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17/07/2010

n°441 - dossiers de l'Afghanistan - 16-07 – Début - : Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.

n°441 - dossiers de l'Afghanistan -  16-07 – Début  - : Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°441 du 16-07

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Tiré à part :

Anthony DIMAGGIO : L’Afghanistan en ruines. (extrait)

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Vidéo : Place à la méthode Petraeus

1-2 Vidéo : Afghanistan : le Général Desportes "sanctionné".

1-3 Quid de ben Laden ?

a) Aucune donnée solide sur ben Laden depuis des années, dit la CIA.

b) Allégation démagogique   de la CIA au sujet de Ben Laden.

1-4 John Pilger : La charge de la brigade médiatique.

1-5 L’enlisement avant la défaite. 

1-6 Jean-Dominique Merchet : Mourir pour l'Afghanistan " comme pour le roi de Prusse.

2 Les Brève

2-1 Jalalabad : Une importante base de l’OTAN attaquée.

2-2 Une entreprise américaine …

2-3 Total et Eni s'intéressent au pétrole afghan, selon le ministre Waheedullah Shahrani.

2-4 Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.

2-5 Plus de trois milliards de dollars détournés.

2-6 Le chef d'état-major français l'amiral Edouard Guillaud dénonce "la faute" du général Vincent Desportes.

2-7 Guantanamo : Les Brèves

1 L'Allemagne prête à accueillir deux prisonniers de Guantanamo.

2 Guantanamo: Ghailani apte à être jugé…

3 Dossiers

3-1 Dave Lindorff : Le financement de la guerre en Afghanistan.

3-2 Spencer Delane : Obama dénonce « l’obsession de ceux qui veulent arrêter la guerre en Afghanistan ».

3-3 Marie-France Calle : Non, Hamid Karzaï n'est pas "cinglé"...

3-4 Sergio : 3-24, « Doctrine » tactique 19 ou la bible des officiers étasuniens et français.

3-5 3-24, « Doctrine » tactique 19 ou la bible des officiers étasuniens et français.

3-6 Le général Vincent Desportes critique la stratégie US en Afghanistan, Paris le fustige… 

3-7 Le général Desportes a été reçu chez le CEMA (actualisé et corrigé).

3-8 Christine Bierre : Quand on est Général, on ferme sa gueule et on crève !

3-9 Engagez-vous, vous verrez du pays et vous deviendrez "facilitateur" !

3-10 Le gouvernement US a fait du transfert des responsabilités à l'armée afghane l'un des piliers de sa politique sur place.

3-11 es Etats-Unis donnent, secrètement, l'autorisation du trafic de drogue, en Afghanistan .

3-12 Les Afghans: de producteurs à consommateurs d'opiacés.

3-13 Des policiers accros à la drogue.

3-14 La CIA emploie les mercenaires de Blackwater.

3-15 Guantanamo : Les dossiers

1 USA: des médecins ont pratiqué des « expérimentations humaines » pour la CIA



Tiré à part :

Anthony DIMAGGIO : L’Afghanistan en ruines. (extrait)

La réalité sur le terrain dément les discours d’Obama.

...

L’opposition publique grandissante est le signe que la rhétorique d’Obama pour défendre la guerre perd chaque jour de sa force et de son pouvoir de conviction.

Selon un sondage de Newsweek, le pourcentage d’Américains qui ne sont pas d’accord avec la manière dont Obama gère le conflit a doublé, passant de 27% en février à 55% en juin. Selon le Washington Post-ABC, alors que 52% d’Américains étaient en faveur de la guerre juste après le discours d’élection d’Obama en décembre 2009, ce chiffre est tombé à 44% au début de juin 2010. Dès avril de cette année, le sentiment que cette guerre "ne valait pas la peine" d’être menée et qu’il fallait s’y opposer était partagé par une majorité d’Américains.

Les pertes américaines en 2010 ont été les pires de toute la guerre.

Elles ont atteint une moyenne de 32 soldats par mois alors qu’en 2009 elles étaient de 29 par mois et 13 par mois en 2008. Les pertes américaines ont en fait augmenté régulièrement chaque année depuis 2001 témoignant du sacrifice croissant que ce conflit exige du peuple américain.

Les médias américaines ont largement ignoré l’augmentation des pertes américaines et même depuis qu’ils ont commencé à en parler à la fin de 2009, peu d’articles ont paru sur le niveau historique des pertes. Il semble que les journalistes aient bien appris leur leçon et qu’ils ne veuillent pas "jouer les trouble-fêtes" dans une guerre que les deux partis politiques soutiennent en dépit de l’opposition grandissante des citoyens.

Anthony DiMaggio

Anthony DiMaggio est le directeur de media-ocracy (www.media-ocracy.com), un quotidien Internet qui se consacre à l’étude des médias, de l’opinion publique et de l’actualité. Il est l’auteur de When Media Goes to War ("Quand les médias vont en guerre") (2010) et de Mass Media, Mass Propaganda ("Médias de masse, propagande de masse") (2008).

Anthony DiMaggio On peut le joindre à mediaocracy@gmail.com

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/dimaggi...

16 juillet 2010

Traduction : D. Muselet

Counterpunch

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/L-Afghanistan-en-ruines-Counterpunch.html



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information.

 

1-1 Vidéo : Place à la méthode Petraeus

http://www.youtube.com/watch?v=NRVZCbVSITE&feature=player_embedded

 

1-2 Vidéo : Afghanistan : le Général Desportes "sanctionné".

http://www.youtube.com/watch?v=6z16cvTZN-Y&feature=player_embedded


1-3 Quid de ben Laden ?

a) Aucune donnée solide sur ben Laden depuis des années, dit la CIA.

Les Etats-Unis n'ont pas eu d'informations solides depuis des années sur l'endroit où se trouve Oussama ben Laden, bien que l'on pense qu'il est au Pakistan, a déclaré dimanche le directeur de la CIA, Leon Panetta.  

Il a aussi dit qu'en Afghanistan, les résistants semblaient se renforcer avec une intensification de leur actions, bien que les forces américaines et leurs alliés aient réussi à porter atteinte au mouvement de résistance en attaquant ses dirigeants.

Des progrès sont enregistrés dans ce conflit qui dure depuis près de neuf ans, mais "c'est plus difficile, c'est plus lent que ce que tout le monde avait anticipé", a dit Panetta lors du programme "This Week" de la chaîne ABC. Il a esquivé la question d'un journaliste qui lui demandait si la guerre était en passe d'être gagnée.

La stratégie américaine est revenue à l'avant-plan mercredi lorsque le président Barack Obama a relevé de son commandement en Afghanistan le général Stanley McChrystal et l'a remplacé par le général David Petraeus.

Les membres républicains et démocrates du Congrès réclament maintenant des réponses à leurs questions sur l'évolution de la guerre. Certains d'entre eux poseront mardi ces questions à Petraeus lors son audition de confirmation.

La dernière information précise sur le lieu où ben Laden pourrait se trouver remonte au début des années 2000, a dit Panetta.

"Depuis lors, il a été très difficile d'obtenir le moindre renseignement sur sa localisation exacte. Il est, à l'évidence, très bien caché (...) Il est dans une zone des régions tribales du Pakistan", a ajouté Panetta.

ASSURER LA RELÈVE

Il a estimé que les Etats-Unis finiraient par débusquer ben Laden, notant qu'ils ont déjà "mis hors circuit" plus de la moitié de la direction d'Al Qaïda.

Les Etats-Unis cherchent à s'emparer de ben Laden depuis les attentats du 11 septembre 2001 et le refus des taliban de livrer le chef d'Al Qaïda à Washington.

Au cours des derniers mois, la CIA a intensifié les attaques de drones dans les régions tribales du Pakistan, à la frontière afghane, prenant pour cibles non seulement des responsables d'al Qaïda et des taliban, mais aussi de simples combattants.

"Si l'on considère certaines violences, ils semblent être plus forts", a dit Panetta à propos des résistants. "Mais le fait est que nous affaiblissons leur direction et je pense que cela va dans la bonne direction".

Il a indiqué qu'un dirigeant taliban habillé en femme avait été tué ce week-end au cours d'une opération militaire.

Pour Panetta, le succès ne dépend pas seulement des efforts des Américains et de leurs alliés, mais de la capacité des forces de sécurité afghanes à prendre la relève et à maintenir la stabilité.

"Cela ne sera pas facile", a-t-il reconnu. "Il faudra que l'armée et la police afghanes soient capables d'accepter la responsabilité que nous leur transmettons.

27/6

AP

b) Allégation démagogique   de la CIA au sujet de Ben Laden.

Lors de l’entretien qu’il a accordé à Jake Tapper (ABC, This Week, 27 juin 2010), le directeur de la CIA Leon Panetta a indiqué que l’Agence ne disposait d’aucune information sur Oussama Ben Laden depuis qu’il a quitté l’Afghanistan pour le Pakistan (fin 2001).

Engagé par la CIA en 1979, l'homme d'affaire saoudi-yéménite Oussama Ben Laden a dirigé le financement des Moujahidins afghans contre les communistes.

Il se serait retourné contre les Etats-Unis lors de l’opération Tempête du désert (1991), et serait traqué depuis par la CIA.

Cependant, contredisant cette version officielle, il a été hospitalisé en août 2001 à l’hôpital américain de Dubaï, sous la protection de la CIA, et y a reçu diverses personnalités politiques.

L’Agence et le pouvoir politique le considèrent comme le commanditaire des attentats du 11 septembre 2001.

Cependant, contredisant cette version officielle, le FBI n’a pas émis d’avis de recherche à son nom sous ce motif.

Divers enregistrements audio et vidéo ont été attribués par la CIA à Oussama Ben Laden au cours de la décennie. Cependant, contredisant cette version officielle, les experts suisses de l’Institut Dalle Molle d’intelligence artificielle perceptive, qui font référence dans le monde en matière d’authentification sonore et visuelle, ont établi que ces enregistrements étaient tous des faux.

Farsnews

http://french.irib.ir/index.php/info/international/item/98055-allegation-demagogiquenn-de-la-cia-au-sujet-de-ben-laden


1-4 John Pilger : La charge de la brigade médiatique.

Dans sa dernière colonne pour New Statesman, John Pilger décrit comment l’omniprésence de la culture du système médiatique en Zunie ouvre la voie à un état de guerre endémique.

Et malgré toutes les colonnes de journaux et les heures d’émission qui en sont pleines, le lavage de cerveau ne prend pas. Il suggère qu’il s’agit de « la plus grande vertu de la Zunie. »

      La présentatrice de la télévision a fait une interview partagée sur l’écran avec un journaliste qui s'était porté volontaire pour être témoin à l'exécution d'un homme condamné à mort depuis 25 ans dans l'Utah. « Il avait le choix, » a dit le journaliste, « l'injection létale ou le peloton d'exécution. « Oh là là, » s’est emballée la présentatrice.

Top d’un déferlement de publicités pour la restauration rapide, un blanchissant de dents, l’agrafage de l'estomac*, la nouvelle Cadillac.

Suite à cela, la guerre en Afghanistan a été présentée par un correspondant en sueur dans un gilet pare-balles. « Holà, il fait chaud, a-t-il henni sur sa moitié d'écran. « Faites attention à vous, a répliqué la présentatrice. « Coming up » était une émission de téléréalité dans laquelle la caméra observait un homme en train de purger sa peine d’emprisonnement dans un réduit de prison.
[* Ndt : C’est dommage qu’on n’ait pas encore ça chez nous, à moins que j’ai mal vu. Imaginez un peu le truc : vous regardez négligemment le JT tout en grignotant les queues de radis laissées par la gente politique, et voilà qu'un charcutier en blouse verte vous propose de vous ligaturer le gésier pour vous empêcher de vous empiffrer.]

      Le lendemain matin, je suis arrivée au Pentagone pour une entrevue avec l'un des hauts fonctionnaires du président Obama, un décideur en matière de guerre. Il y a eu une longue ballade le long de corridors brillant ornés de tableaux de généraux et d’amiraux festonnés de rubans.

La pièce réservée aux entretiens avait été agencée à cet effet.

Elle était bleue et d’un froid glacial, dépourvue de fenêtre et de caractère, à l’exception d’un drapeau et de deux chaises, des accessoires destinés à créer l'illusion d'un lieu de pouvoir.

La dernière fois que je suis allé dans une salle comme celle du Pentagone, un colonel nommé Hum a interrompu mon entrevue avec un autre décisionnaire de guerre, au moment où j'ai demandé pourquoi tant de civils innocents sont tués en Irak et en Afghanistan. Ils étaient des milliers à l’époque, ils sont plus d'un million à présent. « Arrêtez la bande ! » avait-il beuglé.

      Il n'y avait pas de colonel Hum cette fois-ci, juste l’attestation polie des militaires rejetant qu’il s’agirait d’un « fait banal » pour la soldatesque de recevoir l'ordre de « zigouiller chaque saloperie de mère. » À l'Associated Press le Pentagone a dit dépenser 4,7 milliards de dollars en relations publiques pour gagner le cœur et l’esprit, non pas des récalcitrants des tribus afghanes, mais des Zuniens. C'est ce qui est connu sous le nom de « domination de l'information, » et les gens des relations publiques sont des « guerriers de l'information. »

      Le pouvoir impérial zunien monte grâce à une culture médiatique dans laquelle le mot impérial est tabou. L’aborder serait sacrilège. Les campagnes coloniales sont vraiment des « guerres contre le discernement » (wars of perception) écrit l’actuel commandant, le général David Petraeus, dont les termes et stipulations sont popularisés par les médias.

La « narration » est la parole accréditée car elle est post-moderne et dénuée de contexte et de réalité. Le témoignage narratif sur l'Irak dit que la guerre est gagnée, et celui sur l'Afghanistan raconte que c'est une « guerre juste. » Que ce ne soit pas vrai non plus n'est pas la question. Ils mettent en avant une « grande allégorie » de menace constante et la nécessité de la guerre perpétuelle. Selon Thomas Friedman, un célèbre chroniqueur du New York Times, « Nous vivons dans un monde de menaces imbriquées tombant en cascade, qui ont le potentiel de bouleverser notre pays à tout moment. »

      Friedman encourage l’attaque de l’Iran dont l'indépendance est intolérable. Voilà la vanité psychopathe d'une grande puissance que Martin Luther King décrivait comme « le plus grand pourvoyeur de violence du monde. » Il a ensuite été abattu.

      La psychopathie est applaudie à travers la culture corporative populaire montrant la mort d'un homme préférant le peloton d'exécution à l’injection létale à la télévision, le film oscarisé The Hurt Locker et le nouveau documentaire primé sur la guerre, Restrepo. Les directeurs des deux films refusent d’admettre la violence et donnent de la dignité à l'invasion « apolitique. » Et pourtant, derrière la façade caricaturiste, l'objectif est grave. La Zunie est engagée militairement dans 75 pays. Elle a quelque 900 bases militaires à travers le monde, de nombreuses entrées sur les sources de combustibles fossiles.

      Mais il y a un problème. La plupart des Zuniens sont opposés à ces guerres et à dépenser des milliards de dollars pour elles. Le fait que leur lavage de cerveau foire si souvent constitue la plus grande vertu de la Zunie. C'est souvent dû aux non-conformistes courageux, en particulier ceux qui sortent de la centrifugeuse du pouvoir. En 1971, l'analyste militaire Daniel Ellsberg a divulgué des documents connus sous le nom de Documents du Pentagone, qui exposaient le mensonge de quasiment tout ce racontaient deux présidents sur le Viêt-nam. Beaucoup de ces initiés ne sont même pas des renégats. Une partie de mon carnet d'adresses est remplie de noms d'anciens officiers de la CIA qui ont osé parler. Ils n'ont aucun équivalent en Grande-Bretagne.

      En 1993, au moment de l'invasion meurtrière du Timor oriental par l'Indonésie, l’agent des opérations de la CIA à Jakarta, Philip C. Liechty, m'a raconté que le président Gerald Ford et Henry Kissinger, ministre des Affaires étrangères à l’époque, avaient donné le feu vert au dictateur Suharto et fourni secrètement les armes et la logistique dont il avait besoin. Quand les premiers rapports de massacres sont arrivés sur le bureau de Liechty, il a commencé à changer. « Ça n’allait pas, » a-t-il dit. « Je me sentais mal. »

      Melvin Goodman est aujourd’hui un savant de l’université Johns Hopkins à Washington. Il a été pendant plus de 40 ans dans la CIA et s’est élevé au rang d’analyste principal du monde soviétique. Lorsque nous nous sommes rencontrés l'autre jour, il a décrit la conduite de la guerre froide comme une série d'exagérations grossières de l’« agressivité » des Soviétiques ignorant délibérément leur intelligence à s’acharner à éviter à tout prix la guerre nucléaire. Cette vision est corroborée des deux côtés de l’Atlantique par les fichiers officiels levés du sceau du secret. « Ce qui importe pour les durs de Washington, » disait-il, « c’est la manière dont pourrait être exploitée la perception d’une menace. » En tant que directeur adjoint de la CIA dans les années 80, l’actuel ministre de la défense, Robert Gates, n'a cessé de faire du battage médiatique sur la « menace soviétique » et, selon Goodman, il est en train de faire la même chose aujourd'hui pour « l'Afghanistan, la Corée du Nord et l'Iran. »

Peu de choses ont changé. En 1939, en Zunie, W. H. Auden écrivait :

Tandis que s’évanouissent les espoirs brillants

D'une piètre décennie malhonnête,

Obsédant notre vie privée,

Des vagues de colère et de peur

Se répandent dans les régions brillantes

Et noircies de la Terre [...]

Ils fixent sur le miroir

Le visage de l'impérialisme

Et le préjudice planétaire

John Pilger

Samedi 10 Juillet 2010

http://groups.google.fr/group/medias-mensonges-desinformation?hl=fr

Original : www.johnpilger.com/page.asp?partid=580
Traduction copyleft de Pétrus Lombard


1-5 L’enlisement avant la défaite. 

 Nb : Ndlr : La publication de l’article ne signifie nullement que la rédaction partage le point de vue de l’auteur, mais doit être vu comme information.

Neuf ans de guerre en Afghanistan n’y ont rien changé. Les troupes occidentales semblent incapables de regagner le terrain perdu.

Une analyse sévère.

01.07.

Tim Hetherington (World Press Photo 2007) s’est rendu à deux reprises dans la vallée de Korengal pour y rencontrer les hommes du 2e Airborne, appartenant au 503e d’infanterie.

A l’été 2008, ils séjournaient là depuis quinze mois, à l’abri tout relatif de leur petit bunker baptisé “Juan Restrepo” du nom de l’un de leurs camarades tués (photo page de gauche). Infidel, le livre de Tim Hetherington,  paraîtra en octobre chez l’éditeur Chris Boot (Londres).

Il faut saluer l’esprit de décision dont a fait preuve le président Obama lorsqu’il a limogé, le 23 juin, Stanley McChrystal, un général chroniquement insubordonné.

Mais nous avons toujours sur les bras une guerre désastreuse en Afghanistan, qui ne peut être gagnée et que l’ensemble du pays ne soutiendra jamais.
A Washington, personne n’a l’honnêteté d’exposer la situation réelle au peuple américain.

On nous rebat les oreilles avec la contre-insurrection. Rien n’indique cependant que cette stratégie marchera en Afghanistan. Jusqu’à présent, elle s’est révélée inefficace. Et, même si nous arrivions à mettre en place les pièces du puzzle, les plus farouches partisans de la contre-insurrection dans l’armée nous diraient qu’il faut entre dix et quinze ans d’efforts soutenus pour qu’elle porte vraiment ses fruits.
Voilà près d’une décennie que nous nous trouvons en Afghanistan. C’est l’un des pays les plus corrompus de la planète et l’épicentre de la production mondiale d’opium.

Notre allié officiel, le président Hamid Karzai, est convaincu que les Etats-Unis ne peuvent l’emporter : aussi cherche-t-il à tout prix à s’entendre directement avec l’ennemi taliban. L’opinion américaine ne croit plus à cette guerre depuis longtemps, et il n’est pas du tout certain que, pour le président Obama également, le cœur y soit.
L’idée même que nous puissions envisager de rester quelques années de plus en Afghanistan pour nous battre et mourir est démentielle. D’autant plus que nul ne sait combien de milliards de dollars supplémentaires le contribuable américain devra payer.
Tous ceux que la contre-insurrection fascine tant – au premier chef, son plus ardent défenseur, le général David Petraeus [nommé par Obama pour remplacer McChrystal] – ont visiblement perdu de vue un aspect fondamental de la guerre : on ne fait pas la guerre à moitié. On fait la guerre pour écraser l’ennemi. On la fait à fond et aussi rapidement que possible. Si on s’embarrasse de scrupules ou si on ne sait pas comment la faire, alors on ne la fait pas.

Les soldats qui ont débarqué sur les plages de Normandie n’essayaient pas de gagner le cœur et l’esprit de quiconque. En Afghanistan, nous jouons un jeu dangereux, sans enthousiasme, dans lequel le président Obama dit au peuple américain qu’il s’agit d’une guerre nécessaire et qu’il fera tout ce qu’il faut pour réussir.

Puis, dans un même souffle, il veut nous rassurer en promettant que le retrait des troupes américaines commencera selon le calendrier prévu, dans un an. Aucune de ces affirmations n’est conforme à la vérité.

En réalité, nous ne sommes pas en train de nous battre avec acharnement. Les partisans de la contre-insurrection ne veulent pas trop malmener l’ennemi parce qu’ils craignent, à juste titre, qu’un nombre excessif de pertes civiles n’aliène “les cœurs et les esprits” et ne sape l’édification d’une nation, deux notions au cœur de cette stratégie.
Nous sombrons de plus en plus profondément dans le fétide bourbier afghan, et ni le président, ni Petraeus, ni personne d’autre n’a la moindre idée de la manière d’en sortir.

Les fanatiques de la contre-insurrection réclament des renforts et ils veulent que le président oublie son calendrier, déjà peu plausible, fixant à juillet 2011 le début du retrait des troupes. Nous sommes comme le joueur invétéré qui accumule les dettes pour miser dans un jeu où les dés sont pipés. Il n’y a pas de victoire possible en Afghanistan, seulement des souffrances. Nous sommes en train de raser Detroit, tout en essayant de bâtir des métropoles modèles à Kaboul et à Kandahar. Nous dépensons des milliards pour cette terrible guerre, mais nous ne sommes pas capables de prolonger le versement des allocations chômage pour les Américains en fin de droits.
La différence entre la situation actuelle et un cauchemar, c’est qu’au réveil un mauvais rêve prend fin. Ce que nous vivons actuellement en Afghanistan est malheureusement tragiquement réel.

http://www.courrierinternational.com/article/2010/07/01/l-enlisement-avant-la-defaite



1-6 Jean-Dominique Merchet : Mourir pour l'Afghanistan " comme pour le roi de Prusse.

Mon livre "Mourir pour l'Afghanistan" est réédité avec une nouvelle présentation et un chapitre entièrement nouveau.

La première édition était parue en novembre 2008, trois mois après l'embuscade d'Uzbin, au cours de laquelle dix militaires français avaient trouvé la mort. En voici quelques extraits.

"Depuis Uzbin, dix-huit militaires français sont morts en Afghanistan, ce qui portait, au 1er juin 2010, le nombre des pertes à 42.

Mais il n'y a pas que les morts ; cette guerre fauchent aussi de jeunes Français qui en reviennent grièvement blessés. Je pense par exemple à Jocelyn, 25 ans, savoyard originaire de la Maurienne et passionné d'alpinisme. Le dimanche 16 mai, alors qu'il patrouillait avec son unité, le 13ème Bataillon de Chasseurs alpins à l'entrée de la vallée d'Alassaï dans la province de Kapissa, il a été victime d'un Engin explosif improvisé. Grièvement touché, il est rapatrié en France. Opéré à l'oeil, il a dû être amputé d'une jambe. Qui a entendu parler de lui ? (...)

Deux ans après Uzbin, la question se pose toujours avec la même acuité : « Pourquoi nos soldats tombent-ils là-bas? »

Qu'est-ce qui, en effet, justifie le sacrifice de tant de jeunes vies françaises, à cinq milles kilomètres de nos frontières ?

J'entends d'ici la réponse, sur un ton offusqué : la lutte contre l'islamisme radical, bien sûr ! Voire...

Le combat, légitime, contre les « djihadistes » se déroule sur bien d'autres fronts.

(...)

 Si, malgré ses renforcements, elle reste relativement modeste au plan militaire, la participation française est d'une grande importance politique. Elle est d'abord le prix à payer de notre retour dans l'organisation militaire intégrée de l'Otan, tant souhaité par l'armée française.

Acté, comme on dit, lors du sommet de Strasbourg-Kehl, en avril 2009, ce retour s'est traduit pour la France par l'attribution de 17 postes de généraux dans les états-majors alliés.

L'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Stéphane Abrial, est même devenu « Supreme Allied Commander » pour la Transformation de l'Otan – l'un des deux plus hauts postes (mais pas le plus important) de l'Alliance.

Dans ces conditions, la France ne pouvait pas rester en dehors de l'opération américaine et alliée en Afghanistan. Des militaires français meurent dans cette guerre (treize, depuis le retour de la France dans l'Otan) ? Il s'agit sans doute là de ce qu'on appelait jadis le « prix du sang »... Allons expliquer cela aux familles !"

Jean-Dominique Merchet, "Mourir pour l'Afghanistan", Editions Jacob-Duvernet, 2ème édition, juillet 2010, 19,90 euros

Rédigé le 08/07/2010

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/07/... 

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