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20/06/2010

n° 7 - Géopolitique et stratégie du Yémen - 19-06-2010 :- Fin : - De l’utilisation d’al-Qaeda au Yémen afin de promouvoir les intérêts stratégiques américains.

n° 7  - Géopolitique et stratégie du Yémen - 19-06-2010 :-  Fin  : - De l’utilisation d’al-Qaeda au Yémen afin de promouvoir les intérêts stratégiques américains.



Géopolitique et stratégie du Yémen

           n° 7                                           19-06-2010

  C.De broeder & M.Lemaire



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be


Sommaire.

 

3 Dossier

3-1 Tourtaux : Les clichés de missiles et de bombes en grappe montrent du doigt le rôle des États-Unis dans une attaque meurtrière au Yémen.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage.

4-1 Nasser al-Bahri : «Al-Qaida me menace de mort».

5 Annexe

5-1 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

5-2 eva R-sistons à l'intolérable : Tout va pour le mieux, dans le meilleur des nouveaux mondes !

5-3 Discours de Joseph Biden au Parlement européen.

 


3 Dossier

3-1 Tourtaux : Les clichés de missiles et de bombes en grappe montrent du doigt le rôle des États-Unis dans une attaque meurtrière au Yémen.

Amnesty International a diffusé des photographies d’un missile de croisière de fabrication américaine qui transportait des bombes à sous-munitions, prises semble-t-il à la suite d’une attaque contre un camp d’entraînement présumé d’Al Qaïda au Yémen qui a tué 41 civils, dont 14 femmes et 21 enfants.

L’attaque du 17 décembre 2009 contre le village d’al Maajala, dans le gouvernorat d’Abyan, dans le sud du Yémen, a fait 55 victimes, dont 14 membres présumés d’Al Qaïda.

« Une frappe militaire de cette nature contre des militants présumés, sans tenter de les arrêter, est pour le moins illégale. Au regard du grand nombre de femmes et d’enfants victimes de cette attaque, il est clair qu’elle était totalement irresponsable, notamment lorsque l’on sait que des bombes à sous-munitions ont probablement été employées », a indiqué Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Une bombe à sous-munitions BLU 97 intacte : le missile BGM-109D Tomahawk en transporterait 166 (plus de détails ci-dessous).

Le gouvernement du Yémen a revendiqué l’entière responsabilité de l’attaque contre al Maajala, dans le district d’al Mahfad, dans le gouvernorat d’Abyan, où Al Qaïda aurait installé un camp d’entraînement.  

Peu après cette frappe, des médias américains ont relayé des déclarations qui émaneraient de sources anonymes au sein du gouvernement des États-Unis, selon lesquelles des missiles de croisière américains avaient été tirés sur ordre du président contre deux sites présumés d’Al Qaïda au Yémen.

« À la lumière des preuves fournies par ces photographies, le gouvernement américain doit dévoiler le rôle qu’il a joué dans l’attaque contre al Maajala et tous les gouvernements impliqués doivent indiquer quelles mesures ils ont prises pour éviter les victimes inutiles », a estimé Philip Luther.

Les photographies permettent d’identifier avec certitude les débris du missile, qui proviendraient de la charge, du milieu et de l’arrière du corps, ainsi que des sections de propulsion d’un missile de croisière terrestre BGM-109D Tomahawk.

Ce type de missile, tiré à partir d’un navire de guerre ou d’un sous-marin, est conçu pour porter une charge de 166 bombes à sous-munitions (petites bombes) qui explosent chacune en plus de 200 fragments d’acier tranchants pouvant causer des blessures dans un rayon de 150 mètres. Une substance incendiaire contenue dans la minibombe disperse également des fragments de zirconium destinés à mettre le feu aux objets inflammables se trouvant à proximité.

Une autre photographie, prise semble-t-il une demi-heure après les autres, montre une sous-munition – qui n’a pas explosé – de type BLU 97 A/B, que transportent les missiles BGM-109D. Il semble que seules les forces américaines détiennent ces missiles et il est peu probable que les forces armées du Yémen soient en mesure d’en utiliser.

Amnesty International a réclamé au Pentagone des informations sur l’implication des forces américaines dans l’attaque d’al Maajala et les précautions prises en vue de limiter les morts et les blessés. Elle n’a pas encore reçu de réponse.

« Amnesty International est vivement préoccupée par les éléments tendant à prouver que des bombes à sous-munitions ont été employées au Yémen, lors même que la plupart des États à travers le monde s’engagent à interdire complètement ces armes, a indiqué Mike Lewis, chercheur sur le contrôle des armes à Amnesty International.

« Les bombes à sous-munitions ont des effets non discriminants et les minibombes qui n’ont pas explosé sont une menace pendant des années pour la vie et les moyens de subsistance des populations. Tous les gouvernements qui en utilisent doivent de toute urgence fournir une aide afin de neutraliser les bombes n’ayant pas explosé. »

Ni les États-Unis ni le Yémen n’ont encore signé la Convention sur les armes à sous-munitions, traité visant à interdire totalement ces armes qui doit entrer en vigueur le 1er août 2010.

La commission parlementaire yéménite qui a enquêté sur l’attaque du 17 décembre 2009 a conclu en février que 41 personnes décrites comme des civils avaient trouvé la mort. Dans son rapport, elle a déclaré qu’à son arrivée sur les lieux à al Maajala, elle avait constaté que « toutes les maisons et ce qu’elles contenaient avaient brûlé ; il ne restait que des traces de meubles ».

Elle a « remarqué des traces de sang des victimes et plusieurs cratères dans le sol dus au bombardement […] ainsi que plusieurs bombes n’ayant pas explosé ». L’un des survivants a raconté à la commission que les membres de sa famille, tués alors qu’ils n’avaient commis aucun crime, dormaient lorsque les missiles ont frappé, dans la matinée du 17 décembre 2009.

Fragment d’un missile de croisière BGM-109D Tomahawk, correspondant probablement au réservoir.

Dans son rapport, la commission parlementaire a recommandé au gouvernement du Yémen d’ouvrir une information judiciaire sur cette attaque et de traduire en justice les responsables présumés de la mort des civils. À la connaissance d’Amnesty International, rien n’a été fait.

La commission a relayé des déclarations des autorités du gouvernorat d’Abyan, selon lesquelles 14 membres présumés d’Al Qaïda avaient péri lors de l’attaque, tout en ajoutant qu’elle n’était pas en mesure d’obtenir des informations le confirmant et que les autorités d’Abyan lui avaient fourni l’identité d’une seule de ces 14 personnes.

Image 1, informations supplémentaires : le missile de croisière BGM-109D Tomahawk aurait transporté des bombes en grappe 166 BLU 97, conçues pour se disperser sur un large périmètre, frappant sans discrimination lorsqu’elles sont employées dans des zones civiles. En outre, beaucoup n’explosent pas lors de l’impact, comme le montre cette photographie, mais un mouvement risque de les déclencher par la suite, ce qui constitue un danger pour les populations pendant des mois voire des années après les attaques.

Source / auteur : jacques.tourtaux

Amnesty international

mis en ligne mercredi 9 juin 2010 par jesusparis

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-yemen-les-cliches-de-missiles-et-de-bombes-en-grappe-montrent-le-role-des-usa-dans-une-attaque-meurtriere-des-missiles-de-croisiere-auraient-ete-tires-sur-ordre-du-president-des-etats-unis-51942788.html



4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

4-1 Nasser al-Bahri : «Al-Qaida me menace de mort».

Nb La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l'auteur mais doit être vu comme information

En exclusivité suisse, «Le Matin» a contacté au Yémen l’ex-garde du corps d’Oussama ben Laden de 1997 à 2000.

Propos recueillis par Stéphane Berney - le 28 avril 2010, 20h52

Il était l’homme de confiance d’Oussama ben Laden, chef suprême d’Al-Qaida.

De 1997 à 2000, il a veillé sur lui jusqu’à devenir son plus proche garde du corps. Nasser al-Bahri, aujourd’hui âgé de 37 ans, est désormais un repenti. Avec l’aide de Georges Malbrunot, grand reporter pour Le Figaro et ex-otage en Irak (du 20 août au 21 décembre 2004), il publie ce mois-ci un livre aux Editions Michel Lafon. Intitulé «Dans l’ombre de Ben Laden», il raconte l’intimité du chef d’Al-Qaida («Le Matin» du 16 avril).

En exclusivité suisse, «Le Matin» a contacté Nasser al-Bahri chez lui à Sanaa, capitale du Yémen. C’était lundi. Un jour de grande agitation dans la ville puisque l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Timothy Torlot, venait d’échapper à un attentat suicide (lire encadré). Au téléphone, malgré les coupures, Nasser al-Bahri évoque son ancien maître, sa vie de repenti et la peur d’être abattu.

On découvre un homme à la voix calme, chaude et profonde. Sur place, au Yémen, «Le Matin» a eu recours aux services de Bashir al-Mohallel pour assurer la traduction de l’arabe au français.

Savez-vous où se trouve Oussama ben Laden, le terroriste le plus recherché du monde?
Non, pas exactement.

Lorsque vous dites «pas exactement», ça signifie que vous en avez une petite idée, non?
Oui, mais je ne le dirai en aucun cas. Car ce ne sont que des suppositions. Et je n’ai pas envie que les Américains se servent de ça pour bombarder des régions où il ne se trouverait pas ou plus.

Si vous saviez précisément où il se trouvait, donneriez-vous l’information aux Américains?
Disons que je ne le communiquerais pas directement, parce que je sais que je serais assassiné dès le lendemain.

Pourquoi Ben Laden ne serait-il pas déjà mort?
Je n’y crois pas. Car les opérations menées en Afghanistan sont à mon avis menées avec la même mentalité qu’à l’époque. C’est très précis, très bien organisé. C’est la marque de Ben Laden.

C’est dur, la vie après Al-Qaida?
C’est difficile, oui. J’ai coupé les ponts, j’ai changé complètement d’entourage et établi de nouveaux contacts.

Avez-vous malgré tout encore des nouvelles de vos anciens camarades d’Al-Qaida?
Non. Mais je reçois des menaces téléphoniques. Ils me disent qu’ils vont me tuer.

Comment faites-vous pour surmonter cette peur au quotidien?
Ça m’inquiète beaucoup. Je prends ces menaces très au sérieux car je peux vous dire que ces gens ne rigolent pas du tout.
S’ils vous téléphonent, c’est qu’ils savent où vous trouver. Comment faites-vous pour leur échapper?
J’ai mis en place des mesures de sécurité personnelle. Mais je ne vous en parlerai évidemment pas.

Comment vivez-vous?
En famille. Avec ma femme, Tayssir, et mes cinq fils, Hadid, Omar, Oussama, Malt et Sasya.

Un de vos garçons porte le même prénom que Ben Laden. Est-ce un hommage?
Non, pas du tout. C’est un prénom qui nous plaisait, c’est tout. C’est Hadid qui est né pendant que je travaillais pour Ben Laden. Ses femmes ont d’ailleurs aidé la mienne à accoucher, comme je le raconte dans le livre.

Quels souvenirs marquants gardez-vous de Ben Laden?
Il se comportait comme un véritable chef religieux. Il y avait des moments difficiles et d’autres agréables. Je me souviens qu’on rigolait souvent et qu’on faisait pas mal de sport. J’ai joué au football avec Ben Laden. Il aimait ça.

Avez-vous participé à des actes terroristes, avez-vous tué des gens?
Non, je ne participais à aucun combat. J’assurais la sécurité personnelle d’Oussama ben Laden.

Vous dites que vous avez failli le tuer une fois, pourquoi?
C’est lui qui m’avait demandé de le faire s’il était pris. Pour qu’il ne tombe pas dans les mains des Américains. C’était une mission. Mais ça n’a pas été nécessaire.

Pourquoi avez-vous quitté Al-Qaida?
Pour plusieurs raisons. Les opérations de 2001 contre les Américains m’ont révolté. Et puis j’ai une famille. Ma femme est tombée malade à l’époque.

J’ai dû quitter Kandahar, en Afghanistan, pour retourner à Sanaa, au Yémen. Pour moi, c’était fini.

Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre?
Mon expérience du combat me permet de conseiller aux gens de ne pas se laisser entraîner dans l’extrémisme du djihad.
Vous avez été emprisonné au Yémen puis libéré en 2002. Georges Malbrunot a été otage en Irak. Durant la préparation du livre, avez-vous échangé vos expériences de captivité?
Oui, on a abordé la question sous l’angle humain, mais hors livre.

Vous avez décliné des propositions d’éditeurs américains et canadiens. Est-ce parce que c’était Georges Malbrunot et son expérience que vous avez plutôt accepté de travailler avec lui?
Oui, ça a joué un rôle. J’ai accepté de travailler avec lui car il est très pro. Il ne va pas aller jouer avec mes idées, il reste très franc. Je serais prêt à travailler avec des éditeurs américains et canadiens, mais il faut trouver la confiance.

Viendrez-vous en Suisse parler de votre parcours?
Je suis prêt à venir en Suisse. Mais je n’ai pas envie d’avoir la même expérience qu’avec la France. Je devais venir et puis les Affaires étrangères m’ont signalé que je n’étais plus le bienvenu au dernier moment. Si je sens un intérêt de la part de la Suisse, je viendrai. Mais je ne souhaite pas faire une demande.
Pouvez-vous imaginer venir vous établir en Europe ou aux Etats-Unis pour fuir les menaces qui pèsent sur vous et votre famille?
Actuellement à Sanaa, je suis formateur dans un centre spécialisé dans les ressources humaines. Je travaille l’après-midi. Mais j’aimerais trouver un meilleur travail pour mieux vivre. Je me bats pour ma famille. C’est ma raison de vivre. Alors même si c’est dur, je préfère vivre au Yémen, quelle que soit la situation.

Stéphane Berney –

le 28 avril 2010, 20h52
Le Matin



5 Annexe

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

5-1 Hiram Lee : Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale.

Un article à la une du New York Times de mardi révèle l’existence d’une directive secrète signée par le général David Petraeus, chef du commandement central américain, donnant l’ordre d’accroître les opérations militaires secrètes de par le Moyen-Orient, l’Asie centrale et la Corne de l’Afrique.

Le document de 17 pages intitulé « Joint Unconventional Warfare Task Force Execute Order » fournit en essence à l’armée américaine carte blanche pour mener des actes d’agression contre quasiment n’importe quel pays.

Parue en septembre 2009, cette directive appelle à la création d’un réseau de corps expéditionnaires et d’unités de collecte de renseignement qui vont « pénétrer, perturber, vaincre ou détruire » n’importe quelle cible dans n’importe quel pays désigné par l’armée américaine. Ces forces vont mener des opérations clandestines qui « ne peuvent pas et ne seront pas accomplies » par d’autres moyens militaires.

Une fois entrées dans le pays ciblé, les forces américaines vont aussi « préparer l’environnement » à des attaques militaires de grande envergure. En plus du personnel militaire, dit le Times, la directive de Petraeus recrute « des hommes d’affaire étrangers, des universitaires ou autres » pour des efforts «de vigilance continue sur la situation », soit en d’autres termes pour l’espionnage.

Les Etats-Unis vont cibler des pays considérés comme hostiles ainsi que des pays avec lesquels ils entretiennent des relations amicales.

Parmi les pays cités par le Timescomme cibles potentielles on compte l’Iran, l’Arabie saoudite et la Somalie. Le Times rapporte aussi que le document « semble autoriser des opérations spécifiques en Iran, très probablement pour la collecte du renseignement sur le programme nucléaire du pays ou l’identification de groupes dissidents qui pourraient être utiles pour une offensive militaire à venir. »

Tandis que le gouvernement Obama indique publiquement qu’il va contrer la soi-disant menace nucléaire iranienne en faisant appel à des sanctions plus importantes des Nations Unies et des embargos commerciaux, la directive de Petraeus donne clairement à penser qu’Obama a en tête quelque chose de bien plus sinistre encore. Le Times cite des représentants américains disant que la directive «autorise aussi des missions de reconnaissance qui pourraient ouvrir la voie à de possibles frappes militaires en Iran si les tensions concernant ses ambitions nucléaires s’intensifient. »

On pense déjà que cette directive secrète a constitué le travail préparatoire de l’offensive de l’armée américaine au Yémen qui a débuté en décembre 2009. Des soldats des Forces spéciales américaines avaient pénétré dans ce pays pour entraîner son armée et se joindre à elle pour attaquer Al Qaïda dans la Péninsule arabique que l’on dit être membre affilié d’Al Qaïda au Yémen.

En décembre, le président Obama avait donné l’ordre de frappes aériennes sur des bâtiments abritant soi-disant des militants et qui avaient coûté la vie à des dizaines de civils.

Des navires de l’armée américaine ont aussi envoyé des volées de missiles sur le pays.

Le Times reconnaît avoir accepté de ne pas révéler toutes les informations contenues dans le document de Petraeus, dont le journal dit avoir vu une copie. Citant des « inquiétudes soulevées par un représentant du Commandement central des Etats-Unis quant à la sécurité des troupes, » le journal rapporte qu’il a accepté de supprimer certains détails concernant les déploiements de troupes.

Ainsi, « le journal de référence »politiquement libéral joue son rôle dans la promotion des desseins agressifs de l’armée américaine et le maintien des Américains dans l’ignorance sur les détails les plus cruciaux de ces opérations secrètes. Bien que le Times n’en dise rien, cette directive d’opérations secrètes, qui va au-delà des directives similaires sous le gouvernement Bush, n’aurait pas pu paraître sans l’assentiment du président Obama. Ceci souligne le fait que le gouvernement Obama poursuit et amplifie la politique du militarisme et de la guerre menée sous Bush et se prépare à étendre les actes d’agression militaire américains bien au-delà des confins de l’Irak et de l’Afghanistan.

L’utilisation de forces d’opérations spéciales militaires comme agents du renseignement à travers le Moyen-Orient et l’Asie centrale permet au gouvernement de placer les opérations d’espionnage sous la juridiction du Commandement central des Etats-Unis et du général Petraeus. Contrairement aux activités de l’Agence centrale du renseignement (CIA), les opérations secrètes d’espionnage menées par l’armée ne nécessiteront pas légalement l’assentiment du président ni ne seront soumises au contrôle du Congrès.

Hiram Lee 

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http://comprendrelemonde.fr/monde/amerique/2393-une-directive-secrete-prepare-de-nouvelles-guerres-americaines-au-moyen-orient-et-en-asie-centrale/


5-2 eva R-sistons à l'intolérable : Tout va pour le mieux, dans le meilleur des nouveaux mondes !

Tout va très bien, Mme la Marquise !  

Le monde se porte à merveille. La preuve, c'est qu'on nous le dit dans les Médias.

Elle est pas belle, la vie ?

 Et les Médias sont dignes de confiance, naturellement !

La preuve, nous arrivons en 43 e position en matière de liberté d'information. Il y a pire !

Donc, soyons heureux. De gré ou de force !

Et en Europe, tout va très bien Mme la marquise, comme ailleurs: Les monnaies plongent, les Etats sont surendettés, ils sont même au bord de la faillite. Toutes les protections sautent, et les citoyens perdent leurs emplois, leurs activités, leurs foyers, leurs familles. Tous sdf ? Et alors, c'est la liberté ! A nous le toit du monde ! Le bonheur est dans la rue. Certains lanceront les pavés de la colère ? Le Traité de Lisbonne, imposé aux bonnes gens, a prévu leur cas: Peine de mort pour les émeutiers. Le bonheur est dans le cimetière !

 

Comme je l'ai écrit récemment, en actualisant un peu : Le Pouvoir en Allemagne tangue, l'Anglais est divisé, la Belgique est au bord de la scission, la Grèce est sur le point d'exploser, la France de Sarkozy est contestée, la Pologne est décimée, et le tout est incapable de faire front commun à l'heure des périls, sauf pour s'enchaîner à l'OTAN et donc aux guerres impériales. La boucle est bouclée ! En Europe, tout va très bien Mme la Marquise. Et ailleurs ?

 

Les marées sont noires, le climat se réchauffe et on grelotte comme jamais, les peuples premiers sont chassés de leurs terres par les employés des Compagnies pétrolières, les eaux des rivières sont polluées, et les récalcitrants sont parqués, enfermés, torturés ou exterminés, comme au bon vieux temps des Peaux-Rouges. Le bonheur est dans ce qui reste des forêts tropicales... 

 

Aux Etats-Unis, l'American Way Of Life se résume au document que je viens de voir sur les Chaînes Parlementaires: Les retraités travaillent jusqu'à la mort. Une dame de 93 ans est filmée en train de travailler, le document lui est dédié; elle est morte pendant le tournage, en pleine activité. Le travail ne tue pas, le ridicule, oui. La première valeur moderne, aujourd'hui, c'est le travail (quand il y en a, ce qui est un autre débat).  Cotisez pour votre retraite, bonnes gens, vous ferez la fortune des Caisses de Retraite. Au moins ! Donc, soyons heureux. Au fait, les gangs ne se sont jamais portés aussi bien. Les jeunes peuvent, s'ils préfèrent, s'enrôler pour l'Armée, premier employeur aux USA. On a les emplois que l'on peut ! Vous ne pouvez pas payer les frais d'inscription à l'Université (quelques milliers d'euros ) ? Direction l'Armée. Même chose pour les candidats à l'intégration. C'est le moyen le plus sûr, si vous revenez du champ de bataille, si vous ne devenez pas fou au retour, si vous n'êtes pas handicapé pour toujours. Vous êtes passés au travers des gangs, de l'Armée, des guerres, de l'Hôpital, du cercueil, de l'Asile ? Soyez heureux, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. C'est ce que doivent penser, aussi, tous les Américains qui dorment aujourd'hui à la belle étoile, au mieux dans leur voiture ou sous tente. Le bonheur est dans les prés !  

 

En Inde, les OGM se répandent, progrès oblige. La plus grande démocratie du monde, américaine bien entendu, les impose aux paysans. Ils les goûtent, puisqu'on les y a contraints, et ils se suicident après avoir été ruinés. Tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes possibles ! Anglo-saxon, cela va sans dire.

 

A Gaza, la prison est à ciel ouvert. Oui, à l'air libre, et tout le monde y a droit. De quoi vous plaignez-vous, bonnes gens ? Vous pouvez vous baigner et même pêcher, à condition de ne pas vous éloigner de quelques mètres.  Le bonheur pour tous !  Et vos enfants n'ont pas besoin de billes. Ils jouent à lancer des pierres sur les soldats qui stationnent dans leurs villes, et reçoivent des balles. Et puis, ils n'ont pas besoin de s'amuser à la guerre, elle est partout. La surpopulation ? Pas chez eux, bientôt ! Gaza est le champ d'expérimentation favori des nouvelles armes du peuple élu. Avec à la clef des malformations pour tous les nouveaux nés. L'eau ? Détournée. Et retournée au fournisseur malgré lui polluée, usée. Inutile de construire une maison, une fac, une usine, un aéroport , ils sont aussitôt bombardés. Les enfants jouent dans les ruines, pas besoin de parcs d'attractions. Vous êtes écologiste ou cultivateur ? Regardez les oliveraies ou les champs, ils franchissent la frontière. A moins que les frontières ne franchissent les lois internationales... Vous avez dit flexibilité ? C'est ça, la modernité, sans doute. Votre conjoint fait un voyage à l'étranger ? Adieu le conjoint. La loi du retour est pour le peuple si bien élu. De qui, au fait ? Ah, de Yahvé. Ya bon Yahvé ! Allez, la vie est belle, à Gaza, puisque les Médias ne nous disent pas qu'elle ne l'est pas.

 

En Afrique, les âmes charitables de France, ont partagé leurs réserves de sang contaminé avec les descendants des esclaves.  30 % d'Africains malades du Sida ! Au moins. Ceux qui ne le sont pas sont priés d'accueillir les décharges nucléaires, ou les VIP d'Areva, ou les spécialistes du pillage des ressources. Et de bien les accueillir, s'il vous plaît !  S'ils s'avisent de choisir un Lunumba, pas de quartier ! Et s'ils ne sont pas contents de leur sort, s'ils rêvent de goûter aux bienfaits de l'Occident, voici les requins, le désert ou les camps de transit ou d'internement. Tout est décidément pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !

 

Les guerres ne sont plus locales, défensives, exceptionnelles, elles deviennent planétaires, préventives, permanentes, nucléaires même, en tous cas avec les armes de destruction massive les plus modernes. On peut même se mettre devant un écran et viser, de chez soi, confortablement installé, les petites créatures humaines. Et nouveauté suprême, les guerres sont silencieuses; pas de publicité, surtout ! Le coup de l'Irak, très médiatisé, très spectaculaire, c'est fini. Le progrès, là encore ! L'American way of life happy.

 

L'Irak ? Oui, un million et demi de morts, sans compter toutes les victimes de l'embargo. Et les blessés, les handicapés, les réfugiés (quatre millions, dit-on)... Le bonheur complet, apporté par les missionnaires anglo-saxons, grands amateurs de liberté, disent-ils, et pourvoyeurs de démocratie devant l'Eternel, chargés par ce Dernier, cela va sans dire, mais en le disant cela va mieux, de répandre le Bien sur la planète, en implantant partout des bases militaires pour permettre aux autochtones de goûter leurs bienfaits, et en bombardant les récalcitrants à leurs Révolutions permettant à chacun d'en voir de toutes les couleurs...

 

Après la Yougoslavie, en Europe même - mais en Europe slave ! - , voici les bombardements en Irak ou en Afghanistan, au Yemen, au Pakistan, au Soudan, etc etc, ils sont partout, ces bons soldats Américains ! Même à Haïti, où ils font de l'aide humanitaire à la pointe des fusils. Pour les remercier, on les reçoit en déroulant des tapis bien rouges. Oui, très rouges... Le rouge est la couleur du bonheur ! Couleur sang, pas couleur pouvoir populaire.  Chavez porte une chemise rouge... pour combien de temps encore ? Au Honduras, le rouge est celui du sang des martyrs. Ils ont osé soutenir leur Président ! Les Américains ont imposé leur vision du bonheur. Allons, tout va pour le mieux dans le monde du Nouvel Ordre, imaginé par les Anglo-Saxons !

 

Encore une marque de leur sollicitude ? Des murs partout. Entre les hommes, entre les groupes religieux, entre les ethnies, entre les riches et les pauvres, entre les militaires et les civils, entre les autochtones et les étrangers... Choisissez votre mur, Msieur-Dame ! Pas de bonheur sans mur. On a célébré la chute du Mur de Berlin ? Celui de l'argent l'a remplacé. Et celui-là est coriace !

 

Allons, bonnes gens, réjouissez-vous ! Les Décideurs, les vrais, pas ceux qu'on met en avant, les vrais, donc, s'amusent à programmer des conflits militaires, des pandémies, des crises, des guerres économiques... Ils ne savent plus quoi inventer pour faire notre bonheur: Les pesticides,  Haarp, le Codex Alimentarius, les boucliers fiscaux ou anti-missiles, etc, etc !  Et le bonheur passe évidemment par la compétition. Citoyens, battons-nous les uns contre les autres ! C'est l'ultime forme de la félicité moderne. Aimons notre prochain à condition qu'il soit terrassé, par terre, et aimons surtout l'argent. L'Argent ! L'Argent-Dieu. Dieu-Mâmon, bien sûr ! C'est la foi d'aujourd'hui. Elle nous promet le bonheur sur terre, et une éternité de délices avec le Bon Dieu... ou le diable. On n'arrête pas le progrès ! 

Réjouissez-vous, bonnes gens. Tout est pour le mieux dans le meilleur des nouveaux mondes. Et décidément, plus que jamais, tout va très bien, Mme la Marquise ! 

 eva R-sistons

Eva R-sistons à la barbarie de cette civilisation 


5-3 Discours de Joseph Biden au Parlement européen.

Ndlr : La publication de l'article doit être vu comme information.

Monsieur le Président, je vous remercie pour cet accueil. Nous avons été enchantés de vous recevoir à Washington et à la Maison-Blanche. Et c’est pour moi un grand honneur et, j’oserais ajouter, un privilège, que de pouvoir m’adresser à une assemblée aussi distinguée. J’ai été membre d’un parlement qui ne comptait au total que 535 membres. Ceci est un honneur encore plus grand.

Je me souviens du discours que le président Reagan a prononcé ici en 1985 et, pour citer un poète irlandais, William Butler Yeats, il disait, au sujet de son Irlande, dans un poème intitulé « Dimanche de Pâques 1916 », « Tout a changé, radicalement changé. Une beauté terrible est née. » Beaucoup a changé depuis 1985, beaucoup a changé et une terrible beauté a vu le jour.

Vous savez combien je suis heureux de me retrouver ici à Bruxelles pour la deuxième fois en ma qualité de vice-président. Vous n’ignorez sans doute pas que certains politiciens et journalistes américains décrivent Washington comme « la capitale du monde libre ». Pourtant, il me semble que cette grande ville-ci, qui a mille ans d’histoire et est la capitale de la Belgique, le domicile de l’Union européenne et le siège de l’OTAN, peut légitimement prétendre à ce titre.

Comme j’ai été législateur pendant plus de 36 ans dans mon parlement, je me sens particulièrement honoré de m’adresser à celui de l’Europe. Le président Obama et moi, nous avons été le premier tandem en 50 ans aux États-Unis à accéder à la Maison-Blanche à partir de notre corps législatif. C’est pourquoi nous arrivons tous deux à nos postes exécutifs pénétrés d’une vive appréciation du travail que vous accomplissez ici, dans le bastion de la démocratie européenne.

Ensemble, en comptant mes anciens collègues du Congrès des États-Unis, vous et moi représentons plus de 800 millions de personnes. Il vaut la peine de s’arrêter un moment pour y penser : deux corps élus qui créent les lois pour près d’un huitième de la population de la planète. C’est réellement remarquable.

À présent, en vertu du traité de Lisbonne, vous avez acquis de nouveaux pouvoirs et la responsabilité plus large qui accompagne cette influence accrue. Et nous nous en félicitons. Nous nous en réjouissons parce que nous, les États-Unis, avons besoin d’alliés et d’alliances solides, pour nous aider à affronter les problèmes du XXIe siècle, dont nombre sont pareils à ceux du siècle dernier, mais dont tant d’autres sont différents.

Je voudrais l’affirmer aussi clairement que possible : le gouvernement Obama-Biden ne nourrit aucun doute quant au besoin d’une Union européenne forte et active. Nous sommes favorables à cette Union qui est essentielle à la prospérité américaine et à la sécurité à long terme. N’ayez pas le moindre doute à ce sujet

Lorsque j’ai présidé la Commission sénatoriale des affaires étrangères pendant toutes ces années, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de législateurs européens membres de leurs assemblées nationales et dont certains sont parmi nous aujourd’hui. C’est dire que j’apprécie, après toutes ces années, je reconnais l’importante étape que cela a représenté de créer le seul et unique parlement multinational au monde élu au suffrage universel. Tant de choses ont changé.

Et je suis heureux que grâce au Dialogue législatif transatlantique, vous ayez construit une solide relation avec le Congrès des États-Unis. J’espère que le bureau que vous avez ouvert à Washington le mois dernier va la renforcer encore davantage.

Mes amis, il y a 65 ans cette semaine, à moins de 200 kilomètres au sud d’ici, les dirigeants nazis signèrent leur capitulation sans condition qui mit fin à la Deuxième Guerre mondiale en Europe.

Le lendemain, des célébrations firent éruption à Times Square et à Piccadilly Circus. Des foules en liesse dansèrent sur les Champs-Élysées et sur les places de villes du monde allié. Ici, à Bruxelles, lors d’un service d’action de grâce, les fidèles chantèrent à l’église les hymnes nationaux de la Grande-Bretagne, de la Belgique et des États-Unis.

Or, en ce jour de joie du 8 mai 1945, ce continent gisait en ruines, par deux fois ravagé par des guerres totales en l’espace de moins de 30 ans. À ce moment-là, l’idée d’une Europe paisible et unie, l’idée d’un Parlement européen eût paru utopique à toute personne vivante.

Et pourtant, par la volonté de vos concitoyens et d’hommes d’État tels que Paul-Henri Spaak, à la mémoire de qui ce grand édifice est dédié, Robert Schuman, Jean Monnet et ses idées visionnaires qui donnèrent naissance à un Parlement et qui lui valurent la Médaille présidentielle de la liberté du président Lyndon Johnson, nous voici aujourd’hui rassemblés en cette chambre. Vous voici rassemblés.

Ce qui avait commencé par un simple contrat entre une demi-douzaine d’États pour créer un marché commun du charbon et de l’acier a grandi pour devenir une grande puissance économique et politique, une communauté vouée à la liberté de pensée, de déplacement et d’entreprise, une Europe qu’un historien a décrite comme moins un lieu géographique qu’une idée.

Je suis ici pour réaffirmer que le président Obama et moi croyons en cette idée, en ce monde et en cette Europe meilleurs qu’elle a déjà contribué à engendrer ; une Europe où tous les États membres bénéficient en négociant des accords commerciaux et en luttant contre la dégradation de l’environnement d’une seule voix unifiée ; une Europe qui renforce les valeurs culturelles et politiques que mon pays partage avec chacun d’entre vous ; une Europe qui est une, libre et en paix. (Applaudissements)

Ainsi que l’a affirmé le président Obama il y a un peu plus d’un an, à Prague, une Europe forte constitue un partenaire fort pour les États-Unis, et nous avons besoin de partenaires forts. C’est pourquoi nous ferons tout notre possible pour seconder cette grande entreprise qui est la vôtre. Car les 65 dernières années ont montré que lorsque les Américains et les Européens consacrent leur énergie à une cause commune, il n’y a pratiquement rien qu’ils ne puissent accomplir.

Ensemble, grâce au Plan Marshall, nous avons reconstruit l’Europe et réalisé peut-être le plus grand investissement de l’histoire de l’humanité. Ensemble, nous avons construit l’alliance sécuritaire la plus durable du monde, l’OTAN, et une force militaire et politique qui a lié l’Amérique et l’Europe et les a rapprochées toujours davantage au cours des décennies.

Ensemble, nous avons établi les relations commerciales les plus importantes de l’histoire du monde, représentant environ 40 % du commerce mondial et contribuant à l’avènement d’une ère sans précédent de prospérité et d’innovation technique. Et ensemble, nous avons apporté des secours humanitaires et de l’espoir à des populations sinistrées dans plus d’endroits que je ne saurais mentionner, des Balkans occidentaux au Congo et à notre travail actuel en Haïti.

Aux sceptiques qui, en dépit de toutes ces réalisations, continuent de s’interroger sur l’état des relations transatlantiques ou sur l’attitude de mon pays envers une Europe unie, ma réponse est la suivante : même si les États-Unis et les pays que vous tous représentez n’étaient pas unis par des valeurs et par l’héritage commun de millions de nos citoyens, dont moi-même, nos intérêts mondiaux suffiraient à eux seuls à nous lier ensemble inexorablement.

Les relations entre mon pays et l’Europe sont aussi fortes et aussi importantes qu’elles ne l’ont jamais été. Ce siècle nouveau a vu surgir de nouveaux défis non moins dangereux que ceux qui les ont précédés au XXe siècle. Ensemble, nous les affrontons, l’un après l’autre. Ils sont ardus. Il y aura des désaccords. Mais nous nous y attaquons ensemble.

Le changement climatique est l’une des menaces les plus graves auxquelles notre planète est confrontée ; les États-Unis et l’Europe œuvrent pour s’assurer que tous les pays, notamment les principales économies, contribuent à une solution mondiale. Nous en avons tous cherché et avons fait un pas majeur en avant à Copenhague. Nous devons maintenant mettre en vigueur les décisions sur les émissions, le financement et la transparence énoncées dans cet accord. Et nous devons aider les pays les plus vulnérables, du nord de l’Arctique aux îles du Pacifique, où se manifestent les signes avant-coureurs de cette crise imminente.

À travers le paysage troublé de l’Afghanistan et du Pakistan, nous cherchons, ensemble, à déstabiliser, démanteler et vaincre Al-Qaïda et les combattants talibans et à entraîner une armée et une force de police afghanes, afin que leur gouvernement puisse un jour protéger son peuple et ne pas constituer une menace pour les pays limitrophes.

Pour renforcer les capacités du gouvernement afghan, les États-Unis, l’Union européenne et ses pays membres ont déployé des ressources financières de même que des ressources civiles.

Certes, la poursuite de ces importantes missions n’a pas toujours été populaire, mais vous savez tous, comme moi, que la situation les exige. En tant que dirigeants, nous avons l’obligation d’expliquer à nos citoyens qu’elles sont nécessaires à notre sécurité mutuelle. Croyez-moi, en tant qu’homme politique qui occupe des postes électifs depuis 38 ans, je comprends que ce ne soit pas facile. Je peux vous assurer que ces missions ne sont pas plus populaires dans mon pays qu’elles ne le sont dans l’un quelconque des vôtres.

C’est pourquoi les États-Unis et l’Europe collaborent étroitement pour empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires, une éventualité qui mettrait en danger les citoyens et menacerait les pays voisins, dont certains sont nos plus proches alliés.

Ensemble, nous nous sommes embarqués dans la voie sans précédent de la main tendue vers les dirigeants iraniens. (Applaudissements) Et Mesdames et Messieurs, malgré ce que certains sceptiques ont cru, le président était sincère quand il a dit que nous allions tendre la main à toute partie qui serait disposée à desserrer le poing. Et dès l’investiture de ce gouvernement, le président Obama a déclaré que nous étions prêts à fonder notre comportement avec l’Iran sur l’intérêt mutuel et sur le respect mutuel.

De concert avec nos alliés, nous avons clairement indiqué aux dirigeants iraniens qu’ils pourraient commencer à rebâtir la confiance entre eux et la communauté internationale, notamment en accordant l’accès à leurs installations d’enrichissement de l’uranium qu’ils n’avaient pas déclarées dans le passé et en échangeant leur matière fissile pour de l’uranium faiblement enrichi qu’ils pourraient utiliser dans un réacteur de recherche.

Mais comme le monde en a été témoin jusqu’à présent, les dirigeants iraniens ont rejeté nos efforts de bonne foi collectifs et continuent de prendre des actions qui menacent la stabilité régionale.

Permettez-moi de parler sans ambages : le programme nucléaire iranien constitue une infraction à ses obligations énoncées dans le Traité de non-prolifération nucléaire et risque de déclencher une course atomique au Proche-Orient. Ne serait-il pas ironique, maintenant que le Rideau de fer est tombé et que les menaces mutuelles de destruction nucléaire ont diminué entre les superpuissances, qu’une nouvelle course aux armements se déclenche dans certaines des régions les plus instables du monde ? Cela serait une ironie, à mon avis, que nos enfants, nos petits-enfants et nos arrière-petits-enfants ne nous pardonneraient pas d’avoir permis qu’elle se produise.

En outre, les responsables iraniens appuient des organisations terroristes et ce soutien se poursuit sans relâche. Et ils continuent de persécuter sans scrupules ceux de leurs citoyens qui descendent dans la rue pour demander justice, trahissant le devoir de tout gouvernement à l’égard de ses citoyens.

Téhéran doit faire un choix radical : obéir aux règles internationales et se joindre de nouveau à la communauté des pays responsables, ce que nous espérons, ou subir de nouvelles conséquences et un isolement accru.

Confrontés à la menace que pose l’Iran, nous sommes résolus à assurer la sécurité de nos alliés. C’est pourquoi nous avons déployé un programme échelonné et adaptatif de défense antimissile pour dissuader des attaques de missiles contre ce continent et pour défendre ce continent. (Applaudissements)

Et, Mesdames et Messieurs, nous œuvrons de concert aussi dans le cadre de l’OTAN pour nous préparer à toute une gamme de menaces futures à la sécurité, dont la sécurité énergétique et la cybersécurité. Et nous continuons à appuyer la collaboration étroite au niveau de la sécurité entre l’OTAN et les États-Unis.

L’an dernier, les États-Unis et l’Europe ont agi rapidement et de manière décisive quand le monde était en proie à la crise financière la plus grave qu’il ait connue depuis la grande dépression. Ce faisant, nous avons réussi tous ensemble à prévenir les prédictions de certains, à savoir l’effondrement total de l’économie mondiale.

Et aujourd’hui, le président Obama et moi-même suivons de près la crise économique et financière en Grèce et les efforts de l’Union européenne pour la régler. Nous nous félicitons des mesures de soutien que l’Europe envisage en coordination avec le Fonds monétaire international. Et nous appuierons vos efforts, directement et par le biais du FMI, alors que vous irez au secours de la Grèce.

Ces exemples et de nombreux autres que j’aurais pu mentionner montrent pourquoi l’Europe continue d’être non seulement le plus grand partenaire commercial des États-Unis mais aussi notre allié le plus important.

Mesdames et Messieurs, nos prédécesseurs se sont réunis il y a plus de six décennies, cette semaine, pour commencer à bâtir des institutions visant à assurer que les chapitres les plus sombres du XXe siècle ne se répètent plus durant ce siècle-là ou au XXIe siècle. Ces institutions, cette institution, ont été un grand succès. Mais nous devons maintenant porter notre attention sur les défis de ce nouveau siècle que j’ai mentionnés au début. « Le monde a changé, radicalement changé. Une beauté terrible est née. »

La menace la plus dangereuse à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui est celle que constituent pour nos concitoyens les acteurs non étatiques et les extrémistes violents, surtout, à Dieu ne plaise, s’ils venaient à mettre la main sur des

armes de destruction massive.

Ce cancer ne respecte aucune frontière, absolument aucune. Aucun pays, aussi fort ou aussi riche, aussi organisé ou aussi capable soit-il ne peut faire face à cette menace seul. Elle ne peut être contenue que si nous faisons cause commune. Et c’est exactement ce que nous devons faire.

Les nouveaux pouvoirs que vous a conférés le traité de Lisbonne vous donnent un plus grand rôle dans ce combat et vous imposent un plus grand impératif de gouvernance responsable.

Le gouvernement américain et le Parlement s’efforcent, non sans mal, de trouver la meilleure manière de protéger le public sans abandonner les droits fondamentaux sur lesquels sont bâties nos sociétés. Je suis certain que nous devons et pouvons à la fois protéger nos concitoyens et préserver nos libertés.

Depuis notre prise de fonctions l’an dernier, le président Obama et moi avons été guidés par notre Constitution et son impératif, de « former une union plus parfaite ».

À cette fin, un de nos premiers actes officiels a été de mettre fin aux pratiques d’interrogation qui donnaient peu de résultats et qu’en toute conscience nous ne pouvions pas continuer (applaudissements).

Nous avons ordonné la fermeture du centre de détention de Guantanamo qui était devenu un symbole d’injustice et un cri de ralliement pour les terroristes. Et nous apprécions - (applaudissements) - nous apprécions le soutien, aussi difficile qu’il soit - que beaucoup d’entre vous nous avez accordé dans ce domaine.

Nous avons fait cela parce que, comme vous, le président Obama et moi rejetons le faux choix entre la sécurité et nos idéaux. Nous sommes persuadés que la poursuite de nos idéaux nous rend plus forts et que leur abandon compromet nos efforts de lutte contre les extrémistes violents. Car quel est leur objectif ? Leur objectif est de changer ce à quoi nous tenons, de changer la manière dont nous nous comportons.

Huit jours après les attaques du 11 septembre 2001, j’ai déclaré à un groupe de plusieurs milliers d’étudiants de mon pays qu’ils ne pouvaient pas permettre que cette tragédie change notre manière de vivre parce que c’était exactement ce que les terroristes voulaient. Je leur ai aussi dit que dans ce nouveau combat, les États-Unis ne pouvaient pas faire cavalier seul. Ces déclarations concordaient avec le climat de l’époque mais je pense qu’elles se sont avérées justes, et qu’elles ne sont pas moins valables aujourd’hui qu’hier.

Je n’ai pas besoin de vous rappeler la grande tradition européenne de protection de ses citoyens contre l’invasion de leur vie privée par les gouvernements ; elle est fondée sur le respect de la dignité inhérente de tous. Nous appelons cela des droits inaliénables. Nous les avons inscrits dans notre Constitution.

La détermination des États-Unis de protéger la vie privée est profonde, aussi profonde que la vôtre. Le quatrième amendement de la Constitution protège les droits des individus contre les saisies et les perquisitions non motivées par l’État, ce que l’un de nos juristes les plus connus a nommé « le droit d’être laissé en paix ». La Cour suprême des États-Unis clairement indiqué que le droit à la vie privée est un droit fondamental, protégé par la Constitution. Et comme l’Union européenne, elle a caractérisé ce droit comme une question de « dignité » personnelle.

Pour ce qui me concerne, chaque année, pendant 36 ans de ma carrière, j’ai défendu le droit à la vie privée au Sénat américain dans le cadre d’organisations des plus déterminées à préserver les libertés civiles. Et chaque année, moi personnellement et, plus tard, le président Obama avons été choisis comme une des quatre personnalités politiques les plus engagées. Si je vous dis cela ce n’est pas par vanité mais pour souligner l’engagement de notre gouvernement en faveur de la préservation des droits individuels. Changer aujourd’hui reviendrait à renoncer à tout ce que j’ai dit et fait pour mon pays au cours des 37 dernières années.

Lorsque j’ai présidé la Commission judiciaire du Sénat qui est chargée de confirmer les candidats désignés par le président pour servir comme juges, j’ai été régulièrement cité au nombre des avocats les plus ardents des libertés civiles. Et je me suis toujours attaché à déterminer quelle était la position des juges potentiels sur le respect de la vie privé avant de décider ou non de leur nomination.

Mais le président Obama et moi sommes aussi persuadés que le devoir le plus fondamental, le plus prioritaire et le plus solennel d’un gouvernement est de protéger ses citoyens, les citoyens qu’il sert ainsi que les droits qu’ils détiennent.

Le président Obama a déclaré que la sécurité du pays est la première chose à laquelle il pense en se réveillant et la dernière dont il se préoccupe avant d’aller se coucher le soir. Je pense que c’est ainsi que tous les dirigeants envisagent leur rôle.

Mais tout autant que le droit à la vie privée, le droit à la sécurité physique est un droit inaliénable. Et tout gouvernement qui abdique son devoir de garantir la sécurité de ses citoyens viole leurs droits tout autant qu’un gouvernement qui fait taire les dissidents et emprisonne les accusés sans procès.

Alors, Mesdames et Messieurs, alors même que nous siégeons ici aujourd’hui, nos ennemis emploient tous les moyens dont ils disposent pour lancer de nouvelles attaques dévastatrices, comme celles qu’ils ont lancées contre New York, Londres, Madrid et de nombreux autres endroits du monde.

Pour les arrêter, nous devons mobiliser tous les moyens légitimes à notre disposition - forces du maintien de l’ordre, forces militaires, agents du renseignement, moyens technologiques - compatibles avec nos principes, nos lois et nos valeurs. Nous nous battons sur de nombreux fronts, des champs de bataille à l’étranger où servent les hommes et les femmes de nos forces armées aux

laboratoires et bureaux où des professionnels du maintien de l’ordre patients et infatigables mènent des enquêtes sur des réseaux financiers suspects et complexes.

Cette semaine encore, nos agents des douanes et de la protection frontalière - utilisant des informations sur les passagers - ont appréhendé un suspect de la tentative d’attentat à la bombe de Times Square à New York alors qu’il essayait de fuir le pays.

Il est indispensable que nous préservions tous les moyens légaux dont nous disposons pour arrêter de telles attaques.

C’est pour cette raison que nous pensons que le Programme de surveillance du financement du terrorisme est indispensable à notre sécurité ainsi qu’à la vôtre - aussi suffisant que cela puisse paraître venant de moi. Il a permis de recueillir des pistes dans des enquêtes antiterroristes des deux côtés de l’Atlantique - de déjouer des complots et de sauver des vies. Il incorpore des mécanismes de redondance qui garantissent que les informations personnelles sont protégées et ne sont utilisées qu’à des fins de contreterrorisme.

Mais je ne peux vous en vouloir si vous vous en méfiez. Nous comprenons vos inquiétudes. De ce fait, nous œuvrons ensemble à les éliminer et je suis absolument certain que nous réussirons à la fois à utiliser cet outil et à préserver le droit à la vie privée. Il est important que nous le fassions mais il est important que nous le fassions aussi vite que possible.

En tant qu’ancien sénateur, je sais qu’il est difficile de faire des choix difficiles dictés par des problèmes mondiaux tout en respectant les valeurs nationales. Et je soupçonne que vous tous ici présents savez ce dont je parle, à chaque fois que vous devez voter dans le cadre de ce Parlement.

Plus longtemps nous ne nous serons pas mis d’accord sur le programme de surveillance du financement du terrorisme et plus nous risquerons d’être victimes d’une attaque que nous aurions pu empêcher. En tant que dirigeants, nous avons tous la même responsabilité, de faire tout ce que nous pouvons dans les limites de la légalité pour protéger les 800 millions de personnes que nous servons collectivement.

Nous avons déjà été en désaccord et nous le serons encore mais je suis certain que les États-Unis et l’Europe peuvent relever les défis du XXIe siècle comme nous avons relevé ceux du XXe siècle si nous entretenons le dialogue, si nous nous écoutons les uns les autres, et si nous sommes honnêtes les uns avec les autres. (Applaudissements).

Mesdames et Messieurs, Winston Churchill nous a enseigné que « le courage consiste à savoir quand se lever pour prendre la parole mais il consiste aussi à savoir quand s’asseoir et écouter » et, si je n’ai fait que parler cet après-midi, sachez que moi personnellement, mais aussi mon gouvernement et mon président sommes à l’écoute, à l’écoute de nos alliés.

Mesdames et Messieurs, ce n’est pas un hasard si l’Europe a été le but de mon premier déplacement à l’étranger en tant que vice-président, comme elle a été la première destination du président. Ce n’est pas par hasard que nous sommes revenus plusieurs fois depuis. Les États-Unis ont besoin de l’Europe et, avec tout le respect que je vous dois, je vous dis : l’Europe a besoin des États-Unis, nous avons besoin l’un de l’autre plus que jamais (applaudissements).

Alors, je vois dans l’anniversaire de cette semaine une occasion de réaffirmer les liens que nos concitoyens ont forgés il y a longtemps dans les flammes de l’adversité. Maintenant comme alors, à la poursuite de nos idéaux et à la recherche de partenaires, les Européens et les Américains se tournent les uns vers les autres avant de se tourner vers d’autres.

Maintenant comme alors, nous sommes fiers et reconnaissants d’être à vos côtés dans les luttes à venir. Et je déclare encore catégoriquement que le président Obama et Joe Biden soutiennent absolument une Europe unie, libre et ouverte. Nous sommes partisans de tout ce que vous représentez. Nous vous souhaitons bonne route et que Dieu vous bénisse et que Dieu protège nos troupes partout dans le monde. Je vous remercie (applaudissements).

Joseph R. Biden Jr.

6 mai 2010

Joseph R. Biden Jr. : Sénateur démocrate du Delaware (1973-2009). Vice-président des Etats-Unis (depuis 2009)



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

" Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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