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04/07/2010

n°540 - Dossier de Palestine - 02-07 : Suite : - Une riposte au crime commis à l'encontre de la flottille de liberté.


 n°540  - Dossier de Palestine - 02-07 : Suite : - Une riposte au crime commis à l'encontre de la flottille de liberté.



       L'information est une arme au service de la paix. Sa diffusion est un acte de résistance

                 Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre

Les médias occidentaux dans leurs larges majorités ont de tout temps accepté les versions de l'armée israélienne et ferment les oreilles aux autres sources 



Dossier de Palestine

n°540                                                     02-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal  

a) sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 

c) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

d) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens...

c) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire

2-5 Suma Baroud : Message d’une mère de Gaza : nous étreignons l’espoir.

2-6 Kara Newhouse : Une veuve pleure, une armée ment.

2-7 Rami Almeghari : La situation à Gaza : frustration et détermination.

3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

3-1 Boycott

1 Des intellectuels israéliens appellent au boycott d’Israël 

2 Stephane Hessel : "Les citoyens du monde doivent réagir là où les gouvernements ont échoué".



2-5 Suma Baroud : Message d’une mère de Gaza : nous étreignons l’espoir.

Sans l’espoir, il n’y aurait plus que le bruit des bombes, la poussière des décombres, et des images d’horreur et de douleur. Nous méritons mieux que cela, et nous ne cesserons notre combat que lorsque notre terre et notre peuple seront libres.
Ce texte est une version révisée et traduite d’un discours initialement prévu pour être prononcé lors d’une initiative de l’UNRWA à Gaza, mais qui a été refusé par l’organisateur des Nations-Unies comme étant « trop politique ».
Le siège israélien sur Gaza, qui avait pour objectif de nous affaiblir, nous a rendu en réalité plus forts. Il devait briser notre volonté, il a renforcé notre détermination. Il voulait nous humilier, mais il nous a rendus encore plus fiers.
En fait, la bêtise d’Israël et son arrogance même ont tonifié notre cause dans la conscience du monde, comme si
la Nakba (la Catastrophe de 1947-48) était arrivée tout juste hier. La fatuité d’Israël a aveuglé ses dirigeants qui ne savent lire notre histoire et en tirer des leçons ; car s’ils l’avaient lue, ils y auraient découvert la simple vérité : 62 ans ont passé depuis la Nakba, et pourtant, chaque jour, notre détermination grandit d’un jour nouveau de résistance, comme grandit la solidarité que nous avons recueillie partout dans le monde.
C’est une erreur de dire que la bande de Gaza subit un siège depuis près de quatre ans, pour un siège prolongé qui est imposé sur Gaza - sur
la Palestine - depuis 62 ans. Pourtant, nous avons survécu et grandi toujours plus déterminés, d’autant plus que nos amis et partisans se sont levés et continuent de se tenir à nos côtés. Grâce à leur solidarité, notre sumud (notre ténacité) n’a pas faibli pendant des générations.
Ici, à Gaza, nous avons été encouragés par des millions de personnes dans le monde qui sont descendues dans la rue pour nous soutenir et protester devant la brutalité de nos bourreaux. Des personnes, des communautés entières, des ONG et de nombreuses universités se sont déclarées opposées à une guerre gratuite contre une population largement sans défense. De quelle plus grande preuve aurions-nous besoin que ces milliers de militants, de toutes nationalités, ethnies, confessions et origines, qui traversent les mers et les continents pour venir à notre secours ? Certains d’entre eux ont été assassinés, dans la violence, ayant la conviction que le siège doit être levé et
la Palestine libre
Nos cœurs saignent et nos yeux pleurent pour ceux qui ont été tués en haute mer et qui, jamais plus, ne rallieront le sol de
la Palestine. Ils ont touché nos cœurs et nos âmes et ils vivront dans notre mémoire, à jamais.
Ma fille fut l’une des rares enfants très chanceuses qui réussirent à voler un moment de paix et à rompre ce siège injuste, même si ce ne fut que pour bien peu de semaines. Grâce au Centre Carter pour les droits humains (de l’ancien président états-unien Jimmy Carter), mon enfant, avec quelques autres, a pu franchir les frontières de l’oppression et de l’inhumanité pour un monde qu’elle savait exister, mais qu’elle n’avait jamais eu la chance de voir.
Mais en visitant les nombreux sites magnifiques des Etats-Unis, ces enfants emportaient avec eux les images de corps déchiquetés, de maisons explosées, d’arbres déracinés ; des nouveaux camps de réfugiés érigés par les anciens camps de réfugiés. Elles ont été privées de leur enfance, d’un moment serein dans un parc de Gaza, d’une marche sans fin sur la plage de Gaza. Combien il est injuste que ces enfants puissent vivre leur vie entière en devant simplement se rappeler ces deux semaines passées aux USA, comme le plaisir d’une vie qu’elles ne pourront jamais revivre, plus jamais. Et que dire des centaines de milliers d’autres enfants qui ne pourront même pas profiter de ce répit temporaire ?
Mais je dois dire que lorsque mon enfant est revenue des Etats-Unis et qu’elle a commencé à raconter ses aventures, nous avons tous vécu un moment de liberté. La gentillesse dans la voix de ceux qu’elle rencontrait, et les maintes et maintes fois où lui fut rappelé que
la Palestine est dans leurs cœurs, les mots ne suffisent pour l’exprimer. C’est comme cela que nous savons que nous ne sommes pas seuls.
Quel merveilleux moment ce fut pour ma fille quand elle rencontra la famille de Rachel Corrie, cette jeune fille états-unienne de 20 ans qui est morte pour Gaza.
Mais alors que ma fille allait revenir, j’étais inquiète. Je craignais qu’elle fasse à son retour des comparaisons entres la liberté infinie de l’Amérique et la prison à ciel ouvert de Gaza, et qu’elle ne se sentît écrasée. Mais je suis si heureuse et si fière que ma fille, Dalal, soit revenue en amenant en elle toute la détermination du monde, une obstination pour le droit de Gaza à vivre dans la même liberté que l’Amérique ; si fière de son identité palestinienne, de ses racines, de sa foie et de son histoire. L’Amérique a donné à ma fille davantage d’espoir, a élargi son horizon et son imagination, mais Palestinienne inflexible de Gaza elle reste.
Merci à l’UNRWA, et surtout à vous Mr John Ging, pour son dévouement pour Gaza, et à vous tous qui continuez de vous tenir à nos côtés durant ces temps difficiles. Un jour, Gaza et
la Palestine seront libres, et je n’aurai que des images heureuses et des mots de bonheur à vous transmettre. Jusqu’à ce que ce jour arrive, nous nous tiendrons ici, aux yeux du monde, exigeant notre humanité, nos droits, notre liberté ; nous continuerons d’étreindre l’espoir parce que sans lui, il n’y aurait plus que le bruit des bombes, la poussière des décombres, et des images d’horreur et de douleur. Nous méritons mieux que cela, et nous ne cesserons notre combat que lorsque notre terre et notre peuple seront libres.

Suma Baroud   

Mme Suma Baroud est médecin à Gaza et mère de six enfants. Elle est la sœur de l’écrivain, Ramzy Baroud.

23 Juin 

Source: Info Palestine


2-6 Kara Newhouse : Une veuve pleure, une armée ment.

"La semaine dernière, Palestine Monitor relatait comment la police israélienne a abattu Ziad Jilani, habitant de Shu’fat de 39 ans, dans le quartier Wadi Joz de Jérusalem-Est.

À présent, sa veuve, citoyenne américaine, se penche sur la vie et la mort de son mari ainsi que sur le chemin qu’il lui a fait parcourir"

Une veuve pleure, une armée ment

Moira Jilani se rappelle précisément ce qu’elle a vécu, "J’étais heureuse ce jour-là. Nous allions sortir faire la fête, parce que les enfants avaient terminé les examens la veille", me dit-elle dans la maison son beau-frère, chez qui elle passe ses journées depuis la mort de Ziad, le 11 juin. "Nous étions en train de faire du ménage et de nous débarrasser des vêtements d’hiver. Nous avions mis la musique fort, les filles dansaient. Nous étions prêtes à partir."

"Quand Aya [sa nièce] est venue frapper à la porte, elle pleurait, elle avait tout le visage inondé de larmes. Elle a dit : ’Ma maman te demande. Viens tout de suite’. J’ai dit : ’Aya, Aya, c’est Ziad ?’. Elle n’a rien dit. Elle n’a pas rien pu dire. J’ai su qu’il était mort."

Moira n’est au bord des larmes qu’une seule fois au cours de notre entrevue de trois heures.

La plupart du temps, la colère l’emportant sur l’émotion, elle parle d’une voix métallique de l’assassinat de Ziad et de l’injustice qu’il représente d’une façon plus générale. "Un soldat a abattu un gars aujourd’hui. Quelles sont les autres nouvelles ? C’est comme çà que tout le monde entier voit çà", dit-elle. "Tous les jours, on entend quelque chose du genre, mais cette fois, çà ne va pas passer inaperçu. Mon mari, il a été tué brutalement. Si vous entendiez dire que quelqu’un a fait çà à un chien, vous pleureriez. Mais entendre qu’on l’a fait à un être humain…". Sa voix se brise.

Les sœurs de Jilani ont qualifié la mort de leur frère d’inutile, en soulignant que s’il avait commis un crime, la police aurait dû l’arrêter et mener une enquête. À la place, les agents lui ont tiré dans la tête à bout portant alors qu’il était à terre, déjà blessé par balles. Au départ, Haaretz a présenté ce meurtre comme la conséquence d’une "attaque terroriste présumée" et dit que Jilani avait apparemment heurté trois agents de la police des frontières avec son camion, mais l’article de mercredi d’Amira Hass énumère d’autres explications possibles de l’incident : alors que la circulation était intense et que des piétons revenaient de la prière du vendredi, des témoins ont signalé avoir vu des gens jeter des pierres sur les agents de police. Selon certains, ces pierres ont atteint la voiture de Jilani et lui ont fait faire une embardée. Des milliers de Palestiniens ont afflué dans le quartier de Shu’fat, où habitait Jilani, dans les deux jours qui ont suivi sa mort. Jilani n’appartenait à aucun mouvement politique, mais il a été prestement étiqueté "Shaheed (martyr) Ziad Jilani." sur les affiches.

"En anglais, quand les gens pensent ’martyr’, ils se disent ’il est allé à la guerre, il est devenu martyr’ ", dit Moira. "Non. Il n’est pas allé à la guerre. Il est mort d’une mort islamique, sans armes. Il n’avait même pas un crayon pour se défendre. Par ici, un crayon est considéré comme une arme."

"Par ici" est bien loin des pays d’origine de Moira, les USA et la Barbade. Elle a rencontré Ziad au Texas au début des années 1990, alors qu’elle dirigeait une pizzeria de la chaîne Sbarro. Il faisait des études à l’université Texas A&M. "Nous avons été inséparables depuis le jour où nous nous sommes rencontrés", dit-elle. "Mon mari était que le genre d’homme qu’on a envie de connaître rien qu’en le voyant. Ses yeux racontaient une histoire. Pour moi, ils dansaient."

Six mois après avoir épousé Ziad, Moira était enceinte et est allée pour la première fois en Palestine pour le mariage de son beau-frère. ’J’étais très hésitante quand nous sommes arrivés ici, parce que jusque là, tout ce que j’avais vu dans la presse, c’était que les Palestiniens jetaient des pierres et ce genre de choses — j’étais très influencée par la propagande", dit-elle.

Elle est vite tombée amoureuse de la patrie de son mari, et le couple a décidé de rester à Shu’fat. "Je ne parlais pas un mot d’arabe, mais j’ai le bonheur d’avoir une merveilleuse famille autour de moi.", explique Moira. "Mes enfants ont tellement d’oncles, tellement de tantes, tellement de cousins. Ils se voient tous les jours, ils passent les voir. Ce n’est pas comme la vie en Amérique où ce sont juste des amis [que voient les enfants]. Je n’avais jamais vécu le bonheur d’avoir une famille si nombreuse et aimante. C’était merveilleux."

Depuis la mort de Ziad, cette très grande famille et le petite habitation qu’elle occupe ont pris encore plus d’importance. La veille [de notre entrevue], Moira a trouvé sa deuxième fille, Mirage, en train de pleurer sur des photos de son père. L’adolescente a dit à sa mère qu’elle avait peur d’oublier son père. Moira a répondu : "Déjà ? Il vient de mourir. Ne t’en fais pas, personne ici ne te laissera oublier ton père".

La famille sourit en racontant ses voyages à Jéricho, quand Ziad emmenait ses filles et leurs cousins conduire son camion sur une route déserte. "Nous allions y faire des barbecues avec toute la famille. Tous les enfants voulaient venir rien que pour qu’il les fasse conduire — même les voisins", raconte Moira.

L’entrée de Moira dans la famille Jilani a changé sa façon de voir le monde bien avant qu’un policier israélien ne tue son mari. Elle raconte comment elle a réagi devant le traitement discriminatoire qu’a reçu Ziad à l’aéroport Ben Gurion la première fois qu’ils sont venus dans sa patrie occupée : "J’ai été choquée. J’avais parcouru le monde, mais jamais avec un Palestinien. Çà m’a ouvert les yeux".

Moira revient plusieurs fois sur l’oppression israélienne des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza ainsi qu’à Jérusalem-Est, et Moira jure de ne pas laisser la mort de son mari passer aux pertes et profits. "Je dirai à qui veut l’entendre que ses impôts servent à payer les balles qui ont traversé la tête de mon mari. Qu’ils servent à payer pour que les avions aillent bombarder Gaza."

Les autorités israéliennes ont dit à Moira qu’elles mènent une enquête interne sur la mort de son mari. Mardi, elles ont confisqué l’ordinateur portable de son mari. On ne lui a pas remis de rapports médicaux sur son mari, et on ne lui a pas dit où se trouve son véhicule, qui contient peut-être des preuves confirmant les témoignages selon lesquels des pierres l’ont empêché de conduire normalement. Moira, dit-elle, a engagé des poursuites judiciaires sur la mort de son mari. Elle refuse d’entrer dans les détails mais affirme qu’elle n’acceptera pas de règlement à l’amiable. Ce combat continuera à définir sa vie.

"C’est la patrie de mes enfants. Elles devraient pouvoir y vivre en liberté. J’aime tant ce pays que je suis prête à y rester et faire le sacrifice d’une vie facile. Mon mari, hamdi’lillah (dieu merci), le chemin qu’il m’a fait parcourir… j’adore ce chemin. Je n’imaginais tout simplement pas qu’il allait prendre fin si vite.

(Kara Newhouse, Palestine Monitor)

Traduction : M.C.

publié le samedi 26 juin 2010.

http://www.palestinemonitor.org/spip/spip.php?article1457


2-7 Rami Almeghari : La situation à Gaza : frustration et détermination.

A quelques kilomètres de l'endroit où l'armée israélienne a attaqué la côte de Gaza, une coalition de 27 organisations féminines ont tenu une fête pour célébrer la Journée internationale des Femmes. Organisé par le Centre des Affaires des Femmes basé à Gaza ville, l'événement, intitulé "Les femmes de Gaza bravent le siège israélien", a eu lieu à l'Hôtel de la Plage, au bord de l'eau.

La salle qui surplombe la côte est pleine de douzaines de participantes et de plusieurs stands qui vendent divers produits.
Une femme vent des robes traditionnelles, alors qu'une autre propose des plats palestiniens qu'elle a préparés, et une autre offre des accessoires et articles ménagers faits maison.
Reem Elneerab, organisatrice de l'exposition, dit que le festival d'aujourd'hui est "exceptionnel parce qu'il a lieu pendant un siège étouffant", imposé par Israël depuis juin 2007. "L'exposition veut exprimer le message de ténacité des femmes de Gaza qui, en dépit du bouclage et des mesures d'Israël, font preuve de plus de créativité et de capacité à tenir", explique-t-elle.
Donya Al-Amal Ismail, journaliste locale qui participe à la fête, croit qu'une telle manifestation "aide les femmes à exprimer leur talent et leur créativité d'une façon qui montre un aspect important de la société palestinienne à Gaza, en dépit de la souffrance sans fin de la population". Elle ajoute que l'exposition a dû faire face à de nombreux problèmes cette année, dont "le manque de matières premières et l'incapacité des gens à faire des achats dans ces temps si difficiles."
Les sentiments d'Ismail trouvent un écho à
la Zakher, Société des femmes pour l'artisanat et les textiles, qui tient un stand. Reem Al-Haddad dit qu'elle a installé ses produits dès les premières heures du matin, mais que les visiteurs regardent, mais n'achètent pas.
Elle sourit et explique que "quand je regarde dans les yeux de mes clients, je comprends qu'ils voudraient acheter, mais qu'ils ne peuvent pas se le permettre. La situation affecte leur capacité à faire des achats."
Après que le Hamas ait pris le contrôle de Gaza en juin dernier, Israël a imposé un blocus économique très dur sur la région côtière. Selon l'UNRWA, l'agence des Nations Unies pour les Réfugiés palestiniens, plus de 80% des 1,5 million d'habitants de Gaza dépendent entièrement de l'aide fournie par l'organisation.
Comme l'observe Mme Al-Haddad, beaucoup de Palestiniens veulent participer à des événements comme la fête de
la Journée des Femmes et acheter quelques objets artisanaux, cependant, elles n'ont pas l'argent pour les acheter. A cause du siège, même l'achat de produits de base comme le pain est devenu difficile.
Aujourd'hui, les industries de Gaza ont été obligées de fermer, à cause du manque de matières premières et de la fermeture des frontières par Israël, laissant plus de 70.000 travailleurs sans emploi.
Près des stands de produits artisanaux et de nourriture, la section locale du Comité pour Briser le Siège organise une procession funéraire symbolique pour les usines de Gaza. La procession a attiré des centaines d'hommes, qui ont marché à travers le quartier Kateeba, à Gaza ville.
Voilà la situation à Gaza aujourd'hui : au milieu du siège et des attaques continus israéliennes, les Palestiniens ressentent un mélange de frustration et de détermination à continuer à vivre leurs vies.

Rami Almeghari

Source : IMEMC

Traduction : MR pour ISM

22-03-2008



3 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion.

Ndlr : PS : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

3-1 Boycott

1 Des intellectuels israéliens appellent au boycott d’Israël 

Un groupe d’intellectuels juifs israéliens a œuvré à élargir la campagne mondiale de boycott d’Israël, en vue de l’amener à changer sa politique envers les Palestiniens, à arrêter toutes les formes d’oppression et de persécution à leur encontre, et à conclure la paix avec eux.
Matan Cohen, chef de file de la campagne mondiale de boycott des universités israéliennes, a déclaré "qu’il existe près de 100 organisations dans le monde qu’il a réussies, avec ses compagnons, à  mobiliser afin de boycotter les universités israéliennes". Cette campagne rencontre un franc succès particulièrement aux Etats-Unis. Pour Matan Cohen, "les crimes de guerre commis par les gouvernements israéliens contre les Palestiniens nécessitent une forte dissuasion de par le monde, et il n’y a pas mieux qu’une action israélienne déclarée pour les combattre". Et de poursuivre : "le ministre israélien qui contribue aux crimes de guerre est illégitime. Et l’université qui entretient des relations normales avec Israël est, elle aussi, illégitime".
Un autre groupe d’intellectuels israéliens agit à travers Internet pour convaincre des groupes musicaux occidentaux de ne pas se produire dans des concerts en Israël. Au cours des dernières semaines, trois groupes ont été persuadés d’y annuler leurs présentations. Un maître de conférences de mathématiques, et l’un des instigateurs de la campagne, a souligné : "nous nous sommes adressés à ces groupes à travers Facebook, en nous présentant comme des militants des droits de l’Homme en Israël ; nous les avons interrogés, comment ils acceptent de venir chanter en Israël à l'heure  où l’armée israélienne commet des crimes contre les Palestiniens, et ceux qui les soutiennent".  
Un autre professeur israélien de mathématiques, membre de cette campagne, a souligné "qu’Israël a prouvé qu’il se plie facilement aux pressions internationales. C’est pour cela, qu’on essaie de mobiliser le monde contre les crimes israéliens jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent, et nous avons , pour ce faire, des soutiens  de par le monde". Selon  les membres de la campagne, "il y a des actions qui sont menées, sans être ébruitées dans les médias, comme celle des hommes d’affaires israéliens ou d’hommes politiques qui ont fait l’objet d’un traitement humiliant à l’étranger, ou le boycott des marchandises des colonies qui a commencé en Israël, et s’est répandu, a posteriori, en Europe".
Un Juif britannique, professeur de son état, a suscité un grand bruit en Israël, à travers des actions analogues. Interrogé sur ses actions à travers lesquelles il cherche à prouver qu’Israël a commis des crimes de guerre pendant la dernière guerre contre Gaza, il a répondu "qu’il s’agit là d’une forme de défense d’Israël qu’il aime", en ajoutant : "moi, je veux sauver Israël de ses dirigeants. Ces derniers montrent Israël comme un Etat de guerre qui ne connaît pas la morale, ni les valeurs. Un Etat qui nuit à ses voisins et est responsable d’effusions de sang.  Ces caractéristiques ont accompagné par le passé le régime d’apartheid jusqu’à sa chute. Israël ne changera pas sa politique, sauf s’il constate que le monde entier se dresse contre lui, et est prêt à lui faire subir des pressions économiques". Et de poursuivre : "Si l’on est rassuré que cette action n’inspire pas inquiétude, et qu’elle ne concerne que quelques centaines d’individus, notre assurance n’est pas à sa place. Le boycott d’Israël prend une ampleur inquiétante. Soit, vous sortez dans la rue contre le gouvernement pour en préparer la chute, soit vous supportez les conséquences de la politique de boycott".
 

aawsat.com -

15/06/2010

http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/des-intellectuels-israeliens-appellent-au-boycott-disrael/id-menu-957.html


2 Stephane Hessel : "Les citoyens du monde doivent réagir là où les gouvernements ont échoué".

"Les citoyens du monde doivent réagir là où les gouvernements ont échoué" :

Article de Stephane Hessel, 95 ans, survivant de l’Holocauste, militant des droits de l’Homme, diplomate.

"L’attaque illégale et immorale d’Israël contre le convoi d’aide humanitaire de la Flottille de la Liberté, qui a fait au moins neuf morts et des dizaines de blessés, a, à juste titre, stupéfié le monde. Le convoi entièrement civil de 6 bateaux transportait plus de 10 000 tonnes d’aide humanitaire cruellement nécessaire, et près de 700 citoyens de 40 pays. La Flottille était une tentative ambitieuse de briser le siège imposé par Israël depuis 2007 à 1,5 million de Palestiniens de la bande de Gaza occupée. Avec à son bord d’éminents parlementaires, chefs religieux, écrivains, journalistes, un Prix Nobel de la Paix et un survivant de l’Holocauste, le convoi humanitaire visait non seulement à fournir des secours à Gaza ; il cherchait à attirer l’attention internationale sur la crise humanitaire imposée aux habitants de Gaza et sur l’impératif d’y mettre fin. Il est indéniable que ce dernier objectif a réussi, mais avec des conséquences tragiques.

L’attaque israélienne contre le convoi d’aide non armé dans les eaux internationales a été « une violation [flagrante] du droit international humanitaire, du droit international maritime, et [selon la plupart des interprétations] du droit pénal international », pour reprendre les mots de Richard Falk, professeur de droit international et rapporteur spécial des Nations Unies sur les Droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés. Il est triste de constater que les gouvernements du monde sont devenus depuis trop longtemps complices ou apathiques envers les crimes d’Israël et ont renforcé sa culture de l’impunité, sous le bouclier de soutien incontestable des États-Unis. Malgré sa condamnation initiale, le gouvernement des Etats-Unis a fait pression sur les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, à nouveau, pour adopter un langage ambigu qui allège Israël de toute responsabilité et renvoie dos à dos l’agresseur et la victime.

Typiquement, le gouvernement israélien a accusé les victimes de son raid d’avoir attaqué les soldats israéliens, prônant la « légitime défense ». L’éminent expert juridique et directeur du Centre de droit international de Sydney à l’Université de Droit de Sydney, le professeur Ben Saul, réfute carrément l’affirmation d’Israël en argumentant : « Juridiquement parlant, les forces militaires gouvernementales qui arraisonnent un bateau pour le capturer illégalement ne sont pas traitées différemment d’autres criminels. Le droit à la légitime défense dans de telles circonstances est du côté des passagers à bord : une personne a légalement le droit de résister à sa propre capture, enlèvement et détention illégaux. » Il ajoute que « si les forces israéliennes ont tué des gens, ils n’ont pas seulement enfreint le droit humain à la vie, mais ils peuvent aussi avoir commis de graves crimes internationaux. Selon l’article 3 de la Convention de Rome pour la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime de 1988, c’est un crime international, pour toute personne, de saisir ou d’exercer un contrôle sur un navire par la force, et c’est aussi un crime de blesser ou tuer une personne dans le processus. »

Malgré la déclaration du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon appelant à mettre fin au siège illégal de Gaza par Israël, le Conseil de sécurité n’a pas réussi à appeler à la fin inconditionnelle du blocus, autorisant ainsi Israël à commettre en toute impunité de graves crimes de guerre, également bien documentés dans le rapport Goldstone des Nations Unies.

L’absence d’action significative de la part des gouvernements pour rendre Israël responsable devant le droit international laisse ouverte une voie pour les citoyens de conscience : celle de prendre eux-mêmes cette responsabilité, comme cela a été fait contre l’apartheid en Afrique du Sud. Les initiatives non-violentes menées par les citoyens, dont la Flottille et les multiples campagnes de boycott et de désinvestissement dans le monde entier sont des exemples, présentent la façon la plus prometteuse de surmonter l’échec des gouvernements du monde à résister à l’intransigeance et au comportement débridé d’Israël. En attaquant de façon flagrante le bateau humanitaire, Israël a provoqué par inadvertance une prise de conscience et une condamnation sans précédent non seulement de son siège fatal de la bande de Gaza, mais aussi du contexte plus large des pratiques de l’occupation israélienne dans les Territoires palestiniens, de sa négation des droits des réfugiés palestiniens et de sa politique d’apartheid contre les citoyens indigènes « non-juifs » d’Israël.

La Flottille de la Liberté rappelle le genre d’initiatives de solidarité de la société civile qui a mis fin aux lois de ségrégation aux États-Unis et à l’apartheid en Afrique du Sud, une analogie impossible à ignorer. Comme pour le régime d’apartheid en Afrique du Sud, la réaction d’Israël a été de qualifier cet acte non-violent de « provocation intentionnelle ». Comme dans le cas de l’Afrique du Sud, l’appel à la solidarité internationale, sous forme de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) provenait d’une écrasante majorité de syndicats et d’organisations de la société civile palestinienne en 2005, et est en train d’être adopté par des citoyens de conscience et des mouvements sociaux du monde entier. L’initiative BDS appelle à isoler efficacement Israël, ses institutions complices économiques, universitaires et culturelles, ainsi que les entreprises qui profitent de ses violations des droits de l’Homme et de ses politiques illégales, aussi longtemps que ces politiques continueront.

Je crois que l’initiative BDS est une stratégie morale qui a démontré son potentiel de réussite. Plus récemment, la Deutsche Bank allemande a été la dernière de plusieurs institutions financières et grands fonds de pension européens à se désinvestir du fabricant d’armes israélien Elbit Systems. La semaine dernière, deux chaînes majeures de supermarchés italiennes ont annoncé un boycott des produits provenant des colonies illégales israéliennes. Le mois dernier, les artistes Elvis Costello et Gil Scott-Heron ont annulé leurs représentations en Israël. Inspirée de la lutte populaire anti-apartheid sud-africaine, la génération actuelle d’étudiants dans les campus universitaires appelle activement leurs administrations à adopter des politiques de désinvestissement.

Je soutiens les mots sincères de l’écrivain écossais Iain Banks qui, en réaction à l’attaque atroce d’Israël de la Flottille de la Liberté, a suggéré que la meilleure façon pour les artistes, écrivains et universitaires internationaux de « convaincre Israël de sa dégradation morale et de son isolement éthique » est « tout simplement de ne plus rien avoir à faire avec ce gouvernement criminel. »

Stéphane Hessel

*Stéphane Frédéric Hessel est un diplomate, ancien ambassadeur, résistant français et agent du BCRA. Né en Allemagne, il obtint la nationalité française en 1937. Il a participé à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

(Publié par le Huffington Post).

(Publié en anglais sur http://www.huffingtonpost.com/stephane-frederic-hessel/gaza-flotilla-global-citi_b_612865.html).

CAPJPO-EuroPalestine

Publié le 16-06-2010

http://www.europalestine.com/spip.php?article5188



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