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24/01/2010

n°506 - Dossier de Palestine- 22-01- : Suite -: Gaza une prison à ciel ouvert

n°506 - Dossier de Palestine- 22-01- : Suite  -: Gaza une prison à ciel ouvert



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

     n°506                                                       22-01

                                                                           C.De Broeder & M.Lemaire   



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire


2 Dossier

2-1 Ismail Haniyeh : Gaza est toujours debout dans la dignité.

2-2 Egypte - Palestine : Le mur de la honte

1 Tariq Ramadan : Egypte Palestine : Le mur de la honte.

2 Abdallah Al-Achaal : "La barrière prive les Palestiniens de leur droit d’échapper à la mort".

3 Gaza: les résistants continuent leur travail malgré le mur et la tension.

2-3  Une frontière trop poreuse…

1 Israël va clôturer sa frontière avec l'Egypte.

2 Laurent Zecchini : Un Mur bis ou une barrière ???

3 Avec son mur d’acier, il fait mieux que les Israéliens : Moubarak, premier policier de l’impérialisme dans la région.


 


2 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Ismail Haniyeh : Gaza est toujours debout dans la dignité.

Que le gouvernement élu jouisse encore à Gaza du soutien populaire de son peuple est le signe de l’échec du blocus criminel d’Israël et de la guerre lancée il y a un an. Aujourd’hui, notre peuple jouit du soutien de millions de personnes partout dans le monde ; des milliers d’entre elles frappent aux portes de Rafah pour entrer et montrer leur solidarité. Au contraire, Israël, la puissance occupante, est devenu isolé et méprisé par les peuples de conscience partout. Recherchés pour crimes de guerre, ses dirigeants sont obligés d’éviter de nombreuses villes internationales qu’ils utilisaient jadis comme canaux de communication. Il n’y a qu’une explication à la relégation d’Israël au statut d’Etat voyou. Le monde n’en peut plus de son oppression et de son injustice.

La récente affirmation israélienne que « le Hamas a transformé Gaza en enfer sur terre » est une fabrication grossière et un mensonge. Il est étonnant qu’une telle déclaration vienne de l’Etat qui a attaqué sans aucune pitié la population de Gaza au cours d’une guerre terrible et unilatérale qui a tué plus de 1.500 personnes. Le Hamas n’a pas largué sur Gaza des bombes DIME et au phosphore internationalement interdites, pas plus que le Hamas a délibérément ciblé des écoles, des mosquées, des hôpitaux et les bâtiments des Nations Unies à Gaza. Des familles entières comme les Samouni et les Baloushas ont été tuées. Israël a fait tout ça.
Depuis trois années consécutives, il assiège mon peuple à Gaza, l’empêchant de reconstruire ses maisons, ou même de déblayer les gravats laissés par son attaque barbare. Parce que l’occupant refuse d’autoriser l’entrée des matériaux nécessaires à l’entretien et aux réparations du système d’approvisionnement en eau, la population de Gaza est maintenant empoisonnée par de l’eau contaminée et non potable. L’occupant maintient délibérément l’entrée des marchandises à Gaza à un niveau qui ne répond pas aux besoins minimum de ses habitants. Ceci a conduit à une malnutrition chronique. C’est la puissance occupante qui est responsable d’avoir fait de Gaza la plus grande prison sur terre, avec la totale collaboration de ses alliés occidentaux. Ils ont voulu punir mon peuple parce que le Hamas a remporté en 2006 les élections parlementaires libres et régulières, qui se sont déroulées sous supervision internationale. Ces mesures punitives ont été prononcées même après que le Hamas ait fait preuve d’une souplesse considérable en acceptant un Etat sur tout le territoire de
la Cisjordanie (avec Jérusalem comme capitale) et Gaza. C’est précisément à cause de sa maturité politique et de son intégrité que le Hamas continue de jouir du soutien populaire, comme en témoigne la participation sans précédent aux célébrations de l’anniversaire de sa fondation le 14 décembre.
Si l’on en croit la direction israélienne, il semblerait qu’ils ont desserré leur étau et que maintenant, les Palestiniens de Cisjordanie peuvent s’attendre à « une nouvelle ère de prospérité et de croissance. » C’est cependant loin d’être le cas. Dans un rapport diffusé en juin 2009,
la Banque Mondiale a déclaré que le PIB en Cisjordanie avait baissé « d’un cumulatif de 34% en termes réels de PIB par habitant » depuis septembre 2000. Le déclin économique de la Cisjordanie pendant cette période est dû à la politique israélienne de restriction de la mobilité des Palestiniens, divisant de fait la Cisjordanie en plusieurs poches assiégées. Israël a aujourd’hui retiré quelques-uns de ces plus de 600 barrières fixes (il installe aussi des centaines de checkpoints « volants » à volonté). Mais ce n’est qu’un geste cosmétique et, comme l’un de mes compatriotes l’a noté avec justesse, « même les gestes israéliens les plus infimes ne peuvent qu’apporter une amélioration » après un déclin aussi long et prolongé du PIB. Mais la réalité est que le siège de la Cisjordanie n’est pas moindre que celui de Gaza.
Les Palestiniens de Cisjordanie ne sont pas plus en sécurité qu’à Gaza. En dépit de leur collaboration sécuritaire il y a à peine quelques jours, les forces d’occupation d’Israël ont tué de sang froid trois membres non armés du Fatah, l’un d’eux devant sa femme et ses enfants. Le même jour, les forces d’occupation israélienne ont aussi tué trois civils à Gaza.
Aujourd’hui, l’occupant dit vouloir "relancer le processus de paix” et qu’il a engagé des “démarches sans précédent” pour ce faire, mais qu’il n’a reçu que des plaintes, des conditions préalables injustifiées, et le Rapport Goldstone de la part des Palestiniens ingrats qui continuent de refuser de s’asseoir avec lui à la table des négociations. Quand ils parlent de « démarches sans précédent », ils font référence au « gel de la colonisation » fictif annoncé le 25 novembre. Ce « gel », qui n’est effectif que pour une période de dix mois, n’inclut pas Jérusalem Est, et permet la construction de 3.000 logements dans le reste de
la Cisjordanie. Le « gel » a été annoncé à contrecœur pour que le Président Obama ne perde pas la face après qu’il l’ait demandé avec véhémence. En réalité, les Israéliens ne sont disposés à prendre aucune mesure significative pour la paix, comme mis en évidence par la décision annoncée la semaine dernière de construire 700 logements de plus à Jérusalem Est, et celle, annoncée le mois dernier, de construire 900 logement dans la colonie de Gilo, au sud de Jérusalem.
Quand la puissance occupante dit qu’elle a eu, des Palestiniens, le « Rapport Goldstone » en échange de ses concessions, c’est vraiment risible. Aucun Palestinien n’a été impliqué dans la rédaction de ce rapport. Son principal auteur, Richard Goldstone, dit lui-même qu’il est un ami d’Israël et un sioniste d’origine juive, et en même temps un juge de haut rang à la réputation de professionnalisme et d’impartialité. Les Israéliens s’élèvent contre ce rapport parce qu’il révèle l’évidence – qu’ils ont ciblé des civils lors de leur attaque contre Gaza et que leurs actions relèvent de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Si les allégations contenues dans le rapport sont fausses, comme le disent les Israéliens, alors ils ne devraient rien avoir à craindre, même s’ils étaient traînés devant les tribunaux internationaux.
Les remarques récentes venant de Tel Aviv portent le sceau d’un gouvernement isolé confronté à une répulsion internationale grandissante devant sa politique expansionniste, ses crimes continus contre les Palestiniens et son refus de se conformer au droit international.
Il ne fait aucun doute que nos blessures sont profondes et que notre souffrance est atroce. Mais ce qui nous aide à persévérer et à continuer notre lutte est le soutien sans précédent de la société civile mondiale. Ce sont ces gens courageux du monde entier qui affluent en masse à Rafah pour briser le siège, qui sacrifient leur santé, leur temps et leur confort pour montrer leur solidarité et leur soutien à notre juste cause ; ils sont devenus nos amis et nos alliés. A toutes ces âmes courageuses, j’adresse la profonde gratitude de mon gouvernement et de mon peuple. Nous vous assurons que le peuple opprimé de Palestine n’oubliera jamais vos efforts dans sa lutte pour la liberté.

L'auteur est le Premier Ministre palestinien élu, en exercice à Gaza

Ismail Haniyeh

POUR INFO (cette déclaration réaffirme que les dirigeants du Hamas sont prêts à accepter la création d'un Etat palestinien indépendant limité à la Cisjordanie (y compris Jérusalem-est) et la bande de Gaza)

Source : Middle East Monitor

Samedi 9 janvier 2010

Traduction : MR pour ISM


2-2 Egypte - Palestine : Le mur de la honte

1 Tariq Ramadan : Egypte Palestine : Le mur de la honte.

On savait que les Palestiniens étaient depuis longtemps les victimes directes des politiques arabes chaotiques, veules et hypocrites. On savait que l’Etat d’Israël n’avait au fond pas de grands efforts à faire pour imposer sa vision, ses méthodes et ses objectifs : avec les Etats-Unis, le silence complice de l’Europe, et la complicité passive des Etats arabes, la cause était entendue. D’aucuns ont même parlé, avec quelque raison, de la « politique pro-sioniste » des Etats arabes. Nous savions les lâchetés et les trahisons : rien de nouveau à l’horizon.
On avait pu croire que le pire fut atteint avec l’offensive meurtrière et criminelle des forces israéliennes sur Gaza il y a un an. C’était sans compter sur la capacité créatrice du « pire encore » qu’allait nous offrir l’Etat égyptien et la délégation des « autorités religieuses » d’al-Azhar. Au nom de « la sécurité nationale », contre « le terrorisme », et, enfin, pour lutter contre « la corruption », la « contrebande » et « le trafic de drogue » des « indisciplinés » de Gaza, le gouvernement égyptien a décidé de construire un mur souterrain de plus de vingt mètres de profondeur afin d’empêcher que les « Gazaouis » continuent leurs actes « illégaux » de construction des « tunnels de la contrebande ». Le gouvernement égyptien n’a bien sûr aucune intention de cloîtrer les habitants dans leur enfer ; il s’agit, à l’évidence, d’une question de sécurité nationale ! Cela est tellement vrai que le comité des savants d’al-Azhar a cautionné ladite décision en affirmant qu’il était « islamiquement légitime » (« conforme à la sharî’a ») de protéger ses frontières (ceux ci répondaient à une fatwa de l’Union mondiale des savant musulmans qui disait exactement le contraire, à savoir que cette décision était « islamiquement inacceptable »).
Quelle honte ! Comment ose-t-on jouer avec la justice, instrumentaliser ainsi le pouvoir et la religion. Le peuple palestinien, et au premier rang duquel les habitants de Gaza, vivent un déni de dignité et de droit, ils n’ont plus accès à la nourriture, à l’eau et aux soins, et voilà que le gouvernement égyptien se fait l’allié de la pire politique israélienne : isoler, étrangler, affamer, étouffer les civils palestiniens après les avoir décimés par centaines. Il est question de faire plier la résistance et d’acculer les leaders. Le gouvernement égyptien a bloqué les différents convois qui cherchaient à secourir le peuple palestinien avec l’espoir de lever le blocus sur Gaza. La mobilisation qui a permis à des centaines de femmes et d’hommes du monde entier de se réunir à Rafa a essuyé refus sur refus de la part du pouvoir du Caire, le tout agrémenté de quelques humiliations ciblées.
Quelle honte vraiment ! Le gouvernement israélien peut sourire. Au même moment, on nous annonce un lancement nouveau et « prometteur » du « processus de paix » !! Toutes les parties y trouveraient leur compte, nous dit-on, et les Etats-Unis, soutenus par l’Arabie Saoudite et … l’Egypte, ont grandement participé à l’élaboration de ce « programme complet ». Beau « processus de paix » au nom duquel il aura fallu soumettre des civils à des mois de boycott avant d’inviter leurs leaders à des tables de négociations « très libres » et « très respectueuses ». Le gouvernement israélien peut sourire, à l’évidence : il gagne encore du temps et ne perd sur aucun dossier. Sa politique de peuplement sera temporairement gelée…sauf les constructions déjà engagées. Belle négociation en vérité !
Il faut le dire et le répéter : le « mur-égyptien-de-sécurité-nationale » est une honte. Les autorités religieuses qui l’ont, de surcroît, légitimé ont agi comme ces fameux « ulamâ » (savants musulmans) ou « conseils islamiques » soumis qui aux pouvoirs, qui aux dictatures, qui aux forces coloniales ou qui encore aux quelconques Républiques peu cohérentes et manipulatrices des religieux. Que peut-il rester de leur crédibilité avec l’émission d’une telle « fatwa politique » qui ajoute à la dictature du pouvoir la caution islamique de la lâcheté des savants (ulamâ) ? Le silence eut été préférable.
Il faut dénoncer l’inacceptable et demeurer aux côtés de celles et de ceux qui résistent dans la dignité. S’il est une chose que les gouvernements israéliens successifs savent, et avec laquelle nous sommes d’accord, c’est que le peuple palestinien ne cédera pas. Et pour ceux qui auraient quelques doutes, ajoutons à cette certitude, une seconde vérité du temps : l’Histoire est du côté des Palestiniens et ce sont eux qui représentent pour aujourd’hui et pour demain l’espoir des valeurs humaines les plus nobles. Résister à l’oppresseur, défendre ses droits légitimes et sa terre, et ne jamais céder à l’arrogance et aux mensonges des puissants. Quant aux pouvoirs israéliens, égyptiens ou autres, ou encore les fatâwâ (plur. de fatwa) des ulamâ appointés, ils passeront, ils passeront très certainement et seront heureusement oubliés. Heureusement. Le devoir de mémoire se meut en invitation à l’oubli quand il s’agit des noms et des agissements des dictateurs, des traitres et des lâches.

Source : Tariq Ramadan

Jeudi 7 janvier 2010

http://www.tariqramadan.com/...

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Tariq_Ramadan.070110.htm


2 Abdallah Al-Achaal : "La barrière prive les Palestiniens de leur droit d’échapper à la mort".

Abdallah Al-Achaal, expert juridique et ex-assistant du ministre des Affaires étrangères [égyptien] pour les affaires juridiques internationales, les accords et la planification politique, critique farouchement la décision d’édifier une barrière souterraine le long de la frontière avec la bande de Gaza.

Al-Ahram Hebdo : Comment jugez-vous la décision de la construction de la barrière selon le point de vue du droit international ? 

Abdallah Al-Achaal : La construction de cette barrière est un crime sur le plan du droit international. Pour comprendre, il faut réviser cette juridiction : chaque pays est libre de faire ce qu’il veut à condition de ne pas porter atteinte à ses voisins. Dans notre cas, la construction de cette barrière cause non seulement des atteintes à cette génération de Palestiniens, mais aux générations futures aussi. L’Egypte a signé l’accord de Genève, ce qui implique son engagement à aider le peuple voisin victime d’une guerre, les Palestiniens, et non pas de s’associer avec leurs colonisateurs pour renforcer le blocus. Ainsi, il n’y aura ni nourriture, ni médicaments ni besoins essentiels qui pourraient être disponibles aux Palestiniens. C’est comme si on les privait du seul moyen de secours. On les prive de leur droit à échapper à la mort. Goldstone dans son célèbre rapport s’est élevé contre la fermeture du passage de Rafah. L’Egypte, avec cette barrière, se trouve en position d’un partenaire d’Israël qui œuvre pour éliminer le peuple palestinien, c’est un génocide. Le gouvernement égyptien a en plus commis un crime humanitaire.

- Quelles seraient les répercussions de cette initiative sur les plans interne et externe ?

  Le rôle régional de l’Egypte a connu une détérioration en faveur d’autres forces, comme la Turquie. L’établissement de cette barrière risque de confirmer ce recul. Actuellement, le chef d’Etat à stature régionale est Erdogan. Le gouvernement égyptien explique que sa décision vise à protéger la sécurité nationale contre la contrebande des armes et drogues. En fait, cette décision ne peut pas être justifiée de cette façon. Pour la contrebande, elle existe sur toutes les frontières et il y a d’autres mesures prévues pour la régler, cette décision vise en premier lieu l’élimination du Hamas. Et pour la sécurité nationale, elle est certainement menacée par ce projet de cette barrière, à l’origine israélo-américaine, selon le pacte signé en 19 janvier 2009 entre les deux ministres des Affaires étrangères israéliennes et américaine, Tzipi Livni et Condoleezza Rice. Un projet israélo-américain exécuté par l’Egypte. La Cour internationale de justice a condamné le mur qu’Israël a érigé en Cisjordanie parce qu’il est construit hors des territoires israéliens. Donc pour leur faciliter la tâche, nous avons construit une barrière sur notre territoire qui sert leurs buts. Le cœur du problème est que la décision égyptienne n’est pas indépendante. La notion des intérêts suprêmes de l’Egypte n’est pas définie clairement. Et sur le plan intérieur, c’est erroné de prendre une décision pareille alors qu’on est à proximité des élections.

- Quelle est la réaction positive qui peut être prise a cet égard ?

  J’appelle tous les Egyptiens à intenter un procès contre le gouvernement pour déclarer un refus populaire commun contre l’établissement de cette barrière. J’appelle aussi au changement à travers les élections, c’est le seul espoir d’un pays en voie de développement l

Propos recueillis par Mavie Maher

6/1

Abdallah Al-Achaal - Al-Ahram/hebdo

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7927


3 Gaza: les résistants continuent leur travail malgré le mur et la tension.

La construction d'une barrière anti-tunnels par l'Egypte suscite de vives tensions à la frontière avec la bande de Gaza.
Le calme est revenu mercredi à Rafah, à la frontière entre l'Egypte et l'enclave palestinienne de Gaza, au lendemain d'un échange de tirs qui a tué un policier égyptien et blessé grièvement cinq manifestants palestiniens.
Ces derniers protestaient contre l'édification d'un mur métallique souterrain du côté égyptien, censé empêcher la contrebande des marchandises via des centaines de tunnels creusés sous la frontière.
Pendant des décennies, les passeurs de Gaza sont parvenus à déjouer toutes les tentatives israéliennes de détruire leurs tunnels. Et que l'Egypte s'y mette à son tour, en érigeant une muraille d'acier sous terre, ne les impressionne pas.
Ils observent l'avancée de travaux de l'autre côté, en Egypte, où des grues enfouissent des poutres et des plaques de métal dans le sable, à 20 ou
30 mètres de profondeur.
Ceux qui vivent du trafic des tunnels doutent que l'Egypte réussisse là où les bombardements israéliens ont échoué. Ils sont persuadés que l'Egypte n'ira pas jusqu'au terme des travaux, ou que les Palestiniens prendront des contre-mesures efficaces, comme d'ouvrir au chalumeau des trous dans la barrière.
En fait, seuls quelques tunnels, sur les centaines qui courent sous la frontière, ont été bloqués dans les secteurs les plus sablonneux par le mur égyptien. Afin que la barrière soit efficace, il faudrait qu'elle s'étende sur les
12 kilomètres de démarcation entre l'Egypte et Gaza.
Pour Abou Antar, propriétaire de tunnels, "la muraille est un coup médiatique car il est impossible que les Egyptiens l'établissent tout le long de la frontière".
Othman, un autre gérant de tunnel, confie que "l'obstacle a d'ores et déjà été surmonté", sans autre précision.
   Un réseau étendu de tunnels --creusés parfois à plusieurs dizaines de mètres sous terre, ventilés et éclairés à l'électricité-- a commencé à opérer du temps où l'armée israélienne occupait la bande de Gaza (1967-2005) et contrôlait la frontière avec l'Egypte.
Depuis le retrait de l'armée en 2005, puis l'instauration d'un strict blocus israélien contre Gaza, ce réseau s'est considérablement développé au point de devenir une artère économique vitale pour ce territoire surpeuplé et déshérité où vivent 1,5 million de Palestiniens.
Les tunnels alimentent tout un marché noir qui sert aussi bien à introduire de la nourriture, des carburants, des biens de consommations les plus divers --des carreaux de céramique jusqu'aux automobiles découpées en morceaux--, que des roquettes.
Le Hamas contrôle et taxe le trafic des marchandises. Il fait venir armes et argent via ses propres tunnels secrets.
 "Ils croient briser notre volonté en construisant cette muraille d'acier. Mais qu'ils sachent que nous sommes déterminés et que nous tiendrons bon", avertit le ministre de l'Intérieur du gouvernement du Hamas, Fathi Hamad.
Pour la population de Gaza, les tunnels --qui ont coûté la vie à des dizaines de Palestiniens lors d'éboulements accidentels ou de bombardements israéliens-- ne sont qu'un pis aller.
 "S'il n'y avait pas de tunnels, peut-être qu'Israël et le monde entier seraient forcés de trouver une solution pour Gaza", suppute un commerçant de Rafah, dont les emballages portent encore les traces de sable de leur passage dans les tunnels.
Adapté par ML

07/01

Almanar


2-3  Une frontière trop poreuse…

1 Israël va clôturer sa frontière avec l'Egypte.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a approuvé dimanche un projet visant à établir une barrière et du matériel de surveillance perfectionné sur une partie de la frontière israélo-égyptienne afin d'en écarter les immigrants clandestins et les activistes.

"J'ai pris la décision de fermer la frontière sud d'Israël aux éléments infiltrés et aux terroristes. C'est une décision stratégique visant à préserver le caractère juif et démocratique d'Israël", annonce-t-il dans un communiqué.

Des milliers d'immigrants africains et autres, fuyant des conflits et cherchant du travail, sont entrés en Israël ces dernières années en franchissant sa frontière poreuse avec l'Egypte.

Netanyahu a dit qu'Israël continuerait à admettre des réfugiés en provenance de zones de conflit, mais il a ajouté:

"Nous ne pouvons laisser des dizaines de milliers de travailleurs en situation irrégulière s'infiltrer en Israël par la frontière sud et inonder notre pays de clandestins étrangers."

La réalisation de la clôture prendra deux ans et coûtera un milliard de shekels (270 millions de dollars). La barrière ne sera pas érigée le long de l'ensemble de la frontière, longue de 266 km.

La police égyptienne a intensifié ces derniers mois ses efforts de surveillance de la frontière avec Israël à la suite d'une recrudescence des infiltrations à travers l'Egypte.

Depuis mai, au moins 17 immigrants ont été tués par la police égyptienne.

Israël construit aussi une "barrière de sécurité" controversée autour de la Cisjordanie et qui empiète par endroits sur ce territoire. Il fait valoir que cette barrière hérissée de fil de fer barbelé et qui prend par endroits la forme de hauts murs de béton est nécessaire pour mettre fin aux infiltrations de kamikazes en Israël.

Les Palestiniens dénoncent l'empiètement sur leur territoire.

Israël a jusqu'ici construit environ la moitié des 670 km prévus.

Un mur de béton sépare au sud Israël de la bande de Gaza et un réseau de clôtures surmontées de fils coupants et de systèmes électroniques serpente au nord le long de sa frontière avec le Liban et la Syrie.

L'Egypte construit pour sa part une barrière souterraine le long de sa frontière avec la bande de Gaza pour empêcher les Palestiniens de faire venir des armes grâce à des tunnels.

10/1

http://fr.news.yahoo.com:80/4/20100110/twl-israel-egypte-frontiere-bd5ae06.html


2 Laurent Zecchini : Un Mur bis ou une barrière ???

Israël veut édifier une barrière de sécurité sur une partie de sa frontière avec l'Egypte

Puisque c'est une gageure que de tenter de contrôler les 260 km de la frontière avec l'Egypte, et puisque Israël est souvent critiqué par les organisations de défense des droits de l'homme pour sa politique de hot return ("retour à chaud") consistant à déporter sans délai les immigrants illégaux venus du Sinaï, la meilleure façon de protéger l'Etat juif contre toute immigration intempestive est de construire une barrière de sécurité sur la frontière, entre les déserts du Néguev et du Sinaï.

Telle est la conclusion à laquelle est arrivé le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le 10 janvier. "J'ai pris la décision de fermer la frontière sud d'Israël aux éléments infiltrés et aux terroristes. C'est une décision stratégique visant à préserver le caractère juif et démocratique d'Israël", a-t-il expliqué, en assurant que, à terme, "le pays tout entier doit être entouré d'une barrière".

Consultées, les autorités égyptiennes n'ont fait aucune objection, dès lors qu'Israël financera intégralement les travaux.

Ceux-ci seront onéreux - jusqu'à 1,5 milliard de dollars (1 milliard d'euros) -, et c'est l'une des raisons qui font douter de la réalisation d'un tel projet.

Celui-ci, qui consiste à dresser une barrière de sécurité grillagée munie de radars pour détecter les intrus, a suscité de vives critiques des associations des droits de l'homme et des organisations qui s'occupent des réfugiés.

A Tel-Aviv, Yael Dayan, présidente du conseil municipal et pacifiste réputée, ne voit aucune justification à une telle décision : "C'est un fait qu'il y a un échec pour arrêter ces entrées illégales, mais cela ne peut pas être une décision unilatérale. Beaucoup dépend des Egyptiens, qui ne font rien ; au contraire, ils encouragent ces étrangers à aller en Israël, pour s'en débarrasser." Le phénomène est accentué par les tribus bédouines qui, de chaque côté de la frontière, vivent de la contrebande, que celle-ci soit humaine ou liée à la drogue et aux armes.

La fille de feu le général Moshé Dayan, le héros de la guerre des Six-Jours, s'inquiète des conséquences humanitaires de ce projet : "Une fois la barrière construite, que va-t-on faire ? Ouvrir le feu sur ces civils, qui sont d'abord des réfugiés économiques ?"

Les diplomates israéliens expliquent que les immigrants illégaux, en majorité soudanais et érythréens, résident parfois plusieurs années en Egypte avant de se décider à passer en Israël.

"Le pays enfermé"

"La plupart d'entre eux recherchent une meilleure qualité de vie, explique un haut fonctionnaire, et une petite minorité est constituée de réfugiés politiques. L'Europe est également confrontée à ce problème, mais Israël est le seul pays où il n'y a aucun obstacle pour franchir la frontière : il suffit de marcher dans le désert."

Selon l'armée israélienne, 5 169 immigrants illégaux ont franchi la frontière (qui n'est pas matérialisée) entre l'Egypte et Israël, en 2007. Ils étaient 7 554 en 2008, mais leur nombre a été ramené à 3 190 en 2009, à la suite d'une politique de refoulement et de déportation.

Les autorités israéliennes estiment que près de 300 000 travailleurs illégaux résident dans le pays, et elles craignent d'assister à terme à un déséquilibre démographique au détriment des juifs.

Le ministre israélien de l'intérieur et président du parti Shass (droite religieuse), Eli Yischai, avait provoqué une vive polémique, en novembre 2009, en affirmant que des milliers de travailleurs étrangers porteurs de maladies dont le sida, attendaient d'entrer en Israël.

Le propos avait été critiqué pour sa xénophobie, mais il confortait les sentiments d'une opinion hostile aux travailleurs immigrés, dont l'économie israélienne a besoin.

Yael Dayan explique qu'une autre politique est possible vis-à-vis des immigrés. A Tel-Aviv, la municipalité apporte une aide à 8 000 réfugiés et à environ 30 000 immigrants économiques, souvent originaires de Thaïlande et des Philippines. Parler de 300 000 illégaux vivant en Israël n'est pas sérieux, ajoute-t-elle, parce que dans ce chiffre le gouvernement compte les Palestiniens.

Elle conteste également l'affirmation des autorités selon laquelle des "terroristes" venus de Gaza passent en Egypte via les tunnels creusés sous la frontière, pour ensuite entrer en Israël par le Sinaï : "Il n'y a aucune preuve d'un tel phénomène."

Dans le quotidien Yedioth Aharonoth, l'éditorialiste Eitan Haber note qu'Israël dispose d'une barrière de sécurité sur le Golan pour l'isoler de la Syrie, d'une autre le long de la frontière libanaise, d'une autre encore le long de la frontière jordanienne, enfin que la bande de Gaza est totalement isolée. Avec ce projet à la frontière sud, "le pays tout entier sera enfermé". "Nous voulions être Athènes, conclut-il, nous devenons une Sparte moderne."

Laurent Zecchini

LE MONDE |

13.01.10 |

Jérusalem Correspondant

http://nasr-moqawama.blogspot.com/


3 Avec son mur d’acier, il fait mieux que les Israéliens : Moubarak, premier policier de l’impérialisme dans la région.

Les pratiques du régime égyptien envers la cause palestinienne pendant l’année 2009 ont été le couronnement de ce qui a été appelé le processus de paix qu’avait commencé Sadate en signant les Accords de Camp David, et dont le but était de lever toute illusion et tout mensonge  sur le projet de paix arabo-israélien, dont le régime égyptien a joué le rôle de premier  parrain. Et voilà que nous nous retrouvons aujourd’hui avec un mur  de séparation construit par le gouvernement égyptien dans les profondeurs de la terre afin de renforcer encore plus le blocus  sur la Bande de Gaza. S’ajoutant aux fanfaronnades sans précédent du régime égyptien en réponse aux critiques concernant la construction du mur, l’interdiction jusqu’à ce jour faite à la caravanes de la Gaza Freedom March d’entrer dans la Bande de Gaza, au prétexte que les organisateurs de la caravane persistent à ne pas respecter les mesures obligatoires de passage à travers le territoire  égyptien, l’adhésion totale à la confrontation entre le Mouvement Fatah et l’Autorité Palestinienne d’une part et le Hamas d’autre part, lequel, malgré toutes les contradictions, représente toujours l’obstacle dressé sur le chemin du règlement défaitiste dans lequel marchait la cause palestinienne sous le commandement du Fatah.

Le processus de règlement pacifique entamé par le régime égyptien a conduit, en fin du compte, à une correspondance parfaite entre ce que veut le régime israélien et ce que fait le régime égyptien, qui contribue à son exécution sur le terrain. Il s’agit, en effet, de l’asphyxie du mouvement Hamas dans la Bande de Gaza après l’échec de la machine militaire israélienne dans sa tentative de destruction pendant l’agression de Décembre 2008-Janvier 2009. Cela fait, en effet, un an qu’Israël a lancé son attaque contre Gaza, tuant 1400 Palestiniens et faisant des milliers de blessés, essentiellement parmi les civils vivant dans la Bande. L’objectif de l’attaque n’était que la destruction du Hamas et son élimination de la Bande par la force militaire, vu que ce mouvement était devenu un obstacle à la liquidation de la cause avec la complicité des dirigeants du Fatah et de l’Autorité Palestinienne.
Mais malgré la destruction qui a affecté
la Bande de Gaza, la guerre n’a pas éliminé le Hamas. C’est pourquoi le régime égyptien est intervenu avec une nouvelle campagne de pressions sur le mouvement, en profitant d’une situation où le Hamas a besoin d’argent pour la reconstruction. Argent que les gouvernements européens et arabes ont donné dans une tentative de se laver de la honte de leur participation à ce massacre que ce soit en actes, en paroles ou par leur silence. Les marchandages ont commencé en proposant au Hamas l’argent de la reconstruction en échange de son abandon du pouvoir dans la Bande de Gaza, de sa reconnaissance d’Israël et de son acceptation inconditionnelle de la feuille de route égyptienne. Ladite feuille de route vise au retour de la situation à son « juste cours juste », ce qui, selon le gouvernement égyptien – dont l’avis est partagé par l’Autorité Palestinienne et Israël, bien entendu – signifie le retour à la situation qui prévalait avant la victoire du Hamas aux  dernières élections législatives et avant sa prise de contrôle militaire sur la Bande de Gaza.

La question, ici, n’est pas de défendre le maintien au pouvoir du Hamas à Gaza, mais de montrer le point auquel le régime égyptien est arrivé avec ses pratiques qui concordent avec celles du régime israélien. En effet, le régime égyptien affame de facto les Palestiniens de la Bande et pas seulement le mouvement Hamas, et marchande sur tout, à commencer par l’argent de la reconstruction en passant par les aides humanitaires envoyées par les peuples.

Le régime égyptien fait pression avec une force tyrannique afin de liquider le mouvement Hamas, mouvement qui, malgré toutes ses contradictions qui ont contribué à son enfermement à l’intérieur de la Bande, a représenté, pendant toute la période écoulée, un obstacle à l’agenda de Mahmoud Abbas, qui prévoit un règlement désavantageux avec l’entité sioniste et qui abroge tous les droits du peuple palestinien, et désavantageux même du point de vue de la solution à deux États, car elle annule le droit au retour des réfugiés et légalise la situation des colonies sionistes qui dévorent de vastes terres en Cisjordanie. Solution qui annule, également, le droit du peuple palestinien à avoir Jérusalem comme capitale et rend la souveraineté du peuple palestinien presque inexistante sur sa terre à cause du contrôle israélien sur tous les points de sortie et à cause, également, du morcellement du territoire de la Cisjordanie par des centaines de passages, points de contrôles et barrages de sécurité.
Le régime égyptien, l’Autorité Palestinienne et ceux qui sont derrière eux, ceux qu’on appelle le « Camp des modérés », poussent de toutes leurs forces vers le chemin de ce règlement afin de se débarrasser de la question palestinienne dans son entièreté et afin qu’il soit possible d’ouvrir, par la suite, tous les canaux de la normalisation avec Israël, ouvertement et sans aucun embarras.
De plus, la bataille pour la liquidation du Hamas n’est qu’une partie de la bataille avec l’Iran, contre lequel ce qu’on appelle le « Camp des modérés » - avec à sa tête l’Egypte – mène une guerre par procuration pour le compte des USA.

Le régime égyptien a également ses propres équations, puisque depuis l’arrivée d’Obama à la Maison Blanche et après sa visite en Egypte, il est devenu clair que la nouvelle administration usaméricaine va avoir de plus en plus besoin des services du régime égyptien dans la région, étant donné qu’il y a une confrontation avec le régime iranien, un blocus contre le Hamas afin de le liquider et d’ouvrir la voie, par la suite, au processus du règlement et de la liquidation de la question palestinienne une fois pour toutes, tout cela sans oublier les autres foyers de résistance à l’hégémonie usaméricaine auxquels faire face. En échange de tout cela, les critiques virulentes de l’administration usaméricaine envers le régime égyptien en ce qui concerne la démocratie et les réformes ont totalement cessé, et c’est de cela dont a besoin le système actuellement, à savoir de se mettre totalement à l’abri de l’administration usaméricaine pendant qu’il prépare et exécute le projet de succession à Moubarak.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui représente le plus bas degré de régression qu’ait atteint Moubarak et sa bande au pouvoir face à un peuple affamé par le blocus qui lui est imposé, une cause juste sur le point d’être liquidée et des intérêts sionistes et impérialistes soutenus ouvertement et inconditionnellement. Ce que représente le régime au pouvoir en termes de mal et de corruption s’est étendu en dehors des frontières égyptiennes pour toucher les peuples voisins qui n’ont rien à voir avec la collaboration de Moubarak et de son régime et sa dépendance vis-à-vis l’impérialisme. Le rôle que jouent, aujourd’hui, Moubarak et son régime les mettent en première position dans le concours pour obtenir le titre de premier policier de l’impérialisme dans la région, rôle semblable à celui du régime du chah  Reza Pahlavi en Iran juste avant sa chute lors de la révolution populaire de 1979 ; mais le régime égyptien joue un rôle encore plus vil.
Alors, devrions-nous nous attendre à ce que Moubarak et son régime prennent fin suite à une révolution égyptienne qui puisse faire tomber le chah égyptien ? 

AUTEUR:   Center for Socialist Studies

Traduit par  Omar Mouffok et Tafsut Aït Baamrane

Source : Centre d'Études Socialistes-
Article original publié le 3/1/2010
Sur l’auteur
Omar Mouffok et Tafsut Aït Baamrane sont membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique.

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