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31/05/2010

n° 485 - Les Dossiers d'Irak - 29/05/10 - : - Suite : - : James Baker : « Nous vous ferons retourner à l’ère pré-industriel ».

n° 485 - Les Dossiers d'Irak - 29/05/10 - : - Suite : - : James Baker : « Nous vous ferons retourner à l’ère pré-industriel ».



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 485                                                           29/05/10

C.De Broeder & M.Lemaire



 


Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons:  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 D. Finkel : "De bons petits soldats".  

2-2 Dominique Lagarde : Afghanistan, Irak: des guerres très privées.

2-3 Michel Chossudovsky, Matthew Rothschild : Les Etats-Unis ont confisqué les biens d’opposants à leur politique en Irak et au Liban.

2-4 Osman Sardasht : Chronique d’une mort annoncée.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 eva R-sistons : Tout va pour le mieux, dans le meilleur des nouveaux mondes !

3-2 Xavière Jardez : L’alliance stratégique israélo-américaine.

3-3 Le Kurdistan irakien, futur membre de l'OCDE ?

 

 


2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

2-1 D. Finkel : "De bons petits soldats".  

Le grand reporter du « Washington Post » et prix Pulitzer a vécu un an avec un bataillon de soldats américains en Irak. Il en publie le récit saisissant.

Entretien. 

Le Nouvel Observateur. - Dans «De bons petits soldats », qui raconte le quotidien des soldats américains en Irak, vous débutez chaque chapitre par un extrait d'un discours de Bush justifiant la guerre. La réalité des soldats avec qui vous avez passé un an sur le terrain paraît en complet décalage avec les déclarations présidentielles.
David Finkel. - Comme dans toutes les guerres, il y a deux conflits dans la guerre d'Irak.

Le premier est celui que mènent les hommes politiques et les stratèges à Washington.

L'autre, c'est la guerre qui résulte de cette politique et qui est celle des soldats qui se battent sur le terrain.

Pendant que j'étais en reportage, c'est la journée du 4 septembre 2007 qui illustre le mieux cette dichotomie. D'un côté, George W Bush commentait l'évolution du conflit en déclarant que les Etats-Unis étaient en train de « botter le cul de l'ennemi».

C'était sa manière de répondre et sa vision des choses. Mais pour les militaires avec qui j'étais en reportage, le 4 septembre, c'est le jour où une mine a explosé au passage de leur convoi. Trois soldats sont morts sur le coup. Un quatrième a perdu ses deux jambes. Et un cinquième a perdu ses jambes, son bras droit, la majeure partie de son bras gauche, ses oreilles, son nez, et ses sourcils, a subi trente interventions chirurgicales pour finalement mourir cinq mois après. « Duncan aurait eu 20 ans demain : il aura à jamais 19 ans et il nous manquera toujours », a écrit sa mère à propos de la mort de son fils. C'est sa manière à elle de répondre, et sa vision des choses.

N. O. - Le retrait américain d'Irak est prévu pour 2011. En fonction de votre connaissance du terrain, est-ce que cela vous semble possible et plausible ?
D. Finkel. - Les amis, les militaires et les collègues avec qui j'en parle pensent tous que c'est effectivement possible. Les plus optimistes disent même que c'est probable. Mais d'autres font remarquer quelques vérités désagréables : la guerre n'est pas terminée, la situation politique demeure très instable, et la plupart des 2 millions d'Irakiens en exil ne sont toujours pas rentrés au pays.

A l'intérieur, des millions de personnes déplacées ne peuvent pas revenir chez elles.

Chaque jour apporte son lot de violences incessantes. Dans de telles circonstances, il serait présomptueux d'annoncer un terme définitif ou même probable des hostilités : 2011 est encore loin.

N. O. - Dans votre livre, on prend conscience des blessures et traumatismes des vétérans de la guerre d'Irak. Les Etats-Unis les accueillent-ils mieux que ceux du Vietnam ?
D. Finkel. - Je répondrai d'abord en termes de soins médicaux. A n'en pas douter, ceux qui rentrent au pays avec des blessures physiques comptent parmi les gens les mieux soignés au monde.

Par contre, en matière de traitement des blessures psychologiques, les choses sont moins simples. Certains sont bien suivis, d'autres non. Il y a un certain sentiment de honte associé à la demande d'un traitement psychiatrique. Au sein du bataillon que je décris dans mon livre, un des tout meilleurs soldats de l'unité a été renvoyé au pays pour cause de troubles du comportement post-traumatiques. A l'évidence, il s'agit d'un excellent soldat qui avait atteint son point de rupture au terme de mille jours particulièrement éprouvants en Irak. Et pourtant il est revenu aux Etats-Unis hanté par un sentiment de culpabilité : il ne se sentait pas fier d'être un patriote. Quant à la manière dont le public américain accueille les vétérans, elle est sans commune mesure avec ce qui s'est passé au moment du Vietnam. Ces jours-ci, les critiques et la colère de ceux qui condamnent le conflit visent les dirigeants et non les soldats eux-mêmes. Cela changera peut-être à l'avenir lorsque la guerre cessera d'être un événement lointain et commencera à contaminer le tissu social américain. Mais pour le moment, c'est la guerre qui maltraite les soldats et non l'opinion publique.

N. O. - Vous avez couvert l'Irak, l'Afghanistan, le Kosovo, et vos sujets sur le Yémen vous ont valu le prix Pulitzer. Qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?
D. Finkel. - Je pense que ce que j'ai vu en Irak restera à jamais en moi et que cela m'a plus marqué que tout ce que j'avais pu voir jusque-là. Au départ, je ne cherchais pas à écrire sur la guerre proprement dite, mais plutôt à me servir d'elle pour cerner la personnalité des jeunes soldats.

Au début, ils étaient naïfs et impatients d'aller au combat.

Sur la fin, ils avaient compris ce qu'est la guerre. Tous en ont été transformés, et ils porteront ce conflit en eux jusqu'à la fin de leurs jours.

Gilles Anquetil, François Armanet

David Finkel

Grand reporter au «Washington Post», David Finkel a reçu de nombreuses récompenses, dont le prix Pulitzer pour une série sur le Yémen. Il publie chez Robert Laffont « De bons petits soldats », salué aux Etats-Unis.

http://guerreenirak.canalblog.com/

Source : http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/les-debats/097986/ira...


2-2 Dominique Lagarde : Afghanistan, Irak: des guerres très privées.

La société DynCorp, qui entraîne l'armée afghane, assure aussi avec ses contractors la garde rapprochée du président Karzaï.

Logistique, sécurité, surveillance aérienne... des salariés de sociétés militaires appuient de plus en plus sur le terrain les armées américaine et britannique. Sur le sol afghan, ils sont presque deux fois plus nombreux que les soldats déployés par le Pentagone.

En Afghanistan comme en Irak, les armées américaine et britannique sous-traitent une part de plus en plus importante de leurs activités à des sociétés militaires privées (SMP). A l'échelle de la planète, celles-ci emploieraient près de 1 million de personnes: réunies, elles représenteraient, sur le papier, la deuxième armée du monde. Amorcée il y a une vingtaine d'années, guère plus, la privatisation de la guerre, sous toutes ses formes, est une entreprise juteuse: elle constitue un énorme marché estimé à 170 milliards d'euros par an.

Des opérations de contre-insurrection "clefs en main"

La première société militaire privée est apparue en 1989. Créée par d'anciens commandos sud-africains, installée en Angola sur une base abandonnée par les Soviétiques, Executive Outcomes proposait aux Etats africains menacés par la rébellion des opérations de contre-insurrection "clefs en main". Elle reste à ce jour la seule vraie tentative de privatisation de l'activité combattante.

Apparaît ensuite aux Etats-Unis, dans les années 1990, la Military Professional Resources Inc. (MPRI). Société de droit privé, elle n'en est pas moins étroitement liée au Pentagone. A ses débuts, elle vend surtout ses services aux pays de l'ex-bloc soviétique qui mettent leurs armées aux normes de l'Otan avant d'intégrer l'Alliance atlantique.

A cette époque, les tâches confiées à des contractors privés relèvent pour l'essentiel de la logistique. Lors de la première guerre du Golfe, en 1991, on ne compte qu'un civil sous contrat pour 100 militaires américains. Mais tout change avec la guerre d'Irak. En 2003, lors de l'invasion, le rapport est déjà de 1 à 10. En 2007, pour la première fois, il y a autant de contractors employés par l'US Army que d'hommes en uniforme. Du jamais-vu!

Le 16 septembre de cette année-là, des employés de Blackwater, l'une des plus grosses sociétés militaires privées (aujourd'hui rebaptisée Xe Services LLC), tirent sur un véhicule en plein centre de Bagdad. La fusillade fait 17 morts. La justice américaine est saisie. Blackwater sera finalement écartée du marché irakien.

La société Blackwater a été écartée du marché irakien après que ses employés ont déclenché une fusillade à Bagdad faisant 17 morts.

Ce qui ne l'empêche pas de continuer à travailler aujourd'hui encore pour le gouvernement américain, notamment pour la CIA, en Afghanistan. Deux de ses employés figuraient parmi les victimes de l'attentat du 30 décembre 2009 contre une base américaine à Khost, dans le sud-est du pays.

La société possède une base secrète, près de la frontière avec le Pakistan, d'où elle fait décoller ses propres drones en direction des zones tribales pakistanaises. En principe, la tâche de ces avions sans pilote ultrasophistiqués consiste à identifier des cibles qui seront ensuite "traitées" par d'autres appareils, équipés de missiles et appartenant, eux, à l'armée américaine.

Mais est-ce si sûr? Les bombardements des zones tribales pakistanaises sont devenus une pièce centrale de la nouvelle stratégie de Washington. Entre 2008 et 2009, leur nombre a augmenté de 50%, passant de 36 à 53, et le rythme s'est encore accéléré depuis le début de l'année...

Plus de 100 000 civils travaillent pour le Pentagone

Un rapport du service d'étude du Congrès américain, publié en décembre 2009, estimait à 104 100 le nombre de civils travaillant en Afghanistan pour le seul Pentagone. Les effectifs militaires, à la même époque, étaient de 63 950 soldats. En clair, 62% des hommes qui oeuvraient sur le terrain pour le ministère américain de la Défense étaient des privés - un pourcentage jamais atteint dans l'histoire des Etats-Unis. Le déploiement des renforts (30 000 hommes) annoncés par Barack Obama devrait se traduire par l'embauche de 56 000 contractors supplémentaires.

"En Afghanistan, analyse Olivier Hubac, spécialiste de l'intelligence stratégique et coauteur d'un ouvrage sur la guerre afghane (1), le recours aux contractors fait partie intégrante de la stratégie de l'Otan. Tout ce qui ne constitue pas le coeur du métier de soldat est externalisé afin de permettre aux militaires de se consacrer au combat et aux actions de sécurisation."

3 questions à Doug Brooks*

Pourquoi le Pentagone fait-il aussi massivement appel à vos services?

Parce que nous coûtons moins cher. Environ 80 % de nos effectifs sont des employés locaux, payés au prix du marché local, quelques centaines de dollars. Et même si certains de nos salariés occidentaux touchent aux alentours de 1 000 dollars par jour, cela reste moins cher.

Combien gagnent les sociétés?

Pour les contrats au forfait, leur marge bénéficiaire est d'environ 10%.

Plusieurs affaires ont récemment défrayé la chronique, mettant en cause la qualité des services rendus par les contractors...

C'est aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités. L'Etat accorde systématiquement les appels d'offres aux moins chers des postulants, ce qui n'est pas forcément la meilleure façon de procéder.

*Président de l'International Peace Operations Associations, qui rassemble une soixantaine de SMP américaines.

Philippe Coste

Quelles sont les tâches confiées au privé? Il y a d'abord tout ce qui relève du "soutien de l'homme" et de la logistique: hébergement, maintenance, ravitaillement, connexions Internet, gardiennage, etc. La sécurité de tous les "camp-vie" de l'Otan en Afghanistan est ainsi assurée par des sociétés privées.

D'autres services rendus par les contractors relèvent peu ou prou de la délégation de service public: déminage, surveillance aérienne, lutte antidrogue, formation des forces gouvernementales afghanes. Ce dernier marché semble promis à une croissance exponentielle si l'Otan veut atteindre ses objectifs affichés : porter l'armée afghane de 9 000 à 134 000 hommes à la fin 2010, puis à 240 000 hommes en 2013.

L'armée est entraînée principalement par Kellogg Brown and Root (KBR) et par DynCorp. Première SMP en Afghanistan aujourd'hui, cette dernière assure aussi la garde rapprochée du président Hamid Karzaï. La MPRI, elle, spécialisée dans le conseil, est chargée d'élaborer la doctrine militaire de l'Armée nationale afghane - un contrat de 200 millions de dollars - et de former ses chefs de corps. Enfin, l'instruction de la police afghane, dont les effectifs pourraient atteindre 160 000 hommes, est assurée pour l'essentiel par la société Paravant, filiale de Blackwater.

Les SMP font souvent appel à d'anciens militaires anglo-saxons pour les postes les plus qualifiés et recrutent sur place pour les tâches d'exécution. Mais leur présence croissante pose des problèmes de fond.

Auteur d'un ouvrage consacré à la privatisation de la guerre en Irak (2), Georges-Henri Bricet des Vallons estime que cette pratique d'externalisation a atteint aujourd'hui "un point de non-retour". Il n'hésite pas à parler d'une situation de "dépendance", voire d'une "addiction" de l'armée américaine à l'égard des SMP, seules à même de leur fournir une expertise qui leur fait défaut.

En Afghanistan, les mercenaires assurent notamment les tâches de déminage, de surveillance aérienne, de lutte antidrogue...

En Afghanistan, sur les 104 100 contractors employés par le Pentagone en septembre 2009, 9 % étaient américains, 16% étaient des expatriés d'autres nationalités et 75%, afghans. Les SMP assurent aussi la sécurité de nombreuses institutions civiles, qu'il s'agisse de l'ONU, des ONG, de certaines entreprises, voire des maisons d'hôte où séjournent les étrangers de passage.

Mais, sur ce marché plus classique du gardiennage et de la sécurité rapprochée, elles sont de plus en plus concurrencées par des sociétés locales, souvent créées par d'anciens seigneurs de la guerre. L'une des plus importantes est l'Asia Security Group, qui appartient à un cousin du président Hamid Karzaï. Très active également, selon Georges-Henri Bricet des Vallons, la société Sherzai, fondée par un ancien gouverneur de la province de Kandahar, Gul Agha Sherzai.

Des morts non comptabilisés

La privatisation de tâches qui autrefois incombaient aux armées permet de faire la guerre en limitant l'envoi de troupes sur place et en minimisant les chiffres officiels des pertes humaines : les morts des SMP ne figurent dans aucune comptabilité. C'est un sacré avantage pour un gouvernement confronté à une opinion publique fragile et à un Parlement pointilleux... Reste à savoir quelles sont les conséquences sur le terrain de cette pratique.

Docteure en droit public, chargée d'étude à l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (Irsem), le lieutenant-colonel Marie-Dominique Charlier a été pendant six mois, en 2008, l'un des conseillers politiques auprès du général commandant les forces de l'Otan en Afghanistan. Elle est en France l'un des rares experts à avoir réfléchi à ces questions.

Comprendre l'Afghanistan

Venus éradiquer Al-Qaeda, les Occidentaux ont-ils commis la même erreur qu'Alexandre le Grand et l'Armée rouge? Dominique Lagarde, grand reporter à L'Express, présente la mosaïque de peuples totalisant 27 millions d'habitants, détaille la rivalité fondamentale entre les Durrani et les Ghilzai au sein des Pachtouns, explique l'imprévisible tradition de la volte-face tribale et du retournement d'alliance.

Deux sentiments en ressortent. D'abord, la certitude qu'une part de la sécurité du monde se joue, toujours, dans ces vallées périlleuses - et au Pakistan. Ensuite, l'angoisse de voir les Occidentaux, qui ont déjà abandonné leur rêve d'une démocratie afghane, rater leur sortie de scène, si la "réconciliation afghane" escomptée virait à la guerre civile.

Et elle est convaincue que les SMP pèsent directement sur la conduite de la guerre: "Certaines des tâches confiées aux contractors, souligne-t-elle, les mettent au coeur du système. Ils connaissent les opérations, les acteurs, les points de contact. Ils ont, en outre, une expérience d'ensemble du terrain que n'ont pas les militaires. Eux restent sur place entre quatre et cinq ans, alors que nos rotations ne sont que de six mois en moyenne. Cela leur donne une grande légitimité auprès des Afghans et une vraie mémoire."

L'armée française est jusqu'ici restée, pour l'essentiel, à l'écart de cette tendance à l'externalisation. Faut-il en finir avec cette exception culturelle?

Marie-Dominique Charlier est de ceux qui estiment que l'évolution est "sans doute inéluctable" car "les guerres modernes sont devenues hybrides" et parce que les SMP sont aussi devenues, pour les Etats qui font appel à elles, des "vecteurs d'influences".

La généralisation de ce néo mercenariat pose pourtant un problème de fond qui touche à la finalité même de la guerre. En Afghanistan comme en Irak, les Etats qui ont engagé des troupes sur le terrain ont pour objectif de stabiliser la situation, dans les meilleurs délais possible, afin de pouvoir amorcer un désengagement.

Or les SMP sont, elles, dans une logique économique de retour sur investissement: leurs intérêts financiers sont aux antipodes des intérêts militaires et politiques de l'Otan.

(1)     L'Enjeu afghan, André Versaille éditeur, 2010

(2)     (2) Irak, terre mercenaire, Ed. Favre, 2010.

Dominique Lagarde,

Publié le 24/05

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afghanistan-irak-des-guerres-tres-privees_894324.html 


2-3 Michel Chossudovsky, Matthew Rothschild : Les Etats-Unis ont confisqué les biens d’opposants à leur politique en Irak et au Liban 
Depuis 2007, les Etats-Unis ont procédé la confiscation des biens de personnes qui s’opposent à leur politique en Irak et au Liban. Cette mesure a été appliquée aussi bien à des nationaux qu’à des étrangers ; que leur opposition ait pris une forme violente ou non. Ces dispositions, prises par l’administration Bush, ont été prorogées par l’administration Obama.

Elles violent aussi bien la Constitution des Etats-Unis que le Pacte des droits civils et politique de l’ONU, dont Washington est pourtant signataire.

Le président Bush a signé deux décrets permettant au département du Trésor des Etats-Unis de confisquer les biens de toute personne perçue comme une menace directe ou indirecte pour les opérations des Etats-Unis au Proche-Orient. Le premier, intitulé « Saisie des propriétés de certaines personnes qui menacent les efforts de stabilisation en Irak », signé par Bush le 17 juillet 2007 [1], autorise le secrétaire au Trésor à confisquer, après consultation avec le secrétaire d’Etat et le secrétaire à la Défense, les biens des citoyens ou des organisations qui, « directement ou indirectement », font courir des risques aux opérations menées par les Etats-Unis en Irak.

Les décrets de Bush

« J’ai émis un ordre de saisie des propriétés des personnes dont il est établi

1) qu’elles ont commis ou risquent de commettre un acte ou des actes de violence dont l’intention ou l’effet serait de menacer la paix et la stabilité de l’Irak ou le gouvernement de l’Irak, ou de miner les efforts de reconstruction économique et de réforme politique en Irak ;

2) qu’elles ont aidé sensiblement, ou fourni un appui financier, matériel, logistique ou technique, ou encore des biens et des services, pour soutenir de tels actes de violence ou toute autre personne dont les propriétés ou les intérêts auraient été saisis en vertu de cet ordre… »

Le Titre V de ce décret annonce qu’« en raison de l’existence de moyens permettant de transférer instantanément des fonds ou d’autres biens, tout préavis adressé à ces personnes sur les mesures à prendre contre elles en vertu de ce décret rendrait celles-ci inutiles. Je décide par conséquent (…) qu’il n’est pas nécessaire d’émettre de préavis concernant la programmation ou l’ordre (de saisie des biens)… »

Le 1er août, Bush publiait un décret similaire, intitulé « Saisie des propriétés des personnes qui minent la souveraineté du Liban ou ses processus et institutions démocratiques » [2]. Le texte de ce deuxième décret est en grande partie identique à celui du premier, avec toutefois des dispositions plus sévères :

Dans les deux cas, ces décrets ignorent l’ordre constitutionnel en conférant au département du Trésor l’autorité de confisquer les biens des personnes qui représentent un risque de violence ou qui contribuent de manière non précisée à contrer la politique des Etats-Unis. Par contre le décret du 1er août est dirigé contre toute personne ayant réalisé un acte ou représentant une menace significative d’action, violente ou non violente, conspirant contre les opérations au Liban. La loi autorise aussi à confisquer les biens « d’un conjoint ou d’un enfant dépendant » de toute personne dont les propriétés auraient été saisies. Le décret concernant le Liban interdit aussi de fournir aliments, toit, médicaments ou toute autre forme d’aide humanitaire aux personnes dont les biens ont été confisqués et à leurs « enfants dépendants ».

Les termes vagues de ce décret anticonstitutionnel, dangereusement ouverts à toute interprétation, permettent de choisir arbitrairement un citoyen états-unien et de le dépouiller de tous ses biens en le soumettant de surcroît à l’ostracisme. Bruce Fein, avocat constitutionnaliste et ex-fonctionnaire du département de Justice sous l’administration Reagan, ne cache pas son étonnement : « Le texte est si général qu’il vous plonge dans la stupéfaction. Je n’ai jamais rien vu d’aussi vague. Cela va au-delà du terrorisme, du recours à la violence ou de la menace de violence pour faire peur à la population ou l’intimider. »

Dans un éditorial pour le Washington Times, Fein signale : « La personne dont les biens sont saisis est traitée plus ou moins comme un lépreux. Les sentences de mort financière sont imposées par le département du Trésor sans préavis, ni possibilité de contestation, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de place pour le recours en justice. Cette mesure frappe comme la foudre. Quarantaine immédiate et absolue pour toute personne dont les biens sont confisqués. La victime ne peut recevoir d’aide, ni ses bienfaiteurs lui envoyer de fonds, de marchandises, de services d’aucune sorte. Un avocat ne peut pas lui offrir ses services sans défier le décret. Un médecin ne peut pas non plus prodiguer de soins en cas d’arrêt cardiaque (…)

Le département de la Justice a habituellement pour mission d’examiner les décrets émanant de l’exécutif pour vérifier qu’ils sont compatibles avec la Constitution. Le Procureur général a-t-il sombré dans le sommeil ? » [3]

Mise à jour de Matt Rothschild

Cette nouvelle a été, que je sache, pratiquement ignorée des principaux médias. Lorsque je suis parti en tournée dans le pays pour donner des conférences, l’été dernier et que j’ai évoqué la question de ces décrets émanant de l’exécutif, les gens avaient du mal à y croire et se demandaient pourquoi ils n’en avaient jamais entendu parler. Je me pose encore la même question.

Voici deux sites où trouver de l’information sur ce sujet : The American Civil Liberties Union et The Center for Constitutional Rights.

Sources
• 
Global Research, juillet 2007 
Titre : “
Bush Executive Order : Criminalizing the Antiwar Movement
Auteur : Prof. Michel Chossudovsky 
• The Progressive, août 2007 
Titre : “
Bush’s Executive Order on Lebanon Even Worse Than the One on Iraq” 
Auteur : Matthew Rothschild 
• Etudiants chercheurs : Chris Navarre et Jennifer Routh 
• Tuteur : Amy Kittlestrom, Ph.D
.

Précision du Réseau Voltaire
Plusieurs collaborateurs du Réseau Voltaire ont été frappés par les décrets présidentiels 13438 et 13441 en raison de leur soutien intellectuel ou matériel aux mouvements de résistance au Proche-Orient. 
C’est également à ce titre que Thierry Meyssan, président du Réseau Voltaire, a perdu la possibilité d’engager un recours contre son premier éditeur qui a volé la rémunération de ses ouvrages en les transférant dans une filiale aux Etats-Unis. Et c’est toujours à ce titre que Washington a sollicité l’aide des Etats membres de l’OTAN à l’encontre de Thierry Meyssan (cf.« Si j’avais plié, je n’aurais pas eu à partir »).

 

[1] « U.S. Presidential Executive Order 13438 : Blocking Property of Certain Persons Who Threaten Stabilization Efforts in Iraq », Voltaire Network, 17 juillet 2007.

[2] « U.S. Presidential Executive Order 13441 : Blocking Property of Persons Undermining the Sovereignty of Lebanon or Its Democratic Processes and Institutions », Voltaire Network, 1er août 2007.

[3] « Our Orphaned Constitution », par Bruce Fein, Washington Times, 7 août 2007.

 

Michel Chossudovsky*, Matthew Rothschild*

Michel Chossudovsky

Directeur du Centre de recherche sur la mondialisation à l’université d’Ottawa (Canada). Editeur du site multilingueMondialisation. Dernier ouvrage publié en français :Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial.
Matthew Rothschild

Rédacteur en chef du mensuel The Progressive (USA).

20 MAI 2010

Enquête primée par Project Censored

http://www.voltairenet.org/article165465.html


2-4 Osman Sardasht : Chronique d’une mort annoncée.

Un jeune journaliste irakien avait prédit son assassinat par un escadron de la mort dans l’Irak occupé

L’article ci-dessous est l’un des derniers qu’ Osman Sardasht a écrit au mois de janvier 2010 juste après avoir reçu des menaces de mort. Osman, âgé de 23 ans, a été assassiné le 6 mai 2010 à Mossoul, après avoir été kidnappé deux jours plus tôt par des hommes armés dans la ville d’Irbil sous contrôle du GRK (Gouvernement régional du Kurdistan). Il savait que cela arriverait.

C’est derniers jours Ils m’ont dit que les occasions de respirer l’air seront rares, donc mes jours sont comptés. Mais peu m’importe de mourir ou d’être torturé ; j’attendrai ma fin, le dernier rendez-vous avec mes assassins. J’espère qu’ils m’offriront une mort tragique à l’image de ma vie tragique. Je dis cela pour que vous sachiez que dans ce pays la souffrance des jeunes est si grande que la mort est une de leurs options la plus probable. Pour que vous sachiez aussi que ce qui nous terrifie le plus, c’est de continuer à vivre et non pas de mourir. C’est le sort de mes petits frères qui reste mon plus grand souci, pas le mien. Face à ces menaces, ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’il y a encore beaucoup à dire avant de disparaître. Le problème de ce régime, c’est que la mort de ses enfants ne le dérange pas.

Hier, j’avais averti le doyen de ma faculté que quelques jours auparavant, ils m’avaient humilié et menacé de mort. Il m’a répondu que ces faits étaient du ressort de la police. Tout de même ! Existe-t-il un pays au monde où une Université choisisse d’ignorer les menaces de mort adressées à l’un de ses étudiants et de ne pas se préoccuper du danger qu’il court ? Il était du devoir du doyen de ma faculté de prendre en charge ce problème ; la responsabilité lui en incombait, ou incombait à l’université, puisque j’en suis membre. Cependant, je n’ai pas été étonné car depuis déjà pas mal de temps je sais que les universités de ce pays ne sont pas des havres de paix.

J’ai donc pris contact avec le commissaire Abdeljalek, directeur de la police d’Erbil. Celui-ci m’a dit : «  Les menaces que vous avez reçues par téléphone peuvent aussi bien provenir de l’étranger, ou peut-être s’agit-il d’un problème personnel. Ces menaces se répèteront probablement mais la ville d’Erbil est sécurisée et il ne peut y avoir de suites à des problèmes de ce type ». J’imaginais alors, en souriant ironiquement, qu’en effet, c’était certainement Nicolas Sarkozy qui me menaçait. J’ai également réfléchi aux moyens de protéger ma vie, car l’un de mes amis, qui avait été frappé et humilié à cause de divers articles qu’il avait récemment publiés, avait finalement été amené à fuir la ville.

Arrive que pourra, car je ne vais pas quitter cette ville, j’attendrai ma mort. Je sais que l’heure de ma mort va sonner, et qu’en fin de compte, le glas qui sonnera pour moi sonnera pour les jeunes de ce pays. Mais cette fois-ci, je ne me plaindrai pas, je n’informerai pas non plus les autorités compétentes. C’est une décision personnelle et j’en assume les conséquences. À partir de maintenant chaque mot que j’écris, je l’écris comme étant le dernier de ma vie. Comme Jésus-Christ, je serai la vérité même. Je suis heureux car j’ai toujours quelque chose à dire bien qu’il existe toujours des gens qui ne veulent pas écouter. Mais plus nous faisons de révélations, plus ces gens s’inquiètent. Il ne nous reste donc plus qu’à continuer à dire la vérité tant que nous sommes encore vivants et, là où ma vie s’arrêtera, mes collègues mettront un point et passeront à la ligne suivante.

Source : My first death-bell rings
AUTEUR:  Osman SARDASHT ÓÇÑÏÔÊ ÚËãÇä

Traduit par  Esteban G., révisé par Michèle Mialane.

Édité par Fausto Giudice
Article original publié le 10/5/2010
Tlaxcala est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, la réviseuse, l'éditeur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10632&lg=fr



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 eva R-sistons : Tout va pour le mieux, dans le meilleur des nouveaux mondes !

Par eva R-sistons à l'intolérable

Tout va très bien, Mme la Marquise !

Le monde se porte à merveille. La preuve, c'est qu'on nous le dit dans les Médias.

Elle est pas belle, la vie ?

Et les Médias sont dignes de confiance, naturellement !

La preuve, nous arrivons en 43 e position en matière de liberté d'information. Il y a pire ! Donc, soyons heureux. De gré ou de force !

Et en Europe, tout va très bien Mme la marquise, comme ailleurs: Les monnaies plongent, les Etats sont surendettés, ils sont même au bord de la faillite.

Toutes les protections sautent, et les citoyens perdent leurs emplois, leurs activités, leurs foyers, leurs familles. Tous sdf ? Et alors, c'est la liberté !

A nous le toit du monde ! Le bonheur est dans la rue. Certains lanceront les pavés de la colère ? 

Le Traité de Lisbonne, imposé aux bonnes gens, a prévu leur cas: Peine de mort pour les émeutiers. Le bonheur est dans le cimetière !

Comme je l'ai écrit récemment, en actualisant un peu : Le Pouvoir en Allemagne tangue, l'Anglais est divisé, la Belgique est au bord de la scission, la Grèce est sur le point d'exploser, la France de Sarkozy est contestée, la Pologne est décimée, et le tout est incapable de faire front commun à l'heure des périls, sauf pour s'enchaîner à l'OTAN et donc aux guerres impériales.

La boucle est bouclée ! En Europe, tout va très bien Mme la Marquise.

Et ailleurs ?

Les marées sont noires, le climat se réchauffe et on grelotte comme jamais, les peuples premiers sont chassés de leurs terres par les employés des Compagnies pétrolières, les eaux des rivières sont polluées, et les récalcitrants sont parqués, enfermés, torturés ou exterminés, comme au bon vieux temps des Peaux-Rouges. Le bonheur est dans ce qui reste des forêts tropicales... 

Aux Etats-Unis, l'American Way Of Life se résume au document que je viens de voir sur les Chaînes Parlementaires: Les retraités travaillent jusqu'à la mort. Une dame de 93 ans est filmée en train de travailler, le document lui est dédié; elle est morte pendant le tournage, en pleine activité. Le travail ne tue pas, le ridicule, oui. La première valeur moderne, aujourd'hui, c'est le travail (quand il y en a, ce qui est un autre débat). 

Cotisez pour votre retraite, bonnes gens, vous ferez la fortune des Caisses de Retraite.

Au moins ! Donc, soyons heureux. Au fait, les gangs ne se sont jamais portés aussi bien. Les jeunes peuvent, s'ils préfèrent, s'enrôler pour l'Armée, premier employeur aux USA. On a les emplois que l'on peut ! Vous ne pouvez pas payer les frais d'inscription à l'Université (quelques milliers d'euros ) ? Direction l'Armée. Même chose pour les candidats à l'intégration. C'est le moyen le plus sûr, si vous revenez du champ de bataille, si vous ne devenez pas fou au retour, si vous n'êtes pas handicapé pour toujours. Vous êtes passés au travers des gangs, de l'Armée, des guerres, de l'Hôpital, du cercueil, de l'Asile ? Soyez heureux, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C'est ce que doivent penser, aussi, tous les Américains qui dorment aujourd'hui à la belle étoile, au mieux dans leur voiture ou sous tente. Le bonheur est dans les prés !  

En Inde, les OGM se répandent, progrès oblige. La plus grande démocratie du monde, américaine bien entendu, les impose aux paysans. Ils les goûtent, puisqu'on les y a contraints, et ils se suicident après avoir été ruinés. Tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes possibles ! Anglo-saxon, cela va sans dire.

A Gaza, la prison est à ciel ouvert. Oui, à l'air libre, et tout le monde y a droit. 

De quoi vous plaignez-vous, bonnes gens ? Vous pouvez vous baigner et même pêcher, à condition de ne pas vous éloigner de quelques mètres.  Le bonheur pour tous !  Et vos enfants n'ont pas besoin de billes. Ils jouent à lancer des pierres sur les soldats qui stationnent dans leurs villes, et reçoivent des balles. Et puis, ils n'ont pas besoin de s'amuser à la guerre, elle est partout. La surpopulation ? Pas chez eux, bientôt ! Gaza est le champ d'expérimentation favori des nouvelles armes du peuple élu. Avec à la clef des malformations pour tous les nouveaux nés.

L'eau ? Détournée. Et retournée au fournisseur malgré lui polluée, usée. Inutile de construire une maison, une fac, une usine, un aéroport , ils sont aussitôt bombardés. Les enfants jouent dans les ruines, pas besoin de parcs d'attractions. Vous êtes écologiste ou cultivateur ? Regardez les oliveraies ou les champs, ils franchissent la frontière. A moins que les frontières ne franchissent les lois internationales... Vous avez dit flexibilité ?

C'est ça, la modernité, sans doute. Votre conjoint fait un voyage à l'étranger ? Adieu le conjoint.

La loi du retour est pour le peuple si bien élu. De qui, au fait ? Ah, de Yahvé. Ya bon Yahvé !

Allez, la vie est belle, à Gaza, puisque les Médias ne nous disent pas qu'elle ne l'est pas.

En Afrique, les âmes charitables de France, ont partagé leurs réserves de sang contaminé avec les descendants des esclaves.  30 % d'Africains malades du Sida ! Au moins. Ceux qui ne le sont pas sont priés d'accueillir les décharges nucléaires, ou les VIP d'Areva, ou les spécialistes du pillage des ressources. Et de bien les accueillir, s'il vous plaît !  S'ils s'avisent de choisir un Lunumba, pas de quartier ! Et s'ils ne sont pas contents de leur sort, s'ils rêvent de goûter aux bienfaits de l'Occident, voici les requins, le désert ou les camps de transit ou d'internement. Tout est décidément pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !

Les guerres ne sont plus locales, défensives, exceptionnelles, elles deviennent

planétaires, préventives, permanentes, nucléaires même, en tous cas avec les armes de destruction massive les plus modernes.

On peut même se mettre devant un écran et viser, de chez soi, confortablement installé, les petites créatures humaines. Et nouveauté suprême, les guerres sont silencieuses; pas de publicité, surtout ! Le coup de l'Irak, très médiatisé, très spectaculaire, c'est fini. Le progrès, là encore ! L'American way of life happy.

L'Irak ? Oui, un million et demi de morts, sans compter toutes les victimes de l'embargo.

Et les blessés, les handicapés, les réfugiés (quatre millions, dit-on)...

Le bonheur complet, apporté par les missionnaires anglo-saxons, grands amateurs de liberté, disent-ils, et pourvoyeurs de démocratie devant l'Eternel, chargés par ce Dernier, cela va sans dire, mais en le disant cela va mieux, de répandre le Bien sur la planète, en implantant partout des bases militaires pour permettre aux autochtones de goûter leurs bienfaits, et en bombardant les récalcitrants à leurs Révolutions permettant à chacun d'en voir de toutes les couleurs...

Après la Yougoslavie, en Europe même - mais en Europe slave ! - , voici les bombardements en Irak ou en Afghanistan, au Yemen, au Pakistan, au Soudan, etc etc, ils sont partout, ces bons soldats Américains ! Même à Haïti, où ils font de l'aide humanitaire à la pointe des fusils. Pour les remercier, on les reçoit en déroulant des tapis bien rouges. Oui, très rouges... Le rouge est la couleur du bonheur ! Couleur sang, pas couleur pouvoir populaire.  Chavez porte une chemise rouge... pour combien de temps encore ? Au Honduras, le rouge est celui du sang des martyrs. Ils ont osé soutenir leur Président ! Les Américains ont imposé leur vision du bonheur. Allons, tout va pour le mieux dans le monde du Nouvel Ordre, imaginé par les Anglo-Saxons !

Encore une marque de leur sollicitude ?

Des murs partout. Entre les hommes, entre les groupes religieux, entre les ethnies, entre les riches et les pauvres, entre les militaires et les civils, entre les autochtones et les étrangers...

Choisissez votre mur, Msieur-Dame ! Pas de bonheur sans mur. On a célébré la chute du Mur de Berlin ?

Celui de l'argent l'a remplacé.

Et celui-là est coriace !

Allons, bonnes gens, réjouissez-vous ! Les Décideurs, les vrais, pas ceux qu'on met en avant, les vrais, donc, s'amusent à programmer des conflits militaires, des pandémies, des crises, des guerres économiques... Ils ne savent plus quoi inventer pour faire notre bonheur: Les pesticides,  Haarp, le Codex Alimentarius, les boucliers fiscaux ou anti-missiles, etc, etc !  Et le bonheur passe évidemment par la compétition. Citoyens, battons-nous les uns contre les autres ! C'est l'ultime forme de la félicité moderne. Aimons notre prochain à condition qu'il soit terrassé, par terre, et aimons surtout l'argent. L'Argent ! L'Argent-Dieu. Dieu-Mâmon, bien sûr ! C'est la foi d'aujourd'hui. Elle nous promet le bonheur sur terre, et une éternité de délices avec le Bon Dieu... ou le diable. On n'arrête pas le progrès ! 

Réjouissez-vous, bonnes gens. Tout est pour le mieux dans le meilleur des nouveaux mondes.

Et décidément, plus que jamais, tout va très bien, Mme la Marquise ! 

Eva R-sistons à la barbarie de cette civilisation 

http://r-sistons.over-blog.com/


3-2 Xavière Jardez : L’alliance stratégique israélo-américaine.

L’alliance stratégique est l’axe autour duquel s’est développée et se développe toujours  la politique américaine à l’égard d’Israël depuis des décennies, et qu’Obama, même si, personnellement, il y était opposé , ne pourrait ignorer.

D’autant moins que, lors de la prétendue crise entre Israël et les Etats-Unis sur la poursuite de l’extension des colonies dans Jérusalem-Est, plus des trois-quarts des Sénateurs dont 33 démocrates et 333 Représentants de la Chambre, principalement Républicains, ont signé une lettre adressée à Hillary Clinton lui demandant « de réaffirmer les liens intangibles qui unissent les Etats-Unis et Israël » car « Israël a été un allié et un ami consistant et sûr qui a aidé les Américains à promouvoir leurs intérêts. ». Sentiment d’ailleurs réaffirmé par Joe Biden au cours de sa dernière visite en Israël : « Des progrès sont faits au Moyen-Orient lorsque il n’y a simplement aucun espace entre les Etats-Unis et Israël ». Sans commentaire, sauf à citer les propos de Barack Obama dans Haaretz du 25.04.2010 : «… la relation spéciale entre les Etats-Unis et Israël nous oblige à les aider à trouver les partenaires crédibles avec lesquels ils pourront faire la paix tout en soutenant Israël à se défendre… ». Aussi déterminé que Bill Clinton, aussi  solide que George W. Bush et aussi amical que Rudolph Giuliani, ancien maire de New- York.

Quels sont ces intérêts qu’Israël a si ardemment protégés que la grande puissance américaine ne pouvait protéger elle-même et qui a donné carte blanche à l’Etat juif pour passer outre à toutes les résolutions du Conseil de sécurité, ayant reçu à 32 reprises le veto US, pour, dernièrement, rejeter d’une chiquenaude ses protestations sur la poursuite de la colonisation des territoires occupés, pour s’abstenir de participer à la réunion sur le Traité de Non Prolifération, qu’il avait à plusieurs reprises promis de signer, traité qui vient à renouvellement en juin prochain ?

Si la guerre de 2003  en Irak avait pour finalité le contrôle du pétrole irakien par les Etats-Unis, - et donc le renversement de Saddam Hussein -, il est un fait certain qu’Israël a beaucoup œuvré à leur ouvrir les champs pétrolifères du Kurdistan avec pour avantage collatéral la réouverture de l’oléoduc entre Kirkouk et Haifa, sur la Méditerranée, fermé depuis la création de l’Etat hébreu. Et ce, grâce à la collaboration intéressée du clan kurde de Barzani tout au long de ses affrontements avec les différents régimes irakiens, ce qui conduit, à l’heure actuelle, à une quasi partition de l’Irak.

Une aide financière de plus de 114 milliards de dollars

Mais le jeu politique d’Israël a été considérablement plus important dès la guerre de Suez en 1956 qui a permis d’éliminer du Moyen-Orient la puissance en déclin qu’était la Grande –Bretagne au profit des Etats-Unis, promus champions de la paix.

La guerre de juin 1967 a été le tournant de l’aide américaine à Israël : « Agissant pour le compte des Etats-UnisIsraël a aidé à contenir l’expansion de l’Union Soviétique dans la région et infligé d’humiliantes défaites aux clients de cette dernière, l’Egypte et la Syrie, et… a occasionnellement protégé d’autres alliés des Etats-Unis (comme la Jordanie du roi Hussein) Ses prouesses militaires ont obligé Moscou à dépenser plus pour soutenir les perdants de sa clientèle. Israël a aussi fourni aux Etats-Unis du renseignement utile sur les capacités soviétiques » (1).

Cette aide américaine directe que certaines estimations conservatrices évaluent à 114 milliards de dollars (données de 2008) depuis la création de cet Etat était, jusqu’à Obama, une aide militaire et financière. Elle n’est plus que militaire depuis, par incorporation des fonds réservés au secteur économique. Ce chiffre d’ailleurs n’est qu’approximatif car certaines aides sont enfouies dans les divers budgets des agences américaines, dont notamment celui du Département de la Défense ou du Trésor sous des formes variées, notamment en termes de garanties d’emprunt. Ce qui permet à Israël d’emprunter à des conditions spéciales et à des taux d’intérêt préférentiels. S’ajoute à cette manne, le Mémorandum of  Understanding (MOU) de 1975 signé par Kissinger et renouvelé tous les cinq ans qui prévoit que les Etats-Unis maintiendront une réserve stratégique de pétrole pour Israël en cas de crise d’une valeur de 3 milliards de dollars (2002) et ce, même au détriment de l’approvisionnement national. Notons qu’au cours de la guerre froide, les Etats-Unis finançaient l’écart de prix payé par Israël pour le pétrole qu’il importait d’Union soviétique.

Obama n’a pas coupé le flot d’armes livrées à Israël

Israël a toute liberté pour dépenser 26,3% de cette aide à des opérations en tous genres sur son territoire -  extension de colonies par exemple - sans aucun contrôle, et développer une industrie militaire très sophistiquée. Israël est ainsi devenu un des principaux marchand et exportateur d’armes (le 9ème, selon le Congrès) et, en cas de nécessité, vers des pays interdits par le Congrès. On se souvient des remous de l’Irangate dans les années 1980, sous Reagan, quand Israël avait, en pleine guerre Iran-Irak, fourni des armes américaines à Khomeiny en totale violation de son accord de non-réexportation qui ne fut absolument pas sanctionnée par le gouvernement US.

Cependant, les Etats-Unis trouvent dans cette architecture un bénéfice indéniable car Israël est contraint d’investir 75% des fonds ainsi alloués à produire, sur le sol américain, des composants militaires afin de maintenir l’emploi dans l’industrie de l’armement américain.

Lors du budget 2010, Obama et le Congrès ont approuvé des fonds additionnels, 25% de plus par rapport à l’administration Bush, - une enveloppe de 30 milliards de dollars sur 10 ans depuis 2007 - pour les industries de défense de l’Etat juif notamment, pour le développement de technologies dans le domaine des missiles de défense : le projet Arrow 2 déjà utilisé par l’aviation israélienne et le projet Arrow 3, système d’interception de missiles balistiques du système de défense Iranair, en cours de production, sont le fruit de la coopération de Boeing avec l’IAI (Industrie aéronautique israélienne), financé par les Etats-Unis à hauteur de 80%.

Devant cette prodigalité américaine, des stocks d’armes à libre disposition d’Israël, l’accès à des renseignements, refusés aux alliés de l’Otan, ou à de la haute technologie, on est surpris de « l’apathie affichée » des gouvernements US face à la politique d’apartheid d’Israël en Palestine et à son occupation illégale de la Cisjordanie, de Jérusalem Est depuis plus de 42 ans et au  boycott de Gaza. Et pourtant, le Arms Export Control Act (la loi sur le Contrôle de l’Exportation des Armes) de  1976 passé par le Congrès prévoit que les armes américaines ne doivent servir qu’à des fins de sécurité intérieure ou de légitime défense et ne peuvent conduire à la fabrication d’armes de destruction massive ou au terrorisme!! Bombes à fragmentation, F-16 ou missiles ont servi à tuer des civils ou à assassiner à l’intérieur des frontières de la Palestine ou de Gaza des leaders des mouvements de libération, Cheikh Salah Shahada ou Cheikh Yassine, etc… Obama n’est pas en reste qui n’a pas coupé le flot d’armes en direction d’Israël même après le rapport d’Amnesty International sur les crimes de guerre de ce pays lors de l’agression contre la bande de Gaza en 2007-2008.

150 têtes nucléaires

Fermer les yeux semble être le moteur de cette alliance stratégique pour laisser à Israël le champ libre en matière nucléaire afin de préserver l’hégémonie israélienne en ce domaine au Moyen-Orient  ou le droit de les utiliser en premier. D’où le bombardement du réacteur Osirak en Irak en 1982.

C’est ainsi qu’au cours d’une conférence de presse, en février 2008, Obama, à une question sur l’existence au Moyen-Orient d’un pays nucléarisé, avait évité de répondre alors que l’ancien Président Jimmy Carter avait confirmé, le 25 mai 2008, qu’Israël détenait 150 têtes nucléaires. Le stock doit certainement inclure des têtes pour les missiles Jéricho 1 et 2 ainsi que des bombes pour l’aviation et d’autres armes tactiques nucléaires. Tous les documents américains sont encore classés top-secrets alors que  cette qualification d’Etat nucléaire n’est plus qu’un secret de polichinelle.

Kissinger était le fervent partisan et défenseur de la détention par Israël d’armes nucléaires dès 1969. Les Américains avaient, en 1958, opéré des vols de reconnaissance sur Dimona et savaient ce qui s’y tramait. La visite de la CIA de Dimona, à la veille de la guerre dite des Six Jours, en 1967, confirmait qu’il ne fallait que six semaines à Israël pour assembler une bombe. Mais, ce rapport présenté par le Directeur de la CIA, Richard Helms, fut tenu secret par le Président Johnson pour permettre la signature du Traité de Non-Prolifération en juillet 1968 par 65 nations, et plus dans les deux années qui suivirent. Or, Israël n’a pas signé le Traité de Non-Prolifération et pour cause. « (Il) n’est plus un problème de prolifération ; il est déjà proliféré » avant même le Traité, concluait Seymour Hersh dans son livre « L’Option Samson ».

L’idée selon laquelle Israël ne recourrait pas à l’option nucléaire en cas de conflit est balayée par la réalité : en 1967, Eshkol, Premier ministre, avait ordonné à l’armée israélienne d’armer les deux bombes disponibles et en 1973, craignant la défaite, les Israéliens avaient assemblé treize bombes atomiques de 20 kilotonnes.

Non seulement rien en n’a été fait pour interrompre le programme nucléaire israélien, mais l’ambassadeur US en Israël de 1961 à 1973, Walford Barbour  pensait que sa mission était de protéger le Président des Etats-Unis de constatations qui l’obligeraient à agir sur cette question du programme nucléaire d’Israël. « Il ne veut pas qu’on lui apprenne de mauvaises nouvelles ». Et pourtant, des moyens existaient en la forme de l’Amendement Symongton de 1976 : cet amendement interdit de fournir toute  aide militaire et financière à un pays dont il est prouvé qu’il s’équipe en technologies ou équipements pour l’enrichissement de l’uranium en dehors d’un cadre international. La loi permet, cependant, au Président de passer outre à cette interdiction s’il estime que l’arrêt de ces aides mettrait en danger la sécurité nationale des Etats-Unis. C’est ainsi que le Pakistan, avait, par deux fois, essuyé des sanctions de la part des Etats-Unis pour ne pas avoir respecté ces obligations et lancé son programme nucléaire.

Ceci exposé, on est en droit de s’interroger sur l’absence de réactions des gouvernements US face aux continuelles violations du droit américain et du droit international par Israël, indépendamment de l’existence du puissant lobby pro-israélien, AIPAC, aux Etats-Unis. Faut-il chercher ailleurs, dans d’autres champs, l’origine de la puissance d’Israël sur l’establishment US ?

On ne peut alors que protester avec  véhémence des « accusations » portées contre  à la Syrie de vouloir fournir des missiles au Hezbollah pour sa défense et celle du Liban, quand Israël ploie sous le poids des armes et de la technologie américaines mises à sa portée.

(1) Le lobby israélien et la politique étrangère américaine, par J. J. Mearsheimer et S. M. Walt, mars 2006.  http://www.huffingtonpost.com/josh-ruebner

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez 


3-3 Le Kurdistan irakien, futur membre de l'OCDE ?

Dans une interview accordée au site kurde Rudaw.net (18-05-2010)*, Mahir Kaynak, ancien directeur du MIT (Milli İstihbarat Teşkilat), service de renseignement turc, a déclaré qu’après le retrait des forces américaines d’Irak (et de sa région autonome), les Kurdes irakiens devront choisir entre se rapprocher de la Turquie et le statu quo, c'est-à-dire vivre avec les Arabes qui les haïssent du fait de leur collaboration avec l’ennemi.

   Mahir Kaynak pense qu’en cas de sécession du Kurdistan irakien, les Américains reconnaîtront le nouvel Etat, leur but étant, depuis la guerre de 2003, de partitionner l’Irak.

Les Kurdes, dit-il, devront alors choisir parmi leurs voisins – Turcs, Perses, Arabes - celui qui correspond le mieux à leur intérêt.

Selon lui, un Kurdistan indépendant pourrait - s'il le souhaite - fusionner avec la Turquie. Si c’était le cas, un statut de région fédérale lui serait accordé.

   Pour Kaynak, l’existence de cette région fédérale kurde ne modifierait pas le statut des Kurdes de Turquie, population ayant, dit-il, la même origine raciale que les Turcs et ne vivant pas seulement dans le sud-est du pays, mais dans toute l’Anatolie.

   La fusion du Kurdistan irakien avec la Turquie déboucherait sur l’entrée du Kurdistan (irakien) dans l’OCDE et un jour, peut être, dans l’Union européenne. Les pays de l’OTAN auraient alors le haute main sur les réserves de pétrole du nord de l’Irak et, surtout, sur le plus important château d’eau du Proche-Orient…

 * Exclusive interview with ex-MIT Director on Kurds and KRG, par Bawr Cham

http://www.rudaw.net/details.aspx?lang=English&page=articles&c=Exclusive%20Interviews%20&id=22112

Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /2010 15:43

http://www.france-irak-actualite.com:80/article-le-kurdis...

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