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23/03/2010

n°323 - dossiers de l'Afghanistan - 22-03 - : Fin :-: La résistance souffre mais s'adapte sans cesser d'agir

n°323 - dossiers de l'Afghanistan - 22-03 - : Fin :-: La résistance souffre mais s'adapte sans cesser d'agir


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°323 du 22-03

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage (suite)

2-3 Mecanopolis : Entretien exclusif avec le porte parole du Conseil national de la résistance afghane.

2-5 Le rapport de l’Onu sur les prisons secrètes.

2-6 Afghanistan, Pakistan: un responsable américain avait un réseau d'espionnage privé.

2-7 Conférence sur l’Afghanistan: "Les troupes de l’OTAN doivent partir le plus vite possible!" .

2-8 L'ambassade des Etats-Unis à Kaboul, fer de lance civil de l'ambitieuse stratégie du président Barack Obama.

2-9 Forces armées canadiennes - Finie la guerre après 2011 ?

2-10 Thane Burnett : Les Canadiens favorables à la réduction des dépenses militaires.

2-11 Fabrice de Pierrebourg: Un ex-militaire américain réclame la tête du commandant canadien en Afghanistan.

 


2-3 Mecanopolis : Entretien exclusif avec le porte parole du Conseil national de la résistance afghane.

Qari Muhammad Yusuf Ahmadi est le porte parole du Conseil national de la résistance afghane pour les régions Sud-Ouest et Nord-Ouest de l’Afghanistan.

Les difficultés techniques incessantes rencontrées lors de nos communications*, ajoutées à de complexes procédures d’identification, nous ont demandé de reporter à plusieurs reprises la publication de cet entretien.

Nous prions nos lecteurs de bien vouloir nous excuser pour ce retard.

Notre objectif n’est évidemment pas d’adhérer ou de relayer une quelconque idéologie de violence, mais de donner un contre-poids aux mensonges de la propagande des armées d’occupation en Afghanistan, cela dans le but d’offrir le plus large éventail d’information possible, afin que chacun puisse se forger sa propre opinion.

Mecanopolis

Qari Muhammad Yusuf Ahmadi, que pouvez-vous nous dire sur la situation dans la province de Helmand et plus particulièrement sur les récentes attaques des armées d’occupation dans cette région ?

Depuis le le premier jour de ce qu’ils appellent « une opération d’envergure », le 13 Février 2010, les troupes ennemies n’ont pas été en mesure de gagner une seule bataille dans le district de Nad Ali (voir la carte).

A Marjah, l’ennemi n’a jamais pu pénétrer au-delà des quartiers périphériques que nous avions évacués afin de lui tendre ensuite un piège. Depuis samedi, l’ennemi voudrait faire diversion en lançant d’autres attaques sur les provinces de Farâh et Kandahar principalement, mais aussi Uruzgan et Zabul. L’objectif est de couvrir par de nouveaux mensonges les pertes que les moujahidin leur ont infligées dans le Helmand.

C’est désormais un fait acquis que les Américains et leurs complices ne sont pas en mesure de poursuivre l’occupation de l’Afghanistan par des moyens militaires. Ce serait mieux pour eux de retirer leurs forces de notre pays et de laisser les Afghans vivre comme ils l’entendent.

(…) Voici les chiffres des dernières opérations de la résistance :

Marjah :

Troupes étrangères tuées 382

Troupes afghanes tuées 4

Kandahar :

Troupes étrangères tuées : 28

Troupes afghanes tuées : 33

Farah:

Troupes étrangères tuées : 29

Troupes afghanes tuées 17

Zabul:

Troupes étrangères tuées : 3

Troupes afghanes tuée 26.

Uruzgan:

Troupes étrangères tuées : 5

Troupes afghanes tuée 19

Comment expliquez-vous que les informations que vous présentez par vos communiqués soient diamétralement opposées aux rapports des armées d’occupation ?

Nous ne voulons pas mettre votre parole en doute, mais n’y a-t-il pas néanmoins une tentation chez vous aussi d’user de propagande en exagérant la portée des victoires et en minimisant les pertes ?

Nous publions des communiqués en premier lieu pour le peuple afghan qui, dans sa très grande majorité, soutien l’action des moujahidin. Que ces communiqués soient repris et traduits nous réjouis mais notre objectif principal est d’informer les afghans. Si nous avions menti, ne serais-ce qu’une seule fois, nous aurions perdu toute crédibilité auprès de la population qui nous soutient.

Malgré la guerre, les informations circulent très vite ici. Si, par exemple, à Marjah, nous avions annoncé une victoire alors qu’il s’agissait d’une défaite, cela aurait été très vite connu.

En réalité, toutes les informations que nous communiquons sont scrupuleusement vérifiées.

Tous ces efforts (de mensonges rapportés) par l’ennemi ont pour but de distraire l’attention du public du monde à partir Marjah. Cette entreprise moribonde va aussi échouer parce  que les moudjahidin ne sont pas à court de main-d’œuvre et d’hommes armés.

En tant que porte parole pour la région de Helmand, avez-vous des contacts réguliers avec des journalistes occidentaux sur place ?

Depuis l’arrestation de deux journalistes de la chaine Al-Jazeera (Qais Azim et Hamidullah Mohammad Shah) par la direction nationale de la sécurité (DNS service de renseignement afghan) en juin 2009 et la confiscation de tout leur matériel, il est devenu difficile pour des journalistes de venir nous rencontrer.

Le président fantoche (Karzaï), avait prétendu que, dans cette affaire, qu’il n’était pas question de liberté de la presse, mais d’interdire un sujet favorable aux moujahidin. Les reportages ne peuvent en effet que nous être favorables si les médias font leur travail, et c’est ce qui pose un problème au gouvernement mis en place par l’ennemi américain. La vérité leur est insupportable.

C’est pour cette raison que le président fantoche (Karzaï) impose un « black out » total des médias sur cette guerre. Même à Kaboul, les journalistes ont besoin de l’autorisation de la DNS pour se déplacer, et ils sont en permanence accompagnés et surveillés. Quel journaliste pourrait prétendre faire son travail dans de pareilles conditions ? Tous ceux qui ne suivent pas ces recommandations sont arrêtés et interrogés, quand ils ne disparaissent pas plus simplement de la circulation ou sont enlevés par de mystérieux ravisseurs qui les échangent ensuite contre des rançons.

Toutes ces actions n’ont pour but que de décourager les journalistes à venir en Afghanistan afin d’établir la réalité des faits.

Les généraux américains indiquent que l’opération à Marjah était importante en raison du trafic d’opium qu’ils attribuent à la résistance. Que pouvez-vous dire à propos de cela ?

Nous avions quasiment éradiqué la production d’opium dans notre pays en 2001.

La flambée de la culture du pavot correspond a l’arrivée de l’ennemi sur nos terres. Le frère du président fantoche (Karzaï) est lui même inculpé dans une affaire de trafic international. La présence même de l’envahisseur américain se légitime par le trafic de la drogue. Notre pays est occupé par plusieurs dizaine de milliers de soldats étrangers. Ce sont eux qui contrôlent nos frontières. Qui d’autres qu’eux pourraient sortir la drogue du pays et l’acheminer en Occident ? Pour toutes nos actions, nous nous référons à la loi de Dieu. Cela nous interdit de faire le commerce de la drogue.

Un autre prétexte régulièrement utilisé pour justifier cette guerre est que l’Afghanistan est le centre névralgique du terrorisme international.

Nous ne songeons qu’à terroriser l’ennemi. Nous n’avons jamais commis une action de guerre en dehors de notre pays. Nous voulons la liberté d’organiser un système de gouvernement fondé sur les besoins du peuple afghan, à partir de la tradition islamique. Pourquoi les États-Unis ne nous concèdent-ils pas ce droit ? Pourquoi tentent-ils d’étouffer nos voix sous le prétexte du terrorisme ?

Nous savons pertinemment que l’envahisseur américain et ses alliés vont toujours trouver des prétextes pour poursuivre leur occupation de l’Afghanistan. Le terrorisme, la démocratie, les droits de l’homme, droits des femmes ne sont que de simples slogans utilisés par l’ennemi américain afin d’atteindre leurs objectifs impérialistes dans cette partie du monde et en Afghanistan en particulier.

De nombreux cas de tortures de détenus à Guantanamo, Bagram, la prison d’Abou Gharib, Camp Nama en Irak et les prisons secrètes PRT dans des bases militaires en Afghanistan, montrent des violations flagrantes et brutales des droits de l’homme par des enquêteurs américains par leurs troupes en Afghanistan et en Irak.

(…) Vous m’avez expliqué hier qu’en France une femme est violée toute les 10 minutes.

C’est quelque chose que nous ne permettrions jamais dans notre pays. Pourquoi les dirigeants français eux aussi veulent-ils nous dire comment nous devons vivre alors qu’ils ne sont pas même capable de faire régner la justice dans leur pays ?

(…) Nous demandons aux envahisseurs américains et à leurs subalternes : pourquoi tuez-vous de jeunes innocents. Pourquoi tuez vous des hommes et des vieillards sous les yeux mêmes des membres de leur famille au cours de raids nocturnes ? Vous avez même tué un bébé de quatre jours devant sa mère à Garbez, dans la province de Khost, à la fin de l’année dernière. Était-il un terroriste ou étais-ce juste là une « opération de terreur » destinée à effrayer les populations qui nous soutiennent, perpétrée par vos soldats ? Est-ce comme cela que les Defenceurs de la démocratie agissent ? En n’épargnant pas même un enfant de quatre jours?

Les opérations que mène l’ennemi sous le prétexte de la « lutte contre le terrorisme » est une guerre tyrannique et colonialiste, menée contre les combattants de la liberté. Car en effet, les moujahindin se battent pour la liberté, pour leur dignité humaine, pour leur pays et pour les valeurs de l’Islam. Nul envahisseur, aussi puissant soit-il, ne saura jamais étouffer la voix de la vérité dans la gorge du peuple afghan. Peu importe les quelques batailles que l’ennemi pourra remporter. A terme, grâce à la volonté de Dieu, le peuple opprimé d’Afghanistan remportera cette guerre entre la vérité et le mal.

(…) Les États-Unis sont une nouvelle forme de pouvoir colonialiste. Ils veulent maintenir leur domination sur le monde et utilisent pour cela le prétexte de la démocratie et des droit de l’homme. Mais dans leurs bouches ce ne sont plus que des slogans vides de sens. En réalité, les États-Unis sont les ennemis de la dignité des valeurs humaines.

06 mar 2010,

 Mecanopolis

Reproduction autorisée avec indication des sources

Les photographies sont issues du magazine de la résistance afghane en langue anglaise « In Fight » : InFight_14_BattlesInMarjah_pdf

Nos remerciements vont aux administrateurs du site internet as-ansar.com, qui nous ont permis d’entrer en contact avec le Conseil national de la résistance afghane (Émirat islamique d’Afghanistan).

*Entretien réalisé entre le 1er et le 6 mars 2010 par téléphone, aux numéros 008821621346341, 0093700886853 et 0093707163424. Nous publions ces numéros avec la permission de leurs détenteurs. Mecanopolis et ses ayant droit déclinent toute responsabilité de l’usage qui pourrait être fait par des tiers de ces numéros.

La réalisation de cet entretien, sa publication et sa diffusion ne contreviennent nullement à la législation suisse en vigueur, ni à aucune des dispositions de « l’ordonnance fédérale instituant des mesures à l’encontre des Résistants » du 2 octobre 2000, ainsi que ses modifications ultérieures.

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http://www.mecanopolis.org/?p=14344


2-5 Le rapport de l’Onu sur les prisons secrètes.

Publié par l’ONU le 27 janvier dernier, le document de 220 pages crée l’embarras au sein des gouvernements. Initialement prévue lundi 8 mars, la présentation du rapport est reportée à la session de juin. Fruit d’enquêtes croisées entre l’expert indépendant sur la lutte contre le terrorisme, Martin Scheinin, et celui sur la torture, Manfred Nowak, ainsi que les groupes de travail sur les disparitions forcées et sur la détention arbitraire, l’étude ne révèle rien qui ne soit déjà du domaine public – y compris le nom les 66 pays qui ont détenu au secret des personnes soupçonnées de terrorisme depuis 2001. En revanche, elle met en lumière l’ampleur des connections et les complicités entre les Etats, tous continents confondus. "Ces informations étaient connues, mais de manière éparpillée, confirme Antoine Madelin, représentant de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) auprès de l’Union européenne. C’est la première fois qu’un document donne une vue universelle sur la question, avec en plus le tampon officiel de l’ONU." Dans son rapport sur les vols secrets de la CIA présenté en juin 2007 au Conseil de l’Europe, le parlementaire tessinois Dick Marty avait révélé la connivence de 14 pays européens. "Mais cette fois, la mise en évidence d’un réseau mondial démontre comment les services secrets peuvent élaborer des pratiques en dehors de tout contrôle démocratique, en parallèle, voire à l’insu de leur gouvernement, explique-t-il au téléphone. Et on est encore loin d’avoir fait toute la lumière ! Aussi bien pour Dick Marty que pour Antoine Madelin, le rapport pointe du doigt la nécessité impérative d’obtenir plus de transparence des services secrets dans la lutte contre le terrorisme. Un problème auquel la communauté internationale a refusé de répondre jusqu’à aujourd’hui, affirment-ils. "Le rapport met aussi sur la table un autre problème non résolu en Europe : les responsabilités dans les vols de la CIA. Très peu d’affaires ont été traduites en justice alors que les liens sont avérés", ajoute le représentant de FIDH. Des raisons qui expliquent le malaise général. Le 31 décembre 2009, le Pakistan envoyait au nom de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) une lettre au président du Conseil, Alex Van Meeuwen, demandant que le rapport ne soit pas reconnue comme document officiel de l’ONU, donc qu’il ne soit pas présenté au Conseil des droits de l’homme. Selon la lettre, les rapporteurs spéciaux auraient outrepassé leur mandat en menant cette enquête de leur propre initiative. Ils reprochent par ailleurs à Martin Scheinin de n’avoir pas rédigé une autre enquête qui lui avait été demandé par le Conseil sur les bonnes pratiques en matière de lutte antiterroriste. Le 8 janvier, l’ambassadeur du Nigeria, au nom du groupe des pays africains, réitérait la demande au président Van Meeuwen. Lequel répondait le 11 février, après consultation juridique, que les experts n’avaient en rien outrepassé leur mandat et qu’ils avaient agi en total accord avec leur code de conduite. Selon Peter Splinter, représentant d’Amnesty International auprès de l’ONU à Genève, ces protestations faites au nom des pays de l’OCI et du groupe africain ressemblent à des "tactiques pour étouffer davantage les procédures spéciales à la veille du processus de révision du Conseil prévu plus tard cette année." Ces pays, qui avaient réussi à imposer un code de conduite pour les rapporteurs spéciaux en 2007, aimeraient un contrôle encore plus serré.

Tabnak.com - Publié par l’ONU

08-03

http://french.irib.ir/index.php/article/32027-le-rapport-de-lonu-sur-les-prisons-secretes


2-6 Afghanistan, Pakistan: un responsable américain avait un réseau d'espionnage privé.

Un responsable du gouvernement américain a mis en place un réseau de sous-traitants privés en Afghanistan et au Pakistan dans le but de localiser et de tuer des résistants résistants présumés, rapporte lundi le New York Times.

"Cet article formule de graves accusations et soulève de nombreuses questions qui exigent d'être étudiées par ce département", a réagi lundi un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, tout en refusant de dire si l'affaire faisait l'objet d'une enquête.

Citant sous le couvert de l'anonymat des sources militaires officielles et des hommes d'affaires en Afghanistan et aux Etats-Unis, le quotidien écrit que ce responsable du ministère américain de la Defence, Michael Furlong, a embauché des sous-traitants auprès de sociétés de sécurité privées faisant travailler d'anciens agents de la CIA et des forces spéciales américaines.

Ces sous-traitants collectaient des renseignements permettant de localiser des résistants résistants et des camps rebelles, selon le journal.

Les informations étaient adressées à des responsables de l'armée et du renseignement pour être ensuite utilisées dans des frappes au Pakistan et en Afghanistan.

Certains responsables américains ont exprimé leur préoccupation face à la possibilité que Michael Furlong soit à la tête d'un réseau d'espions non officiel, sans qu'on sache réellement qui supervisait ses opérations, selon le New York Times, soulignant qu'il est généralement considéré comme illégal que des militaires embauchent des sous-traitants privés pour qu'ils agissent en tant qu'espions sous couverture.

Le réseau de Michael Furlong a pu également être financé par des détournements d'argent consacré à un programme visant à collecter des renseignements dans la région, selon le journal.

Le réseau mis en place par Furlong a été démantelé et ce dernier fait l'objet d'une enquête du Pentagone, qui l'accuse notamment de fraude, selon des sources officielles anonymes citées par le New York Times.

16/3

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gmy2-WVHS3fpj8YCH5HO5tVG4MFg


2-7 Conférence sur l’Afghanistan: "Les troupes de l’OTAN doivent partir le plus vite possible!" .

Le 12 février a eu lieu la soirée de clôture de la « tournée anti-guerre en Afghanistan » organisée par la plate-forme anti-guerre et Mariam Rawi, de l'organisation progressiste des femmes en Afghanistan RAWA.

A la conférence de Bruxelles, trois autres interlocuteurs ont exprimé leur opinion sur la situation et les perspectives en Afghanistan aujourd’hui.

Mariam Rawi a, sur base de son expérience du terrain, un avis très prononcé sur le sujet : toutes les troupes étrangères doivent immédiatement partir ; la société civile afghane s’occupera elle-même du terrorisme et du fondamentalisme; et la communauté internationale peut donner un coup de main en jugeant les criminels de guerre qui se trouvent actuellement dans le gouvernement Karzaï. 

Jan Vandemoortele (coordinateur des Nations Unies au Pakistan de 2005 à 2008, également connu comme un des pères fondateurs des Objectifs du Millénaire) a apporté une argumentation très claire contre la présence des troupes de l’OTAN en Afghanistan: « Les troupes étrangères ne peuvent plus faire partie de la solution, elles sont elles-mêmes devenu le problème central. A la différence des années 2001-2002, les Afghans ne considèrent à présent plus l’OTAN comme une force du bien. Nous devons partir de là et dès à présent." Mais retirer les troupes occidentales n'équivaut pas à tourner le dos à l’Afghanistan. Vandemoortele: « Nous devons rester concernés par la communauté civile, en coulisses, afin d’aider à la reconstruction. Et il faudra certainement, du fait de la mauvaise situation de la sécurité, une phase de transition ainsi qu’une certaine aide militaire pour ‘faire régner la paix’. Mais de la part de pays qui ont une autre perception que les partenaires de la coalition actuelle, par exemple des pays musulmans comme l’Indonésie et le Bangladesh. »

La jeune politicienne Juliette Boulet (Membre de la chambre pour Ecolo, membre de la Commission des Affaires Étrangères et de la Défense) a fait sa thèse sur l’Afghanistan et connaît donc très bien la problématique. Elle plaide également pour un départ des troupes étrangères, aussi vite que possible, c’est ce que le peuple afghan demande : « Dans un rapport d’avril 2009 les ONG afghanes ont confirmé que la présence des militaires étrangers constituait un obstacle dans l’exercice de leurs travaux ». Boulet croit à une solution régionale pour la crise en Afghanistan.

Antonio Gambini (Conseiller auprès de l’Institut Emile Vandervelde du PS) avait la tâche ingrate de défendre plus ou moins la position du gouvernement: le PS soutient effectivement les décisions du Gouvernement belge afin d’envoyer plus de 600 soldats et 6 « F-16 » en Afghanistan. Gambini renvoie à la position de la Belgique lors de la guerre en Irak, à laquelle notre pays n’a pas participé directement : « Après, vu la pression des États-Unis, ce fut très difficile de ne pas aller en Afghanistan ». Le PS espérait avec les élections récentes à Kaboul voir se développer « une véritable démocratie" (sic)... Qu'est-ce qui devrait changer selon Antonio Gambini? A la façon d’Obama, il parle « d’un changement complet », notamment « une mise en avant des efforts civils - y compris la formation de la population en politique et en droit – avec des efforts militaires loin derrière » (murmures dans la salle). Et devons-nous quitter l’Afghanistan? "Pas dans la précipitation, selon Gambini,"et chaque stratégie de retrait doit permettre aux Afghans de maîtriser eux-mêmes leur sécurité ».

La plupart des questions dans la salle étaient adressées à Mariam Rawi. Voici ses réponses en style télégraphique :

L’OTAN est en Afghanistan à cause des intérêts économiques et géostratégiques, à cause des pipelines de pétrole et de l'importance des pays voisins.

Lorsque les troupes de la coalition se retirent, les résistantss prendront probablement le pouvoir. Mais à présent, ils sont déjà au pouvoir dans la majorité du pays. Et dans les cercles de l’OTAN, on parle de plus en plus de négociations avec une participation au gouvernement des résistantss « modérés »: alors où est la différence avec une prise de pouvoir des résistantss? Car après toutes les violations des droits des femmes, le fondamentalisme et le terrorisme sous le régime de Karzaï est à peine moindre que celui des résistantss.

Bâtir des écoles et des hôpitaux n’est pas une bonne idée, car l’Afghan moyen ne fait pas la différence entre les militaires et les gens de la coopération au développement issus des mêmes pays occidentaux. (Ce que Jan Vandemoortele a confirmé.)

A l'intérieur et autour de Kaboul, il y a des centaines de milliers de réfugiés, vivant dans des conditions lamentables. Ils se sont souvent enfuis suite aux bombardements de l'OTAN à Helmand, Kandahar et Kunduz, donc il est probable qu'ils aient du fuir également les bombes des « F-16 » belges.

L’information et la conscientisation sont très importantes, car on connaît trop peu la réelle situation en Afghanistan. Des actions de protestation contre la guerre et l’occupation et des campagnes de solidarité en faveur des populations afghanes, sont d’autres formes d’un engagement sensé.

Juliette Boulet a encore donné des informations très intéressantes sur les militaires belges, qui selon elle sont souvent « choqués » lors de leur retour d'Afghanistan. « La désinformation à laquelle ils sont exposés lors de leur départ, est monstrueuse », dit-elle. « Les Afghans sont présentés dans les briefings comme étant de potentiels Ben Laden. » Boulet critiquait également le Ministre de la Défense De Crem: « Même dans les Commissions spéciales privées de la Défense, il refuse de donner des informations sur le nombre de victimes civiles lors d’actions militaires belges. Il ne prétend même pas dire combien de fois les Belges ont du tirer. » Antonio Gambini en a profité pour dénoncer encore un peu plus le « va-t-en guerre ultra atlantiste » qu’est De Crem, mais Josy Dubié (ancien sénateur Ecolo et spécialiste de l’Afghanistan), présent dans la salle, a fait gentiment remarquer que le prédécesseur de De Crem, Flahaut, « était peut-être plus réservé mais il est finalement aussi parti en Afghanistan ».

Jan Vandemoortele a dit encore que finalement le but est que les Afghans soient eux-mêmes capables de se hisser à la tête du pays et de s’occuper de leur propre développement, et que nous devons moins nous focaliser sur nous-mêmes, sur nos propres politiques et perceptions. « Il s’agit d’eux et pas de nous », a-t-il conclu.

http://www.intal.be/fr/article/conference-sur-l%E2%80%99afghanistan-les-troupes-de-l%E2%80%99otan-doivent-partir-le-plus-vite-possible


2-8 L'ambassade des Etats-Unis à Kaboul, fer de lance civil de l'ambitieuse stratégie du président Barack Obama.

L'ambassade des Etats-Unis à Kaboul, fer de lance civil de l'ambitieuse stratégie du président Barack Obama en Afghanistan, est à un point de rupture qui fait douter de sa capacité à remplir sa mission, selon un rapport officiel rendu public samedi.
   "Même sous la houlette de supérieurs compétents, avec les meilleures intentions du monde et les efforts les plus fervents, l'ambassade de Kaboul fait face à de sérieux obstacles pour arriver en temps voulu au +succès+ demandé par l'administration", souligne ce rapport de l'inspecteur général du département d’état.
   Les personnels de l'ambassade, alors qu'ils étaient quasiment entièrement renouvelés, ont en même temps dû aider à l'organisation des élections présidentielles et contribuer à la révision de la stratégie afghane menée par
la Maison Blanche l'année dernière.
 De fait, le triplement des personnels civils – de 320 à 900 début 2010- et les difficultés rencontrées pour les mettre à pied d'œuvre "vont restreindre, à court terme, la capacité de ces nouveaux fonctionnaires à promouvoir la stabilité, la bonne gouvernance et l'établissement d'un véritable cadre juridique".
   Ce sont les piliers même de la mission qui leur a été confiée par le président Obama pour lequel un Afghanistan stable est un élément essentiel de la lutte contre Al-Qaïda.  
"L'inspection de l'ambassade a eu lieu il y a plusieurs mois (octobre-novembre 2009, ndlr). En général, les conclusions sont exactes", a indiqué par courriel la porte-parole de l'ambassade Caitlin Hayden.
   "Nombre de points et de recommandations sont similaires à ce qu'on trouve dans les rapports sur d'autres ambassades dans le monde et nous mettons dès à présent en œuvre la grande majorité des recommandations", a-t-elle souligné. 
Le rapport met l'accent sur le nombre "incroyable" de visiteurs officiels que l'ambassade doit prendre en charge.
   Ces visiteurs "distraient des militaires et civils qui seraient normalement déployés pour participer à la lutte contre l'insurrection et aux efforts de reconstruction. Or, ce sont précisément ces efforts que ces visiteurs sont venus évaluer", souligne le rapport.
Les délégations sont tellement nombreuses que certains personnels interrogés par les enquêteurs ont parlé de "tourisme de guerre".
   Le rapport dénonce aussi des conditions de travail difficiles: semaines de 80 heures qui épuisent les fonctionnaires, rotation du personnel qui empêche de bien maîtriser les dossiers et de les suivre. Et jusqu'au décalage horaire qui contribue à la désorganisation. 
Le siège à Washington n'hésite pas à organiser des téléconférences en fin de journée quand il est déjà 2 ou 3 heures du matin à Kaboul. 
Le document note également que l'ambassade a du mal à suivre de près les contrats qu'elle assigne, une tâche rendue encore plus difficile par les dangers qui guettent ses personnels en-dehors de l'enceinte ultra-protégée de la mission au centre de Kaboul.
  
Le mois de septembre dernier, dans un rapport réalisé par une organisation non gouvernementale américaine baptisée Project on Government Oversight (Pogo  un scandale avait éclaboussé l’ambassade américaine.

Accusant les membres du  personnel chargé de sa sécurité (de la société Armogroup) d’excès, les photographiant en état d’ébriété, presque nus,  urinant autour d’un feu de joie, et parfois même sur des Afghans. Des enregistrements vidéo montrent en outre des séances de bizutage tout aussi dévêtues et alcoolisées

07/03

.http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=127969&language=fr


2-9 Forces armées canadiennes - Finie la guerre après 2011 ?

Un rapport suggère au Canada de revenir aux missions de paix de l'ONU

En juillet 2011, le Canada retirera ses soldats de l'Afghanistan.

Que faire ensuite?

Quel rôle la force militaire canadienne devrait-elle jouer dans le monde?

Une nouvelle étude du Canadian Defence and Foreign Affairs Institute conclut qu'Ottawa a toutes les raisons de revenir à son rôle traditionnel de maintien de la paix au sein des missions de l'ONU, une tâche qu'il a délaissée depuis plusieurs années.
L'étude, dont Le Devoir a obtenu copie, est intitulée Qu'est-il advenu du maintien de la paix?

L'avenir d'une tradition.

Elle sera rendue publique ce matin. Ce document est l'un des plus complets rédigés sur le sujet au Canada ces dernières années. Non seulement l'étude aborde-t-elle le rôle du Canada, mais elle fait aussi la synthèse des études réalisées dans le monde sur l'efficacité des missions de paix menées sous l'égide des Nations unies. Le document sera d'ailleurs consulté et analysé dans les plus hautes sphères du gouvernement fédéral, a appris Le Devoir, puisque les sous-ministres de la Defence nationale et des Affaires étrangères s'intéressent au dossier.
Le document a été écrit par Jocelyn Coulon, également directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix de l'Université de Montréal, et Michel Liégeois, du département de sciences politiques de l'Université de Louvain, en Belgique.
Après huit mois de recherche et de multiples visites dans des pays où se déroulent des opérations de maintien de la paix de l'ONU, les auteurs concluent que le Canada est mûr pour un nouveau virage. Après tout, le Canada a inventé les Casques bleus, en 1956, lors de
la Crise de Suez.
«Dans quelques mois, le Canada amorcera le retrait de son contingent militaire en Afghanistan après une décennie de présence, écrivent MM. Coulon et Liégeois. Au cours de ces années, les autorités gouvernementales canadiennes ont préféré engager le Canada dans des interventions militaires hors du cadre de l'ONU et, dans le cas particulier de l'Afghanistan, dans une mission de lutte anti-insurrectionnelle. Ce choix est parfaitement légitime. Mais les Canadiens et leurs élites doivent aussi se rappeler que [Lester B.] Pearson a laissé un héritage dont l'étonnante transformation et la grande vitalité surprennent. [...] Le Canada, fort de cette tradition et de l'expérience exceptionnelle et courageuse de ses militaires en Afghanistan, est dorénavant en mesure de se réengager dans les opérations de paix.»
Le Canada arrive actuellement au 57e rang des pays participant aux opérations de l'ONU (voir tableau), avec 142 soldats ou policiers sous le drapeau des Nations unies. Ottawa, comme plusieurs capitales occidentales, a tourné le dos aux Casques bleus, ces dernières années, préférant multiplier les missions sous la direction de l'OTAN.

Aujourd'hui, l'ONU doit se rabattre sur des pays émergents, comme le Pakistan, l'Inde ou le Bangladesh, pour garnir les rangs de ses missions.
Ce désengagement du Canada s'est effectué sans débat public, déplorent les auteurs. Les politiciens et les experts n'ont pas expliqué aux citoyens que la nature de la présence militaire canadienne dans le monde avait changé. Au point que, selon les sondages, la majorité des Canadiens considèrent encore leur pays comme une nation de Casques bleus, alors que la contribution est famélique. «Le refus des Occidentaux en général, et du gouvernement canadien en particulier, de distinguer le maintien de la paix et l'imposition de la paix afin de qualifier leurs interventions militaires est certainement le résultat d'une stratégie politique ayant comme objectif de faire accepter des interventions plus robustes par une opinion publique réticente», écrivent les auteurs.
La fin de la guerre froide
Le point de bascule a lieu au début des années 90, lorsque la guerre froide prend fin et avec elle les conflits classiques entre nations. Les nouvelles missions sont souvent des conflits à l'intérieur des États, où le chaos règne et où s'affrontent des pans entiers de la société. Il n'y a aucun cessez-le-feu en vigueur, et le banditisme est un mode de vie.
Mal adaptée à ces situations, l'ONU a trébuché lors de certaines opérations. «La première moitié des années 90 est une période particulièrement traumatisante pour les opérations de paix de l'ONU en général, et pour le Canada en particulier. La trilogie funeste — Somalie, Bosnie, Rwanda — secoue les consciences dans le monde et affecte directement les Canadiens», peut-on lire dans l'étude. Ottawa accélère alors son désengagement des missions de l'ONU et s'active à l'OTAN, l'alliance militaire qui regroupe ses alliés occidentaux. Le Kosovo puis l'Afghanistan deviennent ses principales missions.
Malgré les ratés de certaines opérations de l'ONU dans les années 90, les deux auteurs déclarent, après une synthèse de plusieurs études internationales, que plusieurs pays (dont le Canada) ont trop rapidement conclu à l'échec de l'ONU. «La polémique sur l'efficacité ou non du maintien de la paix a-t-elle eu lieu trop tôt? Nous croyons que oui», peut-on lire dans la conclusion.
D'abord, les études montrent que la majorité des opérations de l'ONU ont atteint leurs objectifs sur une longue période. Ensuite, l'ONU a appris de ses erreurs et ne mène plus ses interventions de la même manière.
Les auteurs en veulent pour preuve l'actuelle mission de l'ONU au Liban,
la FINUL II. «Son mandat ne s'éloigne guère de ceux des opérations dites traditionnelles, mais à y regarder de plus près, les différences sont considérables, et ce, à tous les niveaux: armement lourd (chars de combat, composante navale, etc.), règles d'engagement renforcées, état-major adapté aux standards de l'OTAN, création d'une "cellule militaire stratégique", non-subordination du commandant de la force à un chef de mission... Le Canada n'a donc plus rien à craindre des nouvelles opérations de paix de l'ONU, d'autant plus que l'expérience acquise par ses troupes en Afghanistan pourrait être d'une grande utilité dans ces opérations où la force peut être utilisée, et la mission et ses effectifs mieux défendus qu'auparavant», affirment les auteurs.
Conscients des transformations en cours à l'ONU, plusieurs pays occidentaux ont récemment donné une nouvelle chance aux opérations de maintien de la paix, soulignent les auteurs. L'Italie et
la France, par exemple, ont repris du service. Sans dire que le Canada doit en faire le centre de sa politique étrangère et militaire, MM. Coulon et Liégeois affirment qu'Ottawa, avec sa tradition de Casques bleus, a le profil parfait pour contribuer davantage aux missions de l'ONU et ainsi aider l'organisme à s'adapter aux conflits modernes.

 2 mars

 http://www.ledevoir.com/politique/canada/284160/forces-armees-canadiennes-finie-la-guerre-apres-2011


2-10 Thane Burnett : Les Canadiens favorables à la réduction des dépenses militaires.

Il faut donner une chance aux retombées pacifiques, selon les Canadiens. Après avoir envoyé des soldats en Afghanistan pendant une bonne partie de la décennie, la majorité de la population désire maintenant que l’on s’attaque aux problèmes domestiques en priorité, a révélé un sondage exclusif de l’Agence QMI.

La question de ce sondage national, mené par Léger Marketing, était:

Avec le retrait des militaires canadiens d’Afghanistan l’an prochain, vers quoi le gouvernement devrait-il axer ses dépenses militaire?

Près de 60% des personnes interrogées ont répondu: «Le Canada devrait saisir les retombées pacifiques et couper dans les dépenses militaires pour se consacrer à d’autres besoins plus urgents au pays.»

Le Québec arrive en tête, près des trois quarts des répondants étant favorables à la réduction des dépenses militaires.

En Alberta, seulement 44% des personnes interrogées ont fourni cette même réponse,

alors qu’en Ontario, 56% des répondants ont opté pour les priorités sociales.

À travers le pays, 28% des gens veulent : « Maintenir ou accroître les dépenses militaires car la sécurité dans un monde post 11 septembre est de la plus haute importance. »

Les Albertains viennent en tête de ceux qui souhaitent que l’armée demeure une priorité importante. Quelque 15% des Canadiens n’avaient pas d’opinion à cet égard.

«Dans le budget qui vient d’être déposé et qui maintient les dépenses de l’armée jusqu’à la fin de notre engagement en Afghanistan, le gouvernement n’a pas fait ce que la majorité des Canadiens attendent de lui, soit transférer ces fonds vers les programmes qui agissent à l’intérieur de nos propres frontières, a mentionné le vice-président de Léger Marketing, Dave Scholz. Il est important de noter que cela ne veut pas dire que notre soutien envers les troupes diminue, mais c’est plutôt un changement de priorité.»

Toutefois, Alan McLaren, le père du caporal Mark Robert McLaren, un combattant héroïque qui est mort lorsque son véhicule blindé a heurté un engin explosif improvisé à l’ouest de Kandahar, en décembre 2008, se demande s’il ne serait pas préférable de diriger les dépenses à la fois vers l’armée et les causes sociales.

«L’idéal serait de les diviser à part égale pour ne pas oublier personne», a-t-il dit à partir de son domicile de Peterborough, en Ontario. Il faut injecter des fonds dans notre infrastructure militaire, car elle en a besoin pour se maintenir et s’améliorer, a-t-il expliqué. «Mais je demeure convaincu qu’il faut investir dans les programmes sociaux et conserver de bons soins de santé, par exemple», a-t-il ajouté.

Il se demande également si, en répondant au sondage, la plupart des Canadiens comprenaient réellement l’impact de leur choix.

Ce sondage a été effectué en ligne entre les 1er et 4 mars auprès d’un échantillon de 1519 adultes canadiens. Sa marge d’erreur est de ± 2,5% 19 fois sur 20.

Agence QMI 
Thane Burnett
05/03/2010 21h56  

http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2010/03/20100305-215608.html


2-11 Fabrice de Pierrebourg : Un ex-militaire américain réclame la tête du commandant canadien en Afghanistan.

Un influent journaliste de guerre et des centaines d’Américains, incluant des militaires, réclament sur Internet la tête du commandant canadien de la Force opérationnelle en Afghanistan à la suite d’une spectaculaire attaque de la guérilla aux portes de la base multinationale de Kandahar.

L’attaque a été exécuté le lundi 1er mars, aux premières heures de la journée dans un secteur qui fait partie du large périmètre de sécurité de la base, connue sous l’acronyme de KAF (Kandahar Air Field).

À quelques encablures de là, des soldats canadiens et américains, et une bonne partie de leur hiérarchie, avaient passé une partie de la nuit les yeux rivés sur ce qui se passait à Vancouver, à cause du décalage horaire.

Une distraction fatale aux yeux des détracteurs du brigadier général Dan Ménard.

Cet officier canadien, le premier à diriger un régiment américain, a succédé au Brigadier-général Jonathan Vance aux commandes de la Force Opérationnelle Interarmées (FOI-Afg) à Kandahar le 19 novembre dernier.

« Ce général doit être congédié. Un poids mort au sommet ne peut pas être toléré », écrit sans prendre de gants l’Américain Michael Yon sur Twitter et Facebook.

Sur ces deux réseaux sociaux cumulés, Yon, un ex-bérêt vert, est suivi religieusement par près de 23 000 personnes.

Rien de moins.

« En ce moment, poursuit Yon, on évoque une offensive majeure sur Kandahar et il y a ici un général qui ne peut pas garder un simple pont juste à l’extérieur de la porte d’entrée (de la base). [..] Où sommes-nous, dans un parc d’amusement ? »

Double explosion

Il était environ 7h35, heure locale ( 23 heures, heure de Montréal ), lorsqu’une voiture piégée ainsi qu’une seconde bombe dissimulée dans le sol ont explosé simultanément au passage d’un convoi américain, tuant au moins un soldat ainsi que quatre civils afghans.

Sous la force de l’explosion, un des lourds véhicules blindés de type Buffalo (MRAP) a été précipité en contrebas du pont et transformé en épave. Cette infrastructure considérée comme stratégique a elle-même souffert dans l’explosion, au point d’empêcher tout passage de véhicules lourds, dont ceux de ravitaillement en essence.

Certaines missions auraient également été annulées.

Un scandale aux yeux de Michael Yon, qui en profite pour tirer à vue sur certains soldats « sous-employés », sous-entendu des planqués qui se tournent les pouces, de la base de Kandahar. Des militaires « trop occupés à célébrer des médailles olympiques » plutôt que d’assurer la sécurité de ce fameux pont.

Le hockey avant la guerre ?

« Si nous arrivons à convaincre les résistants de jouer au hockey, ou si nous pouvons apprendre à pratiquer leur sport – la guérilla –, peut-être pourrons-nous marquer quelques points », ajoute-t-il sur un ton sarcastique.

Selon certaines sources sur place, le brigadier général a regardé le match de minuit trente à environ trois heures du matin avec des soldats américains et canadiens dont le rôle n’est pas de surveiller la route où a eu lieu l’attaque et y chercher les bombes artisanales dissimulées par les résistants.

Pourtant, les dizaines de commentaires de ses supporteurs sont du même acabit, au vitriol et sans appel. Il s’agit en général de soldats ou de proches de militaires présents en Afghanistan.

« Ce général est coupable de cet échec stratégique et tactique, il doit être renvoyé chez lui », écrit par exemple l’un d’eux.

D’autres ne manquent pas l’occasion pour railler la passion débordante des Canadiens pour le hockey.

Le 22 décembre dernier, le brigadier général Dan Ménard confiait son optimisme quant à la réussite de la contre-insurrection à moyen terme dans la province de Kandahar.

« Nous allons établir un anneau de stabilité dans les districts entourant la ville. L'idée est d'établir une atmosphère d'ordre dans laquelle un gouvernement stable peut fonctionner efficacement », avait-il déclaré.

Un mauvais procès

Le major général à la retraite Terry Liston, qui a commandé la base de Valcartier, estime que l’on fait un mauvais procès à Dan Ménard.

Un officier respecté, précise-t-il, et qui a la confiance de la hiérarchie militaire américaine en charge des opérations en Afghanistan.

« Ils lui font tellement confiance, ajoute-t-il, qu’ils lui ont confié le commandement de troupes américaines (trois bataillons). C’est rarissime. »

Terry Liston mentionne que désormais le travail du général est d’assurer la sécurité de la population de Kandahar et des villages de la province. « La base est presque secondaire pour lui », de préciser le major général.

Quant aux soldats canadiens affectés à la base de KAF, l’officier retraité rappelle qu’ils sont pour la majorité d’entre eux chargés d’un rôle de soutien et administratif.

En fin de journée, Rue Frontenac n’avait pas encore obtenu les commentaires de la Defence nationale sur ce sujet.

Fabrice de Pierrebourg  

Nouvelles générales - International

02 mars

http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/international/18746-brigadier-general-menard



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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