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29/05/2010

n° 69 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan. - 27-05 -: Début - : Une nouvelle guerre d'ampleur mondiale est possible

n° 69 - Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan. - 27-05 -: Début - : Une nouvelle guerre d'ampleur mondiale est possible


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Géopolitique et stratégie 'des Guerres de l'Otan.

n° 69- 27-05

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

d) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be


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Sommaire.

Tiré à part 

La diversion du volcan islandais ! il est passé ou le nuage ?

1  Dossiers

1-1 Les Troupes US/OTAN Sous Commandement De L'Ex Commandant Des Escadrons De La Mort De Dick Cheney.

2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Bruit de bottes à l’Otan.

2-2 Une nouvelle guerre d'ampleur mondiale est possible.

2-3 eva R-sistons : guerre mondiale bientôt ?

2-4 Rick Rozoff : Le Kirghizistan et la bataille pour l’Asie centrale.

Fin  

3 Annexe

3-1 Robert Bibeau : La crise économique grecque fait trembler le monde.

3-2 Pascal Sacre : Prix Nobel de la Paix : quand Oslo glorifie le mensonge et la guerre.

3-3 Les guerres de Bush pour le pétrole : l'Asie Centrale.

 



Tiré à part 

La diversion du volcan islandais ! il est passé ou le nuage ?

Quelles furent les vraies raisons du blocage du trafic aérien en Europe occidentale? Notre ami et conseiller Robert synthétise les principales incohérences scientifiques de la thèse officielle et pointe sur les indices qui pourraient expliquer ce qui s’est vraiment passé pendant cette semaine très particulière.

Une grande manœuvre de l’OTAN, prévue depuis longtemps, a débuté le 12 avril, impliquant une soixantaine d’avions de combat. Officiellement, il s’agit d’un exercice de routine, mais l’on trouve dans un des documents publiés par l’OTAN cette petite phrase révélatrice : «Tester de nouvelles armes non conventionnelles liées au bouclier anti-missile.»

L’OTAN avait donc besoin d’une liberté maximum dans l’espace aérien pour pouvoir mener à bien ces expérimentations sans risques, ni observateurs indésirables. Et curieusement, un petit volcan islandais, l’Eyjafjöl, entre au même moment en éruption et se met à cracher des cendres qui imposent la fermeture de tout l’espace aérien des pays de l’OTAN au trafic civil, mais pas aux manœuvres militaires.

Le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen, a d’ailleurs déclaré : «Je peux vous assurer que le volcan islandais n’a aucun effet sur nos opérations, ni sur la défense territoriale des États alliés»

La Russie et la Biélorussie n’ont fermé aucun de leurs aéroports bien que, selon l’organisme météorologique britannique, tout le territoire biélorusse et la moitié du territoire russe soient couverts par le nuage de cendres.

Les compagnies européennes ont rapidement mené des tests indépendants et ont conclu à l’absence de danger. Joachim Hunold, PDG d’Air Berlin, a ainsi déclaré : «Pas une seule sonde météo n’a été lancée en Allemagne pour mesurer si et dans quelles proportions il y a des cendres volcaniques dans l’air. La fermeture de l’espace aérien est entièrement basée sur les résultats de simulations par ordinateur du Volcanic Ash Advisory Center (VAAC)»

Guido Visconti, directeur du Centre des Phénomènes Extrêmes, a indiqué : «Les valeurs mesurées en France, Allemagne, Pays-Bas, Suisse et Roumanie sont égales ou inférieures à celles des standards acceptés pour la pollution urbaine». Des poussières, des cendres volcaniques ou du sable du Sahara sont présents toute l’année dans l’atmosphère. Une vingtaine de volcans sont en éruption simultanément dans le monde.

D’autre part, très peu d’images convaincantes, exceptés les mêmes reportages qui passent en boucle (la vidéo d’un avion pris dans le nuage d’un volcan). Le nuage de cendres lui-même est quasiment invisible, excepté sur certaines photos d’un ciel rougeoyant parcouru par de longues traînées, typiquement liées à l’utilisation de certaines ondes (HAARP, ondes scalaires…)

Il ne faut pas oublier la troisième coïncidence : le crash de l’avion polonais et l’élimination de la structure dirigeante d’un Etat. Ce genre «d’accident-sacrifice» sert généralement à prévenir tous ceux qui ne seraient pas à la hauteur des exigences du Nouvel Ordre Mondial… La Pologne a été le seul pays à ne pas accepter le vaccin H1N1 et a toujours fait bande à part dans la stratégie européenne. (Note du CROM : le gouvernement polonais se rendait à la commémoration d’un massacre généralement attribué aux Nazis mais qui, aujourd’hui, semble avoir été le fruit des Soviétiques. Allaient-ils faire des déclarations gênantes?)

C’est aussi une façon de dire aux Européens qu’ils devront se plier à toutes les “ordonnances” qu’on projette de leur imposer…

En effet, dans la perspective d’une déstabilisation de l’économie mondiale, cette opération est extrêmement préjudiciable au commerce européen. Ce sont les compagnies européennes qui sont le plus gravement touchées et certaines pourraient se rapprocher rapidement de la faillite, au bénéfice des compagnies états-uniennes.

Il faut toujours se poser la même question : à qui profite un événement de ce genre ?
http://www.futurquantique.org/?p=5721#more-5721

09 mai 2010

Posted by Équipe Signes des Temps on May 5, 2010

CROM.be, 05 mai 2010

http://rustyjames.canalblog.com/tag/otan



1  Dossiers

1-1 Les Troupes US/OTAN Sous Commandement De L'Ex Commandant Des Escadrons De La Mort De Dick Cheney.

Le choix par l 'administration Obama du Lieutenant Général Stanley McChrystal comme nouveau commandant des troupes US/OTAN en AfPak n'est pas anodin et caractérise la nouvelle approche de cette guerre d'occupation par Washington. Les antécédents militaires de McChrystal, sa longue expérience des opérations de contre terrorisme durant les cinq dernières années à la tête du JSOC (Joint Spécial Opérations Command - commandement des opérations conjointes spéciales) parlent d'eux -mêmes. D'avril 2003 à Avril 2008, il a supervisé les opérations de contre terrorisme, pourchassant des cibles qualifiées de "haute valeur" tels des dirigeants locaux et nationaux des mouvements de résistance en Irak, Afghanistan et au Pakistan, la plupart du temps en menant des raids dit ciblés ainsi que des attaques aériennes dont on connaît le terrible coût payé par les populations civiles. Dernièrement, 140 civils dont plus de 90 enfants afghans ont été massacrés dans des villages pris pour cibles dans le cadre des opérations du JSOC. C'est sous le commandement de McChrystal que le JSOC a changé de mission et est passé de l'entraînement aux méthodes de contre insurrection des unités militaires des pays occupés, sa mission principale, a celle de mener des opérations de contre terrorisme.
McChrystal a passé 5 ans à la tête du JSOC, ce qui est inhabituel, et ce parce qu'il était un ami proche de Donald Rumsfeld alors secrétaire à la défense, qui considérait le JSOC comme "son organisation" capable de rivaliser sur le terrain avec les opérations clandestines menées par la CIA. Le JSOC a été utilisé pour capturer Saddam Hussein et le dirigeant d'Al Qaeda en Irak, Abu Musab al-Zarqawi. Le JSOC sous commandement de McChrystal a mené des raids et autres opérations contre des Talibans et ce sans coordination avec le commandant des autres forces US présentes en Afghanistan. Ces forces spéciales organisaient des raids dans des maisons suspectées d'abriter des dirigeants Talibans recherchés notamment dans des villages de la province du Herat provoquant la colère des habitants qui, alors qu'ils s'étaient tenus à l'écart des combats, ont pris les armes contre les forces régulières US, selon un article paru dans le New York Times de Mai 2007 écrit pas Carlotta Gall et David E. Sanger.
Alors que les médias américains encensent le choix du secrétaire à la Défense, Robert Gates, tel le Wall Street Journal qui écrit que McChrystal : "mènera cette sorte de guerre de contre insurrection" que Gates veut voir se développer en AfPak, parce que, sous son commandement en Irak, le JSOC avait impliqué " des unités spécialisées en guerre anti guérillas, incluant l'entraînement des armées étrangères", ils semblent confondre contre insurrection et contre terrorisme. Alors que les opérations de contre insurrection ont principalement pour but d'influencer la population pour " rallier les coeurs et les esprits" et sont non militaires, les opérations de contre terrorisme sont exclusivement militaires et se concentrent sur le ciblage de "l'ennemi" et sa destruction notamment par des raids aériens particulièrement meurtriers pour les civils vivant dans les zones de conflits. Aucun ne rappelle le lien étroit, direct, entre le criminel de guerre Dick Cheney, vice président de l'administration Bush qui encore tout récemment se vantait qu'en utilisant la torture Bush avait sauvé de nombreuses vies américaines, et McChrystal, qui en fait, à la tête du JSOC, recevait directement ses ordres de Cheney.
C'est Seymour Hersh, le journaliste d'investigation américain, qui le dévoile dans une interview accordée au www.gulfnews.com. le 12/05/09. Hersh y révèle que l'ancien vice président Dick Cheney a dirigé ces escadrons de la mort visant ceux considérés comme des "ennemis " de l'Amérique à l'étranger.
"... Ce que j'ai dit et ce que j'ai écrit à plusieurs reprises c'est qu'il y a une unité spéciale qui s'occupe de ciblage de personnes de haute valeur qu'on croit être impliqués dans des activités anti américaines, où qu'on croit planifier de telles activités. Du point de vue de Cheney ce n'est pas du meurtre mais mener la " guerre contre le terrorisme". Et de mon point de vue et de celui de mes amis, dont des personnes au sein du gouvernement, c'est fou. Le vice président commet un crime. vous ne pouvez autoriser l'assassinat de personnes et ce n'est pas simplement en Irak et en Afghanistan c'est dans un grand nombre d'autres pays, au Moyen Orient, en Asie du Sud, en Afrique du Nord et même en Amérique Centrale. Au début, un grand nombre de noms étaient désignés via le bureau de Cheney, l'un de ses aides, John Hanna, a révélé lors d'une émission de TV que ce programme existait et a dit que de tuer des gens ce n'est pas un meurtre mais un acte de guerre justifié légalement. L'ancien commandant du JSOC, (McChrystal ) vient juste d'être nommé nouveau commandant en charge de la guerre en Afghanistan, ce qui me paraît très intéressant".
L'interviewer, Abbas Al Lawati, lui demande par la suite de nommer les pays au Moyen Orient ou ces escadrons de la morts ont mené des opérations. Réponse de Hersh :
"Non, je ne peux pas, mais j'ai dit qu'il y avait 12 pays et je pense qu'il y en a beaucoup plus, mais vous n'avez pas besoin d'être spécialiste pour deviner. Je sais avec certitude qu'ils ont opéré en Irak, et en Afghanistan. IIs en ont parlé. Le fait est que les hommes qui font cela n'aiment pas ce qu'ils font. Certains sont des chasseurs de la Marine qui ont été entraînés à accomplir des trucs sous l'eau. Qu'est ce qu'ils font à travers les montagnes faisant du mal aux gens ? Je ne condamne pas les hommes mais la direction, le président qui pense que la "guerre contre le terrorisme" veut dire qu'il peut decider de la mort de quiconque sur la base de preuves souvent fausses...." Sur la relation JSOC Obama, Hersh dit : " Je pense vraiment que la relation avec le JSOC est entrain de changer sous Obama. Actuellement c'est plus sous contrôle".
Mais quelle différence ? La mission de ces escadrons de la mort reste la même, assassiner quiconque est considéré comme "ennemi" des Etats Unis quelqu' en soit les conséquences en zone de guerre pour les civils qui y vivent. Mais peut être, cette fois, est-ce le président, commandant en chef des forces armées US, et non plus le vice président , qui donnera directement ses ordres au JSOC via McChrystal notamment pour ce qui est d'AfPak.
En annonçant la nomination de McChrystal, le secrétaire à la défense US, Robert Gates, a fait l'éloge de ce dernier pour " son talent unique en matière de contre insurrection" et dit que la mission en Afghanistan "nécessitait un nouvel état d'esprit et de nouvelles approches par nos dirigeants militaires".
Depuis Mars, les raids du JSOC ont repris de plus belle, bien que sous le commandement de McKiernan le prédécesseur de McChrystal. La nomination de ce dernier a été retardée à cause d'accusations portées à son encontre sur sa responsabilité concernant des mauvais traitements subis par des prisonniers placés sous son autorité. L'armée US a semble-t-il couvert ces abus des droits des prisonniers, sous prétexte de la classification top secrètes des opérations du JSOC. En fait, McChrystal apprécie la torture des prisonniers. Il a fourni le personnel pour la Task Force 6-26, une unité d'élite composée de 1000 agents des forces spéciales qui torturaient déjà des prisonniers au camp Nama en 2003. Cinq officiers de l'armée ont été reconnus coupables de traitements dégradants. McChrystal n'a pas lui-même été directement impliqué dans ces abus, mais le slogan de l'unité en dit long sur la mentalité de ses "Boys" : " si vous faites en sorte qu'ils ne saignent pas, ils ne peuvent pas vous poursuivre pour ce que vous leur faites".
Le choix par l'administration Obama de McChrystal et par conséquent la priorité accordée aux opérations de contre terrorisme du JSOC - raids, attaques aériennes et leurs cortèges de victimes civiles et la colère des Afghans- augure mal de ce qui va se passer en AfPak. Certains, comme Lellouch Kouchner et consorts voudraient nous vendre une guerre "juste" pour assurer notre sécurité, apporter la démocratie, l'émancipation des femmes ect... en Afghanistan.
Cette guerre avec McChrystal à sa tête, n'est qu'une sale guerre d'occupation, à 100% la "Guerre d'Obama", où les vieilles méthodes utilisées en Algérie, en Indochine, en Amérique Latine refont surface cette fois avec l'appui d'une technologie aérienne de pointe (drones et leurs missiles tueurs dont Obama est friand...).
En donnant la primauté aux escadrons de la mort du JSOC en AfPak, Obama signale effectivement un changement de taille : il fait ouvertement ce que Bush/Cheney faisaient clandestinement.
Alors, encore combien d'enfants afghans massacrés vous faut-il pour réagir et cesser d'être hypnotisés par "l'effet diversité" d'Obama ?
Obama sera en France le 6 Juin. L'occasion de débarquer en Normandie pour dénoncer cette guerre stupide, exiger que la France retire ses troupes d'Afghanistan, et condamner Obama pour ce qu'il est : un criminel de guerre, et ce qu'il représente: un empire sur le déclin qui commet des massacres de civils sans défense méprisant le droit international humanitaire, pour dominer en Asie une région géostratégiquement importante, surtout parce que située sur la route des voies d'acheminement du pétrole et du gaz, ressources énergétiques convoitées par l'empire US.
Special Guignols De L'Info ObamaSarko Le 6 Juin

http://www.planetenonviolence.org/AfPak-Les-Troupes-US-OTAN-Sous-Commandement-De-L-Ex-Commandant-Des-Escadrons-De-La-Mort-De-Dick-Cheney_a1911.html



2 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

2-1 Bruit de bottes à l’Otan.

Carte Blanche CNAPD à propos du Nouveau Concept Stratégique de l'Otan - Le Soir du 19.5.2010

L’Otan lance cette année un chantier de refondation de son « concept stratégique » (1), qui sera entérinée au sommet de Lisbonne du mois de novembre. La première étape de cette refondation vient de s’achever avec la parution des recommandations du groupe de 12 experts dirigé par Madeleine Albright (2). Les enjeux et les conséquences qui en découlent sont immenses.

Le concept stratégique défini en 1999 avait déjà permis une transformation radicale de l’Otan. Alliance militaire défensive à sa création, elle était devenue une organisation de « gestion de crise ». S’en sont suivies des interventions offensives massives à « caractère exceptionnel » qui ont provoqué des milliers de morts en Serbie et en Irak, puis en Afghanistan et, plus récemment, au large de la Somalie.

Le « groupe des 12 » entend aller encore plus loin dans la transformation de l’Alliance.

Parce que l’identité intrinsèque de l’Otan serait, selon le rapport, « une organisation qui donne du muscle et du nerf aux idéaux démocratiques », les recommandations sont pléthores pour garantir à l’Alliance son rôle de moteur dans la stabilité et la paix internationales. Pour ce faire, l’Otan devrait renforcer les prérogatives qu’elle ne permettrait pas aux autres Etats, notamment sa capacité à intervenir en dehors de son territoire. Ce point se retrouvant dans chacun des paragraphes de la première partie du rapport.

D’exceptionnelle à partir de 1999, cette capacité deviendrait la règle. L’Otan pourrait ainsi s’arroger le droit d’intervenir aux quatre coins du globe et s’attribuer le rôle de gendarme au service de ceux qui la commandite.

Manifestement, l’Otan continue de concentrer son action sur un adage bien connu mais ô combien contre-productif : la meilleure des défenses, c’est l’attaque. La diplomatie du fusil n’a jamais fonctionné ; l’Histoire nous montre qu’elle finit toujours par se retourner contre ceux qui la développent.

La rhétorique agressive du rapport du groupe d’experts sape toute possibilité de dialogue et de règlement diplomatique des différends. L’Otan se pose ici en dominateur, alimentant nécessairement la rancœur de ceux qui sont implicitement visés par leur analyse.

Le « groupe des 12 », faisant d’ailleurs écho à l’analyse de M. Rasmussen, secrétaire général de l’Otan, veut également profiter de l’occasion offerte par la refondation du concept stratégique pour réformer en profondeur le fonctionnement de l’Alliance pour « une organisation plus légère, réactive sur le plan décisionnel, plus efficace et efficiente ». Cette réforme passerait notamment, selon M. Rasmussen, par l’institutionnalisation d’un financement commun (en recommandant en outre une augmentation de 20 % du financement par chaque État-membre). Ainsi, la Belgique pourrait marquer son opposition à une éventuelle intervention, mais y participerait de facto financièrement.

Une Alliance « plus réactive sur le plan décisionnel » n’est donc bien évidemment pas souhaitable. Tout d’abord parce que le débat démocratique sur les décisions de l’Otan, déjà quasiment inexistant dans notre pays, n’y survivrait pas. Ensuite et surtout parce que les décisions que l’Alliance a à prendre concernent des milliers de vies humaines et les possibilités de développement économique et humain des différentes régions de la planète. Comment pourrions-nous « alléger » ce type de décisions ? Les décisions de l’Otan se prennent au consensus. Il ne pourrait en être autrement.

De quel droit et sur quelle base l’Otan pourrait s’arroger le rôle de défenseur de la paix internationale (paix qu’elle voit uniquement, d’ailleurs, comme le silence des canons) ? Il est désespérant de constater, continuellement, que l’agressivité reste le seul mode de discours. La paix ne peut s’installer durablement que par le rapprochement et le dialogue d’égal à égal. Le droit à la sécurité des membres de l’Alliance est aussi important que celui des autres membres de la planète. Il faut donc penser sérieusement et durablement l’institutionnalisation d’un droit international auquel chacun serait soumis et le développement sincère du forum des peuples que constitue l’ONU.

Cette dernière est d’ailleurs reléguée au rang de « partenaire ». Sans que plus aucune mention ne soit faite de la fonction institutionnelle supérieure de l’ONU, l’Otan se dit simplement « sensible » à l’« esprit » de la Charte.

Il est impératif que les Parlements belges et européen se saisissent de l’évolution de toutes ces discussions et que l’opinion publique en soit informée. Le processus est nécessaire mais les questions fondamentales qu’il engage ne peuvent se résoudre dans l’urgence. La démocratie ne peut être à ce point instrumentalisée.

(1) Le concept stratégique est un document officiel qui présente la nature et l’objectif immuables de l’Otan. Voir : www.nato.int/cps/fr/natolive/topics_56626.htm

(2) Disponible à l’adresse suivante : www.nato.int/strategic-concept/index.html

La CNAPD (Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie)

19 mai 2010, 1)


2-2 Une nouvelle guerre d'ampleur mondiale est possible.

Un conflit d'une ampleur comparable à la Seconde Guerre mondiale est toujours possible et la Russie doit s'y préparer en préservant ses possibilités stratégiques, a estimé le président Dmitri Medvedev dans un entretien accordé vendredi au journal russe Izvestia.
"Un tel conflit est malheureusement possible en raison de l'existence de pays très différents ayant des intérêts tout aussi différents", a-t-il indiqué.
"Il existe une immense quantité d’armes sur la planète et certains considèrent jusqu'à présent la guerre comme un moyen de régler leurs problèmes politiques (…). Nous devons y être prêts", a souligné le chef de l'Etat russe.
Selon lui, l'arme nucléaire stratégique est un "moyen très efficace de protéger nos intérêts nationaux".
"Nous devons perfectionner notre système de défense et nous entendre avec nos principaux partenaires, c'est que nous avons d'ailleurs fait ces derniers temps en signant avec les Américains un nouveau traité START (de limitation des armes stratégiques offensives)", a indiqué M.Medvedev.  
Le président a accordé cet entretien à l'occasion du 65e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie qui est célébré en Russie le 9 mai.

Vendredi 7 Mai 2010

 http://fr.rian.ru/
http://www.alterinfo.net/Une-nouvelle-guerre-d-ampleur-mondiale-est-possible-Medvedev_a45864.html


2-3 eva R-sistons : guerre mondiale bientôt ?

Elle est inscrite dans la crise... de l'endettement !
Partie de la Grèce, franchissant l'Europe, la crise gagnera la City, enrôlant l'Otan... pour la "Der de der" du moment...

La crise de 1929 ?

Rien, à côté de l'actuelle !  
L'Europe est dans le collimateur des spéculateurs, de la City: Elle cherche à réguler les Marchés financiers mondiaux, au moins dans les intentions. Intolérable pour les libéraux, inacceptable pour les requins de la Finance !

Elle est donc attaquée, notamment via les Agence de notation. Grèce, puis Portugal, Espagne, Italie... on imagine l'effet de domino ! L'endettement des Etats est tel, que la situation est explosive. Je rappelle les propos de Jacques Attali: "L'endettement est source de guerres planétaires". Alors, guerre mondiale bientôt ? 
Le jour où le coeur de la Finance mondiale (la City, à Londres) sera touché, ainsi que les intérêts de la famille royale anglaise, l'Iran sera attaqué. Effet de domino là aussi: La guerre s'étendra dans le monde entier. Tragique fuite en avant ! L'Europe qui, via des dirigeants comme Sarkozy, a complètement lié son destin à celui des Anglo-Saxons (et donc par ricochet aussi à Israël, clone des USA) qui décident des guerres, sera au premier rang. Sa création avait été justifiée par le besoin de paix des peuples, c'était la raison officielle.

En réalité, les USA feront sur le continent leurs guerres par procuration, par le truchement de l'Europe enchaînée par l'article V du Traité de l'OTAN (prêter assistance à un pays en guerre), et en réalité aussi, l'Europe a été constituée comme tremplin du NOM, du Nouvel Ordre Mondial broyeur de paix, de nations, de libertés, d'emplois...

Seuls grains de sable: Le particularisme de deux grandes puissances, la Russie et  la Chine, et les Musulmans, guère friands de mercantilisme, de compétition, avec leur Charia, leur finance islamique, etc §.

C'est dans ce cadre qu'il faut comprendre les violentes attaques dont ils sont l'objet, en France, mais aussi dans toute l'Europe, et même partout, via les médias aux ordres de l'occident impérial.  En polarisant l'attention sur la burqa ou sur les minarets (comme en Suisse), par exemple, on dresse les citoyens, indirectement, contre les Arabes, contre les Musulmans, contre... l'Iran, en définitive, désormais présenté comme l'ennemi incontournable, bien que les motifs soient fallacieux. La guerre est proche, avec l'assentiment des citoyens, vivement remontés contre les Musulmans. Vraiment, avec leur accord ? Seront-ils dupes ? C'est un autre débat. Mais la manipulation est totale, et permanente, via les Médias aux ordres du Grand capital apatride, prédateur et guerrier...

Citoyens, à vos jardins, à vos catamarans équipés pour le Pôle nord, à vos campings-cars, à vos grottes, à ce que vous voulez, mais en étant solidaires les uns des autres ! 
La guerre mondiale est inévitable.

L'endettement des nations est trop lourd, et la cupidité des financiers trop grande !

Les guerres, d'ailleurs, génèrent beaucoup de profits: Multinationales de l'Armement, de la Chimie, de la Reconstruction, du Pétrole... Et les Médias (ceux de France sont aux mains des industriels de l'armement) sont là pour les relayer, inciter les citoyens à partir en guerre: "Mourir pour la patrie", d'un Benoît Duquesne ou d'une Marie Drucker. Reportages sur les Armées, qui recrutent, ou sur la Légion étrangère. Mourir pour la Patrie ! Non, pour les multinationales apatrides. Nos jeunes, de la chair à canons ? Sans emploi, il faut leur en trouver un. Et cela rentre aussi dans le programme de dépopulation, on fait d'une pierre deux coups ! Pandémies, cancers provoqués par la consommation de pesticides, agriculteurs ruinés, désespoir lié à l'absence de perspectives, suicides liés au chômage, aux OGM (comme en Inde, par centaines de milliers), aux critères de rentabilité... les guerres ne dévorent pas assez de vies ! 
Les peuples sont destinés à faire les guerres dont ils ne veulent pas, et ceux qui les programment, à s'en protéger et à récolter, ensuite, les bénéfices engrangés.   
La guerre n'est jamais la solution. Elle est le problème majeur de l'humanité !  
Le regretté Abbé Pierre disait: Déclarons la guerre à la misère; certes. Mais notre devoir est aussi de déclarer la guerre à la guerre...  
eva R-sistons à l'intolérable
 
§ Ce que j'ai compris, c'est qu'un fossé sépare le monde musulman (attaché à l'Islam, à la Charia) du monde occidental : Celui de l'éthique (notamment en finance). Les Anglo-Saxons et leurs alliés en sont dépourvus...

http://www.alterinfo.net/Grece-UE-City-OTAN-et-guerre-mondiale-L-accaparement-des-terres_a45857.html


2-4 Rick Rozoff : Le Kirghizistan et la bataille pour l’Asie centrale.

Un soulèvement au Kirghizistan a renversé le président Kourmanbek Bakiev, permettant à des forces d’opposition de prendre le pouvoir. Néanmoins, ces violents changements politiques sont en grande partie le résultat de pressions, d’influences et autres actions secrètes menées par les Etats-Unis dans la région, et dont l’objectif est de conserver leur base militaire dans la pays — comme base arrière nécessaire à leur opérations militaires en Afghanistan —, et représente une façon d’avoir un contrôle sur la Chine et la Russie.

Le président kirghiz Kourmanbek Bakiev a été démis cinq ans après et de la même façon qu’il était arrivé au pouvoir : par un soulèvement sanglant.

Élu président deux mois après la prétendue « Révolution des tulipes » en 2005, à laquelle il avait participé, il était depuis lors le chef d’État du principal pays de transit dans la guerre menée par les Etats-Unis et l’OTAN en Afghanistan.

Le Pentagone a établi la Base aérienne de Manas au Kirghizistan (renommée Centre de transit de Manas depuis l’année dernière), peu après avoir envahi l’Afghanistan en octobre 2001, et selon un rapport des forces armées US publié en juin dernier, durant toute cette période : « plus de 170 000 membres de la coalition ont transité par la base sur leur trajet à l’aller ou au retour d’Afghanistan ; Manas était également le point de relais pour 5 000 tonnes de fret, incluant des pièces de rechange et d’équipement, des uniformes et divers articles destinés à approvisionner le personnel et les besoins de la mission.
Actuellement, ce sont environ 1 000 GI’s, avec une centaine de soldats espagnols et français qui sont affectés à la base » [1].

Le représentant spécial de la Maison-Blanche en Afghanistan et au Pakistan, Richard Holbrooke, s’est rendu au Kirghizistan en février, à l’occasion de son premier voyage officiel — ainsi que dans les trois autres ex-républiques soviétiques d’Asie centrale voisines : le Kazakhstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan — et a déclaré que : « 35 000 soldats passaient chaque mois à l’aller et au retour, en transit vers ou en provenance d’Afghanistan » [2]. Soit 420 000 soldats par an, selon la fréquence qu’il a indiquée.

Bien qu’à moindre échelle, les USA et l’OTAN ont également établi des bases militaires au Tadjikistan et en Ouzbékistan pour la guerre dans le sud de l’Asie. (Mais il a été ordonné aux forces armées états-uniennes de sortir du second pays lorsque le gouvernement ouzbek a annoncé qu’un soulèvement armé, de la même nature que la « Révolution des tulipes », avait eu lieu dans la province d’Andijan, moins de deux mois après le soulèvement kirghiz. L’Allemagne elle, conserve une base près de la ville ouzbeke de Termez, qui sert au passage des troupes et à l’acheminement d’équipement militaire vers la province afghane de Kondôz, où se trouve la majeure partie de ses 4 300 soldats en mission sur ce territoire).

En février 2009, le gouvernement kirghiz avait annoncé qu’il allait également expulser de son pays les forces US et de l’OTAN, mais avait fini par céder en juin lorsque Washington avait offert 60 millions de dollars pour qu’il revienne sur sa décision.

Le Kirghizistan est frontalier avec la Chine

Le pays est non seulement frontalier de la Chine, mais aussi du Kazakhstan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan. Il n’est de plus séparé de la Russie que par un seul Etat, le Kazakhstan. Pour vous donner une idée des craintes que la Russie et la Chine éprouvent face au passage de centaines de milliers de GI’s et de soldats de l’OTAN par le Kirghizistan, imaginez le même nombre de soldats chinois et russes passant régulièrement par le Mexique et le Guatemala. Et ce durant neuf ans, à une fréquence élevée.

A travers le Kirghizistan, l’Occident peut exercer non seulement une contrainte (hard power), mais aussi une attraction (soft power).

Le pays fait partie de l’Organisation (post-soviétique) du Traité de Sécurité Collective (OTSC) formée par la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan — considéré par beaucoup comme la seule structure homologue de l’OTAN — et de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS) formée par la Chine, la Russie et les trois nations centre-asiatiques déjà citées.

Selon des sources officielles états-uniennes, avant et après la « Révolution des tulipes de 2005 », aucun vol des USA ni de l’OTAN n’a subi d’annulation ni même de retard. En revanche, des manoeuvres des six nations de l’OTSC qui devaient avoir lieu quelques jours plus tard, ont elles été annulées.

Le soulèvement et le renversement du président Askar Akaïev en mars 2005, a été ce qu’il nomme lui-même, la troisième « révolution colorée » dans l’ancienne Union Soviétique en 16 mois, après la « révolution des roses » en Géorgie, fin 2003, et la « révolution orange » en Ukraine, fin 2004 et début 2005.

Lorsque la version kirghize etait en cours, les médias occidentaux se posaient déjà la question, à savoir : qui sera le prochain ? Parmi les candidats figuraient d’autres Etats ex-soviétiques comme l’Arménie, l’Azerbaijan, la Biélorussie, le Kazakhstan, la Moldavie et l’Ouzbékistan. Ainsi que la Russie. Avec la Géorgie, l’Ukraine, le Kirghizistan, ces pays correspondaient à dix des douze membres de la Communauté des États Indépendants ex-soviétiques (CEI).

Comme l’Agence France Presse l’indiquait début avril 2005 : « La CEI a été fondée en 1991, le jour même de la disparition de l’Union Soviétique... Mais sur les dix-huits derniers mois, trois alliés fidèles du Kremlin ont été renversés par... des révolutions : Edouard Chevardnadze en Géorgie, Leonid Koutchma en Ukraine, et, la semaine dernière, Askar Akaïev au Kirghizistan... Bien que les nouveaux dirigeants par intérim du Kirghizistan aient opté pour poursuivre les relations politiques amicales de leur prédécesseur déchu avec Moscou, le rapide renversement de gouvernement a commencé à engendrer des doutes quant à la longévité de la CEI. [3]

Mikhail Saakachvili, de Géorgie, le dirigeant du prototype des « révolutions colorées », attribuant les « courageuses » actions d’opposition en Ukraine et au Kirghizistan au « facteur géorgien », s’était réjoui du « changement de régime » kirghiz, et avait ajouté : « nous n’allons pas attendre le déroulement des évènements, mais allons plutôt faire tout notre possible pour détruire l’empire de la CEI » [4] :

Peu de temps après le soulèvement, l’ex-diplomate et analyste politique indien, M. K. Bhadrakumar a écrit de ce qui semblait alors une inexorable vague de « révolutions colorées » au coeur de l’ex Union soviétique :
« Tous et chacun de ces pays [la Géorgie, l’Ukraine, le Kirghizistan] sont situés stratégiquement dans l’espace post-soviétique. Ils composent "le proche étranger" de la Russie. Ces dernières années, Washington a étendu son influence dans le cercle des anciennes républiques soviétiques — dans la région de la Baltique ... le Caucase et l’Asie centrale — avec une ténacité qui inquiète Moscou.
Lorsqu’en 2003, M. Akaïev a permis que la Russie établisse de plein droit une base militaire à Kant, il savait qu’il passait sur la "liste rouge" des Etats-uniens. La température politique au Kirghizistan a alors commencé à monter.
Les Etats-uniens ont, de diverses manières, manifesté clairement qu’ils souhaitaient un changement de régime à Bichkek… La "révolution" dans l’État centre-asiatique du Kirghizistan a dévoilé de nombreuses surprises. Pour un bon point de départ, il suffit de la comparer aux deux autres "révolutions colorées" antérieures, qui ont eu lieu en Géorgie et en Ukraine.
Tout d’abord, il est important de souligner les surprenantes similitudes entre les trois "révolutions". On veut nous faire croire qu’elles proviennent de l’imparable propagation de l’incendie de la Liberté allumé par les États-Unis en Afghanistan et en Irak après le 11-Septembre.
Mais derrière toute cette rhétorique, la vérité est que les USA voulaient ces changements de régime en Géorgie, en Ukraine, et au Kirghizistan, en raison des difficultés rencontrées avec les gouvernements en place. Les dirigeants des trois pays — Edouard Chevardnadze en Géorgie, Leonid Koutchma en Ukraine y Askar Akaïev au Kirghizistan- — ont toujours eu le soutient des USA durant la majeure partie de leur mandat.
Washington les avaient cités à maintes reprises comme exemples phares d’espoir pour la démocratie et la mondialisation dans les territoires de l’ex-Union soviétique.
Leurs problèmes ont débuté lorsqu’ils ont commencé à s’orienter progressivement vers une Russie renaissante sous Vladimir Poutine » [5].

Sept semaines après la parution de l’article de Bhadrakumar, son analyse allait être confirmé ni plus ni moins que par une autorité en la matière, c’est à dire le président états-unien George W. Bush. Lors de sa visite dans la capital de Géorgie, un an et demi après sa « révolution des roses », il fut accueilli par son homologue Mijail Saakashvili, ancien boursier du département d’État et ex-résident aux États-unis, qui déclara en outre : « La Géorgie deviendra le partenaire principal des États-Unis pour l’expansion de la démocratie et de la liberté dans l’espace post-soviétique. C’est là notre objectif. Nous serons toujours à vos côtés pour protéger la liberté et la démocratie ».

Et renvoyant l’estimation de soi surdimmensionnée qu’avait Bush sur Saakashvili, il ajouta : « Vous apportez d’importantes contributions à la cause de la liberté, mais l’apport le plus important est votre exemple. Des changements spectaculaires se succèdent de toutes parts, depuis Bagdad et Beyrouth jusqu’à Bichkek [Kirghizistan]. Mais avant qu’il n’y ait eu une "révolution pourpre" en Irak, ou une "révolution orange" en Ukraine, ou une "révolution du cédre" au Liban, il y a eu d’abord une "révolution des roses" en Géorgie » [6].

Quelques jours après le coup d’Etat kirghiz, Bush accueillait le président "orange" de l’Ukraine, Viktor Iouchtchenko — qui, en janvier n’avait obtenu que 5,45 % des votes pour sa réélection - et applaudissait son accès au pouvoir, avec l’aide US, disant que « l’on pourrait prendre en compte que bien que ce ne soit là qu’une partie de l’histoire d’Ukraine, la révolution orange représentait également toutes les révolutions de toutes part...Nous partageons le même objectif d’étendre la liberté à d’autres nations » [7].

Bien au delà de la menace de dissolution de la CEI et de la OTSC en avril 2005, le journal allemand Der Spiegel a publié un article intitulé : « Les révolutions accélèrent la désintégration de la Russie ». Il révélait en partie qui étaient les principales personnes influentes après les évènements au Kirghizistan. Selon Der Spiegel (4 avril 2005) : « Déjà en février, Roza Otounbaïeva [actuelle présidente du gouvernement provisoire] promettait loyauté à un petit groupe de partenaires et protecteurs de la révolution kirghize, à "nos amis états-uniens" de l’organisation Freedom House [8] (qui avaient fait don d’une imprimerie à l’opposition à Bichkek)…
Dans l’intention d’aider le processus démocratique, les Etats-uniens ont versé environ 12 millions de dollars au Kirghizistan, à travers des bourses et des dons, et ce, seulement sur l’année dernière. Le Département d’État a même financé l’équipement d’une chaîne de télévision de la province rebelle du Sud de Och » [9] [10].

Ce processus de transformation geo-stratégique, depuis les Balkans à l’ancienne Union soviétique et le Moyen Orient a également bénéficié du soutient de la Freedom House, de l’association para-gouvernementale National Endowment for Democracy [11], et de ses pseudopodes du National Democratic Institute, de l’International Republican Institute et d’autres organisations non-gouvernementales.

Une semaine après que les "tulipes" montent au pouvoir, le directeur du projet de Freedom House, Mike Stone, résuma le rôle de son organisation en deux mots : « Mission accomplie » [12].

Un journal britannique qui l’avait interviewé ajouta : « L’implication états-unienne dans ce petit pays de montagnes est proportionellement plus importante, que ne l’a été celle de la révolution "des roses" en Géorgie ou du soulèvement "orange" en Ukraine » [13].

Une aide fut également apportée à travers de « jeunes activistes » financés et formés par l’Occident, en suivant le modèles de ceux qui s’étaient organisé en Yougoslavie en 2009 pour renverser le gouvernement de Slobodan Milosevic.

Il suffit de comparer les noms :
En Yougoslavie : Otpor ! (Resistance)
En Ukraine : Pora ! (Enfin !)
En Géorgie : Kmara ! (Ça suffit !)
Au Kirghizistan : Kelkel ! (Lève toi et marche !)

Mais derrières tous ceux-là, le président kirghiz déchu, a identifié les vrais architectes de son expulsion. Et déclarait le 2 avril : « Il y a des organisations internationales qui ont soutenu et financé la révolution de roses au Kirghizistan. La semaine précédent ces évènements, j’ai vu une lettre sur internet, signée par l’ambassadeur états-unien au Kirghizistan. Elle contenait un plan détailé de la révolution » [14].

La révolution kirghize des tulipes (nommée auparavant « des citrons », « de la rose », et « du narcisse ») a été tout aussi inconstitutionnelle et nuisible pour le pays que l’on été les révolutions qui l’ont précédée, en Géorgie et en Ukraine, mais en beaucoup plus violente. Il y a eu des morts et des blessés dans les villes du Sud comme Och et Jalal-Abad et dans la capitale de Bichkek.

Cela a également été la première révolution colorée dans un pays frontalier de la Chine. Non seulement la Russie et la Chine, mais aussi l’Iran, ont manifesté de sérieuses inquiétudes concernant les évènements au Kirghizistan, en voyant comment se déployait la trajectoire du changement de régime.

Au cours des quatre décennies de la Guerre froide, les changements politiques par des élections ou de toute autre façon dans n’importe quel pays du monde — tout aussi petit, pauvre, isolé et insignifiant qu’il eût pu paraître — acquirent une importance qui dépassait de loin ses effets internes. Les analystes politiques et les responsables politiques mondiaux se posaient toujours la question clé : de quel côté allait se ranger le nouveau gouvernement, les USA ou l’Union soviétique ?

Dans la période de l’après-Guerre froide, la question n’est plus d’ordre philosophico-politique ou à tendance socio-économique, mais : Comment la nouvelle administration soutiendra-t-elle ou s’opposera-t-elle aux plans états-uniens de domination régionale ou globale ?

Tout porte à croire qu’avec Roza Otounbaïeva comme porte-parole en chef, si ce n’est à la tête du nouveau « gouvernement populaire » kirghiz, Washington ne sera pas vraiment contrarié par le renversement de son ancien partenaire « tulipe » Kourmanbek Bakiev. Elle a déjà confirmé que la base US de Manas ne sera pas fermée.

Moins de deux mois après le coup d’État de 2005, Otounbaïeva, qui était alors ministre d’Affaires étrangères, avait tenu une réunion avec son homologue états-unienne Condoleeza Rice à Washington, au cours de laquelle cette dernière avait déclaré que « l’administration US continuera d’aider le gouvernement kirghiz pour encourager tout processus démocratique dans le pays » [15].

Peu après la « transformation démocratique » du mois de mars, son saint patron, le Géorgien Mikhail Saakachvili, s’était vanté du fait que « Roza Otounbaïeva avait travaillé à Tbilissi quelques années auparavant en tant que directrice du bureau des Nations Unies en Abkhazie. Lors de la révolution des roses, elle était en Géorgie et savait tout ce qui se passait... le facteur géorgien a été le catalyseur de beaucoup de choses qui se déroulaient là-bas [au Kirghizistan] » [16].

Du point de vue des Etats-uniens, elle semble avoir des références bonnes et fiables.

La Russie a mis sa base du Kirghizistan en alerte maximale, même si les commentaires des principaux dirigeants du gouvernement russe — du Premier ministre Vladimir Poutine en particulier — annoncent une acceptation du soulèvement, qui a déjà causé 65 morts et des centaines de blessés.

Mais la Russie a tenté de faire bonne figure également lors de la révolte d’il y a cinq ans.

La direction que prendra le prochain gouvernement kirghiz, aura des répercussions bien au delà de ce petit pays et son peuple (qui dépasse à peine les cinq millions d’habitants). Elle pourrait affecter les plans des USA et de l’OTAN en vue de la plus grande offensive militaire de la guerre afghane, prévue dans deux mois dans la province de Kandahar. Elle pourrait déterminer le futur de l’Organisation du traité de sécurité collective, et de l’Organisation de coopération de Shanghai, les deux barrières principales à la potentielle pénétration militaire de l’Occident dans les vastes étendues d’Eurasie.

Les paris ne pourraient pas être plus élevés.

Extrait de

1] Stars and Stripes, 16 juin 2009.

[2] Agence France-Presse, 4 mars 2010.

[3] Agence France-Presse, 3 avril 2005

[4] The Messenger, 31 mars 2005.

[5] The Hindu, 28 mars 2005.

[6] Civil Georgia, 10 mai 2005.

[7] Associated Press, 4 avril 2005.

[8] « Freedom House : quand la liberté n’est qu’un slogan », Réseau Voltaire, 7 septembre 2004.

[9] Der Spiegel, 4 avril 2005.

[10] Ria-Novosti, 16 juin 2005.

[11] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[12] The Telegraph, 2 avril 2005.

[13] Ibid.

[14] Associated Press, 2 avril 2005.

[15] Interfax, 15 juin 2005.

[16] Civil Georgia, 30 mars 2005.

Rick Rozoff

2 mai 2010

Rick Rozoff : Diplômé de littérature européenne. Journaliste. Directeur de Stop NATO international.

Version française : Eliane N’Tsaï.

http://www.voltairenet.org/article165148.html

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