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27/06/2010

n°438 - dossier de l'Afghanistan - 25-06 - : Fin -:- Le Royaume-Uni en Afghanistan pour sa sécurité, et non pour y bâtir une quelconque "démocratie modèle".dit Cameron

n°438 - dossier  de l'Afghanistan - 25-06 - : Fin -:- Le Royaume-Uni en Afghanistan pour sa sécurité, et non pour y bâtir une quelconque "démocratie modèle".dit Cameron…




Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan n°438 du 25-06

C.De Broeder & M.Lemaire

 



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

2-1 Yahia Gouasmi : Afghanistan: stratégie et pillage.

2-2 Les raisons de la guerre menée par l'impérialisme en Afghanistan ?

2-3 Hocine Malti  : Les guerres de Bush pour le pétrole : l’Afghanistan.

2-4 Eva Golinger : Les secrets des mercenaires Blackwater.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 Rapport : "Expérimentations dans la torture".

3-2 Rapport : "Expérimentations dans la torture".

USA: des médecins ont pratiqué des « expérimentations humaines » pour la CIA.

3-3 Les "Farces armées" afghanes, selon le magazine Time.

3-4  Les Français avancent avec précaution.

4 Annexe

4-1 Discours de Rasmussen à L'Otan : L’Afghanistan « est sur la bonne voie », …

 

 



2  Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

2-1 Yahia Gouasmi : Afghanistan: stratégie et pillage.

On connaissait déjà deux raisons pour expliquer l’agression de l’Usraël et ses alliés contre l’Afghanistan : le rôle stratégique de l’Afghanistan, situé au cœur du continent asiatique (avec comme voisins l’Iran, le Pakistan, la Chine et les Républiques d’Asie centrale) ; et la culture du pavot, qui (curieusement !) a augmenté depuis que les armées usraéliennes sont venues apporter la « démocratie » au peuple afghan.

Grâce à des géologues américains, on connaît maintenant une troisième raison : l’Afghanistan serait assis sur environ 1000 milliards de dollars.

On nous parle de fer, de cuivre, de cobalt, d’or… sans parler des réserves non déterminées de lithium.
Selon le Pentagone, le fer serait la 1ère richesse minérale du pays. On notera que c’est le Pentagone, à savoir l’état-major de l’armée américaine, qui s’intéresse  et commente ces recherches géologiques en Afghanistan. Pourtant, l’optimisme des géologues est tempéré : de nombreux sites de gisements potentiels se trouvent dans des zones où la guérilla talibane est active !  A présent tout s’éclaire : il n’y avait pas que les femmes afghanes à libérer de la burqa, il y a aussi – et surtout – les sites de matières premières ainsi que leurs voies d’acheminement à contrôler.
Le rapport des géologues américains n’étonnera que les naïfs. Dans sa volonté de domination mondiale, l’Usraël a déclaré une guerre au monde entier, notamment aux nations riches en matières premières (Moyen-Orient, République islamique d’Iran, Afghanistan, etc.), et surtout à celles qui refusent de se soumettre à sa domination (République islamique d’Iran, Syrie, Liban, Venezuela, Bolivie, etc.). Et ce n’est pas par hasard si à la tête des banques et multinationales nord-américaines et occidentales se trouvent des dirigeants dont le soutien ou la soumission au sionisme ne se sont jamais démentis. Il n’y a là aucun hasard non : sionisme et volonté de domination ne font qu’un.
La France de Sarkozy/Kouchner est engagée, aux côtés des USA, dans cette guerre en Afghanistan. Il est désormais clair que les militaires français tués en Afghanistan ne meurent que pour de gros intérêts économiques et financiers, qui ne concernent pas l’immense majorité de nos concitoyens.

Et les discours droit-de-l'hommistes et humanitaires ne sont là que pour cacher cette réalité.
Grâce à ces géologues américains, les choses sont dorénavant plus claires. Quant aux malheureux Afghans, ils risquent fort de subir une guerre interminable, à cause de richesses minérales dont ils ne profiteront jamais !

Yahia Gouasmi.

19 juin

http://www.palestine-solidarite.org:80/analyses.Yahia_Gouasmi.190610.ht


2-2 Les raisons de la guerre menée par l'impérialisme en Afghanistan ?:

Ses gigantesques réserves de minerais !!!

Selon le New York Times, des géologues américains ont découvert des gisements de cuivre et de lithium qui seraient suffisants pour faire du pays ravagé par la guerre l'un des premiers exportateurs mondiaux de minerais.

The US Army/Flickr

Des géologues américains ont découvert en Afghanistan de gigantesques réserves de minerais, dont du cuivre et du lithium, évaluées à plusieurs milliards de dollars, a rapporté lundi le New York Times.

Ces gisements, qui comprendraient également du fer, de l'or, du niobium et du cobalt, seraient suffisants pour faire de ce pays ravagé par la guerre un des premiers exportateurs mondiaux de minerais, ont estimé des responsables de l'administration américaine cités par le journal.

"L'Arabie saoudite du lithium"

Les seules réserves de lithium de l'Afghanistan seraient ainsi comparables à celles de la Bolivie, détenteur des premières réserves mondiales, selon le New York Times. Le lithium est un composant indispensable des batteries rechargeables, utilisé pour les téléphones et les ordinateurs portables ainsi que pour les automobiles électriques.

L'Afghanistan pourrait ainsi devenir "l'Arabie saoudite du lithium", selon une note interne du Pentagone citée par le journal.

De même, les réserves de fer et de cuivre seraient susceptibles de faire de l'Afghanistan un des principaux producteurs mondiaux, selon les responsables cités par le journal

"Il y a là-bas un potentiel stupéfiant", a déclaré au journal le général David Petraeus, chef d'Etat-major général, selon qui toutefois "il y a bien sûr beaucoup de si". "Mais je pense que, potentiellement, c'est d'une immense portée", a-t-il ajouté. "Cela deviendra l'ossature de l'économie afghane", a estimé pour sa part Jalil Jumriany, conseiller du ministère afghan des Mines, cité par le journal.

La découverte a été faite par une petite équipe de géologues et responsables du Pentagone, en s'appuyant sur les cartes et les données collectées par les experts miniers soviétiques durant l'occupation par l'URSS de ce pays durant les années 1980. Les géologues afghans avaient caché chez eux pour les mettre à l'abri ces documents après le retrait de l'URSS, avant de les ressortir en 2001 après la chute des résistants.

 "On avait les cartes, mais il n'y eu pas de suite, parce qu'on a eu 30 à 35 ans de guerre", a déclaré Ahmad Hujabre, un ingénieur afghan qui travaillait au ministère des Mines dans les années 1970.

Selon le journal, le président Hamid Karzai a été récemment informé de ces découvertes par un responsable américain.

14/06/2010  

L'Expansion.com -  


2-3 Hocine Malti  : Les guerres de Bush pour le pétrole : l’Afghanistan.


Cette première partie traitant de la politique générale américaine en matière de ressources pétrolières, et plus particulièrement de l’Afghanistan.

Seconde partie : Les guerres de Bush pour le pétrole : l’Irak
Troisième partie :
Les guerres de Bush pour le pétrole : l’Asie Centrale


Grande était la déception des participants du rallye Lisbonne - Dakar quand on leur a annoncé, en toute dernière minute, la veille du départ de la capitale portugaise, que l’épreuve était annulée !

Les rêves et les économies des uns, les ambitions et les contrats de sponsoring des autres s’étaient, tout d’un coup, envolés.

Le groupe Amaury, organisateur de la course, déclarait avoir pris cette décision à la demande expresse du ministère français des affaires étrangères, qui avait eu connaissance de menaces de l’organisation terroriste Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui projetait de s’attaquer à la caravane lors de la traversée de la Mauritanie. Il rajoutait qu’il n’avait pas obtenu de plus amples informations, car lui avait-on dit, c’était un secret d’Etat.

Il faut croire qu’il devait effectivement s’agir de très grosses menaces, couvertes d’un énorme secret d’Etat, du moment que les efforts et le travail fournis durant toute une année par les organisateurs étaient ainsi sacrifiés, que les millions d’euros engagés pour la préparation de l’épreuve partaient en fumée et que la soif d’aventures de plus de 500 concurrents s’évanouissaient.

Quel pouvait être cet énorme secret d’Etat qui avait fait que l’on avait permis à l’AQMI de remporter une victoire politico-médiatique sans précédent en obtenant l’annulation du plus grand rallye-raid au monde ? Une victoire qui a du certainement rehausser son prestige auprès de nombre de jeunes du monde arabo-musulman et lui valoir probablement des recrues qui ont rejoint ses rangs.

Une autre partie sortait incontestablement vainqueur de cet imbroglio sportif et politique : les Etats-Unis. La thèse qu’ils développent depuis quelques années déjà, selon laquelle le Sahel était devenu une zone de non droit, un nouvel Afghanistan dans lequel allait s’installer Al Qaïda, se trouvait ainsi renforcée ; de même, était confirmé le rôle de gendarme de la région qu’ils se sont attribués au lendemain des attentats du 11 septembre.

En annulant le Dakar, les organisateurs remettaient en lumière les deux partenaires de ce couple infernal, qui n’en demandaient peut être pas tant. Couple infernal, car là où se trouve Al Qaïda, on voit apparaître l’armée américaine, et à l’inverse quand celle-ci débarque quelque part, on voit immédiatement Al Qaïda se manifester. Et comme à chaque fois, pour peu que l’on fouille un petit peu, on retrouve derrière les “affrontements” George W. Bush - Oussama Ben Laden, les énormes intérêts des compagnies pétrolières américaines.

La politique pétrolière de George W. Bush

Moins de deux semaines après son installation, en février 2001, à la Maison Blanche, George W. Bush créait un comité de travail dénommé NEPD Group (National Energy Program Development). Sous la présidence du vice président Dick Cheyney, ce comité était chargé de faire le bilan de la politique et des besoins énergétiques du pays et de proposer un programme de développement du secteur de l’énergie pour les 20 années suivantes.

Aux yeux du pouvoir américain, le bilan fait par le groupe de travail était plus qu’alarmant ; jamais l’Amérique n’avait été autant déficitaire en énergie depuis la décennie 70, marquée par des embargos et par le premier choc pétrolier. Bien que la production nationale en pétrole ait augmenté de près de 40% par rapport à ce qu’elle était à l’époque, il n’en reste pas moins que les Etats-Unis avaient importé, en l’an 2000, 52% de leur consommation depuis l’étranger. Le NEPD prévoyait que si ce rythme de consommation se maintenait, les Américains importeraient deux barils sur trois 20 ans plus tard. Il se profilait donc, pour la première puissance mondiale, une dépendance de plus en plus grande de l’étranger en matière pétrolière.

Le NEPD group en concluait que ce déficit énergétique porterait inévitablement atteinte à l’économie nationale, au standard de vie américain et constituerait un très grave danger pour la sécurité du pays. Le mot était lâché : la sécurité du pays était menacée ! Les néo cons de la Maison Blanche décidèrent alors que tous les moyens, diplomatiques, politiques, économiques, militaires, toutes les voies, pacifiques, violentes, légales, illégales, la guerre, les alliances contre nature, tout devait être mis en œuvre pour remédier à la situation.

Le NEPD proposait de moduler les relations des Etats-Unis avec les pays producteurs de pétrole en fonction de l’état des lieux dans chacun d’entre eux ; il recommandait aussi les lignes générales de la politique à adopter vis-à-vis des grandes régions pétrolifères du monde, qui permettrait aux compagnies pétrolières américaines de s’y installer durablement. Il appartenait alors au Président et à son exécutif de programmer les voies et moyens nécessaires pour aider ces compagnies à pénétrer ces zones et à prévoir les moyens humains et matériels que l’Etat fédéral utiliserait pour protéger leurs intérêts.

Ainsi pour le Moyen Orient, il était prévu d’encourager et soutenir les tentatives d’ouverture à l’investissement étranger des secteurs pétroliers de l’Algérie, du Koweït, d’Oman, du Qatar, des Emirats Arabes Unis et du Yémen. Le résultat anticipé d’une telle démarche était d’aboutir à terme à la privatisation totale de l’industrie pétrolière de ces pays, que les multinationales prennent les choses en mains au détriment des compagnies nationales, ce qui signifiait la disparition de l’OPEP et le retour au système des concessions des années cinquante.

Cette même recommandation d’amélioration du climat pour l’investissement étranger était retenue pour une autre grande région pétrolifère du monde, celle de la mer Caspienne. Il y était programmé la réalisation de certaines infrastructures de transport, dont des oléoducs et des gazoducs nommément cités, qui traverseraient le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie.

L’Afrique est la troisième grande région pétrolifère traitée dans le rapport du group NEPD ; Il y constatait que de par sa qualité et de par sa proximité, le pétrole africain représentait pour les raffineries de la côte Est des Etats-Unis, le meilleur du marché. Le rapport insistait par ailleurs tout particulièrement sur l’importance de certains investissements réalisés par les compagnies pétrolières américaines au Tchad, au Nigeria, au Bénin, au Togo ou au Ghana. Ces deux constatations laissaient prévoir déjà à l’époque ce qui allait se passer plus tard dans la région du Sahel.

L’Afghanistan

Depuis la chute du mur de Berlin et le démantèlement de l’Union soviétique, les compagnies pétrolières américaines se sont ruées sur le nouvel Eldorado représenté par les pays d’Asie centrale, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan, tous extrêmement riches en pétrole et gaz. Leur caractéristique principale est qu’ils sont enclavés ; aussi est-il nécessaire de construire des milliers de kilomètres de gazoducs et d’oléoducs pour transporter le pétrole et le gaz produits jusqu’à des ports d’évacuation en Méditerranée ou dans l’Océan Indien. Par ailleurs, ces pays sont entourés par la Russie au nord, la Chine à l’est et l’Iran à l’ouest, autant de pays considérés ennemis par les Américains et par lesquels ces pipelines ne doivent donc pas transiter ; ne restent plus alors que deux possibilités, l’Afghanistan au sud et la Géorgie à l’ouest.

C’est encore durant les années Clinton que la compagnie pétrolière Union Oil Of California (UNOCAL) avait lancé, en association avec les Saoudiens de Delta Oil, la construction d’un gazoduc destiné à évacuer le gaz produit au Turkménistan vers l’océan Indien à travers l’Afghanistan et le Pakistan. C’est ce que l’on a appelé le Cent Gas Project. A cette date - nous sommes au milieu des années 90 - la guerre civile faisait rage en Afghanistan ; ils étaient plusieurs chefs de guerre, de plusieurs ethnies différentes, à se battre pour la prise du pouvoir après la chute du pouvoir communiste hérité de l’occupation soviétique.

Chacun de ces chefs exigeait d’Unocal le paiement d’une dîme pour laisser le chantier de construction traverser sans encombre la portion de territoire qu’il contrôlait.

Unocal avait considéré que de toutes ces milices, seuls les Résistants constituaient une force disciplinée et en mesure d’imposer cette discipline à l’ensemble du pays. De concert avec la CIA, elle décida alors de soutenir l’effort de guerre des Résistants, en leur fournissant de l’argent, des armes et des renseignements ; leur allié, Oussama Ben Laden et son organisation Al Qaïda bénéficièrent de la même assistance. Les Résistants, qui étaient cantonnés jusque là dans une poche autour de Kandahar, lancèrent alors une offensive de grande envergure qui leur permit de battre à plates coutures les Burahuddin Rabbani, Shah Messaoud et autres et à prendre le pouvoir dans tout le pays.

La coopération entre Unocal et les Résistants s’intensifia jusqu’au mois de décembre 1998, quand l’entreprise annonça avoir renoncé à la réalisation du Cent Gas Project. Mais avant d’en arriver là, l’exploitation du gaz du Turkménistan avait eu pour résultat que les Américains avaient financé et renforcé le pouvoir de ceux qu’ils allaient considérer, peu de temps après, comme leurs pires ennemis et auxquels ils allaient faire la guerre. On comprit aussi plus tard, avec l’arrivée de George W. Bush et des pétroliers texans à la Maison Blanche, que le projet Cent Gas n’était nullement abandonné et qu’il ne s’agissait en réalité que d’un report, ce que les nominations à différents hauts postes de responsabilité auxquelles il a procédées et les nombreux évènements survenus après son accession au pouvoir nous ont amplement démontré.

Condoleezza Rice nommée conseillère à la sécurité avant d’accéder au poste de secrétaire d’Etat avait été membre du conseil d’administration d’Unocal. Hamid Karzai, futur chef de l’Etat afghan, chef d’une grande tribu pachtoun, était chargé, au sein d’Unocal des contacts et négociations avec les Résistants. Zalmay Khalilzad, afghan d’origine, qui fut nommé au poste d’ambassadeur à Kaboul, avant d’être transféré plus tard, au même poste, à Bagdad et aux Nations Unies, faisait également partie du staff d’Unocal, où il s’occupait lui aussi de contacts et de négociations avec les Résistants. James Baker qui a eu la responsabilité de nombreux dossiers sensibles sous l’administration de George W. Bush, dont celui du Sahara Occidental, a fait lui aussi partie des nombreuses personnalités ayant travaillé pour Unocal.

Par ailleurs, au sein du groupe de contact d’Unocal avec les Résistants, on trouvait aussi une proche de l’ex roi d’Afghanistan Zaher Shah, Leili Helms, épouse du neveu de Richard Helms, ex patron de la CIA. D’ailleurs, les Résistants avaient leur propre mission diplomatique aux Etats-Unis, dont les bureaux se trouvaient dans le Queens à New York.

Notons aussi que c’est la fameuse société Enron, très proche du clan Bush, qui a entrepris les études de faisabilité du projet Cent Gas et que parmi ses actionnaires, on trouvait celui qui a été six années durant ministre de la défense des Etats-Unis, Donald Rumsfeld, ainsi que le haut représentant d’Etat US au commerce et actuel président de la Banque mondiale, Robert Zoellick. De son côté, le vice président d’Enron, Thomas White a été nommé secrétaire d’état à l’armée par George W. Bush.

Enfin quelques autres menus détails nous démontrent que jusqu’au 11 septembre l’option Cent Gas n’avait pas disparu de l’agenda des affaires, puisque jusqu’à cette date, une liaison téléphonique permanente avec les Résistants avait été maintenue par la division Asie du sud du Bureau de l’intelligence et de la recherche du département d’Etat ; de même, l’assistante du secrétaire d’Etat pour l’Asie du sud et ex officier de la CIA, Christina Rocca, avait rendu plusieurs visites aux représentants diplomatiques des Résistants à Islamabad.

A l’heure qu’il est, le projet est entrain de revivre une seconde vie ; aux dernières nouvelles la Maison Blanche exercerait des pressions sur les Pakistanais pour les pousser à construire un terminal gazier marin d’où serait évacué le gaz du Turkménistan.

Qu’en est-il par ailleurs des relations avec Oussama Ben Laden ?

On sait que les relations de la CIA avec les services de renseignements pakistanais, l’Inter-Services-Intelligence (ISI) ont de tous temps été sulfureuses et que celles de l’administration américaine avec le régime de Pervez Musharraf n’ont jamais été non plus très claires.

L’ex-première dame du Pakistan, Benazir Bhutto a été assassinée le 27 décembre 2007, après avoir échappée à une première tentative d’assassinat, le jour de son retour d’exil le 18 octobre. Le 2 novembre 2007, elle donnait une interview à la chaine de télévision Al Jazeera, dans laquelle elle disait qu’elle avait informé par écrit le président Pervez Musharraf de ses doutes quant à ceux qui avaient commandité l’attentat raté contre sa personne. Parmi les pistes possibles, elle a cité ce “personnage très important dans la sécurité, un ancien officier militaire impliqué avec le Jaish-e-Mohammed, l’un des groupes de Maulana Azhar ... et impliqué aussi avec Omar Sheikh, l’homme qui a assassiné Oussama Ben Laden”.

Par cette phrase Benazir Bhutto nous remémore un certain nombre de choses que l’on avait quelque peu oubliées. Tout d’abord la mort d’Oussama Ben Laden. Mort assassiné, mort dans un bombardement, mort de sa maladie chronique des reins ? Toutes ces versions ont circulé. Celle de l’ex-première ministre vient s’ajouter à celles de George W. Bush lui-même, de Pervez Musharraf, de Hamid Karzai et du FBI ; certains journaux ont même écrit que ses funérailles sont intervenues le 26 décembre 2001. Cette déclaration nous remémore aussi que de très sérieuses sources avaient, en leur temps, rapporté qu’il avait subi des dialyses rénales dans un hôpital de Peshawar sous la protection de l’ISI et probablement avec l’accord du président pakistanais. Elle nous rappelle enfin qu’il avait effectué un séjour très médiatisé à l’hôpital américain de Dubaï en juillet 2001 et qu’il avait reçu la visite du chef d’antenne locale de la CIA, Larry Mitchell.

En parallèle à toutes ces annonces de sa mort, Oussama Ben Laden s’est manifesté épisodiquement par des enregistrements audio ou vidéo, des manifestations qui ont eu lieu à des moments critiques pour George W. Bush ; on se souvient, entre autres, de son apparition dans un enregistrement vidéo à la veille des dernières élections présidentielles américaines, ce qui avait énormément aidé le président américain pour sa réélection. Benazir Bhutto était une personne respectable et probablement très bien informée ; alors Oussama Ben Laden est-il encore en vie ? Reconnaissons que, pour le moins, c’est un personnage très commode puisqu’on peut le déclarer mort ou le ressusciter selon les besoins et les intérêts du moment ! Quel extraordinaire personnage aussi, puisque les Etats-Unis d’Amérique le déclarent ennemi numéro 1 mais le traitent, tout comme le font d’ailleurs leurs alliés pakistanais, avec les égards dus à un chef d’Etat !

Quant à l’homme que Benazir Bhutto cite dans son interview, qui aurait assassiné Oussama Ben Laden, Ahmed Omar Sheikh, c’est le type même de l’agent de l’ISI, manipulateur et manipulé, qui a collaboré avec la CIA, avec les Résistants, avec Al Qaïda et avec Oussama Ben Laden lui-même.

Il est aujourd’hui prouvé que cet homme a viré, sur ordre du directeur de l’ISI de l’époque, le général Mahmoud Ahmed, la somme de 100 000 dollars sur le compte de Mohamed Atta, chef du commando qui a exécuté les attentats du 11 septembre.

Certaines sources affirment même que l’ISI seraient derrière ces attentats. Ces informations sont parfaitement connues des services secrets américains.

Tous ces éléments nous amènent à constater, qu’au nom de la recherche de pétrole et de gaz, les Etats-Unis sont disposés à accepter tous les compromis, à fermer les yeux sur tous les coups fourrés, à participer à toutes les manipulations, voire de les orchestrer. Il est tout aussi clair que c’est la position stratégique et géopolitique particulière de l’Afghanistan, entouré de zones riches en pétrole et gaz, qui constitue la véritable raison de la guerre dans ce pays et de son occupation.

Depuis 2001 l’Afghanistan n’est rien d’autre qu’un état satellite des Etats-Unis, un état pivot dans la politique d’accaparement des ressources pétrolières de la région, au seul bénéfice de l’Amérique.

Références :

 Where the quest for oil meets the war on terror, par Raffi Khatchadourian
  Afghanistan, the Résistants and the Bush oil team, par Wayne Wadsen
  Why did we invade Irak anyway ? Putting a country in your tank, par Michael Schwartz
  America at war in Macedonia, par Michel Chossudovsky
  Military bases, construction contracts and oil production in North Africa, par Jeremy Keenan
  Enregistrement vidéo de l’interview du 2 novembre 2007 de Benazir Bhutto au canal anglais d’Al Jazeera.

Hocine Malti - Algeria-Watch  

6 avril

Algeria-Watch –

Vous pouvez consulter l’intégralité de cet article à : http://www.algeria-watch.org/fr/art...

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4110


2-4 Eva Golinger : Les secrets des mercenaires Blackwater.

Blackwater est une société militaire privée US fondée en 1997. Ses activités ont débuté dans la sous-traitance de l'entraînement militaire. Après les attaques terroristes contre le destroyer USS Cole en 2000, Blackwater signe un contrat avec la Marine pour l'entraînement d'une force de protection, mais les grands contrats viendront après les attentats du 11 septembre. Depuis, ils ont travaillé notamment en Irak et en Afghanistan. Leur terrain d'action s'élargit de plus en plus.
Dans des enregistrements secrets obtenus par l’enquêteur étasunien Jeremy Scahill, le président de l’entreprise de mercenaires bien connue Blackwater, a révélé les plans pour réaliser des guerres clandestines dans plusieurs pays du monde.
Dans ces enregistrements, Erik Prince, fondateur et président de Blackwater (actuellement connu sous le nom de « Xe »), expliquait que Blackwater enverrait des mercenaires armés, embauchés par le gouvernement des USA, pour lutter contre des « terroristes » au Nigeria, en Somalie et en Arabie Saoudite.
Plus spécifiquement, l’objectif de ces missions serait de combattre l’influence de l’Iran dans la région, a confirmé Prince dans ses déclarations.
Selon Scahill, Prince a aussi révélé des informations sur les opérations clandestines que Blackwater conduit actuellement au travers de quatre bases d’ « opérations d’avant-garde » contrôlées par la société en Afghanistan. « Nous construisons quatre bases militaires, nous les équipons et les conduisons », a déclaré Prince, expliquant qu’elles sont localisées dans les régions nord, sud, est et ouest de l’Afghanistan. Une des bases réalisées par Blackwater, FOB Lonestar, est justement à moins de 10 kilomètres de la frontière avec le Pakistan. « Qui d’autre a construit une base d’opérations d’avant-garde si près de la route d’infiltration des Talibans ? », a demandé Prince, très fier de ses opérations.
Permettre à une entreprise privée de réaliser des « bases militaires » dans un pays étranger dans le contexte d’une guerre est en pleine violation de la Convention de Genève et des lois internationales qui régulent les conflits armés. Nonobstant, Washington n’a pas suspendu les opérations. A ce jour, les agences de Washington ont réalisé des contrats pour plus de deux mille millions de dollars avec Blackwater, depuis 2002.
Le président de Blackwater a aussi fait mention de son travail au Pakistan, ce qui dément la version officielle de Washington sur sa supposée absence dans ce pays asiatique. Prince a reconnu que Blackwater réalise actuellement des opérations secrètes à l’intérieur du Pakistan, financées par le Pentagone et la CIA, opérations faisant partie de la « guerre contre le terrorisme ».

http://www.michelcollon.info:80/index.php?view=article&catid=6&id=2789&option=com_content&Itemid=11



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

3-1 Rapport : "Expérimentations dans la torture".
Les médecins américains qui assistaient aux interrogatoires de la CIA après le 11-Septembre réunissaient des données médicales permettant d'affiner les méthodes de torture, une pratique qui s'apparente à de l'"expérimentation humaine", selon une organisation. 
"Il y a des preuves que les médecins calibraient la douleur infligée par les techniques d'interrogatoire et cherchaient à améliorer leurs connaissances sur ces techniques", a expliqué lors d'une conférence de presse Nathaniel Raymond,  un responsable de Phycisians for Human Rights (PHR, Médecins pour les droits de l'homme), qui a publié lundi un rapport intitulé "expérimentations dans la torture".
"Il ne s'agit de logique à la Jack Bauer (l'agent spécial de la série "24 heures chrono", ndlr), mais de médecins qui recueillent des données utilisées pour déterminer si ce qu'ils observent rentre dans la définition de la torture" telle qu'elle a été établie par le ministère de la Justice de George W. Bush, a-t-il poursuivi.  
Les auteurs du rapport ont appelé à une enquête exhaustive sur les pratiques autorisées contre les suspects de terrorisme sous l'administration Bush. Mais, comme d'autres organisations de défense des droits de l'homme, ils ont reconnu ne pas trouver "une volonté politique au Congrès ni dans l'administration de prendre en mains ces questions".
   Pour établir le rôle joué par les médecins de la CIA dans l'amélioration de l'efficacité des techniques infligées aux détenus, PHR s'est appuyé sur des documents publics révélés depuis 2008, dont une série de notes internes qui ont attesté l'usage répété de la torture contre certains détenus enfermés dans les prisons secrètes de la CIA.  
Les Etats-Unis ont théorisé au lendemain du 11-Septembre une liste de "techniques d'interrogatoires améliorées" que le ministère de la Justice a par la suite justifiées au plan légal en limitant l'appellation torture à "une souffrance mentale ou physique sur le long terme équivalente à la douleur ressentie lors de la défaillance d'un organe ou la mort".
Concrètement, PHR démontre dans son étude que les médecins ont par exemple observé que la simulation de noyade - qui a été pratiquée des dizaines de fois sur au moins deux détenus -, si elle était répétée trop souvent avec de l'eau simple comportait des risques que le détenu attrape une pneumonie. Ils ont donc recommandé le recours à une solution saline.
La différence entre la simulation de noyade pratiquée au tout début, à partir d'expériences ponctuelles sur des soldats volontaires, et après l'intervention des médecins "indique que les médecins de la CIA ont participé à la modification de la technique", affirme PHR.
   De même, dit l'organisation, les médecins ont "analysé les données récupérées lors des interrogatoires de 25 détenus soumis à une combinaison de +techniques d'interrogatoire améliorées+" et ont estimé que celle-ci ne comportait pas de contre-indications médicales majeures.
Parmi les techniques les plus connues, figure la privation de sommeil, la nudité forcée, le ligotage pendant des heures dans des positions inconfortables ou encore l'exposition à des températures extrêmes.
   Les médecins de la CIA servaient aussi de témoin, en cas de poursuites futures pour attester que les interrogateurs agissaient "en toute bonne foi", sous directives médicales et en présence d'un médecin.
   "Ce rapport est la partie émergée de l'iceberg et il est nécessaire de conduire une enquête complète, de chercher les responsabilités et d'éviter qu'une telle chose puisse jamais se reproduire", a estimé Allen Keller, médecin spécialiste des effets de la torture lors de la conférence de presse.

07 juin 2010
SOURCE : WWW.ALMANAR.COM.LB

 


3-2 Rapport : "Expérimentations dans la torture".

USA: des médecins ont pratiqué des « expérimentations humaines » pour la CIA

Quand la médecine participe à l’amélioration des techniques de torture…

Ou quand l’horreur le dispute à l’abject. Les guerres ont toujours été l’occasion de grandes avancées dans le domaine médical, il suffit de revenir 60 ans en arrière pour s’en convaincre, avec par exemple les expériences de dépressurisation faites par les nazis sur les prisonniers. Est-il légitime de chercher à élever la torture au rang de science ? Qu’en est-il du respect de la personne humaine ? Qu’en est-il de la légalité et du droit international ?

Georges W. Bush a reconnu récemment ces cas de torture sur Khalid Sheik Mohammed à Guantanamo et explique qu’il "recommencerait, pour sauver des vies". Ses mémoires devraient paraitre à l’automne prochain.

 Paru sur  Romandie News  le 7 juin 2010

Les médecins américains qui assistaient aux interrogatoires de la CIA après le 11-Septembre réunissaient des données médicales permettant d’affiner les méthodes de torture, une pratique qui s’apparente à de l’"expérimentation humaine", selon une organisation.

"Il y a des preuves que les médecins calibraient la douleur infligée par les techniques d’interrogatoire et cherchaient à améliorer leurs connaissances sur ces techniques", a expliqué lors d’une conférence de presse Nathaniel Raymond, un responsable de Phycisians for Human Rights (PHR, Médecins pour les droits de l’homme), qui a publié lundi un rapport intitulé "expérimentations dans la torture".

"Il ne s’agit de logique à la Jack Bauer (l’agent spécial de la série "24 heures chrono", ndlr), mais de médecins qui recueillent des données utilisées pour déterminer si ce qu’ils observent rentre dans la définition de la torture" telle qu’elle a été établie par le ministère de la Justice de George W. Bush, a-t-il poursuivi.

Les auteurs du rapport ont appelé à une enquête exhaustive sur les pratiques autorisées contre les suspects de terrorisme sous l’administration Bush. Mais, comme d’autres organisations de défense des droits de l’homme, ils ont reconnu ne pas trouver "une volonté politique au Congrès ni dans l’administration de prendre en mains ces questions".

Pour établir le rôle joué par les médecins de la CIA dans l’amélioration de l’efficacité des techniques infligées aux détenus, PHR s’est appuyé sur des documents publics révélés depuis 2008, dont une série de notes internes qui ont attesté l’usage répété de la torture contre certains détenus enfermés dans les prisons secrètes de la CIA.

Les Etats-Unis ont théorisé au lendemain du 11-Septembre une liste de "techniques d’interrogatoires améliorées" que le ministère de la Justice a par la suite justifié au plan légal en limitant l’appellation torture à "une souffrance mentale ou physique sur le long terme équivalente à la douleur ressentie lors de la défaillance d’un organe ou la mort".

Concrètement, PHR démontre dans son étude que les médecins ont par exemple observé que la simulation de noyade – qui a été pratiquée des dizaines de fois sur au moins deux détenus -, si elle était répétée trop souvent avec de l’eau simple comportait des risques que le détenu attrape une pneumonie. Ils ont donc recommandé le recours à une solution saline.

La différence entre la simulation de noyade pratiquée au tout début, à partir d’expériences ponctuelles sur des soldats volontaires, et après l’intervention des médecins "indique que les médecins de la CIA ont participé à la modification de la technique", affirme PHR.

De même, dit l’organisation, les médecins ont "analysé les données récupérées lors des interrogatoires de 25 détenus soumis à une combinaison de +techniques d’interrogatoire améliorées+" et ont estimé que celle-ci ne comportait pas de contre-indications médicales majeures.

Parmi les techniques les plus connues, figure la privation de sommeil, la nudité forcée, le ligotage pendant des heures dans des positions inconfortables ou encore l’exposition à des températures extrêmes.

Les médecins de la CIA servaient aussi de témoin, en cas de poursuites futures pour attester que les interrogateurs agissaient "en toute bonne foi", sous directives médicales et en présence d’un médecin.

"Ce rapport est la partie émergée de l’iceberg et il est nécessaire de conduire une enquête complète, de chercher les responsabilités et d’éviter qu’une telle chose puisse jamais se reproduire", a estimé Allen Keller, médecin spécialiste des effets de la torture lors de la conférence de presse.

Published par GeantVert

on juin 9, 2010

07 juin 2010
SOURCE : WWW.ALMANAR.COM.LB


3-3 Les "Farces armées" afghanes, selon le magazine Time.

L'hebdomadaire américain Time Magazine publie cette semaine un article à la fois très critique et très informé sur l'Armée nationale afghane (ANA). Un ton qui change de ce que l'on peut entendre auprès des sources militaires françaises, dont le discours rappelle celui des Soviétiques, tendance Commissaire politique pré-Gorbatchev, parlant de leurs camarades afghans...

Sous le titre Armed Farces, Time décrit une réalité plus prosaïque. Attention, c'est du brutal !  Former une armée nationale ? "C'est presque mission impossible. Neuf recrues sur dix ne savent pas lire le manuel d'emploi de leur fusil ou conduire une voiture, selon des formateurs de l'Otan. Le corps des officiers est fracturé par les rivalités: les vétérans de l'ère soviétique vs les anciens rebelles moudjahidines qu'ils combattaient dans les années 80, Tadjikds vs Ouzbeks, Hazaras ou Pachtounes. Les commandants volent régulièrement les soldes de leurs hommes. Les soldats rackettent les civils aux check-points et revendent au bazar , et parfois aux Résistantss, les bottes, couvertures et armes fournies par les Américains. Sans surprise, les Afghans s'enfuient quand ils voient l'armée arriver. Les recrues désertent après leur première permission, alors qu'un quart de ceux qui restent sont sous l'emprise du haschish ou de l'héroïne, selon une enquête interne de l'ANA. Un officier letton de l'Otan raconte que trois officiers afghans se sont tirés des balles dans le pied pour être évacués lorsqu'ils ont appris que leur bataillon allait être réengagé".

En avril 2010, les effectifs de l'ANA étaient de 119.400 hommes, alors que l'objectif de l'Alliance est d'atteindre 171.600 en octobre 2011. L'homme responsable de cette montée en puissance est le général américain William Caldwell. Pour y arriver, il a déjà été décidé de raccourcir la durée de formation de base des soldats afghans, qui passe de dix à huit semaines (contre quatorze pour un militaire américain). Les soldes des militaires afghans ont été augmentées : elles sont aujourd'hui de 165 dollars par mois, plus une prime de combat de 45 dollars. Un revenu attractif qui se traduit par une augmentation du recrutement et une baisse des désertions (entre 20 et 25%).

Le coût de la mise en place de cette ANA s'élève déjà à 26 milliards de dollars ! Et la somme augmente d'un milliard tous les mois...  Sans compter le coût de l'entrainement, Time assure que le simple entretien (soldes, habillement, nourriture...) revient à six milliards de dollars par an. L'impôt sur le revenu rapporte à peine un milliard au gouvernement de Kaboul...

L'armée ne parvient pas à recruter chez les Pachtounes du sud : "3% de ses effectifs, se lamentent les officiers de l'Otan". Lors du reportage de Time, sur 125 hommes d'une compagnie, seuls deux étaient des Pachtounes du sud.

L'ambition de constituer une armée de 172.000 était-elle crédible ? Certains militaires alliés interrogés par Time en doutent. Le débat oppose deux écoles : privilégier la quantité ou la qualité ? Les bataillons commandos donnent satisfaction : ils se battent bien, sont mieux payés (300 dollars) et les désertions sont très rares (2%). De son côté, le théoricien de la contre-insurrection John Nagl estime qu'il faudrait un militaire ou policier pour cinquante habitants, si l'on veut obtenir un résultat sur le terrain. Soit près de 600.000 hommes !  

Enfin, Time décrit les violentes querelles qui opposent le ministre de la Défense Abdul Rahim Wardak et le chef d'état-major de l'armée Bismillah Khan et que l'actuelle ouverture de Karzaï vers les insurgés pourrait renforcer.

Reprenant les propos anonymes de plusieurs responsables de la coaltion, l'hebdomadaire américain estime que l'armée afghane pourrait "s'effondrer comme un chateau de cartes".

 

Time magazine

 04/06/2010

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/06/...


3-4  Les Français avancent avec précaution.

Les troupes françaises avancent méthodiquement et disputent peu à peu le contrôle de la vallée de Tagab aux résistants

La guerre d'Afghanistan est une guerre de postes fortifiés et de patrouilles, de longues attentes et d'embuscades violentes, d'engins explosifs dissimulés le long des routes et d'interminables palabres avec des villageois pris en étau entre une insurrection brutale et un gouvernement corrompu et inefficace, ou tout simplement absent. Dans la vallée de Tagab, qui traverse selon un axe nord-sud la province de Kapissa, à l'est de Kaboul, les troupes françaises disputent peu à peu le contrôle de cette zone densément peuplée aux résistants.

Le gros des forces françaises en Afghanistan est rassemblé dans la brigade La Fayette. Cette brigade est constituée par deux groupements tactiques interarmes, bataillons d'environ 800 hommes dotés de tous les appuis nécessaires, de l'artillerie aux blindés. Ils sont déployés dans de grosses bases opérationnelles avancées, baptisées FOB, selon le jargon d'origine américaine repris par les militaires français, au nord et au sud de la vallée de Tagab.

Mission fastidieuse 

Depuis le Nord et la FOB de Tagab, le 21e régiment d'infanterie de marine, qui vient de relever les chasseurs alpins du 13e BCA, progresse vers le sud. Depuis le Sud et la FOB de Tora, le 2e régiment étranger de parachutistes opère en direction du nord.

Les deux unités construisent à mesure qu'elles progressent dans la vallée des avant-postes fortifiés, ou COP (pour Combat Out Post). Ces COP permettent d'empêcher peu à peu la libre circulation des résistants dans les villages du centre de la vallée, zone irriguée où la densité de la végétation et des habitations rend la manœuvre difficile et où le terrain se prête à merveille aux coups de main, caches d'armes et embuscades.

Les patrouilles succèdent aux patrouilles, les opérations aux opérations, dans un terrain éprouvant pour les hommes et les matériels. De temps à autre, un accrochage éclate, comme celui dans lequel a été tué le sergent Rygiel du 2e REP ce mois-ci. Ou bien ce sont des tirs de mortier contre les COP, comme celui qui a coûté la vie au brigadier Cocol, du 1er régiment de hussards parachutistes la semaine dernière. Les résistants ne sont pas très nombreux, mais mobiles et peuvent se rassembler pour monter une opération avant de se disperser. «On tombe au maximum sur une quarantaine d'individus, souvent moins, explique le lieutenant-colonel Meunier, chef des opérations du REP.

Mais ils sont assez nombreux pour créer un cercle vicieux, si l'on riposte de façon disproportionnée.»

La méthode des troupes françaises, lente et frustrante, consiste à avancer progressivement, méthodiquement, en évitant de tirer sans discernement et de multiplier les victimes civiles, et à tenir le terrain pour permettre le déploiement de l'armée et, enfin, de la police afghane. Cette mission fastidieuse a jusqu'à présent plutôt bien réussi dans le secteur français. La doctrine du général McChrystal, consistant à cesser de faire la chasse aux résistants dans les montagnes pour se consacrer à l'Afghanistan «utile», les vallées où se concentre l'essentiel de la population, a été appliquée par les Français avec un certain succès. Mais elle se heurte aux difficultés propres à l'Afghanistan, où l'insurrection est multiforme, faite de vendettas locales et de rivalités de villages, de combattants locaux et de résistants venus des provinces voisines ou des zones tribales pakistanaises.

23/06

AP



4 Annexe

4-1 Discours de Rasmussen à L'Otan : L’Afghanistan « est sur la bonne voie », …

Le 1er juin, le secrétaire général de l’OTAN, M. Anders Fogh Rasmussen, a pris la parole à la session de printemps de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, qui se tenait à Riga (Lettonie). Il a parlé de l'importance de la mission de l'Alliance en Afghanistan et de l'orientation stratégique à long terme de celle-ci.  

Extraits
«[...] Je veux, en particulier, de parler avec vous de la priorité actuelle de l'Otan, l'Afghanistan, et comment vous pouvez aider à faire de notre engagement un succès.[...]

Neuf ans ont passé depuis que les premières forces internationales ont été déployées en Afghanistan.  Et il n'est pas surprenant qu'il y ait des doutes au sujet de cette mission aujourd'hui. Au fur et à mesure que nous nous éloignons du 9 / 11, de plus en plus de gens se demandent si notre sécurité est vraiment touché par ce qui se passe en Afghanistan. Ils se demandent si le prix que nous payons en vaut la peine. Et ils se demandent si ce combat peut réellement être gagné.  

Je comprends très bien ces questions. Mais comme la plupart des gens dans cette salle, je suis un homme politique. Je crois fermement qu'il est de notre responsabilité, en tant que politiciens, de diriger. Pour expliquer à nos populations ce que nous devons faire ensemble.

Et sur cette opération, mon avis est très clair. Cette mission doit réussir. Elle peut réussir. Et si nous sommes résolus, elle va réussir.

Elle doit réussir parce que l'Afghanistan est toujours en première ligne dans la lutte contre le terrorisme international. Il y a moins dix ans, l'Afghanistan était le camp d'entraînement des terroristes internationaux de plus d'une douzaine de pays. Quand les résistants ont été renversés, ils ont perdu ce havre de paix. Mais ils se battent maintenant pour le récupérer.

Est-ce important?

Permettez-moi de vous poser cette question: combien de personnes auraient trouvé la mort il y a quelques semaines à Times Square si la voiture piégée avait explosé? [Eh? on a déjà quitté l'Afghanistan?? RM] Combien de citoyens de combien de pays à travers le monde en auraient été victimes? Nous avons tous eu beaucoup de chance que cette bombe n'ait pas explosé£. Mais il ne faudrait pas être aveugle sur ce que cela signifiait.

 

Le fait est que si nous quittions prématurément l'Afghanistan, les Résistants seraient de retour. Et avec eux Al-Qaïda. Le terrorisme se propagerait à travers l'Asie centrale et en Europe. L'instabilité se propagerait au Pakistan voisin [Ce Pakistan si stable actuellement-RM].  -  le Pakistan qui possède l'arme nucléaire - et à l'ensemble de la région Et nous serions une fois de plus face à des attaques dans nos aéroports, dans nos métros et dans nos rues. C'est un coût que nous ne pouvons tout simplement nous permettre. 

L'autre côté de la médaille, c'est ce à quoi ressemblera à l'Afghanistan, si nous maintenons le cap, et terminons le travail que nous avons commencé. Le terrorisme ne trouverait plus de havre, plus d'abri sûr, et plus d'inspiration en Afghanistan. Les Afghans - y compris les femmes et les filles - auraient plus de liberté politique, plus d'éducation et de meilleurs soins de santé que jamais auparavant. Et l'Afghanistan deviendrait un symbole puissant de la région, et au-delà, que le changement est possible. [Et tout le monde pourra enfin reprendre ses cutters et liquides explosifs - tel le dentifrice- en voyageant en avion. L'émotion nous étreint - RM] 

Certains d'entre vous sont peut-être en train de se dire : Jolie vision, Secrétaire général. Mais nous avons vu les titres des journaux ces dernières semaines, des attaques des résistants sur nos troupes et nos bases.

Est-ce que le succès est possible? Est-ce qu'on peut y arriver ?

Ma réponse est simple: oui. Cette mission peut réussir. Malgré la diffusion continue de mauvaises nouvelles, il y a des progrès réels accomplis vers la rencontre du véritable objectif de notre mission.

Cet objectif est politique. Changer les fondements politiques dans les principaux domaines stratégiques de l'Afghanistan. Marginaliser les éléments les plus extrêmes. Isoler du reste de la population ces terroristes qui ne déposeront jamais les armes. Renforcer le gouvernement élu. Cela donnera aux citoyens une vie meilleure.

Notre stratégie pour atteindre cet objectif est actuellement déployée dans le centre de Helmand Central et à Kandahar. C'est le coeur du pays Taliban. Ils savent que s'ils perdent le soutien là-bas, ils le perdent là où cela les frappe le plus. Alors, ils se défendent - minant les routes pendant la nuit et terrorisant la population locale. Voilà pourquoi cela va lentement.

Mais cela va dans la bonne direction. Pour la première fois, les dirigeants politiques locaux se réunissent pour choisir librement leur propre avenir. 3000 enfants, parmis lesquels de nombreuses filles, sont maintenant dans les écoles nouvellement construites. Les marchés sont en plein essor. Et les gens ont de plus en plus  confiance pour sortir et voyager sur les routes.

Cela prendra plusieurs mois avant que nous ne sachions si ce progrès est irréversible. Cela dépendra pour beaucoup de savoir si le gouvernement afghan pourra s'acquitter de ses responsabilités envers son propre peuple, et nous les aidons à le faire. Mais les premiers signes sont que notre stratégie peut marcher, et qu'elle marche. 

Ceci m'amène à mon dernier point: si nous gardons le cap, nous aqllons réussir. La feuille de route politique à venir est déjà claire.  [...]

 Les choses bougent, et dans la bonne direction. C'est pourquoi ce n'est pas le moment de vaciller. Ce n'est pas le moment de donner aux Taliban l'idée fausse que nous pouvons être chassés. C'est le temps d'envoyer un signal clair - que nous resterons aussi longtemps qu'il le faudra pour terminer le travail.

Le récent déploiement de troupes envoie ce signal. Nous avons maintenant les forces combattantes dont nos commandants besoin. Mais il nous manque encore quelques centaines de formateurs. Et j'en appelle à vous tous pour, de retour dans vos capitales, voir ce que vous pouvez faire pour combler cette lacune.

 C'est très simple. Le plus tôt nous former les forces afghanes [les farces armées afghanes...], le plus vite ils pourront prendre l'initiative. Nous avons besoin d'investir un peu plus maintenant, afin que nous puissions, dans un proche avenir, commencer à faire moins. [...]»

Original et intégral sur http://www.nato.int/cps/en/natolive/opinions_63981.htm




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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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