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23/05/2010

n°133 – Dossier du Liban - du 21-05 - : Suite -: Hariri : Nous parlons de paix alors que les Israéliens parlent de guerre.

n°133 – Dossier du  Liban - du 21-05 - : Suite  -: Hariri : Nous parlons de paix alors que les Israéliens parlent de guerre.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers du Liban n°133 du 21-05

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Le " dossiers du liban" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis   :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

NB: Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Hariri à Charm el-Cheikh : Nous parlons de paix alors que les Israéliens parlent de guerre.

2-2 Hassan Nasrallah : "C’est notre droit légal, juridique, moral et humain que de posséder des armes".

 



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

2-1 Hariri à Charm el-Cheikh : Nous parlons de paix alors que les Israéliens parlent de guerre.
Le Premier ministre Hariri a effectué hier matin une visite-éclair à Charm el-Cheikh où il a rendu visite au président Hosni Moubarak afin de s'enquérir de son état de santé et effectué avec lui un tour d'horizon de la conjoncture sur le double plan local et régional. M. Hariri, qui a regagné Beyrouth dans l'après-midi, était accompagné de l'ancien député Bassem Sabeh, de son chef de cabinet, Nader Hariri, et de ses conseillers Mohammad Chatah et Hani Hammoud.
À l'issue de l'entrevue, qui a duré une heure, le chef du gouvernement a qualifié son entretien d'« extrêmement positif », soulignant qu'il avait pu profiter de la « sagesse » du président Moubarak et de « sa vision à long terme concernant la situation actuelle dans la région ». « Nous avons évoqué les menaces israéliennes contre le Liban et la Syrie, et je l'ai informé des contacts internationaux que nous entreprenons pour protéger le Liban, notamment à la suite des menaces israéliennes, a déclaré le Premier ministre. Le président Moubarak m'a informé du fait que l'Égypte effectuait des contacts de son côté et qu'elle se tenait toujours aux côtés du Liban et de la Syrie face à Israël. »
  « Nous rejetons l'intransigeance israélienne face au processus de paix, a souligné M. Hariri. Nous nous tenons aux côtés des frères palestiniens pour la création d'un État palestinien, avec Jérusalem pour capitale, et pour l'octroi du droit de retour aux réfugiés palestiniens. »
Évoquant la situation locale, Hariri a déclaré : « J'ai rassuré le président Moubarak quant à l'immunité du Liban contre tout conflit
interne et je lui ai assuré que l'unité nationale se porte bien. J'ai souligné que la première protection du Liban réside en son unité
nationale. Nous autres Libanais, nous serons toujours en quête de cette unité nationale. » Et d'ajouter : « Le président Moubarak m'a rassuré sur le fait que les contacts qu'il effectue personnellement pour empêcher tout développement contre le Liban ou la région sont positifs. »
En réponse à la question d'un correspondant de presse qui lui demandait si le président Hosni Moubarak partage aussi le point de vue exprimé par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheit, qui avait souligné, lors de sa visite-éclair à Beyrouth, samedi dernier, qu'il écarte la possibilité d'une éventuelle guerre israélienne contre
le Liban, M. Hariri a déclaré : « Effectivement, le président Moubarak m'a rassuré sur ce sujet et a affirmé que tous ses contacts étaient bâtis sur cette base. »
À un journaliste qui lui demandait pourquoi il entreprend des contacts avec les dirigeants européens puisqu'il a reçu des assurances sur ce plan, le Premier ministre a déclaré : « Nous devons envisager ces menaces (israéliennes) avec sérieux et effectuer les contacts nécessaires. Accuser le Liban et parler de missiles venant de la Syrie, sans aucune preuve tangible, est quelque chose que nous refusons. Nous considérons cela comme une tentative de trouver des prétextes pour une guerre éventuelle contre le Liban.
L'importance du processus de paix
À la question de savoir si les armes du Hezbollah constituent un problème pour l'État libanais, M. Hariri a répondu : « Nous sommes engagés dans une conférence de dialogue et les leaders politiques débattent de la stratégie de défense. Ce dialogue doit être constructif,
loin de toute accusation de trahison visant à miner l'unité nationale et loin de toute tension et trouble. Pour notre part, nous faisons prévaloir le dialogue sur toute tension politique. »
Interrogé sur la position américaine, qui rejoint la position israélienne, concernant l'affaire du transfert présumé de missiles Scud de la Syrie vers le Hezbollah, le chef du gouvernement a déclaré : « Ils disent avoir des informations et nous disons que ces informations ne sont pas suffisantes. Il faut voir clair par rapport aux informations dont ils parlent. Nous avons déclaré très clairement que ces prétextes qu'on exploite pour déstabiliser le Liban et la Syrie sont des prétextes que nous refusons. Nous refusons également que ces informations soient avalisées. Au Liban, nous avons connu l'étendue de l'agressivité israélienne à l'égard du Liban au cours de la guerre de 2006, et également à travers les collaborateurs qui ont été arrêtés par les Forces de sécurité intérieure et l'armée libanaise. Nous considérons avec sérieux tout ce qui émane d'Israël, comme déclarations et accusations. Nous devons donc effectuer les contacts en conséquence. »
En réponse à une question sur le degré de coordination entre le Liban et la Syrie, M. Hariri a déclaré : « Nous sommes en contact avec la Syrie.
L'important aujourd'hui c'est que les Arabes, et nous en faisons partie, soulignent l'importance du processus de paix et la nécessité pour les Palestiniens d'avoir leur territoire et leur État, avec Jérusalem pour capitale, parallèlement au respect du droit au retour des réfugiés. Nous parlons de paix alors que les Israéliens parlent de guerre. Pourquoi cette logique de la part des Israéliens ? Il faut, par conséquent, prévenir la communauté internationale qu'Israël ne parle que de guerre et lance des menaces à gauche et à droite, car il n'avance dans aucune étape du processus de paix. »
À un correspondant de presse qui lui demandait si les armes palestiniennes peuvent être un prétexte israélien pour déclencher une nouvelle guerre contre le Liban, le chef du gouvernement a répondu : «
Après tout ce que nous avons vu de la part des agents israéliens au Liban, et le nombre de ceux qui ont été arrêtés, et après avoir entendu les menaces, nous répliquons qu'un processus de paix est en cours. Les tentatives américaines, européennes et arabes vont bon train pour relancer le processus de paix. Pourquoi Israël lance-t-il des menaces en cette période de réactivation du processus de paix entre les Palestiniens et les Israéliens ?
La réponse est qu'Israël, en fait, ne veut pas la paix. Nous devons être clairs avec la communauté internationale et lui dire qu'elle doit faire pression sur Israël. Chacun sait ce qu'il doit faire pour faire aboutir le processus de paix. Les Palestiniens et les Israéliens savent très bien ce qu'il faut faire. Le problème est qu'Israël n'effectue aucune démarche sérieuse dans cette direction. C'est cela le problème majeur. »
Le Premier ministre qatari
Par ailleurs, dans une interview accordée à un journal du Qatar, M. Hariri a souligné une fois de plus qu'« Israël cherche à justifier une
nouvelle guerre contre le Liban en lançant une campagne au sujet des missiles Scud que posséderait le Hezbollah ». « Nous rejetons les allégations et les menaces d'Israël. Il (l'État hébreu) tente de justifier une guerre contre le Liban qu'il pourrait lancer au moment de son choix », a déclaré M. Hariri dans une interview au quotidien al-Watan dont l'AFP a obtenu des extraits.« Quelles sont les preuves d'Israël sur la détention par le Hezbollah de tels missiles, alors qu'il possède lui-même l'arme nucléaire ? » s'est-il demandé. Il a affirmé refuser « de demander au Hezbollah de démentir sa possession de tels missiles », ajoutant qu'il ne voulait pas que le Liban « se place en position d'accusé et donner à Israël le droit de nous lancer des accusations ».

28 avril 2010

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/655333/Hariri_a_Charm_el-Cheikh+%3A_Nous_parlons_de_paix_alors_que_les_Israeliens_parlent_de_guerre.html


2-2 Hassan Nasrallah : "C’est notre droit légal, juridique, moral et humain que de posséder des armes".

Discours de Sayyid Hassan Nasrullah

Adressé aux cadres et travailleurs du conseil de soutien à la résistance islamique au Liban

Les deux premières parties du discours concernent d’abord, le conseil de soutien à la résistance islamique au Liban qui a été remercié et honoré pour son action inlassable depuis près de 15 ans, puis les élections municipales qui se déroulent actuellement au Liban. La troisième partie concerne « l’affaire des Scud » et la situation dans la région, que nous traduisons.

… Quant à la partie concernant la situation politique, il y a quelques mois, les Israéliens ou les responsables sionistes n’ont cessé de menacer le Liban, pendant trois ou quatre mois, de façon ininterrompue. Personne ne s’est privé de le faire, l’un menaçant de détruire la banlieue, l’autre de frapper et de détruire les infrastructures, l’un d’envahir le sud et l’autre d’envahir le Liban, ce qui veut dire que tout ce qui leur passait à l’esprit, comme menaces, les responsables et les médias israéliens l’ont proféré, tout au long de quatre ou cinq mois, jusqu’au 16 février, date de la commémoration des dirigeants martyrs. A cette occasion, nous avons dit des paroles que nous ne répéterons pas. Vous remarquerez qu’après cela, jusqu’à l’affaire des Scud, la situation s’est calmée, au contraire même, après le 16 février, Shimon Pérès intervient pour dire (nous n’avons rien à faire au Liban, nous en sommes sortis et nous en avons finis, nous ne voulons pas faire la guerre au Liban), Netanyahu et Barak et Ashkenazi également. Après le 16 février, tous ceux qui menaçaient ont dit qu’ils en ont fini avec le Liban, qu’ils ne veulent que le calme, jusqu’à très récemment. Pourquoi le ton a changé ? Quiconque peut avancer l’analyse qu’il veut, à ce propos, mais il y a une date charnière, qui est le 16 février, il y a avant le 16 février et après, et qui propose une autre date, qu’il nous en informe. Le 16 février, il y a quelqu’un qui a dit aux Israéliens, en votre nom et au nom de vos combattants et de votre résistance, il leur a dit : nous n’avons pas peur de vos menaces, nous n’avons pas peur de vos cris, nous sommes prêts à vous affronter, nous sommes prêts à vous faire subir une défaite humiliante, à nouveau, et nous sommes prêts à défendre nos villages, nos villes, nos infrastructures, notre dignité et notre fierté. Des détails ont été dits aussi, je ne les répèterai pas, mais les Israéliens les ont sérieusement lus, et ils savent que nous ne rigolons pas. Je le dis à nouveau, je reconnais que j’exerce une guerre psychologique, mais cette guerre est basée sur des réalités et des données justes.

Nous n’exerçons pas des guerres psychologiques à partir de mensonges et de la tromperie, ni envers l’ennemi ni envers l’ami. Si quelqu’un souhaite discuter l’aspect juridique ou légal et affirmer que la tromperie de l’ennemi est légale, même ce légal, nous ne le commettons pas. Nous menons une guerre psychologique basée sur des données et des réalités, les Israéliens le comprennent, et c’est pourquoi depuis le 17 février, leur langage et leur ton ont changé.

Il y a un moment, l’affaire des Scud a émergé, soit par les Etats-Unis, soit un quotidien du Golfe qui l’a attribuée aux Etats-Unis. Shimon Pérès l’a emportée et s’est rendu avec en France. Cette affaire dit que la Syrie a remis au Hezbollah des fusées Scud. Les médias israéliens s’en sont emparés, puis les Américains, et l’histoire est devenue depuis leur affaire quotidienne, jusqu’à aujourd’hui. Mme Clinton en parle et adresse un discours à la Syrie et à l’Iran. Cette affaire prend des proportions importantes. Vous qui prétendez que la Syrie a remis des fusées Scud au Hezbollah, quelles sont vos preuves ? Personne n’a apporté des preuves, mais il y a une bataille en long et en large sans preuves. Ensuite, la Syrie a formellement nié avoir remis quelque chose de ce genre au Hezbollah. Troisièmement, le Hezbollah ne se considère absolument pas concerné de nier ou de confirmer sa possession de n’importe quelle arme, c’est notre politique et nous la confirmons.

Il y a certains qui disent que le sujet est très sensible, que peut-être vous pouvez abandonner cette politique et parler des fusées Scud. Non, notre politique est stable : nous ne sommes pas concernés, ni d’affirmer, ni de nier si des armes nous sont parvenues, ou si nous avons apporté des armes ou non, et si nous voulons parler de sortes d’armes, nous parlons de façon générale, dans l’ensemble. Les Israéliens sont concernés pour pouvoir analyser, détailler, essayer de comprendre et recouper leurs renseignements avec les données, mais en aucun moment, nous ne sommes concernés de confirmer ou de nier être en possession de toutes sortes d’armes. C’est pourquoi nous n’avons pas commenté et nous ne commenterons pas. Là également, j’aimerai vous dire une chose, si aujourd’hui nous voulons commenter ou nier que des armes précises nous sont parvenues, cela veut dire que tout ce que nous ne nions pas, nous le confirmons. Pourquoi est-ce que nous sommes contraints de le faire ? Je ne nie ni ne confirme, et notre politique est basée sur ce principe. Quatrièmement, nous n’acceptons pas que quelqu’un dans le monde discute de notre droit. C’est notre droit, que nous l’exerçons ou non, c’est une autre affaire.

Lorsque le ministre américain de la guerre Gates vient dire que le Hezbollah possède des fusées et des armes plus que n’en possèdent la plupart des gouvernements dans ce monde, que ce soit vrai ou faux, je ne commenterai pas, mais je lui dis : tu te tenais auprès de quelqu’un, quand tu as fait cette déclaration, qui est Ehud Barak, qui possède des armes aériennes que la plupart des gouvernements de ce monde ne possèdent pas, et qui possède des armes nucléaires que la majorité des gouvernements de ce monde ne possèdent pas, il possède des armes chimiques et interdites sur le plan international et légal, que la majorité des gouvernements de ce monde ne possèdent pas, il exerce un terrorisme d’Etat, tue les femmes, commet les massacres au Liban et en Palestine, comme ne le font pas la plupart des gouvernements de ce monde. Tu te tiens aux côtés d’un ministre de guerre dans un Etat armé, de la tête aux pieds, qui agresse les autres, qui viole les sacralités des autres, qui fait couler le sang des autres, cela n’a aucune influence sur toi et ne te concerne pas.

Mais que quelqu’un au Liban ou en Palestine, en Syrie ou en Iran ou ailleurs dans le monde arabo-islamique possède des armes pour protéger ses enfants, ses femmes, le sang de son peuple, la dignité de son peuple et la souveraineté de sa patrie, cela nécessite une dénonciation et une protestation et tout ce bruit dans le monde. C’est une logique que nous refusons et que nous condamnons.

Je vais ajouter : que nous possédions n’importe quelle arme, toute sorte d’arme, tout ce qui vous vient à l’esprit, c’est notre droit légal, juridique, moral et humain, car ces armes, nous les voulons pour défendre les gens honorables, les opprimés, ceux qui sont menacés par la présence cancéreuse de l’Etat d’Israël, et lorsque nous pouvons exercer ce droit, nous l’exercerons, et nous n’hésiterons pas. En toute sincérité, je vous le dis : je ne pense pas que tout ce vacarme à propos des Scud et des fusées soit une préparation à la guerre, et que Dieu veuille que je sois dans le vrai…

Cette campagne et ce vacarme ont de multiples objectifs, et parmi ces derniers, faire pression sur la résistance et les gens au Liban, sur le Liban, la Syrie, l’Iran, et les frères palestiniens, disant : faites attention, il y a une ligne rouge, un plafond, il y a des armes que vous n’avez pas le droit de posséder et d’obtenir, il y a des armes qui rompent l’équilibre, il y a des armes qui, entre vos mains, entraînent la guerre. L’objectf est de faire pression pour que nous n’augmentions pas notre force, et quand ces pressions s’exercent, l’Iran, la Syrie, le Liban, le Hezbollah et la résistance en Palestine feront mille calculs avant d’acheter ou obtenir un genre d’armement. L’objectif en premier lieu est de faire pression, de semer la peur chez les Etats qui résistent et les mouvements de la résistance, pour les obliger à réfléchir s’ils envisagent de devenir forts, car ce n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis qu’il y ait des Etats forts dans la région, ce n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis et d’Israël que les mouvements de la résistance soient forts. Il est exigé que la situation générale dans la région arabe et islamique soit la faiblesse et la vulnérabilité, le sentiment de bassesse et d’humiliation pour que la région demeure soumise à la suprématie américaine et accepte, finalement, un règlement avec les Israéliens selon les conditions de Netanyahu.

Je vous le dis : cet objectif ne se réalisera pas, et tout ce vacarme ne fait ni avancer ni reculer, mais au contraire, il produit l’opposé : en parlant de cette manière des fusées Scud, Israël sème la panique parmi les Israéliens, et fait peur aux gens vivant à Tel Aviv et Beer Saba’. Evidemment, parler des Scud revient à parler de Eilat, soit la ville la plus éloignée de la Palestine occupée, sa population prendra peur et d’autre part, Israël ne fait que rassurer les gens ici qui disent : « vous avez des Scud ? C’est fantastique, parce que cela fera un équilibre et la dissuasion sera effective, car si Israël veut faire la guerre, des catastrophes l’attendent également.. » Donc la politique suivie a eu des effets opposés à l’objectif fixé. Parmi les autres objectifs, il s’agit de détourner le regard du différend américano-israélien actuel. Evidemment, nous ne nions pas qu’il y ait différend, est-ce qu’il y a accord à cent pour cent ? Non, il y a accord sur le projet, en tant que projet américano-israélien, il y a un plafond sur lequel ils sont d’accord, c’est pourquoi Barack Obama, Hillary Clinton, comme George Bush et ceux qui les ont précédés sont d’accord pour protéger Israël, la suprématie d’Israël, la force d’Israël, ce sont des lignes rouges, mais il y a des différends concernant les tactiques et la définition des intérêts, les Américains disent à Netanyahu, comme Clinton l’a dit, à la conférence d’AIPAC : votre intérêt consiste à mener un règlement, car personne ne sait si dans l’avenir, vous pouvez le mener, la situation démographique change dans la région, la situation de la résistance change, et le développement technologique et la question des fusées sont en progrès, et dans l’avenir, il y aura des groupes plus dangereux encore, alors qu’aujourd’hui, vous avez quelqu’un avec qui signer mais dans quelques années, vous n’êtes pas sûrs d’en trouver.. C’est le point de vue des américains, mais les Israéliens « font la tête », ils ne veulent pas faire des concessions, même minimes. Le différend est donc tactique, et dans les détails, un différend pour servir l’intérêt d’Israël, les Etats-Unis disent : c’est ainsi que nous voulons servir Israël mais les Israéliens pensent autrement.

Donc, les Etats-Unis et Israël suscitent ce grand vacarme pour traiter leurs différends loin des regards. Parmi les objectifs également, et nous devons faire attention à ne pas nous y laisser entraîner, c’est la tentative d’Israël de se faire passer pour une victime, pour un Etat menacé de disparition, en d’autres termes, de crier et de gémir dans le monde pour dire : La Syrie, l’Iran, le Hezbollah, Hamas… tous l’agressent et qu’il est l’opprimé, et par conséquent, il a le droit de maintenir son occupation de la terre, de refuser le droit au retour des réfugiés, de briser les os des Palestiniens, de lancer des guerres contre les peuples et les Etats de la région.

Les Américains et les Israéliens disent que la Syrie a livré des fusées Scud au Hezbollah. Combien ? Trois ? Quatre ? dix ? vingt ? Ils ne donnent pas des chiffres. Est-ce que cela fera disparaître Israël de la région. Non ! Ils considèrent que te défendre constitue une ligne rouge (…) Cette politique de victimisation face aux peuples du monde, entraîne à dire que Gaza est l’agresseur, que Gaza, avec sa population et ses fusées, constitue une menace contre Israël et qu’Israël a le droit de faire ce qu’il veut à Gaza. …

Par ailleurs, les Israéliens affirment, tout en faisant ce vacarme à propos des Scud, qu’ils ne feront pas la guerre. Les grands responsables israéliens ont dit : nous pensons que le Hezbollah possède des fusées Scud, ce que nous refusons mais nous ne ferons pas la guerre. Est-ce que nous les croyons ou pas, c’est une autre affaire.

D’autre part, concernant les fusées, quel que soit le nombre de fusées possédées par la résistance, cela ne change rien dans les calculs des Israéliens, ils sont clairs sur ce point, c’est pourquoi ils ne considèrent pas que la fusée introduite dans l’équation de la résistance rompt l’équilibre, car si nous supposons que l’équilibre relatif aux fusées a été rompu, il l’a été depuis longtemps et non pas à présent. En effet, ils considèrent que la défense aérienne rompt l’équilibre, c’est ce qu’ils ont déclaré en toute clarté, ils disent que si la résistance possède ce qui empêche l’arme aérienne de détruire, de bombarder, d’agresser et de commettre en toute liberté des massacres, c’est la rupture de l’équilibre.

La situation n’est pas une situation de guerre, et si les Israéliens veulent combattre, ils ne suscitent pas un tel climat. Avant l’invasion de 1982, la situation était calme, au sud également, et la région vivait comme dans un autre monde. Il y a eu un projet politique pour le Liban et la région, ils ont alors entrepris leur invasion en 1982. Avant le 12 juillet 2006, il n’y avait rien, au contraire. Nous avions déjà pris des prisonniers des hameaux de Shebaa, et rien ne s’était passé, nous avions riposté aux avions israéliens, sur les colonies, et rien n’est arrivé. Des Palestiniens ont traversé les frontières, sont entrés et ont mené des opérations au nord de la Palestine occupée, et rien n’est arrivé, mais le 12 juillet, parce qu’il y a eu un grand projet politique concernant le Liban et la région, qui s’appelle le nouveau moyen-orient, c’est cela qui a entraîné la guerre.

Et à présent, ni les Scud ni autre chose n’entraîneront la guerre, ni même l’armement de la résistance. S’il y a un projet politique pour la région, il est possible qu’il y ait la guerre, mais nous n’en voyons pas les traits. Si nous revenons à juillet 2006, nous avions des lacunes concernant le projet politique. Nous avons examiné les choses d’un côté, mais les choses sont apparues d’un autre côté, nous ne pensions pas que le complot et la collaboration iraient jusqu’à ce point.. Mais aujourd’hui, nous sommes conscients de toutes les lignes, il y a un projet politique qui a échoué. Je dirai même plus, lorsque vous voyez que les Israéliens se taisent, que les choses sont calmes, que les Américains ne disent plus rien, et qu’il n’y a plus de vacarme, c’et alors qu’il faut nous inquiéter. Mais lorsque nous les voyons faire du bruit et des déclarations, cela veut dire qu’ils n’ont rien entre les mains. Ainsi se présente l’équation. A toutes les périodes, depuis 1948, toutes les guerres qui ont eu lieu ont été précédées d’un silence israélien…

C’est pourquoi nous demandons que personne ne cherche à nous affoler. Les Libanais doivent se calmer, se reposer, se préoccuper des élections municipales, et bien évidemment, soutenir leur résistance et exprimer leur unité nationale car cette expression et ce soutien font partie des calculs de la dissuasion et empêcheront l’ennemi à penser à une agression, ils contribuent à dissuader l’ennemi d’entreprendre une agression contre le Liban.

Cirepal  (Centre d’Information sur la Résistance en Palestine)

Traduction CIREPAL

Dimanche, 2 mai 2010

http://www.aloufok.net:80/spip.php?article1813


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