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01/07/2008

n°188 - dossiers de l'Afghanistan –Suite -" Désormais, les Etats-Unis ne sont plus une république".

n° 188 -  dossiers de l'Afghanistan –Suite - " Désormais, les Etats-Unis ne sont plus une république".

dossiers de l'Afghanistan 

 n°188 au 30-06

 Par M.Lemaire                                                                                 


Sommaire :       -Suite

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Walid Haïdar : Projet HAARP : La recherche militaire porte sur la manipulation de l’environnement à des fins militaires.

 5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion  

5-1Gore Vidal: " Désormais, les Etats-Unis ne sont plus une république".

5 -2  Analyse de Mireille Delamarre : La Russie se joint à la Guerre en Afghanistan.

 


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 

4-1 Walid Haïdar : Projet HAARP : La recherche militaire porte sur la manipulation de l’environnement à des fins militaires.

‘De la théorie du complot et de la géo-ingénierie militaire’

Projet HAARP (High Frequency Active Auroral Research Project), Dans un rapport du Parlement européen du 14 janvier 1999 sur l’environnement, la sécurité et la politique étrangère, émis par la Commission des affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense, on peut lire à plusieurs reprises des énoncés concernant le projet HAARP pour le moins détonants. Aujourd’hui, en 2008, il est devenu patent pour quiconque lève les yeux au ciel, que le climat global connaît des dérèglements majeurs, incompréhensibles et hautement préjudiciables à la vie sur Terre pour les Terriens. Or, il suffit d’évoquer HAARP, entre autres, pour être aussitôt accusé de « théoricien du complot » ou, pire, de « révisionniste ». En ce cas, le Parlement européen, dès 1999, devrait également être qualifié comme tel.
Ce rapport, après avoir énuméré les changements géostratégiques majeurs survenus depuis la fin de
la Guerre Froide , ainsi que les diverses recommandations, tant au niveau militaire que civil, émises par diverses organisations nationales et internationales concernant l’urgence d’unir les forces en présence en vue de prévenir  les désastres écologiques en cours, en vient assez rapidement au projet HAARP :
« T. considérant que la recherche militaire porte actuellement sur la manipulation de l’environnement à des fins militaires, et ce en dépit des conventions existantes ; c’est le cas, par exemple, du système HAARP basé en Alaska. »
« Porte actuellement ». En clair, cela signifie que dès 1999, il y a donc pratiquement dix ans, un organe transnational comme
la Commission européenne savait que les militaires américains menaient des recherches sur la manipulation du climat. Pourtant, les responsables de la communication de HAARP ont toujours clamé qu’il ne s’agissait là que de recherches scientifiques, à des fins de détection de ressources minières et de communication. »
Plus loin, on peut lire que le rapport
« 27. considère que le projet HAARP (High Frequency Active Auroral Research Project), en raison de son impact général sur l’environnement, pose des problèmes globaux et demande que ses implications juridiques, écologiques et éthiques soient examinées par un organe international indépendant avant la poursuite des travaux de recherche et la réalisation d’essais ; déplore que le gouvernement des États-Unis ait à maintes reprises refusé d’envoyer un représentant pour apporter un témoignage sur les risques que comporte pour l’environnement et la population le projet HAARP financé actuellement en Alaska, durant l’audition publique ou à l’occasion d’une réunion subséquente de sa commission compétente ;
28. demande à l’organe chargé de l’évaluation des choix scientifiques et technologiques (STOA) d’accepter d’examiner les preuves scientifiques et techniques fournies par tous les résultats existants de la recherche sur le programme HAARP aux fins d’évaluer la nature et l’ampleur exactes du danger que HAARP représente pour l’environnement local et global et pour la santé publique en général ;
29. invite
la Commission à examiner les incidences sur l’environnement et la santé publique du programme HAARP pour l’Antarctique, en coopération avec les gouvernements de Suède, de Finlande, de Norvège et de la Fédération de Russie, et à faire apport au Parlement sur le résultat de ses investigations. » « Implications juridiques, écologiques et éthiques », « risques », « la nature et l’ampleur exactes du danger que HAARP représente pour l’environnement local et global et pour la santé publique en général », « incidences sur l’environnement et la santé publique ». Les mots sont lâchés. S’agit-il d’un complot de l’UE visant à discréditer HAARP et, de manière générale, les recherches secrètes menées par les forces armées américaines visant à s’approprier le contrôle du climat sur la Terre  ? Pour écrire et publier ce rapport, les rapporteurs de cette commission se sont-ils basés sur des rumeurs colportées par les fameux « théoriciens du complot » ? On peut penser qu’il ne s’agit pas là de mots écrits au hasard, car les dangers évoqués sont globaux, tant au niveau environnemental que pour les populations. Rappelons que nous sommes en 1999. Rappelons que les porte-parole de HAARP et de cette famille de technologies ont toujours soutenu qu’il n’y avait là que recherches scientifiques, HAARP étant un laboratoire grandeur nature, pour expérimenter des travaux de recherche fondamentales, notamment en matière de détection de gisements de ressources
naturelles dans les grands fonds et de communication tant civile que militaire utilisant la ionosphère comme vecteur. Dans le même rapport, au paragraphe suivant, le « complot » franchit un pas supplémentaire : « 30. demande en particulier que soit établi un accord international visant à interdire au niveau global tout projet de recherche et de développement, tant militaire que civil, qui cherche à appliquer la connaissance des processus du fonctionnement du cerveau humain dans les domaines chimique, électrique, des ondes sonores ou autres au développement d’armes, ce qui pourrait ouvrir la porte à toute forme de manipulation de l’homme ; un tel accord devrait également interdire toute possibilité d’utilisation réelle ou potentielle de tels systèmes. »
Est-ce à dire que des personnes, au sein ou à l’extérieur de
la Communauté européenne ont eu vent, d’une manière ou d’une autre, de recherches concrètes dans ces domaines ? Nous y voilà, au cœur de la « théorie du complot ». Des recherches seraient menées, pire, des essais auraient été, ou seraient en passe d’être effectués, en vue de contrôler à distance, de manipuler, par l’utilisation de procédés chimiques, électriques, sonores ou autres ? En 1999 ? Ce qui est remarquable dans ce rapport, c’est qu’il est question, en majeure partie, du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, et que ce qui concerne ces aspects « nouveaux » d’« armes non létales » y sont distribués de manière presque aléatoire. Mais peut-on, quoi qu’il en soit, taxer ces fonctionnaires de l’UE, dans un rapport officiel, d’amateurisme, peut-on les accuser de comploter dans leur coin, d’émettre des hypothèses non fondées, d’imaginer des doctrines qui n’auraient d’existence que dans leurs cerveaux malades ?
Ce caractère de distribution apparemment aléatoire des faits concernant les technologies électromagnétiques militaires au sein de ce rapport se poursuit au chapitre des Motifs. Ainsi, les rapporteurs, après avoir exposé les dangers absolus que font peser sur les populations le dérèglement climatique, après avoir rappelé les nombreuses rencontres internationales autour des thèmes des ressources en eau et du changement climatique, en viennent à énumérer les types d’armes et les impacts environnementaux des forces armées en temps de guerre et en temps de paix. Au chapitre des armes non létales, page 16, au milieu des armes acoustiques à infrasons, de la mousse paralysante et de certains produits chimiques :
« Les rayonnements électromagnétiques peuvent être utilisés pour
neutraliser les systèmes de données, de navigation et de communication. »
Plus loin,
« Durant la guerre du Golfe, les États-Unis ont utilisé des armes à fréquence radio pour neutraliser le système d’approvisionnement en énergie de l’Irak (15), alors que l’on ignorait tout de leurs effets antipersonnel. »
Toutes ces affirmations (puisque nous ne sommes plus là dans une série d’hypothèses) sont sourcées et vérifiables. Quid d’un quelconque complot ?
Enfin, à la page 21 de ce même rapport, on entre dans le vif du sujet, avec un paragraphe consacré à HAARP, intitulé « HAARP - Un système d’armement modifiant le climat ». C’est à n’y plus rien comprendre ! Dès 1999,
la Communauté européenne paraît bien assurée qu’il s’agit là non pas d’un laboratoire grandeur nature qui devra apporter des progrès notables à l’humanité, mais bel et bien d’un système d’armement modifiant le climat ! Voyons la suite :
Une énumération des applications de ces technologies, « clairement militaires », selon le rapport, et de l’histoire de leur champ d’expérimentation, à savoir la ionosphère constituant le bouclier électromagnétique de
la Terre.
En vrac :
  réchauffer des parties de l’ionosphère  ; ce qui crée des trous dans l’ionosphère et des "lentilles" artificielles  ;
  contrôler des énergies gigantesques  ; technique peut avoir des conséquences terribles  ; HAARP permet d’envoyer à un endroit déterminé des millions de fois plus d’énergie que tout autre émetteur traditionnel ;
  améliore la communication avec les sous-marins  ; permet de manipuler les conditions météorologiques mondiales  ; perturber les communications est également possible ;
  bloquer la communication globale tout en conservant ses propres possibilités de communications  ;
  radiographie de la terre sur une profondeur de plusieurs kilomètres (tomographie terrestre pénétrante)  ;
  le radar transhorizon qui identifie des objets à grande distance au-delà de la ligne d’horizon  ;
  depuis les années 50, les États-Unis procèdent à des explosions nucléaires dans les ceintures de Van Allen(27) afin d’examiner les effets des impulsions électromagnétiques qu’elles déclenchent sur les communications radio et le fonctionnement des équipements radars ;
  les trous dans l’ionosphère causés par les ondes radio puissantes qui y sont envoyées constituent un autre effet très grave d’HAARP ;
  HAARP est lié à la recherche spatiale intensive menée depuis cinquante ans à des fins clairement militaires, par exemple en tant qu’élément de la "guerre des étoiles" en vue du contrôle de la haute atmosphère et des communications ;
  HAARP constitue un problème global ( !)
Voilà le cœur du sujet. Même si les Américains ont refusé systématiquement de se
rendre à toutes les auditions organisées autour de HAARP, les données dont nous disposions en 1999 semblent assez claires, précises et sourcées pour figurer dans un rapport officiel de l’UE.
Aujourd’hui, que font les militaires de HAARP, et de ce réseau gigantesque installé sur toute la planète ? Ont-ils sagement renoncé à toute velléité de contrôle global du climat, des ressources, le tout agrémenté du contrôle des populations avec les mêmes technologies ? Quel est l’état « réel » de notre ionosphère, après les multitudes d’explosions, de bombardements que celle-ci a subis ? Sachant qu’ils investissent des centaines de millions de dollars depuis les années 50, est-il raisonnable d’imaginer un seul instant qu’ils ne s’en servent pas ?
La suite du chapitre « Motifs » de ce rapport consiste en une série de recommandations, dans le sens d’une coopération accrue des militaires à la réparation des sites endommagés du fait des activités militaires, des dangers généraux que font courir à l’environnement les armes, missiles et stratégies militaires et à la proposition de la création de « soldats de l’environnement » ; tout ceci paraît bien faible et présente peu d’espoir d’être un jour réalisé, au vu des données dont nous disposions à l’époque concernant HAARP et le secret entourant ces technologies, d’autant que les États-Unis d’Amérique possèdent l’armée la plus puissante au monde.
Enfin, au chapitre des propositions de résolution, le rapport
« 11. considère que le système militaire américain de manipulation ionosphérique, HAARP, lequel est basé en Alaska et ne représente qu’une partie du développement et de l’usage d’armes électromagnétiques à des fins de sécurité tant extérieure qu’intérieure, constitue un exemple d’une nouvelle menace militaire particulièrement grave pour l’environnement et la santé humaine au niveau planétaire, sachant que ce système tente de pénétrer dans la partie hautement sensible et énergétique de la biosphère à des fins militaires, alors que toutes ses conséquences ne sont pas connues ; invite
la Commission , le Conseil et les États membres à exercer des
pressions sur le gouvernement des États-Unis, de
la Russie et de tous les autres États engagés dans de telles activités pour qu’ils mettent un terme à ces dernières et qu’un accord global soit établi contre de telles armes ;
12. demande en particulier que soit établi un accord international visant à interdire au niveau global tout projet de recherche et de développement, tant militaire que civil, qui cherche à appliquer la connaissance des processus du fonctionnement du cerveau humain dans les domaines chimique, électrique, des ondes sonores ou autres au développement d’armes, ce qui pourrait ouvrir la porte à toute forme de manipulation de l’homme ; un tel accord devrait également interdire toute possibilité d’utilisation réelle ou potentielle de tels systèmes. »
On ne peut être plus clair ! L’on sait d’autre part que les Etats-Unis n’ont absolument pas tenu compte de ces recommandations, les agissements des militaires échappant le plus souvent à toute législation et à tout contrôle.
Nous sommes en 2008, soit un peu plus de huit ans après que ce rapport fut publié. En tant que Terriens, préoccupés par les conditions d’existence à venir sur la planète Terre, nous sommes en droit de nous poser des questions et, le cas échéant, de mener les actions qui s’imposent.
Les forces armées américaines se sont-elles servies, et se servent-elles au quotidien, de ces technologies de modification et de contrôle climatique ? Pire, ont-elles mis en œuvre des stratégies de contrôle des populations, par l’utilisation d’ondes sonores et/ou électromagnétiques ?
Au vu de ce qui précède, et qui ne constitue probablement que l’une parmi les nombreuses tentatives d’enrayer ce processus fou qui consiste à dégrader le bouclier électromagnétique terrestre en vue de s’approprier le contrôle global du climat, en clair « scier la branche sur laquelle nous sommes assis », je réponds par l’affirmative : 
Oui, les militaires, depuis un peu plus de cinquante ans, mènent des recherches en ce sens.
Oui, ils ont franchi le pas, et bombardent régulièrement, si ce n’est de manière permanente, notre seule protection contre les rayonnements cosmiques, la ionosphère.
Oui, nous devons tenter, par tous les moyens à notre disposition, de stopper ces agissements dignes du plus mauvais scénario de science-fiction.
Il n’y a plus aucun doute désormais.
Et s’il y a jamais eu une « théorie du complot », celle-ci a été inventée et mise au point par ceux qui refusent tout contrôle et échappent à toute législation, qui maintiennent dans le secret le plus opaque leurs agissements, et qui prônent aujourd’hui ouvertement la « dépopulation ».
Source : rapport du 14 janvier 1999 sur l’environnement, la sécurité et la politique étrangère, émis par la Commission des affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense de l’Union européenne, consultable en ligne à l’adresse suivante : http://minilien.com/ ?1iHhXxuZJR Walid Haïdar
www.agoravox.fr/article_tous_commentaires.php3?id_article=41081
Version PDF :
http://minilien.com/ ?B2W4rOZ7uW http://www.agoravox.fr/article_tous_commentaires.php3?id_article=41081



5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

 Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1Gore Vidal: " Désormais, les Etats-Unis ne sont plus une république"  Une interview du légendaire essayiste, écrivain, critique politique et social Gore Vidal par Afshin Rattansi :  

Press TV : Nous entendons dire que Michael Mukasey est le dernier en date des Procureurs Généraux du Président (Bush) à être mis en examen… Cette fois-ci, il est question de ses conversations avec Bush et Cheney. Cela démontre-t-il que le Congrès parle sérieusement, lorsqu’il envisage de demander des comptes à l’exécutif ?

Gore Vidal : Non, le Congrès n’a jamais été aussi pleutre, ni aussi corrompu qu’à l’heure actuelle. Tout ce que Bush a à faire, c’est de s’assurer que certaines sommes d’argent vont bien dans les poches de certains membres importants du Congrès, et que cela mettra un terme définitif à toute enquête sérieuse. Certes, il y a bien un Congressistes extrêmement courageux (l’exception confirmant la règle), Denis Kucinich, qui a déposé un projet de loi d’ « impeachment » [une procédure permettant de déclarer le président des Etats-Unis inepte (oups : inapte) à poursuivre l’exercice de ses fonctions, ndt] devant la Chambre des Représentants. Mais ladite Chambre devrait en premier lieu exprimer sa défiance envers le président, et ce n’est qu’en second lieu que la procédure serait le cas échéant transmise au Sénat, en vue d’un procès. Toutefois, rien de tout cela n’adviendra, parce qu’il n’y a pas d’abonné au numéro que vous avez demandé, mis à part M. Kucinich, qui a le courage de s’attaquer à un président en exercice qui n’est rien d’autre qu’un mafioso.
Press TV : Comment peut-on concevoir qu’il n’y ait qu’une seule individualité, parmi des centaines de membres du Congrès, qui veuille que George W. Bush soit écarté de ses fonctions, dans les circonstances présentes ?
Gore Vidal : Eh bien, c’est parce que nous n’avons désormais plus de pays. Nous n’avons plus de République. Durant les sept ou huit dernières années du régime Bush, ils se sont débarrassés du Bill of Rights [la Charte des Droits Fondamentaux], ils ont jeté l’habeas corpus aux orties [il s’agit d’un principe juridique anglais très ancien, qui protège une personne accusée, qui reste innocente tant que sa culpabilité n’a pas été démontrée, ndt]. Ils ont mis à la décharge un des plus beaux cadeaux que l’Angleterre ne nous ait jamais faits, quand les Anglais sont partis et quand nous avons cessé d’être leur colonie : la Magna Carta , qui remonte au XIIème siècle. Toutes nos lois et toutes nos procédures judiciaires sont fondées sur ce document. Et la bande à Bush en a fait des confettis. Le président et le petit môssieur Gonzales, qui, durant quelques minutes, fut son Avocat Général. Ils se sont arrangés pour se débarrasser de tous les garde-fous constitutionnels qui avaient fait de nous les citoyens d’une authentique république…

Press TV : Vous avez souvent écrit au sujet du statut de superpuissance des Etats-Unis, en faisant la comparaison avec l’histoire d’autres superpuissances antérieures. Pensez-vous que nous sommes en train d’assister à la fin de la puissance américaine, comme d’aucuns le suggèrent ? Devrait-on voir, dans la Maison Blanche , une sorte de Persépolis ? [Ancienne capitale impériale des Achéménides ; une dynastie de l’antiquité iranienne, dont les ruines sont majestueuses, certes, mais sont bel et bien des ruines ‘de chez ruines’ ! ndt]

Gore Vidal : Oh non, trois fois hélas non : cela ne fera pas des ruines aussi magnifiques, non… Cela ressemblera plutôt au terne tombeau de Cyrus, pas très loin de Persépolis, d’ailleurs. Ils ont réussi le tour de force de détruire les Etats-Unis… Pourquoi ? Mais parce que ce sont des gens du pétrole et du gaz ; leur principale « qualité », c’est d’être des criminels ! Je répète que nous sommes confrontés à une bande de criminels qui s’est emparé du contrôle du pays, au moyen de ce qui avait les apparences (mais seulement les apparences) d’élections démocratiques normales. Mais il y a des documentaires, très intéressants, sur ce qui s’est passé, en 2000, quand Albert Gore avait remporté les élections présidentielles, après quoi ils ont décrété qu’il ne pourrait pas être le président. Ils ont obtenu que la Cour Suprême – qui est normalement le Saint des Saints, dans notre système politique – enquête, puis accuse les voleurs d’être blancs comme neige, et les vainqueurs – M. Gore et les Démocrates – d’être les tricheurs. C’est la première loi énoncée par Machiavel : quelles que soient les fautes de votre adversaire, concentrez-vous sur ses vertus, afin de les nier. C’est ce qu’ils ont fait, quand le Sénateur Kerry s’est présenté à l’élection présidentielle, voici quelques années. Il s’agit d’un héros célèbre de la guerre du Vietnam. Ils ont affirmé qu’il s’agissait d’un couard, et absolument pas d’un héros. C’est comme ça que cela marche. Quand vous avez une bande de menteurs au gouvernement, vous ne pouvez pas espérer en retirer de hauts-faits historiques… Mais plus tard, nous creuserons, nous creuserons… et nous exhumerons Persépolis !

Press TV : Le Sénateur Obama parle beaucoup de changement, mais, comme de juste, il vient de courtiser Wall Street et le lobby sioniste… : entrevoyez-vous une quelconque perspective de changement, s’il accède au pouvoir ? Gore Vidal : Non, pas vraiment. Je ne doute pas de sa bonne foi, exactement de la même manière que je ne doute pas de la mauvaise foi de Cheney et de Bush. Ce sont des types tellement effrayants ; nous n’en avons jamais eu d’aussi pires au gouvernement, par le passé… Ils n’y auraient jamais accédé s’ils n’eussent acheté des voix comme ils le firent en Floride, en 2000, et comme ils l’ont fait dans l’Etat de l’Ohio, en 2004. Ce sont deux cas patents de vol de la Présidence. Quand j’ai découvert que cela n’intéressait absolument pas ni le New York Times ni le Washington Post, ni d’ailleurs aucun grand journal du pays, j’ai compris que nous étions cuits. Nous ne sommes plus un pays ; nous sommes un poulailler d’escrocs qui n’ont d’autre motivation dans la vie que de voler du fric. Tout en étant conscient qu’ils ne se feront jamais pincer et qu’ils seront même, au contraire, admirés pour leurs méfaits. Les Américains jugent en permanence quelqu’un selon l’évaluation qu’il se fait de lui-même… Vous dites : « Je suis un chef d’Etat », et les Américains de dire : « Oh, oui, oui, oui ; c’est un homme d’Etat ! Impressionnant, n’est-ce pas ? » Et vous accuser d’autres de vos crimes, avant même de les commettre. C’est un vieux truc, que Machiavel connaissait tellement bien qu’il en a fait un manuel, qu’il a intitulé Le Prince…

Press TV : En définitive, c’est le problème qui obsède tellement de gens, au Moyen-Orient et ailleurs. Vous-mêmes, vous avez tellement écrit au sujet des guerres impériales des Etats-Unis… Pensez-vous que Bush et Cheney seraient prêts à prendre le risque d’une nouvelle guerre, provoquant ce que le directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, Mohammad El-Baradei, a qualifié de « boule de feu » ?

Gore Vidal : C’est leur rêve le plus fou. Mais ils n’ont plus de fric : ils ont tout dépensé. Ils se sont payé leurs propres entreprises privées, comme le Vice-Président. De plus, c’est une entreprise, du nom d’Halliburton, qui ne cesse de voler du fric, et qui devrait se retrouver devant une commission d’enquête du Sénat, tôt ou tard. Mais peut-être que cela n’arrivera jamais, après tout : qui sait ? Mais tout le monde est au courant, à Washington : ces gens sont en train de placer en lieu sûr à l’étranger la richesse du pays. A un tel point que, bon : y’a pus d’fric ! Ils aspirent à une guerre contre l’Iran. L’Iran n’est pas plus une menace pour nous que ne l’étaient l’Irak ou l’Afghanistan. Nos « ennemis », ce sont eux, qui les inventent. Ils ne cessent de dire des mensonges, encore des mensonges, et toujours des mensonges… Le New York Times les croit, bobard après bobard. Alors eux, bien entendu, ils ne s’arrêtent pas d’en pondre : pourquoi s’arrêteraient-ils ? Quand on a une opinion publique à laquelle on ment trente fois par jour est encore capable de gober les bobards, on n’a aucune raison de se gêner, n’est-ce pas ?

 Interview par Afshin Rattansi in Tehran Times, 30 juin 2008h traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier http://www.tehrantimes.com/index_View.asp?code=171986


5 -2  Analyse de Mireille Delamarre : La Russie se joint à la Guerre en Afghanistan.

Stratégie russe en Afghanistan où le nombre des attaques dans l'Est, prochaine destination des 1000 soldats français envoyés en renfort, a augmenté de 40 %. Moscou met en scène son retour extraordinaire sur l'échiquier afghan, après une éclipse de deux décennies suite à l'aventure de neuf ans de l'ex Union Soviétique, et qui s'est terminée par le retrait des dernières troupes soviétiques d'Afghanistan en 1989. Dans un curieux revirement de l'histoire, ce n'est possible qu'avec l'autorisation des US. Moscou se sert de la détérioration de la guerre en Afghanistan, et les implications pour la sécurité régionale pourraient être très importantes.
Un communiqué commun émanant de Moscou ce week-end, suite à une rencontre du CTWG – United States – Russia Group on Counterterrorism (Groupe US-Russie sur le Contre terrorisme) révéle que les deux parties avaient conclu « un accord de principe sur la fourniture d'armes russes à l'Armée Nationale Afghane » pour sa lutte contre l'insurrection. La 16ème cession du CTWG qui s'est tenue à Moscou le 19-20 juin, était co -présidée par le vice ministre des affaires étrangères russe, Sergei Kislayak et le sous secrétaire d'état US pour les affaires politiques, William Burns.
S'entretenant avec les reporters lors de cette rencontre aux côtés de Burns, Kislayak a dit : « nous ( Russie) avons par le passé déjà fourni des équipements militaires à l'Afghanistan et nous pensons qu'il y a actuellement une demande de la population afghane pour que l'Afghanistan soit lui-même capable de prendre sa sécurité en charge. « Il a ajouté qu'il était « possible » que
la Russie puisse augmenter la livraison d'armes à l'Afghanistan, bien que « je ne m'empresserai pas de chiffrer cela ».
Washington à constamment repoussé les tentatives russes de devenir un protagoniste dans la guerre en Afghanistan – à l'exception du partage des renseignements. Il y a peu, en Mars, des manifestations publiques ont ‘spontanément’ éclaté en Afghanistan contre un supposé « déploiement de troupes russes », selon un journal polonais, montrant les signes d'une opération montée par les services de renseignements occidentaux.

Le vice secrétaire à l'information de l'époque au Kremlin, Dmitry Peskov, a faire taire les rumeurs d'un envoi de troupes russes en Afghanistan, en déclarant que c'était « totalement faux ».
Des analystes russes ont pensé que l'article polonais visait délibérément à créer « une image de menace externe à la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Afghanistan, pour donner une explication plus plausible de la présence militaire de l'OTAN dans le pays. »
L'annonce du week-end à Moscou signale un clair changement d'attitude des US. La détérioration de la guerre est incontestablement un facteur y ayant contribué. (De même, semblable tournant, Washington a également sollicité
la Chine et l'Inde pour qu'elles envoient des troupes en Afghanistan). Le quotidien anglais The Télégraph a rapporté la semaine dernière qu'il y avait un « désespoir » grandissant à Washington concernant les échecs croissants de l'OTAN en Afghanistan.
Un conseiller majeur du Pentagone a dit au Télégraph qu' » il y a de la frustration, de l'irritation. L'humeur oscille entre l'acceptation et le désespoir que rien ne change. Nous réclamons plus de troupes et rien n'est fait pour augmenter leur nombre. L'erreur en premier lieu cela a été de s'en remettre à l'OTAN. Pour de nombreux pays être en Afghanistan c'est maintenir les apparences au lieu de combattre une guerre qu'il faut gagner. Est- que cela était nécessaire diplomatiquement ? Probablement. Et souhaitable militairement ? Je ne le pense pas, de même que ne le pensent pas d'autres qui sont impliqués en Afghanistan.»
Un général allemand faisant partie de l'OTAN a dit dimanche qu'il faut un supplément d'urgence de 6000 soldats en Afghanistan, (l'Allemagne vient de décider d'envoyer 1000 soldats de plus ndlt) pour compléter les 60 000 soldats qui sont déjà dans le pays, la plupart appartenant à l'ISAF ( International Security and Assistance Force) dirigée par l'OTAN.
Les Russes ont bien conscience des pièges d'une autre intervention en Afghanistan. Zamir Kabulov, un diplomate expérimenté de Moscou qui a été en poste à l'ambassade soviétique à Kabul pendant les années 80 quand les soviétiques occupaient le pays, est l'actuel ambassadeur russe en Afghanistan. Kabulov a récemment disséqué la tragédie de l'intervention soviétique lors d'une interview accordée à
la Radio Publique Nationale appartenant au gouvernement US. Il a dit : « nous avons sous estimé l'allergie de la nation afghane aux envahisseurs étrangers parce que nous ne nous considérions pas comme des envahisseurs à cette époque là… Nous avons négligé les traditions et la culture et la religion des Afghans. »
Avec une telle analyse approfondie, comment Moscou pourrait-il de nouveau s'engager en Afghanistan ? Il n'est pas du tout question que
la Russie envoie des troupes en Afghanistan. Mais ce qui a accéléré l'engagement de Moscou c'est l'opinion que « vous pouvez doubler voire tripler le nombre de vos troupes mais vous perdrez cette guerre parce que ce n'est pas le nombre qui compte mais la qualité de l'armée nationale et de la police afghane » pour citer Kabulov.
C'est-à-dire qu'il a toujours existé au sein de l'appareil de sécurité russe cette opinion que la tragédie d'Afghanistan aurait pu être évitée si seulement le président Michael Gorbachev n'avait pas coupé l'approvisionnement soviétique qui maintenait en vie le régime de Mohammad Najibullah. Ils pensent que Najibullah qui est devenu président en 1986 aurait pu tenir même après le retrait des troupes soviétiques si on lui avait fourni l'équipement nécessaire.
Des questions subsistent quant à l'initiative russe d'améliorer la qualité de l'armée afghane. Est ce que
la Russie se chargera de la responsabilité d'entraîner l'armée afghane en plus de lui fournir des armes ? En fait cela semblerait logique. Le mieux serait d'impliquer les ex cadres des forces armées de Najibullah qui ont été entraînés dans les académies militaires soviétiques, et les écoles de renseignements. Mais c'est peut être trop dur à avaler pour Washington.
Une chose est sûre, Moscou a agi avec prévoyance en faisant une proposition en début d'année pour que l'OTAN puisse utiliser le territoire russe pour faire passer ses approvisionnements en Afghanistan. L'accord qui a été formalisé lors du sommet de l'OTAN à Bucarest les 2-4 avril a servi l'objectif de Moscou de différentes façons. Moscou a signalé que malgré l'attitude hostile de Washington, il est prêt à aider à régler le problème de l'Afghanistan, ce qui montre surtout que la relation Moscou OTAN peut se baser sur des intérêts et préoccupations communes.
Comme on pouvait s'y attendre, les membres européens de l'OTAN se sont montrés réceptifs à cette proposition. Lors du conseil Russie OTAN qui s'est tenu parallèlement au sommet de Bucarest, pour la première fois peut être, la formule a marché comme cela avait été prévu comme quand l'Administration de Bill Clinton avait proposé à un Boris Yeltsin bouleversé alors inquiet des plans d'extension de l'OTAN au milieu des années 90 – que la formule ferait que les membres de l'alliance participeraient comme entités nationales plutôt que comme membres d'un bloc.
La Russie a un problème avec l'expansion de l'OTAN. Comme l'a dit récemment au cours d'une visite à Paris le premier ministre Vladimir Poutin lors d'une interview au journal Le Monde : « Il n'y a plus d'Union Soviétique. Il n'y a pas de menace. Mais l'organisation (OTAN ndlt) subsiste. La question c'est : contre qui êtes vous alliés ?
Qu'elle est la raison de son existence ? Et étendre le bloc crée simplement de nouvelles frontières en Europe. Des nouveaux murs de Berlin. Cette fois invisibles, mais pas moins dangereux… Et on peut voir que l'infrastructure militaire se dirige vers nos frontières. Pour quoi faire ? Personne ne constitue une menace ? »
Donc, Moscou a mis l'OTAN sur la défensive en tendant une main pour aider en Afghanistan. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, a fait remarqué dans un discours le 28 mai à Moscou : «
La Russie ne revendique pas un droit de veto. Mais je pense que nous avons le droit d'attendre une réciprocité si nos partenaires attendent de nous de tenir compte de leurs intérêts. En fait, sans une telle réciprocité, difficile de voir comment le sommet de Bucarest aurait pu produire un accord sur le transit au sol vers l'Afghanistan. Cela aurait été facile pour nous de laisser l'OTAN mener sa mission internationale en Afghanistan seule. Mais nous n'avons pas fait cela… La Russie continue d'être impliquée tant que cela sert nos intérêts et sur la base d'un principe d'égale coopération. »
Les directions dans lesquelles la « réciprocité « occidentale se manifestera seront intéressantes à suivre dans le paysage politique eurasien. C'est sûr qu'il y a un adoucissement général envers
la Russie dans l'approche européenne. L'administration de George.W. Bush a échoué dans la mise en place de son plan d'installation de systèmes anti-missile balistique, en Pologne et dans la République Tchèque. Les négociations stratégiques à venir Russie –Union Européenne portant sur un nouvel accord de partenariat promet un nouveau départ. Ce sont là des nouvelles positives.
Mais en même temps, le plan d'expansion de l'OTAN en ce qui concerne l'Ukraine,
la Georgie , et l'Azerbaïdjan, reste néanmoins sur l'agenda. Les tensions Russie OTAN sont apparues à propos de la Georgie et du Kosovo. Par conséquent, la Russie ne prendra pas non plus de risque.
En parallèle à l'implication croissante en Afghanistan, Moscou renforce également sa présence militaire en Asie Centrale. La détérioration de la situation en Afghanistan a indiscutablement poussé Moscou à renforcer la sécurité dans la région d'Asie Centrale. Mais un trait distinctif à cela c'est que Moscou l'a fait aussi en réponse à des souhaits des états d'Asie Centrale. Le Président d'Uzbekistan, Islam Karimov, a proposé récemment que l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (CSTO) ayant à sa tête Moscou, et que
la Communauté Economique Eurasienne se rassemblent en une seule organisation pour créer une « union puissante capable de devenir un contre poids à l'OTAN et à l'UE. »
Vue sous l'angle de l'Asie Centrale, la capacité de
la Russie à jouer un rôle plus important pour la sécurité de la région semble plus crédible actuellement qu'auparavant pendant la période post soviétique. Un commentateur influent de Moscou, Vyacheslav Nikolov, président de la Fondation Politika , a écrit récemment dans le journal Izvestia : « le raffermissement des liens avec la Russie apparaît aujourd'hui bien plus logique et naturel qu'il ne l'était dans les années 90, quand, à l'opposé, les économies occidentales se développaient, tandis que la notre stagnait. La crise de l'énergie qui augmente travaille également dans le sens de l'intégration. »
La Russie , comme puissance s'en tenant au statut quo est aussi apparue comme attractive pour des gouvernements locaux en Asie Centrale. Plus important, il y a un mécontentement profond dans les capitales d'Asie Centrale concernant la crise afghane - La stratégie US en Afghanistan et la détermination de l'OTAN à gagner la guerre.
Jusqu'à l'année dernière,
la Russie et les états d'Asie Centrale comptaient sur l'Organisation de Coopération de Shanghai (SCO) pour jouer un rôle dans la stabilisation de la situation afghane. Mais ils ont commencé à ce moment là à voir que la Chine suivait une politique complexe au sein du SCO en l'utilisant pour développer ses relations bilatérales avec les pays d'Asie Centrale, et pour pénétrer en profondeur dans le secteur de l'énergie, tout en freinant les tentatives de la Russie d'accroître le profil du groupe comme organisation de sécurité. (Le SCO comprend la Chine , la Russie , le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l'Uzbekistan).
La Chine a pratiquement mis son veto à une proposition russe concernant des liens étroits entre le CSTO et le SCO.
La Chine n'est pas favorable à des exercices militaires SCO-CSTO. En somme, Beijing semble préoccupé de ne pas créer d'inquiétudes à Washington. (Le CSTO comprend l'Arménie, la Biélorussie , le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie , le Tadjikistan, et l'Uzbekistan).
Ceci ne veut pas dire que
la Chine soit indifférente à la stabilité de l'Afghanistan. Loin de là. La préférence de la Chine c'est de conserver ses options ouvertes plutôt que d'être liée par le SCO, ou de s'identifier ouvertement aux intérêts russes. Après tout, les enjeux pour la Chine sont énormes en Afghanistan. Beijing voit des avantages à coopérer directement avec les US (et l'OTAN) plutôt que de le faire au sein du SCO. On peut aussi concevoir que Beijing ne soit pas rebuté à l'idée d'envoyer des troupes de maintien de la paix en Afghanistan, plus tard, à condition qu'une mission acceptable de l'ONU soit structurée.
Cela dit, une importante phase de l'évolution du SCO en tant qu'organisation de sécurité est en perspective quand
la Russie assumera la direction pour 2008-2009, suite à la rencontre au sommet du SCO qui se tiendra en août à Dushanbe au Tadjikistan. Apparemment, il y a eu une sérieuse reconsidération à Moscou de même durant les derniers mois sur le rôle potentiel du SCO pour influencer en Afghanistan, étant donné l'attitude manifestement plutôt fraîche de la Chine. La pensée russe semble également pencher pour l'abandon de la piste de travail au sein du CSTO ou du SCO, et à la place de se concentrer sur une voie bilatérale Russe – Afghane.
L'Afghanistan ne veut pas non plus coopérer ni avec le CSTO ni avec le SCO. Lors d'une visite à Moscou le 25-26 mai, le ministre des affaires étrangères afghan, Dadfar Spanta, a fait clairement savoir que l'Afghanistan ne chercherait pas à obtenir un statut d'observateur au SCO. Il a laissé clairement entendre que
la Russie était une priorité mineure dans la politique étrangère de Kaboul – comparé par exemple à la Chine. Par conséquent, tout compte fait, Moscou doit réaliser que ce qui l'attend c'est un long voyage en solitaire pour cultiver son influence à Kaboul.
Moscou constate le fait qu'actuellement le régime du président Hamid Karzai à Kaboul est totalement pro américain et participe de la stratégie régionale US considérée comme étant celle du «Grand Partenariat en Asie Centrale pour l'Afghanistan et les Pays Voisins », qui vise en fait à diminuer l'influence de
la Russie en Asie Centrale.
Donc, l'annonce faite ce week-end à Moscou est loin de signaler un effort conjoint américano russe pour stabiliser la région. En fait, il n'y a pas de trace d'agenda régional commun US-Russie. Comme l'a dit Nikitov : i[«nous (Russie) et les pays occidentaux avons des définitions diamétralement opposées du succès dans notre politique du CIS (Commonwealth of Independent States). Pour
la Russie , le succès se trouve dans le renforcement des liens d'intégration, de rapprochement avec ses voisins et un renforcement de la coopération. Au contraire, pour l'Occident, le succès cela veut dire éloigner ces pays de la Russie , une réorientation vers des centres de pouvoir externes visant à empêcher une renaissance de « l'Empire russe ». Quand les objectifs politiques sont aussi diamétralement opposés, il est difficile de parler d'agenda commun. ».
M.K Bhadrakumar 24/06/08 - www.atimes.com/atimes/Central_Asia/JF25Ag01.html
Traduction Mireille Delamarre www.planetenonviolence.org
M.K Bhadrakumar a été en poste comme diplomate de carrière pour l'Inde pendant 29 ans. Il a notamment été en poste comme ambassadeur d'Uzbekistan (1995-1998) et en Turquie (1998 -2001).

Source de certaines informations AP News
Mireille Delamarre www.planetenonviolence.org

 


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