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24/03/2010

n°324 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 23/03/10 -: (Fin) :- Robert Gates : Le monsieur guerre des Etats-Unis.

n°324 - Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan - 23/03/10 -: (Fin)  :- Robert Gates : Le monsieur guerre des Etats-Unis.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les  dossiers 'Géopolitique, Réflexion et Stratégie' de l'Afghanistan

   n°324                                                                                                                             23/03/10

                   C.De Broeder    &   M.Lemaire                       

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire :

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 François Marginean : La population considérée comme un «ennemi d’État »

 2-2 Chems Eddine Chitour "Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas l’arrivée du printemps".

2-3 Dan De Luce : Quelle place pour les femmes dans les combats terrestres ?

2-5 Juan Cole : Bonjour la super ambiance entre "libérateurs" et "libérés".

3  Annexe

3-1 En Afghanistan, l’Inde et le Pakistan se font la guerre par procuration

3-2 Pakistan/Inde ou Iran/USA, Kaboul ne veut pas de guerre par procuration. 

3-3 Livre: Mériadec Raffray : l'armée soviétique en Afghanistan et ses "victoires oubliées".

3-4 Des fusils à la Rambo pour chasseur du dimanche…




2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage 

2-1 François Marginean : La population considérée comme un «ennemi d’État »

Nous avons vu la semaine passée que CANADA Inc., comme toute bonne compagnie privée, a pour importante mission de faire du profit, souvent en extorquant et taxant à mort sa ressource naturelle, la population.

Nous avons aussi vu que cette extraction, ce vampirisme économique se fait souvent au nom de belles prétentions et motivations de façade, comme par exemple, la « sécurité », la « santé », la « démocratie », etc.

Au nom de la sécurité, on va vous taxer de quelques milliards. Au nom de la santé et d’une peur d’un certain H1N1, on va vous inoculer avec des produits non-testés et contenant des ingrédients toxiques, qui n’ont aucune efficacité prouvée à part des croyances aveugles et naïves. Au nom de la démocratie, on va aller bombarder et occuper militairement des pays du Moyen-Orient où on a déjà entrainé la mort de 1.3 million d’Irakiens et des dizaines de milliers d’autres en Afghanistan.

Un génocide. Et un biocide: on a contaminé la place avec de l’uranium appauvri qui sert à fabriquer des armes dont on se sert pour libérer les gens de ces pays, un truc radioactif pour au moins 4.5 milliards d’années. Tout ce qui a de plus humain; à la fine pointe de l’humanité.

Des « guerres humanitaires », sorties tout droit du dictionnaire des plus fameux oxymores de nos temps dits « modernes ». Dans le temps des barbares, on se battait avec des massues. Dans nos temps barbares modernes, on se bat avec des massues nucléaires. C’est beau l’évolution. Des guerres d’agression – anciennement punies par les tribunaux de Nuremberg comme constituant le « crime suprême » international, parce que ce crime renfermait tous les autres – sont devenues des guerres « préventives ».

Peut importe l’étiquette qu’on utilise pour masquer la réalité, le résultat sur le terrain est le même.

La souffrance, signe qui avertit d’une fausse motivation, d’une pensée erronée, d’un faux calcul de satisfaction, inharmonieux et déphasé du sens de la vie. Cette guerre préventive est menée sur le plan physique est aussi menée insidieusement sur le plan psychologique et mental. Une guerre est menée contre notre humanité, pour contrôler ce qu’on pense. Les frontières de ce qui est acceptable de penser, de débattre et de questionner sont établies pour vous. C’est le conditionnement de masse des masses, l’influence de l’opinion publique, la manufacture du consentement, le contrôle du paradigme de pensée, tels que Noam Chomsky le décrivait ou mieux encore, tel que Edward Bernays le préconisait, celui qu’on a surnommé « le père de la propagande ».

Ceci étant dit, voyons la suite des évènements suite à ce que nous avons vu la semaine passée, avec la venue de ces nouvelles mesures de sécurité complètement inutiles, mais qui devront néanmoins être payées par les voyageurs, à leur détriment (implémentation d’un État policier, exposition à une irradiation potentiellement dangereuse pour la santé, atteinte directe à son droit fondamental à la vie privée et liberté).

Cette semaine, nous apprenons que les États-Unis vont déterminer qui pourront embarquer sur un avion… ou pas. « Commençant en décembre », décrit l’article du Montreal Gazette, « certains passagers sur des vols commerciaux canadiens volant vers, ou en provenance des États-Unis, ou même seulement en transit au-dessus du territoire américain sans y atterrir, ne seront pas autorisés à monter à bord de l’avion avant d’avoir reçu la permission du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (U.S. Department of Homeland Security) après avoir déterminé qu’ils ne sont pas des terroristes ».

« Secure Flight, la plus récente arme dans la guerre américaine contre le terrorisme, donne aux États-Unis des pouvoirs sans précédent sur quiconque veut prendre un vol qui passe à travers l’espace aérien de ce pays ». Une autre preuve tangible que notre souveraineté est dissoute dans l’Union nord-américaine. Nous ne sommes plus maitre chez soi.

« Sous ce programme, Secure Flight, les compagnies aériennes canadiennes vont transférer les informations personnelles des voyageurs au département de la Sécurité intérieure des États-Unis, préférablement 72 heures avant le décollage ». Ensuite, l’agence nationale américaine de sécurité dans les transports (TSA) utilisera Infoglide, un programme d’identification complexe pour trouver et regrouper de l’information provenant de plusieurs sources, pour vérifier l’identité des passagers.

« Si nécessaire, les analystes de la TSA vérifieront d’autres banques de données classifiée secrètes ou publiques sur le terrorisme du gouvernement, de la police et des services du renseignement, incluant les bases de données du département de la Sécurité intérieure des États-Unis, du département de la Defence, du Centre national du contre-terrorisme et du FBI », tel que noté dans le document gouvernemental qui définit le programme Secure Flight.

Et après les scanneurs corporels, la dissolution de vos droits et libertés fondamentaux, va venir la prochaine version de l’État policier sous forme de scanneurs de la pensée, le règne où les machines vont devenir jugent de nos intentions et pensées, une technologie qui sera installée en premier dans les aéroports et bientôt un peu partout.

Déjà, ces mesures portent préjudices aux voyageurs et causent bien des malheurs. Elles briment les personnes et font en sorte que ceux qui font vivre l’industrie aérienne et du tourisme, les voyageurs, sont traités comme des criminels pour exercer le droit fondamental au libre déplacement et leur font manquer des vols.

La question de vous empêcher de voyager par des « autorités » américaines est des plus révoltante et insultante. Mais le plus pernicieux, c’est ce transfert arbitraire de données personnelles sans consentement vers des entités étrangères à l’extérieur du pays qui sont complètement incontrôlables et d’une transparence plutôt opaque.

À ces inquiétudes pressantes, s’ajoute le fait que le président Barack Obama vient de nommer à la tête de la TSA un ancien officiel militaire du renseignement. Sous le commandement de Robert Harding, la TSA, qui est responsable de la sécurité dans les aéroports américains suite au 9/11, sera probablement encore plus militarisée et transformée en une opération du renseignement. Cette nomination par Obama d’un ancien général de l’armée pour gérer la TSA indique que le gouvernement a un désir grandissant de militariser les aéroports civils.

Dans le passé, Robert Harding a travaillé comme adjoint au service de renseignement de l’Armée US G2. Il était responsable de la planification et de l’exécution des programmes du renseignement. De 1997 à 2000, il fut le directeur des opérations pour la DIA (Defense Intelligence Agency) et il a rempli les fonctions d’officier senior du renseignement humain au département de la Defence.

Avant de travailler pour la DIA, Harding a servi pour J2, Intelligence Directorate, United States Southern Command, sous le général Barry McCaffrey et Wes Clark en tant que chef du renseignement. Il a aussi dirigé le renseignement avec le Joint Interagency Task Force dans la pseudo guerre contre la drogue. Entre 2003 et 2009, Harding était un consultant auprès du gouvernement sur le renseignement humain et autres domaines connexes.

La DIA, la CIA, et la NSA ne sont que sélectivement soumis à l’examen du Congrès américain. La transparence y est aussi fréquente que l’honnêteté des politiciens. Sous le règne de Bush, la DIA fut infiltrée par les néo-conservateurs et en 2004, un analyste de la DIA a révélé à quel point l’agence était compromise. Cette histoire a d’ailleurs fait l’objet d’une enquête du FBI à propos de l’espionnage israélien. Cette infiltration a fait en sorte que l’Office of Special Plans, dirigée par Douglas Feith à ce moment-là, a mené à l’invasion de l’Irak basé sur de fausses informations et faux prétextes.

Il y a de ces signaux, des symptômes, qu’on ne peut ignorer qu’à notre propre risque. L’Histoire se répète.

Un autre de ces signes qui devraient attirer notre attention, c’est le nombre d’armes à feu vendues l’année dernière aux États-Unis qui en hausse vertigineuse. Ne paniquons pas, il n’y aura pas plus de tueries et de crimes causés par arme à feu, les statistiques indiquent le contraire. Ces ventes d’armes à feu ont une tout autre signification.

Les statistiques pour l’année 2009, publiées par le National Instant Criminal Background Check System (NICS) du FBI, montrent une augmentation de 10% du nombre d’armes à feu vendues par rapport à 2008; totalisant plus de 14 millions de fusils vendus.

Pour mettre cela en perspective, c’est plus d’armes à feu que le nombre de soldats actifs des 21 premières armées du monde combinées.

Lorsque les gouvernements nous perçoivent comme étant la menace, l’ennemi à surveiller, il y a fort à parier que la population commence à comprendre que l’ennemi qui en veut vraiment à ses droits et libertés, à sa vie privée et son libre mouvement, est précisément ces gouvernements hors de contrôle.

Dès lors, toute notion de sécurité apportée par ces gouvernements est futile, en plus d’être dangereusement et gravement illusoire.

François Marginean
François Marginean : Technicien en Architecture, chercheur indépendant, animateur de radio à l'émission L'Autre Monde sur CHOQ FM de l'UQAM, éditeur du blog Les Nouvelles Internationales et collaborateur chez Les 7 du Québec.

Les 7 du Québec

Pour envoyer vos commentaires : http://les7duquebec.wordpress.com/2010/03/09/la-population-est-consideree-comme-etant-un-ennemi-detat/ 

10 mars

 http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticl...


2-2 Chems Eddine Chitour "Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas l’arrivée du printemps"

(Proverbe afghan)

L’un des héritages les plus durs d’Obama à assumer est sans conteste l’état de guerre américaine qui veut que les Etats-Unis sont et seront perpétuellement amenés à rétablir l’ordre mondial surtout, depuis la chute de l’empire soviétique il y a vingt ans. Cependant, on aurait cru naïvement qu’Obama pourrait mettre un terme à cet état de belligérance permanent. Au contraire, plus que jamais et partant du principe que les amis d’hier peuvent être les ennemis d’aujourd’hui, l’Amérique est sur tous les fronts. Après la débâcle vietnamienne et la mise en coupe réglée de l’Irak, voici venir le tour de l’Afghanistan et des résistants qui, dans une stratégie précédente, étaient les meilleurs alliés des Etats-Unis contre l’empire soviétique au point qu’ils avaient des bureaux de recrutement aux Etats-Unis pour « l’Internationale islamique ».

L’avènement de Bush a correspondu dans le sillage du 11 septembre, avec la nécessité en 2001 d’aller délivrer les Afghanes des résistants accusés d’héberger Ben Laden. Il y eut même un clip de l’armée américaine invitant les Afghanes à enlever leur burqua. En 2010, l’objectif que se donne B.Obama est d’éliminer la menace terroriste que constitue l’Afghanistan et non pas d’y installer un régime démocratique). (...) Comment va-t-on atteindre l’objectif que l’on s’est donné ? 1) Plus de troupes pour combattre les « résistants », et protéger « des centres de population clés », ce qui doit « aider à créer les conditions (...) de transfert de responsabilité aux Afghans ». 2) Assistance à des secteurs de l’économie, qui « puisse avoir un impact immédiat sur la vie du peuple afghan ». 3) Collaboration avec le Pakistan, chez qui la rébellion s’est installée.(1) L’ Afghanistan, pays mythique de Djamel Eddine Al Afghani, de Herat, Bamyan des villes mythiques, est un pays de 652.000 km², d’une trentaine de millions d’habitants. Souvenons-nous, en 1979, l’entrée de l’armée soviétique en Afghanistan conduit Washington à considérer le Pakistan comme un « rempart » contre Moscou. Islamabad apporte un soutien actif aux résistants anticommunistes en 1994, une création occidentale et du Pakistan : les résistants. En 1996, les résistants prennent le contrôle de Kaboul et offrent l’asile à Oussama Ben Laden. Une vraie guerre se déroule actuellement sous bannière américaine.

Quelle solution politique ?

Les pays européens, notamment le Royaume-Uni, la France et même l’Allemagne tentent de prendre pied pour que « le moment venu comme en Irak on se partage le butin ». L’Afghanistan est un corridor important pour l’alimentation en énergie. D’après le président Hamid Karzaï- ancien d’Unocal-, il y aurait aussi du pétrole. Les Américains et leurs alliés ont tiré la leçon du Vietnam. Pratiquement aucune photo n’est publiée sur les soldats morts au combat, blessés, souvent atrocement mutilés, amputés. Les médias français complices font leur sale boulot de « couverture » d’une guerre inutile : cacher ce soldat mort, agonisant, ou amputé, que nous ne saurions vous montrer.

Que dit l’ONU « gardienne de la légitimité » mondiale ? Elle n’a pas été consultée pour ce qui se passe en Afghanistan C’est un scénario à l’irakienne : une fois de plus les Etats-Unis passent outre, cette fois-ci la France a retenu la leçon, elle fait partie de la « coalition » du monde libre. Le Représentant spécial du secrétaire général pour l’Afghanistan, Kai Eide, vient de critiquer la stratégie de l’OTAN dans ce pays. La communauté internationale doit démilitariser son approche globale en Afghanistan afin de permettre des avancées durables dans les domaines politique et humanitaire, a déclaré le représentant de l’ONU à Kaboul, Kai Eide. « Il nous faut adopter une démarche par laquelle notre stratégie soit politique et non pas militaire et où les éléments politiques et civils constituent un simple appendice d’une stratégie militaire. » Si l’idée est d’obtenir des résultats rapides, « bien souvent un impact rapide se mue en échec rapide ».(2)

L’offensive menée à Marjah dans la province du Helmand en Afghanistan est « un prélude » à des opérations de plus grande ampleur dans la province voisine de Kandahar, a indiqué vendredi un haut responsable américain Pourtant, le général McChrystal, commandant des forces internationales en Afghanistan qui vient de déclarer au Financial Times : « En tant que soldat, je pense qu’il y a eu assez de combats et je crois qu’une solution politique, comme dans tous les conflits, est inévitable. » Comment y arriver ? Comment convaincre les résistants de se mettre à table et de négocier ? Ce ne sont certainement pas des étrangers, américains ou européens, qui sauront leur parler.

La réponse des résistants ne s’est pas fait attendre. Malgré l’offensive, « les résistants afghans frappent le centre de kaboul », titre le quotidien américain. Le 18 janvier, la capitale afghane a été la cible d’attaques coordonnées qui « ont paralysé la ville durant presque toute la journée », écrit le journal. Des kamikazes se sont fait exploser en plusieurs endroits, tandis que d’autres combattants ouvraient le feu contre les forces de sécurité. Ces attaques, qui auraient fait en tout une quinzaine de morts, ont eu lieu près du palais présidentiel où, le même jour, des ministres du nouveau gouvernement Karzaï prêtaient serment. Hamid karzaï a déclaré la sécurité « rétablie ».(3)

Quel est le bilan actuel de la guerre ? Au-delà des bavures qui ciblent des enfants et des femmes, les drones armés américains qui visent les résistants dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan ont tué entre 830 et 1210 personnes, dont 32% de civils, depuis 2004, selon un décompte publié jeudi 25 février par la New America Foundation, les Etats-Unis ont procédé à 114 frappes de drones depuis 2004, dont 53 en 2009. 1666 militaires ou civils travaillant pour les forces armées avaient perdu la vie, toutes causes confondues (combats, accidents, etc.) dont 1007 Américains. En 2009, selon les estimations du gouvernement afghan et de la coalition, environ 20.000 combattants résistants avaient été tués. Le tonnage de bombes largué par l’Usaf, est de 12.742 tonnes sur l’Afghanistan. En août 2008 il y avait 70.000 soldats étrangers en Afghanistan.

En janvier 2009, le think tank International Council on Security and Development a estimé dans un rapport que les résistants étaient actifs dans environ 72% du territoire afghan, conclusions contestées par le commandement de l’Otan. Le site National priorities estime à plus de 255 milliards de dollars le coût de la guerre. Le gouvernement Karzaï est désormais parfois ironiquement nommé « maire de Kaboul » par la population voire par des officiels. Le général Mc Chrystal, qui a pris le commandement du théâtre afghan récemment, avoue, lui aussi en 2009, l’incompétence et la corruption du gouvernement central qui a réussi à rendre les Afghans « nostalgique(s) de la sécurité et de la justice du régime résistants » La corruption se développe dans des proportions alarmantes estimées entre 260 et 465 millions de dollars pour la seule année 2007. Cette corruption touche tous les fonctionnaires de l’Etat jusqu’au président Karzaï lui-même(4)

Le CF2R, le centre de recherche sur le renseignement français n’hésite pas à comparer la guerre en Afghanistan au Vietnam. La note n°189 du 5 octobre 2009 intitulée CF2R - Afghanistan : des airs de conflit indochinois, se termine par une conclusion explosive : « Mais ce retrait en annonce un deuxième qui sera moins glorieux : le départ de toutes les forces étrangères du pays car les opinions publiques ne pourront tolérer longtemps les pertes occasionnées et le coût que cette guerre représente, sans espoir de voir poindre l’ombre d’une solution. » En effet, les Etats-Unis ont estimé leurs dépenses à 65 milliards de dollars pour la guerre en Afghanistan, montant déclaré par le Congrès pour 2010. Or, avec 32,7 millions d’habitants, on peut estimer le coût à 2446 dollars par afghan, soit près de 2 ans de salaire moyen (60$ US par mois).(5)

Un article particulièrement lucide permet de situer les enjeux de la présence étrangère. « Si les déclarations des résistants sont à prendre avec des pincettes, les reportages des médias et surtout ceux des Occidentaux sur les forces de coalition ne sont pas paroles d’Evangile non plus. La plupart des informations diffusées viennent de journalistes intégrés dans l’armée. (...) C’est le cas de l’offensive de Marjah [appelée opération Mushtarak], lancée conjointement, le 13 février, par les troupes américaines et les forces de l’Otan en coopération avec l’armée afghane. Le fait même que cette opération soit présentée comme une étape importante de la stratégie de lutte anti-insurrectionnelle du président Obama en Afghanistan, est d’une totale malhonnêteté. (...) Et puis, les résistants ne sont pas des inconnus venus de nulle part. Cette terre est la leur..(..) En réalité, pour les tribus, les résistants ne sont pas des ennemis. Leurs véritables ennemis, ce sont les occupants étrangers et leurs collaborateurs locaux (...) Qu’ils [les résistants, note ] n’aient enregistré jusqu’ici aucune désertion dans leurs rangs malgré l’incroyable blitz médiatique monté par les alliés avant l’offensive de Marjah, en dit aussi long sur leur combativité que sur leur attachement à leur foi et à leur idéologie. (...)L’histoire devrait donc se répéter. De même, la stratégie de Washington d’acheter les résistants avec de l’argent, des emplois et des services, est vouée à l’échec, comme le fut la politique des Soviétiques. Ce plan est une vaste imposture. Les clans font front commun face à l’envahisseur étranger. Les partisans de ce projet de corruption [les incitations financières à déposer les armes] n’ont visiblement pas intégré dans leurs calculs la possibilité qu’au lieu d’obtenir une quelconque allégeance, ils s’attirent encore plus d’hostilité de la part de tribus en colère. (...) En conclusion, la meilleure solution pour les occupants étrangers reste encore d’engager directement des discussions de paix avec les leaders résistants. Toute autre option n’est qu’illusion. »(6)

Pour couronner le tout, on apprend qu’en mai 2008, l’armée américaine a été contrainte de confisquer et de faire brûler des Bibles dans la base de Bagram. L’année suivante, Al Jazeera révéla en effet que l’aumônier militaire en chef, le lieutenant-colonel Gary Hensley, avait alors prôné la conversion de la population et distribuait des Bibles en dari et pachtoune envoyées par une église américaine Un rapport parlementaire français de 2009, y voyait là un comportement accréditant le discours de « guerre des civilisations ». On l’aura compris, nous allons inexorablement vers une guerre de civilisation qui ne dit pas son nom ; tout est fait pour diaboliser l’Islam, notamment grâce à l’apport de nos intellectuels dits « musulmans modérés » en Occident. Tahar Ben Djelloun que nous avons connu autrement plus lumineux quand il s’agit de littérature se met depuis quelque temps à la politique, après ses prises de « position courageuse contre le voile », le voilà en train de conseiller Obama en lui disant qu’il perd son temps (...) Vous ne gagnerez jamais cette guerre. (...). Les Soviétiques qui y avaient envoyé des centaines de milliers de soldats avaient dû se rendre à l’évidence et se sont retirés en transmettant le problème à l’Occident. Dans ce pays aux paysages magnifiques, la barbarie a trouvé son refuge, sa source, sa grotte et nargue le monde avec une brutalité sans pareille. Appelons cette barbarie résistants ou trafiquants d’opium ou aventuriers sans foi ni loi. Des gens, au tempérament qu’aucun Américain ne peut percer, ne peut comprendre, sillonnent le pays et le ravagent. Le 26 février 2001, jour où des résistants ont fait exploser des statues de Bouddha, vestige d’une grande civilisation, statues de terre et de pierre érigées dans le désert pour la spiritualité, datant du IVe au Ve siècle après Jésus-Christ, ce jour-là, le monde civilisé a été vaincu. Ni les musulmans d’Arabie, d’Afrique ou du Maghreb n’ont protesté et dénoncé cet acte de barbarie qui allait être suivi par d’autres attaques cette fois-ci sur des hommes ».(7) Merci Monsieur Ben Djelloun le civilisé pour ces phrases à l’endroit des barbares que nous sommes, que vous étiez...

30 ans de guerre

Chiffres à l’appui, un rapport d’Europol, le très sérieux office européen de police criminelle intergouvernemental, implanté à La Haye, l’assène de manière irréfutable : 99,6% des attaques terroristes perpétrés en Europe sont le fait de groupuscules non musulmans On nous informe d’une nième bavure qui a vu la mort d’une trentaine de personnes civiles, notamment des femmes et un enfant. Les parents des victimes sont bien avancés d’apprendre que le général Mc Christal est triste, voilà qui va les consoler. Cette entreprise de déstructuration de la société afghane comme celle que nous avons connue à la pire époque du « talon de fer » de l’armée d’Afrique sous la gouverne d’un certain général Bugeaud « le fameux bouchou » qui permettait à des générations de mères d’imposer le silence à nous autres qui étions terrorisés par cet ogre qui s’en prend aux enfants. Assurément, le monde va mal. L’expédition d’Afghanistan ne fera qu’élargir le fossé entre un monde musulman qui tarde à faire son aggiornamento pour séparer le bon grain de l’ivraie et un Occident plus dominateur que jamais, qui dicte encore et toujours la norme.

Il est à espérer que les prémisses d’une nouvelle recomposition du monde dans le sens d’un basculement vers le continent asiatique en termes de puissance du XXIe siècle donnera du répit à cette civilisation islamique dont le malheur est étroitement indexé sur l’ineptie de ses dirigeants qui pensent que le pouvoir leur est octroyé pour les siècles des siècles, stérilisant du même coup toute velléité de nouveau, de renouveau en un mot d’alternance féconde.

Que reste-t-il de la société afghane qui est en guerre depuis plus de trente ans ? Les jeunes naissent, vivent et meurent sans autres perspectives que de survivre et éviter les tirs de drones de jeunes Américains installés à des milliers de kilomètres dans des salles climatisées, au fin fond du Texas et qui, d’un simple clic, décident de la vie et de la mort de personnes qu’ils ne connaissent pas, amenant par drones interposés le malheur à cette société harassée entre des gouvernants tyrans et un Occident qui ne lâche rien et qui sera de plus en plus cruel avec un comportement imprévisible au fur à mesure que les matières premières et surtout l’énergie viendraient à lui manquer.

Y a-t-il un plan B occidental pour redonner confiance au peuple afghan et le conforter malgré tout sur le fait qu’il y a un espoir / Que les traditions afghanes qui "choquent" l’Occident et qui ont mis des centaines d’années pour se stabiliser, peuvent évoluer graduellement non par effraction pour améliorer la condition de la femme et être en phase avec le message transcendant et bien compris de l’Islam . Et qu’enfin le sourire refleurisse sur les lèvres des enfants ? Amen .

Prof. Chems Eddine Chitour

1.Obama, Afghanistan et discours - 02 décembre 2009 http://www.paperblog.fr/2580328/oba...

2.Communiqué de l’ONU du 4 janvier 2010

3.Les résistants frappent au coeur de Kaboul. The Wall Street Journal Europe 19.01.2010 ?

4.Guerre d’Afghanistan (2001) Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

5.Gilles Bonafi. Des Etats ruinés - Le 16 février 2010 http://www.mondialisation.ca/index....

6.Mater les résistants, un beau rêve : The Frontier Post 16.02.2010

7.Tahar Ben Jelloun : Il faut savoir arrêter une guerre perdue ! Le Monde 26.02.10

Prof. Chems Eddine Chitour

4 mars

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4467


2-3 Dan De Luce : Quelle place pour les femmes dans les combats terrestres ?

Nb Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs mais doit être vu comme information

L'interdiction faite aux femmes dans l'armée américaine de participer à des combats terrestres est de plus en plus remise en question au sein de l'état-major à la lumière des conflits en Afghanistan et en Irak qui ont exposé, de fait, les femmes soldats au feu ennemi.

«Je crois qu'il est temps de regarder ce que les femmes font vraiment en Irak et en Afghanistan et de réexaminer notre politique», a récemment déclaré le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général George Casey.

Ces commentaires ont coïncidé avec l'annonce par l'armée d'un projet de levée de l'interdiction faite aux femmes de servir dans les sous-marins, jusqu'ici un bastion masculin.

Malgré une politique visant à maintenir les femmes en dehors des unités combattantes, ces dernières ont été confrontées en Irak et en Afghanistan à des résistants qui ne se battent pas selon des lignes de front traditionnelles. Certaines y ont gagné des médailles récompensant leur bravoure.

Plus de 220 000 femmes ont jusqu'ici combattu en Irak et en Afghanistan pour l'armée américaine, et 120 ont été tuées, selon le Pentagone.

«Mon meilleur interrogateur de combat était une femme soldat, mon meilleur mécanicien de char était une femme soldat», souligne John Nagl, un ancien lieutenant-colonel qui a combattu en Irak, expliquant à l'AFP qu'il lui a fallu surmonter des obstacles administratifs pour leur permettre d'occuper ces postes.

Président du centre de réflexion Center for New American Security, John Nagl pense que des règles écrites dans les années 1990 pour définir le rôle des femmes dans l'armée sont obsolètes.

Ce sera au ministre de la Defence, Robert Gates, de décider s'il convient de changer d'approche. Son porte-parole, Geoff Morrell, reconnaît que «dans les faits beaucoup de femmes en uniforme participent à des missions de combat chaque jour, qu'elles soient pilotes d'hélicoptères, qu'elles fassent partie du personnel médical ou qu'elles s'occupent du soutien logistique».

Le comportement exemplaire des femmes soldats dans la première guerre du Golfe (1990-91) avait mené à une première vague de réformes, les autorisant à participer à des combats aériens et navals.

L'Irak et l'Afghanistan pourraient avoir un effet similaire concernant les combats terrestres, estime Nancy Duff Campbell, coprésidente du cercle de réflexion National Women's Law Center.

Elle souligne que les commandants veulent les meilleurs éléments dans leurs unités, sans considération de sexe, et qu'il est temps d'imposer «des règles sexuellement neutres».

Mais du côté droit de l'échiquier politique, certains se demandent si envoyer des mères au combat, en particulier des mères célibataires, est une bonne idée. «Quel effet cela fait-il à ces enfants de voir maman partir faire la guerre ?», s'interrogeait récemment l'écrivain Mary Eberstadt dans les colonnes du Washington Post.

Alexis Hutchinson, une mère célibataire travaillant dans l'armée de Terre, a récemment défrayé la chronique en refusant un déploiement en Afghanistan, expliquant que personne ne pouvait s'occuper de son bébé. Elle a été inculpée au pénal avant que les charges contre elle ne soient abandonnées.

La levée de l'interdiction qui leur est faite de participer aux combats au sol n'est qu'une question de temps, pour John Nagl, car il s'agit «simplement de reconnaître une vérité qui a déjà été écrite sur le champ de bataille en lettres de sang et de sueur».

01 mars

Agence France-Presse

http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201003/01/01-4256273-quelle-place-pour-les-femmes-dans-les-combats-terrestres.php?utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email&utm_campaign=retention


2-5 Juan Cole : Bonjour la super ambiance entre "libérateurs" et "libérés".

[commentaire du Grand Soir : bonjour la super ambiance entre "libérateurs" et "libérés"]

Selon l’agence de presse Pajhwok dans un communiqué daté de mardi, le sénat afghan a déploré les frappes aériennes menées par les forces étrangères qui ont tué 21 civils innocents dans la province de Daikundi dimanche dernier, et ont exigé que l’OTAN évite la répétition d’une telle erreur.

Mais certains sénateurs sont allés plus loin en exigeant que les soldats US ou membres de l’OTAN responsables de ces morts soient exécutés.

Le sénateur Hamidullah Tokhi s’est plaint que les forces étrangères avaient tué des civils à maintes reprises lors de tels incidents qui se répétaient sans cesse, qu’ils s’excusaient à chaque fois mais qu’à chaque fois ils commettaient à nouveau (…) la même erreur tragique. « Toute personne qui tuerait un Afghan ordinaire devrait être exécuté en public ».

La députée Fatima Aziz of Qunduz s’est exprimée dans le même sens, en observant que « Nous avons vu de façon répétée les troupes étrangères tuer des gens innocents, ce qui est insoutenable pour des Afghans déjà usés par la guerre ».

Le sénateur Maulvi Abdul Wali Raji a appelé à ce que la loi coranique « oeil pour oeil » soit appliquée aux soldats étrangers responsables de morts civils. L’agence de presse Pajhwok conclut « Mohammad Alam Izdiyar a déclaré que les morts civils étaient la raison principale du fossé grandissant entre la population afghane et son gouvernement ».

Il faut souligner que ceux qui s’expriment ainsi ne sont pas des Résistants, mais des élus du Parlement National Afghan, dont le gouvernement est censé être un proche allié des Etats-Unis.

Sarah Chayes, ancien correspondant pour la National Public Radio qui a vécu plusieurs années à Kandahar mais qui depuis un an fait partie de l’équipe de Général Stanley McChrystal, a déclaré à CNN qu’elle voyait une augmentation de la frustration du peuple Afghan au sujet des morts civils provoqués par les frappes de l’OTAN et des Etats-Unis. Elle affirme que la manière dont le gouvernement du Président Hamid Karzai gérera ce dossier pourrait déterminer son destin, étant donné qu’il est perçu et se comporte comme un syndicat du crime.

 

Pendant ce temps, Karzai ne prend aucun risque. Radio Azadi rapporte que Karzai a pris le contrôle de la Commission chargée de régler les litiges électoraux (ECC), supposément indépendante, et qu’il désignera ses cinq membres. Le système prévu était que trois membres devaient être désignés par les Nations Unies et les deux autres par le ministre de la justice et la haute commission électorale indépendante.

La ECC a rejeté environ un million de bulletins frauduleux lors du dernier scrutin présidentiel de l’été dernier, un geste qui aurait pu forcer Karzai à un deuxième tour contre son rival Abdullah Abdullah. Mais ce dernier s’est retiré en affirmant que Karzai refusait de lâcher son contrôle sur la commission électorale nationale. De nombreux observateurs pensent que Karzai a volé l’élection. En bref, Karzai se comporte de plus en plus comme un dictateur du Moyen Orient, en manipulant les institutions pour ne pas être démis lors d’une élection.

 

Quel que soit le motif de l’intervention des troupes US en Afghanistan, ce n’est pas pour instaurer la démocratie.

En ce qui concerne les 100.000 soldats afghans qui auraient été formés et dont Washington se vante sans cesse, il apparaît que le Pentagone a confié leur entraînement à un sous-sous-traitant et « une filiale de Blackwater a recruté des drogués violents pour aider à la formation de l’armée afghane. » De nombreux journalistes doutent qu’il y ait réellement autant de soldats dans l’Armée Nationale Afghane, et parlent de forts taux de rotations et de désertions, tandis que d’autres laissent entendre qu’une formation de deux semaines dans le style « regarde et fais comme moi » de recrues illettrées ne constitue pas à proprement parler une « formation » - même lorsqu’elle est dispensée dans les règles de l’art, ce qui ne semble pas avoir été toujours le cas non plus.

(...)

Juan Cole
President du Global Americana
http://www.juancole.com/

26 février 2010

Traduction partielle par le Grand Soir

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Des-senateurs-afghans-demandent-la-peine-de-mort-pour-les-soldats-etrangers-responables-de-morts-civils.html



3  Annexe

3-1 En Afghanistan, l’Inde et le Pakistan se font la guerre par procuration

Analyse

Les éternels rivaux d'Asie du Sud sont engagés dans une lutte d'influence pour protéger leurs intérêts stratégiques et politiques.

L'Inde et le Pakistan, éternels rivaux d'Asie du Sud, sont aujourd'hui engagés dans une lutte d'influence en Afghanistan, un nouveau bras de fer qui alimente des attaques visant des intérêts indiens dans ce pays secoué par une insurrection des résistants, selon les analystes. La semaine dernière, sept Indiens, dont des fonctionnaires du gouvernement, ont été tués dans une attaque de résistants à Kaboul. Deux attaques avaient en outre visé l'ambassade indienne à Kaboul en juillet 2008 et octobre 2009. Le groupe islamiste pakistanais Lashkar-e-Taïba (LeT), accusé par l'Inde d'avoir organisé les attaques de Bombay en novembre 2008, a affirmé hier ne pas être impliqué dans l'attaque de vendredi dernier à Kaboul.
« Les attaques ont pour objectif de forcer l'Inde à se retirer d'Afghanistan », affirme Rahul Roy-Chaudhury, un expert sur l'Asie du Sud à l'Institut d'études stratégiques basé à Londres. « L'Inde et le Pakistan essaient chacun de limiter l'influence de l'autre car ils ont des intérêts rivaux » dans ce pays, estime-t-il.
Après plus de deux décennies sans influence en Afghanistan, l'Inde a promptement établi des liens diplomatiques avec le nouveau gouvernement après la chute du régime résistants en 2001. Depuis, New Delhi a engagé 1,3 milliard de dollars dans divers programmes d'aide et de reconstruction, devenant le premier pays donateur dans la région. Environ 4 000 Indiens sont employés en Afghanistan dans la construction d'infrastructures. Même le nouveau Parlement afghan a été construit par l'Inde.
Selon les analystes, c'est ce « pouvoir en douceur », installé au fil du temps dans un pays que le Pakistan considère comme son arrière-cour, qui a attisé les inquiétudes à Islamabad. Pour J. Alexander Thier, un expert de l'Institut américain de la paix (USIP) basé à Washington, le Pakistan voit dans l'implication de l'Inde en Afghanistan « une sorte d'encerclement ». « Le Pakistan compte sur l'Afghanistan en termes de profondeur stratégique : en cas de nouvelle guerre contre l'Inde, Kaboul soutiendra le Pakistan », ajoute cet expert des relations ente les deux pays dotés de la puissance nucléaire. De son côté, New Delhi veut s'assurer que l'extrémisme ne se renforce pas à Kaboul, de crainte qu'il entraîne une radicalisation d'Indiens musulmans et de nouvelles attaques dirigées contre l'Inde, ajoute-t-il.
À Islamabad, le gouvernement considère clairement que l'engagement de l'Inde en Afghanistan est une menace et « une complication inutile ». « Nous avons de sérieuses preuves (que l'Inde) utilise l'Afghanistan pour déstabiliser le Pakistan », a affirmé récemment le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Abdul Basit, sans donner plus de détails.
Depuis leur indépendance concomitante en 1947, les deux pays rivaux se sont mené trois guerres, dont deux portant sur la région disputée du Cachemire.

New Delhi et Islamabad avaient lancé en 2004 un processus de paix qui avait permis d'atténuer les tensions, mais les attaques de Bombay en novembre 2008, attribués par l'Inde à un groupe islamiste pakistanais, ont interrompu le dialogue pendant plus d'un an. New Delhi accuse son voisin de soutenir des groupes résistants ciblant l'Inde et il a aussi vu l'ombre des services de renseignements pakistanais dans les attaques contre son ambassade à Kaboul.
C.U. Bashkar, qui dirige la Fondation nationale maritime, un centre de réflexion basé à New Delhi, partage cette opinion. « Tous ces attaques ont des liens avec le Pakistan, soit par le biais d'un soutien matériel, soit parce que c'est un sanctuaire (pour les auteurs) », détaille-t-il. « Le Pakistan et l'Inde sont engagés de plus en plus dans une sorte de guerre par procuration en Afghanistan », considère un analyste pakistanais, Rahimullah Yusufzai.

05/03

http://www.lorientlejour.com/category/M.O+et+Monde/articl...


3-2 Pakistan/Inde ou Iran/USA, Kaboul ne veut pas de guerre par procuration. 

 Inde contre Pakistan ou Etats-Unis contre Iran, le président Karzaï a déclaré jeudi à Islamabad que l'Afghanistan ne voulait pas devenir le champ de bataille de guerres par procuration.

L'Inde et le Pakistan, les deux fères-ennemis de l'Asie du Sud et puissances militaires nucléaires, s'accusent mutuellement d'attaquer les intérêts de l'autre ou de tenter de déstabiliser l'autre sur le territoire ou à partir du territoire afghan.

Quant aux Etats-Unis, ils soupçonnent (…) l'Iran de jouer "double-jeu" en Afghanistan en soutenant les résistants dans leurs attaques contre les forces internationales, au deux tiers américaines.

"En Afghanistan, nous sommes pleinement conscients et reconnaissons que, sans le Pakistan et sans sa coopération avec l'Afghanistan, l'Afghanistan ne peut redevenir stable et ne peut retrouver la paix", a déclaré M. Karzaï lors d'une conférence de presse au deuxième jour d'une visite à Islamabad.

"Mais tout le monde s'accorde également à penser, au Pakistan --je le crois-- que, sans un Afghanistan stable et pacifique, il ne peut y avoir ni stabilité, ni paix au Pakistan", a-t-il ajouté.

"L'Afghanistan ne veut pas de guerre par procuration sur son territoire, il ne veut pas de guerre par procuration entre l'Inde et le Pakistan, il ne veut pas de guerre par procuration entre l'Iran et les Etats-Unis", a conclu M. Karzaï.

11.03.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41910829@7-60,0.html 


3-3 Livre: Mériadec Raffray : l'armée soviétique en Afghanistan et ses "victoires oubliées" .

"Journaliste à Libération", pas vraiment une référence, mais ici des choses assez intéressantes sont 'rappellées' ; en particulier, antre les lignes, cela donne un autre goût à cette tarte à la crème (encore resservie lors du débat Afghanistan du 12 février à Bruxelles) que «l'erreur qu'a commise l'Occident est de laisser tomber l'Afghanistan après la déroute soviétique» : le gouvernement soialiste afghan est tombé en 1992, 3 ans après le départ des soviétiques, et l'armée très bien formée qu'ils avaient laissé n'est pas tombé toute seule : le soutien des USA aux résistants a certainement perduré après 1989, un gouvernement progressiste, guillemets ou pas, c'est jamais bon pour les affaires, surtout alors que les richesses energétiques de la Caspienne étaient "libérées" du communsme 

Livre: l'armée soviétique en Afghanistan et ses "victoires oubliées"

Excellent livre que celui-ci et qu'il faut recommander à tous ceux qui s'intéressent à la situation militaire en Afghanistan. Certes, comparaison n'est pas raison : l'Afghanistan des années 80 n'est pas celui de 2010 et l'Urss n'est pas l'Otan. Et pourtant, il y a sans doute beaucoup de leçons à tirer de la lecture de ses pages.

La première, de loin la plus importante, c'est que l'idée que l'on se fait (ou que l'on nous a fabriquée...) du comportement de l'armée soviétique de 1979 à 1989 est fausse !

On le sait aujourd'hui et ce livre le démontre amplement : les militaires soviétiques ont su s'adapter relativement vite et remporter de beaux succès militaires contre les Moudjahidines (on dit aujourd'hui les "résistants"...) [on dit de préférence 'les résistants', ou les résistants, et on parlait à l'époque des 'résistants', et des 'combatants de la liberté' - RM] soutenus par l'Occident. La situation et les méthodes de 1985-86 n'ont plus rien à voir avec celles de 1980. Le processus de transformation et d'adaptation de l'armée soviétique et très bien décrit.

Le départ des troupes, qui s'effectue en bon ordre et dans le cadre d'un accord international, est le fruit d'une décision politique de Gorbatchev, pas d'une défaite militaire en rase campagne - quoi qu'en aient [dit] les nationalistes afghans, les résistants... et les néo-conservateurs.

Ce petit ouvrage (125 pages), de lecture aisée, s'intéresse à la tactique des Soviétiques : le rôle des blindés, des hélicoptères d'assaut, des sapeurs, des forces spéciales, ainsi qu'au combat interarmes, avec des GTIA. Après des départs difficiles, voire dramatiques, la capacité d'innovation de l'armée russe est surprenante, mais les historiens savent qu'il en avait été déjà ainsi sur le front de l'Est.

Cet ouvrage s'appuie sur un document que l'auteur, Mériadec Raffray, officier de réserve, avait rédigé, fin 2008 pour le compte du Centre de doctrine et d'emploi des forces de l'armée de terre. Journaliste de profession, Mériadec Raffray a mis la clarté de sa plume au service d'une belle démonstration militaire.

Le livre est préfacé par le général Michel Stollsteiner, ancien commandant des forces françaises en Afghanistan.

Mériadec Raffray "Afghanistan. les victoires oubliées de l'Armée rouge".

 Editions Economica 19 euros.

Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/02/...


3-4 Des fusils à la Rambo pour chasseur du dimanche…

Les matériels utilisés par l'armée américaine en Irak et en Afghanistan ont eu, si l'on en croit « Business Week », certaines retombées dans le domaine civil.

Ainsi des fabricants américains d'armes à feu ont lancé, avec succès, de nouveaux modèles qui ressemblent aux fusils semi-automatiques utilisés sur les champs de bataille. « Des fusils à la Rambo pour les chasseurs du dimanche », titre le journal.  

Sturm Ruger a ainsi développé une carabine, le SR-556, munie d'un chargeur à 30  coups et qui se vend pour 2.000 dollars environ. « Ce n'est pas le fusil de votre grand-père ni celui de votre papa », est l'une des idées de promotion mais aussi « une source de controverse », écrit le magazine américain.

Certains chasseurs et des passionnés d'armes à feu aux Etats-Unis sont défavorables à l'idée d'aller à la chasse avec une version modifiée d'un fusil d'assaut militaire. 

Sur un blog, un célèbre chasseur , Jim Zumbo a même déclenché toute une polémique. Au point où, selon « Business Week », un porte-parole de la Fondation nationale des sports de tir (NSSF) a proposé d'appeler ces armes « des carabines modernes de sport » afin d'éviter toute référence à un fusil d'assaut et de conserver une certaine unité de « la communauté des chasseurs ». L'enjeu n'est pas négligeable.

Chaque année les Américains dépensent quelque 2,5 milliards de dollars pour des armes à feu. Après l'élection de Barack Obama, les vendeurs de semi-automatiques ont utilisé l'argument selon lequel le président allait les interdire. Ce qui ne s'est pas vérifié. 

02/03

 http://www.lesechos.fr/info/analyses/020391675530-des-fus...



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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