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30/03/2010

n°129 - Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 29-04 : - Début -: Toute guerre contre le Liban sera catastrophique pour "Israël".


n°129 - Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 29-04 : - Début -: Toute guerre contre le Liban sera catastrophique pour "Israël". 



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban 

129 du 29-04

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire : 

Tiré à part :

Hariri: Une guerre détruira le Liban.

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Nicolas Crousse : Lebanon : la guerre vue depuis un tank.

2 Brèves

2-1 Nouvelle guerre au Liban?

2-2 Nasrallah se pose comme médiateur entre el-Assad et Joumblatt-

2-3 "Une attaque contre l’Iran mettrait le feu à toute la région et l’agresseur le paierait au prix fort ».

2-4 personnes condamnées par appartenance à Al-Qaïda au Liban.

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Le registre des violations des droits de l’homme des administrations américaines a été saturé et a même débordé du fait de leurs pratiques diverses.

3-2 Omayma Abdel-Latif : La force de dissuasion du Hizbullah. 

3-3 La députée Guigou: toute guerre contre le Liban sera catastrophique pour "Israël".  

3-4  Hassan Moali : Analyse : Joe Biden réitère le soutien « absolu » des USA à Israël.

3-5 Les lobbies pro-israéliens accusent une partie de l'administration Obama qui critique Netanyahou.(…).

Fin

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Bachar AlAssad  : Nous avons relevé le défi dans l'aventure qui nous a été imposée.

4-2 Beyrouth se mobilise contre la judaïsation de Jérusalem-Est.

5 Annexe

5-1 Impérialisme & Résistances.

5-2 Danielle Bleitrach : La Chute de L’Empire étasunien.

5-3 Point de vue de Robert Bibeau : La maladie infantile de la résistance. 



Tiré à part :

Hariri: Une guerre détruira le Liban.

“Une guerre détruira le Liban quant aux divisions internes elles l’anéantiront ” a déclaré le premier ministre Saad Hariri hier soir aux journalistes. Il a réitéré le fait que le Liban est au cœur du conflit arabo-israélien, et que son peuple restera uni contre les menaces permanentes exercées par l’Etat hébreux.
La séance du Dialogue National évoquera une stratégie de défense, a ajouté Hariri, signalant que le Liban est en communication permanente avec les partis étrangers afin de réaliser une action diplomatique contre les prochaines menaces israéliennes.

Hariri a par ailleurs évoqué l’appel de certains partis à inclure un représentant de la Ligue Arabe au sein du comité du Dialogue National, précisant que c’est au président Michel Sleiman de décider sur ce point là.
“Le président et le premier ministre sont ceux qui représentent le Liban, et ceux qui définissent la politique étrangère du cabinet” dit-il faisant allusion aux rapports qui disent que Nasrallah agit au nom de l’Etat Libanais.

iloubnan.info –

05 mars 2010

http://www.iloubnan.info/fr/actualite/id/43436



1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Nicolas Crousse : Lebanon : la guerre vue depuis un tank.

Entretient : Le Lion d'or à Venise, «   » transforme le souvenir de la guerre du Liban de 1982 en une fiction sur l'horreur humaine… vue depuis un tank.

En 1982, l'Israélien Samuel Maoz fut enrôlé de force dans l'offensive armée contre le Liban.

La guerre ne fit pas que dépuceler le jeune homme de vingt ans, qui ne rêvait qu'à une vie normale. Elle le transforma en tueur, guidé par l'instinct de survie.

Vingt-cinq ans plus tard, Maoz, entre-temps devenu cinéaste, a décidé de réveiller la mémoire de ces traumatismes anciens. Et de les exorciser par la voie d'une fiction, inspirée par son expérience personnelle.

Le résultat, Lebanon, est un film aussi éprouvant que remarquable. Qui révèle, derrière sa dimension thérapeutique, un très grand cinéaste. Et qui démontre une nouvelle fois l'exceptionnelle santé du cinéma israélien, décidément travaillé par la culpabilité de cette guerre, déjà au centre de Beaufort et Valse avec Bachir.

Rencontre avec Maoz.

Pourquoi avoir choisi de faire un film sur une guerre à laquelle vous avez participé, certes à votre insu ?

Un jour, j'ai réalisé que la guerre au Liban n'était pas une question personnelle, celle d'un souvenir traumatique à exorciser, mais aussi celle de mes amis, d'une génération… Je me suis dit que je ne pourrais faire un film autour de ça qu'en apportant un « plus », une approche résolument viscérale et émotionnelle. La compréhension profonde passe par la sensation. Il faut d'abord ressentir en sa chair, que ça passe par l'estomac et par le cœur. Je voulais montrer la guerre telle qu'elle est, nue. On m'a fait le reproche qu'avec cette approche, je perdrais le spectateur…

Or, la guerre est un organisme non moral, une bête qui a paradoxalement besoin de morts pour ne pas mourir. Alors que le soldat est à la base une personne normale, qui connaît la différence entre le bien et le mal. Une personne normale ne peut pas tuer. La guerre est là pour créer un mécanisme qui vous contraint à tuer. Les valeurs ne font pas le poids face à ce rouleau compresseur.

Qu'avez-vous vécu au Liban, quand vous aviez vingt ans ?

Je suis resté quarante jours dans un tank, comme tireur. Nous avions été élevés, à l'armée, avec cette phrase qui nous disait : « C'est bien de mourir pour notre pays. » Quand vous êtes dans un tank, avec pour seule mission de tirer, ce que vous voyez pourrait presque ressembler à un grand spectacle de feu. Il y a un côté « plaine de jeu pour grands garçons ». Mais non, et vous glissez soudain dans une situation extrême, par rapport à ce qu'était votre vie auparavant.

Au vu du film, nous vient l'idée – insupportable – que les jeunes hommes, enrôlés comme vous en cette guerre, n'avaient pas le choix…

Nous n'avions pas le choix… à cette époque.

Pas le choix de refuser l'ordre donné. Pas le choix, non plus, une fois qu'on était dans le tank, de se laisser aller à des états d'âme. Une minute d'inaction, d'inattention et des camarades étaient tués.

Il fallait donc les protéger, et les protéger signifiait tirer. Et tuer. Tout se joue en quelques secondes. Le premier jour de cette expérience est évidemment un choc total, un vrai traumatisme. Après, vos instincts prennent le dessus. Et vous vous rendez compte plus tard que le feu couvait, que le feu couve toujours, à l'intérieur, au plus profond de vous. Très vite, les mécanismes sont là. Vous dormez deux ou trois heures par nuit. Vous perdez le goût, mangez n'importe quoi. Et tout ce qui avant avait pour vous de l'importance sur un plan moral n'en a plus. Bien après, quand vous êtes revenu à la vie normale, vous ne pouvez pas admettre que c'était vous, « l'homme dans le tank ».

Il est étonnant qu'Ari Folman (« Valse avec Bachir ») et vous avez eu besoin de 25 ans pour expulser ces souvenirs, par le filtre de la fiction !

Durant des années, je me sentais déprimé, je ne faisais rien de ma vie. Puis, peu à peu, je me suis dit que je n'avais plus rien à perdre. Que je devais parler, lâcher les brides. Sans doute fallait-il la distance du temps pour trouver celle du témoignage. Huit ans ont passé avant d'écrire le premier jet. Le premier souvenir qui me revenait, quand je me mettais au travail, c'était celui de l'odeur de la chair brûlée. Après quelques années dans l'obscurité, vous êtes en mesure de reconnaître tout. Derrière l'odeur, tout vous revient.

Votre film s'appelle « Liban », et il me donne le sentiment qu'il aurait pu s'appeler « Vietnam », « Afghanistan » ou « Irak » : ce n'est pas un film sur le Liban, mais sur la guerre.

Le Liban fut ma guerre, mais au fond j'imagine que ce n'est pas très différent des autres guerres. Lebanon, c'est ma façon de restituer l'expérience de guerre, ses dilemmes, l'instinct de survie face à sa propre mort. Le film parle de cela, du lieu caché, du lieu honteux dans la nature humaine où se joue le combat entre les instincts basiques et l'éthique.

Nicolas Crousse :

17 mars 2010,

http://www.lesoir.be/channels/cinema/2010-03-17/la-guerre-comme-vous-ne-l-avez-jamais-vue-759144.shtml



2 Brèves

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le contenu de l’article mais doit être vu comme information.

2-1 Nouvelle guerre au Liban?

Les nuages se sont amoncelés ces derniers jours vers le Liban.

La semaine dernière, le Premier Ministre libanais Saad Hariri et le président Suleiman ont dit à l'Envoyé spécial d'Obama, George Mitchel qu'ils craignaient une attaque d'Israel sur le Liban. Ils citaient l'augmentation de survols plus nombreux   du Liban par l'Armée de l'air israélienne et des exercices militaires à la frontière israélienne. Le premier ministre Hariri aurait aussi prévenu  Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner lors d'une récente visite à Paris.
En fait, Israêl pourrait vouloir viser le Hezbollah , le mouvement chiite libanais,  très lié à l'Iran. C'est la bête noire et une des menaces d'Israel dans la région, d'autant que l'Etat hebreu l'accuse d'avoir renforcé son arsenal militaire  en missiles venus d'Iran ou de Syrie, contrairement aux accords de cessez le feu de 2006 censés stopper l'armement du Hezbollah. D'ailleurs, selon un journal arabe jeudi dernier, le Hezbollah aurait averti ses cadres et ses miliciens  au Sud Liban et dans la plaine de
la Bekaa de se méfier d'une attaque israélienne , de raids-surprise contre des bases du Hezbollah et de prendre les mesures en conséquence.
Hier, un ministre israélien sans portefeuille, Yossi Peled,  a lancé lors d'un meeting  "Nous ne pouvons dormir tranquille (...)nous allons avoir un nouveau round dans le Nord, mais je ne sais pas quand"..
Le quotidien arabe Al Sharq al Awsat rapportait hier que le président Sarkozy aurait pressé Israel d'épargner les infrastructures du Liban , en cas d'attaque ( sous-entendu contre le Hezbollah), mais qu'il aurait aussi demandé aux Libanais d'éviter tout ce qui pourait justifier un assaut israélien.
Tensions diplomatiques, rumeurs de plan, fuites militaires ?
 Le premier ministre  israélien Netanyahu s'est tout de même fendu d'un communiqué hier pour démentir officiellement tout plan d'attaque : "L'Etat d'Israel ne recherche aucune confrontation avec le Liban" dit le bureau du Premier Ministre

Denis Brunetti

24 janvier

http://blog-correspondant-a-jerusalem-tf1.lci.fr/article-nouvelle-guerre-au-liban--43540613.html


2-2 Nasrallah se pose comme médiateur entre el-Assad et Joumblatt-

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a annoncé hier que le président syrien Bachar el-Assad était prêt à rencontrer le leader druze libanais Walid Joumblatt à Damas. Il souhaite ainsi « ouvrir une nouvelle page » avec M. Joumblatt, qui avait qualifié le chef d’État syrien de singe, de serpent et de boucher lors du deuxième anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri en 2007. La date de la visite doit être annoncée dans les prochains jours.

17 mars 2010

http://www.operationspaix.net/-FINUL-


2-3 "Une attaque contre l’Iran mettrait le feu à toute la région et l’agresseur le paierait au prix fort ».

Le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a lancé un avertissement hier à Israël face à une éventuelle attaque contre l’Iran.

Selon le  Hezbollah, « Israël ou les États-Unis ne peuvent pas bombarder l’Iran et simplement croire que tout continuera comme avant, une attaque contre l’Iran mettrait le feu à toute la région et l’agresseur le paierait au prix fort ».

Il souligne aussi que tout pays qui autoriserait le lancement d’une offensive depuis son territoire ferait face à des représailles.

19 mars 2010

http://www.operationspaix.net/-FINUL-


2-4 personnes condamnées par appartenance à Al-Qaïda au Liban.

La justice libanaise condamne 23 personnes reconnues coupables « d’appartenance à Al-Qaïda, d’avoir constitué une bande armée en vue d’attaquer des civils et de porter atteinte à l’État et à son autorité, de tentative d’attaques terroristes, de contrefaçon de documents officiels et de transferts d’armes ». Les individus, dont sept ont été condamnés par contumace par le juge Nizar Khalil, sont des ressortissants palestiniens, syriens, saoudiens et libanais.

23 mars 2010

http://www.operationspaix.net/-FINUL-



3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Réponse au rapport sur 'le laxisme de l’État Libanais en matière de désarmement des milices'.


Pour rappel :  Le département d’État US dénonce le laxisme de l’État Libanais en matière de désarmement des milices.

nb - Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.
« Malgré la présence des forces libanaises et celles de la Finul, le Hezbollah a gardé une influence importante dans certaines régions du pays, et le gouvernement n'a pas fait de progrès concrets en direction du démantèlement et du désarmement des milices armées, y compris le Hezbollah. » selon un rapport publié hier par le département d'État américain sur la situation des droits de l'homme au Liban. Le texte, qui rappelle la teneur des résolutions 1550 et 1701 pour ce qui est de la nécessité de désarmer les milices, dont le Hezbollah, a relevé en outre que les camps de réfugiés palestiniens continuent de se comporter comme « des entités qui s'autogouvernent en maintenant leurs propres milices et forces de sécurité qui échappent à l'autorité de l'État ».
Le texte du rapport fait par ailleurs allusion à « des meurtres commis par des acteurs inconnus », relevant au passage la disparition en cours d'année d'une personne (Joseph Sader), un incident qui aurait des « motifs politiques », relève le rapport.
Le département d'État dénonce par ailleurs les arrestations et les détentions arbitraires pratiquées par les forces de sécurité, ainsi que les pratiques de torture qui se poursuivent parallèlement à des conditions de détention précaires dans les prisons. Le rapport stigmatise également les « détentions provisoires prolongées » et les procès qui traînent en longueur.
« Le gouvernement a violé les droits des citoyens à la vie privée », relève encore le texte qui met l'accent sur les restrictions en termes de liberté d'expression et sur les pratiques d'intimidation des journalistes. Le rapport insiste en outre sur la corruption et le manque de transparence dont fait preuve le gouvernement.
Le rapport relève en outre les limitations de déplacement imposées aux réfugiés non enregistrés et condamne la poursuite de la discrimination systématique contre les réfugiés palestiniens et autres groupes minoritaires. « La violence domestique et sociale exercée contre les femmes se poursuit.

Il en va de même pour ce qui est de la violence contre les enfants », souligne le texte qui dénonce sur ce plan la main-d'œuvre des enfants.

12 mars

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/650015/Le_departement_d%27Etat_US_denonce_le_laxisme_de_l%27Etat_en_matiere_de_desarmement_des_milices.html


Réponse au rapport sur 'le laxisme de l’État Libanais en matière de désarmement des milices' publié par l’administration américaine.

3-1 Le registre des violations des droits de l’homme des administrations américaines a été saturé et a même débordé du fait de leurs pratiques diverses.

Nawwaf al-Musawî, membre du groupe parlementaire libanais "Fidélité à la résistance" et responsable du Hezbollah a déclaré :"L’administration américaine continue à s’ériger en protecteur des droits de l’homme, publiant régulièrement un rapport, avec effronterie et arrogance, tentant de tromper une opinion publique, qui a appris, par le fer et le feu, dans l’âme et le sang, que la violation la plus grave du droit humain et de la dignité humaine se matérialise dans le comportement américain impérial, et notamment dans le soutien absolu à l’entité sioniste, dans son agression barbare contre les Arabes, Palestiniens et Libanais notamment.
Le registre des violations des droits de l’homme des administrations américaines a été saturé et a même débordé du fait de leurs pratiques diverses, à tous les niveaux, envers les droits humains : la violation du droit à l’autodétermination, les tortures, les arrestations arbitraires, la répression des libertés publiques, la protection de la tyrannie, le soutien aux criminels de guerre sionistes, le meurtre des civils dans des massacres collectifs.

De plus, l’occupation militaire suffit à elle seule, avec les crimes qu’elle comporte, pour la considérer comme la plus grave attaque contre les droits de l’homme. L’administration a été et est toujours une force d’occupation et d’agression, qui soutient les forces d’agression et d’occupation dans plus d’un pays dans le monde, et en Palestine occupée en particulier.
La prétention des Etats-Unis à protéger et préserver les droits de l’homme est en soi une agression contre ces droits, car se donner en exemple en vue d’être imité annule le fondement moral sur lequel s’appuie l’idée des droits humains.
L’insistance des Etats-Unis à publier ce rapport régulier est une persistance à poignarder cette idée humaine, tant au niveau de ses principes que de ses applications pratiques. Qu’advient-il alors lorsque ce rapport essaie de camoufler le vrai par le faux, en mettant l’accent sur des lieux de violation tout en cachant des monstruosités commises envers le droit humain, que ce soit contre l’individu, le groupe, la nation ou la patrie.
L’administration américaine cache, derrière ses rapports réguliers, les crimes monstrueux qu’elle commet contre le peuple irakien et le peuple afghan, sous le prétexte de lutter contre le terrorisme. C’est cette administration qui reconnaît les faits, notamment après l’arrestation du chef d’un groupe terroriste en Iran, qu’elle est la première à protéger les groupes terroristes qui adoptent le meurtre collectif, la haine et le fanatisme, tant au niveau de la pensée que de la pratique.
Derrière les contenus équivoques se cachent les réalités des prisons américaines, déclarées ou secrètes, répandues dans le monde entier, qui malgré leur obscurité et leur silence, témoignent de la sauvagerie américaine, comme le montre en partie l’exemple de la torture dans la prison d’Abu Ghrayb en Irak.
L’administration américaine ne peut faire oublier au monde qu’elle soutient l’entité sioniste et raciste dans son agression barbare et quotidienne contre le peuple palestinien, elle contribue même à cette agression en empêchant toute tentative du mouvement de la solidarité internationale de poursuivre les criminels israéliens, responsables politiques ou militaires.
C’est pourquoi il n’est pas étrange que le rapport évite tout ce qui se rapporte à la situation du peuple palestinien sous l’occupation israélienne, ainsi que la vérité de l’oppression israélienne dans les centres de détention collective, qui regroupent femmes et enfants, ou dans les villages et les villes palestiniennes qui sont devenus des centres de détention également, son agression criminelle contre Gaza pendant 22 jours et les massacres des enfants, des femmes et des vieillards, considérés comme des crimes génocidaires contre l’humanité, et à Gaza dont le siège est un affront à l’humanité qui n’agit pas pour défendre ses droits.
Il n’est pas non plus étrange que le rapport évite de mentionner les violations aériennes quotidiennes de la souveraineté libanaise, ni l’impact des bombes à fragmentation qui ont tué et blessé des centaines, jusqu’à aujourd’hui, ni les réseaux d’espionnage fauteurs de guerres civiles et responsables des crimes organisés, au vu et au su des grandes puissances, sans susciter de réactions.
Les peuples opprimés qui ont découvert depuis longtemps, par leurs blessures et les cris de leurs enfants, la véritable et hideuse image de l’administration américaine ne peuvent être trompés par cette tentative de l’enjoliver dans un rapport qui est en soi une violation des droits de l’homme.
Il serait préférable aux organisations des droits de l’homme, indépendantes et soucieuses de préserver leur cause de rédiger un rapport régulier sur les violations américaines des droits de l’homme, qui recense les faits alors que ceux qui sont encore cachés sont plus nombreux que ceux qui ont été dévoilés."

Traduction CIREPAL (Centre d’information sur la Résistance en Palestine)
(Dimanche 14 mars 2010)

par La Rédaction

Saturday, March 13, 2010.

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article1574


3-2 Omayma Abdel-Latif : La force de dissuasion du Hizbullah. 

Le Hizbullah a menacé Israël de lui rendre coup pour coup s’il s’avisait de lancer une nouvelle guerre contre le Liban.

Nasrallah a donné des détails sur de nouvelles possibilités en armements qui pourraient jouer un rôle dissuassif dans n’importe quelle nouvelle confrontation.

La récente bande annonce, sous-titrée en hébreu sur la chaîne télévisée Al-Manar avant les informations du soir, résume comment le Hizbullah anticipe - avec la nouvelle équation qui en découle - un conflit avec Israël : un bâtiment pour un bâtiment, une raffinerie de pétrole pour une raffinerie de pétrole, une usine pour une usine.

La déclaration faite dans un discours prononcé par Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hizbullah, mardi dernier à l’occasion de la journée de commémoration des Martyres du mouvement, n’indique peut-être rien de neuf. Lors de discours précédents, Nasrallah avait déjà envoyé des messages à peine codés au sujet de la capacité du mouvement de la résistance islamique à se confronter à n’importe quelle agression israélienne à venir contre le Liban. Néanmoins, il ne s’était jamais étendu sur le type d’armements en possession du Hizbullah.

Mais cette fois-ci Nasrallah a donné des détails sur de nouvelles possibilités en armements qui pourraient jouer un rôle dissuasif dans n’importe quelle nouvelle confrontation.

De plus pour la première fois, Nasrallah a fait un exposé complet du type de cibles israéliennes que le Hizbullah serait capable de frapper lors de prochains combats, faisant suggérer à beaucoup de personnes que Nasrallah a amené le conflit à un nouveau et sans précédent niveau.

« Je veux dire aux Israéliens la chose suivante : non seulement si vous frappez Dahiyeh nous frapperons Tel Aviv, mais si vous frappez l’aéroport international du martyre Rafik al-Hariri à Beyrouth, nous frapperons votre aéroport Ben-Gourion à Tel Aviv ; si vous frappez nos ports, nous frapperons les vôtres ; si vous frappez notre raffinerie de pétrole, nous frapperons les vôtres... si vous frappez un seul bâtiment dans Dahiyeh, nous en détruirons plusieurs à Tel Aviv, » a déclaré Nasrallah.

Nawaf Al-Musawi, député du Bloc de Loyauté à la Résistance au parlement libanais, a expliqué les préparatifs ayant conduit à la déclaration de Nasrallah. Cette déclaration dit-il est le fruit d’efforts méthodiques réalisés 24 heures sur 24 depuis la fin de la guerre de juillet en 2006 jusqu’à ce mois de février 2010 : « Des dizaines de milliers de combattants se sont entraînés pour porter la résistance à un niveau tel qu’Israël ne puisse prendre la moindre décision précipitée de lancer une guerre sans que cela s’avère suicidaire pour lui, » a expliqué Al-Musawi.

La nouvelle équation posée par Nasrallah, poursuit Al-Musawi, est le début d’un nouveau chapitre dans le conflit israélo-arabe, car les menaces de guerre et d’agression proférées par Israël ne resteront plus sans réponse.

Le Hizbullah, selon ses responsables, est bien mieux équipé aujourd’hui qu’il ne l’était en 2006. « Si les Israéliens pensent pouvoir nous causer plus de dommages, ils savent maintenant que nous pouvons aussi leur infliger plus de dégâts, » a déclaré au Times Sheikh Naim Qassim, secrétaire adjoint du Hizbullah.

Le discours de Nasrallah a été fait deux jours après que Samir Geagea, chef des Forces libanaises [fascistes libanais ayant dans la passé participé activement pour le compte des Israéliens aux massacres de Sabra et Chatila - N.d.T] et ancien seigneur de guerre, ait accusé le Hizbullah, dans un discours daté du 14 février de donner à l’Israël un prétexte pour lancer une guerre contre le Liban puisque le Hizbullah conservait son arsenal. Cette idée avait fait des émules, en particulier parmi les partis chrétiens de droite du bloc du 14 mars - le parti phalangiste et les forces libanaises. Nasrallah a répondu à cela en retournant l’accusation. « C’est une rhétorique très dangereuse parce qu’elle justifie absolument n’importe quelle agression israélienne et juge à l’avance la résistance [libanaise] responsable de n’importe quelle attaque israélienne. Est-ce un appel à une guerre israélienne contre le Liban ? Sommes-nous à nouveau dans les circonstances de 1982 ? Est-ce que certains s’imaginent qu’il n’y a aucune voie possible pour leurs rêves et leur espérances si ce n’est par une guerre israélienne contre le Liban ? C’est cela, la question, » a questionné Nasrallah avec force.

Geagea a répété sa position le lundi 21 février, dans une conférence de presse organisée pour répondre au discours de Nasrallah. Il a suggéré qu’ « il n’y avait aucune raison d’organiser une session censée aborder la question d’une stratégie unifiée de défense pour le Liban. » Nasrallah a exigé que l’Etat libanais et le gouvernement prennent clairement position face à pareils propos.

Le Premier ministre libanais Saad Al-Hariri a répondu indirectement par un certain nombre de déclarations dans les journaux italiens et lors d’une visite au Vatican au cours de laquelle il a critiqué Israël et l’a accusé de menacer de guerre le Liban.

En tout cas, la dernière déclaration de Nasrallah a mis en évidence la naïveté de l’opinion qui domine dans les cercles intellectuels de Washington au sujet de la capacité des Etats-Unis à impliquer le Hizbullah dans des entretiens de bas niveau « en coopération avec les Anglais et tout en informant les Israéliens, » — comme le suggérait un observateur — pour finalement forcer le Hizbullah à la démilitarisation en suivant le même processus de désarmement que l’IRA [Irish Republican Army]. Cette vue, qui consiste à considérer l’armement du Hizbullah comme une menace non seulement pour Israël mais « pour le Liban », suppose qu’une des incitations possibles pour que le Hizbullah abandonne son arsenal soit un engagement israélien de s’abstenir d’attaquer le Liban si « le Hizbullah se soumettait à un processus de désarmement ».

Mais pour le Hizbullah, qui estime que la communauté internationale a abandonné le Liban lors de la guerre 2006, une telle proposition ignore les réalités les plus élémentaires.

L’idée ci-dessus - telle qu’elle a été présentée par les analystes Steven Simon et Jonathan Stevenson du département américain des affaires étrangères en janvier - suggère que souscrire à un tel programme de démilitarisation fournirait au Hizbullah une immunité temporaire au cas où l’Israël « réalise une autre incursion, mieux calibrée ».

Penser que le Hizbullah s’engagerait dans un tel processus de désarmement pour obtenir une immunité est la preuve de l’ignorance par ces deux analystes des capacités, en conviction et en calculs, du mouvement de résistance. Simon et Stevenson ont même lié ce processus de désarmement à la fourniture à l’armée libanaise d’armes américaines plus perfectionnées.

Mais tout le monde est convaincu que les Etats-Unis ne fourniront jamais à l’armée libanaise d’armes pouvant représenter une menace pour Israël, ou même simplement empêcheraient les survols israéliens quotidiens qui violent la souveraineté libanaise.

Al-Musawi, se faisant le reflet de cette conviction, suggère que l’armée libanaise s’oriente vers une coopération stratégique et militaire avec la Syrie et l’Iran.

Omayma Abdel-Latif

6 mars

Al-Ahram Weekly - Traduction de l’anglais : al-Mukhtar

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8285


3-3 La députée Guigou: toute guerre contre le Liban sera catastrophique pour "Israël".  

L'ancienne ministre française de la Justice, la députée Elizabeth Guigou, assure que "toute guerre israélienne contre le Liban sera catastrophique pour les Israéliens, après leur échec en 2006 et celui dans la guerre de Gaza".
Dans une interview exclusive accordée  au site "El-nashra", elle affirme qu' « Israël », pour le moment, a les yeux rivés sur l'Iran.
"Le Liban est impressionnant, du fait qu'il renaît de ces cendres, et vu ses capacités énormes", dit-elle.
Par ailleurs, la députée française avance que le retour de
la Syrie sur la scène internationale est important, afin d'empêcher les extrémistes d'aboutir à leurs objectifs, rappelant du rôle et des efforts français déployés dans ce sens.
Quant à la situation arabo-israélienne Guigou confirme qu'"Israël" ne pourra garantir sa continuité, à cause de la croissance démographique importante chez les arabes.
Et d'expliquer "les Etats-Unis et l'Union européenne sont convaincus que deux Etats, palestinien et israélien seront une solution acceptable".
Enfin Guigou souhaite que la sécurité et le développement économique règnent au Moyen-Orient.
Rappelons que Guigou a animé une conférence organisé  à l’Ecole supérieure des Affaires à Beyrouth portant sur le thème « L'état de l'Union pour
la Méditerranée et le rôle de la société civile ». Elle a insisté sur l’importance de “se réunir pour la Méditerranée.” La secrétaire nationale au Parti socialiste, chargée de la Réforme de l'Etat et des Collectivités territoriales, a ajouté que “l’union ne se fait pas par la force, mais d’une façon pacifique et démocratique” au cours de cette conférence à laquelle participait aussi l’ancien ministre libanais des Finances Georges Corm et le président de Bader, Robert Fadel.

Elisabeth Guigou a par ailleurs demandé aux États et aux sociétés civiles “ d'arrêter de s'accuser mutuellement, comme certaines régions du monde le font actuellement ”.

07/03/2010

http://www.alterinfo.net/notes/La-deputee-Guigou-toute-guerre-contre-le-Liban-sera-catastrophique-pour-Israel_b1926805.html


3-4  Hassan Moali : Analyse : Joe Biden réitère le soutien « absolu » des USA à Israël.

« La pierre angulaire de notre relation est notre engagement absolu, total et sans réserve en faveur de la sécurité d’Israël. » Les Palestiniens apprécieront.

Dépêché par le président Obama au Proche-Orient dans l’optique de relancer le processus de paix via des négociations indirectes, le vice-président américain a fait à peu près le contraire. Censé, en théorie, faire entendre raison aux dirigeants israéliens d’arrêter les colonisations, pierre d’achoppement des négociations, Biden s’est plutôt fendu d’une déclaration d’amour pour le pays de Netanyahu. Hier, il n’y avait pas de place à la manière « hard ». Joe Biden était en territoire plutôt ami. « Les Etats-Unis promettent un soutien absolu et total à la sécurité d’Israël », a-t-il affirmé, hier, à Jérusalem à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. « La pierre angulaire de notre relation (entre les Etats-Unis et Israël) est notre engagement absolu, total et sans réserve en faveur de la sécurité d’Israël », a déclaré M. Biden, en visite officielle en Israël et dans les territoires palestiniens, lors d’un point de presse.

Des déclarations qui sonnent comme un mépris, voire une moquerie à l’égard de l’Autorité palestinienne qui a accepté la reprise des négociations sans aucune contrepartie. Et à ceux qui croient encore au père Noël que les Etats-Unis pourraient forcer la main à Israël comme l’avait tenté Obama, Biden a levé toute équivoque : « Des progrès ont lieu au Moyen-Orient lorsque chacun sait bien qu’il n’y a pas la moindre distance entre les Etats-Unis et Israël. Et il n’y a aucune distance entre les Etats-Unis et Israël quand il s’agit de la sécurité d’Israël », a-t-il insisté. Joseph Biden s’est tout de même félicité, diplomatiquement, de la reprise du dialogue – indirect – entre Israéliens et Palestiniens.

Les Etats-Unis ont annoncé lundi que les deux parties avaient commencé des négociations indirectes, dites « négociations de proximité », sous leur égide, alors que le processus de paix est interrompu depuis plus d’un an. « Je suis très heureux que vous et les dirigeants palestiniens ayez accepté de lancer des pourparlers indirects », a déclaré M. Biden. « Nous espérons que ces pourparlers déboucheront sur des négociations et des discussions directes, il le faut », a-t-il dit à son hôte israélien. « Le président Obama et moi sommes persuadés que la meilleure garantie à long terme pour la sécurité d’Israël est une paix globale au Moyen-Orient avec les Palestiniens, les Syriens, le Liban, et aboutissant finalement à des relations complètes et normalisées avec tout le monde arabe », a souligné le dirigeant américain.

Après avoir rencontré les principaux dirigeants israéliens hier, M. Biden se rendra aujourd’hui à Ramallah (Cisjordanie) pour s’entretenir avec le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad. Au-delà de la photo de circonstance, Mahmoud Abbas ne risque pas d’entendre l’oracle de la couche de Biden sinon peut-être lui demander de reprendre les négociations directes cette fois et fermer les yeux sur les colonies… En revanche, le vice-président américain a tôt fait d’enfiler l’uniforme de guerrier dès qu’il a abordé le dossier de l’Iran avec ses amis d’Israël.

Ainsi Joe Biden a réaffirmé la détermination des Etats-Unis à empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires, ce dont s’est félicité Benjamin Netanyahu. Le président israélien Shimon Peres, sachant que les USA ne peuvent rien lui refuser, a réclamé des « sanctions morales » en sus de sanctions économiques contre le régime de Téhéran.

Hassan Moali :

Mercredi 10 mars 2010

El Watan 2007

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Hassan_Moali.100310.htm


3-5 Les lobbies pro-israéliens accusent une partie de l'administration Obama qui critique Netanyahou.(...)

Les Etats-Unis restent les meilleurs alliés d'Israël. L'inverse est-il toujours vrai?

Combien de hauts fonctionnaires américains vont-ils encore se faire traiter de renégats ou d'antisémites avant que le gouvernement israélien, l'Aipac [American Israel Public Affairs committee, principal lobby pro-israélien américain] et le sénateur Joseph Lieberman ne se rendent compte que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a commis une grave erreur en approuvant l'installation de 1.600 logements supplémentaires à Jérusalem Est, et qu'il doit y remédier -pas seulement pour des raisons politiques ou diplomatiques, mais dans l'intérêt de la sécurité américaine et israélienne?

Lieberman et les autres législateurs, qui ont fustigé le président Barack Obama pour avoir lui-même critiqué les dernières tentatives expansionnistes d'Israël, vont-ils ajouter le général David Petraeus, le chef du U.S. Central Command et héros du «Surge» [augmentation du nombre de soldats en Irak] à la liste de ceux qu'ils jugent irresponsables?

La presse américaine n'en a pas beaucoup parlé, mais le 16 mars, lors de l'audition sur le budget de la défense du Comité des forces armées du Sénat, Petraeus a fait la déclaration suivante:

La persistance des hostilités entre Israël et certains de ses voisins peut mettre à mal notre capacité à faire évoluer nos intérêts dans l'AOR (la zone d'opérations du CentCom, qui comprend l'Irak et l'Afghanistan, ainsi qu'une grande partie du Moyen-Orient). (...)

Le conflit fait naître des sentiments anti-américains, [dus à la perception que les États-Unis favorisent Israël, nda]. La colère arabe suscitée par la question palestinienne limite la force et l'intensité des partenariats des Etats-Unis avec les gouvernements et les peuples de l'AOR, et affaiblit la légitimité des régimes modérés dans le monde arabe.

Al-Qaïda et d'autres groupes militants profitent de cette colère pour mobiliser les soutiens.

Le conflit donne aussi à l'Iran une certaine influence dans le monde arabe par le biais de ses clients, le Hezbollah libanais et le Hamas.

Voilà une déclaration audacieuse dans la bouche d'un chef militaire extrêmement respecté-qu'une «perception que les Etats-Unis favorisent Israël» affaiblit les modérés arabes, renforçant ainsi l'influence de l'Iran et jouant le jeu d'al-Qaida.

Ce n'était pas une réaction à chaud sur l'expansion immobilière d'Israël — annoncée il y a deux semaines par le gouvernement israélien, au moment de la visite officielle du vice-président Joe Biden venu évoquer une reprise des pourparlers de paix israélo-palestiniens, dont l'un des sujets devrait sûrement, d'ailleurs, concerner l'expansion des colonies juives.

Petraeus rendait publique la conclusion d'un briefing de 45 minutes qu'il avait fait en janvier à l'amiral Mike Mullen, président du chef d'état major - briefing basé sur une visite de la région et sur de longues discussion avec des chefs arabes, en décembre dernier. (Le briefing a d'abord été rapporté par Mark Perry du Middle East Peace Channel et publié dans Foreign Policy.)

La remarque du général devant le Sénat faisait partie de son discours d'ouverture, ce qui signifie qu'elle avait reçu l'aval de Mullen et peut-être d'autres plus hauts gradés. Voilà qui ne fait que donner plus d'autorité à la remarque faite par Biden à Netanyahou, selon laquelle l'expansion des colonies met en danger les intérêts de sécurité et les soldats américains - et aux déclarations de la Maison Blanche et du département d'Etat qui ont suivi, «condamnant» l'expansion (tout en réaffirmant l'inébranlable engagement des Etats-Unis dans la défense d'Israël).

Querelle de famille

Entre-temps, Netanyahou s'est excusé pour la malheureuse coïncidence de l'annonce et de la visite de Biden (et pour la remarque faite publiquement par son beau-frère que le président Barack Obama était antisémite), mais il a défendu avec conviction la décision d'étendre les colonies.

Comme par un fait exprès, les sénateurs Lieberman et John McCain ont organisé un colloque au Sénat, appelant l'administration Obama à mettre un terme à cette «querelle de famille» avec Israël et à se concentrer davantage sur la menace iranienne (tout en s'abstenant de demander quoi que ce soit au gouvernement israélien). Le sénateur Sam Brownback, républicain du Kansas, a reproché à Obama de condamner un «allié loyal» pour une simple question de «découpage de zones».

Le ministre des Affaires étrangère israélien Avigdor Lieberman est allé encore plus loin. Rejetant toute exigence de cessation de construction de logements juifs à Jérusalem-Est, il a demandé: «Vous imaginez dire aux juifs de New York qu'ils ne peuvent plus faire construire ou acheter dans le Queens?»

La question de Jérusalem doit être négociée

Toutes ces contre-attaques ne sont que pure fourberie. Il ne s'agit pas d'une dispute de famille à régler autour de la table du déjeuner; l'expansion des colonies n'a rien d'une décision de découpage de zones et comparer Jérusalem-Est au Queens est tout simplement grotesque.

Il vaut la peine de noter, par exemple, que tous les pays ou entités internationales qui ont pris position sur la question-excepté Israël-considèrent Jérusalem-Est, au moins officiellement, comme un «territoire occupé».

Israël a annexé Jérusalem-Est en 1980, mais aucun autre pays n'a reconnu ce geste. La résolution 478 de l'ONU, votée peu après, déclarait que cette annexion violait les lois internationales et était par conséquent «nulle et non avenue». (Le Conseil de sécurité vota la décision sans aucune voix contre, même les Etats-Unis s'abstinrent).

La plupart des observateurs estiment que si jamais il y a, un jour, un traité de paix israélo-palestinien, il accordera tout Jérusalem, ou quasiment tout, aux Israéliens. Peu d'entre eux accepteraient un traité qui ne le fasse pas. Cependant, c'est là une négociation vers laquelle il faut tendre, sans la considérer comme acquise avant que les discussions sérieuses n'aient commencé.

Le problème dépasse les subtilités juridiques. L'émissaire américain George Mitchell était sur le point de lancer des pourparlers «indirects» entre Israéliens et Palestiniens, en faisant la navette entre les deux, du moins au début. Les négociations étaient tranquillement soutenues par l'Arabie Saoudite, dont les dirigeants veulent enrayer les ambitions régionales de l'Iran, qui utilise comme substitut (et fournit) le Hezbollah et le Hamas. Une convergence d'intérêts entre Israël et des modérés arabes - parmi lesquels on peut citer le Premier ministre palestinien Salam Fayyad — ferait pencher la balance régionale en défaveur de l'Iran. Cette position pourrait aider la campagne visant à empêcher l'Iran de se doter d'armes nucléaires — et peut-être renforcer le soutien des politiques américaines et de l'Otan en Afghanistan et au Pakistan.

Les deux solutions qui s'offrent à Obama

Cependant, toute cette chaîne repose sur un maillon crucial: l'apparition d'un véritable mouvement prometteur vers un accord israélo-palestinien. Etant donné leur position dans le reste du monde arabe et aux yeux de leurs propres populations potentiellement instables, aucun pays arabe ne peut se permettre de trop se rapprocher des Etats-Unis, et encore moins d'Israël, tant que ce lien sera rompu.

En continuant leur expansion à Jérusalem-Est, les dirigeants israéliens montrent qu'une vraie paix ne les intéresse pas. En agissant ainsi, tout en snobant le vice-président américain Biden (dont le soutien à Israël est aussi ancien qu'incontesté), ils se mettent, ainsi que les Etats-Unis, dans une position intenable.

Le président Obama n'a que deux solutions. Soit il recule et accepte les agissements Israël - auquel cas il perd sa crédibilité de négociateur honnête, et les Etats-Unis perdent la puissance que leur confère leur position dominante dans la politique du Moyen-Orient -soit il augmente la pression contre l'Etat hébreu, ce qui aura pour conséquence de braquer encore plus les actuels dirigeants israéliens, et de rendre les militants anti-israéliens et anti-occidentaux de la région, qui en sentiront la faiblesse, encore plus agressifs.

Dans l'intervalle, trop de membres du Congrès farouchement pro-israéliens — qui rivalisent, à chaque réunion de l'Aipac, pour savoir lequel d'entre eux sera plus pro-Israël que l'Israélien moyen - ne font qu'encourager les Israéliens de droite à ne rien lâcher (en partant du principe que leurs amis s'assureront que les Etats-Unis continuent à envoyer de l'aide et à ne rien dire), desservant ainsi les intérêts à plus long terme d'Israël (autre mauvais timing, le congrès annuel de l'Aipac débutait ce week-end à Washington DC).

Il se peut qu'au bout d'un moment cette relation ait l'effet inverse à celui escompté sur le territoire national. A mesure que les gens se rendront compte que cette habilitation mutuelle fait du tort à la sécurité américaine, le soutien pour Israël pourrait décliner très rapidement. Certains signes semblent indiquer que cette désaffection a déjà commencé. Un sondage Rasmussen datant d'août dernier indiquait que 70% des Américains interrogés considéraient Israël comme un allié.

«Attaqués dans le dos»

Aujourd'hui, une nouvelle étude de la même agence dévoile que ce chiffre est tombé à 58%.

La situation n'est pas catastrophique: seuls 2% considèrent Israël comme un ennemi; mais curieusement, quelque 32% des sondés le voient comme un pays oscillant entre les deux.

Si les dirigeants israéliens ne se soucient pas des sondages américains, ils devraient peut-être écouter l'un de leurs plus éminents soutiens, le député démocrate de Californie Howard Berman, président du comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Dans une déclaration du 16 mars, Berman a signalé que les deux pays étaient encore de grands alliés et qu'ils ne devraient pas laisser leur récent différend occulter ce fait.

Mais il a ajouté: L'administration a de bonnes raisons d'être contrariée par le moment choisi pour annoncer l'implantation des nouveaux logements. Un processus était supposé empêcher que les Etats-Unis soient pris au dépourvu par ce genre de développement, et pourtant, une fois de plus, nous avons été attaqués dans le dos. Les dirigeants israéliens doivent y remédier et mettre en place un système pour que cela ne se reproduise plus.

Si d'autres prétendus amis d'Israël abondent dans ce sens, alors peut-être cela ne se reproduira-t-il plus, en effet. A défaut, le contraire est déjà presque certain.

Fred Kaplan

Traduit par Bérengère Viennot

Mardi 23 Mars 2010

http://www.slate.fr/story/19021/les-etats-unis-restent-les-meilleurs-allies-disrael-linverse-est-il-toujours-vrai


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