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03/05/2010

n°523 - Témoignages de Palestine - 02-05 - : Début :- : Une hausse sans précédent du cancer dans la bande de Gaza.

n°523 - Témoignages de Palestine -  02-05 - : Début :- : Une hausse sans précédent du cancer dans la bande de Gaza.  


L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources



Témoignages de Palestine

  n°523                                                                                                                  02-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

1-1  (à) propos d'une petite fille qui nous écrit de Jérusalem occupée

1-2 Noam Chomsky : Conflit Israélo-palestinien.

1-3 Dr. Youssef Ibrahim : Une hausse sans précédent du cancer dans la bande de Gaza.

1-4 Fares Chahine : 8000 prisonniers palestiniens en grève de la faim.

1-5 La barrière souterraine en acier teste les nerfs des habitants de Gaza.

1-6 L’occupant israélien prive d’eau les villages palestiniens de la vallée du Jourdain.

1-7 Silvia Cattori : Laissera-t-on Israël transformer Gaza en un immense cimetière ?

1-8 Nurit Peled Elhanan : Je prendrai le deuil pour la Nakba.

Suite & Fin

1-9 Israël : Un boycott total contre une occupation totale.

1-10 Appel à la Raison : l'instauration d'une paix au Moyen Orient selon le principe « 2 Peuples, 2 Etats ».

1-11 Jeremy Salt : Israël et son monopole sur la souffrance psychologique.

2 Dossier

2-1 Vers un mouvement juif européen pour la paix.

2-2 Robert Bibeau : «Remake » États-Unis-Israël-Iran.

2-3 Netanyahu-Obama : une tempête dans un verre d'eau.

2-4 René Backmann : Un nouveau plan de paix à l'automne.

2-5 Julien Salingue : Vers une « Troisième Intifada » ?

Analyse

Palestine, la lutte de libération nationale.



1 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1  (à) propos d'une petite fille qui nous écrit de Jérusalem occupée

A la liberté de provocation, répond la liberté d'objection...

Je veux dire au monde une histoire A propos d'une maison avec une lanterne brisée Et d'une poupée qui a brûlé D'un pique-nique qui n'a pas été gai D'une hache qui a tué une tulipe Une histoire à propos d'un incendie qui a consumé une tresse Une histoire à propos d'une déchirure qui ne pouvait être recousue Je veux dire une histoire à propos d'une chèvre qui n'avait pas de lait à propos de la pâte d'une mère qui n'était pas cuite A propos d'un mariage qui n'a pas été célébré Et d'une toute petite fille qui n'a pu grandir A propos du football où on ne tirait pas dans le ballon A propos d'une colombe qui ne volait pas Je veux dire une histoire à propos d'une clé qui n'est pas utilisée A propos d'une classe qui n'est pas suivie A propos d'une cours de récréation qui est silencieuse
Et à propos de ces fruits qui n'ont pas été pas cueillis A propos d'un mensonge qui n'a pas été découvert Une histoire à propos d'une église où on ne prie plus Et d'une mosquée qui n'est plus dressée Et d'une culture qui ne réjouit plus Je veux dire une histoire à propos d'un toit couvert de terre et d'herbe A propos d'une pierre qui a affronté un char Et à propos d'un drapeau rebelle qui refuse de se coucher A propos d'un esprit qui ne peut être vaincu Je veux dire au monde une histoire Maintenant, allume une bougie pour
la Palestine Tu peux le faire Allume une bougie, une petite bougie
Regarde, la nuit s'en va Il suffit d'essayer Un rayon de lumière
Repousse les nuits de jais
Les plus noires
Alors que le jour se lève Il suffit de bien regarder Vois-tu que
Toute la puissance des ténèbres
Dans le monde
Ne peut anéantir
La lueur la plus timide
D'un rayon de lumière Allume une bougie
Une petite bougie
Regarde, la nuit s'en va Tu peux le faire Dis... le monde Tu m'as entendu ?

 Adressé depuis Jérusalem occupée, par Nahida (qui a 12 ans)
transmis par Nadia Ben Amara (France)


1-2 Noam Chomsky : Conflit Israélo-palestinien.

Noam Chomsky sur le conflit Israélo-palestinien. (Democracy Now!)

Interview par AMY GOODMAN 

AMY GOODMAN : (…) que pensez-vous de l’administration Obama et du conflit Israélo-palestinien ?

NOAM CHOMSKY : Le conflit israélo-palestinien est un cas facile. Il y a un consensus international quasi-total depuis 35 ans maintenant sur ce qu’il convient de faire pour résoudre le problème – du moins à court terme - à savoir : deux états avec des frontières reconnues par toutes les parties, avec, selon les termes employés, « des modifications mineures et acceptées par les deux parties ». C’était d’ailleurs la politique officielle des Etats-Unis jusqu’à ce qu’ils décident un jour de s’évader du monde réel, au début des années 70. Et c’est un point de vue très largement partagé. En 1976, il y a même eu une résolution du Conseil de Sécurité appelant à une solution à deux états. Les Etats-Unis ont opposé leur veto. Et ça n’a pas cessé depuis. Je ne vais pas passer toute l’histoire en revue, mais si on en arrive directement au présent, le consensus est désormais quasi-total. Autour de ce consensus, on trouve tous les états arabes, et ce depuis longtemps. On trouve l’Iran, l’Organisation des Etats Islamiques. On trouve le Hamas. En fait, on trouve tout le monde sauf les Etats-Unis et Israël.

Que dit l’administration Obama ? C’est intéressant. Obama a cette grande vision, mais si vous regardez les choses de plus prés, en oubliant la vision et en examinant les faits, les choses changent. D’un côté, il demande poliment aux Israéliens de ne plus étendre leurs colonies, ce qui n’a pas de sens, parce que le problème, c’est l’existence même des colonies, pas leur extension. De plus, ces mots n’ont aucun sens. Il ne fait que répéter les propos de Bush. En fait, il cite ce que l’on appelle la Feuille de Route, le soi-disant accord officiel pour aller de l’avant. Il ne fait que le citer. Ca n’a aucun sens, mais ça fait malgré tout partie de sa grande vision.

D’un autre côté, et qui est plus intéressant, peu de temps après sa prise de fonction, il a donné son premier et jusqu’à présent son unique discours sur le conflit israélo-palestinien. C’était au moment où il présentait George Mitchell comme son négociateur, ce qui est un bon choix, si on lui donne les moyens de réussir. C’est à ce moment-là qu’Obama a expliqué ce qu’il avait l’intention de faire. C’était au moment de la main tendue vers le monde musulman. Il a dit, en parlant de la proposition de paix arabe, eh bien voilà ce que j’appelle une proposition constructive – c’était sa façon à lui de flatter les auteurs de la proposition. Puis il a enchainé, en déclarant, « Il est temps que les Arabes se conforment à leur proposition de paix et commencent à normaliser leurs relations avec Israël. » Obama est un homme instruit, intelligent. Je suppose qu’il choisit ses mots avec soin. Il savait parfaitement que ce n’était pas la proposition de paix arabe. La proposition de paix arabe reprenait les termes du consensus international et disait, dans l’éventualité de deux-états, que les états Arabes iraient même au-delà d’une normalisation des relations avec Israël. Obama en a extrait le corollaire, mais a omis la substance, ce qui est une façon comme une autre de déclarer que les Etats-Unis allaient se cantonner dans leur position de refus. Il n’aurait pas pu être plus clair.

Avec cet appel à cesser l’expansion des colonies, il a été un peu plus loin – pas lui, personnellement, mais ses porte-paroles lors des Conférence  s de presse. On leur a demandé si l’administration allait faire quelque chose si Israël refusait. Ils ont répondu « non, c’est purement symbolique ». En fait, ils ont explicitement dit que l’administration ne ferait pas ce que George Bush père, lui, avait fait. George Bush père avait quelques petites punitions qu’il distribuait lorsqu’Israël s’entêtait à désobéir aux Etats-Unis. Clinton les a adoucies et Obama les a supprimées. Il a dit, « non, c’est juste symbolique. » Ce qui revient à dire à Benjamin Netanyahu « allez-y, faites ce que vous voulez. Nous dirons que nous sommes mécontents mais nous le ferons avec un clin d’œil complice, alors allez-y. En attendant, nous participerons, en vous envoyant des armes. Nous vous accorderons un soutien diplomatique et une participation active. » C’est cela, sa vision. Difficile d’être plus clair.

Que pouvons-nous faire ? Nous pouvons essayer de faire en sorte que les Etats-Unis rejoignent le monde réel. Dans ce cas précis, ce serait rejoindre le reste du monde. Rejoignez le monde réel et acceptez le consensus international et cessez de participer activement à son viol, c’est-à-dire aux actions de l’état d’Israël. J’aurais pu dire aux actions de l’état d’Israël et des Etats-Unis. Ce qu’Israël et les Etats-Unis sont en train de faire à Gaza et en Cisjordanie, c’est de détruire l’espoir d’une réalisation de ce consensus international.

Et je crois qu’il n’y pas beaucoup d’alternatives. En fait, de nombreux militants palestiniens eux-mêmes vont jusqu’à dire qu’il faut abandonner la solution de deux états et laisser Israël s’emparer de tous les territoires, éventuellement les annexer, pour ensuite passer à une lutte pour les droits civiques et une lutte similaire à celle contre l’apartheid. Ceux qui disent ça sont aveugles. Cela n’arrivera jamais. Les Etats-Unis et Israël ne laisseront pas faire. Ils continueront de faire exactement ce qu’ils sont en train de faire : étrangler Gaza, le détacher de la Cisjordanie, en violation des accords internationaux et, en Cisjordanie, s’emparer de tout ce qui les intéresse.

Noam Chomsky

Traduction VD pour le Grand Soir. Précision du traducteur : s’agissant d’une interview, le traducteur a tenu à gommer les hésitations du "parler" pour rendre la lecture un peu plus fluide. Merci de signaler les erreurs et coquilles car errare humanum est. - Version du 30/3 après quelques corrections signalées par les lecteurs. Merci à eux.

TRANSCRIPTION ORIGINALE EN ANGLAIS
http://www.democracynow.org/2010/3/15/noam_chomsky_on_obamas_foreign_policy

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Noam-Chomsky-sur-la-politique-etrangere-d-Obama-sur-sa-propre-histoire-et-sur-l-importance-de-faire-entendre-son-opinion.html


1-3 Dr. Youssef Ibrahim : Une hausse sans précédent du cancer dans la bande de Gaza.

La hausse de toutes sortes de cancer et d’insuffisance rénale, dans la bande de Gaza, est de plus en plus remarquable, confirme Dr. Youssef Ibrahim, président du bureau de l’environnement de la Bande. Ces hausses sont les conséquences de ce phosphore blanc et de cet uranium utilisés par les forces israéliennes d'occupation au cours de leur guerre criminelle menée contre Gaza l’année dernière.

Dans une interview exclusive donnée à notre Centre Palestinien d’Information (CPI), Ibrahim souligne que ces forces avaient utilisé des produits dangereusement toxiques. Ces produits se sont infiltrés dans le sol palestinien et l’ont par conséquent contaminé. L’uranium, le zinc, le mercure, le cobalt et d’autres produits cancérigènes ont été trouvés dans les corps des victimes de cette guerre israélienne criminelle.

Le président du bureau de l’environnement a saisi l’occasion de cette interview pour lancer un appel de détresse à tous les pays du monde et aux organisations et institutions internationales comme régionales pour intervenir de façon urgente afin d’éviter les effets désastreux de l’agression sioniste sur l’environnement palestinien de la bande de Gaza.

Dr. Youssef Ibrahim, président du bureau de l’environnement de la Bande, nous fait part de son point de vue, dans l'interview exclusive ci-après, traduite de l'arabe et résumée par nos soins.

Des munitions et des déchets

CPI : Les autorités de l’occupation israélienne, au cours de leur guerre menée contre la bande de Gaza l’année dernière, ont frappé l’environnement de la Bande de manière très dangereuse. Voulez-vous nous donner un peu plus d’explication ?

Dr. Youssef Ibrahim : Tout d’abord, nous voulons remercier votre Centre Palestinien d’Information (CPI) pour l’attention qu’il donne à cette question sensible et tellement dangereuse. Nous demandons par ailleurs à tous les médias d’en faire de même et de mettre sous la lumière les pratiques de l’occupation israélienne. Et nous, pour notre part, nous confirmons que les forces israéliennes d'occupation ont eu recours à pas moins de 35 sortes de métaux toxiques. Et naturellement, ces produits laissent leurs effets néfastes sur l’environnement palestinien au moins sur deux niveaux : les armes et les munitions utilisées au cours de l’agression, puis leurs déchets.

Et en passant en revue les échantillons et les conséquences par le ministère de la santé, lors d’une conférence donnée à son siège de Gaza, il s’est avéré que ces produits s’étaient infiltrés dans le sol palestinien et les corps des martyrs. Le climat de la bande de Gaza ne fait que confirmer la dangerosité de cette nouvelle donne. Un grand niveau d’uranium, de zinc, de mercure, de cobalt et d’autres produits très toxiques et très dangereux et cancérigènes pour la santé y a été trouvé. Il faut alors une réaction internationale sérieuse et efficace pour sauver la bande de Gaza. Une catastrophe menace effectivement et directement la bande de Gaza.

Les effets des éléments toxiques

CPI : Ces produits toxiques et dangereux, comment pourront-ils réagir sur l’environnement de la bande de Gaza ?

Dr. Youssef Ibrahim : Si ces produits se sont infiltrés dans les corps des martyrs, ils touchent nécessairement les corps des vivants. On s’attend malheureusement à l’apparition de toutes sortes de cancer et à des naissances malformées. Et l’infiltration de produits toxiques dans le sol et dans l’air affectera la faune et la flore de la Bande.

J’ai peur que beaucoup d’arbres de la Bande trouvent la mort et que ces produits toxiques aient pénétré les légumes et les fruits mangés par l’homme. Ces produits se sont infiltrés dans la nappe aquifère… Ainsi, la pollution touche l’homme, la pierre, l’arbre, le sol, le climat, tout l’environnement de la bande de Gaza. Les conséquences néfastes de tout cela apparaîtront dans les petites années à venir et à long terme.

Les terres agricoles

CPI : Cette dangereuse pollution a-t-elle touché une grande superficie de la bande de Gaza ? Avez-vous des chiffres à nous donner ?

Dr. Youssef Ibrahim : Une hausse d’une pollution dangereuse a été remarquée dans le sol, dans l’air et surtout sur les bâtiments bombardés par les forces israéliennes d'occupation. Le sol et les terres agricoles ont directement été touchés. En fait, les forces israéliennes d'occupation ont délibérément bombardé de vastes terrains agricoles et y ont fait des fosses profondes. De vastes surfaces sont donc polluées par ces produits toxiques ; les tests aux laboratoires l’ont prouvé.

Et parlons de chiffres. Environ deux mille hectares de terrains ont été rasés au cours de la guerre agressive israélienne menée contre Gaza, ainsi que 410 mille arbres. Toutes les zones frontalières sont vidées de leurs habitants, un désastre démographique supplémentaire. En effet, pas moins de cinq mille unités résidentielles ont été totalement détruites et plus de cinquante mille partiellement. Les bombardements de maisons, d’usines, de sièges du gouvernement, de mosquées, d’écoles et d’autres bâtiments ont laissé un million et demi de tonnes de décombres… Cette guerre a laissé entre 8 et 9 mille tonnes de toutes sortes de déchets. A remarquer que les décombres polluent et que les restes des munitions dont l’uranium constituent un réel danger sur l’environnement.

La terre brûlée !

CPI : La politique de la terre brûlée, que signifie-t-elle ? Les produits toxiques représentent-ils un réel danger sur les plantes, les plantes qui sont un élément essentiel de l’environnement ?

Dr. Youssef Ibrahim : Pour ce qui est de la politique de la terre brûlée pratiquée par l’armée israélienne dans sa guerre criminelle israélienne contre Gaza, cette armée détruisait tout sur son passage : pierres, plantes, réseaux d’eau et d’égouts. Ainsi, de grandes surfaces de terrains agricoles ont été polluées, sans parler de l’entassement de la terre par le passage de leurs lourds engins…

Je vous confirme que les bombes au phosphore blanc ont brûlé la couverture verte, une destruction immense de l’environnement palestinien. Puis la propagation du phosphore blanc a détruit l’environnement et a pollué les produits agricoles. Elle a aussi laissé ses effets négatifs sur tous les éléments de l’environnement : eau, air, sol, créatures…

Le message à envoyer

CPI : Quel message voulez-vous envoyer concernant ce sujet ?

Dr. Youssef Ibrahim : Nous envoyons un message urgent à toutes les organisations et institutions s’intéressant à l’environnement, en particulier les ministères arabes et islamiques de l’environnement. Nous les appelons à rendre visite à la bande de Gaza pour travailler afin d’éliminer les conséquences toxiques, ou du moins les alléger. Je voudrais également appeler le bureau de l’environnement de la Ligue Arabe et ses institutions, les centres arabes et islamiques de recherches concernant la pollution de l’environnement à collaborer avec le bureau de l’environnement de la bande de Gaza afin d’éviter la catastrophe humaine et environnementale qui est sur le point de frapper la Bande. Nous appelons aussi les institutions internationales travaillant dans les domaines des droits de l’homme et de la santé à venir dans la bande de Gaza pour voir la réalité du terrain et les conséquences dangereuses de ces produits toxiques. Leurs effets néfastes commencent à affecter les habitants de la Bande. La propagation des tumeurs de toutes sortes, de la déficience rénale, des malformations de naissance sont des preuves irréfutables.

SOULEIMAN

17 avril

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=5080


1-4 Fares Chahine : 8000 prisonniers palestiniens en grève de la faim.

Ils protestent contre le traitement réservé à leurs familles.
Plus de 8000 prisonniers palestiniens, détenus dans 10 prisons centrales israéliennes et trois centres de détention, sont en grève de la faim depuis mercredi dernier.

C’est le Centre d’études pour les prisonniers, une ONG palestinienne a caractère humanitaire, qui s’occupe de la situation que vivent les prisonniers détenus en Israël qui en a fait l’annonce. Selon des responsables de cette ONG, des représentants des détenus ont discuté avec ceux de l’administration des prisons israéliennes qui ont noté leurs revendications afin de les étudier. Les détenus palestiniens protestent contre les traitements dégradants et cruels que subissent leurs familles au cours de leurs visites. Longues attentes au niveau des barrages militaires et des points de passage, fouilles très poussées, propos injurieux de la part des soldats israéliens... Les prisonniers revendiquent le droit aux familles des détenus ghazaouis de pouvoir rendre visite à leurs proches. Ces visites sont interdites depuis 4 ans, sous le prétexte de la détention du soldat israélien Gilaad Shalit dans l’enclave palestinienne. Shalit a été capturé par un groupe de résistants palestiniens à la lisière de la bande de Ghaza au détour d’un accrochage en juin 2006. Il est devenu, depuis, le prisonnier le plus célèbre de la planète, tellement les médias internationaux ne ratent aucune occasion d’en parler en le présentant parfois comme un petit scout qui a été kidnappé par une bande de malfaiteurs, alors qu’il a été capturé l’arme au poing.

Sa famille est reçue partout et par les plus hauts responsables de la planète, Ban Ki-moon, Sarkozy...Shalit plus visible que 8000 palestiniens
Mais personne ne parle des souffrances de ces milliers de Palestiniens incarcérés pour certains d’entre eux depuis plus de 25 ans.

La troisième revendication concerne l’interdiction à des centaines de familles de Cisjordanie, de la ville sainte d’El Qods, ainsi que des familles de Palestiniens résidant en Israël, communément appelés les Arabes de 1948, qui sont des citoyens israéliens, de visiter leurs enfants sous des prétextes sécuritaires nuls et infondés.

Les détenus veulent aussi lever les interdictions imposées par les directions des prisons du droit de regarder la chaîne satellitaire El Jazeera et de réceptionner des livres divers.

La privation des prisonniers de passer l’examen du baccalauréat, selon le programme palestinien, fait partie aussi de leurs revendications essentielles. La Ligue des Etats arabes a manifesté son soutien à l’action de lutte des prisonniers palestiniens dont le nombre est estimé à 11 000, dont environ 400 enfants et plus de 350 femmes qui vivent dans des conditions carcérales inhumaines. Le secrétariat général de la Ligue arabe a souligné que les mesures israéliennes prises à l’encontre des prisonniers palestiniens nécessite un support international sérieux.
Il a par ailleurs appelé
la Croix-Rouge internationale à tenir son rôle par l’organisation de visites de contrôle périodiques des prisons et des centres de détention israéliens pour vérifier les conditions de leur incarcération et œuvrer à la satisfaction de leurs besoins essentiels, et d’organiser des visites périodiques à leurs familles. Des dizaines d’actions de protestation similaires, au cours desquelles certains prisonniers ont perdu la vie ont été menées depuis le début du conflit israélo-palestinien. Le dossier des prisonniers a été une source de désaccord permanent entre Palestiniens et Israéliens depuis le lancement du processus de paix.

Pour le président palestinien Mahmoud Abbas et l’ensemble des factions palestiniennes, aucune paix n’est possible sans la libération de tous les prisonniers détenus dans les prisons israéliennes.

Israël prend ces milliers de détenus comme des otages et tente, par le chantage, de pousser la direction palestinienne à plus de concessions politiques.
Fares Chahine

10 avril
http://www.elwatan.com/Ils-protestent-contre-le


1-5 La barrière souterraine en acier teste les nerfs des habitants de Gaza.

Ps : PS : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage lepoint de vue des auteurs, mais doit être vu comme information. 

L’achèvement imminent par l’Égypte de l’installation d’une barrière en acier souterraine et en surface le long de sa frontière avec la bande de Gaza met les Gazaouis sur les nerfs : comment vont-ils survivre sans l’important commerce qui passe par les tunnels ?
Un trafic transite par les tunnels pour toute une gamme de produits depuis qu’Israël a imposé un embargo économique contre la bande de Gaza après la prise de pouvoir par le Hamas en juin 2007.
La Banque mondiale et les économistes palestiniens estiment qu’au moins 80 pour cent des importations totales vers Gaza passent par les tunnels.
« Creuser des tunnels et y travailler est l’un des rares emplois disponibles pour les jeunes Gazaouis », a dit Omar Sha’ban, économiste à Gaza.
« Les personnes qui travaillent dans les tunnels gagneraient 25 dollars par jour, une somme énorme pour l’économie palestinienne actuelle.

Mais ils sont exposés aux bombardements quotidiens … par les forces aériennes israéliennes, à l’effondrement des tunnels et aux incendies ».
Ziad al-Zaza, ministre de l’Économie du gouvernement du Hamas, a dit qu’environ 20 000 personnes travaillaient dans les tunnels avant l’opération militaire israélienne à Gaza, début 2009, et qu’ils ne sont maintenant plus que la moitié. L’armée israélienne a dit qu’elle avait endommagé ou détruit 60 à 70 pour cent des tunnels lors de l’offensive.
Abu Antar*, propriétaire et gérant d’un tunnel, âgé de 45 ans, a dit que fermer les tunnels entre Gaza et Rafah, en Égypte, signifierait que lui et les centaines d’autres personnes qui travaillent grâce aux tunnels n’auraient plus de revenus.

« Nous avons réussi à traverser la clôture égyptienne, mais maintenant, ce que nous craignons c’est que les Égyptiens l’électrifient et ajoutent des capteurs sismiques pour détecter notre présence sous terre, ce qui rendrait notre mission impossible. Les tunnels sont notre unique source de revenus », a dit à IRIN ce père de sept enfants.
La barrière en acier posée par l’Égypte fera 10 à
11 kilomètres de long et descendra jusqu’à 18 mètres sous terre, ont dit les autorités égyptiennes. Le quotidien égyptien al-Shorouq a récemment annoncé que « le chantier du mur principal était dans sa quatrième et dernière phase », après quoi des caméras et des détecteurs seront installés.
Cette opération devrait durer quelques semaines et une période d’essai devrait ensuite avoir lieu avant que l’installation ne devienne complètement opérationnelle.
Un travail dangereux
Abu Antar a dit que 50 personnes travaillaient dans son tunnel.
« Chaque jour, nous travaillons dans les tunnels et nous nous demandons si nous allons sortir vivants. La terre s’est effondrée de nombreuses fois…

La mort est inévitable dans ce genre de travail. Nous avons peur 24 heures sur 24. Beaucoup de gens sont morts. Chaque mois, il y a de nouvelles victimes des bombardements aériens [israéliens] dans les tunnels », a-t-il dit.
Les accidents sont fréquents dans les tunnels. Selon l’organisation palestinienne de défense des droits humains Al-Mezan, 120 trafiquants travaillant dans les tunnels ont été tués au cours des trois dernières années.
Les personnes travaillant dans les tunnels estiment qu’il existe plus de 1 000 tunnels entre Gaza et la ville de Rafah, du côté égyptien de la frontière. Ils font de 15 à
35 mètres de profondeur et jusqu’à un kilomètre de long.

« Une catastrophe humanitaire »
« [La construction] d’un tunnel coûte environ 200 000 dollars, alors lorsqu’ils seront détruits par les avions israéliens, ou qu’ils seront bloqués par le mur égyptien, la pauvreté et le chômage augmenteront de plus en plus », a-t-il dit. « Bloquer les tunnels entraînera une terrible catastrophe humanitaire. Tous les habitants de la bande de Gaza dépendront alors de l’aide alimentaire des Nations Unies », a dit le ministre du Hamas, M. al-Zaza.

 « Nous appelons les gouvernements égyptien et israélien à désinvestir Gaza et à laisser les Palestiniens travailler sur terre et non sous terre et les Gazaouis vivre dans la dignité et la fierté », a dit M. al-Zaza.
Israël a imposé à la bande de Gaza de strictes restrictions à l’importation après la prise de pouvoir par le Hamas en 2007 et en guise de représailles après les tirs de rockets de Gaza sur Israël. L’interdiction d’importer touche tout ce qui pourrait aider le Hamas à fabriquer des armes, notamment le fer, l’acier et la plupart des matériaux de construction. Toutes les exportations sont interdites et les importations sont limitées à quelques biens humanitaires. Les articles tels que les cahiers scolaires, les bureaux, le matériel médical, les appareils ménagers et les abris montables accusent d’importants retards.
Israël a salué les efforts de l’Égypte pour combattre la contrebande.(…) 
Israël accuse le Hamas d’utiliser les tunnels pour importer des armes, une allégation niée par le Hamas.
Lors d’une visite à Gaza, plus tôt ce mois-ci, le coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies, John Holmes, a mis en garde contre de gros problèmes si les tunnels étaient bloqués.
« Si ces tunnels sont bloqués, si indésirables qu’ils puissent être, et aussi indésirables que puissent être leurs conséquences sur la société et l’économie de Gaza, la situation sans les tunnels serait complètement insoutenable », a dit M. Holmes.

Il a renouvelé ses appels à Israël pour mettre fin au blocus du territoire palestinien.

Les informations contenues dans ce site web vous sont parvenues via IRIN, un département d'informations humanitaires des Nations Unies, mais ne reflètent pas nécessairement les vues des Nations Unies ou de ses agences. Si vous réimprimez, copiez, archivez ou renvoyez ce bulletin, merci de tenir compte de cette réserve. Toute citation ou extrait devrait inclure une référence aux sources originales. UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs 2009.

(IRIN)

26 mars 2010

http://www.irinnews.org/fr/...


1-6 L’occupant israélien prive d’eau les villages palestiniens de la vallée du Jourdain.

Les forces israéliennes d’occupation ont envahi le village de Khirbet Al-Farsieyah au nord de la vallée du Jourdain, et saisi quatre pompes à eau utilisées pour l’irrigation et l’approvisionnement en eau potable de la petite communauté agricole, selon des témoins.

La consommation en eau d’un Israélien est de 400 litres/jour, celle d’un colon israélien en Cisjordanie de 800 litres/jour et celle d’un Palestinien en Cisjordanie entre 70 et 90 litres/jour

Selon les habitants, la suppression des pompes menace des milliers de dunums de champs de cultures, et les agriculteurs estiment que chacune des pompes coûte 25 000 shekels (6750 dollars US).

Les pompes ont été volées dans les fermes de Ali Az-Zohdi, Fayeq Sbeih, et Taleb Radi.

Le gouverneur de la région de Tubas, Marwan Tubasi, a dénoncé lors d’une visite des fermes impactées, les vols commis par les Israéliens, tandis que le coordonnateur de la campagne pour sauver la vallée du Jourdain, Fathi Ikhdeirat, a déclaré que les événements de la journée faisaient partie d’une « série d’attaques à l’encontre des habitants et qui ont pour but de les expulser de leurs terres ».

Le dimanche, les autorités israéliennes avaient fermé la principale source d’eau utilisée pour l’agriculture dans ce village de la vallée du Jourdain, ont déclaré les membres du comité et leurs avocats, quatre jours seulement après que des responsables militaires aient menacé de « fermer les robinets » si les Palestiniens ne traitaient pas mieux leurs eaux usées.

Ikhdeirait a aussi déclaré que la société israélienne de l’eau, Mokorot, avait construit trois puits aquifères dans le domaine depuis les années 1970, s’accaparant 5000 mètres cubes d’eau par heure, en grande partie au profit des colonies juives voisines alors que le village de Bardalah ne tirait que 65 mètres cubes d’eau par heure avant que les troupes d’occupation n’aient arrêté le pompage de l’eau.

« Nous entendons le bruit de l’eau passant par les tuyaux dans le centre du village, mais nous ne pouvons ni la boire ni nous en servir. Les conduites d’eau installées par la compagnie des eaux israéliennes sépare le village en deux parties », at-il ajouté .

Des dizaines d’agriculteurs ont protesté contre les actions israéliennes dans la vallée du Jourdain et ont exigé qu’une solution rapide soit trouvée avant qu’ils ne perdent les cultures dont ils dépendent pour leurs revenus et leur subsistance.

Nader Thawabteh, un avocat qui représente les habitants de Bardalah, a déclaré que la compagnie des eaux israéliennes accusait les habitants du village de voler de l’eau « prenant cela comme une excuse pour cesser de pomper de l’eau pour nous. Nous démentons catégoriquement cette affirmation. » [Paradoxe intéressant ... Les voleurs de Mokorot accusent de vol les Palestiniens, légitimes propriétaires de ces ressources naturelles... N.d.T]

L’avocat a ajouté que la quantité d’eau pompée dans le village avait été réduite en cinq ans de 150 mètres cubes par heure à 65 mètres cubes, et « maintenant elle est totalement coupée ».

Les agriculteurs du village ont fait appel à l’Autorité palestinienne [de Ramallah] et aux organisations internationales pour avoir à nouveau accès à l’eau pour leurs exploitations.

Bardalah a 1900 habitants, la majorité d’entre eux vivant des ressources des travaux agricoles dans les 300 dunums de serres. La grande majorité des serres et des terres doivent être irriguées, le reste disposant de cultures qui n’ont pas besoin d’arrosage.

Le mercredi, le ministre israélien des infrastructures, Uzi Landau, avait menacé de restreindre la fourniture en eau dans toute la Cisjordanie si des usines de retraitement des eaux usées n’étaient pas installées dans la zone. [Il apparait ainsi que l’occupant israélien s’accapare l’eau des Palestiniens, mais ne veut pas prendre en charge le retraitement de l’eau attribuée chichement aux propriétaires légitimes, et utilise la question du retraitement comme un moyen de pression... Difficile de faire mieux dans le cynisme et la malhonnêteté - N.d.T]

Selon un rapport de 2009 de B’Tselem [...] seulement 81 des 121 colonies juives de peuplement en Cisjordanie ont été raccordées à des installations de traitement des eaux usées.

« Le résultat est que seule une partie des eaux usées provenant des colonies est retraitée, tandis que le reste des eaux usées va dans les cours d’eau et dans les vallées de Cisjordanie », indique le rapport.

L’étude de B’Tselem met aussi en évidence que « pendant plus de 40 ans d’occupation, Israël n’a pas construit de usines de traitement des eaux usées dans les colonies correspondant à celles de l’intérieur d’Israël ».

L’administration civile de l’occupation veut connecter certains villages palestiniens au réseau de retraitement des eaux sales, mais ceux-ci refusent de coopérer dans des projets qui peuvent légitimer les colonies juives de peuplement.

 Ma’an News Agency - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet...
Traduction : Info-Palestine.net

http://www.alterinfo.net/L-occupant-israelien-prive-d-eau...


1-7 Silvia Cattori : Laissera-t-on Israël transformer Gaza en un immense cimetière ?

LA SOLITUDE DU PEUPLE PALESTINIEN FACE À L’IGNOMINIE.

Omar (*), 38 ans, habite dans un quartier très pauvre et insalubre de Gaza. Il est sans travail, sans revenu. 80 % des habitants de Gaza sont dans la même situation. L’histoire qu’il raconte ici reflète la situation tragique et le désespoir dans lesquels Israël maintient la population de Gaza. Le désespoir aussi de savoir que la « communauté internationale » ne fait rien pour mettre un terme à l’intolérable.

Gaza : manifestation contre le siège (IMEMC)

Silvia Cattori : Que ressentez-vous depuis votre mouroir de Gaza en voyant des jeunes Palestiniens dans la vieille ville de Jérusalem protester contre les restrictions d’accès à la Mosquée Al Aqsa, risquer leur vie face aux assauts des troupes israéliennes ? [1]

Omar : Ce qui se passe à Jérusalem, les provocations d’Israël, sa judaïsation de la Terre Sainte, concerne tous les Palestiniens. C’est très grave. Israël cherche à pousser les Palestiniens à une grande révolte, pour ensuite faire croire qu’il y a là une menace pour sa sécurité et en profiter pour intensifier la répression.

Je ne pense pas que les Palestiniens sont prêts à courir le risque de rentrer dans cette stratégie perfide, d’aller se faire humilier et écraser une nouvelle fois. Vous savez, les Palestiniens n’ont pas encore guéri les plaies de la dernière Intifada (soulèvement qui s’est révélé être un écrasement). Tant de sacrifices consentis pour n’avoir rien obtenu. Comme père, je ne serai pas assez fou pour laisser mes enfants aller au-devant des soldats qui tirent sur ces très jeunes gens, très frustrés, qui répondent à leurs agressions en lançant des cailloux.

Je pense que dans ce contexte, les adultes, même si cela devrait être leur devoir de protester contre les dangers qui pèsent sur la Mosquée Al Aqsa et deux autres édifices religieux islamiques, hésitent à aller manifester leur colère contre les soldats de l’occupation. Ils savent que c’est là une situation explosive ; qu’ils vont se sacrifier pour rien, qu’Israël va encore pouvoir en tirer prétexte pour les arrêter, les massacrer, et intensifier les mesures répressives. Ils pensent à tous les sacrifices qu’ils ont déjà faits sans jamais rien obtenir.

Depuis 2000, leur résistance ne leur a apporté que des pertes et des énormes souffrances. Sans compter que tous leurs sacrifices sont si mal payés en retour par leurs ignobles politiciens à Ramallah. Ils sont si désespérés en entendant Abou Mazen, Fayyad, Erekat, etc, parler d’un État palestinien à l’intérieur de la ligne de 1967 et non pas comme il se doit, de la ligne de 1948. Les territoires de 67 ne représentent que 26 % de la Palestine historique. Et ces 26 %, après le mur et les annexions, se sont réduits à 10 ou 15 %. Cela veut dire, pour ces jeunes Palestiniens en colère, que leurs parents n’ont rien gagné par leur résistance ; qu’ils ont fait tous ces sacrifices pour rien.

Silvia Cattori : L’État d’Israël ne pourra pas toujours se comporter en dehors de la loi. Son image se dégrade en Occident ; bien des gens qui soutenaient Israël ne peuvent plus afficher leur soutien comme avant. Il leur est devenu difficile de soutenir l’insoutenable sans se compromettre. Nos autorités démocratiques savent qu’elles devront répondre un jour d’avoir soutenu un gouvernement criminel. Et d’avoir choisi de soutenir une autorité palestinienne qui est désavouée par son peuple. S’il y a des votations pensez-vous que le peuple palestinien va voter en faveur de Salam Fayyad ?

Omar : Fayyad n’est pas populaire. C’est l’homme de l’Occident ; il est très éloigné de notre réalité. Il a fait carrière dans des institutions internationales. Il a été habitué au luxe et au prestige qui accompagne ce genre de postes. Fayyad n’est pas le choix des Palestiniens ; il nous a été imposé par les États-Unis. C’est un homme corrompu, qui avec Abou Mazen (Mahmoud Abbas), a mis en place la politique répressive, financée par les États-Unis et l’Europe, qui vise à liquider toute résistance. Fayyad est un homme très compromis avec les visées de l’occupant. Ce ne sera jamais un résistant. Il est déjà du côté des occupants.

C’est lui qui a la confiance de l’Europe ; c’est lui qui reçoit l’argent que l’Union européenne donne à Ramallah pour payer les salaires de quelques 200’000 employés de l’administration. Ce n’est pas par un geste de générosité que cet argent est versé à l’Autorité Palestinienne ; c’est une obligation, l’Europe doit payer pour ses erreurs. Nous considérons que c’est l’Europe qui a permis aux juifs de venir occuper nos terres et qui continue de soutenir leur expansion. C’est donc à elle de payer pour notre immense souffrance.

Silvia Cattori : Les militants internationaux qui sont venus vivre à Gaza durant ces années cruelles où la communauté internationale vous a abandonnés, sont-ils vus avec reconnaissance ?

Omar : Ici à Gaza, les gens sont habitués depuis longtemps à voir des jeunes activistes étrangers, venir, partir, certains rester car ils ont trouvé ici une vie plus exaltante que chez eux. Les gens ne leur ont pas demandé de venir mais ils sont bien accueillis ; l’hospitalité fait partie de notre culture. Ils peuvent habiter chez les habitants, et vivre avec très peu d’argent. Il y en a aussi qui profitent de notre générosité. Qui se comportent mal et heurtent nos coutumes.

Il y a maintenant quelques rares activistes du « Free Gaza Movement », de l’« International Solidarity Movement », etc. Ils voient ce qui se passe et ils peuvent faire connaître notre réalité au-dehors. Ce qui pose problème, c’est qu’il n’y a pas d’entente entre les diverses associations qui viennent. Cela n’est pas bon car il y a déjà assez de problèmes ici.

Silvia Cattori : Quel milieu fréquentent-ils ?

Omar : Ils sont souvent entourés de Palestiniens qui savent tirer profit et les coupent du reste de la société. Les activistes ne savent pas ou ne veulent pas savoir que les gens qu’ils fréquentent ne sont pas forcément représentatifs. C’est pourquoi la présence de ces jeunes qui viennent ici, peut générer parfois plus de ressentiments que d’apaisement dans le cœur de bien des gens. Ils fréquentent surtout le cercle du FPLP (une faction laïque minoritaire). Ici leurs leaders sont mal vus car ils ne travaillent pas dans l’intérêt du peuple ; ce qu’ils reçoivent de l’extérieur comme dons est détourné pour des projets qui leur apportent davantage de profits. Il faut dire aux gens qui collectent de l’argent au nom des Palestiniens de ne plus leur donner un seul shekel. Car agir de cette façon ce n’est pas nous aider ; mais c’est une autre manière de violer les droits des Palestiniens et d’envenimer la situation.

Donner l’argent sans savoir où il va, cela pousse les gens à la corruption. Les gens qui vivent dans mon quartier n’ont jamais rien vu de ces collectes dont on nous parle. Ils vivent plus mal que des chiens. Écrasés par la pauvreté. Les ONG vont et viennent, mais nous on n’a rien touché.

Silvia Cattori : Les derniers convois arrivés en janvier - au prix de grands obstacles - ne vous ont pas donné satisfaction non plus ?

Omar : « Viva Palestina » [2] de Galloway et « the European Campaign to End the Siege on Gaza » (ECESG) [3] ont été appréciés. Ce qu’ils ont apporté a été remis au Ministère de la santé. Celui-ci est seul capable de couvrir toute la bande de Gaza et de distribuer ce qu’il reçoit dans tous les centres de santé. Ce qu’ils apportent est visible, sert toute la population.

Quand on parle de tonnes de médicaments livrés au Ministère de la santé par divers donateurs il faut comprendre que cela ne suffit pas à couvrir les besoins. En quelques heures les dons distribués dans les hôpitaux et les pharmacies sont épuisés. Ici on ne trouve rien, même pas du paracétamol ; les quantités que les donateurs envoient ou apportent sont dérisoires par rapport aux besoins immenses.

Silvia Cattori : Georges Galloway a pourtant été critiqué pour avoir livré les ambulances aux autorités du Hamas. Quel est votre point de vue ?

Omar : Si vous donnez les médicaments au Ministère de la santé, sous l’autorité du Hamas depuis 2006, ils sont distribués dans les hôpitaux et centres publics et après nous pouvons les acheter pour le prix d’un shekel, même s’ils valent trente shekels. Par contre, si vous donnez ces médicaments aux responsables du FPLP, eux ils les distribuent à leurs cliniques privées qui les vendent au prix coûtant. Cela enrichi leurs hôpitaux, leurs poches. Et ne diminue pas les souffrances de la population qui a déjà de la peine pour payer un shekel. Quand les associations donnent des milliers de dollars au FPLP, les gens ici ne voient pas où cela va vraiment. Ils n’ont aucune idée de la manière dont l’argent est utilisé. C’est la différence entre ce que l’on donne aux autorités du Hamas et ce que l’on donne au FPLP ou au Fatah.

Silvia Cattori : En ce qui concerne les besoins essentiels comme l’eau potable et la nourriture, où en est votre situation ?

Omar : Nous achetons, en faisant des dettes, des gallons d’eau filtrée à une station privée qui s’enrichit sur notre dos. Mais on est obligés. L’eau est polluée [4] et avec les coupures d’électricité on reste souvent sans eau et sans électricité.

Ici les gens se débrouillent. Surtout grâce à ces employés qui reçoivent un salaire de Ramallah, ou de l’UNRWA : car un employé aide de nombreuses familles avec son salaire. Si il n’y avait pas cette solidarité là, Gaza se transformerait en un immense cimetière en quelques mois.  [5]

Heureusement que les tunnels ne sont pas encore fermés. Le mur n’est pas fini.

Silvia Cattori : Ne pensez-vous pas qu’Obama finira bien par contraindre Israël à ouvrir les portes de cet enfer ?

Omar : Je n’ai jamais cru qu’un Président des États-Unis allait nous soutenir contre Israël. Cela n’arrivera jamais. S’il devait nous soutenir, même par un simple mot, il devrait payer très cher ce soutien.

Silvia Cattori : Qui peut alors vous sauver de cette situation ?

Omar : Il n’y a que Dieu. Les États arabes nous ont abandonnés. Nous avons perdu notre crédibilité et notre honneur par notre division. J’espère que nos leaders arriveront un jour à s’unir ; sans l’union, jamais nous n’obtiendrons le respect des autres nations. Nous avons perdu le respect.

Silvia Cattori : Votre peuple a gagné l’admiration et le respect du monde entier par sa résistance. Mais si vous deviez faire la liste des leaders palestiniens qui vous ont desservis, quels noms donneriez-vous ?

Omar : Mazen (Mahmoud Abbas à Ramallah) à la tête du Fatah. Et Mechaal [6]. Je considère que l’on est trahis par les deux. S’ils savaient quelle est notre souffrance, ils auraient déjà fait l’union. Par leurs divisions ils ont fait de nous un peuple de mendiants. Or nous, les Palestiniens, n’avons jamais été des mendiants.

Silvia Cattori : Vous faites une symétrie entre Kahled Mechaal et Mahmoud Abbas ! Mais Khaled Mechaal, lui au moins, ne s’est jamais mis entre les mains de l’occupant et de ses cyniques alliés ?

Omar : Abou Mazen nous a trahis depuis toujours. C’est un homme mis en place par les États-Unis et Israël. Mazen, on savait déjà qui il était avant et que dans sa position il allait nous mener au désastre. Mechaal, nous savons qu’il est honnête. Mais le fait est qu’il ne nous a rien apporté.

Israël s’attaque à la mosquée, à notre patrimoine religieux. Que fait le Hamas contre les attaques visant la mosquée Al-Aqsa ? Pour nous Palestiniens, c’est très blessant de voir Israël usurper les lieux Saints. Cela nous touche dans nos cœurs. Abou Mazen, on le méprise, nous savons que lui et sa bande ce sont des vendus. Mais je suis choqué d’entendre Mahmoud Zahar (haut dirigeant du Hamas) dire aujourd’hui que ceux qui lancent des roquettes contre Israël aident les provocateurs. Hier, Yasser Arafat et Abou Mazen disaient la même chose.

Silvia Cattori : Mechaal n’a-t-il pas condamné Israël récemment ?

Omar : Ce qu’il a dit dans son discours, c’est pour la façade ; mais sur le terrain, hormis une manifestation populaire à Gaza, rien ne s’est passé. On est sans espoir.

Silvia Cattori : Malgré sa brutale répression, Israël a échoué à vous mater. Ni le siège qui perdure depuis cinq ans, ni les innombrables carnages, n’ont atteint les buts qu’Israël escomptait : vous mettre à genoux et vous tourner contre le Hamas.

Omar : Oui c’est vrai.

Entretien réalisé en anglais le 22 mars 2010.

Silvia Cattori

Traduit de l’anglais par JPH

[1] En quelques jours l’armée et la police ont arrêté et blessé des centaines de très jeunes Palestiniens sur les lieux Saints de Jérusalem. Les enfants ne sont pas épargnés par l’armée israélienne. En dix ans, celle-ci a arrêté environ 6’500 enfants palestiniens (de 12 à 17 ans). Selon The Palestinian Center for Defending the Detainees, il y a actuellement 340 enfants emprisonnés en Israël parmi 8’000 autres prisonniers politiques Palestiniens.

[2] Voir : « “Viva Palestina”, et maintenant ? », par Stuart Littlewood, info-palestine.net, 14 janvier 2010.

[3http://www.savegaza.eu

[4] Voir : http://www.uruknet.de/ ?s1=1&p=64828&s2=06

[5] Voir : http://www.uruknet.de/ ?s1=1&p=64829&s2=06

Sur la situation à Gaza, voir également les deux videos de l’interview de Karen Koning Abu Zayd, ancienne Commissaire générale de l’UNRWA : 
 http://www.youtube.com/watch ?v=Vyui4D6NK-s&feature=channel 
 http://www.youtube.com/watch ?v=ViZNEVi9OMI&feature=related

[6] Khaled Mechaal, chef du mouvement de la résistance du Hamas, vit en exil en Syrie depuis 1999, après avoir été la cible d’une tentative d’assassinat de la part des services secrets israéliens en Jordanie en 1997.

http://www.silviacattori.net/article1166.html 


1-8 Nurit Peled Elhanan : Je prendrai le deuil pour la Nakba.

Je  porterai le deuil pour la Nakba. Je porterai le deuil pour la Palestine disparue que, dans sa plus grande partie je ne connaîtrai jamais. Je porterai le deuil pour la terre sainte qui perd son humanité, son paysage, sa beauté et ses enfants sur l'autel du racisme et du mal. Je prendrai le deuil pour les jeunes Juifs qui envahissent et profanent les maisons de familles à Sheikh Jarrah , jettent les habitants dans la rue et dansent et chantent en mémoire de Baruch Goldstein , le meurtrier infâme d'enfants Palestiniens , pendant que les propriétaires expulsés des maisons avec leurs enfants et leurs vieillards dorment sous la pluie, dans la rue, en face de leurs propres habitations. Je porterai le deuil pour les soldats et les policiers qui protègent ces méchants envahisseurs Juifs Orthodoxes sans aucun remord.

Je  porterai le deuil pour les terres de Bil'in et de Nil'in et pour les héros de Bil'in et de Nil'in , beaucoup d'entre eux sont des enfants de 10-12 ans , qui sans peur se dressent pour leur droit de vivre dans la dignité sur la terre de leurs pères. Je porterai le deuil pour les Droits Humains qui ont été enterrés depuis longtemps dans ce pays , pour le sang impunément répandu, pour les meurtres commis avec la bénédiction des rabbins, pour le mythe Sioniste fallacieux dans lequel j'ai été éduquée et pour l'histoire Palestinienne dont le récit est interdit mais dont la vérité est de retour et dont les rameaux verts pointent parmi les graines des lois racistes.

Je porterai le deuil pour l'ancien ministre de l'Education, Livnat qui a défendu la loi contre la commémoration du jour  de la Nakba en déclarant que «  S'il n'y a rien pour lequel ils puissent porter le deuil, ils n'auront pas de raisons de se révolter. » paroles pires que les pires paroles de nos adversaires et que celles des plus méchants colonialistes.

Je porterai le deuil pour nous tous qui ne savons pas quoi faire face à une loi qui est pure cruauté, une parmi les douzaines d'autres qui sont destinées à nous assurer les places d'honneur – sinon toutes les places – dans les Actes du Parlement de la Démocratie de l'Etat Juif.  Je porterai le deuil pour la démocratie de ce pays dans lequel la moitié des habitants doivent vivre dans des conditions qui seraient interdites, même pour des animaux, dans d'autres démocraties.

Je porterai le deuil pour les enfants. Ceux qui sont morts. Ceux qui mourront demain. Ceux qui ne supportent plus de vivre ici et ceux qui y vivent , semblables à de monstrueux golems qui se sont retournés contre leurs créateurs , êtres formés de peur, de mal, de racisme, d'amour tordu pour une terre qui n'est pas la leur, de haine pour tout ce qui n'est pas à leur  propre image, et d'appétit insatiable pour le meurtre.

Je porterai le deuil le jour de la Nakba. Et aussi le jour qui le précède que nous appelons le Jour  de Commémoration et qui n'est rien d'autre qu'un jour dédié à l’idolâtrie  de la chair morte , et à la fin duquel chacun sort et grille d'autres chairs mortes à même les flammes, chante, danse , se goinfre et finit saoul. Je porterai le deuil pour le jour de notre indépendance qui n'est rien d'autre que la célébration du triomphe de l'enfermement et de l'assujettissement.

Pour toutes ces raisons, je porterai le deuil le jour de la Nakba. Je rejoindrai les millions de dépossédés, d'opprimés et d'humiliés qui n'ont pas désespéré du futur et qui pensent qu'il reste une chance et qui se dressent comme les témoins et comme les braises encore vives du véritable esprit de l’Homme.

Je porterai le deuil le jour de la Nakba afin d'être digne d'eux, afin que mes enfants sachent de quel côté je suis et afin qu'eux aussi puissent croire qu'il y a une chance pour l'espoir et pour un futur où la justice l'emportera.

Nurit Peled Elhanan

27/03/2010

 Nurit Peled Elhanan, Prix Sakharov pour les Droits de l'Homme, membre du Cercle des Familles Endeuillées pour la Paix, et co-initiateur du Tribunal Russell sur la Palestine. Mère de Gaï Elhanan qui était venu en 2006 témoigner à Montbrison

Traduction en Français de Roseline Derrien Site New profile

http://www.femmesennoirmontbrison.com/article-je-prendrai-le-deuil-pour-la-nakba-nurit-peled-elhanan-47755144.html

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