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19/03/2010

n°476 - Les Dossiers d'Irak - 17-03-: Début -: L'invasion de l'Irak était contraire au droit international.

n°476 -  Les Dossiers d'Irak -  17-03-: Début -: L'invasion de l'Irak était contraire au droit international.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n°476                                                          18/03/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

La journée des dupes.

Dossier & Point de vue

1-1   L'invasion de l'Irak était contraire au droit international.

1-2   François Marginean : La population considérée comme un «ennemi d’État ».

1-3 Gilles Munier : Piège électoral en Irak

1-4 Gilles Munier :  Portrait de Nouri Al Maliki, Ahmed Chalabi et Iyad Allaoui.  

1-5  Gilles Munier : Ahmed Chalabi, l'homme de soufre.

Fin

1-6 Les mensonges.

1 Le grand retour d'Ahmed Chalabi…

2 Irak: Al-Qaïda "proclame" un "couvre-feu" pour empêcher les élections. .

3 Washington craint une période difficile après le vote en Irak

1-7 Canada : les déserteurs de l'armée US menacés d'expulsion.

1-8 Michèle Decaster : En cette année du cinquantenaire des indépendances, le combat anticolonial est toujours d’actualité.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Danielle Bleitrach : Iraq. A l’heure de la désunion.

2-2 Ma décision de remettre ma démission à l'Organisation des Nations Unies : Un message de Denis Halliday.

2-3 Carole Vann : Prisons secrètes : le rapport qui dérange.

2-4 Joe Kishore : Le chef des services de renseignement américains revendique le droit d'assassiner des Américains à l'étranger.

2-5 Le retour de l'Irak sur le marché mondial va modifier le jeu pétrolier.




Avant propos

+ Les militaires américains usent d’un terme générique- Al Qaida- pour désigner les résistants qui osent leur résister...



Tiré à part

La journée des dupes

Moins de deux années après l'occupation de l'Irak en mars 2003, par des forces supposées libératrices œuvrant dans le cadre de la lutte du bien contre le mal, le pays avait sombré dans la guerre civile, une guerre sans précédent.

Les milices et les escadrons de la mort sévissaient, les attentats se multipliaient, les corps déchiquetés sans aucun espoir d'être identifiés étaient entassés dans des fosses au mieux dans une benne d'un camion à destination de la morgue où les familles faisaient la queue dans un dernier espoir de faire leur «ultime» deuil en vue d'une improbable identification.

Ignorant froidement le sanglant quotidien irakien les forces d'occupation légitimaient leur échec par des élections lesquelles devaient avoir lieu vaille que vaille enfonçant l'Irak dans un chaos sans précédent.

Sept ans après l'invasion américaine de l'Irak, le pays a été appelé, une nouvelle fois, aux urnes pour élire le Parlement.

L'enjeu pour les américains étant : la constitution d'une majorité suffisamment stable pour assurer que le retrait des troupes américaines se poursuivra et s'achèvera bien en décembre 2011.

Gilles Munier (2005)



Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 L'invasion de l'Irak était contraire au droit international.

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information..

L'invasion de l'Irak par les États-Unis en mars 2003 n'était pas légitime au regard du droit international, selon le président d'une commission d'enquête indépendante néerlandaise dont les conclusions ont été présentées mardi à La Haye.

«La légitimation n'est pas suffisante», a déclaré le président de la commission d'enquête, Willibrord Davids, au cours d'une conférence de presse à La Haye. «Les résolutions du Conseil de sécurité (des Nations unies) sur l'Irak dans les années 1990 ne conféraient pas de mandat pour une intervention américano-britannique», a estimé la commission d'enquête dans son rapport, dont une copie a été remise mardi au premier ministre Jan Peter Balkenende, déjà chef de l'exécutif en 2003.

La commission d'enquête avait été mise en place en février 2009 sur proposition du gouvernement néerlandais, à la suite de pressions d'une partie de la classe politique néerlandaise qui s'interrogeait sur la légitimité du soutien politique des Pays-Bas à l'invasion de l'Irak.

Composée de huit experts, elle a été chargée d'examiner le processus de décision, entre l'été 2002 et l'été 2003, qui a mené le gouvernement néerlandais à soutenir l'invasion malgré l'absence de résolution de l'ONU.

La Haye avait justifié son soutien politique par les violations par Bagdad des résolutions de désarmement du Conseil de sécurité des Nations unies, alors que Washington et Londres avaient avancé la présence présumée d'armes de destruction massive en Irak.

Selon la commission d'enquête, le ministère des Affaires étrangères néerlandais, dirigé à l'époque par l'ancien secrétaire général de l'OTAN Jaap De Hoop Scheffer, avait déjà défini en août 2002 «la politique de soutien des Pays-Bas à l'invasion».

«La question de la légitimation au regard du droit international a été subordonnée par le gouvernement de l'époque aux lignes directrices définies par les Affaires étrangères», souligne-t-elle.

Le rapport estime toutefois qu'il n'y a «aucune preuve» que les Pays-Bas ont apporté «une contribution militaire active» lors de l'invasion.

Le pays avait envoyé en juillet 2003 environ 1.100 hommes dans le sud de l'Irak pour participer à la Force multinationale commandée par les États-Unis mais placée sous mandat des Nations unies. Leur mission avait pris fin au printemps 2005.

Agence France-Presse

12-01

http://www.cyberpresse.ca/international/201001/12/01-938296-linvasion-de-lirak-etait-contraire-au-droit-international.php


1-2 François Marginean : La population considérée comme un «ennemi d’État ».

Nous avons vu la semaine passée que CANADA Inc., comme toute bonne compagnie privée, a pour importante mission de faire du profit, souvent en extorquant et taxant à mort sa ressource naturelle, la population.

Nous avons aussi vu que cette extraction, ce vampirisme économique se fait souvent au nom de belles prétentions et motivations de façade, comme par exemple, la « sécurité », la « santé », la « démocratie », etc.

Au nom de la sécurité, on va vous taxer de quelques milliards.

Au nom de la santé et d’une peur d’un certain H1N1, on va vous inoculer avec des produits non-testés et contenant des ingrédients toxiques, qui n’ont aucune efficacité prouvée à part des croyances aveugles et naïves.

Au nom de la démocratie, on va aller bombarder et occuper militairement des pays du Moyen-Orient où on a déjà entrainé la mort de 1.3 million d’Irakiens et des dizaines de milliers d’autres en Afghanistan.

Un génocide.

Et un biocide: on a contaminé la place avec de l’uranium appauvri qui sert à fabriquer des armes dont on se sert pour libérer les gens de ces pays, un truc radioactif pour au moins 4.5 milliards d’années. Tout ce qui a de plus humain; à la fine pointe de l’humanité.

Des « guerres humanitaires », sorties tout droit du dictionnaire des plus fameux oxymores de nos temps dits « modernes ». Dans le temps des barbares, on se battait avec des massues. Dans nos temps barbares modernes, on se bat avec des massues nucléaires. C’est beau l’évolution. Des guerres d’agression – anciennement punies par les tribunaux de Nuremberg comme constituant le « crime suprême » international, parce que ce crime renfermait tous les autres – sont devenues des guerres « préventives ».

Peut importe l’étiquette qu’on utilise pour masquer la réalité, le résultat sur le terrain est le même.

La souffrance, signe qui avertit d’une fausse motivation, d’une pensée erronée, d’un faux calcul de satisfaction, inharmonieux et déphasé du sens de la vie. Cette guerre préventive est menée sur le plan physique est aussi menée insidieusement sur le plan psychologique et mental. Une guerre est menée contre notre humanité, pour contrôler ce qu’on pense. Les frontières de ce qui est acceptable de penser, de débattre et de questionner sont établies pour vous.

C’est le conditionnement de masse des masses, l’influence de l’opinion publique, la manufacture du consentement, le contrôle du paradigme de pensée, tels que Noam Chomsky le décrivait ou mieux encore, tel que Edward Bernays le préconisait, celui qu’on a surnommé « le père de la propagande ».

Ceci étant dit, voyons la suite des évènements suite à ce que nous avons vu la semaine passée, avec la venue de ces nouvelles mesures de sécurité complètement inutiles, mais qui devront néanmoins être payées par les voyageurs, à leur détriment (implémentation d’un État policier, exposition à une irradiation potentiellement dangereuse pour la santé, atteinte directe à son droit fondamental à la vie privée et liberté).

Cette semaine, nous apprenons que les États-Unis vont déterminer qui pourront embarquer sur un avion… ou pas. « Commençant en décembre », décrit l’article du Montreal Gazette, « certains passagers sur des vols commerciaux canadiens volant vers, ou en provenance des États-Unis, ou même seulement en transit au-dessus du territoire américain sans y atterrir, ne seront pas autorisés à monter à bord de l’avion avant d’avoir reçu la permission du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (U.S. Department of Homeland Security) après avoir déterminé qu’ils ne sont pas des terroristes ».

« Secure Flight, la plus récente arme dans la guerre américaine contre le terrorisme, donne aux États-Unis des pouvoirs sans précédent sur quiconque veut prendre un vol qui passe à travers l’espace aérien de ce pays ».

Une autre preuve tangible que notre souveraineté est dissoute dans l’Union nord-américaine. Nous ne sommes plus maitre chez soi.

« Sous ce programme, Secure Flight, les compagnies aériennes canadiennes vont transférer les informations personnelles des voyageurs au département de la Sécurité intérieure des États-Unis, préférablement 72 heures avant le décollage ».

Ensuite, l’agence nationale américaine de sécurité dans les transports (TSA) utilisera Infoglide, un programme d’identification complexe pour trouver et regrouper de l’information provenant de plusieurs sources, pour vérifier l’identité des passagers.

« Si nécessaire, les analystes de la TSA vérifieront d’autres banques de données classifiée secrètes ou publiques sur le terrorisme du gouvernement, de la police et des services du renseignement, incluant les bases de données du département de la Sécurité intérieure des États-Unis, du département de la Défense, du Centre national du contre-terrorisme et du FBI », tel que noté dans le document gouvernemental qui définit le programme Secure Flight.

Et après les scanneurs corporels, la dissolution de vos droits et libertés fondamentaux, va venir la prochaine version de l’État policier sous forme de scanneurs de la pensée, le règne où les machines vont devenir jugent de nos intentions et pensées, une technologie qui sera installée en premier dans les aéroports et bientôt un peu partout.

Déjà, ces mesures portent préjudices aux voyageurs et causent bien des malheurs. Elles briment les personnes et font en sorte que ceux qui font vivre l’industrie aérienne et du tourisme, les voyageurs, sont traités comme des criminels pour exercer le droit fondamental au libre déplacement et leur font manquer des vols.

La question de vous empêcher de voyager par des « autorités » américaines est des plus révoltante et insultante. Mais le plus pernicieux, c’est ce transfert arbitraire de données personnelles sans consentement vers des entités étrangères à l’extérieur du pays qui sont complètement incontrôlables et d’une transparence plutôt opaque.

À ces inquiétudes pressantes, s’ajoute le fait que le président Barack Obama vient de nommer à la tête de la TSA un ancien officiel militaire du renseignement.

Sous le commandement de Robert Harding, la TSA, qui est responsable de la sécurité dans les aéroports américains suite au 9/11, sera probablement encore plus militarisée et transformée en une opération du renseignement. Cette nomination par Obama d’un ancien général de l’armée pour gérer la TSA indique que le gouvernement a un désir grandissant de militariser les aéroports civils.

Dans le passé, Robert Harding a travaillé comme adjoint au service de renseignement de l’Armée US G2. Il était responsable de la planification et de l’exécution des programmes du renseignement. De 1997 à 2000, il fut le directeur des opérations pour la DIA (Defense Intelligence Agency) et il a rempli les fonctions d’officier senior du renseignement humain au département de la Défense.

Avant de travailler pour la DIA, Harding a servi pour J2, Intelligence Directorate, United States Southern Command, sous le général Barry McCaffrey et Wes Clark en tant que chef du renseignement. Il a aussi dirigé le renseignement avec le Joint Interagency Task Force dans la pseudo guerre contre la drogue. Entre 2003 et 2009, Harding était un consultant auprès du gouvernement sur le renseignement humain et autres domaines connexes.

La DIA, la CIA, et la NSA ne sont que sélectivement soumis à l’examen du Congrès américain. La transparence y est aussi fréquente que l’honnêteté des politiciens. Sous le règne de Bush, la DIA fut infiltrée par les néo-conservateurs et en 2004, un analyste de la DIA a révélé à quel point l’agence était compromise. Cette histoire a d’ailleurs fait l’objet d’une enquête du FBI à propos de l’espionnage israélien. Cette infiltration a fait en sorte que l’Office of Special Plans, dirigée par Douglas Feith à ce moment-là, a mené à l’invasion de l’Irak basé sur de fausses informations et faux prétextes.

Il y a de ces signaux, des symptômes, qu’on ne peut ignorer qu’à notre propre risque. L’Histoire se répète.

Un autre de ces signes qui devraient attirer notre attention, c’est le nombre d’armes à feu vendues l’année dernière aux États-Unis qui en hausse vertigineuse. Ne paniquons pas, il n’y aura pas plus de tueries et de crimes causés par arme à feu, les statistiques indiquent le contraire. Ces ventes d’armes à feu ont une tout autre signification.

Les statistiques pour l’année 2009, publiées par le National Instant Criminal Background Check System (NICS) du FBI, montrent une augmentation de 10% du nombre d’armes à feu vendues par rapport à 2008; totalisant plus de 14 millions de fusils vendus.

Pour mettre cela en perspective, c’est plus d’armes à feu que le nombre de soldats actifs des 21 premières armées du monde combinées.

Lorsque les gouvernements nous perçoivent comme étant la menace, l’ennemi à surveiller, il y a fort à parier que la population commence à comprendre que l’ennemi qui en veut vraiment à ses droits et libertés, à sa vie privée et son libre mouvement, est précisément ces gouvernements hors de contrôle.

Dès lors, toute notion de sécurité apportée par ces gouvernements est futile, en plus d’être dangereusement et gravement illusoire.
François Marginean : Technicien en Architecture, chercheur indépendant, animateur de radio à l'émission 
L'Autre Monde sur CHOQ FM de l'UQAM, éditeur du blog Les Nouvelles Internationales et collaborateur chez Les 7 du Québec

François Marginean

Mondialisation.ca,

Le 10 mars 2010

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MAR20100310&articleId=18031


1-3 Gilles Munier : Piège électoral en Irak

Le 7 mars prochain, les Irakiens auront eu le choix entre voter pour des candidats manipulés par l’Iran ou la CIA - à quelques exceptions près bien sûr - … ou s’abstenir.

La chasse aux patriotes lancée par le Comité pour l’Intégrité et la Justice (CIJ) – pro-iranien - a relégué au second plan les préoccupations des Irakiens que sont la double occupation du pays, l’insécurité, la corruption et la misère. Le scrutin ne sera ni plus démocratique ni plus légitime que la mascarade électorale de janvier 2005 (1).

Le CIJ qui a rayé des listes électorales plus de 511 candidats et 14 partis politiques soupçonnés de sympathie envers le parti Baas (2), mène campagne pour purger la société de tous ceux qui rappellent l’époque de Saddam Hussein. Qui sait que plus de la moitié des candidats interdits de se présenter aux législatives sont « chiites », comme le sont la plupart des dirigeants désignés par le jeu de cartes du Pentagone (3)? En Irak, le chiisme n’est pas menacé, quoi qu’en disent les agents de Téhéran. Seules sont en cause les pratiques introduites à partir du 16ème siècle dans le chiisme duodécimain par la dynastie perse safavide, qui permettent aux mollahs khomeynistes d’instrumenter les adeptes de leur secte pour exporter leur « révolution » (4). Ainsi, dans le sud du pays, majoritairement chiite, des conseils provinciaux ont créé leur propre comité pour exclure les fonctionnaires chiites qui ne se plient pas aux desiderata des partis pro-iraniens au pouvoir.

Saleh al-Mutlaq (5), principalement visé par l’Iran, avait le tort de diriger le Front du dialogue national, dont les membres sont issus de toutes les couches sociales, sans distinction d’appartenance religieuse ou ethnique. Le respect que ses prises de position inspire dans le pays donnait un vernis nationaliste à la liste Iraqiya, coalition où il côtoie l’ancien Premier ministre Iyad Allaoui - connu pour son passé baasiste, puis d’opposant pro-occidental à Saddam Hussein (6). Iraqiya est créditée, grâce à Mutlaq, de 22% des suffrages exprimés (7), selon un sondage réalisé pour Al-Hayat. Zafir al-Ani, autre député exclu, porte-parole du Front de l’Accord irakien, avait aggravé son cas il y a quelques mois en s’opposant à l’expulsion des Moudjahidine du Peuple iranien du camp Ashraf.

Comme en 2005, la fraude sera massive

Dans le camp pro-iranien, on assiste à une belle empoignade. La liste « Etat de droit » de Nouri al-Maliki est créditée de 30% des suffrages, mais n’en cherche pas moins à écraser ses concurrents de l’ « Alliance nationale irakienne (INA) », coalition des partisans d’Ammar al-Hakim et de Moqtada al-Sadr qui ne dépasserait pas les 17%. Comme en 2005, et lors des élections régionales (13), des fraudes massives sont à prévoir. Qasim Daoud, député de la liste chiite INA, estime à 800 000 le nombre de faux électeurs pro- Maliki, notamment sur les listes d’expatriés. Il accuse le Premier ministre d’exclure et de réintégrer des anciens baasistes, selon son bon vouloir, pour engranger des voix sunnites. Sur le terrain, des liasses de dinars, des terres et même des armes sont offertes en fonction de l’importance de l’interlocuteur. L’Irak n’est malheureusement pas prêt de sortir du chaos provoqué par le renversement du Président Saddam Hussein.

Notes :

(1) Lire : La journée des dupes (Elections législatives de 2005), par Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/pages/legislatives-de-2005-la-mascarade--2599107.html

(2) Les partis interdits de présenter des candidats sont : Iraqi National Unity Grouping, Solution Movement, Iraqi Republican Grouping, Al Rafidayn National Trend, Iraqi Al Sawaid Grouping, Our Sons Bloc, National Council of the Grouping of Iraqi Tribes, Iraqi Social Movement, Sad al-Jubouri List, Iraqi Kurdistan Justice Party, All of Iraq Bloc, People’s Trend, Iraqi Resurrection Party, et le National Change Plan.

(3) Sur le jeu de cartes distribué aux GI’s par le Pentagone figuraient la photo et quelques informations sur les dirigeants irakiens recherchés par les troupes d’occupation.

(4) Lire : Le croissant chiite… safavide, par Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/pages/le-croissant-chiite-safavide-5-3-07--1988076.html

(5) Saleh al-Mutlaq, membre du parti Baas jusqu’en 1978, dirige le Front du Dialogue irakien (al-Hiwar al-Watani) et est l’un des rédacteurs de la nouvelle constitution irakienne.

(6) Lire : Iyad Allaoui, du Baas à la CIA, par Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.com/pages/iyad-allaoui-du-baas-a-la-cia-2608116.html

(7) En 2005, la liste d’Iyad Allaoui n’avait obtenu que 9% des voix. Malgré ses relations avec la CIA et le MI6 britannique, de nombreux Irakiens préfèrent voter pour lui que pour des agents iraniens, estimant, par expérience, qu’il est plus facile de se débarrasser ensuite de partisans d’un ennemi lointain (hier les Mongols) que de ceux d’un voisin (les Perses ou les Turcs).

(8) Rapporteur de « Transition vers la démocratie », diffusé en 2002 par le Conseil National Irakien (CNI), groupement d’opposants constitué par la CIA pour renverser Saddam Hussein.

(9) Israélien originaire de la colonie sioniste de Alon Shvut (Le chêne du retour, en hébreu), au sud-ouest de Jérusalem. Membre quelque temps du comité central du Likoud, il a fait campagne pour Benyamin Netanyaou en 1996. C’est un proche de Douglas Feith, ancien sous-secrétaire d’Etat américain à la défense.

(10) Zionist settler joins Iraqi to promote trade, par Brian Whitaker (The Guardian – 7 octobre 2003) http://www.guardian.co.uk/world/2003/oct/07/iraq.israel

 (13) Elections régionales : l’envers du décor, par Gilles Munier (Afrique Asie – mars 2009, et AFI-Flash n°89)

Gilles Munier :

http://www.france-irak-actualite.com/pages/elections-regionales-l-envers-du-decor-2664005.html


1-4 Gilles Munier :  Portrait de Nouri Al Maliki, Ahmed Chalabi et Iyad Allaoui.
QUI EST AHMED CHALABI ?

Ahmed Chalabi, 65 ans, qui a vécu la majeure parti de sa vie à l'étranger a été l'un des artisans de l'invasion en 2003, il avait présenté à l'Administration américaine des preuves factices sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Les États-Unis le considèrent aujourd'hui comme un agent de l'Iran. Les premiers contacts d'Ahmed Chalabi avec le Mossad datent de l'époque où il dirigeait la Banque Petra en Jordanie. Dans les années 70, Israël autorisa Chalabi à ouvrir des succursales dans les territoires occupés de Cisjordanie. Son premier voyage secret à Tel-Aviv, connu, eut lieu en 1985 pour rencontrer Albert Wohlstetter, un de ses professeurs à l'Université de Chicago, Wohlstetter lui présenta Richard Perle, alors sous-secrétaire à la Défense de Ronald Reagan, et, plus tard, Paul Wolfowitz, qui propageait dans les années 70 une soi-disant menace irakienne sur l'Arabie Saoudite. Wohlstetter l'introduisit dans le cercle restreint des amis de Dick Cheney et de Donald Rumsfeld. Leur poulain s'étant engagé à établir des relations diplomatiques et commerciales avec Israël et à reconstruire l'oléoduc reliant Kirkuk à Haïfa, ils en firent le pivot des opérations de déstabilisation de l'Irak et le président éventuel du pays après le renversement de Saddam Hussein. À ses alliés arabes qui craignaient que ses liens avec l'American Israël Public Affairs Committee (AIPAC), le lobby sioniste américain, le desservent, Chalabi répondait qu' « il avait besoin des Juifs pour obtenir ce qu'il voulait de Washington, et qu'après il les laisserait tomber ! » Ni les néo-conservateurs, ni la CIA ne se doutaient que Chalabi était en relation d'affaires avec le Vevak, le service secret iranien. Scott Ritter, ancien chef des inspecteurs des Nations unies, s'en était inquiété lorsque Chalabi, cherchant à le manipuler, lui avait proposé de rencontrer le chef de poste du Vevak à Baghdad. Personne ne se rappelait que la Banque Petra n'avait pas seulement couvert des opérations du Mossad, mais géré des comptes du mouvement proiranien Amal au Liban, dans les années 80. En avril 2004, la DIA (Service secret de la Défense) découvrit le pot aux roses en écoutant les conversations téléphoniques entre l'ambassade d'Iran en Irak et Téhéran. Comme Scott Ritter l'avait subodoré, Chalabi trahissait les États- Unis. Il avait informé le Vevak que les services secrets américains avaient cassé le code cryptant ses messages. Celui que les néo-conservateurs appelaient "Notre homme à Baghdad" était un sous-marin iranien.
QUI EST NOURI AL MALIKI ?

 Nouri Al-Maliki, Premier ministre sortant, 60 ans, fait cavalier seul avec son Alliance pour l'État de droit. Chef du parti religieux Dawa, à ne pas confondre avec son homonyme palestinien, revenu en Irak en 2003 après un exil en Iran et en Syrie, il est chef du gouvernement depuis mai 2006. Dans les années 80, «Jawad» Al- Maliki-son nom dans la clandestinité, réfugié en Iran et en Syrie, faisait partie des «Amoureux de Hussein», un groupuscule chiite intégré au Djihad islamique, bras armé du parti Al-Dawa, dirigé par Ali Akbar Mohtashimi, ambassadeur d'Iran à Damas, futur ministre de l'Intérieur iranien.
Sous ses ordres, Al-Maliki a participé à l'organisation des attentats commis à Beyrouth en 1981 contre l'ambassade d'Irak (81 morts, dont l'ambassadeur), en octobre 1983, contre l'immeuble Drakkar, base du corps français de la Force multinationale d'interposition (58 morts) et le quartier général des Marines (242 morts). Les États-Unis aussi, même s'ils lui affichent leur soutien, s'agacent parfois de son manque d'empressement à désarmer les milices chiites, coupables d'exactions communautaires. Quant aux milices liées aux factions politiques, accusées d'être à l'origine de la violence sectaire, il a déclaré son intention -soutenu en cela par l'influent Ayatollah Ali Al-Sistani-de les désarmer. Quelques jours seulement avant le rendez-vous électoral Nouri Al Maliki a déclaré sur une chaîne de télévision que: « Sa victoire est assurée, l'Alliance de l'État de droit sera la première et distancera largement ses concurrents, mais le pourcentage exact que nous obtiendrons n'est pas encore clair. » C'est aussi Nouri Al Maliki qui a déclaré : « Nous avons exercé un rôle lors de nos différentes rencontres avec les Américains sous l'Administration Bush. Plusieurs rencontres ont eu lieu entre les Iraniens et les Américains, l'Irak a joué un rôle de médiateur. Mais aujourd'hui, alors que le nouveau président américain Barack Obama a déclaré vouloir entamer un dialogue avec l'Iran, nous n'avons pas été consultés pour jouer un rôle de médiateur. Mais si nous sommes sollicités, nous ferons sans aucun doute le nécessaire pour trouver une solution au différend qui existe entre les deux pays. Ce différend n'est pas dans l'intérêt des deux pays ni de la région toute entière. »
QUI EST IYAD ALLAOUI ?

Iyad Allaoui, 64 ans, Premier ministre du premier gouvernement après l'invasion de 2003. Le New York Times rapporte, dans son édition du 9 juin 2004, qu'Iyad Allaoui, président de l'Accord national irakien et Premier ministre désigné par les États-Unis, a eu recours à des actions terroristes au début des années 1990 pour tenter de renverser Saddam Hussein. Pour chaque opération, il était rémunéré par la CIA qui voyait en lui une alternative à l'encombrant Ahmed Chalabi du Conseil national irakien (CNI). En plus d'activités de sabotage, les hommes d'Allaoui se livraient, selon différents responsables des services de renseignement états-uniens de l'époque, à des attentats à la voiture piégée devant des objectifs civils. Robert Baer, agent de la CIA basé dans la région pendant cette période, évoque notamment une attaque contre un bus de ramassage scolaire. Un cinéma de Baghdad aurait été visé par une opération similaire, faisant de nombreuses victimes. Officiellement, Iyad Allaoui a créé l'Iraqi National Accord (INA, ou Al Wifaq) en décembre 1990 avec Omar Ali Al-Tikriti, ancien ambassadeur d'Irak à l'ONU (1970-1982). C'est aussi lui qui a porté l'accusation contre le Président irakien, Saddam Hussein, d'entretenir des relations avec Al-Qaïda. C'est lui qui a assuré que Mohamed Atta -chef présumé du commando contre le World Trade Center- aurait été entraîné par Abou Nidal à Baghdad durant l'été 2001 quelques semaines avant l'attentat du 11-Septembre. C'est encore lui qui a affirmé que les Irakiens avaient tenté d'acheter de l'uranium au Niger, et c'est enfin lui aussi qui a fourni, début 2003, la retentissante allégation selon laquelle Saddam Hussein dispose d'armes de destruction massive "opérationnelles en quarante-cinq minutes" (in : “Iyad Allaoui, le protégé de la CIA”, par Patrice Claude (Le Monde - 29/6/04) C'est ce même Iyad Allaoui qui écrivait le 27 juin, au lendemain de son investiture, dans les colonnes du Washington post : « la souveraineté de l'Irak sera restaurée et les Irakiens feront le premier pas vers un futur libre et prospère. Ce sera une avancée importante pour l'Irak, la région et le monde entier. En tant qu'Irakiens, nous remercions les États-Unis pour les sacrifices faits par leurs soldats pour libérer et reconstruire notre pays. Nous espérons pouvoir bénéficier du soutien de la communauté internationale alors que nous prenons la responsabilité de notre avenir. Les membres de mon gouvernement intérimaire sont parmi les plus brillants des Irakiens et ils reflètent la diversité du pays. Ils sont tous attachés à la paix, à la stabilité, à la liberté et au progrès économique. » En 2005, la liste d'Iyad Allaoui n'avait obtenu que 9% des voix. Malgré ses relations avec la CIA et le MI6 britannique, de nombreux Irakiens préfèrent voter pour lui que pour des agents iraniens, estimant qu'il est plus facile de se débarrasser ensuite de partisans d'un ennemi lointain que de ceux d'un voisin…

8 Mars

http//www.lecourrier-dalgerie.com

http://www.france-irak-actualite.com/pages/legislatives-de-2005-la-mascarade--2599107.html


1-5  Gilles Munier : Ahmed Chalabi, l'homme de soufre.

Le nom de Chalabi est associé aux mensonges qui ont alimenté la machine de propagande américaine pour justifier la Seconde guerre du Golfe et renverser Saddam Hussein, les plus connus étant l’existence d’armes de destruction massive en Irak et les liens entre Saddam Hussein et Ben Laden.

Moins médiatisés sont l’étendue de ses relations avec Israël, l’Iran, et son rôle dans le déclenchement de la « purge anti-baasiste » qui perturbe actuellement l’organisation des prochaines élections législatives.

Etablir des relations diplomatiques et commerciales avec Israël

Les premiers contacts d’Ahmed Chalabi avec le Mossad sont anciens. Ils datent de l’époque où il dirigeait la Banque Petra en Jordanie. En effet, dans les années 70, Israël l’autorisa à ouvrir des succursales dans les territoires occupés de Cisjordanie. Son premier voyage secret à Tel-Aviv, connu, eut lieu en 1985 pour rencontrer Albert Wohlstetter, un de ses professeurs à l’université de Chicago, considéré comme le « parrain des néo-conservateurs américains », dont la personnalité a inspiré le personnage psychopathe de Docteur Frolamour, le film de Stanley Kubrick. Wohlstetter lui présenta Richard Perle - surnommé « le prince des ténèbres », ou Dark Vador ! -, alors sous-secrétaire à la Défense de Ronald Reagan, et, plus tard, Paul Wolfowitz, qui propageait dans les années 70 une soi-disant menace irakienne sur l’Arabie Saoudite.

Malgré les accusations d’escroquerie portées contre Chalabi après la faillite frauduleuse de la Banque Petra - plus de 200 millions de dollars envolés –, Wohlstetter l’introduisit dans le cercle restreint des amis de Dick Cheney et de Donald Rumsfeld. Leur poulain s’étant engagé à établir des relations diplomatiques et commerciales avec Israël et à reconstruire l’oléoduc reliant Kirkouk à Haïfa *, ils en firent le pivot des opérations de déstabilisation de l’Irak et le président éventuel du pays après le renversement de Saddam Hussein. A ses alliés arabes qui craignaient que ses liens avec l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), le lobby sioniste américain, le desservent, Chalabi répondait qu’il « avait besoin des Juifs pour obtenir ce qu’il voulait de Washington, et qu’après il les laisserait tomber » !

Qui manipule qui ?

Ni les néo-conservateurs, ni la CIA ne se doutaient que Chalabi était en relation d’affaires avec le Vevak, le service secret iranien. Scott Ritter, ancien chef des inspecteurs des Nations unies, s’en était inquiété lorsque Chalabi, cherchant à le manipuler, lui avait proposé de rencontrer le chef de poste du Vevak à Bagdad. Personne ne se rappelait que la Banque Petra n’avait pas seulement couvert des opérations du Mossad, mais géré des comptes du mouvement  pro-iranien Amal au Liban, dans les années 80. Sur les conseils de Téhéran – seul à préparer sérieusement l’après-Saddam -, Chalabi avait convaincu David Wurmser, un des maîtres à penser néo-conservateur, que le remplacement du régime baasiste par son opposition chiite « terrifierait » les mollahs khomeynistes ! En 1999, il lui fit écrire dans « Tiranny’s Ally », que la concurrence des chiites irakiens contrebalancerait l’influence de l’Iran au Proche-Orient, et, qu’ainsi, naîtraient des coalitions proaméricaines dans toute la région… Ce scénario défendu par Wurmser, co-auteur d’« Un changement radical pour sécuriser le royaume » (… d’Israël, bien sûr), rapport expliquant à Benjamin Netanyahou comment redessiner la carte du Proche-Orient, remonta aux plus hauts niveaux de l’administration Bush. On connaît la suite : une coalition chiite s’empara du gouvernement à Bagdad, aucune des prédictions de Chalabi ne se réalisa et l’Irak sombra dans un chaos sanglant sur lequel surfent des groupuscules manipulés par l’Iran.

Mortifié par le refus de George Bush de le laisser créer un « gouvernement provisoire de la république irakienne », marche pied permettant d’accéder à la présidence du pays, Chalabi en déduisit que sa seule chance d’arriver un jour au pouvoir était Mahmoud Ahmadinejad, car ce dernier n’acceptera jamais un retour du parti Baas à Bagdad, surtout orchestré par les Occidentaux. En avril 2004, la DIA (Service secret de la Défense) découvrit le pot aux roses en écoutant les conversations téléphoniques entre l’ambassade d’Iran en Irak et Téhéran. Comme Scott Ritter l’avait subodoré, Chalabi trahissait les Etats-Unis.

Il avait informé le Vevak que les services secrets américains avaient cassé le code cryptant ses messages.

Celui que les néo-conservateurs appelaient "Notre homme à Bagdad" était un sous-marin iranien.

Gilles Munier

Jeudi 4 mars 2010 

Publié le 6 mars 2010 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

Source : France Irak
http://www.france-irak-actualite.


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