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07/05/2009

n° 17- Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de PAKISTAN. - 05-05 : - Suite - La chute de Buner avait provoqué les foudres de Washington.

n° 17- Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion et stratégie' de PAKISTAN. - 05-05 : - Suite - La chute de Buner avait provoqué les foudres de Washington.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 17- 05-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion (fin)

1-4 Laurent Gayer : Focus stratégique : Le défi taliban.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Le vingt septième Congrès des marxistes pakistanais

2-2 La résistance prend pied dans le nord-ouest, Washington s'alarme.

2-3 Richard Holbrooke : L'Inde et le Pakistan doivent s'unir contre les 'talibans' et 'Al-Qaeda'…


1-4 Laurent Gayer : Focus stratégique : Le défi taliban.

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

Ndlr : Ce texte de plus de 15 pages est au départ un Ptf – d’un format a5 – avec des annotations en fin de chaque page…

Conclusion : j’ai eu beaucoup de mal a reconstruire l’article original – il y a donc il y a des petits ratés

M & C

La montée en puissance des « Talibans pakistanais »

Jusqu’à l’intervention des Etats-Unis et de leurs alliés en Afghanistan, fin 2001, les soutiens pakistanais des « étudiants »11 afghans au Pakistan n’étaient pas eux-mêmes qualifiés de « Talibans ».

Au cours des dernières années, le Pakistan a pourtant vu se développer un nouveau mouvement

jihadiste pachtoune dont les militants se sont trouvés affublés, par les médias locaux, du titre de « Talibans pakistanais » ─ en raison de leur proximité idéologique avec leurs voisins afghans, bien plus que pour le rôleactif des étudiants dans le mouvement.

Ce mouvement s’est développé depuis 2002 dans les « zones tribales » frontalières de l’Afghanistan, pour s’étendre à la North West Frontier Province (NWFP) voisine

Les premiers commandants de ces « Talibans pakistanais » étaient de jeunes Pachtounes qui, tels Nek Mohammad, avaient combattu dans les rangs des Talibans afghans avant de faire fortune en escortant les dirigeants et les militants d’Al Qaïda hors d’Afghanistan, suite au déclenchement de l’opération Enduring Freedom 12.

A l’instar de leurs homonymes afghans, les Talibans pakistanais ont d’abord cherché à apparaître comme une réponse au problème de l’insécurité, en s’attaquant aux criminels notoires (notamment au Nord Waziristan, au cours de l’année2005).

Ces activités de « vigilantisme » leur ont initialement valu le soutien de la population locale et leur ont permis de s’imposer comme une nouvelle force politique dans la zone, au détriment des autorités tribales traditionnelles. Parallèlement, en alternant attaques contre les forces gouvernementales et « accords de paix » avec les autorités, les miliciens islamistes ont consolidé leur autorité. Et lorsque l’armée a fini par prendre conscience de l’ampleur du phénomène, et décidé de remobiliser les

structures tribales traditionnelles pour endiguer la menace, il était trop tard : bien au-delà de leurs capacités militaires, l’influence des Talibans pakistanais se mesure à leur travail de sape d’un système tribal déjà malmené par la monétarisation et la criminalisation de l’économie locale, auxquelles le jihad afghan, le développement du trafic de l’héroïne afghane ou encore l’émigration vers le Golfe ont largement contribué depuis les années 1970.

La réponse tardive du régime Musharraf au problème,  11

Le terme arabe talib’ilm (pl. tulaba en arabe, taliban en pashto) désigne demanière générique tout « étudiant », et non exclusivement, comme on le lit parfois, les « étudiants en religion ». Le recours aux institutions « traditionnelles » (notamment aux assemblées tribales, les jirgas), n’était pas seulement discutable d’un point de vue militaire : elle reposait surtout sur des prémisses sociologiques erronés, en refusant de voir ce mouvement des Talibans locaux pour ce qu’il est, à

savoir un produit et un agent de la modernisation politique et sociale de la ceinture pachtoune, émergeant sur les décombres du système tribal.

Comblant le vide politique ouvert par cette crise du système tribal et par l’absence de démocratisation des FATA, les Talibans se sont également attaqués frontalement aux leaders tribaux tentés de coopérer avec le gouvernement. Avant même la création du Tehrik-e Taliban Pakistan

(Mouvement des Talibans du Pakistan - TTP) en 2007, au moins 200 chefs tribaux ont ainsi été éliminés par les miliciens islamistes au motif de leur complicité supposée avec le pouvoir civil et militaire15. Et afin de marquer les esprits, les Talibans ont donné à ces meurtres une dimension rituelle : les victimes désignées reçoivent ainsi une aiguille, un fil et mille roupies (10 euros), afin de payer et coudre leur linceul16.

Le TTP a vu le jour en décembre 2007 à l’initiative d’une trentaine de chefs miliciens des FATA et de la NWFP, qui ont désigné Baitullah Mehsud comme leur émir. Agé de 35 ans, celui-ci serait originaire du village de Landhi Dhok, dans la région de Bannu (NWFP), frontalière du

Waziristan. Mehsud n’a pas été scolarisé, et n’est donc pas un produit des madrassas, à la différence des leaders du mouvement des Talibans afghans de première génération, aux côtés desquels il a combattu dans les années 1990. Il se serait formé à la guérilla sous la tutelle du célèbre mujahid afghan Jalaluddin Haqqani (devenu l’un des principaux commandants du mouvement des Talibans de « seconde génération »), et a fait allégeance au mollah Omar, dont il partage l’idéologie : un salafismejihadisme dérivé du courant deobandi du sunnisme hannafite 17.

Figure marginale de la scène islamiste pachtoune jusqu’en 2004, il a accédé à la notoriété en prenant la succession de Nek Muhammad Wazir (tué dans un tir de missile en juin 2004) à la tête de l’insurrection islamiste du Sud Waziristan. En février 2005, il signe un cessez-le-feu avec le gouvernement qui en fait de facto « l’émir du Sud Waziristan », ainsi que le surnomme alors la presse pakistanaise. Cette trêve sera cependant rompue en juillet 2007, suite à l’attaque de l’armée pakistanaise contre la Mosquée rouge d’Islamabad, qui va radicaliser les Talibans pakistanais et conduire à une escalade militaire dans le conflit qui les oppose au pouvoir central.-

La dénomination du TTP s’inspire probablement d’initiatives plus anciennes, notamment d’un groupe homonyme apparu en 1998 dans l’agence tribale d’Orakzaï18. Le TTP se distingue pourtant de ses

prédécesseurs, par sa vocation à coordonner les activités de l’ensemble des milices jihadistes du pays. A sa tête, on trouve une « assemblée consultative » (majlis-e shura) composée d’une quarantaine de membres.

Les plus éminents d’entre eux sont Baitullah Mehsud (l’émir du groupe), Maulana Hafiz Gul Bahadur (vice-émir) et Maulana Faqir Muhammad (formé dans les madrassas salafistes de la NWFP, celui-ci est l’un des principaux points de contact du TTP avec les jihadistes arabes19 mais aussi avec la milice de Mullah « Radio » Fazlullah, l’émir de la vallée de Swat [voir infra]).

Le choix de ces trois hommes n’est pas seulement dû à leurs antécédents jihadistes mais aussi à leur origine géographique  28

Entre 70 et 80 % du ravitaillement des troupes de l’OTAN en Afghanistan représentant une zone insurgée : le Sud Waziristan pour Mehsud, le Nord Waziristan pour Gul Bahadur et l’agence de Bajaur pour Faqir Muhammad. Mais si la shura du TTP inclut d’abord des représentants des 7 « agences

tribales » composant les FATA, elle a également accueilli des personnalités originaires de la NWFP voisine, en particulier des districts de Swat, Bannu, Tank, Lakki Marwat, Dera Ismail Khan, Kohistan, Bunner et Malakand, où l’influence des Talibans n’a cessé de s’accroître au cours des dernières

années. Au début du mois de janvier 2009, l’émir du TTP dans les agences de Khyber et d’Orakzaï, Zulfiqar Mahsud, a confirmé l’ambition du groupe d’étendre ses activités à la NWFP. Cette tache sera confiée à Habibur Rehman dans le district de Mardan et à l’émir du TTP pour la région de

Peshawar, un certain « Abdullah » 20.

En dépit de ses ambitions hégémoniques, le TTP n’est qu’une plateforme de groupes largement autonomes les uns des autres, et parfois rivaux 21.

Cette alliance de circonstance a d’abord permis aux commandants du Waziristan de s’affirmer sur la scène jihadiste régionale et nationale, au point d’y détrôner des leaders jihadistes historiques tels que Hafiz Muhammad Saïd, l’émir du Lashkar-e Tayyeba (LeT), ou Masood Azhar, le leader du Jaish-e Mohammad (JeM).

Les groupes locaux qui se sont affiliés au TTP y ont pour leur part trouvé une garantie de financement et une protection vis-à-vis des populations tribales tentées de repousser ces

La nomination de Gul Bahadur au poste de vice-émir du TTP a suscité l’hostilité de certaines composantes du mouvement. Bahadur semble en effet poursuivre son propre agenda et, au cours de l’hiver 2007-2008, il a refusé de prêter main forte à Baitullah Mehsud face à l’armée pakistanaise, de peur de compromettre la trêve qu’il avait signée avec celle-ci. Depuis, il a pris la tête d’une faction du TTP hostile à Baitullah Mehsud, à laquelle se sont notamment affiliés Maulvi Nazir, commandant taliban de Wana (Sud Waziristan) et Haji Namdar Khan, commandant de la milice Amr Bil Maruf Wa Nahi Anil Munkar (Promotion de la vertu et répression du vice), basée dans l’agence de Khyber ;

voir Rahimullah Yusufzaï, « A who’s who of the insurgency in Pakistan’s North West Frontier

Province », Terrorism Monitor, vol. 6, n° 18, 22 septembre 2008.

Les rivalités entre ces factions jihadistes peuvent parfois prendre un tour violent : Haji Namdar Khan

a été assassiné en août 2008 par un tueur de Baitullah Mehsud, tandis que dans l’agence de Mohmand, le leader local du TTP, Maulvi Omar Khalid (éliminé par les forces de sécurité le 21 janvier 2009), est entré en conflit avec la Jama’at-ud Dawa (JUD, nouvel avatar du groupe jihadiste Lashkar-e Tayyeba, soupçonné d’être à l’origine des attaques de Bombay de novembre 2008).

Le chef local de la JuD, Muslim Khan, a été assassiné au cours de l’été 2008 par les hommes d’Omar

Khalid, qui ont également capturé plusieurs dizaines de combattants de la JuD. Le groupe d’Omar Khalid est également entré en conflit avec un groupe local de Talibans, commandé par un certain Shah Khalid. Les combats entre les deux groupes ont fait une quinzaine de morts en juillet 2009, dont quatre otages exécutés par les hommes d’Omar Khalid (parmi lesquels figuraient Shah Khalid et

son bras droit) ; voir Syed Talat Husain, « The Gathering Storm », Newsline, août

2008.

Ces rivalités recoupent souvent des clivages tribaux ; voir Rahimullah Yusufzaï, « The impact of Pashtun tribal differences on the Pakistani Taliban », Terrorism Monitor, vol. 6, n° 3, 11 février 2008.

La plupart de ces mouvements sont très localisés et ont émergé de manière ad hoc depuis 2005, leur arrimage aux réseaux jihadistes régionaux ne s’étant opéré que dans un second temps  23.

La situation est d’autant plus complexe, sur le terrain, que des jihadistes et des militants sectaires venus du Pendjab, ainsi que des combattants étrangers (arabes, ouzbeks et à présent afghans), opèrent également dans les zones tribales et dans la NWFP, qui selon l’expression du journaliste Ahmed Rashid s’apparentent désormais à un « millefeuille terroriste »  24.

Plusieurs éléments indiquent qu’un rapprochement s’opère actuellement entre les Talibans pakistanais et les extrémistes sectaires du Pendjab. Ainsi, les vidéos diffusées par le TTP en janvier 2009, qui pour la première fois incluent des testaments filmés de kamikazes, sont accompagnées d’une bande sonore où l’on reconnaît un hymne du groupe sectaire pendjabi Lashkar-e Jhangvi (LeJ) 25.

De surcroît, en février 2009, les Talibans du Sud Waziristan ont exécuté un ingénieur polonais kidnappé quelques mois plus tôt, après que les autorités pakistanaises eurent refusé

de libérer quatre militants.  26.

L’implication croissante d’Afghans, venus des provinces de Nangarhar ou de Kunar, dans les combats en cours dans les FATA et la NWFP suggère pour sa part que cette région n’a plus rien d’un sanctuaire pour les Talibans afghans et s’apparente désormais à une véritable zone de guerre, au même titre que le sud et l’est de l’Afghanistan27.

Les attaques se multiplient actuellement contre les convois de l’OTAN à Peshawar et dans sa périphérie (7 attaques ont été recensées entre le 7 décembre et le début de l’année 2009, qui ont conduit à la destruction de 300 véhicules et conteneurs destinés aux troupes de l’OTAN), perturbant l’acheminement de la logistique à destination des troupes de la coalition en Afghanistan 28.

Et une partie au moins de ces transite actuellement par le Pakistan, via le Baloutchistan ou la NWFP et l’agence de Khyber.

Le poste frontière de Torkham (agence de Khyber) a été fermé à plusieurs reprises par les Pakistanais (durant une semaine en novembre 2008, puis de la fin décembre 2008 au 5 janvier 2009 et de nouveau le 14 et le 19 janvier 2009), suite au déclenchement d’opérations militaires ou d’attaques des Talibans dans la zone. Le poste frontière de Chaman (Baloutchistan) a pour sa part

suspendu ses activités durant cinq jours, en janvier 2009, suite au blocus orchestré

par les populations locales, en signe de protestation contre une opération anti narcotiques

qui avait fait une victime civile.

Le 20 novembre, le général Petraeus, à la tête du CENTCOM, a annoncé qu’un accord venait d’être finalisé …

 les attaques sont le fait de combattants afghans (venus notamment de la province de Nangarhar) ralliés au TTP 29.

L’attaque la plus spectaculaire du début de l’année 2009, survenue le 10 janvier dans l’agence de Mohmand, a pour sa part impliqué six cent combattants, pour la plupart venus d’Afghanistan (en particulier de la province frontalière de Kunar) mais épaulés par les Talibans locaux.

Les assaillants s’en sont pris à un fort tenu par des paramilitaires, situé non loin de la frontière afghano-pakistanaise.

Selon l’armée pakistanaise, cette attaque aurait fait 6 victimes dans les rangs des forces de sécurité et une cinquantaine dans ceux des assaillants 30.

Cette implication croissante de combattants afghans sur le terrain pakistanais, également repérée dans l’agence de Kurram [voir infra], s’ajoute aux flux de réfugiés pakistanais vers l’Afghanistan 31

et à la recrudescence des raids conduits par les forces américaines en territoire pakistanais pour indiquer que l’espace conflictuel afghano-pakistanais est en passe de se complexifier, et de se transformer en une zone de conflit de plus en plus étendue et indifférenciée, traversée et structurée par des flux multidirectionnels de combattants, de réfugiés, d’armes et de vivres. A travers cette extension du « domaine de la guerre » afghano-pakistanais,

c’est une nouvelle géographie politique qui se dessine. Ironie de l’histoire, c’est sous la bannière d’un salafisme aux accents universels 32

qu’est en train de prendre corps le grand projet de « Pachtounistan » des nationalistes laïcs du National Awami Party (NAP) puis de l’Awami National Party (ANP). Pachtounes vs.

Pachtounes : la guerre civile comme stratégie de contre-insurrection

Sous le régime du président Musharraf, l’armée a soufflé le chaud et le froid, alternant opérations militaires et offres de cessez-le-feu. Le départ de Musharraf et le regain de pression des Etats-Unis, de plus en plus préoccupés par la situation en Afghanistan et dans le Nord-Ouest du Pakistan, se sont traduits par une remobilisation de l’armée contre les Talibans. Au cours de l’été 2008, l’armée a déclenché une vaste offensive contre les rebelles islamistes dans la vallée de Swat (NWFP) et dans

l’agence tribale de Bajaur, fiefs des groupes radicaux affiliés au TTP.

Des combats au sol ont été engagés après avoir eu recours à l’artillerie et républiques d’Asie centrale, pour permettre à l’OTAN d’acheminer son matériel et son carburant par cette voie alternative, plus sûre bien que plus longue., 33

et conduisant au plus important déplacement de population de l’histoire récente du Pakistan (200 000

personnes ont trouvé refuge dans les camps du CICR en zones tribales et dans la NWFP 34

et au moins autant dans les grandes villes du pays ; fin décembre 2008, plus de 200 000 résidents de l’agence de Bajaur et de la vallée de Swat étaient encore réfugiés dans les principales villes

pakistanaises 35).

Tout en mobilisant d’importants moyens militaires sur ces deux théâtres d’opération, l’armée a eu recours à des milices villageoises (lashkars), sur un modèle contractuel 36

qui est en passe de se généraliser à l’ensemble des zones tribales et à certains districts de la NWFP. Ces milices ont vu le jour depuis le mois de septembre 2008 dans les « zones tribales » (Khyber, Bajaur, Mohmand, Orakzai) et dans les districts de la NWFP concernés par la poussée des Talibans (Dir, Shabqadar, Mardan, Lakki Marwat, Hangu, Tank, Buner, Charsadda…).

Ces milices sont soutenues et parfois armées et approvisionnées par les autorités provinciales, qui les ont mises à contribution pour défendre la capitale provinciale, Peshawar, contre un assaut ou des infiltrations des Talibans.

Tout en encourageant ces initiatives de la société locale, les forces de police de la NWFP ont créé de toutes pièces une milice de jeunes gens originaires des districts frontaliers des zones tribales, chargés de lutter contre les infiltrations des Talibans dans la province 37.

Cette mise à contribution des populations locales dans la contre insurrection n’est pas nouvelle. En 2007, notamment, l’armée avait eu recours à la tribu des Ahmadzaï et aux Talibans locaux pour chasser les jihadistes ouzbeks repliés à Wana, au Sud Waziristan.


Cette initiative s’était soldée par une victoire militaire mais, dans le même temps, avait contribué à renforcer les Talibans locaux. Une initiative analogue, menée dans la région de Mir Ali, au Nord Waziristan, et visant à la fois les Ouzbeks de l’Islamic Movement of Uzbekistan (IMU) et les Talibans locaux, a en revanche abouti à un échec pour le gouvernement 38.

Dans le cadre de la dernière offensive en date contre les Talibans, qui se poursuit depuis l’été 2008, ces milices tribales ont initialement connu un certain succès, notamment à Bajaur et Khyber. Ces victoires pourraient cependant n’être que de courte durée.

Plus encore, ces initiatives de militarisation de la société risquent de conduire à une escalade dans la violence, et d’alimenter la guerre civile qui sévit d’ores et déjà dans les régions pachtounes 39.

Car les Talibans locaux sont déterminés à résister à cette offensive des lashkars, à la fois

frontalement et par le biais d’attentats-suicides visant les leaders tribaux ralliés au gouvernement (au cours des seuls mois d’octobre et novembre 2008, plus de 160 personnes ont trouvé la mort dans des attaques-suicides visant des rassemblements de leaders tribaux, dans les agences d’Orakzaï

et de Bajaur). Signe de la radicalisation du conflit entre les Talibans et les tribus loyales au gouvernement, le corps d’un commandant d’un lashkar anti-Talibans – assassiné par les rebelles islamistes quelques jours plus tôt dans la vallée de Swat – a été déterré le 16 décembre et pendu sur une place publique avant d’être abandonné dans un lieu inconnu 40.

Au-delà du risque d’escalade dans la guerre civile qui sévit dans les zones tribales et la NWFP, la création de ces milices sur une large échelle pourrait à terme constituer une menace pour le gouvernement, voire pour les forces étrangères présentes en Afghanistan. Les relations entre les

tribus et Islamabad se sont considérablement détériorées ces dernières années, et l’on ne peut exclure que les armes distribuées pour tenir tête aux Talibans ne soient ultérieurement retournées contre l’Etat pakistanais et ses alliés étrangers.

De fait, les commandants de certains de ces lashkars ne font pas mystère de leur volonté de s’en prendre « à l’OTAN et aux Etats-Unis, qui à l’instar des Talibans constituent une menace pour la

paix régionale »

L’état de désordre dans lequel s’enfonce inexorablement le Pakistan n’est pas seulement le produit du conflit entre l’Etat et les islamistes radicaux. Parallèlement à ce conflit récent, apparu dans le

contexte post-11 septembre 2001, le pays voit ressurgir des lignes de fractures anciennes.

 

Références :

12 Sur la trajectoire de Nek Mohammad, voir Mariam Abou Zahab, « La frontière dans la tourmente: la talibanisation des zones tribales », Outre-Terre, à paraître.

13  Mariam Abou Zahab, « Changing Patterns of Social and Political Life Among the Tribal Pashtuns in Pakistan », intervention au colloque « Dynamics of L. Gayer / Pakistan : vers la guerre civile ?

Contemporary Islam and Economic Development in Asia, from the Caucasus to China », New Delhi, 17 avril 2008.

14 Federally Administered Tribal Areas (FATA) ; il s’agit de 7 « agences » tribales placées sous un régime juridique d’exception et sous l’autorité directe du chef de

l’Etat. Les FATA ont une population de 3 millions d’âmes, qui s’ajoutent aux 28 millions de Pachtounes résidant ailleurs au Pakistan.

15 Hassan Abbas, « A Profile of Tehrik-i-Taliban Pakistan », CTC Sentinel, 1 (2), p. 2,

disponible à l’adresse suivante : http://www.ctc.usma.edu/sentinel/CTCSentinel-Vol1Iss2.pdf

16 Ahmed Rashid, Descent into Chaos, op. cit., p. 275.

17 Du nom du séminaire de Deoband, fondé en 1867 dans le nord de l’Inde. Précisons cependant que les dirigeants de ce séminaire, le plus prestigieux d’Asie

du Sud, ont pris leurs distances avec les Talibans afghans et, au cours des dernières années, ont dénoncé le recours au terrorisme au nom de l’islam.

18 Hassan Abbas, « A Profile of Tehrik-i-Taliban Pakistan », art. cité.

19 Ibid., p. 3.

20  Harun Rashid, « Bandobasti elaqon main ta’yanatian »

21 (Nouvelles affectations dans la NWFP), BBCUrdu.com, 8 janvier 2009. 

22 Joshua T. White, Pakistan’s Islamist Frontier. Islamic Politics and U.S. Policy in

Pakistan’s North West Frontier Province, Religion & Security Monograph Series

no.1, Arlington (VA), Center on Faith and International Affairs, 2008, p. 86.

23 Ibid., p. 90-93.

24 Ahmed Rashid, Descent into Chaos, op. cit., p. 265.

25 « Taliban ki vidiotep main fedayin » (Des fedayin dans les vidéos des Talibans),

BBCUrdu.com, 18 janvier 2009. Sur l’histoire et la sociologie du LeJ, voir Mariam

Abou Zahab, « Le SSP, héraut du sunnisme militant au Pakistan », in Laurent

Gayer et Christophe Jaffrelot (dir.), Milices armées d’Asie du Sud, op. cit., p. 190-

193.

26 Abdul Sami Paracha, « Taliban claim beheading Pole », Dawn, 8 février 2009.

27 Gilles Dorronsoro, intervention à la table ronde « Afghanistan 2008 and Beyond: Understanding Local Dynamics, Dealing with Strategic Challenges », Paris, CERI,

9 décembre 2008.

29 Ibrahim Shinwari, « Militants raid Nato supplies, hijack 13 military trucks », Dawn, 11 novembre 2008.

30 « Six soldiers, 40 militants killed in Mohmand clash », Dawn.com, 11 janvier 2008.

31 Suite aux opérations de l’armée pakistanaise dans l’agence de Bajaur, 15 000 Pakistanais ont trouvé refuge dans le district de Shegal de la province afghane de

Kunar au cours de l’été 2008.

32 Sur l’universalisme du salafisme, et ses modes de vernacularisation, voir

Laurent Bonnefoy, « L’illusion apolitique : adaptations, évolutions et instrumentalisations du salafisme yéménite », in Bernard Rougier (dir.), Qu’est ce que le salafisme ?, Paris, PUF, collection « Proche Orient », 2008, pp. 137-159.

33 Les opérations de l’armée à travers le pays (principalement dans les FATA et la NWFP) ont fait 3182 victimes en 2008, selon le Pakistan Institute for Peace

Studies ; voir « Violence claims 7,997 lives in 2008 », art. cité.

34 Voir http://www.icrc.org/Web/eng/siteeng0.nsf/html/pakistan-feature-170908

35 Jahan nama (Nouvelles du monde), BBCUrdu.com, 17 décembre 2008.

36 Sur la « contractualisation » des milices armées par les Etats, voir Laurent

Gayer et Christophe Jaffrelot (dir.), Milices armées d’Asie du Sud, op. cit., p. 299.

37 Zahir Shah, « Lashkars and their critics », The Herald, novembre 2008, p. 52.

38 Rahimullah Yusufzai, « The tribes fight back », Newsline, octobre 2008.

39 Selon le ministre de l’Information de la NWFP, Iftikhar Hussain, c’est bien à une situation de guerre civile que fait face la NWFP, et le gouvernement provincial a le

devoir de prendre toutes les mesures appropriées pour y remédier ; voir Zahir Shah, « Lashkars and their critics », art. cité, p. 52.

40 « Lash ki be hurmati kion ? » (Pourquoi la profanation d’un cadavre ?), BBCUrdu.com, 16 décembre 2008.

41 Propos du commandant d’un lashkar de la tribu des Salarzai, dans l’agence de Bajaur, cité dans Zahir Shah, « Lashkars and their critics », art. cité, p. 53.

L’auteur

Laurent Gayer est chargé de recherche au CNRS, affecté au Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique (CURAPP) d’Amiens ainsi que chercheur associé au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CEIAS) à l’EHESS-CNRS à Paris.

Le comité de rédaction

Rédacteur en chef : Etienne de Durand

Rédacteur en chef adjoint : Marc Hecker

Assistante d’édition : Louise Romet



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Le vingt septième Congrès des marxistes pakistanais.
Extrait

« Inqlab ! Inqlab ! Socialist Inqlab ! » – Révolution ! Révolution ! Révolution socialiste !

C’est sur ces slogans, dans une ambiance surchauffée, que s’est ouvert le 27e Congrès de la tendance marxiste pakistanaise, The Struggle (La Lutte), le 27 mars dernier.

Au total, 2000 délégués de toutes les régions du Pakistan ont rempli la magnifique salle Aiwan Iqbal, dans la ville de Lahore.


Le Congrès s’est ouvert par une discussion sur les Perspectives Mondiales, introduite par Alan Woods. Alan a comparé la situation actuelle à la période de déclin et de chute de l’Empire Romain.

….

Alan s’est également attardé sur les guerres en Irak et en Afghanistan, que les impérialistes ne peuvent pas gagner, comme les marxistes l’avaient prévu dès leur déclenchement : « les Américains devront quitter l’Irak la queue entre les jambes ». Quant à l’Afghanistan, la poursuite de la guerre aura pour seul effet d’aggraver la déstabilisation du Pakistan.
Lors de la discussion, très riche, de nombreuses interventions ont porté sur la question nationale. Dans ses réponses, Alan a souligné que la seule façon de résoudre la question nationale est la conquête du pouvoir par les travailleurs et paysans pauvres, comme ce fut le cas en Octobre 1917, en Russie.

Il a prévenu que les réactionnaires indiens et pakistanais songent à recourir à la guerre – notamment au Cachemire – dans le but de détourner l’attention des travailleurs de la crise économique et sociale. « Les travailleurs d’Inde et du Pakistan n’ont aucun intérêt à la guerre », a-t-il dit, ce qui a déclenché une puissante salve d’applaudissements. « Notre position : une seule guerre – la guerre des classes ! ».
L’après-midi, la discussion a porté sur la crise de l’Etat pakistanais. Le camarade Adam Paul introduisait les débats. Après avoir rappelé les origines de l’Etat d’un point de vue marxiste, Adam a décrit la dégénérescence complète de l’Etat pakistanais, qui est déchiré par des contradictions internes, une fraction soutenant les Talibans – pendant qu’une autre est soumise à l’impérialisme américain. Lors de la discussion, un camarade du Pachtounkhwa a fait une intervention vibrante d’indignation pour dénoncer le massacre de civils par l’artillerie et les bombardiers américains, qui ont provoqué une vague massive de réfugiés.


A 17 heures, la Congrès s’est divisé en trois commissions : le travail syndical, la jeunesse et les femmes.
Le lendemain, vendredi 28 mars, le camarade Lal Khan a ouvert le deuxième jour du congrès en introduisant la discussion sur les Perspectives pour le Pakistan.

Dans son discours, Lal Khan a dressé un tableau dévastateur du pourrissement de la bourgeoisie pakistanaise et de son système : « 62 % des enfants n’a pas accès à l’éducation primaire. 60 % souffre de malnutrition. Beaucoup de gens ont perdu leur odorat parce qu’ils vivent à proximité de décharges à ciel ouvert, dans la plus noire misère. Chaque jour, le chômage et la pauvreté augmentent. »
L’agriculture est dans un état déplorable. 65% de l’eau drainée par les canaux d’irrigation n’arrive pas à destination, du fait du délabrement des infrastructures.

Dans le même temps, l’industrie a été saccagée. Et à présent, le gouvernement du Parti du Peuple Pakistanais (PPP) poursuit une politique de privatisation criminelle, qui se traduira par de nouveaux licenciements.
Mais tout le monde ne souffre pas, au Pakistan.

Le dirigeant d’opposition Nawaz Sharif est la quatrième fortune du pays.

Quant au président du Pakistan, Asif Ali Zardari, il en est la deuxième fortune.

Comment ces gens peuvent-ils prétendre représenter les intérêts des travailleurs et des paysans pakistanais ?
Lal Khan a souligné que la faillite de l’Etat pakistanais repose sur la faillite du système capitaliste lui-même.

http://lariposte.com/Le-27e-Congres-des-marxistes-pakistanais-1194.html
A Lahore, le 29 mars 2009


2-2 La résistance prend pied dans le nord-ouest, Washington s'alarme.

La progression dans le nord-ouest du Pakistan s'est confirmée jeudi avec la présence de patrouilles de combattants lourdement armés à Buner, à environ 100 km d'Islamabad.

Et les vaines tentatives des autorités locales de négocier leur retrait de ce district ont renforcé les inquiétudes de Washington sur la capacité du gouvernement à endiguer l'avance de ces combattants liés aux résistants de l'Afghanistan voisin.

"Les talibans patrouillent dans les rues de Buner", a affirmé par téléphone Rasheed Khan, un officier de police.

Des centaines de ces combattants circulaient dans le chef-lieu du district, équipés d'armes légères et de lance-roquettes, et ont établi des barrages filtrants sur les principaux axes, a également témoigné pour l'AFP Karim Babak, un ancien député provincial.

"Des responsables du gouvernement provincial sont en train de discuter avec les talibans et nous espérons qu'ils vont bientôt cesser leurs patrouilles", a plaidé Rasheed Khan, démentant la presse locale qui affirme que chefs de la police et de l'administration ont fui Buner.

Après le district adjacent de Swat, dont la prise par les talibans avait forcé Islamabad à conclure en février un cessez-le-feu en échange de l'instauration de tribunaux islamiques, ces combattants radicaux ont donc progressé vers l'intérieur du pays, Buner se situant à une centaine de km de la capitale Islamabad.

La communauté internationale, Etats-Unis en tête, avait alors déjà dénoncé une "capitulation".

Les talibans devaient déposer les armes mais ne l'ont jamais fait, profitant du cessez-le-feu pour pousser leur avantage sur le terrain.

Mercredi, la chute de Buner a provoqué de nouvelles réactions hostiles de Washington, dont Islamabad est l'allié-clé depuis fin 2001 dans sa "guerre contre le terrorisme".

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton s'est alarmée de "la menace pour l'existence de l'Etat du Pakistan que représente la progression continue des talibans", et redouté qu'ils ne soient un jour à même de "prendre le contrôle" de cet "Etat nucléaire".

Mercredi, le porte-parole des talibans de Swat, Muslim Khan, avait promis d'étendre l'application stricte de la charia à la totalité du pays.

"Depuis une mosquée, les talibans ont annoncé qu'ils ne toléreront plus aucune activité contraire à l'islam à Buner", a également témoigné au téléphone un habitant, resté anonyme par peur des représailles. "Des écriteaux placardés chez les coiffeurs interdisent aux hommes de raser leurs barbes", a-t-il assuré.

"La police n'a plus aucun pouvoir et semble avoir cédé le contrôle aux talibans qui font ce qu'ils veulent en ville", a confirmé un avocat de Buner, Shams Buneri. Les tribunaux ont fermé leurs portes après que les islamistes eurent menacé avocats et magistrats, a renchéri un de ses pairs, Badiuz Zaman.

"J'ai vu des écriteaux interdisant aux femmes de se rendre au marché", a assuré un habitant, Abdur Rehman.

Même les responsables locaux des dispensaires et hôpitaux ont dû demander à leur personnel féminin de rester à la maison, a assuré Masood Ahmad Khan, un fonctionnaire du ministère provincial de la Santé.

(01-05

AFP)


2-3 Richard Holbrooke : L'Inde et le Pakistan doivent s'unir contre les 'talibans' et 'Al-Qaeda'...

La menace représentée par Al-Qaeda et ses alliés talibans ne pourra être jugulée que si l'Inde et le Pakistan coopèrent, avec l'aide des Etats-Unis(…), a plaidé l'émissaire américain pour le Pakistan et l'Afghanistan, Richard Holbrooke.

M. Holbrooke, envoyé spécial du président Barack Obama, accompagné par le chef d'état-major de l'armée américaine, l'amiral Mike Mullen, étaient en visite dans la capitale indienne en provenance d'Islamabad et de Kaboul.

Il ont parlé avec des responsables du gouvernement indien de la nouvelle stratégie du président Obama pour lutter contre les talibans et Al-Qaeda dans les pays voisins de l'Inde.

 «Pour la première fois depuis la Partition (du sous-continent en 1947), l'Inde, le Pakistan et les États-Unis sont confrontés à une menace, un défi et un objectif communs», a déclaré M. Holbrooke à la presse, répétant ce qu'il avait dit en février, lors d'une tournée «d'information» en Asie du Sud. 

«Maintenant que nous faisons face à la même menace, nous devons travailler ensemble», a-t-il plaidé.

«Mais nous ne sommes pas ici pour demander à l'Inde de faire quoi que ce soit», a précisé le diplomate, en allusion à une reprise du processus de paix indo-pakistanais gelé depuis les attentats de Bombay de novembre 2008.

Après ces attaques, Washington s'est échiné à apaiser les tensions entre les deux «frères ennemis», qui sont tous les deux ses alliés.

New Delhi exige d'Islamabad qu'il éradique «totalement le terrorisme» islamiste de son sol. Le Pakistan reconnaît que le carnage de Bombay (174 tués, dont neuf des dix assaillants) a été «en partie» ourdi sur son territoire.

L'Inde s'alarme aussi des percées de talibans pakistanais dans la vallée de Swat où la loi islamique se met en place. Le département de Swat se trouve à 120 km au nord-ouest d'Islamabad et non loin du Cachemire.

22 avril 2009

http://www.cyberpresse.ca:80/international/asie-oceanie/200904/08/01-844675-inde-et-pakistan-doivent-sunir-contre-les-talibans-et-al-qaeda.php

Commentaires

Bonjour,

Je suis Anna, J'ai 24 annees prochainement
Je vais bientot presenter mon activite sur un petit blog de france2
http://blog.france2.fr/musculation-appartement/ sur la musculation a pratiquer chez soi
peut etre pourrons nous echanger sur le sujet ?

a bientot

Écrit par : annajoicles | 02/11/2009

J'ai vraiment aimé ton article ; il est vraiment gai à lire. J'espère que les suivants sont aussi correctement rédigés. ;)

Écrit par : Date de sortie Wii U | 27/10/2011

Merci pour votre travail!

Écrit par : forex | 10/11/2011

Une information qui donne une envie d'en entendre une autre pour pouvoir imaginer ce qu'on deviendra dans quelques années.

Écrit par : topoptions | 04/07/2012

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