Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

07/07/2010

n° 52 - Les dossiers 'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN - 05-07-: Fin :- Les talibans soutenus par les services secrets pakistanais ?

n° 52 - Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN - 05-07-: Fin :- Les talibans soutenus par les services secrets pakistanais ?



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Les  dossiers  'Géopolitique, Réflexion & Stratégie' de PAKISTAN.

n° 52- 05-07

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier de Pakistan" est  visible  sur mes blogs : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Eva Resis  :  no-war.over-blog.com

c) Et sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :

2 Annexe

2-3 Toute résistance aux nouvelles technologies militaires est futile.

2-4 William Blum : Les Etats-Unis en Deuil (un texte-fiction)


2-3 Toute résistance aux nouvelles technologies militaires est futile.

nb Ndlr : La publication des articles ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

 

1 Les insectes cyborgs attaquent!

Première partie de notre série sur la guerre technologique. Toute résistance aux nouvelles technologies militaires est futile.

Cet article est le premier d'une série de trois sur la guerre technologique. Il a été publié sur Slate.com à la suite d'une conférence organisée par Slate, la New America Foundation et Arizona University qui s'est tenue le 24 mai à Washington DC et dont le thème était: «Warring Futures: How Biotech and Robotics Are Transforming Today's Military—and How That Will Change the Rest of Us» («Les conflits du futur: Comment les biotechnologies et la robotique transforment l'armée d'aujourd'hui - et comment cela va changer les choses pour nous.»)

Des casques télépathiques. Des essaims d'insectes cyborgs fonctionnant en réseau et équipés de détecteurs pour la surveillance ou de dards empoisonnés pour l'attaque. De nouveaux médicaments promettant d'améliorer les performances cognitives. (Comment ça, l'Adderall et le Provigil ne vous suffisent pas?). Des robots armés autonomes.

Une interface cerveau/machine permettant de contrôler des systèmes d'armes par la pensée. La recherche militaire américaine ouvre une multitude de nouvelles pistes et la plupart des technologies ainsi développées finiront par revenir dans le civil, avec des conséquences qu'il est pratiquement impossible de prédire aujourd'hui.

Face à l'inconnu, on pourrait être tenté d'essayer d'arrêter le développement et l'utilisation de ces nouvelles technologies. Mais ce genre d'attitude risque d'avoir aussi peu de succès que le slogan «Il suffit de dire non» dans la guerre contre la drogue, ou que le Luddisme au début de la révolution industrielle.

Quoi qu'il advienne, les États-Unis vont développer ces technologies étranges et inquiétantes, mais peut-être pas pour les raisons que l'on pourrait croire.

L'armée a pour tâche de projeter la puissance américaine dans le monde entier, ce qui est normale pour une superpuissance. Mais l'opinion américaine réagit de plus en plus mal aux pertes humaines, ce qui signifie que la projection de notre puissance doit engendrer le moins de morts possible dans les rangs américains. Dans ces conditions, il devient très difficile de s'opposer à des technologies promettant de sauver des vies américaines, d'autant que la démographie et la situation économique jouent à plein contre l'armée. La génération du baby-boom part à la retraite et des sociétés privées, capables de payer des salaires bien supérieurs à ceux que verse l'Etat, s'arrachent les meilleurs éléments. Les avantages proposés par ces sociétés, comme par exemple l'assurance de ne pas se faire déchiqueter par une bombe improvisée, leur donnent un avantage décisif.

Ces évolutions placent l'armée sous les mêmes contraintes d'efficacité, en terme de nombres de soldats nécessaires à l'accomplissement d'une mission, que le secteur privé. Et la seule véritable solution à long terme est la même que celle appliquée dans les entreprises depuis deux siècles: remplacer le travail par le capital, les soldats à la chair vulnérable par des robots faits de métal, les unités d'infanterie par les insectes cyborgs. A cet égard, il est intéressant de remarquer que les Predators, capables de survoler l'Afghanistan alors que leur pilote se trouve dans une base près de Las Vegas, ne suffisent déjà plus. Certes, les drones permettent de réduire les pertes américaines, mais ils mobilisent un soldat par appareil, ce qui est toujours trop cher. C'est précisément ce problème que les robots armés autonomes promettent de résoudre.

Il existe une autre raison tout aussi importante pour laquelle le développement de ces technologies semble inévitable: nous avons atteint les limites de nos capacités mentales. La meilleure preuve en est la généralisation de systèmes dits «d'amélioration cognitive», comme par exemple les systèmes optiques qui balaient le champ de bataille, identifient les dangers potentiels et les signalent au soldat en les classant par ordre de priorité. Mais on trouve la même chose dans le civil, où les constructeurs automobiles comme General Motors ou Ford souhaitent proposer des voitures que même des personnes âgées dont le système cognitif embarqué (leur cerveau) aurait perdu beaucoup de ses moyens, pourraient continuer à conduire. Ces innovations sont la conséquence d'une réalité indépassable. Dans les systèmes complexes, où le flot de données est important, comme sur un champ de bataille ou une autoroute, c'est la bande passante humaine qui est trop faible. Pour dire les choses simplement, nous ne sommes plus assez rapides, ou intelligents, pour faire face aux conditions d'opération que nous avons nous-mêmes créées. La solution? Transférer une partie des fonctions cognitives vers des plateformes technologiques externes. Les moteurs de recherche se substituent à la mémoire. Les systèmes automatisés (comme sur les croiseurs et les destroyers américains équipés du système de défense Aegis) se substituent à la décision humaine lors des phases d'engagement exigeant la plus grande rapidité de réaction. L'être humain individualisé de Descartes meurt et laisse place au moi décentré et omniscient du réseau. Non parce que nous l'avons décidé, mais parce que nous n'avons pas le choix.

Les civilisations tirent parti des technologies dont elles disposent, sinon, elles entrent dans des phases de déclin.

Où en est le monde islamique, qui dominaient totalement les sciences et les mathématiques il y a mille ans? Où en est la Chine qui, jusqu'au 19éme siècle, était la plus puissante économie mondiale et était plus avancé que l'Europe sur le plan technologique? (Notons au passage que la Chine a très mal pris ce recul et est aujourd'hui bien décidée à inverser la tendance). Quels succès ont rencontré les grandes puissances dans leurs tentatives de faire disparaître les technologies que, pour une raison ou une autre, elles rejetaient? Les Européens, par exemple, ne sont pas parvenus à restreindre l'utilisation des organismes génétiquement modifiés dans l'agriculture. La maîtrise des technologies de pointe n'est peut-être pas suffisante pour atteindre l'hégémonie mondiale, mais elle est indispensable. Et les principaux acteurs de la scène internationale (États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Russie, et sûrement d'autres), le savent très bien.

Il est évident que nous n'avons pas encore développé les capacités individuelles et institutionnelles nous permettant de comprendre, et encore moins de maîtriser, les implications de ces évolutions technologiques. Face à ce constat, il faut se garder de tomber dans un pessimisme noir ou un optimisme béat. Il ne faut pas non plus se fourvoyer dans une attitude de déni en se prenant pour Lord Byron au sommet de sa falaise, les cheveux au vent, rejetant la technologie maléfique par le simple pouvoir de sa volonté. Non, pour réagir à ces évolutions de manière rationnelle et éthique, il faut se confronter sans relâche et avec une vigilance et une lucidité toujours renouvelées à un paysage technologique en constate évolution. L'armée américaine a montré la voie en établissant un solide programme d'analyse des conséquences, aussi bien juridiques qu'éthiques, de l'utilisation des nouvelles technologies sur les théâtres d'opération. C'est dans l'étude des implications de ces progrès pour la société civile que nous échouons pour l'instant. C'est donc là qu'il faut concentrer nos efforts, afin de construire les mécanismes institutionnels et politiques qui nous permettront d'encadrer l'innovation technologique.

Vendredi 11 Juin 2010

 

2 Les équipements hi-tech ont peut-être changé le visage de la guerre, mais pas sa nature.

nb Ndlr : La publication des articles ne signifie nullement que la rédaction partage l'analyse des auteurs mais doit être vu comme information.

 Sommes-nous entrés dans l'ère de la guerre robotisée?

Des insectes cyborgs équipés de dards mortels sont-ils sur le point d'envahir les champs de bataille? P.W. Singer et Brad Allenby, pour Slate, semblent de cet avis. Eh bien, permettez-moi d'en douter.

Certes, des appareils téléguidés, que l'on appelle parfois «drones», survolent de plus en plus fréquemment l'Afghanistan et le Pakistan. Ils embarquent des caméras haute résolution et des missiles redoutablement précis, lancés et guidés par des pilotes assis devant des «consoles de contrôle au sol» installées dans une base de l'US Air Force, à Creech, Nevada.

L'année dernière, pour la première fois de son histoire, l'armée de l'air américaine a formé davantage de personnes au pilotage de ces appareils télécommandés plutôt qu'à celui d'avions conventionnels.

L'armée de terre n'est pas en reste et s'est équipée d'une multitude de mini-caméras montées sur des missiles, ou capables de regarder derrière un coin de rue ou à l'intérieur de bâtiments suspects. Sans parler des D2R2 qui savent détecter et désarmer les bombes improvisées.

Super.

Mais je maintiens que ces divers progrès n'ont pas modifié la nature profonde de la guerre.

Ces machines sont des outils tactiques, mais ils n'annoncent pas de révolution stratégique.

De plus, ils sont toujours totalement dépendants des humains. Et, dans la mesure où l'armée américaine va continuer à se concentrer sur la lutte anti-guérilla plutôt que sur la guerre conventionnelle, l'intervention humaine restera encore très longtemps indispensable.

Faisons un peu d'histoire. Le concept fondateur de ces armes ultra-perfectionnées a été formulé dans les années 1970, quand l'armée et la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) étaient à la recherche de nouvelles technologies qui auraient pu aider l'OTAN à repousser une invasion soviétique en Europe occidentale.

Albert Wohlstetter, un petit génie que la DARPA avait engagé en free-lance, trouve alors deux pistes prometteuses. Le «véhicule piloté à distance» (VPD), c'est-à-dire un modèle réduit d'avion équipé d'un moteur de tondeuse à gazon, qui avait deux heures d'autonomie et pouvait porter 12 kilos de munitions.

Et de nouveaux systèmes de guidage fonctionnant avec des lasers, des ondes millimétriques et les signaux d'un système GPS encore embryonnaire, systèmes capables de guider un missile avec une précision de quelques mètres.

Wohlstetter eu alors l'intelligence de faire fusionner ces deux projets. Dans un rapport écrit en 1975 et depuis lors déclassifié, il proposait de monter sous le VPD une caméra qui aurait filmé le sol et retransmis les images à une base, d'où un pilote aurait contrôlé l'appareil.

Le VPD pouvait également embarquer une bombe, elle aussi larguée par le pilote et dirigée par le nouveau système de guidage.

Cette idée sera transformée en un programme d'armement baptisé «Assault Breaker» qui, au cours des vingt cinq années suivantes, va permettre de développer des systèmes d'armes pour l'armée de terre, la marine et l'armée de l'air, dont les drones qui survolent aujourd'hui l'Irak, l'Afghanistan et le Pakistan.

La fin de la guerre froide, qui coïncide à peu près avec l'invasion du Koweït par Saddam Hussein, donne un nouvel élan au projet, dans lequel les stratèges de l'armée de l'air voient la possibilité de réaliser leur vieux rêve d'une guerre entièrement menée, et gagnée, du ciel.

Deux colonels de l'Air Force, David Deptula et John Warden, établissent une liste de 84 cibles en Irak, principalement situées à Bagdad, des points névralgiques du commandement militaire irakien. Il suffirait de détruire ces cibles (ce qui était désormais possible grâce aux «munitions intelligentes», comme on appelait alors les munitions à systèmes de guidage avancés) pour que le régime de Saddam Hussein s'effondre tel un château de cartes.

Les cibles furent détruites mais le régime tint bon.

A l'époque, il est vrai que nous n'avions que peu de munitions intelligentes. Elles coûtaient très cher (250 000 dollars l'unité) et elles n'étaient pas si intelligentes que ça. En effet, elles étaient guidées par des lasers que la fumée et la poussière difractaient, ce qui leur faisait souvent manquer leur cible.

Au cours des neuf mois que dura l'opération Desert Storm, seul 9% des bombes larguées étaient «intelligentes». Et à la fin de la campagne, l'Air Force dû utiliser les bons vieux B-52 pour raser les positions irakienne avec des bombes normales, comme à l'époque de la guerre du Vietnam.

Et même après tout cela, il fallut encore envoyer plus de 500 000 hommes pour repousser l'armée irakienne hors du Koweït.

A la fin des années 1990 apparaissent des bombes vraiment intelligentes, les JDAM (Joint Direct Attack Munitions). Il s'agit en fait de modules adaptables sur n'importe quelle bombe conventionnelle de l'arsenal américain. Ces modules ne coûtent que 25 000 dollars et sont guidés par un GPS, dont le signal n'est pas brouillé par la fumée ou le mauvais temps. C'est également à ce moment que sont lancés de nouveaux VPD, les drones de type Predator.

Le grand projet de Wohlstetter se concrétise enfin.

Depuis, tout le monde a entendu l'histoire de cet officier des forces spéciales qui patrouillait de nuit aux abords de Mazar-i-Sharif, une petite ville d'Afghanistan, le 15 octobre 2001. Grâce à ses jumelles équipées pour la vision nocturne, il repère un groupe de combattants talibans. Il sort son ordinateur portable, entre les coordonnées de l'ennemi et appuie sur «envoyer». Un drone Predator, en attente à plus de 7 000 mètres d'altitude, reçoit le message et le retransmet à une base en Arabie Saoudite. Là, un officier américain renvoie un autre signal qui dirige le Predator au-dessus de la zone concernée. Une caméra embarquée filme les talibans et renvoie l'image à la base, où l'officier ordonne au pilote d'un B-52, qui patrouillait dans ce secteur, d'attaquer la cible.

Le pilote entre les coordonnées de la cible dans le récepteur GPS d'une de ses JDAM. Il largue la bombe qui atteint son objectif, explose et tue les talibans.

Entre le moment où l'officier des forces spéciales a entré les coordonnées sur son portable et celui où le pilote a largué la bombe, il s'est écoulé 19 minutes. Dix ans auparavant, cet enchaînement aurait pris trois jours. Quelques années plus tôt, il n'aurait tout simplement pas pu avoir lieu.

Au cours des semaines suivantes, la même chose se reproduit dans tout l'Afghanistan: une frappe aérienne incroyablement précise, suivie d'une offensive au sol menée par des Afghans assistés par de petits groupes de soldats, de marines, de bérets verts ou de conseillers de la CIA.

Au bout de cinq semaines, les talibans désertent Kaboul et les alliés des Américains prennent leur place. Avant la fin de l'année, un gouvernement provisoire dirigé par Hamid Karzai, et bénéficiant d'un soutien international, est mis en place. Le ministre de la Défense, Donald Rumsfeld peut claironner que cette victoire prouve le bien-fondé de la «révolution» qu'il a imposé dans la conduite de la guerre.

Mais il a parlé un peu vite. Tout d'abord, comme nous l'avons appris depuis, les talibans étaient loin d'être vaincus et dès que notre attention se tourna vers l'Irak, ils commencèrent à revenir. Ce n'est pas que nous avions gagné la bataille mais perdu la guerre. C'est plutôt que nous n'avions pas fini la guerre.

Ensuite, et c'est le sujet qui nous intéresse, nos armes extraordinaires n'ont pas remporté les batailles, et encore moins la guerre, toute seule. Après les premières frappes de JDAM, les talibans ont appris à se camoufler afin d'échapper aux caméras des drones.

Et des combats particulièrement violents ont eu lieu au printemps 2002, des mois après les fanfaronnades de Rumsfeld.

Avec le recul, on constate que les JDAM ont en fait joué le même rôle que l'artillerie ou les frappes aériennes, avec certes une meilleure précision et une rapidité inégalable. Mais ce sont toujours les troupes au sol, des êtres humains avec des bottes et un fusil, qui doivent attaquer l'ennemi et le vaincre.

A ce titre, la révolution, si révolution il y a bien eu lieu, n'a pas concerné la conduite de la guerre, mais simplement l'armée de l'air américaine. Loin d'avoir réalisé le rêve d'une guerre menée exclusivement du ciel, l'arrivée des drones a ramené l'Air Force à sa mission première: soutenir les troupes au sol.

Il faut alors rappeler que ces armes ne sont en aucun cas des «robots autonomes», selon l'expression employée par Allenby. D'ailleurs, l'Air Force a fait machine arrière et les appelle désormais des «véhicules pilotés à distance», notamment parce qu'elle s'est aperçue que ces engins mobilisent beaucoup plus de personnel qu'on pourrait le croire.

Il n'y a pas de pilote dans l'avion, mais le cockpit est bien le seul endroit où il n'y a pas d'être humain. Aujourd'hui, 108 Predators, Reapers et Global Hawks, les principaux VPD dont dispose l'Air Force, effectuent en permanence 42 patrouilles aériennes. (Avant la fin de l'année, ils en feront 50 et en 2013, ce sera 65). Il faut 3 VPD pour chaque patrouille, un qui survole la zone en altitude, un qui s'en approche et un qui doit rentrer à la base pour entretien.

Au sol, à la base de Creech dans le Nevada, chaque patrouille mobilise 43 personnes qui tournent pour faire les trois huit. Il faut notamment sept pilotes, sept opérateurs système et cinq coordinateurs de mission. Chaque équipe est appuyée par une unité de renseignement basée au QG de la CIA, à Langley, en Virginie. Chaque unité de la CIA comprend, pour chaque patrouille, 66 personnes, dont 34 opérateurs caméra et 18 spécialistes du renseignement. (Tous ces chiffres sont fournis par les relations publiques de l'armée de l'air).

Un jour, peut-être, une machine analysera les images, fera la différence entre alliés, ennemis et civils, et décidera s'il faut faire feu ou non. Mais, même avec beaucoup d'imagination, ce jour n'est pas prêt d'arriver. De plus, les évolutions récentes de la doctrine militaire, dans l'armée de terre ou chez les marines, repoussent encore plus loin une telle éventualité.

Pour remporter la lutte contre la guérilla, comme en Afghanistan (et, depuis 2007, en Irak), il est bien sûr indispensable d'envoyer des troupes terrestres au combat, mais il faut surtout que ces troupes apprennent à connaître le terrain et les chefs locaux, afin de rassembler des informations tactiques utiles et de comprendre les besoins de la population pour pouvoir, du moins en théorie, satisfaire ces besoins en collaborant avec les autorités civiles.

Le général Stanley McChrystal, chef du commandement américain en Afghanistan, a établi de nouvelles règles d'engagement destinées à minimiser les pertes civiles, au point d'exposer nos troupes à un risque accru. Il s'agit bien sûr de stratégie et non d'éthique: plus nous tuons de civils, plus nous montons la population contre nous et plus les insurgés trouvent facilement de nouvelles recrues.

Mais une chose est sûre. Si nos soldats, au sol ou depuis les airs, prennent parfois des civils pour des combattants ennemis, un robot commettra bien plus souvent ce type d'erreur. Certes, Singer et Allenby sont conscients de ce risque. Mais ils exagèrent considérablement son imminence.

Samedi 12 Juin 2010

 

3 Laisser les drones faire la guerre à notre place.

La robotique bouleversera en profondeur les conflits armés... et notre mode de vie.

Dimanche 13 Juin 2010

Il y a quelques semaines, je discutais au téléphone avec un journaliste à propos des critiques du sénateur texan John Cornyn contre le Ministère de la sécurité intérieure (Homeland Security). Il lui reproche de tarder à livrer des drones Predator que le Texas compte utiliser pour surveiller sa frontière avec le Mexique. En parlant, je jetais parfois un œil sur mon écran d'ordinateur pour voir ce qu'il arrivait à mes deux plus précieuses possessions, mon équipe de foot virtuelle et mes placements financiers. Si tout allait bien pour les «Raging Pundits», on ne pouvait pas en dire autant de Wall Street. Le cours de certaines sociétés d'envergure nationale et même internationale avait chuté de 60 % en quelques minutes, et l'action d'Accenture ou de Boston Beer allait tomber à un centime avant de remonter à 40 dollars quelques instants plus tard.

Rapprochons les deux évènements. Un homme politique peste parce que le gouvernement fédéral ne lui a pas envoyé de robot pour patrouiller le long de ses frontières. Au même moment, notre système financier part en vrille, échappant à tout contrôle parce que les algorithmes sur lesquels les grandes sociétés financières fondent leur activité se sont mis à se comporter de manière étrange et imprévisible. En pensant à tout cela, j'ai eu l'impression de me retrouver dans I, Robot (le roman d'Isaac Asimov, pas le navet avec Will Smith). A la fin du livre, l'humanité s'est habituée à vivre aux côtés des robots et une intelligence artificielle dirige une économie devenue bien trop complexe pour être laissée aux mains des traders.

Quand l'armée américaine a envahi l'Irak en 2003, elle ne possédait qu'une poignée d'avions télécommandés, couramment appelés «drones», mais dont la désignation précise est «systèmes aéromobiles sans pilote.» Aujourd'hui, nous en avons plus de 7.000, qui vont du Predator long de 15 mètres au micro-appareil qu'un soldat peut porter dans son sac à dos. Nos forces d'attaque n'utilisaient aucun «véhicule terrestre sans conducteur», mais nous en avons désormais plus de 12.000, comme le Packbot, qui fait la taille d'une tondeuse à gazon, ou le Talon, un peu plus petit, tous les deux capables de détecter et de désarmer les bombes artisanales cachées au bord des routes. Le Packbot est fabriqué par la même société qui produit le robot aspirateur Roomba.

Cette société s'appelle iRobot.

Ces machines pourtant bien réelles peuvent nous sembler sorties tout droit d'un film de science-fiction, mais il ne faut pas oublier que nous n'en sommes qu'à la première génération, l'équivalent de ce que fut la Ford T pour l'automobile ou le Flyer des frères Wright pour l'aviation. A ce titre, l'Air Force et l'armée de terre viennent d'établir des feuilles de route qui prévoient d'utiliser toujours plus de robots autonomes et armés. Si, face à des évolutions si rapides et profondes, on peut facilement rester bouche bée, un peu comme les traders à Wall Street il y a quelques semaines, il faut se rappeler que nous avons déjà traversé des bouleversements semblables. De nombreux experts comparent nos systèmes «sans pilote» aux véhicules «sans chevaux» du début du 20ème siècle. Or l'automobile joue aujourd'hui un rôle central dans nos sociétés. Elle a permis de mécaniser l'industrie, le transport et la guerre, mais elle a aussi changé radicalement l'organisation des grandes villes, donné beaucoup de pouvoir à des nomades du Moyen-Orient qui vivaient sur des terres désertiques dont personne ne voulait, et contribué au réchauffement de la planète.

Comme l'automobile, la poudre à canon, l'imprimerie ou la bombe atomique, la robotique promet de bouleverser en profondeur nos modes de vie. Cette nouvelle technologie semble receler un potentiel extraordinaire, mais ce qui compte avant tout, c'est la manière dont elle va changer nos sociétés. Nous ne connaissons pour l'instant ni la nature ni l'étendue de ces changements, mais si nous voulons les contrôler, il faut commencer par poser les bonnes questions.

Comment l'armée va-t-elle absorber ces nouvelles technologies?

En l'espace de quelques années, malgré la lenteur d'une bureaucratie souvent rétive au changement, l'armée américaine est passée de zéro à des milliers de robots. Malheureusement, comme me l'a expliqué un capitaine de l'Air Force, l'attitude dominante n'est pas «Réfléchissons afin d'optimiser», mais plutôt «J'en veux plus!»

Il faudra donc que le Pentagone résiste à l'habituelle tentation d'acheter des systèmes compliqués, peu flexibles et hors de prix, équipés de microprocesseurs plaqués or fabriqués dans les circonscriptions des membres du Congrès chargés de choisir les fabricants de ces mêmes systèmes.

Il est également indispensable d'organiser un débat sur la façon dont il faut utiliser ces robots, ce que les militaires appellent une «doctrine».

Car la doctrine peut décider de l'issue d'une guerre, selon qu'elle orientera les États-Unis vers la version moderne de la Ligne Maginot ou de la Blitzkrieg. Et un tel débat ne concerne pas uniquement les questions tactiques, mais également la formation des soldats et l'organisation de l'armée. Quel type d'aide et de soutien faudra-t-il apporter aux personnes qui utiliseront ces nouvelles technologies et qui, si elles ne sont pas engagées physiquement sur le champ de bataille, sont pourtant exposées à de nouveaux types de stress? Quelles évolutions de carrière pourrons-nous leur proposer afin que l'inertie d'une organisation aussi vaste que l'armée ne l'empêche pas de s'adapter à ces changements? Il faudra aussi repenser le rôle des combattants et des civils à l'intérieur de ce nouvel espace technologique.

A ce titre, est-il normal que 75% du travail d'entretien et de chargement des munitions sur le Predator aient été sous-traités à des entreprises privées, dont l'une des plus controversées, Blackwater/Xe?

 

Dans une guerre, comment les robots sont-ils perçus ?

A la date du 3 mai 2010, les véhicules américains sans pilote avaient effectué 131 frappes en territoire pakistanais, soit trois fois plus que le nombre de sorties effectuées par des avions conventionnels au début de la guerre du Kosovo, il y a dix ans.

Selon les critères qui prévalaient alors, nous sommes en guerre avec le Pakistan. Mais alors, pourquoi estimons-nous ne pas être en guerre avec ce pays?

Serait-ce parce que ces attaques sont planifiées et décidées par la CIA et non par l'armée?

Une chose est sûre, cet état de fait a considérablement réduit l'ampleur du débat concernant ces frappes. Mais sommes-nous retombés dans les mêmes ornières qu'en 1961, lorsque la CIA maquilla des bombardiers B-26, en violation des conventions internationales, pour les envoyer soutenir l'invasion de la baie des Cochons, avec le résultat que l'on sait?

Nous sommes dans une situation pour le moins curieuse: la seule véritable guerre aérienne dans laquelle les États-Unis sont engagés n'est pas dirigée par un général de l'Air Force, mais par un ancien élu de la Californie au Congrès. Cela signifie non seulement que des civils américains utilisent des armes de guerre contre d'autres pays, mais aussi que ce sont des civils, notamment des juristes, qui doivent trancher des questions complexes liées aux concepts et à la stratégie opérationnels ou aux règles d'engagement. Or ils n'ont été ni formés ni élus pour de telles missions.

La perception qu'a l'ennemi de ces questions est tout aussi importante. A environ 10.000 kilomètres des États-Unis, nos frappes «précises» et «efficaces» sont perçues comme «cruelles» et «lâches» par la presse du Moyen-Orient. «Drone» est devenu un terme péjoratif dans la langue urdu et des groupes de rock pakistanais chantent une Amérique qui a perdu tout sens de l'honneur.

Contrairement à ce que prétendent les médias des deux camps, les hommes et les femmes qui pilotent nos armes robotiques font des efforts surhumains pour minimiser les pertes civiles, et celles qu'ils occasionnent sont insignifiantes comparées à celles causées dans n'importe quelle autre guerre passée. Mais cela ne change rien au fait que ces efforts ne parviennent pas à redorer notre blason dans certaines régions du monde. Et si nous n'arrivons pas à reprendre le contrôle du récit qui est en train de s'écrire, les États-Unis risquent de se retrouver dans le rôle d'Israël à Gaza, où les attaques ciblées de Tsahal contre des chefs du Hamas ont pour effet collatéral de pousser de plus en plus de jeunes garçons à rejoindre les rangs de l'organisation islamiste.

Les lois peuvent-elles suivre?

Les systèmes sans pilote ne sont pas seulement utilisés en zone de combat. Le ministère de la sécurité intérieure va les employer pour surveiller les frontières et la police locale cherche aussi à en obtenir (le comté de Miami-Dade vient d'obtenir une autorisation).

Mais si la plupart des robots sont utilisés pour lutter contre la criminalité, repérer les feux de forêt, retrouver des survivants du tremblement de terre à Haïti ou colmater les fuites de pétrole (pour reprendre quelques exemples d'utilisations concrètes), certains sont utilisés à des fins moins louables. A Taiwan, des voleurs en ont utilisé pour cambrioler des appartements, et, en Arizona, les «milices des frontières», qui opèrent à la limite de la légalité, ont envoyé des drones effectuer des patrouilles non autorisées par l'Etat.

Ce phénomène de prolifération va nous obliger à aborder des questions qu'on ne se pose pas habituellement à propos des robots, comme par exemple celles des autorisations légales et de la formation. Par ailleurs, les robots enregistrent et accumulent des informations de toutes sortes. Selon un juge fédéral à qui j'ai parlé, cela va poser des problèmes en terme de protection de la vie privée et de validité des preuves recueillies de cette manière, problèmes qui remonteront certainement jusqu'à la Cour suprême. Le deuxième amendement de la Constitution m'autorise-t-il à posséder et à utiliser des armes robotiques?

Pour l'instant, on dirait une blague, mais où faut-il tracer la limite, et en se basant sur quoi?

A Atlanta, un patron de bar a construit un «robot anti-clochard» équipé d'une caméra infrarouge, d'un projecteur, d'un haut-parleur et d'un canon à eau. Il s'en sert pour chasser les SDF et les dealers qui s'installent sur le parking de son établissement.

Le problème n'est pas tant que les robots prennent des décisions à notre place, mais plutôt que le rôle joué par les être humains dans le processus de décision est déplacé géographiquement et chronologiquement. De quelques mètres pour le robot anti-clochard, de milliers de kilomètres pour les Predators ou de plusieurs années dans le cas des concepteurs de ces machines. Or ces décisions humaines influent lourdement sur le comportement de ces systèmes. En 2007, en Afrique du Sud, suite à un «problème logiciel», un canon anti-aérien automatique a tué neuf soldats pendant un entraînement. Enquêter et rendre une décision de justice sur de tels accidents, qui font penser à la célèbre scène de RoboCop, n'a rien d'évident.

Le progrès technologique semble accélérer à un rythme exponentiel, mais nos institutions peinent à suivre. Ainsi, les loi de la guerre, telles que définies par la Convention de Genève, ont été écrites à l'époque où les gens écoutaient Al Jolson en 78 tours et où une maison coûtait en moyenne 7.400 dollars. Comment ces lois s'appliquent-elles lorsqu'une arme du 21éme siècle comme le MQ-9 Reaper est utilisée contre un insurgé qui viole ces mêmes lois en se cachant dans une maison habitée par des civils ?

Les États-Unis vont-ils prendre le chemin du Commodore 64?

La robotique est un secteur industriel en pleine expansion, où les volumes de ventes se comptent déjà en milliards de dollars et dont la courbe de croissance s'annonce exponentielle.

Le rôle croissant qu'elle tient dans la conduite de la guerre la place dès aujourd'hui au centre des questions de sécurité nationale. Malgré cela, et à la différence de la Corée, ou même de la Thaïlande, les États-Unis n'ont pas de stratégie nationale dans ce domaine. Comment comptons-nous concurrencer les 43 pays qui fabriquent, achètent et utilisent des robots militaires, dont certains alliés comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne, mais aussi des rivaux comme la Russie, la Chine ou l'Iran? Pourrons-nous garder une longueur d'avance, ou allons-nous rester sur le bord de la route, comme tant d'autres pionniers de l'innovation technologique?

A ce propos, l'état de notre secteur industriel et le niveau de nos écoles en mathématique ou en science ont de quoi nous inquiéter. Par exemple, les États-Unis forment aujourd'hui moins d'ingénieurs qu'en 1986. Mais pas d'inquiétude, l'offre de diplômes dans le domaine des « parcs, loisirs, bien-être et forme physique» a augmenté de 500%.

Que devons-nous attendre de la révolution «open source»?

En terme de complexité, les robots n'ont rien à voir avec les porte-avions ou les bombes atomiques. La plupart des pièces qui les composent peuvent être achetées, et même fabriquées, assez facilement. La Luftwaffe d'Hitler n'a jamais réussi à traverser l'Atlantique pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais un aveugle âgé de 77 ans vient de le faire avec un drone qu'il a construit lui-même.

Il apparaît donc inévitable que ces technologies finissent par tomber en de mauvaises mains. (…)

Ainsi, le Hezbollah a utilisé quatre drones contre Israël au Liban et, selon la rumeur, Al-Quaeda aurait cherché à utiliser des drones pour attaquer un sommet du G-8.(…)

Comme l'a rappelé la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, une telle tragédie a été rendue possible par notre «incapacité à imaginer l'inimaginable». Nous serons très probablement confrontés aux mêmes difficultés dans le domaine de la robotique. C'est pourquoi nous devons établir des stratégies militaires et de sécurité intérieure qui gouverneront l'utilisation de ces technologies sophistiquées, mais qui prendront aussi en compte la manière dont nos adversaires risquent de les utiliser contre nous. Cela signifie élargir le spectre des menaces contre lesquelles nos différentes agences doivent se préparer. Il faudra également établir un cadre légal définissant qui peut avoir accès à ces technologies, ou nous risquons fort de voir nos ennemis nous attaquer avec nos meilleures armes.

On peut bien sûr être tenté de ne pas prendre tout cela très au sérieux. Et il est vrai qu'un débat portant sur des lois applicables uniquement aux robots semble plus à sa place dans une convention de science-fiction que dans une conférence organisée par Slate à Washington.

Mais souvenez-vous de ces vieilles chimères: le sous-marin de Jules Verne, «l'aéroplane militaire» de A. A. Milne, les «cuirassés terrestres» de H. G. Welles (rebaptisés «tanks» par Winston Churchill) et, bien sûr, la bombe atomique. Ce qui n'était qu'imaginaire il y a quelques décennies et devenu réalité à une vitesse incroyable.

Il est donc indispensable que des gens sérieux se penchent sur ces problèmes sérieux qui ne vont pas manquer de se poser bientôt. D'autant qu'avec les robots, on ne peut pas faire comme à la Bourse: annuler les opérations d'achat-vente qui nous dérangent et faire comme si rien ne s'était passé.

P.W. Singer

Traduit par Sylvestre Meininger

http://www.slate.fr/story/22883/guerres-technologiques-gagnent-pas-avec-merveilles


2-4 William Blum : Les Etats-Unis en Deuil (un texte-fiction)

Bernard-Henri du Tronc du Cactus

Un drame affreux vient de frapper le pays le plus puissant de la planète, replongeant les Etats-uniens dans leur immense tristesse du 22 novembre 1963, une date sombre où la Terre s’était arrêtée de tourner le temps du trajet de cette balle magique dans le corps de John Fitzgerald Kennedy, 35è président des Etats-Unis d’Amérique.

Neuf présidents plus tard, le Changement incarné, la Liberté personnifiée, la Paix nobélisée ont été fauchés par une nouvelle « balle » maléfique, détruisant les rêves de millions d’êtres humains.

Tout avait commencé par la décision de Michelle Obama, épouse du 44è président, de tenir tête à Monsanto en créant un potager bio à la Maison Blanche.

Elle avait déclaré : "Je veux être certaine que notre famille mange sainement et ait accès à des légumes et fruits vraiment frais". Sa production devait permettre de fournir en fruits et légumes les occupants, les salariés et les invités de la Maison Blanche.

Lorsque la MACA, l’association américaine qui représente des grands noms de l’agrochimie, dont le géant des pesticides et des semences OGM Monsanto, avait notamment écrit à Michelle Obama et précisé que ce jardin, où fruits et légumes sont cultivés sans pesticides, "pourrait donner aux consommateurs, par comparaison, une mauvaise image de l’agriculture conventionnelle dont les produits sont sains, savoureux et plus économiques", Barack Obama lui-même était monté au créneau pour défendre l’agriculture sans pesticides et un retour à une alimentation moins industrielle.

Cela s’était poursuivi par le coup de sang du président démocrate face aux dirigeants sans cœur de la multinationale du pétrole BP.

Tout le monde se souviendra de cette image mémorable des fesses dénudées de Tony Hayward et de Monsieur Svanberg, président de BP, penchés devant le lutrin de la maison Blanche, les derrières exposés à la vue de millions de spectateurs médusés, et, sous les innombrables flashs crépitant, frappés sans ménagements par la grande latte en acier de Monsieur Obama.

Par la suite, le président avait paru fatigué et accablé.

Etait-ce en rapport avec  revenue tourmenterkH ½ Npson refus de toute vaccination contre la grippe  l’espèce humaine cette année ?

Il avait par cet acte lancé un mouvement de protestation mondiale contre l’industrie des médicaments, mouvement à l’origine de l’effondrement définitif de quelques-unes des plus grandes firmes pharmaceutiques sur les marchés.

Après avoir annoncé le retrait des troupes US d’Afghanistan, d’Irak, du Venezuela et d’Iran, avoir accepté la réouverture d’une enquête en profondeur sur les attentats du 11 septembre 2001, avec Steve Jones, Richard Gage et Kevin Ryan comme experts principaux de la Commission, le président très amaigri avait reçu à la maison Blanche, puis emmené à Camp David, la résidence présidentielle célèbre, dans le Maryland, l’Irakien Mountazer Al-Zaïdi, célèbre pour avoir lancé ses chaussures contre le président américain George W. Bush en décembre 2008, afin de protester contre l’occupation injuste et inhumaine de son grand pays.

Justement, l’homme emprisonné pendant neuf mois dans d’horribles conditions, libéré depuis le 15 septembre 2009, aurait remis à Barack Obama une des ses chaussures dédicacées.

Certaines menaces sérieuses d’attentats ont commencé à fleurir dans les journaux, ainsi que des rumeurs sur la dégradation de l’état de santé du président.

Personne ne sait si le point culminant dans le changement d’attitude de Barack Obama fut sa fronde impitoyable lancée contre ses anciens donateurs, les nantis de Chicago, et les banquiers de Goldman Sachs et de JP Morgan Chase, le président ayant annoncé son projet de fermer Wall Street, de mettre les scellés sur la Bourse de New-York, carrément, ou bien son inscription comme passager de la flottille suivante déterminée à briser le blocus de Gaza par Israël.

Cette dernière décision avait galvanisé une série de politiciens démocrates, dont John Edwards, John Kerry, Russ Feingold, Al Gore récemment divorcé, Dennis Kucinich, Joseph Moakley et Cynthia McKinney qui s’étaient alors empressé de s’inscrire sur les navires de la Flottille de la Liberté II.

L’Etat-major US, pour une fois en branle-bas de combat pour une cause humanitaire, avait prévu de rappeler ses hélicoptères et chasseurs prêtés à Tsahal pour escorter la Flottille, en attendant l’arrivée des sous-marins nucléaires et de porte-avions.

Malheureusement, l’explosion d’un engin artisanal, simple et ingénieux au point de surpasser les mesures de sécurité, très relâchées ces temps-ci, du secret service et des équipes de sécurité entourant le président, caché dans un des coussins du canapé du Bureau Ovale, a mis fin à la reconversion pacifique de l’ancien sénateur de l’Illinois et, au travers de lui, du pays le plus puissant du monde.

L’enquête préliminaire, menée par le dévoué Henry Kissinger, pointe du doigt la récente visite de l’Irakien Mountazer Al-Zaïdi, que le président avait insisté pour laisser libre de tout mouvement, le présentant comme un hôte de marque au même rang que les chefs d’Etats traditionnellement alliés.

Dans un premier rapport du NIST, de la FEMA et du FBI, la composition de l’engin et le mode de détonation indiquent qu’il s’agit clairement de la marque d’Al-Qaida.

Une petite vidéo d’Oussama Bin Laden, incriminant l’organisation du vieux terroriste, est actuellement soumise à l’analyse des experts de la SAIC, aidés par des interprètes spécialisés dans la lecture sur les lèvres.

Joe Biden décédé d’une crise cardiaque en apprenant la nouvelle, c’est Robert Gates, n°3 du gouvernement, qui a pris la tête du pays, conjointement avec Hillary Clinton, vu que Gates, déjà engagé par George W Bush pour succéder à Don Rumsfeld, est Républicain.

Bien qu’ils se soient dits très affectés et déterminés à poursuivre le rêve et le combat de leur ancien chef, les premières mesures importantes de Clinton et Gates ont été de stopper l’évacuation des soldats du Venezuela, du Proche et du Moyen-Orient, d’encourager le peuple US à prendre la menace grippale au sérieux en se faisant vacciner devant les caméras et de faire évacuer l’énorme ambassade récemment construite par Barack Obama à Gaza.

Le monde entier est sous le choc et une semaine de deuil national a été décrétée dans la plupart des pays occidentaux.

Quelques personnes ont bien été vues en train de faire la fête sur les toits de certains immeubles, ici ou là, mais globalement, la planète pleure aujourd’hui la perte d’un grand homme.

Michelle Obama, très affligée, actuellement entourée de Bill Clinton, d’Al Gore récemment divorcé, et de l’épouse de Benjamin Netanyahu, ne sort plus de ses appartements à la Maison Blanche.

Tristesse ou pas, elle a été sommée de répandre des pesticides sur son jardin bio.

Bernard-Henri du Tronc du Cactus
pour l’hebdomadaire Le Guillemet.

« Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les Etats-Unis. Définitivement.

D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain.

Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e état des Etats-Unis mais dorénavant - chose curieuse à dire - un pays étranger.

Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90%, utilisant le surplus à payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18 000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ. (*)

Voilà ce que je ferais les trois premiers jours.

Le quatrième jour, je serais assassiné. »

(*) Note de l’auteur : le budget militaire US actuel, en 2009, frise les 900 milliards de dollars, soit trois fois plus que celui mentionné par William Blum en 2001.

Une seule heure de vol d’Air Force One, l’avion présidentiel, coûte 34 000 dollars.

William Blum
ancien fonctionnaire au Département d’Etat US.
Auteur de Les guerres scélérates : interventions de l’armée US et de la CIA depuis 1945 et Etat Voyou, éditions Parangon.

28 juin 2010

URL de cet article

http://www.legrandsoir.info/Les-Etats-Unis-en-Deuil-un-texte-fiction.html 



Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

Les commentaires sont fermés.