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23/05/2010

n°133 – Dossier du Liban - du 21-05 - : Début -: Hariri : Nous parlons de paix alors que les Israéliens parlent de guerre.

n°133 – Dossier du  Liban - du 21-05 - : Début -: Hariri : Nous parlons de paix alors que les Israéliens parlent de guerre.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du Liban n°133 du 21-05

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB: Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Egypte: peines de prison contre la soi-disant "cellule du Hezbollah".

1 Dossier & Point de vue

1-1 Américains à la frontière libano-syrienne!

1-2 La FINUL mène au Liban-sud des opérations suspectes d’espionnage.

1-3 Jean-Luc Vannier : L’Iran et le Tribunal Spécial pour le Liban encadrent l’été libanais.

1-4 Michel Chossudovsky & Matthew Rothschild : Les Etats-Unis ont confisqué les biens d’opposants à leur politique en Irak et au Liban.

Suite

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Hariri à Charm el-Cheikh : Nous parlons de paix alors que les Israéliens parlent de guerre.

2-2 Hassan Nasrallah : "C’est notre droit légal, juridique, moral et humain que de posséder des armes".

Fin

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Le Liban : Entre le marteau des menaces israéliennes

3-2 Xavière Jardez : L’alliance stratégique israélo-américaine.

3-3 Guy Senbel : Israël/ Liban/ Syrie/ Iran: Les enjeux autour de cet inquiétant missile scud.

3-4 L'affaire des Scud liée à l'Iran et au processus de paix.

3-5 Leila Mazboudi : Après les scuds, les M600... le Hezbollah n'est plus comme en 2006.

3-6 Les vétérans de la milice libanaise  de l’Armée du Liban-sud qui a combattu aux côtés de l’armée israélienne.

1 Saïd Ghatas, chargé d’aider les 2700 libanais réfugiés en Israël depuis 2000 « Mouvement pour le Liban.

2 Leila Mazboudi : Collaborateurs libanais en « Israël » : Piètres remords.

4 Annexe

4-1 Des menaces d’agression contre la Syrie, se font de plus en plus précises, de la part de l’entité sioniste et des Etats-Unis.



Tiré à part :

Egypte: peines de prison contre la soi-disant "cellule du Hezbollah"

28/04

Aider les palestiniens de Gaza, est désormais un crime, dont il faut payer le prix.

Le tribunal égyptien l'a fait, ce mercredi, en  condamnant à des peines de prison, 26 personnes accusées d'appartenir à la soi-disant "cellule du Hezbollah", soupçonnée de transférer des armes à la Résistance palestinienne via l'Egypte.  
La cour de sûreté de l'Etat, un tribunal d'exception, a condamné par contumace à la prison à vie, un Libanais, qui serait le soi-disant cerveau présumé de la cellule, ainsi que trois autres inculpés.  
Les 22 autres sont en détention. Mohammed Youssef Mansour alias Sami Chihab, (Libanais) et deux autres accusés ont été condamnés à 15 ans de prison. Le reste des accusés a écopé de peines allant de six mois à dix ans de réclusion.  
Les accusés présents dans le box ont crié "Allahou Akbar" (Allah est grand) à l'énoncé du verdict. Le Parquet de la cour avait requis la peine de mort contre les accusés.
Les cours d'exception en Egypte ne permettent pas de faire appel, le seul recours étant la grâce présidentielle.
A l'extérieur du tribunal, les familles des accusés, choquées, ont fondu en larmes après le verdict, criant "Dieu est notre défenseur". "Je jure qu'il n'a rien fait", criait la mère de l'un d'eux.
L'avocat Abdel Moneim Abdel Maqsoud a, pour sa part, affirmé qu'"il s'agit d'un procès politique devant une cour qui ne garantit pas la justice".
Les 26 hommes -deux Libanais, cinq Palestiniens, un Soudanais et 18 Egyptiens- ont été accusés par l'Egypte d'avoir projeté des soi-disant "assassinats et planifié des attentats. Dans un communiqué, la cour a prétendu que "le but du Hezbollah était de frapper l'économie égyptienne et de propager le chaos. Fabriquer des explosifs est-il (un signe de soutien) à la cause palestinienne? Soutenir la cause palestinienne se fait-il par le biais de la location de biens immobiliers donnant sur le canal de Suez?"  
Rappelons que le chef du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, avait reconnu que Mansour était bien membre de son mouvement mais qu'il se trouvait en Egypte en "mission logistique" afin de faire parvenir du matériel militaire aux Palestiniens de Gaza.
Paradoxalement, l'Egypte a relâché durant la nuit de mardi à mercredi un israélien arrêté le 24 avril après avoir franchi sa frontière.  
"L'Israélien, âgé de 36 ans, était entré par erreur", selon la radio israélienne, qui a rapporté que "sa libération est le fruit d'entretiens entre le président israélien Shimon Peres et le patron des services secrets égyptiens, Omar Souleimane".

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=135357&language=fr



1 Dossier & Point de vue

1-1 Américains à la frontière libano-syrienne!

Nouvelle ingérence américaine au Liban!

Une délégation sécuritaire américaine a effectué mercredi une visite à Masnaa, à la frontière libano-syrienne, une visite étonnante et ambiguë quant à ses objectifs et la partie qui leur a donné l'autorisation.
Deux officiers américains, du bureau de la lutte "antiterroriste", accompagné d'un officier sécuritaire de l'ambassade  américaine se sont rendus à la zone frontalière libano-syrienne où ils ont rencontré le président du bureau des renseignements de Masnaa l'officier Melhem  Hadchiti, et tenu deux autres réunions aux centres de la sûreté générale et des douanes. A l'ordre des discussions, les mesures adoptées pour le passage des personnes et les moyens de lutter contre les différentes formes de trafic sur les routes montagneuses, ainsi que les équipements sophistiqués disponibles, au niveau des matériels et des entrainements humains.  
La délégation américaine a effectué également une tournée à Anja, tout au long de la route frontalière libano-syrienne.
Une source sécuritaire libanaise a indiqué au quotidien AsSafir que la délégation s'est renseignée sur les moindres détails, à commencer par l'entrée des camions, jusqu'au nombre et le volume de ces derniers. Ils se sont informés sur les transactions douanières et la fouille automatique (Scanner) ou manuelle de camions.
Les deux officiers américains se sont par ailleurs déplacés à l'intérieur de la place douanière où ils se sont renseignés sur l'entrée des camions, et les mesures d'entrée et de sortie. Ils ont visité l'hangar des douanes pour surveiller la fouille des voitures et des personnes, et se sont concentrés sur les systèmes de fouilles utilisés. Les deux officiers ont demandé des informations sur le nombre de voyageurs par jour.  
Enfin, ils ont évoqué le don américain de fournir le plus vite possible des systèmes de fouille électroniques et d'entrainer les membres libanais chargés de contrôler et de fouiller les voyageurs.
Auparavant, l'assistant du président américain à la sécurité nationale et à la lutte antiterroriste John Brinan avait réitéré aux responsables libanais l'engagement des Etats-Unis de renforcer son partenariat avec le gouvernement libanais et ses forces de sécurité.  
L'ambassade américaine a indiqué dans un communiqué que Brinan a demandé du gouvernement libanais d'étendre son pouvoir sur tout le Liban, précisant que "seules les armes de l'Etat libanais et celles de la FINUL sont légitimes. Il a exprimé son inquiétude face aux rapports faisant état de trafic d'armes au Hezbollah via la Syrie, estimant que ces armes constituent une menace pour la stabilité et la sécurité du Liban et de la région".        
 Réagissant à cette ingérence américaine flagrante dans les affaires du Liban, le député de la résistance et le président du comité parlementaire des médias et de la communication Hassan Fadlallah s'est demandé comment un Etat souverain permet à un service sécuritaire américain de vérifier les mesures douanières et de récolter des informations sensibles sur la sécurité des frontières, des informations qui parviendront certainement au côté israélien pour en profiter dans la prochaine guerre.

Parlant au quotidien AsSafir, Fadlallah a précisé que cette violation coïncide avec l'escalade politique américaine contre le Liban et la Syrie et les menaces israéliennes continuelles. Le député Hassan Fadllah a enfin appelé à un interrogatoire sérieux pour mettre fin à ce genre de transgression similaire à l'accord sécuritaire libano-américain.

29/04

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=135511&language=fr


1-2 La FINUL mène au Liban-sud des opérations suspectes d’espionnage.

Selon le journal koweitien "Al-Rai", citant des sources  très proches de la FINUL – Forces des Nations Unies au Liban-sud,  une unité de la  FINUL s’est secrètement rendue dans la vallée de Slouki, menue d’équipements topographiques et d’un ordinateur portable équipé d'un GPS, sans autorisation officielle du chef de la FINUL le général Alberto Asarta Cuevas, ni même sans la connaissance de l’armée libanaise, et ce dans le but d’enregistrer les coordonnées des bases défensives secrètes de la résistance libanaise.
Les sources ont également confié à Al-Rai que «les résidents, y compris des militants du Hezbollah, se sont opposés à la FINUL parce qu’ils pensaient que sa mission servait les intérêts de l’ennemi israélien  surtout que  de la vallée de Slouki est réputée pour son caractère militaire sensible."
Or, des sources proches de la résistance, également citées par ledit quotidien, ont estimé que cette opération de la FINUL  " pourrait aussi être un acte de provocation afin de susciter une réaction de la part de la résistance et l’exploiter contre la résistance".
Ces mêmes sources se sont d’ailleurs arrêtées sur le caractère logistique de l’opération  qui consistait de tracer la longitude et la latitude  des positions de la résistance !
Le quotidien cite aussi d'autres incidents similaires provoqués par le personnel de la FINUL, notamment les contingents italiens,  espagnols, et français.
Ainsi, le 17  du mois dernier,  le lieutenant  français Laurent Hazard, a contacté les   chefs des municipalités (moukhtars) de Touline, Khirbat et Silm pour les informer que son unité compte installer des points de contrôle fixes  pour un certain temps dans ces communes !
La réponse des moukhtars  a été négative, lui rappelant qu’une telle demande ne peut se faire qu’à travers l’armée libanaise comme le dicte la résolution 1701 !

D’ailleurs, ils n’ont pas hésité à dénoncé le ton menaçant adopté par le lieutenant français, qui a tenté de les intimider en estimant que leur réponse est  en violation avec la résolution 1701, car elle place le Liban dans une mauvaise position à cause de son manque de coopération avec «la FINUL».
Mais les moukhtars n’ont pas changé de position, soulignant que tout contact avec la FINUL doit nécessairement passer par l'armée libanaise.
Par ailleurs,  le quotidien a estimé encore plus suspect le fait que des unités italiennes, facilitent le passage de "personnes non identifiées à travers la frontière" en Palestine occupée, poussant les autorités libanaises à  présenter une demande officielle à la FINUL pour  déployer une unité de police militaire internationale à l'endroit où l'incident a eu lieu afin de d’éviter des intrusions de ce genre ! 
Quand à l’unité espagnole, non seulement ses forces ont installé des projecteurs aux alentours des positions de l’armée libanaise « principalement dans la région de Ghajar, une manière pour surveiller les activités nocturnes de l'armée libanaise."  Mais elles ont récemment demandé des informations sur la relation des candidats aux élections municipales dans le sud avec le Hezbollah, en particulier dans la région de Arqoub à majorité sunnite.

Leur demande est restée sans réponse.  
Cela dit, "Al-Rai" a été informé par l'un des responsables des exercices militaires d’entraînement  dans la Finul, que les Casques Bleus avaient l’intention de mener des manœuvres militaires de grande envergure, baptisé «  Catch the pigeon » !
Et que ces manœuvres étaient censées avoir lieu le 29 mars 2010 ( ?) avec ou sans la participation de l’armée libanaise !
 Selon des informations collectées par le quotidien, ces manœuvres consistaient à déployer environ dix mille soldats et officiers de la FINUL et de l’armée libanaise, dans plusieurs régions  du Liban-sud et surveiller toutes les entrées et sorties par voie de mer: une simulation de scénario pour  collecter  des informations sur le trafic d’armes  par voie de mer et sur la façon de traiter avec la question et savoir comment empêcher l’arrivée des missiles entre les mains de la résistance libanaise !  
Selon le quotidien, ce genre de manœuvres   permet  à la  "FINUL"  de se déployer en profondeur dans les vallées et montagnes, exposant au danger  un grand nombre de positions de la résistance.
Selon des sources proches de la FINUL, cette opération de manœuvres a  dû être reportée  à la demande du commandement en chef de l'armée, qui a exigé de la FINUL de redéfinir les missions de cette opération, de présenter différents scénarios de riposte contre d’éventuelles infiltrations des forces israéliennes, ou de lutte contre des actes  terroristes ou encore contre des violations de la «Ligne bleue».
Les milieux de la résistance  suivent ce dossier de près et se disent satisfait  de la position du commandement en chef de l'armée, qui a fait preuve d’une grande sagesse en préservant la nature de la mission originale de "la FINUL", sans qu’elle soit entachée par un quelconque calendrier israélien !

13/05

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=137414&language=fr


1-3 Jean-Luc Vannier : L’Iran et le Tribunal Spécial pour le Liban encadrent l’été libanais.

nb Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toute l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

Organisées sur plusieurs dimanches du mois de mai, les élections municipales libanaises ne soulèvent guère l’enthousiasme de la population. Le fort taux d’abstention, notamment dans la capitale où le vote chrétien vaut symbole de l’affrontement entre la coalition du 14 mars et les pro-syriens du 8 mars, signe le désaveu des électeurs pour un scrutin qui donne en général la pire des images du Liban: clientélisme exacerbé et mésalliances locales tentent de sauvegarder les intérêts politiques des grandes familles patriciennes.

Les Libanais se souviennent à peine de l’engouement pour les élections législatives de juin 2009, gagnées arithmétiquement mais dont la victoire leur a été confisquée dans les faits par la question des armements du Hezbollah.

Mois de juin : une « fenêtre à risque »

Seule la perspective de la saison estivale avec un nombre record de touristes européens attendus redonne le moral au pays du Cèdre. Et encore. Le soleil de l’été 2010 semble d’ores et déjà assombri. Sinon dangereusement encadré.

La réunion du Conseil de sécurité sur les sanctions contre l’Iran, prévue en juin au plus tard, ouvre une « fenêtre à risque » selon un avis pour une fois partagé entre un expert israélien des questions de sécurité et un proche du Hezbollah. Juin ou plus tard, le Parti de Dieu s’attend inéluctablement à une guerre avec l’Etat hébreu. « Un mois, six mois ou deux ans, peu importe » résume l’un de ses partisans qui croit dur comme fer que « la confrontation se projettera cette fois-ci sur le territoire israélien ».

Peur des bombardements ? « Nous avons des villes entières sous terre reliées par des galeries », explique un autre de ses militants. Précaire équilibre de la terreur. Autre certitude avancée par le premier : après l’alliance renouvelée entre la Syrie, l’Iran et le Hezbollah lors de la récente visite à Damas du président Ahmadinejad, « la République islamique d’Iran, assure-t-on, ne restera pas inactive ».

Pas d’espoir, fait-on en premier lieu remarquer à l’attention de la diplomatie française, de parvenir à découpler le grand voisin syrien du protecteur iranien. On précise en outre que cette visite a également permis de lever les zones d’ombres et la méfiance qui existaient entre le Parti de Dieu et les dirigeants alaouites depuis l’assassinat de Imad Moughniyé.

C’est cette même assurance qui sous-tend, toujours de ce côté-ci du fleuve Litani, l’analyse de la stratégie israélienne: engagé dans une course contre la montre, Israël alterne, estime-t-on au Liban, provocations et déclarations rassurantes. Et donne le sentiment d’être incertain sur l’issue d’un affrontement au cours duquel il tenterait de rendre complètement étanche la frontière entre la Syrie et le Liban, en obligeant la Communauté internationale à y déployer des soldats de l’ONU en échange d’un arrêt des hostilités. Simultanément convaincu de l’engagement iranien aux côtés de la milice chiite, l’Etat hébreu miserait par surcroît sur un conflit qui devrait automatiquement entraîner un soutien et une intervention militaires des Etats-Unis.

Ce que Tel-Aviv, constate ce même interlocuteur, n’a pas encore obtenu en temps de paix.

Une nouvelle « ligne bleue » ?

Bien que le Hezbollah répète à l’envi que la guerre n’est pas pour demain, sa direction a pourtant envoyé une circulaire à tous les chefs d’établissement des écoles Al Hoda, financées par la milice et réputées accueillir les enfants de leurs responsables, leur demandant de terminer les cours fin mai. Un mois avant le terme ordinaire des enseignements annuels.

Faut-il véritablement s’en alarmer?

Quant à la question si sensible des nouveaux missiles parvenus à la formation pro-iranienne, elle ne semble plus faire de doute parmi les responsables de la sécurité, y compris ceux de l’ONU. Certains d’entre eux citent d’ailleurs les témoignages -des camions à rallonge qui circulent la nuit profitant des coupures de courant- discrètement recueillis auprès d’habitants de la ville de Machghara, localité la plus importante de la Bekaa Ouest, située sur la rive droite du Litani entre le poste frontière de Chtaura et le sud Liban.

Enfin, et dans la même veine, outre les attaques réitérées contre les patrouilles de la Finul par des villageois, les puissances occidentales s’inquiètent d’une récente ré-interprétation, par des responsables de l’armée libanaise, de la « ligne bleue » dix ans après son officialisation et le retrait israélien du Sud-Liban.

Sur le terrain, des officiers libanais entendent distinguer une « première ligne bleue » de Naqoura au fleuve Wazzani d’une seconde, du Wazzani vers l’Est, le long de la frontière syrienne.

Une deuxième zone qu’ils tiennent pour un « territoire occupé » et sur laquelle ils refusent de contenir, sinon de réprimer les manifestations croissantes des civils. Au point que des responsables de la Finul s’interrogent sur l’existence d’un « agenda caché » de certaines autorités du pays. Une situation suffisamment tendue pour provoquer la visite éclair le 24 avril à Beyrouth du Ministre égyptien des affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit venu, semble-t-il, demander à ses interlocuteurs libanais de « raisonner le Hezbollah ». Peine perdue selon un haut responsable chiite de Amal: « les dirigeants du Parti de Dieu sont convaincus du bien fondé de leur action » et « personne au Liban ne peut entreprendre quoi que ce soit contre eux ». « Pas même Saad Hariri » précise l’intéressé.

Les pressions de la Turquie

C’est sans doute ce qu’a bien saisi le leader druze Walid Jumblatt qui a tiré toutes les conséquences de la bataille de Choueifat entre ses militants et ceux du Hezbollah en mai 2008. Avant même les élections législatives de juin 2009, Walid Bey avait engagé des consultations en vue d’un rapprochement avec la milice chiite.

Une orientation qu’il a depuis confirmée en annonçant son retrait de la coalition du 14 mars emmenée par Saad Hariri. Un retournement d’alliance qui est pourtant loin de faire l’unanimité au sein de ses troupes. Son souci clairement martelé de « protéger sa communauté », ne parvient pas à faire taire les critiques, certes toujours respectueuses envers le chef charismatique, mais qu’un chauffeur de taxi druze d’Aley résume à sa manière: « Oui à l’armée libanaise, non au Hezbollah ».

Serait-ce par surcroît une conséquence indirecte de la montée en puissance du Parti de Dieu, toujours est-il que la Turquie joue désormais un rôle explicite dans le « grand jeu » libanais. Pour la première fois en effet, Ankara a exercé des pressions directes sur les autorités de Beyrouth afin d’écarter la présence d’officiels libanais lors des célébrations du génocide arménien du 24 avril à Antélias, haut lieu de l’église arménienne et au grand stade de Bourj Hammoud où s’étaient rassemblées soixante mille personnes. Une manoeuvre vivement dénoncée par le responsable du parti Tachnag et député arménien du Metn, Hagop Pakradounian qui a lancé aux responsables politiques du Liban : « méfiez-vous de blesser la dignité arménienne ».

L’activisme turc au pays du Cèdre ne s’arrête pas là, fait-on remarquer : Ankara finance depuis plusieurs années la « réimplantation des confréries soufies par l’intermédiaire d’influentes tribus implantées dans le nord du pays ».

Sans compter la « construction d’écoles pour des Sunnites d’origine turkmènes de la région de Baalbeck » tout en établissant de nécessaires passerelles avec les familles chiites du sud, y compris au moyen d’une subvention pour un stade de football. Selon un diplomate de l’Ambassade américaine de Beyrouth, les Etats-Unis « voient d’un œil favorable ces initiatives turques », destinées à établir un niveau de protection contre les Chiites que l’Egypte ou l’Arabie saoudite ne sauraient garantir. Une « remise en cause de la démocratie consensuelle » qui ne laisse pas « d’inquiéter la communauté arménienne », assure de son côté Antranik Dakessian. Une communauté, précise le président de l’Université Haigazian, traversée par de profondes mutations: « un taux de natalité parmi les plus faibles en comparaison des autres communautés vivant au Liban », doublé d’une tendance à l’appauvrissement. « Seul un tiers des Arméniens se suffit économiquement, 30% vivent de soutiens financiers en provenance de l’étranger et le dernier tiers se situe très nettement en dessous du seuil de pauvreté », explique-t-il.

Un acte d’accusation du TSL à l’automne ?

Si rien ne venait contrarier la douceur de l’été libanais, l’automne pourrait s’accompagner de quelques perturbations. Malgré sa redoutable discrétion, le Tribunal Spécial pour le Liban ferait, selon de multiples sources sécuritaires, parler de lui dès la rentrée. Le bureau du Procureur a en effet considérablement intensifié ses investigations: celles-ci se sont récemment étendues à la Direction de la Sûreté générale et ce, malgré les réticences de son Directeur réputé proche du Hezbollah. Ce dernier a dû s’incliner devant l’injonction du Procureur général de la république. Sans dévoiler les noms et les empreintes qu’ils voulaient vérifier, des enquêteurs ont pu ainsi consulter librement les fichiers alphabétiques de l’organisme central des renseignements libanais. Simultanément, d’autres enquêteurs progressaient également sur l’identification d’acheteurs d’objets métalliques dont des pièces éparses ont été retrouvées sur les lieux de l’attentat. Pour le cas de Marwan Hamadé, Ministre proche de Walid Jumblatt blessé dans un attentat en 2004, le procureur serait, affirme-t-on à Beyrouth, en possession de tous les éléments judiciaires.

Contrairement aux estimations du Ministre libanais de la Justice sur un possible échelonnement des procédures afin d’éviter des troubles civils (voir Le Liban doit-il craindre le printemps 2010 ?) , des responsables onusiens s’attendent à un acte d’accusation qui publierait intégralement les noms de personnes impliquées dans l’attentat qui a coûté la vie à l’ancien premier Ministre Rafic Hariri en février 2005. Ceux qui s’interrogeaient sur l’indépendance et fustigeaient la lenteur du Tribunal Spécial pour le Liban semblent maintenant redouter les effets de sa dynamique et craindre les conséquences de sa détermination./.

Jean-Luc Vannier.

Jean-Luc Vannier est ancien conseiller « Moyen-Orient » au SGDN, auditeur de l’IHEDN, il a enseigné plusieurs années à l’université Saint-Joseph de Beyrouth. Aujourd’hui, il est psychanalyste, chargé de cours à l’Université de Nice, à l’EDHEC, et auteur de chroniques sur le web.

mai 13th, 2010 ·

http://www.alliancegeostrategique.org/2010/05/13/liran-et-le-tribunal-special-pour-le-liban-encadrent-lete-libanais/


1-4 Michel Chossudovsky & Matthew Rothschild : Les Etats-Unis ont confisqué les biens d’opposants à leur politique en Irak et au Liban.

Depuis 2007, les Etats-Unis ont procédé la confiscation des biens de personnes qui s’opposent à leur politique en Irak et au Liban.

Cette mesure a été appliquée aussi bien à des nationaux qu’à des étrangers ; que leur opposition ait pris une forme violente ou non. Ces dispositions, prises par l’administration Bush, ont été prorogées par l’administration Obama. Elles violent aussi bien la Constitution des Etats-Unis que le Pacte des droits civils et politique de l’ONU, dont Washington est pourtant signataire.
Le président Bush a signé deux décrets permettant au département du Trésor des Etats-Unis de confisquer les biens de toute personne perçue comme une menace directe ou indirecte pour les opérations des Etats-Unis au Proche-Orient. Le premier, intitulé « Saisie des propriétés de certaines personnes qui menacent les efforts de stabilisation en Irak », signé par Bush le 17 juillet 2007 [
1], autorise le secrétaire au Trésor à confisquer, après consultation avec le secrétaire d’Etat et le secrétaire à la Défense, les biens des citoyens ou des organisations qui, « directement ou indirectement », font courir des risques aux opérations menées par les Etats-Unis en Irak.

Les décrets de Bush

« J’ai émis un ordre de saisie des propriétés des personnes dont il est établi 1) qu’elles ont commis ou risquent de commettre un acte ou des actes de violence dont l’intention ou l’effet serait de menacer la paix et la stabilité de l’Irak ou le gouvernement de l’Irak, ou de miner les efforts de reconstruction économique et de réforme politique en Irak ; 2) qu’elles ont aidé sensiblement, ou fourni un appui financier, matériel, logistique ou technique, ou encore des biens et des services, pour soutenir de tels actes de violence ou toute autre personne dont les propriétés ou les intérêts auraient été saisis en vertu de cet ordre… »
Le Titre V de ce décret annonce qu’« en raison de l’existence de moyens permettant de transférer instantanément des fonds ou d’autres biens, tout préavis adressé à ces personnes sur les mesures à prendre contre elles en vertu de ce décret rendrait celles-ci inutiles. Je décide par conséquent (…) qu’il n’est pas nécessaire d’émettre de préavis concernant la programmation ou l’ordre (de saisie des biens)… »
Le 1er août, Bush publiait un décret similaire, intitulé « Saisie des propriétés des personnes qui minent la souveraineté du Liban ou ses processus et institutions démocratiques » [
2]. Le texte de ce deuxième décret est en grande partie identique à celui du premier, avec toutefois des dispositions plus sévères :
Dans les deux cas, ces décrets ignorent l’ordre constitutionnel en conférant au département du Trésor l’autorité de confisquer les biens des personnes qui représentent un risque de violence ou qui contribuent de manière non précisée à contrer la politique des Etats-Unis. Par contre le décret du 1er août est dirigé contre toute personne ayant réalisé un acte ou représentant une menace significative d’action, violente ou non violente, conspirant contre les opérations au Liban. La loi autorise aussi à confisquer les biens « d’un conjoint ou d’un enfant dépendant » de toute personne dont les propriétés auraient été saisies. Le décret concernant le Liban interdit aussi de fournir aliments, toit, médicaments ou toute autre forme d’aide humanitaire aux personnes dont les biens ont été confisqués et à leurs « enfants dépendants ».
Les termes vagues de ce décret anticonstitutionnel, dangereusement ouverts à toute interprétation, permettent de choisir arbitrairement un citoyen états-unien et de le dépouiller de tous ses biens en le soumettant de surcroît à l’ostracisme. Bruce Fein, avocat constitutionnaliste et ex-fonctionnaire du département de Justice sous l’administration Reagan, ne cache pas son étonnement : « Le texte est si général qu’il vous plonge dans la stupéfaction. Je n’ai jamais rien vu d’aussi vague. Cela va au-delà du terrorisme, du recours à la violence ou de la menace de violence pour faire peur à la population ou l’intimider. »
Dans un éditorial pour le Washington Times, Fein signale : « La personne dont les biens sont saisis est traitée plus ou moins comme un lépreux. Les sentences de mort financière sont imposées par le département du Trésor sans préavis, ni possibilité de contestation, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de place pour le recours en justice. Cette mesure frappe comme la foudre. Quarantaine immédiate et absolue pour toute personne dont les biens sont confisqués. La victime ne peut recevoir d’aide, ni ses bienfaiteurs lui envoyer de fonds, de marchandises, de services d’aucune sorte. Un avocat ne peut pas lui offrir ses services sans défier le décret. Un médecin ne peut pas non plus prodiguer de soins en cas d’arrêt cardiaque (…) Le département de la Justice a habituellement pour mission d’examiner les décrets émanant de l’exécutif pour vérifier qu’ils sont compatibles avec la Constitution. Le Procureur général a-t-il sombré dans le sommeil ? » [
3]

Michel Chossudovsky*,

Mise à jour de Matt Rothschild

Cette nouvelle a été, que je sache, pratiquement ignorée des principaux médias. Lorsque je suis parti en tournée dans le pays pour donner des conférences, l’été dernier et que j’ai évoqué la question de ces décrets émanant de l’exécutif, les gens avaient du mal à y croire et se demandaient pourquoi ils n’en avaient jamais entendu parler. Je me pose encore la même question.
Voici deux sites où trouver de l’information sur ce sujet :
The American Civil Liberties Union et The Center for Constitutional Rights. 

Sources
• Global Research, juillet 2007
Titre : “
Bush Executive Order : Criminalizing the Antiwar Movement
Auteur : Prof. Michel Chossudovsky
• The Progressive, août 2007
Titre : “
Bush’s Executive Order on Lebanon Even Worse Than the One on Iraq
Auteur : Matthew Rothschild
• Etudiants chercheurs : Chris Navarre et Jennifer Routh
• Tuteur : Amy Kittlestrom, Ph.D

Précision du Réseau Voltaire

Plusieurs collaborateurs du Réseau Voltaire ont été frappés par les décrets présidentiels 13438 et 13441 en raison de leur soutien intellectuel ou matériel aux mouvements de résistance au Proche-Orient.

C’est également à ce titre que Thierry Meyssan, président du Réseau Voltaire, a perdu la possibilité

d’engager un recours contre son premier éditeur qui a volé la rémunération de ses ouvrages en les transférant dans une filiale aux Etats-Unis. Et c’est toujours à ce titre que Washington a sollicité l’aide des Etats membres de l’OTAN à l’encontre de Thierry Meyssan (cf.« Si j’avais plié, je n’aurais pas eu à partir »).

 Michel Chossudovsky

20 mai 2010
http://www.voltairenet.org/article165465.html

ismael.mulla

http://alqods-palestine.blogspot.com:80/


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