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16/06/2010

n°534 - Dossier de Palestine - 15-06 – Suite :- «Le blocus de trois ans imposé par Israël sur la bande de Gaza est absurde, tragique et inacceptable»

n°534 - Dossier de Palestine  - 15-06 – Suite  :- «Le blocus de trois ans imposé par Israël sur la bande de Gaza est absurde, tragique et inacceptable»


       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 

                                                       



Dossier de Palestine

  n°534                                                     15-06

                                                                       C.De Broeder & M.Lemaire   

 



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis           : no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

d) sur le site : www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


 

Sommaire

2 Dossier

2-1 Samidoun : Le canon désarrimé.

2-2 Robert Bistolfi : Question palestinienne ou « problème israélien » ?

2-3 Rim al-Khatib : Terreur et torture: des pratiques israéliennes.

2-4 Agressions sexuelles contre des enfants palestiniens aux mains des soldats israéliens.

 


2 Dossier

Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

2-1 Samidoun : Le canon désarrimé.

L’agression illégale contre une flottille humanitaire en haute mer.

Les pirates, corsaires et flibustiers du temps de Sir Francis Drake et de Jean Bart savaient quoi faire quand un canon désarrimé risquait de faire sauter le navire, ils le jetaient par-dessus bord.

C’est une leçon que leurs descendants états-uniens auraient avantage à suivre.

Force est de constater une certaine convergence d’opinions à propos de l’entité sioniste – Israël –. Après moult billevesées et médias mensonges visant à disculper l’« État » des hébreux pour ses crimes à répétition, voilà que s’élève des voix amies pour sinon dénoncer l’« État » terroriste du moins le supplier d’entendre raison. Il y eut d’abord la sollicitation du groupe « J-Street » aux États-Unis suivi de l’appel du groupe européen « J-Call » pour une reconnaissance du peuple Palestinien et l’attribution d’un pseudo « État » que Ilan Pappé qualifie pour sa part de projet de bantoustan épouvantable (1). Par la suite l’agression israélienne contre la flottille humanitaire en Méditerranée souleva l’ire de la communauté internationale et une réprobation unanime que Serge Sur, professeur en droit public à l’université Paris-II Panthéon-Assas, qualifie d’acte de violence en haute mer contraire au droit international. "Israël a commis un acte indiscutablement contraire au droit international" (2) et nonobstant ce que d’aucun affirme, depuis la tragédie du navire de croisière italien Achille Lauro, en octobre 1985, où un passager juif handicapé, Léon Klinghoffer, trouva la mort, la Convention de Rome sur la navigation maritime stipule que nul ne peut attaquer un navire, puis alléguer l’état de légitime défense au motif que les personnes se trouvant à bord auraient résisté à son recours illégal à la violence. Autrement dit, selon le droit international, les agissements de l’armée israélienne enfreignaient la loi et ceux qui s’y sont adonnés doivent être traités exactement comme les pirates somaliens (3). 

Ensuite, la doyenne du corps journalistique accrédité à la maison blanche, une dame vénérable qui a toujours bien servi la chaîne de journaux Hearst, que personne ne soupçonnera d’antisémitisme, déclarait candidement le 3 juin dernier : « Les juifs israéliens devraient quitter la Palestine et rentrer chez eux en Allemagne, en Pologne, aux États-Unis et n’importe où ailleurs qu’en Palestine » et ses propos ont été enregistrés (4). L’establishment américain n’est évidemment pas prêt à entendre de telles vérités et madame Helen Thomas dû démissionner, mais il était trop tard, le mal était fait. Henry Makow croit même que l’entité sioniste ne commet ces atrocités qu’a seule fin d’isoler les communautés de religion juive dans le monde et de les forcer à s’exiler sur le chantier militaire israélien où ils deviendront des otages et de la chair à canon pour les desseins sionistes (5). 

Enfin, le 6 juin dernier, Ilan Pappé, un historien israélien réputé,  avouait au quotidien The Independant que les dirigeants sionistes désirent la destruction du Hamas, « bien que ce soit les seuls à avoir été élu démocratiquement par le peuple arabe, en raison de son opposition politique au type de « paix » qu’Israël entend imposer aux Palestiniens. (…) Les Palestiniens sont instamment priés de renoncer à leur lutte en vue de leur autodétermination et de leur libération nationale en échange de la création de trois minuscules bantoustans soumis à un contrôle et à une supervision israéliens extrêmement étroits. » Et le bon professeur Pappé, le premier israélien a avoir dévoilé les causes de la Naqba (nettoyage ethnique contre les palestiniens), de conclure que la nature et la psyché de l’entité sioniste sont incompatible avec la coexistence pacifique de deux peuples sur cette terre qu’ils ont ensanglanté. Le docteur Pappé écrit : « Vous devez transformer fondamentalement l’état d’esprit tant officiel que populaire en Israël. Cette mentalité est la principale barrière faisant obstacle à une réconciliation pacifique sur la terre déchirée d’Israël et de la Palestine. » (6).

Le canon désarrimer prépare de nouveaux carnages

Non satisfait de soulever la colère de la communauté internationale, de menacer la paix mondiale et d’embarrasser ses plus proches alliés, voici qu’Israël, le canon désarrimer, prépare de nouveaux forfaits plus dramatiques encore. Il apparaît assez évident que les États-Unis ayant trouver dans la spéculation boursière contre l’Euro la façon de contrer la menace européenne à leur hégémonie (7), n’attaqueront pas l’Iran et ne fermeront pas le détroit d’Ormuz et se contenteront, pour donner le change, de faire adopter des sanctions inefficaces par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Ici la tactique américaine ne tient pas compte de son canon désarrimer – l’entité sioniste – qui lui, en sous main, souffle sur les braises et tente de fomenter des incidents pour justifier l’injustifiable, une attaque, possiblement nucléaire prévient Fidel Castro, contre l’Iran (8). Des analystes militaires soupçonnent que l’« État » sioniste a positionné à cet effet l’un de ses nouveaux sous marins nucléaires dans le golfe Persique.

Tout cela et le reste fait dire à Daniel Vanhove « L’entité sioniste a assez sévit, elle doit disparaître » (9) ce que Gilad Atzmon, compositeur bien connu, propose de faire avec la plus grande circonspection de peur que l’entité meurtrière ne fasse éclater la planète avec ses 200 ogives nucléaires : « Tout ce que les dirigeants mondiaux peuvent encore faire se résume à se réunir entre eux et à décider ensemble de quelle manière démanteler ce collectif morbide, sans en transformer, pour autant, notre planète en un tas de poussière. » (10). 

Pourquoi démanteler l’entité sioniste ?

Ce n’est pas parce que l’entité sioniste a commis une agression de plus, une agression de trop disait Dominique de Villepin à l’émission Mots croisés (11), qu’il faut démanteler le soi-disant État de tous les juifs, c’est parce que cette entité est une construction coloniale agressive et guerrière dont la mission est de jouer le gendarme au Proche-Orient.

D’une part, elle ne joue plus ce rôle et elle cumule bourdes et échecs lamentables les uns après les autres. D’autre part, de par sa singularité, les dirigeants de cette base militaire occidentale au levant ont échappé au contrôle de la maison mère américaine et menace l’humanité d’un Holocauste nucléaire.

En 1987, le résistant palestinien Abdel Sattar Qâsim prédisait que l’entité sioniste, de par sa mission coloniale et en tant que base avancée de la puissance américaine était appelé à disparaître. Dans cet extrait Abdel, prisonnier, affronte courageusement le gouverneur israélien de la province de Turkarm et raconte : « Il me dit que Arafat recherche un État et il est prêt à négocier avec Israël. Je lui répondis : tant mieux, négocie, essaie. Le projet d’État palestinien que vous bénissez sera dépassé par les événements, il sera dépassé par le rapport de forces. Vos charges seront lourdes dans le futur de sorte que vous ne trouverez aucune utilité à négocier avec ceux qui sont prêts à le faire. » (12). 

L’entité sioniste n’a pas d’avenir malgré son apparente puissance, puissance de feu et puissance technologique qui dissimule sa faiblesse idéologique et morale, économique et financière. C’est la raison pour laquelle ses soldats peuvent allègrement massacrer des civils désarmés à Gaza ou sur un pacifique navire en haute mer, mais ils fuient devant les résistants du Hezbollah. 

Pour les États-Unis le dilemme est bien réel, laisser ce canon désarrimer provoquer d’autres carnages dans sa fuite en avant meurtrière, ou conclure à l’échec de leur tentative de colonisation de la Palestine et faire entendre raison à la population israélienne aliénée et prise en otage par les idéologues sionistes. La création d’un seul État démocratique sur l’ensemble de la Palestine historique apparaît bien comme l’unique solution au drame palestino-israélien. 

_____________________

(1)  http://www.aloufok.net/spip.php?article1783

(2)  http://www.aloufok.net/spip.php?article2016

(3)  http://www.counterpunch.com/ridley06022010.html http://www.robertbibeau.ca/palestine/Gaza%20Flotilla.doc

(4)  http://www.youtube.com/watch?v=RQcQdWBqt14

(5)  http://www.henrymakow.com/again_zionists_are_setting_jew.html

(6)  http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/ilan-papp-the-deadly-closing-of-the-israeli-mind-1992471.html  et http://www.robertbibeau.ca/palestine/The%20Deadly%20Closing.doc

(7)  http://www.voltairenet.org/article165451.html

(8)  http://www.robertbibeau.ca/palestine/castro.doc

(9)  http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19622

(10)                     http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Gilad_Atzmon.070610.htm

(11)                     http://2villepin.free.fr/index.php/2010/06/01/1516-dominique-de-villepin-invite-de-mots-croises-gaza-l-assaut-de-trop

(12)                     http://www.robertbibeau.ca/palestine/cirepal.doc

 SAMIDOUN

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

11.06.2010


2-2 Robert Bistolfi : Question palestinienne ou « problème israélien » ?

Avec l’affaire de la flottille pour Gaza, "plusieurs paramètres du dossier régional qui touchent à la détermination des acteurs se sont en effet modifiés ou pourraient maintenant évoluer de manière significative".

Depuis soixante-deux ans, les cassandres n’ont jamais été prises en défaut au Proche-Orient : aux rares moments où un espoir avait pu prendre corps, les colombes ont vite été abattues. L’affaire de la flottille pour Gaza ajoutant une nouvelle péripétie sanglante, faut-il poursuivre dans la complainte ?

Dans une conférence donnée le 4 juin dernier au Sénat, le Ministre espagnol des affaires étrangères et de la coopération, Miguel Angels Moratinos, s’est élevé contre le pessimisme ambiant. [1]. Selon lui, les crises majeures offrent aussi des possibilités inattendues de rebond. Ancien envoyé spécial de l’UE pour le processus de paix, M.Moratinos est l’un des meilleurs connaisseurs du dossier israélo-palestinien. En raison de ses fonctions, l’Espagne assurant actuellement la présidence du Conseil des ministres européen, son discours ne pouvait être totalement libre. Néanmoins, son invitation à sortir des déplorations est la bienvenue : avec l’écho mondial que l’opération a eu, l’arraisonnement des bateaux humanitaires recentre l’attention sur le pourrissement du « processus de paix ». Un point d’inflexion a été atteint : plusieurs paramètres du dossier régional qui touchent à la détermination des acteurs se sont en effet modifiés ou pourraient maintenant évoluer de manière significative.

Certes, l’acteur central qu’est Israël demeure figé sur une ligne sécuritaire à courte vue. De surcroît, sa démarche est incohérente : d’un côté, la reconnaissance qu’un Etat palestinien devra voir le jour, de l’autre la poursuite d’une colonisation qui en sape la possibilité. L’impasse stratégique est devenue évidente. Découragé, le « Camp de la Paix » était devenu aphone : le voici qui se réveille comme le montrent des manifestations antigouvernementales. Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais que la démocratie israélienne soit capable de produire autre chose qu’un pouvoir politique extrémiste, voilà qui rassure un peu. Rassurant, également, le sursaut dans une partie de la diaspora juive dont les représentants communautaires ont trop longtemps confondu « solidarité de base » avec Israël et « aval » donné aux pires errements de sa politique. Aux Etats-Unis, où l’on n’entendait jusqu’ici que des discours politiques formatés par le contrôle de l’AIPAC, un groupe pro-israélien de gauche s’est formé – JStreet – qui vient désormais faire entendre une autre voix juive. En Europe, JCall a lui aussi fait entendre avec clarté le refus d’un alignement sur la politique du gouvernement israélien, ainsi que la nécessité d’une intervention extérieure (européenne et américaine) pour que se concrétise le principe des « deux peuples, deux Etats ». Bien loin d’affaiblir « la cause », comme l’affirment les soutiens inconditionnels d’Israël, la diversité retrouvée des prises de position juives desserre l’étau des affrontements binaires et aide à rouvrir le champ du raisonnement politique.

La situation du camp palestinien, autre acteur central dont la division accroît l’impuissance, ne suscitait plus depuis longtemps qu’une attention attristée. Mais, là aussi, des amorces de mouvement pourraient redonner aux politiques du grain à moudre. C’est d’abord, en Cisjordanie, le redressement interne opéré sur plusieurs plans par le gouvernement de Salam Fayyad et les bons résultats économiques qui, dans les conditions de l’occupation, sont inespérés. Sur un plan plus politique, ce fut l’annonce par le Hamas qu’une trêve de longue durée avec Israël serait concevable si une Palestine libérée voyait le jour dans les frontières de 1967. Il ne faut pas oublier, non plus, la multiplication des prises de position palestiniennes (elles sont essentielles) et des appels étrangers (non moins essentiels) qui affirment que la réintégration du Hamas dans le jeu politique relève de la nécessité objective, et qui font de l’unité palestinienne la condition de base d’une négociation moins déséquilibrée avec Israël.

Le monde arabe en tant que tel n’est plus depuis longtemps un acteur central du conflit sinon à travers une solidarité des peuples, massive mais impuissante, avec les Palestiniens. Autoritaires et crispés sur leurs craintes face à l’Iran ou aux Frères musulmans, les régimes n’ont pas pu, quant à eux, prendre une initiative stratégique collective depuis le « Plan Abdallah » de 2002, réajusté en 2007. Un geste minimal est cependant intervenu : face à l’émoi suscité par l’arraisonnement du Mavi Marmara, l’Egypte de Hosni Moubarak, co-responsable du blocus de Gaza, a dû rouvrir le passage de Rafah. C’est peu, mais la brèche politique et symbolique n’est pas insignifiante.

La Turquie avait longtemps eu une approche plus que compréhensive à l’égard d’Israël ; la crise d’aujourd’hui signifie une reconfiguration majeure des données régionales. Rappelons que les deux pays, au milieu des années 90, avaient noué un partenariat stratégique avec un accord-cadre de coopération militaire. Plusieurs frictions viendront ensuite écorner leurs relations. Lors du bombardement de Gaza, en janvier 2009, le sérieux « incident de Davos » entre Recep Tayyip Erdogan et Shimon Peres avait déjà retenu l’attention des observateurs. Même si le partenariat stratégique n’a pas été formellement dénoncé, l’intensité de la crise actuelle marque un tournant décisif. Deux interprétations opposées s’opposent maintenant. Pour les uns, par sa radicale prise de distance à l’égard d’Israël, Ankara ne peut plus être l’un des médiateurs privilégiés qu’il aurait pu être au Proche-Orient. Pour d’autres, au contraire, l’autorité reconquise dans le monde arabo-musulman pourra lui permettre, le moment venu, de plaider efficacement auprès des acteurs arabes pour l’acceptation des compromis nécessairement douloureux que la fin du conflit requerra.

En dehors des acteurs régionaux directement impliqués, le cercle des intervenants extérieurs au Proche-Orient tend à s’élargir. La Russie, depuis longtemps attentive à l’évolution du conflit israélo-palestinien et à ses ondes de choc aux marches caucasiennes de la Fédération, est membre du Quartet (un « machin » jusqu’ici bien poussif !). Surtout, comme l’a récemment montré l’initiative conjointe du Brésil et de la Turquie à propos du nucléaire iranien, nombre de puissances émergentes voudront de moins en moins abandonner aux seuls « Grands » anciennement établis le traitement de dossiers pouvant affecter les équilibres mondiaux. Cette nouvelle configuration restreindra la marge de liberté dont jouit encore Israël, mais il va de soi que, dans l’immédiat, l’Union européenne et les Etats-Unis sont potentiellement les seuls acteurs réellement en mesure de peser sur l’évolution du Proche-Orient. La première est toujours incapable de surmonter ses divisions sur un sujet aussi sensible que la relation avec Israël : pourrait-elle faire autre chose, un allègement du blocus étant concédé par les Israéliens, que proposer ses services comme agent de sécurité contrôlant les entrées dans Gaza ? Alors qu’il y a urgence, peut-on croire que l’Europe puisse aller au-delà et faire des propositions réellement audacieuses dans le cadre du Quartet ? L’expérience nous a appris à nous méfier de tout optimisme excessif…

Les Etats-Unis, qu’on le veuille ou non, détiennent toujours la clé principale de la paix au Proche-Orient. À première vue, leurs messages apparaissent contradictoires : ainsi, dans l’affaire de la flottille, l’ardeur mise à protéger Israël d’une condamnation formelle d’Israël à l’ONU a contrasté avec les multiples signes de désaveu affichés au niveau gouvernemental. C’est en moyenne période qu’il faut donc apprécier ce qui n’est encore qu’un infléchissement de la position de principe des Américains. Pendant plus d’un demi-siècle, Israël étant le pivot de leur appareil stratégique régional, un soutien était acquis d’avance à toutes les initiatives jugées d’un intérêt vital par leur allié privilégié. Les deux seules entorses significatives à ce principe remontent à 1956, lors de l’expédition de Suez, et à 1991, sous la présidence Bush père (un bras de fer avait alors fait plier le gouvernement Shamir, obligeant Israël à participer à la Conférence de Madrid d’où s’ensuivront les Accords d’Oslo). Depuis quelques années, cependant, de nombreux signes avaient montré que le sujet longtemps tabou d’une dissociation possible des intérêts nationaux des deux pays pouvait de plus en plus ouvertement être posé. Un ouvrage universitaire, en 2007, avait fait quelque bruit : dans « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine », John J.Mearsheimer et Stephen M.Walt s’étaient interrogé ouvertement sur le poids excessif de ce lobby et sur les atteintes à l’intérêt national liées à une alliance aveugle avec Israël. D’autres voix, ayant elles l’autorité conférée par d’anciennes responsabilités gouvernementales, avaient aussi alerté les cercles les plus élevés du pouvoir sur une politique au Moyen-Orient qui se révèle contraire aux intérêts américains à long terme. Qu’il s’agisse du « Rapport Baker-Hamilton » de 2006 , ou, en 2007, de la prise de position sur l’application du traité de non-prolifération nucléaire, cosignée par des personnalités de haut rang comme Henry Kissinger et George Shultz, les réorientations politiques préconisées pour la région impliquaient toutes un réaménagement de la relation avec Israël.

L’élection de Barack Obama avait soulevé de très grands espoirs : ses discours - de Philadelphie sur les relations interraciales, de Prague sur le nucléaire, d’El Azhar sur les relations avec le monde musulman - avaient posé les jalons d’une refondation dans des domaines essentiels. L’ampleur de ces espoirs explique celle, ensuite, des déceptions au vu des reculs ou atermoiements américains. La passivité américaine qui a aidé à l’enterrement du « Rapport Goldstone » sur les bombardements de Gaza fut un moment du basculement dans le désamour. Les déceptions, dans le monde musulman, ont été les plus vives lorsqu’il est apparu que sur les questions liées de Jérusalem et de la Palestine, essentielles pour lui, rien ne changeait et, pire, que Washington pouvait tolérer d’Israël, sur la colonisation, les rebuffades que l’on sait. Ces dernières et, plus généralement, l’autisme du gouvernement israélien face aux timides efforts de relance du « processus de paix » par Washington, donnent à penser qu’à Jérusalem on joue la montre en tablant sur un désaveu à mi-mandat et, à la prochaine Présidentielle, une éviction de Barack Obama. On évoque alors les freins institutionnels que rencontre ce dernier au Congrès, le poids des lobbys pro-israéliens (tel le puissant AIPAC), l’influence des chrétiens fondamentalistes ayant une vision messianique des liens avec la « Terre sainte »… Doit-on pour autant ne plus rien attendre d’une hyperpuissance qui, sur un dossier où l’on espérait justement que sa capacité d’intervention serait enfin mise au service de la justice et d’une solution constructive, s’est révélée décevante ?

Si le prestige du président américain est au plus bas chez les Arabes et, plus largement, dans le monde musulman, il faut néanmoins raison garder en étant attentif à plusieurs signes qui indiquent des réévaluations substantielles dans l’approche des dossiers stratégiques du Proche-Orient. En mars 2010, auditionné au Sénat, le général David Petraeus, chef des forces armées américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale, avait affirmé que le conflit israélo-palestinien nuit aux intérêts américains, gêne les relations avec les gouvernements de la région et affaiblit les régimes modérés, que tout cela « sape les intérêts américains en matière de sécurité nationale ». Enfonçant le clou, il avait aussi constaté qu’une perception largement partagée, celle que les Etats-Unis favorisent Israël, nourrit le sentiment antiaméricain. La netteté du ton, nouvelle, a aussi été celle de Robert Gates, Secrétaire à la défense, rappelant lui aussi que la paix au Moyen-Orient est un enjeu de sécurité nationale et que « l’absence de progrès dans les négociations de paix au Moyen-Orient est exploitée par nos adversaires dans la région ». Est-ce un hasard si, parallèlement, on a pu noter une certaine érosion de l’image d’Israël dans les médias du pays ? Un autre indice, plus significatif politiquement, traduit la volonté des Etats-Unis d’élargir leur liberté de manoeuvre régionale en desserrant les liens trop contraignants de la relation avec Israël lorsque ces liens compromettent une politique à long terme jugée essentielle. En l’occurrence, il s’agit de la politique de réduction du danger nucléaire, définie dans le discours de Prague précité : fin mai, à l’ONU, lors d’une conférence d’examen du TNP (Traité de non-prolifération), il a été décidé que se tiendrait en 2012 une conférence sur la dénucléarisation du Moyen-Orient : cette décision singularise Israël avec l’aval des Etats-Unis, en soulignant qu’il serait opportun que cet Etat signe le TNP et place ses installations nucléaires sous le contrôle de l’AIEA.

Les quelques éléments évoqués n’annoncent pas, bien sûr, une remise en cause formelle de la « relation spéciale » entre les Etats-Unis et Israël. Ils indiquent néanmoins la volonté américaine de remettre en cause le glissement incestueux constaté sous les deux mandatures de Georges Bush, de restaurer une distance utile entre les démarches de deux pays dont les intérêts en partage, pour être étroits, peuvent ne pas toujours coïncider. [2] Sur ce point, l’affaire de la flottille n’a pas fini de développer ses ondes de choc : les pressions sur Israël pour qu’il accepte une enquête internationale sont fortes et, n’admettrait-il in fine qu’une présence américaine dans la commission d’enquête, un certain droit de regard international sur la politique israélienne serait ainsi acté, - et cela marquerait une novation importante.

À un ami israélien : dans le petit livre lucide, décapant mais nuancé, qu’il vient de publier sous ce titre, Régis Debray prolonge le constat accablé d’Un Candide en Terre sainte : sur la paix toujours différée, sur la Palestine en lambeaux dont chaque nouvelle colonie rend plus problématique l’accession à la vie… L’issue du conflit ? Contre l’attente d’Elie Barnavi, avec qui il dialogue, Debray ne croit pas qu’une intervention extérieure imposera la paix. Cette intervention ne pourrait qu’être américaine, et Régis Debray pense qu’un même soubassement identitaire chez les deux peuples (la croyance en une élection de la Providence) crée entre eux une complicité essentielle qui interdit tout affrontement frontal. Pour expliquer cette complicité de nature, Il ne serait pas nécessaire de faire intervenir le lobby juif… En bref, « l’appel incantatoire à une "pax americana" me semble - dit R.D. - relever du vœu pieux ». En revanche, il veut encore croire que, dans la double référence de la tradition prophétique juive (il parle des « deux Israël ») celle de Moïse ou de Job l’emportera sur celle de Josué. La première lie à l’élection « une mission d’intérêt collectif, entraînant un surplus non de privilèges mais d’obligations ». Mais c’est la seconde, celle d’ « une Torah militaire, atrocement ethnique », tournant le dos à des préoccupations universalistes, qui sous-tend aujourd’hui la politique d’Israël. Dans sa réponse, Elie Barnavi moque amicalement Régis Debray en récusant les pièges de l’essentialisme culturel (« à force de te colleter au sacré, tu risques de rater le profane. La politique quoi… »). Le même espère toujours qu’une intervention étrangère - celle dont doute son ami - rompra enfin la spirale de l’échec : « …le seul moyen de s’en sortir est que quelqu’un, de l’extérieur, nous impose notre propre salut. Ce quelqu’un ne peut être que l’Amérique. » On ne peut ici que pencher en ce sens, avec l’espoir de voir Barack Obama (avec quelle détermination dans l’appui européen ?) prendre enfin à bras le corps le dossier israélo-palestinien. Cela sans illusion excessive : les « Paramètres Clinton », dont beaucoup s’accordent à considérer qu’ils sont la base de départ d’une vraie négociation au Proche-Orient, entérinent déjà un grignotage des intérêts nationaux palestiniens (tels qu’ils avaient été consacrés, il y a bien longtemps, par des résolutions du Conseil de sécurité qui n’ont jamais été respectées)…  [1]

 NOTES

  1. Le colloque, dont Confluences Méditerranée était co-organisateur, avait pour thème : « L’Union européenne pour une paix juste au Proche-Orient – Le moment est venu d’agir »
  2. 2. Il y a peu, l’affirmation suivante était encore inconcevable : « …l’Etat hébreu représente désormais un intérêt un intérêt stratégique américain de troisième ordre dans un monde complexe et exigeant ». Ce constat est celui de Anthony Cordesman, Directeur du département stratégie du « Center for strategic and international Studies », à Washington. Voir : « Israël est-il devenu un risque stratégique pour les Etats-Unis ? »,

Robert Bistolfi

Le Monde daté du 11 juin 2010.

publié par Confluences Méditerranée

Sources Islam en France

Posté par Adriana Evangelizt


2-3 Rim al-Khatib : Terreur et torture: des pratiques israéliennes.
L'arrestation de Ameer Makhoul le 6 mai  et de Omar Saïd le 22 avril, en Palestine occupée en 1948 (Etat sioniste) est, une fois encore, la démonstration de la terreur exercée par les appareils sécuritaires contre les Palestiniens de 48, et notamment leurs dirigeants.
La torture pratiquée par le Shabak israélien -  l'Etat d'Israël étant le seul Etat, puisque colonial, à avoir légalisé la torture des militants palestiniens - contre les dirigeants Ameer Makhoul et Omar Saïd ne fait aucun doute, à présent.

Les associations de défense des droits de l'homme et les associations civiques, ainsi que la famille de Ameer Makhoul, dénoncent la torture physique, morale et psychologique, exercée par le Shabak pour soutirer des informations aux dirigeants arrêtés.

Ces tortures ont visé à déstabiliser Ameer Makhoul, puisqu'il a été privé pendant des jours et des nuits de nourriture, de boissons et de sommeil. Attaché en permanence et assis sur une chaise basse, ce qui ne lui a pas permis de se mouvoir, il a subi interrogatoires sur interrogatoires, les équipes du shabak se relayant pour poursuivre. Aujourd'hui, après 3 semaines de détention et de tortures, la santé d'Ameer Makhoul est fortement ébranlée, et sa vue a sensiblement baissé. Il ressent des douleurs dans tout le corps.
Ce jeudi, les services du shabak ont emmené Ameer Makhoul au tribunal de Haïfa, où il a été accusé d'avoir transmis des informations sensibles au Hezbollah. De graves accusations ont été avancées par le shabak, mais Ameer a rejeté ces accusations, disant que ces informations ont été soutirées sous la torture qu'il a subie pendant ces trois semaines.
Nous savons combien les appareils sécuritaires et militaires sionistes sont aux abois ! Tout ce qui relie les Palestiniens de 48 aux peuples de la région, notamment les Palestiniens et les Libanais, leur fait peur. Pendant des décennies, ils ont voulu que les Palestiniens de 48 soient des "Israéliens", mais ceux-ci ont refusé: en tant que Palestiniens, ils affirment leur droit à leur liaison naturelle avec les peuples de la région, au-delà des "frontières" de la colonie sioniste, qui ne peuvent que disparaître devant les coups de la résistance.
Depuis la guerre israélienne contre le Liban, en 2006, où l'Etat sioniste a subi une défaite stratégique, les Palestiniens de 48 sont menacés : parce qu'ils refusent de se sentir "solidaires" de la société israélienne, ils sont considérés comme une "cinquième colonne" et des "traîtres". Ils représenteraient, selon les appareils sécuritaires, "une menace contre la sécurité de l'Etat". Parce qu'ils poursuivent leurs luttes contre leur expropriation, contre la suppression de leurs libertés, contre la destruction de leurs maisons, contre la judaïsation de leurs terres et la colonisation de leurs régions, ils sont menacés d'expulsion massive, d'un nettoyage ethnique et religieux inégalé dans le monde contemporain par cette colonie sioniste que le monde impérialiste occidental et oriental a voulu installer sur notre sol.

Ils sont également menacés parce que l'Etat sioniste, fortement déstabilisé par la résistance en 2006 et 2008-2009, ne peut se venger que sur une population qui a choisi la lutte populaire, unitaire et massive, pour faire valoir ses droits.
Israël se venge. Il profite de l'impunité internationale et de la complicité des puissances états-unienne et européenne pour se venger contre les Palestiniens de 48, qui essaient de briser leur "isolement" forcé en intensifiant leur lutte et en maintenant des liaisons populaires et politiques avec leur environnement palestinien et arabe, mais aussi international.
Israël se venge. La condamnation de Ameer Makhoul et l'accusation portée contre lui, comme agent du Hezbollah, ne sont ni les premières ni les dernières condamnations et accusations que les appareils sécuritaires du Shabak fomentent contre les dirigeants de la lutte en Palestine. Depuis 2006, des dizaines de militants et des étudiants ont subi ce sort, tout simplement parce qu'ils ont assisté à des conférences arabes ou rencontré des personnalités arabes dans des pays arabes ou européens.
C'est la liaison entre Palestiniens de 48 et leurs frères qui irrite les appareils sécuritaires et politiques sionistes.

Pour les irriter encore plus, pour poursuivre les actions menées par Ameer Makhoul, ses amis et son peuple en direction des peuples du monde, intensifions nos efforts et maintenons cette liaison.
Liberté pour tous les prisonniers palestiniens et arabes dans les geôles de l'occupation sioniste !

Soutenons le juste combat du peuple palestinien pour sa libération, sa souveraineté et sa dignité!

Rim al-Khatib

Jeudi 27 mai

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Rim_al-Khatib.270510.htm


2-4 Agressions sexuelles contre des enfants palestiniens aux mains des soldats israéliens.

Le 18 mai 2010, Defense for Children International (DCI-Palestine) a présenté quatorze cas, à des fins d’enquête, au rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture. Les cas présentés ont trait à des agressions sexuelles ou à des menaces d’agression sexuelle à l’encontre d’enfants palestiniens captifs de soldats, d’interrogateurs ou de policiers israéliens entre janvier 2009 et avril 2010. L’âge des enfants va de 13 à 16 ans.

Les soldats israéliens se sont toujours attaqués aux enfants. 
DCI-Palestine est de plus en plus alarmé par les informations contenues dans des déclarations faites sous serment et émanant d’enfants qui disent avoir été soumis à des agressions sexuelles, ou à des menaces d’agression sexuelle afin de leur arracher des aveux.

DCI-Palestine a examiné 100 déclarations sous serment recueillies auprès d’enfants en 2009 ; dans 4% des cas les enfants disent avoir été agressés sexuellement, tandis que dans 12% des cas, les enfants signalent avoir été menacés d’agression sexuelle.

Les agressions sexuelles et les menaces d’agression sexuelle exercées contre des garçons, documentées par DCI-Palestine, comprennent l’enserrement des testicules jusqu’à ce qu’ils avouent ; des menaces de viol envers des garçons dont les plus jeunes ont 13 ans, à moins qu’ils avouent avoir jeté des pierres sur des véhicules de colons israéliens en Cisjordanie occupée.

DCI-Palestine craint que ces chiffres ne sous-estiment l’ampleur du phénomène.

Dans un des cas documentés par DCI-Palestine, un garçon de 15 ans rappelle ce qui lui est arrivé après avoir été arrêté dans sa maison familiale à 2 heures du matin par des soldats israéliens, en septembre 2009 : « Alors que j’étais assis sur le sol près d’un camion, quelqu’un qui parlait Arabe s’est approché de moi et m’a saisi par les mains, m’a ordonné de me lever et de le suivre. Il m’a violemment empoigné et m’a traîné. Il m’a forcé à marcher à ses côtés pendant environ 20 mètres ; je pouvais voir sous le bandeau [que j’avais sur les yeux] que nous étions postés derrière une jeep militaire. Il m’a giflé à deux reprises et m’a fortement enserré les testicules en les pressant de plus en plus forts.

Ensuite, il m’a demandé si j’avais jeté des pierres et des cocktails Molotov ; je lui ai dit que non. Alors il s’est mis à crier et à dire « menteur, ta mère est une [...] ». Il a recommencé à me frapper sur tout le corps et une fois de plus, il a m’a enserré les testicules en les pressant très fort. « Je ne te l cherai pas les testicules, sauf si tu avoues », me disait-il. J’avais tellement mal et je n’arrêtais pas de crier. Je n’avais pas d’autre choix que de que confesser que j’avais jeté des pierres. »

Chaque année, environ 700 enfants palestiniens sont arrêtés, interrogés et poursuivis devant les tribunaux militaires israéliens. L’accusation la plus courante est le jet de pierres. Les enfants sont interrogés en l’absence d’un avocat et de membres de la famille. En 2009, plus de 80% de ces enfants ont fourni des aveux après un interrogatoire accompagné de mauvais traitements, le tiers de ces aveux étant rédigés en hébreu, une langue que peu d’enfants palestiniens comprennent.

Après leur condamnation devant des tribunaux militaires, la majorité de ces enfants sont incarcérés en Israël, en violation de l’article 76 de la Quatrième Convention de Genève.

DCI-Palestine demande que le rapporteur spécial [des Nations Unies] examine ces rapports et d’autres relatifs à ce qui apparaît comme un recours systématique aux mauvais traitements à l’encontre des enfants palestiniens par les autorités israéliennes dans les territoire palestiniens occupés.

DCI-Palestine demande également que les résultats des enquêtes soient publiés.

Defence for Children International - Palestine Section 
Le 18 mai 2010.

Pour plus d’informations, voir le dernier rapport de DCI-Palestine sur les enfants palestiniens prisonniers d’Israël : 
http://www.dci-pal.org/english/publ/display.cfm ?DocId=1166&CategoryId=8

Traduit de l’anglais par Info-Palestine.net (19.05.2010) : 
http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=8733

Texte original en anglais (18.05.2010) : 
http://www.dci-pal.org/english/display.cfm ?DocId=1476&CategoryId=1

19 MAI 2010

http://www.silviacattori.net/article1222.html


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