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30/04/2010

n°131 - Les dossier du LIBAN - 28-04 - : Début :- Liban-Israël: une guerre «entre le printemps et l'été».

n°131 - Les dossier du LIBAN - 28-04 - : Début  :- Liban-Israël: une guerre «entre le printemps et l'été».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du Liban n°131 du 28-04

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB: Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Dossier & Point de vue

1-1 Alain Gresh : Le Hezbollah et l’assassinat de Rafic Hariri.

1-2 khaled Asmar : La cendre volcanique n’y est pour rien : les horizons noircissent au Liban.

1-3 Gilles Munier : Affaire Hariri: faux passeport, made in France.

1-4 Affaire Hariri: l'interview fabriquée.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Nasrallah est le seul qui fait peur à Israël, c'est notre leader.  

2-2 G. Houbballah : Quatre réseaux d'espionnage dévoilés !

2-3 Leila Mazboudi : Réseaux d’agents : « Israël » espionne les finances libanaises.

2-4 David Hury : Le camp laïc tente une sortie au Liban.

2-5 Manifestation à Beyrouth en faveur de la laïcité.

Fin  

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 T. Slimani : Nasrallah « Israël est dans une impasse stratégique ».

3-2 Joumblat : "Nous sommes dans l'axe syro-iranien. Pourquoi désarmer le Hezbollah?" . 

3-3 Abir Taleb : Prémices d’une nouvelle confrontation ?

3-4 Nathalie Bontems : Liban-Israël: une guerre «entre le printemps et l'été».

3-5 Émile Khoury : Armement : le torpillage du dialogue est en bonne voie, via la proposition Joumblatt.

3-6 Point de vue de Robert Bibeau : La maladie infantile de la résistance. 

4 Annexe

4-1 Du Liban jusqu’au territoire syrien du Golan.

4-2 Toni Solo et Salah Ahmine : Entrevue avec Marie Nassif-Debs.

1 Dossier & Point de vue

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

1-1 Alain Gresh : Le Hezbollah et l’assassinat de Rafic Hariri.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah a donné un long entretien à la télévision Al-Manar le 31 mars sur les rumeurs rapportées par la presse libanaise concernant l’interrogatoire d’un certain nombre de membres du parti par le tribunal pénal international créé par les Nations unies à la suite de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005 (une partie de l’entretien est consacrée à d’autres questions, les armes de la résistance, les élections municipales, les relations avec la Syrie – nous les laisserons de côté – le texte intégral de l’entretien a été traduit sur le site d’Al Manar ; les citations reproduites ici ont été établies à partir d’une version anglaise de la BBC).

Ce n’est pas la première fois que des rumeurs rattachent le Hezbollah à l’assassinat de Hariri. Nous l’avions évoqué ici-même en mai 2009, « Le Hezbollah et l’assassinat de Rafic Hariri », notamment avec les informations données par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel (comme nous le rappelions à l’époque, elles n’avaient rien de nouveau, et à plusieurs reprises depuis 2006, tel ou tel journaliste les avaient relayées).

Cette fois-ci, toutefois, les choses sont plus sérieuses, puisque que, comme l’a reconnu Nasrallah dans l’entretien, « le bureau du procureur général du Tribunal pénal international de Beyrouth a contacté un certain nombre de frères, certains d’entre eux sont affiliés avec le Hezbollah et d’autres sont de nos amis ou sont proches du Hezbollah ; il les a convoqués pour interrogatoire.

Cela est vrai ». Et il a ajouté que ces personnes étaient au nombre d’une douzaine et qu’une demi-douzaine d’autres allaient être également convoquées.

Il a précisé aussi que certaines avaient été contactées à la fin de 2008 ou, plus précisément, après les événements de mai 2008 qui avaient vu les milices du Hezbollah et d’Amal s’emparer de Beyrouth-Ouest

(Lire « Une semaine qui a ébranlé le Liban », Le Monde diplomatique, juin 2009).

D’autres avaient été convoqués en 2009, mais cela n’avait pas alors été rendu public. Nasrallah a refusé de répondre à la question de l’identité des personnes interrogées, notamment sur l’éventuelle présence parmi eux des dirigeants : il a invoqué la nécessaire confidentialité de l’enquête, se réservant le droit de revenir là-dessus plus tard. Il a aussi précisé qu’ils avaient été convoqués à titre de témoins et non de suspects.

Deux noms importants ont toutefois été révélés par la presse libanaise et étrangère.

Un article publié sur le site du lobby pro-israélien Washington Institute for Near East Policy, « Beirut Spring : The Hariri Tribunal Goes Hunting for Hizballah » de David Schenker (30 mars 2010) donne deux noms : al-Hajj Salim et Mustafa Badreddine ; le premier serait le chef d’une des unités spéciales de l’organisation qui était dirigée par Imad Moughniye, assassiné en février 2008, sans doute par le Mossad ; l’autre est le beau-frère de Moughniyeh et dirigerait les services de contre-espionnage du Hezbollah.

Rappelons que le contexte libanais a profondément changé depuis 2005, comme l’a confirmé la visite du premier ministre Saad Hariri en Syrie au mois de décembre 2009 et la réconciliation spectaculaire entre Walid Joumblatt, qui s’était déjà distancié des forces dites du 14-Mars, et le président Assad le 31 mars. Joumblatt a donné un entretien à Isabelle Dellerba Libération (3 avril), « Bachar al-Assad m’a dit : “Parlons, oublions le passé” ».

« Sur quoi vous êtes-vous mis d’accord lors de cette rencontre ? », lui demande la journaliste.

« Respecter les constantes suivantes : protéger la résistance libanaise – c’est-à-dire le Hezbollah – contre toute possibilité d’agression israélienne, continué à œuvrer pour la stabilité, la sécurité, le dialogue.

Enfin, les Syriens sont prêts à délimiter les frontières entre nos deux pays en commençant par le Nord. Quant à la zone des fermes de Chebaa, étant donné que c’est un territoire occupé par Israël, il est impossible de tracer les frontières là-bas maintenant. Ce sera plus logique après la libération. »

Joumblatt a aussi répondu à des questions sur les convocations de membres du Hezbollah par le tribunal.

« Des membres du Hezbollah ont été convoqués par le bureau du procureur du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Comment réagiriez-vous si le Hezbollah était accusé par le Tribunal d’être impliqué dans l’attentat contre Rafic Hariri ? »

« Nous voulons la justice et la stabilité. Nous ne voulons pas d’accusations politiques et je vous rappelle que ceux qui ont été convoqués l’ont été en tant que témoins, pas plus. »

« Une accusation visant le Hezbollah serait politique selon vous ? »

« Oui. »

Dans son entretien à Al-Manar, Nasrallah rappelle que la première mise en cause de son organisation est venue du Figaro en août 2006, juste après la guerre israélienne contre le Liban et le Hezbollah, et il y voit une relation de cause à effet.

Le secrétaire général du Hezbollah rappelle ensuite les diverses accusations lancées contre son mouvement, notamment par Israël, à propos du 11-Septembre et d’une soi-disant collaboration entre le Hezbollah et Al-Qaida, ou son implication dans le trafic de drogue ou la fabrication de fausse monnaie.

« Je dis que la dernière carte, la dernière arme, et le dernier point – à condition de comprendre la question dans ce contexte – pour cibler la résistance, les symboles de la résistance, et le mouvement de la résistance au Liban, est ce dossier qui a été ouvert et qui continue d’être utilisé après la guerre de juillet 2006 avec l’article du Figaro. Je crois que ni le Tribunal pénal international, ni l’enquête internationale, ni certaines forces politiques régionales ne sont étrangers à ce qui a été divulgué à l’époque.

C’est notre analyse politique. »

Nasrallah revient à plusieurs reprises sur la question des fuites et des informations relayées par la presse et qui se sont révélées sans fondement.

« L’histoire de la commission internationale indépendante d’enquête et du tribunal est pleine de fuites. (...) Ce n’est pas un cadre harmonieux. Il est mélangé. Il comprend des membres en provenance du Canada, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et d’Australie. Bien sûr, il comprend aussi des Libanais, des Arabes, et des représentants de diverses nationalités. Il y a probablement des conflits et des différends au sein du tribunal. Sinon, comment expliquer que, durant ces quelques années il y ait eu de nombreuses démissions. Un fonctionnaire rejoint le tribunal et il ne reste pas un an, un greffier en chef s’y joint mais termine après à peine une courte période. Ainsi, le tribunal est un patchwork. Tout le monde y participe, sauf les forces du 8 Mars [l’opposition composée par le Hezbollah et le Courant patriotique libre] ; l’autre côté (la coalition du 14 mars) a aussi des employés dans le tribunal. Eh bien, avec un tribunal de ce genre, qui manque de cohésion et de discipline, il est naturel qu’il y ait des fuites, indépendamment du fait de savoir si elles sont bien intentionnées ou mal intentionnées, je ne veux pas discuter des intentions. »

Le but de ces campagnes est-il de détruire le Hezbollah ?

« Non, répond son secrétaire général, un tel but n’est pas réaliste. Le but est de déformer l’image du Hezbollah, car il jouit d’un grand respect et d’une grande crédibilité au Liban et dans le monde arabe et musulman. Toutes les tentatives de déformer son image au cours des dernières années n’ont abouti à rien. Même le discours confessionnel, qui a été utilisé au Liban n’a pas donné de résultats. »

Nasrallah revient ensuite sur les critiques qu’il fait à la commission internationale d’enquête et au tribunal. Il aurait fallut, dès le départ, qu’elle prenne en compte toutes les hypothèses, les probables et les moins probables.

« Or, dès le premier jour, la commission d’enquête n’a émis qu’une hypothèse. Cela signifie la politisation de l’enquête. Elle a désigné la Syrie et les quatre [officiers] libanais (libérés depuis). Elle n’a pas défini d’autres hypothèses, même pas l’implication du Hezbollah.

Je vais être méthodique et objectif. Ils n’ont pas envisagé Al-Qaida comme une hypothèse. Israël n’était pas non plus considéré comme une hypothèse. Tout service de sécurité dans le monde qui veut détruire le Liban et la région n’était pas une hypothèse. Il n’y a eu qu’une seule hypothèse : la Syrie et les officiers. Tous les efforts ont été consacrés à la collecte de faux témoins pour étayer cette hypothèse. Quand ils ont commencé à amener des témoins et interroger les gens, tous les interrogatoires étaient fondés sur cette hypothèse. Ils n’ont pas travaillé sur d’autres hypothèses. »

« Dès le premier jour, ils ont exclu Israël. (...) Je ne veux pas accuser Israël, parce que je n’ai aucune preuve. Je fais des analyses comme d’autres font d’autres analyses. Mon analyse de la responsabilité d’Israël est solide comme analyse politique, mais je n’ai pas de faits. Mais je dis et je le répète ce soir que ceux qui rejettent cette hypothèse insultent le Premier ministre martyr Rafic Hariri. Que disent-ils ? Qu’Israël n’aurait jamais tué le Premier ministre Al-Hariri ? C’est une insulte pour lui ».

(...) « Même quand l’hypothèse d’un groupe salafiste a surgi (avec l’arrestation d’un groupe dit des 13) – je ne les accuse pas car je n’ai pas pu les interroger –, la commission d’enquête n’a pas pris cette hypothèse avec le sérieux requis. Le dossier a été fermé, bien que politiques et responsables de la sécurité au Liban et le procès-verbal des interrogatoires mentionnent les aveux de certains de ces salafistes sur tout : l’accident de camion, Abou-Adas [qui a été arrêté et impliqué dans les enquêtes] l’assassinat, le kamikaze ; mais il a été dit plus tard qu’ils sont revenus sur leurs aveux. Personne ne sait comment ce dossier des 13 a été fermé ou comment ils ont fini. »

« Malgré toutes nos réserves, poursuit Nasrallah, nous voulons coopérer avec l’enquête. Comme tous les Libanais, nous voulons connaître la vérité. Nous avons condamné l’assassinat du ministre Al-Hariri depuis le début et estimé que c’était un tremblement de terre. Peut-être que j’ai été le premier à utiliser le terme de tremblement de terre, terme qui a ensuite été utilisé plus largement. »

Mais, ajoute-t-il, « nous ne coopérerons pas jusqu’au bout » si « la commission continue à encourager les fuites destinées à tromper l’opinion, si les faux témoins continuent à être protégés sans qu’il leur soit demandé des comptes. »
Alain Gresh

5 avril

http://blog.mondediplo.net/2010-04-05-Nasrallah-le-Hezbol...


1-2 khaled Asmar  : La cendre volcanique n’y est pour rien : les horizons noircissent au Liban.

nb Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information.

Le président Sleimane milite-t-il contre le Tribunal international pour le Liban ?

Le sérieux quotidien "Al Hayat" a lancé un pavé dans la mare, en révélant, samedi 17 avril, que des milieux proches du président libanais ont demandé à Paris de suspendre le financement du Tribunal pénal international, qui doit juger les assassins de l’ancien premier ministre Rafic Hariri.

La présidence libanaise a démenti, mais sans convaincre.

Randa Takieddine, du quotidien « Al Hayat », affirmait samedi 17 avril que des personnalités libanaises proches du président Michel Sleimane ont souligné la nécessité de saboter le Tribunal international, pour éviter la déstabilisation du Liban. Les auteurs de cette demande, qui aurait été formulée devant une délégation officielle française, lors d’un récent séjour au Liban, invitaient indirectement la France à suspendre sa participation au financement du Tribunal, institué par le Conseil de sécurité de l’ONU. A défaut de financements, le Tribunal abandonnera sa mission, croit-on à Beyrouth.

Au Liban, ces révélations ont suscité une vive réaction, mêlant dégoût et déception. C

ertains médias à Beyrouth ont parlé de « scandale politique », accusant le président Michel Sleimane de défendre le Hezbollah, principal accusé après la Syrie [Lire ici notre analyse du 31 mars : Par conviction, sous la contrainte ou l’intimidation, le résultat est le même. Le président libanais embrasse le Hezbollah et Bachar Al-Assad]. Ce qui a nécessité la publication d’un démenti officiel de la Présidence. Mais le quotidien « Al Hayat » persiste et affirme que « des sources françaises ont même désigné le secrétaire général de la présidence libanaise, l’ancien ambassadeur du Liban à Paris, Naji Abou Assi, comme étant la personne qui a transmis cette demande ».

Rencontré à Paris, où il attend la reprise des vols aériens vers le Liban - le nuage volcanique venu d’Islande oblige - un proche du président Sleimane nous a affirmé que ces développements ne l’étonnent pas : « Il n’y a pas de fumée sans feu », a-t-il affirmé, non sans amertume et désolation. « Il faut savoir que nous sommes dans une sale situation. Le Hezbollah menace de réagir violemment si l’enquête s’approche de lui. Par l’intimidation, le parti de Hassan Nasrallah compte étouffer le Tribunal et le Président n’y peut rien », nous a-t-il affirmé, avant d’ajouter que « personne au Liban ne peut assumer les conséquences de la vérité ». Mais si les assassins de Hariri et de tant d’autres libanais, avant et après lui, réussissent ainsi à échapper à la justice, à narguer la communauté internationale, et à l’intimider pour bénéficier d’une immunité totale, rien ne les empêchera, à l’avenir, de récidiver. Les candidats à la liquidation sont nombreux au Liban. Il en va de tous ceux qui revendiquent la souveraineté et l’indépendance du pays, et qui réclament le désarmement des milices.

Bien que le nuage de cendre volcanique, venu d’Islande, n’est pas encore parvenu au Liban, les Libanais constatent que leurs horizons s’assombrissent. Ils craignent d’être « vendus » une nouvelle fois à la Syrie, réhabilitée par un Occident aussi lâche que maladroit et aveugle. Le journal américain « World Tribune » n’avait-il affirmé, la semaine dernière, qu’un conseiller du président Obama a suggéré un rapprochement entre Washington et le Hezbollah ? Le site israélien « Debka file » n’a-t-il pas souligné, ce week-end, que Washington et Téhéran négocient sous la table ? S’agit-il d’une capitulation occidentale devant l’axe syro-iranien ? Ou d’une volonté délibérée à renforcer cet « axe chiite » face à « l’axe sunnite », et préparer une nouvelle guerre de cent ans entre les deux branches de l’islam ?

Khaled Asma

19 avril 2010r

Nos informations, analyses et articles sont à la disposition des lecteurs. Pour toute utilisation, merci de toujours mentionner la source « MediArabe.info »

http://mediarabe.info:80/spip.php?article1825


1-3 Gilles Munier : Affaire Hariri: faux passeport, made in France.
Dans une interview au quotidien koweitien Al-Seyassah, Zouheir Siddiq, qui se présentait il y a quelques années comme un membre important des services secrets syriens au Liban, et prétendait tout savoir sur l'implication de la Syrie dans l'assassinat du Premier ministre libanais Rafic Hariri, refait parler de lui.

Réfugié de nombreux mois en France, sous haute protection, il vient de révéler que le Cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, lui avait remis, « pour le protéger », un faux passeport tchèque (1) lui permettant de quitter le territoire français alors que le Liban réclamait son extradition.

Condamné en 2009 à Abou Dhabi à 6 mois de prison et expulsé pour être entré dans les Emirats Arabes Unis avec de faux papiers d'identité, il dit qu'il « ne savait pas que ce passeport était faux ».
On attend la réaction du président français, et de savoir par la même occasion où en est l'enquête sur les faux vrais passeports français utilisés à Dubaï par le Mossad pour assassiner Mahmoud al-Mabhouh, dirigeant du Hamas. Le représentant des services secrets israéliens à Paris n'a toujours pas été expulsé - ne serait-ce que pour la forme - comme cela a été le cas à Londres.
Comme nous l'écrivions en juillet 2006 (2), Zouheir Siddiq était en fait un escroc protégé par Rifaat al- Assad, ancien dirigeant syrien réfugié en Espagne qui rêvait de renverser son neveu, le Président Bachar al-Assad. Selon Der Spiegel (22/10/05) Siddiq avait avoué à son frère être devenu « millionnaire » en récitant ce qu'« on » lui avait demandé de dire, notamment les noms de sept officiers du renseignement syrien et de quatre généraux libanais soi-disant impliqués dans l'assassinat.
(1) Siddiq: Forged Passport Given to Me by then Interior Minister Sarkozy's Office
http://www.naharnet.com/domino/tn/NewsDesk.nsf/Lebanon/BFDC994C7E4E53F6C2257703001BB738?OpenDocument
(2) Assassinat de Rafic Hariri : la piste interdite
Par Gilles Munier

12 avril

http://www.france-irak-actualite.com/pages/liban-assassinat-de-rafic-hariri-la-piste-interdite-16-7-06--1982672.html


1-4 Affaire Hariri: l'interview fabriquée.

Lors de sa libération, le général Jamil Sayyed, ancien directeur de la Sûreté générale libanaise, incarcéré pendant 4 ans – avec trois autres officiers – à la suite des déclarations de Zouhair Siddiq l’accusant d’être impliqués dans l’assassinat de Rafic Hariri, avait demandé à la justice libanaise l’extradition de l’escroc « pour qu’il soit jugé au Liban avec ses complices, notamment le procureur général près la cour de cassation Saïd Mirza, le commandant Wissam Hassan, le journalistes Farès Khachan, le conseiller Hani Mahmoud et d’autres qui ont participé au crime de fabrication de faux témoins ». Il aurait pu ajouter le nom du juge Detlev Mehlis, connu pour étouffer les coups tordus des services secrets occidentaux ou israéliens (1).

Selon le général Sayyed, Siddiq serait toujours dans les Emirats Arabes Unis (EAU).

L’interview accordée au quotidien koweitien As-Siyassa aurait pour but d’empêcher son extradition vers la Syrie (où on lui poserait les bonnes questions). Ce rebondissement lui permettrait d’être convoqué à La Haye par le Tribunal Spécial Libanais (TSL) et de le protéger, ainsi que ses complices. Ceux qui ont fabriqué ce faux témoin, dit le général Sayyed, « ont préparé l’interview en y ajoutant l’élément nouveau désormais à la mode, de l’accusation contre le Hezbollah ». On va voir si le TSL va tomber dans le panneau, alors que son porte-parole avait déclaré, en 2009, l’individu pas crédible et ses déclarations sans intérêt.

Arrêté en France en 2005,  Zuhair Siddiq avait été libéré en 2006 et logé aux frais de l’Etat à Chatou (Yvelines) jusqu’en mars 2008, puis « disparu ». Le député socialiste Gérard Bapt – président du groupe d’amitié France-Syrie – s’en était étonné. Il avait interrogé Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Rachida Dati, ministre de la Justice, pour leur demander comment un « témoin clé », faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international et d’une demande d’extradition de la part du gouvernement libanais, avait pu aussi facilement disparaître. La France, disait-on, n’avait pas assumé ses engagements internationaux « au motif qu’il n’était pas possible d’extrader un prévenu vers un pays qui applique encore la peine de mort ». Un peu court, comme justification…

Le général Sayyed fait également remarquer que la remise par le Cabinet de Nicolas Sarkozy – alors ministre le l’Intérieur - du faux passeport tchèque ayant permis à Siddiq de quitter la France, est également un élément nouveau. Jusque là, c’est Jacques Chirac qui faisait figure d’accusé.

* Lire : Affaire Hariri : faux passeport, made in France

21 avril  



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Nasrallah est le seul qui fait peur à Israël, c'est notre leader.  

En Israël, le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah n’a jamais cessé d’être une véritable source de préoccupation.

Une fois de plus, une nouvelle affaire est venue le confirmer.

La date est certes bien symbolique: « Journée de la terre » fêtée pour commémorer l’usurpation de la Palestine. Lors de la marche organisée par les Palestiniens des territoires de 1948 à cette occasion,  des jeunes ont brandi les portraits du secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah et de son dirigeant militaire le martyr Imad Moughniyé.
Interrogés par le quotidien israélien Maariv, ces jeunes originaires de la ville Soukhnine, ont qualifié Sayed Nasrallah de leur «  leader, le seul qui s’occupe d’eux, le seul qui fait peur à Israël ».
Selon l’un d’entre eux, «  ce portrait veut dire que je n’aime pas Israël, que Nasrallah est notre seul leader,  qu’il est le seul qui avance sur le bon chemin ». Il a assuré que « la majeure partie des Palestiniens des territoires de1948  partagent son point de vue, mais ont peur de l’exprimer », ce que ses camarades ont acquiescé, rapporte le correspondant du journal israélien.  Ce dernier ajoute que les jeunes palestiniens lui ont confié qu’Israël n’est pas leur état, qu’ils sont musulmans et rêvent d’un dirigeant musulman fort qui les commande, et qui s’illustre par Sayed Nasrallah. Le journaliste du Maariv rapporte également des propos comme : Sayed Nasrallah nous parle de Musulman à Musulman, il nous rappelle les citations du prophète Mohammad, il s’intéresse à nous, tous les Arabes le soutiennent, il a beaucoup d’impact sur nous.
Certains jeunes ont expliqué leur amour pour le numéro un du Hezbollah par le fait qu’il leur a offert sa dernière victoire contre Israël,  qu’il combat pour eux,  pour que l’on puisse prier dans la mosquée d’AlAqsa, il combat pour un réel changement, c’est vrai homme qui n’a peur de rien , c’est le seul qui a fait peur à tout Israël.
Depuis cette affaire, elle a été particulièrement évoquée par les médias israéliens. Alors que certains l’ont minimisée, d’autres ont considéré qu’elle est la preuve irréfutable du grand écart qui sépare Israël en tant qu’entité des Palestiniens des territoires palestiniens de 1948.

10/04

 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=133004&language=fr


2-2 G. Houbballah : Quatre réseaux d'espionnage dévoilés !
Une fois de plus les services de  renseignement de l'armée libanaise ont réussi un coup de filet à ajouter dans les annales des services de renseignements militaires libanais: en effet quatre réseaux d’espionnage travaillant pour le compte du Mossad ont été dévoilés, leurs chefs ont été arrêtés et sont soumis à des interrogatoires.
Selon le quotidien libanais ad-Diar, ces agents ont reconnu que le Mossad  les a recrutés en Europe et les a chargés de missions d’espionnage dans diverses régions du Liban notamment concernant tous les postes militaires situés dans le nord, ceux de Beyrouth, de la banlieue sud et de la région frontalière avec la Syrie connu sous le nom d’al-Masnaa.  
Ils ont reconnu que le Mossad les a équipés d’un matériel électronique très sophistiqué, comme un téléviseur LCD relié à un satellite.
Toujours selon, le quotidien ad-Diar, d'autres réseaux d’espionnage ont été démantelés par les services de renseignements militaires libanais mais leur dossier reste top secret  jusqu'à ce que les enquêtes soient terminées, et ce dans le but de réunir de plus amples informations sur leurs missions et leurs rôles qui leur étaient confiées.
A noter que parmi les agents arrêtés seul l’agent Jawdat Khoja a contacté le Mossad et ce en l’an 2000 : ce dernier lui a garanti une couverture à travers une société étrangère qui vend des pièces détachées de voitures et ce pour justifier ses voyages permanents !
Ainsi, il s’est rendu dans plusieurs pays européens où il s'est entretenu avec des officiers du Mossad, qui l’ont entrainés à manipuler du matériel de surveillance électronique sophistiqué.. Parmi ses missions celui de rendre un aperçu complet de toutes les positions militaires dans le nord, la banlieue sud de Beyrouth et la région d’al-Masnaa.
Les autres agents ont été recrutés ou contactés par le Mossad à l’étranger !
La majorité de ces agents arrêtés ont été assignés à détruire tout leur data après la guerre de juillet 2006 y compris leur matériel d’espionnage !
Parmi ces agents, certains étaient chargés de recueillir des informations sur les camps palestiniens de Beyrouth, et plus particulièrement de Bourj al barajné alors que d’autres avaient pour mission d'installer des caméras sur les points de contrôle frontaliers avec la Syrie pour surveiller les entrées et les sorties vers la Syrie et le Liban !
Par ailleurs, quatre personnes ont été inculpées d'espionnage au profit de l’ennemi israélien par un juge militaire, a indiqué une source judiciaire libanaise. "Les quatre suspects, tous Libanais, ont été inculpés d'espionnage au profit d' « Israël » et pour avoir fourni des informations sur des postes civils et militaires ainsi que sur le Hezbollah", a précisé cette source qui a requis l'anonymat.
Deux des accusés sont en détention, les autres sont en fuite, a-t-elle ajouté.
"L'un des suspects en détention a avoué avoir été en contact avec les deux autres (en fuite), qui sont selon lui sont en Israël", a dit cette source. Les autorités libanaises ont lancé en avril 2009 une vaste opération contre les réseaux d'espionnage israéliens présumés. Plus de 70 personnes ont été arrêtées, dont des policiers et des membres des forces de sécurité équipés de matériels de surveillance et de communication dernier cri.
Le crime d'espionnage pour l’ennemi israélien est passible d'une peine de travaux forcés à perpétuité ou de la peine de mort s'il est prouvé qu'il a provoqué la mort de citoyens libanais.
Bien sûr… l’ennemi israélien n'a fait aucun commentaire au sujet de ces arrestations.
G. Houbballah

20 mars -

http://www.almanar.com.lb/...


2-3 Leila Mazboudi : Réseaux d’agents : « Israël » espionne les finances libanaises.

Nouvelle arrestation dans le cadre  du feuilleton des réseaux d’espionnage travaillant au Liban pour la solde de l’ennemi sioniste.
Selon le quotidien libanais arabophone Al-Akhbar,  l’agent Mounir S. (originaire du casa de Jbeïl) a été arrêté il y a deux semaines et s’avère travailler pour le compte d’Israël depuis 2005.    
 Or, cette fois-ci, le coupable est  très différent de ses compères. Alors que ces derniers étaient chargés de missions sécuritaires, de surveillance, de collecte d’informations sur les militants de la Résistance, voire d’assassinats, Mounir qui est un employé haut placé dans la Banque libano-canadienne était chargé de missions dans le monde des finances.
Sachant qu’il dirige un  département consacré au blanchiment de fonds, ce qui lui permet d’avoir accès à tous les transferts de fonds opérés, ainsi qu’à tous les comptes bancaires de tous les détenteurs de comptes. Il peut également enquêter sur des transferts et des comptes bancaires qui semblent douteux, tout en obtenant toutes les informations nécessaires.
 A la foi des proches de l’inculpé, interrogés par le correspondant d’Al-Akhbar, Mounir aurait été recruté par son frère, Michel, ancien membre des Forces Libanaises puis membre de la milice collaboratrice d’Antoine Lahad, ALS, et qui a fui en Palestine occupée depuis le retrait israélien du Liban en 2000. Mounir aurait effectué dernièrement de nombreux voyages à l’étranger.  
Selon une source informée sur l’enquête en cours au Liban, les détails techniques sollicités par le Département des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI), dont entre autre sur la personnalité de l’inculpé, laissent présager qu’il avait fourni un travail énorme à l’entité sioniste.
Il semble également qu’Israël ait voulu s’infiltrer dans tout le système bancaire libanais, aussi bien pour s’informer des sources de financement de la résistance que pour collecter des informations liées aux domaines sécuritaire, militaire, économique et financier.
Certains observateurs ont opéré un lien entre cette affaire et une affaire qui remonte à 2006, lorsque des Israéliens disposant de la nationalité canadienne ont porté plainte contre la banque en question, réclamant des indemnisations de millions de dollars, sous prétexte qu’ils ont été blessés durant la guerre de juillet 2006 par les roquettes de la résistance libanaise.
Les plaignants israéliens avaient également prétendu que la banque qui possède une branche dans le Québec facilitait le financement de la Résistance par le biais de deux fondations, « Yousr » et «  Ash-Shahid », et qui figurent dans la liste américaine des organisations terroristes. Cette plainte et d’autres portées aux États-Unis avaient été perçues par les gens du milieu comme étant un chantage qui vise le secteur banquier libanais dans le monde et qui voudraient lui soustraire des indemnités. L’une d’entre elles a d’ailleurs été rejetée depuis deux mois, rapporte Al-Akhbar.

3 Avril

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2-4 David Hury : Le camp laïc tente une sortie au Liban.

Dans un pays où les dix-huit communautés se partagent tout l’espace public, quelques milliers de personnes ont manifesté dimanche pour « desserrer l’étreinte ».

Sans illusions.
« Ma confession ne te regarde pas. » C’est l’un des slogans de la Laïque Pride qui a réuni quelques milliers de personnes dimanche au Liban, pays aux 18 communautés qui « étouffent » leurs membres, selon l’expression d’un des manifestants.
L’appartenance communautaire est un marqueur indélébile pour les Libanais. Elle les empêche de se marier civilement, obligeant les couples mixtes à convoler à l’étranger à grands frais, à moins que l’un des deux époux ne se convertisse. Au moment du décès, les règles de succession diffèrent suivant les rites, instaurant de fait une inégalité de traitement entre, par exemple, une femme chiite, une sunnite, une Druze ou une chrétienne.
Des quotas limitent l’accès aux hauts postes administratifs dont l’attribution répond en conséquence rarement à des critères de compétence. Les mandats politiques, du sommet de l’État aux conseils municipaux, sont également partagés à l’unité près.
À l’Assemblée nationale, la norme fixe l’égalité des sièges entre chrétiens et musulmans, et la répartition de chaque moitié entre les différentes confessions.
Le projet de la marche des laïques est né sur Facebook de l’indignation d’un petit groupe de jeunes libanais vivant entre Paris et Beyrouth, à la suite d’une tentative d’interdiction d’un festival de rock par des instances catholiques. « Une énième interférence du religieux dans la vie sociale », estime Nasri Sayegh, l’un des organisateurs. L’idée d’une « Laïque Pride » a fait mouche : « En quelques heures plus de 2 000 personnes avaient virtuellement annoncé leur participation à la marche, nous incitant à la transposer dans le monde réel. »
Mission réussie : les manifestants, surtout des jeunes, étaient plus nombreux que prévu et heureux de s’en apercevoir car, dans le fond, « on sait bien que notre revendication est utopique dans le contexte libanais », dit Grégory, un professeur d’université.
« L’important c’est de maintenir la flamme, d’entretenir la perspective d’une alternative au système politique actuel, incontestablement en panne », fait valoir le sociologue Ahmad Beydoun, pour qui les chances de succès sont infimes, car la dynamique n’est absolument pas relayée au niveau politique. « Les Libanais sont sortis de la guerre de 1975-1990 avec l’angoisse qu’elle éclate à nouveau un jour, ou que telle ou telle communauté tente par des moyens politiques d’opprimer telle autre, de lui ôter ses droits. »
La tension reste vive, pas seulement au niveau interreligieux - entres musulmans et chrétiens - mais aussi au niveau intercommunautaire, notamment entre chiites et sunnites.

Levée de boucliers générale
Les questions relevant en apparence du statut personnel remettent en cause le système politique tout entier, souligne Ahmad Beydoun. Ainsi justifie-t-on qu’une Libanaise mariée à un étranger ne puisse transmettre sa nationalité à ses enfants. « Chaque réforme entraîne les chefs communautaires dans des calculs pour mesurer son impact sur les équilibres démographiques. Chaque décision en mesure de desserrer le pouvoir des religieux apparaît comme une menace pour la cohésion communautaire. »
D’où la levée de boucliers générale. Côté musulman, la laïcité bute sur le fait que les règles du statut personnel sont parties intégrantes de la charia, la loi coranique ; côté chrétien, les réticences se situent davantage au niveau politique, car les quotas confessionnels font rempart contre le recul démographique de la communauté.

(Par Sibylle Rizk - Lundi, 26 avril 2010)


2-5 Manifestation à Beyrouth en faveur de la laïcité.

Quelque 3.000 personnes ont participé dimanche à Beyrouth à une "Laïque Pride", réclamant l’instauration du mariage civil et l’abolition du confessionnalisme politique dans ce pays de cinq millions d’habitants où cohabitent pas moins de 18 confessions religieuses.
"Le mariage civil, pas la guerre civile", proclamait une banderole, allusion au fait que lorsque deux personnes de confessions différentes veulent s’unir, elles doivent aller se marier à l’étranger, le plus souvent à Chypre, si aucun des conjoints ne souhaite se convertir à la religion de l’autre.
Le Liban a mis en place en 1943 un système de partage du pouvoir qui accordait aux chrétiens la majorité au Parlement et stipulait que le président doit être maronite, le Premier ministre un sunnite et le président du Parlement, un chiite.
L’accord de Taëf qui a mis fin à la guerre civile de 1975-1990 a donné aux musulmans la parité au Parlement et prévu l’abolition du confessionnalisme, mais le système persiste et des quotas basés sur la religion sont observés dans l’administration, l’armée et l’éducation. "Nous ne pouvons vivre dans un pays où les professeurs d’université libanais ne peuvent être embauchés à plein temps que s’ils ne dépassent pas les quotas de l’année", explique Kinda Hassan, l’une des organisatrices de la manifestation.
"Nous ne pouvons vivre dans un pays où ils répartissent les postes de ministres en fonction de leur confession, non de leurs mérites".
Les hommes politiques se sont jusqu’ici opposés aux tentatives de réformer le système électoral libanais, par exemple en introduisant la représentation proportionnelle pour diluer le pouvoir des factions basées sur le confessionnalisme.
"Le confessionnalisme affecte pratiquement tout le monde au Liban, que ce soit pour le mariage, l’emploi, la vie sociale", déplore Aman Makouk, une enseignante retraitée de 62 ans.
"Même au gouvernement pourquoi faut-il que le président soit un maronite ? Ce pourrait être un musulman, un druze, ou quelqu’un d’autre".
"Au lieu de se débarrasser de cette mentalité, les gens s’y enferment de plus en plus".
"Le système libanais accorde une part du pouvoir à chaque communauté, ce qui n’est pas un petit acquis pour un pays aussi divisé dans une région violente et explosive", fait valoir Paul Salem, directeur pour le Proche-Orient du Carnegie Endowment for International Peace. "Mais le système devrait permettre davantage de concurrence, de progrès et d’évolution", nuance-t-il en prônant une réforme électorale, la décentralisation et la fin des quotas au Parlement.
Mais des telles réformes seraient difficiles à faire adopter en raison de l’opposition de l’oligarchie au pouvoir.
"Dans tout pays où vous avez quatre ou cinq hommes politiques tenant le haut du pavé, ils ne vont pas partager volontiers leur pouvoir ou changer le système d’une manière qui les affaiblirait".
La peur est un autre obstacle à changer, ajoute Salem.
"Une personne peureuse s’accroche à ce qu’elle connaît. Et toute les communautés au Liban ont peur. Tout le monde a peur, tout le monde est une victime, de sorte qu’il est difficile de les convaincre de changer".

« C’est mon cœur qui m’a dit d’être ici, s’enthousiasme Rajah, un graphiste de 40 ans. C’est impensable que nous soyons, nous Libanais, encore à l’âge de pierre concernant les droits humains ! » Perdu dans la foule sur le front de mer de Beyrouth, il regarde avec émotion les banderoles de toutes les couleurs réclamer l’égalité homme-femme, l’instauration du mariage civil, l’abolition du confessionnalisme politique et plus généralement la laïcité pour ce pays où 18 communautés religieuses cohabitent.
A 11h30, le cortège quitte la Corniche d’Aïn el-Mreisseh, direction le Parlement libanais, dans le centre-ville. Alexandre Paulikevitch, danseur, chorégraphe et co-organisateur de cette marche citoyenne, s’étonne de la mobilisation. Lancée il y a moins de 6 mois par cinq amis sur une page Facebook, cette Laïque Pride s’est répandue comme une traînée de poudre sur tous les réseaux sociaux libanais. Paulikevitch attendait à peine 1.000 personnes, le quadruple a répondu à l’appel : « C’est juste incroyable de voir tout ce monde ici ! Il y a des gens de tous âges, de tous horizons ! Je ne sais pas si cette marche changera quelque chose, mais c’était important de faire entendre notre voix. »
Dans la manifestation, les slogans scandés au mégaphone et repris par ces partisans de la laïcité, sont clairs : « Quelle est ta confession ? De quoi je me mêle ! », « On veut le mariage civil, pas la guerre civil », « La laïcité est la solution » ou encore « Ni française, ni turque, vive la laïcité à la libanaise ! ».
Ces Libanais sont venus en famille, avec leurs enfants, ou simplement en couple comme Ghada et Fadi. Ces derniers, de religions différentes, ne peuvent pas se marier sans que l’un ne se convertisse à la religion de l’autre. Victimes du système confessionnel censé protéger les minorités, Ghada et Fadi n’ont qu’une solution : s’envoler pour Chypre ou ailleurs pour contracter un mariage civil. Un choix que de nombreux jeunes Libanais sont acculés à faire. « Ça n’a pas de sens de devoir quitter notre pays pour nous marier ! Nous, nous voulons vivre ensemble malgré nos différences ! », poursuit Fadi.
Arrivée à 200m du Parlement, la manifestation se fige : un cordon policier empêche le passage. Intraitables, les forces de l’ordre ne bougent pas d’un centimètre. Dans la foule, musiciens et chanteurs prennent le relais, dans la foulée de l’hymne de cette marche écrit par le rappeur Rayess Bek. « Les hommes politiques ont peur de nous et de notre projet, assure Joseph Younès, membre du collectif d’organisation. Nous représentons la fin de leur système politique. Ce n’est pas étonnant si on nous barre la route du Parlement. » A midi, alors que la foule continue de chanter en chœur devant des policiers amusés, le muezzin de l’une des nombreuses mosquées du centre-ville de la capitale libanaise lance son prêche. Une image ne manquant pas de sel.
Finalement, les manifestants se dispersent rapidement, toujours en chantant. En repartant du centre-ville par où elle était arrivée, Tania se pose une question : « Je me demande si les Libanais étaient nombreux au Trocadéro à Paris, ce midi, pour leur Laïque Pride... »

( Par David Hury, dimanche 25 avril 2010 )

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article1778


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