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16/06/2010

n°534 - Dossier de Palestine - 15-06 – Fin :- «Le blocus de trois ans imposé par Israël sur la bande de Gaza est absurde, tragique et inacceptable»

n°534 - Dossier de Palestine  - 15-06 – Fin  :- «Le blocus de trois ans imposé par Israël sur la bande de Gaza est absurde, tragique et inacceptable»


       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Dossier de Palestine

  534                                                     15-06

                                                                       C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis           : no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 

Sommaire

3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

3-1 « Les faucons israéliens pris en flagrant délire".

3-2 Aviel Magnezi : Une flottille part bientôt pour briser le siège de Gaza.

3-3 Henrik Lindell : Le curé de Gaza Manuel Musallam témoigne.

3-4 Des milliers de Palestiniens devront cesser de travailler pour l’occupant.

3-5 Merav Amir : De nombreux Israéliens voient la frontière comme une vue de l’esprit, pas comme un fait ».

3-6 Le parcours d’une femme libre nourrie au sionisme.

3-7 Le Canada, l'allié le plus fidèle d'Israël.

3-8 Neve Gordon : Ce que le juge Goldstone a appris à ses dépens.


3 Déclaration, courrier des lecteurs & témoignage

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

3-1 « Les faucons israéliens pris en flagrant délire".
Un sous-marin, un avion espion et des commandos spéciaux pistaient la flottille humanitaire se dirigeant vers Gaza.
 « L'armée israélienne n'avait pas seulement mobilisé des commandos d'élite, des frégates, des hélicoptères et des Zodiac pour intercepter les six navires de la flotille humanitaire. Un sous-marin et un avion-radar étaient aussi chargés de pister le petit convoi et d'enregistrer les conversations à bord. Ces moyens démesurés, eu égard à l'objectif poursuivi, ont été notés avec surprise, à Paris, par l'état-major de la marine.
Quelques heures avant que Sarkozy ne se décide enfin, à 13h6, lundi 31 mai, à exprimer "sa profonde émotion" et à condamner "l'usage disproportionné de la force" par les Israéliens, ces mêmes officiers de marine paraissaient moins gênés que lui aux entournures. "Une grave bavure et pas un dérapage", disait l'un d'eux, en insistant sur la volonté israélienne d'infliger une spectaculaire leçon aux pacifistes et aux pro-Palestiniens.
L'ami Netanyahou
Même son de cloche, si l'on ose dire, à
la Direction du renseignement militaire. Lundi matin, sans attendre l'oracle de l'Élysée, on y dénonçait déjà une "riposte totalement disproportionnée", face à des navires qui transportaient 10 000 tonnes d'aide à destination de Gaza (matériaux de construction, maisons préfabriquées, fauteuils roulants, équipement médical, etc.). Et, bien sûr, pas d'armes, les Turcs avaient tout vérifié avant le départ.  Verdict sévère, mais plus "professionnel", entendu à l'état-major des armées : "L'armée israélienne n'est plus ce qu'elle était". Et de critiquer, grâce aux informations recueillies sur place, une opération "mal conçue, mal planifiée, mal exécutée". Mardi 1er juin, plusieurs journaux israéliens tiraient les mêmes leçons de ce fiasco, quand ils ne se lamentaient pas sur l'effet produit à l'étranger.  Le raid israélien passe mal chez certains diplomates qui connaissent bien le Proche-Orient. "La guerre de Gaza avait déjà terni l'image d'Israël, confie l'un d'eux. Mais la complaisance internationale habituelle, États arabes et France y compris, à l'égard de toutes les actions israéliennes, a laissé croire aux dirigeants de ce pays qu'ils pouvaient tout se permettre". A preuve la déclaration du ministre travailliste de la défense, Ehoud Barak, qui, comme d'autres, regrette les morts mais ne "trouve rien à redire" au comportement de ses commandos spéciaux. Ou celle du Premier ministre Netanyahou, qui "approuve" l'ensemble de l'opération.
La semaine dernière, Sarkozy avait reçu cet "ami chef d'État", selon la formule d'un autre diplomate. Lequel estime que "c'était lui faire beaucoup d'honneur, alors qu'il continue à développer la colonisation dans les territoires palestiniens. Malgré l'insistance de
la France pour qu'il y renonce". Ce diplomate l'ignore, mais Sarkozy en a rajouté pour complaire à Netanyahou. "Je ferai tout, lui a-t-il promis, pour qu'il y ait des sanctions lourdes et rapides contre l'Iran". » (…) ». 

 

 (5)     http://www.aloufok.net/spip.php?article1813

(6)     http://www.legrandsoir.info/La-veritable-menace-a-bord-de-la-Flottille-de-la-Liberte-In-These-Times.html

(7)     http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9solution_242_du_Conseil_de_s%C3%A9curit%C3%A9_des_Nations_unies#Controverse_sur_l.27interpr.C3.A9tation_de_la_r.C3.A9solution_242

(8)     http://www.egalite68.fr/Qui-vive/12-06-10.pdf

(9)     http://www.aloufok.net/spip.php?article1764

(10)  http://www.robertbibeau.ca/palestine/canon.pdf 


3-2 Aviel Magnezi : Une flottille part bientôt pour briser le siège de Gaza.

Une organisation de juifs allemands prépare une flottille pour s’opposer au blocus de Gaza par Israël.
«
Les militants ont peur, mais pas du Hamas » dit un membre de l’organisation.

L’organisation juive allemande, Une Voix pour la Paix au Moyen-Orient, prépare une flottille juive pour la bande de Gaza. « Nous comptons partir autour de juillet », indique à Ynet un membre de l’organisation, Kate Leitrer. « Nous avons pour l’instant un petit navire, dans lequel embarqueront entre 12 et 16 personnes, principalement des juifs. »

Leitrer, elle-même juive, dit qu’il y a un grand intérêt à s’y joindre à eux. « Obtenir un autre navire signifie plus de dépenses, et nous discutons de cette éventualité, » dit-elle. « Du fait d’un espace limité, il y aura seulement du matériel scolaire, des bonbons, et surtout du matériel musical, il y aura aussi des musiciens à bord qui enseigneront aux enfants de Gaza. Ces enfants ont besoin de voir que les juifs ne sont pas comme dans l’image qu’ils ont pu s’en faire. »

Leitrer affirme également qu’Israël a agi de façon criminelle avec son raid meurtrier contre la flottille de Gaza lundi dernier, 31 mai.

«  La direction de l’UNRRA (L’Administration des Nations-Unies pour le secours et la réhabilitation) a demandé au monde d’envoyer des navires en raison de la pénurie de fournitures importantes à Gaza, » dit-elle.

« En arrêtant la Flottille, Israël a commis un acte criminel. Israël ne doit pas agir comme des pirates. »

Les militants ont peur, dit-elle, mais pas du Hamas.

« Des juifs sont allés à Gaza dans le passé, et ils furent traités de manière amicale, » continue Leitrer. « Nous avons aussi discuté avec eux récemment, et ils sont très enthousiastes de savoir que nous venons. Nous avons peur avec ce qui s’est passé sur le Marmara, mais quand on est engagés dans une bonne action, on doit agir. Des gens ont aussi été tués dans la lutte contre le fascisme. »

Elle dément les craintes d’Israël que des armes aient été passées en contrebande vers Gaza sur ces navires humanitaires. « Nous n’avons pas entendu qu’il y avait des armes sur la dernière flottille, et des gens ont été ciblés et tués » dit-elle.

« Nous avons contacté des personnalités d’Israël et leur avons dit qu’elles étaient les bienvenues pour venir fouiller les navires, mais nous leur avons demandé de nous laisser poursuivre jusqu’à Gaza. Ce sont les eaux territoriales de Gaza, et Israël n’a pas à les contrôler. »

« Ouvrir une fenêtre vers Gaza »

Edith Lutz, juive allemande, membre de l’organisation a dit à Ynet que le navire était déjà ancré dans les eaux de la Méditerranée, et que l’organisation avait reçu de nombreuses demandes de juifs et non-juifs pour participer à la flottille.

« Nous avons commencé en Allemagne » dit-elle, «  mais beaucoup nous ont appelés d’Angleterre, de Suède et des Etats-Unis. Il se pourrait qu’un autre navire nous accompagne, principalement pour emmener des journalistes. »

Lutz explique, la flottille juive a pour but de faire passer un message : lever le siège.

« Notre navire peut ouvrir une fenêtre entre Israël et les habitants de Gaza, » dit-elle. « Il y a deux ans, j’ai participé à la flottille Free Gaza ; je portais l’Etoile de David et les gamins disaient, "Regarde, elle est juive," et tous m’ont très bien acceptée. Quand nous avons rencontré Ismail Haniyeh (dirigeant Hamas) et lui avons dit qui j’étais, il s’est tourné vers moi et m’a dit qu’ils n’avaient rien contre les juifs ni contre Israël, seulement contre l’occupation. »

Aviel Magnezi

6 juin 2010 - YnetNews

 traduction : Info-Palestine.net

http://info-palestine.net/article.php3?


3-3 Henrik Lindell : Le curé de Gaza Manuel Musallam témoigne.

De passage en France cette semaine, père Manuel Musallam, curé de Gaza de 1995  jusqu’à cette année, témoigne des Intifadas et des opérations israéliennes vécues auprès des Palestiniens.

Paroles d’un résistant.

Manuel Musallam est à 72 ans un résistant sans armes.

Qui a appris à prôner une paix juste et prêcher l’amour du prochain quand tout incite à la haine. Il est un de ces héros qui a survécu à l’opération israélienne « Plomb durci » l’hiver 2008-2009.

Maintenant, il refuse le silence.

De passage en France jusqu’au 10 juin à l’occasion du lancement d’un livre d’entretiens écrit avec Jean-Claude Petit (éd l’Aube, 18 euros) (1), il donne des conférences où il évoque les souffrances et la lutte de son peuple. Le 28 mai, il a donné une conférence de presse à Paris devant des journalistes. Nous l’avons écouté.

« Gaza est toujours sous la pression d’un crime contre l’humanité. C’est un crime de guerre qui dure depuis des années », dit-il d’emblée en évoquant la politique israélienne à l’égard de Gaza avec les bouclages et les opérations militaires.

Ainsi « Plomb durci » en décembre 2008-janvier 2009 qui a causé la mort d’environ 1500 Palestiniens dont plusieurs centaines d’enfants. « C’était comme n’importe quelle attaque israélienne avec des chars, des bombardiers et des soldats. Mais au lieu de durer un jour, elle a continué pendant 22 jours. C’était terrible ! »

Manuel Musallam évoque avec beaucoup d’émotion la terreur vécue par les enfants. Directeur de l’Ecole de la Sainte-Famille, il a accueilli et aidé des écoliers et leurs familles tout au long de l’opération et pendant les mois difficiles qui ont suivi.

« Les enfants étaient … comment vous dire … étourdis. Ils ne jouaient plus, ils ne parlaient plus, ils étaient tous malades. Je ne les avais jamais vus comme ça. Pendant la journée, quand les bombardements avaient cessé, ils venaient à l’école, s’installaient à leur place, et ne bougeaient que pour aller aux toilettes. Certains avaient vu des membres de leurs familles se faire massacrer. D’autres avaient vu leur maison s’effondrer. C’est à ces enfants-là qu’on va essayer de dire que la paix est possible. Mais la paix ne peut pas pénétrer leurs cœurs. Ils sont nourris par la haine. »

Mourir pour la Palestine?

Le curé de Gaza a lui-même vécu de nombreuses privations comme tout le monde. Or la guerre donne parfois l’occasion d’innover : « Pendant un mois, on n’avait pas de l’eau potable. Mais la Providence nous a donné des carottes ! On les donc pressées pour obtenir du jus. C’est ainsi que j’ai survécu », se souvient-il en souriant.

Mais le manque d’eau n’était qu’un détail dans cette terreur au quotidien. « Nous disons en tant que croyants que la souffrance fait partie de la vie. Mais cette souffrance-là n’est pas salvifique. C’est trop. On en arrive à se poser la question suivante : faut-il devenir esclave d’Israël ou mourir ?

Je n’accepte pas d’être esclave. »

Mourir pour la Palestine ?

Comme tant de ses compatriotes, Manuel Musallam doit souvent se poser cette question malgré lui. L’armée israélienne ne donne guère le choix. Mais ce n’est pas le message qu’il dit : « Nous ne voulons pas mourir pour la Palestine ! Nous voulons vivre pour construire la Palestine ! »

Et puis il hausse le ton et lance avec émotion cette question rhétorique : « Mais que voulez-vous ?

Qu’on meurt ?! Les Israéliens nous traitent comme des esclaves.

Qui l’accepterait ?

Ce conflit israélo-palestinien est une question de libération d’un peuple. »

Manuel Musallam n’achète pas l’explication officielle selon laquelle « Plomb durci » était une attaque contre le Hamas. « Alors la guerre était-elle contre le Hamas ? » ironise-t-il. « Parmi les 1500 personnes tuées, seules 40 appartenaient au Hamas. »

Qassam

A la question indignée d’une journaliste sur la souffrance des enfants israéliens et une riposte nécessaire aux roquettes Qassam que les militants du Hamas lançaient contre Israël, il répond en donnant les statistiques israéliennes : « Depuis 2001, 24 000 roquettes Qassam ont été lancées contre Israël. Ces armes, qui sont artisanales, ont tué 13 Israéliens et 50 Palestiniens. En effet, beaucoup de Qassam sont tombés à l’intérieur de Gaza. Contrairement à Israël, nous n’avons pas de chars ou d’avions bombardiers. »

Puis il ajoute ces mots qui reflètent ce que pensent généralement les Palestiniens : « Israël est responsable d’un terrorisme d’Etat. Nous avons besoin d’être protégés. Voila la réalité. »

Quant à la politique d’Israël en Cisjordanie, il refuse également les justifications sécuritaires d’Israël. « Ce qui se passe actuellement à Jérusalem Est et Sud, où Israël détruit des maisons et s’approprie des terrains comme il veut, est une invasion contre l’entité palestinienne. On peut comprendre que l’armée israélienne tue un palestinien armé isolé pour défendre Israël. On peut même comprendre que l’armée détruit sa maison. Je ne suis pas naïf. Mais comment peut-on dire que la politique actuelle est faite pour la sécurité d’Israël ? »

Chrétiens palestiniens

Le curé de Gaza prend soin de préciser la nécessité de dialoguer avec les Israéliens. Mais comment rencontrer des Israéliens chez eux ? « D’Israël, on connaissait les colons à Gaza. Ils ne se mêlaient pas avec nous. Maintenant nous n’avons de relations qu’avec les soldats israéliens qui nous humilient. Ce ne sont pas des amis, ni même des amis possibles. »

Quant aux problèmes de « cohabitation » que les chrétiens palestiniens auraient avec les musulmans, Manuel Musallam tient à préciser plusieurs choses : « Nous les chrétiens sommes d’abord Palestiniens. Nous ne voulons pas cohabiter avec les musulmans. Nous voulons vivre avec les musulmans. Je ne suis pas le curé seulement pour les 300 catholiques de Gaza, mais pour 1,4 million de personnes qui vivent à Gaza. »

Puis il conteste la thèse de la persécution anti-chrétienne en Palestine. « Les chrétiens ne souffrent pas des musulmans. Les chrétiens souffrent du conflit, comme tout le monde. Et certains chrétiens s’en vont pour cette raison-là. Il est vrai qu’à Gaza, à l’époque des caricatures du Prophète publiées en Europe, il y avait des tracts anti-chrétiens. Il était écrit qu’il fallait « tuer les chrétiens ».

Mais, chez nous, c’est le Hamas et les Salafistes qui ont protégé l’église. En réalité, « les chrétiens » signifient « les croisés », c'est-à-dire les Occidentaux agressifs et en l’occurrence chrétiens. Les chrétiens sur place sont des « nazares » et sont protégés par les musulmans. »

En tout cas, on imagine mal comment ce curé-là en particulier pourrait souffrir d’une quelconque persécution religieuse. A l’école qu’il dirigeait, les professeurs sont musulmans comme l’immense majorité des 1200 élèves, dont des fils de ministres du Hamas.

Manuel Musallam a reçu une nouvelle mission. De retour à Bir Zeit, en Cisjordanie, d’où il est originaire, il est membre d’un comité islamo-chrétien qui prépare un colloque en novembre prochain sur l’avenir de Jérusalem. Il a aussi été chargé par l'Autorité palestinienne de présider le département « Monde chrétien » pour développer des relations avec des responsables chrétiens au niveau international.

Henrik Lindell

Lundi 31 mai 2010

Publié le 10 juin 2010

Source : Témoignage chrétien
http://www.temoignagechretien.fr/...


3-4 Des milliers de Palestiniens devront cesser de travailler pour l’occupant.

Ndlr : La publication de l'analyse ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information.

Palestina Libre

Tous les jours à cinq heures, des milliers de Palestiniens font la queue à l’entrée des colonies juives en Cisjordanie pour un emploi, que bientôt ils perdront à pour cause de boycott des colonies juives par l’Autorité palestinienne [AP].

Des journaliers palestiniens traversant le point de contrôle de l’armée israélienne, à Bilin, pour aller travailler dans les colonies juives de Cisjordanie -

Plus de 25 000 familles vont se retrouver sans leur principale source de revenus si l’AP poursuit son plan visant à empêcher ses citoyens de consommer ou de participer sous n’importe quelle forme, à la production de biens dans l’une des quelques 120 colonies juives en Cisjordanie.

Une loi présidentielle du mois de Mars dernier impose des amendes allants jusqu’à 11 000 euros et des peines d’emprisonnement allant jusqu’à cinq années, pour ceux qui achèteraient, vendraient ou négocieraient avec les colonies juives, considérées illégales en vertu du droit international. Cette loi vise a éviter de légitimiser les colonies et à éviter de leur procurer un soutien financier.

Ces dernières semaines, les autorités palestiniennes ont procédé à des dizaines de raids afin de confisquer les produits illégaux, mais jusqu’à présent, ils ne s’en sont pas encore pris aux travailleurs, bien qu’ils aient dit attendre que plus aucun palestinien ne travaille dans les colonies d’ici la fin de cette année.

« Pour l’instant les amendes ne seront pas appliquée aux travailleur, et ce pour leur donner une période d’adaptation, mais j’espère qu’avant la fin de 2010, plus personne ne travaillera pour les colons » a déclaré le porte-parole de l’AP, ajoutant que, pour ces travailleurs , des emplois seront créés et des prêts seront proposés aux entrepreneurs afin d’aider les petites et moyennes entreprises.

Les Palestiniens qui sont entassés au petit matin en file d’attente aux points de contrôle, en route vers les colonies sont conscients de leur participation à une économie souterraine qui aide le projet de colonisation (qui parfois inclut la construction de maisons pour les colons sur des terres volées aux Palestiniens), mais ils font valoir qu’ils n’ont pas le choix.

« Je sais que je contribue à construire les maisons de mes ennemis, mais j’ai six enfants et j’ai besoin de mettre de la nourriture sur la table. Est-ce que l’Autorité palestinienne a une alternative pour moi ? » se demande Mohamed El-Assad, un travailleur de 40 ans qui travaille dans la contructions des maisons dans la colonie de Kiryat Sefer.

Pour les journées où il trouve du travail, il reçoit un salaire d’environ 40 euros, soit trois fois plus que celui qu’il aurait sur un chantier palestinien.

« Je méprise ce travail, mais j’ai trouvé un emploi et un salaire », ajoute Mohammed, tandis que son compagnon d’infortune, Hani Said, a déclaré : « Nous sommes patriotes, mais nous n’avons pas d’autre choix que de travailler dans les colonies, car il n’y a pas d’alternative. »

Selon l’AP, les produits des colonies qui sont vendus dans les territoires palestiniens ont atteint une valeur de 200 millions de dollars annuellement, tandis que beaucoup sont exportés vers les pays européens, en violation des règles internationales.

Imad Yousef, un jeune homme de 24 ans du village de Bilin, dit qu’il ne veut pas « construire des maisons pour les colons » sur ses terres, mais il affirme qu’il n’a jamais trouvé de travail en Cisjordanie, car « il n’ya pas d’usines, pas de projets industriels, les salaires sont très faibles et les emplois ne sont pas stables » et il exige que« l’AP trouve des solutions avant d’interdire tout travail dans les colonies. » La majeure partie des travailleurs sont des travailleurs de la construction ou des agriculteurs, mais les colonies ont également des usines dont les produits sont faciles à trouver dans n’importe quel supermarché palestinien.

 « Le premier arrêt commercial des produits des colonies est le territoire palestinien occupé » affirme le ministre de l’économie palestinienne, Hasan Abu libdir, ajoutant qu’« Israël inonde notre marché avec ses produits tout en maintenant (...) les politiques qui nuisent à la capacité productive palestinienne et à la croissance économique. »

Le vol des terres et des ressources naturelles et les restrictions à la liberté de circulation sont quelques-unes des principales causes empêchant le développement d’une économie viable et compétitive, ce qui favorise la consommation de produits israéliens dont le commerce n’est non seulement pas rentable, mais rend encore plus dépendante l’économie palestinienne.

La campagne de boycott lancée par l’AP cherche à briser ce cercle vicieux et à libérer ses marchés des produits des colons, une initiative qui, cependant, ne serait pas sans coûts et fera disparaître les emplois de beaucoup de personnes.

25 mai 2010

Palestina Libre

Palestina Libre - Vous pouvez consulter cet article à : http://www.palestinalibre.org/artic...
Traduction de l’espagnol : Mariem

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8759


3-5 Merav Amir : De nombreux Israéliens voient la frontière comme une vue de l’esprit, pas comme un fait »

Interview de Merav Amir, coordinatrice des recherches chez « Who Profits from the Occupation ? »

Il n'y a pas énormément d'organisations israéliennes qui combattent l’occupation, mais elles existent.

La Coalition des femmes pour la paix en est une. Il y a trois ans, quelques-unes de leurs collaboratrices ont lancé le projet d’enquête « Who Profits from the Occupation ? ».

En compagnie de quelques militant(e)s belges, les enquêteurs ont mis en lumière le fait que, via sa filiale en Israël, Dexia finançait des colonies illégales.

Merav Amir : « En divulguant des noms d’entreprises et d’organisations impliquées dans l’occupation, nous espérons influencer l’opinion publique et la politique des entreprises. Notre équipe ne compte que deux personnes, mais nous pouvons faire appel à beaucoup de volontaires. Nous collectons des données, des documents, nous étudions des rapports d’entreprises, etc. C’est un travail tant monotone que captivant car, en une fois, on tombe sur une découverte intéressante. »

Dexia était une découverte intéressante. Comment êtes-vous tombées sur cette information ?

« Bien des informations viennent de gens sur le terrain. Nous ne nous serions jamais heurtés à Dexia si nos partenaires belges ne nous avaient pas informées. Mais, inversement, nous pouvons également apporter notre aide. Bien des Belges n’ont pas accès à la presse israélienne, ne serait-ce que pour une question de langue. Collaborer avec une organisation israélienne est donc d’une importance cruciale. En tant qu’Israéliens, nous pouvons entrer dans n’importe quelle colonie et prendre des photos sans que l’armée ne s’en mêle. En outre, nous connaissons la situation et le cours des choses. En tant qu’Israélienne juive, je suis encore discriminée de façon positive, dans mon pays. La meilleure chose que je puisse faire, c’est de tirer parti de cette discrimination positive et des privilèges dont je jouis pour me battre pour la bonne cause. »

Il existe diverses pistes pour exercer des pressions. Pourquoi vous concentrer sur les entreprises et les organisations ?

« Cette situation d’occupation n’existerait pas sans le soutien des entreprises et gouvernements étrangers. Il importe qu’ils comprennent qu’ils sont coupables et qu’ils portent une grande responsabilité. Il est malaisé de faire parvenir ce genre d’information à la population israélienne. Nos médias ont leurs propres règles : ils sont obsédés par quelques affaires et, pour le reste, ils l’ignorent ou le nient carrément. Par exemple, le premier communiqué de presse sur Dexia n’a été repris par personne.

D’autres histoires, toutefois, passent quand même et c’est une bonne chose. Ainsi, dans l’un de nos journaux orientés à droite, on a pu lire que les banques ne concluaient pas d’hypothèques pour les habitations situées dans les colonies. Les colons se sont sentis discriminés, après quoi, les banques ont dit qu’elles octroyaient de nouveau des prêts. Il était clair qu’elles racontaient deux vérités différentes, selon leur public. Nous voulons que ce même journal parle de Dexia, dans l’espoir que les colons se sentent à nouveau discriminés. Peut-être la banque réagira-t-elle à cela en nous montrant si elle poursuit oui ou non ses financements. »

Voyez-vous d’autres façons intéressantes de stimuler le débat public ?

« Qu’on soit pour une solution à un ou deux États, l’économie joue un rôle important. La gauche en Israël a tenté de susciter des années durant le débat public en aidant à la compréhension de l’impact économique : combien cela nous coûte, à Israël, de poursuivre l’occupation ? Toutefois, cette stratégie n’a apporté aucun résultat. C’est pourquoi nous avons décidé de changer de cap. Nous devons rendre l’occupation désavantageuse pour le marché israélien. Le prix économique de l’occupation doit être ressenti jusqu’à ce qu’il soit trop élevé pour le monde des affaires. Nous avons donc inversé la question de savoir combien cela coûte à la population israélienne en disant : Qui tire profit, en fait de l’occupation ? La réponse pourrait bien avoir un effet dégrisant ! »

Quelles sont les réactions que vous recevez, en Israël ?

« Venant du mouvement pour la paix, il y a beaucoup de réactions négatives à tout ce qui ressemble au boycott : cela bloque le dialogue, cela mène à l’antisémitisme en Europe, cela touche les travailleurs palestiniens, déjà si vulnérables, dans les colonies juives, etc. Ce dernier point est certainement vrai et c’est pourquoi, en tant qu’Israélienne juive, je ne prendrais jamais l’initiative du boycott, parce que ce n’est pas moi qui en paierais le prix. Ce que nous faisons est une réponse au large appel, du côté palestinien, à faire ressentir à Israël le poids de l’occupation. En ce moment, ni le marché israélien ni la politique ne voient aucune raison pour changer quoi que ce soit à la situation. »

Qu’avez-vous alors apporté, en tant qu’Israélienne, sur le plan des autres idées ?

« Ce que j’ai remarqué de moi-même, c’est qu’en Israël, on grandit avec l’idée qu’ont sait bien comment vont les choses mais, en fait, on n’en a pas la moindre idée. L’indifférence à l’égard de l'autre côté est si grande. Les deux camps ont la même valeur, mais nous nous battons pour notre propre camp. Et c’est dans cet esprit que l’on grandit.

En un sens, la société israélienne est très ouverte, mais il y a peu d’activisme. Ma famille était très opposée à l’occupation, mais personne n’a rien fait. Moi-même, c’est quelque chose que j’ai vraiment dû apprendre. Dès que je me suis engagée, j’ai compris que je ne savais rien du tout, en fait.

Ça a certainement à voir avec l’enseignement. Les décisions politiques maintiennent les jeunes dans l’ignorance. Quand je me suis adressée à des soldats israéliens, je leur ai demandé s’ils savaient qu’ils se trouvaient sur le territoire palestinien. Eh bien, ils ne le savaient pas. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas le comprendre, mais personne ne le leur a jamais appris. La frontière a tout simplement été effacée de leurs programmes scolaires !

Il arrive souvent que les gens ici voient la frontière comme une vue de l’esprit, et non comme un fait. Même le mot « occupation » : beaucoup le voient comme une interprétation personnelle. Voilà la situation dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Comment faut-il changer cela ? Quatre générations, nées dans le conflit. Je ne cesse de me casser la tête à ce sujet. »

Merav Amir 

Plus d’infos: www.whoprofits.org
Journée d’action de la plate-forme « Palestine occupée – Dexia impliquée », le 12 mai 2010.

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Jean-Marie Flémal

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3-6 Le parcours d’une femme libre nourrie au sionisme.

L’histoire de cette combattante peut nous rappeler celle d’une autre femme, que l’islam considère être l’une des meilleures que l’humanité ait connues.

Je parle de la femme de Pharaon, le tyran au sommet de son arrogance, une femme que tout prédestinait à être complice, à jouer un rôle actif au côté du tyran ; mais sa nature humaine, pure et innée, lui donna le courage de résister, de faire face au tyran et de refuser l’injustice, tout en adhérant à la foi sincère des opprimés.

Tali Fahima, née en Palestine occupée en 1976 dans une famille juive d’origine algérienne, est la jeune femme de nationalité israélienne, dont le service de sécurité Shin Beth affirma qu’elle planifiait de devenir « la première terroriste juive », en voulant agir contre son propre « peuple ». C’est la jeune femme qui, d’une partisane du parti Likoud, a « basculé » en 2003 pour développer des relations et prendre position en faveur de la résistance et du peuple palestiniens, ce qui a fini par lui coûter deux ans d’emprisonnement de 2005 à 2007. Et c’est enfin la jeune femme qui, selon un site pro-israélien, « vient de franchir un nouveau pas » (sans doute un pas dans l’horreur pour ce site, ndlr) ce lundi 7 juin, en embrassant la foi des opprimés et des résistants de la Palestine, la foi de la femme de Pharaon, la foi de leurs illustres ancêtres autour des apôtres du Christ et des compagnons du Prophète.

Pourtant, Tali Fahima était prédestinée à devenir une femme israélienne nourrie au sionisme, sans aucune considération pour les Arabes de la Palestine, rien que de la haine et du mépris.

Dans une interview qu’elle a accordée au site des Palestiniens de 1948 (www.pls48.net) en janvier 2010, elle revient sur son parcours, l’éducation qu’elle a reçue et comment elle a fini par découvrir la vérité.

Après des études scolaires, un service militaire dans l’armée israélienne et un passage aux Etats-Unis, elle est rentrée travailler comme secrétaire de direction dans un cabinet d’avocats à Tel-Aviv : « Je vivais comme toute jeune femme juive à la recherche d’argent », mais « malgré l’aisance dont je jouissais, je ressentais un vide intérieur ».

L’éducation sioniste

A propos de l’éducation qu’elle a reçue en Israël, elle dit : « Depuis mon enfance, le sionisme œuvrait à nous inculquer la haine contre les Arabes et les Palestiniens. Ils nous apprenaient à avoir peur des Arabes... Ils nous expliquaient que les Arabes étaient des ennemis et que cette terre appartenait aux juifs, et ils nous présentaient des cartes et des documents montrant que cette terre était aux juifs de la mer au fleuve [du Jourdain]. Le sionisme instrumentalisait la religion pour atteindre ses objectifs en considérant que les juifs sont le « peuple élu » et que par conséquent, les autres ne méritaient pas une place d’égale dignité ». Elle se rappelle du mépris qu’elle avait pour les ouvriers arabes, et que « l’influence de l’éducation sioniste faisait que rien que la vue des panneaux en langue arabe dans les rues me dérangeait ».

Le basculement et la prison

Le changement fut enclenché au début des années 2000 avec la deuxième Intifada et la peur qu’elle provoqua. Elle voulait comprendre et commença à se poser des questions sur ces événements. Une opération kamikaze lui fit se demander : « Qui a fait cette opération et pourquoi ? Y a-t-il a un but qui mérite que l’on se sacrifie pour lui ? Quelles sont les véritables motivations ? »

Tali n’a pas trouvé de réponses à ses questions dans les médias israéliens, mais ce fut Internet qui lui ouvrit les yeux sur les mensonges sionistes, et qui lui montra les premières vérités, des vérités qui la secouèrent et qui l’incitèrent à rencontrer ces Palestiniens qu’elle avait appris à détester. Un chemin qui la conduisit à la rencontre avec un chef du mouvement de résistance des Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, et la visite du camp meurtri de Jenine. Toutes les thèses sionistes s’écroulèrent, et tout devint plus clair : « Ce ne sont pas des terroristes, ce sont des résistants et des combattants qui ne veulent que leur liberté ».

Tali resta à Jenine et y travailla sur un projet pour les enfants palestiniens ; tout en se déclarant publiquement opposée à la politique des assassinats ciblés menée par l’Etat d’Israël, et en se proposant de servir de bouclier humain. Depuis lors, elle fut l’objet d’harcèlement sécuritaire et médiatique. Elle fut arrêtée une première fois en 2004, puis en 2005 où elle fut condamnée à trois ans de prison pour avoir fourni des informations à l’ennemi, et pour avoir été dans les territoires « contrôlés » par l’Autorité palestinienne entre autres charges. Elle fut libérée en 2007 pour bonne conduite.

Comment elle voit l’avenir

Tali affirme : « Le sionisme est une institution qui représente un danger pour la sécurité locale et internationale. Je pense que le projet sioniste est en déclin et en fort repli, et que les sionistes le savent. Le projet sioniste ne va pas durer longtemps, et il y a un disfonctionnement qui apparaît dans la société israélienne aux niveaux religieux, social et moral. J’ai la conviction que toute colonisation se dirige vers sa fin ».

« Mais il semble que la région va assister à une dangereuse escalade avant la disparition du projet sioniste, et ce qui se passe à Jérusalem Est et à la mosquée al-Aqsa en est un signe manifeste », ajoute-elle.

Et à propos de la gauche israélienne, elle déclare : « Je ne comprends pas le combat de la gauche israélienne, et je crois fermement que cette gauche est l’un des bras du projet sioniste. Elle est assurément au service de la colonisation israélienne, sciemment ou inconsciemment ».

Sa rencontre avec le mouvement islamique en Palestine de 48 et le cheikh Raed Salah

« Note vision à propos des Arabes fut noircie, c’est ce que le sionisme voulait nous inculquer, mais notre vision du mouvement islamique et du Cheikh Raed Salah (le chef de la branche du nord de ce mouvement, ndlr) était encore plus noire » dit-elle.

Mais en écoutant le Cheikh lors de son arrestation en 2003, Tali s’était rendue compte de la chape sécuritaire injuste que l’Etat d’Israël lui imposait, et elle voulut en savoir plus sur lui ainsi que son mouvement.

Elle se renseigna sur le mouvement, assista à des conférences et finit par rencontrer le Cheikh Salah. Elle fut impressionnée par son rayonnement, sa modestie. Pour elle, c’est lui qui « représente désormais la véritable pensée, pure, claire et sincère dans une époque où le projet nationaliste a échoué » et c’est ce qui fait qu’« il court un danger de la part du pouvoir sioniste qui le poursuit pour ce qu’il représente, et pour ses efforts visant à dévoiler la vérité des plans sionistes ».

Le pas de plus

Ce fut donc ce lundi 7 juin que Tali Fahima a franchi le pas en déclarant la profession de foi musulmane dans une mosquée à Umm al-Fahm, au nord de la Palestine dans la région de Haïfa, là ou se trouve le siège de la branche Nord du mouvement islamique. Les journaux israéliens et leurs relais à l’étranger ont largement diffusé la nouvelle, mettant l’accent sur ses liens avec les « terroristes » !

Le yediot Aharonot rapporte que Tali Fahima ne souhaitait pas faire de commentaire car elle refusait toute interview à des « médias sionistes ».

Le cheikh Yusuf Albaz présent à la conversion déclara : « J’aime beaucoup son état d’esprit. J’apprécie toute personne qui préfère la résistance à la capitulation, et Tali Fahima est un exemple de résistance ».

Le 10 juin 2010

Yad-La-Joie


3-7 Le Canada, l'allié le plus fidèle d'Israël.

Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, n'a pas quitté le Canada aussi rapidement que ce que l'on aurait pu croire hier.

En fait, il a effectué l'essentiel de sa visite à Ottawa, démontrant ainsi à quel point le gouvernement Harper est devenu un allié précieux et apprécié par Israël.
Hier matin, pendant que la communauté internationale réagissait fortement à l'attaque meurtrière de l'armée israélienne contre la flotte de six navires humanitaires en route vers la bande de Gaza, Benjamin Nétanyahou et Stephen Harper se rencontraient calmement dans le bureau du premier ministre canadien au Parlement.
La réunion, prévue de 10h à 11h, n'a pas été annulée, au contraire.

Plutôt que de rencontrer les journalistes pour un point de presse commun à 11h15, les deux hommes ont poursuivi leur tête-à-tête, invitant plusieurs ministres du gouvernement Harper à se joindre à la réunion. M. Nétanyahou a quitté le bureau de Stephen Harper seulement à 12h44, soit plus tard que prévu et près de 2h30 après avoir annoncé publiquement qu'il devait rentrer d'urgence en Israël pour gérer la crise.
La veille, dimanche, les deux hommes ont passé l'après-midi ensemble au 24 Sussex, en compagnie de leurs épouses.
Autre signe des liens plus étroits qui lient le gouvernement Harper et l'État hébreu: Nétanyahou a préféré visiter le Canada une journée avant son allié traditionnel, Washington. Un fait rare. C'est donc la rencontre d'aujourd'hui à
la Maison-Blanche qui a été annulée.
De plus, le séjour de Benjamain Nétanyahou au Canada était le premier par un chef d'État israélien depuis Yitzhak Rabin, en 1994. Tous ces gestes ont une importance diplomatique.
«Depuis que Stephen Harper a pris le pouvoir, le Canada a abandonné son rôle d'arbitre neutre au Moyen-Orient et a adopté une position pro-israël», explique Julien Saada, coordonnateur de l'Observatoire sur le Moyen-Orient de
la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'UQAM. «Les États-Unis, sous l'administration Obama, sont restés un fidèle allié d'Israël, mais ils ont été plus durs récemment, notamment sur l'expansion des colonies. Ça n'a pas été le cas au Canada. Le gouvernement Harper veut être un allié inconditionnel d'Israël.»
Julien Saada n'a donc pas été étonné de voir la réponse très mesurée du Canada à l'offensive israélienne hier. De fait, la réaction canadienne a été l'une des plus douces de la communauté internationale.
Pendant que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se disait «choqué» par l'attaque qui a fait une vingtaine de morts et que le président français, Nicolas Sarkozy, affirmait que l'action de l'État hébreu était «disproportionnée», Ottawa y allait d'une courte phrase: «Le Canada regrette profondément les pertes de vie et les blessures causées dans cet incident», a soutenu Stephen Harper, qui a dit chercher davantage d'informations «afin de faire la lumière sur ce qui s'est passé exactement». Rien d'autre n'a été ajouté dans la journée.
Une déclaration très semblable à celle de
la Maison-Blanche (Obama et Harper se sont d'ailleurs parlé de la situation hier), à la nuance près que Washington souhaite une enquête pour tout connaître de la tragédie. L'Europe a également exigé une enquête, mais indépendante.
Un allié inconditionnel
Dans l'entourage du premier ministre Nétanyahou, on considère maintenant le Canada comme l'allié le plus fidèle d'Israël. Une voix presque sans critique dans un monde qui a parfois durement rabroué les actions de l'État hébreu, notamment lors des offensives au Liban (2006) et dans la bande de Gaza (2008). Ottawa avait été le seul pays à trouver l'offensive de Tsahal au Liban «mesurée».
Ce n'est pas pour rien que l'organisme activiste juif B'nai Brith vient de lancer une campagne de publicité pour féliciter le gouvernement Harper de son appui «inconditionnel» à Israël.
Il faut dire que Stephen Harper est allé plus loin que n'importe quel premier ministre canadien avant lui lorsqu'il a déclaré, quelques mois après son arrivée au pouvoir, qu'une attaque contre Israël serait considérée «comme une attaque contre le Canada».
La fin des subventions à certains organismes canadiens qui critiquent Israël et la crise à Droits et Démocratie montrent également à quel point l'appui à l'État hébreu a pénétré la pensée du gouvernement dans les derniers mois.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et le leader du NPD, Jack Layton, soutiennent que le Canada devrait exiger une enquête indépendante. Gilles Duceppe aurait aimé une réponse plus ferme du Canada hier. «C'est le pire service à rendre à des amis que de ne jamais critiquer les décisions d'un autre pays, a-t-il dit. On peut critiquer des décisions du gouvernement israélien sans être contre l'Israël.»
Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a dit «regretter les pertes de vies», mais n'a pas exigé une enquête internationale. «Nous reconnaissons à Israël le droit de se défendre, mais dans cette région, il est important que la réponse à des menaces à la sécurité soit mesurée», a-t-il simplement dit dans un communiqué de presse.

 1 juin

 http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/290009/le-canada-l-allie-le-plus-fidele-d-israel


3-8 Neve Gordon : Ce que le juge Goldstone a appris à ses dépens.

Richard Goldstone a appris une chose ou deux l’année dernière. Depuis que Goldstone, qui se décrit lui-même comme un juge juif et sioniste d’Afrique du Sud a émis un rapport accusant Israël (et le Hamas) de crimes de guerre, il a été la victime d’une campagne bien orchestrée visant à le discréditer. Il y a deux semaines de nouvelles "révélations" se sont répandues dans la presse, accusant Goldstone d’avoir envoyé 28 Sud Africains noirs à la mort pour des offenses criminelles quand il était juge à l’époque de l’apartheid. "Le juge qui a condamné des noirs à la peine capitale " a déclaré Reuven Rivlin, porte parole de la Knesset israélienne "n’a aucun droit de faire la leçon à un état démocratique qui se défend contre le terrorisme".

Et ce n’est que le dernier épisode d’une campagne incessante de dénigrement. De nombreux observateurs ont remarqué que, si cet acharnement à détruire le messager a pour but de détourner l’attention de la vérité, il faut aussi souligner que ce travail de sape contre Goldstone n’est qu’un petit échantillon de ce dont est capable l’appareil d’état au service de la promotion d’Israël. Il est donc nécessaire de donner une vue d’ensemble.

En 2004, le Ministre des Affaires Etrangères Israélien s’est offert les services des firmes spécialisées dans les Relations Publiques Internationales pour planifier et coordonner une campagne pour améliorer l’image d’Israël qui se détériorait rapidement. Ils ont offert à Ido Aharoni le poste de responsable du département du Ministère de la promotion d’Israël qui a fait plusieurs études sur la question. En voici la teneur : Chaque endroit a une image... Chaque lieu a un ADN, une personnalité, exactement comme un être humain. Le Brésil est associé au plaisir, Paris à l’amour, Las Vegas au péché... Et Israël ?... Pour tout le monde l’ADN d’Israël, c’est le conflit, de sorte que le contexte dans lequel Israël est perçu est négatif que vous soyez d’accord avec sa politique ou non. Afin de restaurer son image, le Ministre des Affaires Etrangères a décidé de détourner l’attention du conflit du Moyen Orient en mettant en avant la recherche israélienne sur les cellules souches et les jeunes experts de l’informatique qui ont donné le message instantané "chat" au monde. Aharoni pour sa part, a soutenu qu’Israël devait promouvoir son style de vie, ses loisirs, son environnement, son art et sa culture, ses réalisations scientifiques, sa haute technologie, sa population et son héritage culturel en s’appuyant sur le livre de Dan Senor et Saul Singer "promouvoir une nation". Le seul problème d’après Aharoni "c’est que quand nous parlons d’Israël nous parlons du conflit et cela rebute jusqu’à nos plus enthousiastes supporters". Aharoni est convaincu que si Israël change de discours sur lui-même, son image à l’étranger changera.

Martin Kace, fondateur et président d’Empax, consultant en entreprise, n’est pas d’accord avec cette approche. A la conférence annuelle de Herzliya sur la Sécurité Nationale, il a affirmé :

C’est exact que le pays peut s’enorgueillir d’une quantité incroyable d’innovations techniques. Israël est numéro un dans le domaine de la production agricole, dépose plus de brevets biomédicaux que n’importe qui d’autre chaque année, reçoit beaucoup de prix Nobel, a des plages magnifiques, une population superbe et légèrement vêtue, une communauté gay très active, etc...

"Voilà ce que le Ministre des Affaires Etrangères propose comme matière pour sa campagne de communication en faveur d’Israël, cela échouera misérablement.... parce que cela exige des gens qu’ils changent complètement leur perception d’Israël". Une campagne de communication, selon Kace, doit se baser sur la vérité et une grande partie de la vérité est qu’Israël est engagée dans un conflit contre ses voisins depuis des dizaines d’années. par conséquent il est impossible de centrer une campagne de communication pour promouvoir Israël sur le progrès, le plaisir et la modernité en demandant au monde de faire comme si le conflit n’existait pas.

kace ne recommande pas qu’Israël mette fin au conflit mais que le conflit soit intégré à la campagne de communication d’Israël, car d’après lui, l’image d’Israël ne peut être améliorée que si le message est crédible et il ne le sera pas si on laisse de côté le conflit. Son idée est de présenter Israël comme le Pays de l’Expertise Sécuritaire.

Sans attendre ces débats, d’autres acteurs en Israël avaient déjà compris que le projet du Ministre des Affaires Etrangères d’ignorer le conflit et de promouvoir les innovations médicales, environnementales et technologiques d’Israël ne sauverait pas la réputation du pays. Cependant leur stratégie est très différente de celle de Kace. Contrairement aux campagnes de communication d’autres pays dont le but est de créer des associations positives gr ce à l’utilisation ou la répétition d’images valorisantes, ces architectes de la machine israélienne de communication ont décidé de passer à l’offensive en faisant tout ce qu’ils peuvent pour semer le doute et le discrédit sur la réputation de quiconque ose faire état des manquements d’Israël aux droits humains.

Le but de cette offensive est d’interrompre le flux d’informations collectées sur le terrain. Informations qui sont rassemblées, organisées et relayées par des associations de défense des droits de l’homme ou par les médias internationaux.

La répartition des t ches à l’intérieur de la machine de communication de l’état d’Israël est assez claire désormais. Les ONG de droite et les mouvements sociaux comme l’ONG Monitor de Gerald Steinberg et Im Tirzu font le plus gros du sale travail McCarthiste. Leur liste noire inclut non seulement des personnes qui critiquent les violations des droits de l’homme en Israël, comme Goldstone, mais aussi des ONG pour les droits humains autochtones ou internationales et leurs donateurs, en particulier l’Union Européenne, la fondation Ford et le New Israel Fund. Récemment L’ancienne membre de la Knesset, Naomi Chazan, qui est à la tête du New Israel Fund a été représentée avec une corne sur la tête sur des affiches géantes, parce que son organisation avait financé des organismes de droits de l’homme qui ont donné des renseignements au Juge Goldstone.

Ces organisations McCarthistes travaillent, en fait, main dans la main avec des législateurs de droite. Le 28 avril 2010, 19 membres de la Knesset ont proposé une loi destinée à interdire une ONG "s’il y avait de sérieuses présomptions qu’elle ait communiqué des informations à des entités étrangères ou qu’elle soit impliquée dans des procédures à l’étranger pour poursuivre pour crime de guerre des membres haut placés du gouvernement israélien ou des officiers de l’armée israélienne ". Si elle est adoptée, les organisations israéliennes de défense des droits humains ne pourront plus communiquer leurs rapports à l’ONU ni à l’Union Européenne ce qui revient à étouffer toute information sur les violations des droits humains et les crimes de guerre.

Des Think Tanks de droite comme l’intitut Reut, ont suivi le mouvement en proposant des grilles de lecture au décideurs. Ainsi dans le projet "Construire un pare-feu politique contre ceux qui discréditent Israël" Reut soutient que toute personne qui critique Israël fait partie d’un "réseau visant à disqualifier Israël" et donc représente "une menace existentielle". Selon Reut ce réseau comprend "des organisations ou individus occidentaux - principalement des membres de l’extrême gauche européenne, des Arabes, des groupes islamiques et des Juifs et des Israéliens dits post ou anti-sionistes [qui] nient le droit d’Israël à l’existence à l’aide d’arguments politiques ou philosophiques". Dans ses conclusions le Think Tank adopte le paradigme de Huntington sur le choc des civilisations et prétend que "la disqualification d’Israël se nourrit du rejet de l’existence d’Israël et donc aucune stratégie ni expert en relation publique n’y mettra fin". Et donc qu’il faut absolument "faire une campagne de communication contre l’autre camp" ( c’est à dire celui des critiques d’Israël) si l’on veut sauver la réputation et même l’existence d’Israël.

Les campagnes de communication diffamatoires sont une réalisation internationale et ne sont pas l’œuvre des seuls Israéliens. Les principaux acteurs en sont bien sur Alan Dershowitz mais d’autres moins connus jouent aussi un rôle. Dr Mitchell Bard, le directeur exécutif de l’Entreprise Coopérative Israélo-Américaine et l’historien Gil Troy de l’Université MacGill, ont récemment publié un article résumant les discussions du Groupe de Travail sur la Disqualification au Forum Global contre l’Antisémitisme de 2009. Les deux auteurs suggèrent qu’il est primordial de "renommer et redéfinir" le boycott palestinien "Désinvestissement et sanctions" (BDS). "Nous devons montrer que BDS n’est pas une remise en cause légitime mais une expression de l’antisémitisme ancestral". Le rapport présente la lutte contre BDS comme une guerre, avec les mots comme "ennemi", " quartier général", "poste de commandement", "combat", "bataille" et "champ de bataille" pour montrer que la stratégie qu’ils préconisent doit être dirigée contre les artisans du boycott.

Mais la campagne de communication ne s’attaque pas seulement aux organisations des droits de l’homme, à leurs donateurs, aux critiques individuels ou aux militants de BDS. Elle s’attaque aussi ironiquement aux lois humanitaires et des droits humains internationales - les lois mêmes qui ont été votées suite aux horreurs de l’holocauste. C’est en tous cas ce qui ressort d’une conférence organisée par le "Projet de Guerre Juridique" (en Anglais Lawfare Project NdT). La logique est claire : la loi internationale des droits de l’homme est utilisée pour critiquer la politique d’Israël dans les Territoires Occupés et est préjudiciable à la réputation d’Israël, elle doit donc disparaître.

En menaçant la loi internationale des droits de l’homme, un des piliers essentiels du monde d’après guerre, la campagne de communication pour réhabiliter Israël pourrait avoir des conséquences qui dépassent largement le conflit israélo-palestinien. Et c’est une éventualité extrêmement inquiétante.

Neve GORDON

Neve Gordon est un militant israélien et l’auteur de "l’Occupation israélienne" (University of californian press, 2008)

Neve GORDON

(Counterpunch)

27 mai 2010

Traduction D. Muselet

Pour consulter l’original :
http://www.counterpunch.org/gordon0...

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Ce-que-le-juge-Goldstone-a-ap...


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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