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20/06/2010

n° 7 - Géopolitique et stratégie du Yémen - 19-06-2010 :- début : - De l’utilisation d’al-Qaeda au Yémen afin de promouvoir les intérêts stratégiques américains.

n° 7  - Géopolitique et stratégie du Yémen - 19-06-2010 :-  A1 : - De l’utilisation d’al-Qaeda au Yémen afin de promouvoir les intérêts stratégiques américains.


Face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Sa diffusion est un acte de résistance.

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée US et ferment les oreilles aux autres sources.


Géopolitique et stratégie du Yémen

           n° 7                                           19-06-2010

  C.De broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.

Tiré à part

ShareThis : De l’utilisation d’al-Qaeda au Yémen afin de promouvoir les intérêts stratégiques américains.

Paroles & action du président Obama

Pas de troupes au Yémen et en Somalie, dit Obama

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 John Kozy : Le projet diabolique et criminel appelé États-Unis d'Amérique.

1-2     M K Bhadrakumar : L’odyssée d’Obama au Yémen  : Un nouvel Afghanistan ?

1-3 Les Etats-Unis et l’épouvantail d’une nouvelle guerre au Yémen.

1-4 Mohamed Hassan : Yémen: Ce n'est pas Al-Qaïda que les USA combattent, mais la démocratie.

2 Brèves

2-1 Al Qaïda fait état de pertes au Yémen, menace les Etats-Unis.

Fin 

3 Dossier

3-1 Tourtaux : Les clichés de missiles et de bombes en grappe montrent du doigt le rôle des États-Unis dans une attaque meurtrière au Yémen.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

4-1 Nasser al-Bahri : «Al-Qaida me menace de mort».

5 Annexe

5-1 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

5-2 eva R-sistons à l'intolérable : Tout va pour le mieux, dans le meilleur des nouveaux mondes !

5-3 Discours de Joseph Biden au Parlement européen.

 



Tiré à part :

ShareThis : De l’utilisation d’al-Qaeda au Yémen afin de promouvoir les intérêts stratégiques américains.

Rappel : Comme nous l’expliquions hier soir dans un article et cette nuit sur notre forum, la revendication d’Al-Qaeda  de l’attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit de vendredi dernier n’est pas un instant crédible. Tout indique que son véritable objectif consiste à légitimer une plus large implication des États-Unis dans un conflit qui, depuis cinq ans, oppose des tribus chi’ites du Nord du Yémen, qui n’ont aucun lien avec al-Qaeda, au gouvernement de Saana, soutenu par l’Arabie Saoudite et la CIA. Malgré cette diversion crypto-terroriste, il n’est pas difficile de comprendre que c’est une fois de plus l’Iran qui est dans le collimateur des Etats-Unis et de leurs alliés.

La dernière phase paroxystique de la guerre qui dure depuis 5 années, au Yémen, contre les rebelles Houthis, a fait plus de 2000 morts en moins d’un mois et plus de 150 000 sans-abri. Les troupes du gouvernement yéménite se battent contre environ 15 000 rebelles Houthis, armés et entraînés par l’Iran et retranchés dans les montagnes du Nord, autour de Saada, sur la frontière de l’Arabie Saoudite. Les bombardiers de l’armée de l’air saoudienne tapissent les zones rebelles et civiles, et l’armée de l’air et la marine égyptienne transportent des munitions pour l’armée du Yémen avec les encouragements et le financement des Etats-Unis.

Ce pays pauvre de la Mer Rouge, mais stratégique par sa position, scène critique, depuis des années, de la guerre contre de soi-disant extrémistes islamistes, est désormais devenu un théâtre-clé où les Etats-Unis et l’Iran luttent pour la prédominance régionale. Eu égard à cela, le conflit au Yémen peut être comparé en importance avec la guerre du Liban de 2006 et le conflit de Gaza. Ses résultats pèseront lourdement sur les positions stratégiques respectives dans les régions du Golfe Persique et de la Mer Rouge, pour les Etats-Unis, aussi bien que pour l’Arabie Saoudite, l’Egypte et, indirectement Israël aussi, vis-à-vis de l’Iran.

Les militaires saoudiens utilisent des bombes au phosphore américaines pendant des raids nocturnes (source : Forum Mecanopolis)

Plusieurs sources confirment huit traits saillants du conflit en cours au Yémen :

1. Au début septembre, l’armée du Président Ali Abdallah Saleh a lancé le 6è round de sa guerre depuis l’an 2000 contre les Houthis, en déployant environ 20 000 hommes dans une offensive majeure afin de déloger les 15 000 Houthis de leurs nids d’aigles dans les montagnes (entre 3 à 6000 m d’altitude) dans la province de Saada au nord.

2. Les Houthis sont des Zaydis qui revendiquent leur adhésion à la forme la plus pure de l’Islam chi’ite. Ils se battent pour apporter « la vraie voie » au Yémen, et restaurer l’autorité de l’Imam Zaydi renversé en 1962. Leur nom découle de celui du fondateur du mouvement, Badreddin al-Houti, qui fut tué par l’armée yéménite en 2004. Les Chi’ites Houthis et le Chi’isme iranien n’ont rien d’autre en commun, sauf  l’aide logistique de Téhéran apportée aux rebelles yéménites.

3. Les quantités de matériel lourd que les Iraniens sont parvenus à transférer aux Houthis en quelques semaines ont stupéfié Washington, Saana, Riyad et Le Caire. L’armée yéménite semble mise en difficulté de réprimer ces rebelles et même d’empêcher les combats de s’étendre au-delà de la région de Saada, vers d’autres parties du pays, y compris la capitale.

4. Craignant que le conflit et l’influence Zaydi puisse déborder par-delà la frontière du nord- Yémen vers les régions sud, saoudiennes de Najran et Asir, l’Arabie Saoudite a envoyé son armée de l’air aider l’armée yéménite en tapissant de bombes les bastions houthis dans les villages de montagne de Saada.

5. La petite armée yéménite de 66 000 hommes, manquant de stocks de matériel militaire organisés, a bientôt commencé à se trouver à court de munitions et d’équipement militaire. L’armée égyptienne s’est empressée de fournir cet approvisionnement nécessaire, en mettant en œuvre un corridor naval et aérien.

6. L’Administration Obama s’est lancée dans la mêlée, grâce à son assistance financière alimentant les efforts saoudiens et égyptiens pour venir en aide au Yémen. Elle a été tout dernièrement accordée lors de la rencontre entre les Présidents américain et égyptien à la Maison blanche, le mardi 18 août 2009. Selon cette modalité, le Président américain Barack Obama prend position contre l’Iran aux côtés d’Hosni Moubarak et du Roi Abdallah.

7. Autant que les Etats-Unis et Israël avaient été pris par surprise par les capacités militaires du Hezbollah, lors de la guerre du Liban en 2006, les Américains et ses alliés ont été stupéfaits par la maîtrise du champ de bataille des rebelles Houthi. La 1ère Division d’infanterie mécanisée de l’armée yéménite, renforcée par chacune de ses 6 brigades de commandos- parachutistes et le soutien aérien saoudien, s’est avérée incapable, depuis septembre, de briser la résistance des bastions de montagne des rebelles.

8. Sans la réalisation d’un accord global, le conflit menace de s’étendre et de conduire à une escalade vers la plus importante et la plus dangereuse guerre ayant éclaté dans n’importe quelle partie du monde arabe depuis longtemps. Les Etats-Unis ont manifestement choisi la surenchère en manipulant la revendication par al-Qaïda de cet attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit du 25 septembre dernier.

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Article placé le 29 déc 2009, par Mecanopolis

http://www.mecanopolis.org/?p=12091

 



Paroles & action du président Obama

Pas de troupes au Yémen et en Somalie, dit Obama

Le président Barack Obama a déclaré qu'il n'envisageait pas d'envoyer des troupes américaines au Yémen ou en Somalie, les activités d'al-Qaïda demeurant concentrées dans la région frontalière entre le Pakistan et l'Afghanistan.
«Je n'ai aucune intention d'envoyer des troupes fouler le sol de ces régions», a déclaré M. Obama dans une interview à People qui doit être publiée vendredi et dont le magazine a publié le script hier.
«Je n'exclus jamais aucune possibilité dans ce monde aussi complexe», a ajouté le président américain, ajoutant: «Dans des pays comme le Yémen, dans des pays comme la Somalie, je crois que travailler avec des partenaires internationaux est jusqu'à nouvel ordre la solution la plus efficace».
Washington a appelé le Yémen à démanteler al-Qaïda après qu'un réseau yéménite a revendiqué l'attentat manqué, le jour de Noël, sur un avion à destination des États-Unis.
«Depuis un an, nous savons qu'al-Qaïda au Yémen est devenu un problème plus sérieux. C'est pourquoi nous travaillons de concert avec le gouvernement yéménite, et de manière de plus en plus soutenue, pour démanteler les camps d'entraînement des terroristes et leurs cellules dans ce pays».
«C'est la même chose en Somalie: une bonne partie du pays échappe au contrôle du gouvernement, et al-Qaïda essaie d'en profiter», a-t-il dit.
Cependant, pour le président américain, «la région frontalière entre l'Afghanistan et le Pakistan demeure l'épicentre d'al-Qaïda, c'est là que sont ses dirigeants et leurs alliés».

Agence France-Presse  

11 janvier 2010 

http://www.ledevoir.ca/international/afrique/280837/pas-de-troupes-au-yemen-et-en-somalie-dit-obama

 


1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

1-1 John Kozy : Le projet diabolique et criminel appelé États-Unis d'Amérique.

Extrait

 Le gouvernement étasunien utilise la loi pour nuire aux gens et protéger les dirigeants

La loi est un crime majeur, bien plus grand que les activités qu’elle proscrit, et vous n’avez aucun moyen de vous en protéger.

Les gouvernants se protègent eux-mêmes. 

La loi ne protège pas les gens. Elle est simplement un outil de châtiment. Elle peut tout juste être utilisée, souvent sans succès, pour se dédommager du malfaiteur.  Elle n’efface jamais le crime.  Exécuter le meurtrier ne ramène jamais sa victime à la vie.Mettre en prison les arnaqueurs de Ponzi ne vous rend pas votre argent perdu.  Et assigner BP en justice ne rendra pas les marais de Louisiane, ne ramènera pas la faune marine détruite, ou toute autre forme de vie sauvage, et ne rendra pas aux victimes ce qu’ils ont perdu.Suivez attentivement ce qui se produira dans les vingt prochaines années pendant que le gouvernement usera de la loi pour protéger BP, Transocean, et Halliburton tandis que les réclamations de tous ceux affectés par la marée noire disparaîtront dans les sables mouvants du système légal étasunien.

Jim Kouri, citant des études du FBI, écrit que « certains traits de caractères révélés par des tueurs en série ou des criminels peuvent être observés chez un grand nombre de membres de la sphère politique »; ils partagent les caractéristiques des psychopathes, qui sont hermétiques à l’altruisme, comme l’empathie envers leurs victimes ou le remords ou le sentiment de culpabilité vis-à-vis de leurs crimes. Ils possèdent les traits de personnalité du menteur, du narcissique, de l’égoïste et du vaniteux. Ce sont les personnes auxquelles nous avons confié notre destin. L’échec des États-Unis d’Amérique chez eux et dans le monde est-il si incroyable ?

Certains peuvent prétendre que tout ceci est une affirmation audacieuse, extrême.  J’étais moi-même surpris en lisant les données de Kouri. Mais pour les illustrer, il est facile de trouver des preuves anecdotiques. Lors de la dernière campagne présidentielle, John McCain a répondu ‘Bomb, bomb, bomb’ à la question portant sur l’Iran. Personne au gouvernement n’a exprimé le plus petit remords au sujet du meurtre de dizaines de milliers de gens à la fois en Irak et en Afghanistan, qui n’avaient absolument rien à voir avec les événements du 11 septembre, ni au sujet du ciblage prémédité de femmes et d’enfants par des drones sans pilote au Pakistan. Qu’est-ce qui distingue les tueurs en série de ces officiels du gouvernement ? La seule chose c’est qu’ils ne tuent pas eux-mêmes mais délèguent leurs crimes à d’autres. Mais c’est exactement ce que la plupart des parrains de Cosa Nostra faisaient.
Donc, certaines questions doivent être posées : le gouvernement des États-Unis est-il devenu une entreprise criminelle ? La nation est-elle dirigée par des psychopathes ? Comment expliquer l’appauvrissement de la population, la promotion du complexe militaro-industriel et de guerres sans fin avec leurs massacres et génocides, la dégradation de l’environnement, le désintéressement de la détérioration infrastructurelle et le soutien, à l’étranger, de gouvernements autoritaires et corrompus (souvent appelés démocraties) ?  Pire que cela, pourquoi les entreprises peuvent-elles s’enrichir durant ces guerres pendant que les populations sont elles invitées à se sacrifier ? Pourquoi le gouvernement n’a-t-il jamais essayé d’empêcher de tels profits ? Ce n’est pas tant qu’il n’en soit pas capable.  Dans le langage commun, faire du mal au peuple est considéré comme un  crime.

Ce l’est encore bien plus lorsque ce mal est fait par les gouvernements, les systèmes légaux, ou les entreprises. Le gouvernement utilise la loi pour faire du mal au peuple ou protéger les dirigeants des conséquences du mal qu’ils font constamment au peuple. Il n’y a qu’à voir comment aucun responsable de la Massey Energy Company n’a jamais été poursuivi pour le désastre de la mine de charbon d’Upper Big Branch. Quand les entreprises sont accusées de malversation, elles répondent souvent que ce qu’elles ont fait était légal, mais légal n’est pas synonyme de juste.  Lorsque les criminels parviennent au pouvoir, ils légalisent la criminalité. 

A moins que le gouvernement des États-Unis ne modifie son comportement, la nation est condamnée. Aucun membre du gouvernement ne semble se rendre compte que la dissimulation encourage la méfiance, la méfiance la suspicion, et que la suspicion mène ensuite à la censure.  Le manque de prise de conscience de la part du gouvernement n’est-il pas une preuve de psychopathologie criminelle ?

John Kozy

John Kozy est professeur de philosophie et de logique à la retraite qui tient un blog sur des sujets politiques, économiques et sociaux. Après avoir servi dans l’armée US pendant la guerre de Corée, il passa vingt années comme professeur d’université et les vingt années suivantes comme écrivain. Il a publié un manuel en logique formelle commerciale, dans des revues académiques et quelques magazines commerciaux, et a signé des éditoriaux de journaux à titre d’invité.

Vous pouvez trouver ses travaux sur le net à l’adresse http://www.jkozy.com/  et vous pouvez lui écrire à partir de la page d’accueil du site web.

Article original en anglais : The Psychopathic Criminal Enterprise Called America, The Government uses the Law to Harm People and Shield the Establishment,

publié le 4 juin 2010. 
Traduction : Pascal Sacré pour Mondialisation.ca

 Articles de John Kozy publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19699



1-3 Les Etats-Unis et l’épouvantail d’une nouvelle guerre au Yémen.

Les Etats-Unis risquent-ils de s’engager dans nouvelle guerre au Yémen?

Le président américain Barack Obama -qui tient pour responsable la branche yéménite d’Al-Qaïda dans la tentative d’attentat manqué contre un avion de ligne américain à Noël- s’en défend. Pourtant, la question n’a rien d’absurde, comme le prouve la phrase prononcée par Joe Lieberman, un sénateur américain indépendant.

«L'Irak, a-t-il déclaré, c'est notre guerre d'hier et l'Afghanistan notre guerre d'aujourd'hui. Si nous n'agissons pas rapidement, le Yémen sera notre guerre de demain.»

Les Américains n’ont pas attendu cet épisode pour agir dans ce pays. De «récentes opérations militaires dans les zones d'Abyan (Sud) et d'Ahrab (au nord-est de Sanaa), ont été menées avec le concours du commandement central US» souligne le journal libanais L’Orient-Le-Jour. «L'aide US à la lutte antiterroriste est passée de 4,6 millions de dollars en 2006 à 67 millions en 2009» ajoute ce quotidien. Une aide qui pourrait  atteindre les 150 millions si le Congrès donne son accord, indique le New York Times.
Soutenu par les Etats-Unis, le président Saleh doit en contrepartie lutter contre le terrorisme. Mais en plus de sa volonté de maintenir sa famille au pouvoir, de l’inefficacité et de la corruption du régime, «sa volonté de combattre Al-Qaïda -qu’il ne considère pas comme son principal ennemi- est douteuse» estime le New York Times.

Pourtant, «le pays est confronté depuis maintenant deux ans et de façon progressive et montante à une résurgence des cellules d’Al-Qaïda» explique Anne Giudicelli, une experte de la région qui décryptait, dès octobre dernier sur France Culture, les grandes dangers menaçant ce pays. «Il est de notoriété publique que dans l'antique Arabia Felix il existe des bases d'Al-Qaïda, que des organisations «caritatives» se chargent de collecter des fonds destinées au mouvement d'Oussama Ben Laden» note L’Orient-Le-Jour. Et le quotidien souligne que «la première attaque d'envergure contre des intérêts occidentaux s'était produite en octobre 2000 contre le destroyer USS Cole dans le port d'Aden».

Si le président Saleh ne fait pas d’Al-Qaïda sa priorité, c’est parce cet Etat, très pauvre, doit déjà gérer une rébellion soutenue par l’Iran dans le nord et des mouvements séparatistes dans le sud. Lundi 4 janvier dans Libération, Jean-Pierre Filiu, universitaire spécialiste de l’islamisme et d’Al-Qaïda, expliquait que les Etats-Unis ne doivent pas s’engager plus dans ce pays. Les chefs d’Al-Qaïda «ne peuvent s’en sortir qu’en suscitant des interventions directes des Etats-Unis. C’est ce à quoi ils veulent arriver au Yémen. Le piège est clair, assez grossier» relève le chercheur pour qui Al-Qaïda est en bout de cycle. «Tout soutien à des pays comme le Yémen, la Mauritanie ou le Mali doit être indirect, sans affichage. En Irak, le retrait des Américains est le pire coup qu’ils aient pu porter à Al-Qaïda.»

Mardi 5 Janvier 2010

http://www.slate.fr/story/15241/guerre-yemen-terrorisme-al-qaida-obama-afghanistan-attentat



2 Brèves

2-1 Al Qaïda fait état de pertes au Yémen, menace les Etats-Unis.

Nb : Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Al Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) a annoncé lundi sur internet que plusieurs de ses responsables avaient récemment été tués dans des raids ou des affrontements au Yémen.

Parmi les morts figure Nayef al Kahtani, un Saoudien présenté comme le fondateur du magazine en ligne du mouvement au Yémen, Al Malahim, ajoute le groupe.
L'aile yéménite d'Al Qaïda, qui a revendiqué un attentat manqué sur un vol Amsterdam-Detroit en décembre dernier, accuse par ailleurs les Etats-Unis d'avoir tué deux de ses militants dans un raid aérien à la mi-mars dans le sud du Yémen.
"Par ces assassinats, vous (les Américains) nous donnez mille nouvelles raisons de vous frapper chez vous, aux Etats-Unis", déclare Kassim al Rimi, chef militaire d'AQPA, dans un message audio diffusé sur des sites internet islamistes.
Dimanche, AQPA a menacé les Etats-Unis de nouveaux attentats s'ils s'en prennent au prédicateur radical de nationalité américaine Anouar al Aoulaki, que Washington veut voir capturer ou éliminer.
Des responsables américains ont indiqué en avril que l'administration Obama avait donné son aval à des opérations visant à arrêter ou tuer Aoulaki.
(
Mohamed Soudam, Mohammed Ghobari, Mohammed Moukachef;

Guy Kerivel pour le service français)
REUTERS

18 Mai 2010

http://www.atlasinfo.fr/Al-Qaida-fait-etat-de-pertes-au-Yemen-menace-les-Etats-Unis_a3089.html




1-2     M K Bhadrakumar : L’odyssée d’Obama au Yémen  : Un nouvel Afghanistan ?

Il y a un an, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, faisait une révélation fracassante : les forces de sécurité de son pays avaient appréhendé un groupe d’islamistes liés aux forces des services secrets israéliens. « Une cellule terroriste a été appréhendée et sera renvoyée devant les tribunaux pour ses liens avec les services de renseignements israéliens », avait-il promis.

Saleh ajouta : « Vous serez tenus au courant des poursuites judiciaires ». On n’en a jamais entendu parler et la piste s’est effacée. Bienvenue sur la terre magique du Yémen, où se jouaient les Mille et Une Nuits dans la gestation du temps.

Prenez le Yémen et ajoutez-y la mystique de l’Islam, Oussama ben Laden, al-Qaïda et les services secrets israéliens et vous obtenez une mixture qui vous monte à la tête. Le chef du Commandement Central des Etats-Unis, le Général David Petraeus, est passé samedi par la capitale yéménite, Sanaa, et a juré à Saleh une aide américaine accrue pour combattre al-Qaïda.

Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a très vite repris la promesse de Petraeus, assurant que les Etats-Unis renforceraient le partage de renseignements et l’entraînement des forces yéménites et qu’il mènerait peut-être des attaques conjointes contre les militants d’al-Qaïda dans la région.

Un nouvel Afghanistan ?

Au dire de beaucoup, Obama, qui est généralement considéré comme un politicien talentueux et intelligent, commet une bourde catastrophique en démarrant une nouvelle guerre qui pourrait s’avérer aussi sanglante, désordonnée et ingagnable que celles d’Irak et d’Afghanistan. Pourtant, à première vue, Obama semble vraiment imprévisible. Les parallèles avec l’Afghanistan sont frappants. Un étudiant nigérian, qui dit avoir été entraîné au Yémen, a tenté de faire sauter un avion américain et l’Amérique veut partir en guerre.

Le Yémen, lui aussi, est un merveilleux pays avec de très belles montagnes accidentées qui pourraient être un paradis pour la guérilla. Comme les membres des tribus afghanes, les Yéménites sont des gens hospitaliers. Mais, ainsi que le journaliste irlandais, Patrick Cockburn, le rappelle, tandis qu’ils sont généreux envers les étrangers de passage, ils « considèrent que les lois de l’hospitalité prennent fin lorsque l’étranger quitte leur territoire tribal, moment où il devient ‘une bonne cible pour recevoir une balle dans le dos’. » Il y a assurément un côté romantique dans tout ça – presque comme dans l’Hindou-Kouch. Extrêmement nationalistes, pratiquement tous les Yéménites ont une arme à feu. A l’instar de l’Afghanistan, le Yémen est également un pays où les autorités sont en conflit et où une petite guerre civile n’attend qu’une intervention étrangère pour éclater.

Obama a-t-il aussi incroyablement oublié son propre discours du 1er décembre, dans lequel il exposait les contours de sa stratégie afghane, pour violer les critères qu’il avait lui-même édictés ? Certainement pas. Obama est un homme habile. On se souviendra de l’intervention au Yémen comme du coup le plus habile qu’il aura jamais fait pour perpétuer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. C’est la réponse de l’Amérique à la montée en puissance de la Chine.

Un coup d’œil rapide sur la carte de la région montre que le Yémen est l’un des endroits les plus stratégiques attenant aux eaux du Golfe Persique et de la Péninsule Arabique. Il borde l’Arabie Saoudite et Oman, qui sont des protectorats américains essentiels. En effet, Oncle Sam « marque son territoire » - comme un chien sur un réverbère. La Russie a caressé l’idée de réouvrir sa base de l’ère soviétique à Aden. Eh bien ! Les Etats-Unis ont soufflé la place à Moscou.

Les Etats-Unis ont fait savoir que cette odyssée ne s’arrête pas au Yémen. Elle se prolonge jusqu’en Somalie et au Kenya. De cette manière, les Etats-Unis établissent leur présence militaire sur une bande ininterrompue de terres le long de la façade occidentale de l’Océan Indien. Les officiels chinois ont parlé tout récemment de leur nécessité d’établir une base navale dans cette région. Les Etats-Unis ont désormais renvoyé dans les cordes les options chinoises. Le seul pays avec une côte maritime disponible pour la Chine, afin d’y installer une base navale dans la région, est l’Iran. Tous les autres pays ont une présence militaire occidentale.

L’intervention américaine au Yémen ne se fera pas sur le modèle de l’Irak et de l’Afghanistan. Obama s’assurera de ne pas récupérer les soldats américains servant au Yémen dans des housses mortuaires. C’est ce que le public américain attend de lui. Selon l’armée américaine, il n’y déploiera que des drones et des forces spéciales et « se concentrera à fournir des renseignements et de l’entraînement pour aider le Yémen à contrer les militants d’al-Qaïda ». L’objectif essentiel et principal d’Obama sera d’établir une présence militaire durable au Yémen. Cela sert plusieurs buts.

Une nouvelle grande partie débute

D’abord, la manœuvre des Etats-Unis doit être considérée comme étant exercée contre l’éveil chiite qui constitue la toile de fond dans cette région. Les Chiites (principalement le groupe Zaïdi) ont été traditionnellement réprimés au Yémen. Les soulèvements chiites ont été un thème récurrent dans l’histoire du Yémen. Il y a eu une tentative délibérée de minimiser le pourcentage de Chiites au Yémen, mais ils pourraient y représenter jusqu’à 45% de la population.

Plus important, ils constituent la majorité dans la partie septentrionale du pays. Ce qui dérange les Etats-Unis et les Etats arabes modérés – ainsi qu’Israël – est que l’Organisation des Jeunes Croyants, conduite par Hussein Badr al-Houthi, qui est retranchée au nord du Yémen, a pris modèle sur le Hezbollah au Liban, à tous égards – politiquement, économiquement, socialement et culturellement.

Les Yéménites sont un peuple intelligent et ils sont célèbres dans la Péninsule Arabique pour leur tempérament démocratique. La montée en puissance des Chiites yéménites, sur le modèle du Hezbollah, aurait des implications régionales considérables. Le plus proche voisin, Oman, qui est une base américaine clé, est essentiellement chiite. Sujet encore plus sensible : l’idée dangereuse de la probabilité de la montée au pouvoir des Chiites qui s’étendrait aux régions chiites hautement rétives d’Arabie Saoudite, attenantes au Yémen, lesquelles, qui plus est, se trouvent également être le réservoir de la fabuleuse richesse pétrolière du pays.

L’Arabie Saoudite entre dans une phase hautement sensible de transition politique, alors qu’une nouvelle génération est programmée pour prendre le pouvoir à Riyad et que les intrigues de palais et les failles au sein de la famille royale ont toutes les chances d’être exacerbées. Pour le dire avec euphémisme, étant donné la dimension institutionnalisée de la persécution des Chiites en Arabie Saoudite par l’establishment wahhabite, la montée en puissance des Chiites est un véritable champ de mines qui pétrifie littéralement Riyad en ce moment. Les limites de sa patience s’amenuisent, comme en témoigne le recours récent peu habituel à la force militaire contre les communautés chiites du nord du Yémen, à la frontière de l’Arabie Saoudite.

Les Etats-Unis sont confrontés à un dilemme classique. C’est très bien qu’Obama souligne la nécessité de réforme dans les sociétés musulmanes – comme il l’a fait avec éloquence dans son discours du Caire en juin dernier. Mais la démocratisation dans le contexte yéménite – ironiquement, dans le contexte arabe – impliquerait de donner du pouvoir aux Chiites. Après l’expérience douloureuse en Irak, Washington est littéralement perché comme un chat sur un toit brûlant. Le gouvernement américain préfèrerait de loin s’aligner sur le gouvernement répressif et autocratique de Saleh plutôt que de laisser sortir de la bouteille le génie de la réforme dans cette région riche en pétrole, où ses intérêts sont immenses.

Obama est doté d’un esprit érudit et il n’est pas sans savoir que le Yémen a désespérément besoin de réforme. Mais il ne veut tout simplement pas y penser. Le paradoxe auquel il est confronté est qu’avec toutes ses imperfections, l’Iran se trouve être le seul système « démocratique » en opération dans toute la région.

L’ombre de l’Iran qui plane sur la conscience chiite yéménite est une inquiétude sans fin pour les Etats-Unis. Pour le formuler simplement, dans la lutte idéologique en cours dans cette région, Obama se retrouve du côté des oligarchies autocratiques ultra-conservatrices et brutales qui y constituent la classe dirigeante. On peut comprendre que ce ne soit pas facile pour lui. Si l’on doit en croire ses Mémoires, il pourrait y avoir des moments où les vagues souvenirs de son enfance en Indonésie et la mémoire précieuse de sa propre mère, laquelle, au dire de tous, était une intellectuelle et une humaniste insouciante, doivent le hanter dans les couloirs de la Maison Blanche.

Israël entre dans le jeu

Mais Obama est avant tout réaliste. Il fait fi de ses émotions et de ses croyances personnelles, et se sont les considérations stratégiques qui ont le plus grand poids lorsqu’il travaille dans le Bureau Ovale. Avec la présence militaire au Yémen, les Etats-Unis ont resserré le cordon autour de l’Iran. Dans l’éventualité d’une attaque militaire contre l’Iran, le Yémen pourrait être utilisé comme tremplin par les Israéliens. Ces considérations ont beaucoup de poids pour Obama.

Le fait est qu’aucune autorité ne contrôle vraiment le Yémen. C’est du gâteau pour les formidables services secrets israéliens de s’y faire une niche – exactement comme ils l’ont fait au nord de l’Irak dans des circonstances à peu près comparables.

L’Islamisme n’est pas du tout dissuasif pour Israël. Saleh n’était certainement pas loin du compte en affirmant, l’année dernière, que les services de renseignements israéliens avaient apparemment maintenu des liens avec des islamistes yéménites. Le problème est que les Islamistes yéménites sont extrêmement fragmentés et que personne n’est sûr de qui fait allégeance à qui et de quel sorte d’allégeance il s’agit. Les services secrets israéliens opèrent merveilleusement bien dans de telles zones d’ombre, lorsque l’horizon est lacéré du sang du soleil couchant.

Israël trouvera que s’introduire au Yémen est jusqu’à maintenant un cadeau de Dieu, alors qu’il reconnaît officiellement sa présence dans la Péninsule Arabique. C’est un rêve qui devient réalité pour Israël, dont l’efficacité en tant que puissance régionale a toujours été sérieusement handicapée par son manque d’accès à la région du Golfe Persique. La présence militaire américaine dominante aide Israël, sur le plan politique, à consolider son chapitre yéménite. Sans aucun doute, Petraeus s’installe au Yémen en tandem avec Israël (et la Grande-Bretagne). Mais les Etats arabes « pro-occidentaux », avec leur mentalité de rentiers, n’ont pas d’autre choix que de rester des spectateurs silencieux sur le banc de touche.

Certains parmi eux pourraient vraiment ne pas s’opposer à la présence des forces de sécurité israéliennes dans la région, considérant que c’est un meilleur pari que la propagation des idées dangereuses du pouvoir chiite émanant de l’Iran, de l’Irak et du Hezbollah. A un moment ou un autre, les services de renseignements israéliens commenceront également à infiltrer les groupes extrémistes sunnites au Yémen, qui sont communément connus comme étant des filiales d’al-Qaïda. Ceci dit, si Israël ne l’a pas déjà fait. Tout lien de ce type fait d’Israël un allié inestimable pour les Etats-Unis dans sa lutte contre al-Qaïda. En somme, des possibilités infinies existent dans ce paradigme qui prend forme dans le monde musulman et qui s’arc-boute sur le Golfe Persique stratégique.

L’axe US-indo-israélien

D’un autre côté, les élites indiennes ne sont pas du tout d’humeur aux compromis. Du temps de Bush, Delhi était dans une période faste. A présent, après les craintes initiales concernant la philosophie politique d’Obama, Delhi a conclu que celui-ci n’est rien d’autre qu’un clone de son illustre prédécesseur en ce qui concerne les contours généraux de la stratégie mondiale des Etats-Unis – dont l’isolement de la Chine est le modèle central.

Le niveau de confort croît de façon palpable à Delhi en ce qui concerne la présidence d’Obama. Delhi voit la montée du lobby israélien à Washington comme la mise à l’épreuve pour la présidence d’Obama. Cette montée en puissance convient à Delhi, puisque le lobby juif a toujours été un allié obligeant pour cultiver leur influence auprès du Congrès, des médias et des membres des groupes de réflexion américains qui incitent à la violence, de même que dans les administrations successives. Et tout ceci se produit à un moment où les relations indo-israéliennes en matière de sécurité prennent de la vitesse.

Le Secrétaire à la Défense, Robert Gates, doit se rendre à Delhi dans les jours qui viennent. L’administration d’Obama adopterait une attitude de plus en plus accommodante vis-à-vis de longue quête de l’Inde pour une technologie américaine « à double usage ». Si c’est le cas, une avenue royale de coopération militaire est sur le point de s’ouvrir entre les deux pays, qui fera de l’Inde un challenger sérieux aux prouesses militaires croissantes de la Chine. C’est une situation gagnant-gagnant, alors que le grand bazar indien de l’armement offre un business extrêmement lucratif aux entreprises américaines.

Il est clair qu’une alliance intime US-indo-israélienne constitue le fondement de toutes les manœuvres qui se déroulent. Cela aura une importance pour la sécurité de l’Océan Indien, du Golfe Persique et de la Péninsule Arabique. L’année dernière, l’Inde a officialisé sa présence navale à Oman.

Somme toute, les experts en terrorisme se perdent dans les détails lorsqu’ils analysent l’incursion des Etats-Unis au Yémen, en se limitant à la traque d’al-Qaïda. La dure réalité est qu’Obama, dont l’argument principal était « le changement », a pris du gîte et tient de moins en moins ses promesses en se dirigeant vers les stratégies mondiales de l’ère Bush. La fraîcheur de la magie d’Obama se dissipe. Des traces de « révisionnisme » dans l’orientation de sa politique étrangère commencent à faire surface. On peut déjà les percevoir en ce qui concerne l’Iran, l’Afghanistan, le Moyen-Orient et le problème israélo-palestinien, ainsi que l’Asie Centrale et vis-à-vis de la Chine et de la Russie.

Sans doute, cette sorte de “retour aux sources” par Obama était-il inévitable. Premièrement, il n’est que la créature de ses circonstances. Comme quelqu’un l’a brillamment formulé, la présidence d’Obama est comme conduire un train plutôt qu’une automobile : un train ne peut pas « choisir sa route », son conducteur peut au mieux ajuster sa vitesse, mais, au bout du compte, il doit rester sur les rails.

D’autre part, l’histoire ne donne pas d’exemples d’une puissance mondiale déclinante qui accepte docilement son destin et qui marche vers le crépuscule. Les Etats-Unis ne peuvent pas renoncer à leur domination mondiale sans combattre. Et la réalité de telles luttes capitales est qu’elles ne peuvent pas être livrées par à-coups. On ne peut pas combattre la Chine sans occuper le Yémen.

L’Ambassadeur M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Parmi ses affectations : l’Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l’Allemagne, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.

M K Bhadrakumar

Asia Times Online, le 10 janvier 2010

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