres sont confrontés. Mais nous serions moins humains si nous le faisions. » (4 décembre 1997).
Certains voudraient nous faire croire que l’histoire sud-africaine n’était simplement qu’une question de dialogue et de réconciliation. C’est aussi cela effectivement. Mais c’est aussi une lutte contre l’occupation et une lutte pour la justice.
Notre lutte de libération a de tout nouveaux « admirateurs » et en grand nombre, dont certains ont souvent comploté avec le régime d’apartheid. Il n’est pas surprenant que non seulement ils prétendent avoir participé à la lutte, mais encore qu’ils veuillent nous donner des leçons sur ce qu’a été notre lutte, et comment les appliquer à la lutte palestinienne pour la justice.
L’ANC doit se pencher sur la façon dont il peut, concrètement, soutenir davantage la lutte palestinienne pour la justice et l’autodétermination. Je crois que nous devons considérer très sérieusement l’appel lancé par l’archevêque Desmond Tutu et par beaucoup d’autres dans le monde, aujourd’hui. Quand l’université de Johannesburg a chargé une équipe de déterminer si l’université devait mettre fin à ses relations institutionnelles avec l’université Ben-Gourion d’ Israël et imposer un boycott universitaire (ce qu’elle a fait), l’archevêque Desmond Tutu leur a écrit, leur disant :
« Ensemble, avec les personnes éprises de paix sur cette Terre, je condamne toute forme de violence, mais assurément, ne devons-nous pas reconnaître qu’un peuple enfermé, affamé et dépouillé de ses droits matériels et politiques fondamentaux, doive résister à son Pharaon ? Résister ne fait-il pas de nous des humains ? Les Palestiniens ont choisi, comme nous l’avons fait, les moyens non violents que sont les boycotts, les désinvestissements et les sanctions (BDS). »
Notre appel ce soir n’est pas un appel à la violence, ni à la lutte armée, notre appel est un appel à la non-violence et à la réconciliation. Historiquement, l’ANC a toujours réclamé un règlement pacifique et négocié. Nous disions aussi, cependant, que si vous continuiez sur la voie de l’Apartheid, et que nous ne puissions vous arrêter, à tout le moins, vous le feriez alors sans notre consentement, sans notre accord en ce qui concerne l’économique, le culturel et le politique.
Camarades et amis, s’agissant de la justice pour les Palestiniens, de notre solidarité avec eux et de la coexistence de tous les peuples dans cette région, nous ne pouvons faire mieux que répéter les paroles de sagesse, exprimées avec une si grande clarté par notre propre dirigeant, Nelson Mandela :
« Quand, en 1977, les Nations unies ont voté la résolution inaugurant la Journée internationale de la solidarité avec le peuple palestinien, elles affirmaient reconnaître que des injustices et des violations flagrantes des droits humains étaient commises en Palestine. Dans la même période, les Nations-Unies ont pris une position forte contre l’apartheid et au fil des années, un consensus international s’est dégagé qui a contribué à mettre un terme à ce système inique. Mais nous ne savons que trop bien que notre liberté sera incomplète tant que les Palestiniens n’auront pas la leur, tant que ne seront pas résolus les conflits au Timor oriental, au Soudan et en d’autres parties du monde. L’Afrique du Sud est fière de faire partie de ce consensus international qui affirme le droit de la Palestine à l’autodétermination et à un État. Nous sommes déterminés à assumer notre humble contribution, dans les limites de nos ressources, pour aider à ce que la Palestine prenne sa juste place dans l’arène mondiale. » (11 août 1988)
« Les Sud-Africains comprennent la souffrance du peuple palestinien ; les Palestiniens continuent d’endurer l’humiliation et les difficultés économiques. Ceux qui vivent en exil, les réfugiés, ont été longtemps soutenus par leur espoir d’une fin au conflit, et de l’avènement d’un avenir meilleur. » (25 novembre 1988)
Ahmed Kathrada
Conseil judiciaire musulman - Afrique du Sud
25 mars 2012 - MJC - 8 avril - traduction :
Égypte
Al-Ahram : L’Égypte boycotte Adidas pour cause de collaboration avec Israël.
L’équipe des Pharaons a décidé de boycotter Adidas en raison de mécénat par cette entreprise du marathon de Jérusalem, et malgré la possibilité que soient perdus 1,7 millions d’euros chaque année.
Anouar Saleh, président de l’Association Egyptienne de Football (EFA) a confirmé que l’Egypte allait boycotter la compagnie de vêtements de sport Adidas pour se conformer à la décision des Ministères arabes de la jeunesse et des sports.
« Nous allons boycotter la société quelles que soient les conséquences. Ce n’est pas mon appel personnel, car il s’agit d’une décision ministérielle et je ne peux pas l’ignorer », a déclaré Saleh au journal al-Ahram.
Plus tôt ce mois-ci, le prince saoudien Nawaf Bin Faisal, président du Conseil arabe de la Jeunesse et des Sports, a annoncé lors de la réunion du conseil à Jeddah que « toutes les entreprises qui ont parrainé le marathon de Jérusalem, y compris Adidas, seront boycottées. »
Le fabricant de vêtements de sport, Adidas, était le seul sponsor non-israélien du marathon que le conseil des sports considèrent comme une tentative par « Israël d’induire en erreur l’opinion publique en lui faisant croire que Jérusalem est sa capitale, ce qui qui constitue une violation de toutes les résolutions de l’ONU. »
Le directeur marketing de l’EFA, Amr Wahbi, a mis en garde contre les lourdes pertes qui nuiront à l’équipe nationale et à l’EFA si la décision est appliquée.
« Nous allons avoir environ 1,7 millions d’euros de pertes par an en raison de cette décision. Nous ne serons pas en mesure de trouver un autre parrain dans un délai aussi court, aussi à cause des conditions actuelles en Egypte », a-t-il dit.
Les activités du football en Egypte ont été suspendues depuis la catastrophe de Port-Saïd le 1er Février qui a fait 73 morts et des centaines de blessés.
Les Pharaons ont organisé des camps de formation au Qatar et les Émirats arabes unis pour se préparer avant la Coupe des Nations d’Afrique des Nations de 2013 et 2014, et les qualifications pour la Coupe du Monde.
20 avril
Al-Ahram
http://english.ahram.org.eg/NewsCon...
Traduction : Info-Palestine.net
inde
En Inde, la foule dénonce Israël.
-New Delhi a été aujourd’hui jeudi le théâtre de vastes manifestations contre Israel et les Etats-Unis auxquelles ont participé des milliers d’indiens.
Les manifestants ont condamné le massacre des palestiniens dans les territoires occupés et ont réclamé la fin des crimes d’Israel. Ils scandaient des slogans comme « à bas l’Amérique », « à bas Israël », « les crimes du régime sionistes sont condamnables » Mossad est terroriste » et le « journaliste indien détenus dans la prison doit être libéré ». Les manifestants ont réclamé également la fermeture de l’Ambassade d’Israël à New Delhi. Les partis islamiques de l’Inde ainsi que des formations nationlistes ont été à l’orgine de ces vastes manifestations. « Israel est la source du terrorisme à travers le monde et l’arrestation du journaliste indien Mohamad Ahmad Kazemi célèbre pour ses chroniques anti israélien sous pression du lobby sioniste va dans le même sens, a affirmé l’un des organisateurs de cette marche.
26/04/2012
IRIB
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
11:42 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : palestine, israël, netanyahou, liberman, livni, colonialisme, gaza, obama, clinton, abbas, haniyeh, blocus, moyen-orient, sioniste, capitalisme, résistance, palestinien, guerre, occupation. hamas, fatah, cisjordanie, crimes de guerre, "plomb durci", onu, otan, goldstone, journal de palestine. 'la flottille de la liberté'.lemaire, de broeder, flottille
02.05.2012
n° 94 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 26-04 - La course folle de la dépense militaire
n° 94 - Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion - 26-04 - A1 - La course folle de la dépense militaire
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!
Sa diffusion est un acte de résistance.
Géopolitique et stratégie'des Guerres de l'Otan.
n° 94 - 26-04
C.De Broeder & M.Lemaire
Vous retrouverez ce journal
a) sur mes blog :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
Si vous voulez-Nnous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire.
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Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 5-1 Manlio Dinucci : La course folle de la dépense militaire 5-2 L'Union Pour la Méditerranée: L'Outil du Soft Power pour la Globalisation de l'OTAN. 5-3 René Naba : Bernard Henri Lévy - Homme de son temps ou Homme de l’Otan? |
Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.
5-1 Manlio Dinucci : La course folle de la dépense militaire.
Pendant le temps que vous mettrez à lire cet article, on aura dépensé dans le monde 10 millions de dollars de plus en armes, armées et guerre. La dépense militaire mondiale se monte en effet à 3,3 millions de dollars à la minute. Soit 198 millions par heure, 4,7 milliards chaque jour. Ce qui équivaut à 1.738 milliards de dollars en une année. Ces données sont celles de 2011, publiées hier par le Sipri, le fameux institut international dont le siège est à Stockholm.
Les Etats-Unis sont toujours la locomotive de la dépense militaire, avec 711 milliards de dollars, équivalents à 41% du total mondial. La coupe annoncée de 45 milliards annuels dans la prochaine décennie reste encore à voir. Les économies devraient être effectuées en réduisant les forces terrestres et en restreignant les pensions (assistance médicale comprise) des anciens combattants.
Objectif du Pentagone : rendre les forces étasuniennes plus agiles, plus flexibles et prêtes à être déployées encore plus rapidement. La réduction des forces terrestres prend place dans la nouvelle stratégie, testée avec la guerre en Libye : utiliser l’écrasante supériorité aérienne et navale étasunienne et en faire assumer la plus grosse charge par les alliés. Mais les guerres n’en coûtent pas moins pour autant : les fonds nécessaires, comme cela s’est passé pour la guerre contre la Libye, sont autorisés par le Congrès à chaque fois, en les ajoutant au budget du Pentagone. Et s’ajoutent aussi à cela d’autres postes à caractère militaire, parmi lesquels environ 125 milliards annuels pour les militaires au repos et 50 pour le Département de la sécurité de la patrie, portant la dépense étasunienne à environ la moitié de celle mondiale.
Dans les estimations du Sipri, la Chine reste au deuxième rang par rapport à 2010, avec une dépense estimée à 143 milliards de dollars, équivalents à 8% de la dépense mondiale. Mais son rythme de croissance (170% en termes réels en 2002-2011) est plus grand que celui de la dépense étasunienne (59% pour la même période). Cette accélération est due fondamentalement au fait que les USA sont en train d’opérer une politique de « containment » de la Chine, déplaçant de plus en plus le centre focal de leur stratégie dans la région Asie/Pacifique. En rapide augmentation aussi la dépense de la Russie, qui passe, avec 72 milliards de dollars en 2011, du cinquième au troisième poste parmi les pays ayant les plus grandes dépenses militaires.
Suivent la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Allemagne, le Brésil et l’Italie. La dépense militaire italienne est estimée par le Sipri, pour 2011, à 34,5 milliards de dollars, équivalents à environ 26 milliards d’euros annuels. L’équivalent d’une grosse loi de Finances.
Dans la répartition régionale, l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon totalisent environ 70% de la dépense militaire mondiale : c’est donc la triade, qui jusqu’à présent a constitué le « centre » de l’économie mondiale, qui investit les plus grandes ressources dans le domaine militaire. Ceci a un effet de répercussion sur les régions économiq-tuement moins développées : par exemple, l’Afrique compte à peine 2% de la dépense militaire mondiale, mais l’Afrique du Nord a enregistré la croissance la plus rapide de la dépense militaire dans les sous-régions (109% en termes réels en 2002-2011) et celle du Nigeria aussi est en croissance rapide.
La dépense militaire continue ainsi à augmenter en termes réels. Selon les estimations du Sipri, elle a grimpé à 250 dollars annuels pour chacun des 7 milliards d’habitants de la planète. Un chiffre apparemment négligeable pour un citoyen moyen d’un pays comme l’Italie. Mais qui, additionné aux autres, devient un fleuve d’argent public qui se perd dans un puits sans fond. Avant même de tuer quand elle est convertie en armes et armées, la dépense militaire tue en soustrayant des ressources vitales à des milliards d’êtres humains.
L'article de Manlio Dinucci, dans Il Manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120418/manip2pg/01/manip2pz/321318/
Merci à Marie-Ange pour la traduction
Écrit par : gilles | 19.04.2012
Le site du SPIRI : http://www.sipri.org/
5-2 L'Union Pour la Méditerranée: L'Outil du Soft Power pour la Globalisation de l'OTAN.
La géopolitique des Etats Unis tend à démontrer une farouche volonté de conserver une mainmise sur les armées des territoires conquis.
La division géographique du monde en zones de responsabilités - responsabilité qui serait donc la leur - en est une preuve évidente.
Dans cette perspective, L'OTAN est en réalité le résultat d'une conquête: celle des Nations Européennes occupées suite à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Dans la poursuite de ces intérêts de globalisation de leur puissance et donc de vassalisation des Nations, l'OTAN a progressivement révéler son véritable dessein en poursuivant sa volonté d'élargissement malgré la chute de l'URSS à laquelle elle était vouée à faire contrepoids.
L’Inclusion des Politiques de Cooptation de l’OTAN par l’Union Européenne.
L'occupation de l'espace européen se concrétisa politiquement avec l'Union Européenne qui agit en tant que vassal des intérêts états-uniens. L'UE renforce l'intégration de l'OTAN au sein de l'Europe et par extension établit une coopération sécuritaire et administrative avec les Etats-Unis. Lorsqu'en 1995, l'Europe se tourne vers ses voisins méditéranéens avec le Processus de Barcelone (ou EUROMED), une nouvelle voie est offerte aux Etats-Unis pour leur projet d'extension de leur hégémonie. Basé officiellement sur une volonté de créer des liens avec ses voisins méditerranéen, le projet mutera avec les efforts de Nicolas Sarkozy. En 2008, ces efforts sont récompensés et officialisent la création de l'Union Pour la Méditerranée (UPM) qui regroupera les 27 pays membres de l'UE ainsi que 16 voisins d'Afrique du Nord et du Moyen Orient. La nouvelle organisation régionale se donne alors pour objectif de "promouvoir l'intégration économique et démocratique" de ces 16 pays.
Parmi ces pays, figurent des pays n'ayant aucune côte avec la mer Méditerranée comme la Mauritanie et la Jordanie. Mais ces derniers ont le bénéfice de faire partie du Mediterranean Dialogue de l'OTAN. Créée en 1994, cette initiative de coopération de l'OTAN regroupa dans un premier temps L'Egypte, Israël, la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie. Ils seront ensuite rejoints par la Jordanie (1997) et l'Algérie (2000). L'initiative permit notamment d'obtenir l'envoi de troupes égyptiennes, marocaines et jordaniennes au sein des Opérations de Maintien de la Paix menées par l'OTAN en Bosnie et au Kosovo[i][i][1]. En 2004, une nouvelle initiative de coopération est lancée par l'OTAN en Turquie cette fois. Il s'agit de l'Istanbul Cooperation Initiative (ICI) qui a acessoirement opéré la jonction du Conseil de Coopération du Golfe avec l'OTAN.[ii][ii][2]Cette initiative est une extension du Mediterranean Dialogue à laquelle elle est identique en dehors de son objectif géographique qui est le Golfe Persique.Ces deux initiatives se renforcent progressivement avec la création de l'Union pour la Méditerranée.
Les Etats-Unis et leurs alliés affichent donc une double stratégie: une stratégie de coopération militaire avec l'OTAN et une stratégie politique de soft power importée des Etats Unis et pris en charge par l'Union pour la Méditérannée dont une des vocations est la "démocratisation" de ses pays membres.Sur le Continent africain, ce projet est perçu comme une concurrence directe, voir un moyen d'affaiblir l'Union Africaine, projet conduit par la Jamahiriya Arabe Libyenne. La Libye ne jouera d’ailleurs qu'un simple rôle d'observateur au sein de l'Union pour la Méditerranée. Le projet estde surcroîtt très favorable à la division géographique de l'Afrique selon le découpage imaginé pour installer AFRICOM ainsi que selon la carte inspirée du Conflit de Civilisation cher aux néo-conservateurs. L’UPM détache l'Afrique du Nord du continent territorial, tout comme le proposent ces projections. Les pays du Moyen Orient membres de l’UPM (Liban, Jordanie, Syrie, Palestine) font quant à eux partie du projet de Nouveau Moyen Orientet sont au centre de la politique extérieure commune de l'Union Européenne, des Etats-Unis et d’Israël.
REMDH ou le Soft PowerEuro-Etatsunien.
Le point commun de tous les pays de l’UPMestqu'ils ont tous été lors du siècle dernier soient des colonies, soient sous mandat de Nations Européennes. Ceci créé la possibilité d'utiliser l'expérience de ces Nations Européennes dans le remodelage, la déstabilisation et l'exploitation de ces pays. Par ailleurs, les problèmes domestiques rencontrés par ces pays sont souvent des conséquences de la colonisation, de l'ingérence et de projections stratégiques antérieures qui ambitionnaient déjà des projets de remodelages comme l'OCRS[iii][iii][3] ou le Mandat Français en Syrie[iv][iv][4].
Dés 1995, le Processus de Barcelone prépara le terrain à l'ingérence en demandant l'application de certaines recommandations relatives aux droits de l'homme. En Parallèle et officiellement pour concourir à l'application de ces recommandations, le Réseau Euro-Méditérranéen des Droits de l'Homme (REMDH) voit le jour. C'est lors d'une réunion organisée au Danish Institute for Human Rights à Copenhague en 1997, qu'une dizaine d'individus se réunit pour penser ce que serait ce réseau[v][v][5]. Le Danemark n'est pas un pays étranger à l'OTAN puisque dix ans plus tard, son premier ministre Anders Fogh Rasmussen, en deviendra Secrétaire Général. Par ailleurs, le Danemark est une des clefs du Soft Power dans la mesure où sa contribution financière aux ONGs internationales est bien supérieure à celle des Etats-Unis, ce qui se révèlera être très utile pour le REMDH.
Le réseau opte dés le départ pour oeuvrer en coopération avec les objectifs du Processus de Barcelone mais aussi avec ceux de la Commission Européenne et des gouvernements et parlements des Pays Partenaires. Le sous-comité du Parlement Européen en charge des Droits de l'Homme, et celui en charge des questions politiques et sécuritaires coopèrent également avec le REMDH. Sur son site internet, le réseau se présente tout de même comme “un réseau composé de plus de 80 membres représentants des organisations de défense des droits de l'homme, des institutions et des personnes situées dans 30 pays de la région euro-méditérranéenne”. Pourtant, le réseau décidera dés son baptême de favoriser la création d'un réseau international d'ONGs dépassant largement les frontières de l'Union Européenne et de la Méditerranée, en particulier de l'autre côté de l'Atlantique.
Les financements du réseau sont donc en parfait accord avec ces objectifs puisqu'ils proviennent premièrement de l’Agence Danoise de développement international (DANIDA), qui fut choisie par le réseau lui même pour premier collaborateur. Viennent ensuite les financements de la Commission Européenne (618,222 euros pour 2002), de plusieurs services de Ministères des Affaires Etrangères ou d'agences gouvernementales de pays européens: France (59,000 euros pour 2009), Espagne (125,000 euros pour 2006), etc. Des fondations extra-européennes comme la Fondation Ford (107,689 euros pour 2008)et la néo-zélandaise Peace Foundation apportent également de généreuses sommes au réseau.[vi][vi][6]
La Jonction avec la NED et le Lobby Pro-OTAN au Conseil des Droits de l’Homme.
La National Endowment for Democracy (NED), agence gouvernementale des Etats-Unis notoirement connue pour sa contribution aux changements de régimes, notamment viason ingérence dans des processus électoraux souverains, est également propre à semer la division dans la société civile de nombreux pays. Elle ne finance pas directement le REMDH mais est cependant parvenue, depuis au moins la période des guerres d'Afrique Centrale, à nouer des partenariats avec des ONGs européennes. Notamment avec la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l'Homme) qui regroupe 164 ONGs dans le monde. Le REMDH va contribuer à renforcer l'action de la NED en améliorant ses partenariats avec de grandes ONGs européennes - elles aussi membres du réseau- et très actives dans les Pays ciblés par Washington au moins depuis le "Printemps Arabe".
Le Cairo Institutes for Human Rights Studies (CIHRS) est une ONG clef du réseau et est également membre de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l'Homme). Elle fut fondée en 1993 par Bahey El Din Hassan qui fut élu membre du Comité Exécutif du REMDH lors de sa seconde réunion en 1997. En décembre 2011, il participa à une réunion de l'Atlantic Council co-organisée par le Rafik Hariri Center for the Middle East et portant sur le sujet de l'Egypte dont il est originaire.[vii][vii][7] Il fut notamment question de l'arrestation des membres d'Amnesty International, de Human Rights Watch et de la National Endowment for Democracy accusésd'ingérence dans les affaires égyptiennes.
Le CIHRS de Bahey El Din Hassan joue un rôle important car elle est en réalité l'organisation chargée du lobbying du REMDH et de la NED au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies à Genève. L'organisation participe à un maximum de sessions concernants les Etats du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord. Le concept d'ingérence étant le mot d'ordre de cette organisation, c'est également elle qui accuse certain gouvernements de violer les droits de l'homme afin d'obtenir le soutien du Conseil pour une intervention prétendument humanitaire. Ce fut le cas pour la Syrie, pour lequel Radwan Ziadeh, récipiendaire d'une bourse de la NED, put s'exprimer au nom du CIHRS lors de la 18ème Session Spéciale du Conseil des Droits de l'Homme [viii][viii][8]. L'organisation permet donc d'introduire d'autres organisations membres du REMDH au Conseil des Droits de l'Homme comme le Damascus Center for Human Rights Studies de Radwan Ziadeh. Ce dernier participe par ailleurs aux tables rondes remettant le Democracy Award, récompense offerte aux militants des droits de l'homme triés sur le volet par le département d'Etat états-unien.[ix][ix][9]
La Ligue Libyenne des Droits de l'Homme (LLDH) est également membre du REMDH depuis 1999, et y fut officiellement représentée par Ali Zeidan qui deviendra plus de dix ans plus tard le porte parole du CNT Libyen ainsi qu'un négociateur des intérêts pétroliers de la Libye avec les puissances qui l'attaquent. Ali Zeidan fut également à l'origine de la légende des prétendus 6000 morts de la répression de Kadhafi. La LLDH accusa également le gouvernement libyen d'un tas d'exactions non-documentées lors de la 15ème Session Spéciale du Conseil des Droits de l'Homme en Février 2011. Ces éléments, sans enquête préliminaire, furent successivement pris au sérieux par le Conseil des Droits de l'Homme puis par l'Assemblée Générale. Ils devinrent ensuite la justification des Résolutions 1970 et 1973 du Conseil de Sécurité. Pourtant, ces allégations ne reposaient sur aucune preuve et plusieurs ministres du Conseil National de Transition libyen étaient auparavant - ou au même moment- également membre de cette Ligue Libyenne des Droits de l'Homme.[x][x][10]
Quant à son secrétaire général et porte parole au Conseil des Droits de l'Homme Sliman Bouchuiguir, il est depuis devenu ambassadeur de la "Libye libre" en Suisse et fut l'auteur en 1979 de "L’Utilisation du Pétrole en tant qu’Arme Politique: Un Cas d’Etude de l’Embargo Arabe sur le Pétrole de 1973”. [xi][xi][11]Cette étude fut réalisée sous la responsabilité de Bernard Reich à la Washington University. Bernard Reich est un des grands théoriciens de la politique commune des Etats-Unis et d'Israël au Moyen Orient et s'intéresse également à la politique d'Israël en Afrique. Il est un grand défenseur du Projet de Nouveau Moyen Orient. Il est en outre consultant pour un nombre incroyable d'instituts, notamment pour l'Atlantic Council.[xii][xii][12]
Le REMDH a également accrédité une liste de "Membres Associés" au réseau. Certaines organisations sont bien connues pour leur lien avec le département d'Etat Américain comme Amnesty International. Sa nouvelle Directrice Exécutive, Suzanne Nosel, arrive fraichement du Bureau de la Mission Permanente des Etats-Unis aux Nations Unies.
-La présidente de sa branche française, Geneviève Garrigos, fut la première à déclarer sous la pression manifeste de la chaîne de communication du Ministère des Affaires Etrangères, France 24, "nous avons reçu des informations comme quoi Kadhafi aurait des mercenaires" avant de reconnaître cinq mois plus tard que "ceci n'était qu'une rumeur diffusée dans les médias".[xiii][xiii][13]
-C'est sa branche Suisse, cette fois en la personne de Manon Schick, qui exprima publiquement la nécessité d'une opération militaire pour sécuriser une possible "mission humanitaire" en Syrie. [xiv][xiv][14]
Parmi les autres membres du réseau figurent également des organisations très actives dans la diffusion du message d'ingérence humanitaire à la fois dans les médias et au sein du Conseil des Droits de l'Homme comme Human Rights Watch USA où Susan Nosell a également exercé en tant que Chargée des Opérations.[xv][xv][15]
AFRICOM: L’OTAN Humanitaire pour l’Afrique.
Ces prétendues ONGs sont en réalité des Organisations Para-Gouvernementales dont l'objectif est clairement d'introduire le concept d'ingérence dans les régions où l'OTAN et ses alliés souhaitent intervenir pour poursuivre leurs intérêts géostratégiques. Ces ONGs agissent en contradiction totale avec les statuts d'ECOSOC (Conseil Economique et Social des Nations Unies), office chargé de les accréditer. Elles ne devraient en effet pas recevoir de fonds de gouvernements pour obtenir certaines accréditations.[xvi][xvi][16] Il est maintenant connu que cette contrainte peut facilement être contournée par l'intermédiaire des financements de grandes fondations, de réseaux, mais aussi par l'intermédiaire de la NED et des nombreux partenariats qu'elle parvient à créer. Ces organisations n'entretiennent pas nécessairement de liens avec des services de renseignement étrangers mais se comportent comme ces services de renseignement: elles collectent des informations sur la situation des pays et fabriquent la propagande qui sera ensuite distillée au Conseil des Droits de l'Homme. Mais aussi, elles nuisent à la véritable Société Civile locale: la divisent et la privent de sa légitimité, tout en recrutant en son sein les individus et organisations qui suivront leur agenda politique.
L'Organisation des Nations Unies, dont la Charte et la structure ont été imaginés afin de permettre l'expression des Etats souverainsa pour but de promouvoir un dialogue permettant une stabilité internationale. Elle semble malheureusement avoir été complètement corrompue par certaines puissances dont l'arrogance et le déclin conjugués, les poussent de plus en plus à agir derrière ces prétendues ONGs. Ce simple constat devrait amener à une réflexion quant aux intentions mêmes de ces ONGs dont les résultats sont incontestablement nuisibles à l'équilibre international.
Dans ce contexte, le Réseau Euro-Méditérannéen des Droits de l'Homme apparaît finalement pour ce qu'il est: une entreprise commune des Etats-Unis et de l'Union Européenne pour parvenir au projet ultime: la globalisation de l'OTAN. Dans un premier temps, il s'agissait de priver les Nations Européennes de leur souveraineté, de les occuper et d'intégrer leurs armées dans l'OTAN. Dans un second temps, il fallut coopter la politique étrangère de ces mêmes Nations au profit de l'OTAN. Ces Nations doivent alors mettre en application les stratégies d'intimidation du Soft Power, visants à créer des prétextes humanitaires d'intervention. Enfin, il s'agira ensuite de coopter les voisins et anciennes colonies des Nations Européennes comme c'est actuellement en cours avec AFRICOM (Commandement Armé des Etats-Unis pour l'Afrique). AFRICOM a pour vocation de devenir un OTAN de l'Afrique et entraîne déjà depuis 2002 de nombreuses troupes africaines. C'est en réalité AFRICOM qui mena les premières opérations contre la Libye, l'OTAN n'interviendra qu'en second. Quant à la doctrine du Soft Power, et sa Responsabilité de Protéger, qui a -comme on le sait- tant protéger les vies libyennes, elles sont mises en oeuvre par ce Réseau Euro Méditerranéen des Droits de l'Homme dont les objectifs sont désormais connus.
[xvii][xvii][1]Security cooperation with the Mediterranean region and the broader Middle East http://www.nato.int/docu/mediterranean/secopmed-e.pdf
[xviii][xviii][2]Istanbul Cooperation Initiative http://www.nato.int/cps/en/natolive/topics_58787.htm?
[xix][xix][3] L’Organisation commune des regions sahariennes, (OCRS) s’étalait dans le Sahel et le Sahara. Elle comprenait le Mali, le Niger, le Tchad, et L’Algérie. Le but alors recherché par la France était la réunion de toutes les ressources importantes de la région dans un même Etat pour en faciliter l’extraction (Gaz, Pétrole et Uranium). Le projet fut abandonné avec l’acroissements des mouvements de libération africains. La France dissolva le projet suite à l’indépendance de l’Algérie en 1962.
[xx][xx][4] Le Mandat Français en Syrie (1920-1946) découlait directement des accords de Sykes-Picot. Plusieurs projets furent imaginés mais tous étaient basés sur l’idée d’un découpage communautaire de la Syrie. Certaines revendications communautaires contemporaines au mouvement d’opposition à Bachar Al Assad qui a démarré début 2011 étaient à l’origine proposées par la France lorsqu’elle était la puissance mandataire.
[xxi][xxi][5]Report from the Founding Meeting of the Euro-MediterraneanHuman Rights Network (1997)
[xxii][xxii][6] Core Network Documents:
http://www.euromedrights.org/en/permalink/3055.html
[xxiii][xxiii][7]The Atlantic Council’s Rafik Hariri Center for the Middle East held a lunch discussion with Bahey El Din Hassan, Director of the Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS) and one of Egypt’s leading human rights activists, on December 2, 2011.
http://www.acus.org/event/discussion-egypt-bahey-el-din-hassan
[xxiv][xxiv][8]Intervention de Radwan Ziadeh lors de la 18 Session Spéciale du Conseil des Droits de l’Homme.
[xxv][xxv][9] Syrie: Ingérence ou Médiation ? – Centre pour l’Etude de l’Ingérence-
http://www.youtube.com/watch?v=w4d7hwYjslk
[xxvi][xxvi][10] Guerre Humanitaire en Libye: Il n’y a pas de preuves !
http://www.youtube.com/watch?list=PLCB002CA22CCB7713&feature=player_embedded&v=koYzkEWHtQA
[xxvii][xxvii][11]The Use of Oil as a Political Weapon: A Case Study of the 1973 Arab Oil Embargo
[xxviii][xxviii][12] Dr Bernard Reich ; Lectures, Presentations and Seminars
http://www.nbrconsulting.com/DrReich/lectures/universities-us.shtml
[xxix][xxix][13] Les Mercenaires de Kadhafi et la Division de l'Afrique:
http://www.youtube.com/watch?list=PLCB002CA22CCB7713&feature=player_embedded&v=acEedYLMZLc
[xxx][xxx][14] Op cit. Syrie: Ingérence ou Médiation ? – Centre pour l’Etude de l’Ingérence-
http://www.youtube.com/watch?v=w4d7hwYjslk
[xxxi][xxxi][15]Pour une biographie plus complète de Suzanne Nosel, consulter: http://www.youtube.com/watch?v=-qTSWe2UJ3c
[xxxii][xxxii][16]Introduction to ECOSOC Consultative Status
http://csonet.org/index.php?menu=30
5-3 René Naba : Bernard Henri Lévy - Homme de son temps ou Homme de l’Otan?
Mutique en Palestine comme auparavant à propos des pétromonarchies arabes du Golfe, actif néanmoins contre l’Iran et la Syrie, signant par la même et son alignement atlantiste et son engagement sioniste.
Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.
Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants :
"De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde" Editions l’Harmattan Mai 2009
"La Libye, la révolution comme alibi" Editions du Cygne septembre 2008
«Il y a un précédent d’un écrivain français déclenchant une guerre, c’est celui de Chateaubriand. Chateaubriand ou Malraux». Bernard Henry Lévy, in «La guerre sans l’aimer», Edition Grasset- Novembre 2011, récit de l’exposition médiatique du philosophe au printemps 2011 en Libye.
André Malraux côtoyait De Gaulle et murmurait à l’oreille du cheval. Il tonnait le verbe, commandait l’action, catapultait l’enthousiasme. Bernard Henry Lévy, son De Gaulle à lui,…. C’est Moustapha Abdel Jalil, le ministre tortionnaire de la Justice de Kadhafi, l’ordonnateur des exécutions des activistes libyens et de l’incarcération des infirmières libyennes. Il tutoie Nicolas Sarkozy, se contorsionne sur les plateaux de télévisons et verrouille de son promontoire éditorial le réseau de ses laudateurs.
Chacun son style. Chacun conforme à sa dimension, conforme l’auditoire à ses ambitions.
Entre l’homme d’action et le rhéteur mondain, il existe une différence d’échelle, celle qui distingue un homme de légende d’un successeur présomptueux, celle qui démarque un personnage historique, d’un nouveau philosophe en quête septuagénaire d’une gloire narcissique (1).
Commandant de l’escadrille España en 1936-1937, commandant de la brigade Alsace-Lorraine en 1944-1945, engagé volontaire au sein des brigades internationales, Malraux, légendaire colonel Berger, vivra au quotidien sa «condition humaine». Avec panache, face aux Spitfire allemands dans le ciel de la guerre d’Espagne, pour la défense de la République face au fascisme, pour la mémoire du philosophe Miguel De Unamuno, Recteur de l’université de Salamanque assassiné par les franquistes (2). Pour «l’Espoir» (3). Dans les Vosges, en Alsace en soutien à la première armée française pour la prise de Dannemarie, de Strasbourg et de Colmar. Dans les rangs des partisans, sur le plateau des Glières face à l’une des premières divisions cuirassées de l’empire hitlérien, la division Das Reich.
Sa règle de vie, le philosophe du botulisme l’a officialisée dans son œuvre majeure, «La Règle du Je». Egotique et prémonitoire règle -«du jeu» ?- qui déploie mensuellement la fatuité vaniteuse du plus en vue des chroniqueurs plagiaires germanopratins (4).
I- La Libye, point d’évacuation du contentieux para matrimonial entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri Lévy
La Libye, sa 4eme tentative pour forcer les portes du Panthéon médiatique, aura été la bonne. En Afghanistan, sa rencontre imaginaire avec le Commandant Massoud Shah l’avait couvert de ridicule. En Bosnie, son œuvre cinématographique a sombré dans la platitude. En Géorgie, sa couverture des hostilités, loin du champ de bataille, débusqué aux arrières des lignes, achèvera de le discréditer en même temps que ses papiers d’un genre nouveau sur le plan journalistique, le tourisme de guerre.
La Libye fut sa bouée de sauvetage, sa planche de salut. 42 ans d’un règne calamiteux et abusif, un soulèvement populaire arabe prenant de revers l’ensemble de la doxa officielle occidentale, la volonté de revanche d’un orgueil bafoué par les plus récents hôtes obséquieux d’un dictateur erratique, le rêve de grandeur d’un président calamiteux à la recherche d’un trophée compensatoire à la brillante prestation diplomatique onusienne lors de la guerre d’Irak de son preux contestataire qu’il promettait de pendre aux «crocs d’un boucher», les appétits aiguisés par l’or noir d’Européens en période de crise endémique de l’endettement occidental…. La cause était entendue, la proie facile.
La Libye fut son Austerlitz, sans son soleil. Sous le regard amusé des téléspectateurs de la planète, L’homme sera publiquement écarté à deux reprises de la tribune d’honneur célébrant les festivités de la victoire, lors de la visite à Benghazi, du tandem franco anglais David Cameron-Nicolas Sarkozy.
La Libye sera aussi L’Austerlitz de son interlocuteur: Nicolas Sarkozy. La Libye sera, de fait, le point d’évacuation du contentieux para matrimonial entre Nicolas Sarkozy et Bernard Henri Lévy, entre l’époux de la «chipeuse» et le père de la victime (5).
Sur les malheurs du peuple libyen, Nicolas Sarkozy a en effet scellé sa réconciliation avec le théoricien de la guerre humanitaire, purgeant un contentieux souterrain para matrimonial, à la faveur d’un indécent ballet diplomatique, couvrant de ridicule la France, en contournant le nouveau ministre des Affaires étrangères, le gaulliste Alain Juppé, supposé restaurer le prestige terni de la diplomatique française.
«Juppé… On se souvient de la façon dont il s’est conduit au moment de la Bosnie, puis du Rwanda, il sera forcément contre cette histoire libyenne. Il ne serait pas Juppé s’il n’était pas contre. Si je peux me permettre un conseil: tout faire depuis ici, à travers la cellule diplomatique, et ne rien dire à personne -garder le secret, même pour Juppé», chuchotera l’intrigant à l’oreille présidentielle complaisante, ravie de jouer un mauvais tour au «meilleur des compagnons chiraquiens».
Instrumentalisant l’opposition libyenne sur fond de gesticulation médiatique, au risque de la délégitimer, au risque de replacer le peuple libyen sous la tutelle de pays occidentaux qui se sont forts peu préoccupés de sa liberté sous la mandature Kadhafi, le tandem Sarkozy BHL a fait du théâtre libyen une kermesse, distribuant des satisfactions d’amour propre aux principautés pétrolières en compensation de gracieusetés dont elle a bénéficié de sa part. L’implication d’un des chefs de file majeur de la stratégie médiatique israélo-américaine sur le théâtre européen dans le changement démocratique en Libye a bridé l’adhésion populaire arabe à l’opposition anti Kadhafi et quelque peu obéré sa crédibilité.
Sautant d’avion en avion du Caire à Benghazi, monopolisant les plateaux de télévision pour glaner les lauriers de sa diplomatie volante, usant pour ce faire d’audaces verbales, Bernard Henry Lévy, échevelé, livide au milieu des tempêtes, se démasquera sur le point focal de sa pensée médiatique: le problème palestinien.
La réconciliation inter palestinienne, sous l’égide de l’Egypte post Moubarak, fera l’effet d’une catharsis sur le personnage, le plongeant dans une rage folle en ce qu’elle constituait une menace pour Israël. Une charge véhémente de haine recuite, laissant s’échapper, sous des dehors policé, sa grossièreté légendaire: «Ah ! Les cons» (sur un Munich palestinien) Mais comment peut-on être aussi «con»?, s’exclamera-t-il dans les colonnes de sa revue «La Règle du jeu», dont l’écho dupliqué sera repris par l’hebdomadaire «Le Point».
Quant à son nouveau compère présidentiel, il usera de l’esbroufe pour récupérer, à tout le moins médiatiquement, les révolutions arabes dans une honteuse tentative de son entourage visant à accréditer l’idée d’une France en symbiose avec les meneurs de la révolution arabe, alors qu’elle révélera la confusion mentale des dirigeants français.
Détail piquant, l’opération a été menée par Valérie Hoffenberg, proche collaboratrice du chef de l’état français et dirigeant de l’«American Jewish Committee», en somme la personne la moins indiquée pour une telle tentative en ce qu’elle symbolisait mieux que tout la connivence de Nicolas Sarkozy avec le lobby pro-israélien.
Dans une démarche d’une prétentieux invraisemblable, la responsable tentera d’inviter les jeunes meneurs de la révolution égyptienne pour une session de formation aux rouages de la démocratie française, se faisant vertement rabrouer, comme auparavant avant elle Hilary Clinton, en personne, la secrétaire d’état américain.
Le récit de cette pitoyable aventure a été publié dans la revue «Inrokuptibles» vendredi 13 Mai 2011, sous le titre «Comment les héros de la révolution égyptienne ont jeté l’UMP».
Le projet de «former les Egyptiens à la démocratie», alors que les Egyptiens venaient de mener l’une des premières révolutions pacifiques du XXI me siècle, par des moyens les plus démocratiques, révèle à tout le moins la désinvolture française, sinon la morgue de ses dirigeants, si préjudiciable au bon renom de la France, qui explique une part de son collapsus.
II- Le Darfour, un contre feu médiatique à Gaza-Palestine
La souffrance, pour cet ancien conseiller de la candidate socialiste aux élections présidentielles françaises, Ségolène Royal, relève d’une construction intellectuelle et constitue la marque d’un tropisme sélectif occidental à l’égard de l’Islam, la tendance dominante de l’intelligentsia parisienne. Un tropisme qui conduira en France chaque notabilité intellectuelle à disposer de sa minorité protégée, comme la marque de la bonne conscience chronique de la mauvaise conscience, comme une sorte de compensation à son trop grand désintérêt pour les Palestiniens, compensant son hostilité aux revendications du noyau central de l’Islam, la Palestine et le Monde arabe, par un soutien à l’Islam périphérique.
Il en est ainsi du philosophe André Glucksmann pour les Tchétchènes, quand bien même son nouvel ami le président Nicolas Sarkozy, est devenu le meilleur ami occidental du président russe Vladimir Poutine. Ill en est aussi de Bernard Kouchner, pour les Kurdes, ces supplétifs des Américains dans l’invasion de l’Irak, pour le Darfour, le Biafra et la Birmanie.
Au point qu’un journaliste anglais Christopher Caldwell en déduira dans la prestigieuse revue London Review of Books que cette prédilection pour les zones pétrolifères stratégiques de «l’humanitarisme transfrontière asservit les intérêts de la politique étrangère française à ceux des Etats-Unis et que l’humanitarisme militarisé du transfuge néo sarkozyste n’est qu’une forme de néo conservatisme larvé».
Il en est enfin de même de Bernard Henry Lévy, pour le Darfour, quand bien même son entreprise familiale est mentionnée dans la déforestation de la forêt africaine. Le fait de privilégier le Darfour et non l’enclave palestinienne de Gaza, -un cas de figure en tout point transposable à la province sécessionniste du sud Soudan-, trouverait sa justification médiatique et non morale par le fait que le Darfour a fait office de contre feu médiatique au prurit belligène d’Israël contre le Liban et la Palestine.
Nullement le fait du hasard le fait qu’une conférence sur le Darfour ait été convoquée en toute hâte, en juillet 20O6, à Paris, par Bernard Henry Lévy et Jacky Mamou, ancien dirigeant de «Médecins sans frontières», trois jours après le déclenchement de la guerre de destruction israélienne contre le Liban dans une tentative de détournement de l’opinion publique européenne sur les agissements israéliens à Beyrouth.
Contrairement à Gaza, sous blocus israélien depuis cinq ans, le Darfour a bénéficié d’une sur médiatisation sans rapport avec la réalité du drame humain qui s’y joue en raison vraisemblablement de sa conformité avec la stratégie de balkanisation de l’Afrique et du Moyen Orient et des liens de proximité entre Israël et M. Abdel Wahed Nur, chef de la Sudan Liberation Army (SLA), un proche de Bernard Kouchner.
Parangon du droit d’ingérence humanitaire, le tandem Kouchner Lévy a toujours prôné les interventions au Kurdistan, en Tchétchénie au Darfour, mais jamais en Palestine, particulièrement à Gaza où aucune aide gouvernementale française, humanitaire, médicale voire même alimentaire, n’y a été dépêchée après sa destruction par Israël, en janvier 2009, illustration caricaturale de l’instrumentalisation du Droit et de la Justice au service des visées hégémoniques du camp israélo-occidental. Au-delà de la Palestine, le Darfour sous tend la lutte d’influence que se livrent Chinois et Occidentaux pour la maitrise des sources d’énergie. S’éclairent dans cette optique les engagements successifs de BHL tant au Soudan qu’en Libye ou ailleurs (6).
III- Un atlantisme au service de son engament sioniste
L’homme qui menaçait de ses foudres le général Omar Al Bachir du Soudan, en mars 2007, promettant la victoire aux Darfouris, aura été mutique à un moment charnière de l’ingérence humanitaire, l’assaut naval israélien contre une flottille de pacifistes européens, en pleine zone maritime internationale, le 31 mai 2010, illustration symptomatique de ses dérives et de sa démagogie. En un mot de sa mystification.
Que n’a-t-il exigé, en ce moment-là, la levée du Blocus de Gaza comme celui du Darfour? Exigé le percement d’un corridor reliant l’enclave soudanaise à l’enclave palestinienne? Réclamé la comparution en justice des criminels israéliens avec la même vigueur qu’il réclamait celle des criminels soudanais? Sceller, en somme, dans l’ordre symbolique, et la communauté de destin des suppliciés de l’humanité, et la cohérence de son combat. Imprecator tout au long de sa carrière, l’homme s’est dévoilé Matamore en fin de carrière.
Mutique en Palestine comme auparavant à propos des pétromonarchies arabes du Golfe, actif néanmoins contre l’Iran et la Syrie, signant par la même et son alignement atlantiste et son engagement sioniste.
Sur les sentiers de la liberté Malraux a atteint les chemins de la gloire. Revendiquant une postérité historique, BHL, sur les traces d’Alexis de Tocqueville, déroulera, en guise de récit, un diaporama de clichés éculés. «En plus de 300 pages, BHL écrit comme un étudiant qui fait du remplissage, avec une tendance à l’abus de questions rhétoriques (..), symbole des écrivains français, généralement «courts sur les faits et longs sur les conclusions», l’exécutera sans ménagement le New York Times (7).
La Libye, son Austerlitz, sera aussi son Waterloo, au vu des piètres résultats de son exposition médiatique du printemps. Ah le résultat calamiteux: Mobiliser l’OTAN, le Charles de Gaulle, les Rafales, pour instaurer la Chariah. Démembrer le Soudan et mettre la main sur la Libye afin de couper le ravitaillement énergétique de la Chine pour finir par mendier à cette même Chine cinquante milliards de dollars pour renflouer l’Euro….Point n’était besoin de faire normal sup pour déboucher sur de tels piètres résultats. De plein fouet l’effet boomerang aura atteint ce stratège en chambre.
«Islam des lumières versus Islam des ténèbres» dans ses diverses variantes est sa ritournelle favorite pour masquer son engagement impérialiste. «La culture de la vie versus la culture de la mort», «l’axe de la modération contre l’axe de l’intolérance», dans la même veine, se révéleront, en fin de compte, comme autant de déclinaisons d’une même face, celle qui exalte la logique de la vassalité à l’ordre israélo américain, face à la contestation de la logique de la soumission. Un enfumage conceptuel. Un bobard. Un truc de roman-enquêteur en somme.
«Seigneur et maître des faussaires», dont le «moralisme se mue en Maccarthysme», redoutable dans l’art d’exercer le «terrorisme intellectuel», alors même que ses fiascos retentissants disqualifieraient sur-le-champ bien moins omnipotent que lui» (8), BHL est fort de la faiblesse de ses partenaires. Son gigantisme est le fruit du nanisme de ses compagnons de route et de leur indigence mentale, pitoyables arabes afghans de Bosnie et d’Afghanistan, déplorables arabes de Libye, oublieux de la sentence du révolutionnaire Mirabeau, à savoir qu’«Il existe quelqu’un de pire qu’un bourreau son valet (9).
Inoubliable, Malraux, en contrepoint, s’inclinant devant la mémoire de Jean Moulin, «chef d’un peuple de la nuit», que nulle contorsion médiatique, nulle enflure langagière ou nulle boursouflure phraséologique ne sauraient égaler, ni occulter de la mémoire des hommes, des mots à jamais graver dans la mémoire des peuples résistants: «Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Entre avec le peuple né de l’ombre et disparu avec elle, nos frères dans l’ordre de la nuit» (10). Malraux, en défenseur des faibles, était un homme de son temps. BHL, dans le camp des puissants, un homme de l’Otan. En Afghanistan, en Bosnie, en Libye. En Israël avec les colons contre les Palestiniens spoliés.
Immarcescible ministre de la Culture du général de Gaulle, Malraux c’était le verbe et l’action, un verbe magnifié par l’action, l’action sublimée par le verbe. BHL, le verbiage, la posture et l’imposture.
Malraux, un homme de guerre et de Paix. BHL… un guère épais.
Références
1- Dans «La guerre sans l’aimer» (Grasset), BHL narre ainsi le récit de son exposition du printemps 2011: «Il y a un précédent d’un écrivain français déclenchant une guerre, c’est celui de Chateaubriand. Chateaubriand ou Malraux….BHL évince Juppé pour se donner le beau rôle: «On se souvient de la façon dont il s’est conduit au moment de la Bosnie, puis du Rwanda, il sera forcément contre cette histoire libyenne. Il ne serait pas Juppé s’il n’était pas contre. Si je peux me permettre un conseil: tout faire depuis ici, à travers la cellule diplomatique, et ne rien dire à personne -garder le secret, même pour Juppé». Et voilà le ministre des Affaires étrangères sorti du jeu à la demande de BHL. Il apprendra par la presse la reconnaissance du CNT par la France. Ce qui occasionnera une menace de démission.
2– Dans un discours passé à la postérité, prononcé à l’université de Salamanque le 12 octobre 1936, en présence de l’épouse du Caudillo, le général Franco, entourée de généraux et de ministres, l’auteur du «Sentiment tragique de la vie» était sommé en sa qualité de Recteur de l’Université de Salamanque de prendre la parole à la cérémonie en l’honneur de la Vierge du Pilar. Au général Milay Astray, le commandant de la légion, qui venait de vociférer un discours haineux ponctué par des cris «Viva la muerte» , « Mueran los intelectuales (Vive la mort. A mort les intellectuels), Unamuno répondit en ces termes: «Vive la mort….Je viens d’entendre un cri morbide … Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez parce que vous disposez de la force brutale; vous ne convaincrez pas car il vous manque la raison. Je considère comme inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai terminé ». Et il quitta l’estrade dans un silence de mort avant d’être prestement évacué sous les insultes des phalangistes. Assigné à résidence, Miguel de Unamuno mourut peu après de dégoût.
3 «La condition humaine » et «l’Espoir» sont deux titres d’ouvrage d’André Malraux.
4- Plagiat et Bidonnage: Thierry Ardisson, Eric Zemmour, Calixte Belaya, Alain Minc… Tous ont défrayé la chronique pour des soupçons de plagiat. Certains d’entre eux ont même été condamnés.
Selon Hélène Maurel-Indart, auteur de « Plagiats, les coulisses de l’écriture », le cas de la biographie est particulièrement délicat, «un genre sensible, une cible privilégiée pour les candidats aux plagiats et les écrivains pressés ». Les rares auteurs condamnés pour des faits de contrefaçon partielle sont pour beaucoup des auteurs de biographies. Henri Troyat, Alain Minc et PPDA. Autre constat: les écrivains connus, notamment dans d’autres sphères que la littérature, sont très appréciés par les maisons d’éditions. Mais, faute de temps, ces mêmes auteurs ont souvent recours à des collaborateurs, autrement dit, « des nègres ». « Pour des raisons commerciales, les maisons d’édition ont besoin que leurs auteurs vendeurs produisent régulièrement des best sellers. Or les auteurs concernés, pour certains d’entre eux, n’ont pas le temps ou l’inspiration. Certaines maisons proposent donc des ‘collaborateurs’. Ce système existe et entraîne des dérapages quand le signataire n’est plus l’auteur à part entière de son ouvrage ; et qu’il ne fait que relire et retoucher. Donc, la notion d’auteur est diluée », analyse Hélène Maurel-Indart.
Voici quelques exemples de personnalités soupçonnées de plagiat.
Alain Minc, « Spinoza, un roman juif »: Le conseiller politique de Nicolas Sarkozy et ancien Président du Comité de surveillance du journal Le Monde, a été condamné en 2001 à verser 15.250 euros de dommages et intérêts à Patrick Rödel, l’auteur de « Spinoza, le masque de la sagesse ».
Jacques Attali: plagier un livre qui n’est pas sorti ! Coup de maître. Dans les années 1990, Jacques Attali a pompé des entretiens de François Mitterrand réalisés par le prix Nobel de la Paix, Elie Wiesel. L’économiste assistait aux entrevues. Jacques Attali a inséré 43 extraits de ces audiences dans son ouvrage Verbatim, en modifiant les dates et les lieux. Les éditions Odile Jacob ont assigné Attali devant les tribunaux pour concurrence déloyale, elles ont été déboutées de leur demande.
Eric Zemmour, « Le premier sexe », est soupçonné d’avoir plagié Alain Soral dans son essai sur la féminisation de la société, paru en 2006. En effet, sept ans avant, Alain Soral avait écrit « Vers la féminisation ». Le journaliste Eric Zemmour a toujours nié ces accusations et assure : « Je ne l’avais pas lu son livre ».
Thierry Ardisson, « Pondichéry », a reconnu avoir fait du plagiat dans son ouvrage paru en 1994. « C’est une connerie, c’est vrai. J’ai piqué 70 lignes sur un bouquin de 300 pages ». Mais en 2005, une enquête de Jean Robin, révèle que l’animateur aurait plagié plusieurs ouvrages, soit au total près de 60 pages. Son ouvrage a été retiré de la vente par Albin Michel.
Calixte Beal, multirécidiviste, s’est fait épingler à plusieurs reprises pour des affaires de plagiat. Dans son ouvrage « Le petit prince de Belleville », publié en 1992 par Albin Michel, elle reprend une quarantaine de passages du livre d’Howard Butent, « Quand j’avais cinq ans, je m’ai tué » (Seuil, en 1981). En mai 1996, le tribunal de grande instance de Paris la condamne pour « contrefaçon partielle ».
Après l’affaire de plagiat qui a ébranlé Patrick Poivre d’Arvor, c’est au tour de Michel Drucker d’être pris dans la tourmente d’une affaire similaire. Les faits remontent à 2005. L’animateur télé demande à son ex-compagne, l’écrivaine Calixte Beyala, d’écrire un livre à sa place. Un livre d’entretien où Michel Drucker devait répondre aux questions de Régis Debray. Finalement, c’est Calixte Beal qui aurait rédigé les 12 réponses, mais sans n’avoir jamais reçu les 200.000 euros qui lui avaient été promis. En cause ? L’ouvrage commandé par les éditions Albin Michel à Michel Drucker n’a jamais été publié. L’animateur de télévision a été condamné par la cour d’appel de Paris à verser 40.000 euros à son ex-compagne. Michel Houellebecq: « La Carte et le territoire »Plusieurs passages du dernier Houellebecq sont empruntés à l’encyclopédie en ligne Wikipédia, comme le révèle Slate.fr. Interrogé par BibliObs.com, l’écrivain s’était défendu de tout copiés-collés préférant parler d’un « genre de patchwork ».
Bidonnage à TF1 : non, ce n’est pas la première fois !Chacun sait désormais que le reportage diffusé pendant le journal télévisé (JT) de 13 heures de TF1, le 23 juin, au sujet du Contrat de responsabilité parentale mis en place par le Conseil général de Nice, était un bidonnage. En y revenant de nouveau aujourd’hui, on ne voudrait pas donner l’impression de s’acharner sur qui que ce soit. Telle n’est pas l’intention et nous avons mieux à faire. Seulement voilà : dans son édition du 27 juin, le présentateur-vedette du JT de 13 heures – Jean-Pierre Pernaut – est revenu que cette affaire. Présentant les excuses de la chaîne de télévision, il a dit ceci: «Nous sommes sincèrement désolés de ce manquement inadmissible au sérieux, à l’éthique et à la déontologie de l’information. C’est la première fois dans l’histoire de nos journaux». Tous les mensonges ont beau être insupportables, ils ne méritent pas tous d’être relevés. Mais le poids de la télévision est tel dans la société française contemporaine (le JT de 13 heures de TF1 serait regardé par 7 millions de téléspectateurs dans ses meilleurs jours), qu’on ne saurait laisser passer celui-là sans réagir. De fait, ce n’est absolument pas la première fois que TF1 diffuse des reportages bidonnés. Au contraire, la liste est longue. C’est ce que rappelle avec humour le «décrypteur d’images télé» Christophe Del Debbio.
De la fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre D’Arvor en décembre 1991 au pseudo «reportage exclusif» sur le Pape présenté par Laurence Ferrari en avril 2011, en passant notamment par les multiples séquences où l’on a fait jouer le film de leurs propres exploits à des policiers ou des gendarmes, la liste est vraiment longue et elle vaut le détour. Non pas pour dénigrer une chaîne de télévision en particulier (TF1 n’a pas le monopole du bidonnage), mais par simple goût de la vérité.
http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/06/30/bidonnage-a-tf1-non-ce-nest...
5- Carla Bruni, épouse du président Nicolas Sarkozy, avait été auparavant, la compagne du philosophe Jean Paul Enthoven, ami de BHL. Lors d’un séjour de vacances à Marrakech, dans la propriété de BHL, Carla est tombée amoureuse du propre fils de son compagnon, Raphaël Enthoven, à l’époque marié avec la propre fille de Bernard Henry Lévy, Justine Lévy, qui narrera ses déboires conjugaux dans un ouvrage intitulé «Rien de grave». (Editions Stock 2004). Carla Bruni et Raphael Enthoven ont eu un enfant, Aurélien, Bernard Henry Lévy, quant à lui, avait soutenu Ségolène Royal, la rivale socialiste de Nicolas Sarkozy, lors des dernières élections présidentielles françaises, en 2007.
6 – Via l’Iran, le Soudan et l’Arabie saoudite, la Chine vise à sécuriser son ravitaillement énergétique de l’ordre de dix millions de barils/jour en 2010, en vue de soutenir sa croissance et de réussir l’enjeu majeur de sa diplomatie attractive, le développement sud-sud. La croissance exponentielle des besoins de la Chine pourrait exacerber la tension sur les cours du brut et les marchés pétroliers fragilisant davantage les économies occidentales déjà déstabilisées par l’effondrement du système bancaire et la crise de l’endettement européen.
Le commerce bilatéral Chine Afrique a été multiplié par 50 entre 1980 et 2005, quintuplant entre 2000 et 2006. Avec 1.995 milliards de dollars de réserve de change, une main d’œuvre bon marché exportable, une absence de passif colonial, la Chine, qui a déjà supplanté la France en Afrique, se pose en puissance mondiale. Premier détenteur de bons de trésor américain, de l’ordre de 727 milliards de dollars, devant le Japon (626 milliards de dollars), la Chine y a déjà adopté le ton, invitant, le 13 mars, les Etats-Unis à «honorer ses engagements, à se comporter en une nation en qui on peut avoir confiance et à garantir la sécurité des liquidités chinoises », dans une admonestation jamais subie par la puissance américaine (7). Dans cette perspective, des stratèges occidentaux n’hésitent pas à prédire un affrontement majeur entre la Chine et les Etats-Unis pour le leadership mondial, à l’horizon de l’an 2030.
7 – « American vertigo»Quand la presse américaine croise le fer avec Bernard-Henri Lévy Article paru dans l’édition du 10.02.06 «American Vertigo», récit du séjour de l’écrivain sur les traces de Tocqueville, cible de nombreux chroniqueurs américains. Le New York Times s’y est pris à deux fois pour exécuter Bernard-Henri Lévy et son vertige américain. La première salve a été tirée avec verve et cruauté, en «une» de son supplément littéraire, le 29 janvier 2006, par une figure très populaire aux Etats-Unis, Garrison Keillor, un romancier, humoriste et animateur de «Home Prairie Companion» sur la radio publique.
Pour lui, American Vertigo (Grasset éd.), le récit du voyage de BHL sur les traces de Tocqueville, publié en langue anglaise avant de l’être en français, est une succession de lieux communs, qui «n’a aucune raison d’exister en anglais». Il enfonce le clou: «En plus de 300 pages, personne ne raconte une blague. Personne ne travaille vraiment. Personne ne s’assoit pour manger et apprécier sa nourriture? Vous avez vécu toute votre vie en Amérique, sans jamais aller dans une méga Church ou un bordel, vous n’avez pas d’armes, n’êtes pas amish, et il vous apparaît qu’en fait ce livre est au sujet des Français». Bernard-Henri Lévy «écrit comme un étudiant qui fait du remplissage», avec une tendance à l’abus de questions rhétoriques: «Est-ce comme ça que les Français parlent, ou réservent-ils ça aux livres sur l’Amérique?» En tant que symbole des écrivains français qui «sont courts sur les faits et longs sur les conclusions», BHL est habillé pour l’hiver. Mais le costard est taillé à la «une» du supplément, très rarement réservée à un intellectuel français. Une semaine plus tard, le quotidien a remis le couvert dans le cahier Arts, sous la plume de William Grimes, ancien chroniqueur culinaire du quotidien. Le critique reconnaît que Bernard-Henri Lévy a du cran, et «de temps en temps» une pensée éclairante et un regard acéré. Mais «il y a de nombreux moments, voyageant en voiture avec lui, où vous avez envie de lui dire de la fermer cinq minutes et de mieux regarder le paysage». Au final, il juge l’auteur « paresseux » et les chaussures de Tocqueville trop grandes pour BHL. Le Los Angeles Times, USA Today ou le Seattle Times sont également très réservés.
Pour aller plus loin, Cf. http://www.monde-diplomatique.fr/2006/03/MORGAN/13270
8- Pascal Boniface in «Les Intellectuels faussaires» de Pascal Boniface. Editions JC Gausewitch, Mai 2011, page 247. Le manuscrit a été refusé par 14 éditeurs.
9 – Honoré Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, a été un révolutionnaire français. Surnommé l’Orateur du peuple, il reste le premier symbole de l’éloquence. Auteur, en 1776, d’un « Essai sur le despotisme », il y dénonce l’arbitraire du pouvoir royal: «le despotisme n’est pas une forme de gouvernement, s’il en était ainsi, ce serait un brigandage criminel et contre lequel tous les hommes doivent se liguer». Condamné à mort par contumace, puis extradé et emprisonné au château de Vincennes de 1777 à 1780, Il y écrivit des lettres, publiées après sa mort sous le titre de Lettres à Sophie, chef d’œuvre de la littérature passionnée ainsi qu’un virulent libelle contre l’arbitraire de la justice de son temps, « Des Lettres de cachet et des prisons d’État.
10 – Discours d’André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon le 19 décembre 1964 http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/dossiers/malraux2006/disco...
BHL, L’homme des Ides de Mars : Ce papier est co-publié dans le N°2 de la revue trimestrielle «Les Zindignés», la revue des résistances et des alternatives dirigée par le philosophe Paul Ariès.
le 19 mars 2012
http://oumma.com/11842/bernard-henri-levy-homme-de-son-temps-ou-homme-de-lota
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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01.05.2012
n°2 - Journal du Mali - 20-04 au 30-04 - : a1 : - Le Mali, une terre riche, un Etat endetté…
Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources
Journal du Mali
n°2 20-04 au 30-04
Par C.Debroeder & M.Lemaire
Le journal du Mali se retrouve
a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html
http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html
b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html
c) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
d) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
e) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine- solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire
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Tiré à part Fatma Kassoul, Michel Collon, Mouâd Salhi :Le Mali, une terre riche, un Etat endetté… 1 Mali occupé.
2 Surle terrain 2-1 Des Canons ... pas du beurre Le MNLA gagne du terrain face à une armée malienne faible , ATT est-il contraint de négocier ? do : Réponse à ACTUS sur le Mali et la "rebellion Touareg" du MNLA. 3 Politique internationale - Les alliés de l'opposant a) Usa Les grandes manœuvres Nile Bowie : Washington et la déstabilisation politique de l'Afrique : Après le coup d'État, une guerre séparatiste menace le Mali. b) France Chien Guevara : Mali, révolte touareg : et si l’on parlait vrai ? 4 Dossier 4-1 Amy Goodman : Mali, un pays pris dans un jeu d’échec . 4-2 Jeune Afrique : Nord-Mali : comment éviter un nouvel "Afghanistan", au cœur du Sahel 5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 5-1 Investig’Action :Ruée vers l’or au Mali. Qui accourt ? 5-2 Salima Tlemçani : De l’autre côté de l’oued, les réfugiés maliens livrés à la misère. 6 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 6-1Comaguer : GROS APPETITS POUR LE SAHEL 6-2 Odile Tobner: Le Mali dans l’œil du cyclone. 6-3 Mountaga Fané Kantéka : LE MALI, VICTIME DU POISON DÉMOCRATIQUE. |
Tiré à part
Fatma Kassoul, Michel Collon, Mouâd Salhi :Le Mali, une terre riche, un Etat endetté…
Le Mali possède de nombreuses ressources naturelles allant des mines d’or jusqu’aux innombrables rizières. Paradoxalement le peuple malien mange un riz industriel venant de l’Orient… Investig’Action s’est entretenu avec Eric Pauporté, spécialiste du Mali. Il nous a éclairé sur la question et nous a demandé de veiller au grain…
L’attitude du pouvoir politique malien et le contrôle de la région par la France s’expliquent-ils par le problème du contrôle des richesses et de l’indépendance économique du Mali ?
Effectivement, il y a un contrôle autant politique qu’économique. C’est toute la politique enjointe par la France et le FMI avec son réajustement structurel qui a barré la route aux développements possibles.
Qu’est-ce que le FMI a dit au Mali et dans quelles circonstances ?
Le marché mondial a provoqué un appauvrissement du pays par étranglement. Un des mécanismes d’étranglement était la spéculation sur le coton. Dans les années nonante, le FMI a engagé le Mali dans une production à grande échelle de coton pour l’exportation. Le marché mondial a réduit fortement le prix du coton malien. Cette spéculation a endetté le Mali. Ils se sont tournés vers le FMI qui leur prêtait de l’argent sous les conditions de sacrifier tous les investissements publics et de s’ouvrir à l’investissement étranger.
Résultat, toutes les richesses et ressources naturelles ont été bradées. Le chemin de fer a été vendu à une compagnie canadienne pour 107 millions de Francs CFA, autant dire rien du tout. C’est un pillage ! Pour ce qui est des mines, les multinationales ont acheté les terres aux paysans à 54€ pour 7 hectares. Les paysans se retrouvent sans rien après.
Et qui achetait ces terres ?
Morila SA, c’est la société d’extraction qui appartient à Anglogold issue du consortium Anglo American et à Randgold qui appartient à Oppenheimer-Debeers (monopoliste sud-africain).
Avec quels intérêts ?
L’intérêt est le contrôle total du pays. Le Mali est disséqué. Regardez la carte minière du Mali. C’est un territoire qui a été privatisé et repartagé comme un gâteau entre les multinationales.
Que pouvez-vous nous dire sur l’Office du Niger ?
L’Office du Niger est la régie des terres de rizières dans le delta intérieur du Niger non loin de la ville de Ségou. Cet Office appartient à l’Etat. Il y a une énorme plaine très bien irriguée par le Niger se trouvant en aval du barrage de Markala. La plaine a un potentiel de production de riz de plus d’un million d’hectares. Elle a la capacité de nourrir toute l’Afrique de l’Ouest ! L’Office du Niger a la responsabilité d’entretenir toute cette plaine.
Les paysans ont-ils le droit d’exploiter cette plaine ?
Oui, ils peuvent exploiter ces terres à condition de louer. Concrètement, ils payent une redevance sur l’entretien du réseau d’irrigation. Ces taxes sont coûteuses et ne servent qu’à remplir les poches des personnes qui sont au pouvoir. En plus de toute l’infrastructure qui accompagne l’Office : il y a des usines d’engrais, des usines d’huiles extraites à partir des noyaux de coton.
Toutes les infrastructures du domaine public ont été liquidées. Aminatou Toumani Touré, le président déchu, les a vendues les unes après les autres pour pas un sou aux multinationales et aux fonctionnaires corrompus. Dans toutes ces terres vendues, le pouvoir a chassé les paysans par milliers.
Comment les paysans ont-ils vécu cela ?
Cela a éveillé un mécontentement énorme. Il y a eu des luttes armées. Un des élus locaux, du parti SADI (opposition de gauche) a été assassiné juste après l’élection. Après cela, une loi a été érigée sur la réforme agraire. Elle consiste à donner un titre de propriété d’une terre à qui la revendique. Traditionnellement, les terres appartiennent à la collectivité. Mais comme les paysans sont endettés, ils ne peuvent que les vendre, c’est un cercle vicieux !
Propos recueillis par Michel Collon, Mouâd Salhi et Fatma Kassoul
Pour Investig'Action michelcollon.inf
1 Mali occupé.
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Almanar : Pour l’Ex-directeur de la DST Yves Bonnet: : "Sarkozy est responsable du chaos en Libye et au Mali." |
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L’ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST), un service de renseignements du ministère de l'Intérieur, Yves Bonnet, a accusé le président Nicolas Sarkozy d’être responsable « du chaos en Libye, au Mali », soulignant que " le manque de confiance entre l'Algérie et la France a aggravé la situation dans la région de la côte de l'Afrique ". Dans une interview accordée au quotidien algérien alAkhbar, Bonnet a jugé que "l’Afrique fait l’objet de perturbations sécuritaires de plus en plus dangereuses en raison du chaos provoqué en Libye, et dont les parties responsables sont bien connues à savoir l'OTAN et la France. Or, ces derniers n’ont pas tenu compte de quelque chose de grave, celui de réfléchir sur les résultats d’une intervention dans les affaires d'un Etat quel que soit la nature de son régime". Il a souligné qu’ "en politique, il est impératif de s'assurer que le règlement que nous cherchons dans une quelconque situation esera de loin meilleur que la situation elle-même, autrement dit dans le cas de la Libye, je pense que la situation d’avant était bien meilleure que celle d’aujourd'hui." Directeur du DST entre 1982 et 1985, Yves Bonnet connaît bien la Libye et les Libyens, c’est pour cela il affirme que "la Libye était un pays bien géré et a réalisé des progrès sociaux importants, voire que les Libyens étaient parmi les peuples les plus riches du Maghreb et maîtrisaient l’art de bien traiter avec autrui, sans compter qu’ils baignaient dans la paix et la sécurité, et donc la situation qui leur a été imposée est tout à fait différente de ce qu’elle était auparavant". Et de poursuivre :"qu’au cours de sa visite l’an dernier à Benghazi et à Tripoli, durant laquelle il était accompagné par les membres d’un centre qui s’intéresse aux questions sécuritaires, nous avons exprimé de sérieuses préoccupations envers l'extrémisme islamique croissant et mis en garde contre la fragmentation de l'Etat ". Yves Bonnet a accusé "le gouvernement du président Nicolas Sarkozy et l'OTAN d’avoir entraîné la Libye dans un chaos et une perturbation sans précédent ", soulignant que "ces deux parties savaient parfaitement la taille des conflits tribaux là-bas et ses conséquences dans le cas où le pays sortait de sa stabilité". Pour ce qui est du Mali, l’ancien DST a mis en garde contre la présence d’Al-Qaïda en Lybie: "Nul doute que certaines parties en Libye sont contrôlées par Al-Qaïda, or cette dernière a implanté un homme dans une région vitale, ce qui est dangereux non seulement pour la Libye, mais pour tous les pays dans la région" ! Interrogé sur la nécessité d’une intervention militaire étrangère au Mali pour résoudre la crise, Bonnet n’a pas exclu cette option mais ne l’a point encouragée en raison de la gravité de ses conséquences, surtout que « les pays dans la région du Sahel sont confrontées à des situations de plus en plus difficiles, et que cette région est une zone de confluence des civilisations, ainsi la civilisation bédouine et celle des nomades autochtone n'ont pas réussi à trouver un état d'harmonie ». Enfin, l’ex-DST a mis en garde contre une marginalisation du rôle de l’Algérie : « La plus grande erreur qu’a commis la France, c’est qu’elle a oublié que Algérie est aussi un Etat du désert du Sud, et donc un partenaire incontournable ». "On peut trouver des solutions aux problèmes de la région sous influence française, en créant une entente ou un accord entre l'Algérie et la France, sans que cela n’évolue en un problème plus complexe, surtout si les deux pays n’ont pas confiance l’un dans l’autre. Malheureusement, la France n’a pas confiance en Algérie, et non l’Algérie", a ajouté Yves Bonnet . http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=59859&cid=21&fromval=1&frid=21&seccatid=61&s1=1 |
2 Surle terrain
2-1 Des Canons ... pas du beurre
Le MNLA gagne du terrain face à une armée malienne faible , ATT est-il contraint de négocier ?
Depuis les premières opérations du 17 Janvier à Ménaka et dans la région de Kidal ,le MNLA(mouvement national pour la libération de l’Azawad) n’a cessé de faire parler de lui .
Les autorités maliennes tous comme la communauté internationale ont pris à la légère ce mouvement qui s’érige aujourd’hui en une force qu’il faut prendre au sérieux.
En effet la naissance de ce mouvement n’est que la conséquence logique des bombardements de l’OTAN sur la Libye qui ont finis par mettre fin au régime du guide libyen Kadhafi qui a été un acteur important dans le maintien de la paix dans les pays qui compose le Sahel .La chute du régime de Kadhafi a permis à plusieurs groupes de s’emparer d’armes lourdes ,groupes parmi lesquels des Touaregs qui avaient combattu a Sebha au côté de l’armée libyen et l’un des chefs de ces groupes Touaregs Mohammed Ag Najem colonel dans l’armée libyen est rentré au Mali pour lancer la plus grand rébellion armée touareg que le Mali n’a jamais connu.
Il faut cependant souligner que les responsabilités liés au déclanchement de cette rébellion sont partagées entre plusieurs acteurs .D’abord il s’agit de dégager la responsabilité des puissances impérialistes qui ont menés cette guerre contre Kadhafi sans mesurer les conséquences pour les pays voisins de la Libye ,il y a aussi la responsabilité du CNT qui a aveuglement mené sa révolution sans sécuriser les frontières ,Kadhafi est également responsable pour avoir permis le pillage des dépôts d’armes ,il y a aussi la responsabilité du Niger et de l’Algérie qui ont laissés ces rebelles passés par leurs frontières car le Mali ne fait pas frontière avec la Libye ,et enfin la responsabilité des autorités maliennes à la tête desquelles le président Toumani Touré qui a fait preuve de naïveté en laissant des hommes lourdement armé rentrer dans le territoire malien .ATT aurait dû faire comme le président Nigérien ,désarmer les rapatriés de la Libye avant de les laisser franchir les frontières. ATT est aujourd’hui en train de payer le prix de ces passivités dans la sécurisation de son pays mais aussi des pays voisins notamment dans la gestion des menaces terroristes des islamistes d’AQMI, des rebellions touareg ,et des trafiquants de drogue.
Sur le terrain le Mali a face lui un MNLA différent des autres mouvements de rébellion ,d’abord de par sa puissance militaires mais aussi de par ses revendications qui ne se limitent plus cette si fois si à l’insertion des populations du nord ou à des questions d’emplois ou économiques, mais l’autonomie totale de la région de l’Azawad avec la création d’un nouvel État pour les Touaregs comme promis par la puissance coloniale française depuis la pénétration coloniale .Le massacre d’Aguelhok ,la prise du camp militaire d’Amachach et toute la ville de Tessalit, Libération de la Ville de Goudam (Région de Tinbouctou),contrôle d’un Camp d’Entraînement de la milice militaire malienne à Soudere-Gourma,…le MNLA contrôle désormais plus 1/3 du territoire maliene et envisage de prendre le contrôle de Kidal ,Ménaka et Tombouctou pour avoir un contrôle effective sur l’Azawad dont il réclame .Ce qui est dramatique c’est que l’armée malienne est incapable de bloquer cette marche vers la séparation mettant ainsi en cause la souveraineté de l’État malien qui est à la limite ridiculiser par les fuites de son armée ,par des morts et prise d’otage au sein de cette armée.
Soutenu par le mouvement islamiste touareg Ansar Dine d’Iyad Ag Ghali et AQMI(Al-Qaïda au Maghreb Islamique),le MNLA est plus que jamais en position de force et contraint les autorités maliennes à la négociation. Il est évident que avec toutes ces villes prises par le MNLA ,les otages et les morts dans le rang de l’armée malienne ,les soutiens internes et externes dont bénéficie le MNLA ,les milliers de maliens ayant fuient les combats et refugiés dans des camps au Niger ,au Burkina Faso ,en Mauritanie et en Algérie, et avec l’approche des élections ,le président malien est aujourd’hui obligé de négocier avec les rebelles. Mais la grande question qui se pose est négocier sur laquelle base car les autorités maliennes insistent sur le fait que la souveraineté du Mali n’est pas négociables alors même que c’est là que se trouve la principale revendication des rebelles.
ATT doit-il concéder la souveraineté de son pays à une force africaine pour mettre fin au MNLA ?
ATT doit-il négocier avec le MNLA sur une décentralisation plus poussée avec une réelle autonomie et insertion des populations du nord ?
ATT doit-il accepter la création de l’État touareg ?
ATT fait-il preuve de passivité exprès pour se maintenir au pouvoir ?
L’État touareg naitra-t-il un jour ?,les jours à venir nous édifierons d’avantage sur ces questions que beaucoup se posent aujourd’hui.
ttp://www.jeunessafricaine.blogspot.fr/search?updated-min=2012-01-01T00:00:00-08:00&updated-max=2013-01-01T00:00:00-08:00&max-results=12
13-01
do : Réponse à ACTUS sur le Mali et la "rebellion Touareg" du MNLA.
(qui est en fait une alliance de diverses tribus du nord du Mali, et pas seulement des Touaregs) :
La CEDEAO, c'est-à-dire l'impérialisme français, vient de décider de l’envoi immédiat de troupes au Mali pour sauver son "intégrité territoriale" !
Salut à toutes et à tous,
Je pense qu'ACTUS, qui croit que les Touaregs du nord du Mali sont alliés à l'impérialisme français, se trompe totalement sur ce qui se passe au nord du Mali.
Les Touaregs étaient dans le camp de Kadhafi, et ils se sont battus en Libye contre al-Qaïda, contre l'OTAN et contre la France, afin d'aider la Libye Verte de Kadhafi.
Je suis dans le camp des Touaregs, a priori, depuis bien avant la guerre de Libye :
http://mai68.org/journal/N28/11janvier2000.htm
J'ai été confirmé dans mon soutien aux Touaregs quand je les ai vu soutenir Kadhafi. Pour ce faire, ils se sont battus entre autre contre al-Qaïda. Et aujourd'hui, la télé française veut nous faire croire que les Touaregs sont alliés à al-Qaïda ? Je n'en crois rien !
Et on ne peut pas raisonner sainement quand on ne sait pas qu'AQMI appartient aux services secrets français. En voici les preuves :
http://mai68.org/spip/spip.php?article1372
Les nomades Touaregs sans frontière ont toujours été considérés comme des ennemis par les sédentaires colonialistes occidentaux fabriqueurs de frontières artificielles telles que, par exemple, celle du Mali (Le Mali n'est pas une création malienne, le Mali est une création française !).
Aussi, tenant compte de tout ça...
Comment va-t-on s'y prendre pour me faire croire que les Touaregs sont aujourd'hui au service de l'impérialisme français au Mali, dès le lendemain qu'ils viennent de le combattre en Libye ? Je n'en crois rien ! :
http://mai68.org/spip/spip.php?article4015 (Regarder en particulier la seconde vidéo)
Par ailleurs, j'apprends aujourd'hui 27 avril 2012 que la CEDEAO, c'est-à-dire l'impérialisme français vient de décider de l’envoi immédiat de troupes au Mali pour sauver son "intégrité territoriale" :
http://mai68.org/spip/spip.php?article4052
Après ça, il est d'autant plus impossible de continuer à soutenir que l'impérialisme français et le MNLA (alliance des Touaregs et d'autres tribus du nord du Mali) soient dans le même camp.
Il faut se renseigner à la source :
Bien à vous,
do
3 Politique internationale - Les alliés de l'opposant
a) Usa
Les grandes manœuvres
Nile Bowie : Washington et la déstabilisation politique de l'Afrique : Après le coup d'État, une guerre séparatiste menace le Mali.
KUALA LUMPUR – Alors que la communauté internationale et les membres voisins de la Communauté économique des États d'Afrique occidentale (CEDEAO) condamnent le coup d'État militaire au Mali, mené par des protagonistes inexpérimentés, des milliers de personnes ont pris les rues de la capitale malienne de Bamako en appui à la nouvelle junte. Les citoyens brandissaient des pancartes et des banderoles affichant: « À bas la communauté internationale » et « À bas Sarkozy », en chantant des slogans à la gloire du chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo. [1]
Bien que Sanogo ait visité les États-Unis à plusieurs reprises après avoir été choisi par le Pentagone pour participer à un programme international d’éducation et d’entraînement militaire parrainé par le département d'État étasunien [2], les représentants des États-Unis ont appelé les dirigeants du coup d'État au Mali à démissionner et permettre la tenue d'élections.
Le porte-parole du département d'État étasunien Mark Toner a menacé l'État indigent d’Afrique de l'Ouest d’un embargo diplomatique et financier substantiel si le pouvoir n'est pas retourné au président évincé Amadou Toumani Touré dans les soixante-douze heures. [4] Alors que la moitié de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour [5], l'imposition de sanctions économiques pour ce pays enclavé et dépendant de l’importation conduira inévitablement à une plus grande instabilité sociale et à des troubles civils. Puisque la probabilité d’un embargo nourrit davantage les conditions guerrières dans un milieu appauvri depuis longtemps, le bloc de la CEDEAO a mis ses troupes en attente près des frontières du Mali et elles sont prêtes à intervenir si la situation se détériore [6]. Au cours de la crise en Côte d'Ivoire en 2010-2011, les forces fidèles à Alassane Ouattara, soutenu par les Français, ont entrepris une vaste campagne d'atrocités contre des civils [7], un autre rappel du danger que posent les invasions militaires précipitées de la communauté internationale dans les régions africaines en crise.
Tandis que les États-Unis et d'autres soulignent l'importance du retour à l'ordre constitutionnel et que les Maliens appuient la junte, la solidité des institutions démocratiques renommées du Mali semble très discutable. La justification principale du coup est la réponse inadéquate du gouvernement civil à une campagne permanente des Touaregs en faveur du séparatisme dans le nord du Mali, bien que le désarroi récent à Bamako ait suscité la progression régulière des milices armées touaregs vers le sud. Sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), les milices armées auraient saisi la région nord-est de Kidal, incitant l'armée malienne, mal équipée, à abandonner ses positions stratégiques au nord. [8] Les Touaregs sont un groupe ethnique minoritaire traditionnellement nomade et rural d’environ 1,5 millions de personnes cherchant à se séparer de la république du Mali et à former une nation indépendante appelée Azawad. Ce groupe vit dispersé sur un territoire traversant les pays du Sahel et du Sahara, largement exploité par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).
Même si l’on a imputé aux Touaregs la déstabilisation dans le nord du Mali, il est davantage probable qu’AQMI soit à l'origine de l'activité des insurgés dans la région [9]. Le MNLA a déclaré que l'objectif de sa campagne pour l'indépendance est de développer un bastion pour se protéger de la violence d'AQMI, tandis que Bamako a affirmé que le MNLA cherche à fonder un État islamiste strict en partenariat avec l’AQMI [10]. Après la chute de Kadhafi dans le théâtre de guerre libyen de l’OTAN, des combattants touaregs armés maliens et nigériens ont été vus descendant dans le Sahara à bord de camions de l’armée Toyota Salut-Lux utilisés par les rebelles libyens affiliés à Al-Qaïda [11]. Bien qu'il puisse être difficile de distinguer les véritables protagonistes de la violence dans le nord du Mali, la résurgence de leur activité s’est grandement intensifiée en raison de leur accès aux mortiers, aux mitrailleuses, aux armes antichars et antiaériennes appartenant initialement au Groupe islamique combattant en Libye (GICL), une organisation radicale [12].
La présence d'un second groupe séparatiste dominé par les Touaregs, Ancar Dine, complique davantage la situation. Le mouvement cherche à imposer la charia dans tout le nord du Mali et est dirigé par Iyad Ag Ghaly, une personnalité salafiste éminente, soupçonnée d'avoir des liens avec une filiale d’AQMI d'Ayman al -Zawahiri, dirigée par son cousin Hama Ag Hamada [13]. Comme les séparatistes contrôlent désormais un tiers du Mali, une crise alimentaire est à venir dans la région du Sahel et du Sahara alors que près de 80 000 réfugiés demandent l'amnistie dans les pays voisins, dont l'Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso [14]. Comme le groupe militant Ancar Dine semble réclamer le contrôle de régions attribuées auparavant au MNLA [15], leur avance pourrait avoir de plus grandes implications, pouvant déstabiliser la région de façon drastique.
Avec la possibilité accrue que des soulèvements généralisés comme ceux du printemps arabe surviennent dans la région du Sahel, un afflux de réfugiés mettra une pression supplémentaire sur l'Algérie et le Niger. L'Algérie pourrait être déstabilisée davantage si la situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali et la France pourrait se sentir obligée d'intervenir dans les affaires de ses anciennes colonies, comme on l’a vu malheureusement en Côte d'Ivoire. Il y a un parallèle entre la crise au Mali et les événements en cours au Nigeria, une nation aux prises avec les activités des insurgés islamiques séparatistes de Boko Haram au nord. Compte tenu de l'instabilité politique à Abuja, un coup d'État orchestré par des officiers de grades inférieurs contre le président nigérian Goodluck Jonathan basé sur le modèle malien ne serait pas impensable. Au moment où la Banque mondiale et la Banque africaine de développement suspendent toute aide au Mali, une certaine forme d'intervention militaire est concevable si les appels du Conseil de sécurité pour le « rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel et du gouvernement démocratiquement élu » ne sont pas respectés [16].
Alors que les voisins du Mali menacent de recourir à des sanctions et à la force militaire pour renverser l'actuel Comité pour la réinstauration de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDR) dirigée par le capitaine Amadou Sanogo [17], la junte a dévoilé une nouvelle constitution garantissant la liberté de parole, de pensée et de mouvement [18]. Sanogo a promis de ne pas s'accrocher au pouvoir et de mettre en place des élections démocratiques lorsque l'insurrection touareg sera maîtrisée. Ceux qui ont pris part au coup d'État ne pourraient pas participer aux élections [19]. L'afflux d'armes découlant du changement de régime de l'OTAN en Libye a créé de nouvelles perspectives désastreuses favorisant une guerre civile au Mali, où les parties seraient lourdement armées. Il reste à voir comment le bloc de l'OTAN réagira si le CNRDR refuse les appels à démissionner et s'engage dans un interminable conflit avec les séparatistes islamistes. Comme l'armée américaine s’oppose à l’Armée de résistance du Seigneur en étendant sa présence militaire par le biais d’AFRICOM en République démocratique du Congo, l'aggravation de la situation au Mali et au Nigeria fournit une justification supplémentaire pour l'intervention étrangère et l’exploitation de la guerre.
Article original en anglais :
Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
Notes
[1] Mali: des milliers de manifestants soutiennent la junte, comprise en vue, AFP March 28, 2012
[2] Leader of Mali military coup trained in U.S., Washington Post, March 25, 2012
[3] US calls for Mali coup leaders to step down, CNN March 30, 2012
[4] Ibid
[5] Human Development Indices, United Nations Development Programme, 2008
[6] Mali coup: African Spring Russia Today March 29, 2012
[7] Côte d’Ivoire: Ouattara Forces Kill, Rape Civilians During Offensive, Human Rights Watch, April 9, 2011
[8] Tuareg rebels force Mali army out of North, World News Australia, March 31, 2012
[9] Mali's muti
Nile Bowie
Nile Bowie est un auteur indépendant et photojournaliste vivant à Kuala Lumpur, en Malaisie, il contribue régulièrement au site de Tony Cartalucci, Land Destroyer Report, et à celui du professeur Michel Chossudovsky, Global Research. Twitter: @ NileBowie
Nile Bowie est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Nile Bowie publiés par
Le 4 avril 2012
b) France
Chien Guevara : Mali, révolte touareg : et si l’on parlait vrai ?
DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE DE L’AZAWAD (Vendredi, 06 Avril 2012 02:24) NOUS, PEUPLE DE L’AZAWAD,
Par la voix du Mouvement National de Libération de L’Azawad après concertation avec : Le Comité Exécutif, Le Conseil Révolutionnaire, Le Conseil Consultatif, L’Etat-Major de l’Armée de Libération, Les bureaux régionaux Rappelant les principes du droit international et les principaux instruments juridiques internationaux régissant le droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes, notamment, la charte des Nations Unies en ses articles 1 et 55, les dispositions pertinentes de la déclaration internationale des droits des peuples autochtones ; Considérant, la volonté explicitement exprimée dans la lettre datée du 30 mai 1958 adressée au président français par les notables, guides spirituels de toutes les composantes de l’AZAWAD ; Considérant qu’en 1960, à l’occasion de l’octroi de l’Indépendance aux peuples Ouest-Africains, la France a rattaché sans son consentement l’AZAWAD à l’Etat malien qu’elle vient de créer ; (...)
Lire la suite :http://www.legrandsoir.info/mali-revolte-touareg-et-si-l-on-parlait-vrai.html» (long article)
Chien Guevara
4 Dossier
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
4-1 Amy Goodman :Mali, un pays pris dans un jeu d’échec
Devant la difficulté croissante d’obtenir des informations sur ce qui se passe réellement au Mali, il nous parait primordial de donner la parole aux vrais connaisseurs de la situation. Dans une interview accordée au programme Democracy Now ! Firoze Manji explique dans les grandes lignes la réalité malienne. Firoze Manji anime le site Pambazuka News qui traite de la justice sociale en Afrique. Ex-directeur d’Amnesty International en Afrique, il vient de publier, en anglais, le livre 'Un livre : Le réveil Africain : les révolutions émergentes.'
Quelques extraits de cette interview :
Amy Goodman : Pouvez-vous nous parler de la signification des propos du Président Malien lorsqu’il dit qu’il démissionne, et quel est l’enjeu derrière tout cela ?
Firoze Manji : Je ne pense pas que cela soit aussi dramatique qu’on veut nous faire croire. Même si le coup d’état n’avait pas eu lieu, il était obligé de se retirer en avril de toute manière. Je ne pense pas qu’il avait beaucoup de choix. Cela faisait probablement partie des négociations avec les officiers militaires qui se sont emparés du pouvoir. Et donc, je n’attacherais pas une grande importance à cela.
Je pense que ce qui est plus sérieux, ce sont les menaces venant des communautés économiques pour l’Occident – ou les Etats Africains Occidentaux, la CEDEAO – qui menacent d’entrer militairement au Mali. Et s’ils le font, cela pourrait causer une situation tragique.
Je pense que ce que nous avons au Mali est une situation très complexe. Vous avez, d’un côté, des officiers de rang moyen démobilisés, qui n’ont pas d’objectifs ou de plan précis de ce qu’ils veulent. On sait qu’ils sont démoralisés par la défaite qu’ils ont essuyée lors du Mouvement National pour la libération des Azawad, que les gens appellent communément Touaregs. Et ils ont actuellement pris la moitié du territoire du Mali. Mais cela est une partie de leur territoire traditionnel. Et ils ont maintenant organisé un cessez-le-feu. Ils ont occupé le territoire. Ils ont gagné ce qu’ils voulaient.
Cependant, la situation est beaucoup plus compliquée, à cause de mouvements comme Al Qaida au Maghreb, AQMI, qui ont été les porteurs de toutes sortes d’activités terroristes – et le porte parole des Nations Unies prétend que c’est le mouvement Azawad qui a perpétué toutes ces attaques terroristes. La réalité est bien différente. Selon des fuites récentes de WikiLeaks, le gouvernement malien a été très proche d’AQMI, dans le but de miner les efforts du peuple Azawad dans leur lutte pour l’indépendance.
Amy Goodman : - Pouvez-vous expliquer comment la Lybie et la chute de Kadhafi entre en ligne de compte et parler de qui sont les rebelles touaregs – pour certains, c’est la première fois dont ils en entendent parler.
Firoze Manji : Oui, Et bien, il y a eu beaucoup d’articles dans les médias, de publications, faisant allusion au fait que Kadhafi était membre de cette rébellion en particulier. Mais en réalité, ce mouvement a été organisé depuis un certain temps. Il y a certainement de nombreuses personnes que Kadhafi a entrainées dans son armée qui est issue de la population appelée Touareg. Et beaucoup d’entre eux sont retournés dans le mouvement après l’effondrement de la Libye. La moitié d’entre eux a certainement rejoint la rébellion touarègue, mais l’autre moitié est en fait à Bamako, la capitale du Mali, et a rejoint l’armée malienne, en prétendant être Maliens. Donc, il n’est pas très clair que ceux qui viennent de Lybie font désormais partie du mouvement de libération nationale.
En ce qui concerne les Touaregs, ce sont des gens qui ont occupé de larges régions d’Afrique. Ils se situent au Maroc, en Mauritanie, au Burkina Faso. Ce que nous devons comprendre, c’est que ce sont des bergers de bétail. Ce sont des gens qui sont nomades traditionnellement, qui bougent, et qui ont été incorporés au Mali à cause du gouvernement colonial français, qui a tout simplement divisé le territoire en fonction des ressources qu’il voulait exploiter. Et il faut se rappeler que le Mali a de très bonnes sources d’or, aussi bien que de gaz et de pétrole.
Donc, les Touaregs sont reliés à une grande communauté de gens qui s’étend du Nord de l’Afrique à beaucoup d’autres parties d’Afrique de l’Ouest. Ils demandent à avoir leur propre Etat, ce qui n’est pas déraisonnable, et ils sont nombreux à essayer de former un mouvement pour libérer leur territoire. La communauté internationale à renié leurs attentes. Ils ont été reniés par le gouvernement français. Dans les faits, les Etats-Unis ont une présence militaire dans cette zone, appelée AFRICOM. Et il n’y a pas doute qu’ils sont actifs pour empêcher les agissements du mouvement de libération nationale, le mouvement des Azawed, pour les empêcher d’atteindre une quelconque forme d’indépendance.
Amy Goodman : Quelle est la relation entre la formation américaine AFRICOM et la formation africaine, le CEDEAO, les nations africaines, et l’organisation des Etats d’Afrique de l’Ouest ?
Firoze Manji : Officiellement, aucun des pays africains, à part le Libéria, et plus récemment, la Libye, ont officiellement accepté la présence de AFRICOM et de la présence militaire en Afrique. Bien que les positions officielles soient ainsi, en pratique, AFRICOM a été présente dans cette région depuis de nombreuses années. Ils ont certainement été actifs en Algérie, au nord du Mali, et ils ont certainement une présence dans d’autres pays africains. Imaginez que les troupes kenyanes occupent une partie des Etats Unis, je ne pense pas que la population américaine sera contente. Et je pense que la population africaine a la même réponse : elle refuse la présence de troupes étrangères sur son territoire.
Amy Goodman : Et comment le Mali entre-t-il en ligne de compte dans ce qui se passé au Sénégal ?
Firoze Manji : L’ex-président du Sénégal, Abdoulaye Wade, a tenté de changer la constitution pour la 16ème fois pour s’assurer de remporter les élections avec plus de 25 pourcent des votes. Et les jeunes gens sont sortis dans les rues, et il y a eu de nombreuses manifestations. Ces protestations ont mené à une situation où un changement de la constitution n’était tout simplement pas possible. Et c’est ce qui a mis en place un bon contexte pour des élections réussies au Sénégal, ce qui a mené à la tête de la présidence Macky Sall. Et donc, c’est une immense victoire.
Mais je pense que c’est une partie d’un phénomène plus large, qui est en train de passer à travers le continent, qui vient du fait que les trente dernières années, notre peuple a perdu tous les gains de l’indépendance. Les Africains ont été habitués à avoir des soins de santé gratuits, une éducation gratuite, l’accès à l’eau, leurs propres infrastructures de télécommunication et de communication. Toutes ces choses gagnées avec l’indépendance ont été perdues, et cela à cause de l’application de ce que j’appelle les politiques néolibérales, qui ont été imposés à de nombreux pays africains par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.
Et donc, nous avons une situation dans la plupart de l’Afrique où les règles sont souvent non respectées par les sociétés multinationales. Et je pense qu’il y a un mécontentement grandissant du fait que les gens sentent qu’ils n’ont pas les moyens de déterminer leur propre destinée. Et donc, l’autodétermination est devenue un dynamisme vital à travers le continent. Et je pense que la montée du Mouvement National pour la libération des Azawad, que les gens appellent les Touaregs, cela fait partie du même processus de sentiment de perte d’autodétermination.
18 avril 2012
Traduit de l’anglais par Fatma Kassoul pour Investig'Action michelcollon.info
Source : Democracynow
4-2 Jeune Afrique : Nord-Mali : comment éviter un nouvel "Afghanistan", au cœur du Sahel ?
Alors que les rebelles touaregs ont ouvert la porte à la domination du Nord-Mali par les groupes salafistes et terroristes du type Aqmi, Jeune Afrique tente d'analyser les pistes possibles de sortie de crise. Une enquête à découvrir dans son édition n° 2676, en kiosques du 22 au 28 avril 2012.
Dans le nord du Mali, ce ne sont plus les rebelles touaregs, mais les islamistes qui ont pris le pouvoir. À Gao ou Tombouctou, les émirs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), les redoutables Mokhtar Belmokhtar, Abou Zeïd et Yahya Abou Hammam, se sont alliés aux combattants touaregs d'Ansar Eddine et se déplacent à leur guise. « Si la communauté internationale n'intervient pas vite, a prévenu le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz le 15 avril, tous les ingrédients sont là pour faire du Mali un Afghanistan ».
Depuis la fin du mois de mars, le Nord fait peur et les capitales de la sous-région vivent dans la hantise d'une infiltration terroriste. Enlèvements, attentats ou tir de missile contre un avion civil, tout est possible. Mais que faire ? L'armée malienne est démotivée, désorganisée et sous-équipée. Les pays de la sous-région sont, à quelques rares exceptions près, réticents à intervenir militairement chez leur voisin en crise.
L'Algérie sur ses gardes
L'Algérie elle-même, qui serait la seule capable de faire peur aux nouveaux maîtres de Tombouctou, a dit qu'elle refusait d'opérer hors de ses frontières.
Et pour l'instant, négocier paraît tout aussi compliqué, compte tenu de l'imbroglio politique à Bamako, depuis le putsch du 22 mars.
Peut-on encore sauver le Nord et éviter qu'un nouvel Afghanistan ne se constitue au cœur du Sahel ?
C'est une enquête à lire dans Jeune Afrique n°2676.
Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Nord-Mali : comment éviter un nouvel "Afghanistan", au coeur du Sahel ? | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
17 avril 2012
5 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme
5-1 Investig’Action :Ruée vers l’or au Mali. Qui accourt ?
Le sage grec Chilon disait : « Le feu éprouve l’or et l’or éprouve l’homme ». Le dernier documentaire d’Eric Pauporté, Mali d’or, confirme cette maxime. Le cinéaste belge s’est rendu dans le pays d’Afrique de l’Ouest, sur le site minier de Morila. Investig’Action a rencontré Eric Pauporté. Il nous explique comment les multinationales du secteur minier ont les mains libres pour exploiter l’or du Mali dans des conditions insupportables pour les populations locales et l’environnement. Il nous dévoile également le véritable rôle de la coopération dans les relations Nord-Sud
Le cinéaste Éric Pauporté se rend au Mali en 2005 en territoire Bambara. Il y découvre une gigantesque mine d’or à ciel ouvert, la mine de Morila, exploitée par une filiale à capital partagé entre Randgold Resources et Anglogold Ashanti.
Aujourd’hui fermée, la mine Morila a laissé place à un paysage lunaire : « … La zone d’exploitation a été aujourd’hui laissée à l’abandon. La mine est devenue un immense trou avec à côté des terrils et un grand bassin de traitement des eaux usées. Autour de la mine des dizaines de maisons et des champs à l’abandon. Les gens qui se sont fait voler leurs terres ne les ont jamais récupérées. La compagnie minière avait un plan de fermeture et de réhabilitation du site. »
La mine de Morila est-elle un cas isolée ? Non.
Présentées par la banque mondiale, le FMI et le secteur privé comme des projets de développement pour les populations locales, les mines provoquent partout dans le monde les mêmes conséquences : la déstructuration des communautés, la spoliation, les pollutions et aussi bien sûr l’enrichissement des acteurs financeurs financiers de ces exploitations.
L’histoire ancienne du Mali est une histoire peu connue. Pouvez-vous nous en parler ?
Le Mali est historiquement riche en or et riche de son or. Cela remonte à la nuit des temps : l’or du Mali a été acheminé vers l’Égypte, Carthage, Rome, l’Europe, le Monde Arabe. Sur cette richesse furent bâties des sociétés élaborées qui sont les premières à avoir laissé des traces remarquables dans l’Histoire. C’est le cas de la région du Hodh, avec la ville d’Awdaghost, mais aussi de l’empire du Ghana, de l’empire Almoravide (empire berbère), puis de l’empire du Mali ou Mandé dés 1234 avec son fondateur, Sundjata Keita. Ce dernier créa un État fédéral avec une organisation élaborée qui comprenait un parlement, une armée très bien structurée, un système d’enseignement, un trésor public ainsi qu’une organisation de l’extraction et de la vente de l’or. Il développa aussi l’agriculture : coton, arachide. Ce fut aussi l’époque de grands centres urbains universitaires comme Tombouktou, Jenné ou Ségou.
Sundjata Keita eût d’illustres successeurs comme Boubakar II qui, deux siècles avant Christophe Colomb, lança deux expéditions maritimes pour découvrir l’Amérique.
À la fin du 19ème siècle, des grands hommes d’État comme Babemba, Amadou, Alibouri et Samory, ont eux aussi réussi à contenir les assauts des colons européens qui lorgnaient sur les richesses du Mali. Mais pour un temps seulement : en 1883, le Mali devint une colonie française. Durant cette période, les bases économiques de production ne changèrent pas fondamentalement mais la métropole contraint à l’exportation des produits et surexploita les ressources.
Quelle est l’histoire de la mine de Morilla sur laquelle vous avez enquêté ?
La mine s’installe en 1998 et commence à exploiter en novembre 2000. Une seule concession est exploitée, mais l’entreprise en possède huit autres dans la région. La mine devait avoir une durée de vie de treize ans, mais finalement, elle cessera ses activités huit ans après sa création, en 2009.
Cette mine est une conséquence du boom minier industriel qu’a connu le Mali. Dans les années 80, la Banque Mondiale force le pays à s’ouvrir aux investissements étrangers et à ne plus avoir de contrôle sur les flux financiers. Cette dérégulation permet l’arrivée massive de sociétés qui ont toute liberté pour s’installer et exploiter. La nouvelle législation leur permet de contrôler tous les aspects de la production : contrôle de l’exploitation de la mine, des produits chimiques et de l’exportation.
C’est pendant cette période que des belges obtiennent une concession d’exploration dans la zone qui allait devenir la mine Morila. En suivant les pistes traditionnelles des orpailleurs locaux, ils identifient une vaste mine avec des teneurs en or exceptionnelles : 900 g par tonnes de minerais ! L’étude d’Impact Environnement et Social (EIES) faite pour la compagnie confirme cette information.
Qui sont les différents acteurs de ce projet d’exploitation ?
Dans le contrat signé avec le gouvernement malien, l’exploitant supposé est Union Minière, compagnie belge qui exploite aussi au Congo. Mais à ce moment-là, Union Minière est nationalisée par Mobutu et la branche commerciale, UMICORE, s’en détache et s’installe à Washington.
Cette séparation est probablement la raison pour laquelle, l’exploitation de Morila passe dans les mains d’Angloglod Ashanti et de Randgold Resources à travers la filiale Morila SA. Angloglod et Randgold sont les branches spécialisées dans l’exploitation minière de deux consortiums financiers : Oppenheimer et Angloamerican.
Le premier est connu pour avoir le monopole de l’extraction de diamants et de l’or en Afrique du Sud. Le deuxième est une major du secteur minier. Etienne Davignon, célèbre figure de la vie politique et économique belge, fait partie de son conseil d’administration.
Étienne DAvignon est une des grosses fortunes de Belgique qui s’est d’abord bâtie avec la colonie au Congo. Il est impliqué dans l’assassinat de Lumumba et la mise en place de Mobutu. Il a participé à la création dans les années 70 du think tank « Groupe de Bilderberg » (pour la création d’une Europe libérale). Il est un des principaux acteurs du dossier Morila et a été à la tête d’Union Minière
Le contrat d’exploitation de la mine Morila porte sur l’or, mais Morila SA exploite aussi du nickel, des platinoïdes, de l’argent… Cela ne fait pas partie des contrats, mais ça fait partie du processus de spoliation dans le sans où l’épuration de l’or se fait en Afrique du sud.
Autre information intéressante : si Anglogold et Rangold ont certes créé Morila SA, c’est la Somadex, une entreprise sous-traitante, qui extraie l’or. Et la Somadex, c’est Bouygues….
Le groupe Bouygues n’est pas connu pour ses capacités techniques dans l’exploitation de l’or !
Ils ont toute la capacité qu’ils veulent quand il y a du fric derrière.
Que s’est-il passé avec les populations locales qui vivaient sur le territoire de la concession de Morila ?
Il y avait environ 20.000 personnes sur le territoire concerné. Ce sont des Bambaras qui vivaient et travaillaient ces terres, surtout des agriculteurs et des forgerons.
Entre 1.000 et 1.500 habitants furent directement déplacés mais en tout, 10.000 personnes qui dépendaient de cette zone pour l’agriculture ont perdu leur accès à ces terres. Ces populations n’ont pas été informées ni consultées d’une manière adéquate. Traditionnellement au Mali, la terre est un bien commun qui est géré par les sages, les notables du village. On ne peut donc normalement pas vendre la terre. Mais l’État a donné les droits d’exploitation à l’insu de la population. La compagnie a donc pu acheter des terres, le plus souvent à très bas prix : cinquante euros pour sept hectares. Aussi, l’entreprise avait promis septante emplois par villages. Au final, n’y en eut que trois ou quatre.
Parallèlement, à Domba, un village situé sur une des concessions minières à côté de Morila, la direction de la mine est venue interdire aux orpailleurs traditionnels d’exploiter l’or de surface. Alors que les gens exercent cette activité depuis la nuit des temps, à la pioche et qu’il existe actuellement, selon des estimations, 200,000 personnes qui vivent de l’orpaillage au Mali….
Autour de la mine, quelles sont les conséquences observables de cette exploitation sur l’environnement ?
Les problèmes de pollution sont en général liés à la surexploitation. En surface, les taux d’or présents dans les roches sont élevés. Mais en profondeur, ils le sont moins. C’est à ce moment-là qu’intervient l’exploitation minière industrielle qui utilise les produits chimiques. On peut donc dire que les problèmes de pollutions environnementaux sont liés à la surexploitation.
Un autre problème : l’eau. Il s’agit d’une zone où il y a beaucoup d’eau. Mais avec une extraction de quatre millions de tonnes de minerais par an et un brassage dans dix-sept millions de mètre cube d’eau dans lequel se déverse aussi sept tonnes de cyanure, l’accès à l’eau en général et à une eau saine en particulier est très compliqué pour les villageois. L’eau qui sert au traitement du minerai va dans la nappe phréatique. Elle est déversée d’abord dans un bassin de rétention qui fait environ quarante hectares mais qui ne possède aucun système de protection, pas de bâches. Par conséquent, les eaux usées peuvent s’infiltrer dans le sol. La compagnie minière prétend que le cyanure s’évapore. D’une part, ce n’est vrai qu’en surface, d’autre part, il s’évapore dans l’air qu’on respire. De plus, avec le système de cette mine, du cyanure s’infiltre quand-même dans le sol et donc dans les nappes phréatiques. Enfin, il y a aussi le problème de la pollution insidieuse à l’arsenic. En effet, j’ai vu des trains d’écoulement avec des traces de carbone et d’arsenic. Le minerai explosé lors du processus d’exploitation libère l’arsenic dans l’environnement.
Y a-t-il des impacts sur la santé des travailleurs ou des populations de l’utilisation des produits chimiques ? Et comment ces populations ont-elles réagi à cette situation ?
Oui, il y a eu de nombreux cas d’étourdissement qui ont provoqué des accidents souvent mortels. En effet, le cyanure est un anoxiant qui agit par asphyxie en se fixant sur le sang. Il aura fallu cinq ans pour que l’accumulation des intoxications inquiète les populations et que celles-ci fassent le lien entre leurs problèmes de santé et l’exploitation minière. En mai 2005, à Morila, un homme est mort devant la porte de la mine. Un de trop.
C’est à partir de là que les gens ont commencé à s’organiser. Le sentiment général était la colère. Une grève a commencé en juillet car les gens se rendaient compte qu’ils mouraient les uns après les autres.
Ensuite, il s’est avéré que ni les conditions de travail ni le système de prime n’étaient respectées. Et il y avait des problèmes avec les contrats des travailleurs : il y avait plus de 300 contrats falsifiés qui étaient en réalité des contrats d’essai, systématiquement photocopiés.
Les populations locales se sont senties trahies sur toute la ligne par les autorités du pays et par les autorités de la mine.
Mais maintenant que la mine est fermée, elles ne peuvent plus revendiquer leurs droits car elles n’ont plus personne à qui se plaindre : la SOMADEX a disparu et est devenue MARS, pour l’exploitation d’une autre mine. Il n’y a donc plus d’interlocuteur juridique.
Y a-t-il selon vous une dimension internationale à ce problème, un shcéma qui se répète ailleurs dans le monde ?
Toutes ces sociétés minières ont un siège dans un paradis juridique : le Canada. Et pour la circulation des flux financiers, ces compagnies ont des sièges dans les paradis fiscaux.
Le contrat minier imposé au Mali est calqué sur le code minier canadien. De plus, l’époque coloniale n’est pas loin avec la liquidation des opposants et la corruption. Quand il y a 890 grammes d’or qui disparaissent sur 900, on voit bien la marge que les grosses compagnies minières ont pour corrompre autour d’elles… Le fait est que nous sommes dans un système de dérégulation générale où l’État ne peut jouer aucun rôle de contrôle. Tout le contrôle se retrouve dans les mains des multinationales.
La coopération entre les pays du Nord et du Sud permet-elle d’améliorer la situation des peuples victimes de ce type d’exploitation ?
La présence de la coopération est directement liée à la présence des multinationales. La coopération, c’est la mission du capital. Au même titre que pendant les colonies on a envoyé l’église catholique, maintenant on envoie des coopérants. Ils jouent exactement le même rôle, mais avec des outils plus élaborés, plus sophistiqués.
Jean Bofane en parle bien dans son bouquin, Mathématiques congolaises : la coopération est le vecteur de rétribution d’un petit pourcentage des fruits de l’exploitation qui s’occupe de conditionner cette rétribution par des critères choisis, décidés en Occident.
La coopération, par l’argent, conditionne le fonctionnement politique de ces pays : les « démocraties » provoquées sont faites pour faire valoir l’incapacité humaine, politique et sociale du colonisé et pour imposer le savoir-faire occidental.
Source :www.michelcollon.info
5-2 Salima Tlemçani : De l’autre côté de l’oued, les réfugiés maliens livrés à la misère.
De l’autre côté de l’oued Tin Zaouatine, des dizaines de tentes, faites d’étoffe rafistolée, abritent près de 200 fmilles, en majorité des nomades
Cela fait presque trois mois que celles-ci ont fui les violences à Kidal, Ménaka et Aguelhoc. Beaucoup d’entre elles se trouvaient dans les zones que l’aviation militaire malienne a bombardées, après les premières attaques menées par les combattants du Mouvement national pour la libération de l’Azawad. Elles comptent parmi elles de nombreuses victimes. «Nous étions en train de faire paître nos chèvres, lorsque les avions ont commencé à larguer des bombes. Nous ne savions pas quoi faire. Fallait-il sauver nos femmes et nos enfants qui étaient sous les tentes, ou faire évacuer nos troupeaux qui sont nos seules ressources ?
Nous avons vécu l’horreur. Mon voisin et cousin a perdu deux de ses enfants, et un autre nomade a vu sa femme se faire déchiqueter. Nous avons pris la décision de quitter les lieux, parce que les avions n’ont pas cessé de faire des allers-retours. Nous nous sommes rapprochés de la frontière algérienne avec comme bagages uniquement nos vêtements et quelques chèvres ayant échappé au massacre», raconte Mohamed Ag Issa. Il est père de six enfants, tous en bas âge. A moitié nus, quelques-uns accourent vers nous, dans l’espoir d’arracher un morceau de pain ou uniquement une bouteille d’eau.
Fièvre
«Nous manquons de tout. Nos enfants mangent rarement et se suffisent de quelques tasses de lait de chèvre que nous partageons avec nos voisins», souligne Akli qui a à sa charge une famille de douze membres, qu’il peine à nourrir. «Nous n’avons ni de quoi manger ni de l’argent pour traverser et acheter de la nourriture. La majorité des enfants sont atteints de maladies liées au manque d’hygiène. Affaiblis, leurs corps ne peuvent plus se défendre. Nous ne pouvons plus retourner chez nous de peur d’une éventuelle reprise des combats dans nos régions», lance Ahmed. Il nous emmène dans le camp qui fait face. Une maman tient un de ses enfants dans les bras et semble très préoccupée.
«Cela fait trois jours qu’il a de la fièvre et je n’ai pas de quoi le soigner ou l’emmener chez le médecin. C’est à peine si je peux trouver de quoi nourrir ses autres frères et sœurs», nous dit-elle d’une voix nouée. A peine 4 ans, son fils ne cesse de pleurer. Il transpire très fort. C’est le cas d’un autre enfant un peu plus âgé. «Il a dû manger quelque chose qu’il n’a pas supporté. Il a une forte diarrhée et des douleurs au ventre. Je lui ai donné quelques herbes, mais il ne s’est pas rétabli», précise son père. D’autres familles vivent dans les mêmes conditions de pauvreté extrême. Elles se bousculent pour venir nous parler, en pensant que nous faisions partie d’une mission humanitaire.
«Le monde nous a abandonnés à notre misère. Nous avons choisi d’être sur la bande frontalière, parce que nous ne voulons pas nous exiler en Algérie. Nous restons sur notre territoire en espérant que le monde nous prête un peu plus d’attention. Les grandes chaleurs arrivent et nous n’avons même pas de quoi soigner ou nourrir nos enfants», crie une femme, mère de cinq enfants. Elle exhibe les deux jambes de son fils et ses deux bras recouverts de boutons, dont plusieurs totalement infectés.
Une autre femme nous montre les yeux de sa petite-fille recouverts d’une substance jaunâtre.
«Cela fait deux jours qu’elle n’arrive pas à les ouvrir. Elle a très mal. Je lui ai mis du khôl. En vain. Sa sœur souffre de la même maladie et je crois que c’est elle qui l’a contaminée. Nous n’avons ni médecin
ni médicaments pour soigner nos enfants. Faites quelque chose pour eux. Ils ne méritent pas toutes ces souffrances. Nous aurions aimé retourner sur nos terres, mais la situation ne le permet pas pour l’instant», déclare-t-elle, avant qu’elle ne s’arrête pour nous montrer une file de poids lourds qui passe à toute vitesse. «Regardez, ces camions passent quotidiennement de nuit comme de jour, pour aller livrer la marchandise et le carburants aux trafiquants. La quantité laissée ici est vendue à des prix exorbitants, précise t-elle. Personne ne peut se permettre d’acheter même un kilogramme de riz.»
Salima Tlemçani
6 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
6-1Comaguer : GROS APPETITS POUR LE SAHEL
Tandis que les médias de masse nous abreuvent de détails sur l’ordre constitutionnel, l’islamisme, l’intangibilité des frontières, chaque « expert » (bien payé et pas neutre comme le démontre le documentaire sur « les nouveaux chiens de garde ») trouvant ainsi l’occasion d’étaler son savoir sur des questions qui, pour les puissants de ce monde, sont secondaires.
L’ordre constitutionnel n’est respectable que tout autant qu’il n’est pas dérangé par le résultat d’un référendum comme en 2005 en France , l’islamisme est ici encouragé ( guerre d’Afghanistan 1979-1989) là utilisé ( Yougoslavie) ou brandi à l’occasion comme un épouvantail alors que les relations les plus étroites sont entretenues avec les pays qui le financent ( Arabie saoudite, Qatar) .
Tout ce spectacle hypocrite sert à masquer d’autres enjeux.
La carte qui suit émane d’un club très officiel puisqu’il est une sorte de commission spécialisée de l’OCDE sur le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. Rien de plus respectable pour les pouvoirs capitalistes en place puisque l’OCDE est l’institution qui a succédé à l’OECE chargée dés les débuts de la guerre froide de la répartition des crédits Marshall c'est-à-dire de la mise sous contrôle économique par les Etats-Unis des pays de l’Ouest européen. Depuis l’OCDE s’est installée comme bureau de recherche et de planification de l’ordre capitaliste occidental dominant.
Qu’ait été créé au sein de l’OCDE un club SAHEL et AFRIQUE DE L’OUEST suffit à démontrer que cette région du monde est considérée par le capitalisme occidental comme une de ses arrière-cours et qu’il a dans cette zone des projets et des appétits qui ne s’embarrassent pas de la souveraineté des Etats de la région.
Que dit cette carte ?
1- D’abord sur la population
Que les touaregs sont majoritaires dans la zone Nord du Mali, ce qui est une évidence démographique de longue date et cette partie du territoire malien actuel est appelée AZAWAD, terme revendiqué par le MNLA.
Qu’ils ne sont pas majoritaires au Sud de la boucle du Niger. Là aussi simple rappel des faits.
Mais surtout elle montre que la zone à dominante touareg dépasse très largement le Mali, qu’elle s’étend jusqu’en Libye et qu’elle est donc déstabilisée par la disparition du régime libyen.
2 -Ensuite sur les ressources convoitées :
Le niveau actuel des cours de l’or et les inquiétudes des possédants sur la stabilité des monnaies des pays capitalistes riches a déchainé une ruée mondiale vers le métal jaune
L’accès à de nouvelles sources de pétrole et de gaz est une préoccupante stratégique des Etats-Unis comme de l’Union européenne et iles veulent mettre la main sur les nouveaux gisements avant l’Inde et la Chine. L’Afrique de l’Ouest est donc de ce point de vue le terrain de chasse prioritaire.
3 - Dernière indication de portée politique et stratégique considérable : « le gaz du bassin de Taoudéni pourrait être exporté via l’Algérie ». Là s’exprime la crainte que l’Algérie et sa société pétrolière nationale la SONATRACH qui a déjà commencé à prendre part aux côtés des sociétés occidentales (Total et ENI en particulier) aux recherches prometteuses en Mauritanie et au Mali devienne le maitre du jeu.
Pour l’empêcher rien de tel qu’un bon gros désordre « islamique » pour mettre le pouvoir algérien, le seul qui conserve encore un peu d’indépendance du Caire à Rabat, sur la défensive.
Mais une autre histoire est possible qui n’est évidemment pas celle que veulent écrire les puissances membres de l’OCDE : que sous la houlette de l’Algérie, qui aujourd’hui a seule les capacités militaires et techniques pour le faire, les pays de la région se mettent d’accord pour exploiter ensemble ces nouvelles ressources pétrolières, les utilisent pour leur propre développement et exportent le reste par un port à construire sur l’Atlantique en Mauritanie ou au Sénégal.
Un vrai projet Sud-Sud qui constituerait une véritable décolonisation du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
6-2 Odile Tobner: Le Mali dans l’œil du cyclone.
Après la Libye et la Côte d’Ivoire, passées sous contrôle occidental à la suite de guerres menées notamment par l’armée française, on subodorait que le Mali était le prochain sur la liste.
Cela n’a pas manqué : on assiste depuis janvier 2012 à la réactivation de la rébellion du mouvement national de libération de l’Azawad, mouvement sécessionniste revendiquant la partie saharienne du territoire malien.
Puissamment armé, le MNLA a lancé dans le nord-est du pays une offensive victorieuse contre l’armée malienne. Le 24 janvier, à Aguel Hok, les rebelles ont exécuté, dans des conditions atroces, 80 prisonniers de guerre. On peut voir dans ce massacre l’origine du putsch militaire qui a renversé, le 21 mars, le président Amadou Toumani Touré. Depuis février, en effet, des familles de militaires, mais aussi des jeunes, se rassemblent pour dénoncer l’impuissance du chef de l’État, voire sa complicité avec la rébellion, et ces manifestations, parties du camp militaire de Kati, ont gagné Bamako et Ségou.
Les déclarations faites le 26 février par Juppé à Bamako, où il a été accueilli par des manifestations hostiles, n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu. Celui-ci s’est dit convaincu qu’il n’y aurait pas de solution militaire à la crise au Nord-Mali, ajoutant : « Il faut donc prendre la voie du dialogue aussi inclusif que possible avec tous ceux qui doivent s’assoir autour de la table et le président Amadou Toumani Touré a confirmé que c’était son intention ». C’était méconnaître totalement la situation ainsi que l’état d’esprit de l’armée et de la population malienne. En pompier pyromane, le même Juppé n’a pas manqué, une fois Touré destitué par de jeunes officiers, de lancer de vertueux appels au retour de la légalité constitutionnelle, demandant à la junte militaire d’organiser des élections.
Pendant ce temps, les vastes étendues du nord sont livrées à divers mouvements groupusculaires, mais surarmés. Outre le MNLA, on a le MPA (Mouvement populaire de l’Azawad) salafiste devenu le mouvement fondamentaliste Ançar Edine, sans compter l’AQMI, qui, ensemble ou séparément, revendiquent de lutter, qui contre l’État malien, qui pour la Charia, contre l’Occident, etc. Les habitants des localités du nord, en butte à leurs attaques ou craignant les représailles, s’enfuient vers le sud ou les pays limitrophes. Une grande partie des 200 000 personnes qui ont ainsi fui les combats vivent désormais dans des conditions critiques sur le plan humanitaire. Le cortège habituel des calamités de guerre s’abat sur un pays qui a le malheur de se trouver pris entre les manœuvres d’une politique française à la gribouille et la convoitise que suscite, chez les grandes puissances, un territoire quasi vide et recelant d’immenses ressources minières encore inexploitées. Une telle situation est propice à la création d’un État-fantôme assujetti, dont on fera au minimum peser la menace sur le Mali s’il ne consent pas à s’aligner sur les mots d’ordre de « protecteurs » intéressés.
On observe en effet que ni la CEDEAO, communauté des États d’Afrique de l’Ouest, ni la France, ni les États-Unis, ni l’Union européenne, si empressés à exiger des putschistes le retour à la légalité républicaine, n’ont demandé aux mouvements séparatistes qui sèment le chaos au Sahara de cesser leurs violentes attaques contre l’État et les citoyens maliens. Il faut croire qu’un Mali rétif aux injonctions des puissances étrangères gêne plus les appétits impérialistes qu’une guerre civile frappant opportunément une région convoitée.
Source : Survie
6-3 Mountaga Fané Kantéka : LE MALI, VICTIME DU POISON DÉMOCRATIQUE.
Si l’impérialisme occidental voulait détruire les nouveaux États africains, il a en partie réussi son coup.
Grâce au poison très efficace qu’est la « démocratie ». Un concept aussi abstrait que flou qui, au lieu de favoriser l’égalité ou le mérite, n’a fait qu’accentuer la division et la corruption dans des sociétés déjà gangrénées par des clivages ethniques ou de castes. Pour m’en limiter au Mali, beaucoup de mes compatriotes s’accordent pour dire que la « démocratie » a carrément tué ce pays, en y consacrant la MORT DE TOUTE FORME D’AUTORITÉ, favorisant l’effritement du tissu social et brouillant les repères grâce auxquels fonctionnait cette société. Et surtout, en y instaurant une AUTRE FORME DE DICTATURE : celle du GAIN MAL ACQUIS.
On assiste à l’émergence d’un OSTENTATOIRE EGOÏSME, aussi féroce que destructeur. Si bien que le VÉRITABLE DANGER qui guette le Mali n’est pas la menace de partition brandie par les rebelles touaregs ou l’intégrisme brandi par les islamistes, mais celle d’une EXPLOSION SOCIALE pouvant prendre des formes variées, toutes aussi tragiques.
LES RAVAGES D’UNE DÉMOCRATIE COCA-COLA
Comme le rappelait NYERERE, la démocratie doit se faire conformément à l’histoire, à la culture et au niveau de développement d’un pays et ne peut se concevoir « comme une BOUTEILLE DE COCA-COLA que chacun est obligé de boire. » En fait de bouteille de coca-cola, il aurait dû parler de CIGÜE, ce poison que le philosophe grec Socrate fut condamné à boire pour succomber. C’est cela qui est arrivé au Mali, face aux diktats des institutions de Bretton Woods, faisant de la « démocratie », présentée comme la voie toute indiquée pour le « développement », une condition pour leur aide financière. Et depuis, ce pays a amorcé une pente dangereuse, au point que certains en arrivent à regretter le temps de la dictature militaire du Général Moussa Traoré qui, à l’époque, avait justement pressenti en cette démocratie imposée une « CAMISOLE DE FORCE » que le Mali n’était pas prêt à porter.
Le problème réside en réalité au niveau de la FORME que cette « démocratie » a prise chez nous. Au lieu d’une « démocratie sociale » qui aurait véritablement soulagé les populations, on s’est retrouvé parachuté, sans aucune préparation, dans l’une des PIRES FORMES DE GOUVERNANCE. Un succédané de « démocratie libérale » ou DÉMOCRATIE DE MARCHÉ s’inspirant du LIBÉRALISME SAUVAGE qui fait tant de ravage dans certains pays occidentaux, pourtant culturellement mieux aguerris que nous sur la question. Et le DOGME s’est très vite enraciné chez nous que c’est cela LA « DÉMOCRATIE », dans le meilleur des mondes. La panacée !
Mal inspirés ou opportunistes, nos intellos, naguère zélateurs du parti unique UDPM, ont tôt fait de tourner casaque, adoptant des procédures et des institutions (des coquilles vides) et des mœurs nouvelles pour faire avaler aux populations cette dangereuse mixture. Avec à la clé une FLORAISON DE PARTIS POLITIQUES en proie à l’ERRANCE IDÉOLOGIQUE, n’ayant comme seul objectif que la prise du pouvoir pour accéder aux richesses nationales. D’où des formations à base régionaliste, avec la rapide émergence d’une BOURGEOISIE COMPRADORE faite de nouveaux riches qui ont saigné le pays à blanc, notamment par le truchement des privatisations massives des entreprises publiques, l’attribution de marchés de gré à gré, la spéculation foncière, etc.. Le DÉTOURNEMENT DES RICHESSES NATIONALES se faisant avec la complicité de leurs PARTENAIRES OCCIDENTAUX, prêts à tout pour CAUTIONNER ces FORFAITURES à travers leurs médias, fermant les yeux sur les FRAUDES ÉLECTORALES MASSIVES. Ainsi, l’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT, ayant servi d’objet de chantage pour l’instauration de la « démocratie », retourne en partie dans les pays occidentaux, par le truchement de cette IMPOSTURE.
LES FILS À PAPA DE LA DEUXIÈME GÉNÉRATION
Après avoir été victime des gabegies de la première vague, le Mali ploie maintenant sous le poids d’une nouvelle génération de « démocrates » compradors, plus résolus que jamais à faire mieux que leurs pères dans le banditisme politique et l’enrichissement illicite, via le démantèlement du patrimoine national. Ayant grimpé l’échelle sociale avec le nom, le réseau et les ressources de leurs pères retraités, ils veulent en imposer aux autres, brandissant souvent des titres fictifs prétendument obtenus en Occident. Au fond, leur devise est la suivante : « J’ai préséance sur les autres, du fait de l’héritage politique de mon père. » Pour ne pas dire : « Mon mérite est que mon père a su mieux se prostituer que vos pères. » ou « Je sais mieux me vendre que vous ne pouvez le faire ».
Ils savent effectivement bien se vendre, puisqu’ils ont compris qu’il faut passer par des BLANCS et leurs réseaux pour s’imposer dans son propre pays. Pour cela, ils accepteraient volontiers de devenir FRANCS-MAÇONS ou autres sectaires, pourvu que cela les mène au sommet…
À suivre
Mountaga Fané Kantéka
Tél: 223 76 69 24 47
http://www.kanteka.blogspot.com/
30.04.2012
n°51 Dossier Syrie - Médias & Manipulation de l'opinion - 23-04 - lmm - « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses ».
Dossier deSyrie : Médias & Manipulation de l’opinion
n°51 29-04.
C.De broeder & M.Lemaire
Le "Dossier deSyrie :Médias & Manipulation de l’opinion " est visible :
a) sur nos blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com
d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
NB : Si vous vouleznous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.
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Sommaire :
3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 3-1 Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfe persique et au Moyen-Orient ! |
1 Dossier
1-1 Carolin Brühl : Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses ».
L’auteur Jürgen Todenhöfer se rend fréquemment en Syrie. Il y a aussi rencontré le dirigeant Assad. Todenhöfer plaide pour un point de vue neutre sur le conflit. Ancien député CDU au Bundestag, il visite la Syrie autant qu’il peut – parfois plusieurs fois par année. Il y a un mois, il a voyagé à travers le pays durant près de quatre semaines. Il a pu se déplacer librement. Todenhöfer était à Damas, mais aussi à Homs, Hama et Deraa, sur les lieux qui font la une des journaux depuis presque une année, en raison des affrontements sanglants entre les forces de sécurité du régime et les insurgés.
Welt Online : Monsieur Todenhöfer, il y a peu vous étiez en Syrie. Par qui avez-vous été invité, et dans quelle mesure étiez-vous libre de circuler ?
Jürgen Todenhöfer : Personne ne m’a invité.
Vous êtes donc simplement entré dans le pays comme touriste ? Est-ce possible ?
Oui, ça marche. Je me rends en Syrie depuis plus de dix an. J’ai écrit un livre sur la Syrie et l’Irak qui a aussi été traduit en arabe. Il commence par Hakaouati, le conteur de contes de la Mosquée des Omeyyades à Damas. J’y vais chaque année. La Syrie est le berceau de notre civilisation et Damas est une des plus belles villes du monde arabe. La tête de Saint Jean Baptiste est enterrée dans la Mosquée des Omeyyades et à Damas, Saül devint Saint Paul.
Mais est-ce que vous comprenez et parlez l’arabe ?
Pas un mot.
Comment parlez-vous alors avec les gens ?
La plupart du temps, je suis accompagné d’un ou de plusieurs traducteurs.
Qu’est-ce qui vous a incité à repartir juste maintenant en Syrie, en dépit de tous les avertissements ?
Lorsque durant dix ans on ne cesse de voyager dans ce pays, il n’y a aucune raison de ne pas y retourner juste maintenant. Cette fois, j’ai eu quelques difficultés au début. J’ai été arrêté à l’aéroport de Damas parce que les services secrets syriens avaient émis une interdiction d’entrée contre moi. J’avais écrit un article dans Die Zeit que bien des personnes considéraient comme trop critique en Syrie. Il fallut plus de deux heures jusqu’à ce que je puisse enfin entrer dans le pays. Plus tard, ça m’a été utile parce qu’un Allemand de Syrie avait assisté à la scène et il l’a racontée quelques jours plus tard à Assad. Sur quoi Assad m’a invité à un entretien.
Assad a annoncé un référendum populaire pour mars, concernant une nouvelle Constitution. A quel point peut-on prendre cette initiative au sérieux ? Assad dirige-t-il effectivement lui-même les destinées de son pays ?
Je crois qu’il est l’homme le plus puissant de son pays. Et que la crise l’a rendu plus fort.
Pourquoi ?
Une crise décide si on peut s’emparer des choses ou s’il vaut mieux les remettre à d’autres. Il me semble que depuis lors, Assad fixe clairement la direction de sa politique. Je crois que ce referendum populaire sur une constitution démocratique est son idée. Lorsqu’il est parvenu au pouvoir il y a dix ans, il a essayé de moderniser le pays. Cela lui a valu beaucoup de difficultés. A l’intérieur comme à l’extérieur. On sait qu’en Occident, on lui a reproché d’être impliqué dans l’assassinat de l’ancien président du conseil des ministres libanais Hariri. Aujourd’hui il s’est avéré qu’il n’en était rien. En tout cas, Assad n’a pas réussi dans ses efforts de transformer le pays comme il avait eu l’intention de le faire.
Qu’est-ce qui l’en a empêché ?
Il y a des forces conservatrices puissantes dans des pays comme le Maroc, l’Arabie saoudite ou la Syrie. Assad n’avait pas seulement le problème de Hariri, il dut aussi rapatrier les troupes syriennes du Liban. Tout cela a amené à une situation de politique intérieure dans laquelle il était difficile d’imposer des réformes essentielles contre les forces conservatrices. Assad m’a dit de vive voix qu’il considère la démocratie en Syrie comme « impérative ». Et qu’à cet égard l’élaboration d’une constitution démocratique devait jouer un grand rôle.
Veut-il aussi renoncer au primat de son parti Baath ?
Envers moi, il a souligné que tous les partis seraient autorisés. Le référendum populaire en mars est une décision révolutionnaire pour un pays autocratique comme la Syrie parce que ce faisant, Assad remet la décision sur l’avenir du pays dans les mains du peuple. Le peuple n’a pas seulement la possibilité d’accepter cette constitution, il peut aussi la refuser. Je ne connais pas beaucoup de souverains autocratiques qui oseraient risquer un pareil référendum populaire.
Cela veut-il dire que vous croyez à une volonté de changement d’Assad et que vous croyez que ça peut être un moyen réaliste pour le pays ?
Plus l’Occident lui tape dessus, plus ça devient difficile pour Assad. Un politicien marxiste de l’opposition, qui a fait 14 ans de prison sous le père d’Assad, m’a dit que le seul qui pouvait amener à l’amiable la Syrie à la démocratie, c’était Bachir al-Assad. Aussi parce que la majorité des Syriens continuaient de faire une grande différence entre Assad et le système.
Mais que doit alors faire l’Occident ? Soutenir Assad ? Négocier avec lui ? Les medias occidentaux sont sous la pression des images de la violence brutale qui proviennent du pays. Et il y a peu de reportages objectifs.
La situation en Syrie est très complexe. En dépit du fait que de manière inattendue ce ne sont pas que les adversaires, mais aussi les partisans d’Assad qui revendiquent bruyamment la démocratie. Entre-temps, la démocratie est largement indéniable en Syrie. J’ai assisté à des manifestations à Damas auxquelles participaient entre un et deux millions de personnes.
Les gens criaient en chœur : « Assad, démocratie », et « Assad, liberté ». Les révoltés syriens veulent évidemment aussi la démocratie, cependant sans Assad. Il y a donc des manifestations pacifiques pour et contre Assad, mais toujours pour la démocratie. Toutefois, il y a des unités armées des deux côtés qui se livrent à des confrontations militaires sans merci. Ce qui provoque toujours des morts civiles. C’est totalement inacceptable et est à juste titre durement critiqué.
Toutefois, des leaders politiques de l’opposition syrienne m’ont dit que la guérilla de l’opposition tuait des civils et « réglait des comptes ». A Homs, je me trouvais dans la maison d’un partisan déclaré de Assad. On a tiré dans la chambre de sa fille de trois ans depuis une tour d’en face. J’ai vu les points d’impacts. Le jour après ma visite, il reçut une menace de mort et dut quitter sa maison. A Homs, j’ai moi-même été pris sous un lourd feu croisé lorsque la guérilla tira sur deux policiers.
Ce sont des affrontements comparables à une guerre civile. En Occident, on ne nous parle que des méfaits que commettent les forces de sécurité de l’Etat. Mais on occulte les méfaits de l’autre côté. Les reportages internationaux sont extrêmement unilatéraux.
Mais pourquoi Assad n’admet-il pas des journalistes dans son pays qui pourraient dessiner une image plus objective ?
C’est une grossière erreur du gouvernement. Je n’ai jamais ressenti aussi fortement la valeur d’un journalisme libre qu’en Syrie. En Syrie, l’opposition détient actuellement un monopole de l’information qu’elle exerce sans pitié via al-Jazira et al-Arabia. A Homs par exemple, il y a quatre stations satellite auxquelles chaque photographe muni d’un portable peut transmettre ses prises de vue dans la seconde. Aussi, on en profite, ce qui est bien compréhensible.
Qu’en est-il de l’accès libre à l’Internet ?
En matière d’Internet, la Syrie est un des pays les plus développés du monde arabe. C’est d’ailleurs Assad qui a instauré cela personnellement. Si vous allez dans un restaurant, vous avez toujours gratuitement un accès wireless et vous pouvez recevoir vos courriels. Il y a quelques semaines, la presse mondiale affirma que désormais les iPhones étaient interdits en Syrie. J’ai alors appelé Damas et interrogé mon interlocuteur à ce sujet. Il a ri : « Vous m’appelez pourtant précisément sur mon iPhone. » La moitié des informations concernant la Syrie sont fausses.
Connaissez-vous d’autres exemples ?
Durant mon séjour à Damas, la presse mondiale rapporta que le quartier général du parti bath avait été attaqué et fortement endommagé. Qu’il y avait eu un mort. Ça m’a fortement impressionné. Jusque là, Damas avait été une ville sûre dans laquelle il y avait même encore quelques touristes.
Le lendemain, je me suis rendu en voiture vers ce bâtiment. Deux aimables policiers se tenaient devant le bâtiment intact. Lorsque je leur demandai où se trouvaient les lourds dégâts, ils m’ont montré deux vitres enfoncées dans le hall d’entrée, dans lequel quelqu’un avait jeté un pétard. Lors de ma visite à Homs, j’ai vu que les étals du marché étaient couverts de victuailles et de légumes. Moi aussi j’y ai fait mes emplettes. Quelques jours plus tard, j’ai lu dans la presse mondiale : « Catastrophe humanitaire à Homs ».
Peu après je suis retourné une deuxième fois en ville et j’y ai rencontré des rebelles. Je rencontre toujours les deux côtés. Je les ai interrogés sur la « catastrophe humanitaire ». Ils ont avoué en riant : « C’est nous qui avons lancé ça ». Ils étaient tout fiers. Peu de temps après, un autobus transportant de jeunes Alaouites a été arrêté à Homs par des motos. Ces jeunes gens ont été exécutés à quelques mètres de distance par les attaquants en moto.
Un seul a survécu. Il raconta que les auteurs étaient des rebelles armés. L’attaque était un signal pour Assad qui est aussi alaouite. Le soir par contre, al-Jazira prétendit dans les informations que Assad avaient à nouveau fait tuer des jeunes gens innocents à Homs. Les reportages de Syrie me rappellent de façon inquiétante les reportages avant le début de la guerre d’Irak. Les reportages de la télévision d’Etat syrienne ne sont toutefois pas meilleurs.
Mais qui soutient alors les rebelles ? Sont-ce les pays voisins mal intentionnés tels que l’Arabie saoudite ou le Qatar, qui s’étaient déjà engagés en Libye ? S’agit-il aussi d’un conflit islamique intérieur ?
J’ai passé quatre semaines dans le pays. Je sais quand-même qu’il y a bien des choses que je n’ai pas vues. Mais j’ai vu que ce soulèvement n’est pas toujours pacifique. Il y a des forces à l’étranger qui fournissent des armes lourdes à la partie violente de l’insurrection. La piste la plus sérieuse mène au Qatar. Le Qatar était aussi le grand fournisseur d’armes en Libye. Les Américains n’interviennent pas directement, la résistance armée passe par des Etats arabes voisins, avant tout par le Qatar et l’Arabie saoudite. Al-Jazira est également originaire du Qatar.
Il s’agit donc d’une espèce de guerre par suppléants ?
Je ne le sais pas. Je ne suis pas non plus partisan des théories de complots. Mais à l’arrière-plan se profile la tentative des Etats-Unis de créer un « Greater Middle East » dans lequel il n’y aurait plus que des Etats proaméricains dans la ligne. Les USA considèrent toute la région comme leur chasse gardée. Kissinger est l’auteur de la phrase : « Le pétrole est beaucoup trop précieux pour être abandonné aux Arabes ».
Les Américains ont raté la révolution en Tunisie et en Egypte. Mais ensuite ils ont pris la décision de participer dans leur sens aux bouleversements du monde arabe. J’éprouve une grande sympathie pour l’Amérique démocratique, mais au Proche-Orient, la démocratie importe peu aux Etats-Unis. Sinon ils devraient aussi appuyer les manifestations en Arabie saoudite, au Qatar et à Bahreïn, mais là, ils soutiennent des gouvernements dictatoriaux.
Comment cela va-t-il continuer en Syrie à votre point de vue ?
En Syrie il y aura une démocratie comme dans l’ensemble du monde arabe. Le recours à la violence contre des manifestations pacifiques prônant celle-ci est inacceptable. Mais lorsque j’ai demandé à Assad pourquoi on ne pourrait pas – au moins durant un laps de temps limité – renoncer à la violence contre les rebelles armés, il m’a demandé si je pouvais lui citer un pays occidental qui accepterait que tous les jours vingt à trente de ses soldats soient tués.
Il m’a demandé : Est-ce que Madame Merkel accepterait cela ? Je n’ai pas su que répondre. Je lui ai dit qu’il devait néanmoins engager un dialogue, même avec les forces extrémistes. Qu’il n’y avait qu’un dialogue qui pouvait amener un cessez-le-feu. Qu’il devait prendre la tête du mouvement démocratique pour aboutir à la paix et à la démocratie.
Qu’a-t-il répondu ?
Il a dit que ce qui importait le plus, c’était d’élaborer une Constitution démocratique, et que le peuple devait pouvoir se prononcer à ce sujet. […].
Jürgen Todenhöfer a fait des études de droit aux universités de Munich, Paris, Bonn et Freiburg. Il a fait son doctorat à Freiburg. En 1972, il a été élu au Bundestag allemand en tant que candidat direct de la CDU. Il y a exercé le mandat de député et de porte-parole de politique du développement du groupe CDU/CSU jusqu’en 1990. Déjà avant cela, en 1987, il est entré au Groupe Hubert Burda Media, où il est parvenu à la vice-présidence de la direction.
Ces dix dernières années, Jürgen Todenhöfer s’est constamment exprimé de façon critique sur les guerres en Afghanistan et en Irak. Il y publié une série de livres traitant de ces deux guerres. En 2003, il a écrit « Wer weint schon um Abdul und Tanaya ? Die Irrtümer des Kreuzzugs gegen den Terror » (ISBN 3-451-05420-5) (Qui va pleurer Abdul et Tanaya ? Les erreurs de la croisade contre le terrorisme). C’est un livre qui décrit clairement, par l’exemple d’enfants afghans, l’absurdité de la « guerre contre le terrorisme ». Dans le livre « Andy und Marwa. Zwei Kinder und der Krieg » (2005, ISBN 3-570-00859- 2) (Andy et Marwa, deux enfants et la guerre), Todenhöfer décrit deux destins de la guerre d’Irak, celui d’une fille irakienne et d’un jeune soldat américain. Dans « Warum tötest du, Zaid ? » (Pourquoi tues-tu, Zaïd ?) (2008, ISBN 978-3-570-01022-8), Todenhöfer analyse par beaucoup d’entretiens sur place les raisons de la résistance contre l’occupation US en Irak. Son dernier livre jusqu’ici, « Teile dein Glück… und du veränderst die Welt ! – Fundstücke einer abenteuerlichen Reise » (2010, ISBN 978-3-570-10069-1) (Partage ton bonheur... et tu changes le monde ! – trouvailles d’un voyage aventureux) est un livre traitant de questions éthiques centrales.
Pour plus d’informations sur Jürgen Todenhöfer, consultez son site Internet
www.juergentodenhoefer.de
http://michelcollon.info/Todenhofer-La-moitie-des.html
2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.
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2-1 Collectif pour la Syrie : CRISE EN SYRIE : Lettre ouverte aux Médias, aux Elus et aux Candidats à la Présidence de la République Française. |
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Mesdames et Messieurs, Nous sommes des citoyens majoritairement syriens, français et/ou franco-syriens de culture, de religion, de profession et de sensibilités multiples. Le collectif qui nous unit a pour objectif de rassembler nos forces et convictions pour la défense de la Syrie et de son peuple, de son histoire, et de sa générosité, tout en conservant l'amour que nous portons pour la France, sa grandeur, et les valeurs que cette patrie - d'adoption pour un grand nombre de signataires - porte en elle en termes d'humanisme, d'universalisme, de liberté, et de démocratie. Pas un jour ne passe sans informations sur la Syrie. Mais quelles informations ? Les médias internationaux "mainstream" font-ils réellement leur travail en ne livrant qu’une seule version des événements alimentée par « l’observatoire syrien des droits de l’homme, (OSDH) » géré par un seul homme qui compile à l’étranger des vidéos qui lui seraient adressées de Syrie. Ces informations de l’OSDH sont couplées avec les annonces de l’opposition syrienne en exil, les déclarations de la Ligue Arabe et sont reprises sans aucune vérification par les Chancelleries Occidentales. Traitement univoque et toujours émotionnel de l’information qui a trouvé son épiphénomène avec le drame de Homs, en ignorant toute considération géopolitique pourtant très éclairante. Des membres de la coordination du Collectif ont effectué plusieurs séjours en Syrie : - du 17 au 24 janvier 2011, - du 8 au 15 mars 2011, - du 1er au 4 avril 2011, - du 23 avril au 7 mai 2011, - du 12 au 19 mai 2011, - du 10 au 17 juillet 2011, - du 20 au 27 septembre 2011, - du 29 octobre au 8 novembre 2011, - du 15 au 22 novembre 2011, - du 21 au 28 décembre 2011, - du 14 janvier au 4 février 2012, - du 18 au 28 février 2012. Ils reviennent après s’être entretenus avec de très nombreux interlocuteurs de toutes tendances et après avoir effectué plusieurs déplacements dans le pays. Nous sommes toujours frappés par le grand écart entre la réalité sur le terrain en Syrie et la version officielle et/ou gouvernementale transmise en France de façon monolithique. La situation est d’une extrême gravité mais ne justifie pas une couverture des événements décalée par rapport à la réalité de ceux-ci. Soucieux de la paix et de la stabilité dans cette région du monde, nous avons également pleinement conscience de la vocation de la France dans cette région, plus particulièrement avec la Syrie où elle se doit de maintenir sa place. Le problème majeur auquel nous sommes confrontés est l’attitude autistique des médias en France qui ne diffusent qu'un seul point de vue, quotidiennement, avec acharnement, sans mesure, sans nuance. La question de la finalité de ce type d’information se pose. Il n'est pas concevable de diffuser la même version des faits non vérifiable, commentée souvent par de faux spécialistes et documentée par de fausses images. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Une des questions qui s’impose est donc celle de la désinformation. Comment expliquer une telle différence entre la réalité du terrain et les propos tenus dans nos journaux et sur nos petits écrans, qui donnent de la Syrie l’image d’un pays à feu et à sang, où la répression aurait fait plus de huit mille morts (un nombre de plus en plus souvent avancé sans emploi du mode conditionnel) ? Pour l’essentiel, une réponse : l’OSDH ; l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (ou, plus exactement, « les » OSDH), la source quasiment unique des médias occidentaux, presque systématiquement mentionnée dans tous les articles de journaux et reportages télévisés. En juillet 2011 déjà, nous avons été frappé par la distorsion qui existait entre le terrain et « l’information », et ce plus encore à l’occasion d’une expérience très précise, à Hama. Le vendredi 15 juillet, nous avons assisté à une manifestation qui avait rassemblé entre 3.000 et 10.000 personnes. Le soir même, l’AFP, suivie des bulletins de France 24, d’Euronews et du journal Le Monde, avait annoncé 500.000 manifestants et la fin prochaine du régime ! Il convenait de s’interroger sur l’origine de « l’information » : l’OSHD… La ville de Hama, qui plus est, ne compte pas même 400.000 habitants, ce qu’aucune rédaction n’a vérifié. L’étiquette « droits-de-l’homme» de cette organisation semble ainsi avoir inspiré une totale confiance. Pourtant, à plusieurs reprises, les dépêches de l’OSDH se sont révélées contenir des « fakes ». Autre cas très concret : le 20 novembre, toute la presse a annoncé une attaque de roquettes contre le siège du parti Baath à Damas. Un de nos contacts à Damas nous a informé de ce que le bâtiment était intact. Nous l’avons vérifié. Deux coups de fil ont été suffisants pour vérifier l’information et publier une photographie du siège du Baath, avec, en avant-plan, la une d’un grand quotidien du lendemain de la prétendue attaque. Autre exemple vécu : le 27 décembre, nous étions à Damas lorsque l’on a annoncé une fusillade à l’université. Nous nous sommes immédiatement rendus sur place, puis à l’hôpital où les blessés étaient transportés. Nous avons rencontré des étudiants, ainsi que la mère et la tante d’un des blessés : un opposant au gouvernement, un étudiant, était entré dans une salle d’examen et avait tiré, en choisissant ses cibles, tous membres d’organisations étudiantes. Dans l’heure, l’OSDH a affirmé que plusieurs tireurs pro-régime avaient ouvert le feu, tuant et blessant des étudiants qui manifestaient contre le gouvernement… Une « information » immédiatement reprise par l’ensemble des sites de presse occidentaux. Il convenait dès lors de mener une enquête de fond, dans le but d’identifier avec précision l’OSDH, organisation basée à Londres qui, selon plusieurs sources interrogées en Syrie en juillet déjà, dans les milieux de l’opposition, comprendrait notoirement des membres des Frères musulmans. Il n’a pas été bien difficile de rencontrer les membres de cette organisation, à l’origine de laquelle on trouve un certain Rami Abdel Rahmane, syrien émigré à Londres, propriétaire d’un commerce de prêt-à-porter. Depuis le début de la crise syrienne, cet opposant au régime baathiste a créé un site sous le label rassurant d’observatoire des droits de l’homme, adressant aux agences de presse des dépêches dénonçant les exactions du gouvernement syrien et des bulletins nécrologiques chiffrés, informés quotidiennement, selon lui, par un réseau de plusieurs centaines d’observateurs présents en Syrie. Il doit y avoir d'autres points de vue dans le cadre d'un débat contradictoire. La France, notre patrie d'adoption pour certains, est la mère universelle de l’avènement de la démocratie et respectée pour cela. Comment concevoir que dans ce pays de liberté, il ne puisse y avoir pour des événements aussi graves aucun débat, aucun discours déviant de quelques mots de la ligne officielle, aucune voix portant une information autre ? Cela nous concerne, mais concerne également la France qui a su se faire respecter en 2003 face au monde occidental en disant simplement « non » à la guerre en Irak. Pour envahir l’Irak, les dirigeants des États Unis se sont ouvertement servis de l’opposition « extérieure » après avoir commis la plus grande escroquerie du siècle concernant les « armes de destructions massives ». Avant même le retrait de leur armée, ils reconnurent que ce choix fut à l’origine de nombreuses erreurs d’appréciation qui, sur le terrain, coûtèrent des pertes immenses humaines et autres. Aujourd’hui, il ne reste pour les U.S.A. que le prix exorbitant d’une guerre qui n’était censée durer que quelques mois. Mais pour les Irakiens leur pays est désormais dévasté, ravagé, détruit et la population est en butte à des conflits religieux incessants. Qui n’a pas conscience aujourd’hui d’avoir été manipulé par des informations relayées ad nauseam par l’ensemble des médias occidentaux ? Il ne semble pas que cet échec ait servi ni à l’OTAN ni à ses alliés. Non seulement le même procédé est utilisé pour tenter d’imposer le Conseil d’Istanbul dit Conseil National Syrien, de Tunisie, ou de l’Union Européenne [le CNS] en tant que représentant légal du peuple syrien qui le rejette ; mais on ose s’adresser aux chrétiens du Proche-Orient en tant que protecteur. En effet, dans une tribune intitulée « Les chrétiens d’Orient et les printemps arabes » http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/spip.php?page=article_imprim&id_article=98696, Monsieur Juppé appelle les chrétiens de Syrie à « participer » à sa propre vision de la Syrie future et leur assure qu’il a beaucoup insisté sur la question du respect des « minorités » auprès du CNS « qui a vocation à rassembler l’opposition syrienne » ! Il ignore que, malgré les attaques terroristes, le peuple syrien vient d’adopter une Constitution qui démontre, entre autres, qu’une solution politique est possible… CNS ou pas ! Dans une interview télévisée sur la chaîne ANB http://www.youtube.com/watch?v=46OThtTtZHw&feature=share, Monsieur Michel Samaha, homme politique libanais et ancien ministre de l’information, répond à cette sollicitude et à la notion de « minorités »… si inattendue de la part d’un ministre d’État Français où la laïcité fait loi « Non… Alain Juppé ne défend pas les minorités lorsqu’il écrit : Les chrétiens d’Orient sont inquiets. Inquiets pour la pérennité de leur présence dans une région qui est leur région depuis 2000 ans. Inquiets pour le respect de leurs droits dans un contexte de bouleversements majeurs. Inquiets face à la montée des tensions liées au confessionnalisme. Je veux leur dire que j’entends, que je comprends leurs craintes. Je voudrais rappeler que Juppé n’est pas De Gaulle pour se permettre de déclarer un « Je vous ai compris » équivalent à celui adressé autrefois aux Algériens réclamant leurs droits nationaux… Il n’est pas De Gaulle et il ne s’adresse pas aux Algériens… Je dis qu’il a fait alliance et a fabriqué des révolutions désormais livrées aux Takfiristes… Je lui dis qu’il est responsable de la mise en pièces, aujourd’hui même, des croix tombales du cimetière chrétien en Libye…http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/video-libye-un-cimetiere-militaire-britannique-profane-par-des-miliciens_1090178.html Monsieur Juppé, vous en êtes responsable au même titre que l’État que vous représentez ; puisqu’avec Bernard Henri-Levy, vous avez revendiqué avoir fabriqué et réussi la révolution libyenne. Est-ce là le modèle que vous nous proposez ? Nous refusons vos propos, comme nous refusons que vous nous qualifiiez de minorités, alors que vous considérez les musulmans français comme des citoyens à part entière appartenant à une communauté particulière. Nous ne sommes pas des minorités dans nos patries respectives… Nous sommes des citoyens en pleine possession de notre citoyenneté, mais nous sommes chrétiens et nous nous soumettons à Dieu à travers l’Évangile, tout comme le musulman se soumet à Dieu à travers le Coran… Cette coexistence nous convient depuis toujours… nous la vivons bien, et notre culture commune en est l’expression…». Certains hauts dignitaires européens n’hésitent pas à proposer de traiter la situation en Syrie avec des méthodes identiques à celles utilisées en Libye. Des dizaines de milliers de civils ont été massacrés, des dizaines d’usines et de sites économiques ont été détruits par des frappes aériennes, et maintenant la Libye est en plus divisée. Ce qui se passe entre Tripoli et Benghazi est un cauchemar politique : plus aucune autorité ne règne sur le pays, les milices s'entre-déchirent et le spectre de la partition menace l'unité nationale. A l'heure où les opposants syriens songent à militariser leur lutte, le chaos alarmant qui règne en Libye a de quoi faire réfléchir :http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-echo-de-la-libye-retentit-en-syrie_1093039.html . L'opposition reconnue par la France est autoproclamée et ne représente aucunement les syriens. Elle est composée de personnes qui ne vivent plus en Syrie depuis de nombreuses années et n’en connaissent que ce qu’ils en ont retenu lorsqu’ils ont quitté leur pays. Pas un syrien ne connaît M. Ghalioun ! Nous sommes loin de l’histoire de Monsieur Mandela ou de Monsieur Vaclav Havel. Il est très difficile de définir aujourd'hui l'opposition syrienne qui est composée de coalitions hétéroclites dans lesquelles se trouvent des intellectuels, des jeunes de la classe moyenne, des exclus du système informel, des membres de courants libéraux, une opposition conservatrice, voire islamiste. Mais cette opposition existe et se situe en Syrie – tous ceux qui la représentent vivent dans leur pays. Les premières manifestations n’ont pas été perçues par le pouvoir syrien pour ce qu’elles étaient, à savoir une recherche d’ouverture politique, de liberté et de lutte contre la corruption. Ce manque de vision a amené des éléments extérieurs à utiliser les premiers mouvements non pas pour aider les manifestants, mais pour déstabiliser la Syrie avec des groupes armés extrémistes, salafistes et jihadistes financés de l’étranger. Exemple : Le Premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem al-Thani, s'est dit aujourd'hui favorable à des livraisons d'armes à l'opposition syrienne en lutte contre le régime du président Bachar al-Assad http://plus.lefigaro.fr/article/syrie-le-qatar-veut-armer-lopposition-20120227-772956/commentaires?page=2. Déjà très impliqué dans le renversement du gouvernement de Libye, où, suite à un accord bilatéral avec la France, il a armé plusieurs mouvements islamistes, le Qatar utilise désormais son bras médiatique, Al-Jazeera, pour soutenir la contestation en Syrie. Les rumeurs, les messages anonymes sur Internet et les rapports émis par la TV satellite dans l’intention d’exacerber les divergences sectaires font partie de la campagne de déstabilisation. La France, y participe malheureusement d’une part à travers les médias et d’autre part par un soutien logistique. Le canard enchaîné, dans son édition du 23 novembre 2011 : «des officiers de la DGSE, le service de contre-espionnage français, ont été envoyés au nord du Liban et en Turquie avec pour mission d’instruire et de structurer les « contingents » de l’Armée Syrienne Libre, censée regrouper des « milliers » de « déserteurs » syriens». D’autre part, le chef d’Al-Qaïda Ayman Al-Zawahiri a manifesté son soutien à la contestation en Syrie, le 12/2/2012, dans un enregistrement vidéo où «il demande aux musulmans de Turquie, de Jordanie et du Liban de soutenir la rébellion et de renverser le régime actuel, qu’il qualifie d’anti-islamiste». Selon la télévision russe, le 16 février 2012, le chef du renseignement américain James Clapper «reconnaît devant la commission des armées du sénat lors d’une audition, le soutien d’Al-Qaïda à l’opposition syrienne». Quelle coïncidence !!!! La France qui a payé un lourd tribu, 82 soldats tués depuis 2001 en Afghanistan pour combattre les terroristes islamistes d’Al-Qaida, se retrouve dans le même camp que ces derniers contre la Syrie laïque !!! De pacifiques, les manifestations sont devenues armées, visant à atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec des réformes politiques et sociales. Les forces de sécurité ont commis plusieurs erreurs injustifiables dans le traitement de ces manifestations. L’utilisation de ces erreurs par des éléments extérieurs a eu pour conséquence que des milliers de civils et des soldats ont été tués. Des gangs armés se sont constitués, attaquant des propriétés publiques et privées, et mettant en place des barricades dans certaines villes où ils ont pris le dessus. Dans les tous derniers mois, ces bandes armées se sont chargées de mettre sur pied des sites armés dans les régions frontalières entre la Syrie, la Turquie, le Liban, la Jordanie et l’Irak pour s’assurer une continuité dans le ravitaillement en armes et en équipements divers. Dans le même temps, certains événements ont été exagérés. Des faits ont été falsifiés ; «comme la mort de l’enfant Sary Saoud attribuée à l’armée syrienne alors que la mère le contestait et indiquait que si l’armée avait été présente cela ne se serait pas passé. Les équipements dernier cri électroniques et médiatiques ont été utilisés afin de faire passer l’armée syrienne comme étant complètement responsable de ces actes, et de déresponsabiliser totalement les bandes armées». Parallèlement sur le plan politique, la seule voie ouverte par les occidentaux est le dit Conseil National Syrien. Imposer comme préalable à toute discussion le retrait du régime en place s’assimile à un coup d’état, car en réalité, c’est le «CNS» qui s’imposera de fait. En vertu de quoi ce parti serait-il représentatif des vœux des syriens ? A-t-il été désigné suite à des élections libres ? A-t-il œuvré en Syrie pour faire connaître ses programmes ? Ses membres sont-ils tous syriens résidents ? Ce n’est pas un coup d’état que demandent les syriens, mais l’ouverture d’une voie réellement démocratique. La mise en place du CNS en remplacement du régime actuel consiste en fait à imposer aux syriens la décision arabo-occidentale dans un but qu’il serait bon d’éclaircir. N’êtes-vous pas surpris que, subitement des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite se préoccupent de la mise en place d’une démocratie chez un pays « frère » alors qu’elle n’existe pas chez eux ? N’êtes-vous pas surpris que la Ligue Arabe, silencieuse lors de l’invasion de l’Irak, de l’Afghanistan, de la guerre faite par Israël au Liban, devant les difficultés auxquelles doivent faire face les palestiniens, se mobilise aujourd’hui avec force démonstrations, reprises par les médias quotidiennement contre le régime syrien, avec virulence, intransigeance et vote à tout va toutes les sanctions économiques possibles et imaginables ? N’êtes-vous pas surpris que pas un mot ne soit prononcé par les médias concernant le Bahreïn, l’Arabie Saoudite ou le Kuwait ? Depuis quand ces pays se préoccupent-ils de la démocratie ? Enfin quel pays accepterait que des éléments armés tentent de faire la loi chez lui et reste « l’arme au pied » sans se défendre ? La démocratie ne s’impose pas, elle s’obtient par les peuples concernés. Aujourd’hui c’est la guerre civile, demain ce peut-être une déflagration dans tout le Moyen-Orient. Nous ne croyons pas à la bonne volonté missionnaire, gratuite et altruiste des Chancelleries Occidentales ni à celle de la Ligue Arabe. Pressé par les événements, le gouvernement syrien a adopté plusieurs réformes dont la fin du monopole du pouvoir exercé par le parti Baath et le vote d’une nouvelle constitution visant (en dépit de nos réserves quant à certains articles) à l’établissement d’une société pluraliste et démocratique, garantissant les libertés publiques et privées, aidant au développement de la liberté d’expression et à la reconnaissance du droit de l’opposition à une activité politique pacifique. De vastes secteurs de l’opposition nationale pacifique ont accueilli positivement ces mesures. «L’opposition se compose d’un large spectre de partis très divers majoritairement patriotiques, s’opposant à l’ingérence étrangère et aux bandes armées. De plus, il faut compter avec les Frères musulmans qui peuvent être considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l’étranger». Il y a également plusieurs groupes traditionalistes avec différentes orientations, dont l’influence devient clairement visible dans des rassemblements et manifestations dans différentes régions. Ces groupes ne cachent pas leurs objectifs qui sont typiquement réactionnaires et sectaires. Tandis que l’opposition fondamentaliste et armée s’en tient toujours au slogan du renversement du régime, attisant les tensions communautaires. Dire ceci n’est pas « soutenir le régime », contrairement à une pensée qui s’assimile à du terrorisme intellectuel. Il est possible de revendiquer un Etat de droit sans pour autant cautionner des interventions étrangères, dont l’histoire montre régulièrement qu’elles ne sont jamais dénuées d’arrière-pensées. Il faut donc agir pour que cesse l’armement des groupes étrangers dont l’existence hier contestée ne fait plus aucun doute aujourd’hui. Il faut accepter l’idée d’un cessez-le-feu entre les groupes armés et l’armée syrienne qui ne peut que se défendre tant que les attaques persistent. Il faut cesser de tuer ses habitants, et de ruiner le pays sur le plan économique. Il faut donner la parole aux partis d’oppositions créés, développés et agissant EN Syrie et non de l’extérieur, et pour ce faire, accepter de les recevoir en France, de leur donner une audience à tout le moins égale à celle donnée au CNS. Il faut utiliser les élections législatives prévues pour favoriser un débat réel, ouvert et actif et ce, pourquoi pas, sous le contrôle d’une commission neutre composée de représentants de pays a priori non concernés tels, par exemple, la Suède, la Suisse l’Inde ou le Japon. Il faut que les élections législatives (mai 2012) se déroulent sous le contrôle d’une même commission, que le dépouillement des votes soit effectué sous le même contrôle. Les syriens peuvent choisir agir et décider. Le tragique de la situation actuelle ne justifie pas qu’elle persiste. Si des comptes doivent être réglés, ils le seront une fois qu’aura cessé cet état de guerre et qu’un pouvoir légitime sera mis en place. Si ces mesures étaient mises en œuvre, elles pourraient être un pas important, dans la transition de la Syrie vers une société démocratique et pluraliste. Jusqu’à présent, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne (et l’Europe) mènent la campagne internationale visant à imposer de plus en plus de sanctions contre la Syrie. Jour après jour, la situation économique se détériore, la pression sur les conditions de vie du peuple syrien s’intensifie. Tenter de présenter le problème comme s’il s’agissait d’une lutte communautaire ou religieuse serait une falsification flagrante des faits. La Syrie a maintenu la liberté religieuse pour tous, tout en n’autorisant aucun groupement religieux à dominer l’État ou à être promu par ce dernier. Dix mille ans d’histoire. Berceau de la civilisation. Premier alphabet. Terre des religions monothéistes. Symbole du vivre ensemble. La Syrie est menacée aujourd’hui d’implosion. La situation est critique et nous ne sommes malheureusement pas encore au bout du chaos qui s’annonce, avec les plus vives inquiétudes qui sont celles de tout un peuple aujourd’hui, meurtri par des débordements qui le dépassent. Ce qui se passe en Syrie fait partie d'une contestation qui dépasse le simple cadre du pays. Certes, nombre de revendications sont justes et légitimes, mais il est des tentatives, de l’intérieur comme de l’extérieur, visant la déstabilisation de la Syrie. Le maintien de la répression et de la situation insurrectionnelle serait au profit d’un désordre sans précèdent qui affecterait tous les pays de la région sans exception. N’oublions pas l'inquiétante dimension interconfessionnelle. La Syrie court des dangers immenses de confrontation communautaire qui n’épargneront aucun état du Proche- Orient. La laïcité est en danger ainsi que la paix, la stabilité régionale et le dialogue euro-méditerranéen. Des solutions de réformes en Syrie et d’apaisement local et régional existent et méritent d’être entendues pour SAUVER non seulement la SYRIE, mais tout le Proche-Orient. La solution ne peut être que politique. Les syriens dans leur majorité écrasante refuseront toute ingérence étrangère. La France pourrait aider à montrer les voies pour une vraie réforme. Elle pourrait également encourager un dialogue serein entre les diverses composantes. Aussi, nous réclamons le droit de réponse afin d’apporter un autre éclairage, notre témoignage ainsi que notre vision concernant ce qui se passe en Syrie. Nous tenons à vous présenter une brève analyse des événements successifs qui se sont déroulés en Syrie, afin de mettre en lumière certains faits, d’une part, et d’autre part, tordre le cou à certaines contre-vérités montées de toute pièce et médiatisées. Pour finir nous n’oublions pas le bien que peuvent apporter les médias dans la mise à jour de scandales, mais également le mal qui peut être fait dans une utilisation non journalistique de ce moyen de communication. Rappelons-nous entre autre de Timisoara en Roumanie et les « armes de destructions massives » en Irak. Dans l’attente, recevez, Mesdames et Messieurs, l’expression de notre parfaite considération. Philippe MORRON pmorron@free.fr Iyad HALLAJ iyad.hallaj@noos.fr Bassam TAHAN pierhan@yahoo.fr Père Michel LELONG 54 rue de Rome- 75008 Paris/ France. Mobile: +33 (0) 608571835 karim SAYEGH ksayegh06@gmail.com http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=COL20120402&articleId=30101 |
3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
3-1 Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfe persique et au Moyen-Orient !
Article du Tudeh, (parti communiste iranien,) publié dans l’organe central du Tudeh « Nameh Mardom »
Les événements de ces dernières semaines, telles les nouvelles portant sur les troubles en Syrie et le programme « nucléaire » de la République islamique Iranienne sont des signes de tensions sans précédent dans la région et d’un risque de déclenchement d’une guerre désastreuse et meurtrière qui pourrait facilement s’étendre et prendre des dimensions mondiales.
Les menaces explicites des décideurs américains, britanniques et français sur la nécessité de renforcer les actions contre l’Iran et la Syrie sont à l’origine d’une situation dangereuse dans la région et particulièrement pour ce qui est de notre pays, qui ne peut être ignorée. L’extension des sanctions contre la République islamique iranienne a sans aucun doute causé des troubles économiques sérieux en Iran. Une hausse inédite du prix des monnaies étrangères, en d’autres termes la dévaluation de la monnaie Iranienne, et par conséquent la hausse des prix des biens de consommation, au moment où le chômage atteint des records historiques et où les usines ferment les unes après les autres, a mis en péril les conditions de vie de vastes couches de la société et plonge de plus en plus la grande majorité de la population dans la pauvreté et la misère. Et ce n’est que le début d’une guerre économique totale imposée à notre peuple, identique à celle subie par le peuple Irakien avant l’invasion militaire meurtrière des forces de l’OTAN contre ce pays. Ne pas être en mesure de vendre du pétrole ni d’importer les biens stratégiques indispensables seraient un désastre économique colossal pour un pays où le capitalisme mercantiliste d’une part, et la mise en œuvre des politiques de la Banque mondiale d’autre part, ont considérablement amoindri nos capacités de production nationales et ont transformé notre économie en une simple économie d’exportation de pétrole et d’importation de tous les biens de consommation nécessaires. Ceux qui organisent à l’échelle mondiale ces sanctions, en particulier les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ont prévu ces sanctions en ayant en tête ces problèmes.
Ces plans inhumains ont des objectifs plutôt clairs :
- Forcer la République islamique à réagir violemment pour s’en sortir, et créer donc un scénario qui poserait une base sur laquelle il serait possible de convaincre les autres puissances mondiales qu’une guerre totale est nécessaire ;
- Essouffler le mouvement pacifiste pour le forcer à capituler devant n’importe quel scénario qui proposerait une issue à cette situation très difficile ;
- Exciter et mobiliser des fractions de droite du mouvement ainsi que certaines forces de gauche qui ont retourné leurs veste, et les pousser à soutenir la soi-disant intervention « humanitaire » comme ultime option pour faire évoluer la situation ;
- Les objectifs à long-terme de cette aventure militaire et probablement d’une guerre régionale sont clairs : contrecarrer la crise économique mondiale ; reconfigurer les politiques économiques à l’échelle mondiale sur la base de la concentration de capitaux astronomiques ; constituer le Grand Moyen-Orient afin d’étendre leur cercle d’influence politique et économique ainsi que leur domination sur une région stratégique du point de vue énergétique ; détourner les capacités de protestation massive des peuples de la Tunisie et l’Égypte, en Afrique du nord, à la Syrie et l’Iran et d’autres pays du Golfe persique et mettre un terme aux mouvements progressistes dans la région et mettre en place des « îlots de stabilité politique » qui puissent garantir les intérêts de l’impérialisme, à court et long-terme, dans la région. Hélas, les derniers événements donnent des signes de l’état d’avancement de ce scénario pré-établi par les complexes militaro-industriels mondiaux.
Les leaders du régime répressif et obscurantiste de la République islamique estiment qu’il n’y a pas de place pour le recul, et au lieu de penser à des façons de faire baisser la tension, ils développent les programmes nucléaires et brandissent des menaces militaires face aux sanctions économiques. Ali Khamenei, leader de la République islamique, a déclaré le 3 février, affirmant que l’Iran ne reculerait pas, que le pays était prêt à la guerre et a mis en avant l’expérience de la « guerre de 33 jours du Liban » face à l’ennemi. En réponse aux menaces Israéliennes, il a évoqué des menaces qui trouveront une « réponse appropriée en temps voulu ». L’ambassadeur Iranien en Russie a également parlé de frapper les intérêts américains et occidentaux dans le monde entier. Et après ces commentaires, ce fut au tour de Mahmoud Ahmadinedjad, lors d’un discours pour le défilé de l’Anniversaire de la révolution, à Téhéran, de promettre que « le monde allait bientôt prendre connaissance de nouvelles prouesses Iraniennes en terme de technologie nucléaire. » Ces commentaires ont été faits au moment où les manœuvres militaires pour fermer le détroit d’Ormuz ainsi que des avertissements officiels et clairs pour le départ des porte-avions Américains et Britanniques du Golfe persique, ont déjà montré leurs conséquences inquiétantes et ont fait grossir les rangs de ceux prêts à rejoindre l’invasion militaire de l’OTAN en République islamique. Les menaces Iraniennes « justifient » clairement la concentration de flottes sous commandement de l’OTAN dans le Golfe persique et en mer d’Oman, et les quantités énormes d’armes vendues aux pays de la région, comme aux émirats, et la création d’une « hystérie » mondiale autour d’un péril nommé « République islamique ».
Les dernières nouvelles indiquent que les bases sont jetées pour une catastrophe qui devient de plus en plus imminente :
- Le Pentagone a commandé auprès de l’industrie militaire américaine une nouvelle génération de bombes anti-bunker de très gros calibre ;
- Le journal Al-Arabia, citant le Washington Post, affirme que la discussion au sein des cercles dirigeants des Etats-unis et des autres pays de l’OTAN n’est pas de savoir si, mais bien quand et comment infliger à l’Iran des frappes préventives ;
- De larges campagnes médiatiques sont menées contre l’Iran et la Syrie, et des comptes-rendus rapportant l’implication du Corps révolutionnaire iranien dans les violences contre les habitants de Homs, en Syrie, y compris le reportage de Russia Today concernant une éventuelle préparation de 15 000 soldats du Corps révolutionnaire prêt à se déployer sur le front de la guerre Syrienne ;
- Radio Israël a indiqué des dizaines de milliers de soldats Américains sont en train de monter à la hâte des systèmes Israéliens anti-missiles ;
Dans cette atmosphère et à l’invitation des organisations de paix, la première vague de manifestations contre la guerre a commencé dans les rues Canadiennes, Américaines et Anglaises. Même si ces manifestations ont été organisées dans la précipitation, elles ont été relayées par les médias, et ont reçu un certain soutien populaire. D’autre part, la République Islamique qui a méthodiquement réprimé toutes les organisations de paix nationales et n’a permis aucune manifestation contre la guerre a tenté de dénaturer les objectifs de ces actions et s’en est servi de façon malhonnête pour les dépeindre comme des mouvements favorables à la politique que mène la République islamique. Les véritables organisations de paix progressistes s’opposent à toute intervention des impérialistes dans les affaires de quelque pays que ce soit même sous le masque de l’intervention « humanitaire », et s’oppose clairement et résolument à de telles interventions, et contrairement à certains conciliabules, qui se tiennent à huis clos, ne se taisent pas devant de telles interventions. La voie proposée par la République islamique, cependant, est claire. Interpréter cette opposition sans la moindre ambiguïté à toute ingérence extérieure comme un soutien des forces éprises de paix du monde entier à la cruauté et au crime, et à l’oppression du peuple que défendent des régimes comme celui théocratique de la République islamique, c’est avoir un toupet qui est le propre des dirigeants de la République islamique. La réalité est que la plupart des organisateurs de ces mouvements de protestation ont inlassablement manifesté leur opposition aux politiques et aux actions du régime théocratique dans notre pays, et leur opposition aux aventures militaires de l’impérialisme dans la région s’inscrit en solidarité avec la lutte des travailleurs dans notre pays.
Dans son communiqué du 7 février, le Conseil mondial de la paix a analysé les plans impérialistes visant à constituer un Grand Moyen-orient et examiné les situations actuelles en Syrie et en Iran, le déploiement massif de forces militaires américaines dans le Golfe persique, l’alignement des Cheikhs du Golfe persique sur l’Occident et les provocations constantes d’Israël contre l’Iran, et a affirmé la position de cette organisation progressiste sur les droits démocratiques du peuple et sur les interventions étrangères :
« Nous exprimons notre soutien à la lutte complexe du peuple Iranien pour la paix, la démocratie et la justice sociale et le rejet de toute ingérence dans les affaires internes Iraniennes sous aucun prétexte. Nous réaffirmons une fois de plus le droit inaliénable de toute nation à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques (…) Nous soutenons les véritables exigences pacifiques, sociales, politiques et économiques du peuple Syrien et affirmons une nouvelle fois qu’aucune puissance n’a le droit de décider pour un autre peuple ou une autre nation. L’humanité ne peut tolérer d’ingérence étrangère dans les affaires internes d’un peuple. La souveraineté d’un pays est de la seule responsabilité de son peuple. » Le communiqué poursuit : « Les forces démocratiques, anti-impérialistes, éprises de paix du monde entier doivent briser le silence et dénoncer les campagnes perfides de l’impérialisme qui ouvre la voie à cette nouvelle agression (…) Nous nous engageons à poursuivre la lutte et à mobiliser des forces dans le monde entier afin de créer les fondations permettant de passer à une nouvelle étape dans la lutte anti-impérialiste, pour défendre la paix, la solidarité et l’auto-détermination des peuples. Nous sommes convaincus que la lutte des peuples pour la paix l’emportera ! »
L’expérience des manifestations mentionnées démontre que l’articulation de slogans pour la paix et le mouvement contre la guerre avec la lutte progressiste de notre peuple pour la démocratie est une nécessité et devrait être mise en avant par les organisations pacifistes de notre pays. Nous nous trouvons devant des jours et des semaines capitales. La région du Golfe persique et le Moyen-Orient sont au bord d’une guerre destructrice qui pourraient s’étendre et prendre des dimensions mondiales. Nous devons réagir face à de telles aventures dangereuses avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, nous ne devons laisser passer aucune occasion de nous opposer à la guerre et aux fauteurs de guerre, et empêcher la catastrophe avant qu’elle n’éclate.
Tudeh
Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ .
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
10:45 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, libye, israël, clinton, lieberman, colonialisme, obama, hezbollah, états-unis, france, biden, hariri, nasrallah, suleiman, résistance, syrie, iran, bombe nucléaire, maison blanche, abdallah. libye, khadafi, otan, belgique, france, kadhafi, bachar el-assad
29.04.2012
n° 93 - Journal des Guerres de l'Otan - 05-04 au 25-04 a1 - Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN.
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!
Sa diffusion est un acte de résistance.
n° 93 - Journal des Guerres de l'Otan - 05-04 au 25-04 a1 - Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN.
Journal des Guerres de l'Otan. n° 93 - 05-04 au 25-04
C.De Broeder & M.Lemaire
Le " Journal des Guerres de l'Otan " est visible :
a) sur mes blog :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
c) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
Le " Journal des Guerres de l'Otan " est visible :
a) sur mes blog :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
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b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
c) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
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e) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire.
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Tiré à part : Manlio Dinucci : Grand remue-ménage à Bruxelles en vue du Sommet OTAN de Chicago. Manlio Dinucci, Tommaso Di Francesco : L’Otan se prépare aux guerres de 2020. 1 Politique 1-1 Russie Réseau Voltaire : La Russie interdit à l’Otan d’acheminer l’héroïne via son territoire. Poutine : L'Otan, un "atavisme" de la guerre froide. Italie Manlio Dinucci : Italie : tout pour la guerre. 2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos. 2 Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN. 3 Dossiers 3-1 Manlio Dinucci : L’art de la guerre. : L’école de mort de l’OTAN. 3-2 Alex Lantier et Johannes Stern : France : Les questions internationales dans l'élection présidentielle. 4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 4-1 Libre Belgique:Sommet de l'Otan. 4-2 Libre Belgique (avec AFP) :Sommet de l'Otan: l'Afghanistan en débat à Bruxelles, |
Tiré à part :
Manlio Dinucci : Grand remue-ménage à Bruxelles en vue du Sommet OTAN de Chicago.
Un article qui fait, exceptionnellement, la première page de il manifesto.
Place à comparer avec celle donnée dans les medias (papier et radio, télés) français.
Dernières données du Sipri
La course folle de la dépense militaire
Manlio Dinucci
Pendant le temps que vous mettrez à lire cet article, on aura dépensé dans le monde 10 millions de dollars de plus en armes, armées et guerre (surlignage NdT). La dépense militaire mondiale se monte en effet à 3,3 millions de dollars à la minute. Soit 198 millions par heure, 4,7 milliards chaque jour. Ce qui équivaut à 1.738 milliards de dollars en une année. Ces données sont celles de 2011, publiées hier par le Sipri, le fameux institut international dont le siège est à Stockholm.
Les Etats-Unis sont toujours la locomotive de la dépense militaire, avec 711 milliards de dollars, équivalents à 41% du total mondial. La coupe annoncée de 45 milliards annuels dans la prochaine décennie reste encore à voir. Les économies devraient être effectuées en réduisant les forces terrestres et en restreignant les pensions (assistance médicale comprise) des anciens combattants. Objectif du Pentagone : rendre les forces étasuniennes plus agiles, plus flexibles et prêtes à être déployées encore plus rapidement. La réduction des forces terrestres prend place dans la nouvelle stratégie, testée avec la guerre en Libye : utiliser l’écrasante supériorité aérienne et navale étasunienne et en faire assumer la plus grosse charge par les alliés. Mais les guerres n’en coûtent pas moins pour autant : les fonds nécessaires, comme cela s’est passé pour la guerre contre la Libye, sont autorisés par le Congrès à chaque fois, en les ajoutant au budget du Pentagone. Et s’ajoutent aussi à cela d’autres postes à caractère militaire, parmi lesquels environ 125 milliards annuels pour les militaires au repos et 50 pour le Département de la sécurité de la patrie, portant la dépense étasunienne à environ la moitié de celle mondiale.
Dans les estimations du Sipri, la Chine reste au deuxième rang par rapport à 2010, avec une dépense estimée à 143 milliards de dollars, équivalents à 8% de la dépense mondiale. Mais son rythme de croissance (170% en termes réels en 2002-2011) est plus grand que celui de la dépense étasunienne (59% pour la même période). Cette accélération est due fondamentalement au fait que les USA sont en train d’opérer une politique de « containment » de la Chine, déplaçant de plus en plus le centre focal de leur stratégie dans la région Asie/Pacifique.
En rapide augmentation aussi la dépense de la Russie, qui passe, avec 72 milliards de dollars en 2011, du cinquième au troisième poste parmi les pays ayant les plus grandes dépenses militaires.
Suivent la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Allemagne, le Brésil et l’Italie. La dépense militaire italienne est estimée par le Sipri, pour 2011, à 34,5 milliards de dollars, équivalents à environ 26 milliards d’euros annuels. L’équivalent d’une grosse loi de Finances.
Dans la répartition régionale, l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon totalisent environ 70% de la dépense militaire mondiale : c’est donc la triade, qui jusqu’à présent a constitué le « centre » de l’économie mondiale, qui investit les plus grandes ressources dans le domaine militaire. Ceci a un effet de répercussion sur les régions économiquement moins développées : par exemple, l’Afrique compte à peine 2% de la dépense militaire mondiale, mais l’Afrique du Nord a enregistré la croissance la plus rapide de la dépense militaire dans les sous-régions (109% en termes réels en 2002-2011) et celle du Nigeria aussi est en croissance rapide.
La dépense militaire continue ainsi à augmenter en termes réels. Selon les estimations du Sipri, elle a grimpé à 250 dollars annuels pour chacun des 7 milliards d’habitants de la planète. Un chiffre apparemment négligeable pour un citoyen moyen d’un pays comme l’Italie. Mais qui, additionné aux autres, devient un fleuve d’argent public qui se perd dans un puit sans fond. Avant même de tuer quand elle est convertie en armes et armées, la dépense militaire tue en soustrayant des ressources vitales à des milliards d’êtres humains.
Manlio Dinucci
Edition de mercredi 18 avril 2012 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120418/manip2pg/01/manip2pz/321318/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Voir aussi la présentation des données du même Sipri dans, par exemple, Le Monde (17 avril 2012) :
Manlio Dinucci, Tommaso Di Francesco : L’Otan se prépare aux guerres de 2020.
"Une nouvelle encourageante pour les chômeurs, les précaires, les familles touchées en Italie par les coupes dans les dépenses sociales : « La contribution de l’Italie au fonds de soutien des forces de sécurité afghanes au terme de la transition, fin 2014, sera conséquente et dans la lignée, en quantité et en qualité, de sa présence dans cette dernière décennie en Afghanistan ». Déclaration du ministre italien des Affaires étrangères Giulio Terzi à Bruxelles pendant la Réunion ministérielle Affaires étrangères et Défense de l’Otan.
Le montant total du fonds sera décidé au Sommet Otan qui se tiendra à Chicago les 20-21 mai prochains, mais le secrétaire général Anders Rasmussen l’a déjà quantifié à 4 milliards de dollars annuels au moins. Le gros de la dépense pour conserver les « forces de sécurité » afghanes, environ 350mille hommes, pèsera sur les plus grands pays de l’Alliance, Italie comprise. Rasmussen le présente comme une affaire, en soulignant qu’il est moins coûteux de financer les forces locales que de déployer des troupes internationales en Afghanistan.
D’ici 2014, est prévue la sortie progressive des troupes Otan, environ 130mille hommes. Mais, a souligné le secrétaire étasunien à la Défense, Leon Panetta, « nous n’abandonnerons pas l’Afghanistan ». En d’autres termes, l’Otan ne partira pas. "
A propos du coût humain des guerres, en dehors des populations agressées par l'Otan (avec mandat ONU) dont on ne prend pas la peine de compter le nombre de victimes (civiles et militaires) : A son retour du front, le « soldat Ryan » se suicide.
Luca Celada. Los Angeles.
"Aux Etats-Unis, la guerre tue beaucoup plus chez soi qu’au front. Selon les données recueillies par l’ « Army Times » on en est même à 950 vétérans étasuniens qui se suicident chaque mois : 18 par jour, un soldat se suicide toutes les 80 minutes. Aux Etats-Unis, les soldats meurent 25 fois plus de leurs propres mains que sur le champ de bataille (surlignage NdT). Ce sont des nombres effroyables, qui démontrent le manque de soins pour les soldats revenant de guerre. D’autant plus si l’on considère qu’il y aura rapidement plus de 2 millions d’anciens combattants des guerres afghanes-irakiennes, dont plus de 30% affectés de troubles post-traumatiques et/ou traumas cérébraux, syndromes qui se manifestent par des décompensations émotionnelles, dépressions et épisodes de déséquilibre comme ceux qui amènent aux récents épisodes (connus, NdT) de violence, parmi lesquels le raptus homicide du sergent Bales en Afghanistan[1]. Chaque guerre expose militaires et civils à des horreurs qui marquent profondément et à jamais le psychisme de celui qui les vit : phénomène amplifié par la gestion « professionnelle » de conflits menés avec des armées de volontaires où les soldats sont souvent employés des années durant sur des engagements répétés au front. Pour « faire leur travail » loin de la conscience publique.
[1] Si tant est que le soldat Bales ait été victime d’un « raptus » psychique et qu’il ait été le seul exécuteur. Voir aussi : Meurtre de 17 civils afghans : vengeance préméditée selon les témoins. Un soldat aurait dit aux villageois : « Vous allez payer. » par Julie Lévesque,
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29937 .
Hypothèse qui n’exclut pas de toutes façons la version d’un passage à l’acte chez ce soldat mais au contraire, élargit le problème à l’utilisation consciente de la pathologie mentale ou de la fragilité des individus dans des méthodes de guerre partagées, tolérées voire enseignées aux combattants (réguliers, mercenaires et bandes armées entraînées par nos « forces spéciales ») dans les guerres d’agression et d’occupation.
Pour ne donner qu’un exemple proche : qui est allé en Syrie, pas clandestinement, et a vu non seulement des victimes (jeunes soldats et civils) mais aussi des vidéos revendiquées et postées par les combattants « rebelles » ou « opposants » au gouvernement en place, filmant complaisamment leurs horreurs perpétrées contre la population civile et l’armée de conscription, a une idée de la pathologie mentale gravissime des membres de ces bandes armées opérant sur le terrain.
Evidemment, les combattants mercenaires tués au front ne sont pas comptabilisés dans les pertes reconnues par les ministères dits de la "Défense". NdT.
Selon l’agence RIA Novosti, « Le candidat du PS à la présidentielle française, François Hollande, a déclaré vendredi sur les ondes d'Europe 1 que s'il était élu, il soutiendrait une opération militaire en Syrie sous mandat de l'Onu, rapporte la presse locale ».
1 Politique
Les parties prenantes
1-1 Russie
Réseau Voltaire :La Russie interdit à l’Otan d’acheminer l’héroïne via son territoire.
À l’occasion du sommet de l’Otan de Bucarest en 2008, le président Dmitry Medvedev avait offert de remettre à disposition les lignes ferroviaires russes pour assurer le transport depuis ou vers l’Europe du matériel non militaire en provenance ou en direction d’Afghanistan.
Le 5 avril 2012, Alexandre Grouchko, le vice-ministre russe des Affaires étrangères qui devrait devenir dans les prochains jours représentant permanent de la Russie auprès de l’Otan, a déclaré dans un entretien à Ria-Novosti que ce fret sera désormais régi par un nouveau Protocle. En vertu de cet accord, il pourra être fouillé par les services de lutte contre le trafic des stupéfiants.
La consommation d’héroïne afghane est devenue un problème majeur de santé publique en Europe en général et en Russie en particulier. Le pays en est devenu le premier consommateur mondial. À ce jour, deux millions de jeunes Russes âgés entre 18 et 39 ans en sont des consommateurs réguliers. Cette drogue provoque plus de 30 000 décès par an et favorise la propagation du VIH à une vitesse encore jamais vue selon un rapport de l’UNODC. [1]
Les responsables de la lutte anti-drogues en Russie ont déjà par le passé explicitement évoqué le rôle de l’Otan dans le trafic d’héroïne en provenance d’Afghanistan, les autorité étant allées jusqu’à porter l’affaire devant le Conseil de Sécurité de l’Onu [2] :
Cette annonce d’Alexandre Grouchko et sa nomination comme représentant permanent auprès de l’Otan marquent le retour aux commandes de Vladimir Poutine. Celui-ci considère que son pays est la cible d’une véritable « agression par l’héroïne » et a fait figurer la lutte contre ce fléau parmi les priorités de son nouveau mandat présidentiel.
À l’époque où l’accord de transport ferroviaire avait été signé, les responsables poutiniens avaient indiqué hors micro qu’en échange du droit de passage des cargaisons de l’Otan sur le territoire russe, Medvedev percevait un pot de vin d’1 milliard de dollars annuels, financé par l’argent des drogues afghanes. [3]
[1] « L’UNODC dévoile les conséquences dévastatrices de l’opium afghan », par Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, octobre 2009.
[2] « Pavot : la Russie met en cause la responsabilité de l’Otan », par Réseau Voltaire, 3 mars 2010.
[3] « L’opium, la CIA et l’administration Karzai », par Peter Dale Scott, Réseau Voltaire, 10 décembre 2010.
Source : « La Russie interdit à l’Otan d’acheminer l’héroïne via son territoire », Réseau Voltaire, 10 avril 2012, www.voltairenet.org/a173483
| 10 avril 2012
http://www.voltairenet.org/La-Russie-interdit-a-l-Otan-d
Poutine : L'Otan, un "atavisme" de la guerre froide.
L'Alliance atlantique constitue un vestige de la guerre froide russo-américaine, a estimé mercredi le premier ministre russe et président élu Vladimir Poutine intervenant devant les députés du parlement.
"J'estime que l'Otan est, somme toute, un atavisme hérité de l'époque de la guerre froide. Elle est apparue dans un contexte de bipolarisation des relations internationales", a déclaré le chef du gouvernement russe.
"A présent, ce système n'existe plus, et la vocation d'une telle organisation n'est pas claire. Cependant, elle existe, c'est une réalité géopolitique, et il faut en tenir compte", a poursuivi M.Poutine.
Toujours selon lui, dans certains cas, l'Alliance atlantique joue un rôle stabilisateur dans les affaires internationales. A titre d'exemple M.Poutine a cité la situation en Afghanistan.
11/04/2012
Ria Novosti
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont répondu à l'appel du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), dans une dizaine de villes de pays entre autres à Moscou, Irkoutsk, Kazan, Nizhni Novgorod, Orel, Voronezh, Oulianovsk, Koursk pour protester contre l'installation d'une base logistique de l'OTAN à Oulianovsk.
Cette base devrait être la plaque-tournante de l'OTAN dans la région, notamment pour le transfert de matériel vers le théâtre d'opération afghan, tel qu'il en fut convenu lors du sommet Russie-OTAN de novembre 2010.
Pour les communistes russes, il s'agit d'un affront symbolique, dans la ville de naissance de Lénine, et une capitulation de la part du gouvernement russe, qui met en péril par ailleurs en péril la paix dans la région.
Parmi les mots d'ordre que l'on pouvait retrouver dans le cortège principal place Pouchkine à Moscou, « Dehors l'OTAN » ou encore « L'OTAN, c'est quoi ? C'est la barbarie ! ».
Les diverses manifestations furent aussi l'occasion d'exprimer une opposition à la ligne générale suivie par le régime des oligarques, de braderie de l'appareil productif national et de plus en plus d'allégeance à l'impérialisme occidental, avec l'entrée de la prochaine de la Russie dans l'OMC.
L'occasion de rappeler que le Parti communiste russe, plus que jamais deuxième force du pays et première force d'opposition après les élections présidentielles et législatives où il a presque doublé son score avec 20% et 92 députés, ne reconnaît pas ces élections qui ont été entachées par une fraude massive.
Guennadi Ziouganov, dans son discours de clôture sur la place Pouckhine, a insisté d'abord sur son refus net d'accepter la capitulation poutinienne devant l'impérialisme américain :
« Nous estimons que l'installation de cette base est un affront pour notre pays et son peuple ».
« Que signifie cette base de l'OTAN au milieu de la Volga ? Cela signifie que va se former au cœur de la Russie un corps étranger, qui va devenir une plaque-tournante pour des transferts de matériel militaire mais aussi pour des trafics illicites de toute sorte », le dirigeant communiste russe rappelant que l'Afghanistan est, sous la bienveillance de l'OTAN, premier producteur mondial d'opium.
Selon le secrétaire du KPRF, cette décision s'insère dans une série de capitulations du pouvoir vis-à-vis de l'impérialisme occidental, qui l'insère dans la lignée funeste des Gorbatchev et Eltsine, et devrait se conclure par l'adhésion à l'OMC :
« Le gouvernement va nous livrer prochainement un autre 'cadeau'. Cette entrée dans l'OMC, dans des conditions défavorables pour notre pays, ne va pas nous permettre de développer nos secteurs de pointe et va nous contraindre à aligner les prix de l'énergie dans notre pays sur les normes mondiales. Le résultat, cela va être l'éradication des restes de notre industrie manufacturière ».
Selon lui, il n'y a pas d'autre voie que la lutte et elle passe par le renforcement du Parti communiste et de ses positions :
« Nous sommes devant un moment très important de notre lutte. Ce ne sont pas ces bandits et ces magouilleurs qui vont nous faire capituler, nous dépositaires des plus glorieuses traditions de notre pays ! Nous avons au dernier Comité central fixé notre ligne tactique et stratégique. Cela passe par le renforcement du parti : dans les trois dernières années, 47 000 jeunes ont rejoint nos rangs. »
La conclusion est combative et optimiste sur les perspectives de victoire :
« J'en suis convaincu, chaque jour qui passe voit notre position se renforcer. La Russie ne pourra pas sortir de cet asservissement sans justice ni démocratie, sans les puissantes organisations du Parti communiste, au cœur de la lutte. J'en suis convaincu, l'OTAN ne passera pas, le régime soviétique l'emportera et le socialisme vaincra ! »
Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/
1-2 Italie
Manlio Dinucci : Italie : tout pour la guerre.
La « réforme » de l’Article 11 de la Constitution italienne.
L’Italie de Monti et Paola est l’illustration parfaite de la façon dont les gouvernements européens, sous la tutelle conjointe de l’UE et de l’Otan, et avec le soutien des médias privés, parviennent à travailler en toute sérénité contre les intérêts objectifs du plus grand nombre. Le mythe de la « guerre au terrorisme » à permis de détourner les couteuses forces armées nationales de leur fonction de défense pour les mettre au service des multinationales, tandis que la « crise » de la dette permet de mettre en place les « reformes structurelles » nécessaires au transfert accéléré de la richesse des peuples et des États vers les institutions financières, comme nous l’explique Manlio Dinucci.
Une « réforme structurelle profonde » : ainsi le ministre italien de la Défense Di Paola définit-il la révision de l’appareil militaire, présentée par le gouvernement Monti sur sa proposition. Qu’elle soit profonde, cela ne fait aucun doute. Depuis plus de vingt ans des taupes bipartisanes creusent sous l’Article 11 de la Constitution, qui « répudie la guerre comme instrument d’offense à la liberté des autres peuples et comme moyen de résolution des controverses internationales ».
Les travaux de galerie commencent en 1991, après que la République italienne a combattu sa première guerre, celle que les Usa ont lancé en Irak. Sous la dictée du Pentagone, le gouvernement Andreotti rédige le « nouveau modèle de défense » qui établit, comme mission des forces armées, non seulement la défense de la patrie (art. 52), mais la « protection des intérêts nationaux partout où c’est nécessaire ».
En 1993 -alors que l’Italie participe à l’opération militaire lancée par les Usa en Somalie, et que le gouvernement Ciampi remplace celui d’Amato- on déclare qu’ « il convient d’être prêts à se projeter au loin » dans le but de « garantir le bien-être national en maintenant la disponibilité des sources et des voies d’approvisionnement des produits énergétiques et stratégiques ».
En 1995, pendant le gouvernement Dini, on affirme que « la fonction des forces armées transcende le cadre militaire strict pour s’élever à la mesure du statut du pays dans le contexte international ».
En 1996, pendant le gouvernement Prodi, on soutient que l’instrument militaire doit être « un instrument de la politique étrangère ».
En 1999 -après que le gouvernement D’Alema a fait participer l’Italie, sous commandement étasunien, à la guerre contre la Yougoslavie- on énonce « la nécessité de transformer l’instrument militaire de sa configuration statique actuelle vers une de projection externe qui soit plus dynamique », devoir pour lequel est adapté « le modèle entièrement volontaire ». C’est-à-dire une armée composée de professionnels de la guerre.
Qui se révèle précieuse pour les interventions militaires en Afghanistan et en Irak, sous le gouvernement Berlusconi.
Ici se greffe le concept stratégique pentagonien énoncé en 2005 par Di Paola, alors chef d’état-major. Face à la « menace globale du terrorisme », il faut « développer une capacité d’intervention efficace et en temps opportun même à une grande distance de la mère patrie ». Les forces armées italiennes doivent opérer dans les zones d’ « intérêt stratégique » qui comprennent les Balkans, l’Europe orientale, le Caucase, l’Afrique septentrionale, la Corne de l’Afrique, le proche et le moyen Orient et le Golfe persique.
La guerre contre la Libye, dont Di Paola est en 2011 un des artisans en tant que président du comité militaire OTAN, confirme la nécessité que l’Italie construise un « instrument de projection », avec une capacité « expéditionnaire » prononcée, via une planification « organique ». C’est cela que Di Paola veut maintenant institutionnaliser par un décret de loi, pour créer des forces armées plus petites mais plus efficaces, avec des moyens technologiquement plus avancés (parmi lesquelles le chasseur-bombardier F-35) et plus de ressources pour l’opérativité.
Ceci n’est pas dû à la « nécessité de contenir les coûts » à cause de la crise financière, mais, comme pour l’Article 18 [1], à la nécessité des oligarchies économiques et financières, artisans de la crise, de renforcer leurs outils de domination. Avec la circonstance aggravante de vouloir démanteler, avec un des pivots du Statut des travailleurs, un des principes fondamentaux de la Constitution.
Traduction Marie-Ange Patrizio
Source Il Manifesto (Italie)
http://www.voltairenet.org/La-reforme-de-l-Article-11-de-la
2 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.
Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.
2 Le Monde » et le gentil monde de l’OTAN.
Le Monde est un plaisant-triste, pour reprendre le mot de Gainsbourg.
Comme prétentieux et donneur de leçons, c’est un must. Un peu comme France-Inter.
Ces gens-là étant très intelligents et très savants, le Dieu des médias leur a donné le diplôme « de référence », c’est-à-dire de serviteur du consensus dominant. Ils connaissent une raison cachée, qui est « La Vérité » et s'ils consentent parfois à faire quelques visites d’inspection sur le terrain, encore appelées « reportages », c'est pour vérifier que tout se passe bien comme prévu. Mais voir la société telle qu'elle est, impossible. Ce serait trop dangereux.
Si on veut rester pépère « de référence », il faut trouver un équilibre : piquer de grosses colères sur des sujets périphériques, histoire de faire genre, et pour le reste défendre la ligne du parti.
En politique étrangère, Le Monde est devenu le bulletin officiel de l’OTAN et de ses succursales.
Le Monde ne veut fâcher ni les institutions, ni les annonceurs qui lui maintiennent la tête hors de l’eau. Chacun a pu apprécier la haute tenue de ses écrits sur la Libye, la Côte d’Ivoire ou l’Iran... Heureusement qu’on peut se passer de cette sauce officielle en cherchant les infos sur le net.
Voici un exemple rigolo avec le dernier rapport du Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), un institut privé spécialisé dans l’observationdes affaires militaires, publié ce mardi 18.
Je vous livre en intégral ce qu’ont publiéLe Monde et Il Manisfesto.
Les dépenses militaires mondiales se sont stabilisées en 2011
Les dépenses militaires dans le monde se sont stabilisées en 2011 en raison de la crise économique mondiale, totalisant 1 740 milliards de dollars, soit 1 320 milliards d'euros, selon un rapport publié mardi 17 avril par le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), un institut international indépendant, spécialisé dans les conflits, les armements, le contrôle des armes et le désarmement, basé à Stockholm.
« La légère augmentation de 0,3 % en 2011 [par rapport à 2010] marque la fin d'une course continue d'augmentation des dépenses militaires enregistrées entre 1998 et 2010 », relève le rapport.
Le Sipri précise que la moyenne annuelle d'augmentation de ces dépenses a été de 4,5 % entre 2001 et 2009. Il souligne que parmi les premiers pays acheteurs d'armes, six – le Brésil, la France, l’Allemagne, l’Inde, le Royaume Uni et les Etats-Unis – ont réduit leurs budgets militaires en 2011, tandis que la Chine et la Russie les ont « nettement augmentés ».
« Le contrecoup de la crise économique mondiale, en particulier les mesures de réduction des déficits aux Etats-Unis et en Europe ont finalement stoppé - du moins pour l'instant - l'augmentation enregistrée pendant une décennie des dépenses militaires », explique M. Sam Perlo-Freeman, chercheur au Sipri.
Aux Etats-Unis, premier budget militaire mondial, les dépenses dans ce secteur devraient diminuer en raison du retrait américain d’Irak et du désengagement d’Afghanistan, selon le Sipri. De son côté, la France, l’un des trois premiers budgets militaires d’Europe occidentale avec l'Allemagne et le Royaume-uni, a réduit de 4 % son budget militaire depuis 2008 en raison de mesures d'austérité pour diminuer le déficit budgétaire. Dans la même période, les réductions ont été plus modestes en Allemagne (- 1,4 %) et au Royaume-Uni (- 0,6 %), ajoute le Sipri.
La Russie a au contraire augmenté de 9,3 % ses dépenses militaires à 71,9 milliards de dollars en 2011, dépassant la France et le Royaume-Uni et devenant le 3e budget militaire de la planète, relève l'institut.
Le Sipri note que le Moyen-Orient est la région où « une claire augmentation » des dépenses militaires est perceptible dans la plupart des pays. Mais il ajoute qu'en l'absence de données fiables pour des pays-clés comme l’Iran et les Emirats arabes unis, il est difficile de totaliser les budgets militaires de cette région.
Mon commentaire
Donc, l’OTAN est adorable. Tous les pays membres font un effort, à commencer par les super-sympas US, qui en plus vont se retirer d’Irak et d’Afghanistan. En revanche, vous avez bien noté les méchants : la Russie et la Chine, qui ont augmenté leurs dépenses. Bien sûr, Le Monde ne donne pas le chiffre des dépenses des US ou de l’OTAN cumulés. Le seul chiffre cité de tout l’article est celui de la Russie. Et puis, comme une signature, un coup de clavier contre l’Iran, pays non fiable.
Evidemment, Le Monde ne va perdre son encre à donner les chiffres de la dépense US, plus de 40% pour ce seul pays, et consacré à la domination du monde, car ni le Canada ni le Mexique n’ont en projet d’envahir les US. De même, hors de question de décrire comment les US, après les fiascos irakien et afghan, redéfinissent leur politique de domination, qui doit devenir plus efficace et moins coûteuse. Hors de question aussi d’expliquer le réinvestissement massif des US dans la région Asie/Pacifique, qui justifie en réplique l’effort de guerre de la Russie et de la Chine.
Manlio Dinucci : Manlio Dinucci, journaliste d’Il Manifesto – journal qui publie ces infos majeures à la une – a lu le même rapport, mais il en fait un compte rendu un peu plus précis...
Il Manifesto,
3 Dossiers
Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.
3-1 Manlio Dinucci : L’art de la guerre. : L’école de mort de l’OTAN.
Contrairement à ce qu’il semble, l’OTAN aussi apprend. « Elle tire toujours des leçons de ses opérations, et c’est ce que nous sommes déjà en train de faire avec la Libye », explique l’amiral étasunien James Stavridis, commandant suprême allié en Europe.
A cette fin l’OTAN dispose d’un centre adéquat, le Joint Analysis & Lessons Learned Centre (Jallc) : une sorte d’école, dans laquelle on enseigne les « leçons apprises ». Ainsi l’OTAN apprend à toujours mieux faire la guerre.
Au début de celle contre la Libye, en mars 2011, le Jallc envoya une équipe d’analystes suivre les opérations auprès du centre allié de commandement à Naples. Les « leçons apprises » sont exposées dans un rapport réservé, présenté en février dernier, dont le New York Times a maintenant obtenu une copie.
Que doivent apprendre les alliés, surtout ceux européens ?
Que la guerre contre la Libye n’a pas été l’opération modèle qu’on pensait, mais a mis en évidence de graves lacunes.
Avant tout, le fait que les alliés européens et le Canada ont dû compter de façon excessive sur les Etats-Unis. Même avec l’aide étasunienne, l’OTAN ne disposait que de 40% des avions pour la guerre électronique, qui auraient été nécessaires dans cette opération. Et ce sont les Etats-Unis qui ont fourni aux alliés la quasi totalité des munitions les plus avancées à guidage de précision : 7.700 bombes et missiles utilisés dans l’attaque contre la Libye (dont une grande partie probablement fournie par la base étasunienne de Camp Darby, à Pise).
Il faut se dépêcher de combler ces lacunes. « Le président Obama a déjà demandé au Pentagone de préparer des options militaires préliminaires en Syrie ».
Toutefois, « une opération militaire contre la Syrie constituerait un plus gros défi par rapport à celle qui a renversé le pouvoir de Kadhafi ». La Syrie dispose en effet de forces armées et systèmes de défense aérienne plus efficients, plus difficiles à détruire par les attaques aériennes.
De plus, l’opposition syrienne est plus désarticulée et dispersée que celle de Libye pendant la guerre, « rendant plus difficiles les efforts des alliés OTAN pour se coordonner avec les rebelles ».
En conséquence, pour attaquer la Syrie, les alliés européens et le Canada devraient « s’appuyer lourdement sur les capacités des USA ».
En prévision de cette guerre et d’autres (dans le collimateur il y a aussi l’Iran), les alliés et le Canada sont donc en train d’accélérer les cadences pour potentialiser leurs propres capacités militaires.
C’est dans ce cadre que s’insère l’accord, conclu en février dernier, de créer à Sigonella (Sicile)le système Ags (Alliance Ground Surveillance) qui, assorti des drones Global Hawk déposés dans cette base, fournira à l’OTAN un cadre détaillé des territoires à attaquer, permettant aussi de frapper des véhicules en mouvement.
Immédiatement après, en mars, les ministres européens de la défense se sont mis d’accord sur un « plan ambitieux» qui comble une autre lacune : l’insuffisance des avions pour l’approvisionnement en vol des chasseurs bombardiers qui, dans la guerre en Libye, ont été mis à disposition en grande partie par les Etats-Unis.
Bravo, vous avez compris la leçon -disent les enseignants du Jallc- mais vous devez vous impliquer davantage : « L’achat d’avions et appareils électroniques coûteux peut nécessiter des années pour être réalisé ». Voilà la leçon apprise par la guerre en Libye.
Les élèves qui ont réussi l’examen passent dans la guerre suivante.
Manlio Dinucci
Edition de mardi 17 avril 2012 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120417/manip2pg/14/manip2pz/321306/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
3-2 Alex Lantier et Johannes Stern : France : Les questions internationales dans l'élection présidentielle.
Bien que le pouvoir le plus notoire de la présidence française soit son contrôle sur la politique étrangère, la politique étrangère est remarquablement absente de la campagne présidentielle actuelle. Alexandre Adler du Figaro, l'un des rares journalistes à écrire sur le sujet, a fait brièvement remarquer dans une récente chronique que la « politique étrangère ne fait pas recette dans la campagne ».
Ceci est d'autant plus remarquable que l'Europe est actuellement impliquée dans une crise financière qui dure depuis quatre ans et dans des guerres qui s'intensifient. La France est en guerre en Afghanistan et en Libye, elle soutient des forces de guérilla mercenaires contre le président syrien Bashar Al-Assad et fait partie de la coalition, menée par les États-Unis, menaçant d'attaquer l'Iran. Quelque 76 pour cent de la population s'opposent au déploiement de la France en Afghanistan et 51 pour cent s'opposent à la guerre en Libye.
Et malgré cela, le candidat du Parti socialiste (PS) François Hollande, principal rival de « gauche » bourgeoise du président sortant Nicolas Sarkozy, a déclaré le mois dernier que s'il était élu, il ne reviendrait pas sur la décision de Sarkozy en 2009 de réintégrer la France dans le commandement militaire de l'OTAN.
Comme le laissent clairement entendre les déclarations de Hollande sur la réintégration de la France dans l'OTAN et l'absence de critiques de la part des partis de « gauche » bourgeois ou petits-bourgeois à l'égard des guerres de Sarkozy, l'élite dirigeante entend poursuivre la politique de Sarkozy malgré l'opposition de masse de la classe ouvrière. Elle signale tacitement son soutien au changement radical de politique étrangère opérée par Sarkozy par rapport à la politique de son prédécesseur, le président conservateur Jacques Chirac.
La présidence de Chirac de 1995 à 2007, première présidence à se dérouler entièrement après la chute en 1991 de l'URSS, fut marquée par la fin de la politique de Guerre froide de la France. Les appels de la France à un ordre mondial « multi-polaire », reflétés dans la critique des États-Unis, faite en 1998 par le ministre des Affaires étrangères Védrine, comme étant une « hyper-puissance », conduisirent à des heurts avec Washington, tout d'abord concernant les activités françaises en Iran, puis plus sérieusement, au moment où la France rejoignit l'Allemagne et la Russie contre l'invasion américaine de l'Irak en 2003.
La tentative de Chirac de développer la politique française en Europe échoua. Bien que la France fût l'un des douze pays à adopter la monnaie commune (euro) lors de son lancement en 2002, elle connut aussi une opposition croissante de la classe ouvrière à l'Union européenne (UE). Chirac fut stupéfait lorsque l'opposition à un projet de Constitution européenne, sur fond de craintes justifiées que cela conduirait à un nivellement par le bas des salaires et des droits sociaux à travers toute l'Europe, mena à la défaite de ce projet lors d'un référendum en 2005 en France.
Le gouvernement Sarkozy qui lui succéda rétablit rapidement les relations avec Washington en envoyant des représentants visiter l'Irak sous occupation américaine et en menaçant l'Iran de guerre en 2007 avant de rejoindre pleinement l'OTAN en 2009. Mais la France rétablit des liens avec Washington au moment où les Etats-Unis eux-mêmes entraient dans une crise sociale profonde et durable.
Le krach financier américain de 2008 transforma les relations au sein de l'Europe. Tandis que l'Allemagne et la France s'unissaient pour imposer des mesures d'austérité féroces aux travailleurs de Grèce, d'Espagne, du Portugal et d'Italie, leurs relations se tendaient de plus en plus. En 2010, Sarkozy menaça de retirer la France de la zone euro pour contraindre l'Allemagne à financer des plans de sauvetage visant à renflouer les banques françaises qui avaient prêté de l'argent à la Grèce en proie à une crise grave. La France mit ensuite en place une alliance militaire avec la Grande-Bretagne, excluant l'Allemagne.
Avant tout, la France a réagi aux déclenchements des luttes révolutionnaires de la classe ouvrière en Egypte et en Tunisie l'an dernier en se lançant dans une série de guerres et d'interventions en Libye, en Côte d'Ivoire et maintenant en Syrie et peut-être au Mali. Sarkozy a clairement fait entendre que ce serait une politique persistante de l'impérialisme français. En se lançant dans la guerre contre la Libye, une guerre qui s'est terminée par l'assassinat du chef d'Etat libyen Muammar Kadhafi, il a ouvertement dit : « Chaque dirigeant, et notamment (chaque) dirigeant arabe, doit comprendre que la réaction de la communauté internationale et de l'Europe sera désormais chaque fois la même. »
Le fait que des aspects fondamentaux de politique économique et militaire internationale ne soient pas traités durant la campagne électorale souligne le caractère frauduleux de cette campagne électorale. La classe ouvrière a été politiquement privée de représentativité par les candidats du PS et de la « gauche » petite-bourgeoise (Front de Gauche conduit par les staliniens, Nouveau Parti anticapitaliste et Lutte ouvrière) qui soutiennent ces guerres.
La politique étrangère toujours plus agressive de la bourgeoisie française menace non seulement les peuples du Moyen-Orient, mais aussi la classe ouvrière française et européenne. Tout comme aux États-Unis, les guerres à l'extérieur du pays seront utilisées pour attaquer les droits démocratiques dans le pays et pour mettre en place des attaques encore plus dures contre le niveau de vie des travailleurs, au motif de budgets de la Défense en hausse. Le coût pour les États-Unis des guerres en Irak, Afghanistan et Pakistan est estimé entre 3,7 et 4,4 mille milliards de dollars, soit un montant plus élevé que les dettes de la Grèce et de l'Espagne réunies.
Lors d'une conférence de presse à Paris le 5 avril, le président Sarkozy a déclaré que certains pays sont « Au bord d'un précipice... Nous ne pouvons pas refuser de faire le choix historique, compétitivité, innovation, investissement, réduction des dépenses publiques. La situation que connaissent aujourd'hui nos amis espagnols après celle qu'ont connue nos amis grecs, nous rappelle à des réalités. »
La déclaration de Sarkozy, largement passée sous silence, est une menace signifiant que si le président élu n'applique pas une politique suffisamment droitière, la France subira le traitement imposé par les banques à la Grèce et à l'Espagne, où la moitié des jeunes sont sans emploi, où les salaires ont été diminués de 30 à 50 pour cent, où le nombre de sans domicile fixe a grimpé en flèche et où les soins médicaux deviennent de plus en plus inaccessibles.
Le Financial Times a cité un économiste de la Bank of America Merill Lynch : « Je pense que le nouveau gouvernement français se verra accorder très peu de temps pour convaincre les marchés sur ses projets. »
Durant ces dix dernières années, l'économie française a perdu du terrain par rapport à l'Allemagne, son principal rival en Europe. En 2000, le coût du travail horaire en France était 8 pour cent plus bas qu'en Allemagne ; en 2012, il est 10 pour cent plus élevé. De 1999 à 2008, le coût unitaire de main-d'oeuvre allemand a été réduit de 20 à 30 pour cent par rapport à d'autres pays de la zone euro, et les exportations allemandes ont explosé.
L'Allemagne a accompli sa supériorité économique en perpétrant les plus dures attaques contre la classe ouvrière depuis la Deuxième Guerre mondiale. Le gouvernement social-démocrate (SPD)-Vert de Gerhard Schröder, en collaboration étroite avec les syndicats, a réduit de façon draconienne les dépenses sociales et les salaires, libéralisé les marchés du travail et réduit les taxes des entreprises et des riches. La bourgeoisie française regarde avec convoitise de l'autre côté du Rhin. Elle veut imposer de pareilles coupes sociales en France. Les banques montent les uns contre les autres les travailleurs de toute l'Europe dans une course vers le bas en termes de salaires et de niveau de vie.
La classe ouvrière française est à la veille d'énormes batailles de classes où les travailleurs vont devoir se battre pour établir l'unité politique de la classe ouvrière européenne et internationale dans une lutte contre la guerre et l'austérité sociale.
Source : WSWS
Jeudi 12 avril 2012
http://www.wsws.org/...
4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
4-1 Libre Belgique:Sommet de l'Otan.
Le 15 avril, Ban Ki Moon est à Bruxelles, rencontre le Ier Ministre Di Rupo, le ministre des Affaires étrangères Reynders, le ministre de la Défense De Crem: sa demande?
Une contribution financière de la Belgique pour payer la formation de l'armée et la police afghane, en compensation du retrait prévu de certaines troupes belges. Ensuite, une conférence européenne sur l'énergie durable... juste à la veille de la réunion de l'Otan, à laquelle il n'est pas annoncé comme participant.. L'ONU= un tout petit partenaire de l'Otan.
Le 17 avril, Rasmussen, secrétaire général de l'Otan reçoit le roi de Jordanie à Bruxelles, le saluant comme un partenaire très important, en particulier lors de la guerre contre la Libye.
Le 18 avril, réunion des ministres de la Défense et des Affaires Etrangères de l'OTAN en vue du prochain sommet de Chicago. A cette réunion sont invités non seulement les ministres des 28 pays Otan, mais ceux des 22 pays non OTAN qui ont participé à la guerre en Afghanistan depuis 10 ans.
Entretemps, réunion des ministres de la Défense de l'Union Européenne, dont ceux de Belgique, Luxembourg, Pays-Bas qui se concertent pour former une "armée Benelux" et mieux répondre aux exigences de l'Otan.
Gageons que le 9 mai, jour de la séance du parlement pour débattre et déterminer la politique belge à défendre au sommet de Chicago, il n'y aura plus qu'à entériner des décisions déjà prises dans d'autres cénacles.
C.P.
RTBF - 18.4.2012
Les ministres des Affaires étrangères et les Ministres de la Défense de l'Otan vont se réunir pendant deux jours pour préparer le Sommet de l'Alliance qui se tiendra fin mai à Chicago, aux Etats-Unis. Sur leur table de travail, l'avenir de la mission atlantique en Afghanistan.
Une mission qui approche lentement et difficilement de sa fin, en 2014, quand les forces de combat seront retirées après une opération qui aura duré 13 ans, et sans que l'on ne voie émerger de résultat encourageant. Mais les Ministres, qui siégeront à Chicago auprès des chefs d'Etat et de gouvernements, n'en sont plus à s'interroger sur quoi faire encore en Afghanistan, mais bien sur le suivi d'une aide dont les limites sont tracées quotidiennement par des attaques.
Comment aider à la formation et à l'assistance des forces armées et de la police?
Pratiquement, cette fois à Bruxelles, il est demandé aux membres de l'Alliance militaire occidentale, et principalement par Washington, de dire quelle sera leur contribution à la formation des forces de sécurité après le repli de 2014.
Les Etats-Unis ont déjà fait savoir qu'ils prendront en charge 2,300 milliards des 4 milliards nécessaires, aux alliés de combler le manque! Pour convaincre la Belgique (comme d'autres partenaires à d'autres moments), la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, sera reçue ce mercredi par le chef du gouvernement. Réuni mardi autour d'Elio Di Rupo, le gouvernement en petit comité n'a pas encore répondu à l'idée de débloquer 11,5 millions d'euros annuellement pendant trois ans au moins.
(souligné par C.P.)
4-2 Libre Belgique (avec AFP) :Sommet de l'Otan: l'Afghanistan en débat à Bruxelles,
(Un mois avant le sommet de Chicago)
18.4.2012
La stratégie pour réussir le départ des troupes occidentales en Afghanistan sera débattue cette semaine au siège bruxellois de l'Otan, placé sur la défensive par la série d'attaques spectaculaires lancée dimanche par les talibans.
Plus de dix ans après le début du conflit, l'Afghanistan reste plus que jamais au coeur des préoccupations des 28 pays membres de l'Alliance atlantique, Etats-Unis en tête.
Il sera l'un des principaux sujets de discussion au sommet de l'Otan de Chicago, où Barack Obama accueillera les 20 et 21 mai les chefs d'Etat et de gouvernement, en particulier le nouveau président français qui aura été élu le 6 mai.
Un an et demi après le précédent sommet à Lisbonne (novembre 2010), les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, dont l'Américaine Hillary Clinton, se réunissent mercredi et jeudi "afin de dégager le terrain pour Chicago", selon la porte-parole de l'Alliance atlantique, Oana Lungescu.
L'Otan veut envoyer un message clair d'unité et d'ordre sur les conditions dans lesquelles s'organise la "transition" qui ouvre la voie au départ des 130.000 soldats étrangers toujours déployés dans le pays.
Ce message est en particulier adressé aux responsables politiques et aux opinions publiques, dont les doutes ont été renforcés ces derniers mois par une série de mauvaises nouvelles: militaires de l'Otan tués par des collègues afghans, scandales liés à des soldats américains etc...
Prêchant inlassablement l'optimisme, les hauts responsables de l'Otan assurent que le nombre d'attaques recule chaque mois davantage et que la situation sécuritaire se renforce avec la montée en puissance de l'armée afghane.
"Leurs progrès sont impressionnants", a jugé lundi Oana Lungescu, au lendemain des attaques ayant visé le parlement, des ambassades occidentales ou l'Isaf à Kaboul et combattues par les seules forces afghanes.
Le président Hamid Karzaï a toutefois mis en cause lundi "un échec du renseignement pour nous (Afghans) et particulièrement pour l'Otan".
Les ministres réunis à Bruxelles tenteront de se mettre d'accord sur le format des forces de sécurité afghanes, à qui sera dévolue la sécurité dans toutes les provinces d'ici fin 2014. Leurs effectifs devraient être portés à 352.000 grâce au vaste effort de formation en cours avant de retomber à 228.500 en 2017, selon le projet proposé par les Américains.
Les discussions s'annoncent également serrées sur le financement de ces forces, estimées à 4,1 milliards de dollars par an à partir de 2015. Les Etats-Unis prévoient d'en assumer 2,3 milliards, laissant le reste à leurs partenaires et au gouvernement afghan.
"Malgré les impatiences, il est vraiment difficile de fixer aujourd'hui tous les besoins car quelle sera la situation dans deux ans et demi?", s'interroge un responsable français.
Outre l'Afghanistan, l'autre dossier sensible est celui du bouclier antimissile que l'Otan a commencé à implanter en Europe malgré l'hostilité de Moscou.
Attendu jeudi à Bruxelles, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devrait réaffirmer cette position, mais en des termes moins offensifs que durant la récente campagne présidentielle dans son pays. "La rhétorique de Moscou vis-à-vis de l'Otan est désormais plus pragmatique et ouverte à la coopération, notamment contre la piraterie ou le terrorisme", souligne un diplomate.
Le conflit syrien n'est pas au menu des discussions à Bruxelles même si la Turquie, membre éminent de l'Otan, envisage une possible invocation de l'article 5 du traité de l'Alliance atlantique afin de protéger sa frontière avec la Syrie.
Tout en se déclarant "profondément préoccupée", l'Otan ne cesse d'affirmer qu'elle n'a "aucune intention" d'intervenir en Syrie.
18.4.2012
Libre Belgique (avec AFP)
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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26.04.2012
n° 95 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage - du 25-04 - a1 - : Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires
Déclaration & analyse d'Iran
La guerre aura-t-elle lieu ?
n°95 du 25-04 C.De Broeder &M.Lemaire
Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran »est visible sur les blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
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Sommaire : 1 Déclaration, 1-1Tudeh :Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfepersique et au Moyen-Orient 2 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 2-1 Julie Lévesque :À court de cibles », les services secrets israéliens « diminuent les assassinats » en Iran. 2-2 Amar DJERRAD : L’échec du stratagème « Grand Moyen-Orient » sous le fallacieux prétexte de « l’arme atomique » de l’Iran. 3 Annexe 3-1 Dr. Paul Craig Roberts : Washington nous mène dans un monde hors-la-loi.
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1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.
1-1Tudeh :Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfepersique et au Moyen-Orient !
Les événements de ces dernières semaines, telles les nouvelles portant sur les troubles en Syrie et le programme « nucléaire » de la République islamique Iranienne sont des signes de tensions sans précédent dans la région et d’un risque de déclenchement d’une guerre désastreuse et meurtrière qui pourrait facilement s’étendre et prendre des dimensions mondiales.
Les menaces explicites des décideurs américains, britanniques et français sur la nécessité de renforcer les actions contre l’Iran et la Syrie sont à l’origine d’une situation dangereuse dans la région et particulièrement pour ce qui est de notre pays, qui ne peut être ignorée. L’extension des sanctions contre la République islamique iranienne a sans aucun doute causé des troubles économiques sérieux en Iran. Une hausse inédite du prix des monnaies étrangères, en d’autres termes la dévaluation de la monnaie Iranienne, et par conséquent la hausse des prix des biens de consommation, au moment où le chômage atteint des records historiques et où les usines ferment les unes après les autres, a mis en péril les conditions de vie de vastes couches de la société et plonge de plus en plus la grande majorité de la population dans la pauvreté et la misère. Et ce n’est que le début d’une guerre économique totale imposée à notre peuple, identique à celle subie par le peuple Irakien avant l’invasion militaire meurtrière des forces de l’OTAN contre ce pays. Ne pas être en mesure de vendre du pétrole ni d’importer les biens stratégiques indispensables seraient un désastre économique colossal pour un pays où le capitalisme mercantiliste d’une part, et la mise en œuvre des politiques de la Banque mondiale d’autre part, ont considérablement amoindri nos capacités de production nationales et ont transformé notre économie en une simple économie d’exportation de pétrole et d’importation de tous les biens de consommation nécessaires. Ceux qui organisent à l’échelle mondiale ces sanctions, en particulier les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ont prévu ces sanctions en ayant en tête ces problèmes.
Ces plans inhumains ont des objectifs plutôt clairs :
- Forcer la République islamique à réagir violemment pour s’en sortir, et créer donc un scénario qui poserait une base sur laquelle il serait possible de convaincre les autres puissances mondiales qu’une guerre totale est nécessaire ;
- Essouffler le mouvement pacifiste pour le forcer à capituler devant n’importe quel scénario qui proposerait une issue à cette situation très difficile ;
- Exciter et mobiliser des fractions de droite du mouvement ainsi que certaines forces de gauche qui ont retourné leurs veste, et les pousser à soutenir la soi-disant intervention « humanitaire » comme ultime option pour faire évoluer la situation ;
- Les objectifs à long-terme de cette aventure militaire et probablement d’une guerre régionale sont clairs : contrecarrer la crise économique mondiale ; reconfigurer les politiques économiques à l’échelle mondiale sur la base de la concentration de capitaux astronomiques ; constituer le Grand Moyen-Orient afin d’étendre leur cercle d’influence politique et économique ainsi que leur domination sur une région stratégique du point de vue énergétique ; détourner les capacités de protestation massive des peuples de la Tunisie et l’Égypte, en Afrique du nord, à la Syrie et l’Iran et d’autres pays du Golfe persique et mettre un terme aux mouvements progressistes dans la région et mettre en place des « îlots de stabilité politique » qui puissent garantir les intérêts de l’impérialisme, à court et long-terme, dans la région. Hélas, les derniers événements donnent des signes de l’état d’avancement de ce scénario pré-établi par les complexes militaro-industriels mondiaux.
Les leaders du régime répressif et obscurantiste de la République islamique estiment qu’il n’y a pas de place pour le recul, et au lieu de penser à des façons de faire baisser la tension, ils développent les programmes nucléaires et brandissent des menaces militaires face aux sanctions économiques. Ali Khamenei, leader de la République islamique, a déclaré le 3 février, affirmant que l’Iran ne reculerait pas, que le pays était prêt à la guerre et a mis en avant l’expérience de la « guerre de 33 jours du Liban » face à l’ennemi. En réponse aux menaces Israéliennes, il a évoqué des menaces qui trouveront une « réponse appropriée en temps voulu ». L’ambassadeur Iranien en Russie a également parlé de frapper les intérêts américains et occidentaux dans le monde entier. Et après ces commentaires, ce fut au tour de Mahmoud Ahmadinedjad, lors d’un discours pour le défilé de l’Anniversaire de la révolution, à Téhéran, de promettre que « le monde allait bientôt prendre connaissance de nouvelles prouesses Iraniennes en terme de technologie nucléaire. » Ces commentaires ont été faits au moment où les manœuvres militaires pour fermer le détroit d’Ormuz ainsi que des avertissements officiels et clairs pour le départ des porte-avions Américains et Britanniques du Golfe persique, ont déjà montré leurs conséquences inquiétantes et ont fait grossir les rangs de ceux prêts à rejoindre l’invasion militaire de l’OTAN en République islamique. Les menaces Iraniennes « justifient » clairement la concentration de flottes sous commandement de l’OTAN dans le Golfe persique et en mer d’Oman, et les quantités énormes d’armes vendues aux pays de la région, comme aux émirats, et la création d’une « hystérie » mondiale autour d’un péril nommé « République islamique ».
Les dernières nouvelles indiquent que les bases sont jetées pour une catastrophe qui devient de plus en plus imminente :
- Le Pentagone a commandé auprès de l’industrie militaire américaine une nouvelle génération de bombes anti-bunker de très gros calibre ;
- Le journal Al-Arabia, citant le Washington Post, affirme que la discussion au sein des cercles dirigeants des Etats-unis et des autres pays de l’OTAN n’est pas de savoir si, mais bien quand et comment infliger à l’Iran des frappes préventives ;
- De larges campagnes médiatiques sont menées contre l’Iran et la Syrie, et des comptes-rendus rapportant l’implication du Corps révolutionnaire iranien dans les violences contre les habitants de Homs, en Syrie, y compris le reportage de Russia Today concernant une éventuelle préparation de 15 000 soldats du Corps révolutionnaire prêt à se déployer sur le front de la guerre Syrienne ;
- Radio Israël a indiqué des dizaines de milliers de soldats Américains sont en train de monter à la hâte des systèmes Israéliens anti-missiles ;
Dans cette atmosphère et à l’invitation des organisations de paix, la première vague de manifestations contre la guerre a commencé dans les rues Canadiennes, Américaines et Anglaises. Même si ces manifestations ont été organisées dans la précipitation, elles ont été relayées par les médias, et ont reçu un certain soutien populaire. D’autre part, la République Islamique qui a méthodiquement réprimé toutes les organisations de paix nationales et n’a permis aucune manifestation contre la guerre a tenté de dénaturer les objectifs de ces actions et s’en est servi de façon malhonnête pour les dépeindre comme des mouvements favorables à la politique que mène la République islamique. Les véritables organisations de paix progressistes s’opposent à toute intervention des impérialistes dans les affaires de quelque pays que ce soit même sous le masque de l’intervention « humanitaire », et s’oppose clairement et résolument à de telles interventions, et contrairement à certains conciliabules, qui se tiennent à huis clos, ne se taisent pas devant de telles interventions. La voie proposée par la République islamique, cependant, est claire. Interpréter cette opposition sans la moindre ambiguïté à toute ingérence extérieure comme un soutien des forces éprises de paix du monde entier à la cruauté et au crime, et à l’oppression du peuple que défendent des régimes comme celui théocratique de la République islamique, c’est avoir un toupet qui est le propre des dirigeants de la République islamique. La réalité est que la plupart des organisateurs de ces mouvements de protestation ont inlassablement manifesté leur opposition aux politiques et aux actions du régime théocratique dans notre pays, et leur opposition aux aventures militaires de l’impérialisme dans la région s’inscrit en solidarité avec la lutte des travailleurs dans notre pays.
Dans son communiqué du 7 février, le Conseil mondial de la paix a analysé les plans impérialistes visant à constituer un Grand Moyen-Orient et examiné les situations actuelles en Syrie et en Iran, le déploiement massif de forces militaires américaines dans le Golfe persique, l’alignement des Cheikhs du Golfe persique sur l’Occident et les provocations constantes d’Israël contre l’Iran, et a affirmé la position de cette organisation progressiste sur les droits démocratiques du peuple et sur les interventions étrangères :
« Nous exprimons notre soutien à la lutte complexe du peuple Iranien pour la paix, la démocratie et la justice sociale et le rejet de toute ingérence dans les affaires internes Iraniennes sous aucun prétexte. Nous réaffirmons une fois de plus le droit inaliénable de toute nation à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques (…) Nous soutenons les véritables exigences pacifiques, sociales, politiques et économiques du peuple Syrien et affirmons une nouvelle fois qu’aucune puissance n’a le droit de décider pour un autre peuple ou une autre nation. L’humanité ne peut tolérer d’ingérence étrangère dans les affaires internes d’un peuple. La souveraineté d’un pays est de la seule responsabilité de son peuple. » Le communiqué poursuit : « Les forces démocratiques, anti-impérialistes, éprises de paix du monde entier doivent briser le silence et dénoncer les campagnes perfides de l’impérialisme qui ouvre la voie à cette nouvelle agression (…) Nous nous engageons à poursuivre la lutte et à mobiliser des forces dans le monde entier afin de créer les fondations permettant de passer à une nouvelle étape dans la lutte anti-impérialiste, pour défendre la paix, la solidarité et l’auto-détermination des peuples. Nous sommes convaincus que la lutte des peuples pour la paix l’emportera ! »
L’expérience des manifestations mentionnées démontre que l’articulation de slogans pour la paix et le mouvement contre la guerre avec la lutte progressiste de notre peuple pour la démocratie est une nécessité et devrait être mise en avant par les organisations pacifistes de notre pays. Nous nous trouvons devant des jours et des semaines capitales. La région du Golfe persique et le Moyen-Orient sont au bord d’une guerre destructrice qui pourrait s’étendre et prendre des dimensions mondiales. Nous devons réagir face à de telles aventures dangereuses avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, nous ne devons laisser passer aucune occasion de nous opposer à la guerre et aux fauteurs de guerre, et empêcher la catastrophe avant qu’elle n’éclate.
Article du Tudeh, parti communiste iranien,
Publié dans l’organe central du Tudeh « Nameh Mardom »
Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
2 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
2-1 Julie Lévesque :À court de cibles », les services secrets israéliens « diminuent les assassinats » en Iran.
Citant anonymement des officiels hauts placés du renseignement israélien, la revue étasunienne Time Magazine contredit le très crédible quotidien britannique Sunday Times en suggérant que durant les derniers mois, le Mossad (les services secrets israéliens) a « réduit » ses opérations clandestines en Iran, incluant les assassinats ciblés.
Paradoxalement, le Times et TIME se contredisent. Dans son numéro du 25 mars, le Sunday Times affirmait que les services de renseignement israéliens avaient intensifié leurs activités clandestines à la base militaire de Parchin en Iran, prétendument pour trouver des preuves à l’effet que l’Iran fabriquait une arme nucléaire. Ces opérations des services de renseignement ont été menées alors que Téhéran négociait avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Celle-ci faisait pression sur les Iraniens afin qu’ils autorisent une visite sur cette même base. (Julie Lévesque, Fabrication de preuves pour attaquer l’Iran? Des espions israéliens en Iran déguisés en soldats iraniens, Mondialisation.ca, 27 mars 2012)
Un autre article intitulé US steps up intelligence, sabotage missions in Iran (Les États-Unis intensifient les missions de renseignement et de sabotage en Iran), publié par The Hill le 9 avril, semble corroborer les informations révélées par le Sunday Times. The Hill indique une augmentation dans la République islamique des opérations clandestines de la CIA et de ses alliés dans la région. Comme Israël est l’allié le plus important des États-Unis dans cette région, on peut assumer que le Mossad participait à ces missions de sabotage.
Citant le Washington Post, Carlo Munoz rapporte dans The Hill :
Les agences de renseignement étasuniennes intensifient les missions de renseignement et de sabotage axées sur le programme nucléaire iranien, alors que Téhéran se prépare à renouer les pourparlers avec les puissances occidentales relativement aux efforts réalisés dans ce domaine.
Des représentants iraniens doivent rencontrer vendredi à Istanbul en Turquie le soi-disant groupe P5+1, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies plus l’Allemagne, dans le but de discuter du programme nucléaire du pays […]
La CIA et d’autres agences ont par ailleurs multiplié les missions de sabotage en Iran, lesquelles visent à perturber le travail nucléaire en cours au pays.
Afin d’y parvenir, l’agence a compté sur ses partenariats avec des services de renseignement dans la région afin de recruter des agents pour des missions de renseignement et de sabotage en sol iranien, rapporte le Post. (Carlo Munoz, US steps up intelligence, sabotage missions in Iran, The Hill, 9 avril 2012.)
Le compte-rendu du Washington Post révèle par ailleurs que l’ « activité de renseignement » a été utilisée pour accroître les sanctions économiques contre l’Iran :
L’augmentation des activités de renseignement a coïncidé avec une campagne clandestine de la CIA et d’autres agences, visant à saboter le programme nucléaire iranien, et a permis d’accroître l’utilisation de sanctions économiques ciblées par les États-Unis et leurs alliés dans le but d’affaiblir la détermination de l’Iran […]
D’anciens représentants du renseignement ont affirmé que l’intensification des activités s’est poursuivie sous la direction de Leon E. Panetta, qui a établi des partenariats avec des agences de renseignement alliées de la région, capables de recruter des agents pour des missions en Iran. (Joby Warrick et Greg Miller, U.S. intelligence gains in Iran seen as boost to confidence, The Washington Post, 7 avril 2012.)
Ces deux reportages sèment définitivement le doute sur la crédibilité du reportage du TIME publié le 30 mars et intitulé « Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say » (Selon des officiels, le Mossad réduit ses opérations clandestines en Iran).
Selon le compte-rendu du TIME, le Mossad a réduit ses opérations en Iran, ce qui contredit les articles du Washington Post et du Sunday Times.
Cependant, l’aspect le plus frappant des révélations contradictoires du TIME n’est pas la diminution des activités clandestines du Mossad en Iran, mais plutôt la nature même des opérations, soit des assassinats et des attaques, rapportées par le TIME d’une manière très banale.
Selon les officiels, la diminution touche un vaste éventail d’opérations, non seulement les missions très en vue comme les assassinats et les explosions sur des bases iraniennes de lancement de missiles, mais aussi la collecte de renseignement sur le terrain et le recrutement d’espions au sein du programme iranien. (Karl Vick, Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say, 30 mars 2012.)
Sans preuves à l’appui, Israël a nonchalamment accusé l’Iran d’être à l’origine d’attaques à la bombe menées récemment en Thaïlande et en Inde, lesquelles n’ont pas fait de victimes, mais ont blessé 5 personnes. Ces actions ont été qualifiées, à juste titre, d’attaques terroristes.
Cependant, dans le reportage du TIME cité ci-dessus, les assassinats et les attaques à la bombe commis par Israël en Iran ne sont pas considérés comme des actes terroristes. Il s’agit d’un cas évident de deux poids deux mesures.
L’article met l’accent sur la raison invoquée pour la réduction des attaques et des assassinats, notamment les conséquences néfastes sur l’« image d’Israël dans l’opinion publique ». Si l’on reconnaît dans le reportage que le Mossad a été impliqué dans l’assassinat d’Iraniens, entre autres, et qu’il a perpétré des attaques en sol iranien, la nature criminelle de ces actions n’est jamais évoquée :
Des représentants occidentaux des services de renseignement avaient déjà confirmé au TIME que le renseignement iranien avait découvert une cellule entraînée et équipée par le Mossad. Les aveux détaillés de Majid Jamali Fashid l’an dernier à la télévision d’État iranienne étaient authentiques, selon ces représentants. Ces aveux concernaient l’assassinat du scientifique spécialisé dans le nucléaire, Massoud Ali Mohmmadi, tué dans un attentat à la bombe mené par un motocycliste en janvier 2010. Les responsables du renseignement occidentaux ont blâmé un pays tiers pour avoir révélé l’existence de la cellule.
Dans ce cas-là, les dommages causés à l’image d’Israël dans l’opinion publique ont été limités par la crédibilité de l’Iran […]
Mais cela pourrait changer si la République islamique capturait un Israélien ou présentait d’autres preuves, quelque chose de l’ordre des séquences vidéo en circuit fermé et des faux passeports ayant indiqué la présence d’agents du Mossad dans l’hôtel de Dubaï où le trafiquant d’armes Mahmoud al-Mabhouh a été trouvé mort dans sa chambre en janvier 2010.
Certains préviennent que les assassinats courent déjà ce risque. Après le plus récent meurtre en janvier, celui du scientifique spécialisé dans le nucléaire Mostafa Ahmadi-Roshan, les États-Unis ont catégoriquement nié toute implication et ont condamné le meurtre. Des officiels occidentaux du renseignement affirment qu’il était au moins le troisième scientifique iranien tué par des agents du Mossad, lesquels sont récemment à court de cible, aux dires de certains représentants israéliens […] (Ibid.)
En revanche, dans un article du TIME sur les attaques à la bombe ayant ciblé des Israéliens en Inde et en Thaïlande et pour lesquelles on a blâmé l’Iran, TIME était catégorique en ce qui a trait à la définition du terrorisme :
Pour être juste, il faut dire qu’il n’existe pas de définition du terrorisme admise au niveau international. Mais lorsque des bombes se mettent à exploser, aucune analyse terminologique ou déformation de définitions n’empêchera les gens de conclure qu’il s’agit de terrorisme. (Robert Horn, Thai Tourism Sector Must Face, Not Dismiss, the Threat of Terrorism, 20 février 2012.)
Une « équipe terroriste » israélienne arrêtée en Iran
Ces reportages contradictoires relativement à la quantité d’opérations secrètes en Iran pourraient indiquer qu’Israël et les États-Unis bluffent et font couler des informations dans le cadre d’une opération psychologique (PsyOp). Mais le 10 avril, le gouvernement iranien a déclaré avoir arrêté un groupe terroriste appuyé par Israël, sans donner trop de détails.
Les responsables ont prétendu que les terroristes étaient financés et appuyés par Israël et envisageaient d’attaquer des scientifiques œuvrant dans le nucléaire et des sites nucléaires au pays. Le plan terroriste a été déjoué, a affirmé l’agence de presse étatique Islamic Republic News Agency (IRNA), citant des représentants du ministère. (Stephen Manual,Israel-backed terrorist team arrested in Iran, All Voices, 10 avril 2012.)
Le présumé plan terroriste cité par Téhéran ressemble énormément aux opérations clandestines détaillées dans le TIME. Mais il est possible que les Iraniens bluffent aussi.
S’il est vrai que la République islamique a « capturé un Israélien » ou qu’elle possède « d’autres preuves », comme le mentionnait le TIME, cela pourrait accroître « la crédibilité de Téhéran » et, en revanche, affecter « l’image d’Israël dans l’opinion publique ».
Julie Lévesque
Vendredi 20 avril 2012
2-2 Amar DJERRAD : L’échec du stratagème « Grand Moyen-Orient » sous le fallacieux prétexte de « l’arme atomique » de l’Iran.
On se réunit, on parle, on sanctionne, on menace puis on recommence. Cela fait presque 20 ans que cela dure. Cela devient de la schizonévrose. Les menaces de « frappes préventives », réitérées à satiété, pour empêcher l’Iran de se doter de « l’arme nucléaire » n’est plus crédible, d’une part parce qu’ils connaissent la vérité et d’autre part parce qu’ils redoutent les conséquences qu’ils savent catastrophiques pour leurs intérêts et leur gendarme local.
Même l’Iran ne croit plus à cette éventualité comme l’a déclaré l’ambassadeur de Téhéran en France, Ali Ahani, dans une interview à Reuters « les frappes militaires, nous n’y croyons pas du tout » en précisant« bien sûr, nous sommes préparés à tout scénario pour nous défendre, mais on ne pense pas que le régime sioniste ira dans cette direction parce qu’il y aurait des conséquences pires et imprévisibles non seulement pour ce régime, mais pour la région et le monde. »
A ce propos, rappelons la confirmation de L’Ayatollah Khamenei lors de la cérémonie de prestation de serment et de la remise des diplômes aux élèves officiers de l’Ecole supérieure des officiers « quiconque s’imagine pouvoir agresser la RII, se verra asséner des coups irréparables… les États-Unis et le régime sioniste, doivent savoir que le peuple iranien n’agresse aucun peuple, ni pays, mais qu’il saura répondre de toute sa puissance, à toute agression, même, menace, … »
D’ailleurs, depuis, on ne sait plus, maintenant, qui doit le faire, qui doit commencer et qui doit suivre. Même le régime sioniste - qui saisit parfaitement les conséquences d’une telle aventure - sait qu’il a perdu la force et l’initiative depuis la montée en puissance de l’Iran ; c’est la raison pour laquelle il appelle la « communauté internationale » pour le faire comme le montre un communiqué du bureau de leur premier ministre « la communauté internationale doit empêcher l’Iran de fabriquer des armes nucléaires qui représentent une menace pour la paix dans la région et dans le monde entier ». Il s’agit bien, pour lui, d’une question existentielle. Son dilemme et paradoxe, issu de son idéologie sioniste funeste, le met dans une position des plus cocasse et dramatique à la fois. Une situation ou « agresser » ou « faire la paix » mène, l’un ou l’autre vers la même destinée.
C’est-à-dire sa disparition ! Le sionisme ne peut exister sans expansionnisme et injustice lesquels mènent inexorablement à l’échec et donc à sa chute. Il s’y est enlisé dans l’invraisemblable paradoxe de « ni guerre ni paix ». La paix affaiblirait son armée et une nouvelle guerre pourrait signifier son suicide du fait du nouveau rapport de force.
Pour l’Iran, « à quelque chose malheur est bon ». Pendant tout ce temps fait de menaces, d’embargo et d’assassinats, ce pays, par sagesse et détermination, a opté pour le développement de son économie et moyens de défense en transformant en atoutscette adversité. Ainsi en comptant sur ses propres forces, il a enregistré des progrès fulgurants en matière d’autosuffisance, de technologies, d’armes défensives ; ce qui a inquiété profondément les partisans de l’hégémonie mondiale.
La RII avait bien compris qu’en lieu et place d’« arme nucléaire » - au fond couteuse, inutile et maudite par la morale - il était stratégiquement et tactiquement plus avantageux de développer des armes défensives ; plus fédératrices. La morale soutient la ‘victime’ et non l’agresseur. Les multiples annonces dans les progrès dans le développement de ce genre d’armes sont telles que les provocateurs occidentaux revoient de jour en jour leur jargon belliciste. En effet quand l’agresseur pressent une riposte du même acabit, il est moins tenté dans son aventure. Pour L. Ivashov l’ex chef d’état-major russe, favorable à la livraison des S 300 à l’Iran, « …L’agression est moins probable quand la victime est en mesure d’infliger des dommages intolérables à l’agresseur ». L’Iran averti, à chaque déclaration de menace, qu’il riposterait à toute agression lancée contre lui. Récemment, selon des médias, Massoud Jazayeri, porte-parole des Pasdarans, a prévenu qu’« une frappe foudroyante sera portée en réponse à toute agression. Nous n’agirons pas seulement dans les limites du Proche-Orient et du golfe Persique. Aucun endroit sur le territoire américain ne sera à l’abri de nos attaques ». Même les chercheurs du Congrès Us qualifient toute attaque contre l’Iran d’« inutile » du fait, selon leur rapport, que les sites « sont dispersés sur l’ensemble du territoire iranien et fonctionnent dans des conditions de sécurité extrême »
Le fallacieux prétexte développé contre l’Iran et bien tombé en désuétude. Pour T. Meyssan, « les prétendus soupçons occidentaux ne sont que des artifices…pour isoler un État qui remet en cause la domination militaire et énergétique des puissances nucléaires… ». Même les parlementaires allemands de gauche s’opposent fermement à cette option de guerre en demandant à leur gouvernement de déclarer clairement l’opposition de Berlin à toute attaque contre l’Iran. Quant aux pays du BRICS, réunis dernièrement en Inde, ils appuient clairement l’Iran et son programme nucléaire ; position que le Conseil des Affaires internationales en Inde qualifie d’« évolution extrêmement positive qui joue en faveur de la paix et de la stabilité dans l’Asie de l’Ouest ».
Il est, en effet, vrai qu’un ex-vassal qui devient indépendant et qui s’érige en puissance régionale sur laquelle on doit maintenant compter n’est pas chose facile à admettre par ceux qui se prétendent « maîtres du monde ». On a usé, dès lors, de tous les moyens, même les plus abjects, pour faire plier ce pays afin de le rendre ‘sujet’ sinon ‘satellite’ pour faire passer leurs projets mortels du « Grand Moyen-Orient ». L’AIEA, qui est devenue un instrument au service de l’Occident, ne peut dévier de cette politique de diabolisation de l’Iran pour le prétendu « nucléaire militaire » même si elle détient la vérité.
Son dernier rapport dévoile clairement sa partialité lorsqu’elle juge que les « vastes » installations de Parchin sont « destinées à des expériences à l’aide d’explosifs » ce qui constituent pour elle« des "indications fortes" d’un programme d’armement potentiel. » Ils veulent en réalité visiter les sites militaires stratégiques. Rien que ça !
Même les assassinats de scientifiques sont devenus leur politique. Si l’Iran décidait d’appliquer la même absurdité criminelle, parions qu’ils ne la dépasseront jamais, car disposant de beaucoup plus de motifs et de moyens culturels et religieux. Mais l’Iran, non seulement reste sage en tenant bon, mais est en phase irréversible de devenir (à notre sens il l’est déjà) un acteur de poids dans la géopolitique et la géostratégie régionale voire mondiale. L’avenir de la région doit passer désormais par l’Iran. Les progrès technologiques, les ressources, la patience et l’unité de l’Iran ont eu raison sur l’arrogance et la cupidité de l’Occident. Toute l’adversité à son égard s’est avérée sans effets au vu de cette évolution. Il se permet même d’appliquer sur la France et l’Angleterre, à l’avance et sur-le-champ, la ‘sanction’ de boycotter son pétrole. Il ne leur vend plus de pétrole qu’ils ont "programmé" de… ne pas acheter !
Contrairement à l’Occident et Israël, l’Iran n’a jamais agressé quiconque. Qui de ces pays puissants occidentaux et d’Israël se permet de violer des résolutions de l’ONU ou les lois internationales ? Alors que l’Iran a signé le TNP nucléaire en admettant les inspecteurs, Israël refuse de signer et de permettre toute inspection internationale de ses centrales nucléaires reconnues pour être militaires.
Quant au ‘régime’ iranien, on le voit plus démocratique que beaucoup de pays arabes valets et alliés de l’Occident ; mieux, de pays dits à ‘tradition démocratique’. C’est la propagande, le mensonge, la manipulation et la mainmise sur les médias lourds et les institutions et organisations dites ‘internationales’ qui ont perverti les valeurs en cachant la réalité et la vérité. Rappelons ce que nous avions dit par ailleurs : l’ONU et ses organisations servent à produire des alibis contre les pays ciblés, la CPI pour « menacer de prison » les dirigeants récalcitrants, le FMI pour ruiner et gager les pays, l’OTAN pour agresser et démolir, la presse pour manipuler et contrôler l’opinion. On peut ajouter la Ligue des « États arabes », cet « attrape-nigaud » discrédité, et l’association internationale des Frères musulmans qui ont pris fait et cause pour les thèses Occidentales en ce qui concerne la déstabilisation de certains États arabes faute de vision lucide ou pour cause de corruption et fourberie. Pour l’exemple, suite au refus de la France d’accorder un visa à cheikh Youssef al-Qardhaoui , le secrétaire général de cette Union, le cheikh Kardaghi, va jusqu’à faire bonne figure en déclarant que « le cheikh a toujours été modéré » en donnant comme preuves ses fatwas dont « l’une de ces fatwas avait rendu licite l’intervention militaire de l’Otan en Libye » car l’Union considère « la France comme un pays allié [en jouant] un rôle de premier plan dans le Printemps arabe et notamment en Libye et nous attendons sa contribution à la libération de la Syrie ». La perversion de certains arabes a atteint les limites de l’entendement dans leur servitude au projet des américano-sionistes. Même ces derniers, par leur soutien à l’opposition armée, ne cachent pas eux-aussi leur souhait, de toujours, de voir tomber le « régime de Bachar » qui constitue, avec l’Iran, un redoutable rempart à l’hégémonie américaine sur toute la région dont Israël était désigné le feudataire. La Syrie était inscrite comme étape d’importance par sa situation et sa politique.
Dans un article publié récemment dans le Yediot Ahranot, Efraim Halevy, l’ancien chef du Mossad, a estimé que « … si la paix se rétablie en Syrie, et si le monde accepte la survie du régime d’Assad dans le berceau Téhéran, et si la Turquie, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne accepte d’appliquer le plan d’Annan, nous connaitrons alors la défaite stratégique la plus cuisante depuis la création d’Israël ».
Le projet ayant échoué contre le ‘mur’ syrien par les percées militaires et diplomatiques réussies, il ne reste aux américains que les négociations sur la base de ce postulat avec les pays issus du nouveau rapport de force dont l’Iran, puis de faire le deuil de leur rêve de casser l’axe Atlantique / Océan indien et Pacifique pour bloquer les pays du BRICS. Ils seront contraints à faire « certains sacrifices » pour se permettre de se positionner, au mieux, en futur « initiateurs de paix » pour ne pas risquer de perdre aussi les acquis. Le Qatar qui ‘finance’ et ‘sponsorise’, l’Arabie Saoudite qui ‘arme’ et le régime d’Erdogan qui ‘abrite’ savent qu’ils ont joué leur pouvoir ou leur trône dans cette partie perdue qui se termine en Syrie.
On sent déjà l’affolement des pétro monarques et des sionistes d’Israël que leur inspire maintenant la Syrie – qu’appui l’axe Chine-Russie-Iran-Irak-Liban – qui devient leur pire cauchemar surtout depuis que la Chine et la Russie ont imposé une nouvelle équation régionale et mondiale et depuis que la « communauté internationale » ait apparemment abandonnée l’option militaire, le renversement du régime par la force et l’armement de l’opposition. Lavrov assène en assurant, que même si cette dernière option est retenue, l’armée syrienne les battra ! L’ancien chef du Mossad reconnait dans son article le trouble d’Israël ainsi « l’Iran est devenu l’allié stratégique des puissances mondiales dans les efforts visant à trouver une issue à la crise syrienne [réalisant ainsi] un des objectifs : devenir une puissance régionale au Moyen Orient ».
Les américano-arabo-sionistes savent désormais que le projet ayant pour objectif ‘Iran’ par le ‘pont’ syrien a lamentablement échoué d’où, encore, ces sempiternelles menaces de frappes de l’Iran. Mais quand on ne fait que menacer durant 20 ans c’est que l’on ne fera rien ! Que du bluff ! Le dernier espoir et le dernier enjeu, qu’est la Syrie, est en phase de se pulvériser sur les rocs Damascains ; d’où ces revirements dans leurs discours et leurs engagements à l’endroit de la Syrie et l’Iran dont-on annonce subrepticement qu’il ne présente pas de caractère militaire. Ou bien ces informations crédibles qui font état qu’un certain nombre de dirigeants arabes adressent des « lettres confidentielles » à Damas dans le but de rechercher des solutions surtout après le « choc », pour le Qatar et l’Arabie saoudite, du Sommet de Bagdad.
D’après un diplomate russe en relation avec Damas, il y aurait un accord américano-russe lors d’une rencontre entre Medvedev et Obama. Celui-ci aurait demandé que Moscou tempère les choses « jusqu’aux élections américaines » en échange d’une réactivation de ses « principes annoncés pour son mandat en cours ; ceux qui consistaient à rechercher les solutions plutôt que les conflits face aux problèmes internationaux » à savoir le problème du bouclier antimissiles, les dossiers iranien, syrien en particulier. Ce diplomate russe affirme qu’il n’y aura pas de guerre contre l’Iran et que pour la Syrie ils en sont « à l’étape du règlement politique de la crise…maintenant le plus important est de convaincre l’opposition d’accepter… » La surprise/coup de grâce arrive du prix Nobel allemand Günter Grass qui vient de publier, dans le quotidien de Munich Süddeutsche Zeitung, un poème/prose intitulé « Ce qu’il faut qu’il soit dit ». Il s’agit d’une dénonciation de l’armement nucléaire d’Israël qui « menace la paix mondiale » ainsi que les menaces d’attaques contre l’Iran. Il dénonce le « prétendu droit à attaquer le premier ». Il évoque Israël qui dispose « depuis des années d’un arsenal nucléaire croissant …et sous-marins nucléaires » et critique la livraison par son pays de sous-marins qui pourrait rendre les Allemands complices d’un « crime prévisible ». Grass dénonce un « silence généralisé [qui est un] mensonge pesant » tout en prévenant qu’il sera accusé « d’antisémitisme ». « Pourquoi maintenant ? », « Parce qu’il faut dire ce qui pourrait être trop tard demain » dit-il.
La vérité finit toujours par reprendre le dessus sur le mensonge. C’est la loi inexorable de la Nature. Le monde à venir sera désormais plus équilibré avec les nouvelles alliances, les nouveaux regroupements, les nouveaux rapports de forces conséquents à des décennies d’injustices et de dominations des pays que compose l’Empire.
Les conclusions des meilleurs services de renseignements au monde, la CIA, et d’autres experts montrent que l’Iran aurait dû posséder cette arme nucléaire il y a 12 ans. S’il n’y a rien jusque-là, c’est que l’on menace l’Iran de bien autres choses qui relèvent de son droit indiscutable et inaliénable.
Voici ce qu’ils disaient déjà entre 1993 et 2000 et qu’ils redisent encore actuellement 12 ans après :
- « 24 février 1993 : le directeur de la CIA James Woolsey affirme que l’Iran était à huit ou dix ans d’être capable de produire sa propre bombe nucléaire, mais qu’avec une aide de l’extérieur, elle pourrait devenir une puissance nucléaireplus tôt. »
- « Janvier1995 : le directeur de l’agence américaine pour le contrôle des armements et le désarmement John Holum témoigne que l’Iran pourrait avoir la bombe en 2003. »
- « 5 janvier 1995 : le secrétaire à la défense William Perry affirme que l’Iran pourrait être à moins de cinq ans de construire une bombe nucléaire, bien que "la rapidité... dépendra comment ils travaillent pour l’acquérir" (‘how soon…depends how they go about getting it.’) »
- « 29 avril 1996 : le premier ministre israélien Shimon Peres affirme qu’"il croit que d’ici quatre ans, ils (l’Iran) pourraient avoir des armes nucléaires". »
- « 21 octobre 1998 : le général Anthony Zinni, chef de l’US Central Comand affirme que l’Iran pourrait avoir la capacité d’envoyer des bombe nucléaires d’ici cinq ans. "Si j’étais un parieur, je dirais qu’ils seront opérationnels d’ici cinq ans, qu’ils auront les capacités." »
- « 17 janvier 2000 : Une nouvelle évaluation de la CIA sur les capacités nucléaires de l’Iran affirme que la CIA n’exclut pas la possibilité que l’Iran possède déjà des armes nucléaires.
L’évaluation se fonde sur la reconnaissance par la CIA qu’elle n’est pas capable de suivre avec précision les activités nucléaires de l’Iran et ne peut donc exclure la possibilité que l’Iran ait l’arme nucléaire. »
En conclusion,
Il n’est pas inutile de rappeler ce qui est baptisé le projet « Yinon » que les israéliens considèrent comme stratégique et qui entre dans la même stratégie du « Grand Moyen-Orient ». Conçu par ses officines, il consiste en une reconfiguration de son « environnement géostratégique » grâce à une « balkanisation des états du Moyen-Orient et des pays arabes » pour en faire des « petits états » sans puissance. L’Irak, considéré comme pièce maitresse, devait être divisé en un état kurde et deux états arabes (pour les musulmans chiites et pour les sunnites) en suscitant, pour ce faire, une guerre contre l’Iran. Ce projet préconise aussi le démembrement du Liban, de l’Égypte et de la Syrie ; le morcellement de l’Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan. Il prévoie également la partition de l’Afrique du Nord en commençant par l’Egypte puis de l’étendre au Soudan, à la Libye, au Mali et au reste de la région. L’"Atlantic" en 2008 et l’"Armed Forces Journal" en 2006, avaient publié des:cartes où figurent ces « nouveaux pays » qu’envisage ce projet « Yinon ».
Le monde « arabe et musulman » était donc bien averti.
Amar DJERRAD
11 avril 2012
URL de cet article 16358
http://www.legrandsoir.info/l-echec-du-stratageme-grand-moyen-orient-sous-le-fallacieux-pretexte-de-l-arme-atomique-de-l-iran.html
3 Annexe.
3-1 Dr. Paul Craig Roberts : Washington nous mène dans un monde hors-la-loi.
Le gouvernement des Etats-Unis prétend vivre sous les auspices de la loi, le respect des droits de l’Homme, et d’apporter liberté et démocratie à ses citoyens. La prétention de Washington et la dure réalité sont diamétralement opposées.
Les officiels du gouvernement américain critiquent de manière routinière les autres gouvernements pour ne pas être démocratiques et pour violer les droits de l’Homme. Toujours est-il qu’aucun autre pays au monde mis à part Israël bombarde, tire des missiles et envoie des drones dans des nations souveraines pour tuer des populations civiles. Les prisons de la torture d’Abu Graïb, de Guantanamo et le programme de transfert secret de prisonniers de la CIA dans ses prisons tout aussi secrètes, sont les contributions des régimes Bush / Obama aux droits de l’Homme.
Washington viole les droits de ses propres citoyens. Washington a suspendu les droits et libertés civils pourtant garantis par la constitution et a déclaré ses intentions de détenir les citoyens américains indéfiniment sans autre forme de procès. Le président Obama a annoncé qu’à sa discrétion, il peut faire assassiner des citoyens américains qu’il voit comme une menace pour les Etats-Unis.
Le congrès n’a pas répondu à ces annonces extraordinaires avec une procédure de destitution. Il n’y a pas eu de levée de boucliers de la part des cours fédérales, des facs de droit et des associations du barreau. Glenn Greenwald rapporte que le département de la Sécurité de la Patrie (NdT: la “fameuse “ DHS, qui est la stasi / securitate du pays du goulag levant) harcèle les journalistes qui refusent de devenir des “pressetitués” et nous avons vu des vidéos de la répression brutale par la police des manifestations pacifiques du mouvement Occupy Wall Street. Chris Floyd décrit les pervers de la torture qui règnent sur les Etats-Unis.
Maintenant, Washington force du mieux qu’elle peut le reste du monde à se débarrasser des traités internationaux et de la loi internationale. Washington a déclaré que sa parole seule est la loi internationale. Tous les pays, sauf ceux qui ont reçus une dispense de Washington, qui s’engagent dans le commerce avec l’Iran ou achète du pétrole iranien seront sanctionnés par les Etats-Unis. Ces pays seront coupés du marché américain et leur système bancaire ne pourra plus utilisé les banques pour procéder aux réglements internationaux. En d’autres termes,, les sanctions de Washington envers l’Iran s’appliquent non seulement à l’Iran mais aussi aux pays qui défient Washington et utilisent le pétrole iranien pour subvenir à leur demande énergétique.
D’après le Christian Science Monitor, Washington a jusqu’ici donné une dérogation au Japon et à 10 pays européens pour continuer à acheter le pétrole iranien. Demandant à des pays de fermer leurs économies afin de donner libre-court à la vendetta de Washington contre l’Iran; une vendetta qui existe depuis que les Iraniens ont renversé la marionnette installée par les Etats-Unis, le Shah d’Iran, il y a plus de trente ans. Ceci fut plus que Washington ne pouvait supporter. Washington a permis au Japon de continuer à importer entre 78 et 85% de ses importations normales de pétrole avec l’Iran.
Les dispenses de Washington quoi qu’il en soit, sont tout à fait arbitraires. Des dispenses n’ont pas été données à la Chine, à l’Inde, à la Turquie et à la Corée du Sud. L’Inde et la Chine sont les plus gros importateurs de pétrole iranien et la Turquie et la Corée du Sud sont dans le top 10 des importateurs. Avant que de regarder aux conséquences imprévues de la vendetta de Washington contre l’Iran, voyons quel est le problème de Washingron avec ce pays ?
Franchement, Washington n’a rien à faire valoir. Nous sommes, une fois de plus, revenus à la supercherie “des armes de destruction massives”. L’Iran, à l’inverse d’Israël, est signataire du traité de non prolifération nucléaire. Tout pays signataire à le droit à l’énergie nucléaire. Washington affirme que l’Iran viole le traité en développant un programme nucléaire militaire. Il n’y a absolument aucune preuve des accusations de Washington. Washington possède 16 agences de renseignement et toutes sont unanimes pour dire que l’Iran n’a pas de programme nucléaire militaire pour faire des armes nucléaires depuis au moins 2003. De plus les inspecteurs de l’AIEA sont en Iran et ont rapporté de manière constante qu’il n’y a pas de diversion de matériel nucléaire de son programme énergétique vers un programme d’armement.
Les quelques rares fois où on rappelle à Washington ces faits, elle rend l’affaire différente. Washington déclare alors les droits de l’Iran sous les conditions du traité de non prolifération invalides, que l’Iran ne peut pas avoir un programme nucléaire énergétique, parce que l’Iran apprendrait alors à faire des armes nucléaires dans le futur et ainsi d’obtenir la bombe. La première nation hégémonique mondiale a décidé unilatéralement que la possibilité que l’Iran puisse un jour décider de construire une bombe atomique, est un trop grand risque à courir. C’est mieux, dit Washington, de faire monter les prix du pétrole, de perturber l’économie mondiale, de violer la loi internationale et de risquer une guerre majeure, que d’avoir à se soucier qu’un gouvernement iranien futur fasse une arme nucléaire. Ceci est l’approche tyrannique de la loi de Jeremy Bentham, qui fut répudiée par le système légal anglo-saxon.
Il est difficile de caractériser la position de Washington comme étant une position de bon jugement. De plus, Washington n’a jamais expliqué quel risque elle voit dans la possibilité de la possession de l’arme nucléaire par l’Iran. Pourquoi ce risque serait-il plus grand que le risque associé avec l’armement nucléaire soviétique à l’époque, ou avec l’armement nucléaire des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, d’Israël, du Pakistan, de l’Inde et de la Corée du Nord aujourd’hui? L’Iran est un pays relativement petit. Elle n’a pas l’ambition hégémonique de Washington. Contrairement à Washington, l’Iran n’est pas en guerre avec une demi-douzaine de pays. Pourquoi Washington détruit-elle la réputation des Etats-Unis comme un pays qui respecte la loi et risque une guerre majeure et une dislocation économique à propos de quelques développements futurs, dont la probabilité est totalement inconnue ?
Il n’y a pas de bonne réponse à cette question. Manquant de preuve dans le cas contre l’Iran, Washington et Israël y ont substitué la diabolisation. Le mensonge a été établi comme vérité comme quoi le président actuel de l’Iran a l’intention de rayer Israël de la surface de la terre.
Le mensonge a eu le succès escompté comme propagande alors même que de nombreux experts en langues ont prouvé que l’intention attribuée au président iranien par la machine propagandiste américano-israélienne est un énorme contre-sens dans la traduction de ce que le président iranien a dit. Une fois de plus, pour Washington et ses presstitués, les faits ne comptent pas. Seul l’agenda est ce qui compte. N’importe quel mensonge sera utilisé pour faire avancer cet agenda.
Les sanctions de Washington pourraient bien finir par mordre Washington plus fort qu’elles ne mordent l’Iran.
Que fera Washington si l’Inde, la Chine, la Turquie et la Corée du Sud ne succombent pas à ses menaces ?
D’après des rapports récents, l’Inde et la Chine ne sont pas favorables à se désavantager elles-mêmes et à nuire à leur développement économique afin de supporter Washington dans sa vendetta contre l’Iran. Ayant observé la montée rapide de la Chine et l’immunité de la Corée du Nord contre une attaque américaine, la Corée du Sud peut légitimement se demander combien de temps encore elle restera un état marionnette des Etats-Unis. La Turquie, où le gouvernement civil et quelque peu islamiste a réussi à devenir indépendant de l’armée turque contrôlée par les Etats-Unis, apparaît réaliser peu à peu que Washington et l’OTAN ont cantonné la Turquie dans un “rôle de serviteur” dans lequel la Turquie est l’agent de Washington contre ses pairs. Le gouvernement turc semble réévaluer les bénéfices d’être un pion de Washington.
Ce que la Turquie et la Corée du Sud ont à décider est en fait de prendre la décision pour que ces pays soient des pays indépendants ou assimilés dans l’empire de Washington.
Le succès de l’assaut américano-israélien sur l’indépendance de l’Iran dépend de l’Inde et de la Chine.
Si l’Inde et la Chine montrent leur majeur a Washington, que peut-elle faire ? Absolument rien. Que se passera t’il si Washington, noyée dans ses délires gigantesques, venait à annoncer des sanctions contre l’Inde et la Chine ?
Les rayons de Wal-Mart resteront vides et le plus gros distributeur des Etats-Unis viendrait marteler la porte de la Maison Blanche.
Apple et bon nombre de grosses corporations influentes américaines, qui ont délocalisées leur production pour le marché américain en Chine, verraient leurs profits s’évaporer. Ensemble, avec leurs alliés de Wall Street, ces entreprises très puissantes viendraient prendre d’assaut le fou de la Maison blanche avec bien plus de force que l’Armée Rouge. Le surplus commercial chinois arrêterait de venir renflouer la dette de la trésorerie américaine. Les opérations bancaires délocalisées en sous-traitance en Inde, les compagnies de cartes de crédit et les départements de services et d’utilités à travers les Etats-Unis cesseraient de fonctionner.
Ce serait le domaine du chaos aux Etats-Unis. Telles sont les récompenses pour l’empire de la mondialisation que ce même empire a enfanté.
L’imbécile de la Maison Blanche et les va t’en guerre néoconservateurs et israéliens qui le pressent de faire encore plus de guerres, ne comprennent pas que les Etats-Unis ne sont plus un pays indépendant. Les Etats-Unis ont un propriétaire: les corporations offshore et les pays étrangers dans lesquels ces corporations ont localisé leur production pour les marchés américains. Des sanctions sur l’Inde, la Chine (et la Corée du Sud) veut simplement dire des sanctions sur les entreprises américaines, des sanctions sur la Turquie veulent dire des sanctions sur un allié de l’OTAN.
La Chine, l’Inde, la Corée du Sud, la Turquie réalisent-elles qu’elles ont en leur possession la donne gagnante ? Comprennent-elles qu’elles peuvent montrer leur majeur à l’empire américain et l’amener à l’effondrement, ou sont-elles conditionnées comme l’Europe et le reste du monde au fait qu’il est vain de résister aux Américains tous puissants ?
La Chine et l’Inde exerceront-elles leur puissance sur les Etats-Unis ou ces deux pays vont-ils tempérer l’affaire et adopter une pose qui sauvera la face de Washington tout en continuant à acheter le pétrole iranien ?
La réponse à cette question est: Combien les Etats-Unis vont-Ils payer secrètement en concessions multiples, comme par exemple la sortie des Etats-Unis de la Mer de Chine du Sud, pour que la Chine et l’Inde prétendent à la reconnaissance de la puissance américaine sur le reste du monde ?
Sans concessions à la Chine et à l’Inde, Washington se verra très sûrement ignorée et contemplera sa puissance s’évaporer. Un pays qui ne peut pas produire industriellement et produire des biens de consommation, mais ne peut qu’imprimer des instruments d’endettement et de la monnaie n’est pas un pays puissant. Il n’est qu’un petit caïd de cour de récréation qui peut continuer à rouler des mécaniques jusqu’à ce que le garçon proverbial dise: “L’empereur est nu”.
Paul Craig Roberts
Article original en anglais : Traduction : Résistance 71, http://resistance71.wordpress.com/
Le 15 avril 2012
Mondialisation.ca
Le blog de Paul Craig Roberts : http://www.paulcraigroberts.org/
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25.04.2012
n°94 - journal d'Iran - du 05-04 au 2-04 2.012 - Selon Abdel Bari Atwan, Israël prépare le terrain pour lancer une attaque militaire contre l'Iran.
n°94 - journal d'Iran - du 05-04 au 2-04 2.012 - Selon Abdel Bari Atwan, Israël prépare le terrain pour lancer une attaque militaire contre l'Iran.
journald'Iran n°94 du 05-04 au 2-04 2.012
C.De Broeder& M.Lemaire
a) Le "Journald'Iran" est visible sur les blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
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Sommaire : Tiré à part : Abdel Bari Atwan : Israël, c’est la guerre ! hybel.blogspot : La délocalisation de la guerre d’Iran. Paroles & action du président Ahmadinejad ... Les Usa au cœur des débats. IRNA : Propos du président iranien sur les droits nucléaires de l'Iran. ''Nous pouvons résister à l'embargo pendant des années'' 1) PolitiqueIranienne Les grandes manœuvres Surle terrain L'Iran investira 30 mds USD dans ses hydrocarbures en 2012. 2) Politiqued'Israël Préparation à la Guerre. Le complot israélien pour saper les négociations de Iran/5+1. Almanar : Implication des missions diplomatique dans le réseau d’espionnage démantelé. IRIB : Succès d'Istanbul, Israël ne décolère plus! 3) Sur le terrain Les Voisins Russie Almanar : Moscou à "Israël": il est dangereux de faire monter la pression sur l’Iran. 4) Dans le monde Les USA IRIB :La Maison Blanche s’acharne sur l'Iran. Khaleej Times : Un deuxième porte-avions américain, l'USS Entreprise, a été dépêché vers le Golfe suite à l'aggravation des relations entre les Etats-Unis et l'Iran, ont rapporté lundi les médias internationaux … Le Pentagone déploie au large de l’Iran 430 missiles de croisière. 5 Dossier & Point de vue 5-1 Alain Gresh : Comment le gouvernement israélien conditionne l’opinion internationale à la guerre. 7-2 Amar DJERRAD : L’échec du stratagème « Grand Moyen-Orient » sous le fallacieux prétexte de « l’arme atomique » de l’Iran.
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Tiré à Part
Abdel Bari Atwan : Israël, c’est la guerre !
Selon Abdel Bari Atwan, Israël prépare le terrain pour lancer une attaque militaire contre l’Iran et détruire ses installations et infrastructures nucléaires.
De récents rapports israéliens estiment par anticipation que les pertes humaines dans l’État hébreu pourraient être limitées à 300 tués si une guerre éclatait, alors que le ministre israélien de la défense, Ehud Barak, renouvelle aujourd’hui ses menaces en assurant que cette année sera consacrée à l’arrêt du projet nucléaire iranien.
Nombreux sont ceux qui estiment que ces menaces israéliennes, régulièrement affichées soit par le premier ministre israélien soit par son ministre de la défense, sont la simple manifestation d’une guerre psychologique dont l’objectif est d’inquiéter les autorités iraniennes et de les pousser à accepter un compromis qui, pour faire court, serait l’abandon par Téhéran de ses ambitions nucléaires, pacifiques ou non, alors que les négociations de l’Iran avec les pays occidentaux reprendront d’ici quelques jours.
L’explication de la guerre psychologique ne peut être complètement écartée, mais il paraît vraiment plus probable que les intentions d’Israël envers l’Iran et la région entière sont plus menaçantes qu’elles ne l’ont jamais été. Cela est attesté par les commentaires de Barak quand il a nié l’efficacité des sanctions économiques et diplomatiques appliquées à l’Iran par les Etats-Unis et l’Europe, disant qu’Israël n’abandonnera pas son pouvoir de décision — y compris celui de lancer une guerre — même face à ses alliés les plus proches, ce qui pousse à croire qu’Israël attaquera l’Iran avant la fin de l’année.
Il apparaît également à travers les menaces éructées par Barak - et faites devant les correspondants militaires israéliens - qu’il n’est pas uniquement question de l’Iran, mais aussi du Hezbollah [résistance libanaise], quand il a déclaré que la réponse à tout tir de missile venant du sud-Liban sera la destruction de l’infrastructure libanaise dans sa totalité. Toutefois, le Hezbollah, qui a résisté à l’agression israélienne contre le Liban pendant plus de 34 jours en 2006 - avec pour résultat une défaite retentissante et l’humiliante pour l’armée israélienne - ne se laisse pas intimider par ce genre de menaces. Le premier dirigeant du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, a déjà laissé entendre que la réplique de ses forces à une agression israélienne contre des cibles iraniennes serait l’envoi de ses missiles (estimés au nombre de 50 000) vers Haïfa, Tel Aviv et toute autre ville importante en Israël.
Le président des Etats-Unis Barack Obama, a prévenu Netanyahu quand ce dernier a visité Washington il y a un mois, à propos de ses perpétuelles menaces d’attaquer l’Iran, à cause de l’effet négatif qu’ont ces menaces sur l’économie internationale et en particulier les prix du pétrole. Ignorer cet avertissement est non seulement une insulte à l’égard du président américain, mais c’est avant tout une indication que les préparatifs en Israël pour une guerre n’ont pas cessé une seconde. Celui qui commande l’armée en Israël, se rend parfaitement compte des capacités de son armée et n’adopterait pas cette politique agressive s’il ne se sentait pas préparé aux conséquences.
Israël court un risque significatif avec ses menaces d’une guerre qui mettrait en danger la sécurité internationale. L’auteur allemand Günter Grass n’avait pas tort quand il disait être profondément préoccupé en voyant un État nucléarisé israélien mettant en garde contre le danger d’un État non-nucléairisé comme l’Iran, et il a lancé un appel pour que des opérations d’inspection soient effectuées sur un pied d’égalité entre les deux pays.
La guerre voulue par Israël ne sera pas une victoire dans un fauteuil. Une fois lancée, cette guerre brûlera non seulement les doigts d’Israël, mais peut-être aussi sa main, voir plusieurs parties de son corps s’il faut en croire les experts.
* Abdel Bari Atwanest palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres.
Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.
9 avril 2012 –
Vous pouvez consulter cet article à : ://www.abdelbariatwan.com/Israel%20...
Traduction : Info-Palestine.net - al-Muktar
hybel.blogspot : La délocalisation de la guerre d’Iran
L’Iran est au ban d’infamie depuis plus de trente ans. L’insoumise ne veut pas rejoindre le « concert des nations ». Son crime est de relever la tête pour dire non à la globalisation. Elle vit dans un monde à part et ne veut le quitter. Comme les Soviets, les Mao, les Gaullo, les Castro. Le harcèlement de la communauté bienpensante internationale est une constante à laquelle elle répond par l’invective et la provocation.
Contre des mots déjà en 1980, l’Occident avait armé l’Irak supplétive pour saigner plus d’un million d’adolescents sur pieds.
Contre des mots, l’Occident a militarisé le Golfe et la Péninsule arabe. Des missiles et des canons par milliers, des avions par centaines, des porte-avions par dizaines, des bases plus nombreuses que les doigts de la main. Jamais, le monde n’aura connu une concentration de puissance de destruction équivalente. Le tiers de la production d’armement des USA, GB et France (membres du conseil de sécurité) protège les cours du pétrole arabe et l’impunité de l’Etat hébreu.
Contre des mots Israël veut lancer ses trois cents bombes nucléaires pour prévenir la fabrication d’une seule. Les sionistes préparent méthodiquement le bombardement de l’Iran distante de mille sept cents kilomètres sous prétexte d’une improbable attaque nucléaire dont ils sont pourtant protégés par un bouclier humain de quatre millions d’otages palestiniens.
Les défenseurs du bien contre le mal jouent à se faire peur et dressent leurs opinions vers un conflit où nul va-t-en-guerre ne veut aller se faire tuer.
Car la première bataille sera suicidaire. Le Golfe persique est une pataugeoire en cul de sac où manœuvrent des centaines de tankers inflammables à la merci d’un jet d’allumette. Ce n’est pas le théâtre d’opération idéal ! La géographie est une menace bien plus dissuasive que la bombe !
En un mois de conflit, les experts prédisent que les cinq émirats arabes unis plus Bahrein, le Qatar et même l’Arabie retourneraient à l’état du Moyen âge, c'est-à-dire quarante ans en arrière !
Mais ce n’est pas ce qui inquiète l’Occident. A peine Téhéran menace t-il de fermer le détroit d’Ormuz que les cours s’envolent et les marchés s’affolent. C’est du sérieux, il faut d’urgence calmer le jeu et donner des signes discrets d’apaisement.
Justement, en Mer Rouge, une petite escadre iranienne est autorisée à faire escale au port islamique de Jeddah où elle est accueillie courtoisement par la marine royale saoudienne ; puis à sa propre surprise, elle obtient le feu vert de l’Egypte pour franchir le Canal de Suez et aller visiter ses amis russes à Tartous en Syrie. Le retour de croisière sera paisible. Les Iraniens dépassent les armadas d’une dizaine de nations qui se préparent à lui faire la guerre. Tous les commandants saluent à coup de sirène les équipages iraniens, sauf les Israéliens qui s’affranchissent de la tradition, mais c’était shabbat.
A Téhéran, pour répondre à ce geste de détente, un ayatollah ayant de la religion déclare que l’arme nucléaire est incompatible avec la charia.
Le Golfe devenant subitement tempéré, le théâtre s’est déplacé vers la Syrie où le lion (en arabe assad) dévore son peuple depuis des lustres sans que personne à l’ONU ne s’en soit jamais offusqué. Récemment, il était encore célébré dans toutes les capitales, paradant aux cotés des Présidents tricolores et étoilés.
Contre leur ami d’hier les chefs d’état aux bras croisés ont fini par hausser le ton. Téméraire, le Président Marzouki a osé expulser l’ambassadeur de l’animal; geste qui a permis aux autres chefs d’état d’emboiter le pas de l’inexpérimenté bouc émissaire. Monsieur le plénipotentiaire du lion, dégage ! Ah mais !
Mais justement, dans l’ombre, la Chine et la Russie ont sifflé le report des hostilités. Alors Washington a convoqué à Tunis une conférence des « amis » de la Syrie, façon de dire que le pays du lion n’avait pas d’ennemis. Et le lion en a profité pour reprendre sa croisade sanglante sur les droits de l’Homs.
Dans l’intermède, les géo stratèges ont été priés de chercher un autre terrain de manœuvre.
Le Liban a déjà donné en 2008 et le Hezbollah veille. L’Irak est disqualifié. Le Yémen a provisoirement capitulé. La Somalie pirate est trop dangereuse. L’Algérie est prématurée. Le Soudan divisé. Il y a bien l’Erythrée, bagne à ciel ouvert où l’admirable population crève doucement, le fer au pied, sans faire de bruit. C’est une option, mais le Qatar pour des raisons complexes n’est pas d’accord.
L’Asie Centrale a des avantages, on cherche un prétexte du coté de l’Ouzbékistan qui n’en manque pas ; le Turkménistan non plus.
Pour embêter la Turquie et la Russie, le Caucase reste une hypothèse intéressante. Justement, l’Azerbaïdjan, pays pétrolier voisin de l’Iran et peuplé de chiites vient d’acquérir pour 1,6milliards d’armement à Israël ! Ah ! Si les musulmans chiites pouvaient s’entre-tuer avec des munitions juives !
Pendant ce temps, la Grèce est en feu, le Portugal est dans la rue, l’Espagne reste grande, l’Allemagne arrogante et la France dans l’attente du grand soir.
Mais l’Europe est sereine ; elle pense –peut-être à tort- que la guerre du pétrole ne peut être délocalisée chez elle. Espérons que l’avenir lui donnera raison !
Paroles & action du président Ahmadinejad ...
Les Usa au cœur des débats.
IRNA : Propos du président iranien sur les droits nucléaires de l'Iran.
Les propos de président iranien Mahmoud Ahmadinejad affirmant que l'Iran défendrait ses droits a reçu une large couverture dans toute la presse pakistanaise, mercredi.
Le quotidien «Daily news » citant le président Ahmadinejad a précisé: «celui qui veut violer les droits de la nation iranienne recevra une réponse appropriée."
L'Iran a suffisamment de fonds pour tenir pendant plusieurs années face à un embargo pétrolier, a déclaré le président Mahmoud Ahmadinejad.
«Même si nous ne vendions pas de pétrole pendant deux ou trois ans, le pays se débrouillerait très bien», a assuré le chef de l'Etat lors d'un déplacement dans la province d'Hormuzgan.
Daily News reprend dans sa première page que l'Iran peut résister à plusieurs années de sanctions pétrolières. Le journal a rapporté que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que l'Iran dispose de fonds suffisants pour résister à un embargo total sur ses ventes de pétrole pendant des années.
"La Nation", un autre quotidien, rapporte que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dans un discours prononcé dans la province de Hormuzgan a repris les mêmes propos. L’Express Tribune pour sa part a rapporté que l'Iran défendrait ses droits et dispose de suffisamment d'argent pour survivre aux sanctions économiques occidentales.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi que l'Iran ne renoncera pas à ses droits et ne craignait pas les sanctions pétrolières à la veille de la reprise des négociations nucléaires avec les pays du groupe 5+1 samedi à Istanbul.
Quiconque veut porter atteinte aux droits du peuple iranien (...) sera remis à sa place et recevra une telle gifle qu'il sera incapable de retrouver le chemin pour rentrer à la maison, a déclaré M. Ahmadinejad.
Le président Ahmadinejad a par ailleurs déclaré que les nouvelles sanctions pétrolières décidées par les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne n'auront aucun effet.
Nos réserves en or et en devises sont sans précédent dans toute l'histoire (...) nous avons tellement de réserves de devises que même si pendant deux ou trois ans nous ne vendons pas un seul baril de pétrole, nous pourrons gérer le pays sans problème, a déclaré le président Ahmadinejad.
Le président Mahmoud Ahmadinejad a demandé de son côté aux Occidentaux de changer de langage à l'égard de l'Iran s'ils veulent parvenir à une solution.
Ils insultent constamment le peuple iranien et utilisent le langage de la force et de l'insulte. Mais je leur dit au nom du peuple iranien que cette méthode ne donnera pas de résultat. Il faut qu'ils changent de langage et parlent avec respect, a affirmé le président iranien.
IRNA
''Nous pouvons résister à l'embargo pendant des années''
Mahmoud Ahmadinejad déclare dans les médias iraniens que l'Iran pourra surmonter "facilement" deux à trois années d'embargo sur ses ventes de pétrole.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi 10 avril que l'Iran dispose de fonds suffisants pour résister à un embargo total sur ses ventes de pétrole pendant plusieurs années, d’après les médias iraniens.
« Ils (les puissances occidentales) veulent imposer des sanctions sur notre pétrole et nous devons leur dire que nous avons tellement en réserve que même si nous ne vendons pas de pétrole pendant deux à trois ans, le pays s’en sortira facilement », a déclaré Ahmadinejad lors de une visite dans la province de Hormuzgan.
Lundi, les Etats-Unis ont souligné que le temps pour les négociations nucléaires entre l'Iran et l'Occident n'était pas infini, soit cinq jours avant la date prévue du début des pourparlers à Istanbul. La Maison Blanche a ajouté que la fenêtre dans laquelle une solution diplomatique pouvait être atteinte était en train de se fermer.
Le chef du programme nucléaire iranien, Fereidoun Abbasi, a déclaré dimanche soir à la télévision d'Etat que Téhéran pourrait cesser sa production d'uranium enrichi à 20%, nécessaire pour un réacteur de recherche, et continuer d’enrichir de l'uranium à des niveaux inférieurs, pour la production d'électricité.
Cette mesure pourrait prendre place, une fois que l'Iran aura un stock suffisant d'uranium enrichi à 20%, a précisé Abbasi.
En fin de semaine dernière, le Washington Post a rapporté que le président Barack Obama a récemment envoyé un message au chef suprême de l’Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, établissant que les Etats-Unis donneraient leur accord à un programme nucléaire iranien civil, si la République islamique est en mesure de prouver qu'elle n'est pas en train de développer une bombe nucléaire.http://www.guysen.com/article_Iran-Nous-pouvons-resister-a-l-embargo-pendant-des-annees-_17753.html
1) PolitiqueIranienne
Ahmadinejad
Les grandes manœuvres
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L'Iran a suspendu les livraisons de pétrole à l'Espagne, après avoir suspendu les exportations de brut à la Grèce, a rapporté mardi la chaîne de télévision locale Press TV, citant une source. L'Iran réfléchit également à réduire les exportations de pétrole vers l'Allemagne et l'Italie, selon le média. Plus tôt dans la journée, le ministre iranien du Pétrole a déclaré que son pays avait déjà suspendu les exportations de pétrole vers la Grèce. http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=59019 |
Sur le terrain
L'Iran investira 30 mds USD dans ses hydrocarbures en 2012
L'Iran envisage d'investir environ 30 milliards de dollars dans son industrie des hydrocarbures d'ici fin 2012, rapporte lundi l'agence iranienne FarsNews citant le ministre du Pétrole Rostam Qassemi.
Selon M.Qassemi, la grande partie de ces fonds sera destinée au projet de mise en valeur du gisement gazier de South Pars.
Le ministre a également souligné qu'en 2012, l'industrie pétrolière iranienne devrait faire face à moins de problèmes grâce au soutien du président Mahmoud Ahmadinejad. En outre, les ressources octroyées par les banques et les fonds de soutien à l'énergie l'aideront à atteindre les objectifs fixés pour 2012, a poursuivi M.Qassemi.
La semaine dernière, le vice-ministre iranien du Pétrole Ahmad Galbani a annoncé que Téhéran, qui produit actuellement à 4,3 millions de barils de pétrole par jour, comptait accroître sa production jusqu'à 6 millions de barils par jour à l'horizon 2025. L'Iran envisage également de porter sa production de gaz de 260 à 400 milliards de mètres cubes, a indiqué M.Galbani.
Préoccupés par la poursuite des activités nucléaires de Téhéran, les chefs des diplomaties de l'Union européenne ont décrété le 23 janvier dernier un embargo sur les importations de pétrole iranien vers l'UE à partir du 1er juillet. Les Etats-Unis ont pour leur part décrété des sanctions supplémentaires contre les responsables iraniens et la Banque centrale du pays.
09-04
http://fr.rian.ru/business/20120409/194236937.html
Préparation à la guerre
Almanar : Des drones américains épient les sites nucléaires iraniens.
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Des drones de surveillance furtifs de la CIA ont pénétré profondément à l'intérieur du territoire iranien il y a trois ans et pris notamment des photos du site nucléaire secret de Qom avant de retourner à sa base, a rapporté samedi le Washington Post. Le journal ajoute que, lors du premier vol de ce type, trois ans plus tôt, les analystes de la CIA et d'autres agences américaines ont guetté le moindre signe indiquant que l'appareil, un RQ-170 Sentinel, avait été détecté par la défense aérienne iranienne. "Il n'y a pas eu le moindre indice dans ce sens", selon un ancien haut dirigeant de la CIA cité par le journal sans le nommer. Depuis, des drones furtifs ont observé des dizaines de sites en Iran, effectuant des centaines de vols au-dessus de sites suspects, avant qu'une version du RQ-170 ne s'écrase à l'intérieur des frontières iraniennes en décembre dernier, poursuit le journal. Cette surveillance a fait partie d'une campagne de renseignement centrée sur le programme nucléaire iranien et qui s'est amplifiée lors des dernières années de l'administration de George W. Bush. La campagne a comporté la mise en place de systèmes d'écoutes électroniques par l'Agence nationale de sécurité (NSA), celle d'une unité consacrée à l'Iran formée d'analystes spécialisés en images satellitaires, ainsi que la création d'un réseau d'espions, indique encore le journal. L'élargissement de la panoplie des services secrets a conforté la Maison Blanche dans l'idée qu'elle serait prévenue rapidement de la moindre tentative de l'Iran d'assembler une bombe nucléaire. "Nous sommes confiants que nous observerons l'activité montrant qu'une décision a été prise", selon le haut responsable cité par le Washington Post. Selon le journal, l'effort des services secrets a coïncidé avec une campagne secrète de la CIA et d'autres agences pour saboter le programme nucléaire iranien. L'administration du Président Obama a cité des rapports des services de renseignement en se prononçant contre une attaque militaire préventive d'Israël contre les sites nucléaires iraniens. http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=58539&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=28&s1=1
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2) Politiqued'Israël
Préparation à la Guerre.
Le complot israélien pour saper les négociations de Iran/5+1.
A l’approche des pourparlers Iran/5+1 à Istanbul, en Turquie, le régime sioniste s’est lancé dans un jeu de ruse, se déclarant pessimiste quant aux résultats de ces négociations étant donné que la position finale des Etats-Unis n’a pas été encore déterminée pour ce régime !
L’hebdomadaire américain « Time », a, ainsi, analysé : « Israël s’inquiète de ce que l’objectif de la RII d’entrer dans ces négociations, ne soit pas un engagement sérieux dans le processus diplomatique de l’affaire, il est sûr que Téhéran veut ainsi tuer le temps pour accéder à ce que les sionistes jugent la bombe atomique. » Entre temps, la presse israélienne a fait état, il y a quelques jours, des divergences de vue entre le Premier ministre, Benyamin Netanyahu et le ministre de la Guerre, Ehud Barak, sur le dossier nucléaire iranien. « Netanyahu demande l’arrêt total par l’Iran de l’enrichissement d’uranium et le transfert en entier de l’uranium enrichi en Iran alors qu’Ehud Barak est pour la poursuite de l’enrichissement d’uranium enrichi à bas niveau et n’a pas de problème pour que quelque centaines de kg d’uraniums enrichis à 3.5% restent sur le sol iranien. L’annonce par la presse israélienne de cette grande divergence entre les autorités de l’entité sioniste intervient au moment où le site d’information israélien « Debka » a rapporté que les Etats-Unis entendent accepter lors des négociations d’Istanbul, que l’Iran conservent ses 1000 centrifugeuses et qu’il se dote jusqu’à 1000 km d’uraniums enrichis à 3.5%, ayant le droit de posséder un peu d’uraniums enrichis à 20%. La Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton a prétendu, jeudi, 12 avril que Washington a constaté des signes témoignant de ce que la RII assistera aux négociations avec de nouvelles idées et propositions. Elle a donc insisté que Washington exige des responsables iraniens qu’ils donnent un « engagement écrit et transparent » précisant qu’ils ne proliféreront pas d’armes atomiques. Mme Clinton a eu la grâce de rassurer que son gouvernement prendra en considération les demandes de la RII pour y répondre, autant que possible ?!! Il est vrai que les représentants des 5+1 ne se mettront pas à la table de négociations d’Istanbul, avec une position unique, comme l’estiment les analystes. Ils envisagent et avancent certes une série d’options diverses. La Russie et la Chine qui jugent inappropriées les sanctions euro-américaines contre le programme nucléaire iranien, sont, certainement, pour des négociations directes et des voies et mesures qui créent la confiance, c’est, d’ailleurs, l’analyse de l’hebdomadaire « Time », qui affirme que les trois autres pays à savoir, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, agiront, comme toujours, dans le sens des intérêts d’Israël, demandant l’arrêt des activités nucléaires iraniennes. Quant à l’Iran, il est prêt, comme dans le passé, à régler l’affaire via la diplomatie sans négocier sur ses droits nucléaires inaliénables.
13/04/2012
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Le ministère iranien des Renseignements a publié mardi un compte rendu détaillé sur les arrestations annoncées il y a une semaine de 15 espions iraniens et étrangers travaillant à la solde du Mossad israélien. Selon le communiqué du ministère iranien, une des missions du groupe était "d'identifier et d'assassiner l'un des experts de notre nation", tout en affirmant "avoir arrêté tous les terroristes liés à cette tentative d’assassinat et saisi leurs équipements ". Le communiqué cite également avoir "démantelé les cellules chargées de faire exploser un nombre d’installations du pays". Conformément aux informations révélées par ce groupe terroriste, le ministère iranien des renseignements précise que "le régime sioniste a illégalement utilisé les missions diplomatiques de pays occidentaux qui prétendent préserver la paix mondiale et les droits de l’Homme alors qu’en réalité ils ne sont que les parrains du terrorisme international". "Les documents et les preuves liés à l’implication de ces missions diplomatiques seront prochainement dévoilés", ajoute le communiqué. Le ministère a en outre fait état de la découverte d’"une base d’espionnage dans une zone frontalière à l’Iran". "Toutes ces informations sont documentées", a-t-il assuré. http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=60119&cid=20&fromval=1&frid=20&seccatid=28&s1=1 |
IRIB : Succès d'Istanbul, Israël ne décolère plus!
Décidément la pilule est trop dure à avaler. Pour celui qui a remué ciel et terre pour saper les négociations d’Istanbul, il est vraiment dur à constater que tous ses complots sont tombés à l’eau, puisque les négociations Iran/5+1 à Istanbul sont jugées constructives pour part et d'autre.
De sorte que le Premier ministre sioniste, Benyamin Netanyahou, n'a pas pu cacher sa colère contre les résultats positifs des négociations Iran/5+1. D'après lui, l'accord, obtenu par les deux parties, qui permet l'organisation du deuxième tour des négociations à Bagdad, est « un cadeau offert à l'Iran ».
Il n'est pas difficile de comprendre la colère des responsables sionistes car nombreux étaient les sphères politiques occidentales et les médias liés aux sionistes qui ont essayé de suggérer que les négociations d'Istanbul ne mèneraient à nulle part.
S’accrochant à leur théories insensées, ces milieux politiques et médiatiques cherchent à faire croire que les pressions de l'Occident contraindraient l'Iran à reculer de ses positions pour ainsi faire renoncer le groupe 5+1 à s'assoir à la table des négociations avec Téhéran, ce qui leur aurait permis de baliser le terrain à une action militaire contre l'Iran.
Le samedi 14 avril, les représentants d'Iran et des 5+1 se sont réunis, après 15 mois, à Istanbul pour débattre du nucléaire iranien.
Les membres de la délégation iranienne et du groupe 5+1, excepté ceux des Etats-Unis, se sont rencontrés avant l'ouverture officielle des négociations dans la conjoncture où ils étaient pour la plupart optimistes quant à ce tour de dialogue.
Toujours dans ce contexte, Ben Rhodes, vice-conseiller américain à la sécurité nationale, a jugé constructives les négociations d'Istanbul précisant que celles-ci étaient marquées d'une ambiance constructive. Pour lui, les négociations d'Istanbul, ont ouvert un nouvel horizon sur le règlement de la question nucléaire.
Selon les analystes, le changement de cap des Occidentaux vis-à-vis de l'Iran puise dans l'échec des sanctions anti-iraniennes. D'importantes sanctions financières, commerciales et énergétiques qui ont visé, pendant l'année dernière, l'économie de l'Iran, avaient pour objectif de plier l'ordre de la République islamique d'Iran ne souhaitant que de se profiter de ses droits incontestables.
Or, ces sanctions, notamment énergétiques, ont eu de mauvais impacts sur l'économie exsangue des pays européens d'autant plus que les candidats à la présidentielle américaine se préparent pour la course à la Maison Blanche, sur le fond des manifestations anticapitalistes. Il va de soi que dans une telle conjoncture, les parties occidentales feraient mieux opter pour une approche diplomatique envers l'Iran.
Reconnaissant l’application des sanctions les plus vigoureuses par l'Occident contre le peuple iranien, le président américain, Barack Obama, a précisé que les négociations avançaient bien.
Ceci dit, il est normal de voir le régime sioniste en émoi des résultats positifs des négociations. D'autre part, ce que Netanyahou appelle un « cadeau fait à l'Iran » montre en effet que celui-ci est arrivé à faire avancer les négociations d'Istanbul de manière qu’elles se poursuivront afin de favoriser le terrain aux coopérations d’envergure sur l'échiquier international.
17/04/2012
IRIB
3 Sur le terrain
Les Voisins
Russie
Almanar : Moscou à "Israël": il est dangereux de faire monter la pression sur l’Iran
Moscou a prévenu lundi « Israël » qu'il était "dangereux" de faire monter la pression sur l'Iran à propos de son programme nucléaire, après les discussions samedi entre Téhéran et le groupe 5+1, a annoncé lundi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
Au cours d'une rencontre du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et du chef du Conseil national de sécurité d' « Israël », Yaakov Amidror, "la Russie a souligné le caractère contre-productif et dangereux de toute tentative d'utiliser les informations sur l'avancée des technologies nucléaires iraniennes pour faire monter artificiellement la pression et créer un prétexte pour davantage de sanctions ou un recours à la force".
Téhéran a renoué le dialogue sur ses activités nucléaires samedi à Istanbul avec les grandes puissances du groupe 5+1 -les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) plus l'Allemagne.
Les deux parties doivent se retrouver le 23 mai à Bagdad pour entrer dans le vif des négociations.
Réagissant aux résultats des discussions d'Istanbul, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé dimanche que l'Iran avait obtenu ainsi un laps de temps supplémentaire de cinq semaines pour poursuivre son programme nucléaire.
4 Dans le monde
Les USA
IRIB :La Maison Blanche s’acharne sur l'Iran.
- Dans une note adressée aux secrétaires à l'Energie et au Trésor, le président américain Obama a déclaré qu'après des examens effectués, il est arrivé à cette conclusion que le pétrole et ses dérivés sont suffisamment offerts sur les marchés mondiaux pour compenser le vide du pétrole iranien. Obama devrait déclarer, dans le délai fixé qui a expiré vendredi, sa décision sur le durcissement des sanctions anti-iraniennes. Le communiqué de la Maison Blanche a été émis, hier, justement à ce propos. Selon ce communiqué à partir de trois mois au plus tard les sanctions seront mises en vigueur, frappant les acheteurs du pétrole iranien et les banques étrangères qui effectueront des transactions avec la banque centrale iranienne. Cela intervient au moment où les critiques contre les politiques de la Maison Blanche et les inquiétudes sur les marchés énergétiques, ne cessent de s’empirer, en dépit des promesses de la Maison Blanche. L'intensification des sanctions contre l'Iran durant des dernières semaines ont provoqué l’envolée du baril sur les marchés mondiaux et la hausse sans précédent du prix à la pompe aux Etats-Unis ainsi qu'en Grande-Bretagne et dans plusieurs pays européens. D'autant plus que Washington et Londres se sont vus contraints de puiser dans leurs réserves stratégiques pour contrôler le marché. Il y a une dizaine de jours, la secrétaire générale du Font Monétaire International, FMI, Christine Lagarde avait averti que les perturbations dans l'exportation du pétrole iranien pourraient avoir de sérieuses répercussions sur l'économie mondiale. Selon Lagarde un arrêt dans l'exportation du pétrole iranien pourrait faire monter le prix du pétrole sur les marchés mondiaux de 20 à 30%. Les Etats-Unis en exemptant dix pays des sanctions unilatérales contre l’Iran, réagissent en fait à ces mêmes inquiétudes. La Maison Blanche essaie de faire croire à la réussite des sanctions. Alors que d’aucuns affirment qu'en tenant compte de la situation énergétique dans le monde et des défis découlant de la crise économique aux Etats-Unis et en Europe, les estimations d'Obama des répercussions de l'embargo sur le pétrole iranien sont bien loin de la réalité. L’hostilité des Etats-Unis avec les pays indépendants est effectivement leur principal problème. Or, ce qui importe pour ce pays est de maintenir leur hégémonie sur le monde. Il lui peu importe que d’autres pays - que ce soit européens ou asiatiques, subissent les effets nocifs de la politique américaine et jusqu' à quant doivent-ils payer les frais des aventurismes des Etats-Unis, ce qui s’est déjà passé en Irak et en Afghanistan.
Khaleej Times : Un deuxième porte-avions américain, l'USS Entreprise, a été dépêché vers le Golfe suite à l'aggravation des relations entre les Etats-Unis et l'Iran, ont rapporté lundi les médias internationaux …
Se référant à Amy Derrick-Frost, la porte-parole de la 5e flotte de l'US Navy basée à Bahreïn.
Selon le journal émirati Khaleej Times, l'USS Entreprise est arrivé dans le Golfe le 3 avril dernier. Il est accompagné par croiseur le lance-missiles USS Vicksburg, trois destroyers de classe Arleigh Burke, l'USS Nitze, l'USS Porter et l'USS James E.Williams.
Ces navires ont rejoint un autre groupe aéronaval d'attaque américain dirigé par le porte-avions USS Abraham Lincoln qui se trouve dans le Golfe.
Depuis dix ans, c'est la quatrième fois que deux groupes d'actions navale de l'US Navy sont déployés dans une même région.
Les porte-avions USS Entreprise et USS Abraham Lincoln patrouilleront le long des voies de transport d'hydrocarbures en provenance du Golfe, appuieront les opérations antiterroristes en Afghanistan et participeront à la lutte contre les pirates au large de la Somalie, selon la porte-parole.
La semaine dernière, Amy Derrick-Frost a reconnu que la flotte iranienne n'avait pas manifesté de signes d'agression ces derniers temps, note le Khaleej Times.
Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux soupçonnent que l'Iran veut se doter de l'arme nucléaire sous couvert du programme nucléaire qu'il prétend réaliser à des fins pacifiques. Téhéran rejette ces accusations, affirmant que ses recherches nucléaires ont pour seul objectif de satisfaire les besoins du pays en électricité.
La tension autour de l'Iran et de son programme nucléaire est récemment montée d'un cran suite aux menaces proférées par Téhéran de fermer le détroit d'Ormuz au transit de pétrole en cas de sanctions occidentales contre les exportations pétrolières iraniennes. En réponse, les USA et le Royaume-Uni ont commencé à renforcer leur présence militaire dans la région. L'adoption d'un embargo sur les livraisons de brut iranien a été approuvée en janvier par l'UE.
04-04
Khaleej Times
5 Dossier & Point de vue
Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.
5-1 Alain Gresh :Comment le gouvernement israélien conditionne l’opinion internationale à la guerre.
Le 14 avril se tiendra à Istanbul un nouveau cycle de négociations entre l’Iran et le groupe 5+1, composé des Etats-Unis, de la France, de la Russie, de la Chine, du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Les pourparlers porteront sur le nucléaire, Téhéran réaffirmant son droit à l’enrichissement de l’uranium, ses interlocuteurs prétendant qu’il cherche en réalité à acquérir l’arme nucléaire. Un feuilleton sans fin.
Cette réunion s’accompagnera des habituelles confidences de responsables non identifiés, américains, européens ou israéliens ; de mises en garde sur le fait que l’Iran est à la veille d’acquérir la bombe, une contre-vérité répétée depuis... 1991, sans que cela semble gêner qui que ce soit.
Car, il faut bien le dire, on a assisté à une habile campagne destinée à faire du nucléaire iranien LA grande question de la politique internationale, celle qui menacerait non seulement la paix dans la région, mais la paix dans le monde. Ainsi, la priorité de la communauté internationale, dans un monde marqué par une crise économique sans précédent, par une pauvreté croissante, par des inégalités grandissantes, par le drame palestinien, par la guerre américaine en Afghanistan, par la déstabilisation du Pakistan nucléaire, etc., serait le nucléaire d’un pays qui, depuis plus d’un siècle, n’a agressé personne, mais a vécu plusieurs occupations et attaques étrangères.
Un article du McClatchy Washington Bureau éclaire comment le gouvernement israélien a réussi ce tour de force (Sheera Frenkel, « Israel push on Iran included a steady dose of media leaks », 7 mars).
« Niché au cœur du quartier général du ministère de la défense, un homme connu comme l’agent 83 explique avec précision ce à quoi ressemblerait une bombe nucléaire iranienne. L’agent, qui est devenu un expert sur le programme nucléaire, montrait son modèle à des journalistes étrangers par une chaude journée d’août et ce, pour la troisième fois dans la second moitié de 2009.
« “J’espère que vous n’avez pas de question et qu’il est clair que l’Iran travaille à construire la bombe nucléaire”, concluait-il à la fin de la visite. En quelques jours, le compte rendu de l’agent 83 est apparu dans des articles de la presse américaine et européenne : l’Iran maîtrisait désormais la compréhension du fonctionnement d’une arme nucléaire. C’était une des douzaines d’informations “exclusives” sur le supposé programme militaire nucléaire iranien, la majorité d’entre elles provenant de sources israéliennes.
« Un tel accès à des experts israéliens pour les journalistes internationaux a joué un rôle essentiel dans la diffusion du point de vue israélien : l’Iran poursuit un programme d’armes nucléaires. Ces derniers mois, le débat sur les ambitions nucléaires de l’Iran a alimenté la campagne présidentielle républicaine, a servi de toile de fond à la réunion (au mois de mars) entre le président Barack Obama et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a obtenu un engagement de la part d’Obama que les Etats-Unis auraient recours, si nécessaire, à des moyens militaires pour empêcher l’Iran d’acquérir une capacité d’armement nucléaire.
« Les responsables israéliens reconnaissent que le large consensus en Occident - l’Iran est sur le point de construire une arme nucléaire - ne repose pas seulement sur les données fournies par le renseignement israélien, mais s’appuie aussi en grande partie sur une campagne médiatique soutenue entreprise par les Israéliens pour persuader le monde que l’Iran est résolu à se doter d’une ogive nucléaire. »
Un responsable du ministère des affaires étrangères israélien, rentré de Washington, expliquait au journaliste de McClatchy que la manière dont la question iranienne était devenue centrale pour l’élection américaine était « un énorme succès pour Israël ». Mais dans le même temps, expliquent des responsables, il ne faut surtout pas qu’Israël apparaisse comme poussant les Etats-Unis à la guerre.
Dans cette entreprise de sensibilisation des opinions et des gouvernements, The Israel Project occupe une place particulière. Nous avons dévoilé ici la manière dont cette officine expliquait, dans un livret confidentiel, la manière de manipuler l’opinion sur le conflit israélo-palestinien. C’est bien évidemment les mêmes méthodes qui sont utilisées contre l’Iran. Comme le précise sa présidente, « aucun candidat ne peut être élu [aux Etats-Unis] sans avoir une position dure à l’égard de l’Iran ».
Les révélations faites à la presse ont lieu, précise le journaliste de McClatchy, juste avant les événements critiques. Ainsi, alors qu’une estimation de l’ensemble des services de renseignement américains en 2007 minimisait les avancées iraniennes, les fuites se sont multipliées. C’est juste avant le G-20 de 2009 que l’on assista à d’autres révélations au sujet d’un site secret iranien à Qom. Et les autres fuites sur un risque d’attaque israélienne ont été délibérées à la veille de la publication d’un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elles ont aussi servi à pousser les Etats-Unis et l’Union européenne à adopter des sanctions dures contre l’Iran, une décision pour laquelle Israël se battait depuis des années. L’argument avancé par Sarkozy selon lequel les sanctions sont le seul moyen d’empêcher Israël de bombarder l’Iran est absurde : si l’attaque est illégale, et elle le sera, il faut la condamner à l’avance, pas la justifier.
Les affirmations israéliennes sont toujours incontrôlables. Et comme le fait remarquer un diplomate européen, à propos des déclarations péremptoires de Moshe Yaalon, ministre des Affaires stratégiques israélien :
« Il est l’une de ces personnalités israéliennes qui parlent comme quelqu’un qui sait tout ce qui se passe sur le terrain en Iran. Comme s’il était au milieu des scientifiques iraniens et savait quand ils allaient adapter l’ogive sur le missile. Mais la vérité est qu’aucun de nous ne sait à 100 % ce qui se passe - même si Israël fait un très bon travail pour convaincre [du contraire]. »
Personne ne peut savoir quel sera le résultat des négociations sur le nucléaire iranien. Face à la position intransigeante du gouvernement israélien, les Etats-Unis semblent hésiter, si l’on en croit l’un des meilleurs spécialistes de la question, Gary Sick, qui s’interroge toutefois sur ce que l’Iran obtiendrait en échange de ses concessions (« A contest not for the faint hearted », 10 avril).
En revanche, une fois de plus, Nicolas Sarkozy se situe dans le camp de la guerre. Dans un article (« On Iran, Reality Bites », 9 avril), le correspondant du New York Times à Paris John Vinocur (un journaliste dont les idées se situent à la droite du Figaro) rapporte les propos de Gérard Longuet, ministre de la Défense, présentant les Français comme les « gardiens du temple », face à la dangereuse propension d’Obama à faire des concessions !
Ni Longuet, ni les propagandistes israéliens ne semblent réellement se préoccuper des retombées d’une guerre contre l’Iran.
Alain Gresh –
12 avril
Le Monde diplomatique
6 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.
6-1Tudeh :Lutter de toutes nos forces contre la guerre et les aventures militaires dans la région du Golfepersique et au Moyen-Orient !
Les événements de ces dernières semaines, telles les nouvelles portant sur les troubles en Syrie et le programme « nucléaire » de la République islamique Iranienne sont des signes de tensions sans précédent dans la région et d’un risque de déclenchement d’une guerre désastreuse et meurtrière qui pourrait facilement s’étendre et prendre des dimensions mondiales.
Les menaces explicites des décideurs américains, britanniques et français sur la nécessité de renforcer les actions contre l’Iran et la Syrie sont à l’origine d’une situation dangereuse dans la région et particulièrement pour ce qui est de notre pays, qui ne peut être ignorée. L’extension des sanctions contre la République islamique iranienne a sans aucun doute causé des troubles économiques sérieux en Iran. Une hausse inédite du prix des monnaies étrangères, en d’autres termes la dévaluation de la monnaie Iranienne, et par conséquent la hausse des prix des biens de consommation, au moment où le chômage atteint des records historiques et où les usines ferment les unes après les autres, a mis en péril les conditions de vie de vastes couches de la société et plonge de plus en plus la grande majorité de la population dans la pauvreté et la misère. Et ce n’est que le début d’une guerre économique totale imposée à notre peuple, identique à celle subie par le peuple Irakien avant l’invasion militaire meurtrière des forces de l’OTAN contre ce pays. Ne pas être en mesure de vendre du pétrole ni d’importer les biens stratégiques indispensables seraient un désastre économique colossal pour un pays où le capitalisme mercantiliste d’une part, et la mise en œuvre des politiques de la Banque mondiale d’autre part, ont considérablement amoindri nos capacités de production nationales et ont transformé notre économie en une simple économie d’exportation de pétrole et d’importation de tous les biens de consommation nécessaires. Ceux qui organisent à l’échelle mondiale ces sanctions, en particulier les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ont prévu ces sanctions en ayant en tête ces problèmes.
Ces plans inhumains ont des objectifs plutôt clairs :
- Forcer la République islamique à réagir violemment pour s’en sortir, et créer donc un scénario qui poserait une base sur laquelle il serait possible de convaincre les autres puissances mondiales qu’une guerre totale est nécessaire ;
- Essouffler le mouvement pacifiste pour le forcer à capituler devant n’importe quel scénario qui proposerait une issue à cette situation très difficile ;
- Exciter et mobiliser des fractions de droite du mouvement ainsi que certaines forces de gauche qui ont retourné leurs veste, et les pousser à soutenir la soi-disant intervention « humanitaire » comme ultime option pour faire évoluer la situation ;
- Les objectifs à long-terme de cette aventure militaire et probablement d’une guerre régionale sont clairs : contrecarrer la crise économique mondiale ; reconfigurer les politiques économiques à l’échelle mondiale sur la base de la concentration de capitaux astronomiques ; constituer le Grand Moyen-Orient afin d’étendre leur cercle d’influence politique et économique ainsi que leur domination sur une région stratégique du point de vue énergétique ; détourner les capacités de protestation massive des peuples de la Tunisie et l’Égypte, en Afrique du nord, à la Syrie et l’Iran et d’autres pays du Golfe persique et mettre un terme aux mouvements progressistes dans la région et mettre en place des « îlots de stabilité politique » qui puissent garantir les intérêts de l’impérialisme, à court et long-terme, dans la région. Hélas, les derniers événements donnent des signes de l’état d’avancement de ce scénario pré-établi par les complexes militaro-industriels mondiaux.
Les leaders du régime répressif et obscurantiste de la République islamique estiment qu’il n’y a pas de place pour le recul, et au lieu de penser à des façons de faire baisser la tension, ils développent les programmes nucléaires et brandissent des menaces militaires face aux sanctions économiques. Ali Khamenei, leader de la République islamique, a déclaré le 3 février, affirmant que l’Iran ne reculerait pas, que le pays était prêt à la guerre et a mis en avant l’expérience de la « guerre de 33 jours du Liban » face à l’ennemi. En réponse aux menaces Israéliennes, il a évoqué des menaces qui trouveront une « réponse appropriée en temps voulu ». L’ambassadeur Iranien en Russie a également parlé de frapper les intérêts américains et occidentaux dans le monde entier. Et après ces commentaires, ce fut au tour de Mahmoud Ahmadinedjad, lors d’un discours pour le défilé de l’Anniversaire de la révolution, à Téhéran, de promettre que « le monde allait bientôt prendre connaissance de nouvelles prouesses Iraniennes en terme de technologie nucléaire. » Ces commentaires ont été faits au moment où les manœuvres militaires pour fermer le détroit d’Ormuz ainsi que des avertissements officiels et clairs pour le départ des porte-avions Américains et Britanniques du Golfe persique, ont déjà montré leurs conséquences inquiétantes et ont fait grossir les rangs de ceux prêts à rejoindre l’invasion militaire de l’OTAN en République islamique. Les menaces Iraniennes « justifient » clairement la concentration de flottes sous commandement de l’OTAN dans le Golfe persique et en mer d’Oman, et les quantités énormes d’armes vendues aux pays de la région, comme aux émirats, et la création d’une « hystérie » mondiale autour d’un péril nommé « République islamique ».
Les dernières nouvelles indiquent que les bases sont jetées pour une catastrophe qui devient de plus en plus imminente :
- Le Pentagone a commandé auprès de l’industrie militaire américaine une nouvelle génération de bombes anti-bunker de très gros calibre ;
- Le journal Al-Arabia, citant le Washington Post, affirme que la discussion au sein des cercles dirigeants des Etats-unis et des autres pays de l’OTAN n’est pas de savoir si, mais bien quand et comment infliger à l’Iran des frappes préventives ;
- De larges campagnes médiatiques sont menées contre l’Iran et la Syrie, et des comptes-rendus rapportant l’implication du Corps révolutionnaire iranien dans les violences contre les habitants de Homs, en Syrie, y compris le reportage de Russia Today concernant une éventuelle préparation de 15 000 soldats du Corps révolutionnaire prêt à se déployer sur le front de la guerre Syrienne ;
- Radio Israël a indiqué des dizaines de milliers de soldats Américains sont en train de monter à la hâte des systèmes Israéliens anti-missiles ;
Dans cette atmosphère et à l’invitation des organisations de paix, la première vague de manifestations contre la guerre a commencé dans les rues Canadiennes, Américaines et Anglaises. Même si ces manifestations ont été organisées dans la précipitation, elles ont été relayées par les médias, et ont reçu un certain soutien populaire. D’autre part, la République Islamique qui a méthodiquement réprimé toutes les organisations de paix nationales et n’a permis aucune manifestation contre la guerre a tenté de dénaturer les objectifs de ces actions et s’en est servi de façon malhonnête pour les dépeindre comme des mouvements favorables à la politique que mène la République islamique. Les véritables organisations de paix progressistes s’opposent à toute intervention des impérialistes dans les affaires de quelque pays que ce soit même sous le masque de l’intervention « humanitaire », et s’oppose clairement et résolument à de telles interventions, et contrairement à certains conciliabules, qui se tiennent à huis clos, ne se taisent pas devant de telles interventions. La voie proposée par la République islamique, cependant, est claire. Interpréter cette opposition sans la moindre ambiguïté à toute ingérence extérieure comme un soutien des forces éprises de paix du monde entier à la cruauté et au crime, et à l’oppression du peuple que défendent des régimes comme celui théocratique de la République islamique, c’est avoir un toupet qui est le propre des dirigeants de la République islamique. La réalité est que la plupart des organisateurs de ces mouvements de protestation ont inlassablement manifesté leur opposition aux politiques et aux actions du régime théocratique dans notre pays, et leur opposition aux aventures militaires de l’impérialisme dans la région s’inscrit en solidarité avec la lutte des travailleurs dans notre pays.
Dans son communiqué du 7 février, le Conseil mondial de la paix a analysé les plans impérialistes visant à constituer un Grand Moyen-Orient et examiné les situations actuelles en Syrie et en Iran, le déploiement massif de forces militaires américaines dans le Golfe persique, l’alignement des Cheikhs du Golfe persique sur l’Occident et les provocations constantes d’Israël contre l’Iran, et a affirmé la position de cette organisation progressiste sur les droits démocratiques du peuple et sur les interventions étrangères :
« Nous exprimons notre soutien à la lutte complexe du peuple Iranien pour la paix, la démocratie et la justice sociale et le rejet de toute ingérence dans les affaires internes Iraniennes sous aucun prétexte. Nous réaffirmons une fois de plus le droit inaliénable de toute nation à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques (…) Nous soutenons les véritables exigences pacifiques, sociales, politiques et économiques du peuple Syrien et affirmons une nouvelle fois qu’aucune puissance n’a le droit de décider pour un autre peuple ou une autre nation. L’humanité ne peut tolérer d’ingérence étrangère dans les affaires internes d’un peuple. La souveraineté d’un pays est de la seule responsabilité de son peuple. » Le communiqué poursuit : « Les forces démocratiques, anti-impérialistes, éprises de paix du monde entier doivent briser le silence et dénoncer les campagnes perfides de l’impérialisme qui ouvre la voie à cette nouvelle agression (…) Nous nous engageons à poursuivre la lutte et à mobiliser des forces dans le monde entier afin de créer les fondations permettant de passer à une nouvelle étape dans la lutte anti-impérialiste, pour défendre la paix, la solidarité et l’auto-détermination des peuples. Nous sommes convaincus que la lutte des peuples pour la paix l’emportera ! »
L’expérience des manifestations mentionnées démontre que l’articulation de slogans pour la paix et le mouvement contre la guerre avec la lutte progressiste de notre peuple pour la démocratie est une nécessité et devrait être mise en avant par les organisations pacifistes de notre pays. Nous nous trouvons devant des jours et des semaines capitales. La région du Golfe persique et le Moyen-Orient sont au bord d’une guerre destructrice qui pourrait s’étendre et prendre des dimensions mondiales. Nous devons réagir face à de telles aventures dangereuses avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, nous ne devons laisser passer aucune occasion de nous opposer à la guerre et aux fauteurs de guerre, et empêcher la catastrophe avant qu’elle n’éclate.
Article du Tudeh, parti communiste iranien,
Publié dans l’organe central du Tudeh « Nameh Mardom »
Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
7 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
7-1 Julie Lévesque :À court de cibles », les services secrets israéliens « diminuent les assassinats » en Iran.
Citant anonymement des officiels hauts placés du renseignement israélien, la revue étasunienne Time Magazine contredit le très crédible quotidien britannique Sunday Times en suggérant que durant les derniers mois, le Mossad (les services secrets israéliens) a « réduit » ses opérations clandestines en Iran, incluant les assassinats ciblés.
Paradoxalement, le Times et TIME se contredisent. Dans son numéro du 25 mars, le Sunday Times affirmait que les services de renseignement israéliens avaient intensifié leurs activités clandestines à la base militaire de Parchin en Iran, prétendument pour trouver des preuves à l’effet que l’Iran fabriquait une arme nucléaire. Ces opérations des services de renseignement ont été menées alors que Téhéran négociait avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Celle-ci faisait pression sur les Iraniens afin qu’ils autorisent une visite sur cette même base. (Julie Lévesque, Fabrication de preuves pour attaquer l’Iran? Des espions israéliens en Iran déguisés en soldats iraniens, Mondialisation.ca, 27 mars 2012)
Un autre article intitulé US steps up intelligence, sabotage missions in Iran (Les États-Unis intensifient les missions de renseignement et de sabotage en Iran), publié par The Hill le 9 avril, semble corroborer les informations révélées par le Sunday Times. The Hill indique une augmentation dans la République islamique des opérations clandestines de la CIA et de ses alliés dans la région. Comme Israël est l’allié le plus important des États-Unis dans cette région, on peut assumer que le Mossad participait à ces missions de sabotage.
Citant le Washington Post, Carlo Munoz rapporte dans The Hill :
Les agences de renseignement étasuniennes intensifient les missions de renseignement et de sabotage axées sur le programme nucléaire iranien, alors que Téhéran se prépare à renouer les pourparlers avec les puissances occidentales relativement aux efforts réalisés dans ce domaine.
Des représentants iraniens doivent rencontrer vendredi à Istanbul en Turquie le soi-disant groupe P5+1, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies plus l’Allemagne, dans le but de discuter du programme nucléaire du pays […]
La CIA et d’autres agences ont par ailleurs multiplié les missions de sabotage en Iran, lesquelles visent à perturber le travail nucléaire en cours au pays.
Afin d’y parvenir, l’agence a compté sur ses partenariats avec des services de renseignement dans la région afin de recruter des agents pour des missions de renseignement et de sabotage en sol iranien, rapporte le Post. (Carlo Munoz, US steps up intelligence, sabotage missions in Iran, The Hill, 9 avril 2012.)
Le compte-rendu du Washington Post révèle par ailleurs que l’ « activité de renseignement » a été utilisée pour accroître les sanctions économiques contre l’Iran :
L’augmentation des activités de renseignement a coïncidé avec une campagne clandestine de la CIA et d’autres agences, visant à saboter le programme nucléaire iranien, et a permis d’accroître l’utilisation de sanctions économiques ciblées par les États-Unis et leurs alliés dans le but d’affaiblir la détermination de l’Iran […]
D’anciens représentants du renseignement ont affirmé que l’intensification des activités s’est poursuivie sous la direction de Leon E. Panetta, qui a établi des partenariats avec des agences de renseignement alliées de la région, capables de recruter des agents pour des missions en Iran. (Joby Warrick et Greg Miller, U.S. intelligence gains in Iran seen as boost to confidence, The Washington Post, 7 avril 2012.)
Ces deux reportages sèment définitivement le doute sur la crédibilité du reportage du TIME publié le 30 mars et intitulé « Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say » (Selon des officiels, le Mossad réduit ses opérations clandestines en Iran).
Selon le compte-rendu du TIME, le Mossad a réduit ses opérations en Iran, ce qui contredit les articles du Washington Post et du Sunday Times.
Cependant, l’aspect le plus frappant des révélations contradictoires du TIME n’est pas la diminution des activités clandestines du Mossad en Iran, mais plutôt la nature même des opérations, soit des assassinats et des attaques, rapportées par le TIME d’une manière très banale.
Selon les officiels, la diminution touche un vaste éventail d’opérations, non seulement les missions très en vue comme les assassinats et les explosions sur des bases iraniennes de lancement de missiles, mais aussi la collecte de renseignement sur le terrain et le recrutement d’espions au sein du programme iranien. (Karl Vick, Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say, 30 mars 2012.)
Sans preuves à l’appui, Israël a nonchalamment accusé l’Iran d’être à l’origine d’attaques à la bombe menées récemment en Thaïlande et en Inde, lesquelles n’ont pas fait de victimes, mais ont blessé 5 personnes. Ces actions ont été qualifiées, à juste titre, d’attaques terroristes.
Cependant, dans le reportage du TIME cité ci-dessus, les assassinats et les attaques à la bombe commis par Israël en Iran ne sont pas considérés comme des actes terroristes. Il s’agit d’un cas évident de deux poids deux mesures.
L’article met l’accent sur la raison invoquée pour la réduction des attaques et des assassinats, notamment les conséquences néfastes sur l’« image d’Israël dans l’opinion publique ». Si l’on reconnaît dans le reportage que le Mossad a été impliqué dans l’assassinat d’Iraniens, entre autres, et qu’il a perpétré des attaques en sol iranien, la nature criminelle de ces actions n’est jamais évoquée :
Des représentants occidentaux des services de renseignement avaient déjà confirmé au TIME que le renseignement iranien avait découvert une cellule entraînée et équipée par le Mossad. Les aveux détaillés de Majid Jamali Fashid l’an dernier à la télévision d’État iranienne étaient authentiques, selon ces représentants. Ces aveux concernaient l’assassinat du scientifique spécialisé dans le nucléaire, Massoud Ali Mohmmadi, tué dans un attentat à la bombe mené par un motocycliste en janvier 2010. Les responsables du renseignement occidentaux ont blâmé un pays tiers pour avoir révélé l’existence de la cellule.
Dans ce cas-là, les dommages causés à l’image d’Israël dans l’opinion publique ont été limités par la crédibilité de l’Iran […]
Mais cela pourrait changer si la République islamique capturait un Israélien ou présentait d’autres preuves, quelque chose de l’ordre des séquences vidéo en circuit fermé et des faux passeports ayant indiqué la présence d’agents du Mossad dans l’hôtel de Dubaï où le trafiquant d’armes Mahmoud al-Mabhouh a été trouvé mort dans sa chambre en janvier 2010.
Certains préviennent que les assassinats courent déjà ce risque. Après le plus récent meurtre en janvier, celui du scientifique spécialisé dans le nucléaire Mostafa Ahmadi-Roshan, les États-Unis ont catégoriquement nié toute implication et ont condamné le meurtre. Des officiels occidentaux du renseignement affirment qu’il était au moins le troisième scientifique iranien tué par des agents du Mossad, lesquels sont récemment à court de cible, aux dires de certains représentants israéliens […] (Ibid.)
En revanche, dans un article du TIME sur les attaques à la bombe ayant ciblé des Israéliens en Inde et en Thaïlande et pour lesquelles on a blâmé l’Iran, TIME était catégorique en ce qui a trait à la définition du terrorisme :
Pour être juste, il faut dire qu’il n’existe pas de définition du terrorisme admise au niveau international. Mais lorsque des bombes se mettent à exploser, aucune analyse terminologique ou déformation de définitions n’empêchera les gens de conclure qu’il s’agit de terrorisme. (Robert Horn, Thai Tourism Sector Must Face, Not Dismiss, the Threat of Terrorism, 20 février 2012.)
Une « équipe terroriste » israélienne arrêtée en Iran
Ces reportages contradictoires relativement à la quantité d’opérations secrètes en Iran pourraient indiquer qu’Israël et les États-Unis bluffent et font couler des informations dans le cadre d’une opération psychologique (PsyOp). Mais le 10 avril, le gouvernement iranien a déclaré avoir arrêté un groupe terroriste appuyé par Israël, sans donner trop de détails.
Les responsables ont prétendu que les terroristes étaient financés et appuyés par Israël et envisageaient d’attaquer des scientifiques œuvrant dans le nucléaire et des sites nucléaires au pays. Le plan terroriste a été déjoué, a affirmé l’agence de presse étatique Islamic Republic News Agency (IRNA), citant des représentants du ministère. (Stephen Manual,Israel-backed terrorist team arrested in Iran, All Voices, 10 avril 2012.)
Le présumé plan terroriste cité par Téhéran ressemble énormément aux opérations clandestines détaillées dans le TIME. Mais il est possible que les Iraniens bluffent aussi.
S’il est vrai que la République islamique a « capturé un Israélien » ou qu’elle possède « d’autres preuves », comme le mentionnait le TIME, cela pourrait accroître « la crédibilité de Téhéran » et, en revanche, affecter « l’image d’Israël dans l’opinion publique ».
Julie Lévesque
Vendredi 20 avril 2012
7-2 Amar DJERRAD : L’échec du stratagème « Grand Moyen-Orient » sous le fallacieux prétexte de « l’arme atomique » de l’Iran.
On se réunit, on parle, on sanctionne, on menace puis on recommence. Cela fait presque 20 ans que cela dure. Cela devient de la schizonévrose. Les menaces de « frappes préventives », réitérées à satiété, pour empêcher l’Iran de se doter de « l’arme nucléaire » n’est plus crédible, d’une part parce qu’ils connaissent la vérité et d’autre part parce qu’ils redoutent les conséquences qu’ils savent catastrophiques pour leurs intérêts et leur gendarme local.
Même l’Iran ne croit plus à cette éventualité comme l’a déclaré l’ambassadeur de Téhéran en France, Ali Ahani, dans une interview à Reuters « les frappes militaires, nous n’y croyons pas du tout » en précisant« bien sûr, nous sommes préparés à tout scénario pour nous défendre, mais on ne pense pas que le régime sioniste ira dans cette direction parce qu’il y aurait des conséquences pires et imprévisibles non seulement pour ce régime, mais pour la région et le monde. »
A ce propos, rappelons la confirmation de L’Ayatollah Khamenei lors de la cérémonie de prestation de serment et de la remise des diplômes aux élèves officiers de l’Ecole supérieure des officiers « quiconque s’imagine pouvoir agresser la RII, se verra asséner des coups irréparables… les États-Unis et le régime sioniste, doivent savoir que le peuple iranien n’agresse aucun peuple, ni pays, mais qu’il saura répondre de toute sa puissance, à toute agression, même, menace, … »
D’ailleurs, depuis, on ne sait plus, maintenant, qui doit le faire, qui doit commencer et qui doit suivre. Même le régime sioniste - qui saisit parfaitement les conséquences d’une telle aventure - sait qu’il a perdu la force et l’initiative depuis la montée en puissance de l’Iran ; c’est la raison pour laquelle il appelle la « communauté internationale » pour le faire comme le montre un communiqué du bureau de leur premier ministre « la communauté internationale doit empêcher l’Iran de fabriquer des armes nucléaires qui représentent une menace pour la paix dans la région et dans le monde entier ». Il s’agit bien, pour lui, d’une question existentielle. Son dilemme et paradoxe, issu de son idéologie sioniste funeste, le met dans une position des plus cocasse et dramatique à la fois. Une situation ou « agresser » ou « faire la paix » mène, l’un ou l’autre vers la même destinée.
C’est-à-dire sa disparition ! Le sionisme ne peut exister sans expansionnisme et injustice lesquels mènent inexorablement à l’échec et donc à sa chute. Il s’y est enlisé dans l’invraisemblable paradoxe de « ni guerre ni paix ». La paix affaiblirait son armée et une nouvelle guerre pourrait signifier son suicide du fait du nouveau rapport de force.
Pour l’Iran, « à quelque chose malheur est bon ». Pendant tout ce temps fait de menaces, d’embargo et d’assassinats, ce pays, par sagesse et détermination, a opté pour le développement de son économie et moyens de défense en transformant en atoutscette adversité. Ainsi en comptant sur ses propres forces, il a enregistré des progrès fulgurants en matière d’autosuffisance, de technologies, d’armes défensives ; ce qui a inquiété profondément les partisans de l’hégémonie mondiale.
La RII avait bien compris qu’en lieu et place d’« arme nucléaire » - au fond couteuse, inutile et maudite par la morale - il était stratégiquement et tactiquement plus avantageux de développer des armes défensives ; plus fédératrices. La morale soutient la ‘victime’ et non l’agresseur. Les multiples annonces dans les progrès dans le développement de ce genre d’armes sont telles que les provocateurs occidentaux revoient de jour en jour leur jargon belliciste. En effet quand l’agresseur pressent une riposte du même acabit, il est moins tenté dans son aventure. Pour L. Ivashov l’ex chef d’état-major russe, favorable à la livraison des S 300 à l’Iran, « …L’agression est moins probable quand la victime est en mesure d’infliger des dommages intolérables à l’agresseur ». L’Iran averti, à chaque déclaration de menace, qu’il riposterait à toute agression lancée contre lui. Récemment, selon des médias, Massoud Jazayeri, porte-parole des Pasdarans, a prévenu qu’« une frappe foudroyante sera portée en réponse à toute agression. Nous n’agirons pas seulement dans les limites du Proche-Orient et du golfe Persique. Aucun endroit sur le territoire américain ne sera à l’abri de nos attaques ». Même les chercheurs du Congrès Us qualifient toute attaque contre l’Iran d’« inutile » du fait, selon leur rapport, que les sites « sont dispersés sur l’ensemble du territoire iranien et fonctionnent dans des conditions de sécurité extrême »
Le fallacieux prétexte développé contre l’Iran et bien tombé en désuétude. Pour T. Meyssan, « les prétendus soupçons occidentaux ne sont que des artifices…pour isoler un État qui remet en cause la domination militaire et énergétique des puissances nucléaires… ». Même les parlementaires allemands de gauche s’opposent fermement à cette option de guerre en demandant à leur gouvernement de déclarer clairement l’opposition de Berlin à toute attaque contre l’Iran. Quant aux pays du BRICS, réunis dernièrement en Inde, ils appuient clairement l’Iran et son programme nucléaire ; position que le Conseil des Affaires internationales en Inde qualifie d’« évolution extrêmement positive qui joue en faveur de la paix et de la stabilité dans l’Asie de l’Ouest ».
Il est, en effet, vrai qu’un ex-vassal qui devient indépendant et qui s’érige en puissance régionale sur laquelle on doit maintenant compter n’est pas chose facile à admettre par ceux qui se prétendent « maîtres du monde ». On a usé, dès lors, de tous les moyens, même les plus abjects, pour faire plier ce pays afin de le rendre ‘sujet’ sinon ‘satellite’ pour faire passer leurs projets mortels du « Grand Moyen-Orient ». L’AIEA, qui est devenue un instrument au service de l’Occident, ne peut dévier de cette politique de diabolisation de l’Iran pour le prétendu « nucléaire militaire » même si elle détient la vérité.
Son dernier rapport dévoile clairement sa partialité lorsqu’elle juge que les « vastes » installations de Parchin sont « destinées à des expériences à l’aide d’explosifs » ce qui constituent pour elle« des "indications fortes" d’un programme d’armement potentiel. » Ils veulent en réalité visiter les sites militaires stratégiques. Rien que ça !
Même les assassinats de scientifiques sont devenus leur politique. Si l’Iran décidait d’appliquer la même absurdité criminelle, parions qu’ils ne la dépasseront jamais, car disposant de beaucoup plus de motifs et de moyens culturels et religieux. Mais l’Iran, non seulement reste sage en tenant bon, mais est en phase irréversible de devenir (à notre sens il l’est déjà) un acteur de poids dans la géopolitique et la géostratégie régionale voire mondiale. L’avenir de la région doit passer désormais par l’Iran. Les progrès technologiques, les ressources, la patience et l’unité de l’Iran ont eu raison sur l’arrogance et la cupidité de l’Occident. Toute l’adversité à son égard s’est avérée sans effets au vu de cette évolution. Il se permet même d’appliquer sur la France et l’Angleterre, à l’avance et sur-le-champ, la ‘sanction’ de boycotter son pétrole. Il ne leur vend plus de pétrole qu’ils ont "programmé" de… ne pas acheter !
Contrairement à l’Occident et Israël, l’Iran n’a jamais agressé quiconque. Qui de ces pays puissants occidentaux et d’Israël se permet de violer des résolutions de l’ONU ou les lois internationales ? Alors que l’Iran a signé le TNP nucléaire en admettant les inspecteurs, Israël refuse de signer et de permettre toute inspection internationale de ses centrales nucléaires reconnues pour être militaires.
Quant au ‘régime’ iranien, on le voit plus démocratique que beaucoup de pays arabes valets et alliés de l’Occident ; mieux, de pays dits à ‘tradition démocratique’. C’est la propagande, le mensonge, la manipulation et la mainmise sur les médias lourds et les institutions et organisations dites ‘internationales’ qui ont perverti les valeurs en cachant la réalité et la vérité. Rappelons ce que nous avions dit par ailleurs : l’ONU et ses organisations servent à produire des alibis contre les pays ciblés, la CPI pour « menacer de prison » les dirigeants récalcitrants, le FMI pour ruiner et gager les pays, l’OTAN pour agresser et démolir, la presse pour manipuler et contrôler l’opinion. On peut ajouter la Ligue des « États arabes », cet « attrape-nigaud » discrédité, et l’association internationale des Frères musulmans qui ont pris fait et cause pour les thèses Occidentales en ce qui concerne la déstabilisation de certains États arabes faute de vision lucide ou pour cause de corruption et fourberie. Pour l’exemple, suite au refus de la France d’accorder un visa à cheikh Youssef al-Qardhaoui , le secrétaire général de cette Union, le cheikh Kardaghi, va jusqu’à faire bonne figure en déclarant que « le cheikh a toujours été modéré » en donnant comme preuves ses fatwas dont « l’une de ces fatwas avait rendu licite l’intervention militaire de l’Otan en Libye » car l’Union considère « la France comme un pays allié [en jouant] un rôle de premier plan dans le Printemps arabe et notamment en Libye et nous attendons sa contribution à la libération de la Syrie ». La perversion de certains arabes a atteint les limites de l’entendement dans leur servitude au projet des américano-sionistes. Même ces derniers, par leur soutien à l’opposition armée, ne cachent pas eux-aussi leur souhait, de toujours, de voir tomber le « régime de Bachar » qui constitue, avec l’Iran, un redoutable rempart à l’hégémonie américaine sur toute la région dont Israël était désigné le feudataire. La Syrie était inscrite comme étape d’importance par sa situation et sa politique.
Dans un article publié récemment dans le Yediot Ahranot, Efraim Halevy, l’ancien chef du Mossad, a estimé que « … si la paix se rétablie en Syrie, et si le monde accepte la survie du régime d’Assad dans le berceau Téhéran, et si la Turquie, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne accepte d’appliquer le plan d’Annan, nous connaitrons alors la défaite stratégique la plus cuisante depuis la création d’Israël ».
Le projet ayant échoué contre le ‘mur’ syrien par les percées militaires et diplomatiques réussies, il ne reste aux américains que les négociations sur la base de ce postulat avec les pays issus du nouveau rapport de force dont l’Iran, puis de faire le deuil de leur rêve de casser l’axe Atlantique / Océan indien et Pacifique pour bloquer les pays du BRICS. Ils seront contraints à faire « certains sacrifices » pour se permettre de se positionner, au mieux, en futur « initiateurs de paix » pour ne pas risquer de perdre aussi les acquis. Le Qatar qui ‘finance’ et ‘sponsorise’, l’Arabie Saoudite qui ‘arme’ et le régime d’Erdogan qui ‘abrite’ savent qu’ils ont joué leur pouvoir ou leur trône dans cette partie perdue qui se termine en Syrie.
On sent déjà l’affolement des pétro monarques et des sionistes d’Israël que leur inspire maintenant la Syrie – qu’appui l’axe Chine-Russie-Iran-Irak-Liban – qui devient leur pire cauchemar surtout depuis que la Chine et la Russie ont imposé une nouvelle équation régionale et mondiale et depuis que la « communauté internationale » ait apparemment abandonnée l’option militaire, le renversement du régime par la force et l’armement de l’opposition. Lavrov assène en assurant, que même si cette dernière option est retenue, l’armée syrienne les battra ! L’ancien chef du Mossad reconnait dans son article le trouble d’Israël ainsi « l’Iran est devenu l’allié stratégique des puissances mondiales dans les efforts visant à trouver une issue à la crise syrienne [réalisant ainsi] un des objectifs : devenir une puissance régionale au Moyen Orient ».
Les américano-arabo-sionistes savent désormais que le projet ayant pour objectif ‘Iran’ par le ‘pont’ syrien a lamentablement échoué d’où, encore, ces sempiternelles menaces de frappes de l’Iran. Mais quand on ne fait que menacer durant 20 ans c’est que l’on ne fera rien ! Que du bluff ! Le dernier espoir et le dernier enjeu, qu’est la Syrie, est en phase de se pulvériser sur les rocs Damascains ; d’où ces revirements dans leurs discours et leurs engagements à l’endroit de la Syrie et l’Iran dont-on annonce subrepticement qu’il ne présente pas de caractère militaire. Ou bien ces informations crédibles qui font état qu’un certain nombre de dirigeants arabes adressent des « lettres confidentielles » à Damas dans le but de rechercher des solutions surtout après le « choc », pour le Qatar et l’Arabie saoudite, du Sommet de Bagdad.
D’après un diplomate russe en relation avec Damas, il y aurait un accord américano-russe lors d’une rencontre entre Medvedev et Obama. Celui-ci aurait demandé que Moscou tempère les choses « jusqu’aux élections américaines » en échange d’une réactivation de ses « principes annoncés pour son mandat en cours ; ceux qui consistaient à rechercher les solutions plutôt que les conflits face aux problèmes internationaux » à savoir le problème du bouclier antimissiles, les dossiers iranien, syrien en particulier. Ce diplomate russe affirme qu’il n’y aura pas de guerre contre l’Iran et que pour la Syrie ils en sont « à l’étape du règlement politique de la crise…maintenant le plus important est de convaincre l’opposition d’accepter… » La surprise/coup de grâce arrive du prix Nobel allemand Günter Grass qui vient de publier, dans le quotidien de Munich Süddeutsche Zeitung, un poème/prose intitulé « Ce qu’il faut qu’il soit dit ». Il s’agit d’une dénonciation de l’armement nucléaire d’Israël qui « menace la paix mondiale » ainsi que les menaces d’attaques contre l’Iran. Il dénonce le « prétendu droit à attaquer le premier ». Il évoque Israël qui dispose « depuis des années d’un arsenal nucléaire croissant …et sous-marins nucléaires » et critique la livraison par son pays de sous-marins qui pourrait rendre les Allemands complices d’un « crime prévisible ». Grass dénonce un « silence généralisé [qui est un] mensonge pesant » tout en prévenant qu’il sera accusé « d’antisémitisme ». « Pourquoi maintenant ? », « Parce qu’il faut dire ce qui pourrait être trop tard demain » dit-il.
La vérité finit toujours par reprendre le dessus sur le mensonge. C’est la loi inexorable de la Nature. Le monde à venir sera désormais plus équilibré avec les nouvelles alliances, les nouveaux regroupements, les nouveaux rapports de forces conséquents à des décennies d’injustices et de dominations des pays que compose l’Empire.
Les conclusions des meilleurs services de renseignements au monde, la CIA, et d’autres experts montrent que l’Iran aurait dû posséder cette arme nucléaire il y a 12 ans. S’il n’y a rien jusque-là, c’est que l’on menace l’Iran de bien autres choses qui relèvent de son droit indiscutable et inaliénable.
Voici ce qu’ils disaient déjà entre 1993 et 2000 et qu’ils redisent encore actuellement 12 ans après :
- « 24 février 1993 : le directeur de la CIA James Woolsey affirme que l’Iran était à huit ou dix ans d’être capable de produire sa propre bombe nucléaire, mais qu’avec une aide de l’extérieur, elle pourrait devenir une puissance nucléaireplus tôt. »
- « Janvier1995 : le directeur de l’agence américaine pour le contrôle des armements et le désarmement John Holum témoigne que l’Iran pourrait avoir la bombe en 2003. »
- « 5 janvier 1995 : le secrétaire à la défense William Perry affirme que l’Iran pourrait être à moins de cinq ans de construire une bombe nucléaire, bien que "la rapidité... dépendra comment ils travaillent pour l’acquérir" (‘how soon…depends how they go about getting it.’) »
- « 29 avril 1996 : le premier ministre israélien Shimon Peres affirme qu’"il croit que d’ici quatre ans, ils (l’Iran) pourraient avoir des armes nucléaires". »
- « 21 octobre 1998 : le général Anthony Zinni, chef de l’US Central Comand affirme que l’Iran pourrait avoir la capacité d’envoyer des bombe nucléaires d’ici cinq ans. "Si j’étais un parieur, je dirais qu’ils seront opérationnels d’ici cinq ans, qu’ils auront les capacités." »
- « 17 janvier 2000 : Une nouvelle évaluation de la CIA sur les capacités nucléaires de l’Iran affirme que la CIA n’exclut pas la possibilité que l’Iran possède déjà des armes nucléaires.
L’évaluation se fonde sur la reconnaissance par la CIA qu’elle n’est pas capable de suivre avec précision les activités nucléaires de l’Iran et ne peut donc exclure la possibilité que l’Iran ait l’arme nucléaire. »
En conclusion,
Il n’est pas inutile de rappeler ce qui est baptisé le projet « Yinon » que les israéliens considèrent comme stratégique et qui entre dans la même stratégie du « Grand Moyen-Orient ». Conçu par ses officines, il consiste en une reconfiguration de son « environnement géostratégique » grâce à une « balkanisation des états du Moyen-Orient et des pays arabes » pour en faire des « petits états » sans puissance. L’Irak, considéré comme pièce maitresse, devait être divisé en un état kurde et deux états arabes (pour les musulmans chiites et pour les sunnites) en suscitant, pour ce faire, une guerre contre l’Iran. Ce projet préconise aussi le démembrement du Liban, de l’Égypte et de la Syrie ; le morcellement de l’Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan. Il prévoie également la partition de l’Afrique du Nord en commençant par l’Egypte puis de l’étendre au Soudan, à la Libye, au Mali et au reste de la région. L’"Atlantic" en 2008 et l’"Armed Forces Journal" en 2006, avaient publié des:cartes où figurent ces « nouveaux pays » qu’envisage ce projet « Yinon ».
Le monde « arabe et musulman » était donc bien averti.
Amar DJERRAD
11 avril 2012
URL de cet article 16358
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8 Annexe
Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.
8-1 Dr. Paul Craig Roberts : Washington nous mène dans un monde hors-la-loi.
Le gouvernement des Etats-Unis prétend vivre sous les auspices de la loi, le respect des droits de l’Homme, et d’apporter liberté et démocratie à ses citoyens. La prétention de Washington et la dure réalité sont diamétralement opposées.
Les officiels du gouvernement américain critiquent de manière routinière les autres gouvernements pour ne pas être démocratiques et pour violer les droits de l’Homme. Toujours est-il qu’aucun autre pays au monde mis à part Israël bombarde, tire des missiles et envoie des drones dans des nations souveraines pour tuer des populations civiles. Les prisons de la torture d’Abu Graïb, de Guantanamo et le programme de transfert secret de prisonniers de la CIA dans ses prisons tout aussi secrètes, sont les contributions des régimes Bush / Obama aux droits de l’Homme.
Washington viole les droits de ses propres citoyens. Washington a suspendu les droits et libertés civils pourtant garantis par la constitution et a déclaré ses intentions de détenir les citoyens américains indéfiniment sans autre forme de procès. Le président Obama a annoncé qu’à sa discrétion, il peut faire assassiner des citoyens américains qu’il voit comme une menace pour les Etats-Unis.
Le congrès n’a pas répondu à ces annonces extraordinaires avec une procédure de destitution. Il n’y a pas eu de levée de boucliers de la part des cours fédérales, des facs de droit et des associations du barreau. Glenn Greenwald rapporte que le département de la Sécurité de la Patrie (NdT: la “fameuse “ DHS, qui est la stasi / securitate du pays du goulag levant) harcèle les journalistes qui refusent de devenir des “pressetitués” et nous avons vu des vidéos de la répression brutale par la police des manifestations pacifiques du mouvement Occupy Wall Street. Chris Floyd décrit les pervers de la torture qui règnent sur les Etats-Unis.
Maintenant, Washington force du mieux qu’elle peut le reste du monde à se débarrasser des traités internationaux et de la loi internationale. Washington a déclaré que sa parole seule est la loi internationale. Tous les pays, sauf ceux qui ont reçus une dispense de Washington, qui s’engagent dans le commerce avec l’Iran ou achète du pétrole iranien seront sanctionnés par les Etats-Unis. Ces pays seront coupés du marché américain et leur système bancaire ne pourra plus utilisé les banques pour procéder aux réglements internationaux. En d’autres termes,, les sanctions de Washington envers l’Iran s’appliquent non seulement à l’Iran mais aussi aux pays qui défient Washington et utilisent le pétrole iranien pour subvenir à leur demande énergétique.
D’après le Christian Science Monitor, Washington a jusqu’ici donné une dérogation au Japon et à 10 pays européens pour continuer à acheter le pétrole iranien. Demandant à des pays de fermer leurs économies afin de donner libre-court à la vendetta de Washington contre l’Iran; une vendetta qui existe depuis que les Iraniens ont renversé la marionnette installée par les Etats-Unis, le Shah d’Iran, il y a plus de trente ans. Ceci fut plus que Washington ne pouvait supporter. Washington a permis au Japon de continuer à importer entre 78 et 85% de ses importations normales de pétrole avec l’Iran.
Les dispenses de Washington quoi qu’il en soit, sont tout à fait arbitraires. Des dispenses n’ont pas été données à la Chine, à l’Inde, à la Turquie et à la Corée du Sud. L’Inde et la Chine sont les plus gros importateurs de pétrole iranien et la Turquie et la Corée du Sud sont dans le top 10 des importateurs. Avant que de regarder aux conséquences imprévues de la vendetta de Washington contre l’Iran, voyons quel est le problème de Washingron avec ce pays ?
Franchement, Washington n’a rien à faire valoir. Nous sommes, une fois de plus, revenus à la supercherie “des armes de destruction massives”. L’Iran, à l’inverse d’Israël, est signataire du traité de non prolifération nucléaire. Tout pays signataire à le droit à l’énergie nucléaire. Washington affirme que l’Iran viole le traité en développant un programme nucléaire militaire. Il n’y a absolument aucune preuve des accusations de Washington. Washington possède 16 agences de renseignement et toutes sont unanimes pour dire que l’Iran n’a pas de programme nucléaire militaire pour faire des armes nucléaires depuis au moins 2003. De plus les inspecteurs de l’AIEA sont en Iran et ont rapporté de manière constante qu’il n’y a pas de diversion de matériel nucléaire de son programme énergétique vers un programme d’armement.
Les quelques rares fois où on rappelle à Washington ces faits, elle rend l’affaire différente. Washington déclare alors les droits de l’Iran sous les conditions du traité de non prolifération invalides, que l’Iran ne peut pas avoir un programme nucléaire énergétique, parce que l’Iran apprendrait alors à faire des armes nucléaires dans le futur et ainsi d’obtenir la bombe. La première nation hégémonique mondiale a décidé unilatéralement que la possibilité que l’Iran puisse un jour décider de construire une bombe atomique, est un trop grand risque à courir. C’est mieux, dit Washington, de faire monter les prix du pétrole, de perturber l’économie mondiale, de violer la loi internationale et de risquer une guerre majeure, que d’avoir à se soucier qu’un gouvernement iranien futur fasse une arme nucléaire. Ceci est l’approche tyrannique de la loi de Jeremy Bentham, qui fut répudiée par le système légal anglo-saxon.
Il est difficile de caractériser la position de Washington comme étant une position de bon jugement. De plus, Washington n’a jamais expliqué quel risque elle voit dans la possibilité de la possession de l’arme nucléaire par l’Iran. Pourquoi ce risque serait-il plus grand que le risque associé avec l’armement nucléaire soviétique à l’époque, ou avec l’armement nucléaire des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, d’Israël, du Pakistan, de l’Inde et de la Corée du Nord aujourd’hui? L’Iran est un pays relativement petit. Elle n’a pas l’ambition hégémonique de Washington. Contrairement à Washington, l’Iran n’est pas en guerre avec une demi-douzaine de pays. Pourquoi Washington détruit-elle la réputation des Etats-Unis comme un pays qui respecte la loi et risque une guerre majeure et une dislocation économique à propos de quelques développements futurs, dont la probabilité est totalement inconnue ?
Il n’y a pas de bonne réponse à cette question. Manquant de preuve dans le cas contre l’Iran, Washington et Israël y ont substitué la diabolisation. Le mensonge a été établi comme vérité comme quoi le président actuel de l’Iran a l’intention de rayer Israël de la surface de la terre.
Le mensonge a eu le succès escompté comme propagande alors même que de nombreux experts en langues ont prouvé que l’intention attribuée au président iranien par la machine propagandiste américano-israélienne est un énorme contre-sens dans la traduction de ce que le président iranien a dit. Une fois de plus, pour Washington et ses presstitués, les faits ne comptent pas. Seul l’agenda est ce qui compte. N’importe quel mensonge sera utilisé pour faire avancer cet agenda.
Les sanctions de Washington pourraient bien finir par mordre Washington plus fort qu’elles ne mordent l’Iran.
Que fera Washington si l’Inde, la Chine, la Turquie et la Corée du Sud ne succombent pas à ses menaces ?
D’après des rapports récents, l’Inde et la Chine ne sont pas favorables à se désavantager elles-mêmes et à nuire à leur développement économique afin de supporter Washington dans sa vendetta contre l’Iran. Ayant observé la montée rapide de la Chine et l’immunité de la Corée du Nord contre une attaque américaine, la Corée du Sud peut légitimement se demander combien de temps encore elle restera un état marionnette des Etats-Unis. La Turquie, où le gouvernement civil et quelque peu islamiste a réussi à devenir indépendant de l’armée turque contrôlée par les Etats-Unis, apparaît réaliser peu à peu que Washington et l’OTAN ont cantonné la Turquie dans un “rôle de serviteur” dans lequel la Turquie est l’agent de Washington contre ses pairs. Le gouvernement turc semble réévaluer les bénéfices d’être un pion de Washington.
Ce que la Turquie et la Corée du Sud ont à décider est en fait de prendre la décision pour que ces pays soient des pays indépendants ou assimilés dans l’empire de Washington.
Le succès de l’assaut américano-israélien sur l’indépendance de l’Iran dépend de l’Inde et de la Chine.
Si l’Inde et la Chine montrent leur majeur a Washington, que peut-elle faire ? Absolument rien. Que se passera t’il si Washington, noyée dans ses délires gigantesques, venait à annoncer des sanctions contre l’Inde et la Chine ?
Les rayons de Wal-Mart resteront vides et le plus gros distributeur des Etats-Unis viendrait marteler la porte de la Maison Blanche.
Apple et bon nombre de grosses corporations influentes américaines, qui ont délocalisées leur production pour le marché américain en Chine, verraient leurs profits s’évaporer. Ensemble, avec leurs alliés de Wall Street, ces entreprises très puissantes viendraient prendre d’assaut le fou de la Maison blanche avec bien plus de force que l’Armée Rouge. Le surplus commercial chinois arrêterait de venir renflouer la dette de la trésorerie américaine. Les opérations bancaires délocalisées en sous-traitance en Inde, les compagnies de cartes de crédit et les départements de services et d’utilités à travers les Etats-Unis cesseraient de fonctionner.
Ce serait le domaine du chaos aux Etats-Unis. Telles sont les récompenses pour l’empire de la mondialisation que ce même empire a enfanté.
L’imbécile de la Maison Blanche et les va t’en guerre néoconservateurs et israéliens qui le pressent de faire encore plus de guerres, ne comprennent pas que les Etats-Unis ne sont plus un pays indépendant. Les Etats-Unis ont un propriétaire: les corporations offshore et les pays étrangers dans lesquels ces corporations ont localisé leur production pour les marchés américains. Des sanctions sur l’Inde, la Chine (et la Corée du Sud) veut simplement dire des sanctions sur les entreprises américaines, des sanctions sur la Turquie veulent dire des sanctions sur un allié de l’OTAN.
La Chine, l’Inde, la Corée du Sud, la Turquie réalisent-elles qu’elles ont en leur possession la donne gagnante ? Comprennent-elles qu’elles peuvent montrer leur majeur à l’empire américain et l’amener à l’effondrement, ou sont-elles conditionnées comme l’Europe et le reste du monde au fait qu’il est vain de résister aux Américains tous puissants ?
La Chine et l’Inde exerceront-elles leur puissance sur les Etats-Unis ou ces deux pays vont-ils tempérer l’affaire et adopter une pose qui sauvera la face de Washington tout en continuant à acheter le pétrole iranien ?
La réponse à cette question est: Combien les Etats-Unis vont-Ils payer secrètement en concessions multiples, comme par exemple la sortie des Etats-Unis de la Mer de Chine du Sud, pour que la Chine et l’Inde prétendent à la reconnaissance de la puissance américaine sur le reste du monde ?
Sans concessions à la Chine et à l’Inde, Washington se verra très sûrement ignorée et contemplera sa puissance s’évaporer. Un pays qui ne peut pas produire industriellement et produire des biens de consommation, mais ne peut qu’imprimer des instruments d’endettement et de la monnaie n’est pas un pays puissant. Il n’est qu’un petit caïd de cour de récréation qui peut continuer à rouler des mécaniques jusqu’à ce que le garçon proverbial dise: “L’empereur est nu”.
Paul Craig Roberts
Article original en anglais : Traduction : Résistance 71, http://resistance71.wordpress.com/
Le 15 avril 2012
Mondialisation.ca
Le blog de Paul Craig Roberts : http://www.paulcraigroberts.org/
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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24.04.2012
n° 502- - journal de l'Afghanistan du 23-04 - a1 - OTAN vs Afghanistan : fin de partie ?
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!
Sa diffusion est un acte de résistance.
journal de l'Afghanistan
n° 502- du 23-04
C.De Broeder & M.Lemaire
Avant propos
‘La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.
Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.
(MICHEL BOUNAN)
· Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes
Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda' & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes
Le "journal de l'Afghanistan" est visible :
a) sur nos blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site :
www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com
d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/
Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire.
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Tiré à part :
René Cagnat : OTAN vs Afghanistan : fin de partie ? Capitaine Martin : Moscou : « dénoncer l’OTAN et son corollaire, la drogue afghane ». 1 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge Xinhua : enquête : Plus d'une dizaine de soldats seraient impliqués dans la tuerie de civils a Kandahar 2 L’Afghanistan au cœur des débats.
3 Politique a) Les collaborateurs afghans Karzai IRIB : Les dessous de l’accord sécuritaire Karzai/l’OTAN ! 4 Les grandes manœuvres IRIB : Undélai pour le retrait des firmes sécuritaires étrangères b) Les occupants Australie L'Australie va quitter l'Afghanistan en 2013, un an plus tôt que prévu 4 Lutte pour la libération du territoire & la victoire de la résistance Afghane Pertes déclarée des occupants. US & Isaf IRIB - Mort de 5 militaires américains. 5 Pertes des forces collaboratrice locales - IRIB - Au moins sept explosion à Kaboul . Prisons IRIB - Des résistants font évader 400 prisonniers. 6 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos. 6-1 Compréhensions, incompréhensions. 6-2 « Plus d'une dizaine de soldats seraient impliqués dans lune tuerie de Kandahar (enquête) 7 Dossiers 7-1 Patrick Martin : Le My Lai afghan. 7-2 Bill Van Auken : Le massacre en Afghanistan : le produit d’une guerre criminelle. 7-3 Richard Hétu : Des photos choc de militaires américains. 7-5 Robert Fisk : Ce n’est pas folie la cause de ce massacre. 8 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 8-1 CORDÉLIA BONAL : Campagne présidentielle française : Comparatif de programmes Afghanistan, Défense, adhésion de la Turquie à l'Union européenne... Qui dit quoi.
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Tiré à part :
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Tous les assaillants qui avaient participé aux attaques concertées lancées dimanche à Kaboul contre le Parlement et le quartier diplomatique ont été tués et les combats sont terminés, a-t-on appris lundi de source officielle. Les forces de sécurité afghanes avaient annoncé lundi matin avoir lancé l'assaut final contre une poignée de résistants retranchés dans un bâtiment de l'enclave diplomatique de la capitale. Les résistants ont déclenché six attaques suicide concomitantes dimanche en Afghanistan pour marquer, selon eux, le début de leur "offensive de printemps". Vers 14H00 locales, les insurgés ont simultanément attaqué plusieurs cibles au sein de l'enclave diplomatique. Des kamikazes équipés de gilets remplis d'explosifs ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du Parlement, mais les forces de sécurité les ont repoussés, selon la police. Dans un autre quartier, des kamikazes se sont emparés d'un bâtiment à moins de 100 m de l'entrée fortement sécurisée d'une succession d'ambassades --dont celle de la France-- et d'une base de la Force internationale de l'Otan (Isaf). Au même moment, des attaques visaient des bâtiments du gouvernement, de la police et une base américaine dans la province de Logar, juste au sud de Kaboul, puis l'aéroport de Jalalabad, dans l'est, qui abrite l'une des plus importantes bases aériennes de l'Isaf, où trois kamikazes ont fait exploser leurs bombes. Enfin, à Gardez, également dans l'est, plusieurs résistants ont attaqué un centre d'entraînement de la police. Des hélicoptères de l'Otan ont été engagés en appui des forces afghanes pour repousser les assaillants. 15/04/2012 http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=59879 |
René Cagnat :OTAN vs Afghanistan : fin de partie ?
Alexandre Knyaziev, spécialiste éminent de l’Asie centrale parfois à l’origine de « révélations » venues des hautes sphères du pouvoir russe et de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS)(1), vient d’annoncer ce que nombre d’experts du monde oriental subodorent depuis des mois : les forces de l’OTAN en Afghanistan sont bel et bien en passe d’être encerclées !*
René Cagnat
Vendredi 9 Mars 2012
Le 29 février, dans un article intitulé « Le piège afghan pour l’Amérique est-il en train de se refermer ? »(2), ce journaliste n’affirme rien de moins que « la décision de fermeture à bref délai du Réseau de distribution nord (RDN), itinéraire d’approvisionnement des unités militaires de l’Amérique et de l’OTAN engagées en Afghanistan, est pratiquement prise à Moscou ».
Ce réseau de voies ferrées et routières qui, à partir de Riga en Lettonie, traverse la Russie pour atteindre l’Afghanistan via le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, et par lequel passeraient aujourd’hui 90% des fournitures nécessaires au corps expéditionnaire, peut effectivement être fermé sur simple décision du Kremlin. Les Russes ont aussi la possibilité, par leur influence à Astana ou en brandissant le statut de la Caspienne, de fortement gêner voire d’interdire le recours à la rocade de remplacement envisagée au travers de la Trancaucasie (par la Géorgie et l’Azerbaïdjan) puis via la Caspienne et le Kazakhstan(3). De même, le fonctionnement du transit aérien par les bases de Manas (Etats-Unis et OTAN), Termez (Allemagne) et Douchanbé (France) pourrait être entravé par le report, voire la suppression d’autorisations de survol au-dessus du territoire russe.
Une telle mesure, si elle intervient prochainement, prendra effet juste au moment où les pays engagés en Afghanistan commencent à agencer le repli des « armadas » dont ils disposent sur ce théâtre lointain : 3000 blindés, dit-on pour la Grande-Bretagne, plus de 400 pour la France, au moins 10 000 pour les Etats-Unis, sans tenir compte des matériels de pointe (missiles, drones, transmissions, artillerie, etc ) dont il est impensable qu’ils puissent tous emprunter une voie aérienne particulièrement ruineuse. L’heure de vol de l’avion gros porteur le plus utilisé (l’AN124, comme par hasard russe…) ne coûte-t-elle pas déjà, alors qu’elle est en constante augmentation, plus de 35 000 euros ?
Pour que Moscou recoure à une telle extrémité, il faut évidemment que le contentieux entre elle, d’une part, l’Amérique et l’OTAN, d’autre part, soit particulièrement critique. C’est le cas en effet : les événements en Syrie, en Iran, en Géorgie, en Azerbaïdjan, le déploiement en Europe centrale d’un bouclier anti-missiles et jusqu’à la « subversion » que le Kremlin perçoit derrière les agissements de l’opposition russe, tout cela rassemble les ingrédients d’une crise majeure. Dans le Très Grand Jeu en cours, le président Poutine, fort de sa réélection, ne devrait pas manquer de brandir au moins la menace d’une fermeture du RDN. C’est justement ce qu’annonce, sans doute intentionnellement, l’article de Knyaziev.
Non moins intentionnellement, ce spécialiste signale en conclusion que la seule organisation internationale en mesure d’aborder le problème n’est autre que l’Organisation de coopération de Shanghaï « qui regroupe en tant que pays-membres ou observateurs tous les voisins de l’Afghanistan tout en faisant participer le gouvernement de Kaboul à ses travaux ». Il souligne aussi, en bon oriental, que les Etats-Unis et l’OTAN n’échapperont pas au piège sans que leur prestige ait à en souffrir…
Un tel retrait vient de commencer puisque, le 5 mars, 25 camions gros porteurs américains viennent de franchir pour la première fois la frontière tadjiko-afghane et se dirigent vers Bichkek où les conteneurs qu’ils convoient seront chargés sur des trains en partance pour Riga via le Kazakhstan et la Russie(4), si cette dernière y consent…
Il convient de noter, cependant, que l’éventualité d’un veto russe ne sera pas sans braquer contre Moscou les pays d’Asie centrale qui comptent tirer parti au maximum du repli occidental aussi bien en argent qu’en récupération de matériels militaires. L’itinéraire routier actuel par le Tadjikistan et le Kyrgyzstan, difficile et exposé au harcèlement éventuel d’islamistes, ne devrait être que secondaire par rapport au transit ferroviaire au travers de l’Ouzbékistan présentement bloqué du fait des exigences financières excessives de Tachkent.
*Cet article fait suite à la fiche IRIS « Le réseau de distribution nord sur la sellette » de fin décembre 2011.
(1) Créée en 1996 à l’instigation de la Chine, l’OCS regroupe aujourd’hui comme pays membres ou observateurs tous les voisins de l’Afghanistan.
(2) Centrasia.ru/news2.phpst ?=1330511700, texte en russe.
(3) L’itinéraire ferroviaire possible au travers du Turkménistan via Turkmenbachi et Kouchka se heurte à l’obstacle de la neutralité turkmène, relatif au demeurant.
(4) Cf http://www.centrasia.ru/news2.php?s... du 7/3/2012.
René Cagnat
Vendredi 9 Mars 2012
Capitaine Martin : Moscou : « dénoncer l’OTAN et son corollaire, la drogue afghane ».
En Afghanistan, la production de drogue a été multipliée par quarante depuis l’intervention de l’OTAN, et ce aux dépens des pays limitrophes qui, chaque année, voient affluer sur leur sol des tonnes d’héroïne. L’Alliance atlantique devrait bien évidemment en répondre devant la communauté internationale. Viktor Ivanov, chef de la cellule anti-drogue à Moscou, en est convaincu. Au cours d’une conférence de presse, il a récemment invité les pays de l’Organisation de coopération de Shanghai (une organisation intergouvernementale centre-asiatique ayant pour chefs de file la Chine et la Russie) à dénoncer l’OTAN pour ne pas s’être acquitté du mandat donné par le conseil de sécurité de l’ONU.
« Depuis l’intervention de l’OTAN, la production de drogue en Afghanistan a été multipliée par quarante. La question que l’on se pose est de savoir pourquoi les pays de l’OCS devraient hériter d’une telle situation », a déclaré Ivanov, selon lequel « l’OCS devrait soulever la question de la responsabilité de l’OTAN d’honorer les obligations internationales ».
Les plaintes, a ajouté Ivanov, devraient être portées contre les pays participant à cette opération étant donné que l’intervention, ratifiée par le conseil de sécurité de l’ONU, n’a pas amélioré la situation mais l’a au contraire aggravé.
L’Afghanistan produit plus de 90 % de l’héroïne mondiale, qui arrive ensuite en Europe et aux États-Unis en cheminant par la Russie, le Pakistan et l’Iran. « Un véritable fleuve de drogue » se répand donc dans ces pays en créant des situations d’alarme sociale insoupçonnées en Europe. Moscou et Téhéran ont accusé à plusieurs reprises Washington de ne pas mettre tous les moyens pour combattre le trafic et la production de drogue en Afghanistan. Certains militaires russes ont même par le passé accusé les États-Unis de s’enrichir avec le trafic de stupéfiants. De là à dire qu’une partie de l’engagement en Afghanistan serait financée par la drogue, il n’y a qu’un pas.
Capitaine Martin
Mardi 17 Avril 2012
http://www.resistance-politique.fr
1 Dommages Collatéraux... le Pentagone prolonge
1 IRIB -L’aviation US tue des dizaines d'afghans.
Plusieurs dizaines d'afghans prétendument membres des résistants ont été tués dans l'ouest de l'Afghanistan dans des combats impliquant l'aviation américaine, a-t-on appris vendredi auprès de responsables de l'Otan et de l'administration afghane.
30/03/2012
IRIB
Xinhua : enquête : Plus d'une dizaine de soldats seraient impliqués dans la tuerie de civils a Kandahar
Plus d'une dizaine de soldats américains seraient impliqués dans le massacre de 16 civils à Kandahar, a rapporté dimanche unquotidien afghan, citant les propos d'une équipe de parlementaires afghans envoyés sur les lieux pour enquêter sur l'incident.
"La délégation dépêchée à Kandahar par la Chambre des représentants afghane (Chambre basse du Parlement) a affirmé samedi que deux groupes de soldatsaméricains, soit environ 15 à 20 hommes, avaient prémédité et lancé cette attaque, avec l'aide d'un appui aérien", selon le Daily Outlook Afghanistan.
Les événements, qualifiés de "carnage" par de nombreux Afghans, se sont déroulés le 11 mars. Les premières informations ayant filtré sur l'incident avaient faitétat d'un seul soldat américain, qui serait sorti de sa base dans le district de Panjwai et serait entré dans plusieurs maisons locales, massacrant sans distinction16 civils, dont trois femmes et neuf enfants.
L'enquête lancée par l'armée américaine a réaffirmé à plusieurs reprises qu'un seul soldat était responsable de ces meurtres, et qu'il avait été arrêté.
En dépit des pressions de Kaboul, qui demande que le suspect soit jugé publiquement en Afghanistan, l'armée américaine a rapatrié le prisonnier, le sergentRobert Bales, aux Etats-Unis.
Selon le reportage du quotidien afghan, citant les propos du parlementaire Mohammad Naeem Lali Hamidzai, deux femmes auraient été sexuellement agresséespeu avant la tuerie du 11 mars.
Le gouvernement afghan n'a pas encore rendu public le rapport de l'équipe d'enquêteurs envoyée par le président Karzaï.
L'incident n'a fait que renforcer les tensions entre Washington et Kaboul, dont les relations ont déjà été assombries par plusieurs incidents récents, tels que laprofanation du Coran sur une base américaine en Afghanistan, et les informations selon lesquelles les soldats américains urinaient sur les cadavres des résistants.
18 mars
(Xinhua)
2 L’Afghanistan au cœur des débats.
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A moins d'un mois d'un sommet de l'Otan à Chicago, au cours duquel les gouvernements occidentaux veulent fixer le cadre de leur soutien à Kaboul après le retrait des forces occupantes combattantes prévu fin 2014, le bourbier afghan n'en finit pas. Le président afghan Hamid Karzaï a mis en cause lundi l'"échec" des services de renseignements et en particulier l'Otan dans les attaques suicide perpétrées par les résistants, notamment à Kaboul, et qui ont fait 51 morts. Ces attaques, les plus massives dans la capitale afghane en dix ans de guerre, ont pris fin lundi après 17 heures de combats, ayant fait 51 morts, dont 36 assaillants. Elles ont fait 11 morts dans les rangs des forces afghanes et quatre parmi les civils, d'après un bilan officiel. Réagissant dans un communiqué, il a estimé que l'OTAN comme les forces afghanes doivent faire l'objet d'une enquête sérieuse". "Nous avons reçu quantité de renseignements selon lesquels le réseau Haqqani préparait des attaques de ce type", lui a répondu le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta lors d'une conférence de presse. Ils étaient en revanche "vagues" sur le moment de l'attaque, a reconnu le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey. Ces nouvelles attaques dans une ville truffée de barrages et de soldats et de policiers lourdement armés, conforte les experts dans leurs craintes d'un pourrissement du conflit. "Le fait qu'ils aient réussi à lancer simultanément des attaques complexes démontre un certain degré de perfectionnement dans leur aptitude à se mouvoir sans être détectés" au cœur de ce dispositif, souligne Martine van Bijlert, du Réseau des Analystes d'Afghanistan, un groupe de réflexion spécialisé dans ce conflit. Les américains eux ont adopté comme à leur habitude la méthode Coué. Mettant en avant un bilan humain de ces attaques qu'ils jugent relativement faible, la Maison blanche a vanté la riposte des forces afghanes et leurs progrès. Au moins six attaques coordonnées ont visé notamment le parlement, un vice-président, la force internationale de l'Otan (Isaf) et des ambassades occidentales dans la capitale et des symboles de l'Etat dans trois autres villes. Outre les 51 morts, près de 50 membres des forces afghanes ainsi que 25 civils ont été blessés dans les attaques de Kaboul et dans trois autres provinces, dont une ayant eu pour cible une importante base aérienne de l'Isaf à Jalalabad (est). Les résistants ont considérablement intensifié leur insurrection ces trois dernières années et ont étendu leurs actions de guérilla à la quasi-totalité du territoire. http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=20&frid=20&eid=59999 |
3 Politique
a) Les collaborateurs afghans
Karzai
IRIB : Les dessous de l’accord sécuritaire Karzai/l’OTAN !
Le gouvernement afghan et l’Otan se sont entendus sur un accord portant sur la réduction des forces de sécurité afghane après 2014.
C’est ce qu’a annoncé le ministre afghan de la Défense. Les deux parties se sont tombés d’accords de diminuer le nombre d’effectifs des forces de sécurité afghane à partir 2014 de 352 mille à 230 mille, a déclaré Abdel Rahim Vardak. Selon lui l’objectif de cette réduction est de réviser les modalités de la gestion du budget militaire. Il a fait part de cette décision alors qu’auparavant lui et son collègue de l’Intérieur s’y étaient vivement opposés. Pour décider de réduire les effectifs sécuritaires afghans, il faut prendre en considération la situation politique et sécuritaire de l’Afghanistan. Un regard rétrospectif sur les antécédents du plan de réduction des forces militaro-sécuritaires afghanes montre que ce plan est de nature américaine et qu’il a été proposé par le responsable de la formation au sein de l’OTAN en Afghanistan. Abdel Rahim Vardak a réagi à cette demande américaine et a déclaré que réduire les forces de sécurité afghanes à 230 mille serait catastrophique. Par ailleurs, le ministre allemand de la Défense y a, également, réagi en affirmant que la mise en œuvre de ce plan entrainera le chômage pour un grand nombre d’Afghans formés par l’OTAN. En plus, comme l’Afghanistan est en passe d’une période d’insécurité et d’instabilité au renforcement de sa sécurité, il a plus que jamais besoin de ses forces pour sécuriser le pays. Or, du point de vue des experts politiques, cet accord qui est en quelque sorte considéré comme étant imposé au gouvernent afghan retient l’attention par des remarques judicieuses. Primo, cet accord semblerait être conclu en contrepartie du transfert des opérations nocturnes de l’Armée américaine aux forces militaires afghanes car les deux ministres afghans de la Défense et de l’Intérieur n’étaient pas d’accord avec. Secundo, les Etats-Unis cherchent à installer, dans le cadre du traité sécuritaire conclu avec le gouvernement afghan, sept bases militaires en Afghanistan à partir de 2014. Or maintenir l’armée de l’Afghanistan affaiblie est une démarche bien calculée pour justifier la poursuite de la présence militaire dans ce pays.
14/04/2012
IRIB
4 Les grandes manœuvres
IRIB :Undélai pour le retrait des firmes sécuritaires étrangères
Le ministère afghan de l’Intérieur a fixé un délai à l’issu duquel les compagnies sécuritaires étrangères devront quitter le territoire afghan. « Une majorité des 50 sociétés actives sur le territoire afghan sera dissoute dans les semaines à venir, a affirmé le porte parole du ministère, Sadegh Sadighi. Sous couverture d’aide aux diplomates étrangers, aux Ongs humanitaires et à la population afghane, les sociétés en question agissent de plus en plus en violation de la souveraineté de l’Afghanistan et refusent de céder le contrôle sécuritaire du pays aux autorités nationales. Kaboul a plusieurs reprises décidé de dissoudre ces sociétés mais à chaque fois, sous pressions occidentales, il est revenu sur sa décision.
20/03/2012
IRIB
5 Sur le terrain
IRIB - Le parlement occupé par les hommes armés.
Le parlement afghan est en ce moment occupé par des hommes armés. A 13 heures heure locale, plusieurs kamikaze ont pénétré l'hôtel Star de Kaboul ainsi que le ministère des AE. Plusieurs explosions ont été entendues ainsi que des tirs.
15/04/2012
IRIB
b) Les occupants
Australie
L'Australie va quitter l'Afghanistan en 2013, un an plus tôt que prévu
L'Australie va retirer ses troupes d'Afghanistan en 2013 avec un an d'avance sur le calendrier fixé par l'Otan pour le départ des troupes étrangères, estimant que les forces afghanes seraient alors capables de prendre la relève, a annoncé mardi le Premier ministre australien.
Dix ans après le début des opérations de l'Otan en Afghanistan, l'Australie, la communauté internationale et les autorités afghanes ont atteint le point où elles doivent prendre des décisions cruciales, a déclaré Julia Gillard dans un discours à l'Institut australien de politique stratégique.
Malgré la mort de 32 de ses soldats depuis 2001, l'Australie a assuré à maintes reprises qu'elle respecterait le calendrier de retrait complet fixé par l'Otan pour la fin 2014, et maintiendrait ses 1.550 soldats engagés dans le pays jusqu'à cette échance.
Mais les conditions sur le terrain ont changé, a fait valoir Julia Gillard, deux jours pourtant après une attaque humiliante des résistants en plein coeur de Kaboul.
(Oussama) Ben Laden est mort. La plupart des principaux dirigeants d'Al-Qaïda ont été tués ou capturés et les autres ont été acculés dans la zone frontalière entre l'Afghanistan et le Pakistan, a-t-elle déclaré.
Très impopulaire, l'engagement en Afghanistan est une épine dans le pied des responsables politiques australiens. Or le nouveau calendrier de retrait permettrait de rapatrier les soldats australiens avant les prochaines législatives.
Mme Gillard détaillera les intentions australiennes au sommet de l'Otan les 20 et 21 mai à Chicago, au cours duquel les gouvernements occidentaux veulent fixer le cadre de leur soutien à Kaboul après le retrait des troupes de combat.
Julia Gillard s'est dit confiante dans le fait que (le sommet de) Chicago reconnaîtra la mi-2013 comme un jalon dans la stratégie internationale en Afghanistan.
Cette échéance est un point de repère crucial pour les forces internationales qui pourront passer à un rôle de soutien à travers l'Afghanistan, a-t-elle dit.
Le retrait commencera dès que le président afghan Hamid Karzaï aura donné son feu vert pour le transfert de la sécurité aux forces nationales dans la province d'Uruzgan (sud), où sont stationnées la majorité des soldats australiens.
La décision du président Karzaï est attendue dans les mois à venir et le retrait devrait ensuite prendre de 12 à 18 mois, a précisé Mme Gillard.
La force de l'Otan en Afghanistan, l'Isaf, présente dans le pays depuis fin 2001, doit avoir quitté le pays à la fin 2014 après avoir graduellement transféré la responsabilité de la sécurité à l'armée et la police afghane.
Ce retrait est qualifié de prématuré par de nombreux observateurs en raison du niveau d'impréparation des forces de sécurité afghanes.
Malgré la présence de 130.000 soldats de l'Isaf, aidant 352.000 militaires et policiers afghans, Kaboul n'a pas réussi à défaire l'insurrection menée par les résistants. Les attaques ont repris de plus belle depuis la fin de l'hiver.
Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a démenti début avril toute accélération du processus de transition, tout en jugeant nécessaire de clarifier le calendrier après que plusieurs responsables occidentaux eurent parlé d'accélérer le retrait.
Notre objectif, qui est de voir l'Afghanistan assurer lui-même sa sécurité, n'a pas changé. Notre engagement et notre partenariat avec l'Afghanistan après 2014 reste inchangé, a déclaré M. Rasmussen la semaine dernière à Kaboul.
15/04/2012
4 Lutte pour la libération du territoire & la victoire de la résistance Afghane
Pertes déclarée des occupants.
US & Isaf
IRIB - Mort de 5 militaires américains.
Les Résistants ont fait part de la mort de 5 militaires américains dans l'Est de l'Afghanistan. Cet incident a eu lieu aujourd'hui midi lorsqu’une patrouille des militaires américains a été la cible par les forces de ce groupe, dans la province de Logar. Lors des affrontements, deux personnes auraient été tuées et trois autres blessées, a prétendu le Porte-parole des Résistants Zabihollah Mojahed. Un groupe des forces gouvernementales afghanes ont été pris pour cible d'une explosion dans la province de Ghazni et trois d'entre eux ont été tués a ajouté le Porte-parole des Résistants. Un char américain a explosé aujourd'hui midi à Soltanlou dans la province de Paktia et ses trois équipiers ont été tués.
12/04/2012
IRIB
IRIB -Afghanistan: 6 militaires américains tués
6 militaires américains ont été tués dans la province de Ghazni en Afghanistan.
Cité par la radio en langue pachtoune, un porte-parole des Taliban a affirmé que deux véhicules militaires avaient été pris, ce samedi matin, pour cible de l’attaque de ce groupe dans la région de Sadaf Kheyl, à Jaghatu, et avaient été détruits. Six militaires américains ont été tués et 3 autres, blessés, au cours de cette attaque, ajoute le porte-parole .
15/04/2012
IRIB - La base de l'Otan attaquée! .
La police afghane a afit part d'une attaque d'envergure contre l'aéroport de Jalalabad dans l'est de l'Afghanistan : cet aéroport abrite l'une des principales bases des forces de l'Otan en Afghanistan.
15/04/2012
IRIB
5 Pertes des forces collaboratrice locales -
IRIB- Au moins sept explosion à Kaboul .
Au moins sept explosions ont secoué la capitale afghane Kaboul. le quartier diplomatique où sont situés les ambassades russe et britannique.
D'autres attaques sont lancées dans d'autres provinces.
15/04/2012
IRIB
Prisons
IRIB - Des résistants font évader 400 prisonniers.
Près de 400 détenus, dont des résistants, se sont évadés dimanche d’une prison dans le nord-ouest du Pakistan, dans une attaque revendiquée par les résistants pakistanais.
Plus de 150 hommes lourdement armés ont pris d’assaut la prison centrale de Bannu, proche des zones tribales de Khyber et d’Orakzai, à la grenade et au lance-roquettes.
Ehsanullah Ehsan, le porte-parole de Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), le parti des résistants pakistanais, a revendiqué l’opération. « Nous avons attaqué la prison de Bannu et avons libéré nos membres » « Dans quelques jours, lorsqu’ils auront tous rejoint leur poste, nous fournirons des détails à leur sujet. Pour le moment, je ne peux pas vous donner de chiffres précis », a-t-il ajouté. L’attaque a été lancée vers 01 h et a duré environ deux heures.
15/04/2012
IRIB
6 Médias etManipulation de l’opinion / Vidéos
Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
Compréhensions, incompréhensions
Voici un documentaire basé sur des témoignages édifiants d'humanitaires revenus d'Afghanistan au lendemain du 11 septembre 2001.
Les Résistants tels qu'ils étaient alors perçus par des hommes et des femmes les côtoyant au quotidien et non pas tels qu'ils ont été fantasmés par les grands États occidentaux.
Première partie
http://www.dailymotion.com/video/xl0jvb_afghanistan-my-love-1_news
« Plus d'une dizaine de soldats seraient impliqués dans lune tuerie de Kandahar (enquête)
Vous ne trouvez pas un peu bizarre que nous n'ayons dans nos "grands médias libres occidentaux" qu'une seule version des faits et qu'il faille aller chercher du côté des médias chinois, russes ou iraniens pour avoir connaissance simplement du fait qu'il existe une autreversion des faits (par exemple celle du Daily outlook de ...Kaboul)...ce qui se dit sur l'Afghanistan répète ce qui s'est dit sur l'Irak, répète ce qui s'est dit sur la Libye et ...ce qui se dit sur la Syrie ...on ne peut plus croire les "gros" journaleux de l'ouest et du Golfe, il faut donc revenir aux bonnes vieilles méthodes du recoupement des informations !!!!!! et reposer aussi la question : d'où vient le financement de tel ou tel média ?
Car celui qui paie dicte ! »
http://french.news.cn/monde/2012-03/18/c_131474273.htm
7 Dossiers
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
7-1 Patrick Martin : Le My Lai afghan.
L'acte commis par un sergent-chef américain, dont l'identité n'a pas été révélée, dans le district de Panjwai qui fait partie de la province de Kandahar, tuant au moins 18 civils innocents dont neuf enfants, démontre à la fois la brutalité de cette guerre d'agression lancée par l'impérialisme américain en Afghanistan et au Pakistan et son aggravation.
Cette atrocité rappelle, par son horreur et ses effets politiques potentiels, le massacre de My Lai au cours de la guerre du Vietnam, un crime de masse encore plus important qui avait fait comprendre à la majeure partie de la population américaine, et particulièrement aux jeunes, toute la barbarie de cette guerre en Asie du Sud-Est.
Le Massacre de My Lai avait été porté à l'attention du public pour la première fois dans des articles écrits par Seymour Hersh, alors journaliste d'investigation au New York Times, qui avait décrit le meurtre de centaines de villageois vietnamiens par un peloton de soldats américains sous les ordres du sous-lieutenant William Calley.
Il y a des différences évidentes dans les détails des événements du 12 mars 2012 et de ceux du 16 mars 1968, presque exactement 44 ans plus tôt. Le massacre de dimanche semble être le fait d'un tireur isolé qui, d'après les articles de presse, souffrait de problèmes psychologiques suite à quatre déploiements en zone de combat en Irak et en Afghanistan. À My Lai, 26 soldats avaient participé au meurtre de 504 civils. Ils suivaient des ordres donnés par l'état-major américain, qui leur avait confié la tâche de détruire le village, brûler toutes les maisons, et qui leur avait présenté l'ensemble de la population comme des sympathisants du Front de libération nationale, la résistance nationaliste vietnamienne.
Les relents du Vietnam, la plus grande défaite de l'impérialisme américain, planent maintenant sur toute l'opération américano-OTAN en Afghanistan. Le régime fantoche de Kaboul, comme son prédécesseur au Sud Vietnam, a été créé par un vaste afflux de troupes et de dollars américains, sans aucun soutien significatif dans la population locale. Les membres dirigeants du régime sont recrutés parmi les gens les plus prédateurs et dénués de principes, ils s'occupent de garnir leurs comptes en banques à l'étranger plus que de remporter une guerre qu'ils considèrent comme déjà perdue et pour laquelle ils ne sont prêts à prendre aucun risque.
Rien qu'au cours de la semaine dernière, il y a eu des reportages dans la presse américaine de milliards d'aide américaine pillés par les compères du Président Hamid Karzai, en lien avec la faillite de la Banque de Kaboul, et d'une intervention de la part des proches conseillers de Karzai pour empêcher une enquête sur ces détournements. Le Wall Street Journal a rapporté que les représentants américains enquêtent maintenant sur des accusations selon lesquelles l'armée de l'air afghane, créée par le Pentagone, servait au trafic de drogues et d'armes dans tout le pays - l'Afghanistan est la source de 90 pour cent de l'opium mondial. Toute personne connaissant un peu l'histoire de la guerre du Vietnam y reconnaîtra le processus de corruption et de décrépitude qui annonce la chute.
Comme ce fut le cas au Vietnam, les meurtres fratricides sont devenus une importante cause de pertes humaines pour les troupes d'occupation en Afghanistan. Au Vietnam, il y avait des appelés récalcitrants qui commettaient des « fragging [tuer à la grenade à fragmentation, ndt] » contre des officiers particulièrement brutaux ou belliqueux durant leur sommeil. En Afghanistan, les policiers et soldats afghans entraînés par les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN ont tué des dizaines de leurs "alliés" au cours d'une série d'attaques dites « green on blue » [dans les systèmes d'identification militaires, le bleu désigne les troupes alliées et le vert les neutres, le choix des termes est remarquable, ndt]. La semaine dernière, un policier Afghan a permis à des insurgés résistants de passer un barrage et de tuer neuf de ses camarades policiers pendant leur sommeil, puis s'est sauvé avec eux.
Le parallèle entre Panjwai et My Lai constitue une puissante réfutation des affirmations incessantes du gouvernement et des médias contrôlés par de grands groupes selon lesquelles l'impérialisme américain serait engagé dans des interventions militaires de par le monde pour des raisons « humanitaires. » D'abord sous George W. Bush, puis sous Barack Obama, on a fait pleuvoir les bombes et les missiles américains sur les peuples d'Irak, d'Afghanistan, du Pakistan, du Yémen et de Libye, et bientôt peut-être sur la Syrie et l'Iran.
La vérité c'est que, comme pour le Vietnam, l'expansion du militarisme au cours de la décennie précédente a un caractère absolument criminel. L'élite dirigeante des États-Unis n'est pas moins brutale et impitoyable que dans les années 1960. Si ses méthodes sont devenues plus sophistiquées technologiquement - les bombes intelligentes et les missiles guidés par drones remplaçant les B-52 et le napalm - le mépris fondamental et l'arrogance des impérialistes envers le peuple qu'ils agressent sont les mêmes, ils trouvent inévitablement leur expression dans le genre de sauvagerie commise dimanche matin.
En Afghanistan en particulier, Obama a joué le rôle principal dans l'escalade de la violence, triplant la présence des troupes américaines et étendant la guerre dans tous les recoins du pays, et également par-delà la frontière au Pakistan. Il y a nommé le général Stanley McChrystal, qui avait dirigé la campagne d'assassinats de résistants irakiens, pour qu'il mène un effort similaire en Afghanistan, puis l'a limogé lorsqu'il a exprimé des scrupules sur l'usage sans distinction de la force aérienne contre les civils.
Sous le successeur de McChrystal, le général David Petraeus, les forces spéciales américaines ont grandement augmenté leurs raids de nuit qui ont dévastés de nombreux villages afghans. Cela s'accompagnait d'outrages de plus en plus graves, dont quelques-uns ont été largement rapportés, comme le fait d'uriner sur des cadavres, de prendre les doigts ou autres parties de corps des Afghans tués comme trophées, et l'incinération de Corans à la base aérienne de Bagram.
Le massacre de Panjwai révèle également le rôle réactionnaire des groupes de pseudo-gauche qui ont contribué à canaliser le sentiment des masses contre la guerre en Irak vers un soutien au Parti démocrate et à la campagne électorale d'Obama. Beaucoup de ces organisations trouvent leur origine dans les mouvements de protestations des années 1960 en réaction à la guerre du Vietnam, mais ils sont passés dans le camp de l'impérialisme américain et ont abandonné tout ce qui pourrait ressembler de loin à une opposition à ses crimes. L'an dernier, ils ont fait la claque pour le bombardement de la Libye par les États-Unis et l'OTAN ; aujourd'hui, ils font de même pour une intervention extérieure contre le régime d'Assad en Syrie ; Et demain, ils seront prêts à soutenir une guerre américano-israélienne contre l'Iran.
Le Parti de l'égalité socialiste lutte pour mobiliser la classe ouvrière, aux États-Unis et internationalement, contre le militarisme américain et ses agressions. Le premier principe de la campagne du PES dans les élections de 2012 est l'internationalisme : unir la classe ouvrière du monde entier dans une lutte commune contre le système capitaliste. Nous exigeons le retrait immédiat de toutes les troupes américaines et de l'OTAN d'Afghanistan, des réparations en argent pour le peuple Afghan, et nous exigeons que les criminels de guerre responsables de cette guerre soient jugés.
Patrick Martin
16 mars 2012
(Article original paru le 13 mars 2012)
http://www.wsws.org/francais/News/2012/mar2012/afgh-m16.shtml
7-2 Bill Van Auken : Le massacre en Afghanistan : le produit d’une guerre criminelle.
Depuis que le nom du soldat accusé d’avoir massacré 16 civils afghans vendredi dernier a été publié, les médias ont tenté de rendre ce crime horrible compréhensible en fouillant dans l’histoire et les problèmes personnels du sergent-chef Robert Bales, tout en ignorant scrupuleusement la nature elle-même criminelle de la guerre.
Bales, qui est détenu à la prison militaire américaine de Fort Leavenworth, au Kansas, est accusé par l’armée d’avoir quitté son avant-poste du district de Panjawii dans le sud de la province de Kandahar avant l’aube le 11 mars et d’être entré dans des maisons des villages voisins, attaquant, poignardant et tuant des Afghans, neuf d’entre eux des enfants. Dans une maison, il a été rapporté qu’il a empilé les corps de ses victimes avant de les brûler.
Il est maintenant universellement décrit comme un soldat « fou ». Le président Barack Obama, la secrétaire d’État Hillary Clinton et le commandant américain en Afghanistan, le général John Allen, ont tous fait des déclarations formelles assurant que les actions de Bales ne reflètent pas les valeurs et l'état d'esprit de l’armée américaine. Selon cette version officielle, la seule question qui mérite une réponse est : qu’est-ce qui l’a fait « craquer » ?
Les faits de cette version ont été remis en question par les villageois afghans, le président fantoche du pays, Hamid Karzaï, ainsi qu’une commission d’enquête formée par la chambre basse du parlement afghan. Ceux-ci ont tous dit que le massacre a été perpétré non pas par un tireur en solo, mais par 15 à 20 soldats. La commission parlementaire a présenté les résultats de ses recherches pendant la semaine. Elle a conclu entre autres que deux femmes, victimes du massacre, avaient été violées.
Même si la version de l’armée américaine de ces évènements sanglants était véridique et que Bales avait vraiment agi seul, le fait qu’une majorité écrasante d’Afghans croit que plusieurs soldats américains étaient impliqués dans le massacre est révélateur. Clairement, ils ne voient pas cela comme l’action d’un franc-tireur ou d’un « fou », mais plutôt comme un épisode routinier dans une guerre et une occupation qui durent depuis une décennie et qui ont coûté la vie à de dizaines de milliers de civils afghans.
L’information qui a circulé sur Bales jusqu’à maintenant laisse croire qu'il a été victime de nombreux stress et crises. Il a joint l’armée en 2001, quelques semaines après les attaques du 11-Septembre, mais aussi après qu’une crise sur les marchés boursiers ait mis fin à une brève carrière en tant qu’investisseur financier.
Il a été envoyé en Afghanistan l’année dernière après qu’il ait fait trois périodes de service et qu’il ait été amené à croire qu’il ne serait pas renvoyé dans une zone de guerre. On lui a refusé une promotion et il a dû faire face à des problèmes financiers importants, ayant été fortement endetté et forcé de vendre sa maison à découvert. En Irak, il a souffert d'un traumatisme au cerveau et son avocat a indiqué que le fait qu’il souffre peut-être d’un syndrome de stress post-traumatique pourrait devenir une question importante lors de son procès.
Tous ces facteurs reflètent les conditions auxquelles font face des centaines de milliers de membres de l’armée « de volontaires » américaine après avoir lancé pendant une décennie deux guerres simultanément au Moyen-Orient et en Asie centrale. Alors que l’establishment politique et les deux partis principaux demandent régulièrement à la population de « soutenir nos troupes » comme un moyen d’obtenir l’acceptation de la guerre impérialiste, la réalité est que ces soldats sont vus par l’élite dirigeante comme des produits jetables.
Tout comme les problèmes attribués à Bales ne sont pas uniques, les actions horribles qu’il est accusé d’avoir commises ne sont pas simplement le produit d’une dépression nerveuse.
Selon les enquêteurs du parlement afghan, les villageois ont clairement vu un motif pour le massacre : la revanche. Ils ont déclaré que les soldats américains les avaient avertis qu’ils feraient face à des représailles pour les explosions de bombes qui ont blessé plusieurs soldats. Selon les avocats de Bales, le sergent-chef avait vu les jambes de son ami arrachées par l'explosion d'une bombe le jour avant le massacre.
Il est peu probable que le commandement de l’armée américaine n’ait pas anticipé de tels actes de vengeance. Le mois dernier seulement, au milieu des soulèvements de masse provoqués par l'incinération de copies du Coran, le général Allen a été montré aux nouvelles américaines en train de s’adresser à un des soldats américains à une base de l’est de la province de Nangarhar, où deux soldats avaient été tués le jour précédent. « Ce n’est pas le moment de se venger, ce n’est pas le moment pour la vengeance, » a dit le général.
Reconnaissant que les soldats étaient pris de « colère et d’un désir de répliquer », Allen les a imploré de « se rappeler leur discipline, leur mission, qui ils sont ».
Ces mots n’ont pas été choisis au hasard. Le général Allen et le reste du haut commandement de l’armée américaine reconnaissent que la menace de soldats américains faisant des actes sanglants de revanche ne provient pas de la maladie mentale de telle ou telle personne, mais plutôt de la nature même de la guerre : une occupation de style coloniale qui a monté l’armée américaine contre une résistance populaire grandissante qui n'a pu être vaincue.
De tels actes de revanche, ainsi que d’innombrables et souvent plus mortels bombardements, massacres lors d’un assaut de nuit et autres actions meurtrières, sont une conséquence inévitable de guerres d’agression impérialistes déclenchées par l’administration Bush et maintenues sous le président Barack Obama.
Les médias de la grande entreprise, qui ont joué un rôle si important en faisant la promotion des mensonges utilisés pour justifier ces guerres, n’ont aucun intérêt à analyser ce que ce dernier massacre dit sur la guerre elle-même. Comme le gouvernement, son principal souci est de couvrir de tels crimes ou, lorsque cela devient impossible, de détourner l’attention de leur signification objective.
Le sergent-chef Bales et tous les autres soldats américains impliqués dans le massacre à Kandahar doivent répondre de leurs crimes. Cela dit, les criminels beaucoup plus importants sont ceux dans l’administration Bush et Obama qui les envoient tuer et mourir dans des guerres basées sur des mensonges.
Bill Van Auken
Le 30 mars 2012
wsws.orgArticle original, WSWS, paru le 20 mars 2012
7-3 Richard Hétu : Des photos choc de militaires américains.
En février 2010, plusieurs soldats dépêchés pour relever les empreintes digitales et tenter de prendre l'empreinte rétinienne d'un insurgé qui s'était fait exploser, se sont pris en photo alors que certains soulevaient les jambes déchiquetées.
(Bruxelles) Des photos choc de militaires américains posant avec des restes humains d'Afghans ont provoqué un scandale, hier aux États-Unis, entraînant des condamnations du Pentagone, de la Maison-Blanche et du département de la Défense.
Publiées par le Los Angeles Times, les photos montrent des militaires souriants près des cadavres ou de parties de cadavres.
Réagissez sur le blogue de Richard Hétu
Une photo montre un soldat avec la main d'un insurgé mort sur l'épaule. Dans une autre, on peut voir des soldats photographiés près des jambes appartenant à un homme qui s'est fait sauter dans un attentat suicide. Une autre image, que le journal a décidé de décrire mais de ne pas publier, montre des soldats près d'un cadavre qui fait un doigt d'honneur à l'objectif de l'appareil photo.
Les photos ont été prises en 2010 par des membres de la 82e division aéroportée. Au total, le journal dit avoir reçu 18 photos d'un militaire de la 82e division qui veut garder l'anonymat. Le militaire est « dégoûté « par les manquements et le « climat d'impunité « observé sur place.
Hier, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a déploré le comportement des militaires photographiés. Il s'est aussi dit déçu de la décision du journal.
« Nous avions demandé au L.A. Times de ne pas publier ces photos pour la simple et bonne raison qu'elles sont utilisées par l'ennemi pour inciter à la violence «, a-t-il déclaré.
Le capitaine John F. Kirby, porte-parole du Pentagone, a dit qu'une enquête avait été ouverte, et que les soldats fautifs seront punis.
Décision difficile
Le L.A. Times était en contact avec la Maison-Blanche et le Pentagone depuis plusieurs semaines pour tenter d'évaluer l'authenticité des photos. Le quotidien a finalement accepté de donner un délai de 72 heures à l'armée avant de publier les images, le temps que les militaires photographiés soient mutés pour leur protection.
Le rédacteur en chef du L.A. Times, Davan Maharaj a dit que la décision de publier les images n'a pas été prise à la légère.
« Après analyse, nous avons décidé de publier un petit nombre de photos qui sont représentatives de l'ensemble des images reçues, a-t-il déclaré dans une note diffusée sur le site du journal. Cela nous permet d'offrir à nos lecteurs un portrait impartial de la mission américaine en Afghanistan, incluant des manquements à la discipline des unités. «
La décision de publier les images a provoqué des réactions tranchées chez les lecteurs du journal. Le L.A. Times a diffusé certaines réactions, hier.
« Nous comprenons tous que vous avez le droit de publier ce que vous voulez en vertu de la liberté d'expression : cela étant dit, vous auriez pu vous abstenir de le faire, écrit un lecteur. Quel est l'objet de cet article, à part le fait de présenter nos militaires sous un jour défavorable? «
Un autre a écrit : « Cela n'a rien à voir de l'antiaméricanisme. C'est la position dans laquelle le gouvernement place les soldats. Peut-être que les gens s'impliqueraient davantage dans les groupes anti guerre si plus d'images comme celles-là circulaient. »
Richard Hétu
18-04
7-5 Robert Fisk : Ce n’est pas folie la cause de ce massacre.
Je commence à en avoir assez de l’histoire du soldat "dérangé".
Des villageois afghans prient sur la tombe d’une des 17 victimes du massacre perpétré par l’armée américaine dans le district de Panjway, dans la province de Kandahar - Photo : AP
Comme on pouvait s’y attendre, aussitôt que le sergent d’état major de 38 ans qui a massacré 16 civils afghans dont neuf enfants près de Kandahar cette semaine est rentré à sa base, les experts de la défense et des think tanks ont annoncé qu’il était "dérangé". Ce n’était pas un ignoble terroriste pervers et glacial, - ce qui aurait été le cas évidemment s’il avait été un Afghan, et surtout un Taliban —mais seulement un gars qui est devenu fou.
On a entendu les mêmes sottises à propos des soldats étasuniens assassins qui se sont déchaînés dans la ville irakienne de Haditha. C’est le même mot qui a été utilisé pour le soldat israélien Baruch Goldstein qui a massacré 25 Palestiniens à Hébron ; j’en ai d’ailleurs parlé dans un article quelques heures seulement avant que le sergent d’état major ne devienne tout à coup "dérangé" dans la province de Kandahar.
"Apparemment dérangé", "probablement dérangé" ont dit les journalistes, c’est un soldat "qui pourrait avoir eu une sorte de dépression nerveuse" (The Guardian), "un soldat étasunien criminel" (Financial Times) dont "l’acte de barbarie" (The New York Times) a "certainement [sic] été perpétré dans une crise de folie" (Le Figaro). Vraiment ? Est-ce que nous devons croire tout ça ? S’il était complètement fou, notre sergent d’état major n’aurait-il pas plutôt tué 16 compatriotes ? N’aurait-il pas plutôt massacré ses camarades et mis le feu à leurs cadavres ? Mais non, il n’a pas tué des Etasuniens. Il a préféré tuer des Afghans. Il a fait un choix. Pourquoi donc a-t-il tué des Afghans ? Nous avons appris hier qu’il avait rencontré peu de temps auparavant un copain dont les jambes avaient été arrachées. Que faut-il en conclure ?
La version afghane de l’événement a été curieusement lobotomisée - et même censurée - par ceux qui ont essayé d’expliquer l’horrible massacre de Kandahar. Ils se sont souvenu des livres du Coran brûlés - quand des soldats étasuniens de la base de Bagram ont incinéré des livres du Coran - et de la mort des six soldats de l’OTAN, dont deux étasuniens, qui s’en est suivi. Mais je veux être pendu s’ils n’ont pas oublié - et je parle de tous les articles qui traitent des récentes tueries - la déclaration remarquable et hautement significative d’un commandant en chef de l’armée étasunienne en Afghanistan, le Général John Allen, il y a exactement 22 jours. C’était une déclaration si inhabituelle que j’ai découpé l’article avec les paroles de Allen dans mon journal et que je l’ai mis dans ma serviette.
Allen a dit à ses hommes que "ce n’est pas le moment de se venger de la mort des deux soldats étasuniens tués au cours des révoltes de jeudi". Il a dit qu’il fallait, "résister à la tentation de rendre les coups" après le meurtre des deux étasuniens par un soldat afghan. "Il y aura d’autres moments comme celui-ci où vous vous demanderez quel sens ont ces morts", a ajouté Allen, "Il y aura d’autres moment comme celui-ci où vos émotions seront dominées par la colère et le désir de rendre les coups. Mais ce n’est pas le moment de se venger, c’est le moment de rentrer en nous-mêmes, de nous souvenir de notre mission et de nos règles, de nous rappeler qui nous sommes."
Quelles paroles extraordinaires venant d’un commandant de l’armée étasunienne en Afghanistan. Le général en chef a été obligé de recommander à une armée d’élite professionnelle, supposée être hautement disciplinée, de ne pas "se venger" contre les Afghans qu’ils sont supposés aider/protéger/éduquer/former/etc. Il a du demander à ses soldats de ne pas commettre de meurtres. Je sais que les généraux ont dit ce genre de chose au Vietnam. Mais en Afghanistan ? En est-on arrivé là ? J’ai bien peur que oui. Parce que - bien que je n’aime pas les généraux - j’en ai rencontré beaucoup et la plupart du temps ils ont une bonne connaissance de ce qui se passe dans leurs troupes. Et je pense qu’Allen avait dû être informé par ses officiers que les meurtres qui avaient suivi l’incinération des Corans avaient rendus les soldats furieux et qu’ils pourraient envisager de se venger. Et il a donc essayé désespérément - par cette déclaration aussi choquante que révélatrice - d’empêcher le massacre qui a eu lieu dimanche.
Et pourtant, les "experts" avaient complètement oublié ces paroles quand ils nous ont parlé de ces tueries. Aucune référence aux paroles du Général Allen dans leurs articles, pas une seule —parce que bien sûr, cela aurait contredit la thèse du sergent "dérangé" et lui aurait donné un mobile possible pour tuer. Comme d’habitude les médias se sont entendus avec l’armée pour créer un fou plutôt qu’un soldat criminel. Pauvre garçon, il a perdu la tête. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Pas étonnant qu’on l’ait rapatrié d’Afghanistan de toute urgence.
Nous avons tous eu nos petits massacres. Il y a eu My Lai, et notre petit My Lai à nous, dans un village de Malaisie appelé Batang Kali où les Gardes Ecossais - impliqués dans un conflit contre des insurgés communistes aguerris - ont assassiné 24 hommes désarmés qui récoltaient le caoutchouc en 1948.
Bien sûr on peut dire que les français en Algérie ont fait pire que les Etasuniens en Afghanistan - une unité d’artillerie française a, dit-on, fait "disparaître" 2000 Algériens en six mois - mais c’est comme de dire que nous sommes meilleurs que Saddam Hussein. Même si c’est vrai, mais cela ne fait pas de nous des êtres moraux. Et c’est cela dont il s’agit : de discipline, de moralité, de courage. Le courage de ne pas tuer pour se venger. Mais quand on perd une guerre qu’on prétend gagner - je parle bien sûr de l’Afghanistan - je crois que c’est trop demander. Le Général Allen semble bien avoir perdu son temps.
Robert Fisk - The Independent
27 mars
The Independent - Pour consulter l’original :
http://www.independent.co.uk/opinio...
Traduction : Info-Palestine.net
8 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
CORDÉLIA BONAL :Campagne présidentielle française : Comparatif de programmes Afghanistan, Défense, adhésion de la Turquie à l'Union européenne... Qui dit quoi.
La campagne présidentielle ne franchit pas les frontières. La politique internationale n'est abordée qu'à la marge par les candidats, au fil des remous de l'actualité : le fonctionnement de l'ONU à l'occasion de la crise en Syrie, la présence en Afrique à l'occasion du coup d'Etat au Mali...
La «Lettre au peuple français» de Nicolas Sarkozy fait l'impasse sur ces questions (autrement que par le prisme de l'immigration), et il faut s'en remettre au programme de l'UMP pour connaître les orientations du Sarkozy candidat. François Hollande, attaqué par le camp sarkozyste aux débuts de la campagne sur son manque de stature internationale, y consacre quatre de ses 60 engagements. Si l'on s'en tient aux programmes, des dix candidats, ce sont finalement Marine Le Pen et Jacques Cheminade qui se montrent les plus diserts sur le sujet, la première dans une optique de résistance à «la logique euro-atlantique», le second détaillant longuement les tenants et aboutissants d'un «pont terrestre eurasiatique».
L'Afghanistan
Sur le principe du retrait des troupes, tous les candidats sont d'accord : la France doit quitter ce bourbier. Mais selon quel calendrier ? L'Otan a programmé le retrait total des troupes de combat à la fin 2014. En France, la mort de quatre militaires tués par un soldat afghan en janvier a précipité les positions des uns et des autres. Nicolas Sarkozy a ainsi décidé d'avancer à la fin 2013 le retrait de la totalité des troupes combattantes françaises. C'est encore trop loin pour François Hollande qui, tout comme Eva Joly (Europe Ecologie - Les Verts), vise un retrait d'ici la fin de l'année : «Il n’y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l’année 2012», a répété à plusieurs reprises le candidat socialiste.
Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) est plus que d'accord : «La France n'a rien à faire dans cette guerre américaine. Nos soldats doivent quitter immédiatement l'Afghanistan.» Idem pour Marine Le Pen (Front national) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) qui prônent une sortie «tout de suite», «en ne gardant comme facteur de choix essentiel que celui de la sécurité de nos soldats qui ont déjà assez payé de leur sang notre présence en Afghanistan», précise la candidate FN. Jacques Cheminade s'engage lui à un retrait «dans les quatre mois» avec le réemploi des troupes ainsi dégagées pour «la participation à nos grands travaux à réaliser en Afrique».
Pour Nicolas Sarkozy, le retrait immédiat est inenvisageable. «Je trouve totalement irresponsable, et même dangereuse, l'idée d'un retrait précipité de toutes nos forces d'ici fin 2012. Il n'y a pas un expert militaire pour valider cette stratégie qui ferait courir un risque à nos soldats, et qui nous couperait de nos alliés; qui peut souhaiter pareil déshonneur à notre armée», a-t-il rétorqué à ses concurrents à la présidence le 11 avril, dans un entretien à la revue L'Essentiel des relations internationales. Pas de précipitation, juge aussi François Bayrou, qui avait voté pour le maintien des troupes française en 2008 à l'Assemblée nationale: «Oui il faut partir, le plus vite possible, mais en ordre, en ayant transmis à la sécurité afghane la sécurité du pays», jugeait-il en mai 2011.
A la gauche de la gauche, Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), qui est au demeurant «pour la suppression de l’armée permanente», «condamne» l'intervention en Afghanistan, tandis que Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) exige «le retrait des troupes françaises de tous les pays étrangers (en particulier la Françafrique et l’Afghanistan)».
Le conflit israélo-palestinien
C'est entendu, les candidats sont pour la reconnaissance de l’État de Palestine. Mais comment, et à quelles conditions ?
Nicolas Sarkozy a promis, le 6 mars sur France 2, que s’il était réélu, il mettrait en place une initiative de la France et de «toute l’Europe» pour la paix. En septembre 2011, le Président avait défendu à l'ONU «la reconnaissance mutuelle de deux Etats nations pour deux peuples, établis sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires agréés et équivalents». Pour y arriver, il plaide aujourd'hui un «changement de méthode, (…) une relance rapide, crédible de la négociation, avec un calendrier précis, un mécanisme de suivi». Généralement perçu comme un ami d'Israël, le président avait malgré tout surpris en octobre en soutenant l'adhésion de la Palestine à l'Unesco.
François Hollande, qui a rencontré en décembre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas de passage à Paris, s'engage «à prendre des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine». «Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien», promet-il. En juin, le Bureau national du PS avait d'ailleurs réaffirmé sa position en faveur de la reconnaissance mutuelle de deux Etats.
Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly et Philippe Poutou défendent aussi la «reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France et par l’UE».
Quant à Marine Le Pen, elle déclare que «si nous soutenons la formation d’un Etat palestinien, il n’en demeure pas moins qu'Israël doit être assuré d’une existence indiscutable et d’une sécurité garantie». Même ligne pour Nicolas Dupont-Aignan : «Une fois de plus, la France devrait rappeler la base des résolutions de l’ONU, le droit d’Israël à vivre en sécurité et en paix, le droit des Palestiniens d’avoir un Etat qui corresponde à leur peuple et à leur nation, un compromis enfin, sur Jérusalem qui appartient à l’humanité tout entière.»
La Défense
> L'Otan
Faut-il sortir du commandement intégré ? Trois fois oui pour Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon, Jacques Cheminade, Philippe Poutou, Eva Joly. Mais pas pour François Hollande qui préfère s'attacher «à ce que l’Otan retrouve sa vocation initiale : la préparation de la sécurité collective». Ni pour Nicolas Sarkozy, qui a précisément ramené la France dans l'Otan.
> Le budget
Les militaires redoutent de faire des arbitrages budgétaires si la gauche, et en particulier le candidat socialiste, passe. Car François Hollande compte recruter 60 000 postes dans l’éducation, qu'il faudra bien financer en coupant ailleurs. «Normalement, la Défense ne doit pas remplacer 14 000 fonctionnaires partant à la retraite. Il y aurait une diminution des effectifs. Je mènerai également un nouvel acte de décentralisation, donc transfert d’un certain nombre de compétences aux collectivités locales. Nous aurons donc aussi cette clarification des compétences et des responsabilités à l’échelle territoriale», a précisé le candidat dans un entretien à Libération le 12 avril. Pas question en revanche pour Hollande de toucher à la dissuasion nucléaire, l’«assurance-vie» du pays.
François Bayrou refuse tout net que «la Défense soit considérée comme la «variable d’ajustement» budgétaire : «L’effort qui lui sera demandé sera le même que celui qui sera imposé aux autres administrations publiques du pays.» Et s'engage à «maintenir la gestion des ressources humaines de la Gendarmerie dans le périmètre du ministère de la Défense».
Jean-Luc Mélenchon, qui défend l'arrêt de la Révision générale des politiques publiques (RGPP, non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite), compte maintenir à ce titre les effectifs dans l'armée. Il défend aussi le droit pour les militaires de se syndiquer.
Nicolas Dupont-Aignan est pour le maintien du budget de la défense à 2% du PIB (soit 200 millions d’euros en 2012) et pour la construction d'un second porte-avion, tout comme Marine Le Pen, qui propose aussi la création d'une garde nationale de 50 000 réservistes sur le territoire.
A l'autre bout, Eva Joly, qui s'est collée une étiquette antimilitariste pour avoir remis en cause le défilé militaire du 14 Juillet, plaide pour «une Europe de la défense assumée». Elle est pour le «report ou l'annulation des investissements militaires» et le désarmement nucléaire, ainsi que pour le démantèlement des bases militaires françaises à l'étranger, comme Nathalie Arthaud.
Philippe Poutou, enfin, est aussi pour une réduction drastique du budget de la Défense.
La Turquie
A-t-elle oui ou non vocation à entrer dans l'Europe ? Les deux favoris sont contre l'adhésion. Nicolas Sarkozy s'y est toujours opposé, considérant avec l'UMP que «ce pays qui ne fait pas partie de l’Europe». Et François Hollande, qui avait paru laisser la porte ouverte lors de la primaire socialiste, est aujourd'hui catégorique : il n'y aura «pas d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne» lors de son quinquennat, s'il est élu, puisque «aucune condition majeure n'est réunie», a-t-il déclaré lors de l'émission «Des paroles et des actes» sur France 2 le 12 avril. Quelles conditions ? En 2004, alors Premier secrétaire du PS, il avait insisté sur les droits de l'homme et la reconnaissance du génocide arménien.
François Bayrou y est aussi hostile, de même que Jean-Luc Mélenchon «tant que l'Europe n'a pas une réelle politique sociale». Marine Le Pen est radicalement contre.
Eva Joly garde l'adhésion comme «perspective» et son parti, EE-LV est pour la «relance des discussions». C'est finalement Philippe Poutou qui se montre le plus ouvert : «Je suis évidemment favorable à ce que la Turquie puisse rentrer dans l’Europe», «au nom de l’Europe des peuples», a-t-il répondu auNouvel Observateur.
La francophonie
Tous les candidats promettent de la relancer, mais sans vraiment préciser les choses: «grande concertation», «politique déterminée»…
Nicolas Sarkozy, qui soigne son électorat à l'étranger et avait fait prendre en charge par l'Etat les frais de scolarité des lycéens inscrits dans des établissements français à l’étranger, entend s'il est réélu «développer les implantations de lycées français à l’étranger, particulièrement dans les pays émergents, en s’appuyant sur des partenariats public-privé». Sur ce sujet, Hollande prendra «les mesures nécessaires pour accompagner nos compatriotes établis hors de France, notamment en matière d’enseignement, en fonction de leurs revenus».
Et aussi…
Ecologie. Plusieurs candidats se disent favorables à de nouvelles institutions telles qu'une «Organisation mondiale de l’environnement» (François Hollande, Eva Joly), un «Tribunal international de justice climatique» (Jean-Luc Mélenchon), un «Conseil stratégique permanent de la mer» (Marine Le Pen).
Asie. Le FN, qui trouve que «notre absence en Asie est criante», fixe comme «priorité» la «formation de diplomates spécialistes de l’Asie et le renforcement de notre projection dans ces pays seront parmi nos priorités de politique étrangère». Et conditionne l'aide aux pays pauvres à un accord sur les flux migratoires.
Afrique. Eva Joly prône «la dissolution de la cellule Afrique de l’Elysée», et la fin du droit de veto à l'ONU.
Espace. Enfin, fidèle à son intérêt désormais bien connu pour l'espace, Jacques Cheminade appelle de ses vœux un «système de veille spatiale plus efficace contre l’intrusion d’astéroïdes ou de comètes dans l’atmosphère terrestre».
CORDÉLIA BONAL
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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23.04.2012
n° 528 - Les Dossiers d'Irak - 22/04 - a1- Sale temps pour les Américains à Bagdad
n° 528 - Les Dossiers d'Irak - 22/04 - a1- Sale temps pour les Américains à Bagdad
Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
LesDossiers d'Irak
n° 528 22/04/2012
C.De Broeder & M.Lemaire
Le " Dossier d’Irak " est visible sur ...
a) sur mes blog :
http://www.dhblogs.be/categories/International.html http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html
b) Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com
c) Sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dir...
d) Sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
e) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
f) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
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Sommaire : Tiré à part : Gilles Munier : Sale temps pour les Américains à Bagdad. Point de vue 1-1 Hassan Hamade Annan : Génocide en Iraq et Paix en Syrie ? 2 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 2-1 Les militaires, drogués comme des cyclistes ? 2-2 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité. 3 Les Brèves 3-1 Belga : Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak. 4-1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens. 5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 5-1 John Pilger : Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair. 6 Annexe
6-2 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.
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Tiré à part :
Gilles Munier :Sale temps pour les Américains à Bagdad.
La « guerre annoncée » contre l’Iran et « l’axe chiite » oblige Nouri al-Maliki à se débarrasser du maximum de « contractors », ces mercenaires occidentaux qui pullulent en Irak, et de surveiller les déplacements des agents de sécurité de l’ambassade US.
Plusieurs dizaines de milliers de « contractors » – mercenaires – américains ou étrangers, employés par des sociétés militaires privées (SMP), détestés par la population, sont toujours en Irak. Fin 2011, avant le départ du gros des troupes d’occupation étasuniennes, leur nombre était supérieur à celui des GI’s.
Nouri Al-Maliki qui peut difficilement se passer d’eux en matière de sécurité et de défense, craint à juste titre qu’ils participent à la déstabilisation de son régime en cas de bombardements de centres nucléaires iraniens par Israël, d’intervention étrangère armée en Syrie, ou d’attaque généralisée de « l’axe chiite » par l’Otan. Le temps où les « contractors » roulaient des mécaniques, au-dessus des lois, est donc révolu. Ils sont plus que jamais dans la ligne de mire des services secrets irakiens et iraniens qui guettent la moindre incartade de leur part pour les faire expulser, et qui n’hésiteront pas à les interner si l’Iran est attaqué.
Dès la semaine précédent le départ des GI’s, Ahmad, le tout-puissant fils de Nouri al-Maliki, a expulsé de la Zone verte des sociétés étrangères et les mercenaires qui s’y trouvaient et en a profité pour placer des chars près du domicile des opposants sunnites proaméricains. Les responsables des check points ont l’ordre de vérifier scrupuleusement les identités, la validité des visas, les autorisations de déplacement et de port d’armes des étrangers.
Finis les passe-droits
Début décembre, une équipe de mercenaires de la SMP Triple Canopy, liée par contrat au Département d’Etat étasunien, a été arrêtée sur la route de Taji.
Ils ont été détenus 18 jours dans des conditions exécrables pour eux - nourriture servie sur le sol crasseux de leur cellule, riz plein d’insectes – … mais de loin préférables à celles réservées aux opposants irakiens. Mark Fisher, un ancien sergent fidjien, arrêté avec deux Américain et douze Irakiens, a accusé ses geôliers de « tortures mentales »… et leur a reproché d’avoir dû passer Noël en prison. Il a fallu l’intervention du congressiste républicain américain
Peter King pour les libérer.
Début janvier, une centaine de « contractors » a été retenue pendant quelques jours à l’aéroport de Bagdad dans des cellules de la police des frontières.
Certains faisaient partie de la sécurité de l’ambassade des Etats-Unis. Pour ne pas dramatiser la situation, James Jeffrey, l’ambassadeur, a parlé d’«
ennuis » à porter au compte du « manque d’expérience » des fonctionnaires irakiens, des « lenteurs bureaucratiques ». Pour Latif Rashid, conseiller du président de la République irakienne, les étrangers débarquant à Bagdad sont dans des conditions semblables à celles d’un Irakien se rendant aux Etats-
Unis dans le cadre de son travail. Finis les passe-droits !
Tuez-les, sans sommation
Le 16 janvier dernier, quatre officiers américains, dont deux femmes, travaillant à l’ambassade qui effectuaient, selon eux, une patrouille de routine dans une BMW bourrée d’armes, ont été arrêtés près du domicile de Saleh Abdul Razzak, gouverneur de Bagdad, membre important du parti Dawa. Celui-ci les accuse d’avoir cherché à l’assassiner. Il exige désormais que les agents de sécurité US soient accompagnés par des policiers irakiens dans leurs déplacements. Sinon, il autorise les forces de l’ordre à les tuer… sans sommation ! Moqtada al-Sadr lui a apporté son soutien et appelé ses partisans à surveiller les étrangers. Le leader chiite estime que de nombreux assassinats inexpliqués sont l’œuvre des services secrets américains. Les arrestations d’ « agents américains » étant bien vues de l’opinion publique, le ministère de l’Intérieur – dont Maliki assure l’intérim depuis les dernières législatives –
accuse maintenant les sociétés de militaires privées étrangères de « porter atteinte à la sécurité de l’Etat », voire de servir de couverture au Mossad. C’est loin d’être une découverte ! Le 1er février, sur Al-Manar, la chaîne du Hezbollah libanais, plusieurs dirigeants chiites irakiens, ayant servi l’occupation sans broncher, abondent dans ce sens pour se refaire une virginité à bon compte (1).
(1) Reportage vidéo de Al-Manar « Irak: Le Mossad israélien dans les sociétés sécuritaires »
Gilles Munier (Afrique Asie – mars 2012)
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?cid=20&eid=48439&fromval=1
Point de vue
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
1-1Hassan Hamade Annan : Génocide en Iraq et Paix en Syrie ?
L’ancien secrétaire général des Nations-Unies (1997-2006) et Prix Nobel de la Paix (2001), Kofi Annan, a été chargé par son successeur Ban Ki-Moon et par son homologue de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, de négocier une solution pacifique à la crise syrienne. Mais, Monsieur Annan est-il la personne la mieux placée pour cela ? Considérant sa responsabilité éminente dans le génocide de plus d’un demi-million d’enfants irakiens, Hassan Hamade en doute.
Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 22 mars 2012
Monsieur Annan,
« L’Homme blanc a élevé à des hauteurs jamais atteintes la Civilisation du mensonge. »
Je suppose que vous connaissez cette citation d’un grand intellectuel et historien réunionnais, Jean-Charles Angrand. Elle figure dans une lettre adressée par ce dernier il y a de cela un an et demi au professeur Jean Ziegler, alors coordinateur de la Commission des Nations unies chargée de la lutte contre la faim et pour le droit à l’alimentation.
Vous n’êtes pas sans savoir que les États-Unis opposent un refus catégorique à l’idée de faire figurer le droit à l’alimentation dans le cadre global des droits de l’Homme malgré le fait que ceux-ci ne sont jamais respectés dans le monde surtout par la puissance qui ne cesse d’en brandir l’étendard [1]
C’est sur ce point que Jean-Charles Angrand a voulu insister pour clarifier le débat sur les problèmes politiques comme sur les problèmes économiques et sociaux, surtout que l’une des armes de destruction massive les plus utilisées est l’arme de la faim et de la malnutrition [2]. Quant aux slogans sans cesse répétés en la matière, ils ne servent que pour la propagande. N’est-ce pas Winston Churchill qui a dit : « Pour être protégés, les grands projets ont besoin de sentinelles en mensonges » ?...
Je pense, Monsieur, que cette citation vous rappelle quelque chose, même beaucoup de choses…. à commencer par la tragédie irakienne favorisée par un flux continu de mensonges pour justifier la guerre et entretenir le blocus contre ce berceau de la Civilisation humaine. Le Comité des sanctions chargé d’appliquer le Programme « pétrole contre nourriture » – titre, en soit, sommet de cynisme et de sadisme humain – qui agissait sous votre autorité, a mis en marche un génocide, dans le vrai sens du mot, selon la qualification donnée à cette action par Marc Bossuyt, alors président de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies [3] et grand professeur en Droit international. En effet, pendant votre premier mandat comme secrétaire général des Nations unies (1er janvier 1997-31 décembre 2000) le nombre des bébés irakiens tués par les sanctions, parce que privés de nourriture, de médicaments et de traitements médicaux adaptés, s’est élevé à plus de 550 000 enfants en bas âge. Il va sans dire que le « compteur » macabre s’était arrêté en l’an 2000, mais les tueries continuaient à travers le « Programme » qui s’est effondré au mois de mars 2003 avec l’invasion terrestre de l’Irak par la coalition anglo-saxonne et ses alliés.
Nous évoquons seulement le carnage des enfants et des bébés en laissant de côté les autres catégories de la population qui ont subi pratiquement le même sort. Mais l’histoire de votre Comité de sanctions et sa responsabilité dans ce génocide mérite bien d’être mise un peu en relief d’autant plus qu’on vous charge dès à présent de régler d’autres dossiers, non moins épineux, qui pourraient concerner directement la stratégie sanguinaire de l’Empire. Franchement, Monsieur Annan, votre nom à lui seul est devenu indissociable de cette tragédie qui n’a pas encore été prise en charge par la Justice internationale adaptée.
En évoquant ces meurtres en masse, Jean Ziegler ainsi que Hans-Christophe von Sponeck (ce dernier a dirigé à partir de Bagdad le Programme « pétrole contre nourriture ») s’accordent à considérer que .. « graduellement, à partir de 1996, le programme pétrole contre nourriture fut détourné de sa mission et servit d’arme de punition collective de la population fondée sur la privation de nourriture et de médicaments »….. et ce en contradiction flagrante avec la structure même du Programme telle que définie par le Conseil de sécurité, bien que la structure en elle-même est une aberration humaine, voire même une honte.
Des escrocs à la tête du « Programme »
Monsieur Annan, vous étiez au courant de toutes les pratiques et les malversations qui se déroulaient dans les différentes instances du « Programme » à commencer par le Bureau de ce « Programme » chargé d’examiner les demandes présentées par les entreprises qui aspiraient à décrocher des contrats. Le directeur de ce bureau vous l’avez-vous-même nommé à son poste, à la demande des États-uniens, malgré les suspicions qui l’entouraient. D’ailleurs il a fini par être inculpé par le District Court de New-York avant de se retirer à Chypre « où il coule des jours heureux » selon l’expression de Jean Ziegler. Il était votre protégé, Monsieur Annan. Vous lui avez assuré la couverture nécessaire pour le déploiement de ses minables talents. En même temps, vous vous absteniez à protéger le « Programme », ce qui aggravait les exactions de sorte que dans le monde entier on comparait cette machine infernale aux administrations les plus corrompues de la planète. Tout ça sur le dos du pauvre peuple irakien à qui on administrait des protocoles de destruction systématique. Il suffit de donner deux ou trois exemples des crimes perpétrés par cette administration à la tête de laquelle vous déployiez vos dons de faux sage africain.
Votre Comité de sanctions, animé par un code de conduite visant à rendre aux irakiens la vie infernale, se surpassait dans l’invention de méthodes, plus cruelles les unes que les autres, afin de remplir sa tâche diabolique. Par exemple le Comité refusait catégoriquement de permettre aux hôpitaux irakiens d’acquérir les machines de dialyse indispensables pour des milliers de patients. Un jour le représentant de l’OMS à Bagdad, Dr Ghoulam Rabbani Papal, passe une commande urgente à la représentation du « Programme » à Bagdad pour l’acquisition de 31 machines de dialyse. Cette demande fut immédiatement transmise à New-York au Comité des sanctions où, comme dans les films d’horreur, ont disparues les traces de cette commande. Il a fallu réitérer la même demande, avec un temps d’attente de plusieurs mois avant de recevoir une réponse. Ce n’est qu’après maintes interventions que le Comité a fini par donner son accord mais pour 11 machines seulement !!!... et l’histoire ne s’arrête pas là car ces 11 machines une fois livrées se sont trouvées bloquées au poste frontière jordano-irakien, par une décision anonyme. Il a fallu deux années de démarches acharnées pour pouvoir les libérer. Il va sans dire qu’entre-temps le nombre des patients irakiens qui périrent, femmes, enfants, vieillards etc…., dépassait tous les décomptes imaginables. C’était en l’an 2000.
Monsieur Annan, comment avez-vous accepté qu’une cruauté pareille soit commise sous votre autorité ?... mutisme total de votre part. Avez-vous entendu parler d’un crime qui s’appelle non-assistance à personne en danger, vous qui êtes supposé ne pas ignorer la loi… ?
Silence, on torture !
En 1999, alors que le corps médical irakien parvenait à faire des miracles compte-tenu de l’extrême privation qui le frappait, la directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy formulait une demande expresse pour l’importation d’ampoules nécessaires à l’alimentation intra veineuse des nourrissons et des enfants en bas-âge gravement sous-alimentés. Après une longue période d’attente, le verdict du Comité des sanctions tombe et c’est le refus catégorique. Elle s’est même adressée personnellement au Conseil de sécurité mais en vain !... Ainsi votre machine infernale, monsieur Annan, a réussi une formidable performance en matière de respect de l’être humain. Est-ce que vous réalisez bien que vous vous êtes abstenu d’apporter une assistance à bébés en danger… ? Pourtant Monsieur Annan, vous ne cessez de cultiver votre image de marque, d’homme intègre, de sage africain, soucieux des droits de l’homme et de la paix dans le monde.
Depuis cette demande de l’UNICEF, le décompte macabre des enfants martyrs s’est arrêté, mais la tuerie continuait son avancée. Et en même temps vous vous êtes accroché à votre poste avec une allure de respectabilité et de calme.
Les pratiques de votre Comité de sanctions à l’égard de l’ensemble de la population irakienne ressemblent davantage à d’interminables séances de tortures. Vous en étiez témoin, Monsieur Annan, et le monde n’a eu aucun écho d’une quelconque manifestation de votre conscience d’homme de paix et de droit.
Je ne veux pas m’attarder, ni à raconter comment votre Comité de sanctions a empêché la fourniture de machines adaptées nécessaires à la remise en marche des stations d’épuration de l’eau potable du Tigre, de l’Euphrate et de Shatt-al-Arab, ni à expliquer comment l’Irak à cause de cela est passé parmi les premiers pays au monde dont la population souffre de maladies chroniques dues à la pollution de l’eau, ni comment votre Commission refusait toutes les demandes et suppliques des hôpitaux irakiens pour l’obtention des climatiseurs nécessaires pour conserver au frais les médicaments dans un pays où la température peut dépasser les 45° durant plusieurs mois.
Ce sont juste quelques petits exemples d’une panoplie d’actions concertées visant à ramener à l’âge de pierre un pays comme l’Irak et Dieu sait ce qu’est l’Irak.
« Ce qui se passe en Irak est bel et bien un génocide » s’est exprimé à haute voix Marc Bossuyt sans que ce cri alarmant et culpabilisant n’atteigne vos oreilles, Monsieur Annan. Tout comme les multiples protestations de cet homme honnête qu’est Denis Hallyday, le coordinateur du « Programme » à Bagdad, qui s’est trouvé contraint de vous jeter en pleine figure sa démission et a quitté les Nations Unies…. Tout comme les protestations de son successeur au même poste, le très honorable Hans Christophe von Sponeck, éponyme de l’honnêteté et du dévouement qui a été empêché d’expliquer de vive voix devant le Conseil de sécurité, les réalités de la situation et du génocide qui se déroulait. Au lieu d’avoir le minimum d’honnêteté et de fidélité à la charge qui vous incombait et qui exigeait de vous une solidarité avec cette étoffe d’hommes de courage, de compétence et d’honneur, vous avez choisi le silence perfide et de vous ranger du côté des deux délégations anglo-saxonnes qui ont décidé d’interdire à von Sponcek de s’exprimer devant le Conseil de sécurité car il a bravé les interdits en choisissant de respecter scrupuleusement la Charte des Nations unies. Oui Monsieur Annan, sous votre autorité le respect de la Charte des Nations unies est devenu une infraction qui mérite un châtiment.
Complexé de la famille Wallenberg
Les atlantistes ont empêché von Sponeck d’étaler la vérité au grand jour devant le Conseil de sécurité tout comme ils ont empêché dernièrement le général soudanais al-Daby (chef de la délégation des observateurs arabes en Syrie) de s’exprimer devant la Ligue arabe et de faire saisir son rapport par le Conseil de sécurité car il mettait en cause le rôle destructeur et criminel que les organisations terroristes jouaient en Syrie. D’ailleurs il existe plusieurs points communs entre les deux cas.
Monsieur Annan,
Vous êtes sans doute impressionné par la trajectoire de vos beaux-parents suédois. Je veux parler de la famille Wallenberg, très puissante dans le domaine de l’industrie, des finances et des banques et qui a donné à la Suède plusieurs personnalités éminentes dont certaines ont eu un rayonnement pan-européen tel l’oncle maternel de madame votre épouse, Raoul Wallenberg et son oncle Jacob. Très probablement c’est la personnalité de Raoul qui vous a le plus intéressé car il était sûrement un homme assez particulier qui a fait preuve d’un courage indéniable durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale lorsqu’il a exposé sa vie aux grands dangers pour sauver des centaines de juifs en Hongrie et ce avant qu’il ne soit arrêté par les troupes soviétiques le lendemain même de leur entrée en libérateur dans Budapest. D’ailleurs les traces du brave Raoul se sont rangées dans les dossiers des énigmes de la guerre et de l’après-guerre. Tout ce qui a filtré de sa disparition c’est que les soviétiques le considéraient comme un espion états-unien.
C’est tout à fait normal Monsieur Annan que vous sentiez une certaine fierté lorsque vous visitez certaines capitales européennes et que vous vous rendiez à des sites érigés par les communauté juives à la mémoire de Raoul, tout comme à Washington qui lui a délivré le statut de citoyen d’honneur des États-unis, après Winston Churchill. Quant à l’État d’Israël, ou il est aussi citoyen d’honneur, la plaque commémorative en son nom a été placée au cœur même du Mausolée de « Yad Vashem » à la mémoire des victimes de l’holocauste nazi.
Monsieur Annan,
C’est bien dans la nature des choses que ce lien matrimonial qui vous lie à la famille Wallenberg soit à l’origine de votre ascension professionnelle mais est-ce que vous n’auriez pas dû suivre l’exemple de l’oncle de votre épouse en matière de dévouement à son peuple juif et que vous prôniez une attitude ferme contre toutes sortes d’holocauste plutôt que d’y participer, comme vous l’avez fait lors du génocide du peuple irakien.
Oui Monsieur Annan, il s’agit bien d’un holocauste en Irak et d’un génocide, dans le sens juridique du terme tel que qualifié par Marc Bossuyt. Vous êtes partenaire dans la gestion de cet holocauste en Irak.
Vous êtes partenaire principal dans cette non-assistance à 550 000 enfants en bas âge en danger de mort.
Soyez sûr Monsieur Annan que nous ne sommes pas une copie conforme de nos gouvernements sionistes arabes. Si vous avez le plein droit d’être fasciné par vos beaux-parents sionistes, alors vous pourriez être sûr que cela ne sera jamais notre cas vis-à-vis des sionistes arabes. Ils ne nous fascinent guère, au contraire ils nous dégoûtent.
Il est inutile Monsieur Annan, que vous pensiez, ne serait-ce qu’un laps de secondes, que l’holocauste de la Mésopotamie pourrait échapper indéfiniment à la justice. Cette affaire vous concerne directement du fait de votre position dirigeante à la tête de l’exécutif onusien durant la période du génocide qui avait pour titre « pétrole contre nourriture ». Avec un parcours pareil, on peut se demander si vraiment vous êtes habilité pour apporter une solution pacifique à la crise syrienne actuelle que l’ « on » vous a chargé de résoudre.
Pouvez-vous faire à la Syrie une prescription extra-génocidaire qui l’épargnerait de subir le même sort que l’Irak ? …Très probablement on ne vous a pas choisi pour cela.
Monsieur Annan, vous êtes chez nous aujourd’hui pour servir les projets de ceux-là mêmes qui vous avaient envoyé chez nous hier, du temps de l’holocauste en Irak.
Monsieur Annan, vous êtes aujourd’hui en Afrique pour faire la propagande des Rockfeller. N’est-ce pas le groupe Rockfeller qui finance le projet AGRA de « l’Alliance pour une révolution verte en Afrique » que vous présidez vous-même ?
Quand même Monsieur Annan, un peu de décence vous ferait du bien…. Nous n’avons pas perdu notre mémoire et nous nous souvenons bien de vous. Souvenez-vous Monsieur Annan, de la fameuse sagesse d’Albert Camus :
« Toutes les contraintes du monde ne feront pas qu’un esprit un peu propre accepte d’être malhonnête. »
Source
As-Safir (Liban)
[1] Depuis le rapport NSSM 200, rédigé pour le Conseil national de sécurité des États-Unis par Henry Kissinger en 1974, Washington a théorisé l’usage de l’arme alimentaire. Ainsi, les États-Unis ont organisé des famines en Corée du Nord, États avec lequel ils sont toujours en guerre. Plus récemment, en 2007-2008, Washington a utilisé l’arme alimentaire contre la Tunisie et l’Égypte, provoquant ainsi des émeutes de la faim. À moyen terme, celles-ci se sont transformées en soulèvements populaires qui ont été présentés comme des révolutions libérales sous le vocable « printemps arabe ».
[2] Destruction massive, Géopolitique de la faim, par Jean Ziegler, Éd.Seuil, 2001.
[3] Aujourd’hui Conseil des Nations unies pour les Droits de l’Homme
http://www.voltairenet.org:80/Annan-Genocide-en-Iraq-et-Paix-en
2Analyse - Géopolitique et stratégie –Réflexion
PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information
2-1 Les militaires, drogués comme des cyclistes ?
Les armées s'inquiètent de pratiques dopantes non seulement de la part des soldats eux-mêmes, mais aussi du commandement.
Les militaires seraient-ils plus dopés que les vainqueurs du Tour de France ? Se bourreraient-ils les narines avec ardeur, protégés par une forme de non-dit ? C'est que... Avec mille précautions de langage et en maniant avec insistance le sous-entendu, la revue de recherche de l'armée de terre Inflexions aborde ce sujet tabou dans sa dernière livraison (*), sous le titre "Dopage et conduites dopantes". Les auteurs expliquent curieusement que ce n'est pas vraiment l'institution qui se pose des questions, mais que "beaucoup d'observateurs extérieurs à la défense considèrent comme fréquente l'utilisation de substances dopantes au sein des armées".
Sauf que si les militaires se dopaient, assure l'article, ce ne serait pas pour améliorer des performances sportives, mais pour une meilleure cause : "Les objectifs seraient similaires [à ceux des sportifs] - être plus performant que l'adversaire -, mais à atteindre dans un contexte bien différent, celui de la guerre et du combat." Et de développer cette idée d'une forme de dopage sans doute pas nécessaire, mais pas vraiment inutile non plus : "En temps de conflit, ou dans le contexte de déploiement sur des théâtres d'opérations de haute dangerosité, les questions posées sont plus complexes. L'automédication et l'utilisation de substances dopantes ayant pour but d'améliorer les performances physiques, en particulier musculaires, mentales, ou de maintenir l'éveil et un état de parfaite vigilance, permettent, si le dopage est adapté, de rendre le militaire plus efficace à son poste de combat."
Drogués pour la bonne cause ?
De fait, les militaires peuvent se doper illégalement en se procurant eux-mêmes de l'herbe qui fait rire ou des substances qui font rêver. Pour ne citer que l'exemple du Liban, on sait que l'herbe y est fameuse. Et en Afghanistan, premier producteur d'opium au monde, le commerce n'est pas impossible avec les plus de 100 000 militaires étrangers... Mais les armées elles-mêmes administrent aux combattants diverses médications susceptibles de mieux voir la nuit, de leur faire perdre le besoin de sommeil, ou au contraire de les endormir sur commande, aux heures choisies. Cette réalité est d'ailleurs reconnue, à tel point qu'un texte officiel, l'instruction N° 744/DEF/DCSSA/AST/TEC relative à l'utilisation de substances modifiant la vigilance en opérations, en définit le cadre !
Justifier la prise de substances dopantes
Les militaires édictent dans ce texte leurs ascensions des Alpes et on voit ici que cette définition est très large. "Les types d'opérations militaires pouvant justifier la prise éventuelle de substances qui agissent sur le niveau de vigilance des combattants sont les opérations dites soutenues et les opérations dites continues. Les premières se traduisent par une activité militaire quasi ininterrompue ne permettant aucun sommeil réparateur ; les secondes concernent une activité militaire de plus longue durée n'autorisant qu'une récupération partielle (par exemple : un sommeil diurne, de courte durée et fractionné). À titre d'exemples, on peut citer le fonctionnement 24 heures sur 24 des centres opérationnels pour l'armée de terre, la continuité entre le poste de veille et le poste de combat pour la marine, la mission nucléaire ou le travail au sol en ambiance nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC) avec des tenues de protection pour l'armée de l'air". Mais attention, ce n'est pas du dopage. C'est de l'"aide de type pharmaceutique modifiant la vigilance". Nuance...
Gavés de protéines hormonées
Les trois auteurs de l'article - les médecins militaires André-Xavier Bigard et Alexandra Malgoyre et le capitaine Hervé Sanchez - lancent par ailleurs un véritable cri d'alarme sur l'automédication de certains militaires qui se gaveraient de compléments alimentaires (protéines hormonées) utilisés par les culturistes. Ils soulignent par ailleurs l'intérêt de la démarche lancée par les armées pour rationaliser les programmes de préparation physique au combat afin de "rendre inutile la consommation de produits et de substances supposés dopants". Voilà une bonne idée. Car par les temps qui courent, que diront les armées si un militaire dopé sur ordre et dont la santé se serait dégradée les poursuivait devant la justice ?
(*) "Le sport et la guerre", Inflexions n° 19, La documentation française, 12,00 €, ISSN : 1772-3760
2-2 Julie Lévesque : L'armée des États-Unis entre dans la clandestinité.
Des troupes spéciales déployées partout sur la planète Selon le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, le Pentagone se prépare à déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles.
L’initiative est présentée comme un moyen de réduire les frais.
Grâce à cette nouvelle stratégie, les États-Unis remplacent les opérations de théâtre à grande échelle par des opérations militaires clandestines, rentables et de moindre envergure. Cela aboutit inévitablement à la violation de la souveraineté nationale du pays ciblé.
Le chef étasunien du commandement des opérations spéciales, l’amiral Bill McRaven, qui a mené le raid contre ben Laden au Pakistan, a proposé que les troupes quittant les zones de guerre en Irak et en Afghanistan soient redéployées dans des zones « quelque peu négligées durant la décennie centrée sur Al-Qaïda ».
Cela se ferait dans le but de faciliter le lancement de raids par les Forces Spéciales, comme celui qui aurait tué ben Laden, une opération clandestine ayant violé la souveraineté pakistanaise.
Selon AP, le déploiement de commandos « plus près de nouvelles zones de crise remplacera les invasions terrestres comme celles de l’Irak et de l’Afghanistan […] par des raids d’opérations spéciales laissant peu de traces, ou mieux encore, des raids effectués par des forces locales amies entraînées par les États-Unis, les aidant à combattre, côte à côte, des ennemis mutuels ».
Ces troupes pourraient effectuer des raids, ou seraient probablement davantage appelées à travailler avec des alliés locaux pour leur apprendre à cibler des ennemis régionaux ainsi qu’à promouvoir des relations à long terme, entre soldats, pouvant aider à désamorcer une crise ou un coup éventuels. (Kimberly Dozier, Special operations expanding as wars recede, Associated Press, 27 janvier 2012)
Cela aidera « à désamorcer une crise ou un coup éventuels » ou à les fomenter?
Le but, selon un représentant de la Défense, est d’« augmenter la coopération avec les armées étrangères, de travailler avec elles pour vaincre les menaces locales au lieu de faire porter le poids de ces combats aux États-Unis ».
AP rapporte par ailleurs que « le financement pour les opérations spéciales et la recherche de renseignements augmenteront, puisqu’ils sont tous deux des moyens privilégiés par l’administration Obama pour confronter de nombreuses menaces mondiales après une décennie d’invasions terrestres coûteuses en Irak et en Afghanistan.
Cela signifie essentiellement que l’armée des États-Unis entre dans la clandestinité. Au niveau planétaire.
AP mentionne également que « les commandements des opérations spéciales à l’étranger pourraient aussi servir de cadre pour une coopération accrue entre les agences étasuniennes, fusionnant non seulement les alliés régionaux mais également des agences comme la CIA, le FBI et la Drug Enforcement Administration »
Mondialisation.ca et Julie Lévesque
Jule Lévesque a collaboré à ce reportage
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MON20120201&articleId=29028
3 Les Brèves
Ndlr : PS : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
3-1 Belga :Bagdad accuse des pays arabes de faciliter le terrorisme en Irak.
Un haut responsable irakien a accusé des pays arabes, sans les nommer, de faciliter le financement de "groupes terroristes", alors que Bagdad doit accueillir fin mars le prochain sommet arabe.
"Des commerçants de certains pays de la région, avec l'aide de leurs Etats, financent de manière importante des groupes terroristes en Irak.
Les dirigeants de ces pays affirment ne rien savoir sur cette question mais les faits prouvent le contraire", a affirmé le vice-ministre de l'Intérieur Adnane al-Assadi sur la chaîne Iraqiya.
Selon M. Assadi, qui a la haute main sur le ministère de l'Intérieur en l'absence d'un ministre désigné, "des institutions sécuritaires de certains pays de la région sont au courant de ces mouvements financiers et de l'envoi de terroristes mais elles ferment les yeux". Il y a près de trois cents prisonniers arabes, en majorité des Saoudiens, en Irak, selon le ministère de la justice. "Nous avons aussi trouvé que des groupes recevaient de l'argent par le biais de certaines ambassades arabes. Ils reçoivent des bons qu'ils doivent aller encaisser. Cet argent vient de commerçants de ces pays".
Le sommet arabe prévu le 29 mars doit marquer le retour de l'Irak sur la scène arabe. Ce pays n'a plus été l'hôte d'un sommet régulier depuis novembre 1978 et le dernier sommet extraordinaire à Bagdad remonte à mai 1990, quelques mois avant l'invasion du Koweït par Saddam Hussein.
Le sommet annuel de la Ligue arabe a été repoussé à deux reprises en raison des mouvements de contestation.
Belga, vendredi 17 février 2012
4 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage
4-1 Gilles Munier : Tarek Aziz et la mort lente des prisonniers politiques irakiens.
Tarek Aziz, 76 ans, est emprisonné depuis neuf ans. D’abord incarcéré par les Américains au Camp Cropper, il a été livré, en juin 2010, à ses ennemis. Il est depuis dans une cellule de la prison d’Al-Kadimiya, à Bagdad, et condamné à mort. Gravement malade, épuisé par le système carcéral et une grève de la faim, il se meurt lentement faute de médicaments et de soins réguliers. Maître Badie Aref, son avocat irakien, a demandé à plusieurs reprises son hospitalisation à Bagdad ou à l’étranger, sans résultat. En août 2011, il a remis à Nouri al-Maliki un message où Tarek Aziz demandait que son exécution ait lieu « dès que possible ».
Tarek Aziz, « Le chrétien »
Tarek Aziz va bientôt mourir. En prison, il est aidé par des co-détenus pour se mouvoir et s’alimenter. Aux dernières nouvelles, il aurait des difficultés pour reconnaître sa femme et sa fille qui vivent à Amman, seules autorisées à le rencontrer une fois par mois. A chaque voyage, elles lui remettent la douzaine de médicaments qui lui manquent, mais ne peuvent que constater la dégradation de son état de santé.
Nouri al-Maliki et le parti al-Dawa qui ont tenté de l’assassiner, en avril 1980, cherchent leur revanche parce qu’il est pour eux, « Le chrétien », celui qui avait convaincu les Occidentaux de la dangerosité du régime de l’ayatollah Khomeiny. Ils ne lâcheront pas leur proie. Depuis 2003, des tueurs pro-iraniens ont éliminé la plupart des pilotes de chasse qui ont bombardé l’Iran ainsi que les ingénieurs chargés des tirs de missiles.
En France, parmi ceux qui ont connu Tarek Aziz, très peu sont intervenus en sa faveur. Espérons que le documentaire du Père Jean-Marie Benjamin (lire ci-dessous*) qui lui est consacré, primé… aux Etats-Unis (!), réveillera les consciences endormies des hommes politique qui se pressaient pour le rencontrer à Bagdad, ou lors de ses passages à Paris.
Leur vie est un enfer
Les autres prisonniers politiques incarcérés à Al-Kadimiya ne sont pas mieux lotis, d’autant qu’ils sont peu ou pas connus à l’étranger. Citons en trois, sur la liste des 55 dignitaires irakiens les plus recherchés par le Pentagone en 2003 :
Saadoun Shaker, ministre de l’Intérieur (1979-1987), a eu plusieurs crises cardiaques. Il s’était retiré depuis longtemps de la vie politique. Il a quand même été condamné à mort « pour avoir réprimé des partis religieux », alors que cette responsabilité n’était pas de son ressort mais de la compétence de services dépendant du président Saddam Hussein.
Mohamed Mehdi Saleh, ancien ministre du Commerce, arrêté par la CIA en avril 2003, a pratiquement perdu la vue, faute aussi de soins. Son dossier est vide, mais il était en poste quand des commerçants chiites se livrant au marché noir pendant l’embargo, ont été pendus. Il n’a rien à voir avec leur arrestation et encore moins avec leur exécution. La Cour de cassation a ordonné, il a 8 mois, sa libération : il ne l’est toujours pas été.
En avril 2003, les Marines avaient présenté comme une victoire l’arrestation de Hikmat al-Azzaoui, ancien ministre des Finances, 8 de carreau du jeu de cartes de Donald Rumsfeld. Il est mort à 79 ans à l’hôpital de la prison d’Al-Kadimiya, le 27 janvier dernier, faute de soins dans l’indifférence générale.
En octobre 2011, Nouri al-Maliki s’en est pris aux cadres intermédiaires du parti Baas, après que le CNT libyen lui a remis une liste de « comploteurs » trouvée au siège des services secrets du colonel Kadhafi. Plus de 600 Irakiens ont été aussitôt arrêtées dans tout le pays, ainsi que 140 professeurs de l’université de Tikrit. D’autres arrestations ont suivies. Les « comploteurs » ont été emprisonnés, pour la plupart, dans des camps ou des prisons secrètes. Leur vie est un enfer.
Invitation : « Tareq Aziz : L’autre vérité » (63’), réalisé par le Père Jean-Marie Benjamin, a obtenu le prix 2011 du meilleur documentaire au Festival du film de Silent River (Irvine, Californie). Il sera projeté en exclusivité à Paris, le jeudi 15 Mars, à 18 heures, au Studio des Ursulines (10, rue des Ursulines - RER Luxembourg) en présence du réalisateur. Entrée libre.
Présentation du documentaire :
http://www.youtube.com/watch?v=FmFnxxRD2Ag
Sur le même sujet, lire aussi :
Appel lancé en mars 2005, pour demander la libération de Tarek Aziz (liste des signataires)
http://www.france-irak-actualite.com/article-liberez-tarek-aziz-et-ses-compagnons-59876428.html
Bulletin de santé de Tarek Aziz (clinique du Camp Cropper – 26/1/10)
http://www.france-irak-actualite.com/article-tarek-aziz-etat-de-sante-45332733.html
« Tarek Aziz… connais pas ! »
http://www.france-irak-actualite.com/pages/Tarek_Aziz_connais_pas_Bakchichinfo_20508-1982322.html
Tarek Aziz, l’homme qui en sait trop
Samedi 10 mars 2012
http://www.france-irak-actualite.com/pages/tarek-aziz-l-homme-qui-en-sait-trop-juin-2008--1982315.html
5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
5-1 John Pilger :Il est temps que nous reconnaissions la criminalité du gouvernement de Blair.
Dans le théâtre kabuki de la politique parlementaire britannique, les grands crimes ne sont pas commis et les criminels courent en liberté. Il s’agit bien de théâtre après tout ; ce sont les pirouettes qui comptent, et non pas des actions décidées en déconnexion, à la fois géographique et culturelle, avec leurs conséquences. C’est un dispositif sécurisé, protégé aussi bien par les acteurs que par la critique. Le discours d’adieu de l’un des plus malins de ces gens, Tony Blair, « était profondément imprégné d’un sens de conviction morale », s’épanchait alors le présentateur de télévision Jon Snow, comme si le charme que Blair exerçait aux adeptes du kabuki était mystique. Le fait qu’il était un criminel de guerre n’était en rien pertinent.
La manière dont on a étouffé les crimes de Blair et de ses administrations est décrite dans un livre de Gareth Peirce intitulé Dispatches from the Dark Side : on torture and the death of justice, publié en version de poche ce mois-ci par les éditions Verso. Peirce est l’avocate des droits de l’Homme la plus distinguée de Grande-Bretagne ; sa poursuite de dénis de justice infâmes et sa recherche de justice pour les victimes de crimes gouvernementaux, tels que la torture et l’extradition, restent inégalées. Son compte-rendu de ce qu’elle appelle le « pandémonium moral et légal » au lendemain du 11 septembre, est exceptionnel dans le sens où, en s’appuyant sur les mémoires de Blair et Alistair Campbell, des procès-verbaux du Cabinet et des dossiers du MI6, elle leur applique la règle de droit.
Des avocats de la trempe de Peirce, Phil Shiner et Clive Stafford-Smith ont permis que la mise en accusation de puissances dominantes ne soit plus un tabou. Ainsi Israël, l’homme de main des États-Unis, est maintenant largement reconnu comme l’État le moins respectueux du droit au monde. Des personnes comme Donald Rumsfeld, à l’instar de George W. Bush et Blair, évitent dorénavant les pays, au-delà des frontières, où la loi règne.
Étalant ses sinécures de « pacification » et de « développement » qui lui permettent d’ajouter à la fortune accumulée depuis son départ de Downing Street, Blair voyage en avion ici et là, tel une pie, avec pour destinations habituelles les cheikhats du Golfe, les Etats-Unis, Israël et des havres de sécurité comme la petite nation africaine du Rwanda. Depuis 2007, Blair a rendu sept visites dans ce pays, où il a accès à un jet privé fourni par le président Paul Kagame. Le régime de Kagame, dont les opposants ont été réduits au silence brutalement au moyen de fausses accusations, est « innovant » et un « leader » en Afrique, selon Blair.
Le livre de Peirce accomplit l’impossible avec Blair : il arrive à choquer. Quand elle remonte aux sources « des thèses injustifiables, de la belligérance débridée, de la falsification et d’un irrespect délibéré des lois » qui ont mené aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, elle identifie l’offensive de Blair sur les musulmans comme étant à la fois criminelle et raciste. « Il fallait neutraliser par tous les moyens possibles, et de manière définitive, toute personne suspectée de tenir des opinions [islamistes]... dans le langage de Blair, un « virus » devant être « éliminé » et nous poussant à « une myriade d’interventions vigoureuses dans les affaires d’autres nations [sic] ». » Des communautés entières ont été réduites à des « taches de couleur » constellant un tableau sur lequel le Napoléon du parti travailliste s’attèlerait à « la réorganisation du monde ».
Le concept même de guerre a été détourné de son sens véritable pour devenir la logique de « nos valeurs contre les leurs ». Les réels coupables des attaques du 11 septembre, pour la plupart des Saoudiens entraînés à piloter en Amérique, ont été oubliés en cours de route. Tant s’en faut, les « taches de couleur » se sont révélées provenir du sang d’innocents – d’abord en Afghanistan, pays des pauvres entre les pauvres. Il n’y avait pas d’Afghans parmi les membres d’Al-Qaïda ; au contraire, on pouvait noter un ressentiment mutuel entre les uns et les autres. Mais cela n’importait pas. Une fois les bombardements commencés le 7 octobre 2001, des dizaines de milliers d’Afghans ont été châtiés par la famine au moment où le Programme alimentaire mondial retirait son aide à l’aube de l’hiver. Dans un village dévasté, Bibi Mahru, j’ai été témoin des conséquences d’une bombe de « précision » Mk82 : l’oblitération de deux familles, dont huit enfants. « Tony Blair, » a écrit Alistair Campbell, « a dit qu’ils devaient être conscients que nous les ferions souffrir s’ils ne nous présentaient pas Oussama Ben Laden. »
Le personnage grotesque d’Alastair Campbell était déjà à l’œuvre en train de concocter une autre menace en Irak. La guerre qui a suivi « a donné jusqu’à » entre 800 000 et 1.3 millions de morts, d’après le Centre d'Etudes Internationales du MIT[i] : des chiffres qui dépassent les estimations de l’Université de Fordham pour le nombre de victimes du génocide au Rwanda.
Et pourtant, écrit Peirce, « les fils de courriers électroniques, de communiqués internes du gouvernement ne révèlent aucune dissension ». Des séances d’interrogations qui comportaient de la torture venaient d’« instructions expresses... de ministres du gouvernement ». Le 10 janvier 2002, le ministre des affaires étrangères Jack Straw a contacté par courrier électronique ses collègues leur informant que l’envoi de citoyens britanniques au camp de Guantanamo représentait « le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs de contre-terrorisme ». Il a rejeté « l’unique alternative du rapatriement au Royaume-Uni ». (Plus tard nommé « Secrétaire d’État à la Justice », Straw s’est débarrassé de procès-verbaux incriminants du Cabinet au mépris de l’avis du commissaire à l’information[ii]). Le 6 février 2002, le ministre de l’Intérieur David Blunkett a fait remarquer qu’il ne montrait « aucun empressement à voir qui que ce soit retourner [de Guantanamo] au Royaume-Uni ». Trois jours plus tard, le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères Ben Bradshaw a écrit : « Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour éviter que les détenus soient rapatriés au Royaume-Uni. » Or pas une seule des personnes en question dans leurs propos n’avait été accusée ; la plupart avaient été vendues en tant que primes aux Américains par des chefs de guerre afghans. Peirce décrit encore comment des officiels du ministère des Affaires étrangères, antérieurement à une inspection du camp de Guantanamo, ont « vérifié » que les prisonniers britanniques étaient "traités humainement" alors que c’était tout le contraire.
Noyé dans ses mésaventures et ses mensonges, à l’écoute uniquement des berceuses de son dirigeant sur sa "sincérité", le gouvernement travailliste n’a consulté personne qui dise la vérité. Peirce cite l’une des sources les plus sûres, le Conflicts Forum, un site tenu par l’ex-officier des services de renseignement britanniques Alastair Crooke, qui considère qu’« isoler et diaboliser des groupes [islamiques] qui jouissent de soutien sur le terrain y a pour effet de renforcer le point de vue selon lequel l’Occident comprend seulement le langage de la puissance militaire ». En niant délibérément cette vérité, Blair, Campbell et leurs perroquets ont semé les graines des attaques du 7 juillet à Londres.
Aujourd’hui, un autre Afghanistan et un autre Irak s’annoncent en Syrie et en Iran, peut-être même une guerre mondiale. Une fois encore, il se trouve des voix, comme celle d’Alastair Crooke, pour tenter d’expliquer à des médias assoiffés d’ « intervention » en Syrie que la situation de guerre civile dans ce pays requière des négociations intelligentes et patientes, et non les provocations du SAS britannique et des habituels exilés soudoyés qui montent dans le cheval de Troie anglo-américain.
Source originale : John Pilger
John Pilgerhttp://resistance71.wordpress.com/
Traduit de l'anglais par T.K. pour Investig'Action
Source : michelcollon.info
6 Annexe
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
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L'ex-militaire Lynndie England, symbole du scandale de la prison irakienne d'Abou Ghraïb en 2004 qui avait gravement terni l'image des Etats-Unis, a dit n'éprouver aucune compassion pour ses victimes. Dans un entretien à The Daily, elle a été interrogée quelques jours après la tuerie de 16 civils afghans dont est accusée un sergent américain et qui constitue selon le magasine, un événement susceptible de marquer une rupture en Afghanistan, comme Abou Ghraïb l'avait été pour la guerre en Irak. Elle apparaît comme aigrie et sans remords vis-à-vis des prisonniers irakiens qu'elle a maltraités." En 2004, la photo de la jeune femme de 22 ans, souriant devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, avait fait le tour du monde. On la voyait sur d'autres clichés, l'air inexpressif sous ses cheveux noirs coupés au carré, poser devant des détenus entravés, menacés par des chien ou empilés comme des objets. Le président George W. Bush a reconnu que le scandale a "couvert de honte" les Etats-Unis et constitué la "plus grosse erreur" des Américains en Irak, que les forces américaines ont quitté fin 2011. Lynndie England, à qui l'armée manque, raconte "envoyer des lettres de candidatures partout" mais ne peut même pas trouver d'emploi "chez McDonald's ou Burger King" en raison de son casier judiciaire. Son seul regret exprimé est que les photos d'Abou Ghraïb aient entraîné la mort d'Américains dans des représailles. Mais ce n'est pas tant ses actes que la publicité faite à ces images qu'elle déplore: "J'y pense tout le temps, à ces morts que j'ai indirectement causées. Perdre des gens de notre côté parce que j'apparais sur une photo". http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=13&frid=13&eid=55569 |
6-2 Glen FORD : Guerres impérialistes: le pays du goulag levant (USA) et la France arrogants dans la défaite.
Obama et Sarkozy : l’attitude des impérialistes face à leurs défaites (Black Agenda Report)
A leur manière dépravée et inimitable, les gouvernements français et américains ont insulté deux millions de morts algériens et irakiens, sans un mot pour les victimes. La France est restée très silencieuse sur sa défaite en Algérie, il y a 50 ans, tandis que le président américain débitait des mensonges éhontés sur la guerre en Irak en omettant de reconnaître la défaite des Etats-Unis ou les morts irakiens.
Il y a 50 ans, les Français ont reconnu leur défaite dans leur guerre contre l’indépendance de l’Algérie, par la signature d’un cessez-le-feu officiel. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a dit qu’il n’organisait pas de cérémonies officielles parce que la commémoration rouvrirait « des blessures profondes d’une page douloureuse de l’histoire récente de la France. » Car il ne s’agit que des Français, voyez-vous – de « leur » douleur d’avoir été battus par le peuple qu’ils avaient soumis et traité comme une forme de vie inférieure depuis 132 ans ; « leur » douleur face à leur défaite en tant que puissance impériale, pas celle des Algériens qui ont perdu un million d’hommes, de femmes et d’enfants dans leur lutte pour l’indépendance.
Cette semaine marque aussi le 9ème anniversaire de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Les Américains n’ont, bien entendu, jamais admis leur défaite – bien que la défaite soit la seule raison du retrait des troupes du pays. Le Président Barack Obama a respecté, avec beaucoup de réticences, l’accord sur le retrait des troupes que les Irakiens ont imposé au Président George Bush en novembre 2008, lorsqu’il devint évident que la guerre d’agression des Etats-Unis avait échoué.
Obama fut encore moins élégant dans la défaite que le président français Sarkozy, qui a eu au moins la décence de se taire. En proclamant le 19 mars « journée nationale de l’Honneur », Obama a salué « le courage inébranlable et l’engagement sans faille » des troupes US qui ont combattu « pied à pied pour aider le peuple irakien a saisir une chance pour un avenir meilleur. » D’autres obscénités et mensonges éhontés sont sortis de la bouche d’Obama, tandis que le Président reprenait à son compte les grands crimes de George Bush contre la paix mondiale et son holocauste contre le peuple irakien. « La guerre a laissé des blessures parfois invisibles, mais qui ne guériront jamais, » a dit Obama – parlant, bien sûr, uniquement des blessures subies par les Américains, tout comme Sarkozy a parlé uniquement de la douleur des Français. Voyez-vous, l’anniversaire de l’invasion d’un pays par les Etats-Unis ne concerne que les Américains, les 4500 Américains morts, à qui Obama a dit « nous avons une dette envers vous que nous ne pourrons jamais effacer. » Aucune mention de la dette de sang envers plus d’un million de morts Irakiens, hommes, femmes et enfants, dont le pays, jadis un des plus avancés du monde arabe, fut littéralement détruit par les Etats-Unis, et qui espèrent ne plus jamais revoir un uniforme américain.
Que valent un million de morts algériens aux yeux des Français ? La même chose qu’un million de morts irakiens morts aux yeux des Etats-Unis : ils ne valent même pas la peine d’être mentionnés.
Il n’y a pas de mot pour décrire la turpitude morale absolue des impérialistes, la banalité de leurs génocides, leur narcissisme sans bornes et leurs gémissements d’auto-apitoiement pour les quelques rares victimes dans leurs propres rangs au cours de leur course à la destruction globale.
Les Américains et les Européens occidentaux ne regrettent rien sinon leurs propres défaites dans la guerre de 500 ans qu’ils mènent contre les peuples basanés de la terre. Ils ont annihilé et réduit à l’esclavage des continents entiers, et osent appeler ça la civilisation. Leur seul regret ne concerne que la perte récente de leur domination absolue sur l’espèce humaine dont ils sont encore convaincus de faire partie de la couche supérieure. C’est dans des moments comme celui-ci, lorsque les gouvernements français et américain révèlent les signes de leur dégénérescence, que se confirme la corrélation étroite qui existe entre racisme et impérialisme, et la nécessité de les éliminer une bonne fois pour toutes.
Glen Ford
Le 26 Mars 2012
Traduction “allo, maman bobo, mon B52 a une fuite d’huile” par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.
http://blackagendareport.com/content/obama-and-sarkozy-how-i…
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
- " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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21.04.2012
n°29 Dossier de Côte d’Ivoire 20-04
Les Ivoiriens expérimentent des dérives totalitaires sans précédent.
Où est donc votre victoire chères Ouattaristes?
Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions occidentales .
Dossier de Côte d’Ivoire
n°29 20-04
C.Debroeder & M.Lemaire
Le dossier de Côte d'Ivoire se retrouve
a) sur nos blogs : http://www.dhblogs.be/categories/International.html
http://www.lalibreblogs.be/categories/International.html
b) sur le site http://turkmenfriendship.blogspot.com/2007/10/journal-dirak-de-m-lemaire.html
c) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
d) Et Sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
e) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
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Sommaire
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Tiré à part : Dr. Eric Edi: An 1 du renversement du Président Laurent Gbagbo et de l’ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire. Cameroonvoice. ; Audience du 18 juin: GBAGBO doit récuser la CPI et exiger d'être libéré!. Comité Valmy : EN PARTANCE POUR BAMAKO - OUATTARA CHASSE PAR LES MALIENS. 1 Dossier 1-1 Source : Marc Micaë : 11 avril 2011, une date mémorable de l’histoire de la Côte d‘Ivoire 1-2 Alain BOUIKALO : Où est donc votre victoire chères Ouattaristes? 1-3 COPE ET L'UMP CAUTIONNENT-ILS LES APPELS AU MEURTRE DU RDR AVEC QUI ILS PACTISENT? 2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net 2-1 COMMEMORATION DU 11 AVRIL 2011: Déclaration des Ivoiriens vivant en exil. 2-2 Fernand As : Un an seulement, mais déjà trop de mauvais souvenirs 2-3 Gilles Naismon : Les forces pro-Ouattara engagent une traque aux jeunes. |
Tiré à part :
Dr. Eric Edi: An 1 du renversement du Président Laurent Gbagbo et de l’ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire.
Déclaration conjointe du 'African Diaspora for Democracy and Development' – Pennsylvannia et du Congrès Africain pour la Défense de la Démocratie et la Souveraineté
Philadelphia le 11 Avril 2012. Il y a un an que le Président Laurent Gbagbo, démocratiquement et constitutionnellement élu au deuxième tour de l’élection présidentielle de novembre 2010 a été renversé par les forces militaires de la France, de l’ONU en collaboration avec les Forces Nouvelles de Alassane Ouattara.
Ces forces ont fait la guerre à la Côte d’Ivoire avec le soutien des Etats Unis et de l’Union Européenne sous le regard acquiesçant de la CEDEAO et l’Union Africaine.
En ce jour anniversaire, le Congrès Africain pour la Défense de la Démocratie et la Souveraineté (CADDS-USA) rejoint les patriotes et souverainistes ivoiriens pour saluer les victimes des sanctions économiques et de la guerre qui ont suivi l’élection présidentielle de novembre 2010. Les morts, les blessés, les exilés, les déplacés internes symbolisent la mise à mort de « l’Alternative démocratique » et de « l’Action pour les Libertés » que le Président Laurent Gbagbo a introduits dans la vie politique ivoirienne. Le 11 avril 2011 a court-circuité le réveil constitutionnel et démocratique et la marche ivoirienne vers l’autonomie.
Une année après le déluge, le droit a disparu en Côte d’Ivoire : les forces de Mr. Alassane Ouattara continuent de tuer impunément, la constitution est violée au quotidien, le tribalisme des « nordistes » est devenue la bonne gouvernance. Malgré des manquements démocratiques criards, Mr. Alassane Ouattara est devenu le président de la Conférence des chefs d’état de la CEDEAO pour étouffer l’Afrique de l’Ouest. L’incohérence de la CEDEAO dans la crise malienne montre que le régime d’Alassane Ouattara abhorre les méthodes constitutionnelles et ne peut pas apporter la paix, la réconciliation, et le développement à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique de l’Ouest. Une seule année a suffi pour découvrir que le régime inique d’Alassane Ouattara est arrivé dans les bombes de la France pour préserver le néolibéralisme occidental au détriment de l’Afrique. Sinon, personne ne peut comprendre la reprise des accords de coopération avec la France, pourtant facteurs du retard économique de la Côte d’Ivoire.
Camarades patriotes, et souverainistes de la Côte d’Ivoire, en ce 11 avril 2012, il nous faut nous féliciter pour nos accomplissements depuis le 11 avril 2011. Le plus important, nous avons réussi à ne pas laisser le silence tomber sur la situation de la Côte d’Ivoire qui ne fait plus la une des journaux mondiaux, sur le sort de Laurent Gbagbo, des prisonniers et des exilés politiques du gouvernement d’Alassane Ouattara. Nous avons propagé la vérité sur l’élection présidentielle de 2010 et les raisons de la guerre que la France et ses alliés ont livrée contre la Côte d’Ivoire souverainiste.
Maintenant, aller encore plus loin nécessite embrasser ensemble les dimensions sociales, spirituelles, financières, économiques, culturelles et intellectuelles de notre patriotisme.
Dr. Eric Edi
http://cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6544
Cameroonvoice. ; Audience du 18 juin: GBAGBO doit récuser la CPI et exiger d'être libéré!
« On ira jusqu’au bout ! », tel semble être notre nouveau cri de guerre contre l’arbitraire et le mépris judiciaire dont un des nôtres est rendu victime sur demande de la France. Mais « On ira jusqu’au bout de quoi » ? Ainsi se pose la problématique réelle du procès du Président GBAGBO à la CPI (Cour Pénale Internationale).
« On ira jusqu’au bout ! », tel semble être notre nouveau cri de guerre contre l’arbitraire et le mépris judiciaire dont un des nôtres est rendu victime sur demande de la France. Mais « On ira jusqu’au bout de quoi » ? Ainsi se pose la problématique réelle du procès du Président GBAGBO à la CPI (Cour Pénale Internationale).
La Révolution Permanente est très indignée et elle veut donner sa position officielle dans ce combat engagé par la Résistance patriotique et révolutionnaire contre l’agression multiforme dont un des fils du continent africain et son peuple sont victimes.
Notre position sur la mascarade appelée CPI n’a jamais varié et elle ne variera jamais. Mais aujourd’hui, elle se renforce par une posture nouvelle afin que nous puissions réellement aller « jusqu’au bout ». Comme le disent les Ivoiriens, notre position se renforce « afin que nous terminions ce qu’ils ont commencé ».
Et pour aller droit au but, nous demandons officiellement au Président GBAGBO de déclarer la CPI incompétente et disqualifiée pour le juger. Et alors qu’il exige sa libération pure et simple, ce 18 juin 2012.
Les raisons qui nous ont poussés à cette position forte mais stratégiquement justifiée, sont multiples. Et nous en citerons quelques unes pour que devant l’histoire, le peuple africain et les observateurs du monde entier soient pris à témoin.
D’abord de l’incompétence de la CPI
Cette cour existe parce qu’elle a été créée par l’ONU (Organisation des Nations Unies) dont la Côte d’Ivoire est membre, pour juger les auteurs de crimes dits contre l’humanité. Pour que cette cour puisse exercer sa compétence dans un pays et contre les citoyens de ce pays, il faut que ses actes de création soient signés et ratifiés.
La Côte d’Ivoire n’a jamais ratifié les actes de création de la CPI et donc comme les Etats-Unis d’Amérique, cette cour ne peut juger les citoyens ivoiriens.
On nous répondra que la CPI a signé un accord de coopération judiciaire avec le pouvoir Ouattara et que dès lors, le régime Ouattara aurait conféré par cet acte, une compétence pour juger les citoyens ivoiriens soupçonnés de crimes relevant de la compétence de la CPI.
Nous rétorquerons que l’application de tout acte à caractère de convention internationale, à tout citoyen ivoirien est subordonnée à la ratification de cet acte par le Parlement ivoirien. Et que la ratification des conventions ou accords internationaux est encadrée par la Constitution ivoirienne. Or l’acte signé par Ouattara avec la CPI n’a jamais été ratifié en Côte d’Ivoire et donc ne saurait s’appliquer aux Ivoiriens.
Ça c’est du juridisme et nous laissons le soin aux éminents juristes chargés de la défense du Président GBAGBO d’argumenter en droit pour faire observer cette exception de procédure qui devra être soulevée dès l’entame du procès.
Alors revenons aux choses sérieuses.
Ensuite, de la disqualification de la CPI pour juger Laurent GBAGBO
La CPI est une propriété de l’ONU dont une émanation est l’ONUCI, la mission de cette organisation venue en Côte d’Ivoire pour faire observer un cessez-le-feu entre les protagonistes de la crise ivoirienne et désarmer les rebelles du MPCI, du MPIGO et du MJP rebaptisés ensuite Forces Nouvelles.
Mais l’ONUCI ne désarmera aucun rebelle pendant 8 années de présence en Côte d’Ivoire et, au lendemain du contentieux électoral né de l’application régulière et normale des procédures qui gouvernent les élections en Côte d’Ivoire, cette mission onusienne a convoyé des mercenaires armés, fourni des équipements à ceux-ci et aidé à créer un commando de tueurs dit "Commando invisible" dans le quartier populaire d’Abobo considéré pro-Ouattara. Ce commando dirigé par feu Ibrahim Coulibaly alias Général IB a donné la mort à plus de 30 agents des Forces de Défense et de Sécurité alors qu’ils étaient endormis dans leurs domiciles. Le même commando a fait une descente punitive dans le village d’Anonkoi kouté et y a laissé 56 morts en une seule nuit dont plusieurs femmes, des vieillards et des enfants tués puis brûlés. Tous ces actes qui ne sont qu’une liste lapidaire des atrocités commises par le Commando invisible, ont été perpétrés sous la protection des chars et avions de guerre de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI).
La même organisation, avec ses avions de guerre, a bombardé aux côtés de l’armée française, les positions des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) à Duekoué puis après avoir réussi à forcer les FDS à abandonner leurs positions, elle y a laissé les civils, notamment femmes et enfants, entre les mains de mercenaires et braconniers Dozo. Cela a donné plus de 1000 personnes égorgées ou brûlées vives en une seule journée et plusieurs autres exécutions sommaires dont le nombre dépasse de loin les 3 000 morts.
C’est encore cette même organisation, qui participa aux côtés des forces rebelles aux combats dans la commune dite pro-GBAGBO de Yopougon où les organisations de défense des droits de l’homme ont relaté les cas d’exécutions sommaires de plusieurs étudiants commises par les hommes de Ouattara.
Mieux, les chars de l’ONU et les avions de cette organisation ont participé aux bombardements de la résidence présidentielle de Cocody conduits de façon excessivement barbare par l’Armée Française. Jusqu’à ce jour, les corps de plusieurs centaines des jeunes élèves et étudiants amassés en bouclier humain autour de cette résidence, qui appartient à l’Etat de Côte d’Ivoire et qui a été présentée comme un Bunker privé de GBAGBO, tués par les bombes françaises et onusiennes, n’ont jamais été rendus à leurs familles. C’est en cherchant à comprendre où sont-ils passés que nous avons découverts récemment qu’ils ont été empilés dans deux conteneurs de 20 à 40 pieds puis transportés par l’Armée française vers une destination inconnue.
Alors nous disons, le propriétaire de la CPI, acteur et complices de massacres inqualifiables de civils en Côte d’Ivoire, nous donne des raisons de disqualifier la CPI. Premièrement parce que cette Cour reste un démembrement de l’ONU. Deuxièmement parce qu’elle reste un instrument de cette organisation pour parachever le travail inhumain et sans morale commencé en mars 2011 en Côte d’Ivoire.
D’autre part, une récente correspondance adressée à Soro Guillaume, chef de la Rébellion et homme de main de Ouattara Alassane, par Monsieur Ocampo, procureur de ladite cour ayant conduit les procédures illégales de transfèrement du Président GBAGBO à la CPI, pour le féliciter comme un ami qui connaît une promotion, alors que ce chef rebelle est manifestement impliqué dans des violations graves des droits humains en Côte d’Ivoire, finit par nous convaincre de l’existence de liens de complicité et de connexité étroits entre les juges de la CPI, fonctionnaires de l’ONU, et le régime Ouattara qui ne cache pas au plan politique, ses liens étroits avec les accusateurs et juges de Laurent GBAGBO.
Il y a moins d’un mois, à Grand Bassam dans une commune sise à 40 Km d’Abidjan, le Colonel Katé, un officier de l’armée ivoirienne en exil et rentrant sur insistance de Soro Guillaume pour se mettre au service de la Côte d’Ivoire, a été attaqué à son hôtel par les soldats de l’ONUCI. Les 7 jeunes militaires qui l’accompagnaient ont été tués sur le champ et Colonel Katé, dont on ignore s’il est encore en vie, a pris une balle à l’abdomen qui l’a éventré et une autre balle à la poitrine.
A ce moment précis en Côte d’Ivoire, ce sont les soldats de l’ONU en Côte d’ivoire, ou des mercenaires portant les tenues, utilisant les véhicules et les armes de cette organisation qui assurent la sécurité et l’escorte de Ouattara, un des protagonistes de la crise ivoirienne dont l’armée, composée des rebelles des Forces Nouvelles, est citée nommément par les organisations de défense des droits humains comme auteur de plusieurs massacres de civils avant et après le 11 avril 2011 alors que Ouattara en exerçait le commandement officiel suite à un décret qu’il signa en mars 2011 alors qu’il était retranché à l’Hôtel du Golf.
Pour toutes ces raisons et afin que s’arrête définitivement l’arbitraire et le mépris de la morale dont fait preuve l’ONU et son instrument judiciaire, la CPI, dans la crise ivoirienne, le Président GBAGBO doit, aux première heures du 18 juin 2012, dire à la face du monde :
1. qu’il n’accorde aucun crédit à la CPI comme une cour de justice indépendante, impartiale et juste ;
2. qu’il considère la CPI comme le prolongement judiciaire de la guerre de soumission coloniale engagée par la France et ses alliés occidentaux contre lui et le peuple souverain de Côte d’Ivoire ;
3. qu’il ne peut pas accepter de laisser perpétuer cette mascarade judiciaire engagée par l’Occident contre les Africains, sans réagir ;
4. qu’il décide de ne plus jamais comparaître devant cette Cour de combine et d’instrumentalisation du droit international ;
5. qu’il exige la création d’une Cour Pénale Spéciale Africaine pour connaître de tous les crimes réels ou supposés, commis en Côte d’Ivoire depuis son avènement au pouvoir en 2000 ;
6. qu’accepter d’être jugé par la CPI, revient à se faire complice de cette justice d’intimidation, de diabolisation et d’insulte à l’Afrique qui est ainsi présentée à la face du monde comme un continent abritant des chefs criminels, dès lors que l’un quelconque de ses chefs ose dire non à une exigence déplacée de la France ou des USA ;
Samedi 21 avril 2012
http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6581
Comité Valmy : EN PARTANCE POUR BAMAKO - OUATTARA CHASSE PAR LES MALIENS.
Les chefs d’Etat de la Cedeao qui se rendaient hier au Mali ont essuyé hier la colère des populations qui ont tout simplement envahi le tarmac de l’aéroport de Bamako. La partie a tourné à l’humiliation pour Alassane Ouattara qui a dû sortir un joker pour sauver la face. Retour sur un ballet aérien sous-régional.
Les chefs d’Etat de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui se rendaient hier au Mali pour sommer la junte de se retirer du pouvoir ont dû rebrousser chemin. Ils se sont finalement donné rendez-vous à l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, après que l’avion transportant le chef de l’Etat ivoirien, qui avait pénétré l’espace aérien malien, a été refoulé. Selon des témoins présents à Bamako, l’avion du président en exercice de la Cedeao a été contraint de faire demi-tour, les conditions sécuritaires pour atterrir n’étant pas réunies.
Le Burkinabè Blaise Compaoré, le Béninois Yayi Boni, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le Nigérien Issoufou Mahamadou et le ministre nigérian des Affaires étrangères, qui étaient eux aussi attendus à Bamako, pour tenter d’obtenir de la junte l’application du schéma de sortie de crise dicté par la France, seront eux également contraints de renoncer à ce voyage. Des centaines de Maliens indignés par les menaces de la Cedeao ont pris d’assaut, dès les premières heures de la journée, le tarmac de l’aéroport de Bamako.
Pour sauver la face, Ouattara décide d’une réunion d’urgence du panel à l’aéroport FHB d’Abidjan, à l’issue de laquelle l’option militaire est réaffirmée et des sanctions draconiennes visant à étouffer l’économie malienne prises. Des décisions qui rappellent en bien des points les sanctions prises contre le régime Gbagbo, où la Cedeao, l’Uemoa et les institutions bancaires sous-régionales comme la BCEAO, la BIDC et la BOAD deviennent des instruments pour soumettre les Etats membres.
Cet échec de la délégation de chefs d’Etat et de ministres de la sous-région est le signe de l’inexpérience du tout nouveau président en exercice de la Cedeao ; poste dont les autres chefs d’Etat ne voulaient pas. Pour avoir compris que c’était une coquille vide. Dans la réalité, le retour à l’ordre constitutionnel au Mali n’est pas une préoccupation pour Ouattara et ses quelques pairs de la Cedeao qui jouent les va-t-en-guerre. En militant pour l’avènement d’une transition dirigée par Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale dissoute par la junte, ces chefs d’Etat qui ne sont pas à leur premier acte cautionnent le renversement du président Amadou Toumami Touré.
A en juger d’ailleurs par le choix du médiateur, on comprend que c’est dans une aventure plus périlleuse qu’elle ne l’est aujourd’hui avec le coup d’Etat du 22 mars que la Cedeao - aux ordres de Paris - veut entrainer le Mali. Ces populations disent se rappeler les crises récentes en Guinée et en Côte d’Ivoire dont le chef de l’Etat burkinabè était médiateur. En Côte d’Ivoire, la partie a fini dans le sang, après que le médiateur a choisi son camp et a milité pour que le président Gbagbo soit bombardé, arrêté et transféré à La Haye. En Guinée voisine, le chef de la junte militaire a dû céder sa place à un de ses collaborateurs - après avoir échappé à la mort suite à une tentative d’assassinat. Fortement diminué, il vit aujourd’hui encore à Ouagadougou.
Pour toutes ces raisons, la déception est grande chez les Maliens qui ont envahi hier le tarmac de l’aéroport de Bamako, et qui scandaient des propos hostiles à Alassane Ouattara. « Les Maliens regrettent de t’avoir soutenu », « Nous n’avons pas de leçon à recevoir de toi », « Alassane Ouattara, comment es-tu arrivé au pouvoir en Côte d’Ivoire ? », etc. Les messages sur les écriteaux étaient assez évocateurs de la déception des Maliens qui apprennent à leurs dépens les réalités des connexions mafieuses et lobbies qui dirigent le monde.
Emmanuel Akani
Sources : LE NOUVEAU COURRIER - REGARDS CROISES : Le Blog de Fernand Dindé
dimanche 1er avril 2012,
1 Dossier
1-1 Source : Marc Micaë :11 avril 2011, une date mémorable de l’histoire de la Côte d‘Ivoire
Le lundi 11 avril, désormais une date qui ne passera pas inaperçu pour les ivoiriens, tout bord s’entend bien sûr. Il nous a suffit de constater l’engouement manifesté autour de cette date pour nous en convaincre..
Ce jour-là, 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est capturé, à l’issue de plusieurs jours de bombardements continus et soutenus de sa résidence, par les hélicoptères de la coalition armée, force Licorne-Onuci, puis conduit manu-militari au quartier général de son adversaire politique Alassane Ouattara. Là, il sera filmé, photographié comme une bête de foire et exhibé au monde entier tel un trophée de guerre !
Aujourd’hui, ses adversaires, interprètent ce jour comme la « victoire de la vérité ». Ses partisans quant à eux, le qualifie de « jour de la recolonisation de la Côte d’Ivoire par la France ».
Au-delà de ces considérations de chapelles politiques, il faut tout de même reconnaître que cette arrestation du 11 avril est un tournant décisif dans la crise que vit la Côte d’Ivoire.
Un fait, dira t-on, à marquer d’une pierre blanche. L’une des premières conséquences a été la prise du pouvoir par Alassane Ouattara. Ce dernier, soutenant avoir remporté l’élection présidentielle de 2010, ne s’était-il pas calfeutré dans QG de campagne à l’hôtel du Golfe, attendant certainement que ses soutiens étrangers fassent le sale boulot ? C’est bien à partir de cette date que le nommé Alassane Ouattara, aura l’éffectivité du pouvoir, au sortir d’une violence d’un autre âge, au prix du sang de milliers de vies humaines. Du jamais vu, l’individu aura prêté, en l’espace de deux mois, à lui tout seul, deux serments pour devenir président ! Remarquons bien que jusque-là, aucune institution de la république n’avait daigné le suivre dans cette grossière aventure. De même, ni l’armée régulière, ni même les ivoiriens dans leur grande majorité, encore moins, le Conseil Constitutionnel, organe supérieur, chargé de proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentiel, au regard de la Constitution de la république de Côte d’Ivoire.
Comment qualifier une telle manière d’accéder au pouvoir ? Disons-le tout net : ce n’est ni plus, ni moins qu’un coup d’Etat. Le deuxième du nom en Côte d’Ivoire, après celui du général Robert Gueï et de ses ‘’jeunes mutins’’. Contrairement à celui d’Alassane Ouattara, notons que celui de Robert Gueï a été décrit par l’ensemble des observateurs, comme s’étant déroulé « sans effusion de sang ». Notons aussi la grande explosion de joie des ivoiriens descendus nombreux dans les rues, qui s’en est suivie. Ce coup d’Etat perpétré par et pour Alassane Ouattara, aura plongé la Côte d’Ivoire dans un chaos sans précédent, à l’issue duquel, les ivoiriens continuent de porter le deuil. En effet, ce 11 avril marquera un tournant décisif dans la jeune histoire de ce pays.
Cette date est à commémorer. Fut-elle triste, tragique, voire honteuse, c’est tout de même un pan de notre histoire, l’histoire des ivoiriens. Cela est nécessaire, mieux, essentiel, pour se projeter dans l’avenir. Comme le dit si bien cet historien : « L’histoire est la réponse à une question que pose au passé mystérieux, la curiosité, l’inquiétude (…) ».
Ainsi, ce 11 avril, Alassane Ouattara a accédé au pouvoir. Mais qu’a-t-il fait ou que fait-il de mieux ? A part ses nombreux voyages à travers le monde, laissant derrière lui un pays tout entier plongé dans la terreur et l’insécurité ; des ivoiriens exilés, désabusés, plus que jamais divisés et en proie à une lutte perdue d’avance contre la vie chère ; des fonctionnaires qui ne toucheront jamais leur pension de retraite, car certainement beaucoup parmi eux ne verront jamais ces 60 ans, pour une espérance de vie située en 50 et 55 ans ; l’impunité, la médiocrité au sein même du gouvernement ; les libertés individuelles confisquées ; la presse libre en danger…
C’est pourquoi nous, nous faisons fort d’inviter les ivoiriens qui s’interrogent quant à leur avenir et celui de leur pays. Des ivoiriens dépités dont certains restent là, à marmonner dans leurs salons, écumant quelques fois de rage et de colère, face à cette crise qui perdure. Nous voulons vous inviter tous, au recueillement, à tirer les leçons de ce douloureux épisode de notre histoire commune.
Par ailleurs, que retenir de ce scénario émouvant, duquel est sorti vivant (par la grâce de Dieu !), l’homme Laurent Gbagbo ? Tout simplement, une leçon de courage, d’abnégation, de sacrifice et de patriotisme, pour tous ceux qui se disent patriotes. Car, pour citer notre ami Malick Seck Noel, nous dirons : « là où tout le monde se serait enfui, Gbagbo est resté ». Debout Côte d’Ivoire !
Source : Marc Micaë
11 avril 2011
http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=4755l
1-2 Alain BOUIKALO : Où est donc votre victoire chers Ouattaristes?
Vive le 11 Avril 2011, Vive la France, Vive Sarkozy, vive le drapeau français, vive Ouattara, Vive Bédié !!!
Vous avez jubilé, arboré les images de la chute de Gbagbo.
Vous avez dansé au son de Tiken Jah, Afou Kéïta, Fadal Day, N’Guess Bon Sens à la place Inch Allah.
Vos militants ont tout dit sauf ce que la sagesse recommande, vos médias caporalisés ont joué leur partition (RdrTV, Rfi, France 24, Tv5, Onuci Fm).
Votre ambassadeur Jean Marc Simon a lu sa tirade désolante sur votre radio internationale, Rfi dans son édition de 06h30 Gmt (11 avril 2012).
Nous avons vu jacques Chirac voler quelques forces à sa vieillesse pour aider Ouattara et le MPCI, nous avons aperçu De Villepin, puiser dans son nombrilisme, des galons de celui qui impose ses choix. Sarkozy de Nagy Bocsa s’est même éloigné du Yacht de son ami Bouygues pour filer une lettre à Youssouf Bakayoko et exiger que celui qui a refusé d’être son Sganarelle (valet), cède le pouvoir à son ami, pour le bonheur du peuple. Nous avons vu, une certaine Salimata Porquet se vider de ses larmes lors d’un sommet de la Cedeao à Abuja. Ses larmes appelaient l’institution sous régionale à une intervention militaire en Côte d’Ivoire pour dit-elle, sauver la démocratie. Au nom du peuple! Vos supers Sganarelles qui peuplent la Cedeao, ont abandonné leurs pays et installé leurs quartiers à Abidjan, toujours, au nom du peuple!
Vous avez fait sortir la grande artillerie, plus puissante que celle que vous avez eu la gentillesse de déployer dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002. Vous avez enduit vos muscles de beurre de karité et copieusement, vous avez bombardé la résidence du chef de l’état. Ce Chef a résisté, comme l’a fait Salvador Allende retranché dans le palais de la Moneda, sous le feu des bombes de putschistes. Vous l’avez capturé et livré à Ouattara comme un esclave jeté aux pieds de son maître. Tout cela au nom du peuple qui ne se savait pas tant aimer. Pour le peuple, vous avez tué, cautionné des assassinats, déglingué la société dans son entièreté, brisé les alliances ethniques consubstantielles avec l’histoire de la Côte d’Ivoire. Vous avez fait des institutions de la république, le réceptacle de tout ce que la morale républicaine rejette. En véritables deus ex machina, vous avez libéré la Côte d’Ivoire comme vous le prétendez.
Vous avez fait tout cela mais vous avez oublié de dire au peuple ce qu’il a gagné. Chers sauveurs, qu’a gagnés le peuple ivoirien? Nous entendons le peuple gémir de toutes parts, il gémit plus qu’il ne l’a fait hier. Il vous regarde les yeux larmoyants vous posant inlassablement la question suivante : « qu’avez-vous fait pour moi?». Surtout, ne lui répondez pas qu’il a conquis la démocratie. Il vous regardera droit dans les yeux et vous dira : « Messieurs, retournez en Corée des Nord.»
De façon classique, l’alternance vise à offrir un mieux être à la population. Lorsqu’on s’écarte des règles classiques et que, dans le sang, on provoque l’alternance avant terme, le bien être du peuple devient plus qu’un devoir. Nous ne pouvons pas soupçonner votre bonne foi au regard des moyens humains, logistiques et financiers déployés pendant plus de 10 ans pour défaire un régime, à l’évidence, mal aimé. Le constat laisse pantois. Entre les rêves des bombes et les besoins du peuple ivoirien, c’est le jour et la nuit. Vous n’arrivez pas, en dépit de votre combat implacable pour le pouvoir, à donner au peuple un balbutiement de joie. Nous pensions qu’il y aurait une unité de vue entre vous et votre peuple bien aimé, pourtant bien tué comme pour nous rappeler le meurtre de Nolivé, l’épouse de Shaka Zulu. Nous nous attendions à une symbiose qui projetterait l’opposition dans les bras de l’oubli. Mais hélas, mille fois hélas ! Vous êtes l’ombre de vous-même, enfermés dans vos tours d’ivoire, vous nourrissez allègrement vos enfants que sont : la justice des vainqueurs, les mesures anti sociales, le rattrapage ethnique, la terreur, l’insécurité, la médiocrité économique. La condition actuelle du peuple ne vous fait pas perdre le nord. Tous, vous êtes convaincus d’être dans le juste, le bon, et le merveilleux. Vous disposez d’énormes ressources qui peuvent vous aider à acquérir à vil prix l’adhésion populaire. Vos pensez encore à tous ses pas de danse affolés livrés aux yeux du réconciliateur, ces clubs d’amis de « rattrapés » qui scandent a vos oreilles que le pays est réconcilié, ces scribes, qui, pour justifier leur incompétences affirment que le pays va bien. Vous regardez, vos militants affamés, cacher leurs peines derrières des panégyriques flatteurs. Au fond, le peuple ivoirien est tout malheureux. Malheureux d’avoir perdu un pays, un mieux être.
Si le peuple pour qui vous avez épuisé votre énergie pendant plus de 10 ans, ne sait même pas ce que vous faites de lui, alors, où est donc votre victoire ? Si le peuple que vous aimez à mourir, souffre plus sous votre règne que sous celui des pires tyrans de l’histoire, où est donc votre victoire? Si la pauvre Côte d’Ivoire s’offre le luxe insolent d’être classée parmi les pays non démocratiques d’Afrique, où est donc votre victoire Messieurs? Si s’offrir deux repas par jour, se soigner facilement, scolariser sa progéniture, trouver un emploi relèvent aujourd’hui d’une exception, alors messieurs dites-nous, où est donc votre victoire?
Merci de nous répondre
Les Pamphlets d’Alain BOUIKALO
Juriste-consultant
bouikhalaud10@gmail.com
http://www.lynxtogo.info/oeil-du-lynx/afrique/2239-ou-est...
1-3 COPE ET L'UMP CAUTIONNENT-ILS LES APPELS AU MEURTRE DU RDR AVEC QUI ILS PACTISENT?
L'UMP, parti de Nicolas Sarkozy, actuellement dirigé par Jean-François Copé a signé samedi 14 avril à Paris un accord de partenariat avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara. Cette signature est intervenue dans le cadre d'une manifestation intitulée "La France avec les printemps africains", en présence de divers représentants et personnalités, comme Mahmoud Saleh, représentant le nouveau président sénégalais Macky Sall, les anciens Premiers ministres guinéens Cellou Dallein Diallo, Sydia Touré et Lansana Kouyaté ...
De quels printemps africains est-il question ici? Du coup d'État, certes printanier, réalisé en Côte d'Ivoire par la France afin d'y installer le futur président de la Cédéao Ouattara le 11 avril 2011 ? Des réélections dans des fauteuils (parfois presque roulants) de toutes les vieilles barbes de la Françafrique à part Wade (Déby, Compaoré, Sassou)? Du récent coup d'État au Mali ? De celui, encore plus récent, en Guinée Bissau?
Les printemps africains, c'est-quoi-c'est-où-c'est-quand-c'est comment (comment)?
Comment le président Guinéen Alpha Condé (tenu pour un chanteur de reggae par Alexandre Adler) doit-il interpréter l'invitation faite à son principal opposant Dallein Diallo
Jean-François Copé, l'homme qui ignorait le sens de l'expression "conflit d'intérêts", a paraphé cet accord "de coopération et d'amitié" avec son homologue ivoirien, Amadou Soumahoro et déclaré "Les putschs militaires n'ont plus d'avenir" Au lendemain de la Guinée Bissau et quelques mois seulement après la tentative par balles sur le palais du même Alpha Condé à Conakry, la formule n'était-elle pas superfétatoire ? Au regard du rôle, une fois encore, pénible attribué à la France dans la crise malienne, était-il judicieux d'assurer : "L'échec très rapide du putsch lamentable au Mali ne fait que renforcer ma conviction. Ce type d'opération est condamné par avance" ? Pour JFC, "la nouvelle politique africaine de la France, c'est Nicolas Sarkozy qui la conduit" alors que "la Françafrique, celle de 'Papa m'a dit', c'est celle du PS et de son candidat", François Hollande. Amen.
Il est un point sur lequel aucun journaliste présent n'a manifestement songé à questionner l'ami Copé, ce sont les propos, les menaces même, proférées régulièrement, et encore il y a quelques jours par M.Soumahoro à l'encontre du parti de Laurent Gbagbo : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au Président Alassane (Dramane Ouattara). Nous n’allons plus accepter les arrogances du Fpi. Oui, nous allons les mater. Ils oublient que tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. »
Lorsque la polémique éclatera, Soumahoro reculera en prétextant avoir en fait voulu parler de "cimetière politique". Avant de se lancer dans une nouvelle furieuse diatribe contre les journalistes cette fois... À une semaine du premier tour de la présidentielle française, quoi de plus rassurant : le Secrétaire général de l'UMP signe un partenariat avec un homme qui menace de mort les opposants politiques et se moque du tiers comme du quart de la liberté de la presse !
PS : On murmure aussi ici et là que cette manifestation n'aurait en fait eu pour fonction que de contrer médiatiquement le Congrès du Mouvement des Africains de France, initié par Calixthe Beyala le même jour... cela expliquerait peut-être l'étonnante présence au milieu des Ouattaristes d'un ancien très bien vu sous Gbagbo, l'actuel Délégué interministériel à l'égalité des chances pour les Français de l'Outre-mer, Claudy Siar...
Samedi 21 avril 2012
Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL
http://regardscroises.ivoire-blog.com/
2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net
2-1 COMMEMORATION DU 11 AVRIL 2011: Déclaration des Ivoiriens vivant en exil.
Souvenons-nous ! Onze avril 2011 – 11 avril 2012. Voilà un an que l’incroyable s’est produit : le Président Laurent Gbagbo, démocratiquement élu par son peuple et régulièrement investi par le Conseil Constitutionnel ivoirien, est renversé par un coup d’Etat menée par l’armée française appuyée par les soldats de l’ONU, pour installer Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Capturé à sa résidence par les éléments des forces spéciales françaises, le Président (déchu) est aussitôt remis à son adversaire Alassane Ouattara. Il sera déporté, comme son épouse, son fils et plus d’une centaine de ses collaborateurs, dans le Nord du pays avant d’être transféré seul à la prison de la Cour Pénale Internationale à La Haye.
Pour commémorer ce triste et honteux épisode de l’histoire de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, la communauté des Ivoiriennes et Ivoiriens vivant en exil a décidé de se rassembler pour se souvenir ensemble, dans le silence, dans la douleur et le recueillement.
A l’occasion de cette première commémoration, les exilés ivoiriens tiennent d’abord à rappeler les graves crimes, exactions et violences injustes commis en Côte d’Ivoire et dont le Président Gbagbo, sa famille, ses collaborateurs, la population civile, les jeunes patriotes ivoiriens et africains épris de liberté ont été les victimes dans cette crise. Ils tiennent ensuite à donner leur analyse de cette longue escalade d’actes de violence inédits qui ont culminé dans la guerre de mars-avril 2011. Ils se proposent enfin d’indiquer leur position sur les perspectives et conditions d’une sortie de crise par une vraie réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.
I – Les faits
La crise ivoirienne a montré très clairement que Monsieur Ouattara et son parti, le Rassemblement Des Républicains (RDR) ont institué la violence dans le jeu politique ivoirien. Depuis longtemps ce parti et son Mentor, ont fait du recours systématique aux coups d’Etat et à la violence leurs principaux moyens de conquête et d’exercice du pouvoir. On peut citer l’irruption sur la scène politique des loubards avec à leur tête Hamed Bakayoko, actuel ministre de l’intérieur, dès après la nomination de Ouattara comme Premier ministre d’Houphouët en 1990 ; l’apparition quelques années plus tard des Dozos, cette force paramilitaire mystico-fétichiste aujourd’hui présente au sein des forces pro-Ouattara et, surtout, le coup d’Etat militaire menée par des militaires proches de Ouattara, dont son ancien garde de corps, qui a renversé le régime de Henri Konan Bédié en 1999 et installé le Général Robert Guéï au pouvoir.
Cette utilisation de la violence est montée en intensité contre la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et le Président Laurent Gbagbo à partir de 2000 à travers notamment, les violentes marches de protestation du RDR des 4 et 5 décembre 2000 et la tentative avortée du coup de force des 7 et 8 janvier 2001, perpétré par des soldats déserteurs pro-Ouattara. Ces deux moments de violence ont causé d’importantes destructions de biens publics et plus de 200 victimes civiles et militaires. Cette escalade de la violence politique a donné au parti de Monsieur Ouattara un goût prononcé pour la méthode des assassinats de hautes personnalités de l’Etat dans l’exercice de leurs fonctions, comme moyen pour atteindre ses fins : l’exécution atroce du ministre de l’intérieur Désiré Tagro dans la journée fatidique du 11 avril 2011, nous rappelle celle de son malheureux prédécesseur, le ministre d’Etat Emile Boga Doudou, au petit matin de cette nuit tragique du 18 au 19 septembre 2002.
Nous gardons encore aujourd’hui dans le souvenir de nos mémoires traumatisées les scènes d’horreur des innombrables exactions et des crimes odieux commis à la fois par les FRCI de monsieur Ouattara et les soldats de la force française Licorne sur les populations civiles sans défense et sur les jeunes patriotes qualifiés souvent à tort pour justifier le crime, de « miliciens pro-Gbagbo » dans tous les quartiers d’Abidjan et singulièrement à Yopougon et à Cocody. Dans le palais présidentiel appelé pour la cause « le Bunker de Gbagbo » comme sur le campus universitaire de Cocody, ce sont plusieurs centaines de jeunes aux mains nues qui ont été atrocement tués sous les bombardements des hélicoptères français et onusiens.
Comment garder sous silence la réalité du génocide Wê qui a cours sous nos yeux dans l’ouest de notre pays et dont le martyre des 800 civils massacrés par les forces pro-Ouattara à Duékoué n’est que la partie visible ?
En réalité le nombre total de morts causés par la crise post électorale dépasse de loin le chiffre officiel de 3000 victimes avancé par les médias internationaux : il est plus raisonnable de le situer entre 9000 à 10000 morts. Mais la longue liste des crimes à l’actif du régime Ouattara ne s’arrête pas là ! Il faut encore y ajouter les expropriations arbitraires des personnes soupçonnées d’avoir soutenu la campagne du président déchu ; les arrestations et poursuites engagées contre les militants connus et électeurs supposés de LMP et du FPI ; les déportations et emprisonnement des collaborateurs du président Laurent Gbagbo dont le professeur Aké N’Gbo, son premier ministre sortant et Affi N’Guessan, son ancien premier ministre et président du FPI. Il y a enfin la mise à sac systématique de l’appareil d’Etat perpétrée par les FRCI, qui ont organisé le pillage des banques, la destruction incompréhensible des services de l’administration et des biens publics, meubles, immeubles et équipements divers !
II – Notre analyse.
Les exilés Ivoiriens, et ils ne sont pas les seuls, notent :
1 - que malgré tous ces crimes et préjudices, le pouvoir Ouattara qui avait promis une Démocratie inclusive et un redressement économique rapide du pays, ne parvient pas à rétablir ni la sécurité publique, ni la confiance des opérateurs économiques, ni un climat politique propice à la réconciliation nationale. La doctrine du « rattrapage ethnique » et son cortège de nominations arbitraires, de licenciements abusifs, l’aggravation du chômage, l’augmentation du coût de la vie, etc. tout cela génère encore plus de pauvreté et de détresse sociale dans le pays;
2 - L’acharnement obstiné du régime Ouattara à déporter, à embastiller, à pourchasser et traquer ses adversaires politiques par tous les moyens (Gels des avoirs, confiscations de patrimoines privés, mandats d’arrêts internationaux délivrés à tout vent etc.) dénote une gouvernance d’un autre âge ! De mémoire d’homme politique, jamais depuis le procès de Nuremberg, un régime dit « d’alternance démocratique » n’a marqué autant d’acharnement et pratiqué une « justice des vainqueurs » instrumentalisée, en pourchassant ses adversaires politiques, jusque dans leurs derniers retranchements en exil, en allant jusqu’à les priver de moyens d’existence, de moyens de scolariser leurs enfants et pour tout dire, en déniant leurs droits élémentaires à la vie et en les menaçant dans leur intégrité physique.
Les dirigeants politiques du FPI n’ont pourtant jamais produit, faut-il le rappeler, une idéologie dangereuse pour la paix mondiale, comme le laissent supposer tous ces mandats d’arrêts internationaux destinés à les traquer. Bien plus ils ont toujours siégé avec les partisans de messieurs Alassane Ouattara et Konan Bédié dans les différents gouvernements du président Laurent Gbagbo, dont Seydou Diarra du RDR, Charles Banny du PDCI et Guillaume Soro de la rébellion ont été successivement les Premiers ministres. Au demeurant il est de notoriété publique que les auteurs et inspirateurs du concept de « l’ivoirité » dont on tente vainement de faire endosser la responsabilité aux dirigeants du FPI, participent à l’heure actuelle au gouvernement de monsieur Alassane Ouattara à Abidjan.
A quoi répond donc l’obsession du pouvoir Ouattara à liquider radicalement les dirigeants du FPI et de LMP, sinon à une forme de délire politique proche de la paranoïa ?
III – Notre position :
Les Ivoiriennes et Ivoiriens vivant en exil, les militants, sympathisants et dirigeants du FPI et de LMP, le peuple et les patriotes ivoiriens portent toujours le deuil de la déportation du Président Laurent Gbagbo, le deuil de leurs camarades de lutte décédés en exil, le deuil de tous les civils et militaires Ivoiriens morts pour la patrie dans la guerre injuste faite à la Côte d’Ivoire pour installer Alassane Ouattara.
Par-delà la douleur et le profond sentiment d’injustice, nés des événements d’avril 2011, et alimentés par l’impunité totale dont bénéficient les forces pro-Ouattara, ils se déclarent cependant prêts à œuvrer pour le redressement de la Côte d’Ivoire et pour la réconciliation nationale. Il revient toutefois au nouveau pouvoir, de réunir les conditions d’un dialogue politique véritablement inclusif et constructeur ; conditions sans lesquelles aucune perspective d’avenir ni pour notre pays ni pour la paix en Afrique de l’ouest n’est envisageable.
En conséquence, nous exigeons :
- la libération immédiate et sans condition de nos collègues et camarades de lutte déportés et embastillés ;
-le rétablissement sans délai de la sécurité publique, des droits fondamentaux et libertés démocratiques pour tous ;
-la dissolution des FRCI et la restauration des forces armées régulières de Côte d’Ivoire dans leur fonction régalienne, en attendant la construction de nouvelles forces armées nationales et républicaines en Côte d’Ivoire ;
-la restitution des domiciles occupés, des patrimoines confisqués et le déblocage des avoirs et des biens gelés ;
-la suspension des mandats d’arrêts internationaux et des différentes poursuites engagées dans la logique d’une justice des vainqueurs en attendant la réhabilitation d’une justice véritablement républicaine dans notre pays.
Fait ce jour, 11 Avril 2012
Pour la Coordination des Ivoiriens en Exil
Le Porte parole Dr Assoa Adoul
Source : Coordination des Ivoiriens en Exil
2-2 Fernand As : Un anseulement, mais déjà trop de mauvais souvenirs
Un an seulement, mais déjà trop de mauvais souvenirs Je ne raconterai rien concernant cette période, rien que d’y penser, ma colère s'accroit...Le simple fait de me souvenir me met hors de sens!
Libres comme l’air, et prenant du bon temps, ceux qui ont agressé ma patrie sont devant moi et se la coulent douce : Quel sentiment voulez-vous que j’éprouve pour cet anniversaire, pour cette date commémorative ? Pour eux, je ne suis qu’une bestiole dont on de moque, une parmi d’autres bestioles dont ils disent « c’en est fini pour eux ! »
Pour s’exprimer aujourd’hui, Il y a des voix plus autorisées que la mienne: Mon chef, mon Leader, ce père de famille, cet homme bon et intègre a subi des choses atroces, ainsi que sa famille et tous ses collaborateurs.
Je ne peux plus voir ces images, je refuse de revoir ces scènes, cette vidéo qui circule sur internet, destinée à la télé française et qui véhicule les scènes atroces des bombardements et de l’arrestation infamante du représentant légitime de mon pays, avec, gravé dans l’image la marque de la chaine de télé, le sceau du colon agresseur !
Nous, sympathisants de SEM Laurent Gbagbo, appelés abusivement« jeunes » patriotes, nous avons été lâchement assassinés comme des bêtes !…
Je suis un patriote, un point, c’est tout ! Et je ne peux pas me réjouir en ce jour ! Laissez-moi prendre mon élan pour donner ma réponse, la réponse appropriée !!!
Je ressens une vive douleur dans la poitrine, une grande irritation parcourt mon être, un tremblement violent secoue ma tête, j’écume de rage !
Aujourd’hui tout ce qui m’anime, c’est ce qui se rapproche de la révolution ! Je suis un révolté ! Seul je ne pourrai rien, mais je suis prêt à faire de l’auto-stop, pour rejoindre le véhicule de la révolution permanente !
Camarade Hassane Magued, permets-moi de t’appeler « camarade » car tu transcris les émotions de mon âme, ce que je veux dire, ce que je veux faire! En ce jour, Camarade de la Révolution Permanente, je voudrais te saluer pour cette flamme que tu continues d’entretenir en moi. Assurément, j’embarquerai à bord du train de la révolution, je me joindrai à toi pour apprendre plus ! Je n’attends que ce jour…
Excusez-moi, vous qui me lisez, je ne veux pas de pardon, ni une intervention visant à calmer ma douleur, ma colère
Je ne vous parlerai pas de l'humiliation subie par mon pays .Je me suis fixé une date pour la raconter : ce jour-là, j'aurai défait cette coalition de malfaiteurs et après avoir rendu grâce au Seigneur Jésus pour la liberté et la délivrance qu'Il m'aura accordées, je parlerai....
Je loue continuellement le Seigneur de ce qu’IL me protège quotidiennement! Parce que ce jour-là, en le racontant, je m’arrêterai sur la victoire éphémère de ce pouvoir frileux, moribond et destructeur.
Oui ce lundi 11 Avril 2011…reste pour la Côte d’Ivoire digne, une date sombre ! Depuis cette date, les dignes filles et fils de Côte d’Ivoire n’ont jamais cessé de regarder leur mère Patrie avec les larmes aux yeux, en proie aux pires déchirements depuis que leur pays, terre d’accueil pour tout être humain recherchant une terre d’hospitalité, gémit sous la botte de l’occupation étrangère.
Je vois mes frères, mes sœurs, mes amis et mes compatriotes, empêchés d’ouvrir la bouche pour dénoncer l’injustice qu’ils subissent à grande échelle avec la complicité de la fameuse dame communauté internationale, cette mafia réduite aux pays qui nous agressent.
Tous se rétractent ou se taisent, scrutant l’horizon pour percevoir une lueur d’espoir. Tout est sombre autour d’eux !
Oui le lundi 11 Avril 2012 marque la date où la Côte d’Ivoire culturelle a pris rendez-vous avec la mort. Les Artistes comédiens et écrivains ne pouvant même plus désormais dénoncer les dérives de ce régime totalitaire par des pièces et des œuvres satiriques. Où est l’artiste engagé aujourd’hui ? Où sont même les pseudos artistes engagés, qui faisaient leurs choux gras des mensonges concoctés par la nébuleuse et leurs collabos ? Lago Paulin, Billy Billy, N’guess bon sens, Gbi de fer et consorts …complétez la liste !
Oui le lundi 11 Avril 2011 c’est aussi le jour de l’apparition de la traîtrise, le jour où la traîtrise prit forme humaine avec des noms précis dans nos rangs : Elie Halasou, charles Koffi Dibi, un certain Nombélanssini de la BNI , Mamadou Koulibaly qui adoptera le 11 de chaque mois pour commémorer la date de de la création de son parti LiDeR etc.
Le lundi 11 Avril 2011 c’est aussi la date à partir de laquelle, mon pays enregistrera encore des morts en cascade, d’ouest en est, en passant par le sud.
En ce jour, que pourrais-je dire de plus, chers camarades de la résistance….
Fernand As
Lundi 11 Avril 2011...Mercredi 11 Avril 2012
http://www.lynxtogo.info/oeil-du-lynx/.html
2-3 Gilles Naismon : Les forces pro-Ouattara engagent une traque aux jeunes.
Le voyage d’Alassane Ouattara à l’ouest de la Côte d’Ivoire est une occasion de pénitence pour des jeunes soupçonnés d’être des miliciens ou des pro-Gbagbo par les partisans du numéro un ivoirien
Dans le courant de la semaine du 2 au 8 avril dernier, Glaho Noël, connu sous le pseudonyme de Bolo, arrivé dans la ville de Duékoué pour une course personnelle, a été repéré par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) en tenues civiles et des militants du Rassemblement des républicains (Rdr) comme un milicien en reconnaissance des lieux avant l’arrivée d’Alassane Ouattara. Il a été arrêté, sauvagement bastonné, enlevé et retrouvé mort les heures qui ont suivi. A 42 ans, Glao Noël, originaire de Fengolo (7Km de Duékoué), laisse derrière lui une femme et 4 enfants.
Cette tragédie qui s’est produite au grand jour, en pleine ville, révèle la face visible de la traque dont sont victimes depuis quelques semaines de nombreux jeunes de l’ouest, notamment dans le Gémon et le Moyen-Cavally, en prélude à l’arrivée d’Alassane Ouattara. Les villages et campements enregistrent en effet des patrouilles de Frci et chasseurs traditionnels Dozos à la recherche de «miliciens» ou de jeunes soupçonnés être des pro-Gbagbo. Ils prétendent sécuriser la venue d’Alassane Ouattara dans une région qu’ils estiment lui être encore hostile.
Une source proche des personnes victimes de traque indique que la nouvelle députée Rdr, Touré Flanizana, a été saisie de cette situation mais jusqu’à présent c’est le statu qup. La situation est telle que les ressortissants de l’ouest, les wê plus particulièrement, vivant en ville craignent de s’aventurer dans leur région ces jours-ci. «Il suffit qu’un jeune arrive de la ville et il est très vite assimilé à un milicien venu préparer les jeunes à une éventuelle attaque contre Alassane Ouattara qui se prépare à venir à l’ouest», révèle Joseph B., qui s’apprêtait à se rendre au chevet de son père gravement malade à Duékoué. Des témoins sur place craignent que la région replonge à nouveau dans un cycle de violence, comme cela a été le cas à Guitrozon et Petit Duekoué en 2005 et Carrefour en 2010, au moment où quelques rares populations, ayant pris leur courage à deux mains, retournent dans leurs quartiers et villages afin de réapprendre à vivre.
Gilles Naismon
08-04
http://cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=6551
13:37 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, résistance, occupants, abidjan, bombardements, al-qaïda, américains, miliciens, cheney, rice, politique mondiale, pentagone, crimes de guerre, crime contre l'humanité, génocide, occupation, iran, israël, dossier, debroeder, lemaire, côte d’ivoire, sarkozy, clinton, france, gbagbo, ouattara, onu, massacres.
20.04.2012
n°1 - Dossier Mali - 19-04 - a1- y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali
n°1 - Dossier Mali - 19-04 - a1- y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali
Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.
Sa diffusion est un acte de résistance.
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources
Dossier Mali
n°1 19-04
C.De broeder & M.Lemaire
Le "Dossier deSyrie" est visible :
a) sur nos blogs :
http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/
http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/
b) sur le site de Eva Resis : no-war.over-blog.com
c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com
d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse : http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm
NB : Si vous voulez nous contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.
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Tiré à part : Mali : chronique d’une recolonisation programmée. 1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos 1-1 : Mountaga Fané Kantéka- Entretien par Chérif Abdedaïm: ««Il y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali». 2 Dossier 2-1 Mountaga Fané Kantéka : MALI : LES « DÉMOCRATES » DE LA HONTE. 3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 3-1 Fernent : Situation au Mali. 4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion 4-1 Comment Paris joue l'autonomie du Nord Mali. 4-2 Chems Eddine CHITOUR :" La partition du Mali : premier domino après l’effritement de la Libye". 4-3 Yoro SOW : Nord- Mali : Le MNLA n’existe que par les medias français. |
Tiré à part :
Mali : chronique d’une recolonisation programmée.
Forum pour un Autre Mali (FORAM)
samedi 7 avril 2012, par Comité Valmy
« Que les chèvres se battent entre elles dans l’enclos est préférable à l’intermédiation de l’hyène ».
Proverbe bamanan.
1. Le Mali dans l’ordre cynique du monde
Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la CEDEAO, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’OTAN en moins.
L‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment d’être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l’affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) vient d’être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».
L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.
Tout cela s’est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n’ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l’honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l’inviolabilité de l’intégrité territoriale du Mali. Or, c’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu’ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d’Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.
Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).
Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l’opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.
2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali
Ebranlés et meurtris à l’idée d’être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l’embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
C’est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte-d’Ivoire) que l’organisation sous-régionale a pris la décision d’envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l’ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d’Etat comme une délivrance. C’est à l’aéroport d’Abidjan que les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s’exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.
Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu’à l’issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d’une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l’ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n’était pas suffisante pour certains des Chefs d’Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s’agit se traduisent en autres par :
la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,
le rappel des ambassadeurs de l’organisation pour consultation, la fermeture des frontières,
le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,
la suspension des programmes d’aide au développement
Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité… " Plus importants que l’aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens. La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d’Etat s’aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.
3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012
Les femmes, en l’occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d’une fois, des comptes. La dégradation de la situation s’est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l’ethnie Touareg.
Le pourrissement de la situation est à l’origine du soulèvement d’Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d’Etat du 22 mars 2012.
La « communauté internationale » ne s’est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l’occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d’Etat qu’elle juge d’autant plus inacceptable qu’il survient dans l’un des « pays phare de la démocratie » à la veille d’une élection présidentielle à laquelle ATT n’était pas candidat.
Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu’ici une démocratie exemplaire.
Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.
4. Quand l’ordre constitutionnel « normal » sert de paravent
« Nous ne voulons pas d’ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n’en a rien été. En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d’une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d’Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l’élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.
Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :
Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d’idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s’est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d’habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l’aide au développement » et des opportunités d’affaires que le système néolibéral offre.
Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s’apprêtaient à se disputer la place d’ATT en achetant tout ce qui peut l’être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.
« Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l’illusion de l’exemplarité démocratique.
Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l’indignation des jeunes déshérités qui n’ont droit ni à une école de qualité ni à l’emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.
Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd’hui d’une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l’exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.
La société civile, dont le rôle est d’éduquer, de contrôler et d’interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C’est en évitant les sujets qui fâchent, qu’elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).
La liberté d’expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l’existence d’un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l’unique chaine de télévision nationale, l’ORTM, elle est « la voix de son maître ».
Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d’investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n’y trouve pas son compte.
5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne
Le Mali n’est pas en danger du fait d’un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n’ont pas la moindre idée. Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l’Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l’actuel Mali), le Niger et le Tchad ». Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :
mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l’avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l’ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;
Repenser l’indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s’imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d’autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;
Privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l’occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l’achat d’armement ou de faire appel à la force d’interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;
gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d’abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu’ils planétarisent : pendant que le Mali s’enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l’or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d’être perspicaces dans l’analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;
faire du Mali un cas d’école pour la CEDEAO, dont les chefs d’Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d’être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l’ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;
rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d’assujettissement et de pillage qui sont à l’origine de l’émigration « clandestine », l’intégrisme religieux et les attentats qu’ils qualifient de terroristes.
Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu’il n’appartient pas aux Chefs d’Etat de la CEDEAO d’être juges et partie en statuant sur l’état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.
La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu’à leurs électeurs.
Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l’embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l’initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.
Fait à Bamako, le 04 Avril 2012
samedi 7 avril 2012,
1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos
Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information
1-1 : Mountaga Fané Kantéka- Entretien tenu par Chérif Abdedaïm: ««Il y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali»
TROUBLES AU MALI : INTERVIEW DE MF KANTEKA AVEC LE QUOTIDIEN ALGERIEN '' La Nouvelle République''
Face à la nouvelle crise malienne, et la précipitation vertigineuse des événements, plusieurs questions taraudent les esprits sur ce nouveau conflit et ses enjeux. Coup du sort, le Mali fait l’objet déjà de toutes sortes de supputations. D’une part, des médias qui nous ont habitués à leur rôle propagandiste, et d’autre part, un Occident prédateur aux visées hégémoniques. Au cœur de cette équation, d’autres protagonistes participent à cette nouvelle tragédie africaine. Cela dit, le peuple malien va-t-il se laisser emporter par cette déferlante vague qui a déjà emporté le peuple libyen ? Va-t-il lutter pour préserver son pays du chaos ? Afin de répondre à ces questions, La Nouvelle République a pris attache avec l’écrivain, poète et journaliste malien, Mountaga Fané Kanteka, qui se trouve actuellement à Bamako.
LA NR/ Au vu des informations véhiculées par les médias occidentaux, c’est l’apocalypse au Mali. D’une part, comment peut-on décrire la situation qui prévaut actuellement ? ET d’autre part, quelle a été la réaction du peuple malien vis-à-vis de ce coup d’Etat ?
Comme je l’avais mentionné dans un article, il y a eu toute une campagne de désinformation autour des putschistes sur le WEB et sur des médias occidentaux comme RFI, FRANCE 24 ou LA VOIX DE L’AMERIQUE, faisant croire que c’était l’apocalypse au Mali, alors que dans la réalité, ce n’était guère le cas. A Bamako, la chute d’ATT a été plutôt bien accueillie en général, que ce soit par satisfaction, par soulagement ou par fatalisme. Le front de partis politiques protestant contre le putsch a été largement contrebalancé par le Mouvement Populaire 22 MARS, soutenant les putschistes et bien plus représentatif de la population.
LA NR/Quelles seraient d’après-vous les motivations profondes de ces putschistes ?
Les motivations des putschistes sont certainement multiples et traduisent un ras-le-bol général face au laxisme entretenu par le régime ATT. Mais le massacre des soldats maliens à Aguelhoc y est pour beaucoup. Les circonstances nébuleuses qui entourent cette funeste tragédie ont servi vraisemblablement de catalyseur à ce coup de force.
LA NR/ Ce coup d’Etat pourrait-il constituer un alibi pour une intervention militaire étrangère ?
La CEDEAO, par la voix du président béninois Yayi Boni, avait menacé d’une intervention militaire contre les jeunes putschistes. Heureusement que nous n’en sommes pas venus là, sans quoi c’aurait créé un précédent fâcheux confirmant la servitude des pays africains vis-à-vis des diktats occidentaux qui transitent par des organisations sous-régionales comme la CEDEAO.
LA NR/D’après-vous, les militaires qui ont pris le pouvoir ont-ils les moyens de contrôler la situation sécuritaire sans subir d’influence de récupération par l’Occident ?
Les événements récents nous ont malheureusement démontré que les militaires maliens n’ont pas pu résister à la très forte pression occidentale. Et c’est bien dommage, parce qu’ils avaient une occasion toute rêvée d’assainir ce pays, gangréné par une corruption innommable, et d’y insuffler du sang neuf. Cela prouve que ne nous sommes pas des Etats souverains et que nous sommes toujours à la merci de l’Occident qui n’a que faire de nos préoccupations.
LA NR/Dans un passé récent, on s’est également posé la question si ces putschistes avaient les moyens nécessaires pour contenir la révolte des touaregs et éviter le démembrement du Mali. Or, vue la situation actuelle, on est désenchanté. Sur qui faudrait-il compter pour sauver le Mali de cette guerre civile ?
Quoiqu’il en soit, ce n’est pas seulement sur les militaires qu’il faut compter pour contenir cette invasion de bandits touaregs et islamistes. Mais sur toute la population malienne. Et croyez-moi, ces bandits touaregs et islamistes se sont fourrés dans un guêpier dont ils auront du mal à se tirer. Ils sont très minoritaires au Nord du pays et ce ne sont pas leur arsenal militaire qui pourra venir à bout du peuple malien. Passés les premiers moments de surprise et de débandade, la riposte s’organisera contre eux pour les bouter dehors ou les écraser comme des insectes. L’Histoire se répète, et l’Histoire démontre que les Touaregs, mus par des forces et des sentiments obscurs, ne sont jamais arrivés à prendre le dessus sur le peuple malien. Et comment le pourront-ils d’ailleurs ?
S’ils sont intelligents, ils devront sauter sur la perche tendue par la CEDEAO pour une éventuelle négociation, à supposer que leurs revendications soient négociables. Parce que l’intégrité territoriale, ce n’est pas négociable. Et comme je l’ai rappelé dans un récent article, aucune réalité sociologique ou historique n’autorise des rebelles touaregs à revendiquer une quelconque indépendance au Mali. Si toutes les composantes ethniques du Mali devaient agir comme eux, ce pays serait une mosaïque de petits Etats.
LA NR/ Certains évoquent la reprise du célèbre plan d’Alain Peyrefitte sur la création d´un Etat pour les Touaregs, chevauchant sur quatre pays, le Nord du Niger et du Mali, le sud de l´Algérie, le sud et l´ouest de la Libye. Partagez-vous cet avis ?
C’est facile pour ces Occidentaux comme Alain Peyrefitte de s’asseoir dans leur salon et échafauder des plans sur le sort des autres pays. Si c’est si facile que cela, qu’il commence déjà par la France en reconnaissant un Etat pour les Corses, puis pour les Bretons, les Alsaciens et bien d’autres composantes ethniques de la France. Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas attribuer un territoire aux Roumis ou Gitans (persécutés en France) qui circulent entre plusieurs pays européens, comme c’est le cas avec les Touaregs en Afrique occidentale? Pourquoi ces Occidentaux proposent-ils aux autres ce qu’ils ne sont pas prêts à accepter chez eux ? Pourquoi croient-ils que nous sommes voués à être leurs esclaves ?
LA NR/ On suspecte également la main des services de renseignements français dans cette nouvelle crise malienne ? Etes-vous de cet avis ?
C’est clair que c’est la France qui est encore en train de tirer les ficelles de cette soi-disant rébellion qui, curieusement, se dédouble d’un mouvement islamiste dirigé par un certain Iyad Ag Ghali, sans compter la participation d’AQMI. Un ménage plutôt bizarre. Un confrère malien affirme avec certitude que Sarkozy a, en la circonstance, envoyé au Mali deux logisticiens, anciens mercenaires habitués de ces opérations en Afrique. Ils seraient descendus à Bamako puis se seraient dirigés vers Hombori pour organiser un faux enlèvement de ressortissants européens dans le but de brouiller les pistes. Et au même moment, la France aidait des colonnes de Touaregs à quitter la Libye pour se diriger vers le Mali, avec armes et bagages, au vu et au su de l’OTAN. (Voir Le Reflet du mardi 03 avril 2012).
Ceci pour dire que nous connaissons les tenants et les aboutissants de cette affaire. Ce complot commence déjà à prendre corps dans les propos de certaines représentations diplomatiques, comme celle de la Belgique, parlant de reconnaissance d’autonomie aux rebelles. A ce rythme-là, on va bientôt parler d’ « indépendance ». Je les avertis là-dessus, tout ce qu’ils risquent de gagner, c’est un génocide comme au Rwanda. Et ils devront en répondre.
LA NR/Estimez-vous que la « révolte » des Touaregs contre l’ex.régime malien est légitime ou serait-elle dictée par ceux qui veulent instaurer une nouvelle configuration géopolitique dans la région du Sahel ?
Au risque de me répéter, il n’y a aucune légitimité dans cette action dont des Touaregs ont accepté d’être les complices. Et ils doivent s’attendre à en devenir les dindons de la farce. Ils n’ont que des circonstances aggravantes à leur actif. Ils ne pourront même plus jouer au jeu du « groupe minoritaire persécuté », puisqu’en l’occurrence ce sont eux les agresseurs, armés jusqu’aux dents. Agresseurs, criminels de guerre, pilleurs et violeurs de femmes, comme on l’a vu notamment à Aguelhoc et à Gao ! Rien à redire !
LA NR/Cette « gangrène » qui a touché la Libye (actuellement menacée d’une guerre civile généralisée), la Côte d’ivoire et maintenant le Mali, va-t-elle s’étendre à d’autres pays africains ou s’arrêter à ce niveau ?
Tant qu’il y aura parmi nous des brebis galeuses pour prêter le flanc, ces vautours feront de notre existence un véritable ergastule. Et ils ne s’arrêteront jamais d’allumer ou d’attiser des foyers de tension chez nous…
LA NR/ Malgré la situation actuelle, vous êtes de ceux qui semblent confiants quant au sursaut d’orgueil des enfants de l’Afrique. Dans quelle mesure cela pourrait-il déjouer les complots tramés par les Occidentaux afin de s’accaparer les richesses africaines ?
Si les Occidentaux nous manipulent, c’est que nous sommes manipulables. Et c’est cela qui fait le plus mal. Le jour où les soi-disant intellectuels ou idéologues africains se libéreront de l’aliénation mentale et de la peur congénitale vis-à-vis de l’Occident, ces impérialistes ne pourront plus rien contre nous. Il serait plus que jamais temps que nous nous réapproprions notre histoire et que nous prenions exemple sur des pays comme le Vietnam qui ont mis en déroute des puissances occidentales comme la France et les États-Unis. Il faut d’abord commencer par réduire nos rapports de dépendance vis à vis de l’Occident et les remplacer par une coopération accrue entre pays africains et d’autres pays comme le Brésil, l’Inde, la Chine qui ont presque la même culture que nous. Avec les Occidentaux, ça ne marchera jamais. Ils ont trop de complexes et de haine à notre égard. L’idéal serait de définitivement couper les ponts avec eux. On ne s’en portera que mieux. Non seulement ils ne nous aident pas comme ils le prétendent, mais aussi cette histoire de « mondialisation » n’est qu’une autre mauvaise farce, une autre forme d’esclavage se faisant à leur profit. C’est à nous d’être assez courageux et assez entreprenants pour arriver à une nouvelle formulation des rapports Nord-Sud. Et Dieu sait que nous sommes en position de force, pourvu que nous soyons unis. L’Afrique peut vivre sans l’Occident, mais l’Occident ne peut vivre sans l’Afrique.
LA NR/Comment voyez-vous la place de l’Algérie dans ces conflits qui rôdent près de ses frontières ?
L’Algérie, compte tenu de son vécu colonial (sa lutte de libération) et sa maturité face aux troubles islamistes et terroristes, peut jouer un rôle central dans cette affaire. Elle pourrait coordonner les efforts visant à éradiquer ce fléau. Le tout est de savoir où elle place ses intérêts. Parce que dans cette affaire, on ne sait pas toujours comment se positionnent les différents acteurs locaux. Par exemple, je n’ai jamais compris ce pacte visant à la démilitarisation du Nord du Mali. Avec le recul, on se rend compte que c’était un piège visant à mettre le Mali à la merci d’une invasion. On ne peut pas prétendre à une souveraineté, en laissant les armes de côté. Je ne sais pas exactement quel rôle l’Algérie a eu à jouer dans cette initiative de démilitarisation. Ce qui est sûr, l’Algérie, tout comme les autres Etats voisins, n’a pas intérêt à ce que la situation pourrisse au Mali. Car, une fois le Mali déstabilisé, c’est toute la zone qui est menacée. Les Touaregs ne sont que des bras armés d’une politique de déstabilisation manigancée par l’Occident.
Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 11 avril 2012-
Publié par Mountaga Fané Kantéka
2 Dossier
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
2-1 Mountaga Fané Kantéka : MALI : LES « DÉMOCRATES » DE LA HONTE.
Pendant que le Mali brûle et s’effondre au Nord, certaines BÊTES POLITIQUES croient bon de PARALYSER LE PAYS au nom de la « démocratie ». Ils s’en vont jusqu’à soutenir la scélérate décision de la CEDEAO de mettre leur pays sous un EMBARGO qui, dans le meilleur des cas, ne contribuera qu’à l'exposer davantage l à une EXPROPRIATION SAVAMMENT PLANIFIÉE par la FRANCE, se servant à la fois des rebelles et des islamistes dans un scénario particulièrement diabolique. Et au pire, un INÉVITABLE GÉNOCIDE, dans un camp ou l’autre – car, ce serait très naïf de croire que les populations civiles vont se laisser faire …
Très peu soucieux du bien-être collectif et COMPLICES du laxisme qui a plongé le pays dans le chaos, ce sont ces mêmes « DÉMOCRATES » qui ont pris le président déchu ATT en otage, en organisant autour de lui le CONSENSUS DE LA MÉDIOCRITÉ, rien que pour TRAIRE LE PAYS de sa moelle substantielle.
DE QUI SE MOQUE-T-ON ?
Qui sont-ils en fait ces « démocrates » qui ABOIENT ainsi aux quatre vents ? J’ai déjà eu à les épingler dans Aspects de la mendicité sociopolitique au Mali. SANS FOI, NI LOI, ces spécimens n’ont d’autre impératif que le gain matériel. Ce n’est ni la « démocratie », ni ATT qu’ils pleurent. Ce sont eux-mêmes qu’ils pleurent ! Apparaissant tantôt sous le masque de l’INTELLECTUEL à la langue mielleuse ou fielleuse selon les circonstances, tantôt sous celui d’HOMME D’AFFAIRE avisé ou véreux, ils sont impliqués dans tous les COUPS FOIREUX, et intimement associés au processus de DEMANTÈLEMENT et D’ALIÉNATION du PATRIMOINE NATIONAL, au profit des entités étrangères.
Ils sont au CŒUR DES FRUSTRATIONS qui mettent le pays en ébullition, aussi bien au Nord qu’au Sud. En vérité, pour eux, « démocratie » est synonyme d’IRRESPONSABILITÉ face aux urgences et d’IMPUNITÉ pour leurs multiples félonies. Pour cette RACE DE RAPACES, la « démocratie » doit nécessairement rimer avec « réussite individuelle fulgurante » saluée par les griots du terroir et matérialisée par des villas cossues, de rutilantes voitures 4x4 énergivores et de petites maîtresses à entretenir avec de l’ARGENT MAL ACQUIS. Obsédés par l’acquisition de postes alléchants, de marchés publics, de subventions, de terrains et de fortunes diverses, ces CANCRES verraient bien le pays partir en lambeaux, pourvu que leur BEURRE demeure.
Très confortables dans une DÉMOCRATIE SANS OPPOSITION sous ATT, leur rôle n’a consisté qu’à ÉLUDER le DÉBAT SOCIAL, tant que leurs affaires personnelles roulaient. Et c’est sur leur conseil qu’ATT comptait briguer un TROISIÈME MANDAT, au mépris de la CONSTITUTION qu’il voulait SABORDER avec leur complicité, n’eût été le COUP D’ÉTAT AU NIGER qui a mis un frein à ce PROJET INSENSÉ.
QUAND LA JUNTE MILITAIRE DEVIENT LE BOUC ÉMISSAIRE
Après avoir précipité le pays dans le gouffre de la GUERRE CIVILE IMMINENTE avec leur consensus de la médiocrité autour d’un homme médiocre – ATT–, ces « DÉMOCRATES » DE LA HONTE, ne pouvant fonctionner sans consensus, sont en train de créer un autre consensus autour de la junte militaire venue précipitamment pour sauver les meubles. Ce consensus vise à FAIRE ENDOSSER par les jeunes putschistes la responsabilité de la prise des trois villes du Nord Mali (Kidal, Gao, Tombouctou) par les rebelles. Comme si le MAL n’était pas DÉJÀ FAIT sous ATT ! Comme si en l’espace de quelques jours, on peut inverser un processus enclenché depuis…
En réalité, si REPROCHE il y a faire à l’égard des putschistes, c’est d’être intervenus TROP TARD, comme l’ont souligné certains esprits perspicaces. Le coup d’Etat aurait dû intervenir plusieurs années plus tôt. Peut-être, dès le début du règne ATT, ou même sous le règne d’Alpha Oumar Konaré qui a sa part de responsabilité dans cette dérive, ne serait-ce que par le fait d’avoir œuvré pour l’intronisation du médiocre déchu…
EN QUOI LE MALI SERAIT-IL DIFFÉRENT DU NIGER OU DE LA GUINÉE ?
Si mes souvenirs sont bons, les coups d’Etat intervenus, il n’y a pas si longtemps, au Niger et en Guinée-Conakry, n’ont pas entraîné pour ces pays l’EMBARGO que la CEDEAO fait subir au Mali. Et la « communauté internationale » a même LAISSÉ LE TEMPS (un an au moins) à ces putschistes pour organiser sereinement des élections. Pourquoi s’affole-t-on alors après ceux du Mali ? Ont-ils dit ou fait croire qu’ils veulent s’accrocher au pouvoir ? N’ont-ils pas d’emblée appelé à l’ouverture ? Pourquoi toute cette campagne de déstabilisation autour d’eux ? Pourquoi confondre vitesse et précipitation ? Qui a peur d’être contrarié dans ses projets ? Qui veut empêcher le Mali de réaliser son destin ?
Mountaga Fané Kantéka
Tél: 223 76 69 24 47
http://www.kanteka.blogspot.com/
3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.
3-1 Fernent : Situation au Mali.
Entretien réalise par Chérif Abdedaïm,
La Nouvelle République du 7 avril 2012
Yves Fernand Nkodia-Mantseka : « C’est la stabilité de tout le sahel qui est menacée par les événements du Mali »
Une Europe, secouée par une crise économique.
Une Europe au bout du déclin.
Des Occidentaux et leurs alliés sionistes cherchant à étendre leurs ailes d’influence en Afrique.
Face ces prédateurs, la Chine, pays émergeant.
Un bras de fer sur un continent riche dont les populations sont confrontées à la pauvreté et qui tarde à prendre en main sa destinée.
Problématique à plusieurs variables que nous avons tenté d’étayer avec Yves Fernand Nkodia écrivain, poète et critique littéraire Congolais, docteur en Droit et financement de développement et économiste et vient de publier son premier recueil de poème « Tendre Nostalgie ».
> LA NR/ Après le récent putsch qui vient d’avoir lieu au Mali, à quelles conséquences pourrait-on s’attendre sur la stabilité des pays du Sahel ?
> Le récent putsch qui vient d’avoir lieu au Mali témoigne, à fortiori, le climat d’instabilité politique qui règne dans le continent, malgré quelques zones constatées de paix considérable. Dans ce tohu-bohu, la démocratie est loin d’être sur une assise solide. Sa fragilité est dominante. La vitrine démocratie longtemps affichée par le Mali est éclaboussée par ce coup d’arrêt assené par la junte militaire qui s’est emparé du pouvoir. Oui, la stabilité des pays du Sahel est mise en branle dans cet affrontement entre d’un côté les Touareg et de l’autre la junte malienne. Les conséquences sont, à mon avis, duales: soit l’avenir se dessine dans la solution apaisée de cette région avec l’arrivée prochaine du nouveau gouvernement qui prônera de nouvelles mesures; soit le statu quo demeura. Et en perspective l’éventuel scénario catastrophe dans l’avancée irrésistible de MNLA, ce groupe de rebelles Touareg dans le contrôle des villes stratégiques. Et par conséquent la coupure du pays en deux, la perte d’unité nationale. Mais, dans tous les cas, je souhaite rapidement que cette partie de l’Afrique, si riche et capitale, trouve un cessez-le-feu et une paix profonde qu’elle mérite.
> LA NR/ L’occident défend une vieille idée de l’Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s’accommodent volontiers d’une misère de masse. Ne pensez-vous qu’il est temps pour que cela change ?
> Indubitablement, il est temps que cela change. Si le changement est…il viendra à coup sûr de l’Afrique elle-même. En faisant fi de cette idée surannée qui entérine et perpétue la misère effroyable. L’heure a déjà sonné pour le changement du continent africain. Mais tout cela reste en état embryonnaire pour une éclosion réelle et visible. Dans le passé, l’Afrique était ankylosée et incapable de réagir face aux éléments coercitifs extérieurs. Aujourd’hui, un autre vent assiège l’antre dominé africain. Du nouveau germe dans la pensée libre du peuple et dans sa vision de forger un autre avenir. Des cris retentissent et des soulèvements gagnent, ici ou là à l’intérieur des états. Ce sont des preuves indéniables de ce temps de changement en marche. Cela étant, il faut des moments d’attente et de maturation aussi. L’Horizon s’éclaircit et demain se profile radieux. J’en suis persuadé!
> LA NR/ Le 17 décembre 2010, jour précis où l’Union Européenne annonçait d’avoir à l’unanimité choisi le camp de Ouattara dans la crise Ivoirienne, contre Laurent Gbagbo, la Chine nous annonçait d’être devenue la première partenaire commerciale du continent africain en publiant les chiffres de 10 mois d’échanges avec les pays Africains. Quelle interprétation pourrait-on faire de ce message ?
> Dans la crise Ivoirienne l’Union Européenne avait choisi son camp. Une stratégie favorable pour la défense de leur acquis et intérêt en jeu. La Chine, hier encore, inopérante est devenue en laps de temps un partenaire commercial de premier plan en Afrique. Une grande première. En supplantant les autres concurrents et privilégiés séculaires. Par ce fait, la Chine a réussi un coup de maître en renversant le rapport de force. Le message est éloquent et en dit long dans la stratégie qui se trame dans les cerveaux des leaders de l’empire rouge. Celle de la conquête du monde. Une démonstration éclairante dans le terrain d’échange et commercial assiégé, dominé par la Chine et une perte de champ de prédilection pour les autres. C’est un avantage pour l’Afrique en quête de sortie de crise et une nouvelle opportunité de partenariat propice au regard de l’échec considérable avec les autres. Mais tout reste à voir dans le long terme et à juger dans les résultats récoltés postérieurement dans la concrétisation des projets de croissance et de développement tant attendu.
> LA NR/ Au-delà des choix partisans pour l’un ou l’autre président élu ou réélu, certains analystes pensent qu’il y a une autre bataille, celle là, à distance qui est en train de se jouer entre la Chine et l’occident en Côte d’Ivoire. D’après-vous quels sont les enjeux de ce bras de fer opposant l’Occident (Europe/USA) et la Chine sur le sol africain ?
> S’agissant du bras de fer qui oppose l’Europe, les USA et la Chine sur le sol africain, c’est avant tout comme je l’ai souligné plus haut un enjeu stratégique et de conquête de leadership mondial. Chacun cherche à devenir l’interlocuteur incontournable et privilégié. En demeurant l’élément moteur dans le rôle prépondérant à jouer sur l’échiquier du marché international. L’Afrique a toujours été le foyer de multiples conflits ou d’affrontement permanent entre les états possédants dans la quête du profit et d’enrichissement hors de leurs frontières nationales. Cette bataille en est une. Une illustration frappante de l’assujettissement et de la domination perpétrés par ces différents camps. Avec une idée obscène le recul de l’Afrique et la non émancipation voire la liberté affirmée. A l’inverse d’une ambition de progression qui anime le peuple africain dans son entièreté.
> LA NR/ Dans ce bras de fer, les Occidentaux ont-ils encore la force et l’audace pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois ?
> La rébellion touareg menace-t-elle la stabilité politique fragile de Bamako ?
L’occident uni reste une force de frappe puissante. Mais la Chine seule est capable d’engloutir cette force et entamer l’audace. Avec son taux de croissance annuelle record qui fait d’elle le géant ou la grande créditrice mondiale. La Chine reste actuellement le champion du monde en matière d’investissement et d’exportation. On ne peut faire face à une économie forte sur laquelle vous vous reposez. C’est le cas aujourd’hui des occidentaux, à moitié tributaires des fonds chinois et courbant l’échine devant cette nation souvent décriée par sa politique de piétinement des droit de l’homme, et celle de sa vision de communisme rampant voilé par un semblant de libéralisme affiché. Oui le rouleau compresseur Chinois continuera de marcher sur l’occident en perte de vitesse et en proie à des crises multiformes. Mais l’avenir étant dans les genoux des dieux, tout peut changer d’ici là. Car aucune nation au monde n’est détentrice infinie d’une bonne santé économique voire politique. (-Les quelques frémissements ou ralentissements de la croissance de la Chine observés ces jours-ci peuvent jeter le trouble dans l’avenir. D’où la probable réinvention du modèle dit hyper croissance se profile en filigrane). Tout arrive, hélas, au gré des impondérables et des soubresauts d’une conjoncture internationale, sans cesse mouvante et versatile, difficilement contrôlable par les politiques, les États, les agences de notation et les marchés financiers.
>
> LA NR/ « Aujourd’hui, le développement de l’Afrique est une question de choix décisif dans le positionnement géostratégique de chaque pays. L’alliance avec l’Occident sur le point de déposer le bilan, me semble un choix suicidaire, parce que le résultat est connu d’avance : misère garantie comme plat de résistance et dettes pour dessert », disait un analyste. D’une part, partagez-vous cet avis ? Et d’autre part, les africains sont-ils conscients de ces choix stratégiques?
> Je ne partage pas totalement cet avis, bien que le bilan de l’alliance avec l’Occident soit somme toute négatif au regard de la situation actuelle qui n’est guère reluisante et exploratrice des possibles. C’est vrai, le choix de l’Occident n’est point favorable pour l’heure. Mais suicidaire ? non! Car l’Afrique a besoin de l’apport financier et soutien technologique et bien d’autres, malgré l’expérience passée assez calamiteuse et si compromettante pour une réussite certaine. Ce faisant, il me semble propice de redéfinir cette alliance non concluante et bien moribonde. Elle doit être fondée sur la réciprocité, la transparence, l’équité, l’égalité et l’entente cordiale ; dans toutes les sphères où repose la coalition, en mettant l’accent sur les choix stratégiques créateurs de richesses et des projets d’investissements bien ciblés et crédibles. Dans la formation, l’industrie de pointe, l’agriculture, la pèche, l’élevage, l’énergie…Qui doivent jeter les bases d’une indépendance et d’une souveraineté sans faille. Les Africains restent bien conscients de l’ampleur de ces choix tactiques pour sortir du marasme sans perspective.
> LA NR/Entrer sur la scène mondiale, comme de vrais protagonistes économiques. Est-ce possible au moment où les africains semblent des spectateurs passifs face à la confrontation et la dispute Occidentalo-Chinoise sur le sol africain ?
> Justement, c’est ce sentiment de défaitisme et de passivité qu’il faut élaguer dans la conscience collective et vision constructive que l’Afrique doit vanter dans l’espoir des lendemains meilleurs. Le pessimisme ambiant génère une énergie si asphyxiante pour sortir d’un guêpier. Ce faisant, elle doit se détacher de cet étau pour entrer de plain pied sur la scène mondiale souvent gangréné par un protectionnisme déguisé et une concurrence déloyale. Ses possibilités résident dans la volonté, dans l’effort et dans le maintien malgré ses faiblesses, ses manquements dans l’insertion de ce marché ou tout se crée, se décide, se gagne et se développe en se confrontant et se rivalisant avec les nantis, ce duo occidentalo-Chinois qui semble tout accaparer, amasser et dominer par sa puissance économique, voire recoloniser pour perpétuer et pérenniser à tout jamais leur véto et diktat notoire. Ce n’est que par ce biais que l’Afrique cessera d’être spectateur passif pour devenir un acteur indispensable, ce vrai protagoniste dépouillé de tout complexe et doté de son propre arsenal économique dérivé de ses matières premières et main d’œuvre abondante.
> LA NR/L’Afrique est un riche continent où les populations vivent dans la pauvreté. Comment expliquer cette dissonance économique africaine ?
> L’Afrique est un riche continent et un peuple dormant sur un lit doré. Cependant, elle reste dans un état de misérabilisme total. Ce contraste et cette dissonance économique sont des faits illustratifs d’un continent patraque et qui manque cruellement de force et d’énergie nécessaires pour prendre à bras le corps son destin de vie et de mettre en lumière ses potentialités, ses compétences et ses richesses à foison. C’est l’inertie d’action qui l’envahit dans le processus de croissance et de développement économique, social, politique, environnemental et écologique. Tout est dans la bonne gouvernance, la gestion efficiente des ressources nationales et dans la redistribution équitable de celles-ci. L’élite au pouvoir n’arrive guère à faire de l’économie l’élément moteur. Reléguée au second plan, l’économie étouffe l’éclosion de l’entité sociale qui montre à l’évidence l’érosion sans fin de la pauvreté massive et des inégalités criardes. C’est tout le pont entier de l’Afrique qui s’écroule dans cette orientation de politique interne inefficace. Il faut des politiques économiques opératoires qui mettent l’accent sur la promotion des initiatives privées sur le lit des institutions solides pilotées par un état libre. Qui ne s’engage pas dans les activités où il réussit mal par ce que ce n’est point sa vocation. Pour ce faire, il faut mettre fin aux antivaleurs: la corruption, le gaspillage, la gabegie, le clientélisme,… Qui rongent les états. Cette stratégie fondée sur la croissance et l’emploi permettra le développement rapide du pouvoir d’achat des ménages et par conséquent suscitera l’augmentation de la consommation interne et celle des exportations réduisant les importations excessives. Par l’effet d’entrainement, la dette sera réduite et la sortie de crise se fera jour dans bon nombre des pays africains sous perfusion de l’austérité ou politique de rigueur. Ces programmes d’ajustement structurel préconisés et véhiculés par les institutions financières internationales, notamment le Fonds et la Banque mondiale.
> LA NR/Avec ses potentialités économiques et ses ressources l’Afrique serait-elle en mesure d’aller à la conquête du monde ? Si oui, quels seraient les leviers et les mécanismes à activer pour réaliser cet objectif ?
> Oui, l’Afrique, avec ses acquis économiques et ressources abondantes, est capable de rivaliser avec les plus grands d’aujourd’hui et devenir elle-même le géant baobab mondial. Car, l’Afrique est un géant endormi et peut, en se réveillant, être le continent puissant. A l’image d’hier, des dragons d’Asie et celle d’aujourd’hui des nations naissantes comme l’Inde, la Chine, le Brésil et des économies florissantes de l’occident. Ainsi, l’Afrique doit forger son propre modèle économique reposant sur ses valeurs intrinsèques. Le mimétisme ou le modèle importé a conduit à des échecs cuisants partout en Afrique avec comme cortège de maux l’appauvrissement massif et le surendettement colossal. Les leviers nécessaires demeurent l’exception africaine basée sur les atouts essentiels. Avec ce socle paradigmatique, l’Afrique unie et solide résoudra ses problèmes internes et sera à même de conquérir le monde en s’appuyant et imposant sa marque singulière. Ce modèle spécifique ouvert aux apports extérieurs dans la logique des principes de coopération et de l’échange des compétences diversifiées, donnera à l’Afrique nouvelle les moyens de s’affirmer sur l’échiquier international. Une présence et une force qui feront d’elle le rayonnant continent comme jadis. C’est cette historicité dominante que l’Afrique doit contempler pour trouver cette lumière perdue dans l’indolence, la domination, les conflits intérieurs, la pauvreté, les maladies et la crise accrue.
> LA NR/Aujourd’hui on assiste à cette crise économico-financière qui secoue l’Europe. N’est-ce pas là un échec de l’ultralibéralisme ?
> Tant il est vrai, la crise économico-financière qui secoue l’Europe montre l’échec patent des postulats de base du paradigme de l’ultralibéralisme. Cette pensée unique qui s’est propagée à l’échelle mondiale n’a fait qu’obérer les états nations et entraîner l’enrichissement des rentiers en chef qui ont bénéficié des gains d’aubaines issus de l’abstinence imposée au corps social comme l’a écrit fort justement le grand circuitiste français Alain Parguez. L’Austérité mise en avant par les économistes de l’offre, n’a nullement sortie les nations du tunnel de la crise économique. Le marché roi et dictateur a entrainé le chômage massif, a perpétré les injustices et augmenté les inégalités sociales. En chassant l’étatisme dans la sphère économique, les néolibéraux ont voulu enterrer la théorie Keynésienne. Une erreur ou faute doctrinale que ces détracteurs payent aujourd’hui dans leurs mécanismes autorégulateurs. Les marchés ont détracté les structures profondes en laissant échapper les bulles financières et en entretenant les fausses promesses qui ont englouti l’économie du monde dans la mer de la crise sans précédent.
> LA NR/Actuellement, aucun dirigeant Européen ne sait quoi faire pour venir à bout du déclin de l’Occident et que partout, c’est de la Navigation à Vue. D’autant plus que ce sont les spécialistes économistes Européens qui parlent de leur incapacité à comprendre ce qui leur arrive. Comment expliquer cet état de fait ?
> Évidemment, le déclin de l’Occident montre que son bateau est ivre et en perte de vitesse. A cet effet les dirigeants européens sont désemparés et ne savent plus sur quel pied danser. De plus, les spécialistes économistes Européens sont perdus dans leurs analyses et solutions salvatrices. Incapables, ils s’enlisent dans les propositions hasardeuses et hâtives. Tout semble leur échapper. Car l’économie est parfois cette nature indomptée et difficile à comprendre et à appréhender. Cet état de fait s’explique amplement par la crise qui secoue de plein fouet l’Union. Cette crise, née aux USA, a provoqué des remous. Les économistes ont conseillé les politiques de mener des réformes par le biais de la politique de rigueur. Cette stratégie a suscité partout des indignations et le rejet total des populations. Les indignés sont nés avec la compression de demande interne, la perte d’emploi, les licenciements abusifs, le gel des salaires, la fermeture des usines, la vague des délocalisations, la hausse de prix… Dans ce tourbillon de la crise les pays comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne…ont basculé dans l’endettement massif et dans le trou du déficit public abyssal. La France a perdu son triple A et l’Allemagne, meilleure élève, est aussi inquiétée dans cette décadence des autres États. Cette érosion montre que l’Europe est dans une passe difficile. Le manque d’une cohérence politique et d’harmonisation fiscale mine l’Union. (cf mes articles à ce sujets > http://ynkodia.unblog.fr/2012/01/16/%C2%ABle-naufrage-du-fameux-triple-a-francais%C2%BB/
> ou http://ynkodia.unblog.fr/2010/03/02/leurope-esseulee/).
LA NR/Les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël, ont décidé d’étendre leurs aires d’influence sur le continent africain. L’Afrique ne serait-elle pas en passe de devenir l’un des principaux terrains du « choc des civilisations»? Quel avenir pour l’Afrique dans ces conditions ?
> Je ne pense pas que la présence des USA, la Grande Bretagne et l’Israël va étendre les aires d’influence sur le continent africain et que ce dernier deviendra ce foyer incendiaire du « choc des civilisations », sur des valeurs, de religion, de langue, d’histoire, d’habitudes et d’institutions…ces aspects qui définissent le concept de civilisation. Car, ces Etats ont toujours existé sur le terrain africain et leur présence n’a nullement changé la donne et imposé largement leurs idéaux. L’opposition des civilisations dans le monde est prédominante avec comme substrat le religieux qui occupe le noyau central. Oui, cet essaim des pays dans notre champ africain attise une guerre de modèles et la culture véhiculée amplifie le choc. Mais par delà, l’Afrique gardienne du terrain reste consciente et optimiste pour l’avenir en édifiant un paravent nécessaire pour échapper à cette intrusion ou immixtion contestée, transformant son sol en un gigantesque choc des civilisations. Dans ces conditions, l’Afrique en crise, mais berceau de l’humanité s’identifiera à sa civilisation millénaire. Celle qui l’honore malgré ces assauts culturels venus d’ailleurs. Bien sûr, les aires anglo-saxonnes traversent l’Afrique et la tentation est grande de céder à ces sirènes politiques notoires en cette période morose et de processus démocratique non consolidé. Mais le continent en solitaire orgueilleux trouvera dans la coopération et l’échange d’avec ces entités dominantes, des moyens de regimber et d’être, ainsi, l’allié libre dans l’universalisme pluriel que la culture des autres apporte au profit de ce mondialisme positif, avec comme vecteur de structuration le monde multipolaire ou multi-civilisationnel. Ce vaste monde où toutes les civilisations s’acceptent, s’apprécient, se valent et s’échangent mutuellement dans l’intérêt général.
Fernent/M.T.P-S
le MNLA
Le Secretariat Politique
> Entretien réalise par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 7 avril 2012
> Source:http://www.lnr-dz.com/pdf/ journal/journal_du_2012-04-07/ lnr.pdf
4 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
4-1 Comment Paris joue l'autonomie du Nord Mali.
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
La France pratique le billard à trois bandes dans la crise malienne : maintien de l'intégrité territoriale du pays, reconnaissance d'une autonomie renforcée de l'Azawad et défense de ses intérêts dans la région. Analyse.
Dans l'imbroglio politico-militaire qui se trame au Mali, Paris demeure une carte d'autant plus importante pour le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) que cette rébellion dispose d'une oreille attentive des plus hautes autorités françaises depuis sa création, le 16 octobre 2011. Ce mouvement issu de la fusion du Mouvement national de l'Azawad (MNA) et du Mouvement touareg du Nord Mali (MTNM) attend aujourd'hui beaucoup de l'Hexagone, où il a dépêché son porte-parole, Mossa Ag Attaher.
En décembre, une délégation avait déjà été reçue par Stéphane Gompertz, ex-monsieur Afrique du Quai d'Orsay. Le MNLA a même récemment demandé à Paris l'aide d'un constitutionnaliste.
La France s'efforce toutefois de ne jamais apparaître en première ligne. "Depuis l'indépendance du Mali et les velléités françaises de créer une Organisation commune des régions sahariennes, les Français sont accusés de soutenir les rébellions touarègues", expliquaient encore, le 29 février, les sénateurs Didier Boulaud (PS) et Alain Gournac (UMP) en commission des affaires étrangères. Pour les deux parlementaires en contact avec la rébellion, la position française consiste à réaffirmer l'unité du Mali, tout en militant pour la reprise du calendrier électoral et l'ouverture d'un "dialogue immédiat" entre Bamako et le MNLA. Position reprise ces derniers jours par Alain Juppé.
Sur ce dernier point, si l'objectif affiché est l'indépendance, les rebelles ciblent, en réalité, une autonomie renforcée dans les frontières de l'actuel Mali, en prenant modèle sur l'Espagne avec la Catalogne. Paris voit un double intérêt dans ce scénario : éloigner le spectre d'une intervention militaire à l'issue incertaine, tout en disposant d'un interlocuteur susceptible de contenir la montée islamiste dans la région.
Un pari risqué, le rapport des forces sur le terrain jouant pour l'instant en faveur d'organisations salafistes.
Vendredi 13 Avril 2012
cette problématique de " l'invasion chinoise" qui envahit la réflexion des africains progressistes est politiquement assez ambigüe
- tout en reconnaissant qu'elle met les occidentaux sur la défensive et permet de les soumettre à une concurrence elle reprend le discours anti-chinois de l'UE et donc in fine défend les intérêts globaux des impérialistes
- elle ne distingue pas l'investissement économique et les bases militaires
- elle fait l'impasse sur le fait que la deuxième économie mondiale pèse nécessairement sur l'ensemble du système
- elle fait l'économie des chiffres ; ainsi par exemple dans le cas des achats de terres agricoles l'Arabie et les émirats sont plus gourmands que la Chine mais on ne le dit pas
par ailleurs il y a une ignorance têtue sur l'activisme US via AFRICOM, Pan Sahel Counter Insurgency Initiative , Trans Sahel Initiative et une difficulté à envisager le fait que le chaos libyen actuel n'était probablement pas prévu : oui l'Occident peut se tromper, oui l'Occident peut perdre voilà ce qui semble ne pas encore suffisamment affleurer
enfin dire que Juppé a fabriqué le MNLA alors que dans le même temps il lance OUATTARA dans la croisade anti-touareg c'est voir une cohérence là où il n'y en a probablement plus en fait la véritable guerre en préparation devrait se jouer entre les généraux algériens - les seuls qui aient les hommes , le matériel en même temps qu'une parfaite connaissance du terrain sahélien, les seuls du continent qui aient su vaincre l'occident les armes à la main - et le Pentagone car du Caire à Rabat il ne reste plus maintenant qu'un pays qui conserve une certaine indépendance
4-2 Chems Eddine CHITOUR :"La partition du Mali : premier domino après l’effritement de la Libye".
« Il y a crise quand l’ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau ne peut pas naître. » Antonio Gramsci (Philosophe italien)
En l’espace d’une quinzaine de jours, un conflit latent depuis des dizaines d’années a connu son épilogue d’abord, après la prise de pouvoir au Mali par une junte militaire dont on ne connaît pas les motifs profonds, puis par une partition unilatérale de la part des Touareg azawad en conflit avec le pouvoir malien depuis pratiquement l’indépendance de ce pays Cela n’a pas tardé ! Une dépêche du monde nous apprend que le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla), importante composante de la rébellion touarègue malienne, a proclamé vendredi 6 avril « l’indépendance de l’Azawad » dans une déclaration sur son site Internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24. « Nous proclamons solennellement l’indépendance de l’Azawad à compter de ce jour », a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a indiqué vouloir respecter « les frontières avec les Etats limitrophes ». Le porte-parole a condamné l’enlèvement jeudi du consul d’Algérie à Gao « par un commando terroriste ».
Pour rappel l’Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg. Des rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois métropoles du Nord - Kidal, Gao et Tombouctou - sans rencontrer de résistance de la part d’une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute, coupant de fait le pays en deux. Les islamistes d’Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) ont, depuis lors, pris le dessus sur le Mnla, qui a annoncé unilatéralement jeudi soir la fin de ses « opérations militaires ». (1)
Qui sont les Touaregs ?
Ce sont des populations berbères nomades musulmanes. Bergers, ils vivent essentiellement au Niger, au Mali, en Algérie et en Libye. Les Touareg sont organisés en tribus. Les hommes portent un voile indigo (tagelmust), d’où leur surnom d’« hommes bleus ». Ce sont des musulmans sunnites et ils parlent une langue berbère : le tamacheq. Nomades dans l’âme, les Touareg se nomment eux-mêmes Imazeren (hommes libres). Ce peuple compte de 1 à 3 millions d’individus, d’après l’Unesco ; 85% d’entre eux vivent au Mali où ils représentent 10% de la population.
La main de l’Occident dans le chaos sahélien ?
Nile Bowie attribue cet état de déliquescence à l’intervention indirecte des Etat-Unis. Il écrit : « (...) Bien que Sanogo ait visité les États-Unis à plusieurs reprises après avoir été choisi par le Pentagone pour participer à un programme international d’éducation et d’entraînement militaire parrainé par le département d’État états-unien, les représentants des États-Unis ont appelé les dirigeants du coup d’État au Mali à démissionner et permettre la tenue d’élections. (...) La justification principale du coup est la réponse inadéquate du gouvernement civil à une campagne permanente des Touareg en faveur du séparatisme dans le nord du Mali, bien que le désarroi récent à Bamako ait suscité la progression régulière des milices armées touarègue vers le Sud. Sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (Mnla), les milices armées auraient saisi la région nord-est de Kidal, incitant l’armée malienne, mal équipée, à abandonner ses positions stratégiques au nord (...) » (2)
« Même si l’on a imputé aux Touareg la déstabilisation dans le nord du Mali, il est davantage probable qu’Aqmi soit à l’origine de l’activité des insurgés dans la région. Le Mnla a déclaré que l’objectif de sa campagne pour l’indépendance est de développer un bastion pour se protéger de la violence d’Aqmi, tandis que Bamako a affirmé que le Mnla cherche à fonder un État islamiste strict en partenariat avec l’Aqmi (...) Avec la possibilité accrue que des soulèvements généralisés comme ceux du printemps arabe surviennent dans la région du Sahel, un afflux de réfugiés mettra une pression supplémentaire sur l’Algérie et le Niger. L’Algérie pourrait être déstabilisée davantage si la situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali et la France pourrait se sentir obligée d’intervenir dans les affaires de ses anciennes colonies, comme on l’a vu malheureusement en Côte d’Ivoire. Il y a un parallèle entre la crise au Mali et les événements en cours au Nigeria, une nation aux prises avec les activités des insurgés islamiques séparatistes de Boko Haram au nord. (...) L’afflux d’armes découlant du changement de régime par l’Otan en Libye a créé de nouvelles perspectives désastreuses favorisant une guerre civile au Mali, où les parties seraient lourdement armées. (...) Comme l’armée américaine s’oppose à l’Armée de résistance du Seigneur en étendant sa présence militaire par le biais d’Africom en République démocratique du Congo, l’aggravation de la situation au Mali et au Nigeria fournit une justification supplémentaire pour l’intervention étrangère et l’exploitation de la guerre. » (2)
Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que la boîte de Pandore libyenne en s’ouvrant a libéré toutes les forces centrifuges qui, il faut bien le dire, étaient d’une façon ou d’une autre maitrisées du temps de Kadhafi. Le chaos malien a ses prémices dans la dispersion de l’arsenal libyen laissé au grand jour par les puissances occidentales Royaume-Uni, France,Otan qui, après avoir réduit en miettes ce pays, dispersé ses forces, permis le lynchage atroce de son dirigeant, s’en lavent les mains pourvu que le pétrole coule et il coule sans discontinuer.
Un instituteur et directeur d’école malien dans une lettre au président français écrit : « Les Touareg qui formaient une partie importante de l’armée de Kadhafi ont déferlé sur le Mali et, n’espérant plus retrouver l’Eldorado perdu, ont choisi de retourner leurs armes contre ceux qui les ont toujours considérés comme leurs frères. En 2011, sous le mandat 1973 de l’ONU dévoyé par vos soins, vous avez, avec l’aide de certains de vos alliés et sur les conseils de Monsieur Lévy, fait attaquer la Libye par des forces coalisées. (...) Le prétexte évoqué pour justifier votre implication personnelle dans cette campagne anti-Kadhafi était votre engagement à protéger les braves populations de Benghazi et de Misrata, menacées par le Guide libyen, d’extermination. Ceci a abouti à son assassinat et à la dislocation totale des structures de l’État libyen. (...) Le problème est qu’en tant que président de « la France forte », soit vous avez agi sans grand discernement en n’ayant pas suffisamment apprécié toute l’étendue des immenses dommages collatéraux auxquels votre intervention allait aboutir ; soit vous aviez tout prévu grâce à vos géo-stratèges. Dans l’un ou l’autre des cas, incommensurable est votre responsabilité morale, car les conséquences en sont dramatiques.(...) Kadhafi a été sauvagement assassiné, grâce à quoi, maintenant, le pétrole et les marchés tant convoités de Libye sont à vos pieds. Mais en revanche : de nouvelles milices armées terrorisent, rackettent, torturent et massacrent chaque jour les populations en question. La Libye redeviendra difficilement une entité géographique, politique et économique stable puisqu’elle est en voie de dislocation et de morcellement. Des groupuscules infiniment plus dangereux que Kadhafi se positionnent çà et là et menaceront désormais la quiétude et la stabilité du monde entier dont celle de la France Forte. (...) Je vous suggère de vous poser une question simple : « Combien de vies, combien de foyers ai-je bouleversés, détruits de par mes actions en tant que Président de la-France-Forte ? » (3)
« Il faut dire et répéter que le facteur déclenchant de tout cela est l’intervention occidentale » en Libye. La sentence est sévère, elle concerne le Mali et est signée Eric Denécé, Directeur du CF2R (Centre français de recherche sur le renseignement). Coauteur en mai 2011 d’un rapport intitulé Libye, un avenir incertain, il y décrivait déjà les liens historiques entre Kadhafi et les Touareg en provenance du Mali, activement protégés et financés par le Guide dans les années 1990. « Kadhafi fait de nouveau parler de lui en 2005, en accordant à tous les Touareg nigériens et maliens présents sur son territoire une carte de séjour à durée illimitée. (...)Parce qu’il ne faut pas perdre de vue que c’est parce que cette même France, aux côtés d’autres puissances, a choisi de déclencher une guerre en Libye, que le Mali se retrouve aujourd’hui en lambeaux. » (4)
Dans une tribune publiée des intellectuels maliens, dont Aminata Traoré, fustigent « l’impérialisme » responsable de tous les maux et les élites : « Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’Etat du 22 mars 2012 et l’embargo total de la Cedeao, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’Otan en moins.(...) La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) vient d’être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ». L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué. (...) » (5)
« Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration « clandestine » et Al Qaîda (Aqmi). (...) Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi n°57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation commune des régions sahariennes (Ocrs). ».(5)
Epilogue provisoire
La junte malienne a finalement lâché le pouvoir. Soumis à d’intenses pressions internationales et locales, l’éphémère chef de l’Etat, le capitaine Amadou Haya Sanago, a accepté vendredi dans un bref discours à la télévision, de rétablir totalement l’ordre constitutionnel. C’est le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, qui va prendre provisoirement la tête de l’Etat malien. L’Union africaine (UA) s’est « félicitée » de l’accord.En théorie, la tâche de Dioncounda Traoré devrait se limiter, selon la loi fondamentale, à organiser une élection dans les 40 jours. Or, la tenue d’un tel scrutin est totalement illusoire dans ce Mali en plein chaos et divisé en deux par l’occupation du nord du pays par les rebelles touareg. Un vote reviendrait au mieux à conduire au pouvoir un président faible car mal élu et au pire à entériner la partition du pays. Le nord du pays est toujours occupé par des sécessionnistes touareg et des groupes salafistes. Pour faire face, les nouvelles autorités seront presque nues. Elles ne pourront compter ni sur l’armée, en pleine débandade ni sur des finances à sec. Les secours ne pourront venir que d’une aide extérieure.
Le danger pour l’Algérie
Ahmed Lagraa, ancien dilomate, fait remonter le chaos actuel à une décolonisation bâclée. « Le Sahel contient en son sein les ingrédients de son propre éclatement. Il est du ressort des politiques de chaque pays de s’ériger en démineurs. (...) (...) Il y a quelques mois, sur l’invitation d’une institution, un ex-ministre européen des Affaires étrangères a fait un exposé sur cet avenir qui attend les pays, notamment arabes. (...) Grosso modo, deux paramètres ont retenu mon attention : *le déplacement du centre d’intérêt de la grande puissance américaine vers l’Asie et le second, *céder l’Atlantique à la gestion de l’Otan comme nouveau gendarme pour cette région occidentale de la planète ». (6)
« Autour de la région du Hoggar, riche en matières premières, nous avons l’impression pense Mohand Tahar Yala ancien général que des forces veulent vider cette zone stratégique pour nous imposer des solutions à nos dépens ! L’Algérie ne peut rester muette avec ce qui se passe à nos frontières Sud. Notre pays doit avoir une réaction vigoureuse. Avoir une position d’un pays fort, qui peut servir d’intermédiaire régional ou, si les belligérants outrepassent leurs engagements, imposer sa force. C’est ce qu’on doit faire au Mali avec les derniers dangereux développements. Ou nous sommes offensifs ou nous sommes perdants ! » (7)
Au-delà de la nécessité de faire tout pour récupérer les diplomates enlevés, le problème de l’Algérie est complexe. Certaines parties la poussent à s’engager dans le conflit. Ce serait dangereux. Il ne faut pas être naïf tout le monde attend que l’Algérie soit le prochain domino à commencer par nos frères et voisins. Le plus grand pays d’Afrique, qui contient des richesses insolentes et prometteuses ne peut pas laisser indifférent en ces temps de pénuries d’énergie et de matières premières. Il ne faut pas croire que nous en sortirons indemnes si nous ne faisons rien pour nous protéger. Il est urgent plus que jamais d’informer et de mettre en garde et d’affirmer plus que jamais ce désir d’être ensemble loin du régionalisme et des courtes vues. Le destin de l’Algérie ne se décide pas à la foire aux sièges de députés promis par les élections où l’on voit les partis politiques s’agiter frénétiquement sans cap si ce n’est le verbiage de la langue de bois qui n’a plus cours. Les jeunes qui porteront l’avenir doivent avoir, toute affaire cessante, une perspective de sortie. L’heure est grave, nous avons besoin d’unité. Seul le parler vrai et partant, l’alternance sereine permettra de prétendre à une Algérie heureuse fascinée par l’avenir, unie, bien dans son identité et ce faisant réfractaire à toute manipulation. Amen.
Professeur Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique enp-edu.dz
1. Mali : les rebelles touareg du Mnla proclament l’indépendance AFP 06.04.2012
2. Washington et la déstabilisation politique de l’Afrique. Après le coup d’État, une guerre séparatiste menace le Mali. Nile Bowie Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca Le 4 avril 2012 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30142
3. Mamadou Dramane Traoré http://www.legrandsoir.info/lettre-d-un-malien-a-monsieur-sa...
4. Marianne 2 Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-mali-consequence-de-l-interve...
5. Forum pour un Autre Mali (Foram) Chronique d’une recolonisation programmée. Bamako, le 04 avril 2012
6. Ahmed Lagraa : Etats sahéliens nés de la décolonisation. La menace d’implosion 07.04.2012
7. Général Mohand Tahar Yala. http://www.elwatan.com//actualite/le-changement-ne-peut-etre...
Chems Eddine CHITOUR
URL de cet article 16340
http://www.legrandsoir.info/la-partition-du-mali-premier-domino-apres-l-effritement-de-la-libye.html
4-3 Yoro SOW : Nord- Mali : Le MNLA n’existe que par les medias français.
Après l’occupation des trois régions dans le nord de notre pays, on se rend compte que le Mouvement national pour la libération de l’Azaouad n’est qu’une coquille vide. Sur le terrain, la réalité est triste pour la France, sa marraine, il ne contrôle rien. Partout, il est chassé par les éléments du mouvement islamiste Ançar- Dine et des salafistes d’Aqmi, les maîtres incontestés des zones.
Au grand désespoir d’Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères.
Financé, armé par la France de Nicolas Sarkozy, le Mouvement national pour la libération de l’Azaouad (MNLA) dont on avait surévalué la force de frappe s’est révélé sur le terrain face à d’autres bandits comme un tigre en carton.
la très faible armée malienne a quand même été éjectée militairement des principales villes du Nord Mali dans des conditions suffisamment calamiteuses pour que les jeunes capitaines maliens s'en prennent à leurs dirigeants
Il ne contrôle aucune zone dans le Nord. La preuve, ces combats ont été chassés de Tombouctou, de Gao, où ils ont été ligotés suite à l’enlèvement du consul d’Algérie. Mais sur les médias français, ??????
on a l’impression que le MNLA domine la situation. Alors qu’il n’en est rien.
Les vrais maîtres de ces zones sont le mouvement Ançar- Dine et l’Aqmi.
- anti islamisme à la sauce toulousaine !
Il faut que les Maliens comprennent que l’existence du MNLA est due aux médias et autorités françaises qui ne cessent de monter des surenchères pour mettre au devant de la scène leur moribond MNLA. La force de frappe qu’Alain Juppé, le pyromane du Rwanda, ne cesse de clamer sur les médias français de la haine, n’est que de la diversion.
> Selon ses louanges sur RFI, les rebelles du MNLA sont aguerris au combat et compte des colonels valeureux en son sein et mieux armés du pillage des stocks d’armement de la Libye et du largage des armes françaises sur eux. Où sont- ils, Juppé ? Que représente leur armement ?
> Dans leur propagande médiatique, les médias français ne diffusent que des anciennes images des soldats libyens en démonstration de force au temps de Kadhafi. Uniquement dans le seul but de créer la panique au sein de l’opinion publique malienne et dans les rangs de l’armée.
> Si on veut amener les autorités maliennes à négocier avec des gens qui n’existent que par des médias, il y a un pas que les nouvelles autorités de la transition ne doivent pas franchir. En le faisant, le risque sera de nous conduire encore dans un autre chaos.
> Selon Alain Juppé, la solution touareg passe par le dialogue et les négociations. Ce dernier pense que les Touareg sont des laissés pour compte de la société malienne. Il se trompe. Tous les observateurs de la scène politique malienne, ces dernières années, le démentiront, s’ils sont de bonne foi. Tous les projets ou programmes de développement on été confiés aux cadres touaregs qui s’agitent aujourd’hui. Au lieu d’un développement véritable de leurs localités, ils ont préféré la belle vie à Bamako et dans les capitales européennes.
> Le Mali ne cédera aucune portion de son territoire à une poignée d’agitateurs, rejetés par leur propre communauté. Ils ne défendent aucune cause. Sauf leurs propres intérêts et ceux de la France haineuse.
> Nous invitons Alain Juppé à revisiter l’histoire du Mali. Au lieu de lancer des diatribes contre le peuple malien, le ministre français doit savoir que les Touareg, dont il défend leur cause perdue de la création d’un Etat indépendant n’ont jamais formé une entité politique dans l’histoire du Mali. A titre de rappel, ils payaient le droit de sol, c’est-à-dire d’installation, aux Sonraï.
> Après les différentes condamnations qui ont accompagné la création de «son Etat» sur le sol malien, la France ne compte pas lâcher du lest. Son plan B serait la création d’une République fédérale du Mali ou d’une autonomie pour la Région de Kayes.
> Signer un autre accord, en plus du Pacte national, du Livre Blanc et de l’Accord d’Alger, reviendrait à la mort du Mali dont aucun Malien digne de ce nom n’acceptera.
> Le seul langage pour le MNLA, c’est les armes. Le dialogue, c’est avec Ançar- Dine dont les éléments eux se considèrent comme des Maliens
et maintenant main tendue aux islamistes !
Yoro SOW
Inter De Bamako du 11 avril 2012.
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme - Article 19
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