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11/10/2008

n°211- Dossier de l'Afghanistan -09-10 – Suite 1- Il n'y aura pas de « victoire militaire décisive » en Afghanistan.

n°211- Dossier de l'Afghanistan DU 09-10 – Suite 1-  Il n'y aura pas de « victoire militaire décisive » en Afghanistan.

dossiers de l'Afghanistan 

n°211 du 09-10                  M.Lemaire                                                                                 


Sommaire :  

3 Dossier & Point de vue  -Suite 1

3-6 Rémy Ourdan : Pour Human Rights Watch, «George Bush a fait ce que Ben Laden espérait»

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Afghanistan 2008 – la guerre comme au temps des Indiens?

4-2 Marcel Poznanski : Retrait des troupes belges d’Afghanistan !

4-3 Sept ans après l’invasion : Pour le retour des F-16 Belges envoyés en Afghanistan!

5 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Analyse de Mireille Delamarre : Négociations Secrètes de Paix avec Les Talibans – Pourquoi l'Occident Pense Qu'Il Est Temps De Discuter Avec Eux



 3-6 Rémy Ourdan : Pour Human Rights Watch, «George Bush a fait ce que Ben Laden espérait»
DROITS DE L'HOMME. Kenneth Roth, directeur de l'organisation, fait le bilan de la guerre antiterroriste menée par Washington depuis le 11 septembre 2001.
Depuis le 11 septembre 2001, l'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) s'est illustrée par ses enquêtes sur les dérives de la «guerre contre le terrorisme» menée par l'administration Bush. Alors que les Américains s'apprêtent à élire, le 4 novembre, leur nouveau président, le directeur de l'organisation, Kenneth Roth, de passage à Paris, dresse le bilan de la présidence Bush et évoque les défis qui attendent son successeur. 
Qu'attend Human Rights Watch du prochain président des Etats-Unis?
Kenneth Roth : Le plus important sera que le nouveau président restaure la réputation des Etats-Unis dans le monde. Les Etats-Unis devraient être l'une des principales voix pour la défense des droits de l'homme. Or, sous la présidence de George Bush, ils ont perdu toute crédibilité. Le défi pour le nouveau président sera de mettre les Etats-Unis en conformité avec le droit international.
Le premier défi concerne la torture. L'armée américaine a adopté de bonnes règles concernant la détention et l'interrogatoire de prisonniers, mais George Bush refuse que ces règles s'appliquent à la CIA.
Le prochain président devra s'assurer que la CIA ne pratique pas la torture. Le second défi concerne les lieux secrets de détention. M. Bush dit les avoir temporairement fermés. Le prochain président devra s'assurer de leur fermeture définitive. Le troisième défi concerne la prison de Guantanamo et la justice d'exception. Barack Obama et John McCain affirment vouloir fermer Guantanamo. HRW croit que les prisonniers doivent soit être rapatriés dans leur pays d'origine soit être jugés par des tribunaux américains ordinaires. Mais certains, aux Etats-Unis, veulent maintenir Guantanamo et les détentions sans procès. Le nouveau président devra résister à cette pression conservatrice.
Par ailleurs, Barack Obama et John McCain croient tous les deux que les Etats-Unis doivent jouer un rôle important dans la promotion des droits de l'homme et de la démocratie dans le monde. Le défi, pour eux, sera de mettre fin à la tolérance de l'administration Bush envers certains partenaires simplement parce qu'ils aident à combattre le terrorisme, notamment l'Ethiopie, l'Egypte, le Pakistan...
- Quelle devrait être la première décision du prochain président américain?
La décision la plus importante, qui peut être prise au premier jour de la présidence, serait d'imposer les règles de l'armée sur les prisonniers et les interrogatoires à la CIA , et de fermer Guantanamo. Ce sont des décisions qui dépendent de l'exécutif, qui peuvent intervenir le 21janvier [au lendemain de la prise de fonctions du président élu].
- En quoi diffèrent Barack Obama et John McCain sur ces questions?
- John McCain a été notre allié lors des débats sur la torture, mais il s'est opposé à nous, contrairement à Barack Obama, sur la question de l'application des règles de l'armée à la CIA. Sur Guantanamo, aucun candidat n'a encore évoqué le problème de la détention préventive.
-
Quelle est votre opinion sur les guerres américaines lancées après le 11 septembre, en Afghanistan puis en Irak?
Human Rights Watch n'a pas de position sur le fait de mener une guerre: nous ne sommes pas des pacifistes. En revanche nous regardons comment une guerre est menée: en Afghanistan, par exemple, les pertes civiles causées par les bombardements américains. Des civils meurent dans toutes les guerres, mais les Etats-Unis et l'OTAN pourraient réduire les pertes. Il existe des moyens de s'assurer qu'il n'y a pas de civils sur les lieux bombardés.
- Vous appelez les Etats-Unis à ratifier le traité sur la Cour pénale internationale (CPI). Est-ce possible tant qu'il y a la guerre en Afghanistan et en Irak où des soldats américains commettent des violations du droit humanitaire international?
- La Cour pénale internationale n'intervient pas si les processus judiciaires nationaux fonctionnent. Les Etats-Unis peuvent donc juger leurs propres criminels de guerre. Parce que M. Bush a mené une politique d'impunité des tortionnaires, il n'existe aucune confiance dans le système judiciaire américain. Si le prochain président poursuit les auteurs de violations du droit, les Etats-Unis n'auront rien à craindre de la CPI.
Les violations des droits de l'homme ont été un désastre pour la guerre contre Al-Qaida. George Bush a fait exactement ce que Ben Laden espérait qu'il fasse. La stratégie américaine a rendu illégitime la position des Etats-Unis dans le monde, et a facilité le recrutement de terroristes.
- HRW appelle à traduire en justice des responsables américains et à établir une commission «Vérité»...
- Ceux qui ont autorisé la torture doivent être traduits en justice, sans exception. La première étape serait l'établissement d'une commission «Vérité» bipartisane, afin de savoir qui a autorisé l'usage de la torture. Nous craignons qu'Obama et McCain considèrent ces sujets comme des événements du passé. Ce ne sera pas une bataille politique facile.
Le système judiciaire international est beaucoup plus fort qu'il y a dix ans. Les dictateurs qui commettent des atrocités sont inquiets pour leur avenir. Slobodan Milosevic, Charles Taylor, Hissène Habré, Radovan Karadzic et d'autres ont été inculpés. La mauvaise nouvelle, cela a été d'un côté le développement du terrorisme, l'assassinat de civils, et de l'autre côté la guerre contre le terrorisme, menée par l'administration Bush sans considération pour les droits de l'homme.
Sources Le Temps
Posté par Adriana Evangelizt



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information 4-1 Afghanistan 2008 – la guerre comme au temps des Indiens?

Dans la nuit du 21 au 22 août 2008, des unités spéciales américaines et afghanes font l’assaut du village Azizabad. Ce village est situé dans la province occidentale de Hérat et se trouve à proximité de l’ancienne base soviétique qui se trouve sous direction américaine aujourd’hui. Suite à des expériences personnelles, on sait que dans la province de Hérat, il n’y a pas de Talibans. Lors de cette attaque, les soldats américains et leurs acolytes Afghans sont soutenus par des avions de combats. Le résultat de cette attaque aérienne est – d’après les données de la représentation de l’ONU à Kaboul – la mort de 90 civils, dont 60 enfants. Le président afghan, Hamid Karzai, proteste contre cette tuerie auprès du général américain McKiernan, qui commande les troupes de l’OTAN et des USA en Afghanistan. Karzai licencie tout de suite le commandant de corps de la région occidentale de l’Afghanistan ainsi que le commandant de l’unité spéciale afghane.
Les informations de l’ONU concernant cette tuerie sont confirmées par le ministère de l’Intérieur et les services de renseignements afghans. McKiernan conteste le nombre de 90 civils tués. D’après ses informations, il s’agirait au maximum de 40 morts. Que ce soient 40 ou 90 morts, ce sont tous des civils. Cette tuerie n’est qu’un exemple des actes commis envers les populations civiles du pays. Ce grand nombre de victimes est la conséquence de frappes aériennes exécutées par des avions de combats américains, britanniques et français soi-disant avec une grande précision. En réalité, des bombes de grande puissance explosive sont lancées à partir d’une grande altitude sur des villages, des maisons et des fêtes de noces. L’intensité de cette guerre aérienne a été renforcée ces derniers mois. Avec plus de 70 frappes par jour, la guerre aérienne en Afghanistan est plus intense qu’en Irak.
Mais c’est aussi au sol que – de plus en plus souvent – les troupes terrestres de l’OTAN et des USA tirent sur des civils qui se trouvent dans leurs voitures devant des barrages routiers. Le dernier événement, c’est le meurtre de trois personnes civiles – une femme et deux enfants – par des soldats allemands le soir du 29 août à un barrage dans la province de Kunduz. En plus, ce sont avant tout les soldats américains qui, lors de fouilles dans des villages afghans, pratiquent leur tactique douteuse. On enfonce les portes d’une maison, on crie après la famille présente pour la terroriser et on fouille toute la maison pour trouver les armes supposées. De temps à autre, des voitures civiles sont écrasées dans la rue par des voitures blindées Humwees américaines.
Les troupes de l’OTAN et des USA se comportent en Afghanistan comme une soldatesque agissant dans un espace hors la loi. Il semble que ces troupes et leurs donneurs d’ordre, considèrent l’Afghanistan comme la terre promise où l’on peut tuer à sa guise.
Cela rappelle les guerres contre les Indiens du XVIIIe et XIXe siècle où des soldats souvent ivres massacraient arbitrairement des femmes et des enfants indiens dans le but de «débarrasser» le pays de ses Indiens. L’Afghanistan doit-il connaître le même sort, c’est-à-dire d’être «débarrassé des Afghans»? Avons-nous même affaire à un génocide ordonné par l’administration Bush?   5/10
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1172


4-2 Marcel Poznanski : Retrait des troupes belges d’Afghanistan ! L'occupation de l'Afghanistan par l'OTAN, les alliés (ISAF) et Enduring Freedom se transforme en bourbier. Précédemment, la résistance se manifestait par des attentats, par des escarmouches, aujourd'hui des compagnies de 100 à 200 résistants assaillent des convois militaires, des postes avancés. Le 19 août, la France est choquée par la mort de 10 soldats et par l'annonce de 23 blessés dans une embuscade de la résistance à Saroubi, éloignée de 50 km de Kaboul. La bataille aura duré près de 24h. Les soldats afghans fuient le combat laissant seuls les français. La réalité de la guerre apparaît aux yeux des Français et déclenche une réaction populaire pour le retrait inconditionnel de la force militaire d'Afghanistan. Mais déjà le 14 juillet, un poste avancé de l'OTAN au village de Want en province de Kunar, tenu par une compagnie américaine et par des supplétifs afghans est encerclé et attaqué par une compagnie de résistants, le combat dure une journée, 9 Gi sont morts et 43 sont blessés. Trois jours plus tard le poste, est abandonné. Plus de la moitié de l'Afghanistan n'est plus sous le contrôle de l'OTAN. Il y a d'autres faits de guerre de cette importance, tels que les attaques contre les voies de ravitaillement des forces d'occupation. Cette guerre est devenue conventionnelle. Les états-majors sont incapables d'appliquer la théorie qui leur a été enseignée. L'état-Major de l'Otan et celui des États-Unis réclament toujours plus de soldats. Actuellement il y en a déjà plus de 70.000. Au Vietnam, il y a eu jusqu'à 500.000 Gi et les USA ont perdu la guerre. Cela annonce des lendemains lamentables pour l'OTAN, les alliés (ISAF) et Enduring Freedom. Le gouvernement belge doit être fier d'avoir déjà deux soldats blessés à Kandahar, deux membres d'une compagnie de renfort toute fraîche ! Le ministre De Crem est allé en personne les recevoir à leur retour en Belgique et a déclaré que  tout allait bien. Les militaires blessés n'ont pas été autorisés à parler aux médais. On imagine qu'ils ne devaient pas être du même avis. Ils venaient d'être attaqués au mortier sur la base militaire de Kandahar, la plus protégée et la plus sûre qui soit... Pendant la guerre du Rwanda, 10 soldats belges sont morts. Suite à la réaction de la population, le gouvernement déclarait ne plus vouloir envoyer de soldats dans les zones de combat. Et pourtant le gouvernement a continué à suivre les ordres de l'Otan de bombarder la Yougoslavie , et occuper le Kosovo, il envoie des militaires belges en Somalie, au Congo, il participe à l'occupation de l'Afghanistan, il envoie aussi une troupe au Liban dans le cadre de l'ONU, des instructeurs militaires en Irak, un détachement militaire au Tchad. Quelle est l'image de la Belgique dans le monde hors OTAN ? Les manifestations contre la guerre en Afghanistan se multiplient en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France, en Italie, en Belgique. Nous devons continuer cette mobilisation, jusqu'au retrait de l'armée belge d'Afghanistan. Marcel Poznanski


4-3 Sept ans après l’invasion : Pour le retour des F-16 Belges envoyés en Afghanistan! Le gouvernement belge est passé aux actes: depuis le 1er septembre dernier, 4 F-16 sont en Afghanistan. L'intervention belge, déjà bien contestable, risque maintenant de se convertir en opération de guerre, dans laquelle les victimes civiles sont inévitables. Cette opération "Guardian Falcon" doit durer officiellement six mois. Mais on parle déjà d'une prolongation, pouvant atteindre un an. La Plate-Forme Anti-guerre appelle notre gouvernement à ne prolonger cette mission en aucun cas! Cet appel est plus pressant encore quand on apprend que le nombre de victimes civiles des bombardements a triplé en un an! (voir le rapport de Human Rights Watch). La décision d'un engagement plus important de la Belgique nous enfonce dans une logique de guerre impossible à gagner. Il faut faire un débat public sur notre politique de défense et de sécurité. La sécurité humaine doit rester la priorité et cela veut dire qu'il faut travailler à un développement durable tant économique, que social et écologique. Dans un pays où les besoins les plus élémentaires de la population ne sont pas satisfaits, les opérations militaires actuelles ne sont pas une option valable.
Le 7 octobre 2008, il y aura 7 ans que la guerre en Afghanistan a commencé. La Plate-forme anti-guerre appelle à participer, ce jour-là, à une action de protestation devant le Ministère de la Défense. Une délégation remettra au Ministre De Crem les premières signatures sous la pétition "pas de F.16 en Afghanistan". Et nous y défendrons avec force nos exigences.



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

5-1 Mireille Delamarre : Négociations Secrètes de Paix avec Les Talibans – Pourquoi l'Occident Pense Qu'Il Est Temps De Discuter Avec Eux Les Talibans se sont engagés dans des discussions secrètes portant sur la fin du conflit en Afghanistan dans le cadre d'un « processus de paix » de large envergure, sponsorisé par l'Arabie Saoudite et soutenu par la Grande Bretagne , selon ce que révèle The Observer.
Des sources en Afghanistan ont confirmé au journal qu'il y avait eu effectivement des discussions de ce type et, fait sans précédent, un ancien membre de haut niveau du mouvement islamiste prônant une ligne dure face à l'occupation de l'Afghanistan servirait de médiateur entre les différentes parties impliquées voyageant entre Kaboul, les bases de la direction des Talibans au Pakistan, l'Arabie Saoudite, et certaines capitales européennes.
La Grande Bretagne a fourni le soutien logistique et diplomatique pour ces discussions, malgré les déclarations officielles qu'il ne saurait y avoir de négociation tant que les Talibans n'avaient pas renoncé à la violence.
Néanmoins, les sources afghanes ont également affirmé que ces dernières semaines ces efforts auraient été suspendus à cause de la violence des combats et, selon des responsables proches du gouvernement de Karzai à Kaboul, l' »inconsistance » des demandes des Talibans. L'un des objectifs de ces pourparlers c'est de séparer les Talibans des djihadistes d'Al Qaeda, si tant est qu'il existe effectivement des liens étroits entre eux.
La semaine dernière, le premier ministre français François Fillon a fait allusion indirectement à ces discussions lors de son intervention devant le parlement pour le vote sur le maintien des troupes françaises en Afghanistan en disant : « nous devons explorer des moyens de séparer les jihadistes internationaux de ceux qui agissent plus pour des raisons nationales ou tribales. Des efforts allant dans cette direction sont dirigées par des pays musulmans sunnites telle que l'Arabie Saoudite ».
Cet été a été le plus violent depuis l'invasion menée par les Américains de l'Afghanistan fin 2001 et également la plus meurtrière à la fois pour les troupes US/OTAN et les populations civiles afghanes, alors que la résistance des Talibans a gagné en expertise, menée sur le mode de guérilla contre des forces d'occupation, impliquant des populations qui jusque là s'étaient cantonnées à de la résistance passive.
Bien qu'il y ait eu avant des contacts avec des commandants Talibans à titre individuel et au niveau des districts, l'initiative saoudienne est la première tentative pour discuter avec le conseil de la direction des Talibans se trouvant dans ou sur le pourtour de la ville de Quetta, au Sud Ouest du Pakistan, connue sous l e nom de « Quetta Shura ». Mais pour le moment cette démarche n'a pas encore intégré le Mollah Omar.
Ces discussions ont commencé cet été et ont été engagées à la demande du gouvernement afghan actuel.
Le médiateur a passé plusieurs semaines à transmettre des listes de demandes et contre listes de demandes entre la capitale afghane, Riyadh et Quetta. Il s'est également rendu à Londres pour s'entretenir ave des responsables du Ministère des Affaires Etrangères et des services secrets M16. Une délégation des services secrets saoudiens s'est également rendue à Kaboul.
Il y avait déjà eu auparavant un échange entre Karzai et le dirigeant Taliban, un allié de Karzai, Gulbuddin Hekmatyar, sans résultat. D'autre part, en fin d'année dernière Karzai avait dit qu'il considérait comme bienvenu l'opportunité de pouvoir parler directement avec Hekmatyar ainsi que le Mullah Omar, affirmant qu'il était près à céder des postes clés au sein de son gouvernement, ce qui correspondait à l'une des demandes principales des Talibans. En effet, les Talibans ont dressé une liste de 11 conditions pour mettre fin aux hostilités, dont un retrait programmé des troupes étrangères d'Afghanistan ainsi que la possibilité d'obtenir des ministères clés.
Il semblerait que les Talibans aient assoupli leurs exigences. Auparavant, les portes parole des Talibans avaient dit que seul le départ des troupes étrangères, l'instauration de lois strictes s'appuyant sur la Sharia et un partage des responsabilités gouvernementales seraient acceptables.
A Londres, le ministère des affaires étrangères n'a pas confirmé ces révélations concernant ce que l'on nomme dans les milieux diplomatiques l' »initiative saoudienne », se bornant à dire que le gouvernement britannique soutenait tout « processus de réconciliation « engagé par le gouvernement Karzai , le considérant comme faisant partie de la campagne de contre insurrection engagée sur place.
Si l'initiative saoudienne rencontre, semble-t-il, un écho favorable dans certaines capitales européennes, la décision prises en juillet par Bush d'autoriser les troupes américaines à lancer des opérations transfrontalières au Pakistan va à l'encontre de ces efforts de négociation, voire même pourrait avoir pour but de les faire échouer.
En effet, les attaques transfrontalières récemment menées par les soldats US visent justement les Talibans (Pashtouns) au Pakistan. D'autre part, Karzai sous l'influence de Washington, a récemment fermement pris position pour ces opérations transfrontalières, sachant bien sûr qu'elles allaient saper tout processus de réconciliation nationale – les Pashtouns qui se trouvent de part et d'autre de la frontière ont averti qu'ils prendraient tous les armes pour aller combattre les US/OTAN en Afghanistan si ces opérations ne cessaient pas - et qu'elles ne feraient qu'accroître les affrontements et la détermination de la résistance afghane isolant encore un peu plus Karzai.
A Kaboul, c'est son conseiller à la sécurité nationale, Zalmay Rasul, qui est en charge des négociations. Selon le journal, The Observer, pour le moment Karzai n'a pas encore formulé de réponse aux demandes faites par les Talibans engendrant ainsi une certaine frustration chez les responsables et diplomates occidentaux.
Pour l'instant les Etats Unis s'orientent plutôt vers une intensification de la présence militaire et des opérations en Afghanistan, faisant pression sur leurs alliés pour qu'ils accroissent le nombre de troupes déployées notamment dans les zones de combat au Sud et à l'Est.
Pourquoi l'Occident pense qu'il est temps de discuter avec les Talibans et sollicite l'appui des Saoudiens
Le soutien apporté par certains pays occidentaux à ces allées et venues de ce Taliban barbu, habillé du costume traditionnel qui voyage incognito, est en soi révélateur de la situation catastrophique en Afghanistan, un état de fait reconnu en privé par les gouvernements de ces pays alors même que publiquement et avec des nuances ils le nient. Cela prouve que ces gouvernements sont prêts à rechercher par tous les moyens la stabilisation du pays car l'aggravation de la situation coûtent en vies humaines, en argent et politiquement puisque les opinions publiques sont contre cette guerre d'occupation.
En France 62% des français sont contre la présence des troupes françaises en Afghanistan, mais Sarkozy toujours à «l'écoute», et soutenu par ses lèches basquettes d'UMP/NC au Parlement, vient de décider d'envoyer des renforts en matériel et en hommes.
Que l'Arabie Saoudite ait pris l'initiative d'une telle démarche montre également à quel point ceux qui gouvernent cette nation traditionnellement à la tête du monde musulman sunnite s'inquiètent des répercussions que ce conflit peut avoir sur le reste du monde islamique. C'est également une façon pour la Maison des Saud, écartée des négociations pour régler la crise libanaise au profit du Qatar, de montrer qu'il faut toujours compter avec elle dans le champ de la politique régionale. Ce n'est pas la première fois que l'Arabie Saoudite intervient en Afghanistan. Les Saoudiens, avec le Pakistan et les Emirats Arabes Unis ont été les seuls états à reconnaître le régime des Talibans dans les années 90. En 1998, l'Arabie Saoudite avait pratiquement conclu un accord avec le Mollah Omar pour qu'il livre Osama Ben Laden.
Pour les pays occidentaux, la participation saoudienne est primordiale car les efforts qu'ils ont entrepris directement pour négocier avec les Talibans se sont soldés par un échec. Le processus de réconciliation engagé par Karzai a eu un impact très limité, seuls quelques 5000 combattants et une poignée de commandants tous en bas de l'échelle hiérarchique dans le monde Taliban se sont ralliés à ce processus. Mais si les pays occidentaux qui acceptent ce processus de négociations ont en arrière pensée la stratégie de contre insurrection du « diviser pour mieux régner » en Afghanistan, ils risquent d'en subir les conséquences.
Les Talibans malgré la rhétorique du « combat jusqu'au départ du dernier croisé » ont publié récemment sur leur site internet une déclaration disant que « les portes sont ouvertes pour des discussions, des échanges et les négociations sont toujours bienvenues aves des mujahideens tels que Rabbani (L'ex président afghan, Burmahuddin Rebbani) qui ont combattu les Russes dans les années 80. »
Mireille Delamarre 28 Septembre http://www.afghana.org/1015/index.php?option=com_content&task=view&id=321&Itemid=41



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