Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

18/03/2010

n°475 - Journal d'Irak - 19/02 au 18/03/10 - :Fin : - : Marjah, Fallujah, Haditha, My Lai et Hue City : Les « guerres justes » de l’Occident

n°475 -  Journal d'Irak - 19/02 au 18/03/10  - :Fin  : - : Marjah, Fallujah, Haditha, My Lai et Hue City : Les « guerres justes » de l’Occident



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance.

Les médias occidentaux dans leur large majorité ont de tout temps accepté les versions des armées occupantes et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!



Journal d'Irak

n°475                 du 19/02                    au 18/03/10

                                    C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :

4 Libération du territoire

Détails.

L'Irak en chiffre. 

5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

6 Les brèves



4 Lutte pour la libération du territoire

Pertes déclarée des occupants.

Les armées répugnent à donner des chiffres officiels

28-02

Les pertes militaires américaines se sont élevées à cinq en février, dont un au combat, soit le même bilan que le mois précédent.
.http://www.almanar.com.lb/

09-03

Deux soldats américains sont morts lundi dans un accident de voiture en Irak, a annoncé mardi l'armée. Deux autres militaires ont été blessés.

http://fr.news.yahoo.com/3/20100309/twl-irak-usa-deces-1def439_2.html

14/03

 Sur une base de la province de Diyala, un soldat est décédé samedi dans une "attaque par tir indirect", la terminologie pour les attaques au mortier, a précisé l'armée dans un communiqué.
"Les (deux) blessés ont été transportés dans un centre médical voisin et leur condition est stable", a-t-elle ajouté, sans autre indication.
 Dans un second communiqué, l'armée américaine a annoncé le décès d'un autre soldat, sans rapport avec des combats, dans la province de Ninive (nord).

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=129185&language=fr


Pertes des forces collaboratrice locales   - Province non précisée

D'après les données des ministères de la Santé, de l'Intérieur et de la Défense, 211 civils, 45 policiers et 96 soldats ont été tués en février.

Le nombre de blessés est de 684, dont 414 civils, 155 policiers et 115 militaires.
Par ailleurs, 52 résistants ont été tués et 661 ont été arrêtés, selon les autorités irakiennes.
.http://www.almanar.com.lb/



Les combats par provinces

1-1 Bagdad

19-02

Les autorités irakiennes ont annoncé lundi que trois séries de tir de mortier contre la zone verte dans le centre de Bagdad ont blessé six Irakiens a précisé un policier du commissariat de Karkh, proche de ce quartier placé sous très haute sécurité où se trouvent les ministères irakiens, les organisations internationales et les ambassades.

http://fr.news.yahoo.com/3/20100222/twl-irak-bagdad-attaque-1def439_2.html

24-02

Un juge a été abattu et son fils de neuf ans blessé alors qu'ils quittaient en voiture leur maison située dans l'ouest de Bagdad, a annoncé mercredi la police.

Selon la police, il s'agit du juge Mohammed Abdul-Ghafur, qui travaillait pour un tribunal de l'est de Bagdad.

24/2

04.03.

La première journée de vote pour les élections législatives irakiennes a été ensanglantée, jeudi 4 mars, par une série d'explosions.

Les militaires, forces de sécurité, prisonniers et personnes hospitalisées ont été appelés à voter, jeudi, pour ce scrutin crucial, sept ans après la chute du régime de Saddam Hussein.

Une dizaine de soldats ont été tués lors de deux autres attaques dans les quartiers de Bab al-Mouazam et Mansour, dans la capitale irakienne.

http://www.lemonde.fr/

04-03

Sept soldats ont été tués et 25 blessés dans deux attaques contre des militaires attendant de voter à Bagdad, a indiqué une source au ministère de l'Intérieur.

Au moins cinq civils ont ausi péri dans l'explosion d'une bombe.

Quatre soldats ont été tués par un kamikaze qui s'est glissé au milieu de soldats faisant la queue devant une école du quartier de Bab al-Mouazam (centre) abritant un bureau de vote, selon cette source.

Quelques minutes plus tôt, un premier kamikaze avait lui aussi visé une file d'attente de soldats devant une autre école, cette fois dans le quartier Mansour (ouest), a ajouté la même source.

Vers 11H30, une bombe ou une roquette, selon des sources de sécurité, a tué cinq civils et en a blessés 22 dans une attaque dans le nord de la capitale.

(ats / 04 mars 2010 13:56)


1-2 Province d'Anbar (vaste territoire à l'ouest de Bagdad comprenant les villes de Amiriya, Baghdadi, Diyarah, Falloujah, Habbaniyah, Haditha, Haqlaniyah, Hawija Hit, Houssabayh, Karabilah,  Khaldiyah, Koussaïba, Mahawil, Oubaïdi, Ramadi (capitale de la province d'Al-Anbar,) Kaïm (à la frontière avec la Syrie), Sindjar & Zaidan

Fallouja

Sept personnes ont été tuées et 29 blessées lundi dans un double attentat exécuté par un kamikaze dans le centre de Fallouja, à l'ouest de Bagdad, ont indiqué des responsables de la police et l'hôpital de la ville.

La police de Fallouja a indiqué à l'AFP qu'un kamikaze portant une ceinture d'explosifs avait garé sa voiture, bourrée de charges explosives, près d'un point de contrôle de l'armée.

Quelques secondes plus tard, la voiture piégée a à son tour explosé.

AFP / 15 mars


1-5 Province de Diyala

Bakouba:

 3-03

Une triple action kamikaze a fait au moins 32 morts et 48 blessés mercredi matin à Bakouba, capitale de la province de Diyala, selon la police irakienne.

Ces attaques ont visé à quelques minutes d'intervalle des bureaux du gouvernement local situé juste à côté d'une infrastructure de l'armée irakienne, le siège du conseil provincial et un hôpital, a précisé le capitaine Ghalib al-Karkhi, porte-parole de la police de la province de Diyala..

http://fr.news.yahoo.com/3/20100303/twl-irak-attentats-1def439_10.html

 

Khanakine, à 140 km de Bagdad

18-02

Cinq policiers ont été tués dimanche par l'explosion d'une bombe placée en bord de route dans la province de Diyala, dans le nord-est de l'Irak, annonce la police.

L'explosion visait une unité de police chargée de la surveillance d'installations électriques près de Khanakine.

http://fr.news.yahoo.com/



Enlevés - Disparus 

6/2

Le groupe des Asaïb Ahl al-Haq a mis en ligne samedi une vidéo montrant un homme portant un treillis de l'armée américaine qui a vraisemblablement été enlevé en Irak.

L'homme, qui ne s'est pas identifié, apparaît devant une banderole noire sur laquelle est inscrit le nom du groupe des Asaïb Ahl al-Haq, la Ligue des vertueux, dont de nombreux membres sont détenus par l'armée américaine.

Dans la vidéo, l'homme âgé relaie les demandes du groupe: la libération de ses prisonniers et la condamnation des employés de la société américaine de sécurité Blackwater.

«Issa T. Salomi, 60 ans, originaire d'Al-Cajon (Californie) est porté disparu depuis le 23 janvier. Il a été pour la dernière fois vu à Bagdad, où il travaille pour les forces américaines».

Il pourrait s'agir du même homme.

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Un-americain-enleve-en-Irak_6346-1254499-fils-tous-Une_filDMA.Htm



L’Irak en chiffres (depuis le début de la guerre de conquête en mars 2003



Peuple

 

Civils tués (depuis l'occupation)   

2.501.195

Civils blessés (depuis l'occupation) 

 1.148.087 ( chiffre très très minimum)

Civils violés (par les troupes d'occupations)

2.507     (voir Ibrahim Allousch

Civils/Résistants arrêtes : (une dizaine par jour...)

8.945   (chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) tués

4.123(chiffre minimum)

Résistants (décrit tel quel ) blessés

3.888   (chiffre minimum)

En prison

1.900 (chiffre minimum)

Embargo

750.000 enfants (chiffre minimal)

Embargo

750.000 adultes (chiffre moyen)

 

 

Militaires irakiens tués pendant l'invasion

45.596 (chiffre minimal)

Civils tués pendant l'invasion

120.200 (chiffre minimal)

 

 

Coalition

 

Nombre de Soldats tués (ou morts...) 

34.699

Soldats rapatriés (blessés ou malades)

74.4102

(*) dont 10% meurent en cours de route ou à l'hopital)

 

Disparus (dans la nature)

1.014

Désertions

5.501

Mutinerie

2 corps + 25

Aide psychologique

66.108***

Suicides

Mercenaires tues                                                                                 

5.683 (chiffre très minimal)

933

non-combattants accidentés,

27 103

Policiers/soldats/miliciens irakiens  tués

13.155

Policiers /soldats/miliciens irakiens blessés

27085 (chiffre minimal)

Policiers /soldats irakiens disparus (dans la nature)

13.916

 

 

Autres tués (collaborateur)

5.694

Autres blessés (collaborateur)

9.753

 

 

Nombre d'attaques de la résistance de 2003 à 2008:

Oléoducs, les infrastructures pétrolières & d'électricité

 

 164.001,

464 attaques (grand minimum)

Infrastructures du rail

195 attaques (idem)

Hélicoptères

104  ++              (idem)

Avions (& drone)

28 ++

 

 


Ces   totaux sont obtenus par le recoupement (si possible) des chiffres des pertes communiqué par la résistance & les médias occidentaux + XINHUANET



Number Of Iraqis Slaughtered In US War And Occupation Of Iraq "1,331,578"




5 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information..

5-1 Giulietto Chiesa : Le système d’information et la guerre contre l’Irak.
Guerre et mensonge (3/3)

L’Empire du Mensonge, les Etats-Unis, a doté ses armées d’un Bureau d’influence stratégique qui a intoxiqué les médias du monde entier ; Pour « vendre » la guerre contre l’Irak, il a caricaturé la situation et inventé la menace des armes de destruction massive. Mais cette guerre n’est rien, pas plus que les autres conflits intermédiaires auxquels on nous prépare. La cible ultime, c’est la Chine, car elle se développe et il n’y a pas de place sur Terre pour une seconde puissance consommatrice de cette taille. C’est pourquoi, souligne Giulietto Chiesa, la paix exige le changement de nos modes de vie.

Le système d’information et la guerre contre l’Irak

Comment pouvait-on justifier une attaque contre l’Irak ? Il fallait au préalable fournir à l’opinion publique internationale la preuve que Saddam Hussein était en possession d’armes nucléaires et biologiques. À cette fin, on a fondé aux Etats-Unis ce que certains appellent le « Bureau pour l’information et la désinformation », en anglais l’Office of Strategic Influence (OSI). Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, c’est le Pentagone qui s’occupe directement de ces affaires-là. Avant, il existait bien quelque chose du même genre, mais ça dépendait du Département d’État. À présent, l’Office of Strategic Influence est aux mains de Donald Rumsfeld [1].

Le Pentagone émet une série de documents que le système médiatique mondial se charge immédiatement de diffuser. On prépare ses amis, comme ils disent. On les (et ils nous) prépare en disant beaucoup de choses dont certaines sont vraies, d’autres à moitié vraies, d’autres encore complètement fausses. Il sera ainsi très difficile de faire la part entre information et désinformation. Nous le savons d’ailleurs, la guerre du Vietnam a commencé avec une formidable invention : l’accusation portée contre les perfides Vietnamiens d’avoir attaqué les navires états-uniens dans le golfe du Tonkin. Ce n’est que plusieurs années après, lorsque la guerre était terminée, qu’on a découvert qu’il n’y avait eu aucune attaque. Faire la liste de ces combines demanderait des ouvrages entiers. Ce qui est stupéfiant, c’est que les journalistes — les Italiens en premier lieu — se font toujours avoir et n’essaient même pas d’en tirer une leçon.

La société civile états-unienne

En ce qui concerne les États-Unis, il est très difficile d’espérer que les opposants à la guerre deviennent suffisamment nombreux pour obliger cette Administration à changer de cap. Les raisons en sont multiples et profondes, et nous devons encore y réfléchir à fond. Pendant des dizaines d’années, on nous a inlassablement présenté les États-Unis comme étant le modèle de la démocratie occidentale. Les choses en vont-elles ainsi ? Non ! L’Amérique n’est plus le modèle de la démocratie occidentale. Il y a belle lurette qu’elle ne l’est plus.

En ce qui concerne le développement de la société civile, l’Europe est beaucoup plus en avance que les États-Unis. En regardant les choses en profondeur, même le système électoral états-unien — que nous avons cherché à copier sans comprendre que chaque démocratie avait sa propre histoire — se révèle beaucoup moins démocratique que nos scrutins proportionnels obsolètes [2]. Même dans les pays européens où l’on pratique le scrutin majoritaire, il s’agit de systèmes électoraux bien mieux articulés et moins embaumés que le bipartisme absolu des Etats-uniens, où les différences entre les deux partis sont désormais si ténues que choisir entre les deux apparaît dénué de sens. C’est pourquoi, en toute logique, la majorité ne se rend même plus aux urnes. Par ailleurs, le niveau de formation démocratique (et d’information politique) du citoyen états-unien est très bas.

Il ne s’agit pas d’être pour ou contre les États-Unis. J’y ai pour ma part vécu et travaillé. J’ai connu une société dynamique et très diversifiée, mais aussi repliée sur elle-même, réduite à l’adoration du rendement et de la carrière et, dans sa majorité, incapable de défendre ses propres droits. En tout cas dépourvue d’organisations qui lui donnent la possibilité de les défendre. Ce n’est pas un hasard si, dans l’ensemble de l’Occident avancé, les États-Unis sont le seul pays qui maintienne la peine de mort. Le fait est que nous vivons dans un monde d’information où un pourcentage important des articles publiés dans les pages de nos journaux est consacré à l’exaltation de la démocratie états-unienne Des propos comme ceux que je tiens ne trouveraient probablement pas de place dans les pages d’un journal à grand tirage en Italie.

Une dizaine de jours après le 11-Septembre, lorsque le président des États-Unis a transmis son message à son peuple, sur toutes les chaînes, il n’a rien trouvé de mieux à dire que cette phrase : « Retournez faire du shopping ». En l’écoutant, j’ai eu le frisson. N’y avait-il rien de mieux à faire que d’appeler à remplir les centres commerciaux, les temples de la consommation ? Quelques jours plus tard, nous avons vu les queues de milliers de consommateurs états-uniens qui s’étaient levés à six heures du matin pour aller aux soldes de fin de saison. Anticipés pour la circonstance. Alors si ce qu’on nous dit est vrai, que l’Amérique nous devance toujours de vingt ans, c’est nous-mêmes que nous risquons de voir en regardant dans ce miroir. Horreur.

Peut-être que les Chinois aussi s’y reflètent, unis par l’idée qu’il faut consommer toujours plus, gaspiller toujours plus, s’amuser toujours plus et ainsi de suite dans une sorte de compulsion de répétition. Mais la compulsion est le symptôme d’une grave maladie mentale, et il m’est difficile de ne pas avoir l’impression que des millions d’Etats-uniens sont désormais arrivés à un haut degré de lobotomisation. Regardez leurs villes, construites à la mesure de et en fonction des malls, des centres commerciaux. On ne va plus faire une promenade, on va acheter quelque chose dans les malls, on va visiter les malls, comme on allait autrefois visiter un musée.

C’est pourquoi il me semble improbable d’espérer de la part du peuple états-unien une réponse massive hostile à la guerre. Qui a été atteint par le virus de l’hyperconsommation, qui a parcouru jusqu’au bout la route le transformant en consommateur impénitent conçoit mal l’existence même des problèmes que nous soulevons ici. Il ne les voit pas, tout simplement. Il est devenu aveugle. S’il est vrai que — comme on l’a efficacement résumé — pendant les dix dernières années, les Etats-uniens se sont enrichis en dormant, comment leur faire comprendre qu’ils doivent se réveiller ? C’est difficile, pour eux. Pour nous aussi, très bientôt, ce sera difficile.

On a aussi dit, justement, que les USA étaient l’unique pays au monde où l’épargne n’existait plus et où les gens dépensaient plus qu’ils ne gagnaient. C’est une situation absolument anormale. La dette des États-Unis envers le reste du monde s’élève à quelque 12 000 milliards de dollars et elle continue de croître au rythme de 12-15 milliards de dollars par mois. Comment peut-on imaginer vivre en paix dans un monde où un pays de 300 millions d’habitants consomme à lui seul un tiers des ressources mondiales, et qui se trouve à l’origine de près d’un quart de la pollution de l’environnement, notre maison commune ?

La super-société globale

La vérité est que nous nous dirigeons vers une super-société globale gouvernée par une super-classe globale de super-riches de toutes les régions du globe. Lesquels vivront dans leurs villes réservées, surveillés par leurs polices privées parce que les polices nationales seront destinées exclusivement au contrôle des pauvres. On assiste déjà à ce nouveau genre de configuration urbaine. À Johannesburg, en Afrique du Sud, les villes séparées des riches existent déjà. À Moscou, des quartiers entiers sont conçus tout exprès pour les riches, de grands bâtiments où l’on trouve tout — terrain de golf, salles de gymnastique, magasins, promenades, jardins d’enfants, écoles — avec une issue unique que surveillent des agents privés et de très hauts murs. Voilà l’image du futur.

Les élites n’auront plus besoin de vivre dans un seul pays, elles vivront dans le monde, dans les endroits qui leur seront réservés. Il ne sera plus possible de mélanger les classes car ce sera devenu trop dangereux pour elles. Telle est l’idée qui s’impose aujourd’hui dans le monde. L’idée de ceux qui pourront consommer, et consommer énormément, tandis que les autres, l’écrasante majorité, resteront dehors. Une partie affectée aux services indispensables sera admise à l’intérieur et pourra bénéficier des retombées de ce bien-être. Les autres pourront crever, parce qu’ils seront inutiles. Et la preuve du fait qu’ils seront inutiles sera tautologique : ils seront inutiles car ils auront perdu la course au succès. Or, ceux qui perdent, dans cette super-société des puissants et des avides, auront de toute façon tort et aucun capitalisme compatissant ne viendra à leur secours. Pourquoi donc les laisser continuer impunément de consommer de l’air, de l’eau et de la nourriture ?

Après la guerre en Irak

On savait qu’il allait couler du sang, beaucoup de sang : on nous l’a montré, mêlé à la poussière du désert. Cette fois, ils ont décidé que ça fonctionnerait mieux ainsi. Il ne s’agissait plus de mission humanitaire, qui exige une certaine délicatesse. On allait en Irak pour faire peur aux réprouvés qui continuaient de peupler le monde. Il fallait donc que le sang se voie et qu’il soit suivi d’une punition exemplaire, dure, implacable. Une guerre emblématique, une guerre exemplaire, un avertissement. La deuxième guerre d’Irak des États-Unis a eu sa nécessaire chorégraphie impériale, réglée par avance, exécutée avec la plus grande précision.

En réalité, il y a bien eu quelque raté. Les chaînes impériales devaient se contenter d’instiller la peur. Aucun autre type de message n’était prévu. Mais les télévisions arabes sont venues troubler la fête de cette quatrième guerre de l’Empire. Pour la première fois dans l’histoire des médias mondiaux (Kaboul n’avait été qu’une modeste avant-première), on a commencé à nous raconter la douloureuse histoire des perdants. Pis encore : non pas celle des perdants naïfs, qui cultivent en secret l’espérance de David — pouvoir abattre Goliath d’un seul coup de lance-pierre entre les yeux —.

Non, les télévisions arabes nous ont raconté la guerre à travers les yeux des perdants qui savent qu’ils ne peuvent pas vaincre, qui ne se font pas d’illusions ; qui sont conscients que, dans le pire des cas, ils mourront comme des chiens et que dans le meilleur, ils ne sauveront leur vie et celle de leurs enfants que pour être asservis. Et puisque les télévisions occidentales ne pouvaient pas montrer grand-chose, enfermées qu’elles étaient dans de grands hôtels soigneusement exclus des cibles (à part ça, c’est bien connu, il y a toujours des erreurs de visée), voilà que le monde entier a vu, lors des deux premières semaines, les images des perdants plus que celle des gagnants. Cela a produit un effet fantastique.

C’était comme assister à Hiroshima du côté des Japonais. Une primeur absolue même si, sous cette perspective, l’héroïsme des pilotes d’Enola Gay, ceux qui ont largué la Bombe, apparaissait moins clairement. Quoi qu’il en soit, il était malaisé d’interpréter ce que nous avions sous les yeux comme de l’héroïsme. Parce que ces attaquants aussi bien équipés, avec tous ces machins suspendus autour, avec tous ces avions au-dessus et ces hélicoptères à côté, avaient l’air de robots programmés pour apporter une liberté sans mode d’emploi.

Comme des gens qui auraient débarqué sur une Lune complètement équipée pour la plantation de pommiers et de poiriers. Et le plus étrange semblait de découvrir que, depuis les anfractuosités de cette Lune, il y avait des gens qui résistaient et qui combattaient, sans aucun espoir de victoire. Ces pommiers et ces poiriers, ils n’en voulaient pas. Pouvait-on le prévoir ? Nombreux l’avaient prévu. Certes, George Bush et Tony Blair, eux, ne l’avaient pas prévu. Alors que je rédige ces lignes finales, le scandale des fausses armes de destruction massive, les mensonges proférés au monde entier pour faire la guerre contre l’Irak, ont déjà explosé. Gagnée en mai, la guerre irakienne se transforme en défaite au mois d’août. La guerre en Afghanistan se poursuit. L’illusion d’une paix palestinienne conçue en tant que capitulation des Palestiniens devant Sharon s’est envolée. La feuille de route est bonne à jeter. Bref, aucun des objectifs déclarés par George Bush n’a été atteint.

La seule, la vraie, la grande guerre remportée par Bush est celle qu’il a menée contre l’Europe, en la divisant (par le biais de la guerre en Irak) et en préparant les dix chevaux qu’elle s’apprête à faire entrer dans ses murs. L’Europe, Troie mal assurée et ignorante du danger, abritera bientôt dix Achéens plus américains que l’Amérique. Dans ce contexte, le rôle qu’elle pourrait avoir de contenir la stratégie impériale américaine devient extrêmement problématique. La France et l’Allemagne tiennent bon mais Bush a de son côté Blair, Berlusconi, Aznar qui, dans la « vieille Europe », jouent le rôle d’alliés des « dix Achéens de la « nouvelle Europe ». Paris et Berlin sont écrasées.

Quant à la Russie de Poutine, elle a perdu avant même de commencer. Exemple sans précédent dans l’histoire d’un pays qui se suicide, elle a assisté sans bouger à sa propre ruine. Elle a accepté l’annulation du traité ABM de 1972, apposant sa signature sous la déclaration formelle marquant la fin de sa puissance, même moyenne. L’élargissement de l’Otan à l’Est ne lui a arraché qu’une grimace. Enfin, elle a perdu l’Asie centrale sans broncher. Dans quinze ans, cette Russie sera tombée à moins de 100 millions d’habitants et elle flottera dans ses frontières actuelles comme les habits d’un géant sur le dos d’un nain. Peut-être aura-t-elle encore des missiles, qui ne lui serviront même plus (comme maintenant) à exercer une pression politique sur l’Empereur : ustensiles rouillés et inutiles.

De la Chine enfin, on devra parler encore longtemps. Le destin et l’histoire lui ont attribué un rôle prépondérant dans le siècle qui vient de commencer. C’est la Chine, le vrai problème de Washington. C’est à la Chine qu’était consacré le PNAC, le « Projet pour le Nouveau Siècle Américain ». Les dirigeants chinois le savent pertinemment. Et aucune reprise, ou reprise partielle, de Wall Street ne permettra de se débarrasser du problème, qui contrecarrera l’axiome de Bush, qui fut aussi celui de Reagan : le niveau de vie états-unien n’est pas négociable. Très bientôt, il n’y aura plus de place sur cette planète pour deux Amériques, une blanche et une jaune. Même l’hypothèse d’englober la Chine (comme subalterne des États-Unis, évidemment) dans le marché occidental ne résoudrait pas la question. Tel est le véritable profil de la situation que notre génération et la suivante devront affronter : nous sommes arrivés au terminus.

Le développement que le monde a connu ne peut pas se prolonger indéfiniment. Il faut choisir — si l’on accepte le tableau que j’ai dressé — qui peut survivre dans un univers déjà gravement « troublé ». Ceux qui pensent, même à gauche, en termes de « reprise » du vieux développement (sur le plan économique) et qui croient pouvoir modérer les prétentions de l’Empire (sur le plan politique) sont condamnés à la stupeur et à l’impuissance devant les événements tragiques qui s’annoncent.

Giulietto Chiesa

09-03

Ce texte est issu d’une conférence qui s’est tenue au cercle Agorà de Pise le 21 mars 2002 ; il a été revu et mis à jour en août 2003.

Giulietto Chiesa est journaliste. Il fut correspondant de presse d’El Manifesto et d’Avvenimenti, et collaborateur de nombreuses radios et télévisions en Italie, en Suisse, au Royaume-Uni, en Russie et au Vatican. Auteur de divers ouvrages, il a notamment écrit sur la dissolution de l’URSS et sur l’impérialisme états-unien. Ancien député au Parlement européen (Alliance des démocrates et libéraux, 2004-2008), il est membre du Bureau exécutif du World Political Forum

Copyright Timéli éditions (Suisse).
Traduit et adapté de l’italien par Delphine Chevallier, Florence.

 [1] « Rumsfeld cible la France et l’Allemagne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 janvier 2003.

[2] « Un bon show ne fait pas une démocratie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 29 octobre 2008. 

http://bridge.over-blog.org/ext/http://www.voltairenet.org/article164026.html


5-2 The battle for KERKUK

Please see :

http://turkmenfriendship.blogspot.com/2010/02/battle-for-kerkuk.html



6 Les brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information..

6-1 Gilles Munier : La débaasification, cocktail américano-israélo-iranien.

Le CIJ qui a succédé au Conseil de débaasification créé en 2003 par le gouverneur Paul Bremer, est un organisme conçu avant l’invasion par Salem Chalabi (8), juriste neveu d’Ahmed Chalabi, chef du Conseil national irakien (CNI). Salem était à l’époque très lié à Marc Zell (9), de Zell, Goldberg & Co, « un des cabinets juridiques d’affaires israélien dont la croissance est la plus rapide » (10), avec qui il constitua l’Iraqi International Law Group (IILG) pour introduire les entreprises israéliennes de sécurité sur le marché irakien. Le Conseil de débaasification était dirigé par Ahmed Chalabi et un certain « Jawad » al-Maliki, désigné plus tard Premier ministre sous le nom de Nouri al-Maliki. Selon Ali al-Lami, leur porte-parole… et actuel président du CIJ, 150 000 personnes (professeurs, fonctionnaires, policiers) furent licenciées pour délit d’opinion rien qu’entre mai et septembre 2003.

Après la mise à l’écart des Chalabi - Salem pour l’assassinat de Haithem Fadhil, directeur général du ministère des Finances (11), et Ahmed pour espionnage au profit du Vevak (le service secret iranien), et fabrication de fausse monnaie - « Jawad » al-Maliki relança la campagne anti-bassiste en janvier 2005, juste avant les législatives, en dénonçant la présence de 15 baasistes sur la liste d’Iyad Allaoui (12).

Nommé Premier ministre en 1986, il fit voter – non sans difficultés - une nouvelle loi sur la débaasification en prétendant qu’elle faciliterait la « réconciliation » entre chiites et sunnites !

143 députés étaient présents sur 245… 90 l’approuvèrent.

Saleh al-Mutlaq avait quitté la salle avec les députés du Front du dialogue national en signe de protestation. Le Comité pour l’Intégrité et la Justice (CIJ) fut créé peu après, mais les parlementaires ne réussirent jamais à se mettre d’accord sur sa composition. Ali al-Lami en prit la direction d’autorité, en toute illégalité.

(11) Les charges contre Salem Chalabi furent levées en décembre 2004, après sa démission de la direction du comité chargé d’organiser le procès du Président Saddam Hussein. Il n’a pas remis les pieds à Bagdad depuis.

(12) Allawi Runs With Alleged Baathists, par Eli Lake (New York Sun – 12/1.05)

Gilles Munier :

http://www.france-irak-actualite.com/pages/elections-regionales-l-envers-du-decor-2664005.html


6-2 « Aube nouvelle » ?

Cadeau du Pentagone à Nouri al-Maliki à la veille des législatives : le nom de code militaire de l’occupation de l’Irak ne sera plus « Opération libération de l’Irak », mais « Aube nouvelle » (New Dawn) pour signifier l’entrée du pays dans une phase nouvelle, marquée par le soi-disant départ des troupes américaines. Pour les Irakiens, c’est plutôt mauvais signe. Ils se souviennent que « New Dawn » était le nom donné à l’offensive des Marines et des troupes britanniques contre Falloujah en novembre et décembre 2004, avec des bombardements au phosphore blanc et à l’uranium appauvri des populations civiles. La bataille, appelée ensuite « Fureur fantôme » (!), s’était soldée par la destruction de la « Ville aux cent mosquées », le massacre de plus de 7 000 personnes et l’exode de 250 000 habitants. Malgré les demandes des survivants, aucune enquête indépendante n’a été menée sur ce crime de guerre.

Gilles Munier
http://www.france-irak-actualite.com/article-piege-electoral-en-irak-45892688.html


6-3 CEDH condamne Londres pour transfert de détenus à l'Irak.

La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Grande-Bretagne pour le transfert, en 2008, aux autorités de Bagdad de deux Irakiens accusés de crime de guerre et passibles de la peine de mort

La Cour de Strasbourg rappelle que la peine capitale, abolie de droit ou de fait dans tous les pays du Conseil de l'Europe, "provoque des douleurs physiques et d'immenses souffrances psychologiques chez les personnes qui savent qu'elles vont la subir".

Elle condamne Londres pour "traitements inhumains et dégradants" et pour avoir privé les deux hommes d'un recours sérieux contre leur transfert, en ignorant notamment une interdiction d'y procéder qu'elle avait formulée à titre conservatoire.

La condamnation reste symbolique, les juges européens refusant d'accorder à Faisal Al-Saadoon et à Khalef Mufdhi, les deux requérants, les 75.000 livres sterling que chacun revendiquait pour dommage moral.

Tous deux sont musulmans sunnites et anciens dignitaires du parti Baas, le parti de Saddam Hussein. Ils sont accusés d'avoir tué deux soldats britanniques lors d'une embuscade, dans les jours ayant suivi le début de la guerre.

D'abord détenus par les troupes britanniques, ils furent remis à la justice irakienne en décembre 2008 après que les juridictions britanniques avaient estimé la procédure conforme au droit international. Acquittés en première instance en mai 2009, ils attendent d'être rejugés sur appel du parquet.

3/3

http://fr.news.yahoo.com/4/20100302/twl-europe-droits-gb-irak-bd5ae06_1.html


6-4 Plus de 4 milliards USD de revenus pétroliers en janvier.

L'Irak a engrangé plus de 4 milliards de dollars de revenus pétroliers en janvier en exportant 59,7 millions de barils, a annoncé mardi le ministère du Pétrole.
 "Nous avons récolté 4,44 milliards de dollars de revenus en janvier sur la base d'un prix moyen de 73,97 USD le baril pour des exportations estimées à 59,7 millions de barils", a dit à l'AFP le porte-parole du ministère Assem Jihad. 
Quelque 45 millions de barils ont été exportés à partir de Bassora, dans le sud du pays, et 14,7 millions de barils depuis les champs pétrolifères de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, selon ce porte-parole.
 Le pays produit 2,4 millions de barils par jour (mbj) et les revenus pétroliers représentent 85% des recettes de l'Etat. Il exporte environ deux mbj.
 L'Irak a signé depuis novembre dix contrats avec des compagnies pétrolières étrangères pour exploiter 10 champs pétroliers dans le pays. A terme, avec l'exploitation de ces champs, le pays devrait produire 10 à 12 millions de barils par jour, ce qui fera de l'Irak l'égal des plus grands producteurs. 
Le pays possède les troisièmes réserves du monde avec 115 milliards de barils, derrière l'Arabie saoudite et l'Iran. Cependant, il n'y a pas eu d'exploration depuis des décennies à cause de l'embargo imposé à l'Irak en 1990 et l’envahissement de l’Irak par une coalition dirigé par les USA.

23/02

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=125938&language=fr


6-6 L'Irak va poursuivre le fabricant des détecteurs d'explosifs inopérants…

L'Irak a l'intention de poursuivre en justice la compagnie britannique qui lui a vendu des détecteurs d'explosif inopérants afin d'obtenir des compensations financières, a affirmé mardi le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh.
"Plus de 50% de ces détecteurs sont opérationnels et nous allons changer le reste", a-t-il dit, à l'issue d'une enquête ordonnée en janvier par le Premier ministre Nouri al-Maliki, au lendemain de l'annonce de l'arrestation de leur exportateur britannique, accusé de tromperie sur leur fonctionnement.   
"Nous allons poursuivre la compagnie britannique qui les a vendus pour récupérer notre argent, et ceux qui en Irak ont signé des contrats avec elle", a-t-il ajouté en refusant de divulguer le nom de la société et de donner plus de détails sur cette affaire.
La compagnie britannique ATSC fabrique et commercialise les détecteurs ADE651 incriminés. Son directeur, Jim McCormick, a été libéré sous caution.
L'ADE651, qui s'apparente à un petit pistolet en plastique, utilise des cartes en papier censées pouvoir détecter des explosifs tels que le C4 et le TNT, de même que les armes. Il est équipé d'une antenne censée pointer dans la direction d'explosifs ou d'armes.
Il a été acheté en grand nombre, pour un prix unitaire variant entre 16.500 et 60.000 dollars, par les forces de sécurité irakiennes.

23/02

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=125859&language=fr



7 Pièce jointe 

7-1 Entretien n°3 - FBI-Saddam Hussein

Mardi 16 février 2010

Baghdad Operation Center 10  février 2004

Entretien conduit par George L. Piro
Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI

Traduction en français : Xavière Jardez

Titres, sous-titres et notes : Gilles Munier

Pour l’Irak, l’OLP était le seul représentant légal du peuple palestinien 

   Saddam Hussein (Détenu de Haute Valeur n°1) a été interviewé le 10 février dans un bâtiment de détention militaire à l’Aéroport  International de Bagdad (AIB), Bagdad, Irak. Hussein a fourni les informations suivantes :

   Hussein a commenté  la situation palestinienne. Pour  comprendre ses causes profondes, il faut tenter  de le faire d’un point de vue arabe, pas seulement palestinien. Le problème n’est pas uniquement palestinien mais aussi arabe. Dans les années 60, de nombreuses révolutions ont éclaté dans les pays arabes parce que les peuples n’étaient pas satisfaits de leurs dirigeants de l’époque. Une des raisons pour laquelle ces derniers furent renversés a été leur incapacité à résoudre la question palestinienne de façon adéquate ou parce qu’ils l’avaient ignorée totalement. Toute solution doit être fondée sur l’équité et le droit international. Le droit international et son application ont engendré le problème en 1948 avec la formation d’un Etat séparé juif d’Israël sur des terres autrefois  palestiniennes. Pour les personnes extérieures ou internes au conflit, toute solution doit être présentée dans ce cadre. Tout le monde a cherché une solution mais, a déclaré Hussein « toute solution qui ne convainc pas la majorité des Palestiniens échouera ». Le fondement de toute solution et son résultat final doit être l’établissement d’un Etat palestinien séparé.

   A une question sur un discours qu’il a donné sur la révolution de 1968 en Irak, Hussein s’accorde sur ce qu’il a dit : « Nous ne nous sommes pas révoltés contre une personne, mais contre un système de gouvernement ». Il a ajouté que la révolution avait pour but de « faire avancer le peuple irakien, le pays, le monde arabe dans son ensemble et les Palestiniens » et le parti Baas a été le seul parti politique à manifester contre ce gouvernement en 1967.  

Nasser, le seul dirigeant à avoir des liens étroits avec les « masses arabes »

Suite : à la demande


7-2 Entretien n°5 - FBI-Saddam Hussein.

Baghdad Operation Center
15  février 2004  

Entretien conduit par George L. Piro
Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI

Traduction en français : Xavière Jardez
Titres, sous-titres et notes
 : Gilles Munier

La révolution baasiste de juillet 1968

1ère partie : la prise du palais présidentiel

Saddam Hussein (Détenu de Haute Valeur n°1) a été interviewé le 15 février 2004 dans un bâtiment de détention militaire à l’Aéroport International de Bagdad (AIB), Bagdad, Irak. Hussein a fourni les informations suivantes :

Avant que des questions ne lui soient posées, Hussein a demandé quels étaient les changements dans le monde, par exemple en Chine, Russie et dans le domaine international. L’interviewer lui a signifié qu’il n’y avait pas eu de changements significatifs, que des efforts étaient mis en œuvre pour reconstruire l’Irak avec le soutien de ces deux pays et que les choses évoluaient rapidement.

Hussein a alors expliqué que, depuis un ou deux mois qu’il était en prison, il n’avait pas une image claire de ce qui se passait et qu’il avait voulu poser cette question, il y a deux jours. Hussein a ensuite parlé d’un film adapté d’un livre qu’il a lu il y a longtemps, le Conte de deux villes (1), film qu’il a vu et qui raconte l’histoire d’un Britannique enfermé dans une prison française qui, comme lui, est déconnecté du monde extérieur. Selon Hussein, l’auteur du livre critiquait les autorités françaises pour ce traitement. Il a ainsi noté que rien n’avait vraiment changé. Ce à quoi, l’interviewer a répondu : « Avec le temps, certaines choses ont changé, d’autres non ».

L’Irak en 1968 : des conditions de vie primitives

L’interviewer expose que la session d’aujourd’hui sera un dialogue sur la prise du pouvoir par le parti Baas en 1968, tout en essayant de distinguer ce qui appartient à la légende et ce  qui est réalité. Hussein a répondu qu’à l’époque, l’Irak vivait dans des conditions primitives et ne pourrait progresser sérieusement que s’il faisait siens deux concepts. Le premier, qu’il existait des précédents historiques au changement dans le pays. Le deuxième que l’Irak devait examiner la manière dont le reste du monde opérait. C’est ainsi que Hussein avec d’autres a visité quelques pays arabes. Ils se sont rendu compte, en établissant des comparaisons, que le Caire et Damas étaient bien plus avancés que Bagdad. Il avait de nombreux amis qui étaient allés à Damas et pensaient que Bagdad pouvait atteindre le niveau de développement de Damas mais, ils n’imaginaient pas se hisser au niveau de développement du Caire.

A l’époque, les capacités de fabrication se limitaient à la confection de couvertures et à une conserverie à Kerbala qui nécessitait l’importation de son matériel. Hormis cela, il n’y avait que quelques tentatives de production dans d’autres secteurs. Cependant, l’Irak était motivé et avait la volonté de  progresser de lui-même. Des erreurs furent faites et furent rectifiées. Ils ont continué à envoyer des gens dans les pays aux alentours pour acquérir de l’expérience. Parmi les pays que Hussein et d’autres ont visité figurent l’Union soviétique, la France, l’Espagne, l’Iran, la Turquie et tous les pays arabes. De tous ces pays, Hussein était convaincu que l’Union soviétique se rapprochait le plus de l’Irak  en terme de vie sociale du  peuple. Cela ne voulait pas dire qu’il prenait parti entre l’ouest et l’est. Tout en observant la manière dont les autres vivaient, « nous n’oublions pas que nous étions des Arabes et des Irakiens  et que nous avions notre propre manière de coexister et de nous rattacher aux autres Arabes ». Hussein a ajouté : « En vue de nos objectifs de développement, nous avons essayé de nous développer dans tous les domaines, politique, économique, industriel et technologique ».

Une prise du pouvoir sans effusion de sang

Suite : à la demande



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

Les commentaires sont fermés.