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13/05/2010

n° 329 - journal de l'Afghanistan - 21-04 au 12/05 – Fin - : David Petraeus, le Général de la contre-insurrection et de la manipulation médiatique.

° 329 - journal de l'Afghanistan - 21-04 au 12/05 – Fin - : David Petraeus, le Général de la contre-insurrection et de la manipulation médiatique.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



journal de l'Afghanistan

n° 329 - du -21-04 au 12/05/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Avant propos

La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable.

Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être’.

(MICHEL BOUNAN)

 

·                     Les médias occidentaux pro USA usent d’un terme générique- Al Qaida- Taliban - pour désigner tous les résistants .... idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes

Ps : Avant de vous lancer dans la lecture du journal, noter ceci: 'Al Qaïda'  & Al-Zarqaoui, Ben Laden Mollah Omar  = concept réducteur inventé par les Usa, pour désigner la résistance. Idem pour le mot 'terrorisme' employé par les Usa & ces acolytes.

 

Il faut rejeter cette triple stratégie.

Il faut rejeter toute augmentation des troupes, il faut s’opposer à la stratégie, qui a réussi en Irak, de déclencher une guerre civile entre Afghans, il faut dire que la Résistance n’est pas terroriste et n’est pas faite seulement par les Résistants.

Il s’agit d’une lutte légitime de libération nationale et elle est animée par des dizaines de milliers de partisans qui peuvent tenir tête aux occupants justement parce qu’ils ont un soutien solide et ramifié en de nombreux secteurs de la population, indépendamment de leur nationalité ou foi religieuse.



 Le "journal de l'Afghanistan" est  visible :

a) sur nos blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons: - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

3 Politique

2) occupants 

4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

4-1 La bataille à laquelle les médias ont cru.

4-2 Gareth Porter : David Petraeus, le Général de la contre-insurrection et de la manipulation médiatique.

4-3 Trop peu d'Afghans peuvent assurer le contrôle de Marjah, selon des responsables américains.

4-4 Afghanistan : Bavures de presse.

Afghanistan : regrets de l'Otan après la mort de 27 civils

Nouvelle bavure de l’Otan en Afghanistan.

Mortelle bavure de l'Otan

Bavure meurtrière en Afghanistan

 



b) Les occupants 

1) Usa

Occupation de l'Afghanistan

28-04

Selon le Pentagone, le niveau des attaques a doublé sur la période octobre 2009-mars 2010 par rapport aux six mêmes mois en 2008-2009, essentiellement en raison des offensives récemment menées par les forces internationales.

«Toutefois», assure le rapport, «les résistants subissent actuellement une pression sans précédent», conduisant à «des tensions et des baisses de moral» dans leurs rangs.

En outre, d'après les militaires américains, «le déclin continu de la stabilité en Afghanistan décrit dans le précédent rapport s'est interrompu ces trois derniers mois», et «les sondages montrent clairement que les Afghans perçoivent une amélioration de la sécurité par rapport à il y a un an».(..)

Le nombre de troupes américaines et de l'Otan en Afghanistan est en train d'augmenter avec l'arrivée progressive de 30 000 soldats supplémentaires envoyés en renfort par Obama.

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/

28 avril


Dans les coulisses et au sénat

Nouveau rapport du Pentagone sur la situation en Afghanistan  

30/04

Le Pentagone a examiné dans un nouveau rapport la situation en Afghanistan.

Dans ce document de 152 pages présenté au Congrès, le Département américain à la Défense, exposant la situation sécuritaire afghane prétend que seul un quart des régions clés de l'Afghanistan soutient le président Hamid Karzaï.

Les experts du Pentagone estiment que le soutien au président afghan se limite à 29 des 121 districts jugés clés pour l'effort de guerre en cours.

Ce mécontentement provient, selon ces derniers de l'inefficacité du gouvernement dans sa lutte contre la corruption administrative. Dans ce rapport qui cherche clairement à cacher les réalités de la guerre en Afghanistan, le Pentagone prétend que l'instabilité est en baisse et se fondant sur un sondage fictif, annonce une amélioration de la sécurité durant l'année dernière. Ce nouveau rapport, sans refléter en rien les réalités du terrain, cherche à tromper les membres du Congrès américain par la censure de ce qui se passe vraiment dans la guerre afghane. Les allégations du Pentagone sur une baisse du soutien populaire au président Karzaï interviennent au moment où le peuple afghan lève de plus en plus sa voix contre les forces étrangères et continuent de manifester contre l'occupation. Le Pentagone parle d'une baisse du soutien populaire au président afghan alors que pour le peuple, les milieux politiques et les députés afghans et de l'aveu même de certains responsables occidentaux, c'est la sécurité dans tout le pays qui se montre comme d'extrême urgence. La lutte contre la corruption, comme un facteur essentiel de la souveraineté nationale, ne se réalisera que lorsque la sécurité y sera rétablie. Le Pentagone prétend que les Afghans sont satisfaits de la situation sécuritaire, alors que le massacre massif des civils pendant l'an dernier et lors des bombardements montre le contraire. L'aggravation de la situation en 2009 a même fait que les élections présidentielles et locales soient annulées dans certaines provinces en raison de l'insécurité. Il semble que le rapport du Pentagone soit plutôt une tentative pour neutraliser les critiques contre le président Obama. Les membres du Congrès américain n'auraient sans doute pas besoin d'étudier ce rapport, le seul examen des réalités du terrain peut leur montrer la très difficile situation sécuritaire afghane et l'impuissance des troupes étrangères présentes sur sol afghan.

http://french.irib.ir/


Sur le terrain

Des résistants taliban au gouvernement afghan?. Washington ne dit pas non…  

04/05

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré que Washington n'a pas renoncé à l'idée de contribution des résistants au gouvernement afghan. Hillary Clinton a souligné, à l'antenne de NBC, que le rapport du département à la Défense et ses évaluations de la situation en Afghanistan cristallisent plutôt basés un regard sur le passé qu'une prévision pour l'avenir. Clinton a ajouté: quoique la question de la réconciliation nationale  ne soit pas encor réglée, le retour des Résistants et leur intégration dans le processus actuel en Afghanistan semblent possibles. Et ce alors que le rapport de la semaine dernière du Pentagone évoque les difficultés qui pourraient saper la sécurité, notamment dans les régions septentrionales du pays  ainsi qu'un éventuel échec pour empêcher l'insurrection. Clinton a poursuivi: nous sommes d'accord d'examiner la réconciliation et la participation des différents groupes comme  Hamed Karzaï l'a souligné.  Clinton a précisé que certains chefs des Résistants ont l'intention de se rétracter et ils voudraient bien se rapprocher du gouvernement. Si c'est vrai, ils doivent condamner Al-Qaïda et blâmer leurs actions pour prouver de leur bonne volonté. Ils doivent également dénoncer la violence et respecter la constitution afghane.  Toujours d'après Hillary Clinton, l'administration Obama ne s'est pas déclarée d'accord avec une participation entière des Taliban dans le processus politique du pays. Washington et Kaboul se sont mis d'accord sur le fait que le gouvernement afghan cherche à rallier certains éléments des Résistants au processus de réconciliation et non pas tous les Résistants, a-t-elle ajouté.   Clinton avait précisé il y a dix jours que les négociations avec l'opposition ne seraient possibles qu'à  condition que les Résistants déposent les armes, ne soutiennent plus Al-Qaïda et respectent la constitution. Pourtant Clinton n'a donné aucune précision sur le calendrier du retrait des forces américaine de l'Afghanistan. Il semble que les échecs des Etats-Unis en Afghanistan ainsi que l'intensification des pressions intérieures pour le retrait rapide des GI's ont fait que les autorités  de Washington cherchent à trouver un sorte de réconciliation entre les Résistants et le gouvernement de Kaboul, ce qui explique, sous cet angle, les propos de Hillary Clinton.

http://french.irib.ir/



2) Otan-Isaf

Rasmussen

L'OTAN accepte de lancer le transfert des responsabilités aux autorités afghanes cette année

L'OTAN a accepté vendredi de lancer le transfert des responsabilités aux autorités afghanes cette année, a annoncé son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, un processus qui permettrait aux Etats-Unis de commencer à retirer leurs troupes à la date prévue de juillet 2011.

Lors d'une réunion à Tallinn, en Estonie, les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique se sont mis d'accord pour créer les conditions d'un transfert des responsabilités aux Afghans, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Il n'a pas précisé quelles pourraient être ces conditions.

"Lorsqu'elle se produira, la transition doit être non seulement durable, mais irréversible", a souligné le secrétaire général.

L'accord doit encore être approuvé par le gouvernement afghan, qui devrait donner son aval lors d'une conférence internationale sur l'Afghanistan à Kaboul en juillet, a précisé le haut représentant civil de l'OTAN en Afghanistan, Mark Sedwill. Les premières provinces à passer sous contrôle afghan seraient alors annoncées lors d'un somment de l'OTAN en novembre, a-t-il ajouté.

Tout en mettant en garde contre une route semée d'embûches dans un pays encore confronté à une violente insurrection et à un gouvernement central faible, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est voulue optimiste.

"Nous pensons qu'avec suffisamment d'attention, de formation et de mentoring, les Afghans sont parfaitement capables de se défendre eux-mêmes contre les résistants", a déclaré Mme Clinton au cours d'une conférence de presse. "Est-ce que cela veut dire que cela ira comme sur des roulettes? Je ne le pense pas. Voyez l'Irak", a-t-elle ajouté.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a par ailleurs rappelé que la stratégie de l'Alliance atlantique pour l'Afghanistan en 2010 consistait notamment à "aider le gouvernement afghan à exercer sa souveraineté et à commencer à transférer la responsabilité de l'Afghanistan aux Afghans cette année".

23/4

AP



Les Voisins

Russie

Dimitri Rogozine : « Non au NATO-centrisme et à l’encerclement de la Russie »

Pour le numéro consacré à La Russie et le système multipolaire de la revue Eurasia une interview exclusive de Dimitri Rogozine, ambassadeur de la Fédération Russe à l’OTAN, par Tiberio Graziani et Daniele Scalea sur l’avenir de l’OTAN (« déchirée par des problèmes nationaux, financiers et idéologiques ») et de la coopération avec la Russie.

L’ambassadeur a critiqué la « Nato-centrisme » et relancé la proposition du  président russe Medvedev pour un accord sur la sécurité européenne qui « tourne vers l’extérieur tous les canons du continent », en empêchant l’irruption d’un nouveau conflit en Europe.

On y a évidemment abordé le thème de l’Afghanistan, aire dans laquelle la convergence d’intérêts entre Moscou et l’Alliance Atlantique est plus forte, bien que Rogozine n’ait pas épargné quelques traits contre l’OTAN.

L’ambassadeur a de fait affirmé qu’on ne peut pas « évaluer positivement le bilan des activités de l’ISAF », et que si aujourd’hui les troupes atlantistes quittaient le pays, le régime de Karzaï  durerait moins que celui du communiste Najibullah après le retrait des soldats soviétiques. Une sortie hâtive de l’OTAN hors d’Afghanistan déstabiliserait l’Asie Centrale et poserait de « nouveaux défis » à la Russie, mais Rogozine a voulu préciser que l’appui de Moscou à l’Alliance atlantique n’est pas inconditionnel : l’ambassadeur s’est déclaré « extrêmement indigné » par la réticence de l’OTAN à détruire les cultures de pavot d’opium, dont dérive l’héroïne qui envahit la Russie ; réticence qui contraste avec les bombardements réguliers des bases de narcotrafiquants en Colombie. « N’est-ce pas parce que la cocaïne est dirigée vers les Etats-Unis et l’héroïne, par contre, vers la Russie ? »  se demande de façon rhétorique Rogozine, en précisant que la patience des Russes « a atteint ses limites ».

Enfin Rogozine a montré de l’inquiétude pour « la politique d’encerclement de la Russie avec des bases militaires au sud et à l’ouest » par les Usa, souhaité le renforcement du Traité de Sécurité collective qui lie la Russie à de nombreux autres pays ex-soviétiques, et critiqué l’ingérence de l’OTAN dans les questions concernant l’Arctique.  

L’interview de 4 pages à l’ambassadeur Rogozine, qui a abordé bien d’autres thèmes encore, peut être lue en version intégrale sur le numéro 1/2010 de la revue de géopolitique Eurasia, consacré à La Russie et le monde multipolaire

Lundi 26 Avril

Publié sur le site Eurasia, rivista di studi geopolitici
http://www.eurasia-rivista.org/3896/d-rogozin-no-al-nato-...  

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

http://www.alterinfo.net/Dimitri-Rogozine-Non-au-NATO-centrisme-et-al-encerclement-de-la-Russie_a45402.html

 

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Dimitri-Rogozine-Non-au-NATO-centrisme-et-a-l-encerclement-de-la-Russie-3166.html  



Les alliés

1 Onu

L'Onu ferme provisoirement(…) sa représentation à Kandahar

L'Onu a provisoirement fermé sa mission à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, et transféré une partie de son personnel étranger à Kaboul, à l'approche de l'offensive annoncée par les forces de l'Otan.

"La situation en terme de sécurité en est arrivée à un point tel que nous avons dû les retirer hier", a déclaré Susan Manuel, porte-parole de l'organisation, précisant que les employés afghans avaient été invités à rester chez eux.

"Nous espérons que les gens pourront revenir et reprendre leurs activités. Nous considérons cela comme une mesure très provisoire", a-t-elle ajouté, sans plus de détails sur le nombre d'étrangers restés sur place. Elle n'a pas précisé non plus si cette décision était motivée par une menace précise.

AP

L'ONU demande à 200 de ses employés à Kandahar de rester chez eux

Selon Dan McNorton, porte-parole de l'ONU, l'organisation internationale ne se désengage pas de Kandahar. Il n'a toutefois pas précisé combien d'employés continueraient à travailler dans cette ville.

M. McNorton a précisé que "plusieurs" employés étrangers avaient été transférés dans la capitale afghane.

"Il y a toujours un équilibre à respecter entre garantir la sécurité de notre équipe et s'assurer que nous puissions distribuer nos programmes et notre assistance humanitaire au peuple afghan", a estimé le porte-parole de l'ONU. "Nous devons constamment adapter nos façons de travailler".

"Nous allons continuer à suivre la situation sécuritaire à Kandahar et nous espérons être capables de reprendre le travail aussi vite que possible", a-t-il ajouté.

Lundi, deux explosions ont retenti à une minute d'intervalle dans le centre de Kandahar. Elles visaient le véhicule de Fazel Ahmad Sherzad, vice-chef de la police de la province.

Deux heures plus tard, une troisième explosion a été entendue dans le nord de la ville.

Les Afghans travaillant pour l'ONU et les autres organisations étrangères sont fréquemment la cible des résistants. A la suite de la mort de cinq employés de l'ONU dans l'assaut de leur maison d'hôte en octobre dernier, l'ONU avait décidé de transférer 600 de ses 1.100 employés étrangers hors du pays, ou dans des quartiers hautement sécurisés.

Depuis le 12 avril, les attaques meurtrières se sont multipliées à Kandahar, principale ville du sud..

27-04

AP



Dans le monde

Allemagne

Merkel juge "indispensable" le maintien des soldats allemands en Afghanistan.

L'Allemagne commencera à transférer certaines responsabilités en Afghanistan aux autorités locales en 2011, mais conservera sur place ses 4.500 soldats aussi longtemps que ce sera nécessaire, a assuré jeudi la chancelière allemande Angela Merkel. Elle a répété devant le Parlement que cette mission, très impopulaire en Allemagne, était "indispensable" pour la sécurité du pays, de l'Europe et de leurs partenaires dans le monde.

Selon elle, un retrait immédiat des troupes allemandes d'Afghanistan aurait pour conséquence d'augmenter les risques que des groupes terroristes(…)  se procurent des matériaux nucléaires.

De récents sondages montrent que près de deux Allemands sur trois souhaitent un retrait d'Afghanistan.

La mort de sept soldats allemands en avril a relancé le débat.

22/4 AP

La mission allemande en Afghanistan de plus en plus impopulaire.

En septembre 2009 à Kunduz s’est joué un drame qui a beaucoup fait pour l’impopularité de la mission allemande en Afghanistan.

On estime que jusqu‘à 140 civils afghans ont alors été tués lors d’une frappe aérienne sur un convoi
transportant de l’essence attaqué, dit-on, par des Taliban.

Responsable de ce raid, un officier allemand de la Force internationale en Afghanistan.

Avec 4.500 soldats mobilisés, l’Allemagne a le troisième plus gros contingent en Afghanistan. 43 militaires sont morts au combat depuis le début des missions.

Notre reporter en Afghanistan est parti de Kaboul pour rejoindre la zone d’opérations des troupes allemandes, via Mazar-e-Sharif où il y a une semaine, quatre nouveaux soldats allemands sont morts au combat.

Les troupes allemandes sont chargées ici de la reconstruction et du contrôle de plusieurs points de passage vers ce territoire du nord régulièrement cible d’attaques de Résistants.

C’est sur ces routes notamment que des convois allemands ont été attaqués au début du mois.

La Bundeswehr s’occupe par ailleurs de la gestion d’une école de police pour les Afghans… Les recrues ne sont pas les meilleures, mais on fait avec :

“Il faut revoir nos ambitions à la baisse, explique cet officier allemand. On ne peut s’attendre à avoir ici des officiers de police aussi bons qu’en Allemagne”.

Apprendre aux Afghans l’usage de la force, c’est une méthode, tenter d’amadouer l’insurrection, c’est à dire les Résistants, en est une autre, et c’est la politique de la main tendue choisie par Hamid Karzaï, le président afghan.

Il y a dix jours il s’est adressé aux Résistants, leur promettant que sa porte leur était ouverte et qu’ils pouvaient venir lui dire leurs revendications, mais sans violence, et sans destruction.

Mais l’Otan pour sa part continue de vouloir mobiliser des hommes…

L’Allemagne vient de rejeter la possibilité d’envoyer en Afghanistan 2.000 soldats supplémentaires.

22/04

http://fr.euronews.net/2010/04/22/la-mission-allemande-en-afghanistan-de-plus-en-plus-impopulaire/


Canada

Détenus afghans: le gouvernement canadien sommé de dévoiler des documents.
Le gouvernement Stephen Harper a deux semaines pour remettre aux parlementaires des documents non censurés sur les détenus afghans, selon une décision officielle lue mardi par le président de la Chambre des communes devant les parlementaires à Ottawa.

Cette décision ponctue une crise qui dure depuis le mois de décembre entre le gouvernement de Stephen Harper et l'opposition. L'enjeu politique est de taille: il s'agit, pour l'opposition, d'avoir accès à des documents qui pourraient, selon elle, contenir des preuves que le Canada a transféré des prisonniers afghans en sachant qu'ils risquaient d'être torturés.

Le 10 décembre 2009, les députés avaient voté à 53% une motion obligeant le gouvernement à leur livrer ces documents. Mais depuis, le gouvernement conservateur de Stephen Harper refusait d'obtempérer.

Le président de la Chambre des communes, la chambre basse du parlement, Peter Miliken a conclu ce mardi que le gouvernement canadien avait porté atteinte aux privilèges parlementaires de l'opposition en refusant de se soumettre à cette motion.

"Il ne faut jamais oublier que quelles que soient les circonstances, c'est la Chambre qui décide si les raisons invoquées pour refuser de fournir des renseignements sont suffisantes. Le droit du Parlement d'obtenir tous les renseignements possibles concernant une question d'intérêt public est incontestable" a notamment affirmé Peter Miliken, dans sa déclaration de 40 pages.

Si aucune entente ne survient d'ici deux semaines, l'opposition pourrait déposer une motion visant à convoquer les ministres au coeur du litige - Peter MacKay à la Défense, Lawrence Cannon aux Affaires étrangères et Rob Nicholson à la Justice - et les sommer de s'expliquer.

Le gouvernement Harper pourrait aussi surenchérir, en sollicitant l'avis de la Cour suprême du Canada.

A la sortie de la Chambre des communes, les réactions ont été nombreuses du côté des leaders de l'opposition.

Le chef libéral, Michael Ignatieff, a qualifié la décision d'"historique", jugeant qu'il s'agissait "d'une défaite claire pour le gouvernement conservateur".

Pour le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Jack Layton, il s'agit d'"un rappel ferme au Premier ministre qu'il n'est pas un roi. Son refus de respecter la volonté du parlement est un sérieux abus de pouvoir et aujourd'hui, il est très clair qu'il ne sera plus toléré".

Du côté du gouvernement, c'est le ministre de la Justice, Rob Nicholson qui a réagi en affirmant qu'il accueillait favorablement l'occasion de trouver un compromis, mais que le gouvernement respecterait les lois sur la sécurité nationale parce qu'il ne veut pas mettre en danger la vie des soldats canadiens.

28 avril

http://www.romandie.com/ats/news/100428001604.z5adet2u.asp__

 

Les démineurs canadiens courent de sérieux risques en Afghanistan.

Nb: Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

Les équipes de neutralisation des explosifs et munitions placées sous le commandement du Canada désamorcent en moyenne 750 engins explosifs improvisés par année en Afghanistan, selon des données fournies par les Forces canadiennes.

La mort récente en Afghanistan de Craig Blake, premier marin canadien à avoir perdu la vie dans le pays dévasté par la guerre, donne un visage humain à l'un des emplois les plus dangereux au monde.

Le spécialiste de la neutralisation des explosifs et munitions retournait à un camp militaire situé au sud-ouest de Kandahar après avoir désamorcé un engin explosif improvisé, lundi dernier, lorsqu'une autre bombe du même type a éclaté, le tuant.

L'incident a rappelé «de façon tragique» aux opérateurs à la neutralisation des explosifs et munitions des Forces canadiennes les risques que posent une guerre menée contre un ennemi invisible, a indiqué l'un d'eux.

«C'était pas mal dur», a affirmé un sergent qui avait pris part à des séances de formation avec le maître de deuxième classe Blake, membre de l'Unité de plongée de la flotte canadienne, qui était basé à Shearwater, en Nouvelle-Écosse, et servait avec la Force opérationnelle 1-10.

 «Nous sommes en deuil, mais il nous faut continuer le travail», a-t-il dit.

Pour des raisons de sécurité, l'identité des opérateurs à la neutralisation des explosifs et munitions n'est pas rendue publique par les responsables militaires. Mais quelques jours après la mort de M. Blake, trois d'entre eux, basés à Camp Nathan Smith, à Kandahar, ont fait visiter leurs installations.

Le site ressemble à un cimetière de fils électriques, d'obus et de bonbonnes saisis par les opérateurs avant d'avoir été désamorcés.

Les engins explosifs sont de tailles, de formes et de puissances différentes. Un peu de tout, incluant des seaux, des marmites et même des jouets, sert à la fabrication des bombes. La détonation de certaines est provoquée au moyen de dispositifs contrôlés à distance.

Et ces bombes sont disposées un peu partout. Il y a deux semaines, la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) a annoncé que neuf engins explosifs improvisés avaient été découverts près d'une école pour enfants au village de Kuhak, dans la province de Kandahar. Trois d'entre eux se trouvaient carrément dans la cour d'école.

Les équipes de neutralisation des explosifs et munitions placées sous le commandement du Canada désamorcent en moyenne 750 engins explosifs improvisés par année en Afghanistan, selon des données fournies par les Forces canadiennes.

Quatre des cinq morts canadiennes déplorées depuis le début de l'année en Afghanistan ont été provoquées par l'explosion d'engins explosifs improvisés.

En tout, 85 des 143 Canadiens morts en Afghanistan ont été victimes d'explosifs de ce type, ont indiqué les autorités militaires.

http://www.cyberpresse.ca/dossiers/le-canada-en-afghanistan/201005/09/01-4278722-les-demineurs-canadiens-courent-de-serieux-risques-en-afghanistan.php



4 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 La bataille à laquelle les médias ont cru.

Washington peut encore mener ses guerres sur le terrain avec une puissance de feu inégalée dans l’Histoire, mais c’est surtout la bataille médiatique qui lui tient à coeur et qui conditionne la suite. Tout est bon pour mener cette propagande et peu importe s’il faut inventer de toutes pièces un bastion taliban fort de 80.000 âmes dans le sud de l’Afghanistan, qui se révèlera n’être qu’un village voire une zone agricole peu habitée. L’important c’est surtout la campagne médiatique qui s’articule autour de ce non-événement et de cette fausse guerre au terrorisme qui ne parvient plus à convaincre certains spécialistes. Jusqu’à quand l’Internet pourra-t-il, à l’image du site Wikileaks encore récemment, révéler ces mensonges et leurs motivations sans s’attirer les foudres des décideurs de guerres ?

Published on avril 25, 2010

GeantVert


4-2 Gareth Porter : David Petraeus, le Général de la contre-insurrection et de la manipulation médiatique.

Pendant des semaines, le public états-unien a suivi ce qui semblait être l’offensive la plus importante de leurs troupes en Afghanistan: celle contre Marjah, «une ville de 80.000 habitants» et le centre logistique du mouvement islamiste taliban dans la province du Helmand, au sud-ouest du pays. L’idée – répandue en février 2010 – que Marjah avait 80.000 habitants était un élément clé pour donner l’impression que la localité représentait un objectif stratégique beaucoup plus important que d’autres districts du Helmand.

En réalité, l’image que les militaires ont fournie de Marjah, et qui a été fidèlement reproduite par les principaux médias des Etats-Unis, constitue l’un des exemples les plus dramatiques de désinformation de toute cette guerre qui a commencé en octobre 2001, apparemment dans le but de présenter cette offensive comme étant un tournant historique du conflit.

Marjah n’est pas une ville, ni même un vrai village, mais plutôt un groupe d’habitations de producteurs ruraux ou une zone agricole étendue comprenant une grande partie de la vallée du fleuve Helmand, au sud du pays.

Un fonctionnaire de la Force Internationale d’assistance et de sécurité (ISAF), qui a demandé de conserver l’anonymat, a reconnu auprès du journaliste de l’IPS (Inter Press Service) que cette localité «n’est absolument pas urbaine. Marjah est une communauté rurale. Il s’agit d’un groupe d’habitations paysannes de bourgade, avec des maisons familiales typiques». Le fonctionnaire a ajouté que les résidences sont relativement prospères dans le contexte afghan.

Richard B. Scott, qui a travaillé jusqu’en 2005 à Marjah en tant qu’expert dans le domaine des risques – pour l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID, d’après le sigle en anglais) – est d’accord sur le fait qu’il n’y a rien dans cette localité qui puisse la faire passer pour un site urbain.

Pendant un entretien téléphonique avec le journaliste de l’IPS, il a expliqué qu’il s’agissait «d’un site rural» avec «une série de marchés agricoles dispersés».

Selon le fonctionnaire de l’ISAF, ce n’est qu’en prenant compte de la population qui se trouve dispersée dans plusieurs bourgades et sur presque 200 kilomètres carrés, qu’il est possible d’arriver au chiffre de dizaines de milliers de personnes. D’après lui, Marjah n’a même pas été intégrée dans une communauté, même si maintenant il y a des projets de formaliser sa situation en tant que «district» de la province du Helmand.

Le fonctionnaire a reconnu que la confusion concernant la population de Marjah a été facilitée par le fait que ce nom a été utilisé pour désigner non seulement une zone agricole étendue, mais également la localité spécifique où se réunissent les producteurs ruraux pour tenir leurs marchés.

Néanmoins, la dénomination de Marjah «a été plus étroitement associée» à une localité spécifique, où il existe également une mosquée et quelques magasins.

C’est cette zone très limitée qui était l’objectif apparent de l’ «Opération Mushtarak» («Ensemble»), au cours de laquelle 7500 militaires états-uniens, afghans et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) se sont engagés dans ce qui allait devenir la bataille entourée de la publicité la plus intense depuis le début de la guerre en territoire afghan.

Comment a pu débuter cette fiction que Marjah serait une ville de 80′000 habitants ?

L’idée a été divulguée aux médias par les «marines» (fantassins de la marine états-unienne) au sud du Helmand. Les premiers reportages mentionnant Marjah comme étant une ville avec une population importante font suite à un communiqué du 2 février par des sources militaires du Camp Leatherneck, la base états-unienne sur place.

Le même jour, un article de l’agence d’information Associated Press (AP) citait des «commandants» des «marines» qui s’attendaient à trouver entre 400 et 1000 résistants «cachés» dans cette «ville du sud de l’Afghanistan de 80.000 habitants». Le texte laissait penser qu’il y aurait des combats de rue dans un contexte urbain.

Ce même article caractérisait Marjah comme étant «la plus grande ville sous le contrôle des résistants» et la qualifiait comme «axe logistique et de contrebande d’opium des résistants». Il ajoutait que 125.000 personnes habitaient dans «la ville et dans des villages avoisinants».

Le lendemain, ABC News, qui fait partie de la chaîne de télévision états-unienne ABC, faisait référence à «la ville de Marjah» et assurait que celle-ci et les territoires environnants étaient «plus peuplés, urbains et denses (du point de vue démographique) que d’autres lieux que les ‘marines’ ont été capables de libérer et de contrôler».

A partir de là, les autres médias d’information ont adopté l’image d’une Marjah urbanisée et animée, en alternant les termes «agglomération» et «ville». Le 9 février, l’hebdomadaire Time parlait d’une «population de 80.000» personnes, et le 11 février le Washington Post faisait de même.

Lorsque l’Opération Mushtarak a été déclenchée, des porte-parole militaires des Etats-Unis se référaient à Marjah comme étant un centre urbain. Le 14 février, soit le deuxième jour de l’offensive, le lieutenant-colonel Josh Diddams a dit qu’en ce moment les ‘marines’ occupaient «dans la majeure partie de la ville».

Son exposé évoquait également des images de combats urbains et il mentionnait que les résistants contrôlaient plusieurs «quartiers».

Quelques jours après le début de l’offensive, certains journalistes ont commencé à utiliser le terme «région», mais cela a contribué à la confusion plutôt que de clarifier la question.

Dans un même article du 15 février 2010, la chaîne d’informations CNN mentionnait Marjah à deux reprises, une fois en tant que «région» et l’autre comme s’il s’agissait d’une «ville», sans fournir d’explication sur cette apparente contradiction.

L’agence Associated Press a encore aggravé la confusion dans un communiqué du 21 février, en parlant de «trois marchés de l’agglomération qui s’étend sur 207 kilomètres carrés».

Une agglomération qui s’étendrait sur 207 kilomètres carrés serait plus grande que les villes de Washington, de Pittsburgh et de Cleveland aux Etats-Unis. Mais l’agence AP ne s’est pas aperçue de cette erreur de taille.

Bien après que les autres médias aient cessé de parler de Marjah comme étant une ville, le quotidien The New York Times la qualifiait encore de «ville de 80′000» personnes dans un article du 26 février.

La décision d’exagérer l’importance de Marjah en tant qu’objectif de l’Opération Mushtarak n’aurait pas été prise de manière indépendante par les marines du Camp Leatherneck.

D’après le manuel sur la contre-insurrection de l’armée, révisé par le Général David Petraeus en 2006, une des tâches centrales des «opérations d’information» dans ce type de guerre est d’ «imposer la narration COIN (acronyme de contre-insurrection)». Le manuel signale qu’habituellement cette tâche est de la compétence des «quartiers généraux supérieurs» plutôt que directement sur place.

D’après le manuel, les médias influent «directement sur l’attitude des publics visés en ce qui concerne la contre-insurrection, leurs opérations et l’insurrection contre laquelle ils se battent». Il ajoute que c’est une «guerre de perceptions… dirigée de manière constante par l’utilisation des médias».

Le général Stanley A. McChrystal, commandant de l’ISAF, se préparait visiblement à mener une telle guerre en prévision de l’opération de Marjah. Lors de remarques faites juste avant le début de l’offensive, McChrystal reprenait les termes du manuel de la contre-insurrection, notamment lorsqu’il a déclaré «Tout ceci est une guerre de perceptions».

Le quotidien The Washington Post a rapporté le 22 février que la décision de lancer l’offensive contre Marjah avait pour objectif d’impressionner l’opinion publique états-unienne avec l’efficacité des forces militaires de son pays en Afghanistan, démontrant ainsi qu’ils pouvaient obtenir «une victoire importante et éclatante».

L’idée que Marjah était une ville importante était une partie essentielle de ce message.

Gareth Porter sur IPSNews le 8 mars 2010 

Traduction A l’Encontre

Notes : (*) Gareth Porter est historien et journaliste d’investigation spécialisé dans la politique de sécurité nationale des Etats-Unis. Son dernier livre,  Perils of Dominance: Imbalance of power and the road to War in Vietnam, a été publié en 2006. Cet article a été écrit en langue anglaise pour IPS-Washington (11 mars 2010)

http://www.reopen911.info/News/2010/04/25/la-bataille-a-laquelle-les-medias-ont-cru/


4-3 Trop peu d'Afghans peuvent assurer le contrôle de Marjah, selon des responsables américains.

Le nombre d'Afghans formés est trop faible pour qu'ils puissent prendre le contrôle des bastions résistants, à l'instar de Marjah, une fois que l'armée en aura délogé l'ennemi, ont déclaré jeudi des responsables américains devant une commission du Sénat.

Le manque de représentants locaux compétents dans le sud de l'Afghanistan pourrait contrarier les objectifs de Washington dans la région et mettre les Américains dans le pétrin, financièrement comme militairement, pendant plusieurs années, alors que le président Barack Obama a promis que les forces américaines commenceraient à partir l'année prochaine.

"Le nombre de ces civils (...) qui sont formés, capables et prêts à pénétrer dans (les zones contrôlées par les résistants) ne correspond pas à la demande", a estimé David Sedney, un assistant adjoint du secrétaire à la Défense, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Cette audition était la première à être consacrée entièrement aux opérations militaires américaines à Marjah, le bastion des résistants dans le sud de l'Afghanistan, qui ont eu lieu plus tôt cette année.

Après une semaine de combat, le chef civil de Marjah avait hissé le drapeau afghan dans le centre-ville et les habitants qui avaient fui sont revenus en ville.

Depuis, les progrès sur le plan sécuritaire ont été plus lents que ce qu'avaient projeté les responsables américains.

Le chef d'état-major de l'armée de terre américaine, George Casey, a déclaré jeudi que l'une des priorités des troupes américaines, qui lui avaient été exprimées lors d'une récente visite à Marjah, concernait le manque de soldats afghans entraînés pour prendre la relève dans les combats.

Franck Ruggiero, un haut responsable civil détaché dans le sud de l'Afghanistan par le secrétariat d'Etat, a témoigné devant la commission que le transfert du contrôle de la région pourrait prendre du temps. Il a ajouté qu'il fallait remplacer la police locale corrompue par de nouvelles unités. "A la fin, il doit s'agir d'un processus afghan et les choses doivent être faites à la vitesse afghane", a-t-il commenté.

En dépit des difficultés à renforcer la mainmise du gouvernement afghan sur la région de Marjah, M. Sedney a déclaré qu'il n'avait jamais été aussi optimiste sur le sort de l'Afghanistan.

7/5

AP


4-4 Afghanistan : Bavures de presse.

La chose est courante, si courante qu’on finirait presque par ne plus en percevoir l’indécence, et l’effet – sinon l’intention – de propagande : Qu’un « pays ami » ou « allié » (selon la définition de ce mot dans le vocabulaire médiatique de la guerre) cause la mort de civils dans une opération militaire, on s’empressera de qualifier la chose de « bavure ».

On en trouvera ici même de nombreux exemples, qu’il s’agisse du conflit afghan, de la guerre contre l’Irak, ou de la dernière intervention de l’armée israélienne à Gaza. Un mot qui fait partie de ce Lexique de guerre, dont l’utilisation, même inconsciente ou automatique, n’excuse pas l’obscénité.
Dernier exemple en date : le 22 février 2010, où l’on apprenait qu’un bombardement de l’Otan avait – à nouveau – tué des civils en Afghanistan.

 Lefigaro.fr, après avoir titré, comme en témoigne l’URL restée inchangée, « Afghanistan : L’Otan tue 21 civils dans un bombardement », a finalement préféré présenter l’organisation militaire sous un meilleur jour :

Afghanistan : regrets de l'Otan après la mort de 27 civils

C’est dans le corps de l’article que l’on apprend qu’il s’agissait d’une… « bavure », et même mieux, d’une simple « erreur » :

Nouvelle bavure de l’Otan en Afghanistan. La force internationale de l’Alliance atlantique (Isaf) a tué au moins 27 civils dimanche [21 février], dans un bombardement aérien (…).
Ces décès constituent une nouvelle erreur des forces internationales qui sont accusées régulièrement par Hamid Karzaï de ne pas prendre assez de précautions dans leurs bombardements et de tuer trop de civils.

 Libération a choisi un titre qui, avec un raffinement cultivé fort à propos, fait écho à celui du film Mortelle randonnée :

Mortelle bavure de l'Otan

Le 16 avril 1999, Libération faisait déjà preuve d’une cinéphilie toujours utile en temps de guerre et titrait « Autopsie d’une bavure », pour évoquer le bombardement par l’Otan d’un convoi civil, faisant 75 victimes. Dix ans plus tard, rien n’a changé – à part le titre du film.

Le responsable des euros de Libération doit être tellement fier de cet article – où l’on évoque trois fois une « bavure », et toujours sans guillemets – que celui-ci était déjà payant à l’heure de la capture d’écran.

Pendant ce temps, Lemonde.fr, lui, s’est borné à recycler des dépêches d’agence :

Bavure meurtrière en Afghanistan

Une « bavure », donc, de l’avis général, et sans guillemets.

Mais au fait, qu’est-ce qu’une bavure ?

À l’origine, nous dit Le Petit Robert, le mot désigne une « trace laissée par les joints du moule sur l’objet moulé ». D’où, par analogie, la « trace d’encre empâtant une écriture, un dessin ».

Et par extension, il signifie « erreur pratique, abus, conséquence fâcheuse ».

Avec, pour ce dernier sens, cet exemple, tiré d’un Monde plus « pudique », Le Monde du 27 mars 1970 : « La police a de la peine à éviter ce qu’on nomme pudiquement des bavures ».

Le Robert Historique nous donne cette ultime précision : depuis les années 50, le mot peut désigner « une erreur grave, voire tragique ». L’usage de ce terme est-il pour autant anodin ? Simple question : si, à l’occasion d’un conflit armé dans un pays étranger, des dizaines de civils français étaient tués, parlerait-on aussitôt, sans prise de distance et sans plus de précautions, de « bavure » ? Rien n’est moins sûr.

http://www.acrimed.org/article3315.html
Publié le 24 février 2010


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