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06/05/2008

n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 - Fin 5-2 Cargos de nuit (vague n° 1,2 & 3) : Le commerce des armes et ses ramifications

n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 - Fin -« Nous ramènerons l'Irak à l'âge de pierre ! » Colin Powell

Les Dossiers d'Irak - Fin -

N° 357                        6/05/08

Par M.Lemaire        


5-2 Cargos de nuit (vague n° 1,2 & 3) : Le commerce des armes et ses ramifications dans le monde.

Je vous propose de jeter un regard à nouveau sur le commerce des armes et ses ramifications dans le monde et spécialement en Europe ou Proche-Orient et en Afrique... L’actualité en effet met le projecteur à nouveau sur ce fléau, via un pays au bord de la guerre civile, où des hommes sont ravitaillés par des conteneurs bourrés d’armes.
Extrait  Le hic, c’est qu’il n’est pas le seul à bénéficier d’un laxisme évident à propos de la circulation des armes à bord de porte-conteneurs, censés être inspectés, en réalité perdus sciemment dans la masse vertigineuse des énormes bateaux, capables aujourd’hui d’emporter près de 10 000 caisses à la fois. Des bateaux aujourd’hui plus grands que le Queen Elisabeth ou plus longs qu’un porte-avion comme l’USS Enterprise  ! S’y ajoute une véritable mafia d’équipes de surveillance portuaire qui ont parfois de bien étranges ramifications politiques, et des Etats fournisseurs qui ferment les yeux au nom de profits gigantesques ou qui ont abandonné tout droit de regard sur la gestion de leurs ports, devenus d’étranges zones de non-droit étatique. Comme cette enquête est longue et ardue, je vous propose de l’effectuer en plusieurs fois, en plusieurs vagues, dont voici la toute première, en commençant tout de suite par le cas qui nous retient aujourd’hui, celui du cargo An Yue Jiang et de sa cargaison maudite, et de tenter de voir après comment se font ces envois d’armes via des conteneurs anodins. Au-delà de la possibilité d’un coup tordu (coup d’Etat ou entretien d’une guerre civile), arrêtons-nous un instant sur la nouvelle brute. Les agences fournissent d’emblée le nom du bateau, le An Yue Jiang, et même sa photo. C’est un porte-container classique de taille conséquente (149 m de long pour 21,80 de large) croisant à 14,5 nœuds de moyenne construit à 6 exemplaires en 1986 (il n’est donc pas tout neuf, ce dont on se doute à voir la rouille de sa poupe !), respectivement les AN QING JIANG, AN XIN JIANG, AN YUE JIANG, AN ZE JIANG, AN GUANG JIANG et AN SHUN JIANG. Tous ont été construits de 1980 à 1987 et ont la Chine comme port d’attache... à Guangzhou, mais sont affrétés à Damman, en Arabie saoudite par AL BOKHARI SHIPPING TRADING & IND. INTL, une division locale de COSCO, pour China Ocean Shipping (Group) Company. Les bateaux immatriculés en Chine sont donc gérés et affrétés... par des Saoudiens. Qui ont ouvert en 2007 un énorme complexe pour porte-containers de 300 millions de rials, décidé par le feu roi Abdelaziz, faisant passer la capacité d’accueil de 800 000 Teu à 2 millions. Le tout géré par un système entièrement neuf, avec un suivi électronique des marchandises vanté par les autorités portuaires saoudiennes... "Now all import cargo documents are exchanged electronically between the shipping agents, the custom brokers, the customs department, the Ports Authority and the port operating companies. Export documents are currently in implementation", dit le dépliant publicitaire. Tout va bien donc dans le meilleur des mondes, celui du trafic de conteneurs et son commerce florissant, dans un conteneur où l’on peut cacher ce que l’on veut, ou plus exactement on peut faire circuler ce qu’on veut si on contrôle à chaque bout le chargement. Et c’est bien cela le problème. COSCO est depuis plus de vingt ans sur la sellette, et personne n’est capable d’arrêter son expansionnisme. Même pas Maersk, devenu le super-géant du transport par conteneur, après son rachat de P&O Nedllyold en février 2006. Ces 77 tonnes d’armes, en effet, ne sont pas de la contrebande, car elles proviennent d’un accord militaire dûment signé il y a plusieurs mois auparavant et sont donc susceptibles d’être utilisées ici par un dictateur pour restaurer son autorité perdue par les urnes. Ceci nous amène directement à nous poser la question de la libre circulation d’armes à bord de containers de bateaux civils, dûment affrétés par des compagnies qui ont pourtant toutes signées un accord sur le contrôle des containers, accord proposé dans tous les ports importants par les Etats-Unis, après les attaques du 11-Septembre. Sous le nom de Maritime Transportation Security Act (MTSA) et signé le 25 octobre 2002, l’accord devait assurer contre toute attaque terroriste via un port : "This law is the U.S. equivalent of the International Ship and Port Facility Security Code (ISPS), and was fully implemented on July 1, 2004. It requires vessels and port facilities to conduct vulnerability assessments and develop security plans that may include passenger, vehicle and baggage screening procedures ; security patrols ; establishing restricted areas ; personnel identification procedures ; access control measures ; and/or installation of surveillance equipment". En 2007, l’administration Bush a souhaité aller encore plus loin dans la surveillance, pour se heurter aux dures lois du temps d’immobilisation des monstres des mers et l’impossibilité de tout scanner. C’est tout simplement impossible à faire, et ce ne sera pas fait, car beaucoup trop ont intérêt à ce que cela ne se fasse pas. En priorité, les sociétés d’armement, qui y voient une perte de temps et donc une perte avant tout d’exploitation. En fait, l’analyse va démontrer une chose : les seuls à pouvoir contrôler ce qu’ils veulent, ce sont les sociétés américaines, ce sont elles qui fournissent les scanners géants pour conteneurs et contrôlent même l’accès de certains terminaux via leurs sociétés de sécurité portuaires composées de mercenaires recrutés par elles seules. Résultat, elles acceptent de faire passer ce qu’elles veulent, à savoir leur propre contrebande d’armes ou de drogue si besoin est, quitte à dénoncer celle des autres dans le seul intérêt de sauvegarder leurs marchés forts lucratifs. Là-dedans, l’Etat américain n’a même plus son mot à dire. Et les militaires peuvent ou non sélectionner eux aussi ce qu’ils désirent voir ou ne pas voir. Nous avions déjà évoqué le problème ici, où des officiers peu regardants et pourtant haut placés semblaient bien participer aux trafics illicites d’armes. Des entreprises avaient été clairement épinglées, qui détournaient les armes destinées à la police irakienne. Aucune n’a été arrêtée à ce jour. Tous les jours, des centaines de porte-conteneurs sillonnent en effet le monde. A bord, de tout, du papier toilette aux tondeuses à gazon en passant par les jouets chinois et les AK-47 : depuis que le procédé est apparu au début des années 70, il est devenu incontournable pour tous ceux qui désirent commercer dans le monde entier, sans avoir à montrer directement le contenu de ce commerce. Dans ces immenses cargos de nuit aux allures paisibles circulent donc aussi des armes. Chez certains, c’est même une évidence reconnue. Si je vous montre cette photo (STR/AFP/Getty Images) d’enfants se baignant dans le canal de Suez au passage d’un porte-container, vous n’imaginez pas que ce dernier est un bateau... militaire. Et, pourtant, c’est bel et bien le cas. C’est le SS Westward Venture, il n’est pas nouveau, car il date de 1977, fait 790 pieds de long (240 m !) et avance à 24 nœuds. C’est un navire assez atypique avec une allure reconnaissable de loin avec sa rampe de chargement centrale accédant à une sorte d’étage à container. Armé par une société Alaskane, il est entré après vingt-huit ans de bons et loyaux services comme porte-container de l’armée au Military Sealift Command en juillet 2006, après avoir servi de transport pendant la première guerre du Golfe. Avant d’intégrer l’armée, il travaillait pour Totem Ocean Trailer Express (TOTE) dont le développement fulgurant avait reposé sur l’exploitation du pétrole de Prudhoe Bay en Alaska. Tote a été rachetée depuis par Totem, devenu depuis Saltchuk Resources, société sise à Seattle. En 1997, la firme signe un accord pour le transfert régulier "d’engins agricoles" vers la mer Noire. Tout le monde se doutait que sous le vocable agriculture se cachait tout autre chose. Oui, mais, vous allez me dire, c’est surveillé de près tout ça. Et c’est exact. Le 3 octobre 2001, on apprenait par exemple que la firme Lockheed Martin a signé un important accord avec la... Roumanie pour la surveillance par radar du trafic maritime en mer Noire. Un radar, dans le port de Constantza. Un port qui dispose de 4 terminaux contrôlés par les sociétés Socep, Constantza South Container Terminal, Umex and APM Terminals, une société d’origine danoise devenue depuis A.P. Moller Maersk et première mondiale pour le trafic de container. APM est en fait très présent au Nigeria notamment à Lagos Port Complex (Apapa), mais aussi en Equateur ou en Jamaïque. Et partout quasiment dans le monde. Odessa, le port pivot du trafic d’armes à partir de l’Europe centrale, est aussi desservi, et plutôt bien même. Maersk y recrute même ses treize personnes pour son bateau géant de 397 m de long, mais transporte aussi par avion cargo si le besoin s’en fait sentir. Maersk dispose de ses quais, gérés par la firme seule, au détriment des droits du pays qui l’héberge le plus souvent. Ses géants entrent dans près de 90 ports américains sans problème de papiers, car ces 90 ports, justement, sont tous gérés aux Etats-Unis même par des compagnies privées étrangères !

"At least 90 terminals at America’s largest ports are today operated by foreign companies, according to an excellent survey by the Washington Times that appeared on Feb. 22. The largest operators are China Ocean shipping Company, APM Terminals (Denmark), APL (Singapore), Hanjin Shipping (South Korea ), and three Japanese companies, Kawasaki, Kisen, Kaisha Ltd, Mitsui O.S.K. Lines, and Ceres Terminals." A noter que dans la liste apparaît justement COSCO (China Ocean Shipping Company), la compagnie chinoise détentrice de bateaux géants. Des géants qui ont parfois du mal à gérer leur taille, comme sur cet exemple où un navire Cosco, le Cosco Busan, de 810 pieds (246 m) et 65 131 tonnes s’est payé le 8 novembre dernier le pilier du San Francisco-Oakland Bay Bridge, pourtant bien visible (même si on invoque le brouillard !) en provoquant une mini-marée noire. Une première à cet endroit. En résumé, il y a bien longtemps que les ports et leur contrôle échappent à la vigilance des Etats.

Déjà, sous l’ère Clinton, aux Etats-Unis, l’affaire COSCO avait fait... des vagues. En janvier 1998, en effet, il y a dix ans donc, à la surprise générale, Clinton signait un accord étonnant avec la firme chinoise, lui accordant tous les droits de gestion des terminaux de conteneurs bâtis sur ce qui fut une ancienne base navale de la Navy , située à Long Beach en Californie. Les journaux titrent alors "l’armée chinoise contrôle le plus grand port de la côte Ouest". Pour ne rien arranger, les Américains découvrent que la firme est très liée au WAMPOA-HUTCHINSON GROUP, qui n’est rien d’autre que celui gérant... le canal de Panama. Ou qui gère Europe Container Terminals, en Hollande ou celui de Karachi, au Pakistan. Des sites droitistes tirent la sonnette d’alarme : à proximité de Long Beach, on trouve le Pacific Missile Test Center, le centre d’essai des missiles, le U.S. Naval Weapons Station, qui gère les tests de nouveaux armements navals, ou la flotille navale de sous-marins n° 5 ou un peu plus loin encore... la Silicon Valley. En 2006, on apprend que W. Bush a sélectionné Wampoa-Hutchinson pour détecter des possibles armes nucléaires à bord de conteneurs... tollé général aux Etats-Unis "The Bush administration selected Hong Kong-based Hutchison Whampoa to operate a U.S.-made nuclear weapons detection system at a container ship port in the Bahamas". Pour appuyer encore sur la crainte terroriste, on découvre dans un des conteneurs de COSCO trente-deux immigrants clandestins chinois entassés au milieu des cartons. Un commentateur fait remarquer que "COSCO ships have carried weapons to Iran, Iraq and Cuba ". Et rappelle un autre haut fait d’arme, sans jeu de mots, de la firme chinoise : "in 1998, U.S. intelligence agencies tracked a COSCO freighter from Shanghai to Karachi, Pakistan , with a load of weapons-related goods, including specialty metals and electronics used in the production of Chinese-designed Baktar Shikha anti-tank missiles".

Chez les républicains, on évoque plutôt le cas des chèques accordés par les Chinois à la campagne de Clinton... par le lobbyste taïwanais Johnny Chung. Chung avouera plus tard avoir reçu 300 000 dollars directement de Liu Chaoying, le colonel de l’armée chinoise à la tête des lancements spatiaux, pour alimenter les caisses démocrates. Chung sera reçu quarante-neuf fois de suite à la Maison-Blanche par les époux Clinton. Sa déposition devant le comité de la Chambre des représentants sera édifiante. Il évitera de peu trois tentatives d’assassinat, et travaillera même pour le FBI, le corps complètement gainé de câbles et de micros pour tenter de piéger ses anciens amis de la Chine rouge. En se comparant dans sa biographie à... Forrest Gump. Mais ce n’est pas le seul cas auprès de l’administration américaine. Le successeur de Clinton, W. Bush, choisissant lui un autre camp... celui de ses amis de toujours, les Saoudiens. En 2006, un accord passé entre APM Maersk et la ville de New York annonçait que la ville louait bien une partie des terminaux à APM, mais que désormais sa sécurité dépendrait de "Dubai Ports World" : à huit ans d’intervalle, l’administration Bush refaisait le coup de Long Beach, en cédant tous ses droits sur la gestion cette fois du port principal de la côte Est, mais aussi quelques autres et non des moindres : la Nouvelle-Orleans ou Miami, autres plaques tournantes des trafics en tout genre. Le capitalisme avide a engendré une hydre supra-nationale, qui décide désormais de qui peut entrer dans les ports d’un pays et y faire ce qu’il souhaite. En 1995, pourtant, le M/VEmpress Phoenix de COSCO avait été arraisonné par les douanes américaines. On avait découvert à bord de ces conteneurs 2 000 AK-47 destinés aux gangs de Los Angeles... On le retrouve en 2007 à inaugurer un service en compagnie de la CMA CGM , une société dont on connaît bien ici un autre fleuron...

Il n’empêche, W. Bush choisit lui aussi d’abandonner sa souveraineté nationale aux portes de ses principaux ports : "Dubai Ports World was scheduled to assume a 30-year lease and manage port operations of the Port Newark Container Terminal LLC in the Port of New York and New Jersey, as well as acquire terminals in Baltimore, Miami, New Orleans and Philadelphia in March 2006. Except for cargo screening functions performed by the U.S. Department of Homeland Security (“DHS”), the port operator is responsible for securing all cargo entering and exiting the port, maintaining the port facility itself, and hiring port security personnel ; yet, approximately 8% of containers entering U.S. ports are inspected by DHS, while the rest are monitored by the port operator". Une décision surprenante, diversement appréciée. A l’autre bout de la chaîne, en effet, on retrouve... l’Irak. C’est Maersk en effet qui gérait entièrement le terminal de Zubair en eau profonde en Irak depuis avril 2003, ce que d’aucuns avaient perçu comme un cadeau pour l’aide du Danemark au sein de la coalition : "Maersk was given control of Zubair by the invading troops, a political plum to reward Denmark for participating in the invading coalition forces". Le contrat en avait étonné plus d’un : "Lots of people were trying to make use of the chaotic situation to get themselves lucrative contracts.But Maersk were the most blatant of them all and openly took advantage of the situation. (They) presented us with a contract that had been signed by a low-ranking officer of the U.S. military who had no authorization to make such a deal." He called the terms of the contract so favorable to Maersk that it was "almost ridiculous." Maersk got 93 percent of all port fees plus almost $15,000 a day. Des contrats aussi juteux comme ça, en effet, ça ne se dégotte pas tous les jours. Au point de se faire tirer quand même l’oreille : en 2005, le 4 mars, le contrat n’est pas reconduit par le gouvernement irakien, qui n’y trouve pas son compte, certains diront plutôt son bakchich. L’ancien ministre des Transports, Nabil Atta dira même : "Maersk ruined everything for themselves. We were ready to give them a long-term contract for the port but the Maersk people... kept making demands that were completely unreasonable." A force d’avoir trop voulu pomper l’argent... Ailleurs, en Irak, c’est une autre firme qui décroche un autre contrat : à Um Qasr, "Stevedoring Services of America was given a no-bid contract by the US military, even before the invasion began, to operate half the terminals." Stevedeoring sera racheté en 2006 par SSA Marine. La firme fera appel à une bien étrange société pour sécuriser ses envois : Olive, une firme anglaise du type Blackwater. En résumé, ce sont des mercenaires privés qui vont "superviser" le trafic de container partant ou arrivant à Qasr. Là encore, l’administration américaine s’en lave les mains, et le gouvernement fantoche irakien aussi, fermant les yeux sur les trafics qui peuvent se mettre en place, faute d’autorité réelle. "SSA Marine was awarded a sub-contract last year (2003) for security at the port of Umm Qasr in Iraq to Olive Security, a United Kingdom-based company. The USAID-approved sub-contract of six months commenced last October 15 with the arrival of a team of 40 veterans from the Brigade of Gurkhas at the facility". Olive s’occupe également de la sécurité du mort de Dubai... ou son but est de développer je cite "the new makert enter strategy".

A l’origine du contrat, du favoritisme pur et simple : Tony Allum, père du fondateur d’Olive avait rencontré à plusieurs reprises les dirigeants de Bechtel pour préparer le terrain : "Olive came under scrutiny in 2003 after it emerged that the co-owner’s father, Tony Allum, visited Washington to meet with Bechtel leaders as an envoy of Iraq Industry Working Group, an arm of the British government. Allum and his son deny any contracts were awarded due to favoritism. Under another U.S.-Bechtel deal, Olive provided security in Mississippi for travel trailers and mobile homes in the wake of Hurricane Katrina". Ces mêmes mobile homes aujourd’hui fortement critiqués : ils sont bourrés de Formaldehyde et envoient tous leurs occupants rendus malades à l’hôpital. La société Olive est essentiellement composée d"anciens militaires anglais reconvertis dans le business militaire, à l’image de Blackwater et ses contrats juteux. Olive a son siège désormais à Dubai et... la boucle est bouclée : à chaque bout de la chaîne de transport, ce sont les mêmes mercenaires. En cas de problèmes juridiques, la société fait appel à un cabinet d’avocats de Dubai. Baker, Botts, LLP, fondé par l’ancien secrétaire d’Etat américain du père de W. Bush, James Baker, ancien de Reagan également. En 2006, c’est à lui que le président a confié un groupe d’études sur l’Irak... Evidemment, ses propositions restèrent dans le domaine du... risible, si le sujet n’avait pas été aussi grave... L’homme pointe toujours ses jetons de présence au Carlyle Group. Etant lui-même impliqué financièrement dans le relèvement de l’Irak, c’était bien le dernier à qui confier ce rôle ! A tous les étages, on rencontre soit du favoritisme, soit de la corruption, soit de l’irresponsabilité : à chaque bout du trajet commercial des conteneurs, on a des mercenaires et non un Etat. A partir de là, ce n’est plus la peine de croire que l’on peut échapper au trafic de drogue ou d’armes. L’argent prime largement sur le souci de la sécurité nationale. La guerre a bien été privatisée, comme l’avait dit un jour Donald Rumsfeld, dirigeant des armées et consultant chez Northrop Grumman Aerospace, l’un des plus gros fournisseurs en matériel de guerre de l’Etat américain.

Mais revenons-en donc à notre exemple de porte-conteneur américain resté au milieu de notre canal de Suez au début de l’article. Avant de devenir le Westward, ce bateau s’était fait appeler l’Atlantic Bear, sous le nom duquel il avait été testé par l’armée en 1983 avec le MV Cygnus, qui possédait lui deux grues de 35 tonnes à bord. Le bateau, l’année dernière encore, chargeait des engins Strykers à Bremerhaven destination l’Irak, comme le faisait son collègue l’USNS Mendonca de 950 pieds de long 62 000 tonnes de déplacement. Lancé lui le 14 avril 1999. C’est en effet un des dix-neuf cargos porte-containers de la Navy, dont le Bob Hope, du nom du célèbre amuseur national, qui a donné son nom à la classe de bateaux ! Un porte-conteneur à qui il est survenu une drôle d’histoire... vendredi 25 avril dernier, le SS Westward Venture a en effet tiré sur des vedettes iraniennes qui s’approchaient trop de lui, au canon de 50 et à la mitrailleuse de 30. Le bateau était donc bel et bien armé. Comme quoi ce peut être bien trompeur, aujourd’hui un porte-conteneur... Demain, nous suivrons les aventures de ses collègues et surtout les ramifications auprès des vendeurs d’armes, et nous irons même visiter... Anvers. Pour ce qui est du An Yue Jiang, pour l’instant, il a accosté en Angola, autre fief de la corruption et pays de tous les trafics que connaissent bien les Français via des personnes célèbres ici, tels le fils Mitterrand et notre grand visionnaire de salon Jacques Attali. Pendant qu’il est à quai, les affaires continuent... Dans les deux précédents articles, nous avons beaucoup évoqué le sort des containers en mer. Aujourd’hui, je vous propose de les suivre à terre, et spécialement à des endroits bien précis que sont les dépôts de munition, pour lesquels, comme pour beaucoup d’autres biens ils sont devenus indispensables.

Dans un seul, on peut glisser des millions de cartouches, de quoi alimenter un coup d’état, une sédition, une révolution ou une guerre civile. C’est selon. Dans ces endroits terrifiants que sont ces dépôts vaquent des gens conscient du danger... et parfois des gens qui le sont moins. En tout cas, ce sont bien souvent les points de départ des pires trafics existants.Les armes de contrebande, ça se trouve en effet au départ à des endroits précis. IL y a deux types d’armes : les neuves, sortant d’usine, et les usagées, le marché de seconde main. Celles qu’on trouve dans des dépôts où on sont entreposés ces anciens armements en attente de destruction, le plus souvent. Des dépôts, parfois gigantesques, où s’entassent obus, roquettes et balles ou vieux chars d’assaut, que des mains précises manipulent pour les classer ou pour préparer les commandes d’un quelconque marchant de mort. Ces endroits proviennent le plus souvent des lendemains de la guerre froide, qui ont rendu obsolètes un bon nombre de des armements, tels les canons ou les obusiers, les missiles ayant désormais la faveur des chefs militaires modernes. Des dépôts plutôt méconnus, dont on apprend parfois aussi l’existence quand une erreur de manipulation des artificiers qui s’en occupent provoque un embrasement généralisé. Dans ces endroits de mort, 153 explosions ont ainsi eu lieu en effet entre 1995 et 2007, tuant au total 2 575 personnes, dont une explosion à Lagos, au Nigeria le 27 janvier 2002 dans un dépôt situé au beau milieu d’un quartier résidentiel compte pour la moitié. Au Mozambique, à Maputo, par exemple encore, le 27 mars 2007, un dépôt de ce type avait sauté, provoquant la mort de 83 personnes. Le pays venait juste de sortir d’une guerre effroyable et rassemblait des munitions éparpillées un peu partout. Cinq heures après le début des explosions des engins sautaient encore. La température extérieure locale de 35°C ayant peut être provoqué le désastre. A Bangkok, en 2001, un dépôt du même genre de l’armée Thailandaise avait tué 14 personnes à Pak Chong, dans la province de Nakorn Rathchsima. Ces explosions de dépôt sont parfois le seul moyen de savoir ce qui s’y tramait. Or ce n’est pas toujours très reluisant. Censés être surveillés ou sécurisés, ils sont le lieu des pires trafics. Et certains finissent dans d’étranges circonstances, que l’histoire tend à reproduire avec une constance... désarmante, sans mauvais jeu de mots.
En 1988 déjà, au Pakistan, l’explosion d’un dépôt de munitions à Rawalpindi, démontrait déjà que les armes qui y étaient déposées étaient douteuses dans tous les sens du terme : les armes se voulaient au départ un "cadeau" des USA aux moudjaheddines afghans pour lutter contre les soviétiques. Pour ne pas que cela apparaisse officiellement, les armes avaient achetées à partir de 1980 au marché noir aux soviétiques eux-mêmes, par la CIA via des marchands d’armes écrans, et entreposées au dépôt d’ Ojiri en attendant d’être livrées, sous la garde de l’ISI, qui souhaitait lui les vendre, et pas autre chose. L’argent de la vente était allé en fait directement alimenter les recherches d’Ali Khan sur la bombe atomique pakistanaise ! Les américains, soupçonnant cette corruption des fonctionnaires pakistanais avaient bien envoyé des émissaires pour vérifier le dépôt, histoire de savoir s’ils avaient été bernés ou pas. Quelques semaines avant leur arrivée, le dépôt sautait fortuitement, entraînant la mort de plus de 100 personnes et en blessant près de 1000. La thèse officielle retenue alors fût celle de l’accident, alors qu’une enquête parallèle de l’ISI permit de découvrir après coup qu’il s’agissait bien d’un sabotage pour cacher le vol massif des munitions. Selon l’ambassadeur US de l’époque, il y en avait pour plus de 125 millions de dollars de partis en fumée. Ironie du sort, vingt après, c’est à Rawalpindi que Benazir Bhutto se faisait assassiner. Et vingt ans après, le même procédé destructeur allait réapparaître... en Albanie.
Le 14 octobre 2006, un autre dépôt qui part en fumée : c’est le dépôt américain en Irak de Camp Falcon qui saute, siué en bout de piste de la base aérienne de Al-Habbaniyah (Al-Anbar), à 13 km au Sud de Bagdad. Pour les troupes sur place il s’agirait d’un accident, pour les insurgés le résultat d’une attaque au mortier sur un dépôt où les pièces d’artillerie lourde étaient déposées à l’air libre, seulement entourées d’une barrière extérieure en béton. L’incendie et des explosions titanesques se succéderont toute la nuit. A ce stade, déposer ainsi des bombes l’une sur l’autre est de l’inconscience pure et simple, tous les observateurs le font remarquer le lendemain du désastre. Des soldats US en goguette filment ce soir-là le désastre sans prendre conscience de l’étendue des dégâts, qui semblent bien occasionnés au départ par des tirs de mortier extérieurs. Le lendemain, le camp est totalement dévasté. Seuls restent les vestiges de conteneurs, dont beaucoup portent des noms de sociétés commerciales de transport par bateaux bien ordinaires. Le bilan réel des morts et blessés ne sera jamais officiellement connu ; pour certains il aurait atteint les 165 blessés chez les américains, et 122 morts chez les irakiens de la police. Des chiffres assez surréalistes, beaucoup pensent que les blessés auraient pu atteindre la centaine, mais on n’a jamais réellement su le nombre de morts du côté US, l’image étant trop mauvaise dans l’opinion américaine. Une liste très certainement fausse, de soldats morts circule le lendemain sur internet à partir des réseaux pro-irakiens, mais elle ne présente aucune garantie d’authenticité. Les spécialistes militaires distinguent dans les explosions des bombes au phosphore (les nuages blancs sur les vidéos), pourtant interdites par la convention de Genêve, et des bombes à l’uranium appauvri (les explosions avec multiples flammèches). Les secondes sont un désastre écologique, car le camp est en bout de piste de la base et le souffle des avions va évacuer ces débris cancérigènes partout dans la région... jusque Bagdad même. Les explosions révèlent surtout l’inconsistance de la gestion du parc d’explosifs, déposés à la va-vite dans une aire aussi peu sécurisée. En fait, pour les militaires US, le contrôle des conteneurs à munitions est un véritable casse-tête : il y en a 60 000 désormais d’éparpillés en Irak, qui, s’il étaient mis bout à bout feraient 225 miles (362 km). Lors de la récente opération "TheSurge" de renforts US, ce sont 14 315 conteneurs qui ont été apportés en supplément. Empilés, il feraient 91 Empire State Building l’un sur l’autre ! En prime, comme beaucoup appartiennent à des compagnies maritimes, leur location mensuelle grève le budget militaire d’autan : 11 dollars par jour pour un conteneur de 20 pieds (6m), le plus répandu. Ce n’est qu’en 2006 que le COSCOM s’est aperçu de ce que ça lui coûtait, en traçant mieux les conteneurs loués et en les faisant retourner plus vite. L’économie passant de 3 millions/mois à moins de 300 000 dollars par mois. Il n’empêche : il aura fallu trois ans de gabegie pour que les militaires en prennent conscience. Sans pour autant se formaliser de la présence de bombes au phosphore dans leurs dépôts militaires.
Le troisième exemple est albanais, et c’est bien le pire de tous. Le samedi 15 février, c’est à Gerdec, près de Tirana, qu’un dépôt explose. Le souffle est ressenti à des kiomètres de là, à Skopje, devenue capitale de la Macédoine (à 200 km de là !) et les rares qui filment l’événement jetés au sol. Un énorme champignon noir se forme au dessus du village . Les seuls exemples que l’on ait de champignon non nucléaire montant aussi haut sont les expérimentations menées en plein désert par l’armée US, explosions qui en rappellent étrangement d"autres. Ça, ou celle du Pepcon en 1988 au Nevada également, à base de perchlorate d’ammonium, le comburant des boosters de fusées à poudre (comme dans Ariane 5). Les soviétiques utilisaient également le perchlorate dans leurs missiles, qui auraient pu être entreposés de la sorte en compagnie des milliers d’obus présents, ce qui rendait le site encore plus dangereux. On trouve au 25 janvier 2005 une demande de l’armée américaine à une firme, American Pacific Corporation, pour la fourniture de 2 000 livres de ce matériau. La firme, qui fait aussi dans le phamaceutique, fait aussi dans le carburant pour fusées. C’est à elle qu’appartient le site ravagé de Pepcon, à l’origine un nom déposé pour le traitement électrochimique de l’eau. Suite à l’explosion de 1988, le site a été déménagé à Cedar City l’année suivante. Dix ans après, une enquête démontre que le site originel a pollué toute la nappe phréatique lors de l’explosion. A Gerdec, Les sauveteurs dépêchés sur place découvrent une scène d’apocalypse, le dépôt ayant continué à exploser pendant 14 heures d’affilée. Autour des vestiges du dépôt, des centaines d’obus projetés et non explosés, et plus de 5500 maisons soufflées et éventrées. 26 morts au total et plus de 300 blessés dont de nombreux enfants. En Albanie, on ne saura sans doute jamais si l’explosion a été intentionnelle ou non. A Pepcon, c’était un simple mégot qui avait provoqué la catastrophe ! Une enquête est actuellement en cours. Une internaute faisait remarquer récemment que les conditions dans lesquelles travaillaient les ouvriers recrutés sur place et sans aucune formation préalable étaient assez dantesques. Des gens qui "ramenaient du travail chez eux", et qui dessertissaient les balles au milieu de leur salon, en plein cercle familial, ou l’exemple d’autres travaillant le mégot aux lèvres, un reportage télévisuel ayant montré il y a quelques jours seulement avant l’explosion ces exemples édifiants. La surprise étant que le dépôt n’ait pas sauté plus tôt. En réalité, le contrat passé par le gouvernement Albanais et son entreprise MEICO, avec une firme américaine, prévoyait de ne récupérer que le cuivre des douilles revendu au prix du kilo. L’opération avait d’autant prix de l’intérêt que les cours des métaux flambent depuis des années. Et le stock est énorme : on évalue à plus de 90 000 tonnes d’obus, de bombes et de balles le poids des différents dépôts disséminés dans le pays, que ce dernier tentait de regrouper. Selon Alexa Varriano, le choix de l’implantation du site de Gerdec n’était dû qu’à la proximité de l’aéroport, sans aucune prise en compte de la dangerosité dans la population avoisinante, uniquement pour réduire les coûts de transport ! Sans compter l’absence totale de surveillance. En juin 2000 déjà, un communiqué du ministère albanais indiquait qu’on avait perdu toute trace de 500 000 pistolets, et qu’il y en avait pour 85 millions de munitions de collectées... sur 1,5 milliard en circulation...
En réalité, les faits remontent quelques mois avant l’explosion, avec la découverte fortuite et dangereuse que font des soldats de l’armée afghane sur le point d’être attaqués par des talibans. Un lieutenant colonel curieux désireux de vérifier le contenu des fusils de ses hommes demande à un de ceux-ci de lui vider les balles de son chargeur devant lui. Avec effarement, il constate quelles sont vert de gris et non cuivrées. Le métal s’est oxydé... depuis le temps car elles datent des années 60 et sont.. chinoises. De 1966, exactement, et une enquête rapide (les cartons éventrés portent encore les marques d’origine) démontre qu’elles proviennent en réalité indirectement des dépôts d’un dictateur paranoïaque, d’Enver Hoxha, qui en avait stocké partout dans le pays dans la crainte d’être attaqué par l’Ouest. Ça et les affûts de DCA sur les usines, donnaient au pays des airs de pays perpétuellement dans la crainte de l’arrivée des méchants "capitalistes". Ils ont bien pris leur revanche depuis, remarquez, vendant au plus offrant le stock accumulé pendant des années, via la mafia locale reprenant le flambeau de la distribution, en cheville avec tous les vendeurs d’armes connus, auxquels il faut ajouter les basses œuvres de la CIA , toujours encline à s’en sortir au moindre frais et sans que les américains ne se doutent de ses exactions. Car les cartons, qui indiquent Tirana comme provenance, et plus exactement le dépôt de Gerdec, portent aussi étrangement des estampilles de Miami, en Floride. Les cartons de neuf millions de cartouches au total sont au nom de AEY (pour les prénoms de trois frères d’une même famillle, soient A, pour Avrahom Diveroli, E, pour Efraim Diveroli et Y, pour Yeshaya Diveroli), une mini-société de Floride qui avait hérité en juillet 2007 d’un contrat mirobolant de 287 millions de dollars signé avec le Pentagone pour les "Afghanistan Security Forces", la nouvelle armée afghane, conçue sur le modèle irakien (est ses mêmes déboires d’armement !). L’intermédiaire du marché étant chypriote, la société Evdin Ltd ,ainsi que Petr Bernatik, bien connu des tchèques comme marchand d’armes notoire. Le 27 mars, l’armée américaine se fend d’un communiqué indiquant que le contrat est rompu en raison de la mauvaise qualité de la prestation fournie : On y apprend que 80 livraisons ont déjà été effectuées, pour un montant de 54,6 millions de dollars, que les munitions devaient être... hongroises, et qu’en réalité certaines remontaient même à 1962... et devaient arriver à Kaboul par avion... sans préciser d’où venaient ces fameux avions.
De Tirana, ou de Floride... Le communiqué de l’armée est en fait saisissant :The Army contracted with AEY in January 2007 to supply various types of nonstandard ammunition for use by the Afghan National Army and Afghan National Police, an Army official said on background. The company was required to purchase the ammunition and deliver it to Kabul International Airport in Afghanistan . As of today, the Army has issued five task orders, collectively worth $155.3 million, the official said. AEY has made about 80 deliveries, with an estimated value of $54.6 million, into Kabul . Those deliveries violated two specific terms of the contract, the official said. One stated that the ammunition could not be acquired directly or indirectly from the People’s Republic of China , and the other specified that it must be packaged to comply with best commercial practices for international shipment. Although AEY specified that its 7.62 mm ammunition had been produced in Hungary for the civilian market, U.S. inspectors and Army investigators in Afghanistan determined that much of it actually was manufactured in China . In addition, much of the ammunition was older than specified, with some produced as early as 1962, officials said.

Et ce n’est pas tout : l’un des assistants du ministère de la défense précise dans ce même communiqué que les "performances" ou les qualités de "sécurité" de l’entreprise ne sont aucunement remises en cause. Le hic, c’est qu’un article assassin du New-York Times daté du même jour a remonté toute la filière pour annoncer au monde ébahi que le vendeur s’appelle Efraïm E. Diveroli, qu’il est âgé d’à peine 22 ans, et qu’il est devenu PDG à 19 d’une entreprise de 2 personnes dont le second, le fils d’un rabbin, a comme seule formation un diplôme de masseur ! On croît rêver, mais non, c’est bien ce drôle de jeune homme un peu perturbé qui a hérité d’un contrat officiel du Pentagone de plusieurs millions ! Il a déjà alors vendu de tout à l’armée américaine, de casques aux uniformes en passant par les... scanners X-RAY (pour détecter les armes !). Vendu a l’armée malgré plusieurs heurts consécutifs avec la police avec ses différentes petite amies ou après avoir roulé avec, permis falsifié, mais avec l’assurance d’une banque de Miami comme quoi il possédait bien plus de 5 millions de dollars en 2005 sur son compte bancaire, ce qui peut paraître un peu beaucoup à son âge. Quand il décroche le contrat afghan en 2007, l’armée lui envoie un étonnant satisfecit "AEY’s proposal represented the best value to the government.” Au même moment pourtant, l’armée américaine offre 2 millions de dollars à l’Albanie pour détruire 2 000 tonnes de munitions du dépôt de Gerdec ! Sans savoir que son contractant y puise allègrement ce qu’elle demande de détruire !!! l’Albanie a en fait accepté la destruction progressive de son stock, car elle souhaite entrer dans l’Otan, qui lui a signifié clairement que pour se faire, il fallait d’abord se débarrasser de son stock d’armes anciennes réputées dangereuses. L’histoire de Diveroli ne s’arrête pas là : il y a bien quelqu’un qui a dû l’inciter a devenir marchand d’armes plutôt que de faire des études de médecine. En effet, car le jeune homme n’est que l’arbre qui cache une forêt, celle d’un réseau ayant pignon sur rue de trafiquants d’armes américains.

Car ce quelqu’un si ce n’est son père, dirigeant de Worldwide Tactical LLC c’est son oncle, Bar Kochba Botach qui dirige Botach Tactical, ou le jeune Efraïm avait travaillé quelque temps, une division de Botach Defense Group, qui vend de tout à la police ou à l’armée comme l’indique son site internet. Un site où les plaintes s’accumulent pour diverses malversations sur les tarifs ou les livraisons. Botach est également une entité multiple qui s’appelle aussi parfois Kley Zion. Et son représentant à Miami est... le jeune Diveroli. Le réel détenteur de toutes ces entreprises, en réalité, et de plus de 144 autres propriétés existantes ou non à Los Angeles est en réalité Yoav Botach (ou Boteach), 79 ans, le patriarche de la famille, dont on vient récemment de découvrir que son magasin d’armes de Crenshaw Boulevard , 43rd Place, à Los Angeles, était au départ un mont de piété, de dépôt sur gages, et qu’il n’avait jamais spécifié de changement d’activité à la mairie de la ville, et ce depuis 12 ans au moins. Dans cette étrange famille où l’on se cache parfois pour vendre des armes dans le monde entier, le fils de Yoav n’est pas en reste : c’est Shmuley Boteach, qui lui a déjà fait la une des journaux pour d’autres raisons : c’est le rabbin à la mode qui avait fait en 2000 une soirée intitulée Time for Kids, qui devait rapporter de l’argent aux enfants malades... qui n’ont jamais vu cet argent venir. Accessoirement, Shmuley est aussi l’auteur de "Kosher Sex", le livre qui a fait sa fortune et sa réputation. Efraïm lui devant rester dans l’histoire pour une chose bien plus surprenante encore : d’être le seul vendeur d’armes du Pentagone à posséder sa fiche perso sur MySpace, réalisée en 2005 avec cette mention "a super nice guy". On veut bien le croire, mais ce n’est pas ce que doit en penser la police de Miami avec laquelle il a eu tant à faire. Selon son père, Michael souffre en fait de TDAH, ou trouble déficit de l’attention/hyperactivité, un syndrome"caractérisé par des états d’hyperactivité, des moments d’absence, des changements d’humeur, des problèmes de concentration et d’impulsivité." L’armée américaine aurait donc conclu un contrat de près de 300 millions de dollars avec un gamin atteint de troubles de l’enfance et de l’adolescence ! Un gamin assez doué, il est vrai, puisqu"il était aussi à la tête de AmmoWorks, société créée en 2004 au Nevada sous le nom de Manchester Property Corporation. Pour vendre sur le net... des armes et des munitions grâce à une publicité fort aguicheuse, un atavisme familial sans doute  ! Non, décidément, il faudra trouver autre chose pour nous faire croire que notre jeune homme mal dans sa peau puisse négocier seul avec un ministre de la défense albanais sans bénéficier d’aides occultes et haut placées.


Fin a  lire dans n°357- Les Dossiers d'Irak-06-05 -Suite

5-2 Cargos de nuit (vague n° 1,2 & 3) : Le commerce des armes et ses ramifications dans le monde.

Morice Informaticien, ancien rédacteur en chef de revue informatique nationale, préoccupé aujourd’hui par la montée des extrêmismes en tout genre. Professeur d’histoire en collège pendant 15 ans. Maîtrise de Géographie, mémoire sur "l’industrie photographique au Japon". Résistant officiel depuis le 6 mai. Accessoirement chasseur de Trolls (une autre forme d’extrêmisme), espèce fort répandue sur le Net. Athée, au cas où certains pourraient en douter. 

 http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=39300

 

Commentaires

Bonjour,
Je voudrais être informé sur la restitution des archives irakiennes par les USA.
Voici mon email : hamam651@yahoo.fr
Merci

Écrit par : Achour | 14/02/2009

Super sympa ce site. Je partage

Écrit par : casque bluetooth | 10/04/2014

Il y a longtemps que je n avais pas eu autant de plaisir avec un produit de ce niveau ! ! !

Écrit par : paris sportifs | 27/05/2014

Il est exceptionnelle votre blog, prompte, pratique, je l'aime bien, est ce que la fabrication d'un comme blogue est gratuite ?

Écrit par : pronostic match france honduras | 12/06/2014

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