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27/03/2010

n°37 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 25-03 - : Début : - Les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent

n°37 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 25-03 - : Début  : - Les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent.



Géopolitique & stratégie d'Iran

    n°37 du 25-03                                C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à Part

Eberhard Hamer : Les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent. 

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Mounadil : Cela fait des années maintenant que l’Iran est capable d’avoir une ’arme nucléaire en six mois’...

1-2 Un réseau d'espionnage  travaillant pour le service de renseignements central américain (CIA) démantelé.

1-3 Djerrad Amar : L’Iran, ce phénix de toutes les convoitises !

1-4 M. K. Bhadrakumar : La Russie, la Chine et l’Iran redessinent la carte énergétique. 

Suite

1-5 Jim Lobe : Le Lobby Sioniste Pousse les US à Imposer Un Blocus Militaire et a Attaquer l’Iran.

1-6 Rick Rozoff : Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran.

1-7 Emrah Kaynak : Le rôle des dissidents dans la stratégie de subversion.

1-8 M. K. Bhadrakumar : L’arrestation d’un Djundallah s’avère opportune pour l’Iran.

Fin

2 Annexe

2-1 Robert Gates : le troisième homme, le monsieur guerre des Etats-Unis

2-2 Les traders pétroliers cessent de fournir l'Iran en carburants.

2-3 Données sur l'Iran (suivant wikepédia)

 



Tiré à Part

Eberhard Hamer : Les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent. 

Les USA traversent, non seulement en raison du rachat des dettes des banques par l’Etat, mais aussi de leur dette publique qui avait déjà énormément augmenté – leurs crédits à l’étranger leur coûtent 1 milliard de dollars par jour – leur pire crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale. Si les flux financiers cessent ou s’ils se détournent du dollar, les USA sont en faillite.
Pourtant les USA ne font pas un effort d’économie suffisant pour réduire leur dette publique croissante. Ils n’augmentent pas les impôts pour accroître leurs recettes, ne tentent guère de rogner sur les budgets publics, surtout pas sur leur budget militaire, celui qui a le plus augmenté.
Il faut dire que les USA, en divers endroits du monde, ont engagé au total 200 000 soldats. C’est pourquoi personne n’a compris que le plus grand chef de guerre du monde ait reçu le Prix Nobel de la paix bien qu’il ait renforcé ses troupes. Peut-être était-ce une mesure préventive, car la guerre en Iran dépend avant tout de lui.
Les exemples de chefs politiques qui, confrontés à un échec économique, ont choisi la guerre comme dernier recours pour se maintenir au pouvoir abondent dans l’his­toire. C’est encore plus vrai lorsqu’un pays connaît des crises économiques successives et que la guerre semble le seul moyen d’en sortir. C’est ainsi que les USA ont surmonté leur plus grave crise économique du XXe siècle en entrant dans la Première Guerre mondiale, la crise économique mondiale en entrant dans la Seconde, et ils pourraient donc être tentés de résoudre la troisième crise écono­mique de la même manière. Les deux guerres mondiales ont en effet permis aux Etats-Unis non seulement de venir à bout de leurs deux plus gros endettements, mais aussi de devenir la première puissance économique mondiale. La tentation est donc forte d’essayer une troi­sième fois le même remède.
Dans ce contexte toute une série de préparatifs de guerre semblent alarmants:
1.    Le Premier ministre israélien, un homme d’extrême-droite, est un va-t-en-guerre imprévisible. Il se plaint constamment d’avoir reçu de la part de l’Iran des menaces variées dont aucune n’a jusqu’ici résisté à l’examen. Mais il hausse de plus en plus le ton et au cours des derniers mois il a fait la tournée des principales capitales mondiales pour y chercher un soutien. Il paraît même que Madame Merkel lui a juré la fidélité des Nibelungen, comme l’avait fait avant les précédentes guerres mondiales Guillaume II aux Autrichiens ou les ­Anglais et les Français à la Pologne.
2.    Israël a déjà positionné les sous-marins nucléaires qu’elle a achetés à l’Allemagne, armés de missiles à ogives nucléaires, en face de l’Iran et, non content d’avoir reconstruit et pointé sur l’Iran la base de lancement géorgienne que les Russes avaient détruite il y a un an et demi, y a fait envoyer un renfort de 90 spécialistes états-uniens.
3.    De semaine en semaine la presse, sous l’influence d’Israël, hausse le ton à l’égard de l’Iran pour différents motifs – une cam­pagne de propagande analogue à celle qui a permis de faire accepter, voire soutenir la guerre en Irak dans le monde entier en répandant des affirmations mensongères.
4.    Les préparatifs militaires ne chôment pas non plus. Certes les troupes états-­uniennes n’ont toujours pas réussi à «pacifier» les deux pays voisins, l’Irak et l’Afgha­nistan. Mais ils y entraînent à la guerre la plus grosse concentration de troupes au monde. En outre, ils ont regroupé au large de l’Iran la plus grosse flotte militaire qu’ils aient jamais réunie. Le comité du Nobel a donc fait un bon calcul en cette affaire: pas de guerre en Iran sans l’assentiment du Président des USA, surtout s’il s’agit d’un Prix Nobel de la paix. Toutefois la pression des banques, des multinationales, du lobby de l’armement, de l’armée et du lobby israélien pourrait contraindre les USA à entrer en guerre, si Israël menait une première frappe contre l’Iran et que les puissances précitées voulaient protéger leurs intérêts.
N’oublions pas que les USA ne sont pas seulement la nation la plus endettée du monde, mais aussi que l’effondrement de leur de­vise sig­nifie celui de leur empire. La soi-disant «unique puissance hégémonique mondiale» implose en ce moment exactement comme l’a fait l’URSS il y a vingt ans. Les Chinois ont déjà fait comprendre qu’ils ne reconnaissent plus son hégémonie. Le Président des Etats-Unis se trouve donc, si Israël frappe, face à un dilemme désespéré: doit-il continuer à s’enliser dans les sables mouvants de la crise financière, économique et sociale ou chercher le salut dans une guerre mondiale, qui a déjà permis deux fois aux Etats-Unis d’en sortir gagnants.
Le danger d’une nouvelle guerre mon­diale n’a jamais été aussi grand depuis la fin de la Seconde. C’est à juste titre que depuis un an les mises en garde aux USA se sont accrues, venant surtout de certains milieux intellectuels européens. Mais nous ne pourrons pas l’empêcher.
Une guerre en Iran ne resterait pas un événement limité, même si au départ il ne s’agissait que de missiles.
Aux côtés de l’Iran se rangeraient les Chinois, directement ou indirectement, et probablement les Russes, pour ne pas laisser les troupes états-uniennes s’approcher de leurs frontières et la puissance des USA devenir excessive.
Les membres de l’OTAN seraient contraints de se ranger aux côtés d’Israël et des USA, surtout s’ils avaient auparavant prêté le serment des Nibelungen. Il faut donc nous attendre à voir l’Europe participer, elle aussi, à la guerre.

Quelles seraient pour nous les conséquences d’une troisième guerre mondiale en Iran?

1.    Toute guerre avec l’Iran entraînerait la fermeture immédiate du détroit d’Ormuz et un dramatique renchérissement du pétrole, et ceci d’autant plus que la guerre se prolongerait. Du pétrole plus cher, c’est toujours des coûts plus élevés pour l’économie et les consommateurs. Nous devons donc nous attendre à des pénuries, des restrictions et des augmentations de prix pour les biens de consommation.
2.    Toute guerre nécessite un surcroît d’armement. L’industrie mondiale de l’armement – et en particulier aux USA – se frottera les mains, elle sera utilisée à pleine capacité et pourra se développer. Il y aura des retombées dans les secteurs annexes, par exemple l’automobile, le textile, les chantiers navals, l’aéronautique et d’autres encore. La production augmentera, même si les prix en font autant.
3.    Les grands gagnants seront les banques. On ne parlera plus de produits financiers to­xiques et de banquiers gangsters; les banques centrales devront financer la guerre par la création de monnaie. Les banques pourront de nouveau accorder des crédits. Dans un premier temps l’inflation maintiendra le dollar jusqu’à la fin de la guerre. C’est seulement après la guerre, comme d’habitude, que l’on procédera au grand nettoyage et qu’on expiera les péchés de la finance de guerre.
Les vassaux des USA doivent casquer pour les besoins financiers du maître, on l’a déjà vu avec les guerres d’Irak et d’Afghanistan. La guerre n’appauvrira donc pas seulement Israël et les USA, mais nous tous. Comme il n’y a pas d’argent pour financer une guerre, on devra recourir à l’inflation, comme lors des deux premières guerres mondiales; nous devons donc nous attendre à une inflation vertigineuse.
S’ils entrent en guerre avec l’Iran, les USA mobiliseront aussi l’OTAN («clause de ­defense  collective»). Le gouvernement devra alors expliquer à nos soldats pourquoi ils ne doivent plus seulement s’ac­quitter de leur tâche en Afghanistan, mais aussi en Iran, et réunir une majorité au Bundestag pour voter son budget de guerre. Le SPD et les Verts (Fischer) ont déjà voté une entrée en guerre sous le prétexte fallacieux d’un «maintien de la paix». Une troisième guerre mondiale, malgré la pression états-unienne, rencontrera plus de réticence. Et dans la population le refus devrait être massif et peut-être mener à la démission du gouvernement trop docile.
Mais peut-être le gouvernement Merkel voit-il lui aussi dans une guerre une issue politique à sa situation bloquée par l’aide aux banques, le surendettement public, le collapsus financier qui menace les systèmes de protection sociale et les troubles sociaux que risquent d’engendrer de véritables redressements de cap.
La guerre est à nos portes. Les mois qui viennent nous diront si nous allons être entraînés dans une troisième guerre mondiale ou si nous y échapperons encore.    •

Eberhard Hamer

(Traduction Horizons et débats)

Article placé le 18 mar 2010, par Mecanopolis
http://www.mecanopolis.org/?p=14981



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information..

1-1 Mounadil : Cela fait des années maintenant que l’Iran est capable d’avoir une ’arme nucléaire en six mois’...

...mais, comme ’demain’, elle n’arrive jamais.

Les trente ans qui ont suivi l’éviction du Shah par le peuple iranien ont vu divers intervalles de temps mentionnés pour situer le délai nécessaire aux Iraniens pour fabriquer une bombe atomique, mais le chiffre de six mois semble très populaire.

Peu importe, bien entendu, l’absence complète de preuves suggérant seulement que les Iraniens font autre chose que construire des réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité ou des isotopes pour des fins médicales. Mais cela n’a pas arrêté les propagandistes qui semblent insister pour dire que l’Iran est à seulement six mois de posséder une arme atomique.

Si j’avais commencé en 1980, après le départ du Shah, la liste des affirmations selon lesquelles l’Iran disposerait d’une arme atomique dans les six mois, il vous faudrait... six mois pour les lire ! J’écourterai donc la liste pour commencer avec certaines des affirmations qui remontent au début de ce siècle.

En août 2003, le Los Angeles Times rapportait que l’Iran pourrait avoir une ’arme nucléaire en six mois.’ Un peu plus de deux ans après, en septembre 2005, Israël affirmait que l’Iran aurait des "armes nucléaires dans six mois.’ Puis, près de trois ans plus tard, en juin 2008, on nous a encore dit que l’Iran aurait une ’arme nucléaire dans six mois.’ Un an plus tard, en juillet 2009, Haaretz rapportait que ’L’Allemagne pense que l’Iran pourrait avoir une bombe nucléaire dans six mois.’ 

Présentement, dans la toute dernière déclaration datée du 23 février par le soi-disant ’expert sur l’armement iranien’ David Albright, l’Iran, d’après ce spécialiste, est aujourd’hui à seulement ... (surprise) six mois d’avoir une arme nucléaire. C’est précisément le même David Albright qui nous disait il y a un peu plus d’un an, en février 2009 : "C’est une affaire de quelques mois pour que l’Iran soit capable d’avoir suffisamment d’uranium de qualité militaire pour des armes nucléaires." C’est également le même David Albright qui avait déclaré en 1999 dans l’émission ’60 minutes’ sur CBS que Saddam Hussein était "à quelques mois ou un an d’avoir une arme nucléaire."

Albright ?

Pas possible !

C’est ce type qui criait au loup dès le début !

Malheureusement, les medias continueront à faire écho à ses jérémiades et à celles de ses semblables et il y aura ceux qui les croient.

En fin de compte, l’Occident emmené par Israël et les Etats Unis, attaquera l’Iran sur la base de ces mensonges, mais le pire que des centaines, des milliers ou peut-être des millions de morts plus tard, le reste du monde s’en accommodera sans un murmure.
Mounadil

28 février 2010 - -

traduit de l’anglais par Djazaïri

lundi 1er mars 2010
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8261


1-2 Un réseau d'espionnage  travaillant pour le service de renseignements central américain (CIA) démantelé.

L'Iran a annoncé le démantèlement d'un réseau d'espionnage travaillant à la solde du service de renseignements central américain (CIA) et l'arrestation de trente personnes. 
"Ce réseau qui communiquait sur l'internet était financé par les Etats-Unis et comprenait des membres du mouvement en exil des Moudjahidine du peuple (OMPI) et des monarchistes", ont indiqué les services du procureur général dans un communiqué cité par l'agence de presse Fars.
Le groupe est accusé d'avoir lancé une guerre psychologique contre la République islamique, organisé et encouragé le peuple à participer à des rassemblements illégaux, rassemblé des informations sur des scientifiques nucléaires qu'ils ont transmis à des agences d'espionnage". Il a également permis "aux Iraniens d'accéder à l'internet en court-circuitant les systèmes de
filtres officiels" et publié de fausses informations sur la mort de 72 personnes lors des affrontements qui ont suivi le scrutin présidentiel.
Selon le parquet, les fonds dont bénéficiait ce réseau "ont été alloués par l'administration de l'ancien président américain George  Bush pour lancer une cyberguerre contre l'Iran".
La majorité des membres de ce groupe ont été arrêtés en Iran mais "Interpol a été informé afin d'agir contre ceux vivant aux Etats-Unis", a précisé le parquet.
D'après le membre de la commission de la sécurité nationale et des relations étrangères au conseil consultatif iranien, cheikh Hussein Ibrahimi, le réseau d'espionnage en relation avec les Etats-Unis, avait été démantelé avant de commettre des actes dangereux ou de récolter des informations sur les experts nucléaires de l'Iran. Dans une interview à la chaine télévisée "elAlam" samedi soir, Ibrahimi a déclaré: "Nous étions au courant de l'action des Etats-Unis à l'intérieur de la République Islamique, pour cette raison les membres du ministère de la sécurité ont arrêté ces derniers. Quiconque tente de porter atteinte à la sécurité de l'Iran sera arrêté, et nous sommes tous prêts à arrêter les agents des Etats-Unis. Washington cherche toujours à renverser le régime iranien, elle a essayé par le passé de réaliser cet objectif, et elle le fait maintenant via l'internet et les réseaux cybernétiques".
Et d'ajouter: "Les Etats-Unis doivent savoir que le gouvernement islamique en Iran est décidé à faire face à tous ceux qui tentent de déstabiliser la sécurité du pays. Tout complot contre l'Iran sera tourné contre ceux qui le trament". "Malheureusement, toutes les personnes arrêtées sont des Iraniens qui ont vendu leur dignité aux étrangers. Dans tous les cas, ils ont été capturés et seront traduits en justice", a-t-il indiqué.
Selon la chaîne officielle de télévision en anglais Press-TV, l'un des deux responsables de ce groupe est Ahmad Batebi, un  étudiant qui a fui la République islamique en 2007 après avoir purgé une peine de neuf ans de prison après les émeutes étudiantes de juillet 1999.   
Press-TV a seulement identifié l'autre responsable par le nom de Rafie. 
Ibrahimi a par ailleurs assuré que son pays continuera à travailler pour se doter de la technique nucléaire pacifique tout comme les autres pays du monde, affirmant que l'Iran ne se soumettra pas aux intimidations.
 S'agissant des efforts américains visant à convaincre les grands pays pour sanctionner l'Iran, cheikh Hussein Ibrahimi a estimé que "les Etats-Unis sont malvenus au monde, et ne peuvent pas s'attirer la sympathie ni le soutien des autres pour attaquer l'Iran quoi qu'ils fassent. Les Etats-Unis ont dépensé beaucoup d'argent mais nous remarquons que les pays des non-alignés ont soutenu l'Iran dans les instances internationales, tout comme les autres pays du monde qui savent bien la réalité et qui n'ont plus de confiance aux propos et aux actes américains contradictoires".    
"Les Etats-Unis sont dans l'impasse, ils ne réaliseront pas leurs objectifs, et aucun pays ne les soutiendra parce que l'Iran entretient d'excellentes relations avec la majorité des pays du monde", a précisé Ibrahimi, assurant qu'à trop jouer avec le feu, Washington se brûlera les doigts, et que l'Iran possède de multiples options pour alléger les pressions contre lui.

14/03

.http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=129162&language=fr


1-3 Djerrad Amar : L’Iran, ce phénix de toutes les convoitises !

Comment l’Iran peut-il faire confiance à des États qui programment sa destruction ou du moins s’échinent à imposer leur hégémonie ?

Lui, un pays indépendant, souverain et millénaire qui a contribué au progrès de l’humanité au moment où les États-Unis n’existaient pas et où l’Europe sombrait dans l’obscurantisme et l’intolérance.

Le secrétaire général de l’Otan a déclaré : “La nouvelle doctrine militaire russe qui cite l’élargissement de l’Otan et le déploiement de systèmes de defense  antimissiles (ABM) parmi les principales menaces pour la Russie ne reflète pas la réalité.” Quelle est donc cette réalité ?

Militariser presque un continent, qui se trouve être en face de la Russie, appuyé par un nouveau système ABM et destiné à contrer une “éventuelle attaque iranienne” ?

Même les sots n’y croiraient pas.

Quand on y ajoute la Méditerranée (avec Israël, son gendarme) ainsi que le Golf persique, on comprend mieux les objectifs géopolitiques de l’Occident.

En effet, depuis l’effondrement de l’URSS, l’Occident, en particulier l’Amérique imposante et arrogante, accompagnée d’une Europe servante et suiveuse, ne cesse de tenter d’imposer son hégémonie sur cette partie du globe, du moins en commençant par les ex-pays du “bloc de l’Est”, puis l’Irak, par la force sous le fallacieux prétexte d’armes de “destruction massive”, ensuite l’Afghanistan pour “lutter contre le terrorisme”. Allant même jusqu’à pervertir certaines institutions internationales (y compris la CPI) pour les rendre — au fil du temps, des conjonctures internationales et des intérêts — leurs auxiliaires et faire-valoir. Citer l’Iran comme prétexte dans ce contexte, avec “remake” d’un Irak-bis, pour les mêmes allégations, on comprend qu’il reste le dernier pays résistant à la stratégie de l’Occident.

Lorsque M. Rasmussen avait “balancé”, il y a quelques jours, une étrange déclaration (à Novosti), à savoir que “l’Otan n’attaquera jamais la Russie”, nous avions commenté que ce discours nous conduit à nous questionner sur l’utilité de l’armada de missiles en Europe si ce n’est permettre à l’Occident de dominer, par la politique des “petits pas”, les économies du maximum de pays du monde en imposant “sa” conception selon “ses” seuls intérêts. L’objectif ne pouvait être que de mettre “hors course” tous les concurrents potentiels, principalement la Russie et la Chine lesquelles semblent bien réussir au détriment de cet Occident toujours insolent, injuste et paternaliste. Après l’Ukraine et la Géorgie, l’Irak et l’Afghanistan, il ne reste que l’Iran qui semble être le dernier rempart. La Russie prise en étau serait bien contrainte de “capituler” s’il se produit un déséquilibre de forces trop prononcé. Tout l’obstacle vient donc de cet Iran irréductible et entreprenant, c ! ar la clé et le dernier maillon décisif de leur stratégie. Pour ce faire, ils y mettent tous les moyens médiatico-économico-politiques en fomentant même des troubles dans ce pays. Mais 30 années d’embargo et une guerre à la clé n’ont pas permis de faire infléchir ce pays ; en misant sur la déliquescence du régime. Cette adversité a eu l’effet inverse puisque le régime s’est consolidé.

En comptant sur ses propres forces, l’Iran s’est développé technologiquement d’une façon fulgurante et sans précédent, ce qui a troublé l’Occident. La réaction et le comportement actuels de l’Iran sont des plus normaux. Il n’y a que les États-Unis, l’Angleterre et la France — le trio à l’origine des troubles dans le monde du fait de leur arrogance — qui y voient un crime de lèse-majesté et une provocation. Comment faire confiance à des États au passé entaché de sang, ou ayant des antécédents génocidaires ou colonialistes ?

Comment l’Iran peut-il faire confiance à des États qui programment sa destruction ou du moins s’échinent à imposer leur hégémonie ?

Lui un pays indépendant, souverain et millénaire qui a contribué au progrès de l’humanité au moment où les États-Unis n’existaient pas et où l’Europe sombrait dans l’obscurantisme et l’intolérance. Pourtant, ce pays n’a jamais colonisé ou agressé un quelconque pays ! En tout cas, même avec ses insuffisances, l’Iran actuel est plus libre et plus démocratique que l’Iran du shah, que l’Occident a soutenu dans la répression.

Durant les dernières élections, ce qui est clair, c’est que l’Occident ne veut pas que l’opinion voit, dans les manifestations, un acte de démocratie, de liberté d’expression. Comme dans toutes les manifestations d’Europe, on sait bien qu’il y a des “fauteurs de troubles” (manipulés ou pas) et que les services de sécurité sont bien obligés de les neutraliser. En Occident, c’est un acte de “salubrité publique” contre des voyous ; en Iran ou autres pays “hors Europe”, c’est de la répression contre la liberté. Et puis, d’où vient cet intérêt de l’Occident à soutenir, comme par miracle, une tendance ou une opposition (légale) ?

Enfin, si changement de régime il doit y avoir, il ne doit venir que des Iraniens seuls et non de ce que l’Occident (à leur tête l’Amérique) veut bien qu’il soit par les multiples ingérences que l’on constate ! Les Iraniens sont cultivés.

Ils savent mieux que quiconque le système politique et économique qui les arrange sans se voir dicter la conduite par les “faiseurs d’opinions” de l’Occident. Entre la proposition de livrer l’uranium “par partie” de l’Iran et l’exigence de l’Occident de le livrer “en totalité”, il y a un profond manque de confiance auquel il faudra trouver une issue ou une solution avec d’autres acteurs et une autre approche. Surtout si la violence verbale d’Israël, envers l’Iran, s’y met de la partie ! Si la dernière décision de l’Iran d’enrichir lui-même son uranium est vue comme “la preuve qu’il envisage un usage militaire”, on peut dire aussi que cette crainte est aussi “la preuve que l’Occident n’avait pas l’intention d’exécuter l’échange”, d’où les tergiversations et les menaces sur ce pays.

Ce qui nous autorise à supposer qu’il y avait mauvaises intentions sur l’uranium en question ! À notre sens, le jeu pervers des “blocs” n’est pas près de disparaître de sitôt tant que les deux antagonistes historiques (Amérique et Russie) n’ont pas “délimité leurs zones” d’influence ou que l’un d’eux ait cédé. Car qui tient l’Iran tient la zone la plus riche et la plus prometteuse. Oui, l’Iran est devenu un pays stratégique incontournable dans le règlement des conflits de la région ! Son développement technologique, propre, en particulier dans le domaine nucléaire, jusque-là conforme à ses engagements internationaux, suscite des inquiétudes non pas pour les dangers de déviation de cette énergie, mais plus pour le risque de voir ce pays, devenant fort, échapper à leur influence ou autorité comme à l’époque du shah.

C’est aussi et surtout un pays riche en ressources, notamment pétrolières. Dès lors, la réaction russe par “La nouvelle doctrine militaire russe” citant l’élargissement de l’Otan et le déploiement de systèmes (ABM) parmi les principales menaces pour la Russie ne peut être que la réponse sûrement appropriée au regard des réactions de l’Occident, pris entre le marteau de sa stratégie faussement “de defense ”, mais sûrement hégémonique, et l’enclume du doute et des conséquences imprévisibles.

Il y a cependant un doute.

La Russie, contrairement à l’Occident, en particulier les États-Unis, a toujours tenu à ses principes.

Un désengagement dans ce domaine aurait, pour la Russie, des conséquences particulièrement tragiques et irréversibles.

Car beaucoup de pays réfléchiront longuement avant de s’engager avec elle. Au profit de qui ? L’avenir nous le dira.

Source Liberté du 14 février 2010

Djerrad Amar

17 février 2010

http://www.setif.info/article4248.html


1-4 M. K. Bhadrakumar : La Russie, la Chine et l’Iran redessinent la carte énergétique. 

L’inauguration du pipeline Dauletabad-Sarakhs-Khangiran[1], mercredi dernier, reliant la région iranienne du nord de la Caspienne au vaste champ gazier du Turkménistan n’a peut-être pas été remarquée dans la cacophonie des médias occidentaux, selon lesquels c’est « apocalypse now » pour le régime islamique à Téhéran.

 Cet événement envoie des messages forts pour la sécurité régionale. En l’espace de trois semaines, le Turkménistan a confié la totalité de ses exportations de gaz à la Chine, à la Russie et à l’Iran. Ce pays n’a aucun besoin urgent des pipelines dont les Etats-Unis et l’Union Européenne ont fait la promotion.

Le pipeline turkmène-iranien de 182 kilomètres démarre modestement avec le pompage de 8 milliards de mètres cubes (Mm3) de gaz turkmène. Mais sa capacité annuelle est de 20 Mm3 et cela répondrait aux besoins énergétiques de la région iranienne de la Caspienne et permettrait ainsi à l’Iran de libérer pour l’exportation sa propre production de gaz dans ses champs gaziers méridionaux.

L’intérêt mutuel est parfait : Achgabat obtient un marché garanti auprès de son voisin ; le nord de l’Iran peut consommer sans crainte de pénuries hivernales ; Téhéran peut générer plus de surplus pour l’exportation ; le Turkménistan peut rechercher des routes de transit vers le marché mondial via l’Iran ; et l’Iran peut aspirer à tirer avantage de son emplacement géographique excellent, comme hub [nœud gazier] pour les exportations turkmènes.

 Nous assistons à un nouveau modèle de coopération énergétique au niveau régional qui se passe des majors pétrolières. La Russie prend traditionnellement la tête. La Chine et l’Iran suivent l’exemple. La Russie, l’Iran et le Turkménistan détiennent respectivement la première, la deuxième et la quatrième réserves mondiales de gaz. Et la Chine sera le consommateur par excellence dans ce siècle. Cette affaire a des conséquences profondes pour la stratégie mondiale des Etats-Unis.

Le pipeline turkmène-iranien nargue la politique iranienne des Etats-Unis.

Les Etats-Unis menacent l’Iran de nouvelles sanctions et prétend que Téhéran est de « plus en plus isolé ». Mais l’avion présidentiel de Mahmoud Ahmadinejad s’envole pour une tournée en Asie Centrale, il atterrit à Achgabat, où son homologue turkmène, Gurbanguly Berdymukhammedov, lui déroule le tapis rouge, et, un nouvel axe émerge.

La diplomatie coercitive de Washington n’a pas marché. Le Turkménistan, avec un produit national brut de 18,3 milliards de dollars (env. 12,7 Mds €), a défié l’unique superpuissance (PNB US = 14.200 milliards de dollars) – et, pire encore, il s’arrange pour que cela ressemble à de la routine.

Il y a également des intrigues secondaires.

Téhéran soutient avoir passé un accord avec Ankara pour transporter le gaz turkmène vers la Turquie via le pipeline existant de 2.577 km reliant Tabriz, au nord-ouest de l’Iran, à Ankara.

En effet, l’orientation de la diplomatie turque en matière de politique étrangère est indépendante.

La Turquie aspire également à être un hub pour les approvisionnements énergétiques de l’Europe. Il se pourrait bien que l’Europe soit en train de perdre la bataille pour établir un accès direct à la Caspienne.

Deuxièmement, la Russie ne semble pas perturbée par la Chine qui pompe l’énergie de l’Asie Centrale. Les besoins européens en matière d’importation énergétique depuis la Russie ont chuté et les pays producteurs d’Asie Centrale se tournent vers le marché chinois. Pour les Russes, les importations chinoises ne devraient pas priver la Russie d’énergie (pour sa consommation intérieure et ses exportations). La Russie a établi une présence suffisamment profonde dans le secteur de l’énergie en Asie Centrale et dans la Caspienne, pour s’assurer qu’elle n’est confrontée à aucune pénurie d’énergie.

Ce qui importe le plus pour la Russie est que son rôle dominant en tant que fournisseur d’énergie numéro un de l’Europe ne soit pas diminué. Tant que les pays d’Asie Centrale n’ont aucun besoin actuel pour de nouveaux pipelines trans-Caspienne, soutenus par les Etats-Unis, la Russie est satisfaite. 

Durant sa récente visite à Achgabat, le président russe, Dimitri Medvedev, a normalisé les liens énergétiques russo-turkmènes. La restauration des liens avec le Turkménistan est un progrès majeur pour les deux pays. Un, une relation gelée est en train de se réchauffer à vitesse grand V, dans laquelle le Turkménistan maintiendra un approvisionnement annuel de 30 Mm3 à la Russie. Deux, pour citer Medvedev, « Pour la première fois de l’histoire des relations russo-turkmènes, les fournitures de gaz s’effectueront sur la base d’une formule de prix qui est absolument en ligne avec les conditions du marché du gaz européen ». Les commentateurs russes disent que Gazprom trouvera qu’il n’est pas profitable d’acheter le gaz turkmène et, si Moscou a choisi de payer un prix élevé, c’est avant tout à cause de sa détermination à ne pas laisser de gaz qui puisse être écoulé dans des pipelines alternatifs, par-dessus tout dans le projet Nabucco soutenu par les Etats-Unis.

Troisièmement, contrairement à la propagande occidentale, Achgabat ne considère pas le pipeline chinois comme un substitut à Gazprom. La politique de fixation des prix par la Russie assure qu’Achgabat voit Gazprom comme un client irremplaçable. Le prix à l’exportation du gaz devant être vendu à la Chine est toujours en cours de négociation et le prix convenu ne peut tout simplement pas s’aligner sur l’offre russe.

Quatrièmement, la Russie et le Turkménistan ont réitéré leur engagement au Pipeline Côtier de la Caspienne (qui courra le long de la côte est de la Caspienne en direction de la Russie) avec une capacité de 30 Mm3. Evidemment, la Russie espère collecter du gaz supplémentaire d’Asie Centrale et du Turkménistan (et du Kazakhstan).

Cinquièmement, Moscou et Achgabat ont convenu de construire ensemble un pipeline raccordant tout le gaz turkmène à un unique réseau afin que les pipelines conduisant vers la Russie, l’Iran et la Chine puissent pomper le gaz depuis tous les champs gaziers.

En effet, contre cette toile de fond qu’est l’intensification de la poussée des Etats-Unis en direction de l’Asie Centrale, la visite de Medvedev à Achgabat a un impact sur la sécurité régionale.

Lors de la conférence de presse conjointe avec Medvedev, Berdymukhammedov a déclaré que les vues du Turkménistan et de la Russie sur le processus régional, en particulier en Asie Centrale et la région de la Caspienne, étaient généralement les mêmes. Il a souligné que les deux pays partageaient la vision que la sécurité de l’un ne peut être résolue aux dépens de l’autre. Medvedev a convenu qu’il y avait similarité ou unanimité entre les deux pays sur les questions liées à la sécurité, et il a confirmé qu’ils étaient prêts à travailler ensemble.

La diplomatie des pipelines des Etats-Unis dans la Caspienne, qui s’est efforcée de contourner la Russie, écarter la Chine et isoler l’Iran, a sombré. La Russie projette désormais de doubler sa consommation de gaz azerbaïdjanais, réduisant ainsi un peu plus la capacité des Occidentaux à retenir Bakou comme fournisseur pour Nabucco. En tandem avec la Russie, l’Iran apparaît également comme un consommateur de gaz azerbaïdjanais. En décembre, l’Azerbaïdjan a signé un accord pour livrer du gaz à l’Iran à travers le pipeline de 1.400 km Kazi-Magomed-Astara.

Le « tableau d’ensemble » est que les pipelines russes, South Stream et North Stream, qui fourniront du gaz à l’Europe du Nord et à l’Europe du Sud, ont atteint une vitesse irréversible. Les obstacles pour North Stream ont été levés, alors que le Danemark (en octobre), la Finlande et la Suède (en novembre), l’Allemagne (en Décembre) ont approuvé ce projet sur l’angle environnemental. La construction de ce pipeline commencera au printemps.

Ce pipeline de 12 milliards de dollars, construit conjointement par Gazprom, les Allemands E.ON Ruhrgas et BASF-Wintershall, ainsi que la firme de transport de gaz néerlandaise Gasunie, évite les routes de transit de l’ère soviétique, qui passaient par l’Ukraine, la Pologne et la Biélorussie, et suivra un itinéraire depuis le port de Vyborg au Nord-Ouest de la Russie vers le port allemand de Greifswald, le long d’une route longue de 1.220 km sous la Mer Baltique. Le premier tronçon de ce projet, qui aura une capacité de 27,5Mm3 par an, sera terminé l’année prochaine et sa capacité doublera d’ici 2012. North Stream affectera profondément la géopolitique de l’Eurasie, les équations transatlantiques et les liens de la Russie avec l’Europe.

Si l’on en doutait, 2009 s’est avérée être une année où la « guerre pour l’énergie » a pris de la vitesse. Le pipeline chinois inauguré par le Président Hu Jintao le 14 décembre, le terminal pétrolier près de la ville portuaire de Nakhodka dans l’extrême orient russe, inauguré par le Premier ministre Vladimir Poutine le 27 décembre (qui sera desservi par le pipeline gigantesque de 22 milliards de dollars depuis les nouveaux champs pétroliers en Sibérie orientale conduisant à la Chine et aux marchés de la zone Asie-Pacifique) et le pipeline iranien inauguré par Ahmadinejad le 6 janvier démontrent que la carte énergétique de l’Eurasie et de la Caspienne a été virtuellement redessinée.

L’année 2010 commence sur une nouvelle note fascinante: La Russie, la Chine et l’Iran coordonneront-ils leurs futurs mouvements ou harmoniseront-ils au moins leurs intérêts concurrentiels ?
Note:

 [1] Dauletabad est le plus grand gisement de gaz au Turkménistan ; Sarakhs est une ville d’Iran située à la frontière orientale avec le Turkménistan ; Khangiran, est une importante raffinerie gazière d’Iran.

M K Bhadrakumar

L'Ambassadeur M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Parmi ses affectations : l'Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.

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Traduction : JFG-QuestionsCritiques. All rights reserved.
Asia Times Online, le 12 janvier
article original : "Russia, China, Iran redraw energy map"
http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/pipelines_Russie_Chine_Iran_070109.htm
http://atimes.com/atimes/Central_Asia/LA08Ag01.html


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