11.03.2010
n°515 - Témoignage de Palestine- 10-03 - : Suite -:Mahmoud Abbas : "Lorsque le temps des élections arrivera, je ne me représenterai pas."
n°515 - Témoignage de Palestine- 10-03 - : Suite -:Mahmoud Abbas : "Lorsque le temps des élections arrivera, je ne me représenterai pas."
L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance
Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre
Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources
Témoignages
de Palestine
n°515 10-03
C.De Broeder & M.Lemaire
Vous retrouverez ce journal
a) sur mes blog :
http://www.dhblogs.be/categories/International.html
http://www.blogs.lalibre.be/categories/International.html...
b) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...
c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be
| Sommaire Tiré à part 1 Témoignage 1-6 Walid Atallah : Appel à la dissolution de l’Autorité Palestinienne et au jugement de ses responsables. 1-7 Affaire Salah : nouveaux mensonges de l’Ambassade d’Israël en France ! 1-8 Ahmad EZ ou le plus court chemin pour atteindre le plus haut sommet politique de l’Etat. 1-9 Rudolf Bkouche : Deni de justice. 1-10 Suite aux menaces de la ministre visant les auteurs du boycott des produits israéliens, lettre d'un juste parmi les nations à la ministresse. 1-11 Dominique Vidal : Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis. 1-12 Adri Nieuwhof : Grâce aux pressions de la campagne de boycott, les institutions financières scandinaves se retirent. |
1-6 Walid Atallah : Appel à la dissolution de l’Autorité Palestinienne et au jugement de ses responsables.
La guerre menée par Israël contre la population de Gaza l’année dernière a laissé derrière elle plus de 7.000 victimes dont plus de 1.500 tués et plus de 5000 blessés et des dizaines de milliers de sans abris, qui s’ajoutent aux victimes du blocus international, égyptien et israélien, qui tue chaque jour du fait du manque de médicaments, d’hospitalisation et de nourriture.
Dans le reste de la Palestine historique, la colonisation israélienne et la chasse à la résistance continuent avec la collaboration des services de sécurité de l’autorité palestinienne. Les responsables de cette "autorité" ont récemment publiquement reconnu que les 16 ans de négociations étaient un échec. Ce qui ne les empêche pas de continuer à négocier, par l’intermédiaire des Etats-Unis.
A l’époque de Yasser Arafat, les Israéliens et les Américains, et d’autres, avaient déclaré qu’il constituait l’obstacle à la paix, car il ne « luttait pas » contre les « terroristes » qui empêchaient le « processus de paix d’aboutir ».
Après l’empoisonnement de Yasser Arafat en 2004, j’avais écrit, le 16 novembre, les lignes suivantes concernant son assassinat : « Au vu des déclarations américaines, israéliennes et autres, il est certain que la mort de Yasser Arafat sert directement les intérêts de ces derniers qui désirent trouver "une direction palestinien prête à négocier", c’est à dire à signer l’acte de capitulation face à l’impérialisme américain et au sionisme de l’Etat d’Israël. Cela révèle que ces derniers n’ont pas renoncé à mettre à genoux le peuple palestinien et le pire est peut être à venir. »
En effet, le pire est venu pour les Palestiniens de Gaza avec la bénédiction des responsables de l’autorité, dont certains sont aussi des responsables de l’OLP.
On ne peut oublier les déclarations de Yasser Abed Rabo, secrétaire général du comité exécutif de l’OLP et responsable au sein de l’autorité, qui a affirmé qu’Israël aurait dû « terminer le travail » en écrasant la résistance à Gaza, ni celles de Abou Mazen, selon qui la guerre menée contre Gaza était due aux agissements du Hamas…. S’il est vrai que le Hamas a commis des erreurs, on ne peut lui imputer une telle responsabilité.
Ce qui se passe aujourd’hui se situe dans la continuité de la logique enclenchée par les accords d’Oslo de 1993 qui ont créé l’autorité palestinienne dans l’unique but de mater la résistance palestinienne.
Le texte de ces accords stipule que « l’autorité doit empêcher tout acte de violence contre Israël ». Sur cette base, les arrestations des militants par Israël et l’autorité palestinienne n’ont jamais cessé jusqu’à ce jour. L’autorité a ainsi été constituée, et a servi, en tant que force supplétive et collaboratrice de l’occupation.
Aujourd’hui, il faut savoir que le budget de l’autorité est financé principalement par les Etats-Unis et l’Europe, ce qui sert directement à la corruption des responsables de cette autorité et au recrutement et à l’entraînement des forces palestiniennes de sécurité sous la supervision du général américain Dayton qui de fait est le véritable gouverneur de l’autorité palestinienne aidé par des collaborateurs comme Mohamed Dahlan et ses « brigades de la mort ».
L’autorité s’est complètement discréditée depuis l’empoisonnement de Yasser Arafat, par les prises de positions de ses responsables durant et après la guerre contre Gaza, jusqu’à l’approbation dernièrement par Mahmoud Abbas de la construction du MUR par l’Egypte pour renforcer le blocus contre Gaza et la récente participation de Salam Fayadh, le « premier ministre de cette autorité », à la conférence annuelle de Hertzeliya sur la « sécurité nationale israélienne » qui a condamnée la résistance.
Yasser Arafat avait refusé d’être l’homme de la capitulation et c’est pour cela qu’il a été empoisonné.
Quand j’avais écrit cela en novembre 2004, Leila Shahid, le Fatah et ses officines en France m’avaient traité de fou furieux, et affirmé qu’il ne fallait pas parler d’empoisonnement de Yasser Arafat. En 2009, après 5 ans de silence sur ce crime classé sans suite, et sans qu’aucune enquête n’ait été diligentée, le 6ème congrès du Fatah s’est tenu avec la permission et sous le contrôle de la puissance d’occupation, ce qui est une honte pour un mouvement qui se prétend un mouvement de libération nationale et déclare du bout des lèvres, que la responsabilité de la mort de Yasser Arafat est imputée à Israël…
Quelle est l’alternative ?
Beaucoup se posent cette question : quelle est l’alternative ? En réponse, il faut partir du vécu du peuple palestinien, qu’il soit à Gaza, en Cisjordanie, dans le reste de la Palestine, en Galilée, ou ailleurs dans le monde. Sur plus de 10 millions de Palestiniens dans le monde, près de la moitié vit l’occupation et l’autre vit l’exil. Le peuple palestinien vit et résiste sur sa terre historique contre cette occupation et continue de revendiquer son droit au retour sur sa terre. Voilà, c’est ça l’alternative, c’est la même qu’il y a 62 ans depuis la Nakba de 1948 : résistance et droit au retour.
Le peuple palestinien paie tous les jours le prix de cette alternative en Palestine occupée ou en exil ainsi que les fautes de ses soit disant dirigeants. Parfois il la paye de son sang comme à Gaza, ou à Naplouse dernièrement quand des militants sont pourchassés et exécutés parfois par l’armée israélienne et d’autres fois par les forces de sécurité de l’autorité palestinienne.
A ceux qui se posent la question de l’alternative, il faut leur dire qu’ils doivent prendre en compte cette réalité-là et soutenir la résistance du peuple palestinien et ses revendications les plus élémentaires à vivre libre sur sa terre et à y retourner. Il faut dire en outre au mouvement de solidarité que la Palestine ne se résume pas à la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est. La Palestine s’étend de la mer méditerranée au fleuve du Jourdain.
La Palestine, c’est la Galilée, c’est Akka, Haïfa, Jaffa, Tibériade, Safad, Saffouriya, c’est Bir El Sabe’, c’est le désert du Naqab, et aussi et surtout c’est sa capitale Al Qods, dans son entière totalité.
Voilà ce qu’est la Palestine et nous Palestiniens, nous revendiquons notre terre historique et nous revendiquons le droit au retour sur cette terre et nous revendiquons le droit d’y établir un seul Etat démocratique : la Palestine. Pour faire court, Libération et Retour, voilà les mots-clés du mouvement national palestinien de libération, tels qu’ils ont été inscrits dans la charte nationale palestinienne de 1968.
Pour conclure :
Les raisons qui ont conduit Israël à mener des guerres contre le Liban en juillet-août 2006 et contre Gaza il y a un an, sont toujours présentes, à savoir la résistance émanant d’organisations ou du peuple tout simplement. L’Etat colonial d’Israël et ses alliés, dont les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne, ne peuvent supporter cette résistance, même à travers un seul Kalachnikof. En attestent les dernières déclarations de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires Etrangères, qui déclarait lors de sa réception du Premier ministre libanais, que le danger pour le Liban venait du Hezbollah et non d’Israël, qui avait détruit le Liban en 2006.
Il est clair qu’Israël prépare une nouvelle guerre contre le Liban, et le Hezbollah en particulier, et qu’il va accentuer sa guerre contre le peuple palestinien à Gaza et ailleurs, parce qu’il n’a pas atteint ses objectifs dans les guerres précédentes.
Dans ce contexte, nous devons, en tant que mouvement de solidarité, nous organiser dans la perspective de nouvelles guerres, et surtout ne plus fermer les yeux sur le rôle de l’autorité palestinienne et de ses responsables, lesquels ne méritent que d’être jugés pour leurs agissements, en leur qualité de collaborateurs de la puissance occupante.
Oui il faut les juger car si nous sommes cohérents avec nous même et avec ce que nous déclarons au sein du mouvement de solidarité quand nous condamnons Israël pour le blocus, ses crimes de guerres et quand nous parlons du rapport Goldstone, il faut au même titre condamner les responsables de l’autorité qui approuvent le MUR du blocus meurtrier que construit l’Egypte et qui de fait inflige une punition collective à près d’un million et demi de personnes ce qui constitue aussi un crime de guerre.
Oui il faut les juger quand Abbas envoie ses forces de sécurité pourchasser et abattre les résistants palestiniens.
Oui il faut les juger quand l’autorité non seulement ne veut pas présenter le rapport Goldstone aux instances internationales sur ordres entre autres des Etats-Unis et quand cette même autorité ne mène aucune enquête concernant la guerre contre Gaza comme la reconnu Ban Ki Moon – le secrétaire général des Nations-Unis – Tout cela pour ne pas gêner la puissance coloniale et ne jamais traduire les responsables israéliens devant des tribunaux.
Le mouvement de solidarité doit prendre en compte cette situation et déterminer clairement sa position, car le peuple palestinien en paie tous les jours le prix.
La solidarité avec le peuple palestinien ne peut admettre le maintien d’une entité coloniale aux côtés de la Palestine, ni cautionner une autorité de collaboration, qui doit être dénoncée et condamnée en tant que telle.
Walid Atallah
Membre de l’association des Palestiniens en France AL JALIYA
Paris, le 15 février 2010
http://www.aloufok.net:80/spip.php?article1455
1-7 Affaire Salah : nouveaux mensonges de l’Ambassade d’Israël en France !
Suite à l’appel lancé par Salah et ses camarades prisonniers, publié le 9 février, par lequel ils nous demandaient d’intervenir auprès des autorités israéliennes pour que les prisonniers politiques palestiniens puissent avoir droit d’accéder aux livres et journaux, une amie a écrit à l’Ambassade d’Israël en France pour faire valoir cette exigence.
L’Ambassade répond le ?, via l’attachée au service culturel, que : " Les mensonges relayés sur Salah sont nombreux sur Internet et toujours orientés dans le même sens. De ce fait il n’est pas étonnant que vous ayez cru vraies des allégations mensongères ".
Cette personne poursuit en indiquant que Salah et ses camarades ont droit à deux livres par mois - pas politiques concède-t-elle -, qu’ils peuvent lire deux journaux de leur choix et qu’ils peuvent regarder la télévision sans aucune restriction. Elle conclut : " Je constate que le travail de désinformation et le mensonge font leur ouvre efficacement ; c’est pourquoi nous vous remercions de vous être manifestée ".
Devant ces affirmations nous avons demandé à la mère de Salah de vient vouloir nous préciser ce qu’il en était. Elle a rendu visite à Salah hier, dimanche 14 février, et nous elle nous écrit que : " J’ai demandé des précisions à Salah ce matin. Ni lui ni ses camarades n’ont droit à deux livres par mois. Cette personne du service culturel de l’ambassade n’a pas révisé sa copie. Depuis décembre les familles ne peuvent plus faire entrer de livres en prison. J’en emmène deux à chaque visite et à chaque foison me les redonne. Des français et des françaises qui lui ont envoyé des livres par la Poste. On a signalé ce fait à Salah mais on ne lui donne pas les livres. La raison invoquée : c’est interdit ! Quant à l’abonnement à deux journaux français par l’intermédiaire du Consulat, c’est " non ". Le Consulat est au courant de cette situation et ne peut pas apparemment faire grand-chose. Quant aux chaines de télévision, celles qui intéressent les prisonniers, comme Al Jarira par exemple, sont interdites. Cette personne de l’ambassade voudrait faire croire que les prisons israéliennes sont des lieux de divertissement et de loisir pour les prisonniers palestiniens.
On en est loin. En fait ces restrictions sévères visent à maintenir les détenus dans un " isolement culturel ", une ignorance afin de casser leur volonté. Les livres étant leurs compagnons de misère ".
Voici donc la vérité rétablie.
Et, une nouvelle fois, l’ambassade d’Israël en France est prise la main dans le sac du mensonge. Il convient donc de continuer les pressions afin que Salah et ses camarades aient " le droit de lire en prison ! ".
<http://www.aloufok.net/spip.php?auteur133>
1-8 Ahmad EZ ou le plus court chemin pour atteindre le plus haut sommet politique de l’Etat.
LE GRAND CAPITAL DE L’INDUSTRIE, LA MAFIA ET LA CORRUPTION, MAJORITAIREMENT ARABES, CONTRIBUENT A L’EDIFICATION DU MUR EN ACIER.
D’abord le grand initiateur de cette opération est le dénommé Ahmad EZ, membre de la commission politique au sein du Parti National Démocratique Egyptien.
Avant l’entré de cet individu dans la scène politique, il était un simple homme d’affaires, jusqu’à sa fulgurante ascension politique grâce à ses étroites relations d’amitié avec l’ambassade de l’entité sioniste en Egypte.
Cette entité est bien consciente que le plus court chemin pour atteindre le plus haut sommet politique de l’Etat se concrétise par la conjonction du grand capital et des affaires, c’est ainsi qu’elle a façonné cet individu jusqu’à lui permettre d’approcher le Président Moubarak en personne et d’avoir une grand influence sur lui.
Ahmad EZ porta le dossier relatif à l’édification du mur d’acier et le proposa à Moubarak. Son contenu de plusieurs pages justifie cette édification en avançant deux principaux arguments :
1- Ce mur permettra à l’Egypte de prouver ses bonnes intentions vis-à-vis des critiques américano sionistes envers le régime égyptien accusé de laxisme quant à la fermeté au regard de la fuite d’armes vers Gaza…
2- Ce mur évitera les bombardements massifs sionistes le long des frontières, bombardements risquant de fragiliser la partie du territoire égyptien limitrophe à Gaza, avec pour conséquence immédiate une révolte populaire qui risquerait de fragiliser le régime.
Ajoutons à cela que notre individu Ahmad EZ, déjà accusé pour ses relations avec la mafia spécialisée dans la fuite des richesses archéologiques égyptiennes vers l’étranger, aura du grand profit à tirer de cette opération puisqu’il est également propriétaire d’usines fabriquant acier et ciment, d’autant plus qu’il trouvera dans celle-ci une opportunité pour provoquer la hausse des prix de ces matériaux.
Enfin, ci-après la liste des principaux acteurs impliqués dans cette opération :
La société Egyptienne EZ de l’acier et du ciment ;
La société arabo suisse de l’Ingénierie et du commerce du Ciment ;
L’entreprise Cimex ;
La société Import – Export spécialisée dans la fourniture de matériaux aux industriels de l’acier ; il faut savoir que cette société appartient à un certain Mohammad Tabet, parent proche de Moubarak ;
La société Israélienne Qanaan ;
Une société égyptienne spécialisée dans la fourniture d’abris de chantier ;
Une société égyptienne spécialisée dans la fourniture de la logistique pour les grands chantiers ;
La société Ab Del Chahid spécialisée dans le gros matériel de chantier et de transport ;
Les deux sociétés Sica et Al wafa’a spécialisées dans l’isolation et le traitement du ciment ;
La société Acro spécialisée dans la précontrainte et le câble ;
Une filiale de la société Pepsi Cola pour la fourniture des eaux minérales à la main d’œuvre de chantier ;
La société américaine Coleman spécialisée dans le câble électrique ;
Le Bureau International de l’Import-export
Remarque : cette liste est loin d’être exhaustive puisque le financement, l’assistance technique, la supervision des travaux et la haute technologie (à savoir, la mise à contribution des satellites artificiels dans la surveillance du mur et de la frontière) sont assurés par la troïka américano-franco-sioniste.
Ce mur, « monument architectural » qui fait la fierté de Moubarak et de son régime, sera édifié…
Le Grand Capital en tirera de grands profits…
Quant au Peuple d’Egypte, il aura rendez-vous avec l’ultime instant qui témoignera d’abord de la chute d’un régime, ensuite de la chute du mur.
http://libanresistance.blogspot.com/2010/01/le-grand-capi...
1-9 Rudolf Bkouche : Deni de justice.
Il y a des crimes d'Etat qui sont d'autant plus impunis que cet Etat jouit du soutien des Etats qui jouent au maîtres du monde. Ainsi les crimes perpétrés par l'Etat d'Israël.
Le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) est une réponse non seulement aux crimes commis par l'Etat israélien mais aussi à la complicité des Etats qui laissent faire voire soutiennent.
Contre les partisans de BDS, l'Etat français et le CRIF ont cru trouver une parade, assimiler le boycott des produits israéliens à une forme d'antisémitisme. Et le tour est joué.
François Fillon, premier ministre français, n'hésite pas à dénoncer, dans son discours au banquet du CRIF, ceux qui boycottent "les produits israéliens et cashers". S'il n'a jamais été question, pour BDS, de boycotter les produits cashers, le mensonge permet encore une fois de jouer sur l'amalgame "juif = sioniste" assimilant ainsi toute critique de la politique israélienne à une forme d'antisémitisme.
C'est cette confusion volontaire qui conduit certaines institutions juives à poursuivre pour incitation à la haine raciale ceux qui boycottent les produits israéliens. Comme si la dénonciation des crimes israéliens ne pouvait relever que de la haine raciale. Cette volonté de couvrir les crimes israéliens au nom des malheurs des Juifs est une forme de mépris. Auschwitz n'est plus l'un des grands crimes de l'humanité, il n'est qu'un instrument au service du sionisme pour légitimer les crimes commis par l'Etat d'Israël. En cela les "anti-antisémites" professionnels que sont devenus les souteneurs d'Israël ne valent pas mieux que les négationnistes qui nient le génocide. Si pour les uns les victimes n'existent pas, elles ne sont pour les autres que les faire-valoir d'une politique.
La condamnation de Sakina Arnaud s'inscrit dans cette prétention des souteneurs d'Israël de présenter BDS comme une forme d'antisémitisme. Mais elle signifie aussi que les crimes commis par l'Etat d'Israël sont absous, que ces crimes, considérés par le rapport Goldstone, comme des crimes de guerre, voire des crimes contre l'humanité, ne sont pas des crimes. En cela cette condamnation est inacceptable.
Si le groupe Carrefour poursuivait Sakina Arnaud pour "dégradation légère" pour avoir mis une étiquette appelant au boycott des produits israéliens, le procureur de la République a requalifié la plainte en "incitation à la discrimination raciale, nationale et religieuse". Est-ce une initiative du Parquet ou une pression du gouvernement ? cela importe peu ; il suffit de noter la convergence entre la décision du Parquet et les déclarations du premier ministre au banquet du CRIF. Critiquer Israël ne peut être qu'un acte antisémite.
Depuis la légitimation par une instance internationale du déni de justice que constitue la création de l'Etat d'Israël, les souteneurs de l'Etat d'Israël, à l'époque les deux grandes puissances qui cherchaient à étendre leur puissance sur le Moyen-Orient, n'ont eu de cesse d'en appeler à la mémoire du génocide des Juifs par les nazis pour soutenir inconditionnellement la politique israélienne.
A l'instrumentalisation du génocide mise en place par le mouvement sioniste, s'ajoutait l'instrumentalisation de ce génocide par les souteneurs d'Israël, comme si le massacre perpétré contre les Juifs valait légitimation des crimes commis par l'Etat d'Israël.
En cela, la condamnation de Sakina Arnaud pour "incitation à la discrimination raciale, nationale et religieuse" est un double déni de justice, déni de justice envers les Palestiniens qui subissent les exactions israéliennes, déni de justice envers les partisans de BDS qui protestent contre ces crimes.
Rudolf Bkouche
IJAN (Inernational Jewish AntiZionist Network)
1-10 Suite aux menaces de la ministre visant les auteurs du boycott des produits israéliens, lettre d'un juste parmi les nations à la ministresse.
Ministère de la Justice
Madame Alliot-Marie
13 place Vendome
75042 Paris
Groslay, le 22 février 2010
Lettre Recommandée
Madame la Ministre,
je l’avoue,
Je l’avoue, je boycotte les marchandises d’Israël. Je ne veux pas de ces produits poussés dans le sang et la domination. Ils puent la haine et l’oppression. Je les refuse et je pense à mes parents m’enseignant le martyr nazi. Cette géhenne qui avait dévoré de notre famille. « Plus jamais ça » était la clameur venue du cœur au sortir du malheur. « Plus jamais ça » avaient dit les survivants. Enfant de juifs immigrés, j’avais entendu cette leçon comme un devoir d’humanité, comme un engagement de solidarité, comme une exigence de vie. Je boycotte, aujourd’hui, pour que les petits enfants d’un grand martyr sortent du chemin assassin, pour que l’État d’Israël et son peuple égaré dans un grandissant extrémisme sorte de sa tyrannie.
Je l’avoue, j’appelle au boycott des produits de ce pays aujourd’hui guerrier, conquérant et oppresseur, de ce pays abdiquant toute morale. Je l’avoue, c’est de toute ma voix et de tout mon cœur que je convie à cet acte de résistance. Acte pacifique. Acte raisonné. Mon appel est une clameur contre l’indignité des crimes commis, la pratique des colonies. Mon appel est pour peser et faire renoncer à la guerre. Lorsqu’un pays a renoncé à l’intelligence et à la morale, c’est le porte monnaie qui oblige.
Je l’avoue, j’y étais. J’étais dans ce supermarché de Cormeilles pour sortir les produits israéliens des rayons et les déposer en vrac à l’entrée des caisses. J’y étais et j’y ai pris la parole. Les services de police peuvent en attester, j’avais donné mon nom. Lorsqu’on agit pour l’honneur nul n’est besoin de se cacher.
Je l’avoue, j’y étais et j’ai accompli tout cela pour mon humaine dignité et l’honneur de mes ancêtres. Parce que je ne peux supporter d’abandonner dans la souffrance et l’injustice le peuple de Palestine. Parce que je suis juif descendant de Marek Edelman, de Joseph Epstein et de Raymond Aubrac, ma racine juive est du côté des opprimés, de tous les opprimés.
Madame la Ministre et gardienne des sceaux de justice et des lettres de cachet, condamnez moi, pas Sakhira ! Madame la ministre, puisque vous avez accompli votre vœux de châtiment de ces gestes de résistance et d’honneur, oubliant qu’ils visent un Etat désigné comme relevant de « crime de guerre, voir crime contre l’humanité » par le juge Goldstone (juif comme moi), condamnez moi, pas Sakhira. Madame la Ministre, je ne redoute pas vos geôles et vos invectives, je suis prêt à affronter vos fureurs comme mon père avait du affronter l’internement par une police mise aux ordres d’un pouvoir totalitaire. J’y suis prêt, lâchez Sakhira.
Madame la Ministre, rien ne me fera renoncer à mon engagement pour la Paix et la justice, pour que le peuple palestinien recouvre sa dignité dans son pays indépendant, aux frontières de 67 et à la capitale en Jérusalem-est. Que les criminels soient traduits devant un tribunal international. Que cette page de haine se tourne, enfin !
Madame la Ministre, je vous prie d’agréer toute ma détermination à combattre vos menaces à l’encontre d’une lutte juste et votre soutien à un extrémisme nationaliste qui fait honte à ma culture juive.
Serge Grossvak
Cette missive est également destinée à être rendue publique.
1-11 Dominique Vidal : Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis.
« Je n’accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu’ils sont kasher ou qu’ils proviennent d’Israël. Je souhaite que le parquet fasse preuve de davantage de sévérité à ce sujet.
J’ai donc adressé une circulaire aux parquets généraux, leur demandant d’identifier et de signaler tous les actes de provocation à la discrimination. J’entends que tous les auteurs d’actes soient poursuivis dès qu’ils auront été identifiés et notamment quand les appels auront été faits sur Internet.
A cet égard, je salue la détermination du parquet dans l’affaire de l’individu qui avait appelé au boycott de produits israéliens par voie d’affichettes dans un centre commercial de Mérignac (1) . »
Ainsi s’exprime Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat, ministre de la justice et garde des sceaux, le 18 février, dans son discours au dîner de l’antenne bordelaise du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).
Condamnée pour des autocollants sur des produits des colonies
L’« individu » qu’elle évoque s’appelle Sakina Arnaud. Membre de la Ligue des droits de l’homme, elle participe à la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS) dans sa région. Lui reprochant d’avoir apposé des autocollants sur des produits provenant de colonies israéliennes de Cisjordanie, le grand magasin Carrefour de Mérignac porte plainte contre elle pour « dégradation légère ». Le parquet requalifie toutefois la plainte en « incitation à la discrimination raciale, nationale et religieuse ». Sur cette nouvelle base, le tribunal de Bordeaux la condamne, le 13 février, à une amende pénale de 1 000 euros, plus 1 euro de dommages et intérêts pour les parties civiles (l’association Avocats sans frontières de Gilles-Wiliam Goldnadel, qui vient d’être élu à la direction du Conseil représentatif des institutions juives de France, et la Chambre de commerce France-Israël) et 500 euros de frais de justice. Carrefour, en revanche, est débouté !
Tentative d'intimidation
Que les autorités françaises aient voulu faire un exemple, nul n’en doute. Mais il y a fort à parier qu’elles n’en resteront pas là. D’ores et déjà, des militants d’autres villes sont convoqués au commissariat ou la Préfecture pour avoir participé à telle ou telle action BDS. Pourtant, le 20 mai 2009, dans une réponse au député Eric Raoult à l’Assemblée nationale, Mme Michèle Alliot-Marie assurait : « Depuis le début du conflit israélo-palestinien au mois de décembre 2008, plusieurs associations de défense de la cause palestinienne sont intervenues dans des grandes surfaces en appelant au boycott des produits en provenance d’Israël ou de pays supposés apporter une aide à ce pays (…). Ces opérations, il faut bien le préciser, touchent des produits importés d’Israël et non des produits casher. » (2)
Le mouvement de solidarité aurait-il, entre-temps, changé d’orientation et de méthodes, pour s’en prendre aux produits, magasins et restaurants juifs observants ? Le ministère de l’intérieur n’a signalé aucune action de ce type. Et pour cause : l’antisémitisme et le racisme ont toujours été radicalement étrangers au mouvement français de solidarité avec la Palestine. Comment une ministre d’Etat peut-elle se contredire avec autant d’aplomb, pour proférer une contre-vérité reprise à son compte par le premier ministre lui-même (3) ? Et pourquoi cette tentative soudaine pour intimider et discréditer ceux qui dénoncent l’impunité d’Israël ?
La réponse se trouve peut-être dans cet aveu récent de Daniel Shek, l’ambassadeur d’Israël en France : « Nous encourageons des organisations à porter plainte contre les organisateurs du boycott. Nous conduisons des activités politiques à l’ambassade en liaison directe avec des ministres, des organisations, des étudiants et des consommateurs, qui se réveillent (4) ». Etrangement, cette intervention directe dans les affaires intérieures françaises n’a entraîné aucune réaction du Quai d’Orsay. On imagine comment ce dernier aurait réagi si la Déléguée générale de Palestine en France s’était targuée publiquement de se concerter avec des membres du gouvernement et des associations afin d’organiser le dépôt de plaintes contre l’importation en fraude de produits des colonies de Cisjordanie sous l’appellation frauduleuse made in Israël…
Affolement des dirigeants israéliens
Mais l’ingérence de M. Daniel Shek trahit surtout l’affolement des dirigeants israéliens devant leur isolement croisant, avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies du rapport Goldstone (novembre 2009) et la ferme prise de position du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne sur Jérusalem (décembre), sans oublier le Dubaïgate (février 2010). Alors que la complicité de la « communauté internationale » conditionne plus que jamais la possibilité pour Israël de poursuivre sa politique anti-palestinienne, cette « série noire » a de quoi inquiéter MM. Benyamin Netanyahou, Avidgor Lieberman et Ehoud Barak.
D’autant qu’une partie de l’opinion, choquée par le massacre de Gaza et lasse de l’impunité d’Israël, entre à son tour dans l’arène, pour faire pression sur les responsables économiques et politiques. Avec de premiers succès. Les gouvernements britannique et irlandais exigent d’Israël qu’il étiquette les produits des colonies. Veolia, à qui son implication dans le tramway de Jérusalem a fait perdre des marchés juteux, envisage de s’en retirer. La banque Dexia cesse de prêter aux colonies (sauf celles de Jérusalem). Le puissant Fonds souverain norvégien désinvestit d’une société chargée de l’électronique du mur. Le Fonds de pension danois PKA et la Danske Bank boycottent la colonisation. Sans parler des « petites victoires » remportées à la base : Nouvelles Frontières modifiant son site et son catalogue, Soda-Club écarté de la Fête des vendanges à Montmartre, etc.
Une condamnation illégale ?
La contre-offensive juridique coordonnée par l’ambassade d’Israël avec des associations pro-israéliennes et l’appui des autorités françaises peut de surcroît se heurter à une contradiction juridique. Si le boycott d’Israël et de sa production en tant que tel tombe notamment sous le coup des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal et de l’article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881, en revanche aucune loi ne réprime celui des produits de la colonisation israélienne. Au contraire, ces derniers sont directement visés par plusieurs textes européens et français :
l’Accord d’association Union européenne-Israël, qui, par son article 83, exclut les produits des colonies des avantages fiscaux dont jouissent ceux « du territoire israélien ». Autrement dit, ils doivent acquitter des taxes qu’ils fraudent en se présentant comme produits d’Israël. Dans son avis en date du 29 octobre 2009, l’avocat général de la Cour européenne de justice, précise que « le régime préférentiel en vertu de l’accord CEE-Israël ne peut être appliqué à un produit originaire de Cisjordanie et, plus généralement, des territoires occupés » ;
le Code français du commerce, qui interdit la falsification des « règles d’origine » des produits (et donc la mention « made in Israël » au lieu de « made in Palestine » ou « made in Westbank », etc.) ;
la Directive européenne 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 « relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs ». Cette directive est relayée dans le droit français par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation qui prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses créant une confusion ou reposant sur des allégations ou présentations fausses ou de nature à induire le consommateur en erreur.
Si la campagne BDS choisit de se concentrer sur les productions des colonies (5), elle peut donc s’appuyer sur la loi et porter ainsi un coup d’arrêt sérieux à la contre-offensive concoctée par Daniel Shek. A moins que Mme Alliot-Marie, qualifie le législateur (européen et français) d’« antisémite » et le poursuive comme tel…
(1) « Michèle Alliot-Marie : “Ma présence parmi vous ce soir est l’occasion de réaffirmer la place de la communauté juive au sein de notre Nation” », crif.org.
(2) Séance unique du mercredi 20 mai 2009, Assemblée nationale.
(3) Au dernier dîner du CRIF, le 4 février 2010, M. François Fillon dénonçait les « scandaleux mouvements de boycott des produits casher ou israéliens ».
(4) The Marker, Tel-Aviv, 27 janvier 2010.
(5) Omar Barghouti, qui fut à l’initiative de la campagne et la coordonne du côté palestinien, précise dans un texte très récent : « La direction palestinienne collective du BDS a toujours pensé que les personnes et organisations de conscience qui soutiennent les droits humains connaissent le mieux leurs situations respectives et sont les plus capables de décider des moyens et des rythmes appropriés pour construire le mouvement BDS dans leur environnement. Quelquefois, viser tactiquement des produits faits seulement dans les colonies peut-être le meilleur moyen pour faire progresser une campagne » (« Boycott “Ariel” and the Rest ! All Israeli Academic Institutions are Complicit in Occupation and Apartheid », Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel).
Dominique Vidal
23/2
Source: Le Monde Diplomatique
http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&c...
1-12 Adri Nieuwhof : Grâce aux pressions de la campagne de boycott, les institutions financières scandinaves se retirent.
Malgré les tactiques d’oppression d’Israel contre lui, le mouvement Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) a marqué de nouvelles victoires avec le désinvestissement ou la mise sur liste noire de l’entreprise militaire Elbit Systems par de nombreux investisseurs institutionnels
Un des plus grands fonds de pension hollandais a dit à l’Electronic Intifada aujourd’hui qu’il vendait ses parts dans Elbit.
La vague de désinvestissement suit la campagne des organisations palestiniennes et des militants de la solidarité internationale pour désinvestir des compagnies qui profitent de l’occupation israélienne.
Un rôle crucial a été joué par la campagne palestinienne Stop the Wall pour convaincre le fonds de pension de l’État norvégien de désinvestir d’Elbit Systems en septembre dernier. En réponse, Israël a détenu le militant de la campagne Mohammed Othman à son retour d’un voyage en Norvège où il avait rencontré la ministre des finances Kristin Halvorsen. Soumis aux rafles de ses bureaux et ses militants arrêtés, Stop the Wall est devenu une cible centrale des tentatives israéliennes pour supprimer le mouvement non-violent BDS. Toutefois, ces tactiques répressives n’ont pas stoppé l’élan du BDS.
Début septembre, la ministre des finances norvégienne Kristin Halvorsen a annoncé que le fonds de pension d’État avait vendu ses parts dans Elbit, valant 5,4 millions de dollars. Le conseil d’éthique du fonds de pension estima que les investissements dans Elbit constituaient un risque inacceptable de contribuer à de sérieuses violations des normes éthiques fondamentales à cause de l’implication de la société dans la construction du mur israélien en Cisjordanie occupée. « Nous ne souhaitons pas financer des compagnies qui contribuent aussi directement à des violations de la loi humanitaire internationale », a expliqué Halvorsen.
D’après le site web « Who Profits from the Occupation ? », une filiale d’Elbit fournit aussi l’armée israélienne en véhicules aériens sans pilote (UAV). Ces UAV, plus connus comme drones, sont utilisés dans les attaques militaires israéliennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Suite à la décision du fonds de pension de l’État norvégien, Kommunal Landspensjonkasse (KLP), une des plus grandes sociétés d’assurance-vie de Norvège, a aussi désinvesti d’Elbit. Les choix de poids lourds comme Halvorsen et KLP de désinvestir ont conduit Danwatch, l’organisme de surveillance danois, à ajouter le mois dernier Elbit à sa liste noire de 35 sociétés exclues d’investissement pour des raisons éthiques.
La première banque du Danemark, acteur vedette sur les marchés financiers scandinaves, Danske Bank, a suivi une semaine plus tard. « Nous prêtons attention à l’intérêt de nos clients et nous ne voulons pas placer leur argent dans des compagnies qui violent les standards internationaux », a dit Thomas H. Kjærgaard, chef du bureau de l’Investissement Socialement Responsable de Danske Bank. La banque a aussi mis sur liste noire Africa-Israel, une société dirigée, par le roi du diamant Lev Leviev, qui a été impliquée dans la construction illégale de colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Kjaergaard a noté que la banque examine si d’autres sociétés ayant des activités dans les colonies israéliennes sont qualifiées pour l’exclusion.
Dans un autre coup porté à Elbit, la décision de Danske Bank a été suivie par PKA Ltd, un des plus grands fonds de pension danois, qui a vendu ses parts d’un million de dollars dans Elbit. Le directeur des investissements de PKA, Michael Nelleman, a été cité par la campagne Stop the Wall expliquant que « la cour internationale de justice a déclaré que la barrière n’a que des objectifs militaires et violent les droits de l’homme palestiniens » (« Two Danish funds exclude Wall-building companies," 27 Janvier 2010).
D’autres grands investisseurs institutionnels scandinaves ont aussi exclu Elbit de leur portefeuille pour des raisons éthiques. Folksam, le premier gestionnaire d’actifs suédois, a répondu à une demande concernant ses investissements dans Elbit ou dans Africa-Israel, que le fonds n’a pas d’avoirs dans ces sociétés. Carina Lundberg Markow, présidente du collège de gouvernance de Folksam, a écrit à l’Electronic Intifada : « Nous avons des règles strictes concernant les activités sur des territoires occupés ». Elle fit remarquer que KPA Pension, un grand fonds de retraite suédois du service public, n’avait pas non plus d’avoirs dans Elbit ou Africa-Israel. Lundberg Markow se référa aussi à des discussions avec la compagnie suédoise Assa Abloy sur ces mesures et sur la décision de la compagnie de retirer une usine de Cisjordanie occupée en octobre 2008. Folksam a influencé la décision d’Assa Abloy de retirer l’usine.
Le mouvement des investisseurs institutionnels scandinaves pour désinvestir ou pour exclure Elbit Systems influencera d’autres investisseurs européens pour en faire autant. Les deux plus grands fonds de pension hollandais, ABP and PFZW, sont visés par une coalition de militants de solidarité à la Palestine, d’organisations et de citoyens concernés qui font pression actuellement sur les deux fonds de pension pour qu’ils suivent l’exemple scandinave et désinvestissent d’Elbit et des autres sociétés qui profitent de l’occupation israélienne.
Cette pression semble payer. ABP a informé aujourd’hui l’Electronic Intifada qu’il avait vendu ses 2,7 millions de dollars de parts dans Elbit Systems.
Adri Nieuwhof
20/02
* Adri Nieuwhof est avocate consultante spécialisée dans les Droits de l’Homme.
19 février 2010 - The Electronic Intifada –
Vous pouvez consulter cet article à : http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction : Jean-Pierre Bouché
http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2...
07:18 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : palestine, israël, netanyahou, liberman, livni, colonialisme, gaza, obama, clinton, abbas




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