Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

19/03/2010

n°476 - Les Dossiers d'Irak - 17-03-: Fin-: L'invasion de l'Irak était contraire au droit international.

n°476 -  Les Dossiers d'Irak -  17-03-: Fin-: L'invasion de l'Irak était contraire au droit international.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n°476                                                          18/03/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

La journée des dupes.

Dossier & Point de vue (Fin)

1-6 Les mensonges.

1 Le grand retour d'Ahmed Chalabi…

2 Irak: Al-Qaïda "proclame" un "couvre-feu" pour empêcher les élections. .

3 Washington craint une période difficile après le vote en Irak

1-7 Canada : les déserteurs de l'armée US menacés d'expulsion.

1-8 Michèle Decaster : En cette année du cinquantenaire des indépendances, le combat anticolonial est toujours d’actualité.

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Danielle Bleitrach : Iraq. A l’heure de la désunion.

2-2 Ma décision de remettre ma démission à l'Organisation des Nations Unies : Un message de Denis Halliday.

2-3 Carole Vann : Prisons secrètes : le rapport qui dérange.

2-4 Joe Kishore : Le chef des services de renseignement américains revendique le droit d'assassiner des Américains à l'étranger.

2-5 Le retour de l'Irak sur le marché mondial va modifier le jeu pétrolier.


1-6 Les mensonges.

nb Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1 Le grand retour d'Ahmed Chalabi…

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information..

Les élections législatives de dimanche en Irak marquent le grand retour d'Ahmed Chalabi considéré dans le temps comme le successeur idéal a Saddam Hussein, par Washington.

Mais l'unité nationale ne fait plus recette et c'est son appartenance chiite qu'il met en avant dans sa campagne. Il est ainsi l'un des dirigeants du comité qui a interdit à près de 500 candidats sunnites de se présenter au scrutin du 7 mars, en les accusant de liens avec l'ancien parti Baas de Saddam Hussein.

A 65 ans, Ahmed Chalabi se présente au nom de l'Alliance nationale irakienne (ANI), coalition regroupant le mouvement anti-américain Moqtada al-Sadr.

Il pourrait apparaître comme le candidat de compromis au poste de Premier ministre si l'Alliance remportait la majorité des 325 sièges au Parlement.

Ce ne serait pas le choix le plus évident mais sa capacité à rallier d'autres groupes pour former un gouvernement de coalition pourrait séduire les sadristes.

L'ancien banquier en exil pendant des décennies s'est récemment appliqué à se rapprocher des Irakiens ordinaires, s'adressant en particulier aux sympathisants de l'imam Al-Sadr, ces chiites le plus souvent pauvres qui représentent la plus grande partie des habitants de Bagdad et du sud de l'Irak.

Il a d'ailleurs commencé son discours de campagne dimanche par une expression plus souvent employée par les imams que par des hommes politiques issus des écoles de commerce américaines: "Prions pour Mahomet et la famille de Mahomet", a-t-il dit à l'assistance, qui s'est mise à réciter la prière à voix haute.

Rôdé à la politique, Ahmed Chalabi a ensuite abordé des thèmes traditionnels, promettant du travail, des logements à prix abordable, une meilleure éducation, la lutte contre la corruption et la transparence au gouvernement. Il s'est logiquement attardé sur l'une des demandes phares des électeurs chiites: la réintégration des fonctionnaires qui avaient perdu leur poste sous Saddam Hussein parce qu'ils étaient chiites ou considérés comme des opposants.

"C'est un vieux renard. Il ne pense qu'à sa gloire personnelle", estime Kazim al-Muqdadai, politologue à l'Université de Bagdad.

L'homme politique d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec l'Ahmed Chalabi dont les fausses informations sur le présumé arsenal de destruction massive aurait contribué à l'invasion de l'Irak par une coalition conduite par les Etats-Unis en mars 2003.

A l'époque, ses alliés au Pentagone voyaient en lui le possible successeur de Hussein et il était l'un des invités de George W. Bush à son discours sur l'état de l'Union en 2004. Mais la chasse aux armes de destruction massive n'a rien donné et l'étoile d'Ahmed Chalabi a pâli.

Quand les Américains ont mis fin officiellement à l'occupation de l'Irak en juin 2004, c'est à son rival chiite Ayad Allaoui qu'ils ont confié le poste de Premier ministre, avant d'accuser M. Chalabi la même année d'avoir fourni des secrets militaires américains à Téhéran. Encore la semaine dernière, le général Raymond Odierno, commandant des forces américaines en Irak, l'accusait d'être "influencé par l'Iran".

Tombé en disgrâce auprès des Américains, Ahmed Chalabi a aussi mangé son pain noir en Irak, après un bref passage au gouvernement. Considéré comme l'un de ces exilés ignorants des réalités de la population parce qu'il avait surtout vécu aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne depuis les années 1950, il a entamé sa traversée du désert après une humiliante défaite aux premières élections législatives post-Saddam Hussein en décembre 2005. Le scrutin de dimanche pourrait lui donner une nouvelle chance.

2/3

http://fr.news.yahoo.com/3/20100301/twl-irak-elections-chalabi-1def439_2.html


2 Irak: Al-Qaïda "proclame" un "couvre-feu" pour empêcher les élections. .

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information..
L'organisation Al-Qaïda en Irak a proclamé un "couvre-feu" dimanche dans tout le pays pour empêcher la tenue des
élections, selon le centre américain de surveillance des sites "islamistes" SITE.
  Un message d'Al-Qaïda sur son site internet indique que "l'Etat islamique déclare le couvre-feu pour le jour de l'élection de six heures du matin à six heures du soir, dans tout l'Irak et en particulier dans les zones sunnites", rapporte SITE.
   "Pour la sécurité de notre peuple, que tous ceux qui lisent ceci en fassent part à ceux qui ne savent pas, afin qu'ils se ravitaillent pour répondre à leurs besoins pendant le couvre-feu", ajoute le message.
  L'Etat islamique en Irak, branche officielle d'Al-Qaïda dans le pays, avertit que quiconque enfreindra ce couvre-feu "s'exposera malheureusement à la colère d'Allah et à toutes les sortes d'armes des moudjahidines".
  Environ 19 millions d'Irakiens doivent se rendre aux urnes dimanche dans les 18 provinces qui constituent autant de circonscriptions. 
  A Bagdad, quelque 200.000 membres des forces de sécurité seront mobilisés. La circulation sera interdite aux véhicules dans les villes.
 Dénonçant dans son message l'"occupation" de l'Irak par les "croisés" (les troupes américaines et leurs alliés), Al-Qaïda juge que "participer aux élections n'a jamais permis de se débarrasser du mal qu'ils répandent. Au contraire, leur audace, leurs intérêts, et leurs attaques contre nous et nos symboles en sont toujours ressortis renforcés".
   En outre, l'organisation appelle les sunnites à prendre les armes pour "purifier la Terre, qui est abreuvée du polythéisme et de l'incroyance" des
Américains et de leurs alliés. 
"Participer aux élections n'a-t-il jamais fait autre chose que de rendre les sunnites plus faibles et moins avantagés?", lance Al-Qaïda qui s'en prend aux leaders chiites, coupables, selon l'organisation, de vouloir "asservir" les
sunnites d'Irak.
 A l'inverse, un peu plus tôt vendredi, les chefs religieux et les minarets des mosquées ont appelé les Irakiens à participer en masse au scrutin de dimanche, notamment dans les régions sunnites qui avaient largement boycotté le
scrutin de 2005. Leur participation est l'un des enjeux majeurs du scrutin qui devrait marquer leur retour en force dans le jeu politique.

06/03   

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=127864&language=fr

 

3 Washington craint une période difficile après le vote en Irak

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information..

Le processus de formation d'un nouveau gouvernement après les élections législatives de dimanche en Irak s'annonce long, difficile et peut-être violent, préviennent des responsables américains.

"Etant donné les enjeux et les efforts de chacun pour obtenir un avantage politique, il ne serait pas surprenant d'assister à des phénomènes violents durant cette période", a déclaré un de ces responsables sous le sceau de l'anonymat.

"Nous nous attendons à ce que l'élection et le processus de formation du gouvernement qui s'en suivra fassent l'objet d'une farouche compétition", a-t-il ajouté..

Le responsable américain a précisé que des résultats partiels, basés sur 30% des bureaux de vote, devraient être annoncés par la commission électorale les 10 et 11 mars.

La Cour suprême irakienne devrait ensuite entériner les résultats - après examen des éventuels réclamations - dans un délai d'un mois.

"Les chances d'avoir une élection qui soit perçue comme légitime et crédible sont raisonnablement élevés", a-t-il ajouté.

"Ceci étant dit, nous nous attendons aussi à voir beaucoup de réclamations, à ce que des gens de tous bords fassent état de fraudes."

Le responsable a ajouté que l'administration américaine s'attendait à ce que la formation du gouvernement prenne "des mois, pas des semaines".

Il avait fallu cinq mois aux différentes formations irakiennes pour parvenir à la constitution d'un gouvernement après les dernières élections nationales de 2005.

5/3

http://fr.news.yahoo.com/


1-7 Canada : les déserteurs de l'armée US menacés d'expulsion.

On estime à près de 200 le nombre de déserteurs de l'armée américaine réfugiés au Canada.

La plupart restent pour l'instant menacés de déportation, mais les choses pourraient changer avec l'ouverture de la nouvelle cession parlementaire canadienne, si les trois partis d'opposition décidaient de soutenir la loi C-440.

« Un soldat, c'est juste un uniforme qui suit des ordres. Un guerrier, c'est un homme ou une femme qui suit sa conscience, et fait ce qui est juste face à l'adversité », lance Robin Long. L'ancien soldat a fuit son unité de Fort Knox, dans le Kentucky, juste avant qu'elle ne rejoigne l'Irak.

En juin 2005, il a rallié l'île canadienne de Terre-Neuve sur le pouce, avant de lancer une demande de statut de réfugié. Pourtant, le gouvernement du Premier ministre de l'époque, Paul Martin, ne l'entendait pas de cette oreille et le 15 juillet 2008, il ordonnait sa déportation aux États-Unis, où il a purgé une peine de prison de 15 mois à la base militaire de Miramar.

Pour vivre heureux, ils vivent cachés

Michèle Robidoux, porte-parole de la Campagne d'appui aux résistants à la guerre (Carg), à Toronto, explique : « Nous travaillons avec une cinquantaine de résistants qui vivent à découvert, mais nous estimons que beaucoup d'autres restent cachés par peur d'être expulsés. »

La plupart vivent aujourd'hui en Ontario ou en Colombie-Britannique, mais il ne serait pas improbable d'en trouver au Québec, où la population est majoritairement opposée à la guerre en Irak.

La Carg a commencé ses activités en 2004, au moment de l'arrivée de Jeremy Hinzman en sol canadien. Soldat d'élite dans la 82e division aéroportée, Hinzman a demandé le statut d'objecteur de conscience avant d'être déployé en Afghanistan, où il a servi comme cuisinier. À son retour aux États-Unis, il a fuit à Toronto plutôt que d'être déployé en Irak.

Le Carg fournit une assistance légale aux déserteurs, en les assistant dans leur demande de statut de réfugié, et effectue en parallèle un travail de lobbying. Bien que l'organisme ait été créé en réponse à la guerre en Irak, Michèle Robidoux admet être régulièrement contactée par des soldats qui ne souhaitent pas être déployés en Afghanistan :

« Nous rencontrons un fort soutien du public contre la guerre en Irak, ce qui ne serait peut-être pas le cas avec l'Afghanistan, où le Canada s'est engagé. »

64% des Canadiens soutiennent les résistants

Aujourd'hui, l'espoir de Jeremy, Robin et des autres repose entre les mains de Gerard Kennedy, député libéral à Toronto et porteur du projet de loi C-440, qui permettrait d'attribuer le statut de résident permanent à un étranger qui :

« […] a quitté l'armée de son ancien pays de résidence […] du fait de ses convictions morales, politiques ou religieuses pour éviter de participer à un conflit armé non approuvé par les Nations unies. »

Pour l'instant, alors que 64% des Canadiens se disent opposés à la déportation des résistants, le Parlement a voté le 3 juin 2009 une motion soutenant les droits des opposants à la guerre. Le projet de loi en lui-même ne sera voté qu'après la reprise des travaux parlementaires le 3 mars prochain.

Le Canada, terre d'accueil ?

Il y a quelques décennies pourtant, le Canada savait se montrer d'emblée plus accueillant. On estime que de 50 000 à 125 000 citoyens américains auraient fuit vers le Canada entre 1964 et 1977, pour échapper à la guerre du Vietnam. À l'époque, le Premier ministre Pierre Trudeau avait déclaré :

« Ceux qui font le choix conscient de ne pas participer à cette guerre reçoivent mes sympathies, d'ailleurs notre politique a été de les accueillir au Canada. »

 Aujourd'hui, ils sont encore plusieurs à vivre à Montréal. Ainsi, Michael Hendricks, arrivé au Québec en 1968, s'est retrouvé embauché au Québec, où il a dû apprendre le français sur le tas :

« Là bas, les gens se souvenaient des conscriptions de la Deuxième Guerre mondiale, alors je recevais un soutien massif de la population. »

 Aujourd'hui, il fustige ceux qui différencient les « draft-dodgers » [littéralement « réfractaires des conscriptions », ndlr] d'hier et les déserteurs d'aujourd'hui. Il conclut : « Leurs histoires et leurs motivations sont les mêmes que les nôtres. »

Michèle Robidoux témoigne d'ailleurs que les draft-dodgers, amnistiés en 1977 par le Président Carter, sont aujourd'hui très actifs dans la Carg.

22/2

http://www.rue89.com/2010/02/22/canada-les-deserteurs-de-larmee-us-menaces-d-expulsion-139898


1-8 Michèle Decaster : En cette année du cinquantenaire des indépendances, le combat anticolonial est toujours d’actualité.

La question coloniale n’appartient pas au passé. En cette année du cinquantenaire des indépendances, il est des questions toujours d’actualité : le combat pour une réelle souveraineté des peuples qui ont arraché l’indépendance, l’émancipation de ceux qui en sont encore privés et l’égalité des droits pour tous sur le sol des anciennes puissances coloniales. On le constate sur les plans militaire, économique, politique et idéologique. Les gouvernements occidentaux et les nouvelles puissances économiques semblent ignorer l’exigence des peuples opprimés qui ont soufflé le vent des indépendances. C’est le cas de la France qui a maintenu son emprise sur des peuples dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique. Elle est le pays qui entretient le plus de bases militaires dans ses anciennes colonies. Ses dizaines de milliers de soldats s’ingèrent périodiquement dans les affaires intérieures des pays ou des territoires, souvent drapés d’humanitaire, dans des opérations aux noms plus poétiques les uns que les autres (« Licorne », « Turquoise », « Artémis »). Mais toujours pour soutenir des dictateurs « compréhensifs » ou défendre les intérêts économiques des entreprises françaises qui exploitent les ressources naturelles et humaines, sous l’œil bienveillant de régimes mis en place ou soutenus. La Françafrique se porte bien.

Les instruments de l’impérialisme (FMI, Banque mondiale) ont mis en place les politiques d’ajustement structurel, ruinant les structures étatiques de nombreux pays anciennement colonisés, et intégré à leurs économies fragiles les règles du jeu faussées du marché mondial.

Au niveau politique, la France apporte son soutien aux entreprises colonialistes d’Israël contre le peuple palestinien, du Maroc contre le peuple sahraoui, aux aventures militaires des États-Unis qui sèment la mort dans les populations d’Irak et d’Afghanistan, sous couvert de lutte antiterroriste.

Michèle Decaster,

Secrétaire générale de l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (Afaspa).

22/2

http://www.humanite.fr/2010-02-22_Idees-Tribune-libre-Histoire_Michele-Decaster-En-cette-annee-du



2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information...

2-1 Danielle Bleitrach : Iraq. A l’heure de la désunion.

Publié 7 mars
Le pays nage dans un imbroglio de conflit d’intérêts et de luttes ethno-confessionnelles auquel s’ajoutent des violences quotidiennes.

Une situation pernicieuse à quelques jours d’un scrutin dont on n’attend presque rien.

Publié 7 mars

 EL Arham

2 Réponses vers “Iraq. A l’heure de la désunion”

Je pense que l’article qui est sur mon blog et que vous critiquez indirectement est un article de El Arham, ce qui en souligne l’intérêt mais aussi les limites.

La désunion est certes le produit de l’invasion, elle est entretenue, mise en évidence, et utilisée par la propagande pour poursuivre dans le silence général désormais le pillage des ressources irakiennes, mais malheureusement elle existe aussi comme en Palestine…

C’est une arme terrible et la première chose à faire est de la dépasser… Reconstruire une unité nationale qui en irak a existé et peut toujours être recrée… Celui qui sera capable de créer cette unité nationale ne pourra le faire je crois qu’en dégageant à la fois une véritable lutte contre l’occupant et aussi l’espérance d’un mieux vivre pour la population desespérée devant le pillage et l’insécurité, celui-là l’emportera…
Danielle Bleitrach

http://socio13.wordpress.com/2010/03/07/iraq-a-l%e2%80%99heure-de-la-desunion/#more-20426


2-2 Ma décision de remettre ma démission à l'Organisation des Nations Unies : Un message de Denis Halliday.

(Ancien secrétaire général adjoint de l'ONU, Coordonnateur humanitaire pour l'Iraq 1997-98).
En acceptant le Prix International de la Paix Gandhi en 2003, j'ai expliqué ma décision de remettre ma démission à l'Organisation des Nations Unies, en tant que chef du Programme Humanitaire de l'ONU en Iraq à la fin de 1998.

Face aux ordres du Conseil de Sécurité, qui continuait à imposer au peuple irakien des sanctions génocidaires, cette démission s’est avérée nécessaire pour moi. Conserver ce poste c’était se rendre complice d’une catastrophe humanitaire. De plus, mon sens profond de la Justice a été lourdement ébranlé ( comme le vôtre l'aurait été dans ma position), par la violence des sanctions que l'ONU a fait peser sur la vie et le bien-être des enfants, des familles et de tant d'être chers en Iraq. Il ne peut y avoir aucune justification pour tuer. Ni les jeunes, ni les personnes âgées, ni les malades, ni les riches, ni les pauvres … partout, et en toutes circonstances. 
Et surtout pas par les Nations Unies.
Certains vous diront que les dirigeants irakiens punissaient le peuple irakien. Mais ce n'est ni ma perception, ni ce que j’y ai vu, lorsque j’ai vécu à Bagdad en 1997-98 et quand j’ai voyagé à travers le pays. Et si tel était le cas, comment cela pourrait-il justifier cette punition collective que sont les 
sanctions ordonnées par les Nations Unies? La Charte des Nations Unies et le Droit International n’autorisent aucunement les conséquences criminelles d’un embargo. Alors que dire de cet embargo commandité par les Nations Unies, douze années durant, dans le cas du peuple irakien?
Après ma démission, j'ai tenté d’expliquer l'impact de ces sanctions, aux médias, aux universités et dans des réunions publiques en décrivant les enfants irakiens vivant comme dans un couloir de la mort, sans espoir de répit...À la fin de l'année 1998, nous, - l'ONU -, avions tué des centaines de 
milliers d’enfants, sans aucune hésitation apparente de la part des Etats membres permanents du Conseil de sécurité.
L'invasion et l'occupation illégales de l'Iraq en 2003 n'ont fait qu'empirer la situation globale des enfants, des femmes et des hommes irakiens. 
Contrairement à ce que les masses médias ont rapporté ou rapportent, toute une nation est terrorisée, tuée, ou contrainte à l'exil. Selon le CICR ( la Croix-Rouge ) et les autres organisations internationales, la situation humanitaire en Iraq est catastrophique. La volonté américaine d’imposer «la démocratie et la liberté" en Iraq a échouée, tandis que la loi, l'ordre et la santé économique et sociale du pays sont de plus en plus dégradés. Les systèmes de Santé et d'Education sont sur le point de s'effondrer, les droits de l’Homme ne sont plus respectés, la sécurité humaine et les opportunités pour sortir de cette crise ont disparus: les réfugiés et les déplacés irakiens sont aujourd’hui plus nombreux que ceux qui jouissent de la vie normale en Iraq.
Depuis que le gouvernement irakien a réintroduit la peine capitale en 2004, un nombre inconnu de personnes ont été pendues. Aucun des condamnés ne semble avoir eu un procès équitable.

Le système judiciaire irakien a été qualifié par les organismes internationaux responsables et les organisations des droits humains comme corrompu, et malheureusement en proie à des dysfonctionnements graves et au sectarisme.
Dernièrement, le Conseil présidentiel de l'Iraq aurait ratifié la condamnation à mort de quelques 900 détenus qui croupissent dans le couloir de la mort. Quelques 17 détenus seraient des femmes.
L'effondrement apparent de la justice dans l'Iraq d'aujourd'hui doit être replacé dans le contexte d'un quasi total effondrement de la loi et de l'ordre depuis l'invasion US / UK, comprenant des crimes de guerre, des atrocités, des meurtres de civils commis par des mercenaires et par les forces 
militaires de l'occupation américaine.
Je m'oppose à l'utilisation de la peine de mort, où qu'elle se produise pour motif qu'elle est contraire aux Droits Fondamentaux de l'Homme. La Communauté Internationale qui a déjà totalement ignoré le peuple irakien, a le devoir impérieux de condamner les conséquences humaines effroyables de l'invasion et de l'occupation illégale, et doit condamner - sûrement les Irakiens ont ils assez souffert - l'un des taux les plus élevé d'exécutions dans le monde.
Sans votre voix, la spirale croissante de mise à mort va se poursuivre... C'est pourquoi je me joins au BRussells Tribunal en dénonçant les exécutions. 
Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez lire la déclaration suivante sur la pendaison imminente de 900 détenus:http://brusselstribunal.org/DeathPenalty121209.htm et signer l'appel pour mettre fin à ces exécutions et demander que le gouvernement irakien impose un moratoire sur la peine de mort.
Je vous remercie au nom du BRussells Tribunal et à nous tous qui nous soucions de la justice et de la vie humaine.
Denis J. Halliday Ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies et coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour l'Iraq, 1997-98
Il a reçu en 2003 le Gandhi International Peace Award – Irlande


2-3 Carole Vann : Prisons secrètes : le rapport qui dérange.

Une étude menée par des experts indépendants de l’ONU met en lumière les connections entre 66 pays impliqués dans des réseaux de détention secrète. Embarras général au Conseil des droits de l’homme à Genève. La présentation du rapport est reportée à juin.
Malaise au Palais des Nations à Genève. En cause, le rapport choc documentant l’implication de 66 pays dans un réseau mondial de détentions secrètes liées à la lutte antiterroriste. Publié par l’ONU le 27 janvier dernier, le document de près de 200 pages crée l’embarras au sein des gouvernements. Initialement prévue lundi 8 mars, la présentation du rapport est reportée à la session de juin.
Fruit d’enquêtes croisées entre l’expert indépendant sur la lutte contre le terrorisme, Martin Scheinin, et celui sur la torture, Manfred Nowak, ainsi que les groupes de travail sur les disparitions forcées et sur la détention arbitraire, l’étude ne révèle rien qui ne soit déjà du domaine public – y compris le nom les 66 pays qui ont détenu au secret des personnes soupçonnées de terrorisme depuis 2001. En revanche, elle met en lumière l’ampleur des connections et les complicités entre les Etats, tous continents confondus. "Ces informations étaient connues, mais de manière éparpillée, confirme Antoine Madelin, représentant de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) auprès de l’Union européenne. C’est la première fois qu’un document donne une vue universelle sur la question, avec en plus le tampon officiel de l’ONU."
Dans son rapport sur les vols secrets de la CIA présenté en juin 2007 au Conseil de l’Europe, le parlementaire tessinois Dick Marty avait révélé la connivence de 14 pays européens. "Mais cette fois, la mise en évidence d’un réseau mondial démontre comment les services secrets peuvent élaborer des pratiques en dehors de tout contrôle démocratique, en parallèle, voire à l’insu de leur gouvernement, explique-t-il au téléphone. Et on est encore loin d’avoir fait toute la lumière !"

Manque de transparence des services secrets
Aussi bien pour Dick Marty que pour Antoine Madelin, le rapport pointe du doigt la nécessité impérative d’obtenir plus de transparence des services secrets dans la lutte contre le terrorisme. Un problème auquel la communauté internationale a refusé de répondre jusqu’à aujourd’hui, affirment-ils.
"Le rapport met aussi sur la table un autre problème non résolu en Europe : les responsabilités dans les vols de la CIA. Très peu d’affaires ont été traduites en justice alors que les liens sont avérés", ajoute le représentant de FIDH.
Des raisons qui expliquent le malaise général. Tandis que des pays occidentaux, dont la Grande Bretagne ou les USA, contestent les passages les concernant tout en acceptant le principe de la démarche, nombre de pays africains ou musulmans voudraient que le document passe à la trappe.
Le 31 décembre 2009, le Pakistan envoyait au nom de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) une lettre au président du Conseil, Alex Van Meeuwen, demandant que le rapport ne soit pas reconnue comme document officiel de l’ONU, donc qu’il ne soit pas présenté au Conseil des droits de l’homme. Selon la lettre, les rapporteurs spéciaux auraient outrepassé leur mandat en menant cette enquête de leur propre initiative. Les pays membres de l’OCI reprochent par ailleurs à Martin Scheinin de n’avoir pas rédigé une autre enquête qui lui avait été demandé par le Conseil sur les bonnes pratiques en matière de lutte antiterroriste.
Le 8 janvier, l’ambassadeur du Nigeria, au nom du groupe des pays africains, réitérait la demande au président Van Meeuwen. Lequel répondait le 11 février, après consultation juridique, que les experts n’avaient en rien outrepassé leur mandat et qu’ils avaient agi en total accord avec leur code de conduite.
Selon Peter Splinter, représentant d’Amnesty International auprès de l’ONU à Genève, ces protestations faites au nom des pays de l’OCI et du groupe africain ressemblent à des "tactiques pour étouffer davantage les procédures spéciales à la veille du processus de révision du Conseil prévu plus tard cette année." Ces pays, qui avaient réussi à imposer un code de conduite pour les rapporteurs spéciaux en 2007, aimeraient un contrôle encore plus serré.
Embarrassant pour les pays musulmans
Pour Dick Marty, le rapport est particulièrement embarrassant pour les pays musulmans qui voient apparaître au grand jour leur connivence dans la traque internationale de musulmans au nom de la lutte contre le terrorisme. "La quasi totalité des personnes victimes de ces prisons secrètes sont aujourd’hui des musulmans, explique-t-il. Ce qui est tragique, c’est qu’en employant des méthodes illégales, soit on atteint des innocents, soit on transforme des criminels en martyres, suscitant ainsi la sympathie populaire à leur encontre".
Les retombées positives du rapport sont pourtant palpables. "Il peut servir à renforcer la cohérence de l’ONU dans la lutte contre le terrorisme", suggère Antoine Madelin, faisant référence au comité ad-hoc mis en place par le Conseil de Sécurité juste après le 11 septembre 2001. Ce rapport peut contribuer à établir des lignes directrices pour renforcer les mesures de protection en démontrant notamment que les prisons secrètes ne contribuent en rien à la lutte contre le terrorisme."
De son côté, Dick Marty qui affirme n’avoir que peu de confiance dans le Conseil de sécurité, au sein du quel se noue, du moins sur ce sujet, une "alliance perverse entre Américains, Chinois et Russes où chacun a intérêt à faire passer ses méthodes", propose que les parlements fassent toute la lumière sur ce qui s’est passé et demandent des comptes à leurs gouvernements.
La Suisse limite les abus dans les mesures antiterroristes
La Suisse vient de faire un pas dans la protection des libertés en mettant des bémols aux sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’encontre de personnes suspectées d’être en lien avec al Qaida. Après les attentats du 11 septembre 2001, le Conseil de Sécurité a établi une liste de "présumés terroristes", avec une série de sanctions à leur encontre, telles que le gel de leurs avoirs et l’interdiction pour eux de voyager. Suite à de nombreux amalgames dans les noms listés, des personnes n’ayant rien à voir avec al Qaida se sont retrouvées bloquées des années durant sans pouvoir vraiment se défendre et sans aucun moyen de recours auprès d’une autorité indépendante. A des personnes simplement soupçonnées – souvent complètement à tort – on ne reconnaît ainsi pas les droits essentiels dont bénéficient les pires criminels.
Or jeudi, le Conseil national a adopté une motion de Dick Marty, déjà approuvé à l’unanimité par le Conseil des Etats, stipulant que la Suisse renonce à appliquer la sanction sur un individu figurant sur cette liste noire si cette personne n’a pas pu recourir auprès d’une autorité indépendante , ni n’a été déférée à la justice au bout de 3 ans.
"L’adoption de cette motion est importante car elle marque le refus du parlement de court-circuiter à travers le droit international des libertés fondamentales reconnues au niveau national," souligne Dick Marty.
Carole Vann

InfoSud

2004 - 2010 Alkarama for Human Rights

http://fr.alkarama.org/index.php?option=com_content&view=article&id=661:prisons-secretes-le-rapport-qui-derange&catid=121:articles&Itemid=158


2-4 Joe Kishore : Le chef des services de renseignement américains revendique le droit d'assassiner des Américains à l'étranger.

Le directeur national des services de renseignement américains, Dennis Blair, a dit mercredi que les agences du gouvernement pratiquaient une politique d'assassiner les Américains à l'étranger comme l'exigeait la guerre « contre le terrorisme. »

Dans son témoignage devant la Commission de contrôle des services secrets de la Chambre des représentants, Blair a dit que les assassinats seraient justifiés si les citoyens américains « agissaient de manière à constituer une menace aux Américains ». Ceci constitue une catégorie extrêmement vaste et donne à l'appareil de renseignement américain l'autorisation générale de se livrer à ce qui n'est rien d'autre que des exécutions extrajudiciaires.

De tels meurtres sont illégaux en vertu de la loi internationale mais ils sont devenus sous l'euphémisme d'« assassinats ciblés » une procédure standard pour l'armée américaine et les agences de renseignement. Ils sont à présent pratique courante dans le cadre des occupations militaires à grande échelle en Irak et en Afghanistan, ainsi que dans d'autres pays visés par les Etats-Unis, y compris le Pakistan et le Yémen.

La question d'assassiner des Américains a été abordée spécifiquement par rapport au religieux américain d'origine yéménite, Anwar Al-Awlaki, qui a été lié par le gouvernement américain au suspect de la tentative d'attentat du jour de Noël sur le vol 253 de la Northwest Airlines l'an dernier. Le 24 décembre, les Etats-Unis avaient lancé des frappes contre des installations d'Al Qaïda au Yémen et l'on avait initialement cru qu'Al-Awlaki figurait parmi les tués.

Al-Awlaki n'a été accusé d'aucun crime. CNN a toutefois rapporté : « En privé, de nombreux responsables gouvernementaux ont dit qu'il était l'un des prochains citoyens américains à l'étranger dont les services de renseignement américains avaient l'intention de s'occuper. » CNN n'a pas dit qui d'autre figurait sur la liste des citoyens dont on allait « s'occuper ».

Les Etats-Unis suivent « une politique définie et un ensemble de procédures juridiques qui sont très minutieusement observées, » a proclamé Blair. Il a dit aussi que les agences américaines de renseignement cherchaient à obtenir « une autorisation spécifique, vraisemblablement de la Maison Blanche, sans pourtant que Blair soit explicite, pour exécuter des actions impliquant l'assassinat de citoyens américains.

Peter Hoekstra, le Républicain de haut rang siégeant à la Commission du renseignement, a dit qu'il était « étonné » que Blair ait fait cette déclaration lors d'une séance ouverte. « Donc, il existe un cadre et une politique. une voie claire pour le moment où cette personne pourra s'exprimer librement à l'étranger et où elle aurait pu avoir entamé le recrutement ou aurait pu avoir commencé à réellement coordonner et à exécuter des attaques contre les Etats-Unis ? » demanda-t-il.

Blair a répondu en disant qu'il préférait exposer les détails en « séance à huis clos, » mais a ajouté, « Nous ne ciblons pas les personnes pour liberté d'expression. »

Le fait que le chef du renseignement américain ait eu à assurer la population que le gouvernement ne tuait pas les citoyens américains sur la base de leurs opinions et de leurs points de vue politiques ne fait que souligner l'ampleur de la criminalisation de l'Etat.

Le gouvernement Obama est en train de poursuivre et à bien des égards d'intensifier l'attaque menée par Bush contre les droits démocratiques et constitutionnels. Durant le gouvernement Bush, la question de la surveillance abusive des communications impliquant des citoyens américains avait été à l'origine d'une tempête de controverses. A présent, le gouvernement américain s'arroge ouvertement le droit de tuer des citoyens américains sans que cela soulève de protestation d'aucun des deux partis politiques.

Les commentaires de Blair ont été faits au beau milieu d'une multiplication des avertissements lancés par les services de renseignement quant à d'imminentes attaques terroristes. Blair a dit que dans les prochains trois à six mois une tentative d'attaque était « certaine » aux Etats-Unis, répétant les commentaires faits mardi par le directeur de la CIA, Leon Panetta.

« Nous avons averti au cours de ces dernières années de ce qu'Al-Qaïda même et ses disciples ainsi que des terroristes inspirés par Al-Qaïda avaient toujours la ferme volonté de frapper les Etats-Unis, » a dit Blair, « et l'année dernière nous avons disposé de noms à associer à ces avertissements. »

Au milieu de ces avertissements, il est remarquable qu'aucun représentant du Congrès n'ait questionné Blair ou Panetta au sujet des rapports disant que les agences de renseignement américaines étaient intervenues pour empêcher la révocation du visa d'Umar Farouk Abdulmutallab, l'homme qui avait tenté de faire exploser l'avion du vol 253 de la Northwest Airlines.

Il y a eu une censure systématique de la part des médias et de l'establishment politique au sujet du témoignage du responsable du département d'Etat Patrick Kennedy devant le Congrès depuis la publication la semaine passée d'un article du Detroit News sous le titre, « Un suspect terroriste conserve son visa pour éviter toute enquête plus extensive. »

Le News avait écrit « Patrick F. Kennedy, un sous-secrétaire de la direction au Département d'Etat, a dit que le visa d'Abdulmutallab n'avait pas été révoqué parce que des responsables des services de renseignement avait demandé à son agence de ne pas refuser un visa au terroriste présumé de crainte qu'un rejet ne vienne contrecarrer une plus vaste enquête sur les menaces d'Al Qaïda à l'encontre des Etats-Unis. »

L'agence de renseignement en question avait été le National Counter Terrorism Center (NCTC) qui opère sous la direction du directeur du renseignement américain, Dennis Blair.

Les avertissements au sujet d'une attaque imminente émanant de ces mêmes agences de renseignement ont un caractère inquiétant. Sous George W. Bush, le gouvernement avait régulièrement manipulé les avertissements et l'évaluation des menaces pour des raisons politiques, afin de justifier une politique impopulaire, d'influencer les élections ou de détourner l'attention de révélations embarrassantes. Ces avertissements avaient en général de très peu à voir avec la réalité.

Dans le même temps, toute attaque terroriste réussie, qu'elle ait été facilitée ou non par des agences américaines de renseignement, serviront de prétexte à une escalade de la guerre et à des attaques contre les droits démocratiques.

Joe Kishore

Le 14 février

WSWS
Article original en anglais, US intelligence chief claims right to assassinate Americans overseas, WSWS, paru le 5 février 2010.

Mondialisation.ca,

http://www.mondialisation.ca:80/index.php?context=va&aid=17604


2-5 Le retour de l'Irak sur le marché mondial va modifier le jeu pétrolier.

Les vieux Irakiens se souviennent encore avec émotion et nostalgie du glorieux passé de leur pays, quand l'Irak était une puissance pétrolière. Ils se rappellent notamment que c'est à Bagdad que fut créée, en 1960, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Depuis, l'invasion de l'Iran en 1980, puis celle du Koweït, en août 1990, ont entraîné un effondrement de la production d'hydrocarbures et le déclin de l'influence politique du pays.

Les dirigeants de la coalition au pouvoir - le premier ministre Nouri Al-Maliki en tête - veulent être reconduits à l'issue des élections législatives du 7 mars. Ils ont réveillé ce rêve d'or noir en faisant miroiter écoles, hôpitaux, électricité, eau potable et routes à un peuple qui a toujours été privé de la rente pétrolière. Cela implique une forte relance de la production, tombée de 3,5 millions de barils par jour à la veille de la guerre Iran-Irak à 2,4 millions aujourd'hui.

Bagdad vient d'obtenir un résultat aussi symbolique qu'encourageant. Les exportations quotidiennes de brut ont atteint 2,069 millions de barils en février. "C'est leur plus haut niveau depuis 1990", a souligné Assem Jihad, le porte-parole du ministère du pétrole. Mais c'est encore bien modeste pour un pays qui détient les troisièmes réserves de la planète (au moins 115 milliards de barils).

En 2009, l'Irak a annoncé une relance de la production. Impossible sans l'aide technologique et financière de compagnies occidentales, russes et asiatiques interdites de territoire depuis trente ans. Le gouvernement leur a entrouvert la porte pour accélérer l'extraction du brut de dix champs pétrolifères parmi les plus importants. Onze autres seront ultérieurement mis aux enchères.

"Nationalisme pétrolier"

Mais les autorités ne pouvaient donner le sentiment à la population, animée d'un fort "nationalisme pétrolier", d'aliéner des ressources assurant 85 % des recettes de l'Etat. L'ouverture du marché s'est donc faite à des conditions peu favorables aux étrangers. BP, Shell, Lukoil, Petronas ou CNPC ont pris des engagements exorbitants pour accroître la production dans des délais très courts. Ils toucheront moins de 2 dollars par baril, alors que son prix oscille autour de 80 dollars.

M. Al-Maliki a fait un autre geste en direction de l'opinion et des majors : il a annoncé l'adhésion de l'Irak à l'Initiative de transparence des industries extractives, qui imposera à Bagdad de publier les revenus des hydrocarbures et aux sociétés pétrolières de préciser ce qu'elles ont versé à l'Etat (taxes...). L'Irak, gangrené par la corruption, a deux ans pour faire ses preuves.

L'objectif fixé par le ministre du pétrole, Hussein Al-Chahristani, est ambitieux : 10 voire 12 millions de barils par jour d'ici à 2020, ce qui hisserait l'Irak au niveau de l'Arabie saoudite. Le patron du groupe britannique BP l'a jugé réalisable. Après avoir gagné en juin 2009 les enchères pour l'exploitation du champ géant de Roumaïla et ses 12 milliards de barils, Tony Hayward pouvait-il contrarier les folles espérances irakiennes ?

Menaces externes

Christophe de Margerie, directeur général de Total, est plus circonspect. Et pour Khaled Al-Falih, le PDG de Saudi Aramco, 4 à 5 millions de barils par jour en 2015 seraient déjà un excellent résultat. Car l'Irak devra surmonter de sérieux obstacles : vétusté des infrastructures, faible capacité des oléoducs d'exportation, manque de main-d'oeuvre qualifiée, absence de loi pétrolière, insécurité.

Ces difficultés internes se doublent de menaces externes. L'Arabie saoudite et l'Iran, ses deux voisins, scrutent avec inquiétude la montée en puissance du seul membre de l'OPEP non soumis à un quota de production. Bagdad ne veut pas ouvrir de négociations avec le cartel avant 2011, mais M. Al-Chahristani a revendiqué un quota équivalent à celui des Saoudiens au motif que son pays a sous-produit durant trois décennies. Jusqu'en 1991, son quota était de 3 millions. Or, ni Riyad, ni Téhéran n'accepteront que l'Irak produisent 10 millions de barils par jour, ce qui entraînerait une baisse des prix.

A la fin de la guerre Iran-Irak, un accord non écrit prévoyait une parité de production entre les deux pays, qui ont sensiblement les mêmes réserves. "L'Iran s'opposera bec et ongles à ce que son voisin ait un quota supérieur au sien", note Olivier Appert, président de l'Institut français du pétrole.

La République islamique est handicapée par les sanctions des Nations unies liées à son programme nucléaire. Le manque d'investissement fait stagner sa production. Et elle voit se profiler avec l'Irak ce qui s'est produit avec le Qatar, devenu le premier exportateur de gaz naturel liquéfié alors qu'elle ne peut valoriser ses énormes réserves gazières. La Chine - très présente lors des enchères en Irak - pourrait aussi se détourner de l'Iran, où le brut est plus coûteux à extraire. Dans ce contexte, ce n'est peut-être pas un hasard si, en décembre-janvier, des soldats iraniens ont occupé Fakka, un gisement frontalier que Téhéran dispute à Bagdad.

06.03

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/03/06/le-retour-de-l-irak-va-modifier-le-jeu-petrolier_1315342_3218.html#xtor=AL-32280184



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Les commentaires sont fermés.