Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

19/05/2010

n°42 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 18-06 - : Fin :- La stratégie de l'Occident pour renverser le régime peut-elle réussir ?

n°42 - Géopolitique & stratégie d'Iran - 18-06  - : Fin  :- La stratégie de l'Occident pour renverser le régime peut-elle réussir ?


Géopolitique & stratégie d'Iran

                                                           n°42 du 18-06                                     C.De Broeder & M.Lemaire



Le dossier « Géopolitique et Stratégie d’Iran » est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Annexe

2-1 Interview : Noam Chomsky sur la politique étrangère d’Obama.

2-2 Dave Londorff : Mêmes délits, mêmes crimes.

2-3 « La politique des USA et Israël est sans issues, l’époque du colonialisme est finie ».

3  Pièce jointe

3-1 Discours de Joseph Biden au Parlement européen.




2 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 Interview : Noam Chomsky sur la politique étrangère d’Obama.

Extrait 

AMY GOODMAN : le ministre de la Defense Robert Gates a rencontré des dirigeants des Emirats Arabes Unis et de l’Arabie Saoudite la semaine dernière pour obtenir leur soutien à une nouvelle série de sanctions contre l’Iran et son programme d’enrichissement d’uranium. Tandis que l’administration Obama intensifie ses efforts pour obtenir l’appui de la Russie et de la Chine pour durcir les sanctions, la France et la Finlande on laissé entendre que l’Union Européenne pourrait adopter des mesures unilatérales contre l’Iran si aucune résolution n’était adoptée à l’ONU.

Tandis que les Etats-Unis, l’Union Européenne et Israel renforcent leurs pressions sur l’Iran, nous avons passé une heure en compagnie du linguiste et dissident mondialement connu, Noam Chomsky, dont la dernière conférence commence par une analyse critique de la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Iran. (…)

Nous commençons par un extrait de sa conférence prononcée au Harvard Memorial Church à Cambridge, Massachussets.

NOAM CHOMSKY : Il y a quelques jours, mon quotidien préféré, le London Financial Times, a identifié l’Iran comme le principal problème actuel en matière de politique étrangère pour Obama. L’article a été publié à l’occasion de l’échec d’Hillary Clinton à convaincre le Brésil de se joindre aux appels des Etats-Unis pour un durcissement des sanctions et de l’insistance du Président Lula à promouvoir les relations avec l’Iran, des relations commerciales, etc, en déclarant que l’Iran avait le droit d’enrichir de l’uranium pour produire de l’énergie nucléaire, comme tous les signataires du Traité de Non Prolifération.

Bien entendu, l’article a aussi présenté la position de Lula comme une sorte d’anomalie. Pourquoi ne se joint-il pas à la communauté internationale, au reste monde ?

C’est une coutume intéressante, très caractéristique de l’emprise de la culture impérialiste, car que désigne le terme de « communauté internationale » ?

Si on regarde les choses de près, on se rend compte que la « communauté internationale » désigne en fait les Etats-Unis et tous ceux qui sont d’accord avec eux. Tous les autres ne font pas partie du reste du monde. Ils sont ailleurs.

Il se trouve que dans le cas présent, la position de Lula correspond à celle de la majorité de la planète. Vous pouvez être d’accord avec ou pas, mais c’est la position, par exemple, des anciens pays du mouvement des non-alignés, de la majorité de pays du monde et de la grande majorité de leurs populations. Ils ont vigoureusement répété et défendu le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium pour des objectifs pacifiques, en rappelant que ce pays est signataire du Traité de Non Prolifération, ce qui lui accorde ce droit. Mais ils ne font pas partie du reste monde.

Un autre groupe qui ne fait pas partie du reste monde est la population des Etats-Unis. Les derniers sondages que j’ai vus, publiés il y a deux ans, montraient qu’une grande majorité d’Américains pensaient que l’Iran avait le droit de développer une énergie nucléaire, mais pas une arme nucléaire, évidemment. En fait, selon ce sondage, sur tout un ensemble de sujets, les opinions exprimées par les Américains étaient pratiquement identiques à celles des Iraniens. Lorsque le sondage a été présenté à Washington lors d’une conférence de presse, le présentateur a fait remarquer que si les peuples avaient la possibilité de décider de la politique, les tensions et les conflits seraient probablement résolus.

C’était il y a deux ans. Depuis, il y a eu une énorme masse de propagande autour de la menace iranienne, etc. Je suppose que si le sondage était effectué aujourd’hui, les chiffres seraient différents. Mais c’était en 2007, il y a trois ans. A un moment donné donc, les Américains ne faisaient pas partie du reste du monde. La majorité de la population mondiale n’en faisaient pas partie et Lula, en exprimant une opinion largement partagée, n’en faisait pas partie non plus. On pourrait rajouter aussi qu’il est probablement la personnalité politique la plus populaire de la planète, mais cela non plus n’a pas d’importance.

Alors, que dire du conflit avec l’Iran et de la menace iranienne ? Une personne sain d’esprit ne voudrait pas voir l’Iran fabriquer des armes nucléaires. Personne, en fait. Sur cette question, l’accord est donc général. Et il y a effectivement un réel problème de prolifération d’armes nucléaires. C’est une affaire sérieuse. Et le discours d’Obama mentionne et insiste sur la nécessité de stopper la prolifération d’armes nucléaires et de réduire, et éventuellement éradiquer, de telles armes. Voilà pour le discours. Maintenant, voyons les faits.

Tout est devenu clair il y a quelques mois. Une fois de plus, le Conseil de Sécurité (des Nations Unies) a adopté une résolution, le numéro 1887 - je crois que c’était au mois d’Octobre – qui critiquait l’Iran pour n’avoir pas respecté les exigences du Conseil de Sécurité et qui appelait tous les états à signer le Traité de Non Prolifération et à résoudre leurs conflits sans proférer des menaces de recourir à la force. Cette dernière partie de la résolution n’a pas vraiment fait la une des journaux pour une raison bien simple : elle s’adressait à deux pays, les deux pays qui menacent régulièrement de recourir à la force, à savoir les Etats-Unis et Israël. La menace de recourir à la force est une violation de la Charte des Nations Unies, pour ceux qui lui accordent encore la moindre importance. On n’en parle jamais. Mais pratiquement tout le monde – et je parle là de toutes les tendances politiques – emploie la phrase rituelle de « toutes les options sont envisageables ». Ce qui constitue une menace.

Et la menace n’est pas une menace en l’air.

Par exemple, Israël envoie ses sous-marins nucléaires, qui sont pratiquement indétectables, dans le Golfe, à distance de tir de leurs missiles nucléaires - Israël a beaucoup d’armes nucléaires – sur l’Iran. Les Etats-Unis et leurs alliés effectuent des exercices militaires dans la région, des exercices clairement dirigés contre l’Iran. Mais il y a un petit grain sable, parce que la Turquie refuse d’y participer, mais ils essaient de la convaincre. Nous avons donc affaire à des menaces, verbales et politiques. Israël envoie des sous-marins nucléaires et d’autres navires de guerre par le canal de Suez, avec l’accord tacite de l’Egypte, de la dictature égyptienne, un autre état de la région soumis aux Etats-Unis. Ce sont des menaces – répétées, verbales et concrètes.

Ces menaces ont pour effet d’encourager l’Iran à développer un moyen de dissuasion. Qu’ils soient en train de le faire ou pas, je n’en sais rien. Peut-être qu’ils le sont. Mais s’ils le sont, la raison, et je crois que tout analyste sérieux serait d’accord, ce n’est pas parce qu’ils auraient l’intention d’utiliser des armes nucléaires. S’ils s’avisaient à ne serait-ce qu’armer un missile avec une tête nucléaire, c’est une hypothèse, le pays serait vitrifié en cinq minutes. Et personne ne croit que les religieux au pouvoir, quelle que soit l’opinion qu’on peut en avoir, ont des tendances suicidaires et veulent voir tout le pays, la société entière et tout leurs biens avec, partir en fumée. En fait, les hauts responsables des services de renseignement US, qui se sont exprimés, estiment que la probabilité de voir l’Iran utiliser un jour une arme nucléaire est d’un pour cent, c’est-à-dire si faible qu’on ne peut pas vraiment l’estimer. Mais il est possible qu’ils développement de tels armes comme un moyen de dissuasion.

Un des historiens les plus importants en Israël, Martin van Creveld, il y a quelques années, après l’invasion de l’Irak, a écrit dans la presse internationale qu’il ne voulait bien sûr pas voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire, mais que s’ils ne le faisaient pas, a-t-il dit, ils seraient fous. Les Etats-Unis venaient d’envahir l’Irak en sachant que le pays était sans defense. C’est une des raisons pour lesquelles ils se sont sentis en position de le faire. C’est facile à comprendre. Les dirigeants iraniens aussi le comprennent. Alors, pour citer van Crevels, « s’ils ne sont pas en train de développer une arme de dissuasion nucléaire, ils sont fous ».

Qu’ils soient effectivement en train de le faire ou non est un autre débat. Mais il ne fait aucun doute que la position hostile et agressive des Etats-Unis et d’Israël constituent un facteur important pour les hauts dirigeants iraniens, pour décider ou non de développer une arme de dissuasion.

(fin de l’extrait de la conférence)

AMY GOODMAN : Nous sommes avec le professeur Noam Chomsky que nous avons interviewé au Harvard Memorial Church à Cambridge, Massachusetts. Ma première question porte sur son analyse de la politique étrangère du Président Obama

NOAM CHOMSKY : Lorsqu’Obama a pris ses fonctions, ou lorsqu’il a été élu, un haut fonctionnaire de l’administration Bush – je crois qu’il s’agissait de Condoleezza Rice – a prédit que sa politique étrangère serait dans la continuation de celle du deuxième mandant de Bush. Le deuxième mandat de Bush était différent du premier. Le premier mandat était agressif, arrogant, envers le monde entier, y compris les alliés, et il a produit un effet assez négatif – à cause de sa politique mais aussi à cause de son style – sur le prestige des Etats-Unis, qui est tombé plus bas que jamais auparavant. Ce qui portait atteinte aux intérêts de ceux qui décident de la politique étrangère – les milieux d’affaires et les sociétés privées, les décideurs, etc. Il y a donc eu beaucoup de critiques de leur part au cours du premier mandat. Le deuxième mandant était quelque peu différent. D’abord, les personnages les plus extrémistes ont été débarqués. Rumsfeld, Wolfowitz, quelques autres, ont été envoyés se mettre au vert. Ils n’ont pas pu se débarrasser de Cheney, parce que Cheney était le gouvernement, et ils ne pouvaient pas se débarrasser du gouvernement. Mais beaucoup d’autres sont partis, et la politique est retournée à la norme, une norme plus ou moins centriste. C’est-à-dire qu’on parlait un peu plus de négociations, un peu moins d’agressions, ce genre de choses. Et on a adopté une attitude plus polie envers les alliés. Notre politique n’avait pas vraiment changé, mais elle était devenue plus présentable. C’était ça, la prédiction sur la politique d’Obama. Et c’est bien ce qui est arrivé.

En fait, il y a un exemple pour illustrer ce phénomène. Un peu anachronique, mais je crois qu’il s’applique. En 1962, au moment de la crise des missiles à Cuba, lorsque le monde a dangereusement frôlé le bord du précipice – le moment le plus dangereux de l’Histoire a dit Arthur Schlesinger, conseiller de Kennedy – au summum de la crise des missiles, les décideurs US envisageaient de prendre des mesures qu’ils savaient pouvaient détruire l’Europe, et la Grande-Bretagne en particulier. Ils étaient là, le plus sérieusement du monde, en train d’échafauder des scénarios qui se concluaient par la destruction de la Grande-Bretagne. En fait, non seulement ils prenaient ça au sérieux, mais ils prenaient même des mesures qui poussaient dans ce sens. Mais ils se sont bien gardés de le dire à la Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne est censée entretenir une relation spéciale avec les Etats-Unis. Les Britanniques à l’époque étaient plutôt mécontents parce qu’ils n’arrivaient pas à savoir ce qui se tramait. Tout ce que le premier Ministre, MacMillan, arrivait à savoir, c’était ce que ses services de renseignement lui transmettaient. On en était donc là, avec l’élite parmi l’élite du pays qui dressait des plans qui pouvaient aboutir à la destruction de la Grande-Bretagne, sans les tenir informés.

C’est à ce stade qu’un haut conseiller de l’administration Kennedy – je crois qu’il s’agissait de Dean Acheson – est entré dans la discussion, et il a précisé la notion de « relation spéciale ». Il a dit que la relation spéciale avec la Grande-Bretagne signifiait que la Grande-Bretagne était notre lieutenant ; le terme de rigueur est « partenaire ». Et les Britanniques, bien sûr, aiment bien entendre ce mot. Eh bien, c’est ça la différence entre Bush et Obama. Bush leur disait simplement « vous êtes notre lieutenant. Si vous ne faites pas ce que l’on vous dit de faire, vous n’êtes plus utiles ». En fait, ce sont les termes que Colin Powell a employés à l’ONU, je crois. « Faites ce que nous vous disons de faire. Vous n’êtes que notre lieutenant, sinon oubliez... » C’est quelque chose de désagréable à entendre. On préfère entendre « vous êtes notre partenaire. » Vous savez, dans genre « je vous aime ». Ensuite, discrètement, en coulisses, nous les traitons comme des lieutenants, mais ce n’est pas grave. Je pense que c’est là que réside la différence principale.

NOAM CHOMSKY
interviewer par AMY GOODMAN

Traduction VD pour le Grand Soir. Précision du traducteur : s’agissant d’une interview, le traducteur a tenu à gommer les hésitations du "parler" pour rendre la lecture un peu plus fluide. Merci de signaler les erreurs et coquilles car errare humanum est.

TRANSCRIPTION ORIGINALE EN ANGLAIS
http://www.democracynow.org/2010/3/15/noam_chomsky_on_obamas_foreign_policy

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Noam-Chomsky-sur-la-politique-etrangere-d-Obama-sur-sa-propre-histoire-et-sur-l-importance-de-faire-entendre-son-opinion.html


2-2 Dave Londorff : Mêmes délits, mêmes crimes.

Plaidoyer pour la destitution de Barack Obama

En 2005-2006, j’ai écrit un livre « The Case for Impeachement » (« plaidoyer pour une destitution » – NdT) dans lequel j’ai présenté des arguments en faveur d’une destitution du Président George W. Bush et du Vice-président Dick Cheney, ainsi que d’autres hauts responsables de l’administration Bush/Cheney tels que Condoleezza Rice, le secrétaire à la Defense Donald Rumsfeld et le ministre de la Justice Alberto Gonzales, pour crimes de guerres et violation de la constitution des Etats-Unis.

A présent, lorsque je mentionne le titre du livre, parfois certains me demandent, sur le ton de la plaisanterie, si je me réfère au président actuel, Barack Obama.

C’est triste à dire, mais le temps est venu, à peine 14 mois après l’entrée en fonctions du nouveau président, de répondre que oui, ce président, et certains de ses subordonnés, sont coupables eux aussi de crimes de guerre – dont beaucoup sont les mêmes que ceux commis par Bush et Cheney - pouvant mener à une destitution.

Commençons par la guerre en Afghanistan, qu’Obama a personnellement pris en charge par une escalade qui verra le nombre de soldats US dans ce pays (sans compter les mercenaires embauchés par le Pentagone) s’élever à 100.000 d’ici le mois d’Août prochain.

Ce président a autorisé l’emploi de drones Predator (avions sans pilotes) pour mener une campagne de bombardements contre le Pakistan ce qui a pour effet d’étendre illégalement la guerre en Afghanistan vers un autre pays sans l’autorisation du Congrès. Ces avions sans pilotes sont connus pour tuer beaucoup plus de passants innocents que d’ennemis, ce qui rend leur emploi comme armes fondamentalement illégal. De plus, cette vague d’attaques contre le Pakistan constitue une guerre d’agression contre un pays tiers, si le mot « guerre » a encore un sens, et par conséquence une violation de la Charte des Nations Unies. L’acte de déclencher une guerre d’agression contre un pays qui ne représente aucune menace imminente pour l’agresseur est considéré par la Charte et la Charte du Tribunal de Nuremberg comme le plus grave de tous les crimes de guerre.

Le président, en tant que commandant en Chef, en collusion avec le ministre de la justice Eric Holder, à bloqué toute poursuite contre ceux qui ont autorisé et appliqué la torture contre des prisonniers pendant la guerre en Irak, la guerre en Afghanistan et aussi la soi-disant guerre contre le terrorisme – notamment le juge de la Cour d’Appel Jay Baybee et le professeur de droit à l’université de Berkeley John Woo qui, comme avocats du ministère de la Justice, ont rédigé les memos qui justifiaient l’usage de la torture – et qui permettent encore aujourd’hui la poursuite de telles pratiques contre les prisonniers. Tout ceci constitue une violation claire des Conventions de Genève qui font partie intégrante, de par les traités signés, de la Constitution des Etats-Unis. Selon ces traités, les responsables dans la chaîne de commande qui permettent ou s’abstiennent de punir les auteurs de torture se rendent eux-mêmes coupables de torture.

En tant que Commandant en Chef, le Président Obama a aussi supervisé une stratégie en Afghanistan qui consiste à étendre les attaques contres les civils. Comme en Irak sous l’administration Bush, la phase actuelle de la guerre en Afghanistan provoque plus de morts parmi les civils que parmi les combattants ennemis, à cause de l’emploi d’armes telles que des hélicoptères dotés de canons, des bombardements aériens, des bombes à fragmentation, etc, ainsi que le recours à des tactiques de raids nocturnes contre des zones habitées censées abriter des insurgés – des raids qui se soldent fréquemment par la mort de nombreux hommes, femmes et enfants innocents. Il est significatif de constater que la récente exécution de sang froid de 9 étudiants, âgés entre 11 et 18 ans, par des forces dirigées par les Etats-Unis n’a donné lieu à aucune poursuite ni enquête. Au contraire, l’affaire est étouffée et ignorée, avec l’évident accord de la Maison Blanche et des chefs du Pentagone.

De plus, il est largement admis que le Général Stanley McChrystal, qui a dirigé une opération à grande échelle d’escadrons de la mort en Irak avant d’être nommé à son poste actuel, est actuellement en train de diriger une campagne similaire d’assassinats en Afghanistan – une campagne qui rappelle le sinistre Programme Phénix dans les années 60 au Vietnam – qui se solde par de nombreux morts chez les Afghans innocents.

En politique intérieure, le président a autorisé la poursuite des détentions sans procès de centaines de prisonniers à Guantanamo et dans d’autres prisons, dont la base aérienne de Bagram en Afghanistan. Son directeur à la Sécurité Nationale a même déclaré que la politique de l’administration actuelle était que les citoyens américains qui seraient considérés par le gouvernement d’être des combattants ennemis ou des terroristes pourraient faire l’objet d’exécutions extra-judiciaires. Des crimes d’état officiellement assumés constituent une violation flagrante de la Constitution qui précise clairement que chaque Américain bénéficie de la présomption d’innocence et du droit à un procès équitable.

Le président a aussi poursuivi, et d’une certaine façon même renforcé, le programme de Bush/Cheney d’espionnage sans mandat des communications électroniques de millions d’Américains par l’Agence de Sécurité Nationale (NSA). Une partie de ce programme, la surveillance d’une organisation caritative islamique vient d’être déclarée illégale par un juge fédéral dans une affaire qui l’opposait à l’administration Bush/Cheney, mais que la présente administration persistait à défendre. Il n’est pas encore connu si l’administration Obama décidera de faire appel de ce jugement. Alors que l’affaire en question ne constitue pas un crime de la part de l’administration Obama, il est cependant clair qu’elle représente la pointe d’un gigantesque iceberg d’espionnage intérieur, et le fait que l’administration déploie autant d’efforts pour clore ce procès ou le gagner indique qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé et que la NSA agit ainsi à une très grande échelle. En fait, si cette affaire a atterri un jour devant un tribunal, c’est uniquement parce qu’un rapport qui décrivait les détails de la surveillance avait été envoyé par erreur par courrier électronique aux victimes de la surveillance.

Et pendant que nous y sommes, je voudrais dire aussi qu’il y a suffisamment d’éléments pour destituer le secrétaire au Trésor Timothy Geither qui, lorsqu’il dirigeait la Réserve Fédérale de New York, parait avoir été complice d’une tentative pour étouffer la fraude massive de Lehman Brothers, puis en tant que secrétaire au Trésor, a participé à la plus grande distribution d’argent des contribuables à plusieurs des plus grandes banques du pays.

L’énumération des violations de la Constitution et des crimes commis montrent que ce président, comme son prédécesseur, et pratiquement depuis son premier jour de mandat, perpétue les actions criminelles et anticonstitutionnelles qui menacent l’existence même d’un gouvernement constitutionnel aux Etats-Unis.

En termes simples : le Président Barack Obama, et son ministre de la Justice Eric Holder, son ministre de la Defense Robert Gates, son ministre de l’Economie Geithner, devraient être destitués pour crimes de guerre et crimes contre la Constitution.

Bien sûr, après avoir assisté pendant deux ans à un Congrès Démocrate faillir sans honte à son devoir de lancer une procédure de destitution contre le Président Bush et le Vice-président Cheney ainsi que leurs subordonnés criminels, je ne me fais aucune illusion quant à la destitution du président actuel.

Cela dit, je crois qu’il est important de faire savoir publiquement que ce président, comme son prédécesseur, mérite la destitution pour de graves délits et crimes.

Dave Lindorff

4 avril

ARTICLE ORIGINAL
http://www.counterpunch.org/lindorf...

Traduction - dans l’expression "premier président noir des Etats-Unis", les seuls mots qui comptent sont "président " et "Etats-Unis" - par VD pour Le Grand Soir

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Plaidoyer-pour-la-destitution...


2-3 « La politique des USA et Israël est sans issues, l’époque du colonialisme est finie».

Interview à l’ambassadeur iranien au Vatican, Hojjatol Islam Ali Akbar Naseri.

Dans cet entretien l’ambassadeur a parlé de l’imminente conférence sur le désarmement nucléaire convoquée par l’Iran et, évidemment, du dossier atomique qui concerne la République islamique, en réaffirmant les intentions pacifiques de Téhéran et en attaquant la politique des USA et d’Israël. L’ambassadeur Naseri a exprimé son appréciation pour l’entente trouvée par l’Iran avec divers pays, qui, à son avis,  renforcera la paix dans le monde ; il a lancé un « appel » au Vatican pour qu’il défende les droits des peuples par rapport aux puissances néocoloniales.

Il y a quelques jours Téhéran a annoncé qu’il allait organiser les 17 et 18 avril une conférence sur le désarmement nucléaire à laquelle participeront des délégués de nombreux pays. La conférence aura comme thème « l’énergie nucléaire pour tous, l’arme nucléaire pour personne ». 

Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui ont conduit l’Iran à organiser cette conférence ?

Au nom de Dieu le Clément et le Miséricordieux je vous remercie pour  votre présence et je vous remercie aussi pour votre point de vue fondé sur le droit et sur la raison. En ce qui concerne votre question : l’accumulation d’armes nucléaires va à l’encontre de la paix dans le monde et crée de la préoccupation dans la communauté internationale. Malgré toute la propagande et tous les slogans faits jusqu’à présent, rien n’a été accompli de concret pour éliminer ces armes nucléaires. La République Islamique d’Iran, dans le but de gagner les défis actuels dans le monde sur ce thème et présenter des solutions pour avoir un monde dépourvu d’armes nucléaires et de destruction de masse, organise cette conférence à laquelle participeront les autorités de plus de 60 nations. Avec la conférence de Téhéran sur le désarmement nous entendons affirmer le principe selon lequel « l’énergie nucléaire pacifique est à la disposition de tous les peuples et l’arme nucléaire de personne ».

La Chine a déjà annoncé qu’elle participera à la conférence sur le nucléaire de Téhéran, et elle continue à affirmer qu’elle est contraire à de nouvelles sanctions contre l’Iran. Mais les Etats-Unis et Israël sont en train de tout faire pour que la Chine revienne sur sa décision de soutenir la cause du nucléaire iranien. Seule l’importance stratégique que l’Iran a pour la Chine, surtout du point de vue de ses approvisionnements en ressources énergétiques, a jusqu’ici fait barrage à ces requêtes.

Mais quelle est a solidité des liens entre la Chine et l’Iran en ce moment ? 

Les atlantistes réussiront-ils à entraîner la Chine de leur côté ou bien devront-ils renoncer à cette stratégie ?

L’activité nucléaire de l'Iran est une activité totalement pacifique. L’Iran est membre de l’AIEA et signataire du Traité de non-prolifération nucléaire. Toute activité relative au nucléaire est de ce fait sous la supervision des inspecteurs de l’agence. Appliquer les sanctions contre l‘Iran n’a aucun fondement juridique et légal et, surtout, est contraire aux protocoles du Traité. Les Etats-Unis et Israël, qui possèdent des têtes nucléaires et menacent d’attaques militaires, poursuivent une politique sans débouchés. Par rapport à la Chine, je rappelle que Téhéran et Beijing ont consolidé  des relations amicales qui sont anciennes. La position indépendante de la Chine en defense de l’activité nucléaire pacifique de l’Iran est à admirer. Nous attendons que la Chine et la Russie ne se laissent pas influencer par les pressions politiques des Etats-Unis et conservent en cela leur positon indépendante sur cette question.

Outre la Chine, d’autres pays aussi ont exprimé leur proximité et leur amitié à l’Iran, parmi lesquels la Russie, la Turquie, le Brésil et le Venezuela. Croyez-vous  qu’il soit possible pour l’Iran, ensemble avec ces autres pays, de créer un front compact d’opposition et de réaction à l’influence états-unienne dans le continent eurasiatique et dans l’Amérique indio-latine ?

Heureusement aujourd’hui l’époque de la domination colonialiste des puissances coloniales est finie. Les pays libres collaborent pour leurs intérêts bilatéraux. Avec cette unité et une plus grande collaboration, l’ordre colonialiste des Etats-Unis n’atteindra pas ses buts. Nous voyons de bon auspice ce front d’opposition qui obtiendra des résultats concrets pour la paix dans le monde, soit en Amérique  Latine, soit en Afrique, en Asie, et même dans certains pays européens.  Les pays nommés sont en train de construire une politique juste sur cette voie. Les Etats-Unis d’Amérique, avec un arsenal rempli d’armes nucléaires et de destruction de masse, et avec un passé très noir en ce qui concerne l’utilisation d’armes nucléaires, ont dernièrement menacé même d’une attaque nucléaire. Les USA qui soutiennent le régime illégitime d’Israël –qui est doté de bombes atomiques- n’ont aucune autorité pour porter des jugements sur l’activité nucléaire civile de l’Iran. Nous souhaitons que cette même agence pour l'énergie nucléaire atomique ne subisse pas de pressions de la part des Puissances, et que dans le cadre de ses règlements et de l’ordre juridique, elle contrôle les activités pacifiques nucléaires de tous les pays, et mette fin, de ce fait, à la production d’armes nucléaires et de destruction de masse. Nous souhaitons que l’AIEA joue son rôle dans ce sens.

Ces jours-ci justement Obama, en vue du congrès de Washington sur la sécurité nucléaire, a annoncé un changement radical de la stratégie sur l'utilisation des armes nucléaires. Les Etats-Unis annoncent vouloir utiliser les armes nucléaires seulement dans des cas extrêmes et jamais contre ces Etats qui respectent le Traité sur la non-prolifération nucléaire. Obama cependant a ajouté que ces nouvelles règles ne s’appliquent pas à la Corée du Nord et à l’Iran, lesquels resteront ainsi sous la menace d’une attaque, y compris avec des bombes nucléaires, bien que l’Iran soit signataire du traité. Quelle réponse l’Iran entend-il donner à cette décision  d ‘Obama ?

On peut s’étonner que l’Iran soit sous la menace de l’attaque nucléaire des Etats-Unis pour son activité relative au nucléaire exclusivement civil, comme d’ailleurs confirmé plusieurs fois par les inspections de l’AIEA. Les USA ont une attitude ambiguë : en fait ils menacent l’Iran pour son nucléaire pacifique, tandis qu’ils soutiennent le régime sioniste d’Israël –qui n’est pas signataire du Tnp et possède des têtes nucléaires- économiquement, politiquement et militairement.  Sur cette question l’Iran n’a pas besoin de faire de la propagande en sa propre faveur. La Communauté internationale, qui est consciente de tout cela, et les opérateurs des médias indépendants et libres jugeront la question et en tireront les conclusions sur ce que font les Etats-Unis. L’Iran en tous cas continuera sur sa voie jusqu’à satisfaction de son droit au nucléaire pacifique. L’Iran considère que le nucléaire pacifique et la technologie nucléaire sont un droit pour tous les pays et tous les peuples du monde. Les sanctions et les menaces n’auront absolument pas d’incidence sur notre volonté, fondée sur les droits de l’Iran. Cela n’aura absolument pas d’incidence sur le peuple iranien souverain.

Vous avez parlé de Communauté internationale : que pourrait faire l’Union européenne pour faciliter les relations entre l’Iran et les Etats-Unis, considérant le fait que l’UE est une partie substantiellement constitutive du front atlantique ?

Concernant l’amélioration des relations entre les Etats-Unis et l’Iran je pense qu’il n’y a pas besoin de médiateurs. Si les Etats-Unis réduisent leur position colonialiste et mettent de côté leurs positions hostiles à l’égard des peuples et aussi à l’égard de l’Iran, s’ils s’acheminent sur la voie du respect réciproque entre les pays, automatiquement les rapports entre les pays deviendront bons. Si Washington tend la main et s’il est sincère à ce sujet, les problèmes seront résolus ; mais comme dit le Guide Suprême, Obama  "nous tend la main avec un gant de velours qui pourrait cacher un poing de fer ». A cause des actions hostiles et des menaces continues des Etats-Unis (qu’on voie en particulier le dernier discours d’Obama concernant la menace d’attaque nucléaire) nous sommes certains que les Etats-Unis ne veulent pas améliorer les relations. Cependant nous attendons que l’Union européenne –en tant que pole économique puissant – prenne une position indépendante sur les différents thèmes d’intérêt international, et qu’elle ne suive pas servilement les politiques états-uniennes.

Le Saint Siège peut-il faciliter, en tant qu’autorité morale et religieuse, les rapports entre l’Iran et l’Union européenne et l’Iran et les Etats-Unis ?

Du Saint Siège, pour sa mission religieuse et en tant que porteuse du message du Jésus Christ, nous attendons beaucoup plus que les seules suggestions morales et religieuses. Nous souhaitons qu’elle assume une position ferme, déterminée, emblématique, face aux menaces des puissances fauteuses de guerre et agressives. Par des prises de position contre les vexations que subissent les peuples de la part des puissances colonialistes, le Saint Siège pourrait rendre les relations plus aisées. Le Saint Siège pourrait pousser les puissances occidentales à revoir leur action dans la politique internationale.

Publié sur le site Eurasia,

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio 

http://www.eurasia-rivista.org/3758/la-politica-di-usa-e-israele-e-senza-sbocchi-lepoca-del-colonialismo-e-finita-intervista-allambasciatore-iraniano-presso-il-vaticano



3  Pièce jointe

3-1 Discours de Joseph Biden au Parlement européen.

Ndlr : (A demander)
par
Joseph R. Biden Jr.*

6 mai 2010

Monsieur le Président, je vous remercie pour cet accueil. Nous avons été enchantés de vous recevoir à Washington et à la Maison-Blanche. Et c’est pour moi un grand honneur et, j’oserais ajouter, un privilège, que de pouvoir m’adresser à une assemblée aussi distinguée. J’ai été membre d’un parlement qui ne comptait au total que 535 membres.

Ceci est un honneur encore plus grand.

Je me souviens du discours que le président Reagan a prononcé ici en 1985 et, pour citer un poète irlandais, William Butler Yeats, il disait, au sujet de son Irlande, dans un poème intitulé « Dimanche de Pâques 1916 », « Tout a changé, radicalement changé. Une beauté terrible est née. » Beaucoup a changé depuis 1985, beaucoup a changé et une terrible beauté a vu le jour.

Vous savez combien je suis heureux de me retrouver ici à Bruxelles pour la deuxième fois en ma qualité de vice-président. Vous n’ignorez sans doute pas que certains politiciens et journalistes américains décrivent Washington comme « la capitale du monde libre ». Pourtant, il me semble que cette grande ville-ci, qui a mille ans d’histoire et est la capitale de la Belgique, le domicile de l’Union européenne et le siège de l’OTAN, peut légitimement prétendre à ce titre.

Comme j’ai été législateur pendant plus de 36 ans dans mon parlement, je me sens particulièrement honoré de m’adresser à celui de l’Europe. Le président Obama et moi, nous avons été le premier tandem en 50 ans aux États-Unis à accéder à la Maison-Blanche à partir de notre corps législatif. C’est pourquoi nous arrivons tous deux à nos postes exécutifs pénétrés d’une vive appréciation du travail que vous accomplissez ici, dans le bastion de la démocratie européenne.

Ensemble, en comptant mes anciens collègues du Congrès des États-Unis, vous et moi représentons plus de 800 millions de personnes. Il vaut la peine de s’arrêter un moment pour y penser : deux corps élus qui créent les lois pour près d’un huitième de la population de la planète. C’est réellement remarquable.

À présent, en vertu du traité de Lisbonne, vous avez acquis de nouveaux pouvoirs et la responsabilité plus large qui accompagne cette influence accrue. Et nous nous en félicitons. Nous nous en réjouissons parce que nous, les États-Unis, avons besoin d’alliés et d’alliances solides, pour nous aider à affronter les problèmes du XXIe siècle, dont nombre sont pareils à ceux du siècle dernier, mais dont tant d’autres sont différents.

Je voudrais l’affirmer aussi clairement que possible : le gouvernement Obama-Biden ne nourrit aucun doute quant au besoin d’une Union européenne forte et active. Nous sommes favorables à cette Union qui est essentielle à la prospérité américaine et à la sécurité à long terme. N’ayez pas le moindre doute à ce sujet

Lorsque j’ai présidé la Commission sénatoriale des affaires étrangères pendant toutes ces années, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de législateurs européens membres de leurs assemblées nationales et dont certains sont parmi nous aujourd’hui. C’est dire que j’apprécie, après toutes ces années, je reconnais l’importante étape que cela a représenté de créer le seul et unique parlement multinational au monde élu au suffrage universel. Tant de choses ont changé.

Et je suis heureux que grâce au Dialogue législatif transatlantique, vous ayez construit une solide relation avec le Congrès des États-Unis. J’espère que le bureau que vous avez ouvert à Washington le mois dernier va la renforcer encore davantage.

Mes amis, il y a 65 ans cette semaine, à moins de 200 kilomètres au sud d’ici, les dirigeants nazis signèrent leur capitulation sans condition qui mit fin à la Deuxième Guerre mondiale en Europe.

Le lendemain, des célébrations firent éruption à Times Square et à Piccadilly Circus. Des foules en liesse dansèrent sur les Champs-Élysées et sur les places de villes du monde allié. Ici, à Bruxelles, lors d’un service d’action de grâce, les fidèles chantèrent à l’église les hymnes nationaux de la Grande-Bretagne, de la Belgique et des États-Unis.

Or, en ce jour de joie du 8 mai 1945, ce continent gisait en ruines, par deux fois ravagé par des guerres totales en l’espace de moins de 30 ans. À ce moment-là, l’idée d’une Europe paisible et unie, l’idée d’un Parlement européen eût paru utopique à toute personne vivante.

Et pourtant, par la volonté de vos concitoyens et d’hommes d’État tels que Paul-Henri Spaak, à la mémoire de qui ce grand édifice est dédié, Robert Schuman, Jean Monnet et ses idées visionnaires qui donnèrent naissance à un Parlement et qui lui valurent la Médaille présidentielle de la liberté du président Lyndon Johnson, nous voici aujourd’hui rassemblés en cette chambre. Vous voici rassemblés.

Ce qui avait commencé par un simple contrat entre une demi-douzaine d’États pour créer un marché commun du charbon et de l’acier a grandi pour devenir une grande puissance économique et politique, une communauté vouée à la liberté de pensée, de déplacement et d’entreprise, une Europe qu’un historien a décrite comme moins un lieu géographique qu’une idée.

Je suis ici pour réaffirmer que le président Obama et moi croyons en cette idée, en ce monde et en cette Europe meilleurs qu’elle a déjà contribué à engendrer ; une Europe où tous les États membres bénéficient en négociant des accords commerciaux et en luttant contre la dégradation de l’environnement d’une seule voix unifiée ; une Europe qui renforce les valeurs culturelles et politiques que mon pays partage avec chacun d’entre vous ; une Europe qui est une, libre et en paix. (Applaudissements)

Ainsi que l’a affirmé le président Obama il y a un peu plus d’un an, à Prague, une Europe forte constitue un partenaire fort pour les États-Unis, et nous avons besoin de partenaires forts. C’est pourquoi nous ferons tout notre possible pour seconder cette grande entreprise qui est la vôtre. Car les 65 dernières années ont montré que lorsque les Américains et les Européens consacrent leur énergie à une cause commune, il n’y a pratiquement rien qu’ils ne puissent accomplir.

Ensemble, grâce au Plan Marshall, nous avons reconstruit l’Europe et réalisé peut-être le plus grand investissement de l’histoire de l’humanité. Ensemble, nous avons construit l’alliance sécuritaire la plus durable du monde, l’OTAN, et une force militaire et politique qui a lié l’Amérique et l’Europe et les a rapprochées toujours davantage au cours des décennies.

Ensemble, nous avons établi les relations commerciales les plus importantes de l’histoire du monde, représentant environ 40 % du commerce mondial et contribuant à l’avènement d’une ère sans précédent de prospérité et d’innovation technique. Et ensemble, nous avons apporté des secours humanitaires et de l’espoir à des populations sinistrées dans plus d’endroits que je ne saurais mentionner, des Balkans occidentaux au Congo et à notre travail actuel en Haïti.

Aux sceptiques qui, en dépit de toutes ces réalisations, continuent de s’interroger sur l’état des relations transatlantiques ou sur l’attitude de mon pays envers une Europe unie, ma réponse est la suivante : même si les États-Unis et les pays que vous tous représentez n’étaient pas unis par des valeurs et par l’héritage commun de millions de nos citoyens, dont moi-même, nos intérêts mondiaux suffiraient à eux seuls à nous lier ensemble inexorablement.

Les relations entre mon pays et l’Europe sont aussi fortes et aussi importantes qu’elles ne l’ont jamais été. Ce siècle nouveau a vu surgir de nouveaux défis non moins dangereux que ceux qui les ont précédés au XXe siècle. Ensemble, nous les affrontons, l’un après l’autre. Ils sont ardus. Il y aura des désaccords. Mais nous nous y attaquons ensemble.

Le changement climatique est l’une des menaces les plus graves auxquelles notre planète est confrontée ; les États-Unis et l’Europe œuvrent pour s’assurer que tous les pays, notamment les principales économies, contribuent à une solution mondiale. Nous en avons tous cherché et avons fait un pas majeur en avant à Copenhague. Nous devons maintenant mettre en vigueur les décisions sur les émissions, le financement et la transparence énoncées dans cet accord. Et nous devons aider les pays les plus vulnérables, du nord de l’Arctique aux îles du Pacifique, où se manifestent les signes avant-coureurs de cette crise imminente.

À travers le paysage troublé de l’Afghanistan et du Pakistan, nous cherchons, ensemble, à déstabiliser, démanteler et vaincre Al-Qaïda et les combattants talibans et à entraîner une armée et une force de police afghanes, afin que leur gouvernement puisse un jour protéger son peuple et ne pas constituer une menace pour les pays limitrophes.

Pour renforcer les capacités du gouvernement afghan, les États-Unis, l’Union européenne et ses pays membres ont déployé des ressources financières de même que des ressources civiles.

Certes, la poursuite de ces importantes missions n’a pas toujours été populaire, mais vous savez tous, comme moi, que la situation les exige. En tant que dirigeants, nous avons l’obligation d’expliquer à nos citoyens qu’elles sont nécessaires à notre sécurité mutuelle. Croyez-moi, en tant qu’homme politique qui occupe des postes électifs depuis 38 ans, je comprends que ce ne soit pas facile. Je peux vous assurer que ces missions ne sont pas plus populaires dans mon pays qu’elles ne le sont dans l’un quelconque des vôtres.

Suite - pièce jointe  




Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Les commentaires sont fermés.