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24/06/2010

n°12 - 11-09 : dossiers Géopolitique -22-06 - : A1 - : 11-Septembre : l’Administration Bush a entravé l’enquête.

n°12 - 11-09 : dossiers Géopolitique  -22-06 - : A1 - : 11-Septembre : l’Administration Bush a entravé l’enquête.


11-09 : dossiers Géopolitique

 n°12 du 22-06

C.De Broeder & M.Lemaire



Le "dossier  - Géopolitique du 11-09 " est  visible 

a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 Hicham Hamza : 11-Septembre : l’Administration Bush a entravé l’enquête.

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Le 11 Septembre 2001 : Comment apporter la démocratie dans le monde « légitimement ».

3 En marge...

3-1 Jean-Michel Dolivo : « Sécurité intérieure » contre libertés fondamentales.

4 Les grandes manœuvres.

4-1 Pascal Sacre : De Monica Lewinsky aux attentats du 11 septembre 2001.

 



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information. 

 1-1 Hicham Hamza : 11-Septembre : l’Administration Bush a entravé l’enquête.

Un document confidentiel révèle que des membres de l’Administration Bush ont exercé une pression singulière auprès de la Commission d’enquête sur les attentats du 11 Septembre 2001 afin qu’elle ne sollicite pas certaines informations jugées trop sensibles.

 « Il y a une ligne à ne pas franchir » : tels ont été les mots employés par la Maison Blanche à l’attention de la Commission d’enquête sur les attaques terroristes.

Dans ce document confidentiel (page 26) datant de 2004, et dévoilé mardi par l’Union américaine des libertés civiles (ACLU), David Addington, alors conseiller du vice-président Dick Cheney, recommande expressément aux membres de la Commission de ne pas solliciter auprès du gouvernement certaines informations qui pourraient mettre en péril la protection du pays.

Cette lettre, contre-signée par Donald Rumsfeld (Defense), John Ashcroft (Justice) et George Tenet (CIA), évoque la nécessité de sauvegarder la « sécurité nationale, y compris la protection des Américains contre de futures attaques terroristes » et requiert en conséquence de la part des enquêteurs « de ne pas poursuivre plus en avant la demande de participation à l’interrogatoire des détenus ».

La note, faxée et datée du 16 janvier 2004, fait allusion à la requête des membres de la Commission de pouvoir interroger eux-mêmes les militants d’Al Qaida en détention. Les témoignages recueillis avaient été jusqu’alors collectés par l’armée américaine et la CIA avant d’être retransmis à la Commission pour la rédaction de son rapport final. Autre circonstance aggravante pour assurer la fiabilité des aveux rapportés, la plupart des détenus avaient été secrètement torturés lors de leur interrogatoire. Le scandale de la prison irakienne d’Abou Ghraib, mettant au grand jour la pratique de torture par les Américains, n’éclatera que quelques mois plus tard, au printemps 2004.

La recommandation formulée par le conseiller du vice-président vient corroborer la volonté attestée par le gouvernement Bush de ne pas autoriser l’accès direct aux organisateurs présumés des attaques terroristes, y compris par ceux chargés précisément d‘en éclaircir le déroulement.

Ce document de la Maison Blanche, obtenu et dévoilé par une importante organisation des droits civiques aux Etats-Unis, est une nouvelle indication de l’obstruction menée par l‘Administration Bush afin de ne pas permettre à la Commission d’approfondir son travail d’investigation. Après s’être initialement opposés à la création de la Commission d’enquête, George Bush et Dick Cheney s’étaient notamment illustrés en refusant, lors de leurs propres dépositions, d’être interrogés séparément et sous serment.

 

En 2009, l’avocat-conseil de la Commission, John Farmer, révéla que le gouvernement avait décidé de pas dire la vérité au sujet des attentats, faisant écho en cela aux critiques émises par les membres eux-mêmes de la Commission tel le sénateur Max Cleland. Celui-ci protesta en démissionnant du panel de l‘enquête, évoquant un «  scandale national » et un « camouflage  » opéré par la Maison Blanche.

D’autres membres ont également condamné les mensonges délibérés du Pentagone dans le récit de sa réaction aux attentats, au point que certains d‘entre eux, tel Tim Roemer, avaient envisagé de demander au Département de la Justice d’ouvrir une enquête criminelle pour faux témoignages.

Dans une interview accordée à la Télé libre et bientôt diffusée dans le cadre d’une enquête sur les délits d’initiés autour des attentats, Eric Laurent, journaliste d’investigation et spécialiste du 11-Septembre, qualifie le rapport officiel de « mensonger » et suggère que toute nouvelle enquête approfondie sur les attentats serait dorénavant « impossible car elle mettrait en danger la politique étrangère des Etats-Unis ».

Hicham Hamza  

18 mars 2010

http://oumma.com/11-Septembre-l-Administration-Bush



2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Le 11 Septembre 2001 : Comment apporter la démocratie dans le monde « légitimement ».

Nb : Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyses des auteurs mais doit être vu comme information

Cela fait un moment que je me renseigne sur ce qu’il se passe en France et aux USA. J’essaye de comprendre la logique des doctrines de la franc-maçonnerie, c’est à dire le culte à Lucifer, qui représente la connaissance, le serpent. Que j’essaye aussi de comprendre les enseignements rose-croix. Et je réalise en fait que beaucoup de gens se plantent complètement sur l’interprétation de ce qu’est Lucifer, Satan, Christ, Maitreya ou le Paraclet. Donc je ne vais pas faire un cour car ce n’est pas l’endroit où il faut en parler. Je me détache des théories du complot car elles sont le résultat de la paranoïa et de l’ignorance des gens. Par contre il y a des gens qui manipulent l’opinion public pour justifier leurs actions à l’échelle internationale, ce n’est pas un complot car c’est vérifiable à 100%.

Au tout début, en Décembre 2006, j’ai découvert les illuminati. Un ami canadien que j’ai rencontré par hasard sur Yahoo! Chat m’a parlé des illuminati et leur désir de contrôler le monde. Je me suis renseigné par moi même, à la base j’étais webmaster je faisais des sites internet et du référencement et j’étais pas du tout incliné à tout ça. Et je savais inconsciemment au fond de moi que nous vivions dans un monde de corruption, de mensonge, de manipulation, et etc… Et quand j’ai entendu toutes ces choses sur les illuminati, la maçonnerie, qu’ils vénèrent Lucifer sans même que je sache ce que c’était, tout ça a développé un sens profond de haine en moi, et de paranoïa, car j’ai toujours soupçonné tout ça. Pendant 6 mois, de Décembre à Mai, je n’ai fait qu’apprendre et visionner tout ce qui était possible et inimaginable sur le Nouvel ordre mondial, les Ovnis, la Franc-maçonnerie, les sionistes (comptez pas sur moi pour en parler sur ce site, j’ai pas que ça à faire, tout le monde est déjà Bien au courant de ce qu’ils font) et le 11 septembre.

Le 11 Septembre est le meilleur tour de magie que j’ai jamais vu à la télé

J’ai réalisé comme beaucoup de gens que le 11 septembre n’était pas un attentat islamique contre l’impérialisme américain, mais un attentat organisé par les services secrets israéliens, européens et américains contre le Monde. WORLD Trade Center (World veut dire Monde en anglais). Et l’attentat du 11 septembre a été organisé longtemps à l’avance, certains documents de British Israel World Federation prouvent définitivement que quelque chose était prévu pour le monde le 17 septembre 2001, et cela déjà dans les années 40 (mais c’est pas tout).

Puis le plus on fait de recherche, le plus on découvre des faits frappants, que George Bush le père et la famille Ben Laden étaient tous d’eux partenaires dans Carlyle Group, une société d’investissement mondiale qui possède un un capital énorme.

Source: Réseau Voltaire

Premier gestionnaire mondial de portefeuilles, le Carlyle Group rassemble le gratin de la politique mondiale. Piloté par l’ancien secrétaire à la Défense Frank Carlucci, il comprend aussi bien George Bush père que les Ben Laden, George Soros, Mikhail Khodorkovsky ou John Major. Il s’est spécialisé dans la prise de contrôle de sociétés d’armement et de médias. Profitant de la présidence d’un de ses anciens cadres, Bush fils, il influe selon ses intérêts sur la politique étrangère des États-Unis. Usant et abusant de ses relations, le groupe réalise 30% de retour sur investissement au risque de se voir régulièrement mis en cause dans des affaires d’initiés et de corruption.

George Bush le père a déclaré le nouvel ordre mondial le 11 Septembre 1990, puis 11 ans plus tard jour pour jour on a le 11 Septembre 2001. Il y a trop de coïncidences. On sait que c’est la CIA qui a formé Al Qaeda, et que Ben Laden est responsable de l’attentat contre l’ambassade américaine en Arabie Saoudite en 1998, mais n’est pas responsable de l’attentat du 11 Septembre, tout ça est vérifiable sur le site du FBI. Ben Laden n’est pas le responsable du 11 Septembre 2001. C’est sur le site du FBI! Ils ne disent pas que Ben Laden est le responsable du 11 Septembre à n’importe quel endroit! Ils sont bien plus honnêtes que leur propre gouvernement dans le fond même s’ils sont complices.

Et on sait ce que veut faire la force américaine depuis la fin de la guerre froide, et c’est apporter la démocratie dans le monde (bien sur c’est une fausse excuse). Mais d’après le paragraphe 3 de la Charte de l’Atlantique,

« Ils respectent le droit des peuples à choisir la forme du gouvernement sous laquelle ils souhaitent vivre; et ils souhaitent voir le droit de souveraineté et l’autodétermination restauré à ceux qui en ont été privés par la force; »

Et les USA font totalement l’inverse de ce que l’ONU demande. Le gouvernement américain, cherchait dans les années 90 une raison valable « d’apporter la démocratie dans le monde« , surtout au moyen orient et en Amérique du sud.

Et il y a déjà eu un attentat au world trade center en 1993, Le 26 février 1993 un camion chargé de 680 kg d’explosif au nitrate se désintégra dans un parking souterrain de la tour Nord (wiki), faisant 6 morts et 1 042 blessés. Puis avec un peu de recherche on découvre que le FBI est le véhicule de cet attentat. Mais il n’y a pas eu assez de victimes pour justifier une quelconque guerre contre le terrorisme. C’est limite miraculeux qu’il n’y ait eu que 6 morts. Sur Voltairenet on peut lire,

Le 26 février 1993, à midi, une voiture piégée explose dans le sous-sol du World Trade Center, à New York, tuant six personnes. La bombe fait trembler les immeubles qui ne tombent pas. Un témoin dira : « J’ai cru qu’un avion avait frappé les tours », tandis que le gouverneur Mario Cuomo déclare à la télévision : « Nous avons le sentiment d’avoir été violés ; nul peuple n’a jamais osé nous faire cela, nous pensions être invulnérables. » Des milliers d’employés sont prisonniers des bâtiments envahis par la fumée et dont l’électricité est coupée. En 1995, sheikh Omar Abdel Rahman, qui vivait tranquillement à Brooklynn sous la protection du FBI, sera condamné à perpétuité pour avoir « inspiré » l’attentat. Il avait également suscité l’assassinat du rabbin d’extrême droite Meir Kahane et entretenait des rapports avec Oussama Ben Laden, au vu et au su de la CIA. Le 26 février 1993, la voiture était garée dans la partie réservée au Secret Service du parking souterrain du World Trade Center

Les Nazis ont utilisé la même technique en incendiant le Reichstag, pour ensuite diaboliser le parti communiste en faisant croire au peuple allemand qu’ils étaient les responsables (en utilisant la presse, les médias), c’est comme gagner le coeur du peuple Allemand, c’était le symbole de la nation, tout comme le WTC était le symbole de l’ancien ordre mondial, et des USA. Puis pour empêcher qu’un tel évènement ne se reproduise, les nazis ont donné plein pouvoir à la Gestapo.

Immédiatement après la proclamation des lois d’urgence du 28 février 1933 pour la défense du peuple et de l’état, officiellement justifiés par l’incendie du Reichstag, la police prussienne prend part, aux côtés de la SA et de la SS à la première grande rafle d’opposant organisée à Berlin dans la nuit du 28 février au 1er mars 1933. Dès ce moment, la Gestapo « pouvait agir sans restriction et sans responsabilité, pratiquer l’arrestation secrète et la détention à perpétuité sans accusation, sans preuve, sans audience. Aucune juridiction ne pouvait s’y opposer, ni ordonner la mise en liberté et réclamer un nouvel examen du dossier».

On pourrait comparer la Gestapo aux Etats-Unis, mais la Gestapo appartenait au parti Nazi, alors les Etats-Unis appartiennent à qui?

La Gestapo a eu plein pouvoir grâce à l’incendie du Reichstag, tout comme les USA ont pu déclarer leur guerre contre le terrorisme sans problème après les attentats du 11 septembre. C’est la même technique. Pareil pour les alertes enlèvements à la télé, on vous balance une sirène dans la gueule et on vous dit que le petit Bob s’est fait enlever on sait pas par qui, tout ça pour provoquer des émotions. Parce que le but de ces enlèvements, tout comme pour les problèmes conjugaux, est en fait de disposer un appareil RFID sur les enfants ou les maris violents (et les épouses dans tout ça? épouses violentes). Peut être pas une puce électronique, mais un bracelet électronique, et c’est d’actualité.

Et en gros, ne pensez pas une seconde que les USA ont souffert des attentats du 11 Septembre, les orchestrateurs de ce dernier, qui se trouvent à New York et Washington D.C. ont fait beaucoup de bénéfices, Larry Silverstein est un exemple parmi tant d’autre.

On va apporter la démocratie à votre pays si vous n’aimez pas les USA et Israël

Les pères fondateurs américains, avaient un idéal. Et c’était donner un exemple démocratique mondial multi-culturel. Où toutes sortes de gens pouvaient venir y vivre s’ils voulaient se libérer de la dictature anglo-saxonne ou de leur régime dictatorial. Mais les pères fondateurs seraient affolés de voir ce que sont devenus les USA aujourd’hui.

Le nouvel ordre mondial est en fait apporter la démocratie dans le monde par la force. Et chez nous, en occident, l’un des buts du nouvel ordre mondial est de nous manipuler à croire que ce que fait Israël et les USA, et le Royaume-Uni, la France, et l’OTAN est JUSTE, car ils combattent les terroristes dictateurs en Afghanistan et en Irak. Dans nos médias occidentaux on nous fait croire que nous sommes les plus sophistiqués de la planète et qu’on a atteint l’illumination, qui est de vivre dans une « démocratie » et de vouloir aider les pays du monde à devenir démocratique comme nous. Puis on se rends compte que sans le 11 septembre, ils n’auraient pas pu apporter la démocratie en Irak et en Afghanistan. Par ailleurs la guerre en Afghanistan est une honte, on se bat contre les Talibans, qui eux ont été entrainé par la CIA durant la guerre froide.

N’importe qui, qui a un cerveau, sait que les USA se moquent du régime de tel ou tel pays, ce qu’ils veulent c’est avoir le contrôle total de toutes les ressources de la planète, par la force ou par la pression diplomatique, ou par l’endettement en manipulant les cours de la bourse et la finance.

Puis cette guerre contre le terrorisme n’existerait pas si le gouvernement Américain n’avait pas cette ambition de contrôler les ressources de la planète et certains territoires stratégiques. La France était contre la guerre en Irak en 2003 et j’en suis fier franchement, car cette guerre, qui a provoqué quand même 1 million de morts (c’est pas rien) au total, et le chiffre continu d’augmenter, est le produit des attentats du 11 septembre orchestrés par le Mossad, la CIA, le FBI, et les services secrets européens, et toutes sortes d’agences secrètes dont vous n’avez jamais entendu parler. Il leur fallait une justification pour envahir le moyen orient, et grâce au 11 Septembre, ils ont pu le faire.

Donc le 11 Septembre est un facteur très important de la politique internationale à l’heure actuelle. C’est la clé de voute, la pierre maitresse, du nouvel ordre mondial. Car si vous contredisez la théorie officielle, en fait vous êtes un ennemi de la Démocratie, Israël, vous êtes pour le terrorisme, et vous êtes limite un négationniste nazi qui croit aux petits hommes verts et que les camps de concentration n’ont jamais existé, et que l’homme a jamais marché sur la Lune et etc… On range le 11 septembre avec les camps de concentration… Donc c’est clair, on nous manipule à fond à croire qu’on est victime du terrorisme alors que nous sommes les vrais terroristes. Et tous les médias cherchent à manipuler notre opinion sur la chose, et tout le monde s’en doute, même les plus cons. On peut dire merci au Council on Foreign Relations d’avoir contrôlé l’opinion public et les médias.

Les Américains, et nous aussi par la même occasion, vivent dans une médiacratie. Ceux qui contrôlent la presse, contrôlent l’opinion public, et donc peuvent justifier presque tout et n’importe quoi, la guerre en Irak par exemple.

On ne peut pas faire confiance à l’Union Européenne, à Israël et aux USA

Quand on voit à quel point on manipule les évènements afin de justifier une guerre par ci, une guerre par là, on ne peut pas avoir confiance en notre gouvernement. Et même partout dans le monde on manipule l’opinion public, tout le monde le sait presque, mais les gens ne savent pas jusqu’où ça va. Il serait temps de se réveiller et réaliser à quel point on nous baratine depuis le début à propos du 11 Septembre.

Ce n’est que le début, renseignez vous sur 9/11

Vous trouverez aussi des articles secondaires, avec plus d’informations sur 9/11 en visitant la catégorie 11 Septembre 2001.

http://www.nouvelordremondial.cc/le-11-septembre-2001/



3 En marge...

3-1 Jean-Michel Dolivo : « Sécurité intérieure » contre libertés fondamentales.
Les services de renseignements suisses agissent-ils hors de tout contrôle ?

Depuis les attentats du 11 septembre nos sociétés ont changé de visage. Alors que la Suisse n’a jamais été confrontée à des attentats, son gouvernement a-t-il eu raison de mettre le terrorisme en tête des priorités de la lutte pour la « sûreté intérieure » ?

Les moyens de surveillance accrue, accordés aux services de renseignements après ces attentats, sont-ils compatibles avec les libertés fondamentales ? Vingt ans après le « scandale des fiches » et douze ans après l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité de l’État (sûreté intérieure), où en sommes-nous ?

Maître Jean-Michel Dolivo (*), élu par le parti de la gauche radicale au Grand conseil du Canton de Vaud, répond ici à nos interrogations.

Silvia Cattori : Vous avez maintes fois exprimé votre préoccupation au sujet du contrôle des populations instauré en Suisse depuis 2001. Il y a donc eu un changement radical de mentalité ?

Jean-Michel Dolivo : Evidemment 2001 est un tournant.

Après les attentats de New York et la croisade proclamée contre l’Islam, la Suisse s’est comportée en très bon élève. Dick Marty l’a dénoncé du reste : la Suisse a permis le survol de son territoire aux avions de la CIA alors qu’ils transportaient des prétendus suspects musulmans dans des lieux de non droit, comme Guantanamo.

On est dans une période où la surveillance des citoyens et des citoyennes, de leurs opinions et activités, se renforce. Big Brother is watching you. De nouveaux moyens technologiques très sophistiqués sont mis en place : il est extrêmement facile pour les polices outillées à cet effet de surveiller les gens. On a assisté à une augmentation du contrôle des citoyens considérés comme critiques ou contestataires par rapport à l’ordre établi. Le contexte politique et social s’est modifié : l’ordre néo-libéral ne supporte aucune résistance collective. Les dominants cherchent par conséquent à étouffer dans l’œuf toute contestation et à obtenir le plus de renseignements possible sur tous ceux et toutes celles qui expriment une opinion critique.

De nombreuses mesures prétendument anti terroristes ont été mises en œuvre à différents niveaux. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert des enquêtes sur les milieux musulmans, prétendument extrémistes, ou sur les activités de soutien au PKK kurde en Suisse. Il a profité de ce climat pour mettre sous surveillance de nombreuses personnes.

La Délégation de commission de gestion des Chambres fédérales a été informée, en 2007 déjà, du fichage de six députés bâlois d’origine kurde. Selon les informations reprise par la presse (Le Temps, 27 juin 2008), il semble que plus de 110’000 personnes seraient surveillées [1]. On est certes encore loin du chiffre de 900’000 personnes fichées en Suisse révélé en 1989 ! [2] La période de la guerre froide est révolue et l’on n’est plus dans cet esprit de surveillance massive qui avait du reste montré sa relative inefficacité ! Relevons tout de même que ce fichage avait abouti à ce que de nombreuses personnes subissent des interdictions professionnelles ou soient écartées d’emplois publics. Il n’y a évidemment pas 110’000 personnes qui puissent être soupçonnées, de manière fondée et concrète, de se préparer à l’exécution d’actes relevant du terrorisme !

Silvia Cattori : Les écoutes, l’intrusion dans des ordinateurs, les perquisitions, sont-elles compatibles avec les libertés fondamentales ?

Jean-Michel Dolivo : Les écoutes téléphoniques et les contrôles sont, aujourd’hui comme hier, mis en œuvre en dehors de toute décision judiciaire ; on se trouve dans une situation totalement arbitraire.

Silvia Cattori : Ce chiffre de 110’000, s’il se confirme, vous paraît-il normal ? Est-ce à dire que, parmi les gens listés aujourd’hui sur la banque des données, il se pourrait que, comme avant 1989, des gens, qui ne devraient pas l’être, ont été mis sous surveillance pour leur opinion politique ? C’est-à-dire considérés comme une menace contre la sécurité de l’État ?

Jean-Michel Dolivo : Il n’y a pas de limite à la surveillance. Suite au scandale des fiches, la législation fédérale avait été renforcée, notamment pour que cette surveillance ne puisse être ordonnée que par un juge et dans le cadre de l’ouverture d’une enquête pénale en rapport avec des délits graves. Aujourd’hui, on constate que tel n’est pas le cas : ni décision d’un juge ni enquête pénale ouverte. Il suffit de soupçons policiers. C’est une logique très dangereuse d’un État policier, qu’il s’agisse des services fédéraux ou cantonaux. On décide, de manière totalement arbitraire, que telle ou telle personne ou association constitue un danger pour l’ordre public et qu’il convient de les mettre sous surveillance.

Silvia Cattori : La loi instituant les « Mesures visant au maintien de la sûreté intérieure » (LMSI), ne dit-elle pas clairement que personne ne peut être mis sous surveillance, ni être « fiché », à cause de son engagement politique. Or, n’a-t-on pas révélé que des étudiants ont été engagés par nos services de renseignements pour espionner des groupes de gauche [3], et que la police politique cantonale de Zurich aurait espionné de simples manifestants politiques [4] ?

Jean-Michel Dolivo : Effectivement, cela met en évidence la continuité de l’espionnage politique.

Silvia Cattori : Alors que la Suisse n’a jamais été confrontée à des attentats, notre gouvernement a mis en tête de ses priorités la lutte pour la « sûreté intérieure ». En 2006, nous avons eu la surprise d’apprendre qu’un informateur espionnait les musulmans qui fréquentaient les lieux de prières et de manière permanente l’enseignant suisse Hani Ramadan [5]. Cela ne laisse-t-il pas penser que nos barbouzes établissent un lien abusif entre terrorisme et musulmans ? Nos services n’ont-ils pas inventé un ennemi intérieur qui n’existe pas ?

Jean-Michel Dolivo : Le cas que vous citez met en évidence les ressorts de cet espionnage. Il est commandité en violation de la loi fédérale instituant les mesures visant au maintien de la sûreté intérieure qui précise qu’il faut une présomption sérieuse pour soupçonner une organisation ou une personne et rendre licite la collecte d’information et limiter l’exercice du droit de liberté d’association et de réunion.

Silvia Cattori : Partant de simples soupçons, les choses les plus anodines, rapportées par des informateurs peu fiables, peuvent une fois archivées, à l’insu des personnes espionnées, peser lourd, conduire en prison. Quel véritable moyen les gens ont-ils pour prouver qu’ils n’ont rien à se reprocher s’ils se sentent espionnés ? Qui décide que telle personne peut représenter un danger pour la sécurité de l’État ?

Jean-Michel Dolivo : C’est toute la problématique de la protection de la personnalité. Je suis opposé à toute forme de surveillance préventive. Qui détermine qu’il y a un danger ou soupçon véritablement ? Où est la limite ? S’il n’y a pas de délit grave ni même préparation concrète d’un tel délit, je ne vois pas pourquoi il faudrait surveiller des personnes ! La loi fédérale sur la protection des données (LPD) interdit la constitution de fichiers sur des données sensibles comme sur les opinions et activités politiques et syndicales. Elle devrait permettre de corriger les abus dès lors que la collecte d’information et la constitution de fichiers ne sont pas faits dans le cadre d’une enquête pénale. Elle donne en principe aux personnes concernées le droit de rectification, voire de destruction des données. Or, dans les cas précités, toute cette récolte d’informations se fait à l’insu des personnes en question. Celles-ci n’ont ainsi aucun moyen de faire corriger les erreurs. Elles n’ont pas accès à leur fichier, elles n’en connaissent même pas l’existence ! Aujourd’hui, le Préposé fédéral à la protection des données ne vérifie pas efficacement ce qui se passe. C’est, pour l’essentiel, une protection alibi.

De surcroît, il y a aujourd’hui des entreprises de sécurité privées qui collectent des informations pour les services de polices ou pour des multinationales, voire pour les deux ! Cela s’est passé avec la multinationale Nestlé espionnant l’association Attac. Ces collectes de renseignements échappent bien entendu au contrôle du Préposé fédéral. Et lorsque l’affaire a été découverte, les agissements de Nestlé et de Securitas [6] n’ont pas été considérés comme tombant sous le coup d’une incrimination pénale. Un juge d’instruction qui ne cherche rien ne trouve rien !

Silvia Cattori : Si, sur la collecte d’information par des agences de sécurité privées, le Préposé fédéral à la protection des données n’a aucun contrôle en matière de protection de la sphère privée, il y aurait donc là un vrai problème [7] ?

Jean-Michel Dolivo : Oui, cette protection est illusoire.

Silvia Cattori : Sur ces questions de surveillance, Jean-Philippe Walter le Préposé fédéral à la protection des données, engage les citoyens à rester vigilants. Il encourage les gens qui sont dans le doute à demander s’ils sont inscrits sur une banque de donnée auprès des autorités. C’est le seul moyen pour le Préposé de savoir s’il y a abus ; car lors de chaque demande il peut vérifier son contenu [8]. L’avez-vous fait ?

Jean-Michel Dolivo : Je l’avais demandé pour les anciennes fiches me concernant mais je ne l’ai pas fait récemment. J’ai l’impression que ce n’est plus aujourd’hui une préoccupation, même chez les personnes engagées politiquement. Malheureusement, il y a une perte de mémoire historique ; et ce, malgré le fait que l’on sait que l’État met en place des instruments répressifs et de collecte de données. Ce n’est pas non plus un sujet de préoccupation pour une très grande majorité des jeunes militant-e-s d’aujourd’hui.

Silvia Cattori : La collecte et le fichage, est le fait de policiers cantonaux et de policiers communaux. Ce sont les policiers locaux qui rédigent des rapports sur les gens surveillés et leurs activités. Si une personne veut savoir ce qu’il en est, comment doit-elle libeller sa demande ? A quel service doit-elle l’adresser ?

Jean-Michel Dolivo : Ce sont les législations cantonales qui règlent cette question. Dans le canton de Vaud, par exemple, il faut s’adresser d’abord aux autorités qui sont responsables du traitement des données, soit les autorités de police communales ou cantonales. Il existe ensuite un droit de recours au Préposé cantonal à la protection des données (voir la loi cantonale sur le protection des données LPrD).

Silvia Cattori : Il y aurait plusieurs milliers de personnes sous surveillance permanente. N’est-il pas aberrant que l’on en soit arrivé à mettre les gens sous surveillance, non plus sur la base d’une culpabilité mais sur la base de soupçons ? La sûreté des citoyens est un droit que l’État a le devoir d’assurer. Or, dans cette logique, n’est-ce pas la sûreté intérieure de l’État qui prime, et non pas la sûreté individuelle et la liberté d’opinion ?

Jean-Michel Dolivo : Les intérêts des dominants, très largement représentés à tous les niveaux de l’administration et des organes politique étatiques, priment sur les libertés individuelles et les droits fondamentaux des personnes. C’est « l’intérêt suprême de l’État » qui est invoqué pour justifier la surveillance ou l’espionnage des citoyens. Les cercles dirigeants combattent, en dehors du cadre de l’État de droit dont ils se prétendent pourtant les défenseurs, toute forme de contestation qui pourrait remettre en cause leur pouvoir.

Il y a une criminalisation systématique des mouvements de résistance et des mouvements sociaux ; on les accuse de « terrorisme » alors qu’ils n’ont rien à faire avec des actions terroristes. La dernière affaire Coupat en France l’illustre bien. Il y a une volonté politique de dé-légitimation de toutes les formes de contestation. Cette question se pose également dans le cadre de la constitution de banques de données de profil ADN. On a vu que des policiers établissaient systématiquement ces profils dans le cadre d’arrestations de squatters, à Genève ou ailleurs. En France, on met, dans les banques de données des personnes qualifiées de dangereuses, les profils ADN de manifestants ou de faucheurs anti OGM par exemple. Il y a ensuite des procédures d’identification qui sont lancées à travers l’exploitation de ces profils ADN.

Silvia Cattori : Il est légitime de se demander si nos services de renseignements ne dérapent pas en donnant une importance à une prétendue menace qui n’existe pas. Selon M. Dick Marty, il y a des menaces bien plus graves que le terrorisme pour nos systèmes démocratiques. Comme on l’a vu lors de l’intrusion d’un espion dans la vie privée du Suisse Hani Ramadan, on peine à voir une pertinence dans la décision de mettre sous surveillance permanente des gens sur le critère de la croyance musulmane. Nos autorités doivent-elles adopter la logique de Tel Aviv et Washington qui veut qu’un croyant musulman est potentiellement égal à un terroriste ? Cette option stratégique n’a-t-elle pas pesé négativement dans les décisions de la Suisse en matière de politique étrangère ?

Jean-Michel Dolivo : La croisade de Bush dès 2001 a donné une légitimité à toute une série de dérapages au nom de l’affirmation de la prétendue supériorité de la civilisation occidentale chrétienne ! Toutes les méthodes sont bonnes pour combattre la prétendue islamisation et le fondamentalisme. On est allé jusqu’à mettre en place des camps d’internement en dehors de tout contrôle judiciaire, comme à Guantanamo ! Une négation même de tous les droits fondamentaux, un retour à une forme de domination extrêmement brutale.

Silvia Cattori : Dans le cas de Youssef Nada [9], il a suffi que deux journalistes malveillants liés au renseignement disent, sans l’étayer par aucune preuve, qu’il avait des liens avec le mouvement de résistance Hamas pour que son nom soit inscrit sur la liste noire de l’ONU [10]. Mme Calmy Rey, qui avait le pouvoir de refuser que M. Nada, innocenté par deux tribunaux, soit soumis à des sanctions incompatibles avec les droits fondamentaux individuels, ne l’a pas fait. Dans la gestion de ces listes noires, on a clairement assisté à des violations graves des traités internationaux. Berne a choisi le camp de l’illégalité au lieu de celui de la justice. Cette contradiction entre les valeurs et les principes affichés et la politique étrangère du DFAE n’est-elle pas indigne d’un pays qui est le dépositaire des Conventions de Genève ?

Jean-Michel Dolivo : Je suis de cet avis. Cela illustre combien cette chasse aux prétendus « terroristes » conduit à des atteintes aux libertés individuelles. Figurent sur ces listes, non pas des terroristes avérés, mais des personnes qui n’ont rien à voir avec le terrorisme. Ces listes sont une sorte de mise au pilori à l’échelle internationale. Elles bafouent le principe de la présomption d’innocence et impliquent la condamnation de personnes qui n’ont rien à voir avec ce qu’on leur reproche.

Silvia Cattori : En acceptant d’appliquer des directives illégales, Mme Calmy Rey a-t-elle choisi de préserver sa carrière ? N’est-ce pas le cynisme et les effets médiatiques qui ont prévalu dans cette affaire ?

Jean-Michel Dolivo : Elle a choisi sa carrière peut-être, mais surtout elle applique une politique de gestion loyale et fidèle des affaires de la bourgeoisie. La raison d’État l’emporte sur le respect des libertés fondamentales. Mme Calmy Rey aurait pu s’opposer à ces injustices mais elle aurait couru le risque de perdre sa place !

Silvia Cattori : Depuis 2001, il y a eu une intensification des échanges entre nos services de renseignements et ceux de puissances étrangères. Des pays comme les États-Unis et Israël ont obtenu que les services de renseignement européens coopèrent avec eux avec une intensité accrue. Tout cela ne peut qu’inciter nos démocraties à poursuivre des « menaces » qui n’existent pas mais rendent les services d’agents de la CIA et du Mossad indispensables. En 2006, un officier militaire israélien nous apprenait que des policiers et des militaires suisses se rendaient souvent en Israël pour se former à leurs méthodes. Quand on sait que le Mossad a pour pratique d’inonder les services occidentaux d’informations en large majorité fausses, tout en faisant croire que ce sont des informations hautement sensibles, n’y a-t-il pas de quoi s’inquiéter ? N’y a-t-il pas là, dans ces connivences étroites avec des puissances en guerre, un facteur de déséquilibre et de déstabilisation majeur ?

Jean-Michel Dolivo : Les services secrets ont par définition une très grande autonomie, ils fonctionnement sans aucun contrôle démocratique. C’est une sorte d’État dans l’État. Ce qui est inquiétant est que les services secrets suisses et les milieux du renseignement ont noué des liens avec la CIA ou le Mossad comme vous l’avez dit, mais aussi, à l’époque, avec les services secrets de l’Afrique du Sud de l’apartheid. Ils sont donc en lien privilégié avec tous les services secrets de puissances qui mènent des opérations de déstabilisation anti-démocratiques, d’atteinte aux libertés démocratiques de mouvements d’opposition. C’est une sorte de « spécialité » des services secrets suisses que d’avoir des liens privilégiés avec des services secrets de pays comme les États-Unis, l’Afrique du Sud de l’apartheid, Israël, la Grande Bretagne ! Il y a bien entendu un rapport étroit avec le fait que la Suisse sert de tête de pont pour le blanchiment d’argent sale et pour toutes sortes d’opérations de barbouzes.

Silvia Cattori : Que fait la police fédérale des informations transmises par la CIA, obtenues sous la torture et hors de toute juridiction ? Utilise-t-elle ces informations tout comme celles collectées par des agents suisses envoyés à Guantanamo en 2006 ? Autre révélation : la transmission par la police fédérale (appelé alors Service d’analyse et de prévention - SAP), à des services secrets étrangers, de plus de 10’000 informations sensibles [11]. Tout cela ne semble pas intéresser une classe politique qui ne raisonne qu’en termes électoraux ?

Jean-Michel Dolivo : C’est vrai, l’establishment politique n’a aucune curiosité dans ce domaine. La « chasse aux abus », pratiquée par exemple de manière systématique et arbitraire en rapport avec les prestations de l’assurance invalidité, n’a pas cours en matière de respect des procédures garantissant les libertés fondamentales !

Silvia Cattori : Le rapport de l’ONU sur les prisons secrètes, présenté le 8 mars 2010 [12], a confirmé que, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, nos pays démocratiques ont laissé leurs services secrets en dehors de tout contrôle. Il appelle les États à exiger plus de transparence de la part de leurs services secrets. La Suisse a laissé ses services tremper dans les opérations secrètes de la CIA. Elle a autorisé les avions de la CIA à survoler son territoire pour transporter des hommes que l’on conduisait illégalement en des lieux de torture. Nos autorités ont-elles fait toute la lumière sur la participation de nos services secrets à ces activités criminelles ? Quel est votre sentiment ?

Jean-Michel Dolivo : Les libertés démocratiques sont très souvent vidées de leur substance même si formellement elles continuent à exister !

Silvia Cattori : Les campagnes qui calomnient les Arabes et les gens de confession musulmane s’étalent dans nos médias, en toute impunité. Elles contribuent à alimenter la peur et à donner une légitimité aux agressions injustifiables par des armées occupantes en Afghanistan, Iran, Pakistan et Palestine. Or les associations antiracistes, les organisations communautaires, sont restées assez silencieuses à ce sujet. Elles n’ont cessé jusqu’à tout récemment d’incriminer exclusivement « l’antisémitisme ». Un phénomène qui a existé dans les années 30 et qui est de nos jours exagéré par les pro-israéliens à des fins d’instrumentalisation politique. N’êtes-vous pas frappé par le « deux poids deux mesures » de la part de ceux qui sont censés condamner tout racisme, et par le laxisme de nos autorités quand il s’agit de la discrimination des Arabes et des musulmans ? Ne pensez-vous pas que, ici comme ailleurs, l’antiracisme est en crise ? Vous êtes-vous-même membre de SOS racisme : quelle est votre réflexion à ce sujet ?

Jean-Michel Dolivo : La campagne islamophobe est inadmissible. À ma connaissance, les associations comme SOS Racisme ou le Mouvement de lutte contre le racisme (MLCR) sont montées en première ligne pour combattre, par exemple, l’initiative visant à interdire la construction de minarets. Il ne faut pas confondre la critique nécessaire de l’État d’Israël et de sa politique d’occupation en Palestine avec l’antisémitisme. Les effets de la crise économique actuelle ainsi que les politiques bourgeoises visant à la faire payer par les plus pauvres renforcent les mécanismes identitaires, discriminatoires et d’exclusion. C’est un terreau tout à fait propice pour la xénophobie et le racisme. Malheureusement, depuis de très nombreuses années, la gauche gouvernementale a abandonné toute orientation politique permettant d’aller vers la construction de ripostes unitaires et collectives face à cette crise.

Silvia Cattori : Il y a de plus en plus de gens pour dire que les lois qui limitent la liberté d’expression sont une hérésie. Ne faut-il pas libérer la parole ? Demander la liberté d’expression pour tous et non pas l’enfermer dans des lois qui s’avèrent injustes dès lors qu’elles ne s’appliquent pas à tout le monde ?

Jean-Michel Dolivo : En principe, je suis opposé à toute forme de criminalisation de liberté d’opinion et d’expression. Qui fixe les limites ? Au nom de quoi ? Je crois qu’il faut combattre par exemple les politiques racistes et leurs expressions, pied à pied, dans tous les espaces publiques et partout. Criminaliser permet aux racistes de se présenter en martyrs ! L’introduction de l’article 261bis du Code pénal en Suisse n’a pas été du tout un instrument efficace pour lutter contre le racisme, au contraire.

Silvia Cattori

(*) Jean-Michel Dolivo, né en 1951, membre de solidaritéS, mouvement anticapitaliste et écosocialiste, licencié en sciences politiques et en droit, avocat, député au Grand Conseil vaudois.

28 mai 2010


[1] Voir : « Ordre social contre libertés fondamentales », par Jean-Michel Dolivo, Europe solidaire sans frontières, 31 juillet 2009.

Voir également : « Offensive pour les droits fondamentaux », communiqué de presse du 29 septembre 2006.

[2] En 1989, éclate en Suisse le « scandale des fiches », établies par la police politique, sans base légale, sur 900’000 personnes et organisations (sur une population de 6.5 millions d’habitants). 350’000 personnes ont demandé leur dossier ; un dixième l’ont reçu « caviardé », c’est-à-dire censuré.

[3] Le service de renseignement intérieur suisse recrutait des étudiants pour infiltrer des groupes d’extrême gauche lors d’annonces parues sur le site internet de l’Université de Zurich et de l’EPFZ. Voir : « Jobs d’espion pour étudiants », par Monique Keller, 24Heures.ch, 27 août 2005.

[4] Voir : « La menace terroriste : un instrument pour limiter les libertés ? », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 28 août 2008.

[5] Le 23 février 2006 les résidents arabo-musulmans de Genève ont la surprise de découvrir qu’ils sont étroitement surveillés. Un des espions, Claude Covassi, un « personnage troublant et non fiable » aux dires de celles des personnes espionnées qui l’ont observé durant cette période, avait été identifié par elles bien avant qu’il ne s’auto-dénonce. Il avait été mandaté par les services de renseignements intérieurs suisses pour infiltrer le centre islamique de Genève ainsi que des mosquées. Il aurait été chargé d’user de méthodes illégales de façon à compromettre Hani Ramadan, le directeur du Centre islamique de Genève, avec « l’islamisme radical ». Pour les personnes espionnées qui avaient accueilli Claude Covassi en frère, alors que celui-ci établissait contre eux des fichiers, qui les marquaient à vie, cette affaire d’intrusion est lourde, blessante, humiliante. Etablies de manière douteuse, leurs fiches circulent toujours entre services de divers pays. Et pour M. Hani Ramadan, qui était la personne la plus spécialement visée par les manipulations de Claude Covassi, ce qu’il a subi de violations de vie privée est tout simplement inacceptable. Notre gouvernement n’a jamais demandé d’excuses. Quand il s’agit de citoyens de confession musulmane tout est-il permis ?

[6] Le Groupe Securitas est un groupe suisse qui propose des prestations de services de sécurité ainsi que des systèmes d’alarmes (voir : http://www.securitas.ch/). Securitas mène aussi des opérations de surveillance et de renseignement au sujet de personnes ou organisations privées. En juin 2008, un reportage de la Télévision Suisse Romande a révélé que Securitas aurait infiltré l’association ATTAC pour le compte de l’entreprise Nestlé, voir : « L’œil de Nestlé chez les altermondialistes d’Attac », par Olivier Chavaz, swissinfo.ch, 14 juin 2008.

[7] Le Préposé peut savoir si une personne est « fichée » lorsqu’on en fait la demande uniquement. Si c’est le cas, il peut lire son contenu et savoir dans quelles circonstances la police a mis cette personne sous surveillance. S’il découvre des erreurs, il doit demander de les rectifier. Le Préposé ne dit pas si la personne est surveillée. Il y a dans la loi, un paragraphe qui accorde une exception. Cela concerne des gens qui, en cas de fichage incorrect, se verraient refuser des postes. Le Préposé fédéral peut, dans ce cas, fournir aux personnes qui en font la demande, un bref résumé qui leur permet de savoir s’ils sont fichés.

[8] Voir : « Jean-Philippe Walter : Nous sommes entrés dans une société de surveillance », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 19 septembre 2008.

[9] Voir : « L’incroyable histoire de Youssef Nada », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 13 juin 2008.

[10] Les listes noires de personnes et de groupements soupçonnés de terrorisme ont été introduites en 1999. Après les attentats du 11 septembre 2001 Bush a décrété que les règles et les garanties de l’État de droit ne sont pas valables pour lutter contre l’Islam. Le Conseil de Sécurité a établi une liste de « présumés terroristes », avec une série de sanctions à leur encontre, telles que le gel de leurs avoirs et l’interdiction pour eux de voyager, que la Suisse a acceptées. Depuis 2010, suite à la motion Dick Marty, Berne a assoupli sa position à l’encontre de personnes mises sur la liste noire de l’ONU, voir : « Une victoire pour Dick Marty. Une reconnaissance pour Youssef Nada », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 9 septembre 2009.

[11] Le Tages-Anzeiger, quotidien zurichois, révélait le 15 juin 2009 que le Service d’analyse et de prévention (SAP) avait transmis à des services secrets étrangers durant l’année 2008 plus de 10’000 informations sensibles sur des personnes. La commission de gestion des chambres devait obtenir des renseignements.

[12] Voir : « Rapport encombrant sur les prisons secrètes », par Carole Vann, swissinfo.ch, 9 mars 2010.

http://www.silviacattori.net:80/article1232.html


4 Les grandes manœuvres.

4-1 Pascal Sacre : De Monica Lewinsky aux attentats du 11 septembre 2001

Encore un matin, un matin pour rien, chante Jean-Jacques Goldman.

Je vous rassure, Monica Lewinsky, pas plus que Paris Hilton, ne se trouvaient dans aucun des avions impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001.

Monica vit toujours et a obtenu en décembre 2006 un master en psychologie sociale à la London School of Economics.

Elle aime bien signer des autographes mais souhaiterait être connue pour d’autres faits que ceux qui l’ont rendue célèbre.

En 1998, âgée de 25 ans, Monica Lewinsky, passe de l’anonymat complet à la célébrité absolue (1). La Maison Blanche soigne ses stagiaires en robe bleue. Surtout son président William Bill Jefferson Clinton.

Ce-dernier fut accusé de relations sexuelles avec sa jeune stagiaire entre novembre 1995 et mars 1997. Le mensonge sous serment de Bill Clinton à propos de cette relation conduisit à une procédure de mise en accusation (’impeachment’) à son encontre, procédure qui fut repoussée par le Sénat américain.

Pour la petite histoire, le procureur Kenneth Starr (2), avait obtenu de Monica Lewinsky une robe bleue avec des traces du sperme présidentiel mises en évidences par un colorant.

Ce procès aura duré de janvier 1998 à février 1999 (388 jours), aura coûté en tout plus de 50 millions de dollars US (3), et capté l’attention de tous les médias écrits et télévisuels, intarissables sur le sujet, chaque virgule, chaque soupir, chaque mimique étant analysée, disséquée…

Cette affaire aura montré les efforts que le système étatsunien est capable de déployer, l’argent qu’il peut dépenser, au travers de son procureur « indépendant » Kenneth Starr, un homme qui ne reculera devant rien, lorsqu’il recherche et veut la vérité (4).

Trois ans plus tard, à la fin de l’année 2002, un autre matin pour rien.

La Commission nationale sur les attaques terroristes menées contre les États-Unis le 11 septembre 2001, dite Commission du 11 septembre (en anglais National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States ou 9/11 Commission) est mise en place, plus d’un an après les faits.

Elle accouche de son rapport officiel le 22 juillet 2004, un rapport dans lequel, « on donne des réponses qui ne répondent à rien, des explications qui n’expliquent rien, et des conclusions qui ne concluent rien. » (5)

La grande presse, elle, est très satisfaite.

Après l’affaire Monica, qui n’était finalement qu’une histoire de relations extraconjugales, sans morts ni blessés, et de parjure modeste, sur un sujet privé, tout le monde aurait pu s’attendre à une enquête pugnace, tous azimuts, impitoyable dans les attentats du 11 septembre 2001. Quelque chose qui casse la baraque, surmonte toutes les résistances avec des médias déchaînés exigeant des résultats convaincants, des conclusions solides, des explications valables sur la troisième tour (le WTC n°7) indemne de tout impact d’avion et pourtant effondrée comme les autres, sur les délits d’initiés ayant précédé les attentats, sur les relations entre les services secrets pakistanais (ISI), affiliés à la CIA, et les terroristes présumés… Une enquête où le gouvernement le plus puissant de la Terre, la « Démocratie » des démocraties, aurait dépensé sans compter pour faire toute la lumière sur cette infâme agression, peu importent le temps nécessaire, les enquêteurs à mettre sur le coup, les ordinateurs à faire tourner, nuit et jour…

Cette fois, ce sont tous les Etats-Unis qui ont été violés ! Désolé Monica, mais tu ne fais pas le poids !

Si 50 millions de dollars peuvent être dépensés pour savoir si Bill Clinton a bien fait joujou avec sa stagiaire et légèrement coloré sa jolie robe bleue, cette fois, vu l’importance du drame, le nombre de morts, la terreur répandue sur le sol étatsunien lui-même, cela mérite bien 500 millions de dollars et des centaines de Kenneth Starr, de procureurs survitaminés, gonflés à bloc et accrédités pour fouiller tous les bureaux, mêmes ovales, interroger tous les gouvernements, même « alliés », Israël, Arabie Saoudite, Pakistan…

Et bien non. C’est incompréhensible. Emballé, pesé dès le lendemain du drame, et sans utiliser de procureur « indépendant », en plus ! Un barbu milliardaire terré au fond d’une grotte, le fléau des Soviétiques. Des pirates de l’air suicidés dont certains sont retrouvés vivants plus tard dans leur pays. Des Talibans, pourtant encore amis des USA en août 2001, qui auraient rendu tout ça possible.

C’est affreux.

Tout cela trouvé en quelques jours, quelques semaines, et sans Kenneth Starr. C’est grandiose. Pas d’autres explications, d’autres investigations nécessaires (6).

Si le procès Lewinsky-Clinton a duré 388 jours, tenant en haleine tous les médias du pays et d’ailleurs, pour l’enquête sur le 11 septembre, c’est attendre 441 jours qu’il aura fallu pour sa mise en place. 441 jours d’insistance et d’obstination de la part des familles des victimes et d’associations (9-11 Family Steering Committee et 9/11 CitizensWatch), car sans leur courage et leur obstination, George W Bush n’en aurait faite aucune.

Et même pas de Kenneth Starr ou autre procureur « indépendant » nommé à la tête de cette commission, juste Henry Kissinger le premier choix de Doubleyou, remplacé par Philip D. Zelikow, l’avocat républicain dépendant très proche des néoconservateurs et de Condoleezza Rice.

Budget alloué ? Trois millions de dollars. Non, ne changez pas de lunettes. Moins d’un dixième de celui attribué à une histoire de fellations.

Quelle société évoluée que celle dans laquelle des attentats à la pudeur importent dix fois plus que des attentats à la vie et à la liberté.

Finalement, tel un misérable geste de bonne volonté, l’administration Bush releva ce budget à hauteur de 14 millions de dollars (7), pour accoucher d’un rapport qui ne répond à rien, n’explique rien, et ne conclue rien, sans que cela ne dérange aucun des grands médias occidentaux qui se proclament pourtant les chantres de l’information libre et honnête.

Comme beaucoup de gens, je n’ai que faire de l’affaire Monica Lewinski. Tout au plus concerne-t-elle la « pauvre » Hillary. Quand au chef d’inculpation de parjure, absolument tous les présidents des Etats-Unis, depuis longtemps, pourraient en être accusés, rien qu’au moment où ils jurent de protéger leur constitution, notamment son premier amendement.

Cette comparaison montre avec certitude que les Etats-Unis d’Amérique, la nation la plus puissante et la plus orgueilleuse de la Terre, son gouvernement, son Sénat, son Congrès, ses médias n’ont jamais voulu, et ne veulent toujours pas, sur le plus terrible traumatisme de toute leur histoire, faire la plus petite enquête, la moindre des investigations, une enquête au moins aussi pugnace que celle qu’ils ont jugé nécessaire de mener pour savoir si Bill avait bien taché la robe de Monica.

Cette décision, aux conséquences terrifiantes et encore incalculables aujourd’hui, est insupportable et incompréhensible.

Pascal Sacre :

P.S. : Récemment, toutes les agences de presse signalaient que pour ceux qui en rêvaient, il était possible de passer une journée en compagnie de Bill Clinton (8) :

« Cinq dollars ne mènent pas très loin aujourd’hui en Amérique. Mais, pour les plus chanceux, c’est tout ce qu’il faudra pour passer une journée à New York en compagnie de Bill Clinton.

L’ancien président des États-Unis, reconverti avec succès dans l’action humanitaire, s’offre à la tombola pour éponger les dettes d’Hillary accumulées pendant sa campagne présidentielle de 2008 contre Barack Obama. « Aimeriez-vous avoir la chance de venir passer une journée à New York avec moi ? » écrit l’ancien président américain dans un courriel aux anciens partisans de son épouse, aujourd’hui secrétaire d’État. »

Je conseillerai juste à la femme qui gagnerait de ne pas mettre de robe bleue.

Sources :

(1) L’affaire Lewinsky-Clinton, http://www.radio-canada.ca/nouvelle...

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Kennet...

(3) Document PDF : http://www.erudit.org/revue/ps/2000... , p.12

(4) L’affaire Lewinsky-Clinton, op.cit

(5) Citation de Fred Hampton, placée au tout début du tome 2 de « Franchir le Rubicond », de Michael C. Ruppert, éd Nouvelle Terre, 2007.

(6) Le rapport de la « commission d’enquête » présidentielle passé au crible, 115 mensonges sur les attentats du 11 septembre par David Ray Griffin http://www.voltairenet.org/article1...

(7) Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis : http://fr.wikipedia.org/wiki/Commis...

(8) http://www.lefigaro.fr/internationa...

juin 2010

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Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19


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