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20/03/2010

n°477 -Les Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak - 18-03 : - Fin - Les cicatrices ouvertes de l’occupation.

n°477 -Les  Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak - 18-03 : - Fin  - Les cicatrices ouvertes de l’occupation.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme,

 L’information est une arme au service de la paix

    Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  Dossiers 'Géopolitique et Stratégie' d'Irak

n°477                            18/03/10

C.De Broeder      &       M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

2 Annexe

2-1 Robert Gates : le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis

2-2 Union des Escrocs d’Amérique.

2-3 Quelle place pour les femmes dans les combats terrestres


2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Robert Gates : le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis.

C’est bien Georges W. Bush, le 8 novembre 2006, qui intronisa Robert Gates, Bob comme le président l’appelle affectueusement.

La passation de pouvoir entre Donald Rumsfeld, chaleureusement remercié pour ses loyaux services, décrit par Bush junior comme l’un des chefs les plus capables et les plus adroits que la Sécurité Nationale des Etats-Unis ait jamais eu à sa tête, et Gates, s’est déroulée dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche, donnant l’impression de trois personnes se vouant une estime sans bornes.

Georges W. Bush le dit déjà très bien, en 2006, Bob Gates est l’homme de la situation, capable de relever le double défi de la nation : déceler les menaces alors qu’elles ne font que pointer à l’horizon, et préparer la pays avec justesse pour les contrer.

Robert Gates est un pur produit du National Security Council. Une expérience de plus de vingt-cinq ans dans la Sécurité Nationale et les sevices secrets étatsuniens.

Il a rejoint la CIA en 1966, a servi sept présidents, démocrates comme républicains, huit en comptant le Démocrate Barack Obama qui l’a reconduit dans ses fonctions. Il a également été président de l’Université A&M du Texas, la sixième Université du pays, poste qu’il dit avoir préféré à tous les autres.

Il a passé presque neuf ans dans le staff du Conseil de sécurité Nationale. A la CIA, il a grimpé tous les échelons, depuis le bas de l’échelle jusqu’au poste de directeur de l’Agence.

Auprès de Ronald Reagan, il a directement participé aux efforts américains pour pousser les Soviétiques hors d’Afghanistan. Ces efforts ont durablement affaibli l’URSS et, selon Bush junior, hâté la victoire de la « Liberté » à l’issue de la guerre froide.

Gates a également servi le président Bush père lors de l’opération Tempête du Désert qui a permis de bouter Saddam Hussein hors du Koweït en 1991.

Il s’est récemment fort impliqué en Irak, comme membre d’un Groupe d’Etude indépendant comportant des démocrates et des républicains, conduit par l’ex secrétaire d’Etat James Baker et le Congressiste Lee Hamilton.

Il est lui-même républicain (1).

Il est le troisième homme dans la ligne de succession au pouvoir suprême des Etats-Unis. Le numéro 3 de la chaîne de commandement étatsunien.

Si on attente à la vie d’Obama, et du vice-président Joe Biden, Robert Gates deviendra de facto le chef suprême, le numéro 1, et le pouvoir repassera aux républicains.

Depuis le 11 septembre 2001, le ministère de la défense est le poste le plus important du gouvernement, car depuis cette date, la guerre est la préoccupation principale du gouvernement étatsunien.

Ce n’est pas la santé, dont le projet de réforme coûterait la première année de sa mise en place seulement le dixième (2) du budget d’une année du Pentagone.

Ce n’est pas l’environnement, ni le réchauffement climatique puisque le Pentagone et ses milliers d’annexes de par le monde sont les plus gros pollueurs et producteurs de CO2 du monde, et de tous les temps (3).

Le Département de la Défense, pour mener toutes ces guerres préventives contre tous ses ennemis qui veulent sans raison tant de mal à l’Occident, dilapide et vampirise une bonne partie des ressources mondiales, énergétiques (4), naturelles (eau, terres) (5), et encombre toutes les routes, toutes les voies et tous les systèmes de transport et de communication.

Plus d’un millier de bases ou d’installations militaires US dans le monde(6), et leurs centaines de milliers d’occupants, des centres de commandement aux avant-postes, cela fait autant d’électricité, de chauffage, de surfaces habitables, détournées vers la guerre ou sa promotion.

Il faut y ajouter tous les appareils et machines en l’air, dans l’espace, sur terre, et dans les mers.

Les innombrables tonnes de déchets chimiques, nucléaires et bactériologiques, ainsi que toutes les armes, mines, bombes, morceaux de métal ou de toutes sortes de matériaux, viennent renforcer les dégâts au patrimoine environnemental mondial et le désastre écologique engendré par la politique de guerre des Etats-Unis, politique uniquement justifiée par les attentats du 11 septembre 2001, dans leur version décrite par la théorie gouvernementale officielle.

Quel coût global entraîné par cette guerre préventive, mondiale et sans fin, contre le terrorisme et ceux qui les abritent !

Le remède n’est-il pas pire que le prétendu mal ?

En médecine, quand un traitement est plus dangereux que le problème de santé qu’il est censé soulager, on s’en abstient. Cela s’appelle la balance bénéfices/risques qui doit toujours pencher en faveur des premiers.

Pourtant, Robert Gates aimerait étendre la fièvre guerrière qui touche son pays à l’Europe.

Depuis quinze ans, l’Europe s’est en grande partie démilitarisée.

Beaucoup de pays ont supprimé leur service militaire obligatoire, faisant de leurs armées, des corps de métier beaucoup plus réduits.

Privilégiant des politiques sociales, les budgets réservés à la défense ont été fortement revus à la baisse.

Aux Etats-Unis, avant 2001, le budget de la défense restait assez stable, autour de 280 milliard de dollars entre 1998 et 2001 (7), ce qui représentait déjà dix fois le budget guerrier de la France.

En augmentation constante depuis 2002, le budget du Pentagone s’approche aujourd’hui du trillion (mille milliard) de dollars, en 2010.

La France est un des pays européens qui, proportionnellement, suit le plus la progression exponentielle étatsunienne du budget consacré aux dépenses militaires (8).

Aujourd’hui, Robert Gates, Monsieur Guerre, use de plusieurs artifices pour imposer à l’Europe entière le « bon sens » étatsunien.

Culpabilité

L’OTAN est en crise à cause des Européens, qui n’ont pas suffisamment investi dans la défense et sont devenus réfractaires aux forces armées (9).

La pénurie de matériel et le déficit militaire chronique ont affecté la mission de l’OTAN en Afghanistan.

Le pacifisme teinté de politiques sociales de l’Europe, faiblesse insupportable aux yeux de Gates pour qui la guerre sous toutes ses formes est la seule politique raisonnable, a nui aux opérations de l’Alliance et explique ses échecs au Moyen-Orient et en Asie. Il faut plus de participation de l’Europe, en matériel, en infrastructures, en soldats. L’Europe serait le maillon faible de la guerre de l’Occident contre le terrorisme barbu et cela doit cesser.

Terreur

Robert Gates, à la 44è conférence sur la sécurité à Munich, affirme que des attentats dévasteront l’Europe si celle-ci ne soutient pas l’OTAN, sous-entendu, si elle n’augmente pas ses budgets militaires et ne veut pas faire la guerre aux ennemis désignés par les Etats-Unis (10).

La situation a dû être cocasse pour certains experts du terrorisme, notamment français, quand Monsieur Guerre est venu leur faire une fois de plus le coup du méchant Al-Qaida, alors que selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction Générale de la Sécurité extérieure (DGSE), Al Qaïda n’existe plus depuis 2002 (11).

Pourtant, Gates, qui devrait être le mieux renseigné du monde, insiste bien, « … Vous devez aussi vous rappeler que les cellules terroristes en Europe ne sont pas un pur produit local, déconnectées d’évènements lointains, ni une simple question d’ordre intérieur. Certaines sont financées de l’étranger. Certaines haïssent toutes les démocraties occidentales, pas uniquement les États-Unis. Certains de ceux qui ont été arrêtés avaient des liens directs avec Al Qaïda. Certains sont liés à Al Qaïda en Irak. Dans le cas le plus récent, la cellule de Barcelone avait des liens avec un réseau de formation terroriste dirigé par Baitullah Meshud, un commandant extrémiste basé au Pakistan, affilié aux talibans et à Al Qaïda qui, croyons-nous est responsable de l’assassinat de Benazir Bhutto », etc., etc. (12)

Culpabiliser et terroriser l’Europe.

Ce sont les moyens grossiers utilisés par Gates pour lui faire emboîter manu militari le pas cadencé des Etats-Unis qui ont depuis le 11 septembre 2001 délaissé et mis au réfrigérateur, pour ne pas dire au congélateur, toutes leurs politiques non sécuritaires, se consacrant exclusivement à faire la guerre au monde entier.

La guerre sous toutes ses formes, financière, militaire, médiatique, en envahissant, en déstabilisant, en affamant, en encerclant, en flattant, en effrayant, en soudoyant, en piégeant, en manipulant, en mentant.

L’Iran se soucie plus de ses enfants, de leur mortalité, de la santé de ses habitants (13) que les Etats-Unis, mais qu’à cela ne tienne, il faut attaquer l’Iran, c’est un pays du mal.

Robert Gates est venu rappeler à l’Europe qu’elle devait choisir son camp et envoyer plus de soldats au Grand Sacrifice.

Y mettre un peu du sien, et consacrer son argent, non pas aux stupides projets sociaux où il est gaspillé, mais au renforcement de l’OTAN.

C’est le fameux “Vous êtes avec nous, ou contre nous”, de Bush junior, toujours d’actualité.

Qu’en pensent les populations européennes ?

Je ne parle pas de José Manuel Barroso, ni d’Herman Van Rompuy, ni de Catherine Ashton, ni de Nicolas Sarkozy, mais des populations, ceux qui perdent leur emploi ou n’arrivent plus à payer leurs crédits.

Alors que des problèmes sociaux déferlent sur tous les pays d’Europe, appelant des réflexions et des solutions sociales, des politiques humaines, est-ce vraiment le moment de revenir en arrière et de réaugmenter les budgets des ministères de la défense, ou plutôt de la guerre ?

Le chômage prend des proportions historiques en Europe, les entreprises, pourtant en bénéfices, licencient, gèlent voire diminuent les salaires, retardent l’âge des retraites. Les gouvernements attaquent les régimes de sécurité sociale dont l’Europe pouvait s’enorgueillir par rapport au marasme étatsunien.

Le mécontentement social est majeur et va grandissant, les grèves se succèdent, d’un secteur à l’autre de nos sociétés (Total en France, Supermarchés Carrefour en Belgique…). Les conditions de travail des professions publiques indispensables au bon fonctionnement d’une société moderne, ambulanciers, infirmiers, pompiers, policiers, se dégradent.

Et c’est le moment choisi par monsieur Gates pour venir nous rappeler que les Espagnols, les Hollandais, les Français, les Allemands, les Belges, les Italiens…, doivent comprendre que la guerre contre Al-Qaida (qui n’existe plus) est plus importante que tous leurs autres soucis réunis.

En Hollande, ils ont choisi de répondre non à Monsieur Guerre.

Cela a provoqué la chute du gouvernement conduit par le Premier ministre Jan Peter Balkenende, au pouvoir depuis 2002, et qui dirigeait la coalition de centre-gauche depuis 2007 (14).

Les populations d’Europe qui tiennent à leur système de sécurité sociale, qui souhaitent voir leurs gouvernements s’atteler à leurs vrais problèmes au quotidien que sont la recherche ou la préservation d’un emploi, l’espérance de voir son salaire s’adapter aux coût de la vie, devraient suivre l’exemple hollandais et écrire à leurs ministres qui vont parler en leur nom au futures réunions de l’OTAN.

En écoutant Robert Gates, cet homme voué à la sécurité de son pays depuis plus de vingt-cinq ans, encensé par Bush junior, repris sans l’ombre d’une hésitation par le président Obama, le terrorisme et les cellules islamistes représenteraient le plus grand danger pour l’humanité libre et démocratique.

Le combat contre ces ombres menaçantes justifierait tous les sacrifices, y compris de mourir de froid, exproprié, criblé de dettes, affamé, ayant perdu des proches parents, explosés dans ces montagnes lointaines.

La lutte héroïque contre tous ces prétendus terrifiants islamistes galvanisés par leur « victoire » du 11 septembre 2001 devrait faire supporter l’idée de perdre son emploi, de voir de moins en moins de policiers, d’infirmiers, d’ambulanciers, d’agriculteurs, de travailleurs dans les couloirs sinistres de nos sociétés hypersécurisées.

Robert Gates exige de nous tous ces sacrifices sans même garantir la fin de toute terreur, comme en témoigne le voyage sans encombres, malgré les scanners, malgré les mesures prises depuis 2001, du « terroriste » nigérian, en décembre 2009, à travers les lignes de « sécurité » successives de l’Occident.

Combien de temps la folie militaire va-t-elle continuer à embraser le monde, et obscurcir les esprits ?

Il n’est certainement pas temps pour l’Europe de régresser, de rebâtir des armées et de s’occuper de l’OTAN.

Les populations européennes doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils s’occupent plutôt des secteurs de la société qui ont fait de l’Europe un modèle social et d’humanité. Les Etats-Unis, eux, ne savent plus que faire la guerre.

Tout comme le journaliste Rick Rozoff (15), je pense que “l’OTAN est un pacte offensif, sans loi et meurtrier, qui se réserve unilatéralement le droit de répéter son agression armée dans les Balkans et en Asie du Sud sur une échelle mondiale.

C’est l’OTAN et Robert Gates qui sont parmi les plus grands dangers pour l’humanité, une menace pour sa liberté et ses acquis sociaux.

Pascal Sacré

Notes :

(1) http://georgewbush-whitehouse.archi...

(2) Le président a chiffré ses réformes à 950 milliards de dollars sur dix ans. Ce programme ne sera pas financé par une hausse des impôts, mais par une nouvelle taxe sur les contrats d’assurances les plus chers et en combattant les gaspillages.
http://www.lexpansion.com/economie/...

(3) Le rôle du Pentagone dans la catastrophe mondiale, par Sara Flounders :
http://www.mondialisation.ca/index....

(4) Selon le classement présenté dans l’édition 2006 du CIA World Factbook, 35 pays seulement (sur les 210 que compte le monde) affichent une consommation journalière de pétrole supérieure à celle du Pentagone.

(5) Le Pentagone est très loin de se limiter aux 620 000 m2 basés à Arlington, en Virginie. Le Pentagone est le plus grand propriétaire immobilier du monde, 539 000 immeubles, dans 5579 sites,
http://www.legrandsoir.info/Pentago...

(6) Le réseau mondial des bases militaires US, les fondements de la terreur des peuples ou les maillons d’un filet qui emprisonne l’humanité par Prof. Jules Dufour
http://www.mondialisation.ca/index....

(7) Budget de la défense des Etats-Unis et des principaux Etats européens producteurs d’armement 1998-2001 (en structure OTAN, hors pensions)

Md€

1998

1999

2000

2001

Etats-Unis

279.5

281.5

295.8

291.9

Royaume-Uni

34.6

33.8

34.6

34.1

France

25.1

25.5

25.2

24.9

Allemagne

23.8

23.9

24.1

23.8

Italie

12.3

13.0

14.9

13.8

Espagne

6.8

7.0

7.4

7.4

Source : OTAN, 2002.
http://www.frstrategie.org/barreCom...

(8) En France, la nouvelle loi de programmation militaire 2003-2008 se donne pour objectif de faire passer la part des dépenses militaires de 1.8% à 2.2% du PIB. Le budget de la défense 2003 augmente de 6.1% par rapport à 2002, avec un montant global de 39.96 milliards d’euros.

(9) L’OTAN est en crise, dit Robert Gates
http://www.ledevoir.com/internation...

(10) Robert Gates assure que des attentats dévasteront l’Europe si elle ne soutient pas l’OTAN :
http://www.voltairenet.org/article1...

(11) Al Qaïda n’existe plus selon un ex-chef de la DGSE :
http://www.agoravox.fr/actualites/i...

(12) Robert Gates assure que des attentats dévasteront l’Europe si elle ne soutient pas l’OTAN, op.cit.

(13) http://www.who.int/whr/2008/media_c...

(14) Pays-Bas : le gouvernement chute sur la question afghane
http://www.lepoint.fr/actualites-mo...

(15) Expansion de l’OTAN, déploiements de missiles et nouvelle doctrine militaire de la Russie :
http://www.voltairenet.org/article1...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Robert-Gates-le-troisieme-homme-le-monsieur-guerre-des-Etats-Unis.html

Pascal SACRE

http://www.legrandsoir.info/Robert-Gates-le-troisieme-homme-le-monsieur-guerre-des-Etats-Unis.htm


2-2 Union des Escrocs d’Amérique.
27 janvier, discours sur l’état de l’Union : Dans quel état se trouve l’Union des menteurs, des voleurs et des envahisseurs ?

Le 27 janvier, Barack Obama, le 44è président des Etats-Unis s’est présenté devant son peuple, enfin, ceux que le vote démocratique a placés sur ces sièges pour le représenter.

Une vaste assemblée de personnes respectables au visage grave, aux costumes gris ou bleus, aux cheveux blancs pour la plupart.

Le Congrès des Etats-Unis d’Amérique.
Les USA (United Swindlers of America*) vont-ils bien ?
Faisons l’état de l’Union.

Normalement, les Etats-Unis devraient être sortis de l’époque sombre des présidences au scrutin entaché de rumeurs de fraude, des administrations privilégiant la guerre à des milliers de kilomètres (Washington à 9.694,69 km de Bagdad), des gouvernements inféodés aux multinationales, vampires ou tiques selon leur taille, suçant le sang rouge et frais de la population étatsunienne.

Normalement.

Ce 27 janvier, Barack Obama s’est avancé, sûr de lui, l’habituelle main tendue vers tous ces élus dont le rôle est de surveiller, critiquer, évaluer la politique de leur président, dans le but unique et définitif de protéger la Constitution de leur pays et surtout, les intérêts du peuple étatsunien.

Pourtant, d’emblée, ce qui frappe est la dévotion.

Ce qui pourrait passer pour un signe de politesse et de bonne éducation, dans cet hémicycle du Congrès américain, donne plutôt l’impression d’une soumission sans conditions. Si le respect est requis, où se trouve la véritable opposition, le contre-pouvoir, protégeant le peuple de l’Exécutif, fondement de la démocratie ?

Les lauriers entrelacés autour de piliers, gravés de part et d’autre du drapeau étoilé, derrière le Président et son Vice, évoquant le dieu dollar dans lequel une certaine élite croit encore, donnent le ton.

Des ressorts se cacheraient-ils dans les sièges des Congressmen pour que chaque année, quel que soit la marionnette qui se présente devant eux, quel que soit le programme défendu, de la guerre sans fin ou des litanies de promesses, ces Représentants du Peuple se lèvent comme un seul homme et applaudissent au lieu de rester assis et, sobrement, vraiment, avec ténacité et honnêteté, défendre le peuple qu’ils « représentent » ? Point par point. Sans injures (1) ni motivation électorale, juste la détermination de faire leur travail.

En attendant, le discours de Barack Obama sur l’état de l’Union s’est déroulé sans heurts pour le Président du Changement, une colombe pacifique et blanche planant au-dessus de sa première année de poursuite des guerres illégales, de maintien de la torture dans les trous noirs de la planète, et de promotion des camps d’internement inhumains de Guantanamo et d’ailleurs.

« Nous avons passé une année difficile.
Nous avons traversé une décennie difficile.
Mais nous n’abandonnons pas. Je n’abandonne pas », a-t-il déclaré ce mercredi 27 janvier, pour son premier discours d’Union.

Applaudissements.

Position debout, bras tendus des Congressistes, pour féliciter et congratuler.

Dans ce monde où les paroles et les mots ont plus d’importance que les actes, plus d’importance que tout le reste, après ses discours d’investiture, son discours au Caire, Barack Obama s’est démené. Il sait bien que tout se gagne avec les mots, les promesses, les tournures de phrase, peu importe si les actes viennent tout contredire, tout discréditer. Il peut compter sur les médias et ceux qui veulent encore désespérément croire au changement dont il usurpe l’image, pour déformer la réalité, lui trouver des excuses, des circonstances atténuantes et ainsi, endormir les inquiétudes de la population.

Mr Obama n’abandonne pas.

S’il a passé une année difficile, que dire des Irakiens qui, s’ils ont bien compris, ont été envahi sur des mensonges et des buts encore inavoués, toujours impunis (2) ?

Des Afghans qui se réveillent tous les jours sous la menace d’un avion sans pilote (drone) qui pourrait avoir choisi leur banquet de mariage pour faire un carton, l’habituel prétexte d’un terroriste dissimulé dans le gâteau étant systématiquement avancé dans les médias occidentaux (3) ?

Des Yéménites, des Somaliens, des Américains du Sud, des Haïtiens, des paysans hindous poussés au suicide par les OGM terminator de Monsanto dont Barack Obama a nommé le Vice président Michael R. Taylor à un poste important de la FDA (la puissante agence fédérale pour les aliments et les médicaments aux USA) (4) ?

Une année difficile, une décennie difficile pour Barack Obama !

Et pour les Irakiens, les Afghans, les Pakistanais ?

Fauchés sur place, ou emmenés sur des sites de torture pour être ébouillanté vif, comme en Ouzbékistan qui sous-traite les saletés de l’Union et de son opaque et terrifiante CIA (5).

Barack Obama n’abandonnera pas !

Alors cela ne devrait pas rassurer les six millions d’américains qui n’ont que les coupons alimentaires pour revenu (6), le million et demi d’enfants SDF aux USA (7), les millions de chômeurs grossissant la masse de personnes en très grande précarité, univers de misère en expansion qui pourrait toucher 50 millions d’étatsuniens, aussi démunis que les Mexicains ou les Haïtiens.

Non, la franchise du prix Nobel de la paix 2009, mal interprétée par les médias complices, devrait inquiéter franchement tous ces gens. Car pour le Pentagone, pour les banques et pour la guerre, Barack Obama a assuré des lendemains qui chantent. Uniquement pour eux.

Près de 800 milliards de dollars pour sauver les banques de leur imprudence irresponsable et spéculative en 2008, ayant précipité la crise financière et entraîné la mise à la rue de milliers d’américains.

Une bonne raison, comme le dit Barack le 27 janvier, d’avoir détesté ce sauvetage des banques, le comparant à la dévitalisation d’une dent.

A mon avis, lui, il comparerait le massacre « involontaire » de quarante pakistanais innocents réunis pour un mariage à une écho-endoscopie de la prostate (8).

Barack avait bien fait le gros doigt en direction des banquiers qui pourtant, se paieront quand même d’immenses bonus qu’ils jugent mérités (9). Ainsi la banque américaine JP Morgan Chase & Co annonce ce 15 janvier le versement de 9,3 milliards de dollars à ses salariés (source : Le Monde).

Si le président du changement a promis à 46 millions d’américains de se battre pour leur obtenir une assurance-maladie qu’ils n’ont toujours pas, couverture promise au plus tard pour 2014, en revanche, il y a un domaine qui ne souffre aucun retard et qui ne dérange aucunement la « sensibilité » des Congressmen ni d’aucun des sénateurs américains : le budget du Pentagone.

Ainsi, le 28 octobre 2009, le président Barack Obama a signé le décret d’autorisation de la Défense pour 2010, c’est-à-dire le plus gros budget militaire de l’histoire des EU. Il n’est pas seulement le plus gros budget militaire au monde, il est en même temps plus important que l’ensemble des dépenses militaires du reste de la planète : près de 700 milliards de dollars. (10)

En cela, Barack Obama est bien le Président du Changement : il augmente encore le porte-monnaie de la Défense, multipliant par 3 le budget alloué par le guerrier texan G W Bush en 2000 (280 milliards $) faisant du Pentagone la plus grande arme de destruction massive jamais conçue par l’homme.

Mais c’est pour faire la paix. C’est pour accepter les différentes cultures (discours de Caire). C’est pour tendre la main.

Terroriser pour faire disparaître le terrorisme.

Il est bien accepté, même si c’est faux et criminel, qu’il faut bombarder le système immunitaire d’antibiotiques et de vaccins pour faire disparaître les infections (11).

La guerre en Irak coûtera au contribuable américain trois mille milliards de dollars (12).

Joseph Stiglitz, lauréat 2001 du prix Nobel d’Economie, est professeur d’économie à l’Université de Columbia et co-auteur, avec Linda Bilmes, de La Guerre à trois mille milliards de dollars : le véritable coût de la guerre en Irak (The Three Trillion Dollar War : The True Costs of the Iraq Conflict.)

Voilà, faites les comptes. Joseph Stiglitz et Linda Bilmes ont calculé que mille milliards de dollars, soit un tiers du coût de la guerre d’Irak, présentée comme indispensable et juste, auraient pu financer la construction de huit millions de logements, le recrutement de quinze millions de professeurs, les soins de 530 millions d’enfants, des bourses d’études pour 43 millions d’étudiants et une couverture sociale aux États-Uniens pour les cinquante prochaines années.

Tiens, plus besoin d’un combat acharné pour une couverture sociale prévue en 2014 pour la version optimiste et obligeant le président à implorer le congrès, penaud : « Ne vous détournez pas de la réforme. Pas maintenant. » Une larme ? Non, le président maîtrise. Un sourire gagnant et séducteur.

Partir d’Irak ? Vous n’y pensez pas. Après neuf ans d’administration américaine par Paul Bremer et ses milices privées (Blackwater Worldwide, devenu Xe, Triple Canopy), si les soldats US quittaient maintenant le sol irakien, ce serait le chaos, l’anarchie, l’enfer pour les Irakiens (13).

Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, respectivement numéros 1 et 2 du Pentagone et Richard Perle, avaient pourtant bien tous promis que la guerre serait facile, ne nécessiterait jamais cent mille soldats et serait payée par le pétrole irakien à raison de deux, voire quinze milliards de dollars maximum. (14)

Si le fait de stopper la folie irakienne permettait, beaucoup plus rapidement que 2014, d’assurer 96% des Américains de moins de 65 ans, de rebâtir le pays, d’indemniser décemment les victimes de Katrina, de remettre à l’abri les enfants SDF, de garantir les retraites et de relancer l’emploi, monsieur Obama serait véritablement le Président du changement mais cela signifierait déplaire intensément aux dirigeants des Big Five (15) représentées dans toutes les administrations US successives, de Roosevelt au prix Nobel de la paix.

Face aux Big Five, que pèse la population des Etats-Unis ?

Que vaut son bien-être ?

A elle, la population, de répondre elle-même à cette question, et de tirer ses conclusions.

En faisant l’état de l’Union, ce 27 janvier, ni Barack Obama, ni les représentants du peuple américain ne s’interpellent sur ce genre de détails. C’est un fait.

Evidemment, la réalité géopolitique indique que le retrait d’Irak maintenant serait une catastrophe militaire et énergétique pour les Etats-Unis, comme le souligne Noam Chomsky, laissant la voie libre à un grande nation chiite regroupant l’Iran, l’Irak et la partie d’Arabie saoudite où justement se trouve l’essentiel du pétrole saoudien (16).

La maison brûle et l’Oncle Sam est pris à son propre piège, empêtré dans le bourbier irakien. Le vin est tiré, il faut le boire. L’habitant de la maison, la population étatsunienne, devrait être mise au courant. C’est elle qui sera brûlée, paie la bouteille, et n’en boit que la lie.

Barack est bien un peu chahuté, boudé même, quand il reprend à son compte quelques idées républicaines lui faisant dire : « Je croyais que j’aurais plus d’applaudissements avec cette proposition. » Parfois, il est très gentiment bousculé mais dans l’ensemble et selon les termes des médias encore subjugués, il a revigoré la gauche malgré sa défaite récente dans le Massachussetts, a joué sur de multiples registres, a alterné sourire et optimisme, et adopté une attitude « reaganienne » : « Malgré nos difficultés, l’état de notre union est fort » (17).

D’une année à l’autre, que ce soit Johnson, Nixon, Carter, Reagan, Bush père, Clinton, Bush junior et maintenant le premier président noir, Nobélisé de la paix, démocrate à la main tendue, qu’est-ce qui change ?

La durée des ovations ? L’intensité des applaudissements ? Le nombre de représentants quittant leur siège pour se lever et marquer leur soumission, leur dévotion, non pas au président, mais au Système dont ce Président provisoire n’est que la marionnette changeant tous les quatre, au pire tous les huit ans ?

C’est un peu, toujours, la même bande de « copains » qui donnent chaque année un petit spectacle gratuit pour faire croire qu’ils vont changer les choses, puis tout se termine au fond du même verre de bière, et chacun retourne cirer les pompes du lobby qui paie l’éclairage et le mobilier de son bureau.

A l’année prochaine pour faire l’état de l’Union.
Barack Obama, an III.

Encore plus de guerres, de milliards pour le Pentagone et les banques. Encore plus d’Etats-uniens dans les rues et de drones de par le monde.

Toujours moins d’honneur.
Toujours plus d’espoir.
Certainement.

Pascal Sacré

Notes :

* Traduction : Union des Escrocs d’Amérique ou Escrocs Unis d’Amérique.

(1) Le représentant au Congrès, républicain, Joe Wilson traite Obama de menteur en direct devant le Congrès réuni le mercredi 9 septembre, en rapport avec le projet de réforme du système de santé du président américain : http://www.lemonde.fr/ameriques/art...

(2) http://www.liberation.fr/monde/0101...

(3) http://www.paperblog.fr/2716459/les...

(4) Michael R Taylor, the Vice President for Public Policy at Monsanto Corp. from 1998 until 2001 : http://www.organicconsumers.org/art... Monsanto’terminator : http://www.greenpeace.org/france/ne...

(5) Rapport de Craig Murray, ambassadeur de Grande-Bretagne en Ouzbékistan jusqu’en 2004 : http://www.reopen911.info/News/2009...

(6) Etats-Unis : six millions de personnes n’ont que les coupons alimentaires pour seul revenu par Jerry White, http://www.mondialisation.ca/index....

(7) Le Dr. Ellen Bassuk présidente du National Center on Family Homelessness a ainsi déclaré que 1,5 millions d’enfants étaient SDF aux USA. Source : http://mwcnews.net/content/view/29970.

(8) Echo-endoscopie de la prostate : examen invasif qui consiste à introduire une sonde d’échographie par le rectum d’un patient éveillé pour visualiser la prostate, glande masculine, à la recherche d’anomalies types adénomes, hypertrophie, cancers…

(9) http://www.lemonde.fr/la-crise-fina...

(10) http://www.michelcollon.info/index....

(11) Selon le dernier rapport alarmant de l’OMS, l’accroissement de la pharmacorésistance pourrait priver le monde des moyens de guérir les malades et d’arrêter les épidémies (OMS, communiqué de presse 2000-41). La résistance bactérienne aux antibiotiques est un phénomène biologique naturel qui est amplifié parce que l’homme utilise trop et mal les antibiotiques dont il dispose. http://revue.medhyg.ch/article.php3...

(12) http://contreinfo.info/article.php3...

(13) Le département d’Etat a diffusé un sondage montrant que les deux tiers des habitants de Bagdad souhaitent le retrait des forces états-uniennes ; un sondage de dimension nationale, à un autre moment, donnait un chiffre de 70%. Voilà l’Irak. Si vous vous limitez à l’Irak arabe les chiffres sont encore plus élevés.

(14) http://www.dailymotion.com/video/xb... , minutes 19 et suivantes.

Après la fin de […] mars 2009, les effectifs des forces américaines en Irak seront d’environ 138.000 contre 146.000 à l’heure actuelle. Ce nombre avait atteint 160.000 avec l’arrivée des renforts.

(15) The Big Five, les plus gros producteurs militaires aux Etats-Unis, Lockheed Martin, Northrop Grumman, General Dynamics, Boeing, Raytheon.

Guerre et mondialisation, à qui profite le 11 septembre ? Editions Le Serpent à Plumes, 2002, par Michel Chossudovsky. P. 28 Encadré 1.4.

(16) http://www.legrandsoir.info/La-poud...

(17) Le Mensuel, le meilleur du Monde, Corine Lesnes, correspondante à Washington, Février 2010, pp. 44 à 46

http://www.legrandsoir.info/Dans-quel-etat-se-trouve-l-Union-des-menteurs-des-voleurs-et-des-envahisseurs.html

dimanche 21 février 2010

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98732


2-3 Quelle place pour les femmes dans les combats terrestres ?

Nb pour Info

L'interdiction faite aux femmes dans l'armée américaine de participer à des combats terrestres est de plus en plus remise en question au sein de l'état-major à la lumière des conflits en Afghanistan et en Irak qui ont exposé, de fait, les femmes soldats au feu ennemi.

«Je crois qu'il est temps de regarder ce que les femmes font vraiment en Irak et en Afghanistan et de réexaminer notre politique», a récemment déclaré le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général George Casey.

Ces commentaires ont coïncidé avec l'annonce par l'armée d'un projet de levée de l'interdiction faite aux femmes de servir dans les sous-marins, jusqu'ici un bastion masculin.

Malgré une politique visant à maintenir les femmes en dehors des unités combattantes, ces dernières ont été confrontées en Irak et en Afghanistan à des résistants qui ne se battent pas selon des lignes de front traditionnelles. Certaines y ont gagné des médailles récompensant leur bravoure.

Plus de 220 000 femmes ont jusqu'ici combattu en Irak et en Afghanistan pour l'armée américaine, et 120 ont été tuées, selon le Pentagone.

«Mon meilleur interrogateur de combat était une femme soldat, mon meilleur mécanicien de char était une femme soldat», souligne John Nagl, un ancien lieutenant-colonel qui a combattu en Irak, expliquant à l'AFP qu'il lui a fallu surmonter des obstacles administratifs pour leur permettre d'occuper ces postes.

Président du centre de réflexion Center for New American Security, John Nagl pense que des règles écrites dans les années 1990 pour définir le rôle des femmes dans l'armée sont obsolètes.

Ce sera au ministre de la Défense, Robert Gates, de décider s'il convient de changer d'approche. Son porte-parole, Geoff Morrell, reconnaît que «dans les faits beaucoup de femmes en uniforme participent à des missions de combat chaque jour, qu'elles soient pilotes d'hélicoptères, qu'elles fassent partie du personnel médical ou qu'elles s'occupent du soutien logistique».

Le comportement exemplaire des femmes soldats dans la première guerre du Golfe (1990-91) avait mené à une première vague de réformes, les autorisant à participer à des combats aériens et navals.

L'Irak et l'Afghanistan pourraient avoir un effet similaire concernant les combats terrestres, estime Nancy Duff Campbell, coprésidente du cercle de réflexion National Women's Law Center.

Elle souligne que les commandants veulent les meilleurs éléments dans leurs unités, sans considération de sexe, et qu'il est temps d'imposer «des règles sexuellement neutres».

Mais du côté droit de l'échiquier politique, certains se demandent si envoyer des mères au combat, en particulier des mères célibataires, est une bonne idée. «Quel effet cela fait-il à ces enfants de voir maman partir faire la guerre ?», s'interrogeait récemment l'écrivain Mary Eberstadt dans les colonnes du Washington Post.

Alexis Hutchinson, une mère célibataire travaillant dans l'armée de Terre, a récemment défrayé la chronique en refusant un déploiement en Afghanistan, expliquant que personne ne pouvait s'occuper de son bébé. Elle a été inculpée au pénal avant que les charges contre elle ne soient abandonnées.

La levée de l'interdiction qui leur est faite de participer aux combats au sol n'est qu'une question de temps, pour John Nagl, car il s'agit «simplement de reconnaître une vérité qui a déjà été écrite sur le champ de bataille en lettres de sang et de sueur».

01 mars

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201003/01/01-4256273-quelle-place-pour-les-femmes-dans-les-combats-terrestres.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


2-4 Wargame à Wahington : la cyber guerre arrive !
Le Bipartisan Policy Center a organisé, le 16 février 2010, un exercice simulant une cyber-attaque contre les Etats-Unis. Il s’agissait de démontrer la vulnérabilité du pays et de mobiliser l’opinion publique, dans la continuité des déclarations alarmistes du directeur national du Renseignement, Dennis Blair au Congrès.

Outre CNN, General Dynamics, SMobile Systems, Southern Company, PayPal, Symantec et l’université de Georgetown ont apporté leur concours logistique.

Le scénario a été rédigé par Michael Hyden (ancien directeur de la CIA) et la simulation elle-même a été co-dirigée par Thomas Kean et Lee Hamilton (qui avaient co-présidé la Commission présidentielle sur le 11-Septembre).

La salle de commandement de la Maison-Blanche a été reconstituée à l’hôtel Mandarin de Washington. Les rôles des membres du cabinet ont été joués par :

Rôle

Joueur

Conseiller de sécurité nationale

Michael Chertoff

Secrétaire d’Etat

John Negroponte

Secrétaire à la Sécurité de la Patrie

Fran Townsend

Directeur national du Renseignement

John McLaughlin

Secrétaire à l’Energie

Bennett Johnson

Secrétaire au Trésor

Stephen Friedman

Conseiller du président

Joe Lockhart

Cyber coordinateur

Stewart Baker

Secrétaire à la Défense

général Charles Wald

Selon le scénario, une application gratuite pour téléphone mobile destinée aux fans d’une équipe de basket-ball s’avère être un logiciel espion développé par des islamistes au Soudan et propagé via un serveur russe. En 45 minutes, il infecte les mobiles US, capture les mots de passe et les carnets d’adresse.

Bientôt les attaquants peuvent intercepter tous les mails qu’ils souhaitent et intervenir dans les transactions financières.

La bourse de Wall Street doit fermer et les contrôleurs aériens doivent annuler la plupart des vols. Les consommateurs abandonnent les téléphones portables et le trafic se reporte sur le réseau Internet qu’il sature…
L’exercice est sensé se dérouler à l’été 2011. Celui-ci est particulièrement chaud en raison des changements climatiques. Le réseau électrique est incapable de répondre à la demande accrue due à l’usage généralisé de la climatisation…
C’est le moment que les terroristes choisissent pour faire sauter une centrale électrique. De nombreux ordinateurs ne sont plus alimentés…
Non seulement la Maison-Blanche est débordée, mais elle ne sait pas contre qui elle doit riposter, ni de quelle manière…

Ah, tout cela ne serait pas arrivé si les Etats-uniens avaient acheté les anti-virus de SMobile Systems et de Symantec, si le département de la Défense avait acheté les derniers gadgets de General Dynamics, et si le pays s’était équipé avec les centrales nucléaires Exelon et les réseaux électriques de la Southern Company !

La simulation visait à démontrer une préparation insuffisante des services de sécurité états-unien et la nécessité de modifier la législation pour attribuer des pouvoirs d’exception à la Maison-Blanche en matière informatique. Des débats télévisés sont programmés pour discuter du nouveau concept de « cyber-hygiène ». Un projet de Loi martiale informatique devrait être prochainement présenté au Congrès qui permettra à l’exécutif de prendre instantanément le contrôle des grandes compagnies privées de téléphonie et d’internet en cas de nécessité de sécurité nationale.

Le Bipartisan Policy Center est un think tank créé en deux ètapes (2004 et 2007) par de grandes entreprises pour faire pression sur le gouvernement US qu’il soit démocrate ou républicain. Il sert de paravent à plusieurs multinationales dont Exelon (centrales nucléaires), Lockheed-Martin (avions), Johnson and Johnson (pharmacie), Ford (automobiles) et ConocoPhilips (pétrochimie). Ses lobbyistes se sont avérés particulièrement bien introduits dans l’administration Obama (notamment Thomas Daschle et George Mitchell).

En 2005, 2006, 2007 et 2008, le Bipartisan Policy Center avait confié au cabinet de relations publiques Downey McGrath le soin d’organiser deux exercices simulant un choc pétrolier (Oil Shockwave). Pour masquer les sponsors, une association ad hoc avait été créée, l’Energy Security Leadership Council, sous la houlette du général John Abizaid et de l’amiral Dennis Blair. Des personnalités de premier plan avaient participé à ces simulations, dont Richard Armitage, Carol Browner, Robert Gates, Robert Rubin, James Woolsey ou encore Philip Zelikov.

L’opération de propagande se terminera samedi et dimanche avec la diffusion par CNN d’un reportage de deux heures sur cet exercice (3 diffusions prévues à 8h, 11h et 14h Eastern Time), les samedi 20 et dimanche 21 février, sous le titre « Nous étions prévenus » (We Were Warned).

19 février 2010

http://www.voltairenet.org/article164167.html



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

 

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