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10/06/2010

n°44 - Dossier & Point de vue l d'Iran - 09-06 – Début :- L’accord tripartite nucléaire: une superbe gifle aux ennemis de l'Iran!

n°44 - Dossier & Point de vue l d'Iran - 09-06 – Début :- L’accord tripartite nucléaire: une superbe gifle aux ennemis de l'Iran!



Dossier d'Iran     n°44 du 09-06

                                C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier d'Iran" est  visible  sur les blogs : 

a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-nous contacter ou obtenir le Journal par mail,une seule adresse :fa032881@skynet.be 



Sommaire : 

Tiré à part :

L'ONU sanctionne l'Iran

Sanctions de l'ONU contre l'Iran: "une victoire à la Pyrrhus"

 1 Dossier & Point de vue

1-1 Nucléaire : Lula à Téhéran pour une mission de la "dernière chance".

1-2 L’accord tripartite nucléaire: une superbe gifle aux ennemis de l'Iran!  

1-3 Dmitri Kossyrev : Moscou et Pékin ont réussi à trouver un terrain d’entente avec les Etats-Unis.

1-4 Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesco : Nucléaire et pétrole dans le grand jeu iranien.

1-5 Mireille Delamarre : Comment les US ont acheté le vote sanction russe contre l'Iran.

1-6 Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesco : Conférence de l’ONU à New York : Un Moyen-Orient libéré des armes nucléaires…(mais pas les USA).

1-7 Mireille Delamarre : Petraeus a signé une directive « secrète ».

1-8 Anne Applebaum : Si les Etats-Unis n'attaquent pas l'Iran, d'autres risquent de le faire et notamment Israël.

Suite

2 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

2-1 Patria grande :  “Il y a des gens qui ne savent pas faire de politique sans ennemi”.

2-2 Fidel Castro Ruz : L’Empire et la guerre.

Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Thierry Meyssan : Basculement stratégique au Proche-Orient.

3-2 L’Iran désarme les Etats-Unis et leurs alliés.

3-3 Hassan Moali : Le projet de sanctions soulève des réserves…Washington atomise le consensus contre l’Iran.

Fin  

3-4 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

3-5 Alain Gresh : Iran, vers « une communauté internationale » post-occidentale ? 

3-6 Alain Gresh : L’Iran, une puissance militaire majeure ?

3-7 Alain Gresh : Consensus international contre l’Iran ?

3-8 Karl Müller : La campagne contre l'Iran et le droit international.

4 Annexe

4-1 Le Moyen Orient entre  le mémorandum de Robert Gates et les manœuvres iraniennes dans le Golfe .

4-2 L'OTAN adapte son concept stratégique pour la prochaine décennie.

4-3 Michel Peyret : Histoire de l'Union des militants communistes Iranien. 

 



Tiré à part :

L'ONU sanctionne l'Iran

NEW YORK (Nations unies) - Le Conseil de sécurité de l'ONU a infligé mercredi des sanctions à l'Iran, pour la 4e fois depuis 2006, pour tenter de le convaincre de suspendre ses activités nucléaires sensibles et rassurer la communauté internationale sur la nature pacifique de son programme.

Le Conseil a adopté dans ce but la résolution 1929, rédigée par les Etats-Unis et co-parrainée par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, par 12 voix contre 2 et une abstention. Le Brésil et la Turquie ont voté contre, le Liban s'est abstenu.

Le texte reprend et élargit le champ des sanctions déjà adoptées à trois reprises par le Conseil en décembre 2006, mars 2007 et mars 2008.

Il prévoit notamment que l'Iran ne pourra investir à l'étranger dans certaines activités sensibles comme les mines d'uranium et que ses navires pourront être inspectés en haute mer. Ces inspections n'étaient jusqu'ici autorisées qu'à quai.

Le projet interdit aussi la vente à l'Iran de huit nouveaux types d'armements lourds, notamment des chars.

Il s'accompagne de trois annexes contenant des listes de particuliers, d'entités et de banques de nationalité iranienne qui s'ajouteront à ceux qui sont déjà frappés de sanctions individuelles -- gel des avoirs financiers et interdiction de voyager à l'étranger.

Les annexes ne contiennent qu'un nom de particulier, Javad Rahiqi, chef du Centre de technologie nucléaire d'Ispahan de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (AEOI), mais 40 noms d'entités et banques.

(AFP /

 09 juin 2010 17h37)

http://www.romandie.com/infos/News2/100609153701.ibkeeqdj.asp

 

Sanctions de l'ONU contre l'Iran: "une victoire à la Pyrrhus"

La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU imposant de nouvelles sanctions à l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé est une "victoire à la Pyrrhus", a estimé mercredi le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

"C'est une victoire à la Pyrrhus", a déclaré Lula lors d'une visite à Natal, dans le nord-est du Brésil.

Le géant latino-américain, qui est actuellement membre non permanent du Conseil, est l'un des deux pays, avec la Turquie, à avoir voté contre les sanctions. Douze ont voté pour et un s'est abstenu, le Liban.

"C'est un épisode qui affaiblit le Conseil de sécurité des Nations Unies. Le Conseil de sécurité représente le même rapport de forces qu'en 1948 quand il a été créé", a déclaré le président brésilien, qui prône une réforme de cette instance mondiale et l'inclusion du Brésil parmi les membres permanents.

"La géographie économique du monde a changé et nous voulons que l'ONU ait des gens d'Amérique latine, d'Asie", a ajouté Lula.

Lula a milité depuis des mois contre de nouvelles sanctions à l'Iran et privilégié la voie du dialogue.

"Je suis triste, car tout le monde au Conseil (de sécurité de l'ONU) est favorable à une réforme. Tout le monde dit que le Brésil doit en faire partie, mais cela fait déjà 17 ans", a-t-il dit.

"Moi, sincèrement, j'espère que (le président iranien Mahmoud) Ahmadinejad restera tranquille. J'ai beaucoup parlé avec le Premier ministre turc (Recep Tayyip Erdogan) et nous avons décidé de voter contre les sanctions parce que notre nom figure dans un accord", a poursuivi Lula.

Le Brésil, la Turquie et l'Iran ont signé le 17 mai à Téhéran un accord prévoyant l'échange en Turquie de 1.200 kg d'uranium iranien faiblement enrichi (3,5%) contre 120 kg de combustible enrichi à 20% fournis par les grandes puissances et destinés au réacteur de recherche de Téhéran.

Cet accord a été reçu froidement par les grandes puissances nucléaires, qui soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme civil, ce qu'il dément.

Lula a déploré également que les membres permanents - Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Chine et Russie - se sentent, selon lui, "les maîtres du Conseil".

Pour le Brésil, les sanctions ne sont pas un instrument "efficace".

Le président iranien, pour sa part, a déclaré que les nouvelles sanctions étaient "bonnes à jeter à la poubelle".

(AFP / 09 juin 2010)

http://www.romandie.com/infos/News2/100609201120.oq2s2y9h.asp

 



1 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication de l'article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information. 

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

1-1 Nucléaire : Lula à Téhéran pour une mission de la "dernière chance".

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, arrive dimanche à Téhéran pour une mission, qualifiée de la "dernière chance" par Washington, afin de trouver une solution négociée entre la communauté internationale et l'Iran sur son programme nucléaire controversé. "Je pense qu'on peut considérer que la visite de Lula est sans doute la dernière chance de dialogue", a dit jeudi un haut responsable du département d'Etat américain sous le couvert de l'anonymat.

Le Brésil, membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, prône le dialogue et s'oppose aux nouvelles sanctions contre l'Iran réclamées par les pays occidentaux, qui soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique.

Néanmoins, Lula attend un geste de la part de l'Iran qui contribue à trouver une solution négociée.

A Téhéran, il rencontrera le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la révolution islamique, et l'ayatollah Ali Larijani, président du parlement.

Lula "n'apportera aucune proposition de nouvelle solution". "Ce que le président souhaite c'est favoriser un processus de dialogue qui puisse aboutir à un accord", a déclaré jeudi son porte-parole, Marcelo Baumbach.

Selon lui, "le Brésil considère que des éléments techniques créant une ouverture en vue d'un éventuel accord sont déjà sur la table depuis octobre". La clé du problème consiste à trouver une formule satisfaisante pour les deux parties permettant à l'Iran d'enrichir de l'uranium à 20% hors de ses frontières, une opération qui se ferait sous la houlette de l'Agence internationale d'énergie atomique (AIEA). Téhéran veut que l'échange d'uranium faiblement enrichi contre de l'uranium fortement enrichi soit simultané : l'Iran livre une quantité d'uranium à 5% et reçoit immédiatement un volume équivalent enrichi à 20%, rappelle l'ambassadeur d'Iran à Brasilia, Mohsen Shaterzadeh.

Si cette condition est acceptée, l'Iran sera prêt à négocier le lieu où se fera l'échange, qui pourrait être la Turquie, ajoute-t-il. "La Turquie est un allié du Brésil dans cet effort. C'est un pays au-dessus de tout soupçon, qui fait partie de l'OTAN. De plus, il est voisin de l'Iran, de sorte qu'il a intérêt à préserver la sécurité dans la région", a souligné le porte-parole de Lula. Le Brésil pourrait jouer les garants politiques de cet échange et conforterait ainsi sa prétention à devenir un acteur international de premier plan. Le président français Nicolas Sarkozy a manifesté son "soutien total" à Lula avant cette visite. Pour l'experte en relations internationales Sabrina Medeiros, l'initiative du Brésil est cohérente avec ses priorités. "D'un côté l'Iran est un important partenaire commercial. De l'autre, cela permet une projection internationale du Brésil sur la scène mondiale en vue d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU", a-elle dit à l'AFP. Pour elle, le Brésil a de solides arguments pour être une "bonne source de dialogue" puisque sa Constitution interdit l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins non pacifiques. Mais un ancien chef de la diplomatie, Luiz Felipe Lampreia, juge l'initiative risquée. Si l'Iran n'arrive pas à prouver que son programme nucléaire est pacifique "cela va causer des pertes matérielles et politiques incalculables" aux ambitions politiques brésiliennes, estime-t-il.

14.05.
http://www.lemonde.fr/depeches/2010/05/14/nucleaire-iranien-lula-a-teheran-pour-une-mission-de-la-derniere-chance_3244_108_42448704.html


1-2 L’accord tripartite nucléaire: une superbe gifle aux ennemis de l'Iran!  

Alors que beaucoup se sont réjouis de l’accord tripartite nucléaire conclu entre l’Iran, la Turquie et le Brésil, certains n'ont pas pu  étouffer leur haine voir leur jalousie morbide envers l’Iran !
Ainsi, le commandant en chef de l'Otan en Europe, l'amiral américain James Stavridis, a jugé que l'accord conclu par l'Iran avec la Turquie et le Brésil constituait un "développement potentiellement positif" pour résoudre la crise autour du programme nucléaire iranien.
Même son de cloche pour le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit qui a félicité cet accord en assurant qu'il constituait un "pas positif". 
  Or, ces commentaires positifs sur l'accord contrastaient avec les réactions -pour le moins que l’on puisse dire- froides des Occidentaux, qui cherchent à faire adopter aux Nations Unies des sanctions renforcées contre Téhéran. 
"Ne nous leurrons pas : une solution à la question du (réacteur de recherche civil iranien) TRR, le cas échéant, ne règlerait en rien le problème posé par le programme nucléaire iranien", a résumé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. 
"Le coeur du problème nucléaire iranien, c'est la poursuite des activités d'enrichissement à Natanz, la construction du réacteur à l'eau lourde d'Arak, la dissimulation du site de Qom, les questions des inspecteurs de l'AIEA laissées sans réponse à ce jour", a insisté Bernard Valero. 
A Berlin, le porte-parole adjoint du gouvernement allemand, Christoph Steegmans, a relevé que l'important était "que l'Iran et l'AIEA parviennent à un accord. Cela ne peut pas être remplacé par un accord avec d'autres pays". 
"L'Iran reste une sérieuse source d'inquiétude" notamment en raison de son manque de "coopération avec l'AIEA", a notamment commenté le sous-secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères Alistair Burt, assurant qu'il fallait "continuer" d'œuvrer à l'ONU pour des sanctions. 
 Et le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, de renchérir : "Notre position n'a pas changé: nous sommes très préoccupés par le programme nucléaire iranien".
 Des sources occidentales proches de l'agence onusienne de surveillance nucléaire - l'AIEA avait elle même proposé à Téhéran un programme d'échange d'uranium, finalement rejeté par l'Iran - se montraient elles aussi circonspectes. 
"Convenir de l'apport en combustible pour ce réacteur (de recherche ndlr) ne va pas changer la donne aux yeux de la communauté internationale", résumait ainsi à Vienne un diplomate occidental sous couvert de l'anonymat. 
 L'annonce peut "constituer un pas dans la bonne direction" mais "ne répond pas à toutes les inquiétudes" a aussi insisté un porte-parole du chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton. 

17/05

 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=137976&language=fr


1-3 Dmitri Kossyrev : Moscou et Pékin ont réussi à trouver un terrain d’entente avec les Etats-Unis..

Moscou et Pékin ont réussi à trouver un terrain d’entente avec les États-Unis et d’autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU quant au léger durcissement des sanctions contre l’Iran à propos de son programme nucléaire.

Cet événement est d’autant plus intéressant qu’il coïncide pratiquement jour pour jour avec une date anniversaire.

En effet, il y a quatre-vingt dix ans, le 20 mai 1920, la Russie et l’Iran concluaient un accord de reconnaissance mutuelle. Jour mémorable.

Si l’on observe les événements survenus ultérieurement dans le domaine des relations entre la Russie et l’Iran, on arrive à la conclusion plutôt étonnante que presque chaque date anniversaire ressemble à l’actuelle. Cela donne l’impression que l’Iran est pour notre diplomatie une épreuve envoyée par les forces célestes afin de la fortifier et de lui donner une leçon à tirer. Cela vaut aussi, apparemment, pour notre société.

Mais parlons d’abord de l’accord en question : il avait été conclu afin d’instaurer un pouvoir soviétique à Bakou en Azerbaïdjan à un moment précis, et le commerce iranien exigeait de la part des autorités de lui laisser les mains libres. L’Iran a reçu de la part de son nouveau partenaire de Moscou un cadeau inattendu, dès 1917 : l’accord sur la division de la Perse (Iran) a été rompu et détruit par la nouvelle Russie. Après l’accord du 26 février 1921, la Russie a signé un contrat avec l’Iran, selon lequel elle renonçait solennellement à toute trace matérielle de la colonisation russe de l’époque de la monarchie. Les traces matérielles, ce sont les ports, les routes, les banques et bien d’autres choses encore.

Et si l’Angleterre, l’acteur principal en Iran, éprouvait quelque chose à l’égard de Lénine et de Trotsky, ces tendres sentiments ont disparu à la suite d’une telle action de propagande anticoloniale.

Mais vingt ans plus tard (date ronde), l’Iran refusait de coopérer avec l’Allemagne hitlérienne.

C’est alors qu’en 1941 l’Iran est devenu une base utilisée pour la préparation des opérations en direction du Caucase et le regroupement des armements importés, le pays regorgeait d’espions.

En 1941, la Russie se voit obligée d’occuper l’Iran de pair avec son ennemi juré, l’Angleterre.

C’est la raison pour laquelle la fameuse conférence de novembre-décembre 1943 a eu lieu en Iran, quand la coalition antihitlérienne a été constituée de façon pratique.

Il est difficile d’admettre que, suite à tous ces événements, la Russie est devenue la meilleure amie de l’Iran.

Voilà que vingt ans après cet accord la Russie et l’Iran se retrouvent à nouveau opposés de part et d’autre de toute ligne de démarcation possible. Au lieu de conclure un accord d’amitié et de non-agression avec l’URSS, l’Iran signe un accord similaire avec les États-Unis, un accord franchement militaire. La rupture avec la Russie semble alors proche. Quand la situation est devenue critique en 1962 - c’était l’époque de la crise cubaine et de la diplomatie de Khrouchtchev -, l’Iran a refusé d’héberger sur son territoire des bases de missiles américains et de permettre de mener une agression contre l’URSS via son territoire. Bref, si vous aimez les montées d’adrénaline, menez des négociations avec l’Iran...

Par la suite tout s’est arrangé. De nouveau la date anniversaire approche (1980) mais l’Iran avait changé après la révolution un an déjà auparavant, et l’URSS est devenue le « petit Satan » occupant la deuxième place derrière le « grand », c’est-à-dire les États-Unis. C’était le signal que le monde bipolaire est en train de disparaître. Ce genre de choses ne se remarque que de loin, mais avec l’Iran il a fallu tout recommencer à zéro.

La date anniversaire approche de nouveau (1990) quand l’Iran condamne à mort l’écrivain britanno-pakistanais Salman Rushdie pour son roman antimusulman Les versets sataniques. Or maintenant l’autre pays est maintenant de notre côté de la frontière, et la condamnation à la peine de mort pour une œuvre littéraire, apparu partiellement en URSS précisément en 1990, a vraiment déplu ici à un très grand nombre de gens.

Les événements de 2000 sont tout autant intéressants. Cinq ans avant, la Russie avait rompu tout contact militaire avec l’Iran (conformément aux accords Gore – Tchernomyrdine) mais quand, en 1999, la guerre éclate en Yougoslavie, Moscou connaît aussi des changements. Le maréchal Sergueïev se rend à Téhéran et signe un accord sur le rétablissement de la coopération militaire et technique.

Il ne nous reste qu’à s’exclamer, comme disait l’écrivain Gaïdar : « Quel pays, quel pays étonnant ! ... », pays avec lequel tout va toujours de travers. Comme, par exemple, dans la situation actuelle, où Moscou a protégé pendant des années l’Iran des assauts des anciennes administrations américaines au risque de s’attirer des ennuis. Or, l’ennui principal, au moins pendant le mandat de George Bush, aurait pu être la perspective d’une guerre irano-américaine, autrement dit une catastrophe géopolitique en mer Caspienne et en Asie centrale. Tout le reste était secondaire. Aujourd’hui la situation est différente et l’Iran semble faire exprès de se créer le plus de problèmes possible.

Mais revenons à la citation de l’écrivain. Il est possible que le fond du problème soit précisément lié à ce pays étonnant.

Premièrement, les relations diplomatiques, en d’autres termes, les relations entre les diplomates, entre les secrétaires généraux, entre présidents et shahs.

Deuxièmement, ce qui compte, c’est le pays lui-même, l’Iran, vieux pays. C’est un pays réellement étonnant et l’avenir de nos relations ne se fera qu’en passant outre les subtilités des relations entre leurs gouvernements. Nous vivons dans une ère de relations entre peuples, et non plus seulement entre États.

C’est alors que la société russe découvrira beaucoup de choses intéressantes.

Par exemple, que l’Iran est l’une des trois civilisations les plus anciennes avec l’Inde et la Chine, à avoir existé sans discontinuer.

L’Iran existait déjà en 3000 av. J.-C. quand l’Europe était calme et vide.

Pour cette raison un voyage touristique en Iran est un grand bonheur et en général les relations avec la population d’une culture ancienne diffèrent beaucoup de celles qu’on peut avoir avec des pays à l’histoire récente. Les Iraniens ont contribué à l’émergence des religions du monde. Ils ont créé un système de division administrative et de secteurs d’activité.

De plus, nulle part ailleurs on n’a pu observer une telle concentration de poètes aussi talentueux dont les traductions, oui, sont en vente.

Pour terminer, les perruques longues jusqu’à la taille et autres innovations à la mode du temps de Pierre Ier faisaient assez bon effet.

Quant à la tenue vestimentaire plus ancienne, quelle qu’elle fût, curieusement elle était désignée unanimement d’un mot persan : kaftan, sarafan (une robe d’été) ?

Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.

Dmitri Kossyrev, commentateur politique pour RIA Novosti

24/05/2010

http://www.comite-valmy.org:80/spip.php?article660


1-4 Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesco : Nucléaire et pétrole dans le grand jeu iranien.

La Russie et la Chine sont à bord” a annoncé avec satisfaction la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, quelques heures avant que l’ébauche de résolution sur les sanctions contre l’Iran ne soit mise en circulation au Conseil de sécurité. Cette résolution prévoit d’empêcher Téhéran de faire des investissememts à l’étranger  “s’il y a des raisons de croire que ceux-ci sont liés à la prolifération nucléaire”, d’étendre l’embargo à divers types d’armements (chars d’assaut, avions, navires) et d’instituer un régime d’inspections des “cargos suspects” dans les ports et en pleine mer. Mais pour le navire de guerre de l’embargo, sur lequel se sont aussi formellement embarqués Pékin et Moscou, on prévoit une mer agitée.

A la veille de la présentation de l’ébauche de résolution, qui sera mise au vote à une date non encore définie, a été annoncé l’accord prévoyant que l’Iran  enverra en Turquie et au Brésil de l’uranium faiblement enrichi, en échange d’uranium enrichi à 20% qu’il s’engage à utiliser à des fins exclusivement civiles. L’Iran a donc respecté ce à quoi il s’était engagé, en novembre dernier, dans l’unique rencontre formelle avec les négociateurs états-uniens. Après avoir défini l’accord comme “un moment de changement historique”, le gouvernement turc, membre non-permanent du Conseil de sécurité, a déclaré que des sanctions ultérieures  contre l’Iran ne sont plus nécessaires. Idem pour le gouvernement brésilien, lui aussi membre non permanent du Conseil de sécurité. La Chine et la Russie, membres permanents, ont contemporainement exprimé leur total soutien à cet accord.

Dans la “question iranienne”, sont ainsi en jeu des intérets divers et opposés. Il y a la Turquie, laquelle, avec sa position géostratégique entre Moyen-Orient et Europe, ne veut plus être un simple homme de troupe des Etats-Unis mais aspire à un rôle autonome de plus grand poids. Faisant référence aux Etats-Unis, le président turc Erdogan a déclaré: “Nous en sommes au moment où il s’agit de discuter si nous croyons à la supériorité de la loi ou à la loi des supérieurs. S’ils ont encore des armes nucléaires, quelle crédibilité ont-ils pour demander à d’autres de ne pas en avoir?”. Ce même message est, implicitement, adressé à Israël qui, à la différence de l’Iran, n’adhère pas au Traité de non-prolifération et ne reconnaît pas officiellement qu’il possède des armes nucléaires, bien qu’il en possède une centaine ainsi qu’environ un demi quintal de plutonium à usage militaire. Il y a le Brésil, lequel aspire à un rôle autonome comme puissance régionale en opposition à l’”Aire de libre commerce des Amériques” (Alca) dominée par les USA, mais aussi contre les tentatives des USA de déstabiliser le Venezuela et le Honduras, et contre l’embargo contre Cuba. A travers l’accord avec l’Iran, le Brésil entre maintenant dans la complexe situation moyen-orientale.

Et il y a la Chine et la Russie, engagées dans un bras de fer avec les USA pour redessiner la carte énergétique moyen-orientale, et pour lesquelles les accords avec l’Iran sont fondamentaux. La Chine qui l’été dernier a signé des accords avec Téhéran pour un montant de 8 milliards de dollars, participe de plus en plus à l’exploitation des gisements  iraniens de pétrole et de gaz naturel, dont elle importe des quantités en augmentation telle qu’elle est devenue le plus grand partenaire commercial de Téhéran. La Russie est en train de faire de même : Gazprom a signé en mars dernier un gros contrat avec la société iranienne Nioc. S’insère dans ce cadre la “guerre des oléoducs et des gazoducs” qui décidera à travers quels corridors énergétiques le pétrole et le gaz de la Caspienne doivent être transportés vers les pays consommateurs. Après avoir gagné le premier round, avec l’oléoduc qui relie le port azéri de Bakou au port turc de Ceyhan en contournant la Russie, les USA et la Grande-Bretagne ont perdu du terrain, tandis que la Russie et la Chine en ont gagné, en ouvrant actuellement des corridors énergétiques dirigés surtout vers l’est. En janvier dernier a été inauguré le gasoduc Dauletabad-Sarakhs-Khangiran qui transporte le gas naturel du Turkménistan en Iran, permettant à celui-ci d’accumuler un surplus de matériau destiné principalement au marché chinois. Téhéran a en même temps établi un accord avec Ankara pour la fourniture de gaz turkmène, qui devrait arriver en Turquie via l’Iran. Téhéran aspire ainsi, grâce à sa position géographique, à faire de l’Iran un noeud fondamental des corridors énergétiques vers l’est comme vers l’ouest.

De ce fait, quoi qu’il fasse, l’Iran reste dans le collima-teur  de Washington, dont les intérêts stratégiques ne permettent pas que puisse s’affirmer au Moyen-Orient une puissance se soustrayant à l’influence états-unienne ou, pire, hostile aux Etats-Unis. D’où l’ébauche de résolution, dont Washington sait bien qu’elle ne sera pas en mesure d’imposer un embargo hermétique, mais qui pourra toujours servir à accuser l’Iran de “graves violations” pour pouvoir l’attaquer militairement. L’Iran, bien que ne possédant pas d’armes nucléaires, a cependant une force bien supérieure à celle qu’avaient l’Afghanistan et l’Irak quand ils ont  été attaqués et occupés par les USA. Une troisième guerre du Golfe aurait donc des effets destructeurs bien plus grands et des répercussions bien plus graves à l’échelle mondiale.

Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesco

31 mai 2010“

Edition de mardi 25 mai 2010 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Articles de Tommaso Di Francesco publiés par Modialisation.cahttp://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19442


1-5 Mireille Delamarre : Comment les US ont acheté le vote sanction russe contre l'Iran.

Le consentement de la Russie pour une nouvelle résolution avec amplification des sanctions contre l’Iran au CSONU a été acheté par Washington.

Explications.

Le revirement de Moscou concernant de nouvelles sanctions au CSONU contre l’Iran, qui refuse de stopper son programme d’enrichissement d’uranium sous contrôle de l’AIEA alors que signataire du TNP l’Iran a tout à fait le droit de le faire, a été obtenu suite à un savant marchandage Washington/Moscou.
Selon le Washington Post du 22/05/2010, l‘explication de cet accord de dernière minute pour obtenir le soutien de
la Russie à ces nouvelles sanctions onusiennes contre l’Iran a été révélée vendredi quand l’administration Obama a déclaré avoir levé les sanctions contre quatre entités russes impliquées dans le commerce « illégal » d’armes avec l’Iran et la Syrie depuis 1999.
La levée des sanctions a été enregistrée vendredi dans le Registre Fédéral, cela juste trois jours après l’annonce par la secrétaire d’état US, Hillary Clinton, que
la Russie avait donné son accord pour de nouvelles sanctions au CSONU contre l’Iran.
La Russie s’était plainte depuis longtemps de ces sanctions américaines touchant notamment Rosoboronexport, une entreprise d’état exportatrice d’armes et qui avait été sanctionnée pour des ventes à l’Iran en 2006 et 2008.

Mais Moscou a marchandé la levée des sanctions ces derniers jours bien que les Américains aient affirmé avoir le OK de la Russie pour les sanctions depuis un certain temps déjà.
Les sanctions ont également été levées contre le Moscou Aviation Institute, sanctionné depuis 1999 pour avoir aidé l’Iran à développer ses missiles balistiques.
La D.Mendeleyev University of Chemical Technology of Russia avait également été sanctionnée depuis 1999 pour avoir aidé l’Iran dans son programme de missiles de même que le Tula Instrument Design Bureau, sanctionné la même année pour avoir fourni des équipements anti tanks à la Syrie.
Depuis
le début de l’année, l’administration Obama a également levé les sanctions contre deux autres entités russes Glavkosmos et Baltic State Technological University pour avoir travaillé avec l’Iran.
Pour faire échec à l’accord entre
la Turquie, le Brésil et l’Iran sur l’échange de LEU à 3.5% contre du LEU enrichi à environ 20% en Turquie sous contrôle de l’AIEA pour son réacteur de recherche nucléaire de Téhéran fabricant des isotopes pour traiter les malades iraniens contre le cancer, échange réclamé par le P5+1 mais en fait prétexte à vouloir confisquer l’uranium enrichi à 3.5% par l’Iran, les US ont lancé toute une série de négociations marathon avec la Russie et la Chine deux pays récalcitrants avec un droit de veto au CSONU.
Selon certains responsables américains l’administration Obama a fait en sorte qu’il y ait dans la formulation de la proposition de résolution de sanctions une lacune concernant l’interdiction de vente d’armes qui permettrait aux Russes d’honorer la vente de missiles anti missiles S300 à l’Iran, vente conclue en 2005 d’un montant de plusieurs centaines de millions de dollars, déjà payés, retardée depuis 2007 sous la pression des américains et des israéliens.
Ces systèmes de missiles anti missiles S300 que Moscou affirme vouloir livrer à Téhéran mais dont la livraison aurait été retardée selon les Russes pour des « problèmes techniques » sont capables d’intercepter des missiles balistiques et d’abattre des avions de combat, et rendraient les sites d’installations nucléaires iraniens inattaquables notamment par les Israéliens.
Selon la proposition de résolution qui doit encore être discutée au CSONU celle -ci interdirait la vente de 8 catégories d’armes conventionnelles, dont des « missiles et systèmes de missiles comme définis selon le critère du Registre des Armes Conventionnelles de l’ONU ». Ce Registre inclus les missiles sol sol et les systèmes de missiles air sol mais pas les systèmes défensifs de missiles sol air.
Malgré l’offensive américaine pour faire passer cette nouvelle résolution amplifiant les sanctions contre l’Iran, Téhéran a décidé d’aller de l’avant dans son accord d’échange de LEU conclu avec le Brésil et
la Turquie. L’Iran va transmettre une lettre officielle lundi au secrétaire général de l’AIEA comprenant les détails de cet accord d’échange. Les représentants du Brésil et de la Turquie auprès de l’AIEA vont accompagner leur homologue iranien pour remettre ce document. La première livraison de LEU à 3.5% devrait arriver en Turquie d’ici un mois.
L’administration Obama a réaffirmé son objectif de faire cesser le programme d’enrichissement d’uranium iranien et même avoué publiquement que cette proposition d’échange avait en fait pour objectif caché la suspension de ce programme.
La malhonnêteté de l’administration Obama et de ses acolytes français britannique allemand et probablement chinois et russe - ces deux derniers utilisant le nucléaire iranien pour marchander des concessions auprès de Washington, les Russes la levée des sanctions, les Chinois la fin des pressions économiques américaines pour une réévaluation de la monnaie chinoise -ne fait que confirmer ce qu'on savait depuis longtemps qu’Obama n’a jamais sérieusement cherché à dialoguer avec l’Iran et que derrière sa belle rhétorique se cache un va t-en guerre froid calculateur menteur pire que G.W Bush.

Mireille Delamarre 

Le dossier Iran
Dernières mises à jour

22 mai

Source : Planète non violence
http://www.planetenonviolence.org/...


1-6 Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesco : Conférence de l’ONU à New York : Un Moyen-Orient libéré des armes nucléaires…(mais pas les USA).

Ndlr : Un exemple d’armes de destruction de masse…

L’Us Air Force avait lancé le X-37B, un avion spatial réalisé par Boeing semblable au Shuttle mais complètement robotisé, pouvant rentrer à la base après sa mission.

Le lancement du premier véhicule spatial sans pilote, a annoncé le colonel André Lovett, « assure à nos combattants les capacités dont ils auront besoin dans l’avenir ».

Le X-37B sera utilisé dans diverses missions : il peut mettre en orbite rapidement de petits satellites militaires pour des actions guerrières déterminées ; il peut « inspecter, saisir et faire éjecter hors de leur orbite des satellites, amis ou adversaires » (en aveuglant ainsi l’ennemi avant l’attaque) ; il peut lancer depuis l’espace les « dards de Dieu » ( !, Ndt), armes qui détruisent l’objectif avec un impact cinétique semblable à celui d’un météorite ; il peut en même temps lancer depuis l’espace des missiles nucléaires.

Conférence de l’ONU à New York - Un Moyen-Orient libéré des armes nucléaires…

Création au Moyen-Orient d’une zone libérée des armes nucléaires et de toutes les autres armes de destruction de masse : c’est ce que demande la déclaration finale de la Conférence sur la révision du Traité de non-prolifération (Tnp), rédigée à New York le 28 mai par les représentants de 189 Etats.

A cette fin, ces Etats ont donné mandat au Secrétaire général des Nations Unies pour qu’il convoque en 2012 une conférence des Etats de la région. En même temps, ils invitent Israël à adhérer au Tnp et à permettre des inspections sur ses sites nucléaires par l’Agence internationale pour l’énergie atomique (Aiea). 

C’est donc une bombe politique qui a explosé à New York : une conférence qui, dans l’intention de Washington, aurait du mettre en accusation l’Iran, a par contre montré du doigt le seul Etat de la région en possession d’armes nucléaires : Israël.

 « Oui » d’Obama, Israël refuse

Alors que l’Iran s’est dit favorable à la conférence de 2012, Israël a immédiatement rejeté la proposition, en définissant comme « hypocrite » la déclaration de la Conférence sur le Tnp, laquelle « ignore les menaces réelles qui pèsent sur la région et sur le monde entier ». 

Et il ne semble pas possible que Washington fasse pression sur Israël pour le contraindre à adhérer au Tnp, ce qui reviendrait à admettre clairement qu’il est le seul Etat de la région à posséder des armes nucléaires. Le conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité nationale, le général James Jones, avait déjà « déploré » le fait qu’Israël soit nommé, en déclarant que cela mettait « en doute » la conférence de 2012. Plus tard, cependant, la Maison Blanche a assoupli sa position. Le président Obama a déclaré : « Les Etats-Unis saluent un accord qui comporte des étapes équilibrées et réalistes ». Il a ajouté, par contre, confirmant ainsi la position du général Jones, être « fortement opposé » au fait qu’Israël soit mis en évidence dans la déclaration.

S’annonce ainsi une autre, longue, bataille diplomatique. On n’oubliera pas, en tous cas, que pour importante que soit cette bataille (comme l’est la déclaration de la Conférence de New York), ce qui compte ce ne sont pas les paroles mais les faits.

La course se poursuit 

Les faits démontrent que les Etats en possession d’armes nucléaires (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine, Israël, Inde, Pakistan et Corée du Nord) n’entendent pas y renoncer mais, tout en en limitant le nombre, continuent à les moderniser.

A cet égard le nouveau traité START entre Russie et Usa est emblématique. Il ne limite pas le nombre des têtes nucléaires utilisables dans les deux arsenaux, mais seulement les « têtes nucléaires déployées » : c’est-à-dire celles qui sont prêtes au lancement sur des vecteurs stratégiques d’une portée supérieure à 5.500 Kms : le plafond est établi à 1.500 engins de chaque côté, mais il est en réalité supérieur car chaque gros bombardier est comptabilisé comme une seule tête alors qu’il en transporte vingt ou plus. Nous sommes bien loin du désarmement nucléaire. Chaque partie non seulement conservera prêt au lancement un nombre de têtes nucléaires en mesure de balayer l’espèce humaine de la surface de la Terre, mais pourra continuer à potentialiser qualitativement ses propres forces nucléaires.

C’est dans ce but que se développent des vecteurs de plus en plus sophistiqués pour le lancement des armes nucléaires. Et c’est dans ce domaine que se déplace de plus en plus la course aux armements. Dans le Nuclear Posture Review Report 2010, le Pentagone confirme qu’il est en train de développer de nouveaux types de vecteurs stratégiques (non limités par le nouveau START avec la Russie). Alors que dans la nouvelle stratégie de sécurité nationale le président Obama répudie la doctrine Bush, en mettant l’accent sur la « coopération globale », le Pentagone accomplit un pas décisif dans un des points clé de la doctrine Bush : la militarisation de l’espace.  

De la Terre à l’espace

L’US Air Force annonce que l’avion X-51 Waverider vient d’effectuer un « vol hypersonique historique ». Propulsé par un moteur ramjet à combustion qui brûle l'oxygène atmosphérique, cet avion sans pilote, lancé à partir d’un bombardier B-52, a volé pendant trois minutes en atteignant Mach 5 (5 fois la vitesse du son). Le test, fruit de sept années de travail, est défini comme un « succès d’importance inestimable » : selon Charlie Brink, responsable du programme, cela équivaut à ce qui fut le passage des avions à hélices aux jets. Cet avion fournit aux Etats-Unis la technologie nécessaire « au futur accès à l’espace et aux armes hypersoniques ».

Quelques jours avant, l’Us Air Force avait lancé le X-37B, un avion spatial réalisé par Boeing semblable au Shuttle mais complètement robotisé, pouvant rentrer à la base après sa mission. Le lancement du premier véhicule spatial sans pilote, a annoncé le colonel André Lovett, « assure à nos combattants les capacités dont ils auront besoin dans l’avenir ». Le X-37B sera utilisé dans diverses missions : il peut mettre en orbite rapidement de petits satellites militaires pour des actions guerrières déterminées ; il peut « inspecter, saisir et faire éjecter hors de leur orbite des satellites, amis ou adversaires » (en aveuglant ainsi l’ennemi avant l’attaque) ; il peut lancer depuis l’espace les « dards de Dieu » ( !, Ndt), armes qui détruisent l’objectif avec un impact cinétique semblable à celui d’un météorite ; il peut en même temps lancer depuis l’espace des missiles nucléaires.

Ces armes et quelques autres, spatiales, qui sont en train d’être expérimentées, sont à la disposition du « Global Strike Command », le commandement de l’aéronautique pour l’attaque globale, activé par l’administration Obama en août 2009, deux mois avant que celui-ci ne reçoive le Prix Nobel pour la Paix (italiques de la traductrice). Situé à la base de Barksdale, avec un personnel d’environ mille spécialistes, le commandement sera complètement opérationnel en août prochain. Il réunit sous un commandement unique les bombardiers d’attaque nucléaire et les missiles balistiques intercontinentaux à tête nucléaire. Sa mission est d’assurer aux Etats-Unis la capacité d’ « attaquer n’importe où, à n’importe quel moment, avec une rapidité et une précision jamais atteintes ». Cette capacité sera potentialisée par les avions spatiaux et les armes hypersoniques, qui, dans cette perspective, pourraient rendre obsolètes même les bombardiers et les missiles intercontinentaux. Ceci fait sauter les bases mêmes du nouvel accord Start, l’accord Usa-Russie pour la réduction des têtes nucléaires, lui-même déjà mis en péril par le projet états-unien du « bouclier spatial ».

 Comme la Russie, la Chine et quelques autres pays sont en mesure, même à distance, de suivre les Etats-Unis dans ce type de réalisation, s’ouvre ainsi la course à la militarisation de l’espace, qui brûlera d’autres énormes ressources économiques nécessaires à améliorer la vie sur la planète Terre.

Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesco

Edition de dimanche 30 mai 2010 de ‘il manifesto’
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



1-7 Mireille Delamarre : Petraeus a signé une directive « secrète ».

... pour envoyer des forces spéciales clandestines US dans les pays amis et ennemis.

Le Gl Petraeus a signé une directive « secrète » en Septembre dernier pour envoyer des forces spéciales clandestines US dans les pays amis et ennemis dans la région de même que pour des opérations de reconnaissance aérienne en préparation d’une guerre contre l’Iran.

Netanyahou à la Maison Blanche pour discuter de « nos intérêts sécuritaires partagés ».
En Israël, cette « fuite » du NYT a été accueillie avec enthousiasme. Un responsable israélien a dit, selon le JPost, que « c’était la première fois que le public entendait parler de telles préparations concrètes pour une opération militaire » contre l’Iran.
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, vient de recevoir une invitation remise par le chef de cabinet d’Obama, sioniste notoire, Rahm Emanuel - en visite en Israël pour la bar mitzva de son fils - à venir s’entretenir à
la Maison Blanche la semaine prochaine. Netanyahou est invité à discuter des « intérêts sécuritaires partagés » avec Obama.
En effet, lors d’une rencontre d’Emanuel avec Netanyahou au bureau de ce dernier dans Jérusalem occupée, Emanuel a dit : «
De la part du président, je suis heureux de transmettre une invitation pour rendre visite au président Obama à la Maison Blanche pour un entretien de travail pour discuter de nos intérêts sécuritaires partagés, de même que de notre coopération rapprochée pour arriver à une paix entre Israël et ses voisins ».
Evidemment, les discussions sur les « intérêts sécuritaires partagés « des US et d’Israël porteront principalement sur le nucléaire iranien et la planification d’une éventuelle attaque contre Téhéran.
Le ministre de la défense israélien, Ehud Barak, s’est déjà rendu à Washington récemment où il a été reçu en grande pompe au Pentagone pour y rencontrer les hauts responsables du département de la défense US ainsi que son homologue américain, Robert Gates.
Netanyahou a réitéré son opposition à tout accord d’échange de LEU de l’Iran obtenu par le Brésil et
la Turquie accusant l’Iran de détourner l’attention de la « communauté internationale » afin d’éviter de nouvelles sanctions au CSONU et son soutien à des sanctions « paralysantes » telles que le quasi blocus de l’Iran (contrôle des navires entrant et sortant des ports iraniens).
Alors, qui des deux- ou les deux- Obama ou Netanyahou, provoquera via un groupuscule de forces spéciales et ou de supplétifs locaux un incident dans le cadre d’une opération sous faux pavillon fomentée à Washington lors de ces rencontres pour discuter de « nos intérêts sécuritaires partagés » pour déclencher les hostilités avec l’Iran ?

Mireille Delamarre

Mercredi 26 Mai 2010

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1-8 Anne Applebaum : Si les Etats-Unis n'attaquent pas l'Iran, d'autres risquent de le faire et notamment Israël.

Barack Obama a profité à nouveau du Nouvel an perse - Norouz - pour s'adresser directement, le 19 mars, au peuple iranien. Exactement an après avoir proposé «un nouveau départ» à la République islamique, le président américain a de nouveau tendu la main à Téhéran. «Notre offre de contacts diplomatiques et de dialogue reste valable», assure-t-il, dans cette vidéo postée sur le site de la Maison blanche.

Mais si l'an dernier son message, diffusé en farsi, revêtait un caractère exceptionnel à la fois sur le fond et sur la forme - dans l'euphorie de son élection et sa volonté de changement, le président américain proposait aux Iraniens de tourner la page des trente dernières années de conflit , ce nouvel appel au dialogue sonne creux. Les négociations sur le nucléaire iranien semblent dans une impasse et entre temps le président Mahmoud Ahmadinejad a remporté une élection présidentielle contesté et réprime brutalement l'opposition.

Analysons sérieusement la situation: Barack Obama ne va tout de même pas bombarder l'Iran. Ce n'est pas parce qu'il est progressiste ou pacifiste. Ni parce qu'il n'a pas le cran d'essayer de «sauver» sa présidence comme le veut l'usage et comme le voudrait Sarah Palin.

Le président américain ne fera pas bombarder les sites nucléaires de l'Iran pour les mêmes raisons que George W. Bush ne l'a pas fait. Et ces raisons, les voici: on ne connaît pas précisément l'emplacement de toutes les installations nucléaires de l'Iran et on ne sait pas si un raid militaire interromprait le programme nucléaire iranien pour plus de quelques mois. D'autre part, en ce moment, les Etats-Unis ne veulent pas avoir à gérer d'éventuelles représailles iraniennes - qui viseraient des soldats israéliens et américains, par l'intermédiaire des alliés de l'Iran basés en Irak, en Afghanistan, en Palestine et au Liban. Il s'agit aussi d'éviter une envolée instantanée des cours du pétrole. Aucun président des Etats-Unis ayant posément étudié la situation ne déciderait de lancer une nouvelle «guerre de choix» alors que l'armée américaine est toujours activement engagée sur deux autres fronts. D'ailleurs, aucun président américain ne pourrait s'attendre à ce que la population soutienne durablement une telle décision.

Mais si Barack Obama choisit de ne pas bombarder l'Iran, rien n'empêche une autre puissance de le faire. Actuellement, alors que Washington ne sait plus où donner de la tête entre la réforme de la santé et les conséquences de l'élection sénatoriale perdue du Massachusetts, on peut avoir l'impression que les principales retombées qu'Obama devra assumer - qu'elles soient positives ou négatives - concerneront la politique intérieure et non pas étrangère. Toutefois, l'heure décisive de la présidence d'Obama pourrait arriver un jour à 2 heures du matin, quand il recevra un coup de téléphone du Premier ministre israélien qui lui apprendra qu'Israël vient de mener un raid contre les sites nucléaires iraniens...

Ce scénario n'est pas à exclure. D'aucuns se disent que si les Israéliens étaient si emballés par les raids de bombardement, ils les auraient déjà menés. En effet, ils n'ont eu aucun scrupule à envoyer 8 avions en Irak pour détruire le réacteur nucléaire de Saddam Hussein en 1981 ou à bombarder une présumée installation nucléaire syrienne en 2007. Ces deux actions sont aujourd'hui considérées comme des opérations modèles. Elles ont été brèves. Elles ont réussi, n'ont pas engendré de représailles sérieuses et ont même acquis la réputation de mesures défensives légitimes aux yeux de la communauté internationale.

Le contexte iranien est différent, comme le reconnaît volontiers Zeev Raz, le commandant de l'escadrille qui a mené le raid de 1981. «Il n'y a pas de cible unique qu'on puisse bombarder avec 8 avions», a-t-il déclaré à The Economist (dans un article particulièrement tragique, selon lequel M. Raz - dont les enfants qui ne se sentent plus en sécurité ont fait des demandes de passeports étrangers - «transpire le désarroi»). Les Israéliens, comme tout le monde, ont des doutes à propos de l'efficacité des raids, c'est pourquoi ils ont largement pratiqué le sabotage et même mené des initiatives diplomatiques officieuses, malgré l'absence de relations diplomatiques avec l'Iran, dans l'espoir de ralentir le développement nucléaire. Par ailleurs, l'Etat hébreu a discrètement étudié les moyens de dissuasion face à l'Iran, en sachant qu'il continuera d'avoir l'avantage en matière de technologie nucléaire au cours des trente prochaines années. Bien que le gouvernement israélien n'écarte aucune possibilité, il estime pour l'instant qu'effectuer des bombardements, avec les conséquences que cela suppose, n'est pas une option souhaitable.

Mais la stratégie israélienne est susceptible de changer. Puisque les Américains ont tendance à croire que le monde entier pense comme eux, il convient de rappeler l'évidence: de nombreux Israéliens considèrent que le programme nucléaire iranien est une question de vie ou de mort. L'idée d'un Iran nucléarisé n'est pas une simple menace gênante mais lointaine. Elle s'inscrit directement dans la logique des attaques provocatrices du président iranien à l'encontre de l'Etat hébreu. N'oublions pas que Mahmoud Ahmadinejad remet en cause le droit d'exister d'Israël et soutient ouvertement les historiens négationnistes! Si vous voulez rendre les Israéliens paranoïaques, laissez entendre qu'ils pourraient être les victimes d'un massacre de grande ampleur. C'est exactement ce que fait Mahmoud Ahmadinejad.

Si Obama reçoit ce coup de téléphone à 2 heures du matin, inutile de dire qu'il y aura des représailles, et que certaines viseront les Etats-Unis, leurs navires, leurs troupes en Irak... Autant que l'Amérique soit préparée à cette éventualité! Contrairement à Sarah Palin, je ne crois pas qu'Obama élèvera sa présidence en bombardant l'Iran, tel un personnage sorti du film Des hommes d'influence. En revanche, j'espère que la Maison Blanche est prête, militairement et psychologiquement, non pas pour une guerre de choix, mais pour une guerre de nécessité justifiée. Car, au fond, il s'agit de la réalité, pas d'un film de Hollywood.

Anne Applebaum

Lundi 1 Mars 2010

Traduit par Micha Cziffra

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