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07/06/2010

n° 434 - Lutte pour la libération du territoire & la victoire de la résistance Afghane - 12-05 au 05-06 - : Fin

Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal de la Lutte pour la libération du territoire  Afghan 

n° 434 - du 12-05 au 05-06                                          C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "journal " est  visible :

a)   sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire.

4 Dossiers

4-1 L'OTAN adapte son concept stratégique pour la prochaine décennie.

4-2 Les Troupes US/OTAN Sous Commandement De L'Ex Commandant Des Escadrons De La Mort De Dick Cheney.

4-3 Jocelyn Coulon : L'Afghanistan des autres.

4-4 "Les gens que nous tuons ne méritent pas de vivre." (Président de "Blackwater")

4-5 Sara daniel : Profession chiens de guerre.

4-6 Napakatbra : Le Pentagone plombé par ses sous-traitants... vive les fonctionnaires !

4-7 Olivier Falhun: L’humanitaire à la mitrailleuse lourde….

 


4 Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 L'OTAN adapte son concept stratégique pour la prochaine décennie.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur, mais doit être vu comme information

L'OTAN doit gagner la guerre en Afghanistan, renforcer ses liens avec la Russie, contrecarrer la menace posée par les missiles ballistiques iraniens et assurer la sécurité de ses 28 membres.

Tels sont les principaux objectifs de l'Organisation de l'Alliance nord-atlantique pour la décennie à venir, selon l'avant-projet de concept stratégique dévoilé lundi. Par cette nouvelle doctrine, l'OTAN espère combler un fossé croissant entre les Etats-Unis, favorables à un rôle international accru de l'Alliance, et les pays européens qui préfèrent qu'il conserve son orientation défensive traditionnelle.

"L'OTAN doit être assez polyvalent et efficace pour agir loin de chez lui", mais "afin de conserver la volonté politique pour des opérations hors de la région, l'OTAN doit veiller à ce que tous ses membres sont rassurés sur la sécurité de leurs territoires nationaux", a déclaré l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright, qui dirige le groupe d'experts chargés d'élaborer la nouvelle stratégie.

Le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, soumettra un projet de concept stratégique lors du prochain sommet de l'organisation en novembre à Lisbonne, au Portugal. "Dans le monde d'aujourd'hui, il nous arrive de devoir aller au-delà de nos frontières pour défendre nos frontières", a déclaré M. Rasmussen, citant l'Afghanistan.

Fondée en 1949 pour contrer la menace soviétique, l'alliance de 28 membres connaît aujourd'hui une crise de fonctionnement, se cherchant de nouveaux objectifs près de 20 ans après l'effondrement du bloc communiste.

La précédente doctrine stratégique de l'OTAN s'attachait surtout à son rôle de maintien de la paix, en Bosnie ou au Kosovo. Elle avait été adoptée en 1999, après la fin de la Guerre froide et avant les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. L'OTAN a par la suite été amenée à assumer des missions telles que la guerre contre l'insurrection en Afghanistan. Cette mission qui mobilise plus de 100.000 soldats sur le terrain, des Américains pour les deux tiers, est la plus vaste qu'ait entreprise l'organisation.

L'avant-projet spécifie par ailleurs que l'OTAN doit s'efforcer d'améliorer les relations avec Moscou, qui a aidé l'OTAN en Afghanistan en ouvrant un corridor terrestre entre l'Europe et ce pays. L'OTAN et la Russie doivent travailler ensemble plus étroitement dans des domaines d'intérêt commun comme la défense anti-missile, le contre-terrorisme, le trafic de drogues et la sécurité maritime, précise le document.

L'avant-projet se prononce aussi en faveur du maintien des armes nucléaires américaines en Europe, autre héritage de la Guerre froide dont plusieurs gouvernements européens avaient demandé le retrait. "Tant que les armes nucléaires existent, l'OTAN devrait maintenir des forces nucléaires sécurisées et fiables (...) au niveau minimum requis par l'environnement sécuritaire qui prévaut", arguent les experts.

AP

Lundi 17 mai


4-2 Les Troupes US/OTAN Sous Commandement De L'Ex Commandant Des Escadrons De La Mort De Dick Cheney.

Le choix par l’administration Obama du Lieutenant Général Stanley McChrystal comme nouveau commandant des troupes US/OTAN en AfPak n'est pas anodin et caractérise la nouvelle approche de cette guerre d'occupation par Washington. Les antécédents militaires de McChrystal, sa longue expérience des opérations de contre terrorisme durant les cinq dernières années à la tête du JSOC (Joint Spécial Opérations Command - commandement des opérations conjointes spéciales) parlent d'eux -mêmes. D'avril 2003 à Avril 2008, il a supervisé les opérations de contre terrorisme, pourchassant des cibles qualifiées de "haute valeur" tels des dirigeants locaux et nationaux des mouvements de résistance en Irak, Afghanistan et au Pakistan, la plupart du temps en menant des raids dit ciblés ainsi que des attaques aériennes dont on connaît le terrible coût payé par les populations civiles. Dernièrement, 140 civils dont plus de 90 enfants afghans ont été massacrés dans des villages pris pour cibles dans le cadre des opérations du JSOC. C'est sous le commandement de McChrystal que le JSOC a changé de mission et est passé de l'entraînement aux méthodes de contre insurrection des unités militaires des pays occupés, sa mission principale, a celle de mener des opérations de contre terrorisme.
McChrystal a passé 5 ans à la tête du JSOC, ce qui est inhabituel, et ce parce qu'il était un ami proche de Donald Rumsfeld alors secrétaire à la défense, qui considérait le JSOC comme "son organisation" capable de rivaliser sur le terrain avec les opérations clandestines menées par la CIA. Le JSOC a été utilisé pour capturer Saddam Hussein et le dirigeant d'Al Qaeda en Irak, Abu Musab al-Zarqawi. Le JSOC sous commandement de McChrystal a mené des raids et autres opérations contre des Résistants et ce sans coordination avec le commandant des autres forces US présentes en Afghanistan. Ces forces spéciales organisaient des raids dans des maisons suspectées d'abriter des dirigeants Résistants recherchés notamment dans des villages de la province du Herat provoquant la colère des habitants qui, alors qu'ils s'étaient tenus à l'écart des combats, ont pris les armes contre les forces régulières US, selon un article paru dans le New York Times de Mai 2007 écrit pas Carlotta Gall et David E. Sanger.
Alors que les médias américains encensent le choix du secrétaire à la Défense, Robert Gates, tel le Wall Street Journal qui écrit que McChrystal : "mènera cette sorte de guerre de contre insurrection" que Gates veut voir se développer en AfPak, parce que, sous son commandement en Irak, le JSOC avait impliqué " des unités spécialisées en guerre anti guérillas, incluant l'entraînement des armées étrangères", ils semblent confondre contre insurrection et contre terrorisme. Alors que les opérations de contre insurrection ont principalement pour but d'influencer la population pour " rallier les coeurs et les esprits" et sont non militaires, les opérations de contre terrorisme sont exclusivement militaires et se concentrent sur le ciblage de "l'ennemi" et sa destruction notamment par des raids aériens particulièrement meurtriers pour les civils vivant dans les zones de conflits. Aucun ne rappelle le lien étroit, direct, entre le criminel de guerre Dick Cheney, vice président de l'administration Bush qui encore tout récemment se vantait qu'en utilisant la torture Bush avait sauvé de nombreuses vies américaines, et McChrystal, qui en fait, à la tête du JSOC, recevait directement ses ordres de Cheney.
C'est Seymour Hersh, le journaliste d'investigation américain, qui le dévoile dans une interview accordée au www.gulfnews.com. le 12/05/09. Hersh y révèle que l'ancien vice président Dick Cheney a dirigé ces escadrons de la mort visant ceux considérés comme des "ennemis " de l'Amérique à l'étranger.
"... Ce que j'ai dit et ce que j'ai écrit à plusieurs reprises c'est qu'il y a une unité spéciale qui s'occupe de ciblage de personnes de haute valeur qu'on croit être impliqués dans des activités anti américaines, où qu'on croit planifier de telles activités. Du point de vue de Cheney ce n'est pas du meurtre mais mener la " guerre contre le terrorisme". Et de mon point de vue et de celui de mes amis, dont des personnes au sein du gouvernement, c'est fou. Le vice président commet un crime. vous ne pouvez autoriser l'assassinat de personnes et ce n'est pas simplement en Irak et en Afghanistan c'est dans un grand nombre d'autres pays, au Moyen Orient, en Asie du Sud, en Afrique du Nord et même en Amérique Centrale. Au début, un grand nombre de noms étaient désignés via le bureau de Cheney, l'un de ses aides, John Hanna, a révélé lors d'une émission de TV que ce programme existait et a dit que de tuer des gens ce n'est pas un meurtre mais un acte de guerre justifié légalement. L'ancien commandant du JSOC, (McChrystal ) vient juste d'être nommé nouveau commandant en charge de la guerre en Afghanistan, ce qui me paraît très intéressant".
L'interviewer, Abbas Al Lawati, lui demande par la suite de nommer les pays au Moyen Orient ou ces escadrons de la morts ont mené des opérations. Réponse de Hersh :
"Non, je ne peux pas, mais j'ai dit qu'il y avait 12 pays et je pense qu'il y en a beaucoup plus, mais vous n'avez pas besoin d'être spécialiste pour deviner. Je sais avec certitude qu'ils ont opéré en Irak, et en Afghanistan. IIs en ont parlé. Le fait est que les hommes qui font cela n'aiment pas ce qu'ils font. Certains sont des chasseurs de la Marine qui ont été entraînés à accomplir des trucs sous l'eau. Qu'est ce qu'ils font à travers les montagnes faisant du mal aux gens ? Je ne condamne pas les hommes mais la direction, le président qui pense que la "guerre contre le terrorisme" veut dire qu'il peut decider de la mort de quiconque sur la base de preuves souvent fausses...." Sur la relation JSOC Obama, Hersh dit : " Je pense vraiment que la relation avec le JSOC est entrain de changer sous Obama. Actuellement c'est plus sous contrôle".
Mais quelle différence ? La mission de ces escadrons de la mort reste la même, assassiner quiconque est considéré comme "ennemi" des Etats Unis quelqu' en soit les conséquences en zone de guerre pour les civils qui y vivent. Mais peut être, cette fois, est-ce le président, commandant en chef des forces armées US, et non plus le vice président , qui donnera directement ses ordres au JSOC via McChrystal notamment pour ce qui est d'AfPak.
En annonçant la nomination de McChrystal, le secrétaire à la défense US, Robert Gates, a fait l'éloge de ce dernier pour " son talent unique en matière de contre insurrection" et dit que la mission en Afghanistan "nécessitait un nouvel état d'esprit et de nouvelles approches par nos dirigeants militaires".
Depuis Mars, les raids du JSOC ont repris de plus belle, bien que sous le commandement de McKiernan le prédécesseur de McChrystal. La nomination de ce dernier a été retardée à cause d'accusations portées à son encontre sur sa responsabilité concernant des mauvais traitements subis par des prisonniers placés sous son autorité. L'armée US a semble-t-il couvert ces abus des droits des prisonniers, sous prétexte de la classification top secrètes des opérations du JSOC. En fait, McChrystal apprécie la torture des prisonniers. Il a fourni le personnel pour la Task Force 6-26, une unité d'élite composée de 1000 agents des forces spéciales qui torturaient déjà des prisonniers au camp Nama en 2003. Cinq officiers de l'armée ont été reconnus coupables de traitements dégradants. McChrystal n'a pas lui-même été directement impliqué dans ces abus, mais le slogan de l'unité en dit long sur la mentalité de ses "Boys" : " si vous faites en sorte qu'ils ne saignent pas, ils ne peuvent pas vous poursuivre pour ce que vous leur faites".
Le choix par l'administration Obama de McChrystal et par conséquent la priorité accordée aux opérations de contre terrorisme du JSOC - raids, attaques aériennes et leurs cortèges de victimes civiles et la colère des Afghans- augure mal de ce qui va se passer en AfPak. Certains, comme Lellouch Kouchner et consorts voudraient nous vendre une guerre "juste" pour assurer notre sécurité, apporter la démocratie, l'émancipation des femmes ect... en Afghanistan.
Cette guerre avec McChrystal à sa tête, n'est qu'une sale guerre d'occupation, à 100% la "Guerre d'Obama", où les vieilles méthodes utilisées en Algérie, en Indochine, en Amérique Latine refont surface cette fois avec l'appui d'une technologie aérienne de pointe (drones et leurs missiles tueurs dont Obama est friand...).
En donnant la primauté aux escadrons de la mort du JSOC en AfPak, Obama signale effectivement un changement de taille : il fait ouvertement ce que Bush/Cheney faisaient clandestinement.
Alors, encore combien d'enfants afghans massacrés vous faut-il pour réagir et cesser d'être hypnotisés par "l'effet diversité" d'Obama ?
Obama sera en France le 6 Juin. L'occasion de débarquer en Normandie pour dénoncer cette guerre stupide, exiger que la France retire ses troupes d'Afghanistan, et condamner Obama pour ce qu'il est : un criminel de guerre, et ce qu'il représente: un empire sur le déclin qui commet des massacres de civils sans défense méprisant le droit international humanitaire, pour dominer en Asie une région géostratégiquement importante, surtout parce que située sur la route des voies d'acheminement du pétrole et du gaz, ressources énergétiques convoitées par l'empire US.
Special Guignols De L'Info ObamaSarko Le 6 Juin

http://www.planetenonviolence.org/AfPak-Les-Troupes-US-OTAN-Sous-Commandement-De-L-Ex-Commandant-Des-Escadrons-De-La-Mort-De-Dick-Cheney_a1911.html


4-3 Jocelyn Coulon : L'Afghanistan des autres.

En visite à Washington depuis trois jours, le président afghan Hamid Karzaï (avec son hôte Barack Obama) a vite constaté que l'avenir de l'Afghanistan était toujours défini par les autres pays.

Le président afghan Hamid Karzaï vient d'achever une visite de trois jours à Washington qui s'est bien déroulée en apparence. Derrière les sourires de circonstances, le président demeure pourtant un spectateur impuissant face aux contradictions occidentales sur la meilleure stratégie à suivre afin d'établir la paix: renforcer le gouvernement de Kaboul ou décentraliser le pouvoir vers les provinces et les autorités locales.

À lire la presse occidentale et surtout américaine, ce débat se déroule essentiellement entre Occidentaux. L'avenir de l'Afghanistan est toujours défini par les autres, et les Afghans en font les frais.

Hamid Karzaï a été choisi et installé au pouvoir par les États-Unis et les membres de la coalition après la chute des résistants à la fin de 2001. Au cours des neuf dernières années, son gouvernement a reçu une aide internationale massive destinée à ce que les spécialistes appellent «la reconstruction et le renforcement de l'État central».

Cette option n'était pas forcément mauvaise. Depuis 1978, les guerres en Afghanistan avaient complètement déstructuré le pays et vidé l'État, du moins ce qui en faisait office, de la plupart de ses pouvoirs. Chefs de guerre, criminels, terroristes, mouvements politiques ont occupé ce vide avec les résultats qu'on connaît: interventions étrangères; coups d'État; mainmise d'Al-Qaeda sur le gouvernement et le territoire.

L'option de concentrer l'aide internationale sur la reconstruction de l'État avait soulevé quelques objections à l'époque, mais elles furent vite balayées. Un pouvoir fort, disaient les experts, permettrait de rétablir l'autorité sur le système politique et l'ensemble du territoire.

Parachuté président, Karzaï favorisait cette option d'autant plus qu'elle lui assurait des ressources afin de récompenser ses amis et de bâtir une base politique et une clientèle. On s'est aperçu rapidement des effets pervers du système: concentration excessive du pouvoir à Kaboul et au sein du clan Karzaï, corruption, marginalisation des provinces.

Les conséquences sont vite apparues. Par exemple, dans certaines provinces, des gouverneurs n'ont jamais reçu d'argent, et les fonctionnaires de l'État sont absents. Comment alors se surprendre si le président afghan est qualifié de «maire de Kaboul», que son pouvoir ne dépasse pas les alentours de la capitale et que les résistants réussissent à conquérir du terrain et à passer des alliances avec les laissés-pour-compte.

La nouvelle stratégie de contre-insurrection adoptée l'an dernier afin de renverser les gains des résistants consiste à combattre agressivement les résistants tout en travaillant au développement local. Il s'agit de gagner les cœurs et les esprits et de renforcer les pouvoirs locaux.

À cet effet, la coalition internationale exerce un maximum de pression sur Kaboul pour forcer une décentralisation des pouvoirs et une redistribution des ressources. Bien entendu, cela ne fait pas l'affaire de tous, le président afghan en tête. Dans les pages des grands quotidiens, experts et praticiens occidentaux se livrent une belle bataille intellectuelle sur la voie à suivre. Ils semblent tous savoir ce qui est bon pour les Afghans. À la notable exception d'un texte du président Karzaï - écrit pour plaire aux lecteurs américains -, je n'ai pas recensé une seule analyse de cette nouvelle orientation par un Afghan ou un spécialiste originaire de la région.

La schizophrénie qui teinte les efforts de l'Occident pour remettre sur pied l'Afghanistan transforme ce pays en un vaste champ d'expérimentation qui a et qui aura des conséquences pour la population locale.

Edward Luttwak, un des meilleurs analystes des guerres asymétriques, remarquait il y a peu que la nouvelle stratégie fondée sur l'augmentation du nombre de soldats occidentaux et la mise en oeuvre de principes de bonne gouvernance mettrait «un ou deux siècles» à produire des résultats compte tenu des caractéristiques particulières du pays et de ses classes dirigeantes. Et rien de dit que ces résultats seraient probants. Il suggère de retirer les troupes, d'armer les ennemis des résistants et de laisser les Afghans à leurs us et coutumes. Il y a là matière à réflexion.

Jocelyn Coulon
L'auteur (j.coulon@cerium.ca) est directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, affilié au CERIUM de l'Université de Montréal.
La Presse

15 mai 

VIDEO: Démonstration d'unité entre Barack Obama et Hamid Karzai http://www.youtube.com/watch?v=j0aaLjGjzXw&feature=player_embedded#!

http://www.cyberpresse.ca/opinions/201005/13/01-4280168-lafghanistan-des-autres.php


4-4 "Les gens que nous tuons ne méritent pas de vivre." (Président de "Blackwater")

5/05

Le président de la tristement célèbre compagnie privée américaine de sécurité "Blackwater", Eric Prince, a déclaré que les gens tués par les agents de sa compagnie, "ne méritaient pas de vivre", lors d'un discours, à l'Université du Michigan, dont une partie a été publiée par le magazine "The Nation". Il a qualifié les Irakiens, les Pakistanais et les Afghans de reptiles qui vivent dans des égouts!

 http://french.irib.ir/index.php/info/international/item/94977-qles-gens-que-nous-tuons-ne-meritent-pas-de-vivreq-president-de-qblackwaterq


4-5 Sara daniel : Profession chiens de guerre

Les mercenaires de Blackwater constituent la plus grande armée privée au monde.

Ils sont devenus, sous Bush, une pièce maîtresse de la machine militaire américaine.

Qui sont ces nouveaux prétoriens qui multiplient les coups tordus et se pensent au-dessus des lois ?

Quel sens a une guerre quand elle est conduite non plus par des États, mais par des sociétés privées ?

Pour quels intérêts se battent-elles exactement ? 

Cet article du Nouvel Observateur nous plonge dans les arcanes de la désormais célèbre société de mercenaires Blackwater, rebaptisée Xe Service , et de son fondateur Erik Prince. Malgré les nombreux signaux d’alarme parvenus jusqu’au Congrès américain sur les exactions de ces "mercenaires", comme en mars dernier où le contrat d’1 milliard de Dollars pour la formation de la police afghane par Blackwater a été questionné par les Sénateurs américains – les services de "la plus grande armée privée du monde" sont encore largement utilisés par l’Administration Obama, notamment sur les terrains afghans et irakiens.  

Le Nouvels Obs, 6 mai 2010

Les mercenaires de Blackwater constituent la plus grande armée privée au monde. Ils sont devenus, sous Bush, une pièce maîtresse de la machine militaire américaine. Qui sont ces nouveaux prétoriens qui multiplient les coups tordus et se pensent au-dessus des lois ? Une enquête de Sara Daniel

Ils sont armés de M4 automatiques capables de tirer 900 balles par minute, portent des lunettes noires Oakley et des pistolets. Ils ont des couteaux fixés aux jambes par des Velcro et des écouteurs vissés aux oreilles. Arrogants, brutaux, ils exhibent leurs biceps de 50 centimètres de circonférence dans les rues de Bagdad, Kaboul ou Peshawar, où ils veulent en découdre avec les musulmans, qu’ils appellent « hadjis ». Ils sont précédés par ce parfum de testostérone et de bavures qui soulève la haine sur leur passage. Ce sont les mercenaires de Black water, la plus grande armée privée au monde. Leur chef s’appelle Erik Prince.

Tout a commencé en 1997, quand ce milliardaire chrétien fondamentaliste de 28 ans se sent investi d’une mission divine et crée une entreprise militaire privée pour former les soldats américains. Après les attentats du 11 septembre 2001, elle va devenir l’une des pièces maîtresses du dispositif de guerre américain déployé par George W. Bush. Et l’administration Obama, engagée sur deux fronts, ne sait plus très bien aujourd’hui comment se passer de cette garde prétorienne. Car l’armée de Prince s’est rendue indispensable en se chargeant discrètement des basses besognes de la lutte contre le terrorisme.

Ses hommes sont au-dessus des lois et regardent avec mépris leurs camarades soldats qui doivent rendre des comptes à leur état-major. «Nous, nous sommes intouchables : si on est mis en cause, notre hiérarchie nous exfiltrera en douce dans le coffre d’une voiture… », racontait un employé de Blackwater, croisé en Irak. Car un décret établi par l’autorité provisoire de la coalition en 2004 protégeait les privés : selon « l’ordre 1 7», véritable permis de tuer, « les contractuels sont immunisés contre toute poursuite judiciaire émanant de l’Etat irakien » … Depuis, le décret a été aboli. Le jeudi 16 avril 2010, deux anciens employés de Blackwater ont été arrêtés aux Etats-Unis pour avoir tué deux Afghans et blessé un troisième, en mai 2009, à Kaboul.

Les deux mercenaires, âgés de 27 et 29 ans, sont poursuivis pour « meurtres sans préméditation » et « tentative de meurtre ». Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Ce serait une première : contrairement à plus de 300 militaires, aucun employé de Blackwater, en neuf ans de guerre, n’a encore été condamné pour des exactions commises en Irak ou en Afghanistan.

Une enquête de Sara Daniel
La tuerie de la place Nissour
Et pourtant... le 16 septembre 2007, un convoi de gardes du corps de Blackwater ouvre le feu sur les automobilistes de la place Nissour à Bagdad. Bilan : 17 civils tués et une vingtaine de blessés. C'est une terrible bavure, l'action mercenaire la plus sanglante de l'occupation irakienne. Un mois après le massacre, le fondateur de Blackwater est convoqué devant le Congrès pour s'expliquer. Erik Prince a troqué son treillis contre un beau costume bleu. Entouré d'une nuée d'avocats qui le coachent comme un sportif, il se drape dans son
patriotisme. Comment ose-t-on lui demander des comptes, à lui qui défend son pays contre les « méchants » ? Les démocrates espèrent alors que le carnage de Bagdad, qui, selon un militaire américain, a eu des conséquences aussi graves que le scandale des tortures à la prison d'Abou Graib, va enfin avoir raison de la première armée privée du monde. La tuerie de la place Nissour n'est-elle pas le 168e crime que la société se voit reprocher par le gouvernement irakien ? Hillary Clinton exige une loi qui interdirait tout simplement Blackwater en Irak.
Deux ans et demi ont passé et les démocrates, désormais au pouvoir, se montrent nettement moins sourcilleux. Hillary Clinton, devenue secrétaire d'Etat, a fait plusieurs fois appel à Blackwater pour assurer sa sécurité lorsqu'elle s'est rendue en Irak. En décembre 2009, un juge fédéral américain, alléguant des «irrégularités dans la procédure criminelle », a rejeté toutes les charges contre les mercenaires mis en cause dans la tuerie de la place Nissour. Aujourd'hui, les hommes de, Prince assurent toujours la sécurité de l'ambassade américaine à Kaboul, et Blackwater pèse 1,2 milliard de dollars.
La privatisation de la guerre serait-elle devenue un phénomène irréversible ? L'armée américaine, exténuée par deux guerres, n'arrive plus à se passer de ses « employés privés», et même des pires d'entre eux. Il y a aujourd'hui autant de chiens de guerre que de soldats réguliers en Irak. En Afghanistan, on compte 104 000 mercenaires pour 68 000 soldats américains. Fin 2010, ils seront environ 130 000 pour 120 000 militaires réguliers. Plus inquiétant : 50% des agents clandestins de la CIA sont des privés. Selon Michael Ratner, président du Centre pour les Droits constitutionnels, qui tente de traduire en justice les responsables de bavures, ce système est une subversion de la démocratie : « L'utilisation croissante de contractuels rend les guerres plus faciles à mener. Il faut juste de l'argent, pas l'accord des citoyens. » ?
L'entreprise de Prince, qui a décroché plus de 1,5 milliard de dollars de contrats publics entre 2001 et 2009 (dont plus de la moitié sans appel d'offres), est « une armée capable de renverser la plupart des gouvernements de ce monde », selon un membre du Congrès. Elle dispose de l'un des plus importants stocks privés d'armes lourdes, d'une flotte d'avions, d'hélicoptères Blackhawk, de navires, de véhicules blindés, de stands de tir, et ses bases américaines forment 30 000 policiers et militaires par an.
Son inquiétante puissance doit beaucoup aux liens qui unissent la famille Prince à la frange la plus religieuse du Parti républicain. Né en 1969 à Holland dans le Michigan, Erik Prince appartient à une riche et puissante dynastie d'équipementiers automobiles, qui contribue au financement de la droite religieuse. En 1992, le jeune homme, qui vient de soutenir la candidature de Pat Buchanan, leader de l'extrême-droite chrétienne, s'engage dans les Navy Seals, le corps d'élite des marines. Il servira en Haïti, au Moyen-Orient et en Bosnie. Lorsque son père meurt d'une crise cardiaque, Prince quitte à contrecoeur l'armée pour gérer la fortune familiale. Avec son héritage, qui s'élève à plusieurs centaines de millions de dollars, il décide de créer un centre d'entraînement privé pour les militaires américains. Il y a un marché à prendre : depuis les réductions budgétaires décidées par Dick Cheney, lorsqu'il était le secrétaire à la Défense de Bush père, l'armée a rogné sur ses budgets formation.
En 1997, donc, Prince crée Blackwater sur un terrain marécageux situé à Moyock, en Caroline du Nord. Il a compris le parti à tirer de la volonté du ministre de la Défense de sous-traiter à des entreprises privées une partie des tâches de l'armée. En 1999, à la suite du massacre du lycée de Columbine, dans le Colorado, au cours duquel 12 élèves sont assassinés par un de leurs camarades, Blackwater se voit confier le soin de former la police pour ses interventions en milieu scolaire. Mais c'est grâce à Ben Laden que l'entreprise va voir sa puissance décupler.
Après l'attaque suicide lancée contre le destroyer « USS Cole » en octobre 2000 dans le port d'Aden, Blackwater obtient un contrat de 37 millions de dollars avec la marine. Sur viennent les attentats du 11-Septembre. Pour l'administration Bush, le recours au privé devient une des clés de la victoire dans la «guerre contre la terreur». «Private is beautiful, explique Prince. Quand vous êtes pressé, avez-vous recours à la poste ou à Federal Express ?»
A l'époque, Rumsfeld vient de lancer sa campagne contre les prétendues armes de destruction massive irakiennes. Il cherche à réduire le pouvoir de la CIA, dont les démentis exaspèrent les conservateurs. «Notre ennemi est bien plus proche de nous. C'est la bureaucratie du Pentagone », déclare le ministre de la Défense. Selon lui, le recours à une garde prétorienne permettra de dissimuler certaines opérations sensibles à la vigilance du Congrès. C'est à ce moment que Prince ressent le besoin impérieux de reprendre le service actif. Le suprématiste chrétien, qui se sent investi d'une mission divine, ne veut pas se contenter d'engranger des contrats publics. Il contacte la CIA, qui l'éconduit dans un premier temps au motif qu'il n'a pas assez d'expérience de terrain... Ce n'est que partie remise.
Privatiser les casques bleus

En 2004, selon des sources proches desservices de renseignement américains, la CIA finit par intégrer Prince dans un réseau de citoyens-espions. Il prend du galon et coordonne des agents qui travaillent dans les pays de l'« axe du mal ». Il assure financer ses missions sur sa cassette personnelle : « Le Congrès me dépeint sous les traits d'un profiteur de guerre, alors que je paie de ma poche toutes sortes d'activités de renseignement pour renforcer la sécurité nationale des Etats-Unis», confie-t-il au magazine américain « Vanity Fair ». Blackwater se met à décrocher des contrats de plus en plus « sensibles ». L'entreprise avec sa filiale « renseignement » - Total Intelligence Solutions ressemble à une unité d'élite de la CIA. A ceci près que ses employés sont payés dix fois plus que les agents fédéraux. L'hémorragie des as du renseignement vers les officines privées est si importante que le directeur de la CIA, Porter Gross, demande aux sociétés privées d'arrêter de recruter dans la cafétéria de Langley (le siège de la CIA). Même Rob Richer, numéro deux du service des opérations clandestines de la CIA, a rejoint Blackwater...
L'entreprise s'est peu à peu rendue indispensable au dispositif militaire américain. L'assurance et l'ambition de Prince ne connaissent plus de limites. Il rêve de se substituer aux armées défaillantes du monde entier. Et d'abord à la plus vulnérable d'entre elles, celle des casques bleus : «Faites-moi la liste, si vous en êtes capable, des opérations de maintien de la paix que l'ONU aura vraiment menées à bien...», persifle le barbouze milliardaire en janvier 2006. Pour optimiser l'efficacité de l'organisation internationale, il a une idée : « Nous pourrions organiser une brigade internationale de professionnels. » Privatiser les casques bleus, l'idée est aussi irréaliste que choquante, mais elle séduit certains cercles influents de républicains évangélistes qui s'indignent des massacres au Darfour. Et aussi des experts plus indépendants, comme Max Boot, membre éminent du cercle de réflexion Council on Foreign Relations, qui publie dans le «Los Angeles Times » un article titré : « La solution pour le Darfour : envoyer des mercenaires ». C'est un véritable plaidoyer pour les guerriers privés : «Les géants moralisateurs qui dirigent l'ONU prétendent qu'employer des mercenaires est inacceptable. Plus inacceptable, semble-t-il, que de voter de vaines résolutions, d'envoyer des forces de maintien de la paix inefficaces et de laisser se poursuivre le génocide » (1).
Assassinats ciblés

Si Erik Prince, malgré le soutien de ses lobbyistes, ne réussit pas à convaincre « les géants moralisateurs » de privatiser les forces d'interposition de l'ONU, il collabore de 2004 à 2009 à la mission la plus secrète de l'histoire de l'administration Bush : les assassinats ciblés. Depuis le 11-Septembre, George Bush a en effet autorisé la CIA à supprimer des membres d'AlQaida sans laisser de traces. C'est dans la propriété personnelle de Prince, entre la piscine et le tennis, sur le stand de tir du domaine, que le commando va s'entraîner loin des curieux.

Selon une gorge profonde de la CIA, ses cibles auraient été Mamoun Darkazanli (un financier d'Al-Qaida résidant à Hambourg) ou encore Abdul Qadeer Khan, le scientifique pakistanais qui a transmis son savoir-faire nucléaire à l'Iran et à la Corée du Nord. Washington décide finalement de renoncer à l'opération. Mais les Etats-Unis et Prince n'en ont pas encore fini avec le « business » des assassinats...
En juin 2009, Leon Panetta, nouveau directeur de la CIA, réunit les commissions du renseignement du Congrès. Il vient de découvrir que l'Agence a dissimulé un vaste programme d'opérations clandestines au centre duquel se trouvent Blackwater et Erik Prince. Le 20 août, le « New York Times » révèle que Blackwater se chargeait entre autres d'armer les bombes sur les drones, ainsi que de pourchasser, voire de tuer, des membres d'Al-Qaida. Erik Prince, le sous-traitant de la CIA, disposait d'un « permis de tuer » sur la terre et dans les airs. Comment ce programme secret a-t-il pu ainsi fuiter dans la presse ? L'homme aux influences occultes est amer. Pour la première fois depuis des années, il consent à s'exprimer dans la presse.
C'est Adam Ciralsky, un ex-avocat de la CIA devenu journaliste, qui dresse son portrait dans « Vanity Fair » au mois de janvier dernier. Le Darth Vader de la croisade contre le terrorisme y donne sa version des faits et laisse entendre qu'il détient des informations compromettantes pour le système de renseignement américain. Il se présente comme un homme bien mal récompensé de son engagement au service des Etats-Unis. Il prétend qu'il veut se mettre au vert et, pourquoi pas, enseigner dans un collège !
Faut-il croire sur parole Prince, le barbouze mercenaire mégalomane qui est aujourd'hui à la tête de l'armée privée la plus puissante au monde ? Il sait bien que l'Amérique ne peut plus s'en passer. La créature de la droite religieuse, hydre à plusieurs têtes, est présente sous différents noms (elle en compte des dizaines) en Irak, mais aussi au Japon, dans les zones tribales pakistanaises ou en Azerbaïdjan. Elle prend en charge la sécurité intérieure, la technologie de surveillance, la guerre contre la drogue ou les opérations de maintien de la paix. Elle a ses fans et ses lobbies dans cette Amérique des milices et des « tea parties », ces rassemblements populistes de la droite anti-Obama qui se développent à la faveur de la crise, vomissent l'Etat fédéral et voudraient tout privatiser, même la conduite de la guerre.
L'émergence d'armées privées autonomes pourrait-elle conduire à « envisager l'avènement d'intérêts oligarchiques transnationaux ? », se demandait Georges-Henri Bricet des Vallons, dans un livre très informé sur les armées privées en Irak (2). Ce serait bien dans l'esprit du dernier projet d'Erik Prince : la création d'une brigade à déploiement rapide qui, moyennant finances, pourrait se mettre au service de gouvernements étrangers. Une manière de s'affranchir un peu de la tutelle d'une administration américaine qui a publiquement pris des distances envers son « Prince de l'ombre », sans jamais cesser, pourtant, de l'utiliser en coulisses.
source: nouvelobs

21 mai 2010

EDT par orientz
(1)Cité dans «Blackwater. L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde », de Jeremy Scahill, Actes Sud
(2) «Irak, terre mercenaire », Favre

http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=arti...

Références

Cité dans «Blackwater. L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde », de Jeremy Scahill, Actes Sud

«Irak, terre mercenaire », Favre

http://www.reopen911.info/News/2010/05/08/profession-chie...


4-6 Napakatbra : Le Pentagone plombé par ses sous-traitants... vive les fonctionnaires !

Le Pentagone vire ses mercenaires privés pour embaucher des soldats fonctionnaires, 44 000 euros moins cher....

Le Pentagone plombé par ses sous-traitants... vive les fonctionnaires ! –

Comment réduire les coûts du Pentagone ?

Grave question, à laquelle le Congrès vient de trouver une réponse : en remplaçant ses sous-traitants privés par des fonctionnaires, l'Etat économisera 44 000 dollars par poste !

Une pierre dans le jardin du l'ultralibéralisme et... un Nobel de l'économie pour Obama ?

Le département de la Défense américain estime qu'il pourra économiser 44.000 dollars tous les ans pour chaque poste de sous-traitant remplacé par un fonctionnaire, selon un rapport du Sénat détaillé par le Washington Post.

D'où le vote, samedi au Congrès, d'une ligne de crédit de 5 milliards de dollars pour embaucher de nouveaux agents gouvernementaux amenés à remplacer ces onéreux contractants, aux Etats-Unis comme à l'étranger. L'histoire ne dit pas combien d'employés seront embauchés, pas plus qu'elle ne précise le nombre de contractuels débauchés.

La faillite de la privatisation de l'armée

A l'occasion de la guerre en Irak, l'administration Bush a largement favorisé le recours au privé. À l'époque, les responsables de la Défense faisaient valoir que le Pentagone avait un besoin urgent et temporaire de personnel ; la guerre était encore considérée comme une opération devant se solder par un triomphe rapide. Le fait que les décès de mercenaires tués dans les zones de combat ne sont pas comptabilisés officiellement n'était pas pour déplaire non plus. Et le privé étant soumis à la sacro-sainte règle de libre concurrence, l'objectif était également d'économiser de l'argent. Las, l'an dernier, le Congrès a indiqué que le gouvernement devait s'acquitter de la modique somme annuelle de 250 000 dollars pour chaque employé contractuel engagé, là où il n'en dépensait que 200 000 pour un fonctionnaire du ministère.

Plus de mercenaires que de soldats de l'armée

Le 7 juin dernier, le rapport d'une commission bipartite révélait que près de 250 000 contractuels privés participent aux guerres d'Afghanistan et d'Irak.

En Irak, il y a quasiment autant de soldats privés (133 000) que de militaires gouvernementaux.

Quant à l'Afghanistan, ils sont plus nombreux (68 000) !

Sans compter le personnel non combattant. Et ça ne risque pas de s'arranger, car si Obama a décidé d'envoyer 30 000 fantassins supplémentaires en Afghanistan, les sous-traitants devraient voir leur nombre s'accroitre de 56 000.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")http://www.lesmotsontunsens.com:80/le-pentagone-plombe-par-ses-sous-traitants-vive-les-fonctionnaires-6600


4-7 Olivier Falhun: L’humanitaire à la mitrailleuse lourde….

(avec Thierry Allafort-Duverger, Alima

Alors que l’humanitaire s’arrache régulièrement les cheveux pour se défaire des amalgames avec le militaire, une catégorie d’acteur armé revient en force dans les conflits du nouveau siècle, au risque de brouiller la donne : les compagnies privées de sécurité.

Blackwater fait partie de ces groupes armés qui interviennent officiellement pour assurer la sécurité d’individus, protéger des intérêts économiques et stratégiques ou assurer la formation des forces de police ou d’armées régulières. C’est le cas en Irak ou en Afghanistan. Tirant la majorité de ses ressources de contrats gouvernementaux —en premier lieu du département d’Etat américain—, les mercenaires de Blackwater ont alimenté une série de scandales en Irak, la société ayant été accusée de nombreux raids offensifs meurtriers, impliquant notamment la CIA. Excédées par Blackwater qui a longtemps bénéficié d’une immunité en territoire irakien, les autorités du pays ont fini par mettre un terme à ses activités, après une fusillade ayant provoqué la mort d’au moins quatorze civils en septembre 2007. Pour se refaire une virginité et répondre aux nouveaux appels d’offre, Blackwater a depuis changé de nom. Et si les cinq mercenaires impliqués de la compagnie privée ont été poursuivis par le ministère de la Justice américain, le juge saisi du dossier a récemment prononcé un non-lieu, au motif d’aveux obtenus sous la contrainte.

Blacklistée par l’administration Obama qui annonce vouloir faire appel de cette décision, Blackwater reste donc dans le collimateur, et ce malgré les tentatives d’intimidation de son fondateur, Erik Prince, répétant à qui veut bien l’entendre que ses activités connues ne sont rien par rapport à celles qui le sont moins.
De fait, plusieurs raisons sont avancées depuis quelques années pour expliquer l’essor des compagnies de sécurité et des armées privées. D’abord, les difficultés rencontrées par les autorités américaines pour former une coalition lors de l’invasion en Irak auraient incité l’administration Bush à se tourner vers le secteur privé. Politiquement, l’emploi de ces sociétés masque aussi l’ampleur réelle du déploiement des forces étrangères, comme le coût humain d’une telle guerre, dont sont comptables les politiques auprès de leur électorat. Quant aux dépenses engagées dans les compagnies privées, elles seraient minorées par plusieurs facteurs, dont le faible montant des salaires versés aux nombreux salariés embauchés localement. Enfin et pour reprendre l’exemple irakien, l’annonce d’un retrait officiel des troupes américaines ne signifiera pas pour autant le retrait de ces compagnies privées protégeant divers intérêts, même si les contrats sont désormais signés sous licence irakienne.
Jeremy Scahill, journaliste et blogueur pour l’hebdomadaire The Nation, suit de près les activités de Blackwater. Après y avoir consacré un livre Blackwater. L'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde, il vient de publier sur son blog un article révélant le contenu d’un discours enregistré à l’insu d’Erik Prince, fondateur de la société.
Le 14 janvier dernier à l’Université du Michigan, l’ancien patron de Blackwater s’est ainsi présenté devant un parterre d’hommes d’affaires et de militaires triés sur le volet. Au-delà des propos ouvertement racistes et de ses analyses dont l’envergure dépasse rarement celle d’un timbre affranchi au tarif Ecopli, le fondateur de la compagnie de sécurité privée a livré quelques perles. Contre l’Iran qui incarne à ses yeux le mal absolu, Prince propose que des soldats armés de sociétés privées comme Blackwater soient déployés dans les pays comme le Yémen, la Somalie ou l’Arabie saoudite. « Les Iraniens y ont une très mauvaise influence. Vous ne pourrez pas remédier à cela par l’envoi massif de soldats en uniforme dans tous ces pays. Cette démarche est trop sensible politiquement. Le secteur privé peut en revanche y intervenir de manière très discrète. »
L’efficacité est l’argument régulièrement avancé par Erik Prince. En Afghanistan, ses mercenaires seraient bien plus capables que certains membres de la coalition «qui feraient mieux de plier bagage». A la Nouvelle-Orléans, il critique la Garde nationale de Louisiane et se targue d’avoir secouru 128 personnes en mobilisant immédiatement 145 hommes après l’ouragan Katrina. Prince vante ainsi les capacités de Blackwater sur tous les fronts, y compris l’humanitaire. Avec le soutien de généreux mécènes, il aurait envisagé la construction d’un cargo capable de transporter 1700 containers pour répondre à des catastrophes naturelles comme un tsunami ou un tremblement de terre. Et le boss d’évoquer Haïti pour regretter l’avortement de son projet: «A la place, nous avons été attaqués politiquement et avons dû payer des dizaines de millions de dollars en frais d’avocat au cours de ces dernières années».
Si Prince se fait roi dans la démagogie, il a pourtant le mérite d’exposer clairement l’une des formes les plus abouties du libéralisme : protéger, sauver, attaquer ou tuer sont autant de commandes que Blackwater inscrit dans son carnet simplement ajusté à la concurrence et aux lois du marché. Entre exactions meurtrières et actions salutaires, ce proche de l’administration Bush comme de la droite conservatrice et religieuse assume aussi pleinement cet éventail d’activités dissonantes au nom de «l’axe du bien».

Raison de plus pour les ONG de se démarquer des compagnies de sécurité privées, même si leurs dirigeants ne sont pas tous à l’image d’Erik Prince, prompt à célébrer les vertus offensives d’une armée mercenaire. La chose est néanmoins plus facile en théorie qu’en pratique.

Le dilemme des ONG

Dans le passé, les ONG n’ont parfois eu d’autre choix que de contracter une protection armée étrangère ou locale. En Sierra Leone par exemple, MSF l’avait envisagé il y a quelques années, au cas où ses équipes se trouveraient prises au piège des combats. Si l’occasion s’était présentée, un hélicoptère aurait alors été mobilisé par des mercenaires pour venir secourir les membres de l’ONG, moyennant 10 000 dollars. Dans certains contextes, les humanitaires peuvent aussi faire appel à des gardes embauchés localement dans un souci de protection et de dissuasion. La question est moins anecdotique qu’elle n’y paraît. Si elle n’empêche pas les enlèvements ou les assassinats, la présence d’hommes en arme semble parfois la condition sine qua non permettant d’exercer et de soigner les blessés.
Qui dit armes dit cependant possibilité de s’en servir, une hypothèse qui, même dans son acceptation défensive, reste «contre-nature». Sauver des vies au risque d’en tuer d’autres. Tel est le dilemme qui se pose aux humanitaires avec son corollaire: des patients ou soignants tués faute de mesures de sécurité adaptées. En acceptant la protection d’un groupe armé, les ONG s’exposent aussi à livrer leurs équipes à la merci d’un groupe : en 1993, MSF avait quitté la Somalie en raison de la confusion militaro-humanitaire, mais aussi parce que l’équipe était devenue l’otage de ses propres gardes armés. Les acteurs de secours risquent également d’aider financièrement un des belligérants, d’alimenter les caisses d’une entreprise étiquetée «terroriste» ou encore de dépenser des frais exorbitants par rapport au coût global du projet. Autant d’effets pervers que pèsent les humanitaires à l’aune des opérations qui sont envisagées. Au sein de MSF, les débats sont parfois vifs, houleux, les décisions emportent rarement l’adhésion pleine et entière de tous ceux qui sont amenés à les prendre.

Les ONG plus suspectes seules qu’en présence d’une garde rapprochée.
L’Irak marque toutefois une nouvelle étape. Arrivés en masse dans le sillage de la coalition, les ONG internationales ont été assimilées aux forces occupantes. Menacées et ciblées, elles ont ensuite déserté le pays avant de s’y réinvestir par l’intermédiaire d’organisations locales, par des dispositifs plus légers et discrets ou encore par des opérations menées à distance. A défaut d’accepter la protection d’un des belligérants, celles qui sont tentées d’y revenir se trouvent à présent confrontées à un double dilemme: agir de manière impartiale en étant au plus près des victimes et avoir accès aux endroits reculés en préservant la sécurité des équipes.
Devant cette équation, la tentation existe de faire appel à des compagnies de sécurité. Par leur nombre, leur visibilité et leurs moyens, elles sont incontournables et font désormais partie du paysage de la guerre. D’après certains, circuler seul en Irak rendrait les ONG plus suspectes qu’en présence d’une garde rapprochée. Pour les humanitaires, l’obsession de la démarcation serait donc questionnée. Ici, elles ont un choix à faire, une décision à prendre qui est loin de s’imposer. Certains ont recours à des sociétés privées, d’autres choisissent  d’embaucher localement leurs propres gardes, armés ou non, ou s’installent dans les zones déjà protégées. Pour atteindre et travailler dans les endroits risqués, des ONG franchissent le pas et travaillent sous escorte armée. D’autres sont plus réticentes, réduisent leurs déplacements ou leur visibilité, au risque de peiner à justifier l’impact de leurs opérations.
Une kyrielle de compagnies privées de sécurité a vu le jour en une dizaine d’années. Au niveau national comme international, chacun veut sa part du gâteau. Les compagnies anglo-saxonnes se voient désormais concurrencées par l’essor des sociétés locales soutenues par les autorités. Malgré la menace d’engendrer des nouveaux monstres ou de souffler sur les braises, elles apparaissent en Irak, en Afghanistan ou ailleurs comme une nouvelle donne avec laquelle il faut aujourd’hui composer, au risque demain de devoir négocier. Dans un article paru en juin 2009 dans le Monde, un employé britannique engagé en Afghanistan était interrogé. Bob le mercenaire confessait : «Pour nous, plus la situation sécuritaire se détériore, mieux c’est».

Erik Prince auditionné par le "House Oversight and Government Reform Committee" (Comité de surveillance et de réforme du gouvernement) sur la sécurité en Iraq et en Afghanistan, au Capitole à Washington, le 2 octobre 2007.

Olivier Falhun (avec Thierry Allafort-Duverger, Alima)

http://humanitaire.blogs.liberation.fr/msf/2010/05/lhumanitaire-%C3%A0-la-mitrailleuse-lourde.html



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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