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13/03/2010

n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Fin :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie

n° 60 - Journal des Guerres de l'Otan - 17-02 au 12-03 :- Fin  :- : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.

n° 60               17-02 au 12-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

7  Dossiers

7-4 Vadim Kamenka : « Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie ».

7-5 Hillary Clinton invite Moscou à intensifier sa coopération avec l'Otan.

7-6 Otan-Russie: pourquoi Hillary Clinton a failli échouer.

7-8 La question du maintien des troupes en Afghanistan divise l'OTAN.

7-9 L’engagement en Afghanistan pousse l’OTAN à remettre en ordre ses finances.

7-10 La Suède doit-elle rejoindre l'OTAN ? "Définitivement non!".

7-11 Pascal Sacre: Robert Gates, le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis.

 .


7-4 Vadim Kamenka :« Ce n’est pas la Russie qui menace l’Otan, c’est l’Otan qui défie la Russie ».

Dmitri Medvedev ravive-t-il la guerre froide en plaçant l’OTAN en tête de listes des "menaces potentielles de la Russie ? A l’occasion de sa venue en France, entretien avec Jack Dion, journaliste, co-auteur de « L’occident malade de l’Occident ».

HD Pourquoi la Russie a-t-elle décidé de placer l’Otan en tête de ses menaces extérieures ? Certains observateurs disent que la Russie qui n’a pas évolué depuis la fin de la guerre froide et qu’elle continue de percevoir l’Alliance atlantique comme un ennemi…

Jack Dion. En l’occurrence, s’il en est qui continuent de voir le monde avec les lunettes de la guerre froide, ce sont les responsables de l’Alliance Atlantique. En effet, l’Otan a été créée au lendemain de la deuxième guerre mondiale pour faire face au bloc de l’Est. Ce dernier a été balayé par les grands vents de l’histoire. En toute logique, donc, l’organisation armée mise sur pied pour lui faire face donc dû disparaître.

Or, non seulement, l’OTAN est restée en place, mais ce bloc militaire, conçu pour défendre les pays de l’Atlantique nord contre une éventuelle attaque, s’est auto désigné gendarme du monde. Quoi que l’on pense de la stratégie des dirigeants russes, qui rêvent assurément de conforter leur zone d’influence traditionnelle, ils ne peuvent accepter une telle situation. Il est d’ailleurs significatif que lors du récent sommet sur la sécurité, à Munich, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, ait proposé de faire de l’Alliance Atlantique le « forum de la sécurité mondiale », transformant ainsi l’Otan en Onu bis. Comment pourrait-on admettre qu’une organisation militaire dirigé de fait par un pays (les Etats-Unis) puisse s’arroger le droit de régenter l’ordre international ?

HD La volonté des Etats-Unis de mettre en place un système antimissile en Europe afin de se prémunir contre une éventuelle attaque iranienne est-elle une explication ?

J.D. Personne ne peut croire que le bouclier antimissile a pour but de protéger les Etats-Unis d’une hypothétique attaque iranienne. C’est une farce aussi crédible que celle des armes de destruction massive ayant justifié l’invasion de l’Irak, en 2003. En fait, le vrai faux bouclier permettrait à l’Amérique de disposer d’un outil de supériorité militaire à la frontière russe. Depuis 2001, les Etats-Unis ont déjà installé tout un réseau de bases militaires autour de la Russie, notamment en Bulgarie, en Roumanie, en Pologne, en République Tchèque, au Kosovo, en Géorgie, en Azerbaïdjan, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan… Que dirait-on si Moscou avait établi des bases militaires au Mexique, au Nicaragua, à Cuba, ou au Venezuela ? Or personne n’a protesté. De même, la plupart des medias ont gobé la fable du bouclier antimissile, que Barack Obama avait semblé enterrer, et qui revient sur le tapis.

HD Moscou n’avait-elle pas déjà mise en garde contre le danger de l’expansion toujours plus à l’Est de l’Otan, et fait des propositions afin de développer une politique européenne de défense ou de projet commun avec l’Otan ? L’échec d’une politique européenne de défense n’est-elle pas là aussi une des conséquences ?

J.D. Moscou a multiplié les mises en garde, dans l’indifférence générale. Aujourd’hui, Poutine et Medvedev, malgré leurs différences, voire leurs contradictions, veulent redonner à leur pays un poids qu’il avait perdu à l’époque de Boris Eltsine, l’homme de tous les abandons. Si la Russie a riposté avec autant de force à la provocation du président géorgien Saakachvilli, lors de la crise géorgienne d’août 2998, c’était aussi pour donner un coup de semonce et avertir l’Otan qu’une période historique était terminée. Ce qui se passe aujourd’hui en est la confirmation. La stratégie d’Obama est trop floue, trop inconséquente, pour que la Russie se contente de propos lénifiants. Voilà pourquoi elle hausse le ton. Quant à la politique européenne de défense, ne rêvons pas : c’est un leurre. Quoi que l’on pense de l’opportunité ou non d’une défense européenne, celle-ci est conçue pour n’être que l’un des régiments de l’Otan. De ce point de vue, le traité de Lisbonne ne laisse planer aucun doute. Cela ne facilite évidemment pas le dialogue entre l’Union Européenne et la Russie. HD Doit-on craindre une relance de la course aux armements ? JD Si l’on reste dans la logique de l’Otan toute puissante, c’est inévitable. Certes, officiellement, les Etats-Unis entendent toujours trouver un accord avec la Russie sur le traité Start-1 de 1991, afin de réduire les arsenaux stratégiques. Mais il est difficile de prétendre initier un processus de désarmement tout en laissant l’Otan jouer le rôle de gendarme du monde.

Entretien réalisé pour l’HD par Vadim Kamenka

http://www.humanite.fr/Ce-n-est-pas-la-Russie-qui-menace-l-Otan-c-est-l-Otan-qui-defie-la-Russie 


7-5 Hillary Clinton invite Moscou à intensifier sa coopération avec l'Otan.

NB - Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a invité lundi la Russie à coopérer plus étroitement avec l'Otan, soulignant que l'Alliance Atlantique ne représentait pas de menace pour Moscou, avec qui au contraire elle partage plusieurs objectifs de défense commun.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a invité lundi
la Russie à coopérer plus étroitement avec l'Otan, soulignant que l'Alliance Atlantique ne représentait pas de menace pour Moscou, avec qui au contraire elle partage plusieurs objectifs de défense commun.

"Alors que la Russie fait face à des défis pour sa sécurité, l'Otan n'en fait pas partie", a insisté la chef de la diplomatie américaine lors d'un discours portant sur l'évolution de l'Otan au XXIe siècle.

"Nous voulons une relation entre l'Otan et la Russie qui soit coopérative et produise des résultats concrets et (les) rapproche encore plus", a-t-elle dit, alors que le Kremlin a publié début février une nouvelle doctrine militaire qui place l'Otan en tête des menaces pesant sur la sécurité de la Russie.

Elle a estimé que les propositions russes de créer un nouveau Traité européen de sécurité et un nouveau Traité entre l'Otan et la Russie constituent "des idées constructives", tout en répétant l'opposition de Washington à de nouveaux traités.

Selon elle, les structures déjà en place, telle l'OSCE et le Conseil Otan-Russie (COR), sont pleinement satisfaisantes. "Nous voulons nous servir du COR pour y tenir des discussions franches sur les sujets de désaccord", a déclaré Mme Clinton à la presse.

"Nous allons nous servir (du COR) pour contester l'affirmation de la nouvelle doctrine militaire de la Russie selon laquelle l'élargissement de l'Otan et ses actions internationales représentent un danger militaire pour la Russie", a-t-elle indiqué en outre.

Cette doctrine dénonce en effet le rapprochement des frontières russes "de l'infrastructure militaire des pays membres de l'Otan, notamment par la voie de l'élargissement du bloc".

De passage à Washington, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a également défendu les visées de l'Alliance. "Je ne pense pas que cette doctrine, cette déclaration corresponde à la réalité, a dit M. Rasmussen. "L'Otan n'est pas un ennemi de la Russie, l'Otan n'a pas la moindre intention d'attaquer la Russie".

Pour la secrétaire d'Etat, l'Alliance et Moscou devraient se servir du COR pour renforcer leur défense mutuelle.

La Russie et l'Otan "font face à la même menace des extrémistes et des trafiquants de drogue en Afghanistan", a-t-elle poursuivi, appelant également à "des échanges réguliers d'informations" sur les doctrines et les exercices militaires prévus.

Mme Clinton a défendu l'instauration de "mesures spécifiques" qui permettrait à chacun d'"autoriser (l'autre) à assister à (ses) exercices militaires et à visiter des installations militaires nouvelles et améliorées".

Quant à l'expansion de l'Alliance, la chef de la diplomatie américaine a été claire, quitte à faire grincer à nouveau les dents des Russes: "Nous étions satisfaits de voir l'Alliance accueillir l'Albanie et la Croatie l'année dernière. Et il ne peut y avoir de doutes que l'Otan va continuer à garder sa porte ouverte à de nouveaux membres."

Comme on lui demandait si elle estimait que la Russie pourrait un jour rejoindre le bloc, Mme Clinton a dit "pouvoir l'imaginer".

"Mais je ne suis pas sûr que les Russes puissent l'imaginer".

AFP | 23.02.2010 | 03:18

http://www.tdg.ch/depeches/people/hillary-clinton-invite-moscou-intensifier-cooperation-otan


7-6 Otan-Russie: pourquoi Hillary Clinton a failli échouer.

Ce ne devait être qu’une formalité.

Hier, à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’Otan devaient donner leur feu vert à la reprise des relations « normales » entre la Russie et l’Alliance Atlantique – relations suspendues après la guerre en Géorgie.

Hillary Clinton avait absolument besoin de l'accord de ses 25 alliés avant de rencontrer pour la première fois son homologue russe, Sergeï Lavrov, aujourd’hui à Genève et entamer avec lui le grand marchandage géostratégique tant attendu, englobant l’Iran, le bouclier antimissile, l’Afghanistan, le désarmement nucléaire et d'autres choses encore.

Evidémment, le Kremlin n’aurait jamais accepté de débuter ces vastes négociations si l’Alliance Atlantique continuait à battre froid la Russie, à la traiter quasiment comme un Etat voyou.

Et Medvedev aurait jugé son nouveau partenaire américain bien faible, bien peu crédible, si la Maison Blanche n’était pas capable d’imposer sa volonté à ses alliés traditionnels.

Bref, sans ce feu vert des 25, le « dégel » tant attendu entre Moscou et Washington aurait été repoussé aux calendes.

On imaginait bien que quelques pays d’Europe de l’est, partisans du président géorgien Saakachvili, allaient renâcler avant de donner leur accord à la Russie (accord obligatoire puisque les décisions à l’Otan se prennent à l’unanimité).

Mais on était sûr à Washington que les capitales de la « nouvelle Europe » ne s’opposeraient pas frontalement aux desiderata du grand frère américain.

Sur le chemin de Bruxelles, les conseillers d'Hillary Clinton assuraient aux journalistes que tout était déjà ficelé.

Hier, pourtant, un petit pays très pro américain a bien failli faire capoter le beau scenario et infliger une humiliation publique à l’administration Obama.

  Il s’agit de la Lituanie.

Le ministre des Affaires étrangères de ce pays balte, Vygaudas Usackas, ne voulait rien entendre.

Rien.

 Un responsable occidental raconte : « On a d’abord cru qu’il faisait un numéro puis qu’il se rangerait du côté d’Hillary Clinton. Mais non. Il avait reçu des ordres formels de la part de son président et ne voulait pas en démordre. Son leitmotiv : la Russie a agressé la Géorgie, l’Otan doit lui dire « niet », un point c’est tout. »

  Affolés par ce refus obstiné, les 25 autres ont dare-dare organisé une réunion très fermée réservés aux seuls ministres, sans leur délégation.

Dans ce cercle très fermé, tous – y compris le Tchèque et le Polonais et surtout Hillary Clinton – ont tenté de faire changer d’avis le pauvre Lituanien qui avait des ordres et n’entendait pas passer outre.

Le désastre était proche.

«Comment cela s’est résolu ? Il a fallu que le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Schaffer, prenne son téléphone et appelle le président lituanien, Adamkus, là oùil se trouvait, c'est-à-dire au Mexique, où il était 7 heures du matin. Les deux hommes ont négocié un communiqué final comme des chiffonniers, le Lituanien exigeant qu’il soit fait mention du refus par l’Otan de la reconnaissance russe de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud et des multiples différends entre la Russie et l’Alliance.»

Et c’est comme cela, à l’arrachée, que la catastrophe a été évitée et qu’Hillary Clinton n’a finalement pas perdu la face.

Sauf nouvelle surprise, le grand marchandage américano-russe peut donc commencer.

vendredi, 06 mars 2009

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://globe.blogs.nouvelobs.com/trackback/126577

http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/03/05/usa-russie-comment-les-retrouvailles-ont-failli-capoter.html


7-8 La question du maintien des troupes en Afghanistan divise l'OTAN.
Les trois partis de la coalition de centre-gauche au pouvoir aux Pays-Bas ne sont, après quatre mois de pourparlers, toujours pas d'accord sur une éventuelle prolongation de la mission des militaires néerlandais en Afghanistan. Ils sont censés trouver un consensus avant le 1er mars. Le début du retrait des 2 000 soldats déployés dans la province d'Oruzgan, dans le sud du pays, doit, en principe, débuter le 1er août. L'affaire prend une dimension symbolique pour l'OTAN et son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. Il a adressé, le 11 février, une requête officielle au gouvernement de Jan Peter Balkenende, augurant une pratique qui pourrait viser les autres membres de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS).

Un refus des Pays-Bas de maintenir des soldats sur place alimenterait les doutes sur la stratégie de l'Alliance, au moment où elle prône une "approche globale" (militaire et civile) censée "gagner les coeurs" de la population en éliminant la menace des talibans. Ou, au moins, en la réduisant suffisamment pour amener, un jour, les plus réalistes d'entre eux à la table des négociations.

M. Rasmussen est, par ailleurs, soucieux de voir les Européens contribuer au renforcement des troupes sur le terrain après la décision américaine, fin 2009, d'envoyer 30 000 soldats supplémentaires pour inverser le cours de la guerre. Enfin, la décision néerlandaise pèserait sur les autres alliés.

Le Canada, qui a déployé quelque 3 000 hommes à Kandahar, en a perdu 140. L'opinion est lasse, le parlement a décidé d'un retrait en 2011, ce que le gouvernement d'Ottawa présente plutôt comme une date de "transition". L'Australie (1 100 hommes) est, elle aussi, dubitative.

L'attitude de la France a apporté de l'eau au moulin des sceptiques et est déplorée dans certaines délégations de l'OTAN. Parce que Paris a répondu en traînant les pieds aux sollicitations de l'administration Obama qui aurait aimé que la France ajoute 1 500 militaires à son contingent actuel (3 750 soldats et 150 gendarmes) dans le cadre de l'effort demandé aux Européens (10 000 hommes de plus). Récemment, à Istanbul, Hervé Morin, ministre français de la défense, a parlé de "70 à 80" instructeurs qui contribueront à la formation de l'armée nationale afghane.

Certes, le siège de l'Alliance atlantique a engrangé des décisions plus favorables. L'Espagne a annoncé, vendredi 12 février, des renforts de 500 soldats et 40 gardes civils. D'autres contingents devraient être augmentés, dont ceux du Royaume-Uni (500 soldats de plus), de l'Italie (1 000) et de la Pologne (600). L'Allemagne a, elle, annoncé 500 personnels et 350 réservistes de plus mais évoqué un retrait à partir de 2011. 

L'Alliance espère aussi, avant la fin du mois, combler le manque de formateurs de l'armée et de la police, soit 2 000 spécialistes supplémentaires, censés hâter la transition et permettre à M. Obama de respecter son calendrier : amorcer un retrait de l'armée américaine à l'été 2011 alors que la sécurisation du pays aura été améliorée et la population afghane majoritairement acquise à la cause occidentale. 

Sur ce plan aussi, le "cas néerlandais" est lourd de sens pour l'OTAN. Si, pour l'Alliance, la mission des Pays-Bas est "exemplaire", divers observateurs affirment que, retranchés dans leur "camp Holland", les soldats néerlandais n'ont fait qu'ajouter à la rancoeur de la population locale contre "l'envahisseur".

Jean-Pierre Stroobants
16.02.10
Monde


7-9 L’engagement en Afghanistan pousse l’OTAN à remettre en ordre ses finances.
Le brutal dérapage des finances de l'OTAN s'est trouvé au cœur des discussions entre les ministres de la défense de l'Alliance atlantique, réunis jeudi 4 et vendredi 5 février à Istanbul.

Le déficit du budget d'investissement (équipements et opérations militaires) se révèle beaucoup plus important que prévu. L'engagement en Afghanistan explique cette soudaine aggravation. A la fin de l'année 2009, les 28 Etats membres attendaient un dérapage de 545 millions d'euros sur les cinq prochaines années. Or, il s'agit de plus de 640 millions pour la seule année 2010. Le chiffre définitif sera connu d'ici à un mois.

Les pays membres sont parvenus à un accord de principe sur "un paquet de mesures" destinées à remettre le budget à l'équilibre dès cette année, a annoncé le porte-parole de l'organisation jeudi soir. Pour assurer le financement des opérations de l'OTAN et soutenir les priorités stratégiques, de sérieuses économies devront être réalisées sur le budget actuel. "Les procédures budgétaires devront être entièrement réformées, pas seulement révisées", a précisé le porte-parole.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, plaide pour "une meilleure utilisation des budgets existants". L'OTAN dispose d'un budget global de 2 milliards d'euros. Certains projets seront différés. Et la réforme pourrait concerner la structure de l'organisation. "Il y a actuellement beaucoup trop de sièges [headquarters], ce nombre devra être réduit", estime une responsable de la communication de l'Alliance.

Une meilleure coopération entre les Etats permettrait également de réduire les dépenses. M. Rasmussen avait évoqué le 1er février à Bruxelles une "mutualisation" dans trois domaines : les équipements médicaux, les hélicoptères et les technologies anti-explosifs. La délégation américaine a confirmé jeudi que Washington envisageait sérieusement de partager avec ses alliés son expertise en matière de lutte contre les "engins explosifs improvisés", responsables de 70% des pertes de soldats en Afghanistan.

Ces efforts financiers et organisationnels visent d'abord à consolider l'effort réclamé pour les opérations menées en Afghanistan. Le président américain, Barack Obama, a déjà annoncé l'envoi de renforts, 30 000 hommes supplémentaires, auxquels s'ajouteront 9 000 autres envoyés par les pays alliés. Quarante des 44 contributeurs à la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) ont répondu à l'appel, portant ainsi à 125 000 le nombre des troupes déployées dans le pays.

Le secrétaire général de l'OTAN a annoncé le 1er février la création d'un fonds spécial de 140 millions de dollars pour "la paix et la réintégration", destiné à inciter financièrement les insurgés à déposer les armes "au lieu de nous combattre pour 10dollars par jour".

En marge de la réunion d'Istanbul, le général américain Stanley Mc Chrystal, commandant des forces en Afghanistan, s'est voulu optimiste sur l'évolution de la situation militaire. "Je crois que la situation en Afghanistan est grave. Je ne dis pas qu'elle se détériore, je le pensais l'été dernier mais je sens les choses différemment maintenant (…). Je crois que nous avons fait des progrès significatifs", a-t-il déclaré.

Au cours des discussions de vendredi, consacrées au dossier afghan, les Etats-Unis vont de nouveau presser leurs partenaires d'accroître les contingents de formateurs, pour amener la police et l'armée afghane à "prendre la direction des opérations sur le plan de la sécurité", comme l'a indiqué, jeudi, le porte-parole du secrétaire d'Etat américain à la défense, Robert Gates.

Ce dernier réclame 4 000 instructeurs supplémentaires, dont 1 500 pour la formation proprement dite et 2 500 pour l'accompagnement sur le terrain. La participation de la France devait être officialisée par le ministre français de la défense, Hervé Morin, vendredi. "2010 doit être l'année de l'effort maximal, a confirmé l'ambassadeur américain auprès de l'OTAN, Ivo Daalder. Plus nous en faisons en 2010, plus il sera facile de transférer des responsabilités en 2011 et plus nous pourrons ensuite retirer des troupes."

Guillaume Perrier avec Jean-Pierre Stroobants (à Bruxelles)

05.02.10

 LE MONDE


7-10 La Suède doit-elle rejoindre l'OTAN ? "Définitivement non!".

Des experts ayant une large expérience de la CIA, l'armée suédoise et le corps diplomatique du Canada recommandent fortement à la Suède de rester hors de l'alliance militaire.

Plus de 30 experts issus de 8 pays constituent un nouveau comité de conseil pour un projet suédois intitulé "Stop à l'accession furtive à l'OTAN!", dont le but est d'enquêter et de mettre en lumière "la tyrannie des petits pas" par laquelle la Suède est poussée de plus en plus profondément dans l'alliance.
Les 33 membres du conseil soutiendront le projet de leurs connaissances et avis, basés sur une large expérience incluant le service au sein de
la CIA, l'armée suédoise, le corps diplomatique du Canada, les centres de recherche, les parlements suédois et européens, etc.

La composition internationale du comité reflète le fait que la question de l'adhésion à l'OTAN n'est pas cruciale uniquement pour la Suède; elle a aussi des implications importantes dans un contexte géopolitique plus large. Les conseilllers indépendants voient le problème avec des points de vues divers, mais ils sont clairement d'accord pour un point : la Suède ne doit pas rejoindre l'OTAN.

"Non définitivement" dit James Bissett, ancien diplomate canadien ayant servi pendant 36 ans le gouvernement comme ambassadeur, directeur du service de l'immigration, et autres postes. Il n'y a même de raison de discuter de l'adhésion suédoise, commente Bisset "à moins que l'OTAN ne réaffirme son adhésion à l'article premier de sa charte, qui interdit l'usage ou la menace de la force dans la résolution des litiges internationaux, et requiert que l'Alliance acte toujours en concordance avec les principes de la charte des Nations Unies. Telle qu'elle est maintenant, l'OTAN est devenue un instrument de la politique étrangère américaine et a abandonné les principes fondamentaux de l'articel 1."

Selon David MacMichael, ancien analyste de la CIA et membre fondateur de la Veteran Intelligence Professionals for Sanity, l'OTAN ne devrait même plus exister.  Il affirme : "Avec la fin de la guerre froide et la dissolution du pacte de Varsovie, la raison de l'existence de l'OTAN a été éliminée".

"J'étais de ceux aux Etats-Unis qui pensaient qu'il était dans l'intérêt de toutes les parties - USA, Europe de l'Ouest et de l'Est, et la Russie - que l'organisation soit dissoute. Cela aurait signifié que les USA auraient pu éviter d'être entraînés dans des querelles essentiellement européennes telles que par exemple le Kosovo, ou Chypre. De même, les nations européennes auraient pu éviter d'être entraînées dans des actions militaires de par le monde qui pourraient bien être inappropriées ou même contraire à leurs propres intérêts - comme l'illustre tristement la tragédie en cours en Afghanistan."

C'est précisément pour permettre la participation aux actions militaires USA/OTAN que la défense nationale suédoise a été convertie en une armée professionnelle extrêmement réduite dirigée de l'extérieur vers les pays étrangers. Cela a pris place sans débat public digne de son nom,  et c'est un développement qui inquiète profondément le conseiller Per Blomquist, membre de l'académie royale suédoise de la science militaire et un ex-colonel de l'armée suédoise dont les tâches incluaient le commandement de la région militaire à l'ouest de la Suède.

"Il me semble", dit-il "que les leaders politques et militaires suédois ont été dévoyés par la pensée militaire des USA/OTAN, qui est basée sur une stratégie pour satisfaire les intérets globaux des Etats-Unis( et dans une certaine mesure de ses alliés) au moyen de force d'attaques écrasantes et de technologie avancée".

"Même durant la guerre froide, je sentais qu'il était faux et dangereux pour la Suède de se rattacher au concept d'attaque des USA/OTAN basé sur un déployement rapide des forces, ce qui a amené au démantèlement de l'armée suédoise de circoncription qui est une précondition fondamentale pour une défence nationale efficace et écononique.", explique-t-il.

"On 'a pas besoin d'être un pacifiste pour se sentir profondément préoccupé par une politique de défense qui est dirigée par les USA/OTAN et qui investit tout dans une force de déployment rapide incapable de défendre notre propre pays. L'accession à l'Otan furtive qui est en cours expose la nation suédoise à un grand péril, et je ne lui trouve aucune bonne raison . De plus, cela augmente clairement le risque que nous devenions complices de graves crimes contre l'humanité et le droit international".

Il n'y a aucun doute qu'il s'agisse de contribuer à, et de faire partie de l'hégémonie globale des Etats-Unis, selon le conseiller Rick Rozoff de Chicago, qui a pendant deux décennies surveillé, analysé et rapporté sur l'alliance militaire en tant que modérateur du service d'information Stop OTAN qu'il a fondé.

"L'OTAN est dominé par les Etats-Unis et est en train d'établir une stucture militaire globale. La participation croissante de la Suède à ses activités est une menace pour sa souvenaineté et contribue à l'augmentation des tensions internationales", explique Rick Rozoff. "Si la Suède et la Finlande deviennent membres, cela fermera les deux chainons ouverts le long de la frontière russe de l'Artique au Caucase, et complètera la militarisation de l'Europe sous commandement USA/OTAN".

Tout ceci et les enjeux s'y rattachant alimentent le contexte pour le projet Stop à l'accession furtive de l'OTAN! Avec la mise en place du comité de conseil, il est temps de lancer l'enquête auprès des citoyens réclamée dans la proposition du projet.

 Dans ce but, une tentative initiale a été faite pour décrire la tyrannie des petits pas comme elle a été mise en oeuvre depuis la fin de la seconde guerre jusqu'à présent. Le document qui en est issu s'intitule De la neutralité de l'OTAN et essaye de fournir un cadre initial de référence pour le travail de cette enquête.

C'est un enjeux extrêmement urgent pour l'historien-intellectuel-auteur suédois Sven-Eric Liedman. Il note : "Nous avons longtemps été trompés à propos de la politique suédoise en terme de neutralité. Maintenant, le gouvernement nous trompe à nouveau, et cette fois-ci dans les bras de l'OTAN. Il est donc important de faire prendre conscience de cette accession furtive, en cours qui nous obligera à participer à des guerres qui sont aussi indésirables que répugnantes."

Ci-dessous la liste complète des conseillers.... (voir plus bas)

 

Sweden
Per Blomquist
Arvid Cronenberg
Stefan de Vylder
Lars Drake
Aant Elzinga
Per Gahrton
Christian Hårleman
Sven-Eric Liedman
Ingela Mårtensson
Lennart Palm
Bengt Silvferstrand
Gunnar Westberg
Jan Öberg

 


 Denmark
Håkan Wiberg

 

Norway
Birgit Brock-Utne
Gunnar Garbo
Jørgen Johansen

 

United Kingdom
Rae Street

David Webb

 

Germany
Reiner Braun
Hans J. Gießmann
Gregor Putensen


 France
Diana Johnstone

 

Canada
James Bissett
Erika Simpson
Rodrigue Tremblay

 

United States
Francis A. Boyle
Jonathan Feldman
Joseph Gerson
Saul Landau
David MacMichael
Gareth Porter
Rick Rozoff

 

Traduction M.Peng, _.___


7-11 Pascal Sacre: Robert Gates, le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis.

C’est bien Georges W. Bush, le 8 novembre 2006, qui intronisa Robert Gates, Bob comme le président l’appelle affectueusement.

La passation de pouvoir entre Donald Rumsfeld, chaleureusement remercié pour ses loyaux services, décrit par Bush junior comme l’un des chefs les plus capables et les plus adroits que la Sécurité Nationale des Etats-Unis ait jamais eu à sa tête, et Gates, s’est déroulée dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche, donnant l’impression de trois personnes se vouant une estime sans bornes.

Georges W. Bush le dit déjà très bien, en 2006, Bob Gates est l’homme de la situation, capable de relever le double défi de la nation : déceler les menaces alors qu’elles ne font que pointer à l’horizon, et préparer la pays avec justesse pour les contrer.

Robert Gates est un pur produit du National Security Council. Une expérience de plus de vingt-cinq ans dans la Sécurité Nationale et les sevices secrets étatsuniens.

Il a rejoint la CIA en 1966, a servi sept présidents, démocrates comme républicains, huit en comptant le Démocrate Barack Obama qui l’a reconduit dans ses fonctions. Il a également été président de l’Université A&M du Texas, la sixième Université du pays, poste qu’il dit avoir préféré à tous les autres.

Il a passé presque neuf ans dans le staff du Conseil de sécurité Nationale. A la CIA, il a grimpé tous les échelons, depuis le bas de l’échelle jusqu’au poste de directeur de l’Agence.

Auprès de Ronald Reagan, il a directement participé aux efforts américains pour pousser les Soviétiques hors d’Afghanistan. Ces efforts ont durablement affaibli l’URSS et, selon Bush junior, hâté la victoire de la « Liberté » à l’issue de la guerre froide.

Gates a également servi le président Bush père lors de l’opération Tempête du Désert qui a permis de bouter Saddam Hussein hors du Koweït en 1991.

Il s’est récemment fort impliqué en Irak, comme membre d’un Groupe d’Etude indépendant comportant des démocrates et des républicains, conduit par l’ex secrétaire d’Etat James Baker et le Congressiste Lee Hamilton.

Il est lui-même républicain (1).

Il est le troisième homme dans la ligne de succession au pouvoir suprême des Etats-Unis. Le numéro 3 de la chaîne de commandement étatsunien.

Si on attente à la vie d’Obama, et du vice-président Joe Biden, Robert Gates deviendra de facto le chef suprême, le numéro 1, et le pouvoir repassera aux républicains.

Depuis le 11 septembre 2001, le ministère de la défense est le poste le plus important du gouvernement, car depuis cette date, la guerre est la préoccupation principale du gouvernement étatsunien.

Ce n’est pas la santé, dont le projet de réforme coûterait la première année de sa mise en place seulement le dixième (2) du budget d’une année du Pentagone.

Ce n’est pas l’environnement, ni le réchauffement climatique puisque le Pentagone et ses milliers d’annexes de par le monde sont les plus gros pollueurs et producteurs de CO2 du monde, et de tous les temps (3).

Le Département de la Défense, pour mener toutes ces guerres préventives contre tous ses ennemis qui veulent sans raison tant de mal à l’Occident, dilapide et vampirise une bonne partie des ressources mondiales, énergétiques (4), naturelles (eau, terres) (5), et encombre toutes les routes, toutes les voies et tous les systèmes de transport et de communication.

Plus d’un millier de bases ou d’installations militaires US dans le monde(6), et leurs centaines de milliers d’occupants, des centres de commandement aux avant-postes, cela fait autant d’électricité, de chauffage, de surfaces habitables, détournées vers la guerre ou sa promotion.

Il faut y ajouter tous les appareils et machines en l’air, dans l’espace, sur terre, et dans les mers.

Les innombrables tonnes de déchets chimiques, nucléaires et bactériologiques, ainsi que toutes les armes, mines, bombes, morceaux de métal ou de toutes sortes de matériaux, viennent renforcer les dégâts au patrimoine environnemental mondial et le désastre écologique engendré par la politique de guerre des Etats-Unis, politique uniquement justifiée par les attentats du 11 septembre 2001, dans leur version décrite par la théorie gouvernementale officielle.

Quel coût global entraîné par cette guerre préventive, mondiale et sans fin, contre le terrorisme et ceux qui les abritent !

Le remède n’est-il pas pire que le prétendu mal ?

En médecine, quand un traitement est plus dangereux que le problème de santé qu’il est censé soulager, on s’en abstient. Cela s’appelle la balance bénéfices/risques qui doit toujours pencher en faveur des premiers.

Pourtant, Robert Gates aimerait étendre la fièvre guerrière qui touche son pays à l’Europe.

Depuis quinze ans, l’Europe s’est en grande partie démilitarisée.

Beaucoup de pays ont supprimé leur service militaire obligatoire, faisant de leurs armées, des corps de métier beaucoup plus réduits.

Privilégiant des politiques sociales, les budgets réservés à la défense ont été fortement revus à la baisse.

Aux Etats-Unis, avant 2001, le budget de la défense restait assez stable, autour de 280 milliard de dollars entre 1998 et 2001 (7), ce qui représentait déjà dix fois le budget guerrier de la France.

En augmentation constante depuis 2002, le budget du Pentagone s’approche aujourd’hui du trillion (mille milliard) de dollars, en 2010.

La France est un des pays européens qui, proportionnellement, suit le plus la progression exponentielle étatsunienne du budget consacré aux dépenses militaires (8).

Aujourd’hui, Robert Gates, Monsieur Guerre, use de plusieurs artifices pour imposer à l’Europe entière le « bon sens » étatsunien.

Culpabilité

L’OTAN est en crise à cause des Européens, qui n’ont pas suffisamment investi dans la défense et sont devenus réfractaires aux forces armées (9).

La pénurie de matériel et le déficit militaire chronique ont affecté la mission de l’OTAN en Afghanistan.

Le pacifisme teinté de politiques sociales de l’Europe, faiblesse insupportable aux yeux de Gates pour qui la guerre sous toutes ses formes est la seule politique raisonnable, a nui aux opérations de l’Alliance et explique ses échecs au Moyen-Orient et en Asie. Il faut plus de participation de l’Europe, en matériel, en infrastructures, en soldats. L’Europe serait le maillon faible de la guerre de l’Occident contre le terrorisme barbu et cela doit cesser.

Terreur

Robert Gates, à la 44è conférence sur la sécurité à Munich, affirme que des attentats dévasteront l’Europe si celle-ci ne soutient pas l’OTAN, sous-entendu, si elle n’augmente pas ses budgets militaires et ne veut pas faire la guerre aux ennemis désignés par les Etats-Unis (10).

La situation a dû être cocasse pour certains experts du terrorisme, notamment français, quand Monsieur Guerre est venu leur faire une fois de plus le coup du méchant Al-Qaida, alors que selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction Générale de la Sécurité extérieure (DGSE), Al Qaïda n’existe plus depuis 2002 (11).

Pourtant, Gates, qui devrait être le mieux renseigné du monde, insiste bien, « … Vous devez aussi vous rappeler que les cellules terroristes en Europe ne sont pas un pur produit local, déconnectées d’évènements lointains, ni une simple question d’ordre intérieur. Certaines sont financées de l’étranger. Certaines haïssent toutes les démocraties occidentales, pas uniquement les États-Unis. Certains de ceux qui ont été arrêtés avaient des liens directs avec Al Qaïda. Certains sont liés à Al Qaïda en Irak. Dans le cas le plus récent, la cellule de Barcelone avait des liens avec un réseau de formation terroriste dirigé par Baitullah Meshud, un commandant extrémiste basé au Pakistan, affilié aux talibans et à Al Qaïda qui, croyons-nous est responsable de l’assassinat de Benazir Bhutto », etc., etc. (12)

Culpabiliser et terroriser l’Europe.

Ce sont les moyens grossiers utilisés par Gates pour lui faire emboîter manu militari le pas cadencé des Etats-Unis qui ont depuis le 11 septembre 2001 délaissé et mis au réfrigérateur, pour ne pas dire au congélateur, toutes leurs politiques non sécuritaires, se consacrant exclusivement à faire la guerre au monde entier.

La guerre sous toutes ses formes, financière, militaire, médiatique, en envahissant, en déstabilisant, en affamant, en encerclant, en flattant, en effrayant, en soudoyant, en piégeant, en manipulant, en mentant.

L’Iran se soucie plus de ses enfants, de leur mortalité, de la santé de ses habitants (13) que les Etats-Unis, mais qu’à cela ne tienne, il faut attaquer l’Iran, c’est un pays du mal.

Robert Gates est venu rappeler à l’Europe qu’elle devait choisir son camp et envoyer plus de soldats au Grand Sacrifice.

Y mettre un peu du sien, et consacrer son argent, non pas aux stupides projets sociaux où il est gaspillé, mais au renforcement de l’OTAN.

C’est le fameux “Vous êtes avec nous, ou contre nous”, de Bush junior, toujours d’actualité.

Qu’en pensent les populations européennes ?

Je ne parle pas de José Manuel Barroso, ni d’Herman Van Rompuy, ni de Catherine Ashton, ni de Nicolas Sarkozy, mais des populations, ceux qui perdent leur emploi ou n’arrivent plus à payer leurs crédits.

Alors que des problèmes sociaux déferlent sur tous les pays d’Europe, appelant des réflexions et des solutions sociales, des politiques humaines, est-ce vraiment le moment de revenir en arrière et de réaugmenter les budgets des ministères de la défense, ou plutôt de la guerre ?

Le chômage prend des proportions historiques en Europe, les entreprises, pourtant en bénéfices, licencient, gèlent voire diminuent les salaires, retardent l’âge des retraites. Les gouvernements attaquent les régimes de sécurité sociale dont l’Europe pouvait s’enorgueillir par rapport au marasme étatsunien.

Le mécontentement social est majeur et va grandissant, les grèves se succèdent, d’un secteur à l’autre de nos sociétés (Total en France, Supermarchés Carrefour en Belgique…). Les conditions de travail des professions publiques indispensables au bon fonctionnement d’une société moderne, ambulanciers, infirmiers, pompiers, policiers, se dégradent.

Et c’est le moment choisi par monsieur Gates pour venir nous rappeler que les Espagnols, les Hollandais, les Français, les Allemands, les Belges, les Italiens…, doivent comprendre que la guerre contre Al-Qaida (qui n’existe plus) est plus importante que tous leurs autres soucis réunis.

En Hollande, ils ont choisi de répondre non à Monsieur Guerre.

Cela a provoqué la chute du gouvernement conduit par le Premier ministre Jan Peter Balkenende, au pouvoir depuis 2002, et qui dirigeait la coalition de centre-gauche depuis 2007 (14).

Les populations d’Europe qui tiennent à leur système de sécurité sociale, qui souhaitent voir leurs gouvernements s’atteler à leurs vrais problèmes au quotidien que sont la recherche ou la préservation d’un emploi, l’espérance de voir son salaire s’adapter aux coût de la vie, devraient suivre l’exemple hollandais et écrire à leurs ministres qui vont parler en leur nom au futures réunions de l’OTAN.

En écoutant Robert Gates, cet homme voué à la sécurité de son pays depuis plus de vingt-cinq ans, encensé par Bush junior, repris sans l’ombre d’une hésitation par le président Obama, le terrorisme et les cellules islamistes représenteraient le plus grand danger pour l’humanité libre et démocratique.

Le combat contre ces ombres menaçantes justifierait tous les sacrifices, y compris de mourir de froid, exproprié, criblé de dettes, affamé, ayant perdu des proches parents, explosés dans ces montagnes lointaines.

La lutte héroïque contre tous ces prétendus terrifiants islamistes galvanisés par leur « victoire » du 11 septembre 2001 devrait faire supporter l’idée de perdre son emploi, de voir de moins en moins de policiers, d’infirmiers, d’ambulanciers, d’agriculteurs, de travailleurs dans les couloirs sinistres de nos sociétés hypersécurisées.

Robert Gates exige de nous tous ces sacrifices sans même garantir la fin de toute terreur, comme en témoigne le voyage sans encombre, malgré les scanners, malgré les mesures prises depuis 2001, du « terroriste » nigérian, en décembre 2009, à travers les lignes de « sécurité » successives de l’Occident.

Combien de temps la folie militaire va-t-elle continuer à embraser le monde, et obscurcir les esprits ?

Il n’est certainement pas temps pour l’Europe de régresser, de rebâtir des armées et de s’occuper de l’OTAN.

Les populations européennes doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils s’occupent plutôt des secteurs de la société qui ont fait de l’Europe un modèle social et d’humanité. Les Etats-Unis, eux, ne savent plus que faire la guerre.

Tout comme le journaliste Rick Rozoff (15), je pense que “l’OTAN est un pacte offensif, sans loi et meurtrier, qui se réserve unilatéralement le droit de répéter son agression armée dans les Balkans et en Asie du Sud sur une échelle mondiale.

C’est l’OTAN et Robert Gates qui sont parmi les plus grands dangers pour l’humanité, une menace pour sa liberté et ses acquis sociaux.

Pascal Sacré

Notes :

(1) http://georgewbush-whitehouse.archi...

(2) Le président a chiffré ses réformes à 950 milliards de dollars sur dix ans. Ce programme ne sera pas financé par une hausse des impôts, mais par une nouvelle taxe sur les contrats d’assurances les plus chers et en combattant les gaspillages.
http://www.lexpansion.com/economie/...

(3) Le rôle du Pentagone dans la catastrophe mondiale, par Sara Flounders :
http://www.mondialisation.ca/index....

(4) Selon le classement présenté dans l’édition 2006 du CIA World Factbook, 35 pays seulement (sur les 210 que compte le monde) affichent une consommation journalière de pétrole supérieure à celle du Pentagone.

(5) Le Pentagone est très loin de se limiter aux 620 000 m2 basés à Arlington, en Virginie. Le Pentagone est le plus grand propriétaire immobilier du monde, 539 000 immeubles, dans 5579 sites,
http://www.legrandsoir.info/Pentago...

(6) Le réseau mondial des bases militaires US, les fondements de la terreur des peuples ou les maillons d’un filet qui emprisonne l’humanité par Prof. Jules Dufour
http://www.mondialisation.ca/index....

(7) Budget de la défense des Etats-Unis et des principaux Etats européens producteurs d’armement 1998-2001 (en structure OTAN, hors pensions)

Md€

1998

1999

2000

2001

Etats-Unis

279.5

281.5

295.8

291.9

Royaume-Uni

34.6

33.8

34.6

34.1

France

25.1

25.5

25.2

24.9

Allemagne

23.8

23.9

24.1

23.8

Italie

12.3

13.0

14.9

13.8

Espagne

6.8

7.0

7.4

7.4

Source : OTAN, 2002.
http://www.frstrategie.org/barreCom...

(8) En France, la nouvelle loi de programmation militaire 2003-2008 se donne pour objectif de faire passer la part des dépenses militaires de 1.8% à 2.2% du PIB. Le budget de la défense 2003 augmente de 6.1% par rapport à 2002, avec un montant global de 39.96 milliards d’euros.

(9) L’OTAN est en crise, dit Robert Gates
http://www.ledevoir.com/internation...

(10) Robert Gates assure que des attentats dévasteront l’Europe si elle ne soutient pas l’OTAN :
http://www.voltairenet.org/article1...

(11) Al Qaïda n’existe plus selon un ex-chef de la DGSE :
http://www.agoravox.fr/actualites/i...

(12) Robert Gates assure que des attentats dévasteront l’Europe si elle ne soutient pas l’OTAN, op.cit.

(13) http://www.who.int/whr/2008/media_c...

(14) Pays-Bas : le gouvernement chute sur la question afghane
http://www.lepoint.fr/actualites-mo...

(15) Expansion de l’OTAN, déploiements de missiles et nouvelle doctrine militaire de la Russie :
http://www.voltairenet.org/article1...

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http://www.legrandsoir.info/Robert-Gates-le-troisieme-homme-le-monsieur-guerre-des-Etats-Unis.html

Pascal Sacre

5 mars 2010

http://www.legrandsoir.info/Robert-Gates-le-troisieme-homme-le-monsieur-guerre-des-Etats-Unis.html


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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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