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14/03/2010

n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Début : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?

n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Début  : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 61- 13-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

1 Brèves

1-1  L'Otan a besoin d'au moins 2.000 policiers instructeurs en Afghanistan.

1-2 Pavot : la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN.

1-3 La géopolitique de l’opium afghan.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

2-1 Électrophore : La complexité, ennemi intime de l’OTAN.

1-2 Djerrad Amar :   “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?

Suite

1-3 Rick Rozoff : Expansion de l'OTAN, déploiements de missiles et nouvelle doctrine militaire de la Russie..

1-4 Rick Rozoff : Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran.

Début

1-5 Nathalie Guibert & Guillaume Perrier : instructeurs en Afghanistan.: la réponse tardive de la France à l'OTAN.

1-6 Dmitri Babitch : Pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN !

1-7 Hélène Nouaille : une "année croisée" 

2 Annexe

2-1 Les armes nucléaires menacent toujours le monde.

2-2 Washington annonce une "réduction spectaculaire" de ses armes atomiques.

2-3 Un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques US ?

2-4 Quatre pontes politiques plaident pour un monde sans armes nucléaires.

2-5 Des BOMSPOTTERS mènent une inspection civile à l’intérieur de la base de Kleine Brogel.

 



1 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1  L'Otan a besoin d'au moins 2.000 policiers instructeurs en Afghanistan.

L'Otan a besoin d'au moins 2.000 policiers instructeurs pour former une police afghane aux effectifs croissants, a indiqué lundi le secrétaire général de l'Otan.

 "En ce qui concerne la police, il y a réellement une grande insuffisance. Il nous manque toujours plus de cent équipes" de formation, a déclaré Fogh Anders Rasmussen à la presse.

Ces équipes étant généralement fortes de 20 à 30 instructeurs, un responsable de l'Otan a confirmé qu'il faudrait de 2.000 à 2.400 policiers supplémentaires pour les constituer.

M. Rasmussen a prévenu que "cela était le nombre requis actuellement, mais dans les deux années à venir il en faudra d'autres encore".

L'Otan a confirmé sa stratégie d'"afghanisation" lors d'une conférence internationale sur l'Afghanistan le 28 janvier à Londres.

Elle prévoit notamment que la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) commandée par l'Otan transfèrera progressivement à l'appareil de sécurité du gouvernement afghan la responsabilité de la Defense et du maintien de la loi et de l'ordre face aux résistants.

Simultanément, la police qui compte 80.000 hommes aujourd'hui, devrait être portée à 109.000 membres en octobre 2010 et à 134.000 en octobre 2011.

Les instructeurs de l'opération d'encadrement de la police afghane financée par l'Union européenne ne peuvent y suffire. Ils sont moins de 200 policiers européens, en raison de difficultés de recrutement, alors que 400 étaient prévus.

Leur mission, par ailleurs, est de former des officiers de police, et non le policier de base.

Du côté de la formation militaire, il y a aussi des insuffisances, quoique moins criantes. "Il nous manque 21 équipes d'instructeurs militaires", a indiqué M. Rasmussen. L'armée gouvernementale, actuellement forte de près de 100.000 soldats, devrait passer à 134.000 hommes en octobre 2010, puis à 171.000 en octobre 2011.

Pour former dans un premier temps ces 134.000 soldats, il faut au moins 180 équipes sur le terrain --ce qu'en jargon Otan on connaît sous l'acronyme d'"OMLT"--, a précisé à l'AFP un responsable militaire de l'Otan.

"Nous disposons aujourd'hui de 140 OMLT, 76 américaines et 64 des autres nations contribuant à l'Isaf. Et 19 autres ont été proposées par des pays autres que les Etats-Unis" lors d'une récente réunion au quartier général de l'Otan à Mons (sud de la Belgique), a-t-il ajouté.

"Ce qui nous en laisse 21 à trouver", a conclu cet officier.

M. Rasmussen a annoncé qu'il discuterait avec les alliés de la possibilité de combler ce manque, lors de la réunion des ministres de la Defense de l'Otan les 4 et 5 février à Istanbul.

1/2

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41565260@7-60,0.html


1-2 Pavot : la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN.
En quelques années la consommation d’héroïne afghane est devenue un problème majeur de santé publique en Russie.

Selon les données recoupées par l’ONU et par le Service fédéral russe pour le contrôle des stupéfiants, les récoltes de pavot à opium ont été multipliées par 40 depuis l’intervention états-unienne en Afghanistan, pour atteindre 7 500 tonnes en 2008.

La culture du pavot s’étend sur au moins 193 000 hectares. La récolte est transformée grâce à des produits chimiques importés. Les plantations et les laboratoires sont situés à 92 % dans les zones où les troupes de l’OTAN exercent leur autorité.

En 2008, l’héroïne afghane a tué plus de 100 000 de personnes dans le monde.

Aussi Moscou a t-il décidé de mettre en cause la responsabilité de l’OTAN devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Officiellement, les stratèges US s’opposent aux fumigations des cultures pour ne pas se mettre à dos les paysans afghans. Ils préfèrent lutter contre l’importation des agents chimiques nécessaires.

Durant la période soviétique, la CIA, conseillée par le directeur des services secrets français Alexandre de Marenches, avait encouragé les Moujahidnes à cultiver le pavot pour intoxiquer les jeunes soldats de l’Armée rouge. A l’époque, les produits chimiques nécessaires étaient importés par des agents français infiltrés dans l’association Médecins sans frontières. Le trafic était organisé sur place par la famille Karzai.

De notoriété publique, l’essentiel de la production afghane actuelle est achetée et traitée par une organisation criminelle dirigée par le demi-frère du président Karzai et contrôlée par le Pentagone. La partie de la production destinée à l’Europe occidentale est acheminées par les avions des forces US vers camp Bondsteel (Kosovo), puis prise en charge par la mafia kosovare d’Hashim Thaçi. Ce dernier est devenu Premier ministre du Kosovo grâce au soutien de l’ambassadeur Frank Wisner Jr., et de Richard Holbrooke, actuel représentant spécial du président Obama pour l’Afghanistan.

Pour en savoir plus :
 Dans le secret des princes,
entretien de Christine Ockrent-Kouchner avec Alexandre de Marenches (Stock, 1986).
 « Le gouvernement kosovar et le crime organisé », par Jürgen Roth
 « La géopolitique derrière la guerre bidon des États-Unis en Afghanistan »,
par F. William Engdahl

 

http://www.voltairenet.org/article164334.html


1-3 La géopolitique de l’opium afghan.

D’après un rapport officiel de l’ONU, la production d’opium afghan a augmenté de façon spectaculaire depuis la chute du régime taliban en 2001. Les données du Bureau des drogues et des crimes des Nations-Unies montrent qu’il y a eu plus de cultures du pavot pendant chacune des quatre dernières saisons de croissance (2004-2007), qu’en une année sous le régime taliban. Plus de terres sont dédiées à l’opium à présent en Afghanistan que pour la culture du coca en Amérique latine. En 2007, 93% des opiacés du marché mondial provenaient d’Afghanistan. Ce n’est pas par hasard.

Il a été démontré que Washington à choisi soigneusement le controversé Hamid Karzaï, un chef de guerre pachtoune de la tribu Popalzai, longtemps au service de la CIA, revenu de son exil aux États-Unis, fabriqué comme une mythologie hollywoodienne autour de sa « courageuse autorité sur son peuple. » Selon des sources afghanes, Hamid Karzaï est aujourd’hui le « Parrain » de l’opium afghan. Ce n’est apparemment pas par hasard s’il a été et reste aujourd’hui encore l’homme préféré de Washington à Kaboul. Pourtant, même avec l’achat massif de votes, la fraude et d’intimidation, les jours de Karzaï en tant que président pourraient se terminer.

Longtemps après que le monde a oublié qui est le mystérieux Oussama Ben Laden et ce qu’est Al Qaida, sa prétendue organisation terroriste, — ou se demande même s’ils existent — la seconde raison de la fixation de l’US army en Afghanistan apparait comme un prétexte pour créer une force de frappe militaire étasunienne permanente avec un série de bases aériennes fixes en Afghanistan. L’objectif de ces bases n’est pas de faire disparaître les cellules d’Al Qaïda qui pourraient avoir survécu dans les grottes de Tora Bora ou d’éradiquer un « taliban » mythique, qui, selon des rapports de témoins oculaires, est en ce moment composé majoritairement d’habitants afghans ordinaires en lutte une fois encore pour débarrasser leurs terres des armées occupantes, comme ils l’ont fait dans les années 80 contre les Soviétiques.

Pour les États-Unis, la raison des bases afghanes, c’est d’avoir dans leur ligne de mire et d’être capables de frapper les deux nations du monde qui, réunies, constituent aujourd’hui la seule menace à leur pouvoir suprême sur le monde, à l’America’s Full Spectrum Dominance (domination US sous tous ses aspects), comme l’appelle le Pentagone.

L’armée US occupe l’Afghanistan pour deux raisons : principalement pour rétablir et contrôler la plus grande fourniture mondiale d’opium des marchés internationaux de l’héroïne et utiliser la drogue comme arme contre ses adversaires sur le plan géopolitique, tout particulièrement, la Russie. Le contrôle du marché de la drogue afghane est capital pour les liquidités de la mafia financière en faillite et dépravée de Wall Street.

 

http://www.voltairenet.org/article162766.html



2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Électrophore : La complexité, ennemi intime de l’OTAN.

La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information

Nb - ndlr : il faut toujours savoir ce que pensent les ennemis.

Lors de la première guerre du Golfe, les armées américaines et européennes affrontaient une autre armée conventionnelle configurée selon un modèle russe.

La doctrine Powell et la stratégie Schwarzkopf firent le reste en deux temps trois mouvements.

Dans les Balkans, l’OTAN eut rapidement le dessus face à une armée serbe qui, malgré ses tentatives d’hybridation ou de paramilitarisation à sa périphérie, demeurait une force classique typiquement centre/est-européenne.

Dans un cas comme dans l’autre, quelques réadaptations et mises à jour des doctrines et des stratégies sédimentées durant la guerre froide suffirent pour assurer une incontestable victoire contre les appareils politiques/militaires irakien et serbe.
En Afghanistan, l’OTAN affronte ce qui est à la fois une guerre irrégulière et une crise complexe permanente à tous les niveaux : géopolitique, stratégique, socioculturel, narcotique, psychologique et religieux.
L’échec du sommet de Copenhague a amplement démontré l’incapacité des états modernes à gérer des crises complexes. Ceci est d’autant plus vrai pour ces mêmes états et leurs armées lorsqu’il s’agit d’un conflit irrégulier doublé d’une crise complexe permanente qui, dans le cas afghan, trouve ses racines contemporaines dans les années 60-70.
Forgé dans les certitudes bipolaires de la guerre froide, l’OTAN a développé une extraordinaire science de la guerre dans laquelle priment l’approche linéaire, les lignes d’opération, l’analyse séquentielle et les résultats quantifiables. Sur le théâtre afghan, les multiples dimensions du pays réel sont étroitement imbriquées ou fusionnées, et revêtent autant d’importance que la seule dimension militaire. Sans pour autant négliger ses capacités conventionnelles, l’OTAN doit donc se forger un art croisé de la conduite de guerre et de la gestion de crises.

Dès lors, pourquoi ne pas muter en forces hybrides « à la schizophrénie contrôlée, capables à la fois d’analyser, de ressentir et de pressentir le terrain ? »
Cette transformation cognitive des armées est, à mes yeux, plus à portée d’une Europe riche de diverses cultures, langues et histoires. Ainsi, ses armées seraient mieux adaptées ou mieux adaptables aux exigences non-militaires des futures contre-insurrections (ou assimilables) dans quasiment n’importe quel coin du globe.
Si
la COIN est un début positif en ce sens, elle n’est encore qu’au stade cosmétique ou exosquelettique dans les doctrines de l’OTAN et de ses armées respectives. Je doute qu’il en soit autrement avec les générations actuelles de hauts gradés certes expérimentés mais dont les compétences désormais cristallisées entravent ou annihilent quelque « esprit révolutionnaire ». Explications.
En effet, malgré leurs incontournables trésors des savoirs accumulés, les professionnels expérimentés de tout poil sont rarement ceux qui produisent des concepts férocement novateurs.

Ceci vaut également pour les capitaines d’industrie et pour les scientifiques chevronnés.

Einstein n’avait pas été nobellisé pour sa théorie de la relativité, par trop choquante pour ses pairs, mais pour ses hypothèses un peu plus coulantes sur la nature corpusculaire de la lumière.

Par la suite, il éprouva d’énormes difficultés à pleinement appréhender la physique quantique de Bohr, de Feynman, de Heisenberg et consorts.
Ne blâmons point les hauts gradés, les capitaines d’industrie ou les scientifiques chevronnés pour cette incapacité : s’éloigner ou rompre de son noyau de compétences pour forger un paradigme révolutionnaire et/ou les sous-ensembles inhérents exige à la fois du travail acharné, une constante remise en question de sa carrière et de soi-même, une bonne dose de chance et, peut-être, un don auparavant inexploité. D’où l’immense difficulté à esquisser des solutions claires et percutantes au problème afghan, et ce, malgré la profusion d’excellentes analyses stratégiques qui se boivent plus qu’elles se lisent.
Pour ceux qui ne le savent pas, la fameuse contre-insurrection (COIN) telle qu’on l’entend actuellement n’a rien d’une innovation majeure, c’est un corpus théorique d’inspiration essentiellement française, savamment réactualisé et mis en oeuvre sur les théâtres irakien et afghan par d’affables et perspicaces officiers anglo-saxons.

Même le Général Petraeus (né en 1956) reconnaît que sa génération « a été formée pour détruire des chars soviétiques avec nos hélicoptères. Une formation inutile dans la lutte moderne contre le terrorisme. »
Cette COIN suffira-t-elle à braver les entreprises virtuelles agiles que sont les Résistants Af-Pak et leurs alliés d’Al-Qaïda ? Une part de moi en doute sérieusement.
Comme je l’avais déjà évoqué dans le guide du terroriste urbain, l’état moderne et son armée classique sont tout le contraire d’une entreprise virtuelle intrinsèquement tâtillonnes, mues par des enchaînements d’inerties et consubstantiellement rétentrices d’informations. De telles mécaniques éprouvent inéluctablement des difficultés herculéennes voire sisyphiennes à combattre des entités à la fois nomades, sédentaires, redondantes et remarquablement coordonnées.
De l’illusion à la cécité
Quand les barbares germaniques aperçurent les légions romaines construire un pont fluvial de bois en moins d’une semaine, ils se réfugièrent dans les montagnes. Plus tard, Rome fit preuve d’inertie et d’inaptitude face aux mêmes barbares qui écrasèrent sa meilleure légion et sabotèrent patiemment son réseau impérial d’aqueducs. L’Europe fut littéralement hypnotisée et assommée par la puissance et la rapidité du Blitzkrieg. Quelques années plus tard, l’Allemagne nazie délaissa sa Defense territoriale et ne put rien faire contre les vagues incessantes de bombardiers B-17 dans son ciel. Pire : malgré les avertissements répétés de ses espions, elle fut complètement insensible aux statistiques astronomiques de la production militaro-industrielle américaine. Que dire de la vaine supériorité tactique et technique de l’US Air Force, de l’US Navy et de l’US Army face à une guérilla vietnamienne nettement plus rusée sur les plans psychologique et politique ?
Autres temps, autres guerres, autres circonstances. Gardons-nous de tout déterminisme mais n’oublions jamais les leçons de l’histoire.
Car vient toujours un moment où un appareil politique et militaire d’abord trop confiant sur ses capacités, s’enferme d’autant plus dans son canevas stratégique sous la pression combinée d’événements complexes et d’un ennemi lui infligeant une innovation ou une révolution stratégique. Peu à peu, « les logiciels politiques et militaires » se cloîtrent dans leur confort intellectuel puis tournent en boucle sans s’en rendre compte. Dans leur entêtement à poursuivre la guerre, ils deviennent sourds et aveugles aux signaux avertisseurs, se persuadent de la justesse de leurs décisions et actions et s’embourbent en toute splendeur.
Questions à un billet aller/retour Bruxelles-Kaboul : l’OTAN est-elle exempte de tels « bogues » ? Et si les énièmes grandes offensives contre les Résistants n’avaient que très peu ou aucun effet, jusqu’où peut-elle ou doit-elle s’obstiner ?
Au risque très élevé de m’attirer quelques foudres, les guerres me semblent finalement bien plus faciles à décrypter ou à mener avec un glaive Intel et un bouclier Windows. Ce qui, en toute sincérité, n’est pas nécessairement une bonne chose.*
http://electrosphere.blogspot.com/.


1-2 Djerrad Amar :   “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?

L’Iran, ce phénix de toutes les convoitises !

Le secrétaire général de l’Otan a déclaré : “La nouvelle doctrine militaire russe qui cite l’élargissement de l’Otan et le déploiement de systèmes de défense antimissiles (ABM) parmi les principales menaces pour la Russie ne reflète pas la réalité.” Quelle est donc cette réalité ?

Militariser presque un continent, qui se trouve être en face de la Russie, appuyé par un nouveau système ABM et destiné à contrer une “éventuelle attaque iranienne” ?

Même les sots n’y croiraient pas.

Quand on y ajoute la Méditerranée (avec Israël, son gendarme) ainsi que le Golf persique, on comprend mieux les objectifs géopolitiques de l’Occident.

En effet, depuis l’effondrement de l’URSS, l’Occident, en particulier l’Amérique imposante et arrogante, accompagnée d’une Europe servante et suiveuse, ne cesse de tenter d’imposer son hégémonie sur cette partie du globe, du moins en commençant par les ex-pays du “bloc de l’Est”, puis l’Irak, par la force sous le fallacieux prétexte d’armes de “destruction massive”, ensuite l’Afghanistan pour “lutter contre le terrorisme”. Allant même jusqu’à pervertir certaines institutions internationales (y compris la CPI) pour les rendre — au fil du temps, des conjonctures internationales et des intérêts — leurs auxiliaires et faire-valoir. Citer l’Iran comme prétexte dans ce contexte, avec “remake” d’un Irak-bis, pour les mêmes allégations, on comprend qu’il reste le dernier pays résistant à la stratégie de l’Occident.

Lorsque M. Rasmussen avait “balancé”, il y a quelques jours, une étrange déclaration (à Novosti), à savoir que “l’Otan n’attaquera jamais la Russie”, nous avions commenté que ce discours nous conduit à nous questionner sur l’utilité de l’armada de missiles en Europe si ce n’est permettre à l’Occident de dominer, par la politique des “petits pas”, les économies du maximum de pays du monde en imposant “sa” conception selon “ses” seuls intérêts. L’objectif ne pouvait être que de mettre “hors course” tous les concurrents potentiels, principalement la Russie et la Chine lesquelles semblent bien réussir au détriment de cet Occident toujours insolent, injuste et paternaliste. Après l’Ukraine et la Géorgie, l’Irak et l’Afghanistan, il ne reste que l’Iran qui semble être le dernier rempart.

La Russie prise en étau serait bien contrainte de “capituler” s’il se produit un déséquilibre de forces trop prononcé. Tout l’obstacle vient donc de cet Iran irréductible et entreprenant, c ! ar la clé et le dernier maillon décisif de leur stratégie. Pour ce faire, ils y mettent tous les moyens médiatico-économico-politiques en fomentant même des troubles dans ce pays. Mais 30 années d’embargo et une guerre à la clé n’ont pas permis de faire infléchir ce pays ; en misant sur la déliquescence du régime.

Cette adversité a eu l’effet inverse puisque le régime s’est consolidé.

En comptant sur ses propres forces, l’Iran s’est développé technologiquement d’une façon fulgurante et sans précédent, ce qui a troublé l’Occident. La réaction et le comportement actuels de l’Iran sont des plus normaux. Il n’y a que les États-Unis, l’Angleterre et la France — le trio à l’origine des troubles dans le monde du fait de leur arrogance — qui y voient un crime de lèse-majesté et une provocation. Comment faire confiance à des États au passé entaché de sang, ou ayant des antécédents génocidaires ou colonialistes ?

Comment l’Iran peut-il faire confiance à des États qui programment sa destruction ou du moins s’échinent à imposer leur hégémonie ?

Lui un pays indépendant, souverain et millénaire qui a contribué au progrès de l’humanité au moment où les États-Unis n’existaient pas et où l’Europe sombrait dans l’obscurantisme et l’intolérance. Pourtant, ce pays n’a jamais colonisé ou agressé un quelconque pays ! En tout cas, même avec ses insuffisances, l’Iran actuel est plus libre et plus démocratique que l’Iran du shah, que l’Occident a soutenu dans la répression.

Durant les dernières élections, ce qui est clair, c’est que l’Occident ne veut pas que l’opinion voit, dans les manifestations, un acte de démocratie, de liberté d’expression. Comme dans toutes les manifestations d’Europe, on sait bien qu’il y a des “fauteurs de troubles” (manipulés ou pas) et que les services de sécurité sont bien obligés de les neutraliser. En Occident, c’est un acte de “salubrité publique” contre des voyous ; en Iran ou autres pays “hors Europe”, c’est de la répression contre la liberté. Et puis, d’où vient cet intérêt de l’Occident à soutenir, comme par miracle, une tendance ou une opposition (légale) ?

Enfin, si changement de régime il doit y avoir, il ne doit venir que des Iraniens seuls et non de ce que l’Occident (à leur tête l’Amérique) veut bien qu’il soit par les multiples ingérences que l’on constate ! Les Iraniens sont cultivés.

Ils savent mieux que quiconque le système politique et économique qui les arrange sans se voir dicter la conduite par les “faiseurs d’opinions” de l’Occident. Entre la proposition de livrer l’uranium “par partie” de l’Iran et l’exigence de l’Occident de le livrer “en totalité”, il y a un profond manque de confiance auquel il faudra trouver une issue ou une solution avec d’autres acteurs et une autre approche. Surtout si la violence verbale d’Israël, envers l’Iran, s’y met de la partie ! Si la dernière décision de l’Iran d’enrichir lui-même son uranium est vue comme “la preuve qu’il envisage un usage militaire”, on peut dire aussi que cette crainte est aussi “la preuve que l’Occident n’avait pas l’intention d’exécuter l’échange”, d’où les tergiversations et les menaces sur ce pays.

Ce qui nous autorise à supposer qu’il y avait mauvaises intentions sur l’uranium en question ! À notre sens, le jeu pervers des “blocs” n’est pas près de disparaître de sitôt tant que les deux antagonistes historiques (Amérique et Russie) n’ont pas “délimité leurs zones” d’influence ou que l’un d’eux ait cédé. Car qui tient l’Iran tient la zone la plus riche et la plus prometteuse. Oui, l’Iran est devenu un pays stratégique incontournable dans le règlement des conflits de la région ! Son développement technologique, propre, en particulier dans le domaine nucléaire, jusque-là conforme à ses engagements internationaux, suscite des inquiétudes non pas pour les dangers de déviation de cette énergie, mais plus pour le risque de voir ce pays, devenant fort, échapper à leur influence ou autorité comme à l’époque du shah.

C’est aussi et surtout un pays riche en ressources, notamment pétrolières. Dès lors, la réaction russe par “La nouvelle doctrine militaire russe” citant l’élargissement de l’Otan et le déploiement de systèmes (ABM) parmi les principales menaces pour la Russie ne peut être que la réponse sûrement appropriée au regard des réactions de l’Occident, pris entre le marteau de sa stratégie faussement “de défense”, mais sûrement hégémonique, et l’enclume du doute et des conséquences imprévisibles.

Il y a cependant un doute.

La Russie, contrairement à l’Occident, en particulier les États-Unis, a toujours tenu à ses principes.

Un désengagement dans ce domaine aurait, pour la Russie, des conséquences particulièrement tragiques et irréversibles.

Car beaucoup de pays réfléchiront longuement avant de s’engager avec elle. Au profit de qui ? L’avenir nous le dira.

Source Liberté du 14 février 2010

Djerrad Amar

17 février 2010

http://www.setif.info/article4248.html


 

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