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05/04/2010

n° 519 Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion - 04-04 - : Suite - : Réflexions sur le soulèvement palestinien qui vient

n° 519 Analyse - Géopolitique et stratégie - Réflexion  - 04-04 - : Fin   - : Réflexions sur le soulèvement palestinien qui vient


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                 



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

519 du 04-04

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 

Sommaire

2 Annexe

2-1 John Pilger : Passez une bonne guerre mondiale, braves gens. 

2-2 Nicolas Ténèze : Le phantasme du bouclier antimissile 1/3.

2-3 James Petras : L'aveu des présidents des principales organisations juives américaines.

2-4 Ennahar/ Mohammed Ben Kemoukh : Israël envisage de rapatrier 10.000 juifs d’Algérie. 



2 Annexe

2-1 John Pilger : Passez une bonne guerre mondiale, braves gens. 

Voici les nouvelles en provenance du tiers-monde.

Les Etats-Unis ont envahi l’Afrique.

Des troupes US sont entrées en Somalie pour étendre leur front de guerre d’Afghanistan et du Pakistan vers le Yémen et la corne de l’Afrique.

En guise de préparation à une attaque contre l’Iran, des missiles américains ont été placés dans quatre états du Golfe Persique, et les bombes « bunker-buster » (briseurs de bunkers) auraient été acheminées sur la base militaire située sur l’île britannique de Diego Garcia dans l’Océan Indien.

A Gaza, la population malade et abandonnée, en majorité des enfants, se fait enterrer vivante derrière des barrières souterraines fournies par les Etats-Unis pour renforcer un siège criminel. En Amérique latine, l’administration Obama s’est octroyé sept bases militaires en Colombie, à partir desquelles il pourra mener une guerre contre les démocraties populaires du Venezuela, de la Bolivie, de l’Equateur et du Paraguay. Pendant ce temps, le secrétaire à la « défense » Robert Gates se plaint que « l’opinion publique (européenne) et la classe politique » sont tellement opposées à la guerre qu’elles constituent un « obstacle » à la paix. Rappelez-vous, nous serons bientôt le 1er Avril.

Selon un général américain, l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan n’est pas une véritable guerre mais une « guerre d’images ». Ainsi, la récente « libération de la ville de Marjah » de la « structure de commande et de contrôle » des Taliban n’était qu’une mise en scène. Les libérateurs héroïques ont tué les civils habituels, les plus pauvres parmi les pauvres. Sinon, pour le reste, c’était du bidon. Une guerre d’images est destinée à fournir de fausses informations à la population, à transformer une aventure coloniale ratée en une opération patriotique qui en valait la peine, comme si le film « les Démineurs » était réel et les parades de cercueils couverts de drapeaux à travers le ville de Wiltshire à Wooten Basset n’étaient pas une opération cynique de propagande.

« La guerre, c’est amusant », pouvait-on lire avec une extrême ironie sur les casques des soldats au Vietnam. Cela signifie que si la guerre n’a pas d’autre objectif que de servir de justification à un pouvoir vorace au service des fanatismes lucratifs des marchands d’armes, alors la vérité représente un danger. Un danger qu’on peut illustrer en comparant l’image « libérale » d’un Tony Blair en 1997, présenté à l’époque comme quelqu’un qui « veut créer un monde (où) l’idéologie aurait totalement cédé la place aux valeurs » (Hugo Young, The Guardian) à celle d’aujourd’hui, d’un menteur et d’un criminel de guerre.

Les états occidentaux tels que les Etats-Unis ou la Grande Bretagne (et la France – petit rajout du traducteur) ne sont pas menacés par les Taliban, pas plus que par une autre tribu lointaine quelconque, mais par les instincts guerriers de leurs populations respectives. Prenez par exemple les peines prononcées contre les nombreux jeunes qui ont protesté contre l’agression israélienne contre Gaza au mois de janvier de l’année dernière (2009). A la suite de ces manifestations où la police paramilitaire a « canalisé » des milliers personnes, les premiers condamnés se sont vu infliger des peines de deux années et demi de prison pour des délits mineurs qui en d’autres temps n’auraient pas fait l’objet d’une peine d’emprisonnement. Des deux côtés de l’Atlantique, toute dissidence déterminée qui dénoncerait la guerre illégale est devenue un délit grave.

C’est le silence aux sommets qui permet une telle perversion morale. Dans le monde des arts, de la littérature, du journalisme et du droit, les élites « libéraux », fuyant les débris abandonnés par Blair et à présent par Obama, continuent de voiler leur indifférence devant la barbarie et les crimes d’état de l’occident en agitant de vieux démons, tels que Saddam Hussein. Maintenant que Harold Pinter a disparu, essayez donc de dresser une liste d’écrivains, d’artistes ou de militants célèbres dont les principes n’auraient pas été consumés par le « marché » ou neutralisés par la célébrité. Qui parmi eux a parlé de l’holocauste provoqué en Irak par prés de 20 années de blocus et d’agressions ? Ce fut un acte délibéré. Le 22 janvier 1991, l’agence de renseignement de l’armée US avait prévu en détail comment le blocus allait systématiquement détruire la distribution d’eau potable en Irak et aboutir à « une augmentation de crises sanitaires, sinon d’épidémies ». Alors les Etats-Unis se sont mis à éliminer l’eau potable pour la population Irakienne. Ceci fut une des causes, selon UNICEF, de la mort d’un demi million d’enfants irakiens âgés de moins de cinq ans. Apparemment, cet extrémisme là ne mérite pas d’être cité.

Norman Mailer a dit un jour qu’il pensait que les Etats-Unis, dans leur poursuite incessante de domination et de guerres, étaient entrés dans une « ère préfasciste ». Mailer semblait indécis, comme s’il voulait nous avertir de quelque chose que lui-même n’arrivait pas à définir. « Fascisme » n’est pas le bon terme, car il fait trop facilement référence à des précédents historiques, en nous renvoyant une fois encore aux images de l’oppression allemande ou italienne. A l’inverse, l’autoritarisme américain, comme l’a souligné le professeur Henry Giroux , « est plus nuancé, moins théâtral, plus subtil, moins attaché aux moyens de contrôle répressifs qu’aux moyens de contrôle par consentement. »

C’est ça l’Américanisme, la seule idéologie prédatrice qui nie qu’elle est une idéologie. La montée en puissance d’entreprises tentaculaires qui sont autant de dictatures et celle des militaires qui sont devenus un état dans l’état, planqués derrière une façade que 35.000 lobbyistes à Washington nous vendent comme la meilleure démocratie qu’on puisse trouver sur le marché, le tout accompagné d’une culture populaire programmée pour nous divertir et nous engourdir, est un phénomène sans précédent. C’est peut-être un peu exagéré, mais les résultats sont néanmoins évidents et reconnaissables. Denis Halliday et Hans von Sponeck, les hauts officiels des Nations Unies en poste en Irak durant le blocus américano-britannique, n’ont aucun doute d’avoir assisté à un génocide. Ils n’ont pourtant vu aucune chambre à gaz. Insidieusement, silencieusement, et même parfois présentés intelligemment comme une marche vers la civilisation, la troisième guerre mondiale et le génocide ont eu lieu et les victimes sont tombées les unes après les autres.

Dans la prochaine campagne électorale en Grande Bretagne, les candidats ne parleront de la guerre que pour chanter les louanges de « nos p’tits gars ». Les candidats sont tous les mêmes momies politiques enveloppés dans l’Union Jack ou le Stars and Stripes (respectivement, nom du drapeau britannique et américain – NdT). Comme Blair l’a exprimé avec un peu trop d’enthousiasme, l’élite britannique adore l’Amérique parce que l’Amérique les autorise à bombarder les indigènes et à se présenter comme un « partenaire ». Il faut mettre fin à leur jeu.

John Pilger

26 mars 2010
www.johnpilger.com

traduction VD pour le Grand Soir

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Passez-une-bonne-guerre-mondiale-braves-gens.html

http://www.legrandsoir.info:80/Passez-une-bonne-guerre-mondiale-braves-gens.html


2-2 Nicolas Ténèze : Le phantasme du bouclier antimissile 1/3

Le bouclier de l'invincibilité

Fruit de la collaboration entre les industries militaires états-unienne et israélienne, les boucliers antimissiles devaient assurer à ces deux Etats la domination du monde.

Grâce à eux, ils auraient disposé d’un avantage exorbitant : pouvoir frapper sans crainte d’une riposte. Trente ans plus tard, la montagne a accouché d’une souris.

Rien ne fonctionne.

Seule la facture est exorbitante.
Dans ce premier article, Nicolas Ténèze analyse les idéologies qui ont marqué ces projets et retrace la longue liste des armes imaginées.

Les USA et la Russie s’affrontent aujourd’hui autour de l’installation d’un système antibalistique réparti en Pologne et en République Tchèque, officiellement mis en place pour parer une menace de leurs ennemis potentiels, spécialement ceux situés au Grand Moyen-Orient, l’Iran en tête. La défense antimissile est un souhait aussi ancien que l’apparition des missiles balistiques. Elle ambitionne de pouvoir frapper sans craindre de ripostes, c’est-à-dire de modifier l’équilibre de la terreur au risque de relancer la course à l‘armement dans l’éternelle compétition entre l’épée et le bouclier. Elle modifie la règle du jeu de sorte que : « La guerre nucléaire n’est plus la guerre puisqu’elle vide le duel de son principe agonistique et lui substitue le meurtre d’une victime sans défense » (Poirier) [1].

Le bouclier antimissile est d’abord une préoccupation des deux Grands, concernés au premier chef. Mais beaucoup ignorent que ces protections furent voulues aussi par Israël, pour répondre à des impératifs autant stratégiques que culturels.

Les USA et Israël, alliés depuis longtemps, confrontés aux mêmes menaces, ont développé conjointement plusieurs programmes antimissiles. Ils témoignent d’un attachement culturel à l’intégrité de leur territoire (sécurité absolue, mythe de la frontière physique et technologique inviolable, supériorité technologique), persuadés que les traités internationaux et bilatéraux et les dissuasions multimodales ne sont pas assez efficaces. Intercepter un missile est complexe. En 1999, un rapport officiel états-unien indiquait qu’en raison de la courbe terrestre, un missile de croisière pouvait ne pas être détecté par un radar terrestre à moins de 32 km du point d’impact. Cela réduit d’autant la capacité de réaction, de décision, de précision et donc d’efficacité.

Ces boucliers ont récemment été critiqués d’abord pour leur coût élevé et leur piètre efficacité, ensuite pour leur inadéquation, comme l’a souligné Barack Obama dans son discours Prague [2]. Alors que les projets de boucliers sont relancés pour contenter les lobbies militaro-industriels, avec néanmoins de fortes réductions de voilure, l’administration états-unienne doute publiquement de leur faisabilité et de l’intérêt même d’intercepter des missiles balistiques et de théâtre. On ne peut expliquer cette contradiction sans opérer un rappel chronologique et critique sur les antimissiles que les Etats-Unis et Israël ont imaginés conjointement.

D’abord, nous énumérerons les raisons stratégiques et culturelles qui ont conduit à l’élaboration des boucliers antimissiles aux USA et en Europe. Puis, nous mettrons en exergue l’échec technique et financier des programmes MIM 104 Patriot/Arrow. Enfin, nous démontrerons que cette tendance s’est propagée aux antimissiles à énergie dirigée (programme THEL/Nautilius), au vu de leur impuissance face à de simples roquettes entre 2002 et 2009.

Les antimissiles ou la réciproque de la dissuasion

Les USA financent la protection d’Israël parce que, d’une part, les deux pays se sont engagés ensemble contre l’URSS et ses alliés, dont certains demeurent toujours menaçants.

D’autre part, parce que les éventuels adversaires de Washington savent qu’il suffit de menacer Israël pour obtenir des compensations, quelles qu’elles soient, puisqu’Israël possède des moyens de pressions aux USA et inversement. Washington et Tel-Aviv partagent la notion de homeland, qui, explique Kim Holmes [3], est « moralement défendable ». Les deux pays refusent « d‘entrer dans le jeu de la vulnérabilité acceptée », tolérée par défaut face à l‘URSS, mais à l’inverse inacceptable face aux « petits » pays, en partie parce que ces menaces peuvent, selon eux, être irrationnelles. Il demeure immoral que la stratégie du faible au fort permette à un « Etat voyou » d’enfreindre l’ordre voulu par les cinq membres permanent de l’ONU. A l’époque en effet, Oskar Morgenstern, créateur de la « théorie des jeux » qui prône l’offensive appliquée à la stratégie nucléaire [4], se heurte à Bernard Brodie qui estime que le principe de « Destruction Mutuelle Assurée » (MAD) fait dépendre « la sécurité des USA de la capacité du Kremlin à demeurer rationnel », ce qui est « inacceptable » [5].

C‘est aussi le refus de la « fatalité » et du « syndrome de Pearl Harbour », c‘est-à-dire une attaque surprise contre une hyperpuissance qui a l’habitude d’imposer à l‘avance ses choix. Il s‘agit d‘éviter que Washington et Tel-Aviv ne ripostent avec des armes de destruction massive (ADM) à d’autres ADM. Les tenants de cette réflexion pensent qu’avec cette parade, on pourrait réduire le nombre de têtes nucléaires des bénéficiaires du bouclier (en soit dé-proliférer si l’on pousse la réflexion à l’extrême) et retrouver une liberté d‘action sans conséquences [6]. C’est aussi s’offrir une protection intégrale (full dimension) à la fois contre le terrorisme, l’immigration, les trafics en tous genres et les ADM. Sans le bouclier, la dissuasion ne sert à rien. Il protège autant contre la destruction qu’envers la peur des frappes. C’est l’autre volet de la dissuasion, sa réciproque. « Je peux frapper sans craindre de représailles ».

Pour l’ensemble des nations occidentales, le bouclier revêt aussi une dimension morale. Dans la rhétorique des « démocraties », le bouclier (shield aux USA, magen pour Israël) est réservé aux États à préoccupations morales, qui préfèrent la défense plutôt que l’attaque. La première frappe nucléaire, bactériologique ou chimique serait dévolue aux puissances du Mal ; la défense et les représailles, associées à la seconde frappe, appartiendrait aux « démocraties », du moins en théorie, faisant bien sûr abstractions des réalités plus triviales.

Un magen technologique pour Israël

De part sa culture et son Histoire, le peuple juif et l’État israélien (deux entités différentes) ont appris malgré eux à vivre dans et avec un danger permanent. Israël, plus que tout autre État, attache une immense importance à la vie de ses citoyens-soldats, en parti grâce à la notion de peuple « élu » ou « choisi » (selon la traduction communément admise). La société israélienne est particulièrement fière d’être la seule au monde à proposer (en théorie) à ses citoyens une organisation et des infrastructures susceptibles de la protéger contre toutes menaces.

« Je n’existe que par le danger ; je me protège, donc je suis », pourrais résumer cette pensée. Par exemple, la devise du Shin Bet est : Magen velo Yerahé, c’est-à-dire « bouclier, sans reproche et invisible ». Cette digression s’étend aussi au concept de « Muraille de fer » de Zeev Jabotinsky, doctrine élaborée en 1923 par le théoricien du Grand Israël, se référant à la nécessité de créer une force de protection [7].

Contrairement à la France qui abandonna progressivement la ligne Maginot après avoir obtenu la bombe atomique [8], Israël continue à construire des barrières de sécurité et des fortifications, dont les caractéristiques rappellent parfois l’esprit du limes romain, c’est-à-dire la volonté d’obliger l’ennemi à combattre sur un terrain choisi et préparé à l’avance. L’une des maximes de Tsahal, toar haneshek c’est-à-dire « la pureté des armes », expression du théoricien sioniste Yitzhak Tabenkin, recouvre notamment l’idée de privilégier la défense « autant que possible » avant de penser à répliquer. Le bouclier doit réduire les effets des guerres et du terrorisme. La science peut le construire. D’où la notion développée par l’ingénieur Youval Neeman, l’un des « prêtres » de la dissuasion israélienne, de « bouclier technologique d’Israël » [9]. Elle incarne, selon lui, la supériorité technologique protectrice, conférant au génie scientifique juif une réponse civilisée et défensive à l’agressivité barbare et obscurantiste de l’adversaire.

La quête d’Israël de la pureté des armes (toar haneshek) et de la sécurité absolue (bitakon), est vouée à un échec permanent car ce dernier concept, par définition, n’existe pas. Israël possédait deux supériorités, une militaire, est une morale avec l’holocauste [10]. Le bouclier doit empêcher les guerres et le terrorisme ou du moins réduire leurs effets, ainsi que l’emploi par Israël, en représailles, de ses propres ADM et armes conventionnelles. Pour comprendre cette stratégie, il faut rappeler qu’Israël ne s’étend que sur une superficie très réduite, qu’il est un one state bomb c’est-à-dire qu’il peut être rasé par une seule bombe atomique et qu’une cinquantaine de pays dans le monde entretiennent avec lui des relations conflictuelles. Il ne peut donc se permettre de subir une destruction et une désorganisation complète de son armée, de son économie et de sa population, et doit concevoir sa défense comme préventive.

La notion même de bouclier s’inscrit dans une logique culturelle. Il est comme le rempart de la forteresse de Massada, la kippa, le talith (châle à franges), le mur des lamentations, à la fois symbole de civilisation, mais aussi obstacle (mur du temple) à la malédiction divine. Le « bouclier est aussi celui de la forteresse de Massada et de la laager mentality. Protéger coûte que coûte une terre promise, offerte, prise par la force, méritée et mises en valeur par le choix des armes défensives. Bien que les spécialistes lui confèrent pléthore de signification, la magen est le soleil, l’entremêlement de la Trinité divine et de la trinité humaine. La tradition rapporte que David, pourchassé par Saul, se réfugie dans une grotte. Les soldats y entrèrent mais David se dissimula sous une toile d’araignée (en forme d’étoile) qui le protégea. Cette notion de bouclier se retrouve partout dans la société israélienne, comme dans la devise du Shin Bet déjà citée [11].

Le principe d’interception : Missile ou laser

Dès 1945, les alliés comprennent que pour intercepter un V-2 (père du Scud), dont la vitesse dépasse de loin celle de n’importe quel projectile classique, il faut le percuter avec un engin du même type. Les premières études conduites par l’US Air Force répondent aux caractéristiques suivantes : carburant liquide, tête à fragmentation et vitesse supersonique.

En février 1957, le programme Nike Zeus, prévu contre des missiles nucléaires et des bombardiers stratégiques, est conçu dans cette optique, afin de réduire l’avance des Soviétiques, qui possèdent plus de missiles. Pour la première fois, on couple au sein d’un même système un BAMBI (Ballistic Missile Boost Intercept) et un radar, afin d’avoir la possibilité de détruire, depuis l’espace, un missile durant sa phase ascensionnelle (boost phase). Les antimissiles sont même décrétés cause nationale prioritaire à partir du 16 janvier 1958 par le secrétaire à la Défense Neil H. McElroy. Suivront d’autres modèles d’antimissiles jusqu’en 1976.

Afin de stopper la prolifération des missiles et de leurs parades, Nixon et Brejnev signent, le 26 mai 1972, le traité ABM proscrivant tout antimissile couvrant l’intégralité d’un territoire. Les deux Grands s’auto-limitent à la défense d’un seul site à l’aide de 100 intercepteurs chacun. L’URSS choisit Moscou et les USA les silos stratégiques de Grand Forks. Mais les recherches dans chaque camp continuent. On se rend compte que des antimissiles à têtes nucléaires sont inefficaces car la déflagration paralyserait l’électronique au sol.

Le concept d’interception se modernise et s’étend à deux types d’engins, les uns basés à terre et les autres dans l’espace : des intercepteurs hit-to-kill avec un véhicule tueur (EKV) et des systèmes lasers antimissiles et antisatellites. Les systèmes d’alerte avancée au sol ou en orbite prennent en compte l’évolutivité de la prolifération et privilégient l’interception multicouches afin de pouvoir détruire un missile durant n’importe quelle phases de son vol. La meilleure solution reste l’interception à mi-course (au moment où il perd de la vitesse avant d’en regagner en descendant).

L’histoire des projets antimissiles aux USA et en Israël est confuse et difficile à suivre, car elle porte sur une pléthore de systèmes qui s’additionnent, s’annulent ou se complètent. Cette profusion est imputable au souci politique de ménager les entreprises créatrices des anciens boucliers, même s’ils sont déclarés obsolètes, en conservant d’anciennes parades que l’on ajoute aux nouvelles. Cette accumulation se justifie au plan militaire car elle permet de multiplier les couches interceptrices. Elle permet aussi de rentabiliser tous les systèmes. Pour résumer, plus la menace est diffuse, faible et mal définie, plus le programme antimissile afférent est ambitieux et coûteux.

Ce tableau, non exhaustif, recense les divers systèmes israéliens et états-uniens installés en Israël, que nous allons évoquer :

Homa

Nom du système

Principaux constructeurs

Coût en R&D

Portée en km

Type

Études

Mise en service

Cibles

Pac 1

Raytheon, Tass, Rafael, Tadiran, Lockheed, IAI

9,5 milliards de $

De 10 à 90

Anti-missile sol-air

Années 70

1984

Missiles de théâtre

Pac 2

Idem

 

 

Anti-missile sol-air

Années 80

1991

Théâtre et portée intermédiaire

Pac 3

Idem

7,5 milliards de $

De 15 à 20

Anti-missile sol-air

Années 90

1998

Théâtre et portée intermédiaire

Aegis

 

 

 

Antimissile mer-air

 

 

 

Arrow 1

Rafael, Tadiran, IAI (MLM, Elta) Boeing TRW (Northrop), Elbit, Boeing, Rockwell, Electro-Optics Industries, MBT Systems & Space Technology, Tass IMI, Tamam, Ramta, Lockheed Martin et Raytheon

158 millions de $

 

Anti-missile sol-air

Années 80

1988

 

Arrow 2

Idem

330 millions de $

 

Anti-missile sol-air

 

1992

Théâtre et portée intermédiaire

Arrow 3

Idem

200 millions de $

 

Anti-missile sol-air

Années 2000

 

 

Magic Wand et Iron Dome - Short Range Ballistic Missile Defense (SRMBD)

Nom du système

Principaux constructeurs

Coût en R&D

Portée en km

Type

Études

Mise en service

Cibles

Nautilus/ airborne laser

Northrop Grumman TRW, Rafael, Tadiran et Elta

470 millions de $

De 0 à 40

Laser

Années 2000

Années 2000

Roquettes

Voûte de Fer Kipat HaBarzel

Rafael

811 millions de NIS ou 180 millions de $

De 40 à 70

Anti-missile sol-air

Années 2000

2010

Roquettes

Stunner/David Sling

Raytheon/Rafael

263 millions de $

De 40/70 à 250

Anti-missile

Années 2000

2010

Tous usages

Skyguard

Northrop Grumman

 

 

Laser

Années 2000

 

 

Iron-Dome Wide Area Counter-RAM system

Rafael, Elta

 

De 0 à 70 km

Anti-missile sol-air

Années 2000

2010-2011

Roquettes courtes portées

Thaad

Lockheed

 

150 km et plus

 

 

2011

 

Navy theater wide defense

 

 

200 km et plus

 

 

2011

Missiles balistiques

Vulcan- Phalanx Weapon Systems Centurion

Raytheon

25 millions de $ par unité

 

Canon Gatling

 

2005-2007

Roquettes

Barak

Rafael, IAI

 

De 10 à 150 km

Antimissile mer-air

 

1991

Roquettes, missiles de théâtre et portée intermédiaire

Sniper Sensor-to-Shooter System

Nom du système

Principaux constructeurs

Coût en R&D

Portée en km

Type

Études

Mise en service

Cibles

Drone

IAI

 

Atmosphère

 

 

 

Tous usages

Airborne laser

Boeing

6.1 milliards de $

Atmosphère

Laser

Années 2000

2006

Missiles balistiques

Antimissiles pour blindés

Nom du système

Principaux constructeurs

Coût en R&D

Portée en km

Type

Études

Mise en service

Cibles

Trophy

Raphaël

70 millions de $

 

Leurre

Années 2000

2011

Missiles Antichars

Quick Kill

Raytheon

 

 

Leurre

Années 2000

2011

Missiles Antichars


Coût officiel de la défense antimissile israélo-américaine et coût réel de la R&D entre 2002 et 2007
Source : United States of America, « The Missile Defense Program, Fiscal Year 2003 Budget »,
Closed Hearing, Unclassified Statement of Lieutenant General Ronald T.
Kadish, Missile Defense Agency Before the House Appropriations Committee Defense Subcommittee, jeudi 28 février 2002


Budget alloué par année fiscale et en millions de dollars


Les systèmes antimissiles par véhicules tueurs
Source : United States of America, Departement of Defense,
« Missile Defense Agency », The Missile Defense Program 2009-2010, p.11

(A suivre…)

[1] Hervé Couteau-Begarie, Traité de Stratégie, 2ème édition (Economica, 1999), 1005 pages, p. 423.

[2] « Speech by Barack Obama dealing with nuclear issues », Réseau Voltaire, 5 avril 2009.

[3] « Par-delà la destruction mutuelle assurée : le rôle d’une défense antimissile pour assurer la paix et la stabilité », par Kim Holmes, in Politique étrangère, 4ème trimestre 2001, p. 881.

[4] The question of national defense, par Oskar Morgenstern (Random House, 1959).

[5] « L’obsession antimissile des USA », par Bernard Brodie, in Le Monde Diplomatique, juillet 2007.

[6] « Le bouclier antimissile ou le retour de l’invulnérabilité américaine », in Armées d’Aujourd’hui, septembre 2007, p.26.

[7] Histoire de la droite israélienne, par Marius Schattner (Edition Complexe, 1991), p.70.

[8] La ligne Maginot, mythe et réalité, par Nicolas Ténèze (Editions Lavauzelle, 2006), p. 288.

[9] « Youval Neeman : Ma rencontre avec le ‘Ben-Gourion’ de la Science en Israël », par Daniel Rouach, Israel Valley, 27 avril 2006.

[10] Le choix d’un terme religieux chrétien pour désigner l’évènement que les historiens décrivent comme « la destruction des juifs d’Europe » vise à entretenir le sentiment de culpabilité des Européens. Et, partant de là, à en faire les débiteurs d’Israël. Ndlr.

[11] Le service est issu du service de renseignement de la Haganah, le Shaï, fondé le 9 mars 1949 par Ben-Gourion, incorporé dans Tsahal sous le numéro 184.

Nicolas Ténèze,

Nicolas Ténèze,

Doctorant en histoire de l’Institut d’études politiques de Toulouse. Sa thèse, financée en partie par l’Institut des hautes études de la Défense Nationale (IHEDN), porte sur la dissuasion conventionnelle et non-conventionnelle israélienne.

19 mars

Source : Réseau Voltaire
http://www.voltairenet.org/...


2-3 James Petras : L'aveu des présidents des principales organisations juives américaines.

Le Mossad vient en Amérique : Escadrons de la mort sur invitation

Le Daily Alert (DA), principal organe relayant la propagande des présidents des principales organisations juives américaines (PMAJO) a donné son appui total à la pratique israélienne des assassinats extrajudiciaires et extra territoriaux.

Face à la réprobation gouvernementale mondiale (à l’exception de la Maison Blanche et du congrès des USA sous occupation sioniste), les PMAJO soutiennent servilement n’importe quel meurtre brutal commis par la police secrète israélienne quels que soient le lieu ou le moment où il est perpétré. L’assassinat récent d’un chef du Hamas, Mahmoud Mabhouh, à Dubaï en est l’exemple.

Les PMAJO ont défendu toutes les actions criminelles du Mossad allant jusqu’au meurtre, et comprenant le vol d’identités, le vol ou la falsification de passeports et de documents officiels de plusieurs pays européens vraisemblablement alliés de l’Etat sioniste.

Parmi les agents du Mossad qui sont entrés à Dubaï pour tuer Mabhouh, douze d’entre eux ont employé des passeports britanniques, volés ou faux, trois ont utilisé un passeport australien, trois, un passeport français, un, un passeport allemand et six un passeport irlandais. Ces agents ont pris l’identité de citoyens européens afin de commettre un meurtre dans une nation souveraine.

A nouveau, les PMAJO démontrent que leur loyauté va en priorité à la police secrète israélienne, même lorsque celle-ci viole la souveraineté d’importants alliés des USA. Il n’y a pas de doute que les PMAJO soutiendraient aisément le Mossad israélien, même s’il était avéré qu’il avait utilisé des documents étasuniens pour assassiner Mabhouh. En fait, on sait que deux des 26 assassins israéliens, porteurs de faux passeports irlandais et britanniques sont entrés aux USA après l’assassinat et pourraient être toujours ici.

La position adoptée par le Daily Alert et les PMAJO pour défendre l’acte terroriste international commis par Israël a suivi plusieurs lignes d’attaque, qui seront discutées ci-dessous.

Celles-ci incluent : (1) blâmer la victime,

(2) prétendre que les meurtres extrajudiciaires extra sont légaux,

(3) minimiser le meurtre de « un » individu,

(4) détourner l’attention portée aux Sionistes en blâmant ‘d’autres Arabes’

(5) comparer favorablement les assassinats du Mossad aux massacres des USA en Afghanistan,

(6) banaliser et relativiser la condamnation mondiale,

(7) citer l’ « autodéfense »,

(8) vanter « les prouesses opérationnelles » de l’assassinat et

(9) discréditer les enquêteurs de la police de Dubaï plutôt que les assassins israéliens.

 

Les articles abrégés, cités dans le Daily Alert, ont paru dans les pages op-ed de plusieurs journaux des USA, du R-U, du Canada et d’Israël, ainsi que dans des magazines de droite comme Forbes et Commentary. La technique sioniste de propagande consiste principalement à éviter toute discussion des crimes flagrants commis par Israël contre la souveraineté, le jugement en bonne et due forme, le droit international et la sécurité personnelle des individus. Ce faisant, le Daily Alert adopte les techniques de propagande communes à tous les régimes totalitaires pratiquant le terrorisme d’Etat.

(1) Blâmer la victime

Le 22 février, le Daily Alert (DA) a mis en gros titres deux articles intitulés : « L’officiel du Hamas tué, a été trahi par des collègues, déclare le chef de la police de Dubaï » et « Hamas : L’agent assassiné avait pris des risques ». Le DA a oublié de mentionner que la police secrète israélienne avait pisté sa proie pendant plus d’un mois (n’ayant pas réussi à l’assassiner lors de six tentatives précédentes) et que le chef de la police de Dubaï ne blâmait pas les officiels du Hamas ; il était plutôt occupé à accumuler des preuves, des déclarations de témoins, les vidéos et les documents prouvant l’identité israélienne des assassins. Inutile de dire, que si nous devions admettre l’argument des sionistes étasuniens selon lequel tout adversaire important d’Israël qui voyage sans une armée de gardes du corps, « se met en danger », alors nous serions forcés de reconnaître que nous vivons dans un monde anarchique où les pelotons d’exécution israéliens ont tout loisir de commettre des meurtres n’importe où et n’importe quand.

(2) Prétendre que le meurtre extrajudiciaire, extra territorial est « légal » (du moins si les tueurs appartiennent au Mossad)

Les numéros du 22 février et du 24 février du DA incluent deux articles prétendant que la pratique israélienne des meurtres extrajudiciaires et extra territoriaux est légale. Un article est intitulé, « La légalité du meurtre d’Al Mabhoud al Mahmoud du Hamas » et l’autre, « Le meurtre proportionnel d’Al Mabhoud al Mahmoud ». Ces articles évitent toute référence au droit international, lequel exclut catégoriquement les meurtres extra territoriaux commis sous les auspices d’un État. Pour les PMAJO, la légalité, est ce que l’appareil de la police secrète israélienne considère comme indiqué pour atteindre son but qui est d’éliminer les dirigeants qui s’opposent à son occupation coloniale et à l’expropriation des terres palestiniennes.

Si l’assassinat extrajudiciaire, extra territorial d’un adversaire à Dubaï est légal pourquoi ne pas assassiner des opposants aux USA, au Canada, en Angleterre ou dans n’importe quel pays où ils pourraient voyager, vivre, travailler ou écrire ? Et qu’en serait-il si ceux qui critiquent et s’opposent à Israël décidaient qu’il est maintenant « légal » d’assassiner les partisans d’Israël où qu’ils vivent, en citant la définition de la légalité donnée par le Daily Alert. Nous nous trouverions alors dans un monde anarchique où les meurtres et la surveillance frontalière totalitaire seraient « légaux ».

(3) Minimiser le meurtre

Les éditions du Daily Alert en date des 22 24, et 25 février détournent l’attention du meurtre commis par le Mossad en le comparant à celui des centaines de civils afghans tués par des attaques de drones USA. L’argument est que « les assassinats ciblés » sont moins criminels que les tueries. Le problème avec ce type de raisonnement est que pendant des décennies, le Mossad a « ciblé » des dizaines d’opposants à l’étranger et a tué des milliers de Palestiniens dans les territoires occupés (en collaboration avec la police secrète nationale, le Shin Beth, et les militaires des FID). En outre, établir un lien entre les exécutions extrajudiciaires israéliennes et les meurtres colonialistes perpétrés par les USA en Afghanistan ne peut être une défense ni dans un cas ni dans l’autre. En impliquant les USA dans sa défense de la terreur d’État, Israël s’approprie les pires aspects de l’impérialisme américain pour justifier son propre comportement politique. Les crimes d’un État ne justifient en rien ceux d’un autre État.

(4) Accuser les Arabes : détourner l’attention d’Israël

L’article publié dans le DA du 22 février intitulé « L’assassinat répercuté autour du monde » insinue que le meurtre « résultait d’une lutte de pouvoir au sein du Hamas » ou qu’il « était le fait d’un des nombreux groupes arabes qui détestent le Hamas islamiste ».

En d’autres termes, tous les passeports européens fabriqués ou volés à des citoyens israéliens ayant une double nationalité, et les vidéos de sécurité de Dubaï montrant les agents du Mossad dans divers déguisements, sans parler de la jubilation avec laquelle les dirigeants israéliens ont confirmé l’assassinat, correspondaient en fait à « une ruse arabe ». Cette grossière manœuvre de propagande de la part d’ organisations juives étasuniennes de premier plan illustre leur descente dans un domaine fantaisiste de délusion qui n’est possible que dans le monde fermé des politiques sionistes étasuniennes.

(5) Vanter la prouesse technique

Dans plusieurs de ses articles, le DA fait l’éloge des prouesses techniques du Mossad pour l’assassinat commis à Dubaï, évaluation avec laquelle peu d’experts de sécurité d’Israël seraient d’accord. L’article du DA du 24 février intitulé, « L’assassinat a été planifié avec habileté » s’en prend à ceux qui critiquent Israël parce qu’ils ne reconnaissent pas la qualité « des aspects opérationnels » des assassinats et recommande les « leçons qui peuvent en être tirées par tous les services des renseignements autour du monde ». Comme des psychopathes et des assassins en série, les sionistes des USA encouragent ouvertement les autres terroristes d’État à adopter les techniques utilisées par les escadrons de la mort israéliens. Pour le DA, les techniques professionnelles d’assassinat sont bien plus importantes que la répugnance morale universelle que suscitent les meurtres politiques.

(6) Discréditer les enquêteurs tout en défendant les criminels

Dans son édition du 25 février, le DA a cité une longue et tendancieuse attaque contre la police de Dubaï, publiée dans Forbes Magazine, qui ridiculise sa minutieuse enquête révélant le rôle du Mossad dans le meurtre. Dans cet article, les autorités de Dubaï sont blâmées pour avoir découvert la participation israélienne sans examiner la provenance du passeport irakien de la victime... ! Un passeport irakien ! Au lieu d’encourager la police de Dubaï dans sa quête de justice, le Daily Alert a publié une longue diatribe impliquant Dubaï dans les attaques du 9 septembre, critiquant ses liens commerciaux avec l’Iran, son « implication » dans le terrorisme international etc. Il n’est pas question de la position relativement amicale de Dubaï à l’égard d’Israël et des Israéliens avant que le Mossad ne viole ostensiblement sa souveraineté.

Conclusion

La campagne de propagande sioniste étasunienne soutenant le terrorisme d’État israélien et, spécifiquement, le meurtre par le Mossad d’un chef du Hamas à Dubaï, se fonde sur des mensonges, des dérobades et des arguments légaux spécieux. Cette « défense » viole tous les préceptes d’une société civilisée aussi bien que des lois fédérales étasuniennes les plus récentes interdisant toute forme de soutien au terrorisme international. Les PMAJO peuvent continuer à défendre des actes de terrorisme international perpétrés avec impunité aux USA par le Mossad à cause du pouvoir qu’ils exercent sur le congrès étasunien, la Maison-Blanche d’Obama et la grande presse étasunienne.

Ils peuvent ainsi imposer leur seule version des événements, leur définition de la légalité et les législateurs entendront leurs mensonges dont se feront l’écho les militants sionistes et que se chargeront d’embellir solennellement les défenseurs d’Israël dans les cercles universitaires et journalistiques. Pour neutraliser la défense sioniste étasunienne de la pratique israélienne des exécutions extra territoriales et extrajudiciaires perpétrées par le Mossad, il nous faut mobiliser des auteurs et des universitaires étasuniens. Il est temps de dénoncer la fragilité des arguments des militants sionistes, l’audace de leurs mensonges et leur immoralité. Il est temps de s’élever contre leur impunité avant que la police secrète israélienne ne perpétue un autre crime, éventuellement à l’intérieur des USA avec la complicité éhontée de ses complices sionistes.

Les autorités de Dubaï ont trouvé des preuves évidentes du soutien fourni à l’équipe d’assassins du Mossad par des sionistes européens. Les hôtels, les billets d’avion et les dépenses ont été payés avec des cartes de crédit émises aux USA. Deux des tueurs sont peut-être actuellement aux USA. En viendra-t-on à ce que des sionistes étasuniens, qui défendent ouvertement et inconditionnellement les assassinats du Mossad, franchissent la limite entre la propagande et l’action pour devenir complices de ses actes ? La défense robuste par les sionistes étasuniens des assassinats du Mossad n’est pas de bon augure pour la sécurité des Américains face aux complices étasuniens complaisants d’Israël.

Auteur: James Petras

Source : l'auteur- Mossad Comes to America: Death Squads by Invitation

Article original publié le 3/3/2010
Sur l’auteur
James Petras est un auteur associé à Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

Traduit par  Anne-Marie Goossens
Source de cette traduction : Info-Palestine.net
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10198&lg=fr


2-4 Ennahar/ Mohammed Ben Kemoukh : Israël envisage de rapatrier 10.000 juifs d’Algérie. 

Un membre du Knesset : les biens des juifs en Algérie s’élèvent à plus de 2 milliards de dollars. Certains y occupent des postes importants.
Les membres du Knesset israéliens étudieront demain matin, lors d’une session ouverte, l’affaire des algériens d’origines juives dont la majorité vit dans des pays européens.    
N
. M. Shlomo, du parti Kadima, à l’origine de la proposition de rapatriement des juifs algériens a, dans une déclaration à la radio israélienne avant-hier, fait savoir que le rapatriement des Falasha éthiopiens touchera dans les années à venir plusieurs pays africains où vit un grand nombre de juifs, considérant leur rapatriement vers Israël comme une devoir sacré, avant d’ajouter qu’Israël doit élargir les projets de colonisation et la construction de nouvelles colonies afin de pouvoir accueillir les nouveaux arrivants dans le but de renforcer la société juive israélienne et récupérer leurs biens dans ces pays.           
Ce membre du Knesset a cité, lors de son intervention, les algériens d’origines juives dont il a estimé le nombre à 10.000 personnes.

Nombre d’entre eux pratiquent toujours les us et coutumes religieuses juives en cachette de peur des représailles de la part des algériens, notamment que le régime algérien interdit, selon lui, ces pratiques aux juifs qui sont minoritaires.

Les juifs algériens, selon le membre du Knesset, représentent une force politique dans le pays où, nombre d’entre eux occupent des postes supérieurs dans l’état mais qui trouvent des difficultés à convaincre les algériens d’établir des relations, même partielle, avec Israël, à l’instar de certains pays qui contribuent actuellement à faire aboutir les négociations de pais entre israéliens et palestiniens et à leur tête l’Egypte.     
Selon ce membre du Knesset israélien, les biens, essentiellement immobiliers, appartenant aux juifs d’Algérie s’élèvent à plus de deux milliards de dollars.

Et d’ajouter qu’il serait facile de faire pression sur le gouvernement algérien, afin de lui faire changer sa position vis-à-vis d’Israël.

Concernant la méthode et les moyens pour rapatrier les juifs algériens à, ce qu’il appelle leur pays d’origine, il répondit que la commission du Knesset qui se réunira demain présentera plusieurs propositions et que Netanyahu devra prendre très au sérieux. Il ajoute que les juifs algériens sont en contact permanent, direct et indirect avec les responsables du gouvernement israélien, citant les algériens résidents en France, en Espagne et en Allemagne qui entretiennent des relations directes avec les ambassades israéliennes dans ces pays et contribuent avec leur argent, leurs moyens et consacrent leur temps à soutenir les associations juifs activant dans les domaines sociaux et culturelles et publient leurs écrits et leurs études sous des pseudonymes afin d’éviter toute persécution par le régime algérien.        
Les déclarations de ce responsable israélien doivent pousser au contrôle des mouvements membres de la communauté algérienne à l’étranger qui peuvent succomber à la trahison et à l’espionnage et même de rejoindre les rangs des groupes terroristes qui sont manipulés par Israël et qui représentent une menace pour la stabilité des pays arabes.    

 Ennahar/ Mohammed Ben Kemoukh

 14/03

 http://ennaharonline.com/fr/news/4125.html



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


 

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