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10/07/2010

n°136 - Dossiers Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 08-07 : Fin : - "Nous ne nous sommes pas retirés du Liban, nous l'avons fui".

°136 -  Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban - 08-07 : Fin  : - "Nous ne nous sommes pas retirés du Liban, nous l'avons fui".


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



Dossiers  Analyse, Géopolitique et stratégie du Liban  

n°136 du 08-07

C.De Broeder & M.Lemaire

 



Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 


Sommaire :  

2 Annexe - Spécial Flotille

2-1 Julien Salingue : Flottille de Gaza : un carnage made in Israël.

2-2 Noam CHOMSKY : La véritable menace à bord de la Flottille de la Liberté.

2-3 Hariri et le Hezbollah condamnent le raid israélien sur la flottille.

2-4 Flottille pour Gaza : un représentant de l'ONU rencontre le ministre libanais de la défense.

2-5 Liberté pour la Palestine… Liberté pour Gaza. 

2-6 Général Aoun « Il doit y avoir des moyens de dissuasion, avec un ultimatum pour Israël pour adopter une solution. »

2-7 Forcer les frontières d'Israël.

3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

3-1 "Nous ne nous sommes pas retirés du Liban, nous l'avons fui".

3-2 G.Houbballah   : "Israël" craint la « guerre touristique » du Hezbollah !

3-3  Michel Chossudovsky, Matthew Rothschild : Les Etats-Unis ont confisqué les biens d’opposants à leur politique en Irak et au Liban. 

3-4 Hariri conclut sa visite en Tunisie : Israël est agacé par la stabilité au Liban.

3-5 Question au Général Aoun : élections municipales.

2 Annexe - Spécial Flotille

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.  

2-1 Julien Salingue : Flottille de Gaza : un carnage made in Israël.

 L’abordage sanglant contre la Flottille de Gaza a suscité une vague de protestations internationale, mais aussi bon nombre de commentaires de soi-disant «experts», qui insistent quasiment tous sur la singularité de l’événement. Or, ce qui frappe est plutôt son inscription dans l’histoire israélienne.
Rien de peut légitimer l’acte de piraterie d’Israël. Tout d’abord, l’assaut est illégal par nature puisqu’il s’est produit dans les eaux internationales. L’article 51 de
la Charte des Nations unies encadre en outre le droit à la légitime défense: «dans le cas où un membre des Nations unies est l’objet d’une agression armée». Or aucune menace militaire ne planait sur Israël, a fortiori de la part de navires battant pavillons de la Turquie et de la Grèce, États qui ne sont pas en guerre avec Israël.
Mais Israël n’en démord pas
: les agresseurs étaient bien sur les bateaux humanitaires, pas sur les navires de guerre ou dans les hélicoptères de combat. Israël se contente en fait de transposer aux passagers de la Flottille sa position «classique» à l’égard des Palestiniens. Alors que ces derniers subissent une occupation militaire prolongée, Israël a toujours fait de «la fin des violences» (y compris contre les troupes d’occupation), un préalable à toute négociation sérieuse. Les Palestiniens, victimes de l’occupation, sont devenus les agresseurs.
«
Israël se défend»?
Droits dans leurs bottes, les dirigeants israéliens assument l’abordage meurtrier. Ils «
regrettent» les pertes humaines, mais affirment qu’Israël n’a fait que «se défendre» et que les responsabilités du bain de sang incombent aux passagers des bateaux. Là aussi, ce qui frappe est la continuité.
Lors de la guerre contre le Liban, à l’été 2006, Israël affirmait «
se défendre» contre le Hezbollah, le rendant responsable des 1300 morts libanais (contre 48 morts israéliens). À l’hiver 2008-2009, durant lequel Gaza a été soumise à un déluge de fer et de feu pendant trois semaines, Israël affirmait «se défendre» contre le Hamas, le rendant responsable des 1400 morts palestiniens (contre 13).
On pourrait évoquer également la guerre de juin 1967, une guerre «
défensive» au cours de laquelle Israël a quadruplé sa superficie et conquis, entre autres, les territoires palestiniens, toujours soumis au régime d’occupation militaire. Ou encore les années 1947-1948 durant lesquelles, pour se «défendre» contre les armées arabes, les milices sionistes ont expulsé 400000 Palestiniens avant le début des hostilités (mai 1948).
Tous Palestiniens
!
Il ne faut pas céder d’un pouce face à cette rhétorique, au nom de laquelle Israël et ses soutiens justifient, depuis plus de 60 ans, les pires atrocités. Ceux qui aujourd’hui cherchent des excuses à Israël, ou tentent de démontrer que le carnage de
la Flottille est une «bavure», sont des incompétents ou des hypocrites. Ou les deux. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein: Israël s’est construit et se perpétue par la violence et la négation du droit.
Le message est désormais clair
: ceux qui voudront s’opposer à Israël pourront subir le même sort que les peuples de la région. Cette tragique communauté de destin (qui donne tout son sens au mot d’ordre «Nous sommes tous des Palestiniens»), peut et doit renforcer le mouvement de solidarité internationale, autour de deux axes: d’un côté, rompre l’isolement des Palestiniens; de l’autre, isoler l’État d’Israël. Il n’y aura pas d’autre solution pour que les massacres et le déni des droits humains cessent une bonne fois pour toutes.
Julien Salingue

9 juin 2010

http://www.npa2009.org/content/flottille-de-gaza-un-carnage-made-israel


2-2 Noam CHOMSKY : La véritable menace à bord de la Flottille de la Liberté.

La Flottille de la Liberté défiait la politique israélienne qui consiste à saboter toute solution au conflt Arabo-israélien basée sur des décisions et accords internationaux et devait donc être écrasée.

L’attaque violente d’Israël contre la Flotille qui transportait de l’aide humanitaire à Gaza a choqué le monde entier.

Le détournement de navires dans les eaux internationales et l’assassinat de passagers constituent, bien sûr, un crime.

Mais le crime n’a rien de nouveau. Depuis des décennies, Israël détourne des bateaux entre Chypre et le Liban et tue ou enlève des passagers, et parfois les retient en otage dans des prisons israéliennes.

Israël présume qu’il peut commettre impunément de tels crimes parce que les Etats-Unis les tolèrent et que l’Europe en général leur emboite le pas.

Comme l’a fait remarquer le quotidien (britannique) The Guardian du 1er juin (2010), « Si un groupe armé de pirates somaliens avait accosté hier six navires en pleine mer, tuant au moins 10 passagers et en blessant beaucoup plus, une force d’intervention de l’OTAN se dirigerait dés aujoud’hui vers les côtes de la Somalie. » Dans ce cas, le traité de l’OTAN oblige ses membres à porter secours à un pays membre – la Turquie – attaqué en pleine mer.

Le prétexte avancé par Israël était que la Flotille transportait du matériel que le Hamas pouvait employer pour construire des bunkers pour tirer des roquettes sur Israël.

Ce prétexte n’est pas crédible. Israël peut facilement faire cesser la menace des roquettes par des moyens pacifiques.

Le contexte est important. Hamas a été désigné comme une menace terroriste importante lorsqu’il a remporté les élections libres en janvier 2006. Les Etats-Unis et Israël ont sévèrement renforcé leurs mesures punitives contre les Palestiniens, cette fois-ci pour avoir commis le crime de mal voter.

Le résultat fut le siège de Gaza, qui comprend un blocus naval. Le siège fut nettement durci en juin 2007 après une guerre civile qui a vu le Hamas prendre le contrôle du territoire.

Ce qui est communément décrit comme un coup d’état militaire du Hamas fut en réalité provoqué par les Etats-Unis et Israël qui ont ouvertement tenté d’inverser le résultat des élections remportées par le Hamas.

Ceci est connu depuis au moins le mois d’avril 2008, lorsque David Rose a révélé dans (le magazine) Vanity Fair que George W. Bush, le Conseiller en Sécurité Nationale Condoleeza Rice et son adjoint, Elliot Abrams (*), « ont soutenu une force armée sous les ordres de l’homme fort du Fatah Muhammad Dahlan, déclenchant ainsi une guerre civile sanglante à Gaza d’où le Hamas est sorti renforcé. »

Le terrorisme du Hamas comprenait des tirs de roquettes sur les villages israéliens avoisinants – un acte criminel sans aucun doute, mais un acte qui ne représente qu’une infime fraction des crimes couramment commis par les Etats-Unis et Israël à Gaza.

Au mois de juin 2008, Israël et le Hamas ont conclu un cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a formellement reconnu que le Hamas n’a plus tiré une seule roquette avant qu’Israël ne viole le cessez-le-feu le 4 novembre de la même année pour envahir Gaza et tuer une demi-douzaine de militants du Hamas.

Le Hamas a offert un nouveau cessez-le-feu. Le gouvernement israélien a examiné l’offre et l’a rejeté, préférant lancer une invasion meurtrière sur Gaza, le 27 décembre.

Comme pour tous les autres états, Israël a le droit de se défendre. Mais Israël avait-il le droit d’employer la force dans Gaza au nom de son autodéfense ? Le Droit International, dont la Charte des Nations Unies, ne laisse aucun doute : un état a ce droit uniquement lorsqu’il a épuisé tous les moyens pacifiques. Dans ce cas précis, les moyens pacifiques n’ont même pas été tentés, malgré – ou peut-être à cause de – les bonnes chances d’aboutir.

Ainsi, l’invasion fut littéralement un acte d’agression criminel, et il en est de même pour l’attaque de la Flotille.

Le siège contre Gaza est cruel et son but est de maintenir les animaux en cage en état de survie, juste de quoi éviter les protestations internationales, mais guère plus. C’est le dernier volet d’un plan israélien à long terme, appuyé par les Etats-Unis, pour séparer Gaza de la Cisjordanie.

Le journaliste israélien Amira Hass, éminent spécialiste de Gaza, décrit les grandes lignes du processus de séparation. « Les restrictions imposées au mouvement palestinien qui ont été mises en place par Israël en janvier 1991 ont renversé un processus initié en juin 1967.

« A cette époque, et pour la première fois depuis 1948, une large portion du peuple palestinien vivait à nouveau sur le territoire en un seul morceau d’un seul pays – un pays occupé, certes, mais entier… »

Hass conclut : « La séparation totale de la bande de Gaza de la Cisjordanie est une des plus grandes réussites de la politique israélienne, dont l’objectif ultime est d’empêcher toute solution basée sur des décisions et accords internationaux et d’imposer un accord basé sur la supériorité militaire d’Israël. »

La Flottille défiait cette politique et devait donc être écrasée.

Un cadre pour résoudre le conflit Arabo-israélien existe depuis 1976, lorsque les états arabes de la région ont présenté une résolution au Conseil de Sécurité qui appelait à la création de deux états le long des frontières internationales, en incluant toutes les garanties de sécurité exigées par la Résolution 242 de l’ONU qui fut adoptée après la guerre de juin 1967.

Ses principes les importants sont soutenus par pratiquement le monde entier, y compris par la Ligue Arabe, l’Organisation des Etats Islamiques (dont l’Iran) et les organisations non étatiques concernées, dont le Hamas.

Mais depuis trente ans les Etats-Unis et Israël ont toujours rejeté cet accord, à une exception prés qui est révélatrice et mérite d’être notée. En janvier 2001, au cours de son dernier mois du mandat, Bill Clinton a initié des négociations israélo-palestiniennes à Taba, Egypte, qui étaient sur le point d’aboutir, selon les participants, lorsqu’Israël a décidé de rompre les négociations.

Aujourd’hui encore, les conséquences de cet échec se font cruellement sentir.

Le Droit International ne peut pas être imposé aux états puissants, sauf par leurs propres citoyens. C’est toujours une tâche difficile, surtout lorsque l’opinion qui se fait entendre déclare que le crime est légitime, soit explicitement soit en instaurant tacitement un cadre criminel – ce qui est plus insidieux et rend les crimes invisibles.

Noam Chomsky

 (*) EN COMPLEMENT : Elliot Abrams : Membre du Conseil National de Sécurité, en charge de la « promotion de la démocratie et des droits de l’homme » (sic). Spécialité : Mensonges éhontés et couverture des escadrons de la mort au Guatémala. Autre personnage au service de la Miami Connection, conspirateur du scandale Iran-Contra, doit au pardon présidentiel de George Bush père de ne pas avoir connu la prison. Il est désormais membre du Conseil national de Sécurité où il est responsable de la « promotion de la démocratie et les droits de l’homme ». Comme si personne ne se souvenait qu’il a été le cerveau maudit de la guerre sale en Amérique centrale, qu’il a encouragé l’agression contre le Nicaragua et le Panama, que face aux commissions d’enquête du Sénat, il a défendu les pires excès des escadrons de la mort, niant les massacres et mentant sur les activités clandestines d’appui à la Contra nicaraguayenne. Chargé des affaires du Proche et Moyen Orient sous l’administration Bush.

Noam Chomsky
http://inthesetimes.com/article/606…

Traduction VD pour le Grand Soir

10 juin 2010

URL de cet article

http://www.legrandsoir.info/La-veritable-menace-a-bord-de-la-Flottille-de-la-Liberte-In-These-Times.html

http://www.hchicha.net/2010/06/10/la-veritable-menace-a-bord-de-la-flottille-de-la-liberte/


2-3 Hariri et le Hezbollah condamnent le raid israélien sur la flottille.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri et le mouvement chiite Hezbollah ont condamné lundi l'assaut israélien meurtrier contre une flottille internationale d'aide pour la bande de Gaza.

AFP - le 31 mai 2010, 11h27

Le Premier ministre libanais Saad Hariri et le mouvement chiite Hezbollah ont condamné lundi l'assaut israélien meurtrier contre une flottille internationale d'aide pour la bande de Gaza.

"L'attaque israélienne contre le convoi d'aide représente une étape dangereuse et folle qui va exacerber les tensions dans la région", a déclaré M. Hariri dans un communiqué.

"Le Liban dénonce fermement cette attaque et appelle la communauté internationale, en particulier les grandes puissances (...), à prendre des mesures de façon à mettre fin à ces violations continues des droits de l'Homme et cette menace à la paix internationale", a-t-il ajouté.

"C'est un crime prémédité contre l'humanité des Israéliens", a déclaré pour sa part le député du Hezbollah Hassan Fadlallah.

"Ce crime montre au monde la sauvagerie d'Israël et la façon dont il traite les civils non armés", a-t-il dit à l'AFP. "Cela s'ajoute à la longue liste des massacres contre les civils de Palestine et du Liban", a-t-il ajouté.

"S'ils ne parviennent pas à agir rapidement pour lever le siège sur les Palestiniens (de Gaza) et dénoncer Israël pour ses crimes ainsi qu'à sauver les otages, la situation dans la région va empirer", a-t-il averti.

Une guerre opposant Israël au Hezbollah a fait plus de 1.200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 morts du côté israélien, pour la plupart des militaires, durant l'été 2006.

Plus de dix passagers ont été tués lundi lorsque des commandos israéliens ont pris d'assaut la flottille internationale de militants pro-palestiniens qui se dirigeait vers la bande de Gaza, a indiqué l'armée israélienne.

http://www.lematin.ch/flash-info/monde/liban-hariri-hezbollah-condamnent-raid-israelien-flottille


2-4 Flottille pour Gaza : un représentant de l'ONU rencontre le ministre libanais de la défense.

L'opération militaire meurtrière menée lundi par les forces israéliennes contre la flottille humanitaire à destination de Gaza a été au cœur d'une rencontre qui s'est déroulée vendredi entre le Coordonateur de l'ONU au Liban, Michael Williams, et le ministre libanais de la Défense, Elias Murr.

L'assaut de la marine israélienne, lundi matin dans les eaux internationales, s'était soldé par la mort de neuf civils et des dizaines d'autres blessés. Immédiatement, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon avait condamné « tous les actes ayant conduit à la mort de civils ». Une condamnation que Michael Williams a réitéré devant le ministre libanais de la Défense.

Pour le Coordonateur spécial de l'ONU au pays du Cèdre, les racines de cet incident mortel sont à rechercher dans le blocus imposé par l'armée israélienne à la Bande de Gaza depuis trois ans.

A plusieurs reprises, les Nations Unies ont critiqué ce siège du territoire palestinien. L'ONU estime que le flux insuffisant de marchandises et de matériels que les autorités israéliennes laissent pénétrer empêche la reconstruction du territoire et ne répond pas aux besoins des 1,5 millions de palestiniens qui y vivent.

« Maintenant, après une telle tragédie, il est encore plus impératif de lever le blocus imposé à Gaza et à ses habitants », a ajouté Michael Williams.

Le Secrétaire général de l'ONU, le Conseil de sécurité et le Conseil des Droits de l'homme ont aussi demandé une enquête indépendante.

Autre sujet au centre des discussions entre Michael Williams et Elias Murr, la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui a mis fin en août 2006 à la guerre de 34 jours entre Israël et le Hezbollah. Elle appelle au respect de la “ligne bleue” qui sépare le territoire israélien du territoire libanais, au désarmement de toutes les milices opérantes au Liban, à la fin du trafic d'armes dans la région et interdit le survol du territoire libanais par l'aviation israélienne.

« Le ministre de la Défense et moi-même sommes d'accord sur le fait que nous aimerions voir des progrès plus significatifs de la part de chaque partie, sur la mise en œuvre de cette résolution si importante pour le Liban et la région », a conclu Michael Williams.

Selon la presse, l'aviation israélienne survole régulièrement le Liban, en violation de la résolution 1701. Lundi dernier, l'artillerie antiaérienne libanaise aurait ouvert le feu contre des appareils israéliens survolant le Liban, selon un responsable de la sécurité israélienne.

De leur côté, les autorités israéliennes accusent le Hezbollah de continuer de recevoir des armes venues de l'extérieur du pays, là encore en violation de la résolution 1701 de 2006.

News Tracker:

4 juin 2010 –

Flottille pour Gaza : le Conseil des Droits de l'homme lance une enquête internationale

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=22102&Cr=gaza&Cr1=


2-5 Liberté pour la Palestine… Liberté pour Gaza. 
Pour mettre fin au blocus qui encercle le peuple palestinien
Et en signe de solidarité avec
la Flottille de la liberté
En réponse à l’appel lancé par les partis et les forces de la gauche libanaise, une manifestation a eu lieu, ce dimanche à 11 heures, devant le siège de l’ambassade des Etats-Unis au Liban.
Les manifestants ont scandé des slogans contre le nouveau crime perpétré par l’armée israélienne contre la « Flottille de la liberté », ainsi que contre l’administration des Etats-Unis qui supervise et protège les criminels. De plus, des banderoles portaient des mots d’ordre rappelant les droits du peuple palestinien, dont le droit au retour et à la construction d’un Etat indépendant ayant Al Qods pour capitale.
A leur arrivée à
la Place de Aoukar, les manifestants ont écouté quatre interventions faites par D. Marie NASSIF-DEBS, vice Secrétaire général du Parti Communiste libanais, Ali FAYÇAL, membre du BP du Front démocratique pour la libération de la  Palestine (FDPLP), Abou Firas, membre du BP du Parti du peuple palestinien, et Nazih HAMZAH, secrétaire du Parti démocratique populaire.


Les interventions ont insisté sur les points suivants : 
1.            La condamnation du rôle des Etats-Unis dans la supervision des agressions israéliennes et leur appui au terrorisme d’Etat pratiqué par le gouvernement israélien contre le peuple palestinien et tous les peuples de la région, notamment ceux du Liban et de l’Irak.
2.            L’assurance que seules la résistance et la lutte peuvent casser le blocus imposé au peuple palestinien.
3.            La condamnation des positions prises par
la Ligue arabe, notamment à la suite du massacre qui a eu lieu contre les militants de la « Flottille de la liberté », surtout que la réunion des ministres des Affaires étrangères arabes n’a pris aucune décision claire contre Israël, se contentant de proclamer son appui à la décision du Conseil de sécurité en ce qui concerne la création d’une commission d’enquête.
4.            La solidarité inconditionnelle avec les aspirations du peuple palestinien à retourner sur la terre des ancêtres et à construire l’Etat indépendant de
la Palestine.
5.            L’appel à tous les partis, à toutes les organisations non gouvernementales arabes et internationales à poursuivre leur œuvre de solidarité et leurs activités afin de mettre fin au blocus imposé aux citoyens de Gaza.
6.            L’insistance sur l’unité nationale et populaire qui doit prévaloir entre les Palestiniens ; et, ce, afin de pouvoir faire face aux projets sionistes appuyés par l’administration des Etats-Unis.
7.            L’insistance sur le rôle de
la Gauche arabe dans les initiatives et les actions communes afin de consolider la résistance contre l’occupation israélienne et étasunienne des territoires arabes ;
 
Beyrouth, le dimanche 6 juin 2010

http://www.internationalistes13.org/article-manifestation-de-la-gauche-libanaise-en-solidarite-avec-la-palestine-51911089.html


2-6 Général Aoun « Il doit y avoir des moyens de dissuasion, avec un ultimatum pour Israël pour adopter une solution. » S’exprimant lors de deux entretiens accordés aux chaînes télévisées OTV et Manar le général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre, a fortement condamné l’attaque israélienne contre la flottille d’aide pour Gaza et a estimé que cela ne peut pas être qualifié de simple attaque. « C’est un crime organisé contre des gens innocents qui manifestent contre l’injustice. Nous espérons que la politique internationale envers Israël changera après ce crime. Il faut que la communauté internationale avertisse Israël et l’oblige à résoudre la situation en assurant une solution égale », a-t-il dit.

Question – La colère d’Israël face à la Turquie a entraîné cette attaque, où alors emmènera ce massacre ?

Général Michel Aoun – Je ne peux pas le qualifier d’attaque puisqu’une attaque est normalement contre une personne égale. Il s’agit plutôt d’un crime organisé commis par Israël contre des personnes innocentes qui s’opposaient aux injustices.

Je pense que ce crime est très dangereux et va sans doute faire trembler le monde.

Nous espérons voir des changements dans la politique internationale et pas seulement locale. Car, on ne peut plus se contenter des théories des conseils d’orientation à Israël, cela ne changera pas du tout son attitude, mais à partir d’aujourd’hui, il doit y avoir des moyens de dissuasion, avec un ultimatum pour Israël pour adopter une solution, et non seulement des moyens pacifiques qui eux peuvent durer des décennies.

C’est ce que nous espérons, que ce crime réveille la conscience de l’humanité, que pour une fois, la communauté internationale agisse sérieusement et conformément aux droits et à la justice avec Israël. C’est ce que je peux dire maintenant, et j’espère que ce sera le dernier crime avant d’imposer une solution à Israël.

Question – Comment vous commentez les images transmises sur les chaines télévisées concernant ce massacre à l’encontre de civils pacifistes ?

Général Aoun – Nous savons tous, et nous libanais en particulier, comment Israël s’est comportée pendant ses guerres au Liban où des actes de vengeances contre des civils se sont commis.

Celui qui est capable de bombarder les enfants de Cana à deux reprises est en mesure d’entreprendre toutes autres opérations militaires, que ce soit contre des civils ou contre tout autre être humain.

Mais la différence est qu’Israël, au départ, essayait de trouver des prétextes et des argumentations pour se justifier, par exemple, elle dit qu’il y a eu une erreur technique ou une erreur dans l’identification de la cible, ou encore qu’il y a eu des tirs de roquettes… Et celui qui veut aider Israël laisse entendre que cette excuse est vraie.

Aujourd’hui, il n’y aurait aucune excuse pour permettre aux troupes israéliennes d’attaquer un navire et de tuer ses passagers lors d’une manifestation pacifique en pleine mer. Il n’y a aucune justification. Cela montre au monde le vrai visage d’Israël, nous étions convaincus depuis longtemps que ces actions israéliennes sont chose commune pour eux.

Question – Le Liban est actuellement président du Conseil de Sécurité des Nations-unies, et il y a une audience pour le conseil des ministres libanais dans lequel vous avez des ministres.

Allez-vous évoquer ce massacre et inciter le Liban à agir en convoquant une réunion du Conseil de sécurité ?

Général Aoun : Je pense que c’est à l’État affecté d’abord d’être initiateur. La Turquie, par conséquent, devrait déposer une plainte contre Israël suite à l’agression contre ses ressortissants et ses navires.

Partant de là, le Conseil de sécurité doit se réunir à la demande de son président, qu’il soit le Liban ou tout autre pays. Nous espérons que le Liban aurait une position à cet égard.

Comité Valmy

20 juin 2010,  


2-7 Forcer les frontières d'Israël.

Un haut responsable palestinien au Liban, Mounir Maqdah, a appelé mardi tous les Arabes à marcher et à forcer les frontières d'Israël. "La société civiles et les factions palestiniennes au Liban cherchent à former une 'flottille du retour vers la Palestine' et à organiser des marches pour pénétrer en Palestine, à partir du Liban, mais aussi par la Jordanie, la [Judée Samarie], Gaza et tous les pays arabes.

http://www.guysen.com/news_Liban-un-responsable-palestinien-appelle-a-forcer-les-frontieres-d-Israel_277876.html

03/06/2010

Quatre Libanais arrêtés lors de l'agression militaire israélienne contre la flottille d'aide humanitaire au large de Gaza ont été rapatriés et accueillis en héros mercredi soir à la frontière entre le Liban et les territoires occupés.
Abbas Nasser et André Abi Khalil, un journaliste et un cameraman de la chaîne Al Jazeera, ainsi que Hussein Choukour et Hani Sleimane, qui a été blessé lors de l'agression israélienne, ont été accueillis par des jets de riz et de fleurs à leur arrivée au poste-frontière de Naqoura.
Des dizaines de personnes les ont acclamés en agitant des drapeaux libanais, palestiniens et turcs, une manière de saluer la position d'Ankara qui a vivement critiqué Israël pour son agression militaire.
Des représentants du président de
la République, du Premier ministre et du président du Parlement, ainsi que des députés du Hezbollah, étaient également présents.
Les quatre Libanais, l'air visiblement fatigué, ont été remis par Israël au Comité international de
la Croix-Rouge (CICR). Hani Sleimane, blessé au pied par une balle, a été transporté à bord d'une ambulance.
"On entend beaucoup parler de la sauvagerie israélienne, mais voir cela de près, c'est autre chose", a affirmé à la presse Abbas Nasser, affirmant avoir vu des "centaines de soldats armés jusqu'aux dents". 
"J'ai dit aux Israéliens qu'ils avaient tué mes enfants", a affirmé de son côté Hussein Choukour, dont la femme et les enfants avaient péri dans un raid israélien lors de la guerre israélienne contre le Liban en 2006. 
Dans l'après-midi, plusieurs centaines de personnes ont participé à une manifestation à la frontière entre le Liban et les territoires occupés à l'appel du parti chiite pour dénoncer le raid israélien. Les manifestants ont brûlé un drapeau israélien et scandé des slogans hostiles à "Israël".

http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=140334&language=fr



3 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

3-1  "Nous ne nous sommes pas retirés du Liban, nous l'avons fui".

Le colonel Noam ben Tsevi, dernier commandant de la région de l'ouest au Sud Liban (Bent Jbeil) lors de l'occupation israélienne, a déclaré que "le retrait israélien du Liban il y a dix ans était en effet une fuite, ni plus ni moins".  

Selon le quotidien Haaretz, ben Tsevi appuyait fortement la décision du Premier ministre à l'époque Ehud Barack de quitter le Liban unilatéralement, surtout après l'échec de la tentative de signer un accord de paix israélo-syrien, alors que la majorité des dirigeants militaires s'y opposaient.
"Je pense que les dirigeants des bataillons au Liban, comme Tchico Tamir, Samuel Zakay, Aviv Kokhafi, Alone Freedman et Ayal Eisenberg réalisaient la nécessité de sortir du Liban. Ils se sont tous rendus compte de la défaite et de l'incapacité d'exécuter les ordres au Liban", a-t-il ajouté.
Toutefois, ben Tsevi a critique la façon dont l'armée israélienne s'est retirée du Liban.

Pour lui, "ce retrait fut une défaite militaire, l'armée israélienne n'a pas effectué d'enquête profonde au sujet du retrait. Elle aurait alors compris que la plupart des hauts officiers ont provoqué cet échec".   

"Nous avons laissé derrière nous des véhicules et des munitions, dans certains cas les soldats ont pillé des munitions. Les membres de l'armée du Liban Sud (celle du collaborateur Antoine Lahd ndlr) ont été rassemblés à la porte Fatima d'une façon humiliante. Il s'agissait donc d'une fuite non planifiée.

Alors que le Hezbollah nous tirait dessus, nous avons renoncé à plusieurs valeurs en tant que soldats", a-t-il reconnu. 

22/05/2010    

 http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=138592&language=fr


3-2 G.Houbballah   : "Israël" craint la « guerre touristique » du Hezbollah !

Après la guerre militaire, la guerre médiatique, la guerre psychologique, « Israël » craint maintenant ce qu’elle appelle la guerre touristique  du Hezbollah !
 Les médias occidentaux et israéliens ont fait tout un bruit autour de la visite des étudiants de l'Université des Jésuites (USJ) et d'autres universités au Liban-sud.
Le Hezbollah leur avait organisé en début semaine une tournée touristique aux anciennes bases de la Résistance. ils ont eu l’occasion de rencontrer et de discuter avec des combattants de la résistance qui leur ont expliqué  leur manière de lutter contre « Israël » au cours des  principales étapes de ses guerres contre le Liban , plus récemment, bien sûr, la guerre de 2006.
Des sources occidentales se sont arrêtées sur la signification de cette tournée et l’ont inscrite dans le cadre de la guerre psychologique. Elles ont indiqué que le Hezbollah a fait clairement savoir à travers cette visite qu’il ne s'intéresse pas à une escalade militaire de la situation sur le front.
Ensuite, il veut  garder les Israéliens sur le qui-vive, allant de manœuvres en manœuvres, ne sachant guère à quoi s’attendre du côté libanais, et plus précisément de  la Résistance qui suit toujours sa même politique: nourrir l'ambiguité sur son arsenal militaire.
Ces mêmes sources ont souligné que les messages que le Hezbollah a tenus à adresser à travers l'organisation de cette tournée sont nombreux: mais pour en citer quelques uns, ces sources précisent que le Hezbollah a tenu à montrer que  la jeunesse libanaise -quelques soient ses appartenances politiques, sociales  et religieuses- s’intéresse à mieux connaître la Résistance.
Et de préciser que le Hezbollah  est non seulement capable de s’ouvrir aux autres, mais a réussi à le faire en forçant les obstacles traditionnels qui se dressaient autrefois entre lui et les jeunes des autres confessions religieuses.

"D’où la participation à cette tournée de jeunes filles et garçons vêtus de "Jeans" et de chemises à manches courtes , écoutant des chansons occidentales, et qui tant dans la forme que dans le fond sont très différents de la jeunesse « hezbolienne »", selon ces sources,
Et de conclure que c'est la preuve que le Hezbollah est désormais présent partout au Liban et non plus enfermé dans une zone géographique précise !
Or, toujours selon ces  sources,  cette question a fait l’objet d’un débat en « Israël » même : les Israéliens sont inquiets de la réussite du Hezbollah à s’intégrer dans la mosaïque confessionnelle et sociale libanaise et à attirer des groupes d'âge très différents , faisant échouer les tentatives d' « Israël » et de l'Occident de creuser le fossé entre la Résistance et au moins une partie signifiante du peuple libanais !  Et ce dans le but d’ouvrir un front interne contre le Hezbollah pour le rendre vulnérable.
 Par ailleurs, le Hezbollah a inauguré vendredi dans le sud du Liban un "site touristique jihadiste" où sont exposées des armes lourdes appartenant à la Résistance mais aussi à l’ennemi israélien, à l'occasion du 10e anniversaire du retrait israélien du sud du Liban.
 Le site, dans la localité de Mlita, était une ancienne base militaire du Hezbollah avant le retrait des forces israéliennes du sud du pays après une occupation de 22 ans (1978-2000) et jusqu'à la guerre de 2006.
 Il sera ouvert au public à partir de mardi 25 mai, date de l'anniversaire du retrait israélien, proclamée cette année fête nationale au Liban.
 Des dizaines de roquettes antichars, de roquettes Katioucha, de missiles iraniens "Raad 1", de mortiers et de lance-roquettes sont exposés dans une grotte creusée dans une montagne, dans un bois, ainsi que dans des salles nouvellement construites.
 Plusieurs combattants du Hezbollah sont tombés lors de raids israéliens alors qu'ils creusaient la grotte, en vue d'y cacher des armes, selon le guide Mohammad Sayyed.
 Des chars israéliens Merkava couverts d'une toile, pour symboliser, selon le Hezbollah, l'"embourbement" des soldats israéliens au Liban, sont également exposés dans l'une des cours du complexe.
 Il s'agit du premier complexe du genre, selon un communiqué distribué par le Hezbollah, avec 60.000 mètres carrés de jardins, 4.500 mètres carrés de surface bâtie et un parking d'une capacité de 2.000 places.
 Pour sa part, la radio israélienne a estimé que l’inauguration de ce nouveau musée exposant l’arsenal militaire israélien abandonné par les forces israéliennes lors de son retrait du Liban, est une provocation pour « Israël » !
Bref.. il semblerait que la saison touristique du Hezbollah sera  légèrement moins prospère que la saison touristique libanaise, puisque le ministère du tourisme s’attend à ce que le Liban bat une année record par rapport aux autres années !
 Bonnes vacances d’été !

G.Houbballah 

22/05/2010  

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=138677&language=fr


3-3  Michel Chossudovsky, Matthew Rothschild : Les Etats-Unis ont confisqué les biens d’opposants à leur politique en Irak et au Liban. 
Depuis 2007, les Etats-Unis ont procédé la confiscation des biens de personnes qui s’opposent à leur politique en Irak et au Liban. Cette mesure a été appliquée aussi bien à des nationaux qu’à des étrangers ; que leur opposition ait pris une forme violente ou non. Ces dispositions, prises par l’administration Bush, ont été prorogées par l’administration Obama.

Elles violent aussi bien la Constitution des Etats-Unis que le Pacte des droits civils et politique de l’ONU, dont Washington est pourtant signataire.

Le président Bush a signé deux décrets permettant au département du Trésor des Etats-Unis de confisquer les biens de toute personne perçue comme une menace directe ou indirecte pour les opérations des Etats-Unis au Proche-Orient. Le premier, intitulé « Saisie des propriétés de certaines personnes qui menacent les efforts de stabilisation en Irak », signé par Bush le 17 juillet 2007 [1], autorise le secrétaire au Trésor à confisquer, après consultation avec le secrétaire d’Etat et le secrétaire à la Défense, les biens des citoyens ou des organisations qui, « directement ou indirectement », font courir des risques aux opérations menées par les Etats-Unis en Irak.

Les décrets de Bush

« J’ai émis un ordre de saisie des propriétés des personnes dont il est établi

1) qu’elles ont commis ou risquent de commettre un acte ou des actes de violence dont l’intention ou l’effet serait de menacer la paix et la stabilité de l’Irak ou le gouvernement de l’Irak, ou de miner les efforts de reconstruction économique et de réforme politique en Irak ;

2) qu’elles ont aidé sensiblement, ou fourni un appui financier, matériel, logistique ou technique, ou encore des biens et des services, pour soutenir de tels actes de violence ou toute autre personne dont les propriétés ou les intérêts auraient été saisis en vertu de cet ordre… »

Le Titre V de ce décret annonce qu’« en raison de l’existence de moyens permettant de transférer instantanément des fonds ou d’autres biens, tout préavis adressé à ces personnes sur les mesures à prendre contre elles en vertu de ce décret rendrait celles-ci inutiles. Je décide par conséquent (…) qu’il n’est pas nécessaire d’émettre de préavis concernant la programmation ou l’ordre (de saisie des biens)… »

Le 1er août, Bush publiait un décret similaire, intitulé « Saisie des propriétés des personnes qui minent la souveraineté du Liban ou ses processus et institutions démocratiques » [2]. Le texte de ce deuxième décret est en grande partie identique à celui du premier, avec toutefois des dispositions plus sévères :

Dans les deux cas, ces décrets ignorent l’ordre constitutionnel en conférant au département du Trésor l’autorité de confisquer les biens des personnes qui représentent un risque de violence ou qui contribuent de manière non précisée à contrer la politique des Etats-Unis. Par contre le décret du 1er août est dirigé contre toute personne ayant réalisé un acte ou représentant une menace significative d’action, violente ou non violente, conspirant contre les opérations au Liban. La loi autorise aussi à confisquer les biens « d’un conjoint ou d’un enfant dépendant » de toute personne dont les propriétés auraient été saisies. Le décret concernant le Liban interdit aussi de fournir aliments, toit, médicaments ou toute autre forme d’aide humanitaire aux personnes dont les biens ont été confisqués et à leurs « enfants dépendants ».

Les termes vagues de ce décret anticonstitutionnel, dangereusement ouverts à toute interprétation, permettent de choisir arbitrairement un citoyen états-unien et de le dépouiller de tous ses biens en le soumettant de surcroît à l’ostracisme. Bruce Fein, avocat constitutionnaliste et ex-fonctionnaire du département de Justice sous l’administration Reagan, ne cache pas son étonnement : « Le texte est si général qu’il vous plonge dans la stupéfaction. Je n’ai jamais rien vu d’aussi vague. Cela va au-delà du terrorisme, du recours à la violence ou de la menace de violence pour faire peur à la population ou l’intimider. »

Dans un éditorial pour le Washington Times, Fein signale : « La personne dont les biens sont saisis est traitée plus ou moins comme un lépreux. Les sentences de mort financière sont imposées par le département du Trésor sans préavis, ni possibilité de contestation, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de place pour le recours en justice. Cette mesure frappe comme la foudre. Quarantaine immédiate et absolue pour toute personne dont les biens sont confisqués. La victime ne peut recevoir d’aide, ni ses bienfaiteurs lui envoyer de fonds, de marchandises, de services d’aucune sorte. Un avocat ne peut pas lui offrir ses services sans défier le décret. Un médecin ne peut pas non plus prodiguer de soins en cas d’arrêt cardiaque (…)

Le département de la Justice a habituellement pour mission d’examiner les décrets émanant de l’exécutif pour vérifier qu’ils sont compatibles avec la Constitution. Le Procureur général a-t-il sombré dans le sommeil ? » [3]

Mise à jour de Matt Rothschild

Cette nouvelle a été, que je sache, pratiquement ignorée des principaux médias. Lorsque je suis parti en tournée dans le pays pour donner des conférences, l’été dernier et que j’ai évoqué la question de ces décrets émanant de l’exécutif, les gens avaient du mal à y croire et se demandaient pourquoi ils n’en avaient jamais entendu parler. Je me pose encore la même question.

Voici deux sites où trouver de l’information sur ce sujet : The American Civil Liberties Union et The Center for Constitutional Rights.

Sources
• 
Global Research, juillet 2007 
Titre : “
Bush Executive Order : Criminalizing the Antiwar Movement
Auteur : Prof. Michel Chossudovsky 
• The Progressive, août 2007 
Titre : “
Bush’s Executive Order on Lebanon Even Worse Than the One on Iraq” 
Auteur : Matthew Rothschild 
• Etudiants chercheurs : Chris Navarre et Jennifer Routh 
• Tuteur : Amy Kittlestrom, Ph.D
.

Précision du Réseau Voltaire
Plusieurs collaborateurs du Réseau Voltaire ont été frappés par les décrets présidentiels 13438 et 13441 en raison de leur soutien intellectuel ou matériel aux mouvements de résistance au Proche-Orient. 
C’est également à ce titre que Thierry Meyssan, président du Réseau Voltaire, a perdu la possibilité d’engager un recours contre son premier éditeur qui a volé la rémunération de ses ouvrages en les transférant dans une filiale aux Etats-Unis. Et c’est toujours à ce titre que Washington a sollicité l’aide des Etats membres de l’OTAN à l’encontre de Thierry Meyssan (cf.« Si j’avais plié, je n’aurais pas eu à partir »).

 

[1] « U.S. Presidential Executive Order 13438 : Blocking Property of Certain Persons Who Threaten Stabilization Efforts in Iraq », Voltaire Network, 17 juillet 2007.

[2] « U.S. Presidential Executive Order 13441 : Blocking Property of Persons Undermining the Sovereignty of Lebanon or Its Democratic Processes and Institutions », Voltaire Network, 1er août 2007.

[3] « Our Orphaned Constitution », par Bruce Fein, Washington Times, 7 août 2007.

 

Michel Chossudovsky*, Matthew Rothschild*

Michel Chossudovsky

Directeur du Centre de recherche sur la mondialisation à l’université d’Ottawa (Canada). Editeur du site multilingueMondialisation. Dernier ouvrage publié en français :Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial.
Matthew Rothschild

Rédacteur en chef du mensuel The Progressive (USA).

20 MAI 2010

Enquête primée par Project Censored

http://www.voltairenet.org/article165465.html 


3-4 Hariri conclut sa visite en Tunisie : Israël est agacé par la stabilité au Liban.

Visite officielle  « Il y a un consensus interne pour soutenir le tribunal spécial », a déclaré à Tunis le Premier ministre, Saad Hariri, au cours d'une visite de travail de 24 heures.

Le Premier ministre est rentré hier soir de Tunis, à l'issue d'une visite de 24 heures. M. Hariri, qui était accompagné du ministre de l'Éducation, Salim Wardy, de l'ancien ministre Bassem el-Sabeh et de ses conseillers Mohammad Chatah et Hani Hammoud, a rencontré au palais présidentiel, à Tunis, le président Zine el-Abidine ben Ali, son homologue Mohammad Ghanouchi, ainsi qu'un certain nombre de ministres et de hauts responsables tunisiens.
En quittant le palais présidentiel, le président Hariri a déclaré a salué
la Tunisie qui partage, avec le Liban, « les valeurs de modération et de dialogue, de diversité et d'ouverture ».
Il a également remercié
la Tunisie pour être toujours restée aux côtés du Liban, aux heures difficiles, en particulier lors de la guerre de 2006.
« J'ai souligné la nécessité de consolider les relations économiques, commerciales et culturelles entre le Liban et
la Tunisie, et nous nous sommes mis d'accord pour activer le Haut Comité entre les gouvernements du Liban et de la Tunisie », a-t-il annoncé, tout en souhaitant le renforcement de la coopération entre les deux secteurs privés libanais et tunisien, notamment dans le domaine touristique.
Et de souligner que « le Liban et
la Tunisie appuient le projet d'établissement d'une zone de libre-échange arabe, sont membres de l'Union pour la Méditerranée, et ont convenu de coordonner dans ces deux domaines, parallèlement à la coordination en cours à travers la représentation par le Liban du groupe arabe au Conseil de sécurité des
Nations unies ».
M. Hariri a souligné les convergences de vues entre le Liban et
la Tunisie sur la cause palestinienne, et sur « la recherche d'une solution globale et juste sur la base de la Conférence de Madrid et de l'initiative arabe pour la paix ». Il a enfin annoncé qu'il avait invité son hôte à visiter le Liban.
Conférence de presse
Avant son départ de Tunisie, le président Hariri a évoqué avec les journalistes les résultats de sa visite en Tunisie. Il a déclaré qu'il « n'est pas normal » que la communauté internationale assiste passivement au drame du peuple palestinien, mais a réaffirmé qu'il n'y aura pas de navire d'aide humanitaire voguant pour Gaza, au départ des côtes libanaises, « car nous ne reconnaissons pas l'entité israélienne ».
« De plus, il s'agit de la société civile », a-t-il ajouté.
Interrogé sur les menaces d'intervention proférées par Israël, en cas de prospection pétrolière dans les eaux territoriales libanaises, M. Hariri a répondu que « la stabilité actuelle au Liban agace Israël, ainsi que la diversité et le pluralisme dans notre pays ».
Au sujet de la mise en accusation du Hezbollah par le TSL et des risques de réaction violente du Hezb, M. Hariri a affirmé : « Il y a un consensus national pour soutenir le tribunal spécial, à la table de dialogue, au sein du Conseil des ministres et dans la déclaration ministérielle. Nous devons attendre l'acte d'accusation et le verdict.
Beaucoup de rumeurs et d'accusations ont été faites au cours des quatre dernières années, de la part de plusieurs parties contre tout le monde.
Nous devons attendre, et j'ai pleinement confiance dans le tribunal spécial et la décision qu'il prendra. »
Par ailleurs, M. Hariri a affirmé qu'il sera bon « de donner une chance au président Obama parce qu'il y a une volonté américaine réelle de trouver une solution juste et globale dans la région ». « Mais nous devons rester prudents en la matière », a-t-il ajouté.
« Il nous faut une stratégie claire, a-t-il souligné. La communauté internationale doit constater que nous parlons de la paix alors qu'Israël parle de guerre (...), savoir qu'il y a un milliard deux cents millions de musulmans qui ont approuvé l'initiative de paix, tandis qu'Israël veut la guerre. »
Enfin, M. Hariri a affirmé qu'aucune divergence de vues ne l'oppose à Nabih Berry en ce qui concerne la prospection pétrolière, et que ce problème sera réglé. « Il n'y a pas de problème avec le président Berry au sujet de la prospection offshore. Le gouvernement a fait un travail considérable à ce sujet au cours des deux dernières années, et ce sujet devrait être abordé d'une manière qui profite aux Libanais », a-t-il dit
.

26 juin 2010
http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/662405/Hariri_conclut_sa_visite_en_Tunisie+%3A_Israel_est_agace_par_la_stabilite_au_Liban.html


3-5 Question au Général Aoun : élections municipales.

Question – Au sujet des élections municipales dans sa phase finale dans le Nord, est-il un inventaire. Comment considérez-vous ce qui s’est passé hier dans le Nord ?

Général Aoun – Il y a eu une vague massive de popularité. Elle n’a pas commencé dans le Nord, mais dans la vallée du Bekaa et qui s’est déplacée vers le sud et a rebondi vers le Nord.

Je crois que ces résultats favorables sont venus parce que les gens commencent à faire la différence entre ceux qui veulent vraiment réformer et ceux qui portent le slogan et les discours réformateurs mais sans toutefois chercher à l’appliquer.

Le peuple a voulu donc finir avec ceux qui volent les slogans et a voulu appuyer ceux qui veulent réellement appliquer les principes de la réforme et la lutte contre la corruption.

En tout cas, à partir de maintenant, ce mouvement sera toujours évolutif et ce jusqu’à l’infini, si Dieu le veut. Nous avons fini avec l’ère des oscillations et de l’immobilisme pour renter dans une nouvelle ère de rigueur et de lutte contre ce rythme et cette façon de gouvernance avec laquelle nous n’irons pas très loin.

Question – Avant les élections de Batroun vous avez dit que cette bataille sera la plus importante de toutes. Alors que le Courant Patriotique Libre l’a menée et l’a gagnée, vos adversaires sous-estiment son importance et disent qu’ils ont le contrôle de tout le caza alors que vous avez gagné la ville de Batroun seulement.

Général Aoun – Il y a nos résultats positifs dans toutes les villes et nous ne voulons pas rentrer dans les détails, mais la bataille de Batroun a pris en compte l’Histoire de la ville avec ses familles Akl et Daou. Le présent de la ville de Batroun étaient Cheikh Boutros Harb, les Forces Libanaises, les Phalanges Libanaises ainsi que le Courant du Futur, sauf qu’ils ont tous perdu la bataille ensemble.

C’est le vrai sens de la bataille et les résultats vont aussi dans le même sens pour les autres capitales des casas du Nord : Batroun, Amioun, Zgharta, Tripoli, où nous étions dans la coalition éléctorale, ainsi que les capitales de Douniyyé et Akkar, à Bcharré également, nous avons gagné 4 mairies.

Il ne s’agit donc pas de la ville de Batroun mais d’une société qui change, et ce changement se fait autour des idées fondamentales que nous proposons humblement et que nous défendons jusqu’au bout.

Question – Les élections ont eu un caractère inter-chrétien en général, même dans le Nord, mais la communauté sunnite a connu les mêmes boulversements dans le Nord et dans le Bekaa. Considérez vous qu’il y a un changement dans le caractère électoral sunnite et est-ce qu’il est lié au rapprochement entre M. Hariri et la Syrie ?

Général Aoun – Ce n’est pas le caractère électoral sunnite qui a changé, mais l’opinion publique a compris que les slogans portés lors des précédentes élections n’ont pas été respectés ni appliqués. On ne peut plus continuer à alimenter la société de belles paroles mais vides de toutes actions qui permettent d’améliorer le quotidien des citoyens au niveau sécuritaire et économique…

C’est ce qui explique ce changement, et je pense que d’autres changements irréversible vont se déclencher, plus vastes et plus importants et que personne ne pourra plus les arrêter.

Question – Mon général, pensez-vous que l’incident de Dahr El-Aïn remet à la case départ la réconciliation entre les Forces Libanaises et les Marada, et gèle aussi la réconciliation interchrétienne en général ?

Général Aoun – Je pense que l’incident de Dahr al-Ain ressemble à une série d’incidents qui ont déjà eu lieu, sauf qu’aucun ne peut triompher au Liban s’il éduque les nouvelles générations à la haine et à la violence. Je voudrais donner un seul conseil : celui qui enseigne la violence et la haine sera celui qui paiera le prix. Et voici les conséquences de cette éducation qui commence à apparaître.

Question – Est-ce les élections municipales dans le Nord ont renforcé la relation entre les Marada et le Mouvement patriotique libre ?

Général Aoun – Pas du tout. Les relations étaient déjà fortes depuis l’établissement de notre coalition en 2005, et maintenant on ne voit que ses fruits. Si ces fruits n’étaient pas attendus par certains, mais pour nous ils étaient prévisibles. Ces résultats s’inscrivent dans le cadre de ce que nous avons conçu à l’avance.

Question – Est-ce que les résultats des élections municipales ont un effet sur le climat politique et gouvernemental ?

Général Aoun – Oui, certainement. Il était voulu par ces élections de frapper certaines positions de force bien précises chez l’opposition, or, il s’est avéré que ces positions de force étaient plus fortes qu’on ne le pensait. Ceux qui voulaient dominer le pays en imposant des élections brutales avec des délais courts se retrouvent très déçus aujourd’hui. On ne cesse de les surprendre, et les surprises nous sont toujours favorables.

Question : Certaines victoires électorales étaient prévues pour l’opposition tandis que d’autres victoires ont surpris vos adversaires, notamment les chrétiens ?

Général Aoun – Bien sûr. Pour nous, les élections du Bekaa et Jezzine étaient un indice pour ce qui allait se passer dans le Nord. Le mouvement transformateur a gagné toutes les régions libanaises, notamment le changement constaté dans le public du Courant du Futur.

Les slogans et discours éléctoraux utilisés pour inciter leur public au vote n’étaient pas vrais. Il y avait une sorte de tromperie et de désinformation dans leur discours médiatique. Il se trouve aujourd’hui que ce discours est épuisé et il ne reste que la vérité qu’on regarde dans sa forme réelle.

Tout d’abord, en 2005, ils ont commencé par dire que « celui qui votre contre les listes du martyr (Rafic Hariri) tire une nouvelle balle sur le martyr », ensuite ils ont parlé de « vengeance et de tribunal pour le martyr »… Il y a aussi la propagande utilisée dans les régions chrétienne, celle qui dit que « le CPL va imposer le voile aux chrétiennes, et que le Hezbollah va envahir les chrétiens, que l’Iran et la Syrie vont attaquer le Liban », ils ont mêmes distribué des tracts qui parlent d’une attaque militaire syro-iranienne…

On les voit aujourd’hui tous courir vers la Syrie, d’autant plus il n’y a aucun fondement pour cette campagne hostile menée contre la Syrie. Le déroulement des évènements a montré que la propagande était fausse et que depuis le début, nous avions raison dans nos choix politiques.

On pourrait avoir des bénéfices circonstanciels des mensonges, mais une fois la vérité exposée, leurs mensonges se sont retournés contre eux. Ils sont en train de payer le prix de leur fourberie que leurs médias ont utilisée pour inonder le public libanais.

Question – Peut-on dire que la perte de crédibilité de vos adversaires leur a fait perdre ses élections ? Qu’en pensez-vous vous également de l’argent électoral ?

Général Aoun – Bien sûr, il a été constaté avec le temps et les faits qui ont émergé que j’avais raison et que j’ai toujours dit la vérité à mes concitoyens. Mes paroles sont prouvées par des faits qu’on peut voir sur le terrain, tandis que leurs prétentions sont restées fausses et ne se sont jamais concrétisées.

Quant à l’argent électoral, le rachat des voix et des consciences aurait donné l’effet inverse également, même si une grande partie des libanais reste dans le besoin.

Je pense que le citoyen commence à connaître et à identifier la peur et le besoin que lui font subir certains politiciens, et il commence à se rebeller et à avoir le courage de rejeter cette situation. Nous avions donné des garanties à nos citoyens qu’aucun politicien ne peut plus les « toucher » illégitimement.

Question – Que dites-vous aux déçus et choqués de ces élections ? Les appelez-vous à changer leur façon de travailler ?

Général Aoun – Qu’ils soient choqués, ça ne me regarde pas, mais je peux leur donner un conseil qui sera utile à la fois pour eux et pour nous : je ne leur demande pas d’adhérer à notre parti, mais je leur dis que tout ce que vous fondez sur la haine, l’animosité et la violence va se retourner contre vous, et que la haine finit par tuer celui qui le porte.

Comité Valmy

20 juin 2010,

 


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