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06/04/2010

n° 63 - Journal des Guerres de l'Otan - 12-03 au 05-10 : DébuT : - Asie centrale: un bras de fer Russie-OTAN qui ne dit pas son nom.

n° 63 - Journal des Guerres de l'Otan - 12-03 au 05-10 : DébuT : - Asie centrale: un bras de fer Russie-OTAN qui ne dit pas son nom.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



  Journal des Guerres de l'Otan.  

n° 63- 12-03 au 05-10

                C.De Broeder & M.Lemaire         



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

Rasmussen a invité samedi l'Europe à montrer qu'elle n'était pas qu'un "tigre de papier"

La première puissance mondiale.

1 Au jour le jour

2 Positions

b) des voisins.

3 Politique 

a) Russe

b) L'Otan & alliés

Fin

4 Institutions internationales

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos.

5-1 Dave Lindorff : Exécution d’enfants afghans menottés, il ne se passe rien! La presse des Etats-Unis le cache….

6 Brèves

6-1 Madeleine Albright, s'est recyclée comme consultante dans la stratégie militaire…

6-2 Le traité, "nouveau Start", symbolise la "relance" .

7  Dossiers

7-1 Manlio Dinucci : Afghanistan : la guerre secrète.

7-2 Des groupes de réflexion canadiens réclament une "révision générale" de l'OTAN.

7-3 Hugo Natowicz : Asie centrale: un bras de fer Russie-OTAN qui ne dit pas son nom.

7-4 Danielle Bleitrach : La lutte contre le terrorisme: l’exception et la règle.

 .



Tiré à part :

Rasmussen a invité samedi l'Europe à montrer qu'elle n'était pas qu'un "tigre de papier"

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a invité samedi l'Europe à montrer qu'elle n'était pas qu'un "tigre de papier" en investissant massivement dans la defense antimissile

"Le traité de Lisbonne" entré en vigueur en décembre "donne à l'UE une plus forte dimension dans le domaine de la defense et de la sécurité", a-t-il reconnu lors d'un colloque sur la sécurité européenne.

"Mais, a-t-il affirmé, cela restera un tigre de papier si ça n'est pas suivi par des contributions militaires concrètes quand le besoin s'en fait sentir". Or "la defense antimissile pourrait s'avérer un secteur clé où les Européens ont l'occasion de prouver leur résolution (...) et démontrer ainsi à l'opinion américaine que l'alliance a un sens", a-t-il estimé.

La defense antimissile est l'un des thèmes du prochain sommet des dirigeants des 28 pays de l'Otan en novembre à Lisbonne. En des temps très difficiles pour les finances nationales, le lancement d'un tel système risque cependant de se heurter à des obstacles budgétaires, outre l'impopularité fréquente des dépenses militaires.
Dans une étude il y a quelques années, l'Otan avait évalué à au moins 20 milliards de dollars le montant total du projet.

Il est de tradition que le secrétaire général de l'Otan rappelle à l'ordre ses adhérents. L'objectif en principe entériné par les 28 pays de l'Alliance atlantique est de consacrer au moins 2% de leur PNB à la defense.

Mais, chez les Européens, on est loin du compte. Ils ont su profiter de ce que l'on a appelé, après la fin de la Guerre froide, les dividendes de la paix. Ainsi, selon les données de l'Otan, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, ont consacré 1,3% de leur PNB à leur defense en 2008. Dans les années 1985-89, ces dépenses représentaient respectivement 2,9%, 2,2% et 2,1% de leur PNB, en moyenne.

AFP
27/03

Réactions sur le site http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/27/97001-20100327FILWWW00419-antimissile-l-otan-invite-l-ue-a-investir.php

Je ne comprends toujours pas comment l'Union Européenne peut accepter aussi facilement de financer la stratégie de la defense américaine en Europe, c'est-à-dire sur son propre territoire. Anders Fogh Rasmussen a tort, l'Europe est déjà un tigre de papier en acceptant l'ingérence d'une Otan qui n'a plus lieu d'être. Nous sommes des vassaux.

Les USA (pardon, l'Otan), veulent nous refiler leur vieille technologie anti-missile, non fonctionnelle (il suffit de regarder les pays où cela est installé).

L'europe, tigre de papier ? Non, plutôt écureuil, gare oncle Sam, planque tes noisettes!

Quant aux menaces à peines voilées, Achetez des missiles de 1976 pour prouver que nous sommes alliés...
Sinon quoi, les USA attaquent ?

Pourquoi imposer des missiles à propergol à un pays qui dispose de déflecteurs à micro-ondes...

Un peu de sérieux...

Souhaitons pouvoir sortir de l'OTAN après 2012, ne suivons pas les amateurs de bruits de bottes. Les guerres sont bonnes pour les profits, jamais pour les peuples.

 Oublié la théorie de la dissuasion du faible au fort!
Si on met un bouclier anti-missile (dont l'efficacité reste à prouver) c'est qu'on a renoncé à la dissuasion! A propos ces missiles qui les fabriquera

Un alignement de l'UE sur l'OTAN voulu par le Traité de Lisbonne. Donc un alignement de la defense européenne sur la politique de defense américaine.

Réponse

Non. Un alignement sur une defense commune de l'occident et des peuples libres et démocratiques engagés dans une troisième guerre mondiale qui ne dit pas son nom...Les Etats-Unis en font partie.

 

La première puissance mondiale.

Les Etats-Unis détiennent le commandement de l’OTAN (organisation du traité de l’Atlantique Nord qui regroupe en une alliance militaire les Etats-Unis, les pays d’Europe occidentale ainsi que le Canada et la Turquie)

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, les Etats-Unis sont considérés comme la première puissance mondiale. C’est ce qu’affirment de nombreux historiens et hommes politiques comme l’ex-ministre des Affaires étrangères français Hubert Védrine qui va jusqu’ à parler d’une « hyperpuissance mondiale ». Il s’agit donc d’ étudier les différents domaines dans lesquels se manifeste la puissance américaine : la scène politique mondiale, la scène économique, et de voir si l’ importance des Etats-Unis dans ces domaines justifie son surnom de première puissance mondiale. Il s’agira aussi de voir si la puissance américaine connaît des limites pour en déduire son avenir.

Les Etats-Unis sont-ils la première puissance politique mondiale? Ils le sont en termes de diplomatie et de forces armées. En effet, son poids diplomatique se constate premièrement par ses alliances : les Etats-Unis détiennent le commandement de l’ OTAN (organisation du traité de l’ Atlantique Nord qui regroupe en une alliance militaire les Etats-Unis, les pays d’ Europe occidentale ainsi que le Canada et la Turquie) ce qui leur assure un soutien considérable dans les guerres qu’ ils engagent en engageant leurs alliés (que l’ on pense à la guerre d’ Afghanistan en 2001 dans laquelle s’ est engagée la plupart des pays membres de l’ OTAN à la suite des Etats-Unis). De plus, les Etats-Unis, en tant que membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, détiennent le droit de veto, et leur influence leur permet de modifier ou de façonner les résolutions de l’Assemblée générale à leur gré.

La prédominance militaire des Etats-Unis atteste aussi de leur superpuissance. Le budget de la defense américain est le premier au monde. La carte du monde est constellée de bases américaines, présentes sur les cinq continents dans vingt-cinq pays, les sept flottes de la marine américaine sont présentes dans tous les océans. L’ omniprésence de l’ armée américaine ainsi que leurs missiles à longue portée leur rendent possible une intervention militaire partout sur Terre dans l’ espace de vingt-quatre heures. On peut aussi rappeler que les Etats-Unis sont la première puissance nucléaire au monde avec des missiles atomiques prêts à décoller à tout moment dans le Dakota. Il est aussi important de mentionner l’ industrie militaire américaine qui est la plus développée et la plus considérable au monde, son principal client, c’ est à dire l’ Etat américain, lui offrant des fonds illimités.

Les Etats-Unis sont donc effectivement la première puissance mondiale en termes de domination politique.

L’« hyperpuissance » américaine se manifeste aussi par son économie. Les Etats-Unis sont en effet la première puissance économique mondiale. Les Etats-Unis font partie de la Triade, ils réalisent 13% du commerce mondial et représentent 25,7 % du PIB mondial. Plusieurs traités de libre échange et de coopération économique (ALENA, APEC…) favorisent leurs échanges commerciaux avec le reste du monde.

Les Etats-Unis sont aussi une grande puissance financière avec les plus grandes bourses mondiales sur leur territoire : le NASDAQ (pour les nouvelles technologies), la bourse de Chicago (pour l’ agroalimentaire) et le NYSE (la première place financière mondiale). De plus, depuis la conférence de Bretton Woods en 1944, le dollar a remplacé l’or et est la monnaie de référence : il constitue près de 65 % des réserves monétaires des

banques centrales. Les Etats-Unis détiennent un autre atout économique dont ils font usage en diplomatie : ils sont les principaux contributeurs du FMI (fonds monétaire international) et de la BIRD (banque internationale de reconstruction et de développement) et y détiennent un droit de veto, le FMI ayant pour rôle de prévenir les crises financières internationales, la banque mondiale ayant comme objectif la réduction de la pauvreté à travers le développement économique. On peut ajouter que les Etats-Unis reçoivent et émettent le plus grand chiffre d’ IDE (investissements directs à l’ étranger, il s’ agit des capitaux placés à l’ étranger dans la création d’ entreprises ou d’ activités économiques) au monde avec 18% des investissements mondiaux placés aux Etats-Unis et 23 % des investissements placés dans le reste du monde sous contrôle américain.

On peut donc parler des Etats-Unis comme d’une superpuissance économique.

Mais la superpuissance américaine a-t-elle des limites ? Elle en connaît sur le plan militaire, c’est ce que l’on a pu constater au Viet-Nam dans les années 1960 où le déploiement massif des troupes américaines ne sut empêcher leur défaite, c’est à dire leur retrait, et la mort de 40 000 jeunes américains. C’ est ce que l’ on constate en Irak et en Afghanistan actuellement : l’ ambassadeur du Royaume-Uni en Afghanistan Sherard Cooper-Coles a récemment déclaré que l’ action des Etats-Unis et de l’ OTAN en Afghanistan est inefficace.

On peut aussi constater des failles dans le système économique américain. Depuis l’ été 2007, la crise américaine des sub-primes a pris de l’ ampleur et s’ est transformée en une crise mondiale. Ainsi, en raison d’ un capitalisme insuffisament règlementé, de grandes banques américaines (Fannie Mae, Freddie Mac, Lehman Brothers….) et non-américaines (Fortis, Northern Rock…) se sont retrouvées en banqueroute ou en risque de faillite, menaçant de même les industries américaines qui n’ auraient plus de créditeurs (ce qui pourrait mener à leur fermeture et à un chômage de masse comme en 1929).

De plus, les Etats-Unis n’ ont plus l’ avantage de la recherche et de l’ innovation. Dans tous les secteurs surgissent de nouveaux concurrents : dans l’aérospatiale, Arianne concurrence la NASA, en informatique l’Europe et l’Inde (Bangalore) deviennent de plus en plus performantes, dans

l’aéronautique Airbus concurrence Boeing au point que la dernière commande du Pentagone était adressée à Airbus et n’ a été bloquée que par l’ intervention du lobby de Boeing au Congrès.

On en conclut donc que les Etats-Unis sont la première puissance mondiale, que ce soit en termes de diplomatie, d’armées, d’économie ou de finances. Il n’en demeure pas moins vrai que cette superpuissance connaît des limites. C’est le cas en politique étrangère où les Etats-Unis se sont montrés impuissants dans la recherche de la paix et la maîtrise du terrorisme au Moyen-Orient. C’ est le cas aussi en politique intérieure : à l’ heure actuelle les Etats-Unis se retrouvent victimes de leur propre système économique.

Les Etats-Unis sont bien la première puissance mondiale mais il est probable qu’à l’avenir ils devront partager le titre de « superpuissance » avec d’autres pays qui les concurrencent, possiblement les pays BRIC (les grands pays émergeants, c’ est à dire le Brésil, la Russie, l’ Inde et la Chine) ou

l’Union européenne.

http://www.lycee-chateaubriand.eu/IMG/pdf/Emmanuel_USA_1ere_puissance_mondiale.pdf



 Guerres de l'Otan

1) Au jour le jour

Jean Paul Le Marec : L’OTAN a tenté de dissimuler les faits après un raid qui a tourné au carnage, révèle le Times.

Le 12 février dernier, le raid nocturne lancé par des soldats américains et afghans sur une maison de notables ou se déroulaient ce jour là les réjouissances d’un baptême a tourné au carnage. Les militaires ont ouvert le feu sur ceux qui se trouvaient là, et qui pourtant protestaient de leur innocence, racontent les témoins du drame interrogés par le Times. Cinq personnes ont été tuées, dont deux frères, l’un commandant de police, l’autre procureur, ainsi que deux femmes enceintes et une jeune fille qui allait se marier sous peu. Un adolescent de quinze ans a également été blessé.

Le communiqué publié par l’OTAN après les faits affirmait que les soldats avaient découvert sur les lieux des « atrocités » et que les trois cadavres de femmes étaient « bâillonnés et ligotés ». Les témoins indiquent qu’elles sont tombées sous les balles de la même rafale qui a tué le procureur sur le pas de la porte de la maison familiale.

 A ce jour, l’OTAN refuse d’identifier l’unité responsable de ce massacre.
Jerome Starkey, Times, 12 mars 2010 

Un raid nocturne des soldats américains et afghans a entraîné la mort de deux femmes enceintes, une jeune fille et de deux fonctionnaires locaux, atrocités que l’OTAN a ensuite tenté de dissimuler, indiquent les récits des survivants, recueillis par le Times.

L’opération, qui s’est déroulée le vendredi 12 février consistait en en assaut mené à l’aube sur la maison d’un policier située à quelques kilomètres de Gardez, la capitale de la province de Paktia, à l’est de l’Afghanistan.

Dans un communiqué publié après le raid, titré « les forces conjointes opérant à Gardez font une macabre découverte », l’Otan affirmait que ses soldats avaient découvert dans une chambre des corps de femmes « tuées, ligotées et bâillonnées ».

Une enquête du Times suggère que les affirmations de l’OTAN sont soit délibérément fausses ou, au mieux, trompeuses. Plus d’une douzaine de survivants, dont des fonctionnaires, des responsables de la police et un chef religieux, interrogés sur la scène de l’attaque et alentour, affirment que les auteurs de ces crimes étaient des soldats américains et afghans. L’identité et le statut de ces hommes reste inconnue.

Cette attaque est intervenue plus de quinze jours après que le commandant des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan, ait publié de nouvelles directives visant à limiter les raids nocturnes. Les forces spéciales et les agences de renseignement occidentales qui opèrent secrètement en Afghanistan ont été critiquées pour avoir mené des raids nocturnes basés sur des renseignements douteux ou faux, qui se sont soldés par des pertes civiles.

Le commandant Dawood, âgé de 43 ans, fut la première personne tuée durant l’assaut. Policier de longue date, réputé et aguerri, il avait été promu récemment à la tête du renseignement dans un des districts les moins sûrs de la province de Paktia. Son frère, Saranwal Zahir, était procureur dans le district d’Ahmadabad. Il a été tué alors qu’il se trouvait sur le pas de la porte, tentant de protester de son innocence. 

Trois femmes, qui étaient accroupies derrière lui dans le couloir, ont été touchées par le même tir en rafale. Bibi Shirin, âgée, de 22 ans, avait quatre enfants, âgés de moins de 5 ans. Bibi Saleha, 37 ans, avait 11 enfants. Toutes deux, selon leurs proches, étaient enceintes. Elles ont été tuées sur le coup. 

La mère des deux hommes, Bibi Sabsparie, déclare que Shirin était enceinte de quatre mois et Saleha de cinq mois. La dernière victime, Gulalai, âgée de 18 ans, était fiancée. Elle est décédée de ses blessures. « Nous avions déjà tout acheté pour le mariage », soupire celui qui devait être son beau-père, Sayed Mohammed Mal, Vice-Chancelier de l’Université de Gardez. 

La nuit de cet assaut, environ 25 hommes, amis et parents, s’étaient rassemblés au domicile du commandant Dawood dans le petit village de Khataba, pour célébrer le baptême d’un nouveau-né. Assis côte à côte le long des murs d’une chambre d’hôtes, les hommes avaient dansé tour à tour, pendant que jouaient les musiciens. Le chanteur, Mohammed Sediq Mahmoudi, âgé de 24 ans, précise que quelque temps après 3 heures du matin l’un des musiciens, Dur Mohammed, est sorti pour aller aux toilettes. « Quelqu’un a braqué une lampe sur son visage et il a alors couru vers l’intérieur en avertissant que les talibans étaient dehors », déclare M. Sediq. 

Le lieutenant-colonel Zamarud Zazai, qui dirige le service de renseignement de la police de Gardez, déclare : « Des deux cotés, ont a cru que l’autre groupe était taliban. »

Le commandant Dawoud a couru vers les pièces où se trouvait sa famille, avec son fils Sediqullah, âgé de 15 ans. A mi-chemin à travers la cour, ils ont été abattus par un tireur posté sur le toit. Le commandant Dawoud a été tué. Sediqullah, touché à deux reprises, a survécu, racontent ses oncles.

Les tirs ont cessé et les soldats ont crié en pachtoune, ordonnant à tous de sortir à l’extérieur. Waheedullah, un chauffeur d’ambulance, déclare que leur accent était celui de Kandahar. 

L’OTAN a déclaré que les soldats faisaient partie d’une force conjointe « afghano-internationale », mais, malgré de nouvelles règles leur enjoignant de laisser derrière eux des tracts identifiant leur unité, la famille indique qu’ils n’en ont pas fourni. Les forces américaines du secteur nient toute implication.

Dans le couloir situé de l’autre côté de l’enceinte des bâtiments, les femmes se sont précipitées pour soigner les blessés. La mère du commandant Dawood raconte : « Zahir a crié, "Ne tirez pas, nous travaillons pour le gouvernement". Mais tandis qu’il parlait, ils ont tiré à nouveau. Je l’ai vu tomber. Je me suis retourné et j’ai vu que ma belle-fille et les autres femmes étaient mortes. » 

Mohamed Sabir, âgé de 26 ans, qui est le plus jeune frère du commandant de Dawood et de Zahir, a fait partie des huit hommes qui ont été arrêtés et transportés par avion vers une base située à proximité, dans la province de Paktika. Ils ont été détenus pendant quatre jours et interrogés par un américain en civil qui leur a montré des photos de l’homme qu’ils suspectaient. « J’ai dit : "Oui, c’est Shamsuddin. Il était à la fête. Pourquoi ne l’avez-vous pas arrêté ?" », raconte Sabir. Ils ont ensuite été libérés sans être inculpés. Shamsuddin - qui avait travaillé durant cinq mois à la réparation des générateurs électriques de la base américaine locale - s’est livré de lui-même pour subir un interrogatoire. Il a été lui aussi libéré sans aucune inculpation.

 Le communiqué initial de l’Otan indiquait que « plusieurs insurgés ont engagé le combat contre la force conjointe et ont été tués lors des échanges de tirs. » La famille affirme que personne n’a même jeté une pierre. Le contre-amiral Greg Smith, responsable de la communication de l’OTAN à Kaboul, nie qu’il y ait eu tentative de camouflage.

Il indique que les deux hommes qui ont été tués étaient armés et manifestaient des « intentions hostiles », mais a admis « qu’ils n’étaient pas la cible de ce raid particulier ».

« Je ne sais pas s’ils ont tiré des coups de feu », indique-t-il. « Si on a un individu qui sort d’un bâtiment, et que la force d’assaut est là, cela déclenche souvent une neutralisation de l’individu. Il n’est pas nécessaire d’être visé par un tir pour riposter. » 

Il admet que le communiqué original avait été « mal formulé », mais déclare que « pour des gens qui voient beaucoup de cadavres », les femmes avaient paru à l’époque être décédées depuis plusieurs heures.

Par l’intermédiaire des doyens du village, les américains ont proposé une indemnisation à la famille - 2 000 dollars pour chacune des victimes.

« La vie humaine n’a aucune valeur » se lamente Bibi Sabsparie. « Ils ont tué notre famille, puis ils sont venus et ont apporté de l’argent. L’argent ne ramènera pas les nôtres. »

Par Jerome Starkey,

Publication originale Times,

Times, 12 mars 2010 

Traduction Contre Info

17 mars 2010
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3006



3 Politique

a)  Géorgie

indignation après un faux reportage sur une invasion russe

Les critiques se sont multipliées après la diffusion d'un faux reportage par une chaîne de télévision affirmant qu'une invasion russe était en cours. L'opposition géorgienne a dénoncé une propagande pro-gouvernementale destinée à salir ses dirigeants.

En diffusant des images remontant à la guerre éclair d'août 2008 entre la Georgie et la Russie, la chaîne privée Imedi a annoncé samedi soir que les chars russes faisaient route sur la capitale Tbilissi et que le président Saakachvili avait été tué.

Le reportage affirmait que certains dirigeants de l'opposition, comme Nino Burjanadze et l'ancien Premier ministre Zurab Nogaideli, s'étaient ralliés à la Russie et avaient appelé les militaires à se mutiner.

La chaîne Imedi est dirigée par un proche allié de Saakachvili. Porté à la présidence par une révolution populaire en 2003, le président Saakachvili a vu son crédit entamé par sa décision de reprendre par la force en août 2008 le contrôle de la région séparatiste d'Ossétie du Sud, qui a provoqué en retour l'invasion du pays par l'armée russe.

En Russie aussi, les critiques ne se sont pas fait attendre."Il suffit de voir à qui cela bénéficie. Dans ce cas-là, la seule personne qui en bénéficie est le président Saakachvili, dont la seule manière d'avoir une place quelconque dans l'Histoire est de faire croire aux gens que leur pays est en danger", a déclaré le président de la commission des affaires étrangères de la Douma.

14 mars

http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20100314122429470172019048000_brf020.xml&associate=phf2042



b) L'Otan & alliés

Fogh Rasmussen

 "L'approche globale à la gestion des crises"

Je suis ravi d'être ici aujourd'hui. Le thème de ce séminaire, "l'approche globale à la gestion des crises" est centrale dans le nouveau concept stratégique de l'Otan. Je suis reconnaissant envers nos coorganisateurs, la Suède & la Finlande pour amener ici tant d'acteurs clé. [...]

L'expérience de l'Otan sur ces dernières années, notamment en Afghanistan, souligne qu'une gestion réussie des crises requiert un nouveau pacte entre tous les différents acteurs civils et militaires.

Nous avons besoin que les Nations Unies mènent le processus global, que l'Union Européenne, le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale soient largement et intensément engagés. Nous avons également besoin que les ONG répandent leur réseau de projets, des soins de santés à la promotion de nouvelles approches agricoles.

La logique de l'approche globale est obligatoire, mais son implémentation reste difficile. Chaque acteur opère avec ses propres méthodes. L'impact combiné de nos efforts reste bien moindre que ce qu'il pourrait être.

A mon avis, trois étapes sont requises:

1. Nous devons insuffler une nouvelle compréhension de la nécessité d'une meilleure coopération entre civils et militaires.

Nous avons besoin d'ouvrir notre façon de planifier et d'exécuter nos opérations afin d'y inclure l'expertise civile indispensable - de la primauté de la loi aux moyens de subsistance alternatifs; de la santé publique à l'éducation et aux aspects culturels. Et nous devrions également inclure la dimension du genre, et promouvoir l'engagement de la femme dans la prévention et la résolution des conflits.

Pris ensemble, tout ceci serait une véritable révolution dans la manière dont nous concevons et organisons nos opérations et notre coopération. Nous avons besoin de nous voir les uns les autres comme des partenaires indispensables, et pas comme des rivaux.

Pour commencer, nous devrions tirer les leçons de notre expérience en Afghanistan. Ce conflit est une expérience, et le prototype de ce dont nous avons besoin d'améliorer ensemble pour faire face à d'autres crises et opérations de stabilisation à l'avenir. Il ressort clairement de notre récente opération dans Marjah que nous parvenons à des résultats meilleurs, plus durables, lorsque les composantes militaires et civiles travaillent ensemble dès le départ, et selon un plan unique. L'OTAN devra ensuite définir de quelle expertise civile elle a besoin pour être capable de se connecter de manière plus efficace avec les organismes civils, à la fois au sein de nos gouvernements nationaux et les autres organisations internationales.

 

2. Nous avons besoin d'une coopération plus étroite entre toutes les principales institutions et les ONG - à tous les niveaux

Nous sommes en train de faire des progrès significatifs. Nous avons signé une Déclaration Commune entre les Nations Unies et l'Otan [Rasmunssen fait sans doute référence à la déclaration signée 'en catimini' entre les secrétaires de l'ONU, Ban Kii Moon, et de l'Otan : cf http://www.csotan.org/textes/texte.php?art_id=423&type=articles . Le glissement de sens est tout sauf anodin]. L'Otan et l'Union Européenne sont aussi en train de travailler plus étroitement ensemble, pas uniquement dans les Balkans ou en Afghanistan, mais également au larges des côtes de la Somalie. Nous sommes en train d'utiliser notre expérience pour aider des nouvelles internationales plus récentes, telles que l'Union Africaine, à être plus efficace.

Mais nous devons faire un meilleur job en communication, pour montrer les bénéfices que les acteurs civils gagnent à travailler plus étroitement avec l'Otan. Je veux aussi améliorer la fréquence et la qualité du dialogue entre l'Otan et les ONG. Je ne veux pas que ce soit un débat abstrait, conceptuel, mais bien un débat pragmatique, tirant de notre expérience commune en Afghanistan et dans d'autres régions de crise. J'ai l'intention dans un futur proche d'inviter beaucoup des ONG représentées ici aujourd'hui, à un dialogue franc et ouvert, dans lequel je serai engagé personnellement.

 

3. Nous devons accroître la connectivité de l'OTAN avec le reste du monde.

Regardez l'Afghanistan. Une paix et une stabilité à long terme exigent l'engagement constructif des pays de la région, comme le Pakistan, l'Inde, la Chine et la Russie.

Nous devons investir dans des relations à long terme avec ces grands acteurs et d'autres qui détermineront la sécurité internationale au XXIe siècle. C'est pourquoi je suggère que l'OTAN devrait être utilisée comme un forum pour discuter des questions de sécurité globale.
Mesdames et Messieurs

Dans le monde d'aujourd'hui, nous devons réaliser que le militaire n'est plus la réponse complète - maintenant c'est seulement une partie de la réponse. "Hard power", la puissance dure, est de peu d'utilité si elle ne peut être combinée avec le "Soft power", la puissance douce. Nous devons comprendre que la seule façon d'aller de l'avant est de se coordonner et de coopérer avec les autres

Merci

4 mars

Original : http://www.nato.int/cps/en/SID-99DF801D-EC014131/natolive/opinions_61891.htm

Nota Bene

Selon les experts, le document, en cours d'élaboration, indiquerait que Washington ne voit plus la nécessité de continuer à déployer ces armes en Europe" ; "Le ministre de la defense [US] a réclamé un programme de remplacement pour les têtes nucléaires vieillissantes" : à mettre en regard avec l'initiative courageuse et à contre-courant de politiciens belges (notamment) http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/message/2179, dont un ancien SG de l'Otan au moment où celle-ci réaffirmait sa doctrine nucléaire, et un Louis Michel qui défendait  il n'y a pas si longtemps le droit d'Israël à posséder des armes nucléaires, en tant que "démocratie".

"Le "rôle accru pour les armes conventionnelles" évoqué par le responsable américain se traduirait par l'élaboration d'armes de forte puissance mais non nucléaires, dites "Prompt Global Strike" (frappe mondiale immédiate) selon le New York Times.

Ces armes, tirées des Etats-Unis, devraient être capables de frapper n'importe où dans le monde dans un délai d'une heure." : On voit bien que le but de la manoeuvre n'est guère pacifiste, ni par principe "contre l'armement nucléaire", mais purement tactique et pragmatique : les USA possèdent une confortable avance en armement dit conventionnel.


Sur le terrain

L’OTAN veut faire appel aux Chinois pour l’aider à reconstruire Kaboul

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) sollicite activement le partenariat de la Chine pour mobiliser l’aide sociale et l’aide à la reconstruction en Afghanistan, a indiqué un haut fonctionnaire de l’OTAN.

« Je ne considère pas la Chine comme une menace, je pense que nous devrions développer un partenariat avec la Chine dans le but de résoudre des problèmes comme celui de l’Afghanistan. La première étape pourrait être une organisation d’un dialogue politique sur une base régulière », a déclaré Anders Fogh Rasmussen, le Secrétaire général de l’OTAN, lors d’une interview à la chaîne Phoenix TV.

Cette interview a été prise avant la visite actuelle du président afghan Hamid Karzaï à Beijing pour renforcer les relations bilatérales et la coopération économique. Le chef de l’OTAN a déclaré qu’il suivrait attentivement cette visite de Karzaï.

« Je pense que la Chine pourrait jouer un rôle clé dans le développement civil en Afghanistan », a déclaré Rasmussen, soulignant qu’une solution militaire ne suffirait pas à résoudre le problème de ce pays.

« Si nous voulons assurer la paix et la stabilité à long terme, nous devons intensifier nos efforts dans le développement et la reconstruction civile », a-t-il indiqué.

La Chine, comme le voisin et l’ami de l’Afghanistan était disposée à soutenir ses efforts de reconstruction. Elle jouera un rôle actif dans ce domaine, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang, lors d’une conférence de presse régulière, qui était tenue mardi. Mais, la coopération avec l’OTAN, l’organisation, dans laquelle la Chine n’était pas engagée d’une quelque manière jusqu’à présent, serait peu probable, selon les analystes.

Au départ, l’OTAN n’a pas demandé l’avis de la Chine, lorsqu’elle avait déployé ses forces en Afghanistan. Maintenant, elle a besoin du soutien de la Chine pour pouvoir gérer les conséquences de cette intervention militaire, mais la Chine ne répondra pas à son appel, a indiqué un officier anonyme de l’Armée populaire de libération (APL), qui fait également partie d’un groupe de réflexion militaire.

La Chine, en tant qu’une nation responsable, devrait établir une certaine connexion avec l’OTAN, la plus grande alliance militaire mondiale, et ce, dans son propre intérêt et pour aider à améliorer la paix dans la région, « mais, en même temps, la Chine doit être prudente pour qu’on ne prenne pas avantage d’elle ». « Et ce genre de relation ne pourra pas être entretenu dans le cadre de l’OTAN », a ajouté l’officier de l’APL.

« La Chine a des intérêts communs avec l’OTAN, notamment en matière de la lutte antiterroriste, mais elle a aussi une politique indépendante », a déclaré Tao Wenzhao, un expert en études américaines à l’Académie chinoise des sciences sociales. « Elle peut coopérer avec les membres de l’OTAN, mais pas nécessairement avec cette alliance dans son ensemble ».

Ce n’est pas la première fois que l’OTAN sollicite une aide à la coopération de plus en plus importante de la Chine et d’autres pays pour contrer le terrorisme en Afghanistan, qui, comme l’a souligné Rasmussen, était « la principale opération militaire » de l’OTAN. En février de cette année, lors d’un sommet clé sur la sécurité à Munich, Rasmussen a déclaré que la mission difficile de l’Alliance en Afghanistan a montré qu’il était indispensable de renforcer les liens avec ses voisins, comme la Chine, le Pakistan et l’Inde.

« L’Inde est intéressée dans la stabilité de l’Afghanistan, la Chine l’est également. Et ces deux pays pourraient aider à développer et à reconstruire l’Afghanistan. Il en va de même pour la Russie. Au fond, la Fédération de Russie partage nos préoccupations concernant la sécurité », a déclaré Rasmussen.

L’OTAN a fixé un objectif ambitieux pour augmenter la taille des forces de sécurité afghanes de près de 50% pour atteindre 305 000 en octobre 2011, afin de créer des forces militaires suffisamment nombreuses pour pouvoir maintenir la sécurité dans tout le pays.

Les Etats-Unis déploient 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan cette année pour faire face à l’insurrection croissante des talibans. Washington envisage de commencer à retirer ses troupes au milieu de 2011.

 28 mars

http://www.egaliteetreconciliation.fr/L-OTAN-veut-faire-appel-aux-Chinois-pour-l-aider-a-reconstruire-Kaboul-2915.html



c) Etats-Unis

Obama

Obama annonce une "réduction spectaculaire" de ses armes atomiques
Le président Barack Obama élabore une stratégie de defense nucléaire qui comprendra une "réduction spectaculaire" du nombre d'armes atomiques des Etats-Unis, a annoncé lundi un haut responsable de son administration.

Cette stratégie, cohérente avec la volonté de M. Obama de lutter contre la prolifération nucléaire, "visera une réduction spectaculaire des stocks [d'armes nucléaires], tout en conservant une dissuasion solide et fiable par les investissements du budget" fédéral, a expliqué ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Cette mise à jour de la stratégie nucléaire américaine, la première depuis 2002, "ira plus loin que les précédentes en embrassant les buts de la non-prolifération, dont la sécurité nucléaire et les étapes que le président a développées à Prague", le 5 avril 2009, lorsqu'il avait prôné l'avènement d'un monde sans armes atomiques.

De même source, le document qui doit être présenté au Congrès à huis clos "visera un rôle accru pour les armes conventionnelles dans la dissuasion" et renoncera aux armes atomiques "anti-bunkers" voulues par la précédente administration de George W. Bush.

Selon le New York Times, qui a révélé dimanche soir les grandes lignes de ce document en préparation, il s'agirait de réduire le nombre de têtes nucléaires des Etats-Unis de "plusieurs milliers". Mais le journal souligne que plusieurs aspects de cette politique font l'objet de "débats passionnés au sein de l'administration" et que le secrétaire à la defense, Robert Gates, doit soumettre à Barack Obama ces points à trancher lors d'une réunion lundi.

LE RETRAIT DE QUELQUE 200 OGIVES NUCLÉAIRES

Signe des tensions au sein de l'administration, l'examen de la stratégie nucléaire américaine doit être présenté au Congrès avec deux mois de retard. Les partisans de la dénucléarisation appellent le président à proclamer que "l'unique objet" de l'arme nucléaire est de dissuader une puissance nucléaire de menacer les Etats-Unis. Selon eux, la supériorité de l'armée américaine en matière d'armements classiques rend la bombe atomique inutile dans tout autre contexte.

D'une telle doctrine découlerait naturellement un retrait des 200 ogives nucléaires tactiques que Washington possède en Europe, retrait que cinq pays membres de l'OTAN (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas) ont appelé de leurs vœux en février. Elle s'oppose à celle de "la dissuasion étendue" qui appelle les Etats-Unis à maintenir ou déployer leur "parapluie nucléaire" en Europe, en Asie et même au Moyen-Orient, incitant les pays protégés à ne pas chercher à se doter de leurs propres armes.

Le "rôle accru pour les armes conventionnelles" évoqué par le responsable américain se traduirait par l'élaboration d'armes de forte puissance mais non nucléaires, dites "Prompt Global Strike" (frappe mondiale immédiate) selon le New York Times. Ces armes, tirées des Etats-Unis, devraient être capables de frapper n'importe où dans le monde dans un délai d'une heure. Parmi leur utilisation possible figurerait, selon le journal, des attaques contre "la direction d'Al-Qaida dans les montagnes du Pakistan", ou "contre un lancement de missile imminent en Corée du Nord".

01.03.


Dans les coulisses 

L'administration Obama est divisée sur la nouvelle doctrine nucléaire
Attendue pour décembre, pour février, puis pour le 1er mars, la publication de la nouvelle définition de la doctrine nucléaire des Etats-Unis - la troisième depuis la fin de la guerre froide - a de nouveau été retardée, pour cause de dissensions dans l'administration Obama. Mais le document devrait refléter la politique de non-prolifération défendue par Barack Obama et comporter "une réduction spectaculaire" de l'arsenal des Etats-Unis, a indiqué au Monde un haut responsable de l'administration.

Etabli à la demande du Congrès, le document (dit "Nuclear Posture Review") affiche les intentions de l'administration en matière de defense nucléaire. Le texte publié par l'administration Bush en 2001 avait autorisé une frappe contre un Etat qui utiliserait une arme chimique ou biologique, même s'il s'agissait d'un Etat non doté de l'arme nucléaire. Il préconisait aussi la fabrication de "mini-nukes", armes à faible puissance, mais susceptibles de percer des bunkers, au risque de banaliser le recours à l'arme atomique.

 La révision façon Obama entend au contraire réduire le rôle du nucléaire dans la sécurité nationale. Elle devrait être publiée avant fin mars, affirme le haut responsable, et, en tout cas, avant le sommet convoqué par le président américain les 12 et 13 avril à Washington.

 Annoncé dès le discours de Prague le 5 avril 2009, ce sommet sera consacré à la sécurité des armes nucléaires. Pour limiter la probabilité de voir une arme nucléaire tomber entre les mains de terroristes, M. Obama souhaite non seulement réduire leur nombre mais coordonner les procédures de sécurité.

 Pour Joseph Cirincione, l'un des principaux experts américains sur les questions nucléaires, le retard de la publication du "Nuclear Posture Review" est "plutôt bon signe". Une première version, élaborée à l'automne au ministère de la defense, avait alarmé les experts. "C'était la même stratégie que Bush, un peu élaguée. Elle ne reflétait pas la réflexion du président", explique-t-il.

 Le département d'Etat et le bureau du vice-président, Joe Biden, ont repris les choses en main. "Maintenant que les questions d'infrastructure et de contrats militaires ont été résolues, la discussion porte sur la doctrine. Pourquoi avons-nous des armes nucléaires ? Quel est le but de l'arme nucléaire au XXIe siècle ?"

 Selon le New York Times, la réduction préconisée devrait s'élever à plusieurs milliers de têtes nucléaires, chiffre qui n'est pas démenti par l'administration (les Etats-Unis comptent actuellement 9 400 armes au total). Mais cette diminution n'empêchera pas "le maintien d'une dissuasion forte et crédible", affirme le haut responsable, notamment "grâce aux investissements prévus dans le budget" : 5 milliards de dollars (3,7 milliards d'euros) au cours des cinq prochaines années seront consacrés à la modernisation des armes existantes.

 

Bombes antibunker

Cette mesure, annoncée par le vice-président Joe Biden le 18 février, a provoqué la déception des partisans du désarmement. Ils l'ont jugée contradictoire avec la profession de foi de M. Obama sur un "monde sans armes nucléaires". Mais elle fait partie du compromis avec ceux qui, comme Robert Gates, se sont inquiétés de voir l'arsenal américain tomber en désuétude. Le ministre de la defense a réclamé un programme de remplacement pour les têtes nucléaires vieillissantes.

 

Et en novembre, les 40 sénateurs républicains, rejoints par l'ex-démocrate Joe Lieberman, ont écrit à M. Obama qu'ils ne ratifieraient l'accord en négociation avec la Russie sur les armes stratégiques Start que si un programme "significatif" de modernisation de l'arsenal existant était mis en place. 

Dans leur stratégie de dissuasion, les Etats-Unis entendent s'appuyer davantage sur les armes conventionnelles et ils ne voient pas de "besoin militaire" pour les bombes antibunker, indique ce responsable. Ces bombes, susceptibles de pénétrer les souterrains dans lesquels l'Iran, notamment, détient ses armements, étaient l'un des dispositifs privilégiés par l'administration Bush.

L'essentiel du "Nuclear Posture Review" a déjà été approuvé. Il reste au président à trancher sur l'essentiel : les éléments "déclaratoires", c'est-à-dire le rôle de l'arme nucléaire et les cas où Washington envisagerait de pouvoir l'employer. 

L'administration est engagée dans un débat qui transcende les clivages traditionnels (militaires contre civils), indique M. Cirincione. Certains officiers pousseraient pour un arsenal réduit, et ne sont pas opposés au démantèlement de stocks d'armes vieillissantes. Au contraire, d'autres, appartenant à "la vieille garde" du conseil de sécurité nationale, "veulent aller lentement". Les experts doutent que M. Obama puisse aller jusqu'à déclarer que les Etats-Unis s'interdisent d'utiliser l'arme nucléaire les premiers, comme le lui ont demandé les associations. Mais la question n'est pas officiellement tranchée, indique-t-on de bonne source.

Le débat porte surtout sur l'objectif de l'arme atomique. La version initiale du document indiquait que le "but premier" était de "répondre ou dissuader une attaque nucléaire sur les Etats-Unis ou leurs alliés". Ce qui sous-entendait qu'il pouvait exister d'autres objectifs.

Aujourd'hui, les spécialistes se demandent si le président va franchir le pas et déclarer que le seul but est la riposte ou la dissuasion. De la doctrine découle le nombre. "Va-t-il annoncer que l'objectif est de réduire à un total de 1 000 armes au total ?" s'interroge Joseph Cirincione. En l'absence de consensus, la décision est entre les mains du président.

LE MONDE | 03.03



Les Pro-Otan dans le monde

En Europe, 150 à 200 têtes nucléaires toujours déployées
Leur nombre a été réduit presque de moitié depuis 2001, mais 150 à 200 têtes nucléaires sont encore déployées en Europe, sur six bases situées dans cinq pays, derniers vestiges de la guerre froide. Les pays concernés (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège et Pays-Bas) ont demandé en février le retrait des armes sur leur sol. La question ne fait pas l'unanimité. La nouvelle position américaine sur les armes tactiques en Europe n'est pas finalisée. Dans son document stratégique quadriennal, publié en février, le Pentagone évoque une consultation des alliés sur "une nouvelle architecture de dissuasion régionale".

Selon les experts, le document, en cours d'élaboration, indiquerait que Washington ne voit plus la nécessité de continuer à déployer ces armes en Europe, mais laisse la question être mise en délibéré à l'OTAN.

Cette tentative n'est pas nouvelle bien sûr, cf par ex le document "Comment améliorer les relations entre l’OTAN et les ONG dans les opérations de réponse aux crises?"

(Le Monde, 3 mars)
http://www.coordinationsud.org/IMG/pdf/rapportOTAN-ONG.pdf

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