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27/03/2010

n°37 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 25-03 - : Suite : - Les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent.

n°37 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 25-03 - : Suite  : - Les signes annonciateurs d’une troisième guerre mondiale s’accumulent.



Géopolitique & stratégie d'Iran

    n°37 du 25-03                                C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-5 Jim Lobe : Le Lobby Sioniste Pousse les US à Imposer Un Blocus Militaire et a Attaquer l’Iran.

1-6 Rick Rozoff : Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran.

1-7 Emrah Kaynak : Le rôle des dissidents dans la stratégie de subversion.

1-8 M. K. Bhadrakumar : L’arrestation d’un Djundallah s’avère opportune pour l’Iran.


1-5 Jim Lobe : Le Lobby Sioniste Pousse les US à Imposer Un Blocus Militaire et a Attaquer l’Iran.

Collaboration au Sionisme

Le gouvernement israélien directement et via son puissant lobby à Washington pousse les US à un blocus militaire de l’Iran, un acte de guerre, qui aurait comme répercussion immédiate la fermeture par l’Iran du Détroit d’Hormuz et une flambée sans précédent du prix du pétrole, sans parler du déclenchement d’une guerre régionale voire mondiale.

Le débat sur une action militaire contre l’Iran prend de l’ampleur

Tandis que les unes des médias sont occupées par « l’intensification » des opérations militaires en Afghanistan, le programme nucléaire iranien - et comment s’en occuper le mieux possible - apparaît ici rapidement comme le défi de politique étrangère de l’année.
Bien que l’administration du président Barack Obama continue d’espérer que la combinaison diplomatie et sanctions dures réussiront à persuader l’Iran de diminuer ses efforts nucléaires, le débat concernant les mesures dures - de sanctions conduisant à un blocus et à des frappes militaires - s’échauffe.
Le débat semble du principalement à la pression croissante sur l’administration par le gouvernement du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et ses supporters ici pour augmenter sérieusement la pression sur Téhéran par le biais de l’adoption d’urgence à la fois de « sanctions paralysantes » et les moyens de les mettre en application militairement.
« Le temps presse. Il doit y avoir maintenant des sanctions appliquées par la force » a déclaré Netanyahou lors d’une conférence à Jérusalem le 17 Février.
« Les sanctions appliquées par la force doivent inclure des mesures pour stopper les importations de produits pétroliers en Iran et l’exportation de ressources énergétiques » a-t-il ajouté, ce qui a largement été interprété comme un appel au blocus de même qu’un rejet implicite de sanctions réduites - ciblant principalement les IRGC (Iranian Revolutionary Guard Corps)- ce que préfère pour le moment Obama alors que la confrontation s’accroit.
Au cours d’une visite ici la semaine dernière, le ministre de la defense  israélien, Ehud Barak, a fait pression sur son homologue américain, Robert Gates, pour renforcer la présence de la flotte militaire US dans le Golfe à la fois pour montrer que Washington est résolu à agir et à se préparer à utiliser celle -ci « pour empêcher des importations et exportations vitales pour l’Iran » dans le cadre d’un régime de sanctions intensives à la fois unilatérales et multilatérales, selon ce qu’a déclaré un membre israélien de la délégation de Barak cité dans Defense  News de cette semaine.
Le même responsable a fait remarquer cependant que Washington n’est pas prêt à envisager de lancer des «
défis militaires « à l’Iran « tout du moins pour l’instant ».
Le débat se fait alors que l’administration et ses alliés européens font pression pour une offensive diplomatique majeure pour persuader la Russie et la Chine qui ont un droit de veto au CSONU, de même que plusieurs membres non permanents sceptiques du CS - notamment le Brésil, le Liban, la Turquie - de soutenir ou au moins de s’abstenir sur la nouvelle résolution portant sur des sanctions qui limiteraient ou interdiraient les transactions commerciales avec des entreprises contrôlées par les IRGC dans le secteur bancaire, de la navigation maritime et les assurances en Iran.
En même temps, l’administration résiste à la pression du Congrès pour passer une loi en attente qui prévoit entre autre d’imposer des sanctions contre les sociétés étrangères qui exportent du gasoil en Iran ou ont des investissements majeurs dans le secteur de l’énergie en Iran.
Le « Lobby d’Israël » ainsi nommé bénéficie d’un soutien important des deux partis. Il considère la loi comme la première de toute une série de sanctions « paralysantes « - si possible multilatérales sinon pour le moment unilatérales - qui seraient éventuellement appliquées par la force militaire.
Mais l’administration répond en arguant que des sanctions unilatérales risquent pour le moment d’aliéner des pays dont le soutien est essentiel pour persuader le CS de mener une action plus dure.
En plus, les problèmes crées par de telles sanctions toucheraient la population iranienne dans son ensemble, plutôt que des dirigeants spécifiques et des institutions partisanes de la ligne dure. Ceci, en retour pourrait déclencher une réaction nationaliste ralliant les citoyens derrière le régime et par conséquent affaiblirait le Mouvement Vert d’opposition, selon l’administration et ceux qui la soutiennent.
Mais les Israéliens, qui croient que l’opposition est trop faible pour sérieusement menacer le régime à court terme, avance que la situation nucléaire exige une action plus dure et plus urgente.
« Pour moi c’est clair que l’horloge du déclin de ce régime avance bien plus lentement que celle de l’Iran devenant une puissance militaire nucléaire » a déclaré Barak à une audience au Washington Institute for Near East Policy (WINEP) un think tank proche d’AIPAC l’organisation dirigeante du lobby d’Israël.
Il a également affirmé que l’acquisition par Téhéran d’une capacité nucléaire constituerait pour Israël - si ce n’est pour les US- « un point de non retour pour tout l’ordre régional ».
L’appel d’Israël à une action plus forte et plus urgente fait écho aux néo conservateurs à la ligne dure et à certains de leurs alliés nationalistes agressifs qui ont joué un rôle majeur pour persuader l’administration du président George.W.Bush d’envahir l’Irak.
L’ancien représentant des US à l’ONU, John Bolton, a affirmé pendant des mois que ni la diplomatie ni les sanctions ne réussiraient et qu’Obama devait au moins accepter qu’Israël lance une attaque militaire contre les installations nucléaires de l’Iran, et sinon qu’il donne l’ordre aux forces armées US de lancer un assaut massif, le plus vite étant le mieux. L’année dernière la candidate à la vice présidence Républicaine, Sarah Palin, a adopté sa position.
L’opinion de Bolton sur l’inefficacité de la diplomatie ou des sanctions pour empêcher l’Iran d’acquérir une capacité nucléaire est de plus en plus acceptée par un plus grand nombre de personnalités de l’establishment américain qui discutent maintenant pour savoir si la menace d’une action militaire pour empêcher Téhéran d’acquérir la capacité de fabriquer des armes nucléaires peut réussir.
Le mois dernier, le président de l’influent Council on Foreign Relations (CFR), Richard Haass, a affirmé dans un article largement remarqué publié le mois dernier dans Newsweek qu’un «
changement de régime » était « le seul moyen de stopper l’Iran » et l’a fait suivre d’une interview avec le magazine de Fareed Zakaria que Washington devrait envisager une action militaire unilatérale pour l’empêcher d’acquérir une arme nucléaire.
La clameur croissante pour une action plus forte a suscité une condamnation sans appel cette semaine ici de la part de deux analystes du Brooking Institution.
Dans un article publié dans le Financial Times, intitulé «
Surtout Ne Penser Même Pas A Bombarder l’Iran- Do Not Even Think About Bombing Iran », Michael O’Hanlon et Bruce Riedel ont affirmé que Washington devrait se montrer prudent lorsqu’il brandit des menaces militaires contre l’Iran sauf de vouloir que cela mène à une « prophétie se réalisant d’elle -même ».
«
L’option d’une frappe… manque de crédibilité » a écrit O’Hanlon, un faucon de la guerre contre l’Irak, qui a dirigé il y a un an l’analyse sur la politique Afghanistan-Pakistan pour l’administration Obama.  »L’Amérique est engagée dans deux campagnes militaires massives et impopulaires dans la région ». « Etant donné la capacité de l’Iran à mener des représailles contre les US en Irak et en Afghanistan, ce n’est tout simplement pas crédible que nous utilisions la force dans un futur proche »

 ont-ils continué, ajoutant que Washington devrait, entre autres actions, « organiser un régime de sanctions de façon à ce qu’il évolue pour contenir un Iran doté de l’arme nucléaire ».
Jim Lobe

 04/03/2010

Inter Press Service
Information complémentaire de la traductrice
L’Iran a déjà prévenu que tout blocus et ou toute attaque militaire - cette dernière lancée par Israël ou les Etats Unis sachant qu’Israël a besoin du feu vert de Washington pour agir - serait immédiatement suivi de la fermeture du Detroit d’Hormuz dans le Golfe Persique où passe 40% de l’approvisionnement en pétrole des pays occidentaux. Conséquence immédiate, une flambée sans précédent du prix du pétrole.
Les Israéliens ne voient eux que leur intérêt qui est de soumettre un pays considéré comme un adversaire dans leur volonté d’hégémonie dans la région et se moquent pas mal des répercussions économiques mondiales qu’une telle attaque engendrerait, si ce n’est plus, un embrasement régional voire une guerre mondiale.
Ce que l’on évite souvent de rappeler c’est que les Sionistes avant la seconde guerre mondiale ont lancé un appel au boycott de l’Allemagne d’Hitler ce qui n’a fait que jeter de l’huile sur le feu d’une situation déjà particulièrement tendue en Europe et a provoqué chez le dictateur un désir de vengeance qui a conduit au génocide des Juifs. Les Sionistes sont également prêts à sacrifier des vies juives et le Judaïsme pour assurer la survie de leur régime raciste d’apartheid en Palestine.
L’actuel gouvernement de Benjamin Netanyahou est devenu, selon les dires de l’ex ministre des affaires étrangères israélienne, Tsipy Livni, ancienne agent du Mossad, fille de terroristes de l’Irgoun, un état paria.
Va-t-il devenir - avant que ce régime autodestructeur ne disparaisse de lui-même - le premier état à utiliser au XXIème siècle des armes nucléaires stockées dans ses sous marins fabriqués et offerts gratuitement par l’Allemagne post nazie d’Angela Merkel et de ses prédécesseurs, stationnés dans les parages du Golfe Persique, dans le cadre d’une opération sous faux pavillon contre l’Iran déclencheur de la troisième guerre mondiale ?

4 Mars

Myriam Abraham titre introduction traduction

 http://www.planetenonviolence.org/Le-Lobby-Sioniste-Pousse-Les-US-A-Imposer-Un-Blocus-Militaire-Et-A-Attaquer-L-Iran_a2134.html


1-6 Rick Rozoff : Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran.

S'étant déclaré lui-même « commandant-en-chef d'une nation engagée dans deux guerres » et, de surcroît, le chef d'État de « l'unique superpuissance militaire au monde »[1], rien de moins, tout en étant le récipiendaire de ce qu'on appelle, inexplicablement, le prix Nobel de la paix, le président des États-Unis, Barack Obama, à l'occasion de son premier discours sur l'état de la nation, le 27 janvier, a affirmé que « la communauté internationale est de plus en plus unie, tandis que la république islamique est de plus en plus isolée ». Il s'est aussi fait menaçant : « Puisque les dirigeants de l'Iran continuent de faire fi de leurs obligations, soyons rassurés : ils en subiront les conséquences. Je vous le promets. »

Deux jours plus tard, sa secrétaire d'État, Hillary Clinton, a livré un discours à une importante académie militaire française, ce qui est assez révélateur en soi, et en cet endroit, elle a non seulement vivement dénoncé l'Iran, elle a aussi fait une mise en garde pas très diplomatique à la Chine : « La Chine se verra pressée de reconnaître l'impact déstabilisateur sur le golfe (Persique) qu'exercerait un Iran doté d'armes nucléaires... »[2]

Pressée par Washington, il va sans dire. Le jour même, la Maison blanche confirmait qu'elle avait finalisé une vente d'armes au coût de 6,4 milliards $ à Taïwan.

Le 9 février, le porte-parole du département de la Defense , Geoff Morrell, a déclaré à la presse que son patron, le chef du Pentagone, Robert Gates, veut que les Nations unies imposent des sanctions à l'Iran dans les prochaines « semaines et non des mois » et « pense de toute évidence qu'il faut agir sans attendre ».[3]

Pendant la Première Guerre mondiale, le journaliste et dramaturge autrichien Karl Kraus s'indignait : « Quelle est cette confusion mythologique ? Depuis quand Mars est-il le dieu du Commerce et Mercure, le dieu de la Guerre ? »

Aujourd'hui, il s'étonnerait également du fait que la diplomate la plus importante des États-Unis livre un discours dans une académie militaire (tout en y réprimandant avec beaucoup de condescendance la nation la plus peuplée du monde) et que le chef de la defense  étasunienne pousse d'autres pays à imposer des sanctions punitives à un pays qui n'a agressé personne depuis des siècles.

Le secrétaire général de « l'unique bloc militaire au monde », dirigé par les États-Unis – Anders Fogh Rasmussen – a pris la parole à la Conférence annuelle de Munich sur la sécurité, le 7 février, et y a livré une harangue dont le titre était « L'OTAN au XXIe siècle : Pour une nouvelle confluence mondiale », au cours de laquelle il a loué la capacité du bloc militaire à s'introduire dans presque tous les interstices imaginables : la guerre en expansion en Afghanistan, le terrorisme, les attaques cybernétiques, les pénuries d'énergie provoquées – les deux derniers interstices se référant, doit-on conclure, à la Russie – la non-prolifération nucléaire, les changements climatiques, la piraterie, les États en faillite, les drogues, « les catastrophes humanitaires, les conflits ayant comme point de litige les terres arables, et la concurrence grandissante pour les ressources naturelles »,[4] la Corée du nord et l'Iran.

Rasmussen a répété les revendications de l'Alliance et d'autres dirigeants occidentaux à l'effet que « l'OTAN doit devenir un forum de consultation sur les questions de sécurité mondiale », et a déclaré qu'« afin d'accomplir efficacement le travail de l'OTAN aujourd'hui, l'Alliance doit se faire l'axe d'un réseau de partenaires pour la sécurité ainsi que le centre de consultation sur les questions de sécurité internationale... Et inutile de commencer à zéro. Déjà, l'Alliance possède un vaste réseau de partenariats sur la sécurité, dans des régions aussi éloignées que l'Afrique du nord, le golfe, l'Asie centrale et le Pacifique. »[5]

En effet, l'OTAN possède un vaste réseau de membres et de partenaires militaires en pleine expansion à travers le monde. Un de ces membres est la Turquie, le deuxième plus grand contributeur de troupes au bloc, qui partage des frontières avec l'Iran. L'autre est un allié partenaire, l'Azerbaïdjan, autre pays frontalier de l'Iran.

L'allusion de Rasmussen au golfe Persique invoque les contacts militaires en croissance, les visites et les activités conjointes entre l'OTAN et les six membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui vont main dans la main avec la présence croissante des États-Unis dans la région[6], laquelle présence est assurée dans le cadre de l'Initiative de coopération d'Istanbul (ICI) lancée en 2004.[7]

Le nom du projet vient du fait qu'il a été inauguré au sommet de l'OTAN à Istanbul, lequel sommet a absorbé presque complètement toute l'Europe de l'est dans le bloc grâce à un processus de partenariat graduel. Le même processus qui avait incorporé dix nouveaux membres européens, incorpora ensuite les sept nations du Dialogue méditerranéen du Moyen Orient et de l'Afrique (l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie) et six États du golfe Persique (le Bahreïn, le Koweït, l'Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis). Les treize sont la responsabilité de l'ICI, mais le prolongement pour la première fois des partenariats militaires de l'OTAN à six nations du golfe Persique est l'aspect à la fois le plus ambitieux et le plus significatif du programme. Il fut le point de départ de l'offensive de l'OTAN dans le golfe visant à compléter la stratégie étasunienne de contenir et d'éventuellement confronter l'Iran.

Un des objectifs déclarés de l'ICI était d'« inviter les pays intéressés à se joindre à l'Opération effort actif (OEA) »,[8] qui est une opération de surveillance et d'interdiction navale (un blocus de facto) à la grandeur de la Méditerranée et qui aura neuf ans le mois d'octobre prochain. L'Initiative de coopération d'Istanbul lie le contrôle de la Méditerranée à l'expansion vers la Mer rouge jusqu'au golfe d'Aden, ou l'opération navale de l'OTAN, Ocean Shield, est présentement à l'oeuvre, y inclus la mer Arabique allant jusqu'au golfe Persique.

Un article précédent dans cette série énumérait les principaux objectifs de l'ICI :

- Se servir d'États appartenant au CCG afin d'y placer des troupes, des avions de guerre, des cargos et de la surveillance pour des opérations à la fois dans la région et dans ce qu'on appelle le Moyen-Orient élargi.

- Incorporer les États du golfe dans un programme de surveillance globale de missiles et de bouclier anti-missile.

- Amener les pays du CCG non seulement sous le parapluie nucléaire et anti-missile des États-Unis, mais effectivement sous l'influence de l'article 5, clause de defense  mutuelle de l'OTAN, ce qui pourrait mener à ce qu'on prétende qu'un ou des membres du CCG est menacé par un non-membre (c'est-à-dire l'Iran) et qu'on crée ainsi un prétexte pour déclencher des attaques « préventives ».

- Activer l'Opération effort actif de l'OTAN dans le golfe en instituant une vaste interdiction navale – un blocus – dans le détroit d'Hormuz où a lieu de 40 à 50 % du transport international de pétrole.

En 2006, l'OTAN a signé des ententes de renseignement militaire et de passage avec le Koweït et a mis sur pied une nouvelle faculté du Moyen-Orient au Collège de defense  de l'OTAN à Rome. L'OTAN a tenu une conférence sur l'ICI au Koweït en décembre à laquelle ont participé tous les six États du Conseil de coopération du golfe.

L'année suivante, quatre des six membres du CCG – le Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis – se sont joints formellement à l'Initiative de coopération d'Istanbul.

La pénétration du golfe par l'OTAN s'est poursuivie sans arrêt et en mai 2009, l'amiral Luciano Zappata de la marine italienne et commandant suprême adjoint des forces alliées Transformation (dont la base est à Norfolk, en Virginie), parlant du nouveau concept stratégique de l'OTAN présentement en cours, a loué l'Initiative de coopération d'Istanbul comme un « exemple de réussite » du nouveau modèle de « partenariat et de coopération » auquel songe l'Alliance pour la presque totalité de la planète.

Les intentions de Zappata (pour une fois on n'a pas invoqué le prétexte iranien pour justifier l'expansion militaire dans le golfe Persique pour camoufler les véritables visées de l'OTAN) sont révélées en détail dans ce qu'il a décrit comme étant « la dimension maritime de la nouvelle stratégie ».

Il a dit que « le réseau de ports, d'infrastructures et de pipelines ainsi que de navires suivant les lignes de communication maritimes qui soutient le commerce est vulnérable.

« Comme on commence l'exploitation des ressources sur le plancher océanique, il y a aussi un déplacement des intérêts stratégiques et de sécurité. »

L'amiral a ajouté que les Émirats arabes unis (ÉAU) sont « un partenaire commercial important et un fournisseur d'énergie important dans l'économie mondiale. La nouvelle base militaire française devant ouvrir au Port Zayed servira de support aux efforts internationaux pour renforcer la sécurité maritime. »[10]

Le jour même du rapport ci-haut mentionné, le 26 mai 2009, le président français, Nicolas Sarkozy, a visité les Émirats arabes unis pour y ouvrir une nouvelle base militaire, la première pour la France dans le golfe Persique et la première base étrangère dans les ÉAU. L'installation française dans le Port de Zayed, sur la côte du détroit d'Hormuz, « contient une base navale et aérienne ainsi qu'un camp d'entraînement ».[11]

« La base accueillera 500 membres du personnel de la marine l'armée terrestre et l'armée de l'air de la France. Elle pourra recevoir deux frégates de la flotte française opérant dans la région... La flotte française est la première du genre dans le golfe Persique. »

Un analyste du golfe fut cité au passage, disant : « Les États-Unis ont plusieurs bases militaires, aériennes et maritimes, dans le Koweït, le Qatar et le Bahreïn. La base maritime française d'Abu Dhabi est la première base militaire étrangère destinée à une armée amie dans les ÉAU. »[12]

« En ce qui concerne la France, la base militaire accroît son prestige au sein de l'OTAN et auprès des États-Unis puisqu'elle devient le seul membre de l'OTAN, autre que les États-Unis, à avoir un pied ferme dans le golfe. »[13]

Le mois suivant, Sarkozy a complété un contrat avec les ÉUA pour l'achat de 60 avions de combat Rafale au coût de 8-11 million $.

L'année précédente, la France avait effectué des exercices de guerre simulée dans les ÉAU, le Bouclier du Golfe 01, d'une durée de 12 jours, avec des homologues militaires provenant du pays hôte et du Qatar. Quatre mille soldats ont participé aux exercices, lesquels ont « simulé une guerre mettant en conflit deux pays de la région et leur allié contre un état voisin qui a envahi un des deux pays ».[14]

Vers la fin du mois d'octobre 2009, une conférence de deux jours sur « les relations OTAN-ÉAU et la voie vers l'avant pour l'Initiative de coopération d'Istanbul » avait lieu à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis. Elle réunissait « 300 participants, y inclus le secrétaire général de l'OTAN, les représentants permanents de l'OTAN au Conseil de l'Atlantique Nord, le secrétaire général adjoint de l'OTAN, le président du Comité militaire de l'OTAN ainsi que d'autres haut placés de l'OTAN, des leaders d'opinion, des académiciens et des éminences grises de pays de la région du golfe.[15]

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a dit à un correspondant d'Al Arabiya que « l'OTAN voir la région du golfe comme une continuation de la région de sécurité euro-atlantique », et en référence à l'Iran – qui ne fut pas, évidemment, invité à la conférence – « nous sommes tous sérieusement préoccupés par les ambitions nucléaires et par l'effet d'entraînement nucléaire qu'il pourrait déclencher dans une région charnière pour la stabilité et la sécurité mondiales ».[16]

Ces dernières semaines, les États-Unis ont annoncé qu'ils avaient fait des ventes de missiles terrestres d'interception au Bahreïn, au Koweït, à Qatar et aux Émirats arabes unis. Ils ont approvisionné les États du CCG en Patriotes à capacité avancée-3 et en systèmes de missiles de Defense  terminale de zone de haute altitude (THAAD) et ont déployé des missiles d'interception Standard-3 mer-air dans le golfe sur des navires de guerre équipés du système Aegis.

Tôt en février, le secrétaire général adjoint de l'OTAN, Claudio Bisogniero, était au Qatar et, « louant l'appui donné par Qatar à l'OTAN depuis l'Initiative d'Istanbul en 2004 », il a dit que « le Qatar est devenu un participant actif dans la plupart des délibérations tenues sous l'égide de l'OTAN... »[17]

Les États du CCG présentement intégrés aux opérations internationales sont recrutés pour la guerre en Afghanistan. Une publication des forces armées des États-Unis a révélé à la fin de janvier que 125 membres du personnel de sécurité du Bahreïn montaient la garde devant « les quartiers généraux des opérations militaires étasuniennes dans la province volatile de Helmand, ou sont stationnés plus de 10 000 marines et où d'autres sont attendus ».[18] C'est à partir de Helmand que les États-Unis et l'OTAN mènent leur bataille la plus intense et la plus sanglante dans leur guerre de plus de huit ans en Afghanistan.

Des troupes des ÉAU sont au service de l'OTAN et de son commandement en Afghanistan depuis plusieurs années.

L'Agence de nouvelles du Koweït écrivait le 28 janvier que le président du Comité militaire de l'OTAN, l'amiral Giampaolo Di Paola, avait dit que « l'Alliance est en discussion présentement avec un État du golfe sur le déploiement d'avions AWACS pour des missions de reconnaissance au-dessus de l'Afghanistan en appui à sa mission de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ainsi que pour contrer la piraterie au large de la Somalie ».

De surcroît, Di Paola aurait déclaré que « l'Alliance prévoit régler prochainement la question de base avec l'un des pays du golfe » et « nous prévoyons être en position de remplacer le déploiement temporaire que nous avons aujourd'hui en Oman par un déploiement plus permanent et à long-terme ».[19] L'Oman est à proximité de l'Iran dans le détroit d'Hormuz.

La vraie puissance militaire dans la région du golfe, l'Arabie saoudite – armée jusqu'aux dents avec des armes modernes des États-Unis – est engagée dans sa toute première guerre depuis novembre dernier. Riyadh a lancé des attaques régulières avec infanterie, véhicules blindés et avions de guerre dans le nord du Yémen, son voisin, contre des rebelles houthi. On rapporte la mort de centaines de civils yéménites victimes d'attaques, qui, selon les porte-parole des rebelles, ont été accompagnées d'attaques aériennes des États-Unis.[20] Deux cents mille civils ont été déplacés par les combats au nord depuis 2004.

Le gouvernement saoudien reconnaît qu'il y a eu plus de 500 victimes de guerre, y inclus morts et blessés.

La population du nord Yémen est chiite en termes de conviction religieuse, et l'offensive saoudienne peut non seulement se transformer en guerre avec l'Iran mais peut, en fait, servir de répétition générale pour une guerre en bonne et due forme.

En ce qui concerne d'autres pays partageant des frontières avec l'Iran, en juillet dernier le secrétaire général adjoint de l'OTAN, Claudio Bisogniero, a signé un accord avec le ministre irakien de la Defense  dans le but de former les forces de sécurité de ce pays. Le site web de l'OTAN rapporte que : « Cette entente représente un point tournant dans la coopération entre la République de l'Irak et l'OTAN et démontre la force de l'engagement pris par l'Alliance... L'entente donne à l'OTAN une base légale pour continuer sa mission d'assister le gouvernement de la République de l'Irak à développer davantage les capacités de ses Forces de sécurité. »[21]

Le mois dernier, l'OTAN s'est mise à recruter des Kurdes ethniques pour la Force de sécurité nationale de l'Irak dans le nord du pays près de la frontière iranienne.

Sur la frontière occidentale de l'Iran, au cours de rencontres de ministres de la Defense  de l'OTAN en Turquie tard la semaine dernière, le chef du Pentagone, Robert Gates, a rencontré le chef d'état-major général de la Turquie, Ilker Basbug, et Gates a dit qu'il avait « discuté avec le général Basbug du rôle de la Turquie dans le système de defense  anti-missile et des relations entre les deux armées ».[22]

L'ancien secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, dans le but de convaincre de l'importance de conserver les ogives nucléaires étasuniennes en Allemagne, a divulgué récemment qu'il existe entre 40 et 90 armes nucléaires étasuniennes sur la base aérienne d'Incirlik en Turquie, selon des dispositions de l'OTAN.

Au nord-est de l'Iran, l'Azerbaïdjan est de plus en plus développé en tant qu'avant-poste de l'OTAN dans le Caucase du sud et dans le bassin de la mer Caspienne. Plus tôt ce mois-ci, « un groupe de travail du ministère de la Defense  de l'Azerbaïdjan et du commandement européen des États-Unis (USEUCOM) a tenu une réunion à Stuttgart, en Allemagne... La réunion fut organisée dans le cadre du plan d'action des États-Unis et de l'Azerbaïdjan pour la coopération militaire » et a duré cinq jours.[23]

Le pays s'est vu accorder un Plan d'action de partenariat individuel de l'OTAN comme d'autres anciens États soviétiques tels que la Géorgie, l'Ukraine et, plus récemment, la Moldavie. En janvier, l'Azerbaïdjan a été l'hôte d'une conférence de planification pour l'exercice militaire de 2010 de la réaction régionale de l'OTAN. L'année dernière, « l'entraînement militaire de la Force de réaction régionale 2009 a eu lieu dans le cadre du programme du Partenariat pour la Paix de l'OTAN (PfP), en avril 2009, à Bakou.

« Le commandant des forces terrestres des États-Unis, Carter Ham, y a participé. »[24]

L'Azerbaïdjan a doublé la puissance de ses troupes en Afghanistan et formera les officiers de l'Armée nationale de l'Afghanistan dans ses écoles militaires. Le ministère des Affaires étrangères de ce pays a annoncé que l'Azerbaïdjan est intéressé à se joindre à la Force de réaction de l'OTAN avec l'Ukraine, et l'Alliance en donne la description suivante :

« La Force de réaction de l'OTAN (NRF) est une force prête à l'action et dotée d'une technologie moderne, composée de forces conjointes, terrestres, aériennes et maritimes, que l'Alliance peut déployer rapidement peu importe la région.

« Elle est en mesure d'entreprendre des missions à l'échelle mondiale et dans tous les créneaux d'opérations... »[25]

Vers la fin de janvier, un ancien conseiller présidentiel de l'Azerbaïdjan, Vafa Guluzade, prenant la parole à un séminaire sous le titre « Coopération OTAN-Azerbaïdjan : une perspective civile », a dit : « Le territoire et le peuple de l'Azerbaïdjan sont faits sur mesure pour une coopération militaire avec l'OTAN. Le pays est un emplacement géostratégique propice... l'Azerbaïdjan possède des aérodromes militaires propices pour des bases de l'OTAN. »[26]

À l'est de l'Iran, les États-Unis et l'OTAN auront bientôt plus de 150 000 troupes, et selon une récente étude, 400 bases en Afghanistan, et les deux belligérants occidentaux coordonnent des actions militaires avec le Pakistan, l'Alliance coordonnant par le biais de la Commission militaire trilatérale Afghanistan-Pakistan-OTAN.

Un étau se resserre autour de l'Iran par toutes les directions et l'OTAN en est le manipulateur principal.

Notes

1. La doctrine Obama : une guerre éternelle pour une humanité imparfaite, Stop NATO, le 10 décembre 2009

2. Sur ordonnance de Hillary Clinton : faire de la planète un protectorat de l'OTAN, Stop NATO, le 31 janvier 2010

3. Associated Press, le 9 février 2010

4. L'OTAN, le 7 février 2010

5. Ibid

6. U.S. extends Missile Buildup From Poland and Taiwan To Persian Gulf, Stop NATO, le 3 février 2010

7. L'OTAN dans le golfe Persique : De la troisième guerre mondiale à Istanbul, Stop NATO, le 6 février 2009

8. L'OTAN, l'Initiative de coopération d'Istanbul.

9. L'OTAN dans le golfe Persique : De la troisième guerre mondiale à Istanbul.

10. Khaleej Times, le 26 mai 2009

11. Radio Netherlands, le 26 mai 2009

12. Gulf News, le 23 mai 2009

13. Gulf News, le 27 janvier 2008

14. Agence France-Presse, le 6 mars 2008

15. L'OTAN, le 28 octobre 2009

16. Al Arabiya, le 1 novembre 2009

17. Gulf Times, le 8 février 2010

18. Stars and Stripes, le 23 janvier 2010

19. Agence de nouvelles du Koweït, le 28 janvier 2010

20. Yémen : la guerre du Pentagone sur la péninsule arabique, Stop NATO, le 15 décembre 2009

21. L'OTAN, le 26 juillet 2009

22. World Bulletin, le 6 février 2010

23. Azeri Press Agency, le 1 février 2010

24. Azeri Press Agency, le 21 janvier 2010

25. L'OTAN, la Force de réaction de l'OTAN.

26. Novosti Azerbaijan, le 22 janvier 2010

Rick Rozoff,

 Stop NATO,

10 février 2010 -

http://www.cpcml.ca/francais/Lmlq2010/Q40039.htm#1


1-7 Emrah Kaynak : Le rôle des dissidents dans la stratégie de subversion.

La subversion est un élément substantiel de la stratégie hégémoniste des Etats-Unis, pays qui est en permanence en guerre (latente ou ouverte).

Considérée autrefois comme une force accessoire, l’information a désormais un intérêt stratégique vital. Conscient des enjeux, les USA exploitent parfaitement, au bénéfice de leurs ambitions impérialistes, les virtualités offertes par les nouvelles technologies de communication, de socialisation et d’information .

La stratégie de domination s’est affinée au point que l’objectif est maintenant de conquérir un pays sans même l’attaquer physiquement, en particulier en recourant à des campagnes de désinformation relayées par des agents d’influence internes.

Dès l’antiquité, le stratège chinois Sun Tzu avait déjà défini les idées-forces de la subversion : « Dans la guerre, la meilleure politique, c’est de prendre l’Etat intact ; l’anéantir n’est qu’un pis aller ». « Les experts dans l’art de la guerre soumettent l’armée ennemi sans combat. Ils prennent les villes sans donner l’assaut et renversent un Etat sans opérations prolongées ». « Tout l’art de la guerre est fondé sur la duperie ».

L’écrivain italien Curzio Malaparte (1898-1957) était tout autant convaincu de la possibilité de déposer un pouvoir en propageant une perception altérée des faits.

Il soulignait le rôle central d’une minorité agissante qui laissait dans l’ombre la majorité loyale au pouvoir.

Le psycho-sociologue français Roger Mucchielli (1919-1981), souligne lui aussi l’importance des facteurs subjectifs en terme de subversion : « L’action de dissociation des groupes constitués est une opération indispensable car on sait, par les recherches en psychologie sociale, que plus les individus adhèrent à des groupes cohésifs, moins ils sont perméables à la propagande et à la subversion. Il faut donc dissocier ou neutraliser les groupes de références pour individualiser les gens et les détacher individuellement de leurs valeurs groupales ». Vladimir Volkoff (1932-2005) a parfaitement codifié les linéaments de la désinformation et de la manipulation dans son livre « La désinformation, arme de guerre » :

- Démoraliser la nation adverse et désintégrer les groupes qui la composent.

- Discréditer l’autorité, ses défenseurs.

- Neutraliser les masses pour empêcher toute intervention spontanée et générale en faveur de l’ordre établi, au moment choisi pour la prise non violente du pouvoir par une petite minorité. Selon cette logique, il convient d’immobiliser les masses plutôt que de les mobiliser.

Les objectifs de la subversion consistent en substance à assiéger idéologiquement, politiquement et stratégiquement l’adversaire en vue de limiter sa liberté de mouvement et d’action.

Au nom de la démocratie, pour le capitalisme ?

Les concepts de « démocratie » et de « droits de l’homme » se sont convertis en argument central de l’interventionnisme étasunien. La promotion nominale de la démocratie est un précepte essentiel de la stratégie globale de domination des USA, peu importe si en sous-main ils trahissent ces mêmes valeurs chaque fois que leurs intérêts sont contrariés.

Les révolutions « colorées » (Géorgie, Ukraine, Liban et dans une certaine mesure en Iran) témoignent de l’emploi méthodique de cette tactique.

Sous l’étendard des droits de l’homme et de la liberté, les mouvements de contestation cubains sur lesquels les Etats-Unis prennent appui dissimulent un programme politique explicitement contre-révolutionnaire. En s’inspirant des dissidents de l’Europe de l’Est, ils se contentent d’en appeler à une plus grande liberté politique et économique, ce qui implique dans les faits le renversement du système sociopolitique socialiste, le démantèlement des acquis révolutionnaires et l’assujettissement de Cuba aux intérêts impérialistes.

Les mouvements dissidents font un travail de sape pour le compte des Etats-Unis qui les encouragent économiquement et moralement. Structurellement et idéologiquement intégrés aux dispositifs d’ingérence, les dissidents constituent l’avant-garde de la restauration du capitalisme. Il est significatif que leurs chefs de file soutiennent bassement les coups de force contre le pouvoir légal en Bolivie, au Honduras ou au Venezuela.

La dissidence est-elle un processus endogène ?

Jean-Guy Allard et Eva Golinger dans le livre « La Agresión Permanente » pointent du doigt les activités subversives de la USAID, l’agence américaine pour le développement international qui s’est convertie en principale plateforme de contre-insurrection. Le dossier à charge de cette officine paragouvernementale en Amérique latine est éloquent.

La USAID qui a pour mission affichée de renforcer la démocratie, la création d’une croissance généralisée économique à long terme, et promouvoir la sécurité, a investi des millions de dollars dans la déstabilisation des pays progressistes. Elle est particulièrement active au Venezuela et en Bolivie, où elle sous-traite à travers des fondations (Freedom House, American Enterprise Institute, Fondation Ford,…) et des ONGs locales.

Elle est secondée par la NED (National Endowment for Democracy), organisme écran de la CIA, qui se charge plus particulièrement du financement et de l’encadrement des dirigeants politiques et syndicaux – lisez dissidents- et qui a revendiqué l’organisation du syndicat Solidarność en Pologne, la Charte 77 en Tchécoslovaquie et Otpor en Serbie.

Cuba est en prise, depuis le début de l’ère révolutionnaire, à une propagande noire qui cherche par tous les moyens à porter atteinte à son prestige. Les campagnes de diffamation contre la révolution font passer, à la faveur de l’abdication intellectuelle des journalistes disciplinés, les immigrés économiques en exilés politiques, les délinquants de droit commun en prisonniers politiques, les agents conspirationnistes à la solde d’un régime étranger en opposants politiques.

La USAID revendique d’ailleurs son soutien aux « agences exécutives, aux médias et à la société civile à Cuba » via le programme pour Commission pour Assistance à une Cuba libre. L’administration Obama poursuit scrupuleusement, malgré ses déclarations d’intention, la stratégie d’ingérence et d’hostilité de ses prédécesseurs comme le confirme le Président Raul Castro : « L’ennemi reste aussi actif qu’auparavant et une illustration de cela est la détention depuis plusieurs jours d’un citoyen américain, désigné par euphémisme par le porte-parole du département d’État comme un sous-traitant de son gouvernement et qui se consacrait à l’approvisionnement illégal de moyens de communication sophistiqués via satellite à des groupes de la société civile conspirant ».

Il est troublant d’observer que le terme de « dissident » est exclusivement réservé dans la presse orthodoxe aux personnes qui contestent le système politique de pays proclamant un caractère socialiste. On parle de dissidence cubaine, vénézuelienne, chinoise mais jamais on ne qualifie de dissident celui qui éprouve une rupture critique totale avec le monde capitaliste.

Emrah Kaynak

mars 2010

Extraits :

Reporters Sans Frontieres, les aveux de Robert Ménard
http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?article37

Pax Christi et Cuba : ONG ou Cheval de Troie ?
http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?article103

http://www.legrandsoir.info/Le-role-des-dissidents-dans-la-strategie-de-subversion.html


1-8 M. K. Bhadrakumar : L’arrestation d’un Djundallah s’avère opportune pour l’Iran.
Si les montagnes d’Elbrouz, recouvertes de neige et qui s’élèvent au nord de Téhéran, ont pris un éclat supplémentaire, mercredi dernier, sous le soleil hivernal vif, il y avait une bonne raison.

C’était le lendemain matin de la capture spectaculaire d’Abdulmalik Rigi, le dirigeant de 31 ans du redoutable groupe basé au Pakistan, le Djundallah, dans une opération sensationnelle menée par les services secrets iraniens.

A Téhéran, l’Institut Soureh du Cinéma et le Ministère de la Culture et de la Guidance Islamique envisagent déjà de réaliser un film sur la capture de Rigi, lequel dirigeait le Djundallah (les Soldats de Dieu), un groupe insurrectionnel sunnite opérant essentiellement dans la province du Sistan-Baloutchistan, au sud-est de l’Iran, contre le régime chiite. 

Cette opération contenait tous les ingrédients d’un film noir. Selon les détails disponibles, les renseignements iraniens, qui pourchassaient Rigi depuis des mois, l’ont attrapé alors qu’il volait depuis les Emirats Arabes Unis (E.A.U.) vers le Kirghizstan. L’avion a été forcé d’atterrir à Bandar Abbas, au sud de l’Iran, où Rigi et un complice ont été sortis de force de l’appareil. 

Toutefois, la capture de Rigi a des ramifications plus larges qui vont bien au-delà de cette affaire très mouvementée. D’abord, le public iranien a été ébloui par l’opération de ses services secrets, redonnant un coup de fouet moral à un moment critique, alors que l’Ouest assaille l’Iran sur son programme nucléaire et que la classe politique à Téhéran est plus polarisée que jamais depuis les trente dernières années de la République Islamique.

L’ironie, c’est que l’opération iranienne contraste fortement avec les retombées de l’opération des services secrets israéliens à Dubaï, dans les E.A.U., pour assassiner le haut dirigeant du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, le 19 janvier dernier. Le ministre de l’intérieur iranien, Moustafa Mohammed Najjar a été très clair lorsqu’il a déclaré : « Une telle opération menée par les forces de sécurité de la République Islamique indique que les services de renseignements et de sécurité du pays ont la main dans la région. »

Sans aucun doute, l’opinion publique iranienne s’identifiera avec cette ambiance de confiance en soi, peu importe, à ce moment précis, les convictions politiques des diverses factions au regard de l’establishment au pouvoir.

A son tour, cela aurait des implications sur l’impasse entre les Etats-Unis et l’Iran. Mais ce n’est qu’un aspect. Le fait est que Téhéran a mis Washington sur la défensive à un moment critique. Rigi va sûrement se mettre à table – il a peut-être déjà commencé – et beaucoup de choses ressortiront sur les activités secrètes des forces américaines basées en Afghanistan pour subvertir l’Iran en frayant avec le Djundallah, lequel, par la même occasion, est également connu pour entretenir des liens avec al-Qaïda.

Apparemment, Rigi avait tenu une réunion avec ses mentors américains dans une base américaine, la veille même de son voyage vers les E.A.U. Il semble qu’il voyageait avec un faux passeport afghan fourni par les Américains. Une foule de détails très embarrassants arrive déjà au compte-gouttes, détails que « la rue arabe » boira avec enthousiasme comme du petit lait et qui donnera un air de faiblesse à l’ensemble de la position américaine sur la situation entourant l’Iran.

Le double langage américain sur le terrorisme ressort de manière trop crue. La grande question est de savoir si le Pakistan a joué un rôle utile dans la capture de Rigi. Les officiels iraniens ont platement insisté sur le fait que la capture de Rigi avait été « entièrement menée » par les agences iraniennes, incluant leur « direction des opérations et du planning », et que le mérite revenait « uniquement aux forces spéciales de sécurité de notre pays ».

Le ministre du renseignement iranien, le Hodjatoleslam Heydar Moslehi, qui est également un ecclésiastique influent, a déclaré catégoriquement : « Aucun autre pays n’a pris part à ce succès. »

Mais le persan est une langue hautement nuancée. Ce qui est significatif est que les officiels iraniens, alors qu’ils n’ont pas hésité à dénoncer les Etats-Unis comme principaux mentors de Rigi, n’ont fait aucune référence, directe ou indirecte, au Pakistan, qui puisse être interprétée comme critique ou inamicale. Ceci doit être noté, alors que ces derniers mois, en plusieurs occasions, les officiels iraniens ont exprimé publiquement leur angoisse que les renseignements pakistanais ne fussent impliqués d’une façon ou d’une autre avec le Djundallah et qu’Islamabad ne faisait pas assez pour démontrer que le Pakistan est un voisin amical, comme il le revendique.

A plusieurs reprises, Téhéran a transmis des renseignements à Islamabad en l’exhortant d’extrader Rigi, à la suite des attaques meurtrières orchestrées par le Djundallah dans la province du Sistan-Baloutchistan, en octobre dernier, qui a fait 42 morts, dont plusieurs cadres militaires iraniens de haut-rang.

Tout compte fait, il semble qu’Islamabad ait sous-entendu avoir bien coopéré avec Téhéran sur la capture de Rigi. L’ambassadeur pakistanais à Téhéran, Muhammad Baksh Abbasi, a pris l’initiative inhabituelle de « souligner le soutien d’Islamabad » dans l’arrestation de Rigi. Abbasi a tenu une conférence de presse pour affirmer : « l’arrestation de Rigi a montré qu’il n’y a pas de place au Pakistan pour les ennemis de l’Iran ». Dénué de tout sens diplomatique, Abbasi a revendiqué une part du mérite, que Téhéran a monopolisé bec et ongles. Mais Maslehi n’a fait aucun cas de quelque rôle pakistanais que ce soit.

Si le Pakistan a joué un rôle dans la capture de Rigi, il y aurait alors des implications profondes pour la sécurité régionale. Le plus probable est qu’Islamabad pourrait demander à l’Iran la même réciprocité de « bonne volonté », comme concilier ses propres intérêts en Afghanistan. D’un autre côté, les officiels iraniens ont clairement dit que Téhéran ne devait rien à personne, y compris au Pakistan.

Téhéran reste très préoccupé par la stratégie des Etats-Unis en Afghanistan et par le rôle qu’y joue le Pakistan. Selon les estimations iraniennes, la stratégie des Etats-Unis a pour objectif une présence à long-terme de l’OTAN en Afghanistan et en Asie Centrale. De la même manière, les liens croissants entre l’Otan et le Pakistan, « pilier » de l’alliance en Asie du Sud, n’ont pas échappé à l’attention iranienne. On ne peut nier le fait que les liens entre le Pakistan et l’OTAN prennent rapidement une tournure stratégique et qu’ils ont excédé les nécessités immédiates de la coopération pratique en Afghanistan.

Téhéran appréhende pareillement que la stratégie à long-terme des Etats-Unis ne consiste à devenir l’arbitre de la sécurité en Asie, impliquant quatre puissances majeures voisines de l’Afghanistan – l’Iran, l’Inde, la Russie et la Chine –, en exploitant les contradictions dans la région. Téhéran estime que le Pakistan y collabore et qu’il en tire avantage de nombreuses façons.

 C’est pourquoi Téhéran suivra une politique duale vis-à-vis de la connexion Djundallah-Pakistan. D’un côté, l’Iran aimerait persuader Islamabad, à tous les niveaux possibles, d’être coopératif afin de réduire les activités des éléments terroristes opérant hors du sol pakistanais. Toutefois, les Iraniens ne peuvent pas être assez naïfs pour imaginer que les terroristes du Djundallah sont des « acteurs non-étatiques » basés au Pakistan et en Afghanistan, sur lesquels l’establishment de la sécurité à Islamabad n’a aucun contrôle.

 Téhéran préfèrerait ne pas rabâcher la même chose sur cet aspect sensible et préfèrerait à la place cajoler les renseignements et les militaires pakistanais et les persuader d’être coopératifs pour contrer le terrorisme dirigé contre l’Iran depuis le sol pakistanais.

 L’épisode Rigi fait ressortir la complexité des relations entre l’Iran et le Pakistan dans la lutte contre le terrorisme. La vérité c’est que les intérêts de l’Iran en Afghanistan sont bien trop fondamentaux pour être marchandés et, ce, en aucune circonstance.

M K Bhadrakumar
27 février 2010

M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Ses affectations incluent l'Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.
article original : "Jundallah arrest proves timely for Iran"

Copyright 2010 Asia Times Online Ltd
Traduction : [JFG-QuestionsCritiques].

http://atimes.com/atimes/Middle_East/LB26Ak01.html

http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Djundallah_Abdulmalik_Rigi_Iran_Pakistan_270210.htm 

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