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14/07/2010

n° 489 - Les Dossiers d'Irak - 12/07 - : Fin:- La guerre en Irak prendra fin le 31 août 2010

n° 489 - Les Dossiers d'Irak - 12/07 - : Fin:- La guerre en Irak prendra fin le 31 août 2010.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre



Les Dossiers d'Irak

n° 489                                                           12/07/10

C.De Broeder & M.Lemaire



Le " Journal d’Irak  " est visible  sur ...

a) sur mes blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site :  www.palestine-solidarite.org à cette adresse :http://www.palestine-solidarite.org/Journaux_Palestiniens.htm

c) sur le site de Robert Bibeau :  : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html & http://boycottisraelinternational.com  

 

d) sur le site de eva R-sistons:  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

 


Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire :  

2 Dossier & Point de vue

2-1 Général T. R. Franks : "On ne compte pas les morts"

2-2 Retrait d'Irak des forces de combat: les Américains en plein déménagement.

2-3 La longue route vers le renouveau de l'armée irakienne.

2-4 Chems Eddine Chitour : Chronique d'un pays en miettes.

2-5 Armes à sous munitions, « beaucoup de travail reste à faire » …

2-6 Gilles Munier : Le nouveau mystère de Halabja.



2 Dossier & Point de vue

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information. 

2-1 Général T. R. Franks : "On ne compte pas les morts"

Le coût en vies humaines de l’Operation Enduring Freedom

Comme en témoigne l’article ci-dessous, ponctuellement et de façon aléatoire, les médias nous informent  sur le nombre de soldats des forces de la Coalition tués suite aux offensives au Moyen-Orient depuis ces 9 dernières années.

Bien plus rarement sont  médiatisées les informations chiffrées  relatives aux civils victimes de ces conflits.

Deux sites, Icasualties  et Irak Body Count – ce dernier s’intéressant uniquement au comptage des décès civils – assurent une veille régulière sur les décès imputables à l’Opération Enduring Freedom, menée par l’International Security Assistance Force (l’lSAF) et l’OTAN. Nous vous livrons plus bas quelques tableaux documentés tirés de ces sites  anglophones : ils reproduisent le décompte régulièrement mis à jour des victimes des "guerres" d’Irak et d’Afghanistan.

Suite aux attentats du 11 Septembre 2001, les offensives ont initialement été lancées pour débusquer Ousama Ben Laden dans une grotte d’Afghanistan, puis pour déloger Saddam Hussein à la tête de l’Irak accusée d’appartenir à "l’Axe du Mal",  mais neuf ans après et malgré toutes les forces déployées, Oussama Ben Laden demeure introuvable. "Jeu" de dupe au détriment de la vie des civils ?

Au vu des chiffres que les tableaux suivants nous révèlent, ces chasses à l’homme, amorcées par une propagande intensive, ont largement débordé de leur objectif initial. Le coût en vies humaines au prétexte d’anéantir le terrorisme est tout simplement inacceptable. 


 Voici les décomptes des morts suite aux conflits armés tels qu’enregistrés par les sites iCasualties.org pour l’Afghanistan et Iraq Body Count pour l’Irak.


IRAK

 "Morts irakiens dus à l’invasion U.S." est un compteur régulièrement mis à jour d’après les chiffres du site Irakbodycount que publie JustForeignPolicy.Org

 "Le chiffre est choquant et consternant.

Il est environ 10 fois supérieur à la plupart des estimations données dans les médias américains, et est basé sur une enquête scientifique valide sur les pertes irakiennes violentes causées par l’invasion américaine de mars 2003.

Cette étude, publiée dans le prestigieux journal médical « The Lancet », a évalué que plus de 600,000 Irakiens avaient été tués suite à l’invasion depuis juillet 2006.

Les pertes irakiennes n’ont jamais cessé depuis lors.

Le compteur ci-dessus fournit une mise à jour quotidienne brute de ce chiffre, basé sur un taux d’augmentation tiré du « Iraq Body Count ». (Voir l’explication complète.)

Ce bilan humain dévastateur demande une plus grande reconnaissance. Il éclipse le génocide rwandais, et les dirigeants des USA en sont directement responsables.Pas étonnant qu’ils ne le disent pas publiquement.

Voici le code HTML simple pour afficher le compteur sur votre site Web et aider à passer le mot."
Voici un article paru dans le NewEngland Journal of Medicine et repris dans la section "Analyses" du site Iraq Body Count

Les armes qui tuent des civils – décès d’enfants et de non-combattants en Irak, 2003-2008

L’analyse de la violence armée en Irak met en exergue les armes les plus meurtrières qui touchent les civils sans distinction.

Dans la publication du New England Journal of Medicine du 16 avril 2009, les chercheurs du King’s College de Londres et du Royal Holloway de l’Université de Londres au Royaume-Uni, ainsi que les membres du groupe à but non lucratif Iraq Body Count ont publié une nouvelle analyse basée sur l’impact des différents types d’armes sur des civils irakiens : Les armes qui tuent des civils – décès d’enfants et de non-combattants en Irak, 2003-2008

Utilisant la base de données complète et détaillée de l’Iraq Body Count (IBC), les chercheurs ont analysé 14.196 événements dans lesquels 60.481 civils ont été violemment assassinés au cours des cinq premières années du conflit en Irak, ce qui donne un aperçu extraordinaire du préjudice que les différentes armes -  de la technologie la plus simple à la plus sophistiquée  – ont infligées à la population civile iraquienne. Le Dr Madelyn Hicks, du King’s College de Londres, principal auteur de l’article, a déclaré : "En associant un grand nombre de décès aux armes spécifiques utilisées lors d’événements particuliers, la base de données IBC offre une occasion unique pour l’analyse détaillée de l’impact des différents formes de violence armée sur la santé publique des civils irakiens. "

Selon la base de données, pour l’ensemble des causes provoquant la mort de civils par les armes – allant des tirs aux engins explosifs improvisés utilisés sur les routes, aux missiles à guidage précis – le nombre moyen de tués par événement était de 4. Toutefois, les chercheurs ont constaté que les bombes larguées par avion ou  des attaques combinées sol/air tuant des civils, le nombre moyen était de 17 morts, ce qui est similaire à la moyenne des événements où des civils ont été tués par des kamikazes se déplaçant à pied (16 décès par événement ).

Les auteurs rapportent leurs conclusions au droit international humanitaire, tout comme la nécessité de politiques efficaces pour protéger les civils. Décrivant les kamikazes à pied comme étant une forme de «bombe intelligente» au ciblage précis, ils affirment que leur façon de tuer un grand nombre de civils irakiens ne peut résulter que du mépris pour la vie civile lorsqu’ils visent les forces d’opposition, ou directement les civils, ce qui est un crime de guerre. Concernant leurs conclusions sur le taux élevé de civiles victimes de bombes aériennes, écrivent-ils, «Il ressort clairement de ces constatations que, pour protéger les civils sans discrimination, comme l’exige le droit international humanitaire (y compris les Conventions de Genève), des mesures militaires et civiles devraient interdire les bombardements aériens dans les zones civiles, à moins qu’il puisse être démontré – par le suivi des victimes civiles, par exemple – que les civils soient protégés. "

Les chercheurs ont également été en mesure d’analyser les statistiques des non-combattants qui ont été victimes de différentes formes de violence. Les exécutions après enlèvement ou capture ont été la forme la plus fréquente de décès, les victimes étant en majorité (95%) de sexe masculin. Près d’un tiers des victimes d’exécutions ont été décrits comme portant des marques de torture, la preuve qu’ils ont subi «une forme particulièrement révoltante de mort violente."

Concernant les femmes irakiennes et les enfants, les événements les plus dangereux impliquaient des attaques aériennes et des tirs de mortier. Dans les attaques aériennes causant la mort de civils, 46% des victimes étaient des femmes, et selon l’âge, 39% des victimes étaient des enfants. Dans ces deux groupes (44% et 42%), les attaques au mortier donnaient des proportions  tout aussi élevées de victimes. Par comparaison, 11% des victimes de tout type d’armes étaient des femmes irakiennes, et 9% étaient des enfants. Les auteurs affirment que selon leurs résultats, les attaques aériennes (que ce soit avec des bombes ou des missiles) et les mortiers ont tué une proportion relativement élevée de femmes et d’enfants, ce qui est une preuve supplémentaire que ces armes ne doivent pas être dirigées contre des zones civiles par les parties en conflit en raison de leur caractère aveugle. En tant que co-auteur, le professeur John Sloboda de Royal Holloway, Université de Londres, qui est également co-fondateur du CIB, remarque : «Nos conclusions sur les armes spécifiques ont des répercussions sur un large éventail de conflits, parce que les modèles trouvés dans cette étude sont susceptibles de se reproduire pour ces armes lorsqu’elles sont utilisées. "

Les auteurs concluent que : «Les décideurs, les stratèges de guerre de tous bords, ainsi que les groupes et les sociétés qui les soutiennent portent la responsabilité morale et juridique pour les effets que ces tactiques particulières de combat ont sur les civils – y compris les armes utilisées près et parmi eux." 1

Les auteurs peuvent être contactés aux adresses suivantes :

Dr Madelyn Hicks, King’s College de Londres: mjhhicks@aol.com

Hamit Dardagan, Iraq Body Count: hamit@iraqbodycount.org

Le professeur John Sloboda, Royal Holloway, Université de Londres et Iraq Body Count: john.sloboda @ rhul.ac.uk

Le professeur Michael Spagat, Royal Holloway, Université de Londres: m.spagat @ rhul.ac.uk

Traduction apetimedia pour ReOpenNews


Tableau et graphique concernant les décès de civils irakiens,  ces décès étant directement imputables au conflit armé.

Décès documentés de civils (morts par) violence

96,845 – 105,596

 

Les derniers incidents

Les dernières identifications

Jun 13-17: Body of missing young man

from Kalarfound in Sulaymaniyah

Details

Ehab al-Ani Adult; Male; Hospital director

Details

Evénements récents

Vendredi 25 Juin : 13 morts

Samarra: 11 corps découverts
Muqdadiyah: 2 par bombes

 plus

 Traduction apetimedia pour ReOpenNews

 

Le tableau suivant dénombre les morts durant la guerre en Irak depuis janvier 2005, tant parmi les forces de l’ISAF que parmi les civils.

Morts en Irak

Period

ISF

Civ

Jul-10

1

2

Jun-10

49

127

May-10

48

231

Apr-10

21

240

Mar-10

31

152

Feb-10

32

204

Jan-10

17

118

Dec-09

34

253

Nov-09

18

88

Oct-09

35

285

Sep-09

62

96

Aug-09

42

397

Jul-09

47

193

Jun-09

51

316

May-09

39

149

Apr-09

45

302

Mar-09

49

229

Feb-09

39

163

Jan-09

54

133

Dec-08

74

246

Nov-08

27

290

Oct-08

48

240

Sep-08

98

268

Aug-08

85

226

Jul-08

98

321

Jun-08

77

373

May-08

110

396

Apr-08

113

631

Mar-08

161

819

Feb-08

110

564

Jan-08

69

485

Dec-07

72

476

Nov-07

89

471

Oct-07

114

565

Sep-07

96

752

Aug-07

76

1598

Jul-07

232

1458

Jun-07

197

1148

May-07

198

1782

Apr-07

300

1521

Mar-07

215

2762

Feb-07

150

2864

Jan-07

91

1711

Dec-06

123

1629

Nov-06

123

1741

Oct-06

224

1315

Sep-06

150

3389

Aug-06

233

2733

Jul-06

217

1063

Jun-06

132

738

May-06

150

969

Apr-06

201

808

Mar-06

191

901

Feb-06

158

688

Jan-06

189

590

Dec-05

193

344

Nov-05

176

592

Oct-05

215

463

Sep-05

233

640

Aug-05

282

1524

Jul-05

304

518

Jun-05

296

469

May-05

259

572

Apr-05

199

301

Mar-05

176

257

Feb-05

103

0

Jan-05

109

0


Notes ReOpenNews

(*) Le Général T. R. Franks a supervisé les Forces Armées des Etats-Unis dès le 6 juillet 2000. C’est lui qui a mené les attaques contre les talibans en Afghanistan en réponse aux attentats du 11 Septembre. Il a également dirigé l’invasion de l’Irak et le renversement de Saddam  Hussein. Il a poursuivi son service jusqu’à sa retraite en juillet 2003.

A propos d’ Irak Body Count (BIC)

"Le projet a été fondé en Janvier 2003 à l’initiative de bénvévoles au Royaume-Uni et aux États-Unis avec l’intention de veiller à ce que les conséquences humaines de l’intervention militaire en Irak ne soient pas négligées."… "IBC se base sur l’utilisation innovante des nouvelles technologies  sans lesquelles cette initiative citoyenne serait impossible." "Iraq Body Count (IBC) enregistre les morts violentes de civils suite à l’intervention militaire en Irak de 2003.

Sa base de données publique comporte les décès causés par les forces de la coalition sous commandement américain, les paramilitaires ou des attaques criminelles commises par d’autres.""Les preuves documentaires proviennent des rapports recoupés des médias sur des événements violents ayant entraîné la mort de civils, ou des corps retrouvés; elles sont complétées par l’examen attentif et l’intégration des chiffres officiels émanant de l’hôpital, la morgue, des ONG." Sont entrés dans la base de données, l’identité, si elle est connue,  le lieu et le moment où le corps a été trouvé.

En lien avec le sujet 

http://www.reopen911.info/News/2010/07/08/le-cout-en-vies...

Published on juillet 8, 2010 par apetimedia


2-2 Retrait d'Irak des forces de combat: les Américains en plein déménagement.

Il y a ce qui rentre à la maison, ce qui part en Afghanistan et ce qui est légué aux Irakiens ou tout bonnement détruit…

A deux mois du retrait de ses troupes de combat, l'armée américaine est en plein déménagement en Irak.

Camp Victory, une base gigantesque près de l'aéroport de Bagdad, est un des huit sites en Irak où les soldats américains trient quantités de matériel qu'elle utilise depuis sept ans, dans le cadre d'un retrait qui doit être terminé le 1er septembre.

Passée cette date, ne resteront en Irak que 50.000 troupes considérées comme "non-combattantes" et qui devront avoir quitté le pays avant fin 2011.

Pour l'armée américaine, ce départ ne doit en aucun cas donner l'impression d'un "abandon" du pays, au moment où l'Afghanistan a pris la place de l'Irak sur le devant de la scène.

"Nous ajustons la taille de nos forces", a sobrement déclaré dans un euphémisme le général Gus Perna, responsable de la logistique du retrait des troupes de combat. "Plus de 32.000 véhicules ont été retirés d'Irak depuis février 2009".

Ils ont pris la route du Sud, en direction du Koweït, d'où ils ont été ramenés aux Etats-Unis ou redirigés sur l'Afghanistan. Par ailleurs, 800.000 pièces d'équipement ont déjà quitté l'Irak par conteneurs. Entre 50 et 70 conteneurs de 20 à 40 pieds partent chaque jour par camion vers le Koweït.

Il y a actuellement 84.000 militaires américains en Irak, mais la décision du président américain Barack Obama de retirer les troupes de combat signifie que 34.000 hommes se préparent à partir.

Camp Victory est au centre des opérations de déménagement, en coordination avec quatre bases du nord de l'Irak, une dans l'ouest et les deux du sud, par où transite l'équipement qui doit sortir par bateau.

Dans la base de la capitale, on compte environ une heure pour "traiter" chaque véhicule, c'est-à-dire pour le répertorier et décider de son affectation future.

Le véhicule demeure entre trois et cinq jours à Camp Victory avant de prendre en convoi la route du Sud. Trente à 40 véhicules quittent chaque jour la base, selon des officiers américains.

Si on prend en compte les autres bases, c'est un total de 3.500 véhicules qui sont sortis d'Irak en juin, soit le "meilleur score" mensuel cette année.

"Plus de 60% du déménagement a été effectué et il n'y a aucun problème à ce stade", a déclaré le général Mohamed al-Askari, porte-parole du ministère irakien de la Défense.

Du matériel d'une valeur estimée à 91,4 millions de dollars a d'ores et déjà été donné au gouvernement irakien, qui devrait hériter également de quantité de munitions, dont le déménagement n'est pas rentable.

Reste tout ce qui a été jugé "inutilisable" et que les Américains ont décidé de détruire, comme des dizaines d'ordinateurs et d'imprimantes réduits en miettes par un concasseur, ou de revendre, tels des camions militaires découpés sur la base puis rachetés par des ferrailleurs irakiens.

Ce retrait conséquent intervient alors que la situation n'est toujours pas apaisée en Irak, où les violences continuent de tuer des centaines d'Irakiens chaque mois.

Mais Michael O'Hanlon, un expert de la Brookings Institution de Washington, se dit "optimiste".

"La fin de la +mission de combat+ ne constitue dans une certaine mesure qu'un changement sémantique car les 50.000 militaires américains restants auront la capacité d'intervenir", a-t-il déclaré à l'AFP.

La première étape du retrait avait consisté en la restitution aux forces irakiennes en juin 2009 du contrôle total de leurs villes et agglomérations.

 29/06 AFP

http://www.lepoint.fr/monde/retrait-d-irak-des-forces-de-...


2-3 La longue route vers le renouveau de l'armée irakienne.

Nb Ndlr : la publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

Alors que les états Unis préparent leur retrait d'Irak, le pays tente de reconstituer une armée capable de protéger ses frontières face à ces voisins.

Depuis 2004, l'armée irakienne s'était orienté vers l'action intérieure et la contre insurrection.

Dans tous les domaines, de nombreux contrats ont été lancés; même si le pays souffre d'un manque de moyens.

Le pays essaie de diversifier ses sources d'approvisionnement et de revenir à ses fournisseurs historiques que furent la France, le brésil et les pays de l'ex-pacte de Varsovie.

Même si les forces américaines ont effectué de nombreuses donations, l'armée de terre continue a apprécier ces matériels rustiques.

Domaine par domaine, les dernières évolutions enregistrées.

Armement terrestre

L'Ukraine est en train de préparer pour cet automne l'expédition des premiers matériels militaires achetés par l'Irak dans le cadre d'un contrat de plus de 550 millions de dollars signé en 2009.

Pour le constructeur de véhicules blindés, le premier lot de transport de troupes blindés BTR-4 est prévue pour octobre de cette année. Les prototypes de ce matériel sont encore en cours d'essais. Le contrat prévoit la livraison plus de 400 véhicules blindés du modèle BTR-4, ainsi que diverses prestations logistiques. Le BTR-4 est une évolution du véhicule blindé 8x8 de transport de troupes BTR 80. Il a été dévoilé en juin 2006 et diverses tourelles peuvent équiper le porteur (version de commandement, dépannage, appui feu).

En ce qui concerne les chars lourds, l'armée de terre irakienne a signé il y a quelques années un contrat d'une valeur de 198 millions de $ pour la fourniture de 140 M1A1. Cette version du char de combat M1A1 baptisé Situation Awareness inclue une caméra thermique (FLIR) infrarouge de seconde génération,- un système de vision thermique pour le pilote, un kit de survivabilité en zone urbaine (Urban Survivability) qui améliorent la protection de l'équipage dans un environnement urbain. Ces matériels constitueront le fer de lance de la cavalerie irakienne

En vue de constituer une force blindée suffisamment dissuasive, Le gouvernement irakien a l'intention d'acheter deux mille chars T-72 en Europe de l'Est, et de les moderniser.

Aéromobilité

L'irak a commandé 24 hélicoptères Bell 407, ainsi que des missiles Hellfire auprès des Etats-Unis. Les appareils seront des hélicoptères civils qui sont ensuite militarisés par différentes entités en contrat avec l'US Army. Les premiers exemplaires équipés et modifiés seront livrés à la fin 2011.

Le 25 mars 2009, un contrat d'achat de 24 hélicoptères EC-135 d'Eurocopter pour environ 360 millions d'euros a été signé. Un lot de six gazelles a été livré a l'Irak pour préparer l'arrivée de ce matériel.

Dans le domaine aérien, plusieurs projets sont en cours

L'Irak a sélectionné comme appareil de formation initial l'avion serbe UTVA Lasta 95 à raison de 20 exemplaires. Le premier LASTA 95 a été livré en Décembre 2009 et 10 appareils ont déjà intégré l'armée de l'air.

Le Gouvernement irakien est en négociation pour acheter 24 avions d'entrainement à réaction pour équiper son école de pilotage. Il pourrait s'agir du Hawk britannique ou du T/A 50 coréen.

Depuis de long mois l'Irak ménage le suspens pour l'achat d'un chasseur capable d'assurer la défense aérienne du territoire. L'Iraqi Air force envisagerait l'achat de 36 F-16 mais toutes les options restent ouvertes comme l'acquisition d'avions de combat d'occasion français (mirages F1 ) ou russes.

Dans le domaine du transport aérien, selon des sources ukrainiennes, la livraison du premier avion de transport AN 32 pourrait avoir lieu en septembre 2010.

Dans le domaine maritime

la semaine dernière,l'aviso français Commandant Ducuing a fait escale dans le port d'Oum Qasr, au sud de l'Irak et mené des exercices avec la marine irakienne.

La visite de cette frégate est considérée comme une étape vers la reprise de la collaboration entre la France et l’Irak dans les domaines de l’armement et de la formation militaire.

Actuellement, la Marine irakienne aligne deux bataillons d'infanterie de marine et 4 grands patrouilleurs qui gardent les eaux territoriales de l'Irak, protégeant l'infrastructure pétrolière et le trafic commercial.
La compagnie Swiftships est sous contrat avec la Marine américaine pour construire 15 patrouilleurs de 35 mètres. Le premier d'entre-eux est resté aux États-Unis, où il est utilisé pour la formation du premier groupe de marins irakiens qui doit achever sa formation en juillet 2010. La société française Ocea a remporté l'été dernier un important contrat avec l'Irak d'une valeur de 50 à 60 millions d'euros pour la réalisation de deux navires de soutien affectés à la surveillance des côtes.

Pour conclure les défis sont encore nombreux avant que l'armée irakienne ne soit en mesure de remplir sa mission de protection du pays. L'achat de matériel n'est qu'une étape du processus de reconstitution d'une armée.

Un site internet tenu par un ancien militaire américain répertorie les progrès (…) de l'armée irakienne et dresse mensuellement l'état et l'organisation de ces forces. 

15 juin 2010

http://questions-defense.blogspot.com/2010_05_30_archive.html


2-4 Chems Eddine Chitour : Chronique d'un pays en miettes.

L'IRAK AN VII

 «Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (...) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (...) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée»

Général Eisenhower (Discours de fin de mandat 17 janvier 1961).

La visite du vice-président américain Jo Biden le 4 juillet à Baghdad nous a fait nous ressouvenir de l’Irak qui a disparu des écrans de l’information depuis les élections il y a quatre mois. On s’aperçoit alors qu’il n’y a toujours pas de vainqueur et que l’Irak est en roue libre. Certes, cela ne change pas grand-chose au quotidien des Irakiens sommés de survivre avec chaque jour son lot d’horreur. On apprend que le 14 juin, le nouveau Parlement irakien s’est réuni sans résultat plus de trois mois après les législatives du 7 mars, qui ont laissé le pays englué dans une crise politique. Avant cette séance inaugurale, les tractations vont bon train. Le Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki et son rival Iyad Allaoui, se sont rencontrés pour la première fois depuis ce scrutin sans vainqueur net. Arrivé de peu en tête des élections (91 sur 325 sièges), le Bloc irakien (Iraqiya) du chiite laïque Allaoui, soutenu par la minorité sunnite, risque de ne pas obtenir les fruits de son succès électoral à la suite de divisions internes et du rapprochement de ses adversaires chiites. Le Bloc irakien se bat aujourd’hui pour obtenir des postes-clés au gouvernement. Un accord négocié en coulisses entre les deux principales coalitions chiites, avec l’aide de l’Iran, a en effet donné naissance à un nouveau bloc, l’Alliance nationale. Cette «super-coalition» rassemblant l’AED de M. Maliki et l’Alliance nationale irakienne (ANI), est destinée à priver le Bloc irakien du pouvoir avec une majorité parlementaire relative de 159 sièges. Dans une tribune publiée dans le Washington Post, Iyad Allaoui a accusé Nouri al-Maliki de défier «la volonté du peuple» en créant la nouvelle alliance pour s’emparer du pouvoir. M.Maliki «refuse de reconnaître sa défaite et le clair désir de changement et de progrès des Irakiens», écrivait-il. Selon une source proche des négociations, Iyad Allaoui pourrait aussi être disposé à accepter la présidence, un poste essentiellement protocolaire, ce qui permettrait à Nouri al-Maliki de conserver la tête du gouvernement.
Le prix payé par les Irakiens

L’Irak, héritier d’une grande civilisation qui remonte à l’ancienne Mésopotamie, deuxième producteur de pétrole après l’Arabie Saoudite, a constitué pour George W.Bush une sorte d’obsession et la personnalité de Saddam Hussein un objet de haine. Comme l’écrivait si bien en 1962 Pierre Rossi dans un magistral livre intitulé L’Irak des révoltés, L’Irak constituait un «pays où se mêlent trois mondes, asiatique, arabe et européen, une croisée de routes commerciales propices à l’établissement de grands empires, des richesses pétrolières moins miraculeuses qu’on en croit». «Vague après vague, le peuple irakien a essuyé toutes les guerres et tous les fléaux naturels possibles et imaginables, sans jamais plier le dos, comme si, ayant bu à la mort avant la mort, il détenait une puissance de résurrection inconnue en Occident.» Qu’il eût fallu, dans l’esprit de l’administration républicaine des Etats-Unis qui a succédé en l’an 2000 à William Clinton, se débarrasser de celui qui a incarné la dictature et la répression, en l’occurrence Saddam Hussein et ses compagnons, autorisait-il en somme, une guerre désastreuse, un lynchage en bonne et due forme d’un homme, la mobilisation la plus ahurissante des armées de l’Amérique, la gabegie des centaines et centaines de milliards de dollars et puis cette armada déployée dans la région du Golfe dont les conséquences politiques, économiques, sociales, humaines, culturelles et religieuses sont, à coup sûr, énormes et même catastrophiques?
Quel est le bilan de la dernière croisade? La guerre d’Irak, opération Iraqi Freedom a débuté comme on le sait le 20 mars 2003 avec l’invasion de l’Irak. Les raisons invoquées officiellement étaient: la «lutte contre le terrorisme», Etat soutenant Al Qaîda, l’élimination des armes de destruction massive qu’était censé détenir l’Irak. Ces accusations ont depuis été démontrées comme non fondées. Certains observateurs parlent de raisons officieuses: les liens entre les néo-conservateurs au pouvoir à Washington et des entreprises d’exploitation pétrolière, notamment le Groupe Carlyle, Enron, Halliburton Energy Services et Unocal. Après leur victoire, les troupes de la coalition ont cherché à «pacifier l’Irak». En outre, la majorité des villes se trouvent dans une situation difficile: pillages, affrontements, règlements de compte... Selon J. Stieglitz, le coût global de la guerre en Irak serait de 3000 milliards de dollars.
Si on devait faire honnêtement une comptabilité macabre de la période des 35 ans de pouvoir sans partage de Saddam Hussein, elle est à n’en point douter et sans faire de la concurrence victimaire moins tragique. Il n’est pas question,ici, de faire croire que Saddam Hussein était un saint, C’était un dictateur qui ne s’embarrassait pas de solutions expéditives. Antoine Sfeir analyse les raisons pour lesquelles la rue arabe a quasi unanimement soutenu le régime de Saddam Hussein. Refusant de voir en lui le boucher de l’Irak, elle a au contraire glorifié le «Bismarck du Monde arabe», l’homme qui avait fait de l’Irak un «pays qui avance, où la manne pétrolière était distribuée», se distinguant d’un monde arabe plongé dans la désolation.(..) Nul n’était mieux placé que Sami Zubaïda, sociologue irakien, pour faire le bilan de 35 ans de dictature bassiste sur la société irakienne. Elle montre comment le Baâs de Saddam Hussein a manipulé la société irakienne, détruisant certaines classes, en créant d’autres, plaçant tout le monde sous un système d’espionnite généralisé, nationalisant les entreprises et la terre, puis les dénationalisant, détribalisant la société puis la retribalisant, la laïcisant puis l’islamisant, en fonction des évènements et des vicissitudes d’un régime qui dépendait de la rente pétrolière. Il conclut en soutenant que le chaos actuel n’est pas le fruit d’une «nature» particulière de l’Irak, mais bien le résultat de 35 ans de
dictature. (1)
En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès irakiens imputables à la guerre à 655.000. L’institut Opinion Research Business a estimé à plus de 1000.000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007. La guerre a provoqué l’exode d’au moins deux millions d’Irakiens. Ceci sans parler des dégâts occasionnées par le programme pétrole contre nourriture: plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses: les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d’eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l’Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l’insécurité générale (pillages, incendies et prises d’otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l’ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits. Le Musée national d’Irak a été pillé.
L’épidémiologue américain Lee Roberts a publié à l’époque une enquête sur la mortalité en Irak après l’invasion, dans le magazine médical britannique The Lancet, provoquant une grande controverse aux Etats-Unis. Quand j’étais en Irak en 2004, je demandais à toutes les personnes que je rencontrais:» Pourquoi pensez-vous que les Américains sont venus?» Invariablement, leur première réponse était spontanément: «A cause du pétrole!» Si nous pensons aux attaques du 11 Septembre et réalisons que l’Irak a une population à peu près équivalente à celle de la zone métropolitaine de New York, ce nouveau bilan du gouvernement irakien suggère que les Irakiens ont connu un nombre de morts violentes équivalant à deux attaques similaires au 11 Septembre par mois pendant les trois premières années de l’occupation. Ça, c’est d’après le gouvernement irakien. Quant à notre enquête, elle estime l’équivalent de six «11 Septembre» par mois!» (2)
Diviser pour mieux régner

Sous le joug de Saddam, il y eut, dit-on, plusieurs milliers de morts sur une période de 35 ans. Est-ce que la démocratie aéroportée a apporté la paix aux Irakiens? Il est permis d’en douter. Pour rappel, en novembre 2008, les gouvernements irakien et américain ont signé un pacte bilatéral incluant le Status of forces agreement (Sofa) qui fixe à la fin 2011 le terme de la présence militaire des États-Unis. Les Américains avec la satisfaction du devoir bien fait, notamment par une mainmise sur les ressources pétrolières par multinationales américaines interposées, rentrent au pays. En fait, la situation est plus que jamais dangereuse. L’Irak est un pays profondément meurtri. Les haines séculaires interconfessionnelles et tribales maîtrisées du temps de Saddam Hussein ont été boostées par les Etats-Unis. Appliquant la politique du «diviser pour régner», les Américains enlisés en Irak, s’allient alternativement aux chiites contre les sunnites et inversement. La guerre civile larvée entre chiites et sunnites, qui a ensanglanté l’Irak après la destruction de la mosquée de Samarra, a été gelée par la nouvelle stratégie anti-insurrectionnelle mise en oeuvre par le général Petraeus en 2007, avec le renforcement, ou «surge», du corps expéditionnaire décidé par George Bush en 2007. Les Américains avaient alors pris sous leur aile et financé les milices de combattants sunnites, s’en faisant des alliés dans la lutte contre les jihadistes, tout en les protégeant contre les incursions des paramilitaires chiites, mettant fin ainsi au cycle des représailles. (...)» (3)
«En morcelant la société irakienne, l’occupant s’est pris à son propre piège: il ne peut pas quitter le pays sans prendre le risque de le livrer définitivement au chaos. A l’inverse, sa présence prolongée attise non seulement la résistance armée à l’occupation, mais aussi les rivalités entre forces antagonistes. Et il doit en payer le prix, qui s’alourdit chaque jour davantage: pertes humaines, coût financier, discrédit international. Fascinée par le modèle communautaire à la libanaise et obsédée par le souci de diviser pour régner, la coalition s’est interdite de reconstruire un Etat unitaire, garant de la stabilité politique de la nation irakienne.
Jouant au pompier-pyromane, il cultiva le particularisme des uns et des autres avant de s’en offusquer hypocritement aussitôt après. Trop tard: la boîte de Pandore est aujourd’hui grande ouverte et le pays au bord du chaos. Punis par l’occupant, les sunnites sont exclus du système institutionnel mis en place avec la bénédiction occidentale. Les chiites espèrent toucher les dividendes de leur supériorité numérique, les Kurdes préparent une indépendance qui finira par les opposer aux sunnites et aux chiites. Minoritaires, les forces laïques et progressistes tentent de surnager à la surface de cet océan communautariste. (3)
Michel Collon va plus loin, il écrit: «L’essence du plan Gelb, c’est de plonger l’Irak dans une guerre civile de longue durée afin de sauver l’occupation coloniale US et de pouvoir continuer à voler le pétrole.» Le New York Times publie le 25 novembre 2003 un éditorial signé Leslie Gelb. Homme influent qui présidait jusqu’il y a peu le très important Council of Foreign Affairs, groupe de réflexion regroupant CIA, ministère des Affaires étrangères et hauts bonnets de multinationales US. Le plan Gelb? Remplacer l’Irak par trois petits Etats: «kurde au nord, sunnite au centre et chiite au sud». Objectif? «Placer le maximum d’argent et de troupes chez les Kurdes et les chiites. (...) Mais en fait, diviser l’Irak est aussi un vieux rêve israélien. En 1982, Oded Yinon, un responsable des Affaires étrangères, écrivait: «Dissoudre l’Irak est encore plus important pour nous que
la Syrie. A court terme, c’est la puissance irakienne qui constitue la plus grande menace pour Israël. Une guerre Iran - Irak déchirera l’Irak et provoquera sa chute. Toute espèce de conflit interarabe nous aidera et accélérera l’objectif de briser l’Irak en divers morceaux.» (...) Sa théorie des Etats purs, c’est celle d’Hitler: «Ein Volk, ein Reich, ein Führer» (un peuple, un empire, un chef). C’est aussi celle des sionistes rêvant d’un Israël «purifié des Arabes «. Le danger de cette folle théorie dépasse de loin l’Irak ou la Yougoslavie. La moitié des Etats existant aujourd’hui sur cette planète sont «multinationaux «. (...) Mais si on admet cette théorie des «Etats purs «, les USA auront des prétextes pour faire exploser n’importe quel pays «multinational «qui leur résisterait.» (4)
Quel est l’avenir de l’Irak? En fait, la seule solution pour l’Irak serait un état laïc comme l’avait fait Saddam Hussein. En attendant, si le communautarisme irakien profite aux puissances étrangères (Iran, Etats-Unis, Al Qaîda), il ne profite pas du tout à l’Irak qui s’affaiblit de jour en jour. Rien n’arrêtera en fait, l’Empire et le complexe militaro-industriel et sa soif de matières premières, notamment d’énergie. Les guerres seront de plus en plus récurrentes et le président Eisenhower met en garde les États-Unis contre les dangers du «complexe militaro-industriel»: «(...) Nous ne pouvons ni ignorer ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (...) Rien, en vérité, n’est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte.»
Il vient que la partition du monde en unités techniques va sonner le glas des Etats Nations. On se rappelle que dans le cadre du Grand Moyen-Orient (Mepi) même l’Arabie Saoudite, pourtant allié des Etats-Unis, devait être divisée en un émirat religieux autour de
La Mecque et un autre au nord-est (là où il y a les puits de pétrole).. Le Soudan est en route pour la partition (Timor-Oriental arraché à l’Indonésie, indépendance du Darfour probable en janvier prochain). Si les pays possédant des richesses, notamment pétrolières ne prennent pas les précautions nécessaires en allant de plus en plus vers l’autonomie (sous le modèle des landers allemands voire des Etats américains) et en se dépérissant du jacobinisme hérité (encore que la France accorde de larges autonomies aux régions) un schéma de partition de fait, sera imposé aux Etats faibles. Nous voilà avertis.
1. Chris Kutschera: Le Livre Noir de Saddam Hussein. OH Editions, Paris, 2005
2. Judith Weinstein: Combien de «11 Septembre» par mois en Irak? 08/05/2008
3. Pascal Riché: Les élections irakiennes pour les nuls. Rue 89 06/03/2010
4. Michel Collon: Washington a trouvé la solution «Divisons l’Irak comme
la Yougoslavie!» http://perso.wanadoo.fr/polex/irak_resit/Irak les dessous de la guerre civile.htm

Chems Eddine Chitour,

Jeudi 8 juillet 2010

Pr Chems Eddine Chitour, Ecole nationale polytechnique, enp-edu.dz

Source : L'Expression
http://www.lexpressiondz.com/...

Droits de reproduction et de diffusion réservés © L'Expression
Publié le 10 juillet 2010 avec l'aimable autorisation de l'Expression


2-5 Armes à sous munitions, « beaucoup de travail reste à faire » …

Des grandes avancées ont été réalisées afin d’interdire les armes à sous-munitions mais il reste encore du chemin à parcourir, ont dit des activistes lors d’une conférence mondiale sur la Convention sur les armes à sous-munitions (CCM) à Santiago, au Chili.
« C’est bien de voir que plus de 100 gouvernements prennent part à la conférence, y compris des non-signataires comme l’Argentine et le Vietnam. Nous avons aussi été très satisfaits de la vivacité du débat », a dit Thomas Nash, coordinateur de la Coalition contre les sous-munitions (CMC), à IRIN.
La CCM, qui « interdit tout usage, stockage, production ou transfert d’armes à sous-munitions », a été adoptée par 107 états le 30 mai 2008 à Dublin, signée le 3 décembre de la même année à Oslo, et deviendra une loi internationale contraignante le 1er août 2010.
La conférence cherchait à mettre en place un plan d’action pour appliquer la Convention, et elle a préparé le terrain pour la première réunion des Etats Signataires au Laos en novembre de cette année.
« Il reste beaucoup de travail à faire – il y a des pays qui n’ont pas encore signé la convention, et beaucoup d’autres qui l’ont signée mais pas ratifiée », a dit Branislav Kapetanovic, un activiste de la CMC, et ancien démineur venant de Serbie qui a perdu ses mains et ses pieds durant un accident de déminage dans l’ancienne Yougoslavie.
Jusqu’ici, 106 états ont signé la convention et 36 l’ont ratifiée. Les signataires qui doivent encore ratifier la convention sont liés par la Convention de Vienne sur le droit des traités afin de s’assurer qu’ils n’agissent pas à l’encontre de l’objet et du but de la convention, bien qu’ils ne soient pas obligés de mettre en œuvre son contenu comme tel, selon M. Nash.
Pourtant, des militants pour les droits humains disent que la nature même des armes à sous-munitions – également connues comme ‘bombes à fragmentation’ – mettent les civils en danger. Ces armes qui frappent au hasard sont larguées dans les airs ou déployées par des systèmes basés au sol distribuant souvent des centaines de petites bombes, ou sous-munitions, qui peuvent couvrir une zone de la taille de plusieurs terrains de football.
De nombreuses petites bombes n’explosent pas – de par leur conception ou par défaut – et deviennent ainsi une menace pour la vie et les moyens de subsistance durant des années après la fin d’un conflit. Dans certains cas, comme au Liban à la suite de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, le taux de non-explosion atteignait les 40 pour cent, selon les Nations Unies.
Dans une certaine mesure, la réponse mondiale à l’emploi d’armes à sous-munitions au Liban a initié les efforts pour interdire ces armes une bonne fois pour toute. Les pays dont les habitants souffrent depuis longtemps des armes à sous-munitions incluent l’Angola, le Kosovo, l’Irak et le Laos.
« Un changement est déjà intervenu – de nombreux pays en sont déjà venus à la conclusion que les armes à sous-munitions constituent une arme sans discernement, et les populations comprennent le danger que constituent ces armes », a dit M. Kapetanovic

(IRIN).

14 juin 2010–

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=89478


2-6 Gilles Munier : Le nouveau mystère de Halabja.

Bien que le massacre de Halabja ait été pendant plus d’une décennie un thème de propagande anti-Saddam Hussein, le procès de l’affaire s’est tenu en catimini, si bien que personne ne sait réellement ce qui s’est vraiment passé les 17 et 18 mars 1988, dates de la bataille. En 2005, l’arrestation, puis la libération, maquillée en évasion, de Tarik al-Azzaoui, accusé d’être le pilote ayant gazé le village kurde, sont curieusement passées inaperçues en Occident.

   Pilote sur Mig 21 et Mirage F1 au début de la guerre Iran-Irak, Al-Azzaoui qui se déclare « Turcoman d’origine arabe », rejette l’accusation. Gravement blessé en décembre 1984, lors de l’éjection de son appareil en feu, il ne pouvait plus voler sur avions de chasse et  poursuivait sa carrière comme instructeur. Son carnet de vol ne comporte pas de mention de mission les jours de la bataille. Il passait donc le week-end en famille et affirme n’avoir entendu parler du gazage qu’en 1991 pendant la courte occupation de Kirkouk par les peshmergas.

    Après la chute de Bagdad, Al-Azzaoui assurait la maintenance de la base aérienne de Kirkouk pour le compte de la Compagnie Parsons. C’est là que, le 3 février 2005, un capitaine américain le livra à  l’Asayish, agence de renseignement kurde. Mis au secret à la prison Gushti, à Soulimaniya, dans une cellule de 90 cm sur 190, torturé des jours durant sans que personne ne lui présente de preuve de ce dont on l’accusait, il finit par signer la confession réclamée. Non seulement les juges du « Haut Tribunal irakien » refusèrent d’enregistrer que ses aveux avaient été obtenus sous la torture, mais ils le menacèrent de nouveaux interrogatoires musclés s’il niait les faits dont on l’accusait, et l’obligèrent à déclarer qu’il ne voulait pas d’avocat.

   Le 28 octobre 2007, Seif al-Din Ali Ahmed, directeur de l’Asayish à Soulimaniya, l’informa que le Président Talabani le libérait, mais refusa de lui délivrer un document attestant de son innocence. En décembre, la rumeur courant qu’il s’était évadé et qu’on le recherchait, il quitta l’Irak avec sa famille. Malgré la publication sur le site kurde Avene, en avril 2009, de la lettre ordonnant sa libération, il s’estime en danger. Réfugié en Europe, Tarik al-Azzaoui veut bien témoigner devant un tribunal international, mais à condition de ne pas être ensuite extradé en Irak. Il sait qu’au Kurdistan, son cas fait polémique : le Goran, scission de l’UPK, parti de Talabani, affirme que ce dernier a négocié sa libération avec des parlementaires arabes en échange de sa réélection à la présidence de la République.

Gilles Munier Afrique Asie – juillet 2010          



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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