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12/07/2010

n° 72- 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan - 10-07 – Début - : L’Otan avec Israël et contre l’Iran : Un pas de plus vers la guerre.

n° 72- 'Géopolitique et stratégie ' des Guerres de l'Otan -  10-07 – Début - : L’Otan avec Israël et contre l’Iran : Un pas de plus vers la guerre.


Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'Otan et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



'Géopolitique et stratégie '

des

Guerres de l'Otan.

n° 72- 10-07

C.De Broeder & M.Lemaire



Vous retrouverez ce journal 

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau :   http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com  - http://no-war.over-blog.com/

 

Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire.

Tiré à part :

1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

1-1 L’OTAN aurait dû défendre la Turquie face à Israël

1-2 Manlio Dinucci : L’Otan ne pouvait pas ne pas être au courant.

1-3 L’Otan avec Israël et contre l’Iran : Un pas de plus vers la guerre.

1-4 Roland Marounek : Mais qu’on intègre directement Israël dans l’Otan !

1-5 F. William Engdahl : La Russie et l'avenir du Kirghizistan.

1-6 Nucléaire: la France isolée à l'Otan?

Suite

1-7 Une Otan sans armes nucléaires.

Fin

2 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

2-1 Christian Darlot : Ce que signifie Monsieur Van Rompuy.

2-2 « Pour la paix ! - Non à l’OTAN » : Appel en vue du sommet de l’OTAN à Lisbonne en novembre.

2-3 Afghanistan : La guerre en ‘affaires courantes’...

2-4 Stop a la politique guerrière de l’Europe.

3 Annexe

3-1 La révision du Traité de Non Prolifération de 2010 a été une fois de plus très décevante.

3-2 Espions russes: un scandale qui vise le réchauffement Russie-USA.

3-3 Espions russes aux Etats-Unis : Moscou veut des explications.



Tiré à part :



1 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication de l'article  ne signifie nullement que la rédaction est d'accord avec l'article mais doit être vu comme information.

1-1 L’OTAN aurait dû défendre la Turquie face à Israël

Dans le monde versatile des alliances, il y a des attitudes qui laissent perplexe et celle de l’OTAN en est une : le raid meurtrier de la marine sioniste contre la flottille d’aides humanitaires pour Gaza aurait dû susciter une action concertée, de la part de l’Alliance, dans la mesure où la Turquie en est un membre actif et qu’à ce titre, elle a le droit de bénéficier de la protection de ses alliés.
Dans un récent article paru sur le site web « Information Clearing House », l’Américain William Blum, écrivain et historien de formation, relève ce paradoxe : pour lui, le désastre qui s’est produit, dans les eaux de la Méditerranée, est la conséquence logique de la double tragédie qu’a connu le Judaïsme, au siècle dernier, la tragédie de l’holocauste et celle de la création d’Israël. Au vu des événements qui rythment les relations internationales, Blum ne peut qu’avoir une vision très noire de l’avenir du monde. « Le monde où nous vivons semble aller droit à la confrontation. », estime-t-il. « Imaginez que la Turquie, en qualité de membre de l’Alliance Atlantique Nord appelle celle-ci à la rescousse, pour faire face à une agression armée de Tel-Aviv ; cet appel à l’aide ne peut, par principe, être ignoré, en vertu de l’article 5 de la Charte fondatrice de l’Organisation, le même article qui a servi de référence aux pays membres, pour qu’ils prêtent main forte aux Américains, une fois ceux-ci engagés, dans la guerre en Afghanistan, suite aux attentats du 11 septembre 2001. » Et Blum d’ajouter : « Car peut-on appeler autrement qu’un « casus belli », clair et net, à l’adresse d’Ankara, le fait qu’un navire immatriculé, en Turquie, et transportant des aides humanitaires, pour une population encerclée, soit pris d’assaut, dans les eaux internationales, et qu’il y perde, de surcroît, 9 de ses passagers, au cours d’un combat inégal ?… »
« Mais la réalité est que l’OTAN ne renoncera jamais à soutenir Israël. », reconnaît l’auteur. « Dire que les Américains, les Britanniques, les Français ou les autres Etats membres appuieraient, militairement, la Turquie, si, d’aventure, celle-ci en formulait la demande, relève de la puérile crédulité. Ce refus occidental sera, d’ailleurs, justifié, de la manière la plus ridicule qui soit. Seront avancés des arguments les uns plus illogiques, plus abracadabrants que les autres, et les alliés finiront par dire qu’aucune action n’est possible ». Mais quelle sera la réaction turque ?
« Dans une seconde phase, pronostique Blum, la Turquie pourrait être tentée d’appeler ses partenaires, au sein de l’OTAN, à abandonner leur soutien tous azimuts à Israël, mais a-t-elle quelque chance d’être entendue ? Bien sûr que non. Là aussi, comme ailleurs, la fin de non recevoir sera catégorique, car il n’est pas question de délaisser Israël, seul, face à ses déboires, dans un monde, où toute prise de position anti-sioniste est taxée d’antisémitisme. »
Selon Blum, la réaction la plus logique que les Turcs devraient manifester, face à ce rejet, consisterait à ce qu’ils claquent, tout bonnement, la porte, à l’OTAN, une alliance qui n’a d’alliance que le nom. Si Ankara opte pour cette option « radicale », son exemple risque d’être suivi par l’Azerbaïdjan et cinq autres petites républiques d’Asie centrale, « furieuses, elles aussi, de voir leurs intérêts faire toujours l’objet de compromissions entre les grandes puissances ». Pour l’auteur, « ce désistement général ne peut que déboucher sur une profonde crise de confiance, au sein de l’OTAN, avec, à la clé, l’émergence des questions sensibles que les petits membres évitaient, jusque là, de se poser. Ces derniers pourraient se demander, par exemple, pourquoi ils devraient s’impliquer là où les Américains le veulent, en Afghanistan, au Kosovo, en Irak, sous prétexte que la sécurité nationale du Big Brother est visée ? Cette grande interrogation fait, d’ailleurs, écho à celles posées, il y a quelques jours, par Charlie Rose, au vice-Président américain, Joe Biden, à un vice-président monté sur ses grands chevaux et qui prétendait : « Il faut exercer un maximum de pression sur Israël, de façon à ce qu’il autorise le transit de matériau de construction vers Gaza. », Rose a rétorqué : « Et bien M. le vice-président, que veut dire, exactement, exercer des pressions ? Avez-vous menacé Israël de lui couper les centaines de milliards d’aides militaires et économiques qui lui sont destinés, chaque année ? Avez-vous inséré le nom des autorités israéliennes sur la liste noire des gens qui sont interdits d’accès au territoire américain ou qui risquent de voir bloqués leurs comptes bancaires ? Tout le monde connaît le bilan catastrophique d’Israël, en matière des Droits de l’Homme ; c’est un gouvernement qui a à son actif le crime de guerre et le crime contre l’humanité. Ce sont des fautes graves, passibles de poursuite judiciaire, dans tout pays démocratique. Avez-vous réclamé que de telles poursuites soient engagées, à l’encontre des officiels israéliens, quand ils se rendent sur le territoire américain ou dans d’autres Etats démocratiques ? et puis, comment se fait-il que les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas, eux-mêmes, pris l’initiative d’exporter des matériaux de construction vers Gaza ? »
Selon Blum, le double langage de l’administration américaine et son laxisme, face à Israël, finiront par scandaliser les Américains, car, comment la conscience collective de la société peut-elle se conformer à des contractions aussi flagrantes que celles-ci : « Alors qu’Israël qualifie de terroristes les pacifistes, à bord de la « flottille de la liberté », ceux là même qui ont tenté les mains nues de se défendre, face à l’assaut de ses commandos, les Américains, eux, se souviennent des passagers de l’avion détourné, le 11 septembre 2001, comme autant de héros, pour avoir cherché à désarmer les preneurs d’otages. »
Blum en vient, d’ailleurs, à dépoussiérer deux autres affaires identiques à celle de la « flottille de la liberté ». « En 2009, écrit-il, la marine sioniste s’est attaquée à un bateau transportant des médicaments qui voguait dans les eaux internationales vers Gaza ; une ancienne congressiste, Cynthia McKinney, se trouvait à bord. Quelque 28 ans plus tôt, c'est-à-dire, en 1967, une attaque similaire de la marine sioniste visait un autre navire américain, « USS Liberty ». Le raid a couté la vie à 34 Américains et en a blessé 173 autres ». Et Blum poursuit : « Quelle fut la réaction du Président Nixon, à l’époque, presque la même que celle du Président Obama, à savoir, un petit coup de colère suivi de vains regrets ».
« On aurait aimé que, dans le cas de la « flottille de la liberté », la ministre des A.E, Hillary Clinton, s’en prenne à Israël, un peu comme elle l’a fait, face à la Corée du nord. A Pyongyang, qui venait de frapper un navire de son voisin du sud, elle a lancé une mise en garde catégorique, « comme quoi les Nord-Coréens feraient mieux de renoncer à ce genre de provocations et de menaces et de s’engager, sagement, sur la voie du démantèlement de leurs armes nucléaires. Clinton a, clairement, laissé entendre que le raid ne resterait pas sans impacts sur le pays qui l’a planifié…. ». « Pour quelle raison, se demande Blum, la diplomatie américaine ne tient pas un langage similaire envers Israël, alors que ce pays n’a pas hésité à revendiquer, haut et fort, l’opération armée contre le convoi maritime pour Gaza et qu’il reconnaît lui-même avoir en sa possession des bombes atomiques. »
A la fin de son article, Blum relève l’hypocrisie du président, quand Obama annonce que « personne n’est au-dessus des lois », mais qu’il refuse, dans le même temps, de donner son aval à une action en justice contre Bush et Cheney ; ou encore, lorsqu’il affirme que « l’avenir n’appartient pas aux pays qui stockent les missiles », alors que l’arsenal américain ne cesse de s’agrandir, de jour en jour. « Le temps est, peut-être, venu, pour que les Américains cessent de jouer les incrédules. Il est grand temps, pour eux, de se dresser contre ceux qui les prennent pour des imbéciles.»

18 Juin

http://french.irib.ir/


1-2 Manlio Dinucci : L’Otan ne pouvait pas ne pas être au courant.

« Dialogue méditerranéen » : c’est le nom de l’opération Otan à laquelle participent les marines militaires de sept pays non-membres de l’Alliance pour « contribuer à la sécurité et à la stabilité de la région ». Celle qui fournit la plus grande contribution est la marine israélienne, celle là même qui a fait un massacre de pacifistes avec une attaque à caractère terroriste dans des eaux internationales.

La marine, ainsi que les autres forces armées israéliennes, sont de plus en plus intégrées à l’Otan : en novembre dernier, pendant la visite de l’amiral Di Paola, président du Comité militaire allié, il a été établi qu’au cours de l’année une unité balistique israélienne participera aussi à l’opération Otan « Active Endeavor », dont la mission est de « protéger la Méditerranée contre les activités terroristes ».

Ces opérations et quelques autres conjointes entrent dans le cadre du « Programme de coopération individuelle » avec Israël, ratifié par l’Otan le 2 décembre 2008, environ 3 semaines avant l’attaque israélienne contre Gaza. Il comprend une vaste gamme de secteurs où « Otan et Israël coopèrent pleinement » ; contre-terrorisme, dont échange d’informations entre les services de renseignement ; connexion d’Israël au système électronique Otan ; coopération dans le secteur des armements ; augmentation des manœuvres militaires conjointes ; élargissement de la coopération contre la prolifération nucléaire (en ignorant qu’Israël, unique puissance nucléaire de la région, refuse de signer le Traité de non-prolifération et vient juste de rejeter la proposition ONU d’une conférence pour la dénucléarisation du Proche-Orient). Il n’est donc pas crédible que l’Otan, et en particulier les Etats-Unis qui en ont le commandement, ne fussent pas au courant que l’opération navale israélienne prévoyait d’ouvrir dans tous les cas le feu sur les pacifistes.

Hypocrite apparaît donc le « profond regret pour la perte de vies humaines » exprimé par la Maison-Blanche, laquelle assure vouloir « comprendre les circonstances qui entourent cette tragédie ». Même ton pour la déclaration du ministre des Affaires étrangères Frattini pour qui « Israël doit donner des explications à la communauté internationale ». Que Frattini nous explique, en attendant, où en est la coopération militaire Italie-Israël, établie par la Loi du 17 mai 2005, n° 94, dont ce même Frattini est le principal artisan. La coopération entre les ministères de la Defense et les forces armées des deux pays concernant l’importation, l’exportation et le transit de matériels militaires, l’organisation des forces armées, la formation/entraînement. A cet effet sont prévues des réunions des ministres de la defense et des commandants en chef des deux pays, échange d’expériences entre les experts ; organisation des activités d’entraînement et des manœuvres. Dans ce cadre, en 2005, la marine militaire italienne conduisit la flotte qui accomplît en mer Rouge la première manœuvre navale conjointe Otan-Israël. Qui sait si, à cette occasion, on s’exerça aussi à donner l’assaut aux bateaux sans armes des pacifistes.

Article paru dans l’édition du mardi 1er juin

de il Manifesto
Traduction : Marie-Ange Patrizio.


1-3 L’Otan avec Israël et contre l’Iran : Un pas de plus vers la guerre.

Un nouveau pas vient d'être franchi dans la direction de la guerre, avec la résolution 1929 du Conseil de Sécurité de l’ONU décidant d'une 4e vague de sanctions pour tenter d'asphyxier l'Iran.

Elle vient tout juste après l'attaque par Israël en eaux internationales d'une flottille civile, acte de guerre qui, lui, n'a eu droit qu'à une déclaration embarrassée du Conseil de Sécurité, - et quelques semaines après que la conférence du Traité de Non Prolifération ait appelé au démantèlement de l'arsenal nucléaire israélien, estimé à près de 200 têtes nucléaires. Mais ce sont les activités nucléaires civiles - jusqu'à preuve du contraire - de l'Iran que le Conseil de Sécurité sous pression occidentale sanctionne. On a une nouvelle démonstration de l'arrogance avec laquelle la "Communauté Internationale" autoproclamée réaffirme son droit à l'arbitraire – le droit du plus fort.

Et le président bosniaque expliquait sans ambages que son vote au Conseil de Sécurité en faveur des sanctions, était fonction de l'objectif de son pays de devenir au plus vite membre à part entière de l'Otan et de l'Union Européenne !

Contrairement à ce qui a pu être entendu, ces sanctions ne sont pas du tout "symboliques" ; elles visent en particulier à empêcher l'Iran d'acquérir les moyens d'assurer sa propre defense, alors que ce pays est sous la menace explicite d'une attaque de grande ampleur, comme l'avaient été l'Irak et l'Afghanistan avant lui. La possibilité offerte par cette résolution d’arraisonner les navires iraniens en pleine mer est un palier qualitatif très important, ouvrant la porte à toute provocation.

Ces sanctions viennent d'être complétées par l'Union Européenne, qui a voté ce 17 juin, des sanctions unilatérales qui bloquent tout investissement et transfert d'équipement dans les secteurs du pétrole et du gaz. Rien à voir avec les activités nucléaires de l'Iran, mais bien avec la préparation d'une agression, où il est important d'avoir un ennemi le plus faible et désarmé possible. On suit apparemment la stratégie adoptée avec l'Irak, qui, sanction après sanction, avait abouti à l'agression finale de ce pays rendu impuissant, après une décennie d'embargo.

L’Otan est directement partie prenante de cette agression annoncée. L'épouvantail de la menace iranienne est agité à chaque occasion par son secrétaire général, ses porte-paroles et ses "experts". ce n'est pas uniquement dans le but de vendre son projet de 'bouclier anti-missile'. Dans le document préparatoire au « nouveau concept stratégique » devant être adopté au prochain sommet de l'Otan, à Lisbonne, l'Iran figure dans le peloton de tête des "menaces" auxquelles doit se préparer l'Otan : « Les efforts que déploie l’Iran pour enrichir du combustible nucléaire, concevoir des armes nucléaires et constituer des stocks de missiles balistiques à longue portée pourraient faire naître, pour l’Alliance, une menace majeure de type article 5 dans les dix ans qui viennent. », y lit-on notamment.

Dans ce contexte, les velléités que manifeste depuis quelques temps la Turquie, membre essentiel de l'Alliance, à jouer un rôle politique indépendant, et à s'opposer à la marche vers la guerre, doivent représenter une préoccupation particulière pour l'Otan, qui a même été contrainte à un communiqué ambigu mais d'un ton inusuel, envers son allié israélien si privilégié. Il n’est pas impossible que la Turquie ait invoqué à son tour « l’Article 5 » lorsque les bateaux civils turcs ont été attaqués par l’armée israélienne, et qu’elle n’ait pas été entendue.

Pendant ce temps, nos ministres de la Defense et autres en Belgique, multiplient les déclarations de loyauté et de soumission absolue envers l’Otan : il n’est pas question de retirer nos troupes et bombardiers F-16 de la guerre d’Afghanistan ; la participation belge à la formation de l’armée irakienne mise en place par l’occupant n’est même pas un sujet de discussion ; on ne touche pas aux bombes atomiques entreposées sur notre territoire sans les instructions de l’Otan…

N’attendons pas le fait accompli d’une nouvelle guerre et mettons en œuvre une politique belge indépendante et de rupture avec l’Otan-machine de guerre.

Alerte Otan !

Numéro 38, Avril - Mai - Juin 2010


1-4 Roland Marounek : Mais qu’on intègre directement Israël dans l’Otan !

Résumons : un membre de l'Alliance Atlantique vient de subir une agression incontestable, une attaque d'un de ses navires civils en pleines eaux internationales, par l'armée d'un pays qui n'est pas membre de l'Alliance, et quoi, ce pays membre ne bénéficie pas immédiatement et automatiquement, du soutien de tous les autres membres ? La charte de l'Otan ne serait donc que chiffon de papier ?

Clairement c'est pipé : Quand les États-Unis subissent un attentat terroriste sur leur territoire, nous nous mettons tous à bombarder le pays désigné, - même si ce pays en tant que tel n'a aucun rapport avec l'attentat. Si l'Iran, par exemple, avait attaqué dans les eaux internationales les bateaux US (disons) d'une flottille civile, tous auraient invoqué l'article 5, et nous serions tous à présent engagés dans une guerre juste, forcément, contre l'agresseur.

Ici rien de tel, on a juste eu droit à une brève déclaration ambiguë du Secrétaire Général : "Je déplore profondément les pertes de vies humaines ainsi que les victimes résultant du recours à la force pendant l'incident qui a mis en cause le convoi en route pour Gaza. Je présente mes sincères condoléances aux familles de toutes les victimes et je condamne les actes qui ont mené à cette tragédie."

 A la première lecture distraite, on se dit que, quand même, c'est bien, il condamne l'agresseur ; à la seconde, on se demande si les actes qui ont mené à cette tragédie, ce ne serait pas plutôt, dans son esprit, l'affrètement des navires humanitaires, ou la volonté de briser l'embargo contre toute une population.

Une seule solution : reconnaître une fois pour de bon que Israël est effectivement un membre de fait de l'Otan. Au moins les choses seront claires, et notre pauvre Rasmussen et les autres dirigeants de l'Otan seraient contraints à beaucoup moins de douloureuses contorsions verbales.

Roland Marounek

Alerte Otan !

Numéro 38, Avril - Mai - Juin 2010


1-5 F. William Engdahl : La Russie et l'avenir du Kirghizistan.

 Troisième partie de son étude,

( À qui profite la révolution au Kirghizistan ?) 

F. William Engdahl s’intéresse aux enjeux géopolitiques que représente le Kirghizistan pour la Russie, deuxième compétiteur pour le contrôle de l’espace eurasien.

Étant donné l’encerclement militaire mis en place par l’OTAN et les États-Unis, un régime kirghize neutre contribuerait à la stabilisation des régions proches de la Russie, et redonnerait la main à celle-ci en Asie Centrale. Suspectée d’avoir provoqué les troubles kirghizes, la Russie les a récemment qualifiés d’« inconstitutionnels ».

À l’évidence, ce qui se déroule au Kirghizistan intéresse également Moscou au plus haut point.

La Russie a été prompte à reconnaître la légitimité du nouveau gouvernement provisoire en place à Bichkek et à augmenter son aide financière, prouvant ainsi l’importance de l’avenir politique de ce pays eurasiatique aux yeux des Russes. Non seulement le Kirghizistan faisait partie intégrante de l’Union soviétique jusqu’en 1991, mais il reste encore aujourd’hui un territoire géographique concentrant de forts enjeux géostratégiques. L’attitude, amicale ou hostile, qu’adoptera le Kirghizistan vis-à-vis de Moscou sera d’une grande influence sur la stabilisation, ou la déstabilisation, de cette région à la périphérie de la Russie.

Il est clair que l’administration Medvedev-Poutine envisage toutes les possibilités imaginables — depuis les contrats gaziers de Gazprom jusqu’aux ventes d’armes — pour contrer la menace d’encerclement des Nations-Unies dont l’apogée eut lieu en 2004-2005 avec les « Révolutions colorées » provoquées par Washington en Géorgie, en Ukraine et en dernier lieu au Kirghizistan avec la « Révolution des tulipes » qui porta au pouvoir Bakiev, l’homme fort des États-Unis.

Comme je l’expliquais dans un article précédent, « Ukraine Geopolitics and the US-NATO Military Agenda : Tectonic Shift in Heartland Power » [1], les résultats des élections présidentielles ukrainiennes au début de l’année annonçaient un développement nettement favorable du point de vue de la sécurité militaire russe. La menace d’une Ukraine rejoignant l’OTAN est désormais écartée et, avec elle, le risque que les Russes aient à subir davantage de fermeture de ses gazoducs, ceux qui traversent l’Ukraine et qui rejoignent l’Allemagne et d’autres régions d’Europe occidentale, les scories de l’intégration économique soviétique.

En janvier dernier la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan ont signé un accord commun d’union douanière. La Biélorussie est un partenaire vital de la Russie car elle est au contact de l’Ukraine et de la Pologne. Le Kazakhstan, quant à lui, est un ancien pays communiste d’importance stratégique majeure et situé entre le Kirghizistan et la Russie. Il est l’un des fournisseurs principaux d’énergie de la Chine car il abrite d’importants gisements de pétrole et d’autres sources d’énergie. Il est de surcroît le premier producteur d’uranium au monde.

La constitution d’un régime neutre au Kirghizistan, allié à la fois au Kazakhstan et à la Russie, pourrait signifier le développement d’une zone d’échanges capitale pour les intérêts russes.

Un tel régime offrirait une marge de manœuvre pour stabiliser la vallée de Ferghana, une région agricole très peuplée au cœur de l’Asie Centrale, qui s’étend sur les territoires du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan.

La vallée de Ferghana est la zone la plus densément peuplée d’Asie Centrale.
Elle souffre d’instabilité chronique et de troubles ininterrompus depuis l’éclatement de l’Union soviétique.

Selon l’agence de presse moscovite RIA Novosti, le 19 avril dernier, le vice-Premier ministre du gouvernement provisoire du Kirghizistan, Almazbek Atambaïev, a annoncé, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre kazakh Karim Masimov, que son pays désirait rejoindre l’union douanière autour de la Russie. Il s’est exprimé en ces termes : « Nous partageons une histoire commune avec le Kazakhstan et la Russie ; notre avenir s’inscrit clairement à leurs côtés dans un espace économique et douanier commun. » Atambaïev a également affirmé que la Russie et le Kazakhstan n’étaient en rien responsables des événements récents au Kirghizistan : « La Russie et le Kazakhstan ne sont impliqués dans aucun complot, ils veulent seulement offrir leur aide [au Kirghizistan]. » [2].

Pour Moscou, un gouvernement kirghize prorusse ou même totalement neutre marquerait une étape majeure dans son repositionnement sur l’échiquier eurasiatique. Cela dit, la situation reste instable à tout point de vue. Le président russe Medvedev a récemment exprimé des réserves lors d’une importante conférence de presse à Moscou avec son homologue ouzbek Islam Karimov : « Si la Russie a accordé une aide humanitaire au Kirghizistan, une coopération économique globale ne sera possible qu’après la restauration des institutions étatiques. » [3].

L’Ouzbékistan se rapproche du Kremlin

L’un des bénéfices pour la Russie des troubles au Kirghizistan est le réchauffement manifeste des relations auparavant tendues entre le président ouzbek Karimov et le Kremlin.

Le 20 avril, Karimov s’est rendu à Moscou pour s’entretenir avec Medvedev et a affirmé devant la presse russe que les deux pays avaient mis de côté leurs diverses querelles et partageaient à présent les mêmes préoccupations au sujet du risque d’extension de l’instabilité politique au-delà du Kirghizistan. Karimov redouterait en effet une escalade incontrôlable des tensions qui pourrait embraser l’Ouzbékistan. [4]. Quelques semaines seulement avant l’éviction de Bakiev en avril, l’envoyé spécial états-unien pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke, avait rendu visite à Karimov en Ouzbékistan. Holbrooke réitéra les tentatives états-uniennes pour faire revenir Karimov dans leur camp. Il semble que depuis il ait essuyé un net refus [5].

En 2003 la Russie s’est vue accorder le droit d’installer sa propre base militaire à Kant, près de Bichkek, la première hors de Russie depuis la dislocation de l’Union soviétique en 1991. En outre, la Russie possède une autre base stratégique. Elle se situe sur la rive est du lac Issyk-Kul, dans les eaux duquel elle teste de nouvelles technologies de sous-marins et de torpilles, dont celle de la supercavitation avec la torpille VA-111 Chkval, une arme dont la vitesse dépasse les 200 nœuds, conçue à l’origine pour viser les porte-avions états-uniens. En mars 2008, la Russie a signé le contrat définitif pour l’exploitation de la base de Kant dont le loyer annuel s’élève à 4,5 millions de dollars [6].

En 2003, les Présidents en exercice de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine (à gauche),
et du Kirghizistan, Askar Akaïev, inaugurent la base aérienne russe de Kant.
Cette base militaire est quatre fois plus petite que celle occupée par les États-Unis à Manas.

Les accords entre la Russie et le Kirghizistan pour l’exploitation de cette base furent l’une des raisons qui incitèrent Washington à engager la « Révolution de tulipes » en 2005, afin d’installer au pouvoir le régime pro-états-unien de Bakiev.

Dans les premiers temps, les analystes étaient convaincus que le gouvernement de transition de Roza Otounbaïeva retirerait aux États-Unis, et sur ordre de Moscou, leurs droits d’exploitation de la base de Manas. Or contre toute attente, Otounbaïeva semble avoir renoncé à son engagement initial en déclarant que la base de Manas resterait accessible à l’US Central Command. Et cela sans que Moscou ne réagisse vraiment jusqu’à présent.

Selon des sources russes proches du gouvernement, le Kremlin serait en train de réfléchir aux avantages qu’il aurait, dans les deux prochaines années, à laisser les États-Unis utiliser la base aérienne de Manas pour poursuivre leur effort de guerre en Afghanistan. En échange, Moscou renouvellerait le récent appel adressé aux États-Unis pour l’arrêt du trafic d’opium entre l’Afghanistan et la Russie [7]. L’une de ces sources affirme : « La base aérienne ne fermera pas, mais sera utilisée comme un levier permettant de négocier avec les États-Unis à propos, entre autres, des stupéfiants. D’ici quelques mois le contrat annuel [pour l’exploitation de la base de Manas] arrivera à son terme, c’est l’occasion de leur poser nos conditions. » [8].

En octobre 2009, le président kirghize Bakiev, alors en exercice, dissolvait l’Agence de lutte contre la drogue, en charge jusque là d’intercepter les substances illégales circulant de l’Afghanistan vers la Russie. Nos informations indiquent que le frère de l’ex-Président Bakiev a par la suite renforcé les opérations de lutte contre le trafic en provenance d’Afghanistan. [9]. La part prise par ce raffermissement dans la volonté de Moscou d’évincer Bakiev en avril dernier n’est pas clairement définie.

Peu importe la manière dont Moscou envisage d’utiliser la base aérienne de Manas comme monnaie d’échange, la Russie et de la Chine ont manifestement intérêt à entretenir des relations amicales et stables avec le Kirghizistan. Cela d’autant plus si l’on considère que la Russie est frontalière du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, tous membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, l’organisation militaire et économique eurasiatique émergente. Dans ce contexte, une coopération plus étroite avec le Kirghizistan apporterait un bénéfice certain à la Russie ; elle lui donnerait l’occasion de « refouler », comme le disent certains, l’invasion états-unienne de l’espace eurasiatique [10]. Il faudra patienter quelques mois avant de connaître l’évolution de cette situation.

Dans ces conditions, que risquent en définitive les États-Unis dans cette partie pour leur projet de stratégie globale en Asie Centrale, et plus généralement en Eurasie ? Nous le verrons dans la quatrième partie de ce dossier. Déjà la réponse est claire : tout.

[1] F. William Engdahl, « Ukraine Geopolitics and the US-NATO Military Agenda : Tectonic Shift in Heartland Power », Voltaire Network, 24 mars 2010, non traduit.

[2] Astana, « Kyrgyzstan wants to join Russian-led post-Soviet customs union », 19 avril 2010, Moscou, RIA Novosti.

[3] RIA Novosti, Kyrgyzstan must restore state institutions – Medvedev, Moscou, 20 avril 2010.

[4] Alexander Osipovich, Uzbekistan : Spooked by Kyrgyz unrest, Karimov warms to Russia, Moscow, 21 avril 2010, RIA Novosti.

[5] Dawn, « US not to use Uzbek base, says Holbrooke », Astana, 21 février 2010.

[6] John C. K. Daly, op. cit.

[7] ‘Epiphanes,’ Russian blog comments from former FSB officer on Kyrgyzstan events, 8 avril 2010.

[8] Kyrgyzstan National Security Service ‘source’.

[9] Erica Marat, Kyrgyzstan Relaxes Control over Drug Trafficking, Eurasia Daily Monitor, Vol.7, numéro 24, 4 février 2010.

[10] K. Gajendra Singh, op. cit.

F. William Engdahl

 

 À qui profite la révolution au Kirghizistan ? 3/4

   1ère partie : Le Kirghizistan, un pivot géopolitique
 2nde partie : La Chine et l’avenir géopolitique du Kirghizistan

Dimanche 20 juin 2010

F. William Engdahl, Journaliste états-unien, il a publié de nombreux ouvrages consacrés aux questions énergétiques et géopolitiques. Derniers livres parus en français : Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain (Jean-Cyrille Godefroy éd., 2007) et OGM : semences de destruction : L’arme de la faim (Jean-Cyrille Godefroy éd., 2008).

Traduction Nathalie Krieg


1-6 Nucléaire: la France isolée à l'Otan?

Aujourd'hui et demain, les ministres des Affaires étrangères de l'Otan se réunissent à Tallinn pour évoquer le futur de l'Alliance Atlantique - dont le sort sera définitivement scellé en novembre prochain lors du sommet des chefs d'Etat, qui, à  Lisbonne, devront adopter le nouveau concept stratégique de l'Organisation.

Parmi les sujets qui seront évoqués à Tallinn puis à Lisbonne, il en est un qui préoccupe particulièrement la France: le futur rôle de l'arme atomique dans la defense de l'Alliance.

A Paris, on considère capital que ce rôle demeure le plus important possible -  de façon à ne pas "décrédibiliser" la force de frappe française et surtout éviter que les pressions internationales pour une diminution de l'arsenal français ne deviennent trop fortes. 

Il y a quelques mois, l'équipe Sarkozy était paniquée. Elle redoutait que l'administration Obama -dont l'ambassadeur à l'Otan est un fervent partisan du Global Zero- et certains pays européens "abolitionnistes" ne veuillent faire accepter à Lisbonne un retrait total et inconditionnel des dernières armes atomiques américaines du Vieux Continent et cela malgré la présence d'environ 2000 missiles atomiques tactiques en Russie.

En février, cinq pays européens (l'Allemagne, le Bénélux et la Norvège) ont d'ailleurs fait connaître leur souhait de débattre de la question.

Mais, au fil des contacts avec Washington, la crainte des Français a diminué. Et la "Nuclear Posture Review" divulguée il y a quelques jours par le Pentagone a fini de rassurer Paris. 

Dans ce document, il apparait en effet clairement que la Maison Blanche n'entend pas retirer toutes les armes américaines (200, dit-on) stationnées en Europe puisqu'il y est question d'une modernisation de celles-ci - ou d'une partie, en tous cas.

Les Français ont aussi acquis l'assurance que tout retrait partiel se fera après négociation avec les Russes (ce qui prendra probablement des années puisque Moscou refuse de réduire son arsenal tactique.) 

Pour Paris, le pire semble donc évité. 

Mais la diplomatie française reste sur ses gardes. Elle redoute désormais que, conformémement à son engagement de "réduire le rôle de l'arme nucléaire", l'administration Obama, suivie par les cinq pays pays européens cités plus haut, ne cherche à faire adopter par l'Alliance un concept stratégique dans lequel le primat de la defense européenne ne serait plus accordé à l'arme atomique seule mais à un mix entre la bombe et le bouclier anti-missiles. 

Une telle évolution poserait un sérieux problème à la France qui risque de se voir à terme contrainte d'expliquer la raison d'être de sa force de dissuasion qu'elle envisageait justement de pérenniser et de justifier en la transformant en une dissuasion élargie à l'Union Européenne (idée que le bouclier anti-missile américain rendrait définitivement caduque.) 

Comme le nouveau concept stratégique est approuvé par consensus, la France pourrait théoriquement s'opposer à tout changement de doctrine sur ce sujet- elle ne fait pas partie du Groupe nucléaire, mais le concept sera adopté au niveau politique par les chefs d'Etat, y compris donc Nicolas Sarkozy. 

Mais, si elle brandit son véto, elle risque de s'isoler dangereusement sur la scène européenne et atlantique.

Sur ce dossier, elle a donc besoin d'alliés. 

Jusque récemment les pays de l'Europe de l'Est semblaient être ses alliés naturels. Ils redoutaient qu'un retrait des armes atomiques américaines n'entrainent un découplage entre le Vieux Continent et les Etats-Unis - leur cauchemar. Mais depuis que Washington a fait savoir que le couple euro-américain reposerait désormais sur le bouclier anti-missiles, ils semblent moins attentifs à la doctrine nucléaire de l'Alliance.  

Reste la Grande Bretagne, seule autre puissance nucléaire en Europe.

Elle est en pleine réflexion sur l'avenir de sa propre force de frappe puisque ses missiles arrivent en fin de vie et qu'une décision doit être prise sur leur remplacement.  

Tout va dépendre du résultat des élections législatives de mai.

Les diplomates "nucléaires" français prient pour que les Libéraux Démocrates, qui ont adopté les positions les plus sceptiques sur le rôle de la dissuasion nucléaire dans le monde d'aujourd'hui, ne l'emportent pas.

Car si cela arrive, la France sera totalement isolée.

Or, depuis le premier débat télévisé de la campagne électorale outre manche au cours duquel le leader des LibDem, Nick Clegg, a crevé l'écran, une telle victoire, jusque là tout à fait improbable, n'est plus impossible...

22 avril 2010

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