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21/05/2010

n° 48 - dossiers de PAKISTAN - 19-05 :-Début :- : Les drones américains ont massacré 700 civils pakistanais en 2009.

n° 48 - dossiers de PAKISTAN - 19-05 :-Début :- : Les drones américains ont massacré 700 civils pakistanais en 2009.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                                 n° 48- 19-05

                                                C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier de Pakistan" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

1 Dossier & Point de vue

1-1 Bill Van Auken : Les drones américains ont massacré 700 civils pakistanais en 2009.

1-2 Le Nord Waziristan, nouveau refuge des résistants au Pakistan.

1-3 Le Pakistan, maillon faible du cercle des Etats nucléaires?

1-4  Albert A.Stahel : «Premièrement l’Iran n’est pas une puissance nucléaire.

1-5 Obama: aigle ou colombe?

2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 David E. Sanger  : Obama et le piège pakistanais.

2-2 Pierre Rousset :  Pakistan : la faillite historique de l’État.

2-3 Pascal Sacre : "Messieurs, remboursez vos prix Nobel de la paix".

Fin

3 Annexe

3-1 Chris Hedges : Tout le monde s’en fiche (TruthDig).

3-2 Dave Londorff : Mêmes délits, mêmes crimes.

4  Pièce jointe

4-1 Discours de Joseph Biden au Parlement européen.



1 Dossier & Point de vue

1-1 Bill Van Auken : Les drones américains ont massacré 700 civils pakistanais en 2009.

Selon des données rendues publiques cette semaine par des responsables à Islamabad, les bombardements des drones américains, un an depuis qu’Obama a amorcé son mandat présidentiel, ont tué plus de 700 civils pakistanais. L’escalade de la guerre AfPak de Washington, présentement en plein essor, entraînera le massacre de milliers d’autres hommes, femmes et enfants en 2010.

Ce bilan terrible a été annoncé lundi dans le quotidien pakistanais anglophone Dawn, au moment où arrivaient les nouvelles d’une récente frappe de missile Hellfire dans un village pauvre près de la frontière afghane.

Le missile a tué un enseignant pakistanais et son fils de neuf ans, laissant leurs cadavres ensevelis sous les décombres de leur maison. Selon des reportages citant des responsables du renseignement américain, la maison de l’enseignant aurait été la cible d’une attaque de drone Predator car des rapports avaient mentionné qu’elle avait été fréquentée par des militants.

Qui fournit ces rapports? Comment ont-ils été vérifiés? Y avait-il la moindre indication que l’enseignant, sans parler de son enfant, était impliqué dans les activités des présumés « militants »?

Le gouvernement des Etats-Unis ou la CIA, qui dirige la majorité de ces attaques, sont peu disposés à fournir des réponses. Cela vient réaffirmer la réputation d’Assassinat inc. (Murder, Inc.) de l’agence du renseignement.

Washington, la CIA et le Pentagone se sont arrogé le droit illimité de mener des exécutions extrajudiciaires où bon leur semble, sans fournir de justification, et encore moins de preuves. Cette pratique criminelle, entreprise sous l’administration Bush au nom de la guerre internationale contre le terrorisme, n’a été qu’intensifiée sous Obama.

Durant la dernière année, les drones américains ont tiré 44 fois des missiles dans les zones tribales à l’ouest du Pakistan, soit au moins deux fois plus que le nombre de frappes aériennes effectuées au cours de la dernière année de l’administration Bush. Reprenant les statistiques compilées par les responsables gouvernementaux pakistanais, Dawn rapporte que ces frappes de missiles n’ont réussi qu’à tuer « cinq hauts dirigeants d’Al-Qaïda ou des talibans », alors que leurs prétendus dommages collatéraux ont coûté la vie à 708 civils innocents.

« Pour chaque terroriste d’Al-Qaïda ou taliban tué par des drones américains, 140 Pakistanais innocents ont dû donner leur vie », rapporte le quotidien. « Plus de 90 pour cent de ceux qui ont été tués dans des frappes de missiles étaient des civils », soutiennent les autorités.

Le journal a cité, comme l’une des rares réussites des opérations des drones, l’attaque de missile qui a tué le dirigeant taliban pakistanais, Baitullak Mehsud, et sa femme le 5 août 2009. Comme la journaliste d’enquête Jane Meyer l’avait cependant fait remarquer dans le New Yorker en octobre dernier, cela a nécessité « seize frappes de missiles, et quatorze mois, avant que la CIA ne réussisse à le tuer ». On croit que les attaques précédentes, ratées, auraient tué jusqu’à 321 civils innocents, terrorisant une région entière.

Aucune information provenant du gouvernement américain n’est venue contredire la version du Dawn. La CIA maintient « secret » son programme de drones et ne fournit aucun renseignement sur le nombre ou l’identité des personnes qu’elle tue. Citant des sources anonymes des services du renseignement (ainsi que des porte-paroles de l’Armée en Afghanistan), les médias ont l’habitude de rapporter que tous ceux tués par des attaques de drones sont des « militants ». Ce n’est que lorsque des témoignages décrivant les corps mutilés de femmes et d’enfants nous parviennent des régions tribales éloignées qu’une vérité autre peut être suggérée.

« La plupart des attaques ont été menées sur la base de renseignement humain, qui aurait été fourni par des membres de tribus pakistanaises et afghanes espionnant pour le compte des forces alliées dirigées par les Etats-Unis en Afghanistan », a ajouté l’article du Dawn.

L’attentat suicide de la semaine dernière qui a tué sept agents de la CIA et un agent du service du renseignement jordanien à la base opérationnelle avancée Chapman à l’est de l’Afghanistan a indiqué dans quelle mesure ces renseignements pouvaient être fiables. Les agents de la base Chapman été directement impliqués dans la sélection de cibles pour les drones Predator. Le kamikaze, considéré comme l’un de leurs meilleurs « atouts », leur a servi de fausses informations durant plus d’un an avant de les convoquer, y compris l’agent de la CIA qui dirigeait l’opération, à une réunion afin de les tuer.

La campagne de drones au Pakistan est un exercice de longue date de « meurtres ciblés » et d’assassinats de masse exécutés contre le peuple d’un pays avec lequel les Etats-Unis ne sont supposément même pas en guerre. Cela dépeint tout ce qui est criminel et réactionnaire dans la campagne impérialiste américaine d’agression militaire en Asie centrale et dans le Golfe Persique.

Les fonctionnaires de la CIA et les sous-traitants militaires (c.-à-d. des mercenaires bien payés) s’assoient devant leurs écrans à Langley en Virginie et utilisent des télécommandes pour envoyer des missiles contre des maisons de villageois pakistanais. Après avoir passé une journée à tuer des hommes, des femmes et des enfants situés à plus de 11 000 kilomètres de distance, ils retournent en voiture jusqu’à leur maison pour revoir leur famille et prendre le repas.

Entre le secret maintenu par la CIA et l’interdiction par le régime pakistanais que les médias pénètrent dans les zones tribales, le carnage créé par ces attaques est essentiellement masqué au peuple américain. Dans la mesure où une justification est présentée à la population, c’est au nom de la lutte contre le terrorisme.

Considérant la sombre équation fournie par l’article du Dawn — 140 civils pour chaque présumé « terroriste » tué par le missile d’un drone Predator — cela apparaît clairement comme un prétexte. Les 44 frappes de missiles de l’an dernier n’ont rien fait pour enrayer le terrorisme. Plutôt, elles ont donné à des milliers, si ce n’est à des dizaines de milliers de gens une raison pour contre-attaquer sur les Etats-Unis pour la mort de leurs familles, de leurs amis et de leurs voisins.

Les attaques de drones font partie d’une explosion du militarisme américain qui a des objectifs très différents que de combattre le terrorisme ou d’assurer la sécurité à la population américaine. Elle est poussée par la crise du capitalisme américain et par la tentative de la classe dirigeante américaine de renverser cette crise par des moyens militaires — d’abord et avant tout en imposant l’hégémonie des Etats-Unis sur les régions stratégiquement vitales et riches en ressources énergétiques du Golfe Persique et de l’Asie centrale.

Les 700 personnes et plus tuées sous les ordres d’Obama dans les attaques de drones l’année dernière n’est que le commencement. Dans le cadre de l’ « escalade » militaire mise de l’avant par son administration, les responsables américains ont demandé que le gouvernement pakistanais lance une offensive pour supprimer l’appui à la lutte afghane contre l’occupation menée par les Etats-Unis. Washington a menacé qu’à moins qu’Islamabad ne prenne des actions décisives, les Etats-Unis vont agir unilatéralement, possiblement par des frappes de missiles contre Quetta, une ville de plus d’un million d’habitants où les leaders talibans se sont supposément réfugiés.

Chaque escalade des opérations américaines au Pakistan discrédite davantage le gouvernement, qui est complice des crimes de Washington, et menace de déclencher une guerre civile contre un pays armé de la bombe nucléaire et de déstabiliser toute la région.

L’armée et les services du renseignement ont adopté les attaques de drones comme une réponse technologique au problème du déclenchement d’une guerre qui est opposée par la majorité du peuple américain. Elles n’entraînent pas directement de morts ou de blessés américains et la souffrance humaine qu’elles infligent demeure largement cachée du public.

Elles créent néanmoins les conditions pour une conflagration militaire plus large qui, si elle n’est pas arrêtée, sera terrible pour les travailleurs aux Etats-Unis et partout dans le monde.

(Article original paru le 5 janvier 2010)

Par Bill Van Auken

http://www.wsws.org/francais/News/2010/jan2010/dron-j09.shtml

http://www.nbiou.com/relais-dinfo/les-drones-americains-ont-massacre-700-civils-pakistanais-en-2009/


1-2 Le Nord Waziristan, nouveau refuge des résistants au Pakistan.

nb : Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Fuyant l'offensive lancée contre eux au Sud-Waziristan, les résistants pakistanais ont déménagé, mais toujours sur la frontière de l'Afghanistan: des mois après avoir été chassés par l'armée, ils ont établi leurs nouvelles bases plus au nord, au Nord-Waziristan.

Les combattants fréquentent les marchés, restaurants, cafés Internet, sans être inquiétés bien que lourdement armés de fusils d'assaut et de lance-roquettes.

Ils sont les nouveaux VIP du Nord-Waziristan, suscitant des interrogations sur l'efficacité de la politique d'Islamabad, qui a passé un accord de non-agression avec le chef Gul Bahadur et d'autres seigneurs de la guerre pakistanais, lesquels agissent en Afghanistan, mais épargnent le Pakistan.

Lors de l'offensive au Sud-Waziristan lancée en octobre de l'année dernière contre les résistants pakistanais, organisation chapeautant divers mouvements responsables des attentats sanglants de ces deux dernières années, Bahadur avait accepté de ne pas les aider.

En échange, l'armée ne touchait pas à son territoire, au nord. Mais ce pacte semble aujourd'hui avoir permis aux résistants de venir se réfugier sur ce territoire, sous sa protection, et ce malgré les tirs réguliers de drones américains (27 depuis janvier, selon un décompte de l'AP).

L'armée affirme ne pas voir suffisament d'hommes pour s'en prendre efficacement au Nord-Waziristan. Les critiques disent qu'en fait, elle ne veut pas se mettre à dos ces factions combattant en Afghanistan, estimant qu'à terme cela servira les intérêts du Pakistan dans le pays voisin.

Bahadur est considéré comme un "bon Taliban" par les agences de sécurité pakistanaises. Avec d'autres commandants du nord, comme Jalaluddine Haqqani, ils envoient régulièrement des hommes combattre les forces de Kaboul et de l'OTAN.

Selon des habitants et les journalistes d'AP dans la région, on croise donc depuis trois mois nombre de ceux nouveaux arrivants dans les principales villes du Nord-Waziristan, Mir Ali et Miran Shah, contrôlées par les troupes de Bahadur.

Les Résistants pakistanais ont installé un centre de commandement dans le bazar de Mir Ali, d'où ils communiquent par radio avec d'autres groupes de la ceinture tribale, racontent les témoins.

"Les coutumes et traditions tribales nous demandent d'accueillir nos frères du Sud-Waziristan", explique un proche conseiller de Bahadur. "Nous ne craignons pas que cette attitude attire une offensive de l'armée.

Pourquoi donc?

Ni nous ni les Résistants n'avons jamais causé de problèmes à l'armée au Nord-Waziristan".

Le porte-parole de l'armée à Islamabad, le général Athar Abbas, affirme qu'il y a environ 25.000 soldats au Nord-Waziristan, qui mènent des opérations ciblées et ponctuelles contre les militants, sans publicité.

L'armée a repris le contrôle du Sud-Waziristan en deux mois, la plupart des résistants fuyant sans guère combattre, vers le nord ou vers l'Afghanistan, et aucun des commandants n'a été capturé ou tué.

Depuis lors une opération a été lancée dans la zone tribale des Orakzai, où Islamabad affirme que se sont repliés les fugitifs du Sud-Waziristan. Mais nombre d'analystes pensent que leur véritable refuge est le Nord-Waziristan.

"Les Résistants bénéficient de protection et d'abri ici au Nord-Waziristan. La question désormais est de savoir combien de temps cela va durer", estime Imtiaz Gul, directeur du Centre de recherches et d'études sur la sécurité à Islamabad. "A voir la convergence croissante entre le Pakistan et l'armée américaine, cela va être difficile pour Gul Bahadur de garder ces gens et de ne pas être dérangé".

Si les Américains, bien moins critiques envers Islamabad depuis 18 mois, disent comprendre ses raisons pour ne pas s'en prendre tout de suite au Nord-Waziristan, la reprise des attentats ces dernières semaines dans les grandes villes pakistanaises, après trois mois de calme relatif, devrait relancer les appels au passage à l'action.

"Les attaques récentes signifient que les résistants se sont réorganisés", juge Mahmood Shah, ancien responsable de la sécurité dans les zones tribales. Disant comprendre la complexité d'une opération au Nord-Waziristan, il ajoute cependant: "je crois que ça va devenir obligatoire".

AP


1-3 Le Pakistan, maillon faible du cercle des Etats nucléaires?

nb - Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

Les Etats-Unis craignent que du matériel nucléaire puisse tomber entre de mauvaises mains, notamment au Pakistan.

Avant d'ouvrir le sommet sur la sécurité nucléaire, ce lundi à Washington, Barack Obama a donné le ton. "Ce sommet a pour but principal de mettre la communauté internationale sur la voie d'une maîtrise du matériel nucléaire" alors que "nous savons que des organisations comme Al-Qaeda sont en train d'essayer d'obtenir une arme nucléaire, une arme de destruction massive qu'elles n'auront aucun scrupule à utiliser".

Un responsable anti-terroriste américain, sous couvert d'anonymat, estime cependant qu' "à ce stade, ces organisations ne semblent pas avoir fait beaucoup de progrès.

Développer une bombe nucléaire requiert un processus sophistiqué que Al-Qaeda ne maîtrise visiblement pas". "Il serait beaucoup plus probable qu'un groupe terroriste cherche à acheter ou voler des armes nucléaires", estime Dan Byman, expert à l'institut Brookings.

Il existe quelque 1600 tonnes d'uranium hautement enrichi et 500 tonnes de plutonium dans le monde, soit suffisamment pour fabriquer 120.000 bombes nucléaires. Or leur accès n'est pas toujours suffisamment sécurisé. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a recensé une quinzaine de cas de trafic d'uranium enrichi ou de plutonium entre 1993 et 2008, notamment dans l'ex-bloc soviétique.

Les Etats-Unis craignent que cette prolifération de matériel nucléaire passe en particulier par des Etats comme la Corée du Nord ou le Pakistan, dont les services secrets sont soupçonnés de soutenir les taliban et Al-Qaeda.

Le Pakistan est aujourd'hui l'une des plus grandes sources d'inquiétude pour la sûreté nucléaire, selon une étude menée par la Kennedy School of Government de l'Université de Harvard.

Le Pakistan a vendu des technologies à l'Iran, la Corée du Nord, la Libye...

Il était déjà le plus important proliférateur de la planète... En 2004, le père de la bombe atomique pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, considéré comme un héros national dans son pays, avait confessé publiquement à la télévision avoir vendu de la technologie, des équipements et du savoir-faire à l'Iran, la Corée du Nord et la Libye dans les années 1990.

Mais l'arme pakistanaise, conçue comme une force de dissuasion face à l'Inde, son rival historique, également nucléaire, pourrait-elle cette fois tomber aux mains des taliban et d'Al-Qaeda?

Les Etats-Unis s'inquiètent de la course à l'armement menée par les deux géants voisins, et du flou qui entoure les infrastructures pakistanaises. Infrastructures qui feraient d'ailleurs l'objet d'attaques: d'après un article publié en 2009 par l'Académie militaire américaine de West Point, des militants islamistes proches d'Al-Qaeda ont attaqué ces dernières années trois de ces installations.

Quel dispositif de sécurité?

Les autorités d'Islamabad se veulent rassurantes. Le Premier ministre Yousuf Raza Gilani a qualifié son pays de "puissance nucléaire responsable". Le dirigeant du seul pays musulman au monde qui soit une puissance atomique déclarée, pays sur lequel comptent les Etats-Unis pour combattre l'islamisme radical dans la région, participe au sommet nucléaire de Washington.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi a par ailleurs affirmé que le Pakistan avait donné des précisions aux Etats-Unis sur les dispositifs de sécurité "de première classe" qui protègent l'arsenal nucléaire d'Islamabad.

Notre envoyée spéciale, en 2009, décrivait les précautions prises par Islamabad: "Non seulement les armes sont réparties sur une dizaine de sites secrets et ultraprotégés, mais elles sont conçues en kit. Les engins sont entreposés à l'écart de leurs vecteurs, et les coeurs de matière fissile sont séparés des armes. Toute manipulation suppose l'accord d'au moins deux personnes tout au long de la chaîne de commandement. Et la procédure d'activation comprend un double système de codage permettant, d'une part, d'authentifier le donneur d'ordre, d'autre part, d'activer l'arme."

Méfiants, les Etats-Unis auraient discrètement mis en place un commando d'élite susceptible de se rendre rapidement au Pakistan pour tenter de sécuriser l'arsenal nucléaire d'Islamabad si le gouvernement venait à se désintégrer ou à être affaibli.

LExpress.fr

13 avril 2010 

http://levif.rnews.be/fr/news/actualite/international/le-pakistan-maillon-faible-du-cercle-des-etats-nucleaires/article-1194714262917.htm# 


1-4  Albert A.Stahel : «Premièrement l’Iran n’est pas une puissance nucléaire.

Deuxièmement, jusqu’ici l’Iran veut enrichir de l’uranium et c’est tout.

Tout le reste n’est que suppositions»

Interview du Prof. Albert A.Stahel, de l’Institut d’études stratégiques de l’Université de Zurich

 Vasilije Mustur : Monsieur Stahel, le monde sera-t-il plus sûr après le Sommet de Washington ?

Extrait

Revenons-en au Sommet de Washington : Barack Obama s’inquiète au sujet des matériaux fissiles, dont la sécurité, à son avis, n’est pas assurée. En se préoccupant  ainsi d’un  possible terrorisme nucléaire, Obama veut tout simplement détourner l’attention du fait que les USA ne sont pas totalement prêts à réduire leur propre arsenal nucléaire.

Toutefois, cette menace existe vraiment. Au Pakistan - une puissance nucléaire en pleine expansion- il ne se passe pas de jour sans attentat terroriste.

De plus ce pays est pratiquement en état de guerre civile....

Tant que l’armée pakistanaise sécurise l’armement nucléaire, il n’y a aucun danger de ce côté.

En outre les missiles pakistanais ne sont pas dotés  d’ogives explosives, à la différence des missiles usaméricains.

Vous jugez donc invraisemblable qu’une arme nucléaire tombe dans les mains d’Al Qaida ?

Il est possible qu’Al Qaida se procure du matériel faiblement fissile et puisse alors  fabriquer une « bombe sale ». Et ce matériau, on peut se le procurer dans des installations et instituts  civils.

Selon la puissance explosive conventionnelle de la bombe, une ville assez importante pourrait être irradiée.

Source : «Erstens ist Iran keine Nuklearmacht. Zweitens will Iran bisher lediglich Uran anreichern. Alles andere sind heute Vermutungen»- Interview mit Prof. Dr. Albert A. Stahel, Institut für Strategische Studien an der Universität Zürich 
AUTEUR:  Vasilije MUSTUR

Traduit par  Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice
Article original publié le 14/4/2010


1-5 Obama: aigle ou colombe?

Sous les ailes d'une hirondelle, le président Obama, montre les griffes de l'aigle qu'il est réellement confirmant ainsi que les aigles n'engendrent jamais des colombes.

15 Mai

On savait que ce n'était qu'une question de temps pour que la nature reprend ce que lui revient de droit. Pour que l'hirondelle meurt ou se transforme en faucon, sous l'influence de son milieu d'hivernage.  Ce nid d'aigle qu'est la maison blanche, lieu d'habitation des présidents américains, qui, comme tous rapaces qui se respectent,  leurs faut  des prises ; leurs faut  des guerres. La preuve en est que le président américain Obama a décidé, après trois mois de réflexion, de mener sa guerre.  Sa propre guerre. Du coup 30000 soldat américains supplémentaires ont, en effet,  fait leur entrée sur la scène afghano-pakistanaise selon la nouvelle appellation  de cette guerre qui ne dit pas son nom.  Annonçant, ainsi, un dangereux glissement du centre d'opération vers le Pakistan voisin. Glissement tant attendu par certains, décidés à  déplumer ce pays de son outil de dissuasion  qu'ils appellent, malicieusement,  la bombe islamique. Si cette fuite vers l'avant prouve quelque chose,  ç'aurait, sans aucun doute,  que si le déclin est aux portes,  rien, je dis bien rien, ne peut l'éviter. Car la guerre en Afghanistan n'est pas gagnable, et, pour tout vous dire, elle n'en a jamais été. Même le grand Alexandre, du haut de  ses faits d'armes,  a fini, après plusieurs revers, les premiers qu'il en a connus,  par marchander  son passage vers l'Inde.  Car, aussi, la coalition s'effrite quotidiennement sous le coup de la résistance d'un peuple initié,  par coutumes, à la bravoure, et rodé, par circonstances, à la guerre et aux combats. Peuple qui, malgré ses qualités humaines incommensurables,  se trouve  conforté par une géographie suffisamment accidentée pour neutraliser toute supériorité technologique contemporaine.  Car, enfin, pour disparaître les empires ont toujours eu  besoin d'une guerre de trop comme un dernier baroud d'honneur.
Une dernière tombée de rideau. Rôle dans lequel excelle, merveilleusement, l'Afghanistan, méritant, par cela, son surnom de cimetière d'empires.  
 En somme, sous les ailes d'une hirondelle, le président Obama,  commence à montrer les griffes de  l'aigle qu'il est réellement. Et, en  pur produit de l'administration américaine, il confirme bien que les aigles n'engendrent  jamais des colombes

http://www.alterinfo.net/Obama-aigle-ou-colombe_a46156.html



 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

2-1 David E. Sanger  : Obama et le piège pakistanais

nbNdlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

En 2009, quand le président Obama a décidé de limiter l’étendue de la guerre qui dure depuis neuf ans en Afghanistan et au Pakistan, avec ses conseillers, il s’est entendu sur une stratégie apparemment simple consistant à détruire Al-Qaida et à simplement freiner l’élan des talibans pakistanais. Après l’attentat raté du 1er mai à Times Square, tentative qui serait liée à ces derniers, une nouvelle question, gênante, se pose à Washington et concerne le renforcement des attaques au Pakistan. Celles-ci auraient compromis la sécurité des Américains. Ces attaques, notamment les frappes effectuées avec des drones, auraient poussé de petits groupes à envisager de prendre pour cible Times Square et des avions de ligne américains plutôt que de se limiter à Kaboul et Islamabad. La question est de savoir si elles peuvent engendrer davantage d’attaques contre l’Amérique qu’elles n’en empêchent ? La question est épineuse.
Les drones plutôt que la main tendue aux musulmans
A l’époque où Obama avait souhaité réviser la stratégie américaine, la logique semblait évidente. Seul Al-Qaida avait les ambitions et les moyens de franchir les mers et de porter la guerre dans le ciel et les rues des Etats-Unis. La plupart des talibans et des autres groupes militants étaient considérés, quant à eux, comme étant à l’origine d’insurrections dispersées et localisées, dont les objectifs étaient étroitement liés aux territoires pour lesquels leurs ancêtres s’étaient battus pendant des siècles. Six mois et quelques tentatives d’attentats plus tard, la situation paraît beaucoup plus confuse. Début mai, un haut responsable des renseignements américains a déclaré que la mosaïque des mouvements insurgés représentait désormais un “salmigondis” de forces qui avaient en commun les mêmes financiers, les mêmes experts en communications et, surtout, les mêmes artificiers. L’idée que ces diverses factions convergent inquiète Bruce Riedel. Il y a un an, ce chercheur à la Brookings Institution a été l’un des auteurs du premier Livre blanc du président Obama sur la stratégie dans la région. “On assiste au rapprochement de deux mouvements séparés, explique-t-il. L’idéologie du djihad mondial attire de plus en plus de militants, même des types qui ne se sont jamais vraiment intéressés au monde extérieur. C’est un multiplicateur de forces pour Al-Qaida. La pression que nous faisons peser sur eux depuis un an les a aussi fédérés. Cela signifie que le réseau d’alliances se renforce au lieu de s’affaiblir.”
Il est toujours difficile de déterminer les relations de cause à effet quand on s’intéresse aux motivations des militants islamiques. Lorsqu’on lui demandait si les guerres en Afghanistan et en Irak poussaient les militants à perpétrer de nouveaux attentats, le président Bush rétorquait qu’aucune des deux guerres n’était en cours au matin du 11 septembre 2001. Quand Obama a pris ses fonctions, d’aucuns ont voulu croire que l’arrivée d’un président noir ayant des proches musulmans et qui souhaitait ouvrir le dialogue avec le monde islamique serait une mauvaise nouvelle pour les recruteurs d’Al-Qaida et des talibans. Cet argument n’est plus utilisé aujourd’hui.
Un an après le célèbre discours d’Obama adressé au monde musulman depuis Le Caire, les Pakistanais parlent moins de la main tendue d’Obama que des frappes des drones. Les responsables de la Maison-Blanche estiment que leur stratégie de renforcement de la pression pourrait expliquer le côté amateur des dernières tentatives d’attentat. Les militants, affirment-ils, ne peuvent plus s’offrir le luxe d’entraîner leurs terroristes. Séjourner dans les camps d’entraînement, c’est risquer de se faire repérer par un drone. Faisal Shahzad, l’auteur de la tentative d’attentat de Times Square, aurait avoué aux enquêteurs être passé d’un groupe de militants à un autre et n’avoir reçu qu’une formation rudimentaire dans le domaine du maniement des explosifs. “Ce n’était peut-être pas un élève brillant, mais ils n’ont pas non plus été de formidables professeurs”, a commenté un représentant du gouvernement après avoir lu le rapport de son interrogatoire. Mais Shahzad avait ce que les militants désirent par-dessus tout : la capacité d’entrer et de sortir des Etats-Unis sans aucune difficulté avec un passeport valide. “Il n’est pas indispensable d’avoir un doctorat en ingénierie électrique pour mettre au point une voiture piégée. Il n’y a même pas besoin de savoir lire”, rappelle Bruce Riedel.
De fait, les talibans pakistanais ont perpétré avec succès de nombreux attentats à la voiture piégée contre l’armée pakistanaise et les agences de renseignements. Ce sont d’ailleurs ces attaques qui ont poussé le gouvernement pakistanais à les poursuivre. A Washington, les responsables gouvernementaux font une différence entre le mouvement (relativement jeune) des talibans pakistanais et les talibans afghans, profondément enracinés dans le paysage politique national. “Les talibans pakistanais sont traités comme des membres d’Al-Qaida, explique un haut responsable américain. L’objectif est de les détruire. Avec les talibans afghans, c’est différent.” L’un des chefs des talibans pakistanais, Baitullah Mehsud, a été tué en 2009, lors d’une attaque de drones de la CIA. Son successeur, que l’on croyait mort dans des circonstances similaires, est réapparu récemment dans une vidéo. “Après ces attaques, c’est devenu une affaire personnelle pour les talibans pakistanais. Il n’est pas étonnant qu’ils commencent à essayer de nous atteindre ici”, estime un responsable des services de renseignements américains.
A la grande déception de bon nombre d’électeurs de gauche qui croyaient avoir élu un président pacifiste, Barack Obama rejette clairement l’idée selon laquelle il suffirait de ne pas secouer le nid de guêpes pour ne pas se faire piquer. Durant sa première année au pouvoir, Barack Obama a autorisé davantage de frappes aériennes de drones que le président Bush au cours de son second mandat. Alors qu’il acceptait son prix Nobel de la paix, en décembre dernier, le président américain a déclaré qu’il fallait parfois faire la guerre pour obtenir la paix. “Je suis confronté au monde tel qu’il est et ne puis rester passif face aux menaces qui pèsent sur le peuple américain”, a-t-il ajouté. Les négociations “n’auraient pas pu arrêter les armées d’Hitler. Les négociations ne pourront pas convaincre les chefs d’Al-Qaida de déposer les armes.”
De la frontière pakistano-afghane aux rues de new york
L’histoire récente et la polarisation de Washington poussent Barack Obama à faire monter la pression. La guerre civile qui a favorisé l’arrivée au pouvoir des talibans afghans a commencé dès le retrait des forces américaines ordonné par George Bush père, après le départ des troupes soviétiques.

Les talibans ont pris le pouvoir et commencé à aider Oussama Ben Laden sous la présidence de Bill Clinton.

A l’époque où il était vice-président, Dick Cheney a souvent critiqué l’attitude de Clinton face au terrorisme, déclarant que l’ancien président démocrate y avait vu un problème de justice criminelle, et non un acte de guerre. Puis la présidence de George Bush fils a conduit au départ des talibans, mais le bilan de ses deux mandats montre largement que c’est la guerre en Irak qui a permis leur retour. Même les Etats-Unis ne peuvent pas mener deux guerres de front.

C’est ainsi que Barack Obama a pu affirmer pendant sa campagne électorale, en 2008, que le véritable foyer du terrorisme se trouvait à la frontière pakistano-afghane, et non dans le triangle sunnite d’Irak. Selon lui, c’est de là que seraient parties toutes les attaques dirigées contre les Etats-Unis et leurs alliés. Un an et demi plus tard, le candidat élu a pu mesurer la justesse de ses propos dans les rues de New York.

David E. Sanger

10.05.2010

The New York Times

http://www.courrierinternational.com/article/2010/05/10/obama-et-le-piege-pakistanais


2-2 Pierre Rousset :  Pakistan : la faillite historique de l’État.

Nb - Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

La guerre d’Afghanistan plonge l’État pakistanais dans l’instabilité et met à nu sa fragilité.

Le Pakistan survivra-t-il à l’épreuve de la guerre d’Afghanistan ?

Si la question peut se poser, c’est que pour l’essentiel la crise actuelle n’est pas conjoncturelle. Les fondements mêmes de l’État pakistanais, créé en 1947, s’avèrent inconsistants.

Pour exiger la partition de l’empire britannique des Indes, au moment de l’accession à l’indépendance, les promoteurs du Pakistan ont invoqué la théorie des « deux nations », identifiées à deux religions : islam et hindouisme.

La partition a eu lieu au prix de terribles massacres et de gigantesques déplacements de populations. Le nouvel État indien a refusé la logique religieuse, se définissant laïque et continuant à abriter une importante minorité musulmane. À l’inverse, l’État pakistanais – construction géographique artificielle – a recherché dans l’identité religieuse le ciment de son unité. Ce projet a radicalement échoué.

Premier échec historique : la guerre de 1971. Le Pakistan des origines était composé de deux parties séparées par toute la largeur de l’Inde. L’État était sous le contrôle des élites penjâbis à l’ouest qui ont refusé tout partage du pouvoir, provoquant la révolte des bengalis à l’est. Le pays s’est brisé dans un sanglant conflit, donnant naissance au Pakistan actuel et au Bengladesh.

Deuxième échec historique : les conséquences de l’islamisation. De musulman, l’État pakistanais est progressivement devenu islamiste, les lois étant soumises aux exigences des autorités religieuses, de la sharia. Les minorités, notamment chrétiennes, vivent dans une grande insécurité, et les laïques subissent des pressions croissantes.

Au sein même de la référence musulmane, l’islamisation a ouvert une véritable guerre de religion opposant des sectes armées sunnites et chiites, nourrissant la montée de l’intolérance fondamentaliste, le tout conforté par l’Arabie saoudite et le wahhabisme.

Troisième échec historique : l’appel à l’unité des musulmans n’a pas amoindri les tensions nationales et régionales. Le Pakistan est un puzzle où les élites penjâbis occupent une position de force (administration, armée). Aucune fraction des classes dominantes n’a présenté de projet fédéral commun au Nord-Ouest pachtoun, au Baloutchistan, au Sind, au Pendjab… Le pays reste une poudrière.

Quatrième échec historique : la guerre d’Afghanistan. Pendant plusieurs décennies, la question irrésolue du Cachemire aidant, l’Inde a joué le rôle d’ennemi héréditaire. Aujourd’hui, la frontière « chaude » se trouve à l’ouest et oppose d’anciens alliés (les talibans sont une création des services spéciaux pakistanais). À nouveau, musulmans contre musulmans. Autant le conflit avec l’Inde offrait une légitimité nationaliste à l’État pakistanais, autant la guerre afghane le mine. L’identification « nation » et « religion » a été un facteur de division et non d’unification.

Ainsi, l’État pakistanais apparaît aujourd’hui comme un maillon faible alors qu’il occupe une place décisive dans des tensions géopolitiques qui vont de l’Asie centrale au Moyen-Orient et à l’Asie du Sud. Washington s’en inquiète. Cependant, l’impérialisme états-unien, par son intervention en Afghanistan et son rapprochement avec l’Inde, contribue lui-même à déstabiliser le Pakistan.

Dans une partie du monde marquée par le face-à-face nucléaire indo-pakistanais, les États-Unis jouent le rôle de l’apprenti-sorcier.

Pierre Rousset

http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/pakistan-la-faillite-historique-de


2-3 Pascal Sacre : "Messieurs, remboursez vos prix Nobel de la paix".

Prix Nobel de la Paix : quand Oslo glorifie le mensonge et la guerre 

Le prix Nobel de la paix récompense « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix » selon les volontés, définies par testament, d’Alfred Nobel.

Cela comprend la lutte pour la paix, les droits de l’homme, l’aide humanitaire, la liberté.

Ce prix est doté d’un montant de 10 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d’un million d’euros.

Au moment où le philosophe hindou Jiddu Krishnamurti rédigeait dans l’indifférence générale les premières pages de son Journal, Henry Kissinger recevait le prix Nobel de la paix en 1973 « pour l’accord de paix au Viêt-Nam ».

Al Gore décrocha le prix en 2007 en même temps que le GIEC, le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat, et son président, Rajendra Kumar Pachaudri, « pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l’Homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements » (1).

Barack Obama est le dernier lauréat connu, élu en 2009, « pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » (2).

Dans l’imaginaire du public, le prix Nobel de la paix est censé récompenser des efforts déjà accomplis en faveur de la paix ou de valeurs apparentées (droits de l’Homme, coopération internationale, résolution de conflits, diffusion de connaissances pour le bien de l’Humanité).

Avec Barack Obama, le comité Nobel de la paix de Thorbjørn Jagland a introduit une nouvelle notion, selon eux, celle d’un encouragement, une façon de responsabiliser une personne dotée de moyens et de pouvoirs immenses, pour l’encourager à transformer le monde.

D’une récompense, une reconnaissance pour des efforts accomplis, le prix Nobel de la paix servirait également à encourager de tels efforts, sorte de chèque en blanc.

Beaucoup de gens sont tombés dans le panneau de cette propagande.

Beaucoup de gens ne réalisent pas toute l’importance symbolique d’inverser à ce point nos valeurs, en attribuant à des meurtriers, des guerriers et des imposteurs, un blanc-seing, un prix de la paix doté de plus d’un million d’euros, à une époque où des gens pour lesquels ce prix devrait exister vivent avec moins d’un euro par jour.

Henry Kissinger

Le livre de Christopher Hitchens, « Les crimes de monsieur Kissinger », dévoile le vrai visage de l’ancien chef de la diplomatie américaine, pourtant auréolé du prix Nobel de la paix en 1973.

« Henry Kissinger doit-il être déféré devant le Tribunal international (TPI) de La Haye pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et pour conspiration impliquant le meurtre, l’enlèvement et la torture ? Oui, répond clairement l’écrivain, journaliste et essayiste anglais, Christopher Hitchens, à travers une enquête serrée, fondée sur des documents secrets, et récemment déclassifiés par les autorités américaines. On apprend comment le Prix Nobel de la paix de 1973 a cyniquement organisé les bombardements de populations civiles au Laos et au Cambodge, comment il a fait assassiner le général chilien Schneider pour tenter de barrer la route à Allende, comment il a installé le général Pinochet, comment il a soutenu secrètement la tentative d’assassinat de Mgr Makarios à Chypre, comment il a ruiné l’expérience d’un régime démocratique au Bangladesh. En fait, ce livre montre, d’une manière exceptionnelle et précise, comment un pouvoir démocratique comme celui des États-Unis peut organiser des crimes à l’échelle mondiale, et révèle également les vraies motivations d’Henry Kissinger : cynisme, argent, pouvoir... »

Au delà de sa politique qui a fait entre autres des milliers de morts au Vietnam, au Laos et au Cambodge, il y a la vénalité et l’impudence d’un homme milliardaire en dollars. C’est une des révélations, sans doute la plus stupéfiante, du livre de C. Hitchens. On découvre en effet qu’aujourd’hui, à travers sa société "Kissinger Associates", Henry Kissinger vend des armes en Lybie, occupe des dizaines de fauteuils dans des conseils d’administrations basés sur les cinq continents et conseille des régimes connus pour leur corruption. » (Eurasie.net) (3)

Cette histoire nous révèle qu’il y a le monde visible, celui auquel les grands médias écrits et télévisuels nous font croire comme étant la réalité : Henry Kissinger méritant le prix Nobel de la paix, d’ailleurs refusé par son homologue vietnamien, Lê Đức Thọ (4).

Et le monde tel qu’il est, Henry Kissinger méritant en réalité d’être déféré devant le TPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Pour rappel, en 2004, Henry Kissinger avait été pressenti par George W Bush pour diriger la commission d’enquête officielle sur le 11 septembre 2001. Cet homme sévit toujours.

Al Gore

Al Gore, prix Nobel de la paix 2007, est un menteur et un imposteur.

Beaucoup de personnes l’ont découvert à l’occasion de son film de science-fiction, écologiste et alarmiste, La Vérité qui dérange (An Inconvenient Truth).

Certains le connaissaient comme le Vice Président de Bill Clinton, et le perdant malheureux des élections étatsuniennes de 2000, face à un autre imposteur, George W Bush (5).

35 erreurs officielles ont été relevées dans son film La Vérité Qui Dérange transformant ce documentaire encensé, montré en exemple dans les écoles, en film de fiction au scénario déplorable (6).

La fiction, contre la réalité, une fois de plus.

Un professeur et la justice britannique ont obtenu que dans les écoles anglaises où le film d’Al Gore était diffusé, soient mis en évidence auprès des enseignants et des élèves, son partisanisme, son caractère endoctrinant, et, plus grave encore, ses plus grandes erreurs : 11 mensonges ("inaccuracies") sont ainsi portés à l’attention des enfants et des professeurs (7).

Al Gore s’est enrichi dans le secteur pétrolier (Occidental Petroleum) (8).

L’hormone de croissance bovine transgénique (rBGH) de Monsanto fut imposée à l’agriculture US en 1993 par la FDA, agence fédérale du médicament. Les OGMs furent imposés de force au peuple des Etats-Unis, sans étiquetage, à la fin de l’année 1992 par la FDA. Mr Al Gore n’a pas remis en question cet état de fait et il fallut l’action en justice d’un juriste pour que la FDA “libère”, en 1999, sur demande expresse du tribunal, plus de 40 000 pages de dossiers archivés confidentiels prouvant que les techniciens et scientifiques de la FDA avaient émis d’innombrables réserves quant à la sécurité sanitaire des OGMs. Le responsable de ce dossier, le célèbre Michael Taylor, les avait bien soigneusement rangés à l’ombre. En 1998, le quartet Clinton – Al Gore – Dan Glickman (ministre de l’agriculture) – William Daley (ministre du commerce) lança une campagne forcenée pour obliger l’Europe à accepter les chimères génétiques.

Margaret Miller, Michael R. Taylor, Mickey Kantor sont des exemples, sous Clinton-Gore, de ce qu’on appelle aux Etats-Unis des revolving doors, des portes tournantes, des personnes qui font des allers et retours entre des organismes publics (FDA, Agence de protection de l’environnement EPA, Secrétariat au Commerce) et des multinationales privées justement censées être contrôlées par ces organismes publics. (Source : OGM, semences de destruction, par William Engdahl, Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2008, pp. 27-33).

Aujourd’hui, Michael R. Taylor, autrefois juriste au service de Monsanto, est redevenu un responsable haut placé de la FDA, sous Barack Obama.

C’est le conflit d’intérêt à l’état brut, qui gangrène toutes les couches de notre société et dont l’existence, le danger, la toxicité, restent largement sous-estimés par les populations, malgré les nombreux documents qui l’attestent.

Sur le site http://www.corpwatch.org/article.ph..., le journaliste Bill Mesler, de Washington, nous dresse un tableau plus complet, et moins radieux, de la personne d’Al Gore, que celui propagé par l’image de son film et de son récent engouement pour l’environnement. Beaucoup de sites écologiques sont tombés dans le piège du bonimenteur Gore. Ces sites devraient lire Bill Mesler.

Erreurs, mensonges délibérés, alarmisme et démagogie (9).

Voilà ce que récompense le comité suédois en octroyant le prix Nobel de la paix à ce « héros » de la duplicité.

Barack Obama

Le sénateur de l’Illinois, devenu président de la plus grande superpuissance mondiale en janvier 2009, prix Nobel de la paix en décembre 2009, s’est dit surpris de cette nomination.

Il en a néanmoins profité, lors de la cérémonie de reprise du prix, pour justifier, glorifier même, la politique guerrière, impérialiste et agressive de son gouvernement et promettre que ce n’était que le début (10).

L’encouragement du mythe du fatalisme d’une humanité imparfaite et bestiale, congénitalement violente, situation désespérée et sans issue, ne pouvait être plus grand en récompensant d’un tel prix un homme tenant ce genre de discours, homme que des millions d’êtres humains ont pourtant investi, au lendemain de son élection, d’un espoir démesuré de changement.

Cela encourage, fige l’idée que l’humain ne peut changer, évoluer, condamné en quelque sorte à ne suivre que ses plus bas instincts.

A Oslo, Barack Obama s’est employé à justifier la guerre, à lui trouver des raisons nobles, des excuses universelles, une légitimité évidente, à en faire rougir Georges W Bush et Dick Cheney.

Pour Mr Obama, l’être humain a toujours été violent et le sera toujours. Il ne comprend que la dissuasion, n’obéit qu’au plus fort.

C’est un peu la fin, l’aboutissement d’un processus de légalisation de la guerre et de la torture dont l’obtention du prix Nobel représente en quelque sorte le point culminant. Quelle ironie que celui censé incarner justement l’espoir et le changement, soit en réalité, avec la complicité du comité Nobel, le fossoyeur de toute évolution potentielle, spirituelle, pour l’humanité.

Pour moi et beaucoup d’autres, cette étape conclut les multiples soubresauts nauséeux de la présidence Bush et transforme ceux-ci en un vomissement devenu impossible à réprimer.

Après les multiples discours hypnotiques du président noir, par sa nobelisation, la rhétorique guerrière voilée de bonnes intentions et de promesses perpétuelles est consacrée, et finit de convaincre les gens désinformés qu’on peut faire à la fois le bien et la guerre.

En arriver là valait bien la dépense des deux milliards de dollars pour son élection (11). Le puissant lobby militaro-industriel peut se frotter les mains, ils ont bien investi. Car c’est bien d’une transformation profonde de la société par une inversion de ses principales valeurs, les plus nobles, les plus humaines, qu’il s’agit.

Barack Obama, et son administration, se sont dits surpris d’un tel honneur (12) mais était-ce encore un mensonge, un de plus ?

Il est intéressant de se pencher sur l’article publié sur le site Voltaire, évoquant les dessous de la nomination Nobel et exposant les liens unissant le président du comité d’attribution, Thorbjørn Jagland, aux collaborateurs d’Obama : Corruption, Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 (13).

Vice-président de l’Internationale socialiste, Thorbjørn Jagland est un fervent partisan de l’OTAN et de l’entrée de la Norvège dans l’Union européenne. Il fréquente les élites mondialistes et a participé aux travaux du Council on Foreign Relations, de la Commission trilatérale et du Groupe de Bilderberg. Son bilan politique a été entaché par plusieurs scandales de corruption touchant ses proches, notamment son ami et ministre du Plan Terje Rød Larsen (l’actuel coordinateur de l’ONU pour les négociations au Proche-Orient).

Ce milieu est trouble (liens, connexions, financements, pratiques maffieuses), cette réalité dérangeante est inconnue des gens car non rendue publique, ni dans la grande presse écrite, ni dans les médias télévisuels.

Une série d’articles de journalistes et de chroniqueurs mondiaux, en majorité consultable sur internet, le dernier média encore libre, fait pourtant largement état de cette corruption au sein de gouvernements qui disent incarner le Bien dans la géopolitique mondiale (Axe du Bien), de cette corruption au sein des plus grandes institutions, et des ONG qui servent d’autant de paravents et de chevaux de Troie aux lobbys de la guerre et de la désolation *.

Conclusions.

Kissinger, Gore, Obama.

Criminel (14), menteur (15), guerrier au service de lobbys militaristes et belliqueux (16), prêt à mener une guerre nucléaire préventive (17).

Messieurs, remboursez vos prix Nobel de la paix.

Vous ne le méritez pas, aucun de vous trois, et déshonorez ce prix que d’autres ont vraiment mérité.

C’est à La Haye que vous auriez dû atterrir.

Ou bien, Institut Nobel, supprimez cette célébration qui a perdu sa vocation primaire, récompenser « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ».

Il ne s’agit bien sûr pas des seuls trois millions d’euros, avec intérêts, bien que ce serait une solide première pierre aux 30 milliards de dollars annuels qui seraient nécessaires à l’éradication de la faim dans le monde (à comparer aux 1200 milliards de dollars en armements mondiaux en 2006, aux 100 milliards de dollars d’aliments gaspillés dans un seul pays bien portant d’Occident, aux 372 milliards de dollars de subventions agricoles dans les pays occidentaux, aux 100 millions de tonnes de céréales transformées en éthanol en 2006, aux 32,6 milliards de dollars versés en 2008 à leurs traders méritants, sous forme de primes bonus par neuf établissements de Wall Street qui, dans le même temps, avaient perçu 175 milliards d’aides publiques, etc) (18).

Comme l’écrivain britannique Orwell le démontre avec brio dans son livre 1984, comme les experts en propagande, Hitler et Goebbels, le savaient bien, le monde, la société humaine, sont avant tout contrôlés par des mots et par le sens commun donné à nos plus hautes valeurs.

La manipulation du langage et des valeurs est la première et la plus efficace des étapes de domination et de perversion de l’homme.

Dénaturer des mots nobles, et les valeurs qu’ils transmettent, en les associant à des menteurs, des guerriers et des imposteurs : tel est l’enjeu.

Faire du meurtrier, du manipulateur, de l’escroc, du corrompu, un héros, une figure emblématique récompensée, un modèle, est la première étape décisive dans le blanchiment d’une dictature et le travestissement de tyrans en exemples.

La perversion de toute la société suit inévitablement.

Pascal SACRE

Référence :

Lire à ce sujet les édifiants livres, très documentés, de Jean Bricmont, Impérialisme Humanitaire, et de Maxime Vivas, La face cachée de Reporters sans Frontières, tous deux aux éditions aden.

Sources :

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_N...

(2) http://nobelprize.org/nobel_prizes/...

(3) Les crimes de monsieur Kissinger, Christopher Hitchens, Ed Saint-Simon, http://www.bibliomonde.com/livre/cr...

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A...

(5) Hacking Democracy, la démocratie piratée, http://www.reopen911.info/11-septem...

(6) 35 Inconvenient truths, (en anglais) http://scienceandpublicpolicy.org/m...

(7) Court finds truth inconvenient for Gore (en anglais) : http://planetgore.nationalreview.co...

(8) Albert Gore Jr. : Occidental and Oriental Connections (en anglais) : http://www.opinionjournal.com/extra...

(9) Al Gore l’imposteur, http://www.internationalnews.fr/art...

(10) La doctrine Obama : « Dans une humanité imparfaite, la guerre perpétuelle est de mise » http://www.mondialisation.ca/index....

(11) La victoire d’Obama : une élection présidentielle à 2 milliards de dollars, http://www.politique.net/2008110502...

(12) « Ce matin, en écoutant les nouvelles, ma fille est entrée et m’a dit : “Papa, tu es Prix Nobel de la paix” ». Telle est la touchante histoire que le président des États-Unis a racontée à des journalistes complaisants pour attester qu’il n’avait jamais souhaité cette distinction et en était le premier surpris. Sans chercher plus loin, ceux-ci ont immédiatement titré leurs journaux sur « l’humilité » de l’homme le plus puissant du monde. (« Déclaration de Barack Obama à l’annonce du prix Nobel de la paix 2009 », Réseau Voltaire, 9 octobre 2009.)

(13) http://www.voltairenet.org/article1...

(14) Op.cit., Les crimes de monsieur Kissinger

(15) Op.cit., Al Gore l’imposteur

(16) Les deux visages de Barack Obama, par Bill Van Auken, 16 février 2008 http://www.wsws.org/francais/News/2...

(17) Les Etats-Unis, tandis qu’ils s’engagent à ne pas employer d’armes nucléaires contre les Etats qui ne les possèdent pas et se conforment au Tnp, laissent entendre qu’ils se réservent le droit du first strike (première frappe) pour empêcher qu’un pays comme l’Iran puisse les construire. http://www.mondialisation.ca/index....

(18) Mr Jacques Diouf, Directeur de la FAO, lors de son discours d’introduction au Sommet Mondial de l’Alimentation de novembre 1996, déclara : « Ce budget [celui de la FAO] est pourtant inférieur au coût de 6 jours de nourriture pour chiens et chats dans 9 pays développés et représente moins de 5% des dépenses annuelles en produits amaigrissants effectuées par les habitants d’un seul pays développé, pour combattre l’excès de nourriture ». http://www.enoch.over-blog.com/arti...

Pascal Sacre ACRE

6 mai

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http://www.legrandsoir.info/Prix-Nobel-de-la-Paix-quand-Oslo-glorifie-le-mensonge-et-la-guerre.html


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