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18/05/2010

n°41 - Dossier d'Iran - 17-05 -: Fin - : La campagne contre l'Iran et le droit international.

n°41 - Dossier  d'Iran - 17-05 -: Fin  - : La campagne contre l'Iran et le droit international.



Dossier d'Iran   n°41 du 17-05

                             C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 Albert A.Stahel : «Premièrement l’Iran n’est pas une puissance nucléaire

3-2 Les impénétrables voies de l'Iran.

4  Pièce jointe

4-1 René Naba : L’Iran, un cas d’école


3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

3-1 Albert A.Stahel : «Premièrement l’Iran n’est pas une puissance nucléaire. ...Deuxièmement, jusqu’ici l’Iran veut enrichir de l’uranium et c’est tout.Tout le reste n’est que suppositions»

Interview du Prof. Albert A.Stahel, de l’Institut d’études stratégiques de l’Université de Zurich

 Vasilije Mustur : Monsieur Stahel, le monde sera-t-il plus sûr après le Sommet de Washington ?

Professeur Albert Stahel : Non. Beaucoup de paroles et peu de décisions. Exactement comme le récent accord de désarmement nucléaire entre les USA et la Russie.

Que voulez-vous dire ?

L’accord, qui vient d’être signé par le Président des USA, Barack Obama et le Président russe, Medvedev, ne prévoit la destruction que d’une petite partie de l’arsenal nucléaire des deux grandes puissances. Les objectifs de désarmement contenus dans cet accord sont mis en œuvre graduellement  depuis 20 ans. La principale différence avec les accords de désarmement précédents est que la destruction des armes nucléaires sera contrôlée.

Cet accord serait donc un simple chiffon de papier ?

Le désarmement déjà en cours a simplement été réglementé par un accord. Cela ne changera pas grand-chose au nombre d’armes nucléaires. Pour l’instant, d’ailleurs, la Russie ne veut pas désarmer.

Pourquoi ?

Seul son armement nucléaire peut garantir la sécurité de la Russie. Les armes conventionnelles n’y suffiraient pas à elles seules. Durant l’ère Eltsine  les forces armées conventionnelles russes ont été négligées.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Les forces armées conventionnelles disposent à l’heure actuelle essentiellement d’un matériel datant des années 80. La Russie ne peut donc compter sur elles que partiellement, face à un adversaire sérieux. C’est aussi pour cela que la Russie se dresse avec autant de véhémence contre le bouclier anti-missiles états-unien et qu’elle a déclaré que s’il était installé, elle ne se conformerait pas à l’accord de désarmement nucléaire. Un système de protection en état de fonctionnement pourrait neutraliser l’arsenal nucléaire russe.

Revenons-en au Sommet de Washington : Barack Obama s’inquiète au sujet des matériaux fissiles, dont la sécurité, à son avis, n’est pas assurée. En se préoccupant  ainsi d’un  possible terrorisme nucléaire, Obama veut tout simplement détourner l’attention du fait que les USA ne sont pas totalement prêts à réduire leur propre arsenal nucléaire.

Toutefois, cette menace existe vraiment. Au Pakistan - une puissance nucléaire en pleine expansion- il ne se passe pas de jour sans attentat terroriste. De plus ce pays est pratiquement en état de guerre civile....

Tant que l’armée pakistanaise sécurise l’armement nucléaire, il n’y a aucun danger de ce côté.

En outre les missiles pakistanais ne sont pas dotés  d’ogives explosives, à la différence des missiles usaméricains.

Vous jugez donc invraisemblable qu’une arme nucléaire tombe dans les mains d’Al Qaida ?

Il est possible qu’Al Qaida se procure du matériel faiblement fissile et puisse alors  fabriquer une « bombe sale ». Et ce matériau, on peut se le procurer dans des installations et instituts  civils.

Selon la puissance explosive conventionnelle de la bombe, une ville assez importante pourrait être irradiée.

De toute évidence, la Corée du Nord et l’Iran inquiètent fortement les USA. Ces deux pays ne s’en laissent imposer par personne et le Président iranien ne rate pas une occasion de menacer Israël.

En ce qui concerne la Corée du Nord, ses quelques ogives nucléaires ne sont, pour le régime en place, qu’un moyen de dissuasion en direction des armées usaméricaines stationnées en Corée du Sud. Quant  à l’Iran, premièrement ce n’est pas une puissance nucléaire, deuxièmement il s’est jusqu’ici contenté d’enrichir de l’uranium. Tout le reste n’est que simples suppositions.

Mais cela peut permettre au pays de construire une bombe atomique...

Pas forcément. Les Iraniens doivent d’abord se  procurer suffisamment d’uranium et l’enrichir. L’Iran en est bien loin. Tout le monde suppose que l’Iran est en train de construire une bombe atomique. Mais cela ne suffit pas pour que ce soit vrai.

L’armement nucléaire iranien serait-il alors un danger pour cette région instable ?

Ce serait surtout un danger pour les troupes américaines présentes en Irak et Afghanistan....

Mais aussi pour Israël. Ahmadinedjad nie l’Holocauste et menace en permanence Tel Aviv d’une guerre.

Israël doit bien disposer de 200 à 300 ogives nucléaires offensives. Israël est LA puissance nucléaire de la région. En outre, Israël anéantirait l’Iran, si ce pays voulait l’attaquer.

De toute évidence, Israël projette depuis longtemps un bombardement des installations nucléaires iraniennes. Que se passerait-il si cela arrivait ?

Les chiites irakiens entreraient en  guerre contre les  USA.

Source : «Erstens ist Iran keine Nuklearmacht. Zweitens will Iran bisher lediglich Uran anreichern. Alles andere sind heute Vermutungen»- Interview mit Prof. Dr. Albert A. Stahel, Institut für Strategische Studien an der Universität Zürich 
AUTEUR:  Vasilije MUSTUR

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice
Michèle Mialane et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, l'éditeur et la source.
Article original publié le 14/4/2010
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10358&lg=fr


3-2 Les impénétrables voies de l'Iran.

Devant un tel adversaire tout stratège averti ne se prémunit jamais assez.

Le brillantissime général Sun Tsu ne dira pas le contraire.

Car, en juger par ce qui suit, aucune voie paisible ne mène à Téhéran.

27 Avril

 Ah, l'Iran! le méchant Iran ; s'offusquent, à tour de rôle, les dirigeants occidentaux.

Comédie?

Certes, mais comédie belliqueuse. Elle aura pour but de légitimer l'action militaire contre un pays qui refuse, toujours, de rejoindre ses voisins dans le grand harem occidental.

Un pays qui sait se faire désirer. Se faire respecter. Une vieille nation, bien ancrée dans son histoire, sa géographie et, surtout, dans son bon droit. Et devant un tel adversaire tout stratège averti ne se prémunit jamais assez. Le brillantissime général Sun Tsu ne dira pas le contraire. Et pour cause, les voies de l'Iran sont devenues, entre temps, impénétrables.

De leurs envahisseurs, ils ont appris la leçon. Les Arabes et les Macédoniens les ont, en effet, appris qu'il faut fermer ce dangereux passage qu'est l'Irak. Et ils ont réussi dans cette entreprise. Dorénavant, tout envahisseur venant de la vallée de la Mésopotamie aura, d'abord, affaire à leurs milices et partisans avant même d'atteindre leur frontière.  
 Pour des telles circonstances, les Perses avaient, jadis, inventé le mercenariat militaire. Ils en usèrent pour déstabiliser leurs ennemis, avant d'affronter leur armée. C'est fut ainsi avec les Macédoniens, d'Alexandre le grand. Et c'est pour cela que le Khalife Omar ordonna à son Général Saad de marcher sans combattre jusqu'à mettre tous les Arabes à son dos, et, seulement à ce moment là, d'attaquer son ennemi. Par cette stratégie, Saad avait effectivement épargné à son armée les mercenaires et les partisans de l'empire perse qui pouvaient entraver la vitalité de ses hommes à la veille d'une bataille décisive, comme celle d'Alqadisiya.  
 L'autre voie est, incontestablement, l'Afghanistan. C'est par là, en effet, que les Mongols ont saccagé
la Perse durant leur célèbre chevauchée meurtrière.

Aujourd'hui, l'Afghanistan est sous contrôle de leurs partisans, l'alliance du nord. Sans parler de la possibilité de réarmer les Talibans leur permettant ainsi d'avoir le dernier mot sur les forces de l'Otan. Il reste, modernité oblige, la voie aérienne. Surtout face à un ennemi proche, Israël, doté, lui, de plus de 700 avions de combat. Si personne n'affirme ou infirme l'acquisition de l'Iran de fameux missiles balistiques russes S-300, tout laisse à penser que c'est chose faite.

C'est, du moins, ce qu'on pense dans les chancelleries occidentales. Les efforts israéliennes et occidentales faisant pression sur la Russie pour renoncer à renforcer la defense balistique iranienne étaient, très probablement, vains. Le navire-cargo ukrainien, arctic sea, qui a été récupéré fin Juillet 2009 par la marine russe dans les eaux territoriales africaines, après son détournement par les services secrets israéliens, acheminait, en effet, via l'Algérie, une livraison de ces missiles si craints par les aviateurs israéliens. Livraison qui n'était pas la première. Ce qui est sur, maintenant, c'est que les avions israéliens ne survoleront plus avec assurance le ciel iranien, comme ils avaient l'habitude de faire, en Égypte, en Palestine ou au Liban. Reste une dernière, la voie maritime.  
 Elle représente effectivement le talon d'Achille de la defense iranienne.
Une defense conçue autour d'un affrontement avec des puissances régionales, faibles elles aussi navalement. Cependant, les dernières manœuvres maritimes ont montré la possibilité de la mise en place, par l'armée iranienne, d'une stratégie locale centrée, uniquement, sur le detroit d'Ormuz, point névralgique du trafique pétrolier mondiale.  
 Par ses moyens maritimes, tout porte à croire que l’Iran pouvait pratiquer la guérilla navale à coup d’opérations commandos, comme il a fait en 2007, notamment pour intercepter les marins anglais.

A en juger par ce qui précède, et contrairement à la Rome antique, aucune voie paisible ne mène à Téhéran.

http://www.alterinfo.net/Les-impenetrables-voies-de-l-Iran_a45438.htmlièce jointe



4  Pièce jointe ( sur demande)     

4-1 René Naba : L’Iran, un cas d’école

Paris, 10 septembre 2009 – Le président Barack Obama fixera le cap de sa stratégie à propos de l’Iran à l’occasion de la session spéciale du Conseil de sécurité qu’il présidera le 24 septembre, où, pour la première fois dans les annales diplomatiques, un sommet des dirigeants des quinze États membres de cette instance internationale devrait se tenir, ce jour là, sous son autorité, en vue d’inscrire le problème général du désarmement nucléaire et de la non-prolifération à l’ordre du jour de l’agenda international.

Les Etats-Unis assurent la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois de septembre. Barack Obama  a voulu mettre à profit cette occasion pour donner une solennité particulière à son engagement en faveur de la non-prolifération et accréditer l’idée que le cas iranien participe d’un objectif stratégique globale de la diplomatie américaine, le désarmement nucléaire de la planète. La prestation de M. Obama pourrait se réduire à un effet d’annonce contre-productif en ce qu’elle pourrait être perçue par l’Iran et les autres candidats au seuil nucléaire comme une ruse diplomatique si elle n’était pas assortie de fermes engagements concernant les autres puissances nucléaires et un calendrier de désarmement contraignant pour Israël.

La réévaluation de la politique américaine sur le dossier nucléaire iranien à laquelle est associée le groupe de contact sur l’Iran (1) se déroule sur fond d’une mobilisation psychologique, médiatique et militaire sans précédent du camp occidental, aiguillonné par Israël, en vue de faire plier Téhéran sur ce qu’il considère être sa principale réalisation stratégique depuis l’instauration de la République islamique en 1979, il y a trente ans: l’accession au seuil nucléaire, justification suprême de tous ses sacrifices.

L’accession de l’Iran au rang de «puissance du seuil nucléaire», en dépit d’un embargo de trente ans doublé d’une guerre de près de dix ans imposée à l’Iran par Irak interposé, a suscité l’admiration de larges fractions de l’opinion de l’hémisphère sud qui ont vu dans cet exploit technologique incontestable la preuve parfaite d’une politique d’indépendance, en ce qu’il débouche sur la possibilité  pour l’Iran de se doter d’une dissuasion militaire en même temps que de maintenir son rôle de fer de lance de la révolution islamique.
Char de Carnaval allemand, début du XXIème siècle

Dans une zone de soumission à l’ordre israélo-américain, le cas iranien est devenu de ce fait un cas d’école, une référence en la matière, et, l’Iran, depuis lors, est devenu le point de mire d’Israël, sa bête noire, dans la foulée de la destruction de l’Irak, en 2003. Dès l’enlisement américain en Irak, M. Dominique Strauss-Kahn, futur directeur du Fonds Monétaire International et pro israélien avéré, sonnait d’ailleurs l’alarme en invitant les pays occidentaux à rectifier le tir et à cibler non plus l’Irak mais l’Iran (2). Il a été aussitôt relayé par le transfuge socialiste Bernard Kouchner, à sa nomination à la tête du ministère français des affaires étrangères, dans la foulée de son ralliement atlantiste, ainsi que par leur parrain conjoint, Nicolas Sarkozy.

Le président français a résumé la nouvelle position française par une formule qui se voulait lapidaire mais qui s’est révélée être d’une démagogie rudimentaire: «la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran» (3). Le déploiement militaire français dans le Golfe, à Abou Dhabi, de même que la bruyante contestation française des résultats des élections présidentielles iraniennes ainsi que les doutes des Français sur la fiabilité du Directeur Général de l’Agence atomique de Vienne, l’égyptien Mahmoud el Baradéï, participent de cette logique de guerre dont l’universitaire française Clotilde Reiss en a été, en Juillet Août 2009, la victime au titre de dommage collatéral.

Première épreuve diplomatique d‘importance de Barack Obama

Le primat d’Israël conditionne le récit médiatique occidental et obère la crédibilité de sa démarche, en ce qu’elle révèle une distorsion de comportement des pays occidentaux face aux puissances nucléaires. Les Etats-Unis et l´Union européenne contrôlent 90% de l’information de la planète et sur les 300 principales

agences de presse, 144 ont leur siège aux Etats-Unis, 80 en Europe et 49 au Japon.

Les pays pauvres, où vit 75% de l´humanité, possèdent 30% des médias du monde (4).

1-       Sur l’auteur
René Naba est un auteur associé à Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cet article est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur et la source.

2-       http://no-war.over-blog.com:80/ext/http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=8626

 

Suite : Pièce jointe



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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