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07/05/2010

n° 5 - Journal du Yemen - 15-04 au 06-05 – Fin - : Yémen, nouvel enjeu idéologique et géostratégique.

n° 5 - Journal du Yemen - 15-04 au 06-05 – Fin - : Yémen, nouvel enjeu idéologique et géostratégique.



Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée US et ferment les oreilles aux autres sources.


Journal du Yémen

                  n° 5                  15-04 au 06-05

C.De broeder   &         M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire de la lutte pour la libération du territoire.

Tiré à part :

Les enfants sont les premières victimes du conflit.

Alerte à une situation alimentaire critique pour juillet.

2 Politique

a) Yémen du nord

b) Yémen du sud

3  Politique internationale

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 Quand les militaires assiègent une entreprise de presse pour étouffer une affaire de vengeance.(selon Reporters sans frontières)

4-2 Le Yémen occupera la deuxième place sur la liberté de l'information dans le monde arabe.

5  Dossier

5-1 Alain  Chouet : Al-Qaïda n'est qu'une marque qui rapporte et rien de plus.

5-2 Al-Qaeda est «en perte de vitesse, voire à l'agonie».

5-3 Philip Giralda : Les États-Unis sont devenus l'empire du mal.

6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

6-1 "Les Amis du Yémen": les donateurs appelés à honorer leurs engagements.

6-2 La route sera longue pour les fermiers de Saada.

7 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

7-1 Danielle Bleitrach : La lutte contre le terrorisme: l’exception et la règle

7-2 Yémen, nouvel enjeu idéologique et géostratégique.

8 Annexe

8 -1 Les dernières trouvailles de l'Occident assassin.

8-2 Comment obtenir l’attention à Copenhague ? 

 


5  Dossier

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Alain  Chouet : Al-Qaïda n'est qu'une marque qui rapporte et rien de plus.

 On s’en doutait mais il serait temps que cela soit dit ! 
Alors qui a intérêt à entretenir ce mythe ? Et surtout dans quel but ?

Alain Chouet

Salam,

Al-Qaïda n'est qu'une marque qui rapporte et rien de plus.

Effectivement on s'en doutait !

 Cependant les propos de ce monsieur restent trop partiels et tendancieux, ce sont clairement des certitudes qui proviennent des rapports qu'on lui remonte et qui sont loin de dire la vérité et de comprendre les motivations des gens dans d'autres contrés avec d'autres références et d'autres cultures.

 De plus, ce monsieur veut nous faire croire que les mouvements islamiques qui optent pour la violence le font pour s'accaparer le pouvoir et les richesses du pays, mais ceci est loin d'être vrai.

A l'origine, et depuis l'époque de Nasser, ces mouvements n'ont opté pour la violence, stupide et inutile, qu'en réaction presque désespérée à la répression terrible qu'ils ont subie par des régimes absolutistes, soutenus, voire fabriqués, soit par le bloc de l'Est ou bien par l'Occident.

Mais le point qui me semble le plus important que cet ancien directeur à la sécurité extérieure, un saint-ni-touche sans aucun doute, cherche à nous faire avaler, c'est que le danger qu'il faut combattre se trouve en vérité dans le mouvement des Frères Musulmans, qui est le mouvement principal qui a pignon sur rue et qui s'oppose politiquement aux régimes arabes pourris, notamment en Egypte et en Jordanie, et dont est issu le mouvement de résistance islamique en Palestine.

On peut être pour ou contre les points de vue des Frères Musulmans, mais c'est un mouvement populaire qui se renouvelle et se modernise avec des jeunes gens de haut niveau et devient donc l'ennemi à abattre.

Cela pourrait même dépasser le cadre des pays arabes et musulmans pour atteindre des organisations musulmanes en France, comme l'UOIF par exemple, et en Occident d'une manière générale, sous prétexte des liens qu'ils pourraient avoir avec les Frères Musulmans.

Il y a donc les musulmans « modérés » bien gentils qu'il faut encourager partout, et les exemples ne manquent pas, et des musulmans « extrémistes » qui semblent faire peur et qu'ils faut combattre !
 http://videos.senat.fr/video/videos/2010/video3893.html


5-2 Al-Qaeda est «en perte de vitesse, voire à l'agonie».

Ndlr : La publication de l'articlene signifie nullement que la rédaction partage l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

L'échec de l'attentat de Times Square témoigne-t-il de l'affaiblissement d'Al-Qaeda?

Jean-Pierre Perrin, grand reporter à Libération, a répondu à vos questions.

Que pensez-vous de cette tentative d'attentat à New York, info ou intox?
Jean-Pierre Perrin. Info, oui. Il y a effectivement une voiture piégée, un suspect arrêté, des explosifs découverts, reste que l'opération apparaît très artisanale, et n'évoque guère les capacités opérationnelles habituelles d'Al-Qaeda connue pour sa maîtrise des voitures piégées et des attentats suicides, comme l'ont bien montré l'Irak et l'Afghanistan.
Gilou. Cet attentat aurait-il pu être très meurtrier?
 Même si la voiture avait été piégée de façon très rudimentaire, l'endroit et l'heure de l'attentat auraient pu permettre un bilan effectivement très meurtrier. Times Square est situé à proximité des théâtres de Broadway et l'heure coïncidait avec l'ouverture des shows de la soirée.
Patricia. Que pensez de la revendication pakistanaise? Est-elle fiable?
 Oui, la revendication pakistanaise est tout à fait crédible. C'est-à-dire qu'elle émane effectivement d'un responsable de Tehrik-e Taliban Pakistan, mais cela ne signifie pas pour autant que ce mouvement a organisé l'attentat. Ce qui est intéressant c'est qu'il revendique un attentat raté. Jusqu'à présent, il ne revendiquait vraiment que les attentats réussis, d'où l'hypothèse que le mouvement des talibans pakistanais, très lié à Al-Qaeda, cherche tous les moyens pour montrer qu'il a des capacités opérationnelles importantes, alors qu'il est plutôt sur la défensive et en perte de vitesse.
Senseirazielus. A quel niveau pensez-vous qu'Al-Qaeda est affaiblie?

Cet attentat, si il est bien d'Al-Qaeda, ne montre-t-il pas, au contraire, que l'organisation est toujours présente et determinée?
 Al-Qaeda a visiblement perdu la bataille en Irak. Trop radicale, trop engagée dans le combat contre les chiites et les sunnites «modérés» elle a fini par susciter une hostilité viscérale des autres groupes islamistes sunnites contre elle. Elle a perdu la plupart de ses dirigeants, dont les deux derniers ont été tués il y a trois semaines par les forces irakiennes, appuyées par les Américains.
 Au Yémen, Al Qaeda n'a pas réussi à s'imposer, en dépit de tous les efforts qu'elle avait déployé dans ce pays. En Arabie Saoudite, la police l'a véritablement décimée.

En Afghanistan, son influence reste marginale sur les talibans. Reste le Pakistan où, effectivement, elle demeure puissante et bien implantée au sein du mouvement des talibans pakistanais. Dès lors, elle apparaît en perte de vitesse, voire à l'agonie, même si elle peut encore, de temps à autre, mener des opérations très meurtrières au Pakistan. En tout cas, à l'extérieur de ce pays, toutes les dernières opérations qu'elle a effectuées se sont traduites par des échecs.
Norbert. Qu'est-ce qui rapproche Al-Qaeda et les talibans pakistanais? Et pourrait les éloigner?
 A la différence des talibans afghans qui n'ont jamais été séduits par l'idéologie jihadiste d'Al-Qaeda, mais ont noué avec elle un mariage d'intérêts, les talibans pakistanais partagent l'idéologie d'Al-Qaeda. Ce n'est pas vraiment nouveau. Déjà, le New York Times, vers 1880, s'inquiétait de l'idéologie wahhabite dans ce qui allait devenir les zones tribales pakistanaises. Une large partie de la tribu des Mehsud, qui contrôle la majeure partie du sud Waziristan est actuellement gagnée par les idées d'Al-Qaeda, en particulier ses chefs qui ont fondé il y a quelques années le mouvement des talibans pakistanais. Celui-ci a donc été créé par des sympathisants d'Al-Qaeda, c'est la différence avec les talibans afghans.
Zulfiqar. Zulfiqar Hakimullah Mehsud est-il en vie, oui ou non? Contrôle-t-il encore quoi que ce soit dans sa tribu?
 On a pu croire, effectivement, que Hakimullah Mehsud avait bien été tué par des drones américains, même si le mouvement des talibans avait toujours refusé d'admettre sa mort.
 Il a réapparu en avril, à la faveur d'une vidéo, où on le voit en compagnie de deux gardes du corps. Puis une seconde fois où il montre sur une carte américaine des lieux possibles d'attentats, et profère des menaces contre les Etats-Unis. Il semble donc bel et bien en vie, peut-être blessé. L'attentat de Broadway n'a cependant pas été revendiqué par lui-même, ce qui pose des questions. En revanche, c'est un de ses proches qui s'est exprimé, peut-être pour le préserver.
Norbert. Où en est la lutte contre les talibans pakistanais? Qu'a donné l'opération dans le sud-Waziristan à l'automne?
 Pour la première fois l'armée pakistanaise a lancé la plus importante offensive sur la frontière est, déployant des dizaines de milliers de soldats. La conséquence a été la multiplication des attentats meurtriers sur tout le territoire pakistanais, y compris dans des villes comme Lahore, jusqu'à présent épargnée par de telles attaques. Il semble à présent que l'état-major pakistanais a bel et bien pris en compte l'ampleur de la menace des talibans. Mais il n'a pas pour autant renoncé à soutenir les talibans afghans, en qui il voit toujours des alliés possibles.
Gabriel. Peut-on craindre une implantation d'Al-Qaeda dans des «Etats faillis» comme la Somalie?
 Oui, il est certain qu'Al-Qaeda est à l'affût de tous les Etats musulmans, plus ou moins en faillitte. C'est pourquoi Ben Laden avait décidé de s'installer en Afghanistan en 1995. Le pays étant alors déchiré par une guerre entre les différentes factions de moudjahidins. La Somalie, où il n'y a plus d'Etat, est donc le lieu idéal d'implantation, d'autant plus que ce pays est situé à un carrefour stratégique. Al-Qaeda a tenté la même opération en Somalie, et s'est même employé à multiplier provocations et attentats dans le but de déclencher une réaction américaine violente, voire une attaque contre ce pays. On retrouve la stratégie habituelle de l'organisation qui ne peut que prospérer qu'à la faveur de larges crises, comme l'Irak et l'Afghanistan. Il est important pour elle de profiter des conflits afin de s'implanter. Sans crise majeure, Al-Qaeda est condamnée à une lente mais certaine agonie.

Dodcoquelicot. Où en est la France, l'Europe ? Ont-ils à craindre Al-Qaeda ou non ?
 La France, comme la plupart des pays européens engagés en Afghanistan ont effectivement à craindre des actions d'Al-Qaeda, comme l'a montré encore récemment la récente tentative d'attentat contre le métro de Barcelone. Cela dit, l'organisation apparaît très diminuée par ses échecs, par les coups qui lui ont été portés au Pakistan. Encore une fois, elle ne semble plus en mesure de monter des opérations d'envergure. D'où sa revendication forcenée de tous les attentats commis ici et là, même ceux qui sont ratés. Pour montrer qu'elle existe toujours, et qu'elle est toujours opérationnelle. Mais un constat s'impose: Al-Qaeda aujourd'hui est en déliquescence, sauf au Pakistan. Reste aux occidentaux à vaincre les talibans afghans, militairement et politiquement. Ce qui est une autre histoire.

/05/2010

http://www.liberation.fr/monde/1201286-attentat-rate-a-new-york-al-qaeda-est-elle-exsangue?xtor=EPR-450206


5-3 Philip Giralda : Les États-Unis sont devenus l'empire du mal.

Bien que nulle part dans le monde les États-Unis ne soient face à un ennemi capable de s'opposer à eux sur le champ de bataille, le budget de la Defense de 2011 sera augmenté de 7,1 pour cent par rapport au niveau actuel. Une grande partie des nouvelles dépenses iront dans des drones, la dernière contribution des USA à la civilisation occidentale, capable de surveiller de grandes surfaces de terrain et de délivrer la mort depuis le ciel. C'est une vision de la guerre typiquement zunienne, avec un « pilote » assis à un bureau à l’autre bout du monde, capable de détruire une cible tout en bas en appuyant sur un bouton. Hygiénique et automatique, c'est un peu comme un jeu vidéo, sans nettoyage salissant après. Diffusé récemment, le Bilan Quadriennal de la Defensedes États-Unis fait état de la manière dont le Pentagone développera une nouvelle génération de supers drones pouvant rester très longtemps en l'air pour frapper n'importe où et à tout moment dans le monde, afin de tuer ses ennemis. Certains supers drones pourront voler à des vitesses supersoniques et d'autres seront assez grands pour transporter des armes nucléaires.

Conçus pour la Marine, quelques-uns de ces nouveaux drones seront capables de décoller des porte-avions pour étendre la puissance zunienne même aux points chauds les plus lointains. Les drones sont particulièrement estimés par les décideurs car ils n’ont pas d’équipage, peuvent voler au ras du sol et violer « accidentellement » l'espace aérien de quelqu'un sans que ça n’aboutisse nécessairement à un incident diplomatique.

      L'une des raisons majeures pour lesquelles les États-Unis sont devenus l'empire du mal est dans l’adoption des drones comme arme de choix de Washington pour ses assassinats internationaux.

Les drones constituent le poing déployé de ce qui se référait d’habitude à la Doctrine Bush. En vertu de la Doctrine Bush, Washington prétend avoir le droit d'user de sa force militaire préventive à tout moment contre quiconque dans le monde, à partir du moment où la Maison Blanche détermine que cette action peut être interprétée comme une defense des États-Unis.

Le vice président Dick Cheney a défini la politique en termes de pourcentage, affirmant que, si une évolution quelque part dans le monde avait 1% de chance de mettre les Zuniens en danger, le gouvernement des États-Unis était tenu d'agir. Il convient de noter que le président Barack Obama n'a renié ni la Doctrine Bush, ni la résolution du 1% de Dick Cheney, et a même été jusqu'à prétendre que les États-Unis font des « guerres justes, » approuvées par le christianisme, une position contestée entre autres par le pape Benoît XVI. Loin d’éviter la guerre et le massacre, le nombre et l'intensité des attaques de drones ont augmenté sous Obama, tout comme le nombre de victimes civiles, auquel fait allusion le splendide euphémisme non ensanglanté de « dommages collatéraux. »

Des drones tuent en ce moment des gens en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie. Il convient de noter que les États-Unis ne sont pas en guerre contre tous ces pays. Dans un monde sain d'esprit cela devrait impliquer l’illégalité de ces meurtres en vertu tant du droit international que de la Constitution zunienne. Pour rendre difficile aux Zuniens de partir en guerre, les pères fondateurs des États-Unis se sont servis de contraintes constitutionnelles qui exigent du Congrès une déclaration de guerre. Malheureusement, ça ne marche pas comme ça. Les États-Unis sont embringués dans une guerre quasi continue depuis la Seconde Guerre mondiale, mais la plus récente déclaration de guerre véritable fut celle du 8 décembre 1941. Et puis il y a les opérations spéciales et clandestines qui couvrent le monde. À part Israël, aucun autre pays du monde n'a une politique avouée ouvertement d’agissements meurtriers contre des gens. On pourrait penser qu’en conséquence la communauté internationale regarderait en parias à la fois Tel Aviv et Washington, mais la peur de froisser la seule superpuissance du monde et son principal État satellite fait avorter la plupart des critiques. Les nations se sont en majorité résignées à laisser agir comme ils leur plaisent les équipes d'assassins et les drones armés des feux de l’enfer. Si l'Iran utilisait des drones et faisait la peau de ses ennemis en des lieux comme Dubaï, vous pourriez être sûr que la réaction serait vraiment différente.

Et ça ne s'arrête pas là. Eric Holder, l’Attorney Général (ministre de la Justice) d’Obama a en réalité bloqué toute enquête sur le recours à la torture des fonctionnaires zuniens, majoritairement de la CIA. L'administration prétend avoir cessé la pratique, mais a déclaré que personne ne sera puni pour avoir obéi à l’ordre de soumettre des prisonniers à la torture de la noyade, un argument qui était inacceptable au procès de Nuremberg en 1946 et qui ne devrait pas être acceptable maintenant. Les États-Unis sont signataires de l'accord international sur la torture et il y a aussi des lois fédérales et locales qui interdisent soit de la pratiquer, soit de la permettre. C’est pourquoi la décision du pouvoir consiste essentiellement à ignorer les crimes graves qui ont été commis contre des individus qui, dans de nombreux cas, étaient à la fois sans defense et totalement innocent.

Ça ignore aussi la participation des juristes du ministère de la Justice et des médecins de la CIA dans le processus, une participation que beaucoup auraient considéré à la fois immorale et contraire à l'éthique. Pire que tout, ça permet de laisser s’échapper de vrais criminels de guerre, des gens comme George Tenet et ceux de la Maison Blanche

qui ont approuvé cette pratique. Tenet, on s'en souvient, a reçu la Médaille présidentielle de la liberté et un contrat d’avocat de 4 millions de dollars. Il enseigne toujours à l’université Georgetown. Les juristes du ministère de la Justice, John Yoo et Jay Bybee, qui ont fabriqué l'argumentation juridique de la torture, sont maintenant respectivement professeur titulaire à Berkeley et juge à la Cour d'appel fédérale. On suppose que les véritables tortionnaires de la CIA seront toujours employés par le gouvernement fédéral ou bénéficieront d'une retraite confortable. Voilà pour le devoir de rendre des comptes pour les crimes de guerre sous le président Obama.

      Enfin, il y a l'assassinat. Le 3 février, Dennis Blair, le directeur du Renseignement intérieur, a fait remarquer lors d'un briefing au Congrès que les États-Unis se réservent le droit de tuer leurs citoyens à l'étranger quand ils sont « impliqués » activement dans des groupes considérés comme terroristes. L’implication est naturellement une expression très mouvante procurant une liberté maximum à ceux qui cherchent à faire un cas de l'exécution sommaire. Une liste de cibles implique une sorte de processus propre dans lequel un fonctionnaire du gouvernement prend une décision qui doit être basée sur des directives, mais elle ne permet pas à l'accusé de rejeter ou de contester la preuve contre lui. Il convient de noter également que personne au Congrès n’a objecté devant la déclaration de Blair, et que les médias n’ont guère signalé l'affaire. Ce qui suggère que la tolérance envers l’activité illégale et immorale imprègne désormais l’establishment. Comme l’a commenté Bruce Fein, l’ancien procureur général adjoint de Reagan, le pouvoir de suspendre les droits constitutionnels de quelqu’un à l'étranger peut être étendu à quiconque aux États-Unis. Il suffit de le déclarer combattant ennemi en vertu des clauses de la loi sur les commissions militaires. Bien que c’était un citoyen zunien, Jose Padilla a été démis de son droit constitutionnel en un procès équitable, et a été arrêté à Chicago, pas à l'étranger. Pouvons-nous anticiper les exécutions extrajudiciaires de citoyens zuniens aux États-Unis dans le cadre de la guerre contre le terrorisme ? Bien sûr que nous le pouvons.

      Trois chances et vous êtes fini, M. Obama. Votre régime tolère le meurtre préventif et le tir de missiles contre des habitants de pays qui ne sont pas en guerre avec lui, laisse en liberté les tortionnaires et ceux qui permettent la torture, et prétend avoir le droit d'assassiner ses propres citoyens partout dans le monde sur la base de preuves secrètes. Ronald Reagan a autrefois décrit sa vision des États-Unis comme une ville brillante sur une colline. Ces dix dernières années, la ville brillante est devenue l’États Voyou absolu, glorifié par la puissance et l'orgueil en dépit des signes visibles de déclin et de l’avancée inexorable vers une chute catastrophique.

Philip Giralda,

 Ancien officier de la CIA, Philip Giraldi est aujourd’hui conseiller de rédaction à l’American Conservative et associé à l’American Conservative Defense Alliance.

11 mars 2010

Antiwar.com,

Original : original.antiwar.com/giraldi/2010/03/10/the-rogue-nation/
Traduction copyleft de Pétrus Lombard
http://www.internationalnews.fr/article-l-etat-voyou-par-philip-giralda-47058363.html



6 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

6-1 "Les Amis du Yémen": les donateurs appelés à honorer leurs engagements.

Nb - Ndlr : La publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

Le vice-ministre yéménite du Plan, Hicham Charaf Abdallah, a exhorté lundi les donateurs à honorer leurs engagements financiers pris il y a près de quatre ans pour aider son pays, confronté à la pauvreté et à la menace d'Al-Qaïda.

"Le besoin se fait de plus en plus pressant pour la mobilisation des ressources" financières promises en 2006 à Londres pour "réduire la pauvreté et le chômage" au Yémen, a déclaré M. Abdallah au début d'une réunion des "Amis du Yémen", un forum des donateurs à ce pays pauvre de la péninsule arabique.

"Le gouvernement a entrepris des réformes (...), mais le chemin est encore long (...) pour relever les défis qui entravent l'œuvre de développement et sapent les fondements de la sécurité et de la stabilité", a-t-il ajouté.

Il s'adressait aux représentants d'une vingtaine de pays arabes et occidentaux, réunis pendant deux jours à Abou Dhabi.

"Les Amis du Yémen" est un forum créé lors d'une conférence internationale fin janvier à Londres avec l'idée de soutenir le Yémen face aux menaces d'Al-Qaïda, qui avait revendiqué la tentative d'attentat de Noël contre un avion de ligne américain entre Amsterdam et Detroit.

Fin février, une réunion des donateurs avait discuté à Ryad des moyens de débloquer le reste d'une aide de 5,7 milliards de dollars promise en 2006 à Londres, dont 2,5 milliards de dollars à la charge des monarchies pétrolières du Conseil de coopération du Golfe (CCG), voisins du Yémen.

"Jusqu'en 2009, le CCG a honoré 15% de ses engagements, et nous espérons porter ce taux à 30% cette année", a déclaré aux journalistes M. Abdallah, indiquant que les donateurs occidentaux continuaient à s'acquitter de leurs quote-parts à travers des programmes annuels de coopération bilatérale.

M. Abdallah devait présenter aux participants les projets prévus dans le plan quinquennal de développement du Yémen pour 2011/2015, dont le financement nécessite quelque 44 milliards de dollars.

Sanaa espère juguler le chômage qui touche 34% des jeunes dans un pays où 68% des habitants ont moins de 24 ans, et réduire la pauvreté qui frappe 40% de la population alors que les revenus pétroliers (70% des revenus de l'Etat), sont en baisse constante, a-t-il indiqué.

Le ministre adjoint émirati des Affaires étrangères, Khaled Ghanem Al-Ghaïth, a assuré Sanaa du soutien des donateurs, soulignant toutefois que la sécurité devait être améliorée.

Le Yémen est confronté à un mouvement séparatiste dans le sud et aux conséquences de la rébellion dans le nord.

Avant la réunion, Human Rights Watch (HRW) a exhorté les donateurs à lier leur aide au Yémen à la bonne gouvernance et au respect de la loi.

Les donateurs veulent s'assurer que leur aide soit bien utilisée dans un pays rongé par une corruption dénoncée par l'opposition et des ONG.

A cette fin, les "Amis du Yémen" prévoient une série de réunions techniques, avec une conférence ministérielle en mai à Ryad, puis une autre en septembre à New York, selon des responsables yéménites.

(AFP /)

http://www.romandie.com/ats/news/100329114154.3xrseba5.asp


6-2 La route sera longue pour les fermiers de Saada.

Selon des fermiers et des responsables, les fermiers du gouvernorat de Saada, dans le nord du Yémen, ont été fortement affectés par les récents combats entre les forces gouvernementales yéménites et les indépendantistes  Houthi chiites.
D’après Mohamed al-Emad, secrétaire général du conseil local de Saada, environ 60 pour cent des terres agricoles du gouvernorat ont été abandonnées, pillées ou endommagées lors des combats de 2008, mais « ce pourcentage pourrait être plus élevé pour les conflits de 2009, qui ont été plus violents, plus étendus et ont duré plus longtemps », a-t-il dit.
M. al-Emad a dit qu’environ 140 000 personnes dépendaient de la culture du grenadier et du pêcher à Saada. « Leurs moyens de subsistance sont menacés, car ils n’ont pas gagné suffisamment d’argent au cours de la récolte précédente, qui a coïncidé avec les conflits ».
Nombre de ceux qui ont fui les combats ont eu une très mauvaise surprise quand ils sont revenus inspecter leurs terres.
« Nous avons quitté notre maison à la mi-août [2009] – deux mois avant la récolte du maïs. Lorsque mon père est retourné à la ferme au début du mois de mars [2010], il s’est rendu compte que ce qui restait ne pourrait être utilisé que comme fourrage », a dit à IRIN Yahya Ali al-Qadhi, 27 ans, originaire du district de Razih, dans le sud du gouvernorat.
M. Yahya et sept membres de sa famille vivent dans une tente, dans la région de Khaiwan, dans le gouvernorat voisin d’Amran.
« La ferme constituait notre principale source de subsistance depuis plusieurs années. Nous récoltions trois tonnes de maïs par an. Nous en consommions une demi-tonne et nous vendions le reste pour subvenir à nos besoins », a dit M. Yahya.
Les membres de la famille de M. Yahya comptent rentrer chez eux, mais ils s’inquiètent de savoir comment ils vont survivre. « Si nous rentrons…, il nous faudra des revenus pour tenir jusqu’à la prochaine récolte », a-t- il dit.
Fruits pourris
Khalid Abdullah al-Jabri, responsable du Bureau de l’agriculture et de l’irrigation de Saada, a dit à IRIN que tous les fermiers du gouvernorat avaient été touchés par les combats.
« Des dizaines de milliers de fermiers ont fui, laissant derrière eux des récoltes à mi-maturité. Ceux qui sont restés…n’ont pas pu mettre leurs produits sur le marché », a-t-il dit.
Les grenades, le raisin et les pommes étaient sur le point de pourrir, a-t-il dit, ajoutant que nombre de fermiers n’ont eu d’autres solutions que de les emporter dans les camps pour les personnes déplacées de Saada.
M. al-Jabri a indiqué que 70 pour cent de la population du gouvernorat de Saada (estimée à 795 000 par le Bureau central des statistiques) vivait de l’agriculture.
Pénurie de carburant et d’eau
De plus, les personnes qui sont restées, particulièrement les populations des régions du sud et de l’ouest de Saada, ont eu des difficultés à irriguer leurs cultures en raison du prix élevé du gazole qui alimente les pompes des puits artésiens.
« Le prix du gazole est passé de 35 rials [0,17 dollar] à 150 rials [0,73 dollar] le litre. Le prix de l’eau qui provient des puits a donc sensiblement augmenté », a dit à IRIN Saad al-Sayyaghi, un producteur de grenades du district de Sahar, à Saada.
« Les producteurs de grenades ont arrêté d’irriguer leurs cultures après que le prix de l’eau provenant des puits est passé de 1 500 rials [7,34 dollars] à 4 000 rials [20 dollars] de l’heure », a-t-il dit. De nombreuses stations d’essence ont fermé et les camions n’ont pas pu entrer dans le gouvernorat durant les combats (d’août 2009 à février 2010).
Les fermiers ont besoin d’aide
Selon Ismail Muharram, directeur de l’Autorité de recherche agricole du ministère de l’Agriculture, qui a son siège dans la province de Dhamar, au centre du Yémen, les fermiers déplacés ont besoin de toute l’aide disponible.
« S’ils ont de la nourriture et de l’argent pour couvrir les dépenses de fonctionnement de leur ferme jusqu’à la prochaine récolte, les fermiers déplacés envisageront de rentrer chez eux et de cultiver leurs terres », a-t-il ajouté.
Selon M. Muharram, le gouvernement prévoit de vendre des tracteurs aux fermiers de Saada à moitié prix et de leur accorder des prêts à des conditions favorables afin qu’ils puissent les payer en plusieurs versements.
Selon un
rapport de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié en décembre 2009, les fermiers ont un besoin urgent et crucial de semences.
On estime à deux millions de personnes, y compris les communautés affectées par les conflits, les réfugiés et les autres personnes vulnérables, le nombre de Yéménites risquant d’avoir à faire face à l’insécurité alimentaire et d’avoir besoin d’une aide alimentaire ciblée, évaluée à 100 000 tonnes pour l’année 2010.

21 avril 2010 (IRIN) -

http://www.irinnews.org/FR/ReportFrench.aspx?ReportId=88881 



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

7-1 Danielle Bleitrach : La lutte contre le terrorisme: l’exception et la règle

En matière de terrorisme et de guerres censées lutter contre ce péril, il y a un travail psychologique qui fait étrangement songer à la pièce de Berthold Brecht: l’exception et la règle.

Ce que nous décrit Brecht est l’histoire d’un riche marchand qui traverse le désert avec un guide et un coolie qui porte son énorme barda. Dans la première partie on assiste à la montée de la peur du riche marchand née  du constat de sa faiblesse et de sa solitude face à deux individus avec lesquels il se conduit comme un salopard. En proie à une tension extrême il renvoit le guide qui a mauvais esprit. Mais le soir alors qu’il frise la paranoïa intégrale, il finit par abattre le coolie d’un coup de pistolet, car celui-ci lui tend une gourde d’eau pour qu’il se désaltère, et le marchand croît que c’est une pierre destinée à l’assommer.

La deuxième partie de la pièce décrit  procès du marchand, un procès trés froid, une certaine conception de la justice de classe, une logique implacable et glacée qui aboutit à l’acquittement du marchand assassin. Le comportement du coolie (donner à boire à son bourreau)est totalement anormal pour le tribunal et donc la sentence d’acquittement est :  «L’accusé a donc agi en état de légitime défense : peu importe qu’il ait été réellement menacé ou qu’il se soit cru menacé. Dans la situation où il se trouvait, il devait se croire menacé. L’accusé est donc acquitté

On voit que nous sommes au coeur de tous les problèmes de sécurité et de légitime défense des paranoïas occidentales, celles qui relient les peurs quotidiennes exaspérées par « l’étranger » dans nos murs, à l’étranger terroriste à nos frontières. Nous les traitons si inhumainement qu’ils ne peuvent que nous vouloir du mal, c’est dans le fond ce que nous répètent nos médias dans des messages sublimaux, alors que le discours officiel est du pathos humanitaire:  il faut se protéger tout autre comportement serait illogique et quoique nous fassions nous sommes en état de légitime défense.

Que l’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas : le pauvre homme ou la pauvre femme qui craint pour son emploi, qui a du mal à joindre les deux bouts, serait aussi responsable que le complexe militaro-industriel, l’OTAN, la CIA, leurs médias aux ordres et autres grands « humanitaires » qui provoquent cette vision paranoïaque y compris en fabriquant des attentats pseudo terroristes, en créant des débats sur le choc des civilisations. Créer entre eux un signe d’égalité en matière de responsabilité  est une autre dimension du discours dominant. Quand une responsabilité est déjà reconnue, elle est une des rares choses qu’ils offrent au partage égalitaire, nous sommes tous des colonialistes, nous étions tous à Vichy et Montoire,etc… « NOUS » sommes tous également coupable, moi et monsieur Dassault sommes aussi coupables de ce qui se passe en Afghanistan.

Et bien non, cela ne se passe pas ainsi…  

Le fait est que la majorité de la population française est  presque autant victime que l’immense majorité  des pauvres peuples qui subissent l’invasion, le chaos, la peur quotidienne.

Cependant il ne faudrait pas ignorer que pour ces Français victimes, l’insécurité vécue subjectivement par le marchand a pris la place de l’insécurité réelle. Alors que pour les pauvres gens qui subissent les effets directs de cette stratégie du chaos, la mort , la peur sont leur quotidien, alors nous ne pouvons pas nous dégager comme ça de toute responsabilité. Confondre le virtuel et le réel voilà le mécanisme à travers lequel on emporte notre adhésion apathique et pire encore… L’objectif est justement de substituer le pauvre type dans tous les cas aux véritables coupables, ici et ailleurs.

Nous sommes bien dans un système mortifère. Une preuve parmi d’autres, considérons   rien que l’évolution actuelle de l’OTAN. Voilà une organisation qui n’aurait pas du survivre à la chute de l’ex-URSS et qui est en train de passer d’une alliance atlantique théoriquement défensif, à un système complexe mondial. L’ONU devient moins maniable, la Chine bloque le Conseil de sécurité, les peuples se révoltent contre un empire en chute libre. Alors il s’agit de recruter autour de l’impérialisme étasunien en crise profonde, différents pays, et de les intégrer de grè ou de force dans la machine de guerre étasunienne, en faisant croître sans cesse les dépenses militaire dans un monde rongé par la famine, l’analphabétisme, le chômage.

Contre quel ennemi? Et là la paranoïa devient monstrueuse, la machine de guerre otanesque comme une folle armada grossit, grossit pour pilonner des ennemis fabriqués par elle. Pour les isoler, elle s’attaque en priorité à la population civile, les bombarde, les massacre selon la logique que ces gens doivent nous hair et abriter nos ennemis puisque nous sommes chez eux et qu’ils sont nos victimes.

Même raisonnement en ce qui concerne les peuples dont les gouvernements résistent à notre pillage, ce ne peut être que d’horribles dictateurs qui martyrisent leurs peuples pour les forcer à résister. Alors là on déclenche des campagnes médiatiques pour justifier les infamies qu’on leur fait subir, le cas de Cuba est exemplaire. Mais il y en a d’autres comme le Venezuela. Mais Cuba a le mérite de l’antériorité, de la durée, l’île est en quelque sorte le laboratoire de cette paranoïa qui justifierait toutes les atteintes, blocus, terrorisme, campagnes médiatiques, ce serait risible si cela n’était tragique. Ce pays qui est connu dans tout le tiers monde comme celui qui apporte les soins médicaux doit être convaincu de se réjouir de la mort de ses démocrates nos amis, les admirateurs de notre système. Souvenez-vous il n’y a pas si longtemps, tandis que les Cubains soignaient, organisaient et coordonnaient les soins dans Haïti martyre (et ça continue), l’armée nord américaine débarquait des troupes de marines connues pour leur brutalité dans toute l’Amérique latine.

Et il n’y a aucune exception à cette règle là!

Danielle Bleitrach

30 mars

http://socio13.wordpress.com/2010/03/30/la-lutte-contre-le-terrorisme-lexception-et-la-regle-par-danielle-bleitrach/#more-21166


7-2 Yémen, nouvel enjeu idéologique et géostratégique.

Ce pays magnifique coincé au sud de l’Arabie Saoudite est le théâtre d’enjeux modernes.

La présence américaine se renforce, le gros voisin pénètre par le nord et l’autorité centrale est remise en cause au sud comme au nord. A la pointe de la péninsule arabique, face à l’Afrique, la Somalie, ses pirates, mais aussi la totalité du trafic pétrolier du Moyen-Orient, le Yémen est central.

Le Yémen est un magnifique pays, montagneux, aux ethnies et cultures diverses. Ces paysages sont splendides, ses villages perchés dans les replis des montagnes. Mais depuis son indépendance chèrement gagnée, le Yémen unifié résiste mal aux volontés indépendantistes et à la suprématie sunnite. L’Arabie heureuse connait en effet, depuis le début, des troubles au sud où les indépendantistes sont très actifs et mènent une lutte larvée depuis des décennies.

C’est au large de ces côtes que passent un grand nombre de « tankers ».

Au nord-est les Houthis, chiites dans un pays sunnite mènent une guérilla à la frontière de l’Arabie Saoudite. Ces Houthis sont financés et armés par l’Iran mais n’ont rien à voir avec Al Qaida, et pourtant…

La pilule paraît indigeste, mais cette fois encore le terrorisme et Al Qaeda servent d’excuses pour attaquer.

Les américains se feront ils berner encore une fois ?

Il semble que oui car le président et ses différents service ont (à peu près) bien préparé leur coup. Pourquoi faire une guerre au Yémen ? Pour répondre il est utile de décrire un peu la géopolitique de la zone.

Le Seul et puissant pays chiite du Moyen-Orient est l’Iran.

Face aux pressions plus ou moins violentes que subissent les chiites de la part des sunnites dans toute la zone, mais aussi pour déstabiliser ou affaiblir « l’adversaire », l’Iran finance, voir organise les révoltes chiites. Depuis environs deux ans, les révoltés Houthis commencent à résister plus efficacement à l’armée Yéménite, pourtant armée par les États-Unis par le biais de l’Arabie Saoudite. L’armée rebelle est bien équipée et a obtenu quelques victoires symboliques, en difficulté, le gouvernement du Yémen a donc fait du pied, plus ou moins discrètement à ces généreux donateurs.

L’Arabie Saoudite ne s’encombrant pas des règles et traités internationaux, pénètre au Yémen réprimer les troubles dès l’été 2009 (officiellement en novembre). L’ingérence est un mot inconnu, et puis, pourquoi se cacher pour faire la même chose que l’on fait depuis longtemps ? Et puis l’Iran le fait lui aussi ! L’Iran ! Aussitôt le mot lâché, les oreilles du berger allemand de la planète se dressent. Pour montrer à l’Iran que la nôtre est plus grande (puissance bien sûr), les États-Unis ne peuvent refuser. Là où l’Iran semble manifester de l’intérêt, les USA doivent y être les premiers. Bien sûr le Yémen est géographiquement stratégique, mais surtout, en cette période de pression anti-nucléaire les États-Unis ne veulent pas laisser la moindre marge de manœuvre à leur ennemi déclaré. Le problème est que la population américaine à choisit Obama parce qu’elle ne voulait plus des guerres de Bush, il fallait trouver une méthode pour retourner une opinion malléable.

Le Nigérian Umar Farouk n’est donc qu’un moyen pour la CIA de faire accepter l’envoi de troupes au Yémen. Obama utilise les même méthodes que Bush. Effectivement la tentative manqué d’attentatt (comme le relaient à l’unisson les médias) d’Umar Farouk s’avère être une mise en scène organisée par les services américains. Ainsi comme pour Richard Reid (celui qui a « tenté » de faire exploser ses chaussures), la CIA a organisé une attaque terroriste, sans victimes afin de retourner l’opinion. Obama, prix Nobel de la paix, avait besoin d’une opinion favorable pour envoyer d’avantages de forces au Yémen (processus déjà bien avancé non officiellement). En effet l’aviation américaine bombarde déjà régulièrement la zone. Mais aucun GI n’a encore été envoyé dans ces montagnes arides.

Al Qaida existe au Yémen, près de 300 membres selon les autorités yéménites. Les montagnes sont un champs de batailles très ressemblant à l’Afghanistan. Il y a quelques camps d’entrainement mais bien moins qu’au Pakistan. D’une pierre deux coups, l’administration Obama espère aider l’ami de son ami tout en vendant une guerre contre Al Qaida. Effectivement, il y a d’avantages d’Al Qaida au Yémen que d’armes de destruction massive en Irak. Donc prochainement, sur nos télévisions vous pourrez assister au bombardement des méchants terroristes anti-démocratie en léger différé mais comme si vous y étiez. Ce sera programmé entre le tremblement de terre en Haïti et le prochain sommet, à moins que les JO n’obligent les troupes américaines à décaler leur attaque…

source : LGV

http://legrandvillage.wordpress.com/2010/01/28/comprendre-le-moyen-orient-yemen-nouvel-enjeu-ideologique-et-geostrategique/



8 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

8 -1 Les dernières trouvailles de l'Occident assassin.
Extrait

 L'imagination de l'homme ne connaît aucune limite pour détruire. 
 Elle est belle, la démocratie imposée par l'Occident ! Et nous devons prendre les USA comme modèle, nous aligner sur cet Etat, participer à ses guerres impériales, dérouler le tapis rouge devant ses dirigeants ? Avons-nous perdu la tête ? Nous devons TOUS devenir anti-Américains si nous aimons la paix, la justice, la vérité, si nous aimons notre prochain ! Et toutes ces atrocités se font pour que les financiers et les industriels puissent se goinffrer davantage ?    
 Et cela ne suffit pas, on fait la même chose en Afghanistan, au Pakistan, au Yemen, partout...

C'est ça, le Prix Nobel de la Paix ? Sommes-nous tombés sur la tête ? Parce qu'Obama est noir, souriant, avenant, beau parleur, nous devons nous réconcilier avec l'Amérique de Bush qui a commis des crimes d'Etat, de guerre, contre l'humanité ? Mais Obama est pire, et hypocrite, en plus !
Et cela ne suffit pas, après tous ces carnages d'ailleurs non couverts par la Presse immonde, on veut faire la même chose avec l'Iran, le Vénézuela, la Syrie, le Liban... et ne parlons pas de Gaza !  
 Et on veut aussi immoler sur l'autel de Mâmon la Chine et la Russie ? Aucune voix ne s'élève pour dénoncer cela ? Non, on préfère fustiger ceux qui, naturellement, sainement, dénoncent les atrocités de l'Occident carnassier ?
Mais ce n'est pas tout ! Les tueries, les bombardements, les assassinats ciblés ne suffisent pas, voici maintenant de nouveaux concepts pour réduire à néant les peuples : L'urbicide (destruction des villes), le sociocide (destruction de sociétés), le mnémocide (destruction de la mémoire
collective) ! Mais nous sommes cinglés, ou quoi ? On poursuit un Milosevic devant le Tribunal de la Haye alors qu'il commet des atrocités en défendant son peuple agressé sauvagement, et on déroule les tapis rouges devant ceux qui commettent des guerres d'agression, des génocides, des exactions, des crimes de masse, des actes d'une barbarie inouïe, tout cela pour du fric ? Combien d'années de prison pour la soldate américaine qui s'est amusée en photographiant les prisonniers irakiens humiliés ? Et les VRAIS auteurs de ces crimes courent toujours ? Les vrais commanditaires échapperont-ils à la Justice parce qu'ils sont haut-placés et Anglo-Saxons ou Israéliens ?
Qu'est-ce que ce deux poids deux mesures infâme ? Les peuples en ont assez des crimes impunis, des criminels comme Bush qui reçoivent des millions en donnant des conférences sur leur métier de Président ! Le monde est tombé sur la tête ! L'Occident est une vomissure qui ne mérite que le mépris

 eva R-sistons à l'intolérable

29 Mars 2010
http://r-sistons.over-blog.com/


8-2 Comment obtenir l’attention à Copenhague?

Certains des pays les plus pauvres du monde, qui sont aussi les plus affectés par le changement climatique, sont à la recherche de stratégies pour obtenir l’attention des participants aux négociations climatiques de la Conférence de Copenhague afin que ceux-ci les aident à s’adapter et à faire les choses différemment.
Le nombre fait la force : certains pays, comme le Mali, ont trouvé des bailleurs de fonds pour les aider à envoyer plus de représentants à Copenhague ; le Lesotho et le Burkina Faso se sont associés avec d’autres pays qui connaissent des problèmes semblables. D’autres choisissent de se concentrer sur certains points : à titre d’exemple, l’Érythrée assiste uniquement aux séances qui peuvent lui profiter directement.
La plupart de ces pays feront face, au cours des dix prochaines années, à de terribles pénuries dans la production alimentaire et à des situations de stress hydrique. Leur principal objectif est d’accéder au financement et aux technologies pour les aider à s’adapter au changement climatique dans le cadre d’un accord obtenu à Copenhague.
IRIN a rencontré certains chefs de délégations des gouvernements des pays les moins avancés (PMA) et des ONG locales pour savoir comment les petits pays et les organisations qui peinent à imposer leurs vues planifient de se faire entendre.
Trouver l’argent
Le Mali, un pays d’Afrique de l’Ouest pris dans un cercle vicieux, souvent imprévisible, de sécheresses et de pluies abondantes qui illustre l’impact du changement climatique, a souhaité que son gouvernement envoie une délégation importante et énergique à Copenhague pour s’assurer de peser dans les négociations.
« Pendant un an, nous avons organisé une série d’ateliers auxquels ont participé jusqu’aux autorités locales pour se préparer à exiger du reste du monde, au moment des négociations climatiques, le financement et les technologies pour aider notre peuple à s’adapter », a dit Fatoumata Diakité, ambassadrice du Mali au Danemark.
Lors d’une séance de briefing de fin de journée avec la délégation malienne, elle a ri en se rappelant le nombre de délégués que le Mali était capable d’envoyer dans les conférences mondiales. « Il y avait peut-être cinq personnes du gouvernement, et le reste d’entre nous - neuf femmes desquelles je faisais partie - venaient des ONG. Malheureusement, il n’y a aucune femme dans la délégation envoyée à Copenhague ».
Il n’est pas facile d’être présent à toutes les séances pour exposer leur situation, mais le nombre de délégués représentant le Mali aux négociations sur le changement climatique à Copenhague est passé de 5 à près de 50. « C’est grâce à la volonté politique, et aux bailleurs de fonds que nous avons trouvé pour nous soutenir...La population est de plus en plus sensibilisée au réchauffement climatique ».
Une question de survie
Le Mali est à cheval sur le Sahel, une région aride qui longe le désert du Sahara. Dans cinquante ans, le climat y sera beaucoup plus chaud et sec. « Cinquante pour cent de notre économie dépend de l’agriculture – pour nous, c’est une question de survie », a indiqué Mme Diakité. Selon les prévisions, 68 pour cent de la population connaîtra la faim.
Chacun des membres de la délégation est chargé d’aborder les intérêts et les préoccupations du Mali lors des séances auxquelles il assiste et d’en faire un compte-rendu à son équipe à la fin de la journée. Les membres discutent ensuite de leurs impressions et élaborent des stratégies pour les aider à recentrer leur approche.
D’après Robert Farmer, directeur de Third Planet, une ONG basée aux États-Unis qui fait la promotion du développement des énergies renouvelables, assister aux séances de négociations – qui se prolongent souvent tard dans la nuit – peut être difficile pour tout le monde, mais plus encore pour les représentants des pays plus pauvres qui, souvent, sont incapables de participer à toutes les séances.
Souvent l’unique représentant de son organisation, M. Farmer affirme avoir trouvé des conseils utiles dans On Behalf of my Delegation: A Guide for Developing Country Climate Negotiators [Au nom de ma délégation. Guide de survie des négociateurs des pays en développement sur le climat], un ouvrage de Joyeeta Gupta, un des auteurs des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Mme Gupta conseille aux représentants d’assister aux séances les plus importantes pour leur pays ou de trouver des négociateurs de pays dans les mêmes dispositions d’esprit et de diviser les séances entre eux. L’Érythrée, le Burkina Faso, le Lesotho et le Népal semblent avoir suivi son conseil.
« Nous sommes très concentrés dans notre approche – nous participons uniquement aux séances liées au financement des mesures d’adaptation et aux transferts de technologies. Nous avons huit experts qui assistent à ces séances », a dit Seid Abdu Salih, coordonnateur de l’Érythrée pour le changement climatique.

« Cinquante pour cent de notre économie dépend de l’agriculture – pour nous, c’est une question de survie »

Il a remarqué que leur délégation était passée de trois à huit personnes et que l’impact du réchauffement climatique avait poussé le gouvernement de l’Érythrée, qui fait généralement cavalier seul, à permettre aux fonctionnaires de se rendre à la Conférence. « Nous sommes très reconnaissants envers le gouvernement », a-t-il ajouté.
Le Lesotho, un royaume montagneux situé dans le sud de l’Afrique, est aux prises avec de graves problèmes de déforestation, de stress hydrique et de sécheresse. Selon Bruno Sekoli, négociateur en chef pour le Lesotho et président du groupe des PMA, son pays présente beaucoup plus de similarités, en termes de changement climatique, avec les pays de l’Himalaya qu’avec le reste de l’Afrique.
Les négociateurs de ces pays considèrent la possibilité de s’associer. « Nos communautés vivent dans des conditions similaires : nos stratégies d’adaptation risquent d’être elles aussi similaires », a-t-il souligné.
D’un autre côté, des pays comme le Burkina Faso espèrent se faire entendre par l’intermédiaire de regroupements plus importants comme le groupe des PMA et le groupe Afrique. « Si nos voix et nos préoccupations ne sont toujours pas entendues, alors, en dernier recours, nous devrons affronter la situation seuls », a dit Mamdou Honadia, négociateur en chef pour le Burkina Faso.
« L’argent est critique », a dit Uday Sharma, le ministre de l’Environnement népalais. Les PMA ont adopté une position et exercent des pressions pour obtenir ce qu’ils veulent : ils demandent à ce que 75 pour cent de l’argent consacré aux mesures d’adaptation soit destiné aux pays les plus pauvres.
Certaines ONG locales, comme Environmental Alert, en Ouganda, ont établi des partenariats stratégiques avec leur gouvernement afin d’offrir des conseils et une assistance technique et de garder un œil sur les représentants du gouvernement pour s’assurer que les intérêts des électeurs sont pris en considération.
Dans son ouvrage, Mme Gupta suggère aux représentants des gouvernements de demander de l’aide aux ONG de leur pays. Christine Nantongo, qui appartient à Environmental Alert et fait également partie de la délégation du gouvernement ougandais, a indiqué qu’elle suivrait les questions de financement des mesures d’adaptation et de transferts de technologies.
http://www.irinnews.org/FR/ReportFrench.aspx?ReportId=87406



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" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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