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31/05/2010

n° 485 - Les Dossiers d'Irak - 29/05/10 - : - Fin : - : James Baker : « Nous vous ferons retourner à l’ère pré-industriel ».

n° 485 - Les Dossiers d'Irak - 29/05/10 - : - Fin : - : James Baker : « Nous vous ferons retourner à l’ère pré-industriel ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 485                                                           29/05/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 


Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons:  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

4 Histoire de l'Irak

4-1 « Mesdames et Messieurs, nous l’avons eu!

4-2 James Baker à Tarek Aziz : « Nous vous ferons retourner à l’ère pré-industriel ».

4-3 Guerre du Golfe – janvier 1991

5 Annexe

5-1 Eric Margolis : L’empire américain est ruiné par ses guerres.

 

4 Histoire de l'Irak

L’histoire officielle et médiatique:

4-1 « Mesdames et Messieurs, nous l’avons eu!

Le tyran est prisonnier. » C’est en ces termes que l’administrateur civil américain Paul Bremer annonce, le 14 décembre 2003, à Bagdad, lors d’une conférence de presse triomphale, la capture de Saddam Hussein. Pour les Américains, cette prise a des allures de cadeau de Noël. Depuis deux cent quarante-cinq jours, ils traquaient sans relâche l’ancien dictateur dont la tête avait été mise à prix pour 25 millions de dollars. L’acharnement mis à localiser Dark List One (le nom de code de Saddam) finit par payer le vendredi 12 décembre. Lors d’une énième opération de recherche à Bagdad, la Task Force 121 arrête un commerçant de Tikrit proche du fugitif et qui disposerait d’informations décisives. Longuement interrogé, l’homme finit par révéler que le raïs déchu se cache dans une ferme à quelques kilomètres de Tikrit, dans la bourgade d’Al-Daour.
Le samedi 13, en fin de matinée, est lancée l’opération Aube rouge. À 18 heures, 600 hommes de la 4e division d’infanterie américaine, épaulés par des peshmerga kurdes, prennent position.

Deux heures plus tard, ils donnent l’assaut à une ferme appartenant à Qays al-Nameq, l’un des anciens gardes du corps de Saddam. Ils découvrent par hasard l’entrée d’un bunker souterrain, recouverte de briques et d’ordures. Selon le récit des Américains, le raïs déchu sort alors les mains de

son « trou à rat » et, dans un anglais approximatif, déclare: « Je suis Saddam Hussein, je suis le président de l’Irak. Je veux négocier. » À 20h26, c’est un homme brisé, vêtu d’un pyjama informe, la barbe broussailleuse, qui se rend à ses assaillants. « L’arrestation s’est déroulée sans qu’un seul coup de feu n’ait été tiré », annonce le général Ricardo Sanchez, qui dirige les forces américaines en Irak.
Le monde découvre alors la cachette où l’ex-dictateur s’était muré pendant huit mois. Une petite pièce avec pour seul mobilier un vieux lit, une cuisinière à gaz, un générateur et un réfrigérateur. En cas d’alerte, Saddam se repliait dans un trou profond de 2,5 mètres. Lors de l’arrestation, les soldats découvrent une valise contenant 750
000 dollars, un pistolet et deux kalachnikovs. À l’extérieur, un taxi orange et blanc attendait Saddam en permanence, pour lui permettre de fuir si nécessaire. George W. Bush est prévenu à 23h15, mais l’armée doit encore procéder à des tests ADN pour s’assurer de l’identité de l’ex-raïs, qui s’était toute sa vie entouré de sosies. Le 14 décembre, à 9 heures, le président américain reçoit la confirmation. Le clochard hirsute que l’on voit, dans une vidéo tournée par l’armée américaine, se faire examiner de façon humiliante par un médecin est bien Saddam Hussein. Après la diffusion de ces images, le général Sanchez annonce à la presse que l’ex-raïs s’est « montré coopératif pendant son arrestation et son examen médical. Il est détenu dans un lieu non précisé, où [les Américains ont] pris des dispositions pour qu’il soit en bonne santé ».
Dès l’annonce de la capture, les habitants de Bagdad laissent exploser leur joie.

Jusque tard dans la nuit, les coups de feu se mêlent aux coups de klaxons et les enfants dansent dans les rues. Mais les images de l’ex-raïs exhibé avec fierté par les autorités américaines ont aussi profondément choqué les sunnites, qui les ont perçues comme une insulte. En juillet 2004, le Tribunal spécial irakien jugera l’ancien dictateur pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Condamné à mort, il sera exécuté le 30 décembre 2006. Les images de sa pendaison, volées par des témoins à l’aide de leurs portables, feront le tour du monde.
La réalité
Le Pentagone a mis en scène la prétendue arrestation de Saddam Hussein par le commando 121 du général Boykin (le président irakien a été arrêté par les forces kurdes et vendu à la Coalition).
Le 9 juin 2004, la TF121 est liée au scandale d’Abu Ghraïb.

L’inquiétude de nombreux responsables américains pensent que la TF121 a le potentiel pour devenir un autre programme Phoenix.

Phoenix est le nom de code d'un programme contre-insurrection qui a adopté aux États-Unis pendant la guerre du Vietnam, dans laquelle des équipes des forces spéciales ont été envoyés pour capturer ou assassiner des Vietnamiens présumés de collaborer avec ou sympathie pour le Vietcong.

En choisissant les cibles, les Américains comptent sur l'information fournie par des officiers de forces armées sud-vietnamiennes et chefs de village. L'opération est devenue incontrôlable. Selon les statistiques officielles sud-vietnamien, Phoenix ont entraîné près de quarante et un mille victimes entre 1968 et 1972, les États-Unis comptant plus de vingt mille dans le même laps de temps.

Certains de ces assassiné n'avait rien à voir avec la guerre contre l'Amérique mais ont été ciblés en raison de griefs particuliers. William E. Colby est l’officier de la C.I.A. qui s'est chargé du Programme Phoenix en 1968 (il devint directeur de la CIA), il a reconnu plus tard au Congrès que «beaucoup de choses ont été faites qui n’auraient pas dû être faites", mais ne regrette rien et referait de même si on lui en donnait l’ordre..
La Task Force 121 a été officiellement dissoute en 2008 !

 

Task Force 121 / Commando 121 / TF121 ?

.EXTRAIT
Une force opérationnelle, appelée task force en anglais, est une forme d'organisation temporaire créée pour exécuter une tâche ou activité donnée. Initialement créée dans la marine de guerre des États-Unis, le concept a fait florès et est à présent utilisé dans beaucoup d'organisations, telles des entreprises, qui créent des task forces pour exécuter des missions temporaires.

 

La TF121 est une combinaison de l'Équipe spéciale de la défunte TF5 (Afghanistan) et la TF20 (Iraq). Le général John Abizaid a décidé de combiner les deux équipes en une force unique, formant la TF121 de l’US SOCOM (Special Operations Command).

La TF121 est une force multi-service commandé par l'US Air Force brigadier-général Gregory L. Trebon. Le fer de lance de cette force est formé d’une quarantaine d’équipes composées d'opérateurs de la Force Delta de l'US Army / Bérets verts, US Army's INSCOM cellule de renseignement, DEVGRU de l'US Navy / Navy Seals, US Army Rangers, la CIA 's Special Activities Division, du FBI, de la DIA et le US Army's 160th Special Operations Aviation Regiment (alias SOAR, Nightstalkers.) Des contributions spéciales aux opérations comprendront L’AFSOC, et US Air Force sauveteurs parachutistes. Quelquefois, les opérateurs des pays de la coalition (en particulier la Colombie, Israël, la Norvège avec ses Marinejegerkommandoen, la FOI 2 du Canada et les opérateurs GROM polonais) viennent augmenter la TF121 et fournissent une assistance directe ou indirecte opérationnelle.
Réalisations
Le 21 Juillet 2003, les fils de Saddam, Uday et Qusay ont été tués dans une fusillade avec les opérateurs TF20 et des soldats de la 101st Airborne.
Le 13 Décembre 2003, l’ Opération Red Dawn a permis de capturer Saddam Hussein lui-même.

En quelques heures les renseignements ont circonscrit la cible avec deux emplacements possibles, la TF121 a été en mesure de coordonner le raid de 600 soldats de la 4e division d'infanterie 's 1st Brigade Combat Team et l'ouragan Troupe du 1 / 1 Cavalry Regiment, 4th Brigade, 1st Armored Division. 


4-2 James Baker à Tarek Aziz : « Nous vous ferons retourner à l’ère pré-industriel ».

Entretien n°12 - FBI-Saddam Hussein

Jeudi 6 mai 2010                                                            

Baghdad Operation Center

Entretien conduit par George L. Piro
Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI

Traduction en français : Xavière Jardez
Titres, sous-titres et notes : Gilles Munier

Guerre du Golfe - janvier1991

Saddam Hussein (Détenu de Haute Valeur n°1) a été interviewé le 5 mars 2004 dans un bâtiment de détention militaire à l’Aéroport International de Bagdad (AIB), Bagdad, Irak. Hussein a fourni les informations suivantes :

Avant le début de l’entretien, Hussein a été informé que cette session serait la suite des discussions  précédentes sur le Koweït.

Hussein a reconnu que le ministre irakien des Affaires étrangères, Tarik Aziz, avait rencontré le Secrétaire d’Etat américain, James Baker, à Genève, Suisse, en janvier 1991. Du point de vue de la direction irakienne, le but de cette réunion était d’exploiter les chances de paix à propos du Koweït. Quand une occasion s’est présentée de discuter de ce problème avec un représentant américain, l’Irak l’a saisie. Tout résultat obtenu au cours de cette réunion aurait « du poids » face à la communauté internationale.

Selon Hussein, Baker n’a offert aucune solution. Au contraire, il a dicté à Tarik Aziz certaines mesures que les Etats-Unis voulaient que l’Irak prenne en priorité. Baker a ajouté : « Autrement, nous vous ferons retourner à l’ère pré-industriel ». Aziz a dit à Baker que ces mesures étaient impossibles à exécuter (1).

« Nous désirions la paix ».

Hussein a exposé que la question koweitienne aurait dû être replacée dans le contexte du droit international. Elle n’aurait pas dû  être réduite de telle sorte que la partie la plus forte (les Etats-Unis) dictait au plus faible (l’Irak) les termes de l’accord. L’Irak cherchait une présentation qui ne le décrive pas comme ayant été battu, mais plutôt qui manifestait du respect pour l’armée et le peuple irakiens.

Hussein a déclaré : « Nous désirions la paix ». Dans un document daté d’août 1990, l’Irak exprimait ce désir à travers sa première proposition. Comme mentionné lors d’un précédent entretien, aucun membre de la communauté internationale ne l’avait acceptée. L’Irak demandait des garanties confirmant qu’aucune agression future ne soit dirigée contre lui  et que l’embargo prenne fin.  

Sans référence au cadre du droit international, l’Irak aurait été vu comme ayant été vaincu dans le conflit irako-koweitien. Hussein a considéré cette proposition irakienne pour une solution pacifique comme légitime. Comme toute proposition, tous les articles pouvaient ne pas être adoptés.  Elle ne fut, cependant, jamais discutée. Hussein a demandé si la question koweitienne était plus importante que la question palestinienne. Il a considéré que le Koweït était jugé, par les Etats-Unis et la communauté internationale, plus important parce que l’Irak était l’adversaire et que le pétrole se trouvait au Koweït. Comme déjà dit au cours d’un entretien précédent, le Koweït a « été pris » à l’Irak. Il a ajouté que le monde ne s’est pas « assemblé pour stopper » le Yémen quand il a été réunifié, après des années de séparation (2).

Poursuivant la discussion sur la proposition irakienne du 12 août 1990, Hussein s’est étonné qu’il ait semblé étrange que l’Irak ait demandé que les résolutions des Nations unies sur les territoires saisis par Israël et la Syrie soient appliquées. Si elles l’avaient été, les Irakiens auraient été convaincus que le droit international  avait été mis en œuvre, en toute équité,  s’agissant de l’Irak, en 1991. Hussein  a déclaré que personne n’a jamais notifié à l’Irak que certains paragraphes ou sections de la proposition irakienne devaient être modifiés ou supprimés. Il a déclaré que l’Irak avait sérieusement exploré toutes les pistes pouvant conduire à la paix.

La guerre a ses fortunes et déboires, telle est la volonté de Dieu

A la question de savoir si les dirigeants irakiens avaient été surpris du nombre de prisonniers de guerre irakiens, estimés à 86 743, capturés par la coalition, au cours de la guerre de 1991, Hussein a répondu : « Non. C’est la guerre ». Selon Hussein, ils n’ont pas été faits prisonniers au sens propre du terme. De nombreux facteurs expliquent leur capture : la perte de leurs lignes de communication et de transport, la pénurie de rations alimentaires et une perte d’orientation. C’est pour cela que beaucoup de soldats irakiens ont pris la route de l’Arabie saoudite, pour s’y réfugier, où ils ont été pris. Hussein a démenti que la direction irakienne  eut été contrariée par ce grand nombre de prisonniers de guerre irakiens. Hussein a dit : « Rien ne pouvait ébranler notre détermination ». Il a remarqué que la guerre a ses fortunes et déboires et que telle est la volonté de Dieu. Il a démenti que le grand nombre de prisonniers ait joué sur la capacité de l’Irak à poursuivre les combats.  Hussein a soutenu que le nombre de prisonniers n’indique ni la situation ni l’issue d’une guerre. Il a déclaré que l’Irak avait gagné la guerre contre l’Iran alors que ce dernier avait capturé un plus grand nombre de prisonniers. Selon Hussein, le nombre de prisonniers capturés n’affecte pas nécessairement la volonté de combattre, ni ne l’oblige à prendre certaines décisions militaires. Hussein a reconnu que ces prisonniers irakiens ont été libérés par les forces de la coalition en 1991 et sont retournés chez eux après la signature du cessez-le-feu.

On a questionné Hussein sur les 45 prisonniers de guerre de la coalition et sur l’apparition, apparemment forcée, de  deux pilotes britanniques à la télévision irakienne. L’interviewer a noté que les pilotes semblaient avoir été maltraités physiquement et que leur présentation à la télévision était contraire à la Convention de Genève. Hussein a dit que les prisonniers de guerre, notamment les pilotes, devaient certainement avoir fourni des détails divergents sur leur capture.

Certains disaient avoir été capturés par des paysans ou des villageois, d’autres par un « groupe de gens ».

Ces Irakiens ont dû célébrer la capture de ces combattants de la coalition en les frappant et les bousculant. L’armée irakienne n’avait pas toujours le contrôle ou n’était pas au fait des circonstances de leur capture puisque les lignes de communication entre les unités militaires avaient été détruites par les forces de la coalition.

Saddam dit qu’il souscrivait à un document plus ancien que la Convention de Genève : le Coran

Sur les prisonniers de guerre (POW) de 1991, Hussein a dit ne pas savoir si des mauvais traitements avaient été infligés par des hommes servant dans les forces militaires ou par le gouvernement. Cependant, il a clarifié cette déclaration en disant qu’il admettait que d’autres pouvaient s’être « mal comportés ». Il fournirait cette information s’il était personnellement au courant. Il a ajouté qu’il souscrivait à un document plus ancien que la Convention de Genève, à savoir  le Coran. Le Coran et la tradition arabe croient qu’il est « noble » de bien traiter un prisonnier (3). Il croit que les principes énoncés dans la Convention de Genève devraient être respectés par le monde entier quelles que soient les circonstances ou la nationalité.

Hussein n’a ni confirmé ni nié les rapports faisant état de tortures des prisonniers de guerre alors qu’ils étaient sous la garde de l’Irak. En revanche, il a déclaré que cette information « est sur la conscience » de ceux qui l’ont rapportée et ont mené l’enquête. Hussein a expliqué que les chefs dirigent au moyen « d’instruments de communication ». Les chefs d’un niveau inférieur dirigent « par le regard ou la voix ». Sans moyens de communication appropriés, chaque entité se comporte selon la manière « dont elle voit les choses ». Hussein a répété que les systèmes de communication étaient inopérants au cours de la guerre de 1991. Il a ainsi spéculé que certains des actes de violence physique rapportés, comme les cheveux brûlés d’un prisonnier de guerre, avaient dû être le geste d’ « un simple d’esprit ». Quand on lui a fait remarquer que les violences infligées aux forces de la coalition pouvaient raisonnablement conduire à penser qu’elles étaient une pratique courante de l’armée irakienne dans son ensemble, Hussein a dit : « J’ai répondu ».

Hussein maintient qu’il ne met pas en doute les récits des mauvais traitements des prisonniers de guerre, mais qu’il n’a pas d’information pour les confirmer ou les infirmer. Cependant,  d’un point de vue pratique, il ne doute pas que le peuple, après avoir été bombardé par les pilotes de la coalition, a pu les maltraiter, particulièrement, s’ils ont pris part à leur capture.

Notes :

(1) Au cours de la réunion, qui s’est tenue à l’hôtel Intercontinental le 9 janvier 1991, James Baker a remis à Tarek Aziz une lettre personnelle adressée par George Bush (père) à Saddam Hussein. Après y avoir jeté un coup d’œil, Tarek Aziz refusa de transmettre la missive, estimant son ton menaçant, voire insultant. Bush lui écrivait : « Si vous ne vous retirez pas du Koweït et sans condition, nous perdrez bien plus que le Koweït ».

 (2)  Le Yémen venait de se réunifier. La République du Yémen est née, le 22 mai 1990, de la réunion du Yémen du Sud (République démocratique et populaire du Yémen) avec le Yémen du Nord  (République arabe du Yémen).

(3) Plusieurs versets du Coran abordent la question du traitement des prisonniers de guerre, telle la sourate 8, Al-Anfal (Le Butin), verset 71 :

 « Ô prophète! Dites aux prisonniers qui sont entre vos mains : Si Dieu voit de la droiture dans vos cœurs, il vous donnera des richesses plus précieuses que celles qu’on vous a enlevées, et il vous pardonnera, parce qu’il est clément et miséricordieux ».

En 662, le calife Abou Bakr rappela aux armées musulmanes s’apprêtant à conquérir la Syrie qu’il fallait respecter les « commandements de Dieu ». Extraits: « Lorsque vous envahissez un pays, ne tuez ni les vieillards, ni les enfants, ni les femmes. Ne forcez pas le stylite à déserter sa tour et ne tourmentez pas le solitaire : ils sont au service de Dieu. Ne coupez pas les arbres fruitiers, n’endommagez pas les récoltes et ne mutilez pas les animaux domestiques, peu importe leur taille. Si une ville ou un peuple vous accueille à bras ouverts, engagez-vous solennellement à les gouverner selon les lois et les pratiques qui étaient leurs avant votre arrivée… Mais faites la guerre à ceux qui ne vous font pas bon accueil. Ce faisant, assurez-vous de respecter toutes les lois et les commandements de Dieu qui vous seront dictés par la bouche de nos prophètes, faute de quoi vous risquez d’attirer la colère de Dieu ».

G. Munier/X.Jardez - Traduction en français et notes
Publié le 7 mai 2010 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Irak.Gilles_M...


4-3 Guerre du Golfe – janvier 1991

La révolte dans le sud de l’Irak  

Entretien n°14                                                       

Baghdad Operation Center

13  mars 2004

Entretien conduit par George L. Piro

Rapport traduit de l’arabe en anglais par le FBI

Traduction en français : Xavière Jardez

Titres, sous-titres et notes : Gilles Munier

Saddam Hussein (Détenu de Haute Valeur n°1) a été interviewé le 13 mars 2004 dans un bâtiment de détention militaire à l’Aéroport International de Bagdad (AIB), Bagdad, Irak. Hussein a fourni les informations suivantes :  

Après le cessez-le-feu en 1991, Hussein a déclaré que le but de la direction irakienne était de reconstruire les infrastructures de l’Irak détruites pendant la guerre. Cela comprenait la relance des programmes agricoles et économiques. Il a affirmé que l’Irak a reconstruit « presque tout » et avait mis en oeuvre de nouveaux programmes dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation et de la santé. Mais, leur réalisation était compromise en raison de  l’embargo, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Mettre la bonne personne à la bonne place

Quand on a fait remarquer à Hussein que des changements avaient eu lieu au sein du gouvernement irakien,  à peu près à cette époque, avec les nominations de responsables à de nouvelles fonctions, Hussein a répondu : « cela est naturel ». A son avis, ces changements arrivent couramment,  pas seulement en Irak, mais aussi aux Etats-Unis et ailleurs. Hamid Mahmoud (1), nouvellement nommé, devint secrétaire personnel de Hussein  remplaçant ainsi l’ancien secrétaire devenu Ministre de l’Education. Hussein a parlé de Mahmoud comme « d’un des ses anciens compagnons » qui avait été membre de la protection du Président dans la Himaya et les Mourafiqin. Un autre personnage, Tarik Aziz, fut nommé Vice-Premier Ministre. Hussein a décrit Aziz comme l’un des premiers membres du Conseil de Commandement de la Révolution (CCR). De l’avis de Hussein, Tarik Aziz « n’avait rien gagné » avec cette nomination. Hussein a déclaré qu’il avait fait observer à la direction irakienne qu’au cas où il (Hussein) deviendrait Premier ministre irakien, il aurait besoin d’être assisté par d’autres. C’est la raison pour laquelle Aziz et Ramadan ont été nommés vice-premier ministres.  

Hussein a expliqué que les fonctions d’un secrétaire personnel comprend l’organisation de l’emploi du temps de la personne avec qui il travaille. Il doit être précis dans l’exécution de ses devoirs.  Il avait donc choisi Mahmoud parce qu’il « convenait au poste » ; c’était son choix et cela n’avait pas de signification historique.  Hussein a redit que Mahmoud avait été membre de l’Himaya (2) et des Mourafiqin (3), organisations composées de membres de sa famille. Au début de la Révolution, il n’y avait qu’un seul de ses parents ayant une responsabilité politique dans le gouvernement. A cette époque, les autres avaient peu d’éducation et servaient dans l’armée irakienne ou les autres services de l’armée.

Hussein a souligné que les membres de sa sécurité ne lui imposaient pas nécessairement  ses déplacements. Il a affirmé qu’il leur avait parfois enseigné, lui-même, comment améliorer leur performance et leurs résultats. Il s’est souvenu de les avoir taquinés en disant qu’il pourrait accomplir leur travail mieux qu’eux. Il pensait qu’il était important que son personnel de sécurité ne soit pas "brutal" quand il se « mêlait » au peuple. A son avis, la sécurité aurait failli à sa mission si elle l’avait « isolé » des masses. Il était aussi important qu’elle soit capable de modifier ses obligations et sa conduite pour se plier à la nature de Hussein. Comme preuve de ses compétences pédagogiques, Hussein a déclaré qu’il pourrait fournir à l’interviewer des conseils sur ses tâches. Quand on lui a demandé d’expliciter, il a déclaré : « Un docteur ne court pas après le gens pour leur demander ce qui ne va pas. Ils viennent à lui ».

« Un être humain n’est pas une marchandise »

Hussein a observé que le plus important est de s’interroger sur sa position, quand on exécute ou élabore, afin de déterminer comment remplir ses obligations. Un exécutant doit être rapide et précis. Celui qui supervise doit laisser à ses subordonnés une certaine initiative. La « marge d’initiative » diffère selon la situation, militaire ou civile, car, dit Hussein, « les yeux sur le terrain sont différents de ceux dans les postes de commandement ». Souvent, « les yeux sur le terrain » comprennent une situation particulière avec plus d’exactitude que les éléments de commandement.    

Sur les traits de caractère qu’il recherche dans ses subordonnés, Hussein a dit : « qu’un être humain n’est pas une marchandise ». On peut penser qu’un individu convient à un poste pour découvrir, plus tard, qu’il ne possède pas les qualités nécessaires. Pour Hussein, une situation particulière peut requérir le choix d’un individu précis, même si, dans d’autres circonstances, il n’aurait pas  été considéré comme le meilleur choix. Cela est particulièrement vrai dans le contexte d’opérations militaires où la bonne personne doit être trouvée.

Hussein a expliqué que le choix d’individus pour des postes militaires ou gouvernementaux, ou leur renvoi, implique souvent de prendre en considération la perception de la famille ou de la tribu. Un autre facteur est d’évaluer la force de la psyché irakienne et du sens de « l’identité ». Même si une situation particulière demande le renvoi d’un Irakien de son poste, un chef doit analyser comment ce renvoi sera perçu. Par exemple, les proches de cet individu pourront remettre en question son caractère. Certains demanderont « encore et toujours » pourquoi il avait été renvoyé ? D’autres demanderont : « Etait-il un lâche ? ». Ces questions pourront même se poser si l’individu décide de démissionner dans des circonstances normales. Les familles peuvent se sentir « salies ». Dans d’autres cas, ces actions peuvent les conduire à haïr le gouvernement. Hussein a expliqué qu’obligés de tenir compte de ces attitudes et sentiments, les dirigeants militaires ou civils n’étaient pas souvent libres d’effectuer les changements de personnel, même quand ils s’avéraient nécessaires.

Un mélange de voleurs, de rebelles

Quand on a évoqué devant Hussein les révoltes du sud de l’Irak après la guerre de 1991, dont on a souvent parlé, Hussein a prétendu ne pas en avoir entendu parler. Quand on lui a démontré que de nombreux interviews et reportages ont documenté ces révoltes, Hussein a demandé : « N’avons-nous pas déjà discuté de cette question ? ». Il a, cependant, déclaré que dès le lendemain du cessez-le-feu de 1991, « des éléments » ont initié des opérations de sabotage dans les villes du sud irakien, Bassora, Nasiriya, et Amara. Plus tard, cette activité s’est étendue aux villes  du nord du pays, Soulimaniya, Erbil et Kirkouk. Hussein a déclaré que les groupes conduisant ces opérations étaient « poussés » par l’Iran et que l’Irak avait capturé 68 officiers des services secrets iraniens qui avaient été échangés, plus tard, contre des prisonniers irakiens.

A l’époque de ces révoltes, la plupart des ponts avaient été détruits, l’électricité n’existait plus. Le service de l’eau était sporadique et les réserves de nourriture minimales. Dans cet après-guerre, ces facteurs contribuaient à un soulèvement général dans le pays. Les éléments participant à ces révoltes étaient un mélange de voleurs, de rebelles et de « ceux en provenance d’Iran ». Ce dernier groupe comprenait des individus des services du gouvernement iranien, des Irakiens d’origine iranienne, des Irakiens qui avaient « fui » en Iran. Il était difficile de déterminer leurs nationalités avec certitude, car beaucoup avaient détruit, intentionnellement, leurs papiers d’identité.

Suite à un accord avec l’Iran, les opérations hostiles ont cessé

Hussein a déclaré qu’après avoir décidé de reprendre le contrôle du pays, la direction irakienne considéra que le sud du  pays était une haute priorité. C’était dans cette région que les forces irakiennes ont combattu principalement des Iraniens.  Après avoir restauré l’ordre dans le sud du pays,  les forces gouvernementales se sont tournées vers le nord où elles ont rencontré peu ou pas de résistance. Les combats dans le sud et le nord du pays ont duré approximativement deux mois… Hussein a dit : « Dieu nous a donné la victoire ». A partir de là, selon Hussein, l’Iran a continué à introduire des groupes de dix à quinze personnes pour  lancer des opérations contre le gouvernement… Cependant, ces personnes ont vu, pour la plupart, leurs plans contrecarrés. A la fin, suite à un accord entre l’Irak et l’Iran, ces opérations hostiles ont cessé.  

Hussein a qualifié les soulèvements de 1991 d’activité d’insurgés conduite par des « hors-la-loi et des voleurs ». Il ne considérait pas les insurgés comme des révolutionnaires. Quand on lui a demandé quels facteurs avaient sous-tendu ces troubles, Hussein a répondu, le soutien de l’Iran, la faiblesse du gouvernement irakien après la guerre et peut-être une assistance des forces de la coalition. Il a noté que toutes les institutions gouvernementales, y compris la police et l’armée, avaient été affaiblies par la guerre. Peu à peu, cependant, les forces armées reconstituèrent leurs capacités et furent en mesure de réduire ces rebelles… Selon Hussein, la « lame (des forces armées) s’allongea de plus en plus ». Il a reconnu que l’état de faiblesse de l’armée irakienne a été le facteur principal qui a permis, en premier lieu, cet état de non-droit.  

Hussein croyait que le but de l’insurrection était de prendre le contrôle de l’Irak. A son avis, cette tactique a été utilisée en 1991, mais comme lors de sa précédente guerre avec l’Irak, l’Iran s’est montré incapable d’atteindre son objectif. L’Iran avait voulu contrôler tout ou partie de l’Irak, notamment le sud. C’est l’opinion de Hussein que l’Iran voulait étendre son pouvoir à la partie orientale de l’Arabie saoudite, et à l’ensemble du Golfe.

« On leur avait donné l’autorité, ils en firent usage »

Le CCR avait confié aux gouverneurs des provinces irakiennes le contrôle de l’armée durant les soulèvements afin de protéger le peuple et l’Etat et de rétablir la sécurité et « une vie normale ». Le peuple et la nation étaient menacés par des tueries en nombre, des vols, des incendies et une destruction générale, ce qui fut maitrisé. Hussein a nié connaître les méthodes utilisées par les gouverneurs et les militaires pour rétablir l’ordre. Hussein a affirmé : « On leur avait donné l’autorité et ils en firent usage ». Il n’avait pas, à l’époque, demandé le détail des opérations mais avait demandé et reçu des rapports sur les progrès effectués.   

Sur les restrictions imposées aux forces militaires par la direction au cours de cette période, Hussein a demandé : « Qu’entendez-vous par restrictions ? ».  Il  a objecté que la Convention de Genève s’applique à une telle situation, disant qu’elle ne s’applique que pour les guerres. Hussein a expliqué que, s’agissant de conflits internes, la Convention de Genève s’appliquait à des situations où une puissance occupante est un pays étranger. Il a dit qu’elle s’appliquait à des tentatives de coups ou des soulèvements internes où ont lieu des crimes, comme les incendies et les pillages.

« Je suis responsable de ce que je décide »

L’interviewer a fait remarquer  à Hussein que le droit international ne permet pas de cibler les civils ni même un objectif militaire quand  des civils s’y trouvent, et que certaines lois humanitaires s’appliquent toujours. A la question de  nouveau posée sur les limites imposées aux forces militaires au cours des soulèvements de 1991, Hussein a répliqué qu’un Irakien, civil ou militaire, connait quel comportement humain est acceptable et il n’ a pas besoin  qu’on lui dise comment se conduire. 

Hussein a dit : « Je suis responsable de ce que je décide », mais qu’il n’est pas responsable de la conduite d’un Irakien. Il a allégué que si un Irakien voulait se servir de lui (Hussein) pour justifier ses actions, il accepterait aussi longtemps que cette affirmation ne faisait pas de tort à sa réputation. Pour Hussein, un dirigeant est responsable des actes d’un subordonné, s’il se rend compte des transgressions de cet individu et le confronte à ses manquements. Il a déclaré que tout individu est jugé selon sa loi et sa constitution.

Notes :

(1) Abid Hamid Mahmoud al-Tikriti, n°4 sur la liste des 55 dirigeants baasistes les plus recherchés, ancien officier, secrétaire particulier du Président Saddam Hussein, a été arrêté le 16 juin 2003 près de Tikrit, dans le cadre de l’Opération Scorpions du Désert. Il supervisait les activités de l’Organisation spéciale de sécurité (Al-Amn al-Khas), service assurant la protection du Président et des principaux dirigeants. Après la défection de Hussein Kamel (août 95), qui le secondait, Qusaï, un des fils de Saddam Hussein, prit la suite.

(2) Au sein de d’ Al-Amn al-Khas, l ’Himaya al-Ra'is était chargé de la protection des principaux dirigeants baasistes.

(3) Les Murafiqin (les Compagnons) était la garde spéciale du Président Saddam Hussein (une quarantaine de membres). Ils dépendaient de l’Himaya.

Gilles Munier

http://www.france-irak-actualite.over-blog.org/article-entretien-n-14-fbi-saddam-hussein-13-mars-2004-51076224.html

 

Entretiens FBI-Saddam Hussein

sur France-Irak Actualité  - Traduction : Xavière Jardez – Notes : Gilles Munier

Les 11 premiers entretiens sont en ligne… - Cliquez sur: http://www.france-irak-actualite.com



5 Annexe

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

5-1 Eric Margolis : L’empire américain est ruiné par ses guerres.

La crise financière de 2008 et l’effarant niveau d’endettement des USA n’ont pas eu de réel impact sur le budget militaire des USA. Ou s’ils en ont eu, ça a plutôt été dans le sens de la hausse. De fait, les Etats-Unis accroissent années après années le budget de la "Défense" qui inclut celui des guerres en Afghanistan et en Irak. Qu’y a-t-il au bout de cette logique ? Voici une analyse du journaliste Eric Margolis que nous avions pu entendre à propos de l’Irak lors de son passage chez Frédéric Taddeï en avril 2008.

Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit. Pour Eric Margolis, le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu [NdlR. lire infra], entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.

Le président Obama a qualifié d’étape importante dans le rétablissement de la santé économique de l’Amérique le budget de 3 800 milliards de dollars US qu’il vient de soumettre au Congrès.

En fait, il s’agit d’une nouvelle forte dose donnée à un malade souffrant d’une grande dépendance à une drogue dangereuse : la dette.

Plus d’empires sont tombés à cause d’une politique budgétaire inconsidérée qu’en raison d’une invasion. Le dernier exemple en a été donné par l’Union soviétique, qui s’est ruinée en achetant des chars.

Le déficit budgétaire de Washington (la différence entre les dépenses et les revenus provenant des impôts) atteindra le montant vertigineux de 1 600 milliards de dollars US cette année. Cette somme énorme sera empruntée, principalement auprès de la Chine et du Japon, auxquels les États-Unis doivent déjà 1 500 milliards de dollars. A lui seul, le service de cette dette coûtera 250 milliards de dollars.

Dépenser 1000 milliards de dollars revient à avoir dépensé 1 million par jour, depuis le temps de la fondation de Rome, et durant les 2738 années écoulées jusqu’à aujourd’hui.

Le budget total de la défense approche les 1000 milliards de dollars. Cela inclut les dépenses du Pentagone, soit 880 milliards de dollars, auxquelles il faut ajouter les « blacks programs » secrets (environ 70 milliards de dollars), l’aide militaire à des pays étrangers comme l’Egypte, Israël et le Pakistan, le coût des 225.000 « contractuels » (mercenaires et salariés) et les dépenses pour les anciens combattants. Il faut encore ajouter 75 milliards de dollars (près de quatre fois le budget total de défense du Canada) pour les 16 agences de renseignement, qui comptent 200 000 employés.

Les guerres d’Afghanistan et d’Irak (1000 milliards de dollars à ce jour), coûteront 200-250 milliards de dollars supplémentaires cette année, y compris les coûts cachés et indirects. La décision d’Obama de renforcer de 30 000 hommes le contingent Afghan coûtera une somme supplémentaire de 33 milliards – supérieure au budget total de défense de l’Allemagne.

Le cours des actions des entreprises du secteur de la défense a évidemment augmenté après l’annonce du programme d’ « austérité » du Nobel de la paix Obama.

Les dépenses pour l’armée et le renseignement augmentent sans cesse alors que le taux de chômage s’approche des 10% et que l’économie continue de souffrir. L’Amérique est devenue l’homme malade de l’hémisphère occidental, un estropié économique à l’image du défunt Empire ottoman.

Le Pentagone représente maintenant la moitié du total mondial des dépenses militaires. Si on y ajoute les budgets des riches alliés de l’Amérique que sont les membres de l’OTAN et le Japon, ce chiffre atteint 75%.

La Chine et la Russie réunis ne consacrent qu’un petit 10% des sommes consacrées à la défense par les USA.

Il ya 750 bases militaires américaines dans 50 pays et 255 000 soldats stationnés à l’étranger, dont 116 000 en Europe et près de 100 000 au Japon et en Corée du Sud.

Les dépenses militaires engloutissent 19% des dépenses fédérales et au moins 44% des recettes fiscales. Sous l’administration Bush, les guerres d’Irak et d’Afghanistan – financées par l’emprunt – ont coûté plus de 25.000 $ à chaque famille américaine.

Comme Bush, Obama finance les guerres américaines par le biais d’autorisations supplémentaires d’endettement – en les empilant sur la carte de crédit de la nation qui a déjà atteint son maximum autorisé. Les générations futures payeront la facture.

Ce poker menteur joué par la présidence et les parlementaires est un comble de malhonnêteté publique.

Les guerres de l’Amérique doivent être financées par les impôts, pas par la fraude comptable.

Si les contribuables américains avaient dû payer les guerres en Afghanistan et en Irak, ces conflits s’arrêteraient à brève échéance.

Ce dont l’Amérique a besoin c’est d’un impôt pour la guerre, honnête et transparent.

Les États-Unis ont clairement atteint le point de rupture de leur ambition impériale. Les dépenses militaires et le service de la dette cannibalisent l’économie américaine, qui est la base réelle de leur puissance mondiale. Outre l’URSS sur le déclin, les Etats-Unis ressemblent également de plus en plus à l’Empire britannique agonisant de 1945, écrasé par les dettes immenses souscrites pour mener la Seconde Guerre mondiale, devenu incapable de continuer à financer ou à défendre l’Imperium, tout en restant imprégné de ses prétentions.

Il est de plus en plus évident que le président ne contrôle pas la fuite en avant du mastodonte militaire américain. Il ya soixante ans, le grand président Dwight Eisenhower, dont je garde le portrait dans mon bureau, avait averti les Américains de se méfier du complexe militaro-industriel. Six décennies plus tard, les partisans de la guerre permanente et de la domination du monde se sont unis aux prêteurs de Wall Street pour réduire l’Amérique en esclavage.

Un nombre croissant d’Américains redoutent les déficits incontrôlables et s’en indignent à juste titre. Mais la plupart ne comprennent pas que leurs dirigeants politiques ruinent également leur nation dans des guerres étrangères inutiles, en une vaine et orgueilleuse tentative de contrôler une grande partie de la planète – ce que les néo-conservateurs appellent la « Full spectrum dominance ».

Si Obama voulait réellement rétablir la santé économique de l’Amérique, il exigerait que les dépenses militaires soient réduites, mettrait rapidement fin aux guerres en Irak et en Afghanistan et démantèlerait les « Frankenbanks » géantes du pays.

Eric Margolis,

ContreInfo, le 10 février 2010 

Published on mai 19, 2010 par GeantVert



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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