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14/03/2010

n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Fin : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?

n° 61 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan - 13-03 : Fin  : - “L'Otan n’attaquera jamais la Russie” ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 61- 13-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion.

1-5 Nathalie Guibert & Guillaume Perrier : instructeurs en Afghanistan.: la réponse tardive de la France à l'OTAN.

1-6 Dmitri Babitch : Pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN !

1-7 Hélène Nouaille : une "année croisée" 

2 Annexe

2-1 Les armes nucléaires menacent toujours le monde.

2-2 Washington annonce une "réduction spectaculaire" de ses armes atomiques.

2-3 Un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques US ?

2-4 Quatre pontes politiques plaident pour un monde sans armes nucléaires.

2-5 Des BOMSPOTTERS mènent une inspection civile à l’intérieur de la base de Kleine Brogel.

 


1-5 Nathalie Guibert & Guillaume Perrier : instructeurs en Afghanistan.: la réponse tardive de la France à l'OTAN.

L'Otan a besoin d'au moins 2.000 policiers instructeurs en Afghanistan.
Quatrième pourvoyeur de forces en Afghanistan, la France aura été le dernier des grands Etats membres de l'OTAN, et parmi les toutes dernières des 44 nations participant a la guerre, à répondre à la demande de renforts formulée par le président américain, Barack Obama, le 30 novembre 2009.

 

Coalition : les principaux contributeurs

Etats-Unis 72 000 soldats engagés (+ 30 000 prévus en 2010)

Royaume-Uni 9 500 soldats (+ 500 annoncés)

Allemagne 4 415 soldats (+ 500) 

France 3 750 soldats (+ 80)

Italie 3 150 soldats (+ 1 000)

Autres pays participants  

Canada (2 830), Pologne (1 955), Pays-Bas (1 940), Turquie (1 755), Autriche (1 500). 

Total En 2010, la coalition devrait compter 150 000 soldats.
La décision française a été dévoilée vendredi 5 février, à Istanbul, à l'issue de la réunion informelle des ministres de la défense de l'Alliance atlantique, par le Français Hervé Morin : "Moins d'une centaine d'instructeurs, 70 à 80 selon nos premières estimations, seront envoyés dans les mois qui viennent, pour le printemps." M. Obama avait réclamé 10 000 soldats aux alliés, dont 1 500 à
la France.

 

 Une partie de ces nouveaux instructeurs seront intégrés dans des unités de l'armée afghane ; 300 soldats français travaillent déjà dans six de ces "Operational mentoring and liaison team" (OMLT). Les autres, en coopération avec l'Allemagne, mettront sur pied une école de cavalerie. Ils rejoindront les 3 750 militaires et les 150 gendarmes déjà déployés.

Pourquoi avoir tant tardé ? De nombreux pays de l'OTAN, dont l'Italie, la Pologne, la Turquie, mais aussi des "partenaires" de l'Alliance, avaient répondu dès le 4 décembre 2009, trois jours après le discours de M. Obama sur la nouvelle stratégie en Afghanistan.

La France, comme l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne, avait dit vouloir attendre la conférence internationale sur l'Afghanistan de Londres, le 28 janvier, pour donner sa réponse. Son silence s'est prolongé bien au-delà.

En octobre 2009, Nicolas Sarkozy avait répété qu'il n'enverrait "pas un soldat de plus", conformément aux engagements politiques pris en 2008. Mais fin novembre, l'Elysée commence à préparer l'opinion à un nouvel effort. "Renoncer, ce serait laisser le champ libre au terrorisme et à la violence barbare des fanatiques", déclare le président le 30 novembre. Son entourage précise alors : "Nous ne disons pas non à Obama." Le chef de l'Etat est alors tenté de couper la poire en deux : 700 soldats.

Paris privilégie la formation des forces de sécurité afghanes. Dans la zone de responsabilité de la France, au nord-est de Kaboul, il n'est en effet pas besoin de soldats de plus. Mais l'hypothèse n'est pas totalement enterrée. Il est encore question aussi d'envoyer plus de gendarmes pour former la police afghane.

Le 25 janvier, trois jours avant la conférence de Londres, M. Sarkozy indique sur TF1 : "Pas de soldats combattants." Le lendemain, l'Allemagne joue les francs-tireurs et annonce 500 formateurs.

A Paris, l'évaluation est à la baisse. Comment communiquer après cette annonce allemande ? Sur le sujet afghan, les deux pays ne sont pas au diapason. La proposition française d'engager la Brigade franco-allemande est jugée prématurée par la chancelière Angela Merkel. De plus, une concurrence se fait jour, au sujet de la formation des forces afghanes. Sur ce terrain, qu'elle occupe depuis 2002, la France veut garder un leadership : "On est petits dans la coalition, mais on intervient sur une fonction stratégique", dit-on au ministère de la défense. Ecole d'officiers, école des commandos, OMLT : les Français ont formé 11 000 Afghans depuis six ans, 60 % des nouveaux officiers de l'armée nationale.

Mais à Londres, le 28 janvier, rien. Lundi 1er février, dans le long entretien qu'il accorde au Figaro sur l'Afghanistan, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, n'apporte pas plus de précisions. Le flottement est manifeste chez Hervé Morin qui, le même jour, reçoit la presse. "J'annoncerai ça en marge de la réunion d'Istanbul", promet-il. Jeudi, le porte-parole français de la défense, Laurent Teisseire, évoque encore, à propos des renforts, "un exercice en cours".

L'état-major a pourtant fourni depuis longtemps ses scénarios. Une fois avalisé l'objectif américain de faire passer, en deux ans, l'armée afghane de 100 000 à 171 000 hommes et la police nationale de 96 000 à 134 000, l'augmentation du nombre d'instructeurs se déduit de façon mécanique. Les calculs étaient faits.

Mais, depuis deux mois, en France, le contexte politique national a rattrapé le dossier afghan. Selon plusieurs sources, ce sont les derniers sondages d'opinion qui ont convaincu l'Elysée de faire profil bas, à l'approche des élections régionales de mars. Non seulement la popularité de M. Sarkozy est au plus bas, mais les Français ont un jugement de plus en plus critique sur l'Afghanistan.

Depuis novembre, et le second tour manqué de la présidentielle afghane, une rupture s'est produite : le soutien à l'engagement allié était alors tombé à 30 %, alors qu'une courte majorité favorable prévalait jusqu'alors. L'hostilité des Français à l'envoi de soldats s'est affirmée. Même s'ils restent ouverts à l'idée de l'"encadrement" des forces nationales afghanes. D'où le concept du "soldat non combattant" qui a prospéré dans les cercles officiels.

Le distinguo n'a guère de sens en ce qui concerne les instructeurs des OMLT. Ces cadres, sous-officiers ou officiers spécialistes du combat d'infanterie, sont en première ligne dans les unités afghanes ; 70 d'entre eux sont même ponctuellement déployés dans le Helmand, la province du sud, la plus exposée aux combats.

 Une quarantaine de pays ont au final promis 9 000 militaires de plus. Washington estime qu'il manque toujours des instructeurs et formateurs. Vendredi, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé les Etats à "racler les fonds de tiroir ". Il faut "plus " et "immédiatement", a-t-il conclu. Les alliés se retrouveront le 23 février pour décider.

Nathalie Guibert avec Guillaume Perrier (à Istanbul)

06.02.10

LE MONDE


1-6 Dmitri Babitch : Pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN !

Taras Kuzio a tout à coup découvert que les Ukrainiens eux-mêmes ne veulent pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN.

 

Les réactions des pays occidentaux au premier tour de la présidentielle ukrainienne sont bien plus intéressantes que le scrutin lui-même.
Les désirs et la réalité s’opposent dans les reportages et les commentaires des journaux polonais, britanniques et américains.
Certes, la plupart des analystes et des hommes politiques de Varsovie, des capitales de l’Europe occidentale et de Washington, souhaiteraient voir la politique antirusse de Viktor Iouchtchenko se poursuivre.
Mais que faire si, comme l'écrit Taras Kuzio, le principal expert pour l'Ukraine, dans une publication de
la Jamestown Foundation, 80% des citoyens ukrainiens se prononcent pour de bonnes relations avec la Russie?
D'ailleurs, tous les journaux affirment en chœur que Viktor Iouchtchenko qui a recueilli moins de 6% des voix, a quitté à jamais la ligue supérieure de la politique ukrainienne. Et cela est dû, notamment, à ses escapades antirusses.

Il faut se résigner à la triste réalité et chercher des compromis. Même Taras Kuzio, partisan convaincu de l'éloignement de l'Ukraine de la Russie, écrit que les accusations lancées par Viktor Iouchtchenko à l'adresse de la "coalition moscovite" (c'est ainsi que Iouchtchenko appelle Timochenko et Ianoukovitch) sont insensées.

Si même Taras Kuzio a cessé de voir des espions du Kremlin dans le gouvernement ukrainien, quelque chose a effectivement bougé dans le monde.
Taras Kuzio a tout à coup découvert que les Ukrainiens eux-mêmes ne veulent pas d’une prompte adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et que non seulement Viktor Ianoukovitch, mais aussi Sergueï Tiguipko (13% des voix au premier tour) se prononcent pour que
la Flotte russe de la mer Noire reste à Sébastopol.
Tous les journaux soulignent que ce résultat fait de Sergueï Tiguipko un "faiseur de rois" (kingmaker).
L'issue de l'élection dépendra de qui Tiguipko et ses partisans soutiendront au second tour, car les électeurs radicaux de gauche (qui soutiendront probablement Viktor Ianoukovitch au second tour) et l'électorat nationaliste de Viktor Iouchtchenko sont en équilibre.

Cependant, The Economist fait remarquer que c’était justement Sergueï Tiguipko qui avait dirigé en 2004 la campagne électorale de Viktor Ianoukovitch. Et c’est dans cette campagne que Viktor Ianoukovitch a joué, selon The Economist, un rôle de scélérat soutenu par la Russie (had the role of the Russian-backed villain).
La logique élémentaire devrait suggérer aux auteurs de The Economist que soit les électeurs ukrainiens sont devenus fous et masochistes, soit Viktor Ianoukovitch n'est pas un scélérat et sa campagne n'a pas été plus sale que les manigances de Viktor Iouchtchenko et de Ioulia Timochenko. On peut ainsi rappeler les diatribes répugnantes lancées en direct et la lutte pour le contrôle de l'argent "gazier", la dissolution par le président du parlement élu de façon démocratique, ainsi que le mépris non dissimulé pour la principale minorité nationale du pays.

Bien que, dans n'importe quel pays démocratique, cette conduite marquerait un terme à toute carrière politique, les médias occidentaux ne font que commencer à reconnaître que leurs favoris y sont peut être allés trop fort. Il aurait fallu agir plus doucement, prudemment, graduellement. Cette approche a remplacé les exigences d'admission immédiate de l'Ukraine à l'UE et à l'OTAN avancées il y a quatre ans, par exemple, par la presse polonaise.
Mais ce changement ne doit nullement être interprété comme une sympathie pour
la Russie. Les erreurs sont reconnues dans la tactique, mais pas dans la stratégie.
Le principal objet de la discussion se réduit à ceci: que faire pour que la perte de Viktor Iouchtchenko n’enterre  l'espoir de voir une Ukraine antirusse.

Les avis sont différents. La majorité se prononce pour Ioulia Timochenko, qui a plusieurs fois manifesté son état d'esprit antirusse.
Taras Kuzio, par exemple, rappelle le soutien apporté par Ioulia Timochenko en 2007 à la législation interdisant toute forme de privatisation des gazoducs en Ukraine.
D'autres observateurs proposent de ne pas se désespérer en cas de victoire de Ianoukovitch, en constatant avec satisfaction l'oubli dans lequel a été jeté le russe dans les écoles secondaires et supérieures ukrainiennes lorsqu’il était premier ministre.

 Les analystes occidentaux ne s'interrogent pas sur la conformité de toutes ces actions avec les documents internationaux sur les droits des minorités et la Charte de l'énergie à laquelle a adhéré l'Ukraine et qui encourage la privatisation des gazoducs.
Seul le New Republic a osé émettre une appréhension sur le trop grand désir d’autorité de Timochenko, et la crainte qu’une fois au pouvoir elle jette à la poubelle cette démocratie à laquelle elle avait juré fidélité en 2004 à Maïdan, la place centrale de Kiev.

 Comment ceux qui émettent toutes ces idées à Washington, Bruxelles et Varsovie peuvent-ils espérer que non seulement en Ukraine, mais aussi en Russie on croie à la sincérité de leurs paroles sur la démocratie, les droits des minorités etc., à leurs propos sur une nouvelle belle Europe, que ce soit sans la Russie et sans l’Ukraine, soit avec une Ukraine et une Russie qui n'ont jamais existé?
L'expérience prouve que le résultat d’une politique méprisant quatre cents ans d’histoire ne peut être que très triste. En appliquant une telle politique, l'Europe (et plus précisément, l'Union européenne) risque de perdre aussi bien
la Russie que l'Ukraine.

Dmitri Babitch,

19 janvier

 RIA Novosti,


1-7 Hélène Nouaille : une "année croisée" 

L’année 2010 est, pour Paris et Moscou, une "année croisée" : " Aux termes d’une décision adoptée par les chefs des deux Etats, 2010 a été proclamée Année de la Russie en France et de la France en Russie " précise le site russe Ria Novosti, qui consacre un épais dossier à l’événement. " Annoncée lors de la visite en France du Président Poutine en septembre 2006, l’année croisée France-Russie 2010 a été confirmée officiellement au moment du séminaire gouvernemental de novembre 2007 au cours duquel le Premier Ministre et son homologue russe ont signé une déclaration bilatérale sur l’année croisée France/Russie 2010 " (1) explique de son côté le ministère français des Affaires étrangères.

Préparée de longue date, l’année croisée marque, pour les deux capitales, une volonté de rapprochement en rupture avec les préventions exprimées par le candidat Sarkozy à l’endroit du président Vladimir Poutine. Volonté confirmée par le président français lors de la visite à Paris, en novembre dernier, du président russe Dimitri Medvedev : " J’apprécie beaucoup les efforts que le président Medvedev fait pour moderniser son pays. J’apprécie aussi son ouverture. Le président Medvedev est un partenaire fiable", rapportait l’agence russe (2). Parmi les sujets abordés figuraient, " les relations entre l’Europe et la Russie qui est un partenaire incontournable ; la sécurité commune ".

Depuis, on aura remarqué par exemple les discussions franco russes sur la participation de GDF au gazoduc sous la Baltique Northstream (une affaire d’abord allemande, sous l’égide de l’ancien chancelier Gerhard Schröder) pour lequel les derniers obstacles ont été levés par les pays riverains, ou à celui de Southstream, concurrent du projet américain Nabucco, au sud, et bien sûr aussi la vente par la France à la Russie d’un navire de guerre, un bâtiment de projection et de commandement, le porte hélicoptères Mistral. Début d’une commande plus conséquente ? " Ce ne serait plus un navire mais quatre" demandés par la Russie et la France est "en train d’examiner la nouvelle mouture de cette demande", a précisé Jacques de Lajugie, directeur international de la DGA (délégation générale pour l’Armement), lors d’une conférence de presse " (3).

L’un et l’autre mouvements sont signifiants de l’attention portée par la Russie à ses liens avec l’Europe, qui est son premier partenaire économique et pour laquelle elle est le premier pourvoyeur d’hydrocarbures, interdépendance à prendre en compte, insiste-t-elle, et à développer. Mouvements révélateurs aussi de la manière russe d’envisager ses rapports, directement avec les pays membres, au travers d’échanges bilatéraux passés avec des partenaires appartenant ou non à l’Union (Serbie, Slovénie, Bulgarie, Espagne, Italie, ...) et bien sûr en premier lieu avec l’Allemagne et la France, deux poids lourds en matière économique, l’Allemagne étant le premier investisseur mondial en Russie, et au-delà, des éléments centraux en matière géopolitique sur le continent européen, la Grande Bretagne se tenant à l’écart, proche des positions de Washington.

Non pas que Moscou se désintéresse de l’Asie, vers laquelle elle a multiplié ses capacités d’acheminement d’hydrocarbures, avec l’ouverture sur la côte pacifique du terminal Kozmino (4) vers le Japon (voir la carte) et les projets menés de longue main en commun avec la Chine (5), avec laquelle aussi elle travaille au sein de l’Organisation de Shanghai (6) et d’autres organisations régionales sur les questions économiques et de sécurité (Corée du Nord). Mais l’ancrage européen est, si l’on considère le travail accompli par le tandem Poutine-Medvedev sur la durée, une préoccupation primordiale de la géostratégie russe - politique menée à l’encontre des mouvements nationalistes, une donnée qui tient peu de place dans les médias occidentaux.

On le sait, l’Europe de la guerre froide met du temps à effacer les marques et les craintes laissées par l’ancienne URSS, Europe préoccupée par la sécurité des anciens pays de l’Est et d’une manière générale, de l’environnement proche de la Russie, comme Moscou l’est de sa sphère d’influence.

A cette double préoccupation, Dimitri Medvedev a répondu par une proposition de nouveau traité de sécurité européenne, que nous avons évoqué ici dès 2008 (7). Ce pacte réunirait les "trois branches" (Russie, Europe, Etats-Unis et Canada) de la région euro-atlantique " fondé, naturellement, sur les principes de la Charte des Nations Unies " et verrait des partenaires égaux signer ensemble un traité juridiquement contraignant.

Avec un élément clef : " Tous les pays européens sans exception devraient participer à ce sommet, mais individuellement, en laissant de côté toute allégeance à des blocs ou à d’autres associations. Les intérêts nationaux complètement départis de toute motivation idéologique déformante devraient être le point de départ de tous les participants ”. A l’époque (juillet 2008, avant la guerre russo géorgienne), les réactions américaines avaient été neutres, une partie de l’establishment politique américain plaidant pour une réévaluation de la politique extérieure - la vie politique américaine était ailleurs. Pour le président Sarkozy, la proposition n’était pas sans intérêt (" un arc de sécurité de Vancouver à Vladivostok, ça mérite d’être étudié ").

Puis, en août 2008, la France, qui occupe la présidence tournante de l’UE, assure une médiation entre Russes et Géorgiens, en l’absence remarquée de tout mouvement agressif des Etats-Unis, peu soucieux d’une confrontation directe avec les Russes. C’est la fin de l’ère George Bush, et si le statu quo est contesté, la situation se fige. Avec l’arrivée du président Obama, qui plaide pour une remise à zéro des relations russo américaines, fait un geste d’apaisement important envers Moscou en renonçant à installer des éléments de bouclier anti missiles en Pologne et en Tchéquie et reprend les négociations START II de réduction bilatérale des arsenaux nucléaires, le paysage semble s’éclairer.

La suite est plus obscure, les négociations s’enlisent, apparaît un nouveau projet de bouclier en Roumanie, le nouveau président est très occupé de sa guerre afghane et semble mécontent du peu d’enthousiasme européen à fournir des troupes supplétives - et, d’une manière générale, paraît se détourner des affaires européennes. Son absence aux cérémonies commémoratives de la chute du Mur de Berlin, en novembre 2009, chagrine fortement les médias. Les Russes pourtant font montre de patience, minimisant les propos de guerre froide du vice-président Jo Biden (la Russie est faible, nos concessions sont inutiles, elle pliera d’elle même, propos tenus lors d’une conférence de presse en juillet 2009), accordant à l’OTAN les passages logistiques qu’elle réclamait pour l’Afghanistan.

Et elle continue de travailler avec la France et l’Allemagne - dont le "partenariat stratégique" avec la Russie est réaffirmé - dans la tourmente économique qui balaye le globe. Entre temps, la France a réintégré le commandement militaire intégré de l’OTAN, et se montre très discrète sur son soutien réel aux projets de transformation de l’alliance militaire souhaitée par les Etats-Unis - c’est l’Allemagne qui dit nettement ses réserves lors de la conférence de Munich sur la Sécurité (8), début février 2010 : " Nous ne voulons pas entrer en compétition avec les Nations unies. Nous ne voulons pas faire de l’Otan une agence de sécurité mondiale ". Dans les cercles du pouvoir français, on murmure que les relations entre Nicolas Sarkozy et le président Obama ne sont pas très chaleureuses. La vente du Mistral aux Russes suscite des réserves outre atlantique.

C’est alors que fin janvier, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton choisit Paris pour venir parler, à l’Ecole militaire (9), de la future sécurité européenne. " La Russie n’est plus désormais notre adversaire mais souvent un partenaire clef des affaires mondiales ". Et les institutions qui ont préservé la sécurité au siècle dernier ne sont plus adaptées aux menaces actuelles et à venir. Mais " le partenariat transatlantique " qui a été " à la fois la pierre d’angle de la sécurité mondiale et une force puissante du progrès dans le monde ", s’il doit se transformer, reste au coeur des préoccupations américaines. Non, les voix de ceux qui pensent " que l’administration Obama est occupée, en politique étrangère, de défis ailleurs dans le monde " ne sont pas pertinentes. " En fait, la sécurité européenne reste une ancre de la politique étrangère et de sécurité américaine ".

En revanche, si " la Russie a récemment suggéré à la fois un nouveau traité de sécurité européenne et un nouveau traité OTAN-Russie " et que les Etats-Unis en partagent certains aspects, "ces objectifs communs doivent être poursuivis dans le contexte des institutions existantes, telles que l’OSCE (Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe) et le conseil OTAN-Russie, plutôt qu’en négociant de nouveaux traités (...) ". Une fin de non recevoir aux propositions russes donc, enveloppée dans un discours prudent qui reprend, si on lit bien, tous les vieux chevaux de bataille du temps de George Bush, OTAN élargie et nouvelles missions - dont celle, défendue en son temps (10) par le sénateur républicain Richard Lugar, de contrôler la sécurité énergétique des pays membres. Et pas une allusion à la PESD (Politique de défense et sécurité européenne), dont Nicolas Sarkozy avait promis le renforcement en retour de son adhésion complète à l’OTAN.

Quel est l’intérêt d’un tel discours ? Il situe la position américaine - sans influer, si nous regardons les faits, sur le continuum des relations à l’oeuvre en Europe entre Paris et Moscou, ni Berlin et Moscou, disons-le ainsi, les deux capitales occidentales étant souvent en rivalité. Il n’empêche nullement l’Allemagne de supprimer les missiles américains restants sur son territoire " des reliques de la guerre froide. Ils ne servent plus des objectifs militaires " dira un peu plus tard le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, à la Conférence de Munich - propos repris et commentés par le New York Times (11) : " Il est hautement inusuel qu’un pays de l’OTAN annonce qu’il veut retirer les armes nucléaires américaines de son sol. Les quelque 2000 têtes stationnées en Europe au sortir de la guerre froide ont été réduites à 200 l’année dernière ". La décision allemande est par ailleurs violemment critiquée par un rapport du Center for European Reform (12) qui dénonce " l’ouverture d’une boîte de Pandore ".

Le discours d’Hillary Clinton est symbolique des difficultés qui compliquent les relations entre des partenaires transatlantiques dont les intérêts divergent, aussi bien sur le plan économique (le prix stabilisé des hydrocarbures autorise des recettes fiables à la Russie, elle est un partenaire de choix pour les Européens) que sur le plan financier (la faiblesse organisée du dollar pèse sur les exportations européennes). La vision mondiale du président Obama privilégie, au-delà des discours de main tendue mais en cohérence avec son souci de leadership mondial tout aussi clairement exprimé, des options militaires qui sont unanimement rejetées par les populations européennes - les électeurs européens. De leur côté, les capitales européennes et russe travaillent, comme par la force des choses, dans la continuité d’une politique déjà mise en oeuvre après la décision de George Bush d’attaquer l’Irak en 2003 et dans une perspective qui n’est pas dénuée de sens historique, même si leurs intérêts ne sont pas identiques, sinon rivaux. La déstabilisation du monde initiée en septembre 2008 aux Etats-Unis accentue les divergences.

En réalité, le monde bouge, et c’est à cela que nous assistons. A suivre, avec attention.

Hélène Nouaille

Cartes :

La Russie et l’OTAN (octobre 2007)

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/spip/IMG/jpg_Qi_27_Russie_et_OTAN.jpg

Le pipeline EPSO vers le Pacifique :

http://graphics.thomsonreuters.com/129/RS_OILKZ1209.gif

Northstream et des développements possibles :

http://www.robertamsterdam.com/marshrut.jpg

Notes :

(1) Site dédié :

http://www.france-russie2010.fr/

Sur le site français du Ministère des Affaires étrangères :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/russie_463/annee-croisee-france-russie-2010_19935/index.html

(2) Ria Novosti, le 9 novembre 2009, La Russie, un partenaire incontournable de l’Europe (Sarkozy)

http://fr.rian.ru/world/20091109/185477393.html

(3) Ria Novosti, le 8 février 2010, Moscou achète quatre navires français (médias)

http://fr.rian.ru/defense/20100208/186014320.html

(4) Reuters, Russia’s Putin launches new Pacific oil terminal

http://www.reuters.com/article/iDUSTRE5BROGJ20091228

(5) Chinadaily.com, le 30 octobre 2008, China-Russia pipeline pact boosts energy links

http://www.chinadaily.com.cn/china/2008-10/30/content_7156881.htm

(6) L’organisation de Shanghai comprend la Russie et la Chine, ainsi que les pays d’Asie centrale, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan ainsi que des pays observateurs, Inde, Mongolie, Pakistan et Iran.

(7) Léosthène n° 418/2008 Sécurité européenne : la Russie à l’ouverture

http://www.leosthene.com/spip.php ?article854

(8) Léosthène n° 551/2010 Conférence de Munich : brouillard sur l’avenir de l’OTAN

http://www.leosthene.com/spip.php ?article1062

(9) US Department of State, le 29 janvier 2010, Hillary Clinton, Ecole militaire, Paris, France, Remarks on the Future of European Security http://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/136273.htm

(10 Jamestown Foundation, le 30 novembre 2006, Vladimir Socor, Lugar urges active role for NATO in energy security policy

http://www.jamestown.org/single/ ?no_cache=1&tx_ttnews[tt_news]=32287 ">http://www.jamestown.org/single/ ?no_cache=1&tx_ttnews[tt_news]=32287>

(11) The New York Times, le 8 février 2010, Germany Is Chastised for Stance on Nuclear Arms

http://www.nytimes.com/2010/02/09/world/europe/09iht-germany.html Rapport téléchargeable :

(12) Center for European Reform, février 2010, Rapport de Franklin Miller, George Robertson et Kori Schake, Germany Opens Pandora’s Box téléchargeable :

http://www.cer.org.uk/

Léosthène, Siret 453 066 961 00013 FRANCE APE 221E ISSN 1768-3289.

Directeur de la publication : Gérald Loreau (gerald.loreau@neuf.fr)

Directrice de la rédaction : Hélène Nouaille (helene.nouaille@free.fr)

Hélène Nouaille

24 février 2010,

Comité Valmy

La lettre de Léosthène, le 17 février 2010, n° 553/2010

http://www.leosthene.com/

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article526



2 Annexe

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Les armes nucléaires menacent toujours le monde.

Un mois avant la Conférence d’examen du traité de non-prolifération des armes nucléaires, des actions massives et non-violentes seront menées sur toutes les bases militaires européennes où sont entreposées des armes nucléaires de l’OTAN : en Allemagne, au Pays-Bas, en France, en Italie, en Turquie, en Angleterre et en Belgique.
Le 3 avril, Vredesactie rassemblera tous les bomspotters en vue d’occuper la base militaire de Kleine Brogel où sont entreposées les bombes nucléaires de l’OTAN.

Il est devenu indispensable que tous, nous nous réunissions pour montrer notre désapprobation envers les armes nucléaires et envers l’inertie politique de ces dernières années.

Rejoins-nous ce samedi 3 avril dans l’action de masse non-violente en vue d’occuper la base militaire de Kleine Brogel et ainsi rendre impossible l’usage des bombes nucléaires qui y sont entreposées. Tu peux aussi rejoindre les activités autour de la base : manifester en rythme avec une fanfare, en faire le tour à vélo,…

Nous ne sommes pas impliqués dans les négociations, mais nous pouvons empêcher que les accords illégaux sur les armes nucléaires continuent à être maintenu dans le silence.

LA FIN DES ARMES NUCLÉAIRES, C’EST MAINTENANT OU JAMAIS !!!

Les armes nucléaires menacent toujours le monde. Les neuf pays possédant ensemble plus de 25.000 bombes nucléaires, ne respectent toujours pas les accords de désarmement. Les États-Unis, l’OTAN, la Russie,… ont clairement annoncé qu’ils n’hésiteraient pas à utiliser l’arme nucléaire en premier en cas de conflit et plusieurs pays ont leurs propres programmes de développement nucléaire.

2010 offre au monde une chance unique au désarmement nucléaire. Ce qui paraissait être un rêve lointain s’avère aujourd’hui à portée de main. Même Barak Obama prône le désarmement nucléaire. Du 3 au 28 mai, la Conférence d’examen du Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP) rassemblera 187 pays au siège de l’ONU, à New York.

En 2010, l’OTAN redéfinira son concept stratégique pour les dix prochaines années et il apparaît primordial d’y retirer l’éventualité d’utilisation des armes nucléaires par l’organisation.

Le monde politique européen souhaite de plus en plus voir disparaître les armes nucléaires de l’OTAN. Le nouveau gouvernement allemand a défini comme prioritaire le retrait des armes nucléaires américaines de son territoire. Le gouvernement norvégien s’est engagé à lancer le débat au sein de l’OTAN. Des personnalités politiques de France, d’Angleterre et des Pays-Bas prônent le désarmement nucléaire.

Qu’en est-il de la Belgique ?

Le Premier ministre Yves Leterme a annoncé que la Belgique prendrait, avec quatre autres alliés de l'OTAN, une initiative en faveur d'un monde sans armes nucléaires dans le cadre de la révision du concept stratégique de l'Alliance atlantique à la fin de cette année.
"
La Belgique prendra une initiative en ce sens avec l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Norvège dans le cadre de la révision du concept stratégique de l'OTAN cette année", a indiqué le chef du gouvernement.
Selon lui,
la Belgique est favorable à un monde sans armes nucléaires et défend cette position au sein de l'OTAN en préparation de la conférence de révision du traité sur la non prolifération (TNP), prévue en mai à New York.


2-2 Washington annonce une "réduction spectaculaire" de ses armes atomiques.
Le président Barack Obama élabore une stratégie de défense nucléaire qui comprendra une "réduction spectaculaire" du nombre d'armes atomiques des Etats-Unis, a annoncé lundi un haut responsable de son administration.

Cette stratégie, cohérente avec la volonté de M. Obama de lutter contre la prolifération nucléaire, "visera une réduction spectaculaire des stocks [d'armes nucléaires], tout en conservant une dissuasion solide et fiable par les investissements du budget" fédéral, a expliqué ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
Cette mise à jour de la stratégie nucléaire américaine, la première depuis 2002, "ira plus loin que les précédentes en embrassant les buts de la non-prolifération, dont la sécurité nucléaire et les étapes que le président a développées à Prague", le 5 avril 2009, lorsqu'il avait prôné l'avènement d'un monde sans armes atomiques.

De même source, le document qui doit être présenté au Congrès à huis clos "visera un rôle accru pour les armes conventionnelles dans la dissuasion" et renoncera aux armes atomiques "anti-bunkers" voulues par la précédente administration de George W. Bush.

Selon le New York Times, qui a révélé dimanche soir les grandes lignes de ce document en préparation, il s'agirait de réduire le nombre de têtes nucléaires des Etats-Unis de "plusieurs milliers". Mais le journal souligne que plusieurs aspects de cette politique font l'objet de "débats passionnés au sein de l'administration" et que le secrétaire à la guerre, Robert Gates, doit soumettre à Barack Obama ces points à trancher lors d'une réunion lundi.

LEMONDE.FR avec AFP


2-3 Un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques US ?

Signe des tensions au sein de l'administration, l'examen de la stratégie nucléaire américaine doit être présenté au Congrès avec deux mois de retard.

Les partisans de la dénucléarisation appellent le président à proclamer que "l'unique objet" de l'arme nucléaire est de dissuader une puissance nucléaire de menacer les Etats-Unis. Selon eux, la supériorité de l'armée américaine en matière d'armements classiques rend la bombe atomique inutile dans tout autre contexte.

D'une telle doctrine découlerait naturellement un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques que Washington possède en Europe, retrait que cinq pays membres de l'OTAN (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas) ont appelé de leurs vœux en février. Elle s'oppose à celle de "la dissuasion étendue" qui appelle les Etats-Unis à maintenir ou déployer leur "parapluie nucléaire" en Europe, en Asie et même au Moyen-Orient, incitant les pays protégés à ne pas chercher à se doter de leurs propres armes. 

Le "rôle accru pour les armes conventionnelles" évoqué par le responsable américain se traduirait par l'élaboration d'armes de forte puissance mais non nucléaires, dites "Prompt Global Strike" (frappe mondiale immédiate) selon le New York Times. Ces armes, tirées des Etats-Unis, devraient être capables de frapper n'importe où dans le monde dans un délai d'une heure. Parmi leur utilisation possible figurerait, selon le journal, des attaques contre "la direction d'Al-Qaida dans les montagnes du Pakistan", ou "contre un lancement de missile imminent en Corée du Nord".

Tout se passe comme si le premier projet trop médiatisé, pe rencontrant de trop fortes résistances,  avait été escamoté officiellement pour revenir beaucoup plus discrètement - qui en parle en dehors de Ria Novosti?

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-03-01/etats-unis-obama-prepare-une-reduction-spectaculaire-de-l-arsenal-atomique/924/0/429110


2-4 Quatre pontes politiques plaident pour un monde sans armes nucléaires.

Quatre personnalités politiques belges plaident pour le retrait des armes nucléaires. Un appel qui ne reste pas lettre morte puisque le Premier ministre Yves Leterme va soumettre le projet aux Etats-Unis. Quatre autres pays de l'Otan partagent la même position. 

Deux anciens Premiers ministres et deux ex-ministres des Affaires étrangères belges - Jean-Luc Dehaene (CD&V) et Guy Verhofstadt (Open Vld) ainsi que Louis Michel (MR) et Willy Claes (sp.a) qui a aussi été secrétaire général de l'Otan - publient ce vendredi une carte blanche dans la presse. Ces quatre poids lourds de la politique belge plaident en faveur du retrait des armes nucléaires d'Europe et donc aussi de Kleine-Brogel.

La Guerre froide est définitivement terminée. Il est temps d'adapter notre politique nucléaire aux nouvelles circonstances, écrivent les quatre ministres d'Etat. Cette carte blanche est une initiative de Tom Sauer, professeur de politique internationale à l'université d'Anvers, et de Jo Hanssens, président de Pax Christi.

Soutenons Obama

"Les armes nucléaires tactiques américaines en Europe ont perdu toute importance militaire", écrivent les ex-ministres qui ajoutent que "l'engagement du président américain Barack Obama en vue d'éliminer toutes les armes nucléaires mérite un soutien urgent".

"Nous appelons notre gouvernement à suivre l'exemple du gouvernement allemand et à plaider au sein de l'Otan pour un retrait rapide des armes nucléaires", écrivent encore les quatre ministres d'Etat.

Samedi 20. Février 2010 

http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/message/2179

 

Le plaidoyer, main sur le cœur, des politiciens atlantistes belges, en faveur du retrait des bombes de Kleine Brogel, pourrait bien être tout sauf spontané (cf http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/message/2179) Du fait de leur suprématie écrasante dans le domaine dit "conventionnel", comme rappelés dans la dépêche, les USA auraient tout avantage actuellement à prendre cette posture 

 

Feu vert pour le retrait des armes nucléaires de Belgique?

Le déblocage soudain autour de la question des armes nucléaires en Belgique me semble quand même assez singulier.

Pourquoi d'abord les bombspotters rentrent maintenant comme dans du beurre à Kleine Brogel, au lieu d'être reçu comme le voulait la tradition par des militaires dès que les premières barrières avaient été franchies?

Quant à cette soudaine prise de conscience de politiciens qui ont couvert tout au long de leur mandat la présence des bombes nucléaires, ils s'apperçoivent bien tardivement que "la guerre froide est terminée"....

Les têtes nucléaires de Kleine Brogel, c'est surement une excellent chose qu'elle s'en aillent. Mais je ne plaiderais pas comme ceux de la photo 'our une «Otan nuclear-free»!!


2-5 Des BOMSPOTTERS mènent une inspection civile à l’intérieur de la base de Kleine Brogel.

Communiqué de Presse – Samedi 20 février 2010

Ce samedi, un groupe de pacifistes mène une action de désobéissance civile à la base militaire aérienne de Kleine Brogel.
Suite au passage des Bomspotters le 31 janvier sur cette même base et à la large médiatisation dont ont bénéficié ces images, l’action de ce samedi, vise à mettre en lumière le véritable danger pour la sécurité et la paix dans le monde que constitue la présence d’une vingtaine d’armes nucléaires sur notre sol.

Les Bomspotters offrent leur protection
Les Bomspotters envoient cette fois-ci une brigade de 40 clowns. La moitié de cette brigade  pénètre actuellement sur le site en plusieurs groupes, pour mener une inspection comme celles  menées par l’AIEA. Ils prendront des  photos et des vidéos des infrastructures dans lesquelles sont dissimulées les armes nucléaires illégales. Au même moment, l’autre moitié du groupe d’activistes, armés de leurs nez rouges, place un cordon sécuritaire en bout de piste. Ainsi, ils empêcheront toute utilisation des armes nucléaires et assureront donc la sécurité des citoyens le temps de leur présence. L’action se terminera par une mise en scène du désamorçage d’une bombe nucléaire que les inspecteurs auront réussi à évacuer de la base. 

Quand le danger vient de l’intérieur et non de l’extérieur

L’existence même de ces bombes B-61 et leur présence à Kleine Brogel qui  représente une  menace bien plus réelle pour la sécurité du monde que les incursions répétées des Bomspotters dans la zone sécurisée où elles se trouvent. Ces incursions, non-violentes, ne sont que la conséquence, non seulement de la menace nucléaire mais aussi du silence des autorités quant à cette menace.

Nous souhaitons, par nos actions, que la présence d’armes de destruction massive, contraire au droit Humanitaire International, fasse l’objet d’un débat publique et, à terme, que ces armes soient éradiquées. Les Bomspotters appellent le Gouvernement belge à faire du désarmement nucléaire une priorité en 2010 et invitent l’ensemble des journalistes à poser clairement la question de l’existence ou non de ces bombes au Ministre de la Défense de façon à obtenir, enfin, une réponse officielle.
L’action d’aujourd’hui s’inscrit dans le cadre de la journée internationale d’actions contre les armes nucléaires du 3 avril prochain. Ce jour, des actions massives et ciblées auront lieu dans tous les pays européens où sont entreposées des armes nucléaires. La base nucléaire de Kleine Brogel recevra, elle aussi,  la visite de milliers de Bomspotters.

www.bomspotting.be
www.vredesactie.be

http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/message/2179



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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