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12/06/2010

n° 50 - Dossiers de Pakistan - 10-06 - : Fin :- Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

n° 50 - Dossiers de Pakistan - 10-06 - : Fin  :- Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de PAKISTAN.  

                                                                                n° 50- 10-06

                                            C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "DOSSIER de PAKISTAN" est visible sur les blogs :

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

3 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

3-1 Sécurité nationale : Obama marche dans les pas de Bush.

3-2 AfPak : Les Troupes US/OTAN Sous Commandement De L'Ex Commandant Des Escadrons De La Mort De Dick Cheney.

3-3 Washington et Islamabad auront bien du mal à atteindre leur objectif.

4 Annexe

4-1 L'OTAN de A à Z

4-2 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

4-3 Des médecins ont pratiqué des ''expérimentations humaines" pour la CIA'' 

4-4 "Torture made in USA".



Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage l’analyse de l’auteur mais doit être vu comme information.

3-1 Sécurité nationale : Obama marche dans les pas de Bush.

Aussi contre-intuitive soit cette idée, la rupture entre Obama et Bush n’est pas toujours des plus évidentes. L’administration Obama en a donné un vibrant exemple, hier, en des circonstances qui sont tout sauf anodines.

Le président a dévoilé hier sa Stratégie de sécurité nationale (National Security Strategy ou NSS), un document que doit publier chaque administration afin de jeter les fondations de sa politique de sécurité nationale (sécurité intérieure, politique de défense, politique étrangère). C’est, en quelque sorte, la « doctrine Obama ».

Évidemment, les flèches décochées contre Bush sont légion dans les 52 pages. Obama cherche clairement à se distancer de son prédécesseur. Mais lorsqu’on dépoussière le document de sa rhétorique anti-Bush, on découvre des vestiges que l’on aurait cru enterrés.

Vous vous rappelez le concept d’attaque préventive, invoqué par Bush pour renverser le régime de Saddam Hussein ? La NSS le suggère à demi-mot. Ou, du moins, elle se réserve le droit d’utiliser la force militaire avant que ce ne soit un dernier recours : « Bien que l’usage de la force soit parfois nécessaire, nous allons épuiser les autres options avant la guerre lorsque nous le pourrons. »

Et l’unilatéralisme ? Encore plus clair : « Les États-Unis se réservent le droit d’agir unilatéralement si nécessaire pour défendre notre nation et nos intérêts. »

Ou encore, peut-être pensiez-vous que le nouveau président serait plus enclin à partager également le sort de monde avec les autres nations. Encore une fois, pas tout à fait. Les modalités changeront peut-être, mais l’idée de rester l’ultime leader reste intacte : « Nous devons adopter une stratégie de renouveau national et de leadership mondial — une stratégie qui reconstruit les fondations de la force et de l’influence américaines. »

Et la supériorité militaire des États-Unis ? Rien ne bouge : « La supériorité militaire restera la pierre angulaire de notre défense nationale et une assise de la sécurité mondiale ».

Un dernier point, sur la lutte contre le terrorisme. Voici les mots prononcés hier par le conseiller au contre-terrorisme de la Maison-Blanche : « Nous allons combattre les extrémistes partout où ils manigancent et s’entraînent en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Somalie et au-delà. »

Toutes ces paroles auraient pu être prononcées par Bush dans la foulée du 11 septembre 2001. Et ce ne sont pas des éléments de sécurité nationale secondaires. Ils sont fondamentaux.

Pas tout à fait des jumeaux…

Mais tout de même. Obama n’est pas exactement Bush. Même si le Bush de la deuxième NSS, publiée en 2006, était déjà moins unilatéraliste et moins guerrier que le Bush de la première NSS, publiée en 2002 dans la foulée du 11 septembre 2001.

Toujours est-il qu’au-delà de ses accents très bushiens, Obama adopte somme toute une approche plus multilatéraliste et donne une place plus importante à la diplomatie.

« Le fardeau d’un siècle encore jeune ne peut pas reposer sur les épaules de l’Amérique uniquement », dit-il en introduction, avant d’affirmer plus loin que les États-Unis chercheront à obtenir l’appui d’organisations internationales comme l’OTAN ou le Conseil de sécurité de l’ONU avant d’agir dans le monde.

Il se dit aussi prêt à bâtir de « nouveaux partenariats avec des centres d’influence émergeants » à travers le monde.

La nouvelle stratégie élargit également les éléments qui définissent la sécurité nationale. Alors que Bush avait tendance à définir la sécurité nationale en termes plutôt militaires, Obama insiste un peu plus sur l’impact des changements climatiques et des crises économiques sur la sécurité des Américains.

Il y a donc un certain changement par rapport à Bush, mais on est loin de la rupture nette que le président et son entourage laissent entendre.

http://www2.lactualite.com/blogue-monde/2010/05/28/securite-nationale-obama-marche-dans-les-pas-de-bush/


3-2 AfPak : Les Troupes US/OTAN Sous Commandement De L'Ex Commandant Des Escadrons De La Mort De Dick Cheney.

Le choix par l 'administration Obama du Lieutenant Général Stanley McChrystal comme nouveau commandant des troupes US/OTAN en AfPak n'est pas anodin et caractérise la nouvelle approche de cette guerre d'occupation par Washington. Les antécédents militaires de McChrystal, sa longue expérience des opérations de contre terrorisme durant les cinq dernières années à la tête du JSOC (Joint Spécial Opérations Command - commandement des opérations conjointes spéciales) parlent d'eux -mêmes. D'avril 2003 à Avril 2008, il a supervisé les opérations de contre terrorisme, pourchassant des cibles qualifiées de "haute valeur" tels des dirigeants locaux et nationaux des mouvements de résistance en Irak, Afghanistan et au Pakistan, la plupart du temps en menant des raids dit ciblés ainsi que des attaques aériennes dont on connaît le terrible coût payé par les populations civiles. Dernièrement, 140 civils dont plus de 90 enfants afghans ont été massacrés dans des villages pris pour cibles dans le cadre des opérations du JSOC. C'est sous le commandement de McChrystal que le JSOC a changé de mission et est passé de l'entraînement aux méthodes de contre insurrection des unités militaires des pays occupés, sa mission principale, a celle de mener des opérations de contre terrorisme.
McChrystal a passé 5 ans à la tête du JSOC, ce qui est inhabituel, et ce parce qu'il était un ami proche de Donald Rumsfeld alors secrétaire à la défense, qui considérait le JSOC comme "son organisation" capable de rivaliser sur le terrain avec les opérations clandestines menées par la CIA. Le JSOC a été utilisé pour capturer Saddam Hussein et le dirigeant d'Al Qaeda en Irak, Abu Musab al-Zarqawi. Le JSOC sous commandement de McChrystal a mené des raids et autres opérations contre des Talibans et ce sans coordination avec le commandant des autres forces US présentes en Afghanistan. Ces forces spéciales organisaient des raids dans des maisons suspectées d'abriter des dirigeants Talibans recherchés notamment dans des villages de la province du Herat provoquant la colère des habitants qui, alors qu'ils s'étaient tenus à l'écart des combats, ont pris les armes contre les forces régulières US, selon un article paru dans le New York Times de Mai 2007 écrit pas Carlotta Gall et David E. Sanger.
Alors que les médias américains encensent le choix du secrétaire à la Défense, Robert Gates, tel le Wall Street Journal qui écrit que McChrystal : "mènera cette sorte de guerre de contre insurrection" que Gates veut voir se développer en AfPak, parce que, sous son commandement en Irak, le JSOC avait impliqué
" des unités spécialisées en guerre anti guérillas, incluant l'entraînement des armées étrangères", ils semblent confondre contre insurrection et contre terrorisme. Alors que les opérations de contre insurrection ont principalement pour but d'influencer la population pour " rallier les coeurs et les esprits" et sont non militaires, les opérations de contre terrorisme sont exclusivement militaires et se concentrent sur le ciblage de "l'ennemi" et sa destruction notamment par des raids aériens particulièrement meurtriers pour les civils vivant dans les zones de conflits. Aucun ne rappelle le lien étroit, direct, entre le criminel de guerre Dick Cheney, vice président de l'administration Bush qui encore tout récemment se vantait qu'en utilisant la torture Bush avait sauvé de nombreuses vies américaines, et McChrystal, qui en fait, à la tête du JSOC, recevait directement ses ordres de Cheney.
C'est Seymour Hersh, le journaliste d'investigation américain, qui le dévoile dans une interview accordée au www.gulfnews.com. le 12/05/09. Hersh y révèle que l'ancien vice président Dick Cheney a dirigé ces escadrons de la mort visant ceux considérés comme des "ennemis " de l'Amérique à l'étranger.
"
... Ce que j'ai dit et ce que j'ai écrit à plusieurs reprises c'est qu'il y a une unité spéciale qui s'occupe de ciblage de personnes de haute valeur qu'on croit être impliqués dans des activités anti américaines, où qu'on croit planifier de telles activités. Du point de vue de Cheney ce n'est pas du meurtre mais mener la " guerre contre le terrorisme". Et de mon point de vue et de celui de mes amis, dont des personnes au sein du gouvernement, c'est fou. Le vice président commet un crime. vous ne pouvez autoriser l'assassinat de personnes et ce n'est pas simplement en Irak et en Afghanistan c'est dans un grand nombre d'autres pays, au Moyen Orient, en Asie du Sud, en Afrique du Nord et même en Amérique Centrale. Au début, un grand nombre de noms étaient désignés via le bureau de Cheney, l'un de ses aides, John Hanna, a révélé lors d'une émission de TV que ce programme existait et a dit que de tuer des gens ce n'est pas un meurtre mais un acte de guerre justifié légalement. L'ancien commandant du JSOC, (McChrystal ) vient juste d'être nommé nouveau commandant en charge de la guerre en Afghanistan, ce qui me paraît très intéressant".
L'interviewer, Abbas Al Lawati, lui demande par la suite de nommer les pays au Moyen Orient ou ces escadrons de la morts ont mené des opérations. Réponse de Hersh :
"Non, je ne peux pas, mais j'ai dit qu'il y avait 12 pays et je pense qu'il y en a beaucoup plus, mais vous n'avez pas besoin d'être spécialiste pour deviner. Je sais avec certitude qu'ils ont opéré en Irak, et en Afghanistan. IIs en ont parlé. Le fait est que les hommes qui font cela n'aiment pas ce qu'ils font. Certains sont des chasseurs de la Marine qui ont été entraînés à accomplir des trucs sous l'eau. Qu'est ce qu'ils font à travers les montagnes faisant du mal aux gens ? Je ne condamne pas les hommes mais la direction, le président qui pense que la "guerre contre le terrorisme" veut dire qu'il peut decider de la mort de quiconque sur la base de preuves souvent fausses...." Sur la relation JSOC Obama, Hersh dit : " Je pense vraiment que la relation avec le JSOC est entrain de changer sous Obama. Actuellement c'est plus sous contrôle".
Mais quelle différence ? La mission de ces escadrons de la mort reste la même, assassiner quiconque est considéré comme "ennemi" des Etats Unis quelqu' en soit les conséquences en zone de guerre pour les civils qui y vivent. Mais peut être, cette fois, est-ce le président, commandant en chef des forces armées US, et non plus le vice président , qui donnera directement ses ordres au JSOC via McChrystal notamment pour ce qui est d'AfPak.
En annonçant la nomination de McChrystal, le secrétaire à la défense US, Robert Gates, a fait l'éloge de ce dernier pour " son talent unique en matière de contre insurrection" et dit que la mission en Afghanistan "nécessitait un nouvel état d'esprit et de nouvelles approches par nos dirigeants militaires".
Depuis Mars, les raids du JSOC ont repris de plus belle, bien que sous le commandement de McKiernan le prédécesseur de McChrystal. La nomination de ce dernier a été retardée à cause d'accusations portées à son encontre sur sa responsabilité concernant des mauvais traitements subis par des prisonniers placés sous son autorité. L'armée US a semble-t-il couvert ces abus des droits des prisonniers, sous prétexte de la classification top secrètes des opérations du JSOC. En fait, McChrystal apprécie la torture des prisonniers. Il a fourni le personnel pour la Task Force 6-26, une unité d'élite composée de 1000 agents des forces spéciales qui torturaient déjà des prisonniers au camp Nama en 2003.

Cinq officiers de l'armée ont été reconnus coupables de traitements dégradants. McChrystal n'a pas lui-même été directement impliqué dans ces abus, mais le slogan de l'unité en dit long sur la mentalité de ses "Boys" : " si vous faites en sorte qu'ils ne saignent pas, ils ne peuvent pas vous poursuivre pour ce que vous leur faites".
Le choix par l'administration Obama de McChrystal et par conséquent la priorité accordée aux opérations de contre terrorisme du JSOC - raids, attaques aériennes et leurs cortèges de victimes civiles et la colère des Afghans- augure mal de ce qui va se passer en AfPak. Certains, comme Lellouch Kouchner et consorts voudraient nous vendre une guerre "juste" pour assurer notre sécurité, apporter la démocratie, l'émancipation des femmes ect... en Afghanistan.
Cette guerre avec McChrystal à sa tête, n'est qu'une sale guerre d'occupation, à 100% la "Guerre d'Obama", où les vieilles méthodes utilisées en Algérie, en Indochine, en Amérique Latine refont surface cette fois avec l'appui d'une technologie aérienne de pointe (drones et leurs missiles tueurs dont Obama est friand...).
En donnant la primauté aux escadrons de la mort du JSOC en AfPak, Obama signale effectivement un changement de taille : il fait ouvertement ce que Bush/Cheney faisaient clandestinement.
Alors, encore combien d'enfants afghans massacrés vous faut-il pour réagir et cesser d'être hypnotisés par "l'effet diversité" d'Obama ?
Obama sera en France le 6 Juin. L'occasion de débarquer en Normandie pour dénoncer cette guerre stupide, exiger que la France retire ses troupes d'Afghanistan, et condamner Obama pour ce qu'il est : un criminel de guerre, et ce qu'il représente: un empire sur le déclin qui commet des massacres de civils sans défense méprisant le droit international humanitaire, pour dominer en Asie une région géostratégiquement importante, surtout parce que située sur la route des voies d'acheminement du pétrole et du gaz, ressources énergétiques convoitées par l'empire US.
Special Guignols De L'Info ObamaSarko Le 6 Juin

http://www.planetenonviolence.org/AfPak-Les-Troupes-US-OT...


3-3 Washington et Islamabad auront bien du mal à atteindre leur objectif.

Pour affaiblir l’influence des talibans, les militaires américains et pakistanais préparent deux grandes offensives de chaque côté de la frontière. Mais ils auront bien du mal à atteindre leur objectif.

Inquiétude

Décidé par Hamid Karzai après l’attaque menée sur la Jirga par des talibans le 2 juin, le remplacement d’Amrullah Saleh, qui était à la tête de la Direction nationale de la Sécurité depuis 2004, et de Hanif Atmar, ministre de l'Intérieur depuis 2008, agite les Américains. “Saleh et Atmar étaient les plus compétents du gouvernement. Pour assurer sa propre survie, Karzai est prêt à prendre des décisions contre l’avis de ses alliés occidentaux et même contre ses propres intérêts”, s’inquiète le New York Times.

Depuis déjà un certain temps, on entend parler de deux grandes offensives contre les talibans et d’autres résistants à la frontière afghano-pakistanaise qui devraient être lancées dans les semaines à venir. L’une à Kandahar, dans le sud-est de l’Afghanistan, menée par les forces de l’OTAN sous commandement américain, l’autre dans le Nord-Waziristan, par l’armée pakistanaise. Officiellement, ces deux campagnes ne sont pas liées, mais de leur résultat pourrait dépendre l’issue du conflit régional.
Comme d’habitude, les responsables militaires américains préféreraient des offensives coordonnées entre les forces de l’OTAN et l’armée pakistanaise des deux côtés de la ligne Durand [longue de 2 640 kilomètres, elle a été tracée par les Britanniques en 1893 et tient lieu de frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan], afin de prendre les résistants en étau et de leur interdire tout repli transfrontalier. Ni les forces de sécurité pakistanaises, ni les troupes afghanes et de l’OTAN n’ont réussi à rendre la frontière définitivement étanche aux infiltrations des groupes résistants. En réalité, les autorités militaires pakistanaises soulignent qu’elles ont établi beaucoup plus de postes de contrôle à la frontière que les unités de la coalition côté afghan, et que les Américains ont démantelé certains de leurs avant-postes sur le territoire afghan. Les Américains seraient satisfaits si l’armée pakistanaise acceptait enfin d’intervenir contre le réseau Haqqani [dirigé par Jalaluddin Haqqani, qui entretient des liens forts avec Al-Qaida et les talibans afghans et serait caché dans le Nord-Waziristan]. Washington serait encore plus heureux si cette offensive pouvait coïncider avec leur propre campagne militaire contre les talibans afghans à Kandahar. Or les Pakistanais pourraient ne ré­pondre que partiellement à cette attente, en décidant eux-mêmes du moment où lancer leurs opérations dans le Nord-Waziristan et en adoptant une approche sélective dans le choix de leurs objectifs dans cette région tribale [Islamabad entretiendrait des liens amicaux avec certains groupes résistants. Le réseau Haqqani bénéficierait en outre de la protection des services secrets pakistanais].
Si elles ont lieu, ces deux batailles se livreront sur des terrains différents. Le relief de la région de Kandahar est plat pour l’essentiel, ses terres agricoles fertiles sont ponctuées de modestes collines et environnées d’un désert implacable ; le Nord-Waziristan est surtout montagneux. Dans les deux régions, la population est majoritairement pachtoune, groupe ethnique dont est issue l’écrasante majorité des talibans. On pourrait assister à des combats de rue dans Kandahar et à des attaques de guérilla classique dans les districts ruraux d’Arghandab, Zhari et Panjwal, au milieu des pommiers, des pamplemoussiers et des vignes. Dans le Nord-Waziristan, il faudrait s’assurer le contrôle des principaux centres urbains de Miranshah, Mir Ali et Dattakhel afin de défendre les avant-postes et les lignes de ravitaillement. L’offensive de Kandahar devrait avoir lieu au cours du mois de juin [les renforts militaires ont déjà été envoyés] et prendre fin en août, avant le début du ramadan. Mais le président afghan Hamid Karzai redoute les conséquences de cette opération dans sa province natale. N’importe quel homme politique sensé ne peut que s’inquiéter devant un tel plan militaire et ses conséquences : recours à la puissance aérienne, déplacement forcé des populations et pertes civiles massives.
La
campagnedeKandahar pourrait n’être qu’une répétition de la dernière opération militaire engagée dans la petite ville de Marjah [en février 2010], dans la province voisine du Helmand, où l’offensive, impliquant 15 000 hommes de l’OTAN et de l’armée afghane contre quelques centaines de talibans, a duré plus longtemps que prévu et n’a pas atteint ses objectifs. Passée maîtresse dans l’art de manipuler les médias, l’armée américaine prétendait que l’offensive de Marjah allait tout changer. Cela n’a pas été le cas, et même les journaux américains signalent que les talibans sont de retour à Marjah. Si cette bataille a été si difficile à gérer, on imagine sans peine le problème que risque de représenter Kandahar.
Le choix des mots, véritable stratégie de guerre
Aujourd’hui, c’est la prochaine bataille de Kandahar qui est décrite comme un affrontement décisif. Les généraux et les hommes politiques afghans et américains sont à court d’idées pour justifier ce qui se prépare à une opinion publique peu favorable au nouveau plan militaire. Fini les mots “offensive”, “opération militaire”, “action” et “bataille”. Le président Karzai préfère désormais la notion de “processus” pour décrire la future campagne. Les autorités américaines, elles, utilisent de plus en plus l’expression dari “hamkari baraye Kandahar”, qui signifie “coopération pour Kandahar”. Ce n’est pas la première fois que l’on a recours à une autre langue que le pachto dans le Sud afghan peuplé de Pachtounes. C’est faire preuve d’un manque total de sensibilité, mais il semble que les Américains n’aient toujours pas compris les subtilités culturelles de l’Afghanistan multiethnique, même après neuf ans d’occupation.
Les mots ont leur importance, mais il est surtout essentiel d’adopter une stratégie efficace dans le Nord-Waziristan et à Kandahar tout en limitant le plus possible les souffrances de la population. Les généraux américains et pakistanais vont tester leurs propres stratégies pour répondre aux défis de ces régions, bastions des talibans. Le sort de leurs campagnes dépendra avant tout du soutien de la population locale. A cet égard, l’armée pakistanaise sera dans une meilleure position, car elle opérera parmi ses compatriotes, contrairement aux forces de l’OTAN qui vont devoir se battre dans un pays étranger, parmi une population qui leur est globalement hostile.

08.06

http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/08/w... 



4 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 L'OTAN de A à Z

Les relations OTAN-Pakistan 

Depuis l'opération de secours menée par l'Alliance suite au séisme dévastateur qui a frappé le Pakistan en 2005, l'OTAN et ce pays ont considérablement développé leurs relations politiques et leur coopération pratique. Le dialogue politique s'est intensifié, en particulier en ce qui concerne l'objectif commun d'apporter la sécurité et la stabilité à Afghanistan.

En mai 2007, durant la toute première visite d'un Secrétaire général de l'OTAN au Pakistan, les deux parties ont convenu de procéder régulièrement à des échanges politiques de haut niveau, faisant ainsi un pas de plus vers une coopération élargie.

Comment la coopération fonctionne-t-elle dans la pratique ?

Si l'Afghanistan est au centre de leur coopération, l'OTAN et le Pakistan ont par ailleurs établi des échanges réguliers à différents niveaux, notamment en organisant des visites de hauts responsables et de faiseurs d'opinion, et en faisant participer des responsables militaires pakistanais à des programmes de formation de l'OTAN.

La coopération sur l'Afghanistan

Le Pakistan est un voisin important de l'Afghanistan. Le soutien qu'il a apporté aux efforts déployés en Afghanistan par l'OTAN et la communauté internationale reste essentiel pour la réussite de la mission de l'Alliance. Par ailleurs, l'instabilité, l'extrémisme et le terrorisme constituent autant de menaces pour le Pakistan, comme pour l'ensemble de la communauté internationale. Ainsi que le premier ministre pakistanais l'a souligné lors d'une visite effectuée au siège de l'OTAN le 30 janvier 2007, « Le Pakistan est déterminé à voir émerger un Afghanistan fort et stable. Le pays qui en bénéficiera le plus, outre l'Afghanistan lui-même, est le Pakistan. »

L'intensification de la coopération militaire entre l'OTAN et le Pakistan sur la question de l'Afghanistan se manifeste dans les travaux de la Commission tripartite, dans laquelle sont examinées les questions militaires et de sécurité, et qui rassemble des représentants de l'opération de la FIAS dirigée par l'OTAN, de l'Afghanistan et du Pakistan.

La Commission tripartite se réunit régulièrement à différents niveaux, et elle sert de cadre à des échanges de vues et à l'examen de questions de sécurité présentant un intérêt commun. Les quatre domaines principaux dans lesquels s'exerce la coopération sont le partage des données du renseignement, la sécurité aux frontières, la lutte contre les dispositifs explosifs de circonstance, et les initiatives relatives aux opérations d'information. Un centre de renseignement conjoint entre l'Afghanistan, la FIAS et le Pakistan, ouvert en janvier 2007 à Kaboul, a amélioré la coordination au sein de la Commission tripartite.

L'OTAN se félicite de l'attitude constructive du Pakistan à l'égard de la sécurité et de la stabilité dans la région. Les problèmes liés à l'augmentation de la culture du pavot en Afghanistan et à la prise en charge des réfugiés de ce pays ont également été évoqués au cours de discussions politiques de haut niveau.

Une coopération élargie

Les relations OTAN-Pakistan ne se limitent cependant pas au cadre du programme des opérations de l'Alliance en Afghanistan.

Le Secrétaire général délégué de l'OTAN s'est rendu au Pakistan à deux reprises depuis 2005. Des visites de faiseurs d'opinion pakistanais au siège de l'OTAN ont par ailleurs été organisées. Ils y ont reçu des informations sur les politiques de l'OTAN. Des contacts ont également lieu au niveau militaire, et l'OTAN a accepté d'admettre des officiers pakistanais à certains stages d'entraînement et de formation. Ces échanges permettent d'éviter les malentendus et de promouvoir une culture de sécurité fondée sur la coopération et axée sur des domaines d'intérêt commun (comme la stabilité régionale et la lutte contre le terrorisme).

Comment les relations avec le Pakistan se sont-elles développées ?

Après le séisme dévastateur qui a frappé le Pakistan en octobre 2005, l'OTAN a assuré le transport aérien de produits de première nécessité et déployé des soldats du génie, des unités médicales et du matériel spécialisé dans le pays. Un gigantesque pont aérien a été mis en place, et on a fait appel aux moyens de la Force de réaction de l'OTAN (NRF). Après la fin de la mission en février 2006, le dialogue politique entre l'OTAN et le Pakistan s'est renforcé. Leurs relations se sont progressivement intensifiées grâce à une coopération pratique qui a débuté avec l'admission d'officiers pakistanais à certains stages de formation de l'OTAN.

Les étapes clés

Mars 2005

Visite au Pakistan du Secrétaire général délégué de l'OTAN, M. l'ambassadeur Alessandro Minuto Rizzo

Octobre 2005

Début de l'opération de secours aux victimes du séisme survenu au Pakistan. L'OTAN assure le transport aérien de produits via deux ponts aériens, établis à partir de l'Allemagne et de la Turquie.

Decembre 2005

Le général Ahsan Saleem Hyat, Chef d'état-major adjoint de l'armée pakistanaise, rend visite à des équipes de l'OTAN à Arja (Pakistan).

Janvier 2006

Fin de l'opération de secours de l'OTAN aux victimes du séisme survenu au Pakistan. Près de 3 500 tonnes de secours ont été acheminées, plus de 7 600 personnes déplacées, et plus de 8 000 patients soignés. En outre, des routes ont été déblayées, et des écoles et des abris construits.

Mai 2006

Des représentants de l'Alliance rendent visite au Président pakistanais, M. Pervez Moucharraf, et à d'autres responsables à Islamabad.

Septembre 2006

Les premiers officiers et civils pakistanais participent à des stages à l'École de l’OTAN à Oberammergau (Allemagne)

Novembre 2006

Première visite à l'OTAN du plus haut responsable militaire pakistanais, le général Ehsan ul Haq, Président du Comité des chefs d'état-major interarmées.

Janvier 2007

Inauguration du Centre commun de renseignement (JIOC) au QG de la FIAS. Le JIOC facilite les opérations conjointes de renseignement entre la FIAS et les armées pakistanaises et afghanes.

 

Visite à l'OTAN du Premier ministre pakistanais. L'OTAN et le Pakistan adoptent une approche commune pour l'Afghanistan.

Février 2007

Visite de responsables civils et militaires pakistanais de haut niveau, ainsi que de représentants de groupes de réflexion, au siège et aux commandements de l'OTAN.

Mai 2007

Première visite au Pakistan d'un Secrétaire général de l'OTAN. L'OTAN et le Pakistan conviennent de procéder régulièrement des échanges politiques de haut niveau.

http://www.nato.int/cps/fr/SID-0FFD1088-04029254/natolive/topics_50071.htm


4-2 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

Un article à la une du New York Times de mardi révèle l'existence d'une directive secrète signée par le général David Petraeus, chef du commandement central américain, donnant l'ordre d'accroître les opérations militaires secrètes de par le Moyen-Orient, l'Asie centrale et la Corne de l'Afrique. Le document de 17 pages intitulé « Joint Unconventional Warfare Task Force Execute Order » fournit en essence à l'armée américaine carte blanche pour mener des actes d'agression contre quasiment n'importe quel pays.

Parue en septembre 2009, cette directive appelle à la création d'un réseau de corps expéditionnaires et d'unités de collecte de renseignement qui vont « pénétrer, perturber, vaincre ou détruire » n'importe quelle cible dans n'importe quel pays désigné par l'armée américaine. Ces forces vont mener des opérations clandestines qui « ne peuvent pas et ne seront pas accomplies » par d'autres moyens militaires.

Une fois entrées dans le pays ciblé, les forces américaines vont aussi « préparer l'environnement » à des attaques militaires de grande envergure. En plus du personnel militaire, dit le Times, la directive de Petraeus recrute « des hommes d'affaire étrangers, des universitaires ou autres » pour des efforts «de vigilance continue sur la situation », soit en d'autres termes pour l'espionnage.

Les Etats-Unis vont cibler des pays considérés comme hostiles ainsi que des pays avec lesquels ils entretiennent des relations amicales. Parmi les pays cités par le Times comme cibles potentielles on compte l'Iran, l'Arabie saoudite et la Somalie. Le Times rapporte aussi que le document « semble autoriser des opérations spécifiques en Iran, très probablement pour la collecte du renseignement sur le programme nucléaire du pays ou l'identification de groupes dissidents qui pourraient être utiles pour une offensive militaire à venir. »

Tandis que le gouvernement Obama indique publiquement qu'il va contrer la soi-disant menace nucléaire iranienne en faisant appel à des sanctions plus importantes des Nations Unies et des embargos commerciaux, la directive de Petraeus donne clairement à penser qu'Obama a en tête quelque chose de bien plus sinistre encore. Le Times cite des représentants américains disant que la directive «autorise aussi des missions de reconnaissance qui pourraient ouvrir la voie à de possibles frappes militaires en Iran si les tensions concernant ses ambitions nucléaires s'intensifient. »

On pense déjà que cette directive secrète a constitué le travail préparatoire de l'offensive de l'armée américaine au Yémen qui a débuté en décembre 2009. Des soldats des Forces spéciales américaines avaient pénétré dans ce pays pour entraîner son armée et se joindre à elle pour attaquer Al Qaïda dans la Péninsule arabique que l'on dit être membre affilié d'Al Qaïda au Yémen. En décembre, le président Obama avait donné l'ordre de frappes aériennes sur des bâtiments abritant soi-disant des militants et qui avaient coûté la vie à des dizaines de civils. Des navires de l'armée américaines ont aussi envoyé des volées de missiles sur le pays.

Le Times reconnaît avoir accepté de ne pas révéler toutes les informations contenues dans le document de Petraeus, dont le journal dit avoir vu une copie. Citant des « inquiétudes soulevées par un représentant du Commandement central des Etats-Unis quant à la sécurité des troupes, » le journal rapporte qu'il a accepté de supprimer certains détails concernant les déploiements de troupes.

Ainsi, « le journal de référence »politiquement libéral joue son rôle dans la promotion des desseins agressifs de l'armée américaine et le maintien des Américains dans l'ignorance sur les détails les plus cruciaux de ces opérations secrètes. Bien que le Times n'en dise rien, cette directive d'opérations secrètes, qui va au-delà des directives similaires sous le gouvernement Bush, n'aurait pas pu paraître sans l'assentiment du président Obama. Ceci souligne le fait que le gouvernement Obama poursuit et amplifie la politique du militarisme et de la guerre menée sous Bush et se prépare à étendre les actes d'agression militaire américains bien au-delà des confins de l'Irak et de l'Afghanistan.

L'utilisation de forces d'opérations spéciales militaires comme agents du renseignement à travers le Moyen-Orient et l'Asie centrale permet au gouvernement de placer les opérations d'espionnage sous la juridiction du Commandement central des Etats-Unis et du général Petraeus. Contrairement aux activités de l'Agence centrale du renseignement (CIA), les opérations secrètes d'espionnage menées par l'armée ne nécessiteront pas légalement l'assentiment du président ni ne seront soumises au contrôle du Congrès.

Hiram Lee

Article original, WSWS, paru le 26 mai 2010.

Mondialisation.ca, Le 27 mai 2010

WSWS

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=LEE20100527&articleId=19370


4-3 Des médecins ont pratiqué des ''expérimentations humaines" pour la CIA''. 

Les médecins américains qui assistaient aux interrogatoires de la CIA après le 11-Septembre réunissaient des données médicales permettant d'affiner les méthodes de torture, une pratique qui s'apparente à de l'"expérimentation humaine", selon une organisation.
"Il y a des preuves que les médecins calibraient la douleur infligée par les techniques d'interrogatoire et cherchaient à améliorer leurs connaissances sur ces techniques", a expliqué lors d'une conférence de presse Nathaniel Raymond,  un responsable de Phycisians for Human Rights (PHR, Médecins pour les droits de l'homme), qui a publié lundi un rapport intitulé "expérimentations dans la torture".
"Il ne s'agit de logique à la Jack Bauer (l'agent spécial de la série "24 heures chrono", ndlr), mais de médecins qui recueillent des données utilisées pour déterminer si ce qu'ils observent rentre dans la définition de la torture" telle qu'elle a été établie par le ministère de la Justice de George W. Bush, a-t-il poursuivi.
 Les auteurs du rapport ont appelé à une enquête exhaustive sur les pratiques autorisées contre les suspects de terrorisme sous l'administration Bush. Mais, comme d'autres organisations de défense des droits de l'homme, ils ont reconnu ne pas trouver "une volonté politique au Congrès ni dans l'administration de prendre en mains ces questions".
 Pour établir le rôle joué par les médecins de la CIA dans l'amélioration de l'efficacité des techniques infligées aux détenus, PHR s'est appuyé sur des documents publics révélés depuis 2008, dont une série de notes internes qui ont attesté l'usage répété de la torture contre certains détenus enfermés dans les prisons secrètes de la CIA.
Les Etats-Unis ont théorisé au lendemain du 11-Septembre une liste de "techniques d'interrogatoires améliorées" que le ministère de la Justice a par la suite justifiées au plan légal en limitant l'appellation torture à "une souffrance mentale ou physique sur le long terme équivalente à la douleur ressentie lors de la défaillance d'un organe ou la mort".
Concrètement, PHR démontre dans son étude que les médecins ont par exemple observé que la simulation de noyade - qui a été pratiquée des dizaines de fois sur au moins deux détenus -, si elle était répétée trop souvent avec de l'eau simple comportait des risques que le détenu attrape une pneumonie. Ils ont donc recommandé le recours à une solution saline.
   La différence entre la simulation de noyade pratiquée au tout début, à partir d'expériences ponctuelles sur des soldats volontaires, et après l'intervention des médecins "indique que les médecins de la CIA ont participé à la modification de la technique", affirme PHR.
   De même, dit l'organisation, les médecins ont "analysé les données récupérées lors des interrogatoires de 25 détenus soumis à une combinaison de +techniques d'interrogatoire améliorées+" et ont estimé que celle-ci ne comportait pas de contre-indications médicales majeures.
Parmi les techniques les plus connues, figure la privation de sommeil, la nudité forcée, le ligotage pendant des heures dans des positions inconfortables ou encore l'exposition à des températures extrêmes. 
Les médecins de la CIA servaient aussi de témoin, en cas de poursuites futures pour attester que les interrogateurs agissaient "en toute bonne foi", sous directives médicales et en présence d'un médecin.
   "Ce rapport est la partie émergée de l'iceberg et il est nécessaire de conduire une enquête complète, de chercher les responsabilités et d'éviter qu'une telle chose puisse jamais se reproduire", a estimé Allen Keller, médecin spécialiste des effets de la torture lors de la conférence de presse.

SOURCE : WWW.ALMANAR.COM.LB 07/06/2010  


4-4 "Torture made in USA".

A titre d’illustration, nous vous invitons à regarder cet extrait du documentaire d’investigation de Marie-Monique Robin "Torture made in USA".

DÉTENUS DE GUANTANAMO : CAMPAGNE POUR LA PROTECTION INTERNATIONALE

Amesty International, le 20 mai 2010, par Brian May

De nombreux détenus restent à Guantánamo parce qu’ils ne savent pas où aller. Ils s’exposent à des persécutions s’ils repartent dans leur pays d’origine et ne parviennent pas à trouver refuge ailleurs. Amnesty International demande aux États de contribuer à la fermeture définitive de Guantánamo en accueillant ces détenus et en leur donnant la possibilité d’une vie nouvelle.

Le 3 février 2010, le Conseil fédéral suisse a accepté de fournir un nouveau lieu de vie à deux frères ouïghours qui ont été maintenus en détention à Guantánamo sans inculpation ni jugement pendant près de huit ans.

Arkin et Bahtiyar Mahmud, qui viennent de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, en Chine, auraient couru le risque d’être torturés ou même exécutés s’ils avaient été renvoyés en Chine.

La Suisse a pris cette décision après des années d’action de la section suisse d’Amnesty International, qui s’est mobilisée dans le cadre du projet sur la protection internationale lancé par l’organisation de défense des droits humains. Participent à ce projet des militants d’Europe et d’ailleurs, qui demandent à leurs gouvernements d’accorder une protection aux détenus de Guantánamo quand ceux-ci risquent de subir des violations des droits humains en cas de renvoi dans leur pays d’origine.

Les autres pays ayant accueilli d’anciens détenus de Guantánamo incluent l’Albanie, la Belgique, la France, la Hongrie, l’Irlande, le Portugal et la Slovaquie.

Dans de nombreux cas, ces décisions ont été prises après un fort travail de pression, des démarches auprès des médias et une action associative menés par Amnesty International et d’autres. Dix autres Ouïghours se sont récemment vu offrir une nouvelle résidence provisoire aux Bermudes et aux Palaos.

Malgré ces initiatives positives, il reste à Guantánamo plus de 40 hommes ayant toujours besoin d’une protection humanitaire. Ils sont originaires de Chine, de Libye, de Russie, de Syrie et de Tunisie.

Si aucun pays ne se propose pour les aider, certains d’entre eux pourraient être renvoyés chez eux et y subir des sévices, ou passer des mois, voire des années supplémentaires en détention illimitée sous la responsabilité des autorités américaines.

Il s’agit d’hommes que les autorités américaines n’ont, à la connaissance d’Amnesty International, aucune intention d’inculper ni de juger. La seule raison pour laquelle ils sont maintenus en détention tient au manque de lieux sûrs pour les accueillir. Certains d’entre eux sont libérables. Dans les faits, ces hommes ont été abandonnés à Guantánamo.

En janvier 2010, Amnesty International, le Centre for Constitutional Rights, Reprieve et Moazzam Begg, ancien détenu de Guantánamo qui dirige désormais l’organisation Cageprisoners, ont entamé une tournée européenne afin de demander à d’autres États d’accepter des détenus de Guantánamo. La tournée est notamment passée par l’Allemagne, le Luxembourg et la Suède.

Certains États, surtout en Europe, ont demandé avec insistance la fermeture de Guantánamo mais n’ont pas fait le nécessaire pour transformer cet objectif en réalité. Pourtant, dans l’accord conjoint sur la fermeture du centre de détention conclu par les États-Unis et l’Union européenne en juin 2009, certains États membres de l’UE s’étaient dits prêts à contribuer à l’accueil d’anciens détenus, la sélection se faisant au cas par cas.

Consciente que l’adaptation d’anciens détenus de Guantánamo à la vie dans un pays inconnu peut s’avérer difficile, Amnesty International demande aussi aux gouvernements de proposer à ces hommes des mécanismes de soutien pour qu’ils s’habituent mieux à ces conditions nouvelles.

Cela suppose notamment de mettre à leur disposition une assistance médicale, juridique, psychologique et sociale. Les sections d’Amnesty International contribuent à ces efforts en contactant les ONG concernées dans leur pays, afin qu’elles prodiguent des conseils d’experts et une aide pratique à ces hommes.

Lakhdar Boumediene, ressortissant algérien, vivait en Bosnie-Herzégovine avant d’y être arrêté. Il a été incarcéré à Guantánamo pendant près de huit ans sans inculpation ni jugement. En mai 2009, il lui a été proposé de vivre avec sa famille en France. Près d’un an plus tard, s’il lui est encore difficile de s’adapter à une situation qui succède à des années de détention, il se fait à sa nouvelle vie avec l’aide d’Amnesty International France. Il a déclaré à Amnesty International : « Ça a été très dur pour moi […] J’ai essayé de me construire une vie. Et maintenant j’ai l’impression d’être comme tout le monde. Je me sens humain. »

Si d’autres pays acceptent de fournir une protection humanitaire à ceux qui se trouvent encore à Guantánamo, d’autres hommes tels que Lakhdar Boumediene auront la possibilité de se reconstruire une vie stable en toute sécurité, et nous nous rapprocherons de la fermeture définitive de Guantánamo.

http://www.dailymotion.com/video/xd9mxz_torture-made-in-usa-docu-d-investi_news#from=embed?start=1

http://www.reopen911.info/News/2010/06/01/guantanamo-ou-en-sommes-nous/



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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