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04/05/2010

n°524 - Les Dossiers 'Géopolitique et stratégie' de Palestine - 04-05 - : Fin - : Colonisation, nettoyage ethnique et continuité historique.

°524 - Les  Dossiers  'Géopolitique et stratégie' de  Palestine - 04-05 - : Fin  - : Colonisation, nettoyage ethnique et continuité historique.



L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources                                   



Les  Dossiers   'Géopolitique et stratégie' de  Palestine

524 du 04-05

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be 

 

Sommaire

1-7  Robert Bibeau : Colonisation, nettoyage ethnique et continuité historique.

1-8 Alain Gresh : Quand la France laisse entrer les produits des colonies et poursuit ceux qui s’y opposent…

1-9 Antoine Raffoul : Israël : contre l’occupation totale, le boycott doit être total.

2 Annexe

2-1 Robert Bibeau : La maladie infantile de la résistance. 

2-2 La France coopérerait aux assassinats politiques perpétrés par le Mossad.

2-3 Roberto Livi : Les 007 d'Israël en action dans la "base Italie".

 


1-7  Robert Bibeau : Colonisation, nettoyage ethnique et continuité historique.

« Ceux (les palestiniens) qui voudront partir de Judée-Samarie nous les laisserons partir.

Ceux qui ne voudront pas partir de Judée-Samarie vivront comme des chiens. »  

Moshe Dayan.  Chef d’état major israélien.

 « Toute la terre que nous prendrons sera à nous. Ce que nous ne prendrons pas sera à eux (les palestiniens). » 

Ariel Sharon. Premier ministre d’Israël.

Ces deux hommes ont prononcé ces paroles à 30 ans d’intervalle.

Benjamin Netanyahou aurait pu répéter ces paroles cette semaine devant son conseil des ministres vingt ans après Sharon. Il y a bien continuité historique dans le développement de la politique sioniste de nettoyage ethnique et d’apartheid au pays du « peuple élu », cette terre que Yahvé aurait promise à « son » peuple et d’où sont exclus les goyim.

Samedi le 17 avril 2010 le premier ministre Benjamin Netanyahou a officiellement Informé le président américain Barak Obama qu’il rejetait toute requête l’intimant de cesser la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est (1).

Le mois précédent, dans un discours devant l’AIPAC, le fer de lance du lobby israélien à Washington, « bibi » avait déjà réitéré la mythologie mystique sur laquelle s’appuie les prétentions religieuses « juives » sur la terre de Palestine en déclarant : « Le peuple juif construisait déjà Jérusalem il y a 3.000 ans et il continue à le faire aujourd’hui. Jérusalem n’est pas une colonie. C’est notre capitale. ». Et Netanyahou d’ajouter : «Tous les gouvernements israéliens ont construit dans les "quartiers juifs" de la partie orientale de la ville sainte depuis sa conquête et son annexion en 1967.» (2).

Le premier ministre israélien a tout à fait raison, tous les gouvernements israéliens que ce soit ceux dit de « gauche » comme ceux d’extrême droite ont poursuivi l’occupation, la colonisation, l’exploitation des ressources, le nettoyage ethnique et la politique d’apartheid en Palestine occupée. Il y a bien continuité historique dans le développement du projet sioniste en Palestine.

Les positions sionistes défendues par Netanyahou et son gouvernement n’étant pas nouvelles, elles ne peuvent surprendre le gouvernement américain. Qu’est-ce donc qui a changé au sein de la sainte alliance (USA-Israël)  pour que les deux acolytes en soient venus à s’admonester sur la place publique ?

À cette question, deux réponses plausibles.

La première hypothèse ; le président américain aimerait bien contrebalancer ses déboires internationaux en Irak, en Iran et en Afghanistan et laisser une image positive de son règne par la « résolution » du conflit israélien.  Mais le puissant gouvernement de Tel-Aviv, soutenu par l’omnipotent lobby israélien à Washington, ne souhaite pas résoudre ce conflit avant d’avoir accaparer toute la terre de Palestine, du Jourdain à la Méditerranée, et cet attelage est en mesure de tenir la dragée haute au velléitaire  président des États-Unis d’Amérique. 

La seconde hypothèse ; le président américain aimerait bien contrebalancer ses déboires internationaux et renforcer la position américaine dans cette région du monde par un remodelage de ses alliances ou l’Iran et la Turquie notamment joueront un rôle beaucoup plus important. Pour cela, il est requis de « régler » le conflit israélien en assurant la création d’un État pour palestiniens sur le reste des 18 % de terre de la Palestine du mandat Britannique occupée mais pas encore nettoyée (ethniquement) ni colonisée. D’ailleurs, cette seconde solution est dans l’intérêt bien compris des sionistes israéliens qui se voient de plus en plus isolés sur la scène internationale en tant qu’État paria que les peuples du monde identifient de plus en plus comme une dangereuse source de guerre (3). C’est ce qu’ont compris les amis des sionistes (Bernard-Henri Lévy et Cohn Bendit). Pour assurer la survie de l’État ethnique et raciste pour « juif » seulement il faut créer une réserve pour palestiniens seulement, l’État bantoustan de Palestine.

D’aucun diront qu’a l’évidence la rebuffade que vient d’encaisser le président Obama à propos de la colonisation démontre que seule la première hypothèse tient la route. Il n’en n’est rien. De tout temps les gouvernements israéliens ont rechignés à rendre les territoires spoliés. Il en fut ainsi lors de l’invasion franco-britannico-israélienne du canal de Suez en 1957. Pourtant, quand Eisenhower leur intima l’ordre de déguerpir, ils se retirèrent en trainant les pieds. De même, après la guerre des six jours, en 1967, Les américains exigèrent le retrait du Sinaï afin de protéger l’accès au canal de Suez et ils l’obtinrent des israéliens. Aujourd’hui, les américains refusent qu’Israël attaque l’Iran et Israël n’attaquera pas l’Iran même si « bibi » rugit et psalmodie.

Mais alors comment comprendre la désobéissance du cabinet israélien et son rejet de l’ultimatum américain au sujet de la colonisation, condition de la reprise des « négociations de paix » ?  La tactique sioniste a toujours été la même. Gagner du temps, poursuivre la colonisation, s’accaparer de la plus grande superficie de terre possible, construire, spolier et placer tout le monde devant le fait accomplit, irrémédiable, irréversible, croit-il.  «Toute la terre dont vous vous emparerez sera à nous. Ce que vous ne prendrez pas sera à eux (les palestiniens) » disait Sharon. Netanyahou applique la politique de Sharon. « Ceux qui voudront partir de Judée-Samarie, nous les laisserons partir. Ceux qui resteront vivront comme des chiens » disait Dayan, effectivement les palestiniens vivent comme des chiens en Palestine occupée.

Netanyahou espère gagner du temps, poursuivre la colonisation pour à la fin se rendre à la table de négociation visant à conclure un traité de « paix » et créer l’État bantoustan palestinien sur ce qui restera alors des 18 % de la terre palestinienne pas encore colonisée. La portion congrue. L’espérance du gouvernement israélien rebelle c’est que ce reste des 18 % sera aussi petit que possible à défaut de n’être rien du tout. Mais pour que ce reste ne soit plus rien du tout il faudrait extrader les cinq millions de palestiniens qui habitent toujours leur terre de Palestine expropriée et nous voyons mal comment un tel transfert pourrait être se faire quand on connaît la résilience du peuple Palestinien.   

Les collaborateurs palestiniens de l’occupant israélien sont tout à fait prêt à gérer quelques villes emmurées qu’ils appelleront pompeusement l’État palestinien comme ils ont auparavant qualifié d’Autorité palestinienne, une superstructure de gestion des terres et d'un peuple sous occupation.

Ils espèrent, sans résister, mais en pleurnichant auprès du président Obama que les sionistes leur laisseront quelques villes exsangues à gérer pour le compte de la puissance coloniale.

Dommage pour eux comme pour les sionistes, ainsi que pour l’autorité américaine, mais le peuple Palestinien et son leadership résistant ne l’entendent pas de cette façon et il y a fort à parier que le problème palestinien ne trouvera pas sa solution au cours des prochaines négociations de Washington car il y a continuité historique dans la résilience de ce peuple valeureux.

ANNEXE

Israël rejette officiellement la demande des Américains pour une suspension des constructions à Jérusalem-Est   Agence France Presse. Jeudi le 23 avril 2010.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a officiellement rejeté la requête du président américain Barack Obama pour une suspension de toutes les constructions à Jérusalem-Est, a-t-on appris auprès de son entourage.
On précise de même source que Netanyahou a transmis sa réponse à Obama pendant le week-end. Cette position n’est pas nouvelle de la part des Israéliens et il s’agit d’un obstacle important à une reprise des pourparlers entre l’État hébreu et les Palestiniens.
L’émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell arrive jeudi dans la journée en Israël.  Les Palestiniens souhaitent faire de Jérusalem-Est la capitale d’un futur État, tandis que l’État hébreu tient la ville pour sa capitale éternelle et indivisible.

23/4

Robert Bibeau

 

(1)     Source : http://www.aloufok.net/spip.php?article1758
(2) Source : http://www.aloufok.net/spip.php?article1617
(3) « Mauvaise image d’Israël dans le monde » http://www.aloufok.net/spip.php?article1764

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html
http://boycottisraelinternational.com

26 avril

http://www.indymedia-letzebuerg.net/index.php?option=com_content&task=view&id=50021&Itemid=28

http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito23-4-2010.html


1-8 Alain Gresh : Quand la France laisse entrer les produits des colonies et poursuit ceux qui s’y opposent…

Un document confidentiel du ministère de la justice

La Cour de justice de l’Union européenne vient d’adopter une importante résolution dont témoigne un communiqué de presse du 25 février, « Des produits originaires de Cisjordanie ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel de l’accord CE-Israël ».

« La Cour statue que les produits originaires de Cisjordanie ne relèvent pas du champ d’application territorial de l’accord CE-Israël et ne sauraient donc bénéficier du régime préférentiel instauré par celui-ci [1]. Il s’ensuit que les autorités douanières allemandes pouvaient refuser d’accorder le traitement préférentiel prévu par cet accord aux marchandises concernées au motif que celles-ci étaient originaires de Cisjordanie. »

« La Cour rejette également l’hypothèse selon laquelle le bénéfice du régime préférentiel devrait être, en tout état de cause, octroyé aux producteurs israéliens installés en territoires occupés soit en vertu de l’accord CE-Israël soit sur la base de l’accord CE-OLP. La Cour relève que des marchandises certifiées par les autorités israéliennes comme étant originaires d’Israël peuvent bénéficier d’un traitement préférentiel uniquement en vertu de l’accord CE-Israël, pourvu qu’elles aient été fabriquées en Israël. »

Pourtant, malgré cette résolution, qui confirme bien d’autres déclarations, le gouvernement français se garde bien de toute action contre ces importations illégales qui contribuent à l’extension des colonies que, par ailleurs, verbalement, il condamne.

En revanche, il a décidé de poursuivre ceux qui, exaspérés par la paralysie de la communauté internationale, se battent pour que ces produits n’entrent pas en France et pour que les entreprises françaises désinvestissent – faisant par exemple campagne contre Veolia et Alstom qui construisent un tramway à Jérusalem.

Depuis plusieurs semaines déjà, le gouvernement français a développé une campagne calomnieuse contre ceux qui s’élèvent contre l’entrée des produits des colonies, prétendant qu’ils veulent boycotter les produits cashers !

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la justice, a, quant à elle, effectué un virage à 180 degrés sur cette question (lire Dominique Vidal, « Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis », La valise diplomatique, 22 février 2010).

Avec le zèle des nouveaux convertis, elle a entériné le 12 février une « dépêche » de la direction des affaires criminelles et des grâces aux procureurs généraux près les cours d’appel. Ce texte confidentiel, que l’on trouvera ci-dessous (PDF), confirme d’abord ce que nous écrivions dans Le Monde diplomatique au mois de juin 2009, à savoir que « l’indépendance de la justice n’est plus un dogme ».

M. Jean-Marie Huet, directeur des affaires criminelles et des grâces, écrit :

« Depuis le mois de mars 2009, plusieurs procédures faisant suite à des appels au boycott de produits israéliens (...) ont été portées à la connaissance de la direction des affaires criminelles et des grâces. (...) Il apparaît impératif d’assurer de la part du ministère public une réponse cohérente et ferme à ces agissements. A cette fin et dans la perspective éventuelle d’un regroupement des procédures (...) j’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir porter à la connaissance de la direction des affaires criminelles et des grâces tous les faits de cette nature dont les parquets de votre ressort ont été saisis. »

Et, au cas où les procureurs n’auraient pas compris leur devoir :

« Si certaines procédures ont déjà fait l’objet de classements sans suite, vous prendrez soin d’exposer de manière détaillée les faits et de préciser les éléments d’analyse ayant conduit à cette décision. »

Ce que l’on attend avec intérêt, c’est la dépêche du ministère demandant aux procureurs de poursuivre les magasins qui vendent des produits israéliens entrés illégalement dans le pays, car sans mention du fait qu’ils ont été fabriqués dans des territoires que la France continue de considérer comme occupés.

Dépêche de la direction des affaires criminelles et des grâces

Notes

[1] La faible taxation des produits israéliens est l’objet principal de l’accord d’association avec Israël, signé en 1995 et entré en vigueur en 2000. De nombreuses organisations dans le monde demandent la suspension de cet accord. Pour en savoir plus, voir le site de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS)-France.

Alain Gresh

jeudi 18 mars 2010,

http://blog.mondediplo.net/2010-03-18-Quand-la-France-laisse-entrer-les-produits-des


1-9 Antoine Raffoul : Israël : contre l’occupation totale, le boycott doit être total.

Antoine Raffoul argumente : l’occupation israélienne étant totale et soutenue par pratiquement toutes les institutions et les entreprises du pays, il doit en aller de même pour le boycott d’Israël, qui sera total et intransigeant.

Dans son article “Moment of truth” (ici en français) publié sur le site Electronic Intifada, le 4 mars 2010, Rifat Kassis pose une bonne question : que signifie le « boycott », quelle est sa portée et son contenu ?

Nous, membres de 1948 : Lest We Forget souhaitons répondre à ceux qui appellent à un boycott sélectif d’Israël, et défier ceux qui nous mettent en garde, nous Palestiniens (et beaucoup de militants internationaux, par la même occasion) qui critiquons Israël contre les accusations d’« antisémitisme » (bien que nous soyons Sémites). Nous souhaitons également défier les politiciens qui réclament un nouveau cycle de négociations (proximité ou autrement) sur la question Palestine-Israël, car nous avons perdu le compte du nombre de pourparlers qui se sont tenus les 62 dernières années. Tous en vain. En fait, à chaque série d’entretiens, la Palestine rétrécit davantage et sa population est confinée dans des douzaines de Bantoustans.

Un boycott ne peut plus être sélectif. Comme M. Kassis l’a écrit : « l’occupation n’est pas une prise de pouvoir aléatoire et elle ne se déroule pas sur quelque terre éloignée : c’est une matrice complète de contrôle, stratégique, cohérente, délibérée, historiquement construite, extérieurement tolérée... » et, ne l’oublions pas, mise en œuvre sur la terre palestinienne.

Ceux qui réclament un boycott sélectif ne comprennent pas que les décisions prises en Israël, à l’intérieur des territoires palestiniens occupés et dans l’ensemble de la Palestine historique, le sont par les dirigeants sionistes (et leurs collaborateurs), dans le but d’annexer, d’occuper et de nettoyer la totalité des territoires palestiniens, pas simplement ceux qui correspondent à la résolution 181 des Nations unies ni à la ligne d’armistice de 1947 ni aux territoires conquis en 1967, mais l’ensemble de la Palestine historique. La récente prise de bec entre l’administration étasunienne et Israël au sujet de la question des colonies prouve que l’aile la plus à droite de l’administration israélienne de Benyamin Netanyahu est décidée à multiplier les colonies dans l’ensemble de Jérusalem-Est annexée et dans le reste de la Cisjordanie.

Nous ne pouvons pas balayer les 62 dernières années de l’occupation sioniste illégale en nous contentant d’accepter un statu quo temporaire dans l’attente d’un accord sur le statut final. Ces 62 années douloureuses ne peuvent pas être subdivisées en zones coloniales nommées A, B, C, Gaza ou Jérusalem. Elles ne peuvent pas être jetées dans les poubelles de l’histoire par un cessez-le-feu, un barrage routier ou un mur de ségrégation. L’occupation est totale et illégale ? Il doit en être de même pour le boycott : total et jugé légal.

Nous ne devons pas nous contenter de boycotter l’huile d’olive produite en Cisjordanie parce qu’elle est produite dans une colonie illégale en Cisjordanie ; nous devons également boycotter tous les produits fabriqués dans toutes les colonies illégales. Nous ne devons pas simplement boycotter une institution académique impliquée dans des projets militaires financés par l’État, nous devons également boycotter d’autres établissements impliqués dans des activités culturelles, scientifiques et scolaires financées par l’État. Nous ne devons pas nous contenter de boycotter des équipes de sportifs israéliens jouant internationalement sous la bannière israélienne, mais boycotter également une compagnie de danse ou de théâtre israélienne envoyée à l’étranger pour blanchir l’image fasciste d’un Etat fasciste cruel. Nous devons non seulement boycotter Caterpillar parce qu’il démolit des maisons et déracine les oliveraies palestiniennes, nous devons également boycotter les entreprises qui fournissent le sable et le ciment pour la construction du mur d’apartheid .

Nous défions ceux qui réclament un boycott modéré et sélectif de nous trouver un établissement israélien, grand ou petit, qui ne fait pas partie de cette matrice de contrôle qui suffoque notre nation palestinienne. Comme cette occupation est totale et impitoyable, il doit en être de même pour notre lutte visant à y mettre fin. Comme l’occupation israélienne cruelle couvre toute la Palestine historique, il doit en être de même pour l’appel que nous lançons afin de renverser le processus qui a mené à cette occupation pour le remplacer par un système de démocratie et de justice englobant toute la Palestine historique. Une Palestine pour toute sa population, qu’elle soit juive, musulmane, chrétienne, copte, athée ou non-conformiste.

Pour atteindre ce but, il nous faut un boycott total de l’État sioniste. Pour atteindre ce but, nous devons identifier cet État. Pour identifier cet État, nous devons démêler la politique de l’intrigue qui a produit la résolution 181 de l’ONU préparant le terrain pour la création de cet État. Afin de démêler la politique embrouillée de cette résolution, nous devons nous atteler à dépoussiérer les archives officielles qui remontent à la déclaration Balfour de 1917. Nous devons creuser profondément dans la politique et les personnalités obscures qui ont donné la nation d’un peuple à un peuple regroupant de nombreuses nations. Et le comble est que ceci a été fait contre la volonté de plus de un million de Palestiniens autochtones.

Nous avons fermé la boucle maintenant et par conséquent notre boycott doit être un boycott total.

Par conséquent, ne nous contentons pas de lire les pages d’un seul chapitre de cette saga sans nous plonger dans les autres parce qu’il serait plus facile « d’oublier le passé ». Israël n’a jamais cédé sur ses objectifs, ses buts ou son agression déterminée contre le peuple palestinien. Il n’a jamais cessé de défier le droit international. Il n’a jamais infléchi son arrogance envers son allié le plus puissant, les USA.

Pourquoi devrions- nous faire des compromis dans la bataille du boycott ?

Le premier remède à tout ce qui précède est un boycott total.

Un boycott total contre une occupation totale. C’est un minimum.

Antoine RAFFOUL

Source : Israel: total boycott against total occupation
Article original publié le 8/3/2010
Traduit par  Anne-Marie Goossens

Tlaxcala est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10338&lg=fr



2 Annexe

Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

2-1 Robert Bibeau : La maladie infantile de la résistance. 

Parlons du gauchisme petit bourgeois occidental maladie infantile de la résistance anti-impérialiste. J'aimerais clarifier la question des alliances au sein du Front Uni Anti-impérialiste. 

On nous propose ci-dessous (Annexe 1) un texte de « réflexion » sur les rapports que devraient entretenir  « La gauche » et le mouvement ouvrier avec les mouvements révolutionnaires et les mouvements de libération nationale populaires dans les pays colonisés ou néo-colonisés (Afghanistan, Palestine, Irak, Iran, etc.).

Contrairement à ce que laisse entendre l'opuscule (Annexe 1) le sujet n'est absolument pas nouveau, ni inconnu du  mouvement révolutionnaire. 

Ce thème a été traité abondamment dans le passé au moment de chacune des grandes luttes de libération nationale (Cuba, Chine, Algérie, Viet Nam, Cambodge, Afrique du Sud, Angola,  Timor Oriental, etc. etc. etc.  Aujourd'hui, ce débat est repris à propos des luttes en Irak, Liban, Iran, Népal,  Afghanistan, Palestine, etc.

Ces organisations que l'on nous cite dans l'article ci-dessous ne sont pas « La gauche » comme ou voudrait le laisser croire,  l’auteur fait brièvement mention de quelques organisations occidentales, il n’y a d’organisation de gauche d’un pays en guerre que le Parti Communiste du Liban qui est cité et qui se trouve justement le seul à adopter une position juste et conséquente à propos de l’importante question de FRONT UNI ANTI-IMPÉRIALISTE. 

Certaines organisations  ont un rôle et une tâche toute particulière à jouer dans le mouvement révolutionnaire, ce rôle s'appelle « semer la zizanie ». 

Il consiste à  frapper le mouvement révolutionnaire afin de le diviser sur n'importe quel sujet, à propos de tout et de rien et sous n'importe quel angle, tantôt en adoptant une position ultra gauchiste, ultra-radicale, et tantôt en faisant alliance et compromis avec n'importe qui, n'importe quelle organisation bourgeoise exceptée bien entendu avec les organisations révolutionnaires.

 À titre d'exemple, certaines organisations de la gauche canadiennes font de l'entrisme et font alliance avec les sociaux démocrates du NPD et avec le Parti Québécois dirigé par une multimillionnaire. Par contre, ces organisations ne peuvent pas accepter  un militant révolutionnaire musulman appuyant le  Hezbollah et portant la barbe surtout s’il est accompagné d’une femme portant le voile.              

 En terme clair ces gauchistes se sentent plus proches et davantage en confiance avec une arrogante multimillionnaire qui vend le peuple québécois aux américains, mais  ils ne peuvent s'approcher d'un pauvre gueux qui veut prendre les armes contre le pouvoir capitaliste canadien parce que ce dernier  porte la barbe et lit le Coran et que sa femme porte un foulard pendant qu'elle recharge le fusil mitrailleur de notre musulman pro-Hezbollah.  

Voilà, à peine caricaturer, la position de principe de ces organisations dites de gauche.  Tous et n'importe qui sauf les révolutionnaires.  Avec les musulmans le prétexte pour diviser est tout trouvé, ils  lisent le Coran et ils oppriment leurs femmes  (évidemment les Catholiques et les Anglicans et les Juifs et les  Hindouistes et les Mormons et les Baptistes n'oppriment pas leurs femmes dans les revues pornos et les films XXX, et ils ne lisent aucun missel et ne font aucune incantation à aucun Dieu, quel qu'il soit ?!...). 

 Citons maintenant un extrait de l'analyse (Annexe 1) qui nous est offerte : « La LCR signera même avec la section France du Parti communiste libanais, allié du Hezbollah, une déclaration commune de refus de déploiement des forces internationales et de refus de l’application de la résolution 1559 sur le désarmement du Hezbollah. L’affaire du voile « féministe et laïque » que Besancenot semble presque décrire comme un accessoire de mode, n’est que le reflet de la confusion idéologique qui règne aujourd’hui dans les rangs du NPA. Une clarification est nécessaire. »

Notez la façon dont l'auteur  regrette la signature d'une entente entre la LCR et le PCL qui dit-il est allié au Hezbollah que l’on devrait désarmer selon lui  (c’est exactement la position des sionistes et des américains). L'auteur préfère s'allier aux forces impérialistes. En effet, l'alliance du PCL et du Hezbollah s'oppose à qui ?  Au déploiement des troupes des pays impérialistes  (que l’auteur de l’extrait qualifie scrupuleusement, tel un journaliste  occidental,  "de forces internationales" ) sur le sol  libanais, troupe de la FINUL venue porter main forte à leurs amis sionistes mis en déroute par les dits révolutionnaires anti-impérialistes ( PCL et Hezbollah et autres forces dont des Chrétiens et des Druzes). 

Pour l'auteur  vaut-il  mieux l'occupation impérialiste du Liban et de GAZA que de lui imposer la vue d’un barbu le Coran à la main et d’une femme voilée ?

Compter sur d'autres organisations de gauche  comme il le souligne pour prendre la position la plus extrémiste qui soit au nom de l’antitotalitarisme et de la l’anti autoritarisme.  « A l’extrême gauche, seuls les anarchistes et Lutte ouvrière (revoilà nos trotskystes anarcho-syndicalistes. NDLR)  refusent de jouer les idiots utiles de l’islamisme en troquant leurs convictions anti totalitaires au nom de leurs sympathies palestinienne et antilibérale ». 

Les petits bourgeois de gauche sont tellement heureux de vivre et de prospérer au milieu de la « démocratie » libérale bourgeoise.  Ils ne ressentent nullement la dictature totalitaire des riches.  Ils peuvent fumés ce qu’ils veulent et consommé tout ce qu’ils aiment…voilà la liberté. L’aliénation ouvrière, la pauvreté des masses, l’esclavage des travailleurs et l’obligation totalitaire de mourir de faim dans les bidonvilles et les banlieues ne sont pas des privations de liberté pour ces derneirs, ce sont des contraintes qu’amènent au peuple la jouissance de la liberté et de la démocratie. Malheureusement, la démocratie permet de renflouer les banquiers mais elle ne laisse rien aux pauvres ce ne sont là que des malversations collatérales de la liberté et de la démocratie bourgeoise.

Évidemment, notre analyste  ne veut pas savoir pourquoi le Hezbollah et le Hamas sont si populaires parmi leurs peuples respectifs.   C'est parce qu'il connait déjà la réponse, sa réponse est celle des médias  impérialistes  américains; le Hezbollah et le Hamas sont des organisations étrangères venues d'Iran et former d'iraniens pour opprimer le peuple Libanais et le peuple Palestinien. Ce ne sont pas les sionistes ni les impérialistes qui sèment la guerre et oppriment et colonisent le Liban, la Syrie et la Palestine ce sont les islamistes dit-il !

  Le Parti Communiste du Liban a eu tout à fait raison de garder son autonomie organisationnelle, sa ligne politique et de faire alliance avec le Hezbollah révolutionnaire pour s'opposer au désarmement de la résistance et aussi à l'installation des troupes impérialistes  étrangères sur le sol libanais. C'est ce que l'on appel le FRONT UNI ANTI-IMPÉRIALISTE qui répond à la contradiction principale de notre époque. Le PCL a raison de faire alliance concrète,  les armes à la main,  avec tous ceux qui prennent les armes et qui tirent sur l'ennemi impérialiste et de faire alliance avec tous ceux qui sacrifient leur vie pour chasser les sionistes et les américains et les français du sol libanais et aussi avec tous ceux qui forgent le même FRONT-UNI en  Palestine.

 La contradiction PRINCIPALE de notre temps, la CONTRADICTION qui fait avancer l'histoire n'est pas la contradiction entre athée et islamiste ou entre juif et chrétien, c'est la CONTRADICTION entre les peuples et les puissances impérialistes mondiales.  Cette contradiction est partie de la plus vaste contradiction entre le capital et le travail, entre la classe ouvrière et la classe capitaliste, les deux seules classes internationalistes de notre période historique. D’autres classes ou section de classes cherchent à prendre position dans ce titanesque conflit global et les impérialistes font tout en leur pouvoir pour entrainer chaque classe secondaire  (paysan, petit bourgeois, intellectuel, professionnel, petits commerçants, artisans) de leur côté et pour leur  faire servir la contre révolution et les séparer de la classe ouvrière sous toute sorte de prétexte ou de contradictions secondaires (la religion par exemple, la langue, le racisme, l'immigration, le sexisme, conflit de génération, le sous-emploi, la paupérisation et les charges sociales, l'éducation, les services de santé, etc.). 

Le prolétariat à travers ses organisations de classe doit tout faire pour entrainer ces classes secondaires, fragments de classes, ou classes déchues ou en voie de disparition et de désintégration du côté de la révolution et en opposition à l'impérialisme.  De toute façon le développement impérialiste entraine inéluctablement la paupérisation de ces fractions de classe qui se retrouvent à "travailler plus pour gagner toujours moins".   

 Voilà pourquoi nous répétons depuis des années que la question religieuse (nous dirions de même à propos de la question linguistique au Québec) est une contradiction au sein du peuple que nous ne devons pas laisser s'envenimer, ni ériger en contradiction antagoniste entre fractions de classe ou entre la classe ouvrière et la petite bourgeoisie et les intellectuels, afin de ne pas diviser les forces révolutionnaires anti-impérialistes. On doit traiter de ces contradictions secondaires au sein du peuple, loin des yeux et des oreilles des capitalistes, avec patience et longue, très longue durée et sans jamais mettre en péril le FRONT UNI ANTI-IMPÉRIALISTE.

C'est ce que fait le  Parti Communiste Libanais et nous l'en félicitons.

Robert Bibeau

Marxiste-Léniniste.

18 mars 2010

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html


2-2 La France coopérerait aux assassinats politiques perpétrés par le Mossad.

Selon une enquête du journal tunisien Dounia El Watan, cité par Al-Manar, l’assassinat du dirigeant du Hamas Mahmoud Mabhouh à Dubaï, le 20 janvier 2010, aurait nécessité une équipe bien plus importante que celle déjà mise en cause par les Emirats arabes unis.

Aux tueurs, il faudrait ajouter une équipe de repérage des lieux dirigée par un ancien responsable sécuritaire de la Tunisie, Ahmad Bannour.

M. Bannour vivrait actuellement en exil en France et aurait constitué une cellule de renseignement pour le compte joint des services israélien et français.

Ahmed Bannour a fuit la Tunisie après la découverte de ses activités d’espionnage au profit du Mossad israélien. Profitant de ses responsabilités au sein de l’Etat, il avait organisé le bombardement du siège du Fatah à Tunis, le 1er octobre 1985 —auquel Yasser Arafat (dit Abou Ammar) échappa—, puis l’assassinat d’un autre leader palestinien, Khalil Al-Wazir (dit Abou Jihad), le 16 avril 1988.

Sous couvert d’une société française qu’il contrôlerait, Ahmed Bannour aurait envoyé deux « hommes d’affaire » français et une équipe de techniciens négocier à Dubaï un contrat d’installation d’ascenseurs. A cette occasion, les agents français se seraient procuré les plans de l’hôtel où Mahmoud Mabhouh devait descendre ainsi que ceux du système de sécurité de l’hôtel.

La société française de M. Bannour est par ailleurs citée dans une affaire d’espionnage actuellement pendante devant la Cour militaire du Liban. Elle a servi de couverture pour l’immigration à Beyrouth de ressortissants tunisiens et égyptiens travaillant pour le Mossad. Ceux-ci projetaient un attentat contre la radio de cheikh Hussein Fadlallah et l’assassinat du secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah.

http://www.voltairenet.org/article164902.html


2-3 Roberto Livi : Les 007 d'Israël en action dans la "base Italie".

L'Italie, paradis du Mossad
Dans un livre qui vient de paraître,  Eric Salerno raconte comment notre pays a toujours été un pays dans lequel les services secrets israéliens ont pu faire ce qu'ils voulaient (Zouaïter, Vanunu...).

Depuis 1948, lorsque Ada Sereni déclara à  De Gasperi: "Le gouvernement italien doit fermer un œil et si possible les deux sur nos activités dans ce pays".

Avril 1948. Dans son étude de Trente Alcide De Gasperi a une réunion privée et difficile.

La femme décidée qui lui fait face lui demande pratiquement carte blanche pour les opérations des agents de cet "Institut" qui, l'année suivante, deviendra le Mossad, les services secrets israéliens, presque un mythe pour les 007 du monde entier. Le Président du Conseil est hésitant. Depuis 1945, quand l'État d'Israël n’existait pas encore, l'Italie a été au centre d'une bataille géopolitique qui marquera toute la seconde moitié du XXème siècle. Et dont les effets se font encore sentir aujourd'hui.

Des dizaines de milliers de réfugiés juifs libérés des camps de la mort nazis se dirigent vers notre pays, les organisations sionistes cherchent à les faire entrer en Palestine sous mandat britannique, et surtout cherchent un soutien logistique - achats d'armes, entraînement - pour préparer  l’inévitable guerre fondatrice de l’ État d'Israël. Londres fait de la résistance, ne voulant pas s'aliéner les Arabes et être exclue du business pétrolier, les USA, leaders des Alliés, sont sur le point de supplanter la Grande-Bretagne comme puissance occidentale hégémonique et soutiennent le nationalisme israélien, l'Union soviétique de Staline joue ses cartes pour contrer l'influence US au Moyen-Orient.
L'Italie est encore un pays à faible souveraineté. De Gasperi comprend qu’il doit s’aligner et accepte la demande d'Ada Sereni, juive romaine émigrée en 1927 dans le «foyer national juif» en Palestine et retournée au pays d'origine en tant que chef du Mossad : " Le gouvernement italien doit fermer un œil et si possible les deux sur nos activités dans ce pays. "
Dès lors, l'Italie devient une sorte de terre promise par des agents israéliens. De l’'immigration clandestine de survivants de l'Holocauste au trafic d'armes, des attentats  antibritanniques au sabotage de navires et d’ usines travaillant pour les pays arabes, des assassinats ciblés des Palestiniens à des "transferts extraordinaires" avant la lettre, des tentatives de déstabilisation politiques aux opérations clandestines dans le cadre de
la Guerre froide.
Depuis plus de 60 ans, les hommes du Mossad ont agi dans leurs bases italiennes avec la complicité de nos services - détournés ou non - et les gouvernements qui ont fermé les deux yeux au point de porter atteinte à la souveraineté nationale italienne.

Comme on le voit, c'est un sujet brûlant que traite Eric Salerno dans son dernier livre, " Mossad base Italia " (Il Saggiatore, 258 pages, 19 euros), qui vient de paraître.
Raconter et reconstruire “les actions, les intrigues, les vérités cachées" de ces 60 ans ne signifie pas seulement avoir à s’immerger dans le marécage des intrigues italiennes, avec le risque de se noyer dans des dossiers falsifiés ou vides, des services détournés, des connexions entre pouvoir et mafia, les sables mouvants des opérations secrètes, la désinformation répandue à pleines mains. Cela implique également de prendre à bras-le-corps l’enchevêtrement de la politique moyen-orientale, d’Israël et de la question juive.
C’est là l'un des nœuds politiques les plus difficiles. Surtout après le 11 Septembre et la guerre sans merci contre le terrorisme, qui est devenu, par antonomase, le terrorisme islamique ou le «choc des civilisations entre l'Occident et “des régimes et organisations qui veulent en saper les fondements démocratiques.”
Parler d'Israël en termes laïques implique souvent chez nous de devoir affronter  l'accusation prévisible d'antisémitisme (comme cela est déjà arrivé à Salerno à l’occasion de la parution de son ouvrage éclairant: Israele, la guerra dalla finestra  [«Israël, la guerre de la fenêtre»], publié en 2002), ou de vouloir saboter le  rempart moyen-oriental contre le terrorisme islamique.
Mais Salerno y réussit grâce à sa connaissance du sujet – comme envoyé puis en tant que correspondant du Messaggero à Jérusalem ces 30 dernières années - et un professionnalisme laïque mais pas aveugle, une chose désormais rare dans le journalisme italien.
Si l'écriture est déliée, colorée, presque dans un style de roman, “Mossad base Italia”  n'est pas une fiction. L'épine dorsale du livre, ainsi que l'étincelle qui a déclenché l'enquête, vient du contact avec Mike Harari, un des hommes clé du Mossad en Italie avec Yehouda Araz, personnage clé du roman Exodus, joué par Paul Newman dans le  film homonyme.
L'ancien chef des 007  israéliens accepte  de raconter sa vérité. Un scoop bien sûr, mais Salerno est conscient que les récits et révélations contiennent des pièges. D’ailleurs, «Mike» dit clairement que s’il disait tout ce qu'il sait, il serait alors forcé de "tuer" son adversaire.
Derrière lui, en Italie, Harari a laissé une série d’intrigues, d assassinats politiques, d’ alliances difficiles à accepter sur le plan éthique, avec les fascistes purs et durs de
la Xa Mas 1, avec l'organisation d’anciens SS  Odessa, d'opérations qui ont violé la souveraineté italienne.
Pour cette raison, de longues conversations avec «Mike» sont le point de départ, suivi par des investigations personnelles complexes, dans les archives d'État, les journaux, les archives US de
la CIA et celles de la Haganah et du Palmach en Israël, des entrevues avec des personnages clé. Le tout accompagné par une réflexion approfondie pour éviter les pièges de la désinformation ou du langage idéologique.
Les faits relatés n'en ont pas besoin. On entre dans des histoires difficiles à imaginer et jamais révélées à ce jour, du moins avec autant de sérieux et de manière aussi documentée.
Après les demandes formulées par Ada Sereni, De Gasperi avait répondu: «Alors, vous nous demandez de vous aider à gagner la guerre contre les Arabes." Mais il ensuite il accepte, parce que son parti (les démocrates-chrétiens) et son Italie républicaine (quoique formée aussi grâce à la résistance) ne peut pas survivre sans les USA.
Et la guerre israélo-arabe a ses ramifications en Italie, un pays qui a toujours joué un rôle clé dans
la Méditerranée.
Dan
s l’aéroport de la Ville éternelle on mettra en place une véritable base de formation et d’entraînement pour les pilotes de l'aviation juive naissante.
À Catane une piste sera utilisée pour le trafic - illégal – d’armes provenant des USA.
La Marine n’est pas en reste et, en 1954, elle accepte de former des cadets israéliens dans son Académie, demandant seulement que tout cela “reste confidentiel”.
Les services italiens collaborent ou regardent ailleurs. L'Italie est traversée par un flux clandestin d'armes (dont des tanks, des moteurs d'avion et les fameux “cochons”, les hommes-torpilles de
la Xa Mas) à destination de la Palestine, désormais divisée entre Israël et la Jordanie. Ce flux n'est pas interrompu pendant les trêves déclarées par les Nations unies.
Les agents juifs (avant même la création officielle du Mossad en 1949) peuvent frapper les entreprises italiennes qui vendent des armes aux Arabes, saboter les bateaux approvisionnant l'ennemi. En 1948, à la demande d’Ada Sereni, le bateau Lino, chargé d’armes italiennes acquises par
la Syrie, est bloqué par une bombe posée par des plongeurs israéliens. Puis d’autres sabotages et attentats.
L'Italie est également un territoire de choix pour l'espionnage de guerre.
On y expérimente un "transfert extraordinaire" avant la lettre: en septembre 1980, le technicien nucléaire israélien Mordechai Vanunu, coupable d’avoir dénoncé la fabrication d’engins nucléaires à la centrale de Dimona, est enlevé à Rome par des agents israéliens.
Pour contrer toute manœuvre de rapprochement de Rome avec les pays arabes, le Mossad entre de plain-pied  dans la politique intérieure et étrangère de l'Italie.
Aldo Moro, un des dirigeants démocrates-chrétiens favorables à un accord avec les Palestiniens, en était conscient. Il confiait à l’ancien secrétaire adjoint de
la Démocratie chrétienne Giovanni Galloni: « "Ma préoccupation est la suivante: que je sais avec certitude que les services secrets, aussi bien américains qu’israéliens, ont infiltré les Brigades rouges, mais nous n’avons pas été avertis de cela, sinon nous aurions trouvé leurs repaires."
Auparavant, les signaux n’avaient pas manqué. L'ancien président (du Conseil) Francesco Cossiga affirme que ce furent également des agents du Mossad qui firent sauter en plein vol, en novembre 1973, Argo 16, l’avion utilisés pour les "transports clandestins" de Gladio, l'organisation antisoviétique voulue par les USA. C’était une riposte à la libération, décidée justement  par Moro, de deux terroristes palestiniens qui avaient tenté d'attaquer un avion de la compagnie aérienne israélienne El Al sur le tarmac de Fiumicino.
Vengeance. Le mot n'apparaît jamais dans les dossiers officiels d'Israël. Mais c’est le mot d’ordre lancé par le Premier ministre israélien de l’époque Golda Meir, “la femme avec des couilles”. Vengeance  pour les athlètes israéliens enlevés par des militants de Septembre Noir lors des Jeux olympiques de Munich en 1972 et tués pendant l'attaque des forces spéciales allemandes.
La première victime de la vengeance tombera à Rome sous les balles d'une équipe du Mossad, conduite justement par Harari. Wael Zouaïter, intellectuel palestinien et représentant du Fatah, est criblé de balles dans le hall de sa maison. Peu importe qui n’ait rien eu à voir avec le terrorisme, étant plutôt un critique féroce de Septembre Noir. Il fallait un signal fort et clair que la branche armée d'Israël frappait implacablement. Juste Et c’est justement cet objectif même qui était le point faible de l'opération décrite dans le film de Spielberg.

Le corps de Wael Zwaiter, Palestinien de Naplouse, 38 ans, cousin d'Arafat, résident en Italie depuis 16 ans : il travaillait à l'ambassade libyenne, c'était un fin lettré, il avait entre autres publié une traduction italienne des Mille et une nuits. Le Mossad l'assassina à Rome le 16 octobre 1972, tout comme il assassina Majed Abou Sharar en 1981, Kamal Hussein et Nazih Matar en 1982.

La vengeance devait être exemplaire et rapide. Ainsi, on frappe même au hasard, comme en Norvège, où un commando du Mossad a tué un serveur marocain qui n'avait rien à voir avec les Palestiniens: mais la police locale ne ferme pas les yeux, et l'un des tueurs du Mossad, capturé, vide son sac. Il révèle des détails de la transaction par laquelle Israël avait importé des tonnes d'uranium pour fabriquer ses bombes nucléaires. Pour Harari ce fut là une demi-bérézina.
Le “modèle Mossad” expérimenté aussi en Italie, est gagnant et devient un produit d’exportation.
Ses ex-agents sont recyclés en tant que chefs de la sécurité ou «conseillers» à travers le monde, pour escorter des navires ou surveiller des aéroports aux navires, des opérations secrètes et lucrative comme l’Iran-Contra-gate (des armes pour des terroristes antisandinistes au Nicaragua achetées avec de la cocaïne fournie par les cartels colombiens).
L’affaire de l'imam Omar enlevé à Milan par des agents de
la CIA – couverts par nos services - montre que les “transferts extraordinaires” doivent beaucoup aux techniques du Mossad, tandis qu’à Gaza et dans les territoires (palestiniens), les assassinats ciblés de dirigeants palestiniens sont considérés comme des moyens brutaux, mais destinés à sauvegarder la démocratie.
* La Xe Flottiglia MAS ou DECIMA MAS  était une unité de nageurs de combat de la marine royale italienne qui opérait au cours de la Seconde Guerre mondiale, commandée par le "Prince noir" Junio Valerio Borghese,  organisateur d' un coup d'État avorté dans la nuit du 7 au 8 décembre 1970 et mort en exil dans l'Espagne franquiste en 1974. [NdT]

Traduit pas Fausto Giudice

Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur et la source.

Mardi 16 février 2010

Source: TLAXCALA
http://www.tlaxcala.es/...

http://infosanonyme.blog.ca/2010/04/07/l-italie-paradis-du-mossad-les-007-d-israel-en-action-dans-la-base-italie-8323649/



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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