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17/07/2010

n°441 - dossiers de l'Afghanistan - 16-07 – Fin - : Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.

n°441 - dossiers de l'Afghanistan -  16-07 – Fin  - : Minerais afghans: Karzaï, n'a pas le droit de signer des contrats d'exploitation du sous-sol Afgan.



Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

Les médias occidentaux dans leur large majorité acceptent les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .

Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre!

Sa diffusion est un acte de résistance.



dossiers de l'Afghanistan 

n°441 du 16-07

C.De Broeder & M.Lemaire



 Le "dossier de l'Afghanistan" est  visible  sur mes blogs : 

a)   sur nos blog : 

http://journaldeguerre.blogs.dhnet.be/

http://journauxdeguerre.blogs.lalibre.be/

 

b) sur le site de Robert Bibeau : http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

c) sur le site de Eva Resis      :  no-war.over-blog.com

http://no-war.over-blog.com/ 

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be 



Sommaire :  

Fin

3 Dossiers (fin)

3-5 3-24, « Doctrine » tactique 19 ou la bible des officiers étasuniens et français.

3-6 Le général Vincent Desportes critique la stratégie US en Afghanistan, Paris le fustige… 

3-7 Le général Desportes a été reçu chez le CEMA (actualisé et corrigé).

3-8 Christine Bierre : Quand on est Général, on ferme sa gueule et on crève !

3-9 Engagez-vous, vous verrez du pays et vous deviendrez "facilitateur" !

3-10 Le gouvernement US a fait du transfert des responsabilités à l'armée afghane l'un des piliers de sa politique sur place.

3-11 es Etats-Unis donnent, secrètement, l'autorisation du trafic de drogue, en Afghanistan .

3-12 Les Afghans: de producteurs à consommateurs d'opiacés.

3-13 Des policiers accros à la drogue.

3-14 La CIA emploie les mercenaires de Blackwater.

3-15 Guantanamo : Les dossiers

1 USA: des médecins ont pratiqué des « expérimentations humaines » pour la CIA



3-4 Sergio : 3-24, « Doctrine » tactique 19 ou la bible des officiers étasuniens et français.

3-24, « Doctrine » tactique 19 ou la bible des officiers étasuniens et français
(manuel militaire de contre-insurrection traditionnelle baptisé « COIN » (Counter-Insurgency)

« Gagner les cœurs et les esprits »

Après l’avoir tester (soit-disant avec succès) en Irak, la tactique d’insurrection donnerait de bon résultats, et en ce qui concerne le théâtre de guerre afghan, si les militaires ont le temps d’appliquer cette théorie en stratégie gagnante, alors… (stratégie développée en trois points et trois lignes d’opération : la sécurité, la gouvernance, le développement) (1) dont le vice-président Biden, avoue que seule la première marche a été accomplie et que le plus gros problème sera de réconcilier la stratégie avec ceux qui la mette en œuvre.
Ceci en théorie seulement, car un autre problème incontournable et de taille est apparu (contenu dans ce constat amère « on est en train de perdre la guerre ») et qui remet en cause l’écart entre les troupes (remettant en cause le mode d’action) que l’état major résume à ce constat : « on ne peut pas faire la guerre contre le moral des troupes », et pour clore le chapitre,
la Maison Blanche ainsi que l’Etat major déclarent en cœur : « C’est une guerre américaine. Quand vous êtes actionnaire à 1%, vous n’avez pas la parole. Il n’y a pas de voix stratégique des alliés. » (2)
Le commandement tire parti des avantages comparatifs : la puissance de feu et la technologie, mais la machine (de guerre) revient à ses errements -priorité à la sécurité (en clair, plus de bombardements et par conséquent plus de victimes civiles).

L’agressivité des troupes de l’OTAN monte d’un cran

Depuis le mois de février (date de la première contre-offensive d’envergure contre les Résistants), la montée en puissance des violences s’illustre de deux manières sur le terrain ; le dynamisme de l’insurrection et la nouvelle agressivité des troupes de l’OTAN à laquelle les résistants riposte (3)

Les Bombes artisanales (Impovrished Explosive Device, ou IED) font d’énormes ravages dans les troupes de la coalition, plus de 61% de tués.

Les assassinats d’agents du régime de Kaboul ont augmenté de plus de 45%. Faits nouveaux des commandos de résistants ont tenté des opérations de plus en plus audacieuses et complexes de type commandos contre des objectifs militaires, à Kaboul, Kandahar, Jalalabad, etc. (4)

Cristal, Desportes même combat ?

On apprend que le directeur du collège interarmée de défense (l’école de guerre française), le général Desportes, qui épiloguait sur les difficultés de la stratégie étasunienne en Afghanistan, c’est fait recadré par le chef d’état-major des armées, qui demande au ministre de la défense de se prononcer sur une éventuelle sanction pour cette faute.
Quelle est le contenu de l’épilogue ?
Le général Desportes
jugeait que le limogeage du général McCristal, commandant de l’OTAN, ouvrait un débat sur la tactique choisie, au moment même où la situation sur le terrain n’a jamais été pire. Selon lui, le président Obama a chois une voie moyenne qui peine à fonctionner, et il faudra bien revoir la stratégie…
Il renvoyait ce choix au seuls Etasuniens, car cette guerre était selon lui, uniquement étasunienne. Et de deux !

« Doctrine » tactique 19
(Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF)

Un œil dans le rétroviseur, qui nous ramène au pire moment de la guerre d’Algérie ou de la guerre d’Indochine, mais dont les stratèges français ont tirés des leçons (et certains affirment même que des officiers français les utilisèrent en Amérique latine) et les consignèrent dans un manuel (« Doctrine » tactique 19) qui servit de modèle aux stratèges de l’état-major étasunien.

Après l’avoir consulté en détail, on peut se poser des questions, il est vrai, que se posent d’ailleurs Philippe Leymarie dans un article intitulé « Du djebel algérien aux montagnes afghanes- Nouvelle prospérité de la contre-insurrection à la française », (5) ainsi que l’article d’Helena Cobban intitulé « Manuel du parfait soldat » et qu’elle conclut ainsi : « Le général Petraeus sera-t-il « le meilleur et le plus intelligent » d’un corps d’officiers américain qui conduiront à la défaite en Irak ? » Ces guerres en notre nom ?

NOTES

1) la question est de savoir si les Etats-Unis sont capables d’adapter leur stratégie, conditionnée à une position politique de la Maison Blanche, l’affaiblissement significatif des Résistants sur le terrain (après que les opérations en cours, en février dans la province du Hameland et plus précisément le bourg de Marjah, et la programmation en cours de préparation dans le plus grand fief des *Résistants d’une contre-insurrection dans le Sud patchoune ait porté ses fruits ; mais les résistants ont devancé les troupes de la coalition en entamant une vaste campagne d’assassinats à Kandahar qui pourrait remettre en cause les plans initiaux de cette vaste opération) pour minimiser le coût de la future réconciliation sous les hospices du président Karzaï avec toutes les factions représentatives de l’Afghanistan actuel (et pour faire suite à la tenue fin mai 2010, d’une Jirga (assemblée) de la paix, qui l’a mandaté pour engager la dialogue avec la résistance afghane). * et seulement après le "démantèlement" de l’organisation militaire des Résistants, qui se résume actuellement à 130 dirigeants ou sous-dirigeants tués ou capturés. Après que le président Obama ait décidé le « surge » (renfort), la résistance talibane s’est déchaînée et les pertes dans les rangs des troupes de la coalition n’ont jamais été aussi élevée (102 morts pour le seul mois de juin 2010 ; mais aucun chiffres précis sur le nombre exact de suicides ou de blessés, car depuis le mois de janvier 2010, on se suicide beaucoup en Afghanistan…)

2) Selon le vice-président, Joseph Biden, les Etats-Unis ont des intérêts stratégiques autres que l’Afghanistan, et sont piégés par une guerre sans fin dont il faudrait sortir… La situation n’a jamais été aussi pire ! Ce qui devrait en principe conduire les stratèges à en tirer les conséquences ; Si les Etats-Unis étaient amenés à opérer sur d’autres fronts, une telle perspective (de leur capacité) ne pourrait souffrir d’entrave.

3) les troupes de la coalition attendent la fin du mois de décembre 2010 qui théoriquement représente la fin de saison des combats ; mais avant cette fin théorique, une vaste opération est en cours (perturbée par la vague d’assassinats de Kandahar), puis le retrait (toujours théoriquement) des troupes de la coalition après Juillet 2011, dont de plus en plus de gens doutent sérieusement.

4) Les Etats-Unis ont perdus plus de mille hommes depuis 2001, et les alliés autant.

Curieusement aucune comptabilité n’est tenus du côté des Afghans.

5) notamment dans ce chapitre « Le Clausewitz de la contre-insurrection »

Sergio
4 juillet 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article104367


3-5 3-24, « Doctrine » tactique 19 ou la bible des officiers étasuniens et français. :

La réalité ou les manuels ? :

Ouverture libre

De McChrystal à Desportes et retour

On verra sur le site Secret Défense les quelques épisodes de la triste aventure de la réprimande faite à un officier général français qui écrivit dans Le Monde des choses si évidentes que leur démonstration serait un accablement pour l’esprit, – lequel a d’autres chats à fouetter. Résumons tout de même, en nous référant à Secret Défense, cette affaire qui a plus à voir avec le bon sens comme vous et moi qu’avec la défense, et plus avec l’évidence qu’avec le secret.

• Le 1er juillet 2010, le général Desportes publie un article dans Le Monde critiquant ce qui est fait en Afghanistan et, par conséquent, la présence française dans la guerre menée dans ce pays, mais aussi “nos alliés américains”, etc.

• Le 2 juillet 2010, le CEMA (chef d’état-major des armées) réagit par les moyens du bord (interview sur Europe n°1), mais majestueusement, avec les mots sacrés qui résonne au loin (“devoir de réserve”, “la Grande Muette”, “ardente oblgation” et j’en passe). Bref, Desportes a mal agi, ce n’est pas bien, au coin jusqu’à la fin de la récré (en langage militaire, cela s’appelle un “blâme” pour Desportes, qui, de toutes les façons, part à la retraite sous peu, – ceci expliquant vastement cela).

• Le 2 juillet 2010 toujours, le CEMA reçoit le rebelle-insurgé et lui communique toute son insatisfaction. Nous citons Secret Défense car tous les termes ont ici leur incontestable poids caricatural  : «Vivement remonté contre les propos du général Desportes, “dans un état sauvage” selon un témoin, l’amiral Guillaud [le CEMA en question, NDLR] n’accorde pas une grande importance au niveau de la sanction qui sera retenu. Il souhaitait essentiellement marquer le coup, estimant que des officiers qui ont “la crédibilité” du général Desportes – auteur de nombreux livres et en charge de la formation des officiers – “devaient s’exprimer avec discernement”. Cette “ardente obligation” s’imposerait notamment vis-à-vis des alliés américains et des militaires engagés sur le terrain, ainsi que de leur familles.»

Bref, ce qu’a fait Desportes revient à dire ce que dit McChrystal, du côté US, depuis des semaines. McChrystal n’a pas été inquiété jusqu’au moment où il devient très “public”, – également cas de Desportes, – et s’exprime dans, – vous lisez bien, – dans Rolling Stones, publication des hippies et des rock stars. (Cas équivalent pour Desportes, Le Monde étant devenu à Paris la publication des hippies et des rock stars, non ? A moins que nous confondions, oui ? Peut-être, oui et non, on s’y perd)…

Poursuivons. Cette façon de voir les choses donne ce commentaire si intéressant de Fred Branfman, dans Truthdig.com du 30 juin 2010. (Nous citons le début du texte, le reste étant consacré à l’état évidemment apocalyptique de la marche vers la victoire en Afghanistan de la civilisation occidentaliste, avec nos “amis américanistes”.)

5 juillet 2010 -

Posté par 86.***.210.***


3-6 Le général Vincent Desportes critique la stratégie US en Afghanistan, Paris le fustige… 

Le général français Vincent Desportes a émis ouvertement des doutes sur la stratégie américaine en Afghanistan, qui, selon lui, "ne semble pas fonctionner", dans une interview au Monde datée de ce vendredi.  
"Factuellement, la situation n'a jamais été pire", déclare ce général d'active, qui dirige le Collège interarmées de défense (CID, l'organisme qui forme l'élite des officiers supérieurs français), rappelant que le mois de juin a été le plus meurtrier pour "la coalition internationale" depuis l'invasion du pays, fin 2001.  
Selon lui, "la doctrine de contre-insurrection traditionnelle, telle que l'a engagée McChrystal (le commandant des forces américaines et alliées récemment limogé par le président américain) depuis un an, avec un usage restreint de l'ouverture du feu, des moyens aériens et de l'artillerie pour réduire les dommages collatéraux, ne semble pas fonctionner".  
"Si la doctrine McChrystal ne fonctionne pas ou n'est plus acceptée, il faudra bien revoir la stratégie" et "probablement repousser la date du retrait d'Afghanistan", poursuit-il.
"L'affaire McChrystal révèle une faiblesse", estime encore le général Desportes, affirmant que Barack Obama aurait pu se contenter de "morigéner son chef militaire et le renvoyer, comme l'avait fait Roosevelt avec le général Patton, qui avait dû s'excuser d'avoir giflé un soldat".
"Tout se passe comme si le président (américain) n'était pas très sûr de ses choix", analyse-t-il, notant qu'il avait déjà renvoyé le général David McKiernan, le prédécesseur de Stanley McChrystal.
Le général Desportes critique la décision de Barack Obama d'envoyer 30.000 soldats américains en renfort, annoncée en décembre.
"Tout le monde savait que ce devait être zéro ou 100.000 de plus", affirme-t-il, ajoutant un cinglant: "on ne fait pas des demi-guerres".
Réagissant aux propos du général Desportes, le chef d'état-major des armées françaises, l'amiral Edouard Guillaud, a fustigé ce qu'il a qualifié de "faute" et  propos "irresponsables".
"Je pense que c'est une opinion malvenue et que je qualifierais d'irresponsable car elle vient de quelqu'un qui est en activité et qui, de ce fait, a une crédibilité", a estimé l'amiral Guillaud sur la radio Europe 1, précisant qu'il avait "bien l'intention de lui demander de venir s'en expliquer".
Quelque 130.000 soldats de l'occupation, aux deux tiers américains, sont déployés en Afghanistan. La France, qui y participe, compte à ce jour quelque 3.750 soldats.

02/07/2010 

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=144703&language=fr


3-7 Le général Desportes a été reçu chez le CEMA (actualisé et corrigé).

Le général Vincent Desportes a été reçu cet après-midi par le chef d'état-major des armées, à la suite de la parution d'un article critiquant la stratégie des alliés en Afghanistan. L'amiral Guillaud a expliqué publiquement qu'il considérait que le commandant du Collège interarmées de Défense (CID) avait commis une "faute", en s'exprimant comme il l'a fait dans Le Monde.

Quant à une probable sanction disciplinaire, "le dossier sera transmis au ministre pour suites à donner", après être passé entre les mains du chef d'état-major de l'armée de terre, dont relève le général de division Desportes. Il est fort improbable que cet officier soit relevé de son commandement, qu'il doit quitter le 16 juillet prochain, avant son départ du service actif fin aout, comme cela était prévu. Le général Desportes devrait sans doute recevoir un "blâme".

Vivement remonté contre les propos du général Desportes, "dans un état sauvage" selon un témoin,  l'amiral Guillaud n'accorde pas une grande importance au niveau de la sanction qui sera retenu. Il souhaitait essentiellement marquer le coup, estimant que des officiers qui ont "la crédibilité" du général Desportes - auteur de nombreux livres et en charge de la formation des officiers - "devaient s'exprimer avec discernement". Cette "ardente obligation" s'imposerait notamment vis-à-vis des alliés américains et des militaires engagés sur le terrain, ainsi que de leur familles.

La phrase du général Desportes ["C'est une guerre américaine" dans laquelle la France "n'a pas droit à la parole"] est restée en travers de la gorge des chefs militaires et politiques, qui rappellent que la stratégie mise en oeuvre là-bas a été définie collectivement par l'Alliance, par exemple lors du sommet de Bucarest en avril 2008.

Edouard Guillaud et Vincent Desportes se connaissent depuis longtemps et se tutoient, même si leurs personnalités s'accordent mal. Ils ont notamment été camarades de promotion au Cours supérieur interarmées.

Le général Desportes avait déjà été soupçonné d'être l'un des membres du groupe Surcouf, qui avait, en 2008, publié une violente charge contre le Livre blanc de la Défense. Il s'était vu barrer la route à la direction de l'IHEDN et à une quatrième étoile, même s'il avait obtenu la direction du CID grâce... à l'amiral Guillaud.  Il quitte aujourd'hui l'institution avec une certaine amertume.

Vincent Desportes publie régulièrement des articles. L'interview parue dans Le Monde daté d'aujourd'hui avait été envoyée pour relecture à l'état-major des armées, mais trop tard pour que ses chefs puissent lui demander de la retirer. La parution de l'article a suscité une certaine émotion dans les milieux militaires. Ainsi le chef d'état-major de l'armée de terre a annulé, ce midi, le déjeuner prévu de longue date avec le général Desportes.

Une sanction trop importante contre le général Desportes pourrait être mal perçue chez les jeunes officiers. Cet officier, auteur d'ouvrage et directeur de collection, est devenu un symbole de la liberté d'expression des officiers, qu'il avait la charge de former au CID, l'ancienne Ecole de guerre. Il les poussait à écrire et à publier des articles dans la presse, ce qu'ils ont fait cette année avec un certain succès. Par ailleurs, Desportes publie, dans sa collection chez Economica, des signatures militaires comme Goya, Le Nen, Durieux, Yakovleff, Royal, Courrèges, Germain... ou Galula.

Il lui est souvant reproché de privilégier, dans ses analyses, une approche très "kaki", au détriment de l'aviation et de la marine. D'autres voies se font entendre, lui reprochant de n'avoir aucune expérience opérationnelle, même en état-major.

Les lecteurs des livres et articles du général Desportes (dont je suis) ont par ailleurs ressenti un certain étonnement à la lecture de cet entretien. Les approches militaires que le général semblent aujourd'hui défendre vont à l'encontre du discours qu'il tenait jusqu'à lors. Desportes fut par exemple l'introducteur en France du livre du général britannique Rupert Smith (L'utilité de la force) et n'avait lui même cessé de plaider pour une vision proche de celle dont il dénonce l'échec en Afghanistan.

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/07/le-g%C3%A9n%C3%A9ral-desportes-a-%C3%A9t%C3%A9-convoqu%C3%A9-chez-le-cema.html


3-8 Christine Bierre : Quand on est Général, on ferme sa gueule et on crève !

Voilà le choix que Nicolas Sarkozy a laissé à tous les militaires français impliqués dans le bourbier afghan.

C’est ce qu’a appris à son insu, le Général de division, Vincent Desportes, commandant du Collège interarmées de Défense, lorsqu’il a osé quelques critiques, tout à fait justifiées, sur la stratégie menée par les Etats-Unis en Afghanistan, dans une interview au Monde, le vendredi 2 juillet.

L’interview aussitôt publiée, il a été traité « d’irresponsable » par le Chef d’Etat Major des Armées, Edouard Guillaud, qui l’a accusé au passage de « faute » alors qu’au même moment, Hervé Morin, ministre de la Défense, annonçait qu’une sanction tomberait.

Depuis, le Canard Enchaîné de cette semaine nous a appris qu’en s’exprimant dans Le Monde, le Général Desportes avait enfreint les ordres de Nicolas Sarkozy qui, depuis trois mois, avait « exigé le silence dans les rangs », les rangs étant l’Etat major des armées, le Ministère de la Défense et le Quai d’Orsay.

Et ce silence devait aller jusqu’en 2012 et être observé tout à fait méticuleusement durant la campagne présidentielle !

Mais pourquoi cette inquiétude partagée des deux côtés de l’Atlantique ?

Après le limogeage brutal du Général McChrystal par Obama aux Etats-Unis, qui avait osé aussi quelques critiques, le couperet va-t-il tomber sur Vincent Desportes en France ?

La réalité est que si l’on peut mentir longtemps aux populations sur un certain nombre de questions, on ne peut plus cacher le fait que la prétendue stratégie de contre-insurrection poussée par Obama et qui avait été élaborée pourtant par le General McChrystal et ce grand spécialiste de David Gallula qu’est David Petraeus, ne rime à rien et qu’elle est particulièrement coûteuse en hommes.

Prétendre faire à la fois de la contre-insurrection, ce qui exige assez d’hommes pour quadriller le territoire, tout en déployant peu d’hommes, et s’engager dans une guerre courte, alors que ce type de guerre met de longues années à se mettre en place et exigerait même la colonisation du pays en question, voilà qui relève de l’incompétence pure et simple.

Et voici qu’au fur et à mesure que le conflit devient plus meurtrier, les militaires commencent à dire partout que c’est « une guerre qui va peut-être durer encore dix ans » …

Et c’est bien ce que les Narcisses des deux côtés de l’Atlantique, Obama et Sarkozy, ne peuvent tolérer.

En France, Vincent Desportes aurait le soutien de nombreux officiers et généraux, notamment au Centre de planification et de conduite des opérations, à l’IHEDN et au groupe Surcouf qui regroupe des hauts gradés d’active ou à la retraite.

Qu’a dit au juste Desportes ? Que « la situation n’a jamais été pire », le mois de Juin ayant été de loin le plus meurtrier. Le général évoque des problèmes de stratégie : « La doctrine de contre-insurrection traditionnelle, telle que l’a engagée McChrystal depuis un an, avec un usage restreint de l’ouverture du feu (…) pour réduire les dommages collatéraux, ne semble pas fonctionner. (…)

Chez les militaires, un courant remettant en cause le mode d’action [nommé] "gagner les cœurs et les esprits" suscite une adhésion grandissante. Cette remise en cause renforce l’écart entre la troupe et la stratégie générale.

Or, on ne peut pas faire la guerre contre le moral des soldats ».

Le Général Desportes exprime des doutes sur la compétence de Barack Obama. « L’affaire McChrystal révèle une faiblesse », a-t-il dit. « Tout se passe comme si le Président n’était pas très sûr de ses choix. Il a limogé deux généraux en l’espace d’un an, David McKiernan, qui prônait la tactique américaine traditionnelle de la force, et McChrystal, qui avait l’option inverse. Il a choisi une voie moyenne qui peine à fonctionner. A l’issue des débats sur les renforts nécessaires, il y a un an, il a opté pour 30 000 soldats de plus. Tout le monde savait que ce devait être zéro ou 100 000 de plus. On ne fait pas des demi-guerres.

Enfin, il abonde dans le sens des gens les plus réalistes de l’administration américaine. « Si la doctrine McChrystal ne fonctionne pas ou n’est plus acceptée, il faudra bien revoir la stratégie.

Et il n’y a plus qu’une option : celle du vice-président Joseph Biden, qui dit que l’Amérique a d’autres intérêts stratégiques que l’Afghanistan, qu’elle est piégée là par une guerre sans fin, et qu’il faut en sortir, en réduisant les troupes à une capacité de frappes ponctuelles contre Al Qaeda. Des trois lignes d’opérations, la sécurité, la gouvernance, le développement, Joseph Biden dit que seule la première marche -relativement. Le problème sera de réconcilier la stratégie avec ceux qui la mettent en œuvre. Il faudra aussi, probablement, repousser la date du retrait d’Afghanistan. »

Enfin, sur le poids de la France dans cette guerre que Nicolas Sarkozy avait gonflé au moment de l’entrée de la France dans l’OTAN, Desportes dit que « c’est une guerre américaine. Quant vous êtes actionnaire à 1%, vous n’avez pas droit à la parole ».

Pour Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade, la chose est vue : les troupes de l’OTAN n’ont rien à y faire et doivent être retirées au plus vite.

Christine Bierre

7 juillet 2010

http://www.solidariteetprogres.org/article6804.html


3-9 Engagez-vous, vous verrez du pays et vous deviendrez "facilitateur" !

"Nous avons un rôle de facilitateurs, pour que les Afghans trouvent des solutions afghanes à leur problèmes" explique le général Marcel Druart, ancien chef de la brigade Lafayette en Afghanistan, dans une récente interview au Dauphiné Libéré.

Etonnante mission militaire que celle-ci : être des "facilitateurs"  alors que la coalition occidentale a enregistré pas moins de 102 morts au mois de juin, le chiffre de pertes le plus élevé depuis 2001...

Ce rôle de "facilitateurs" passe tellement mal chez les militaires présents sur le terrain que l'une des premières décisions du général Petraeus, successeur de McChrystal, va être d'assouplir quelque peu les règles d'engagement et d'ouverture du feu. Hier à Bruxelles, il a reconnu que celles-ci "suscitent un certain malaise dans la troupe comme dans l'encadrement".

"Facilitateurs" pour quoi faire ? "Que les Afghans trouvent des solutions afghanes à leur problèmes", explique le futur chef des opérations à l'état-major de l'Otan, qui ajoute que "c'est une doctrine partagée par les autres pays des forces alliées".

Le plus simple ne serait-il pas de laisser les Afghans trouver, entre eux, des solutions afghanes ? Le risque est que celles-ci ne nous conviennent pas tout à fait... Comme l'avoue le général Druart : "les autorités locales sont plus difficiles à manier et ne sont pas tournées pleinement vers l'intérêt de la population". Ce qui signifie donc que "les forces alliées" sauraient mieux que les "autorités locales" où est "l'intérêt de la population".

 "L'idée coloniale", jadis décrite par le professeur Girardet, a, semble-t-il, un bel avenir.

Interrogé sur son bilan, le général Druart répond enfin avec une grande franchise : "Comme il s'agit essentiellement de perception, il est difficile de constater des progrès, de trouver les bons indicateurs. Les nombreux appels reçus par la radio en étaient un. La pacification de la route entre nos deux postes en est un autre. Nous avons instauré des partenariats de développement avec tous les villages. En outre, nous avons créé deux postes avancés dans une zone occupée par les résistants. Mais il est clair que nous n'avons pas atteint tous les objectifs ambitieux que nous nous étions fixés".

2/6

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/07/engagezvous-vous-verrez-du-pays-et-vous-deviendrez-facilitateur-.html


3-10 Le gouvernement US a fait du transfert des responsabilités à l'armée afghane l'un des piliers de sa politique sur place.

Il est impossible pour les Etats-Unis de savoir quand l'armée afghane sera capable d'assurer seule la sécurité du pays, car le système d'évaluation de sa compétence n'est pas fiable, indique un rapport officiel américain.

Selon cette enquête, effectuée par l'inspecteur général pour la reconstruction de l'Afghanistan, la méthode employée depuis 2005 pour estimer le niveau de compétence de l'armée et de la police afghanes comporte de nombreuses lacunes.

"A l'heure actuelle, nous ne connaissons pas vraiment le niveau de compétence des forces de sécurité afghanes", a déclaré lundi aux journalistes l'inspecteur général, Arnold Fields.

Les critères et classements utilisés varient énormément d'une région à l'autre du pays, souligne le rapport.

En outre, les chiffres concernant les effectifs de l'armée afghane sont surestimés et ne tiennent pas en compte l'absentéisme.

Et les soldats afghans ont tendance à régresser, même lorsqu'ils ont été bien notés par leurs mentors américains.

"Dès que nous aurons tourné le dos, l'ANP (la police afghane) cessera de faire ce que nous lui demandons de faire", se plaint une équipe d'évaluation citée dans le rapport.

Les formateurs, débordés et quelquefois eux-mêmes mal formés, déplorent la corruption et l'usage de la drogue parmi les militaires afghans.

Les exemples abondent de siphonnage de l'essence par des policiers, de vols d'armes, d'extorsion de fonds aux points de contrôle.

Les Etats-Unis ont dépensé à ce jour 27 milliards de dollars pour la formation et l'équipement des forces afghanes.

29/6

AP


3-11 es Etats-Unis donnent, secrètement, l'autorisation du trafic de drogue, en Afghanistan.

 Le directeur de l'Institut d'Etudes démocratiques, aux Etats-Unis, a annoncé que la production de drogue a redoublé, en Afghanistan, depuis le début, en 2001, de la guerre américaine, ce qui permet de croire que, pendant cette durée, les Etats-Unis ont donné, secrètement, l'autorisation du trafic des stupéfiants, dans ce pays. "La position de Washington vis-à-vis de la lutte contre le trafic de drogue, en Afghanistan, est immorale et inacceptable.", affirme le directeur de l'Institut états-uniens d’Etudes démocratiques. "Non seulement, les Américains n'ont pas éradiqué la culture du pavot, mais pire encore, ils autorisent, en cachette, le commerce ou le trafic de drogue, en Afghanistan.", a-t-il ajouté. Par ailleurs, le gouvernement afghan a annoncé que 63 trafiquants de drogue avaient été tués ou blessés, dans des affrontements armés avec les forces gouvernementales.

 05/07/2010

 http://french.irib.ir/index.php/info/international/item/97909-les-etats-unis-donnent-secretement-lautorisation-du-trafic-de-drogue-en-afghanistan


3-12 Les Afghans: de producteurs à consommateurs d'opiacés.

Selon cette nouvelle étude, le nombre de consommateurs réguliers d'opium a bondi de 53% à 230 000 en 2009, contre 150 000 en 2005, et celui des consommateurs d'héroïne a plus que doublé en passant de 50 000 à 120 000.

Des mères qui ne parviennent à calmer leur enfant qu'en leur soufflant de la fumée d'opium au visage. Des communautés entières «accro» à l'héroïne, sans possibilité de traitement, ou presque.

La consommation d'opiacés en Afghanistan a doublé au cours des cinq dernières années, d'après une étude de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) publiée cette semaine. Et plus largement, près d'un million d'Afghans, soit 8% de la population âgée de 15 à 64 ans, consomment régulièrement de la drogue, que ce soient des opiacés, du cannabis ou des tranquillisants. Parmi les 15-64 ans, 3% sont dépendants à l'opium et à l'héroïne.

Des centaines de milliers d'Afghans ont par ce biais trouvé un moyen d'échapper à la misère et à la guerre, constate l'ONU, qui a réalisé cette étude auprès de 2500 toxicomanes, responsables de communautés et dirigeants locaux, enseignants et médecins.

Ces chiffres placent l'Afghanistan à la troisième place des consommateurs d'opiacés dans le monde, derrière la Russie et l'Iran, précise Sarah Waller, une responsable du bureau de l'ONUDC à Kaboul. Et de rappeler une étude de 2005 qui avait établi qu'environ 1,4% des adultes afghans étaient dépendants aux opiacés, dans le premier pays producteur d'opium du monde.

Selon cette nouvelle étude, le nombre de consommateurs réguliers d'opium a bondi de 53% à 230 000 en 2009, contre 150 000 en 2005, et celui des consommateurs d'héroïne a plus que doublé en passant de 50 000 à 120 000.

Autant de statistiques montrant que si les pays occidentaux ont dépensé des milliards de dollars pour libérer l'économie afghane de l'économie de la drogue, la consommation d'opium et d'héroïne s'est ancrée dans la vie quotidienne. Et cette dépendance dresse une barrière supplémentaire dans le combat contre la drogue, principale source de revenus des résistants.

«Les conséquences humaines du problème de la drogue en Afghanistan ne sont pas seulement visibles dans les rues de Moscou, Londres ou de Paris. Elles concernent ses propres citoyens, dépendants de leur dose quotidienne d'opium et d'héroïne en majorité, mais aussi du cannabis, des calmants et des tranquillisants», constate Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l'ONUDC.

L'Afghanistan fournit 90% de l'opium mondial, une grande partie de l'héroïne et du haschich également. Les cultures sont concentrées principalement dans le sud du pays, où les résistants en contrôlent la culture et les routes de contrebande.

Mais face à cette consommation galopante, le pays dispose de peu de moyens pour soigner les personnes dépendantes. Dans le centre de traitement pour femmes Sanja Amaj Women de Kaboul, moins de dix femmes et enfants sont traités au quotidien. Elles attendent sur des lits de camp d'être examinées par un médecin, alors que les enfants dessinent et jouent. Mais pratiquement tous ces enfants sont dépendants, explique Abdul Bair Ibrahimi, coordinateur de l'aide aux enfants au centre Sanja Amaj. Il y a beaucoup d'enfants «accros» dès l'âge de quatre ou cinq ans et le plus jeune avait à peine un mois.

Au cours de cette visite en février dernier, un reporter de l'Associated Press avait rencontré une femme d'âge mûr, qui avait raconté avoir commencé à prendre de l'opium sous les résistants.

«J'ai perdu mes frères dans des combats et ma vie était misérable. Mon beau-frère consommait de l'opium, il me voyait pleurer et m'en a proposé», se souvient Shirin Gul. Il y a deux ans, un neveu héroïnomane est venu s'installer sous son toit et elle est passée à cette drogue plus dure. Elle vient d'être admise pour la deuxième fois au centre, après une rechute.

Sa fille de 15 ans, Gul Paris, est également soignée pour sa dépendance à l'héroïne qui a commencé par des vols de petites doses à sa mère et à son frère. «Je ne savais pas que c'était mauvais pour moi».

Ce fléau touche toutes les couches de la population, à l'image d'un test réalisé auprès des recrues de la police afghane, qui a révélé que 12 à 41% d'entre elles consommaient de la drogue. «C'est une tragédie nationale», reconnaît Ibrahim Azhaar, le ministre adjoint à la lutte anti-drogue.
05-07

www.cyberpresse.ca/.../01-4295322-les-afghans-de-producteurs-a-consommateurs-dopiaces.php


3-13 Des policiers accros à la drogue.

Selon l'Onu, 8 % des Afghans ont un problème de dépendance à une drogue. L'Afghanistan reste le premier producteur mondial d'opium.

Reuters

Le pays compte en moyenne deux fois plus de drogués que le reste du monde. Les forces de l'ordre ne sont pas épargnées. 40 % des soldats et policiers auraient un problème de dépendance.

Kaboul.De notre correspondante  

« Goal, Goal ! », crie Samiullah, le visage émacié, vêtu d'un large pyjama blanc à rayures bleues. Quelques secondes plus tard, les yeux rivés sur l'écran de télévision, c'est la déception. « Il a raté le but, quelle insulte pour son père ! » Samiullah regarde la coupe du monde de football de sa chambre d'hôpital, à Kaboul, où il est traité pour sa dépendance à l'héroïne. Il est policier, comme tous les autres patients en cure de désintoxication dans ce centre du ministère de l'Intérieur afghan créé au mois de janvier.

La toxicomanie reste tabou

« Les policiers restent au moins vingt jours ici, explique le docteur Abdul Rahman Taniwal. Nous prenons leurs affaires quand ils arrivent, nous les testons puis les soignons avec des médicaments et la psychothérapie. » Deux fois par jour, les médecins rendent visite aux patients dans leurs chambres et distribuent de quoi soulager les douleurs de digestion, les maux de tête, les insomnies liées au manque.

Puis les hommes sont réunis autour d'une équipe de travailleurs sociaux. « Il y a de la colère, vous êtes fâchés parfois, mais regardez comme vous allez mieux par rapport à votre arrivée !, lance Sultan, assistant social, levant les bras comme un acteur de théâtre. C'est vrai qu'il y a un manque d'équipements, mais le gouvernement ne peut pas tout faire. Vous devez accepter la souffrance pour recouvrer la santé. » Les hommes le regardent attentivement, mais réagissent mollement avant de quitter la salle.

De retour dans leurs chambres, les policiers sont plus loquaces. « Ils ne prescrivent pas assez de médicaments, alors qu'on a mal partout et qu'on ne peut pas dormir. Ils nous jettent ici ; c'est comme Guantánamo », remarque avec amertume et colère Amir, 32 ans. Les policiers réunis autour de lui hochent la tête. « Ils ferment les portes, on ne peut pas fumer, on n'a que deux repas par jour et on se lave dehors à l'eau froide. »

Les policiers n'ont pas non plus l'autorisation de contacter leur famille. Dans leur grande majorité, elles ne savent pas où ils se trouvent. La toxicomanie reste un tabou en Afghanistan, pourtant premier pays au monde producteur d'opium, d'héroïne et de cannabis. Les policiers n'ont jamais osé dire à leur famille qu'ils étaient envoyés en cure de désintoxication.

mardi 29 juin 2010

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Afghanistan-des-policiers-accros-a-la-drogue-_3637-1428380_actu.Htm


3-14 La CIA emploie les mercenaires de Blackwater.

La compagnie de sécurité privée américaine est à nouveau au centre d'une polémique : accusée de bavures et évincée d'Irak, elle vient de signer un contrat avec la CIA en Afghanistan.

Où l'on constate l'étonnante capacité de Blackwater à rebondir.

Rebaptisée «Xe» (prononcer «Zi», ndlr), la société controversée de sécurité privée vient de décrocher un contrat de 120 millions de dollars avec la CIA, rapporte le Washington Post.

L'accord prévoit qu'une filiale de Xe sera chargée de la protection pendant 18 mois des consulats américains de Herat et Mazar-i-Sharif, dans le Nord du pays. 

Le choix de Xe a de quoi étonner, étant donné le passé de la compagnie.

Si Blackwater a pris le soin de changer de nom, c'est parce qu'il était de triste renommée après avoir été impliqué dans plusieurs scandales en Irak, en particulier la mort d'au moins 14 civils à Bagdad en septembre 2007. Suite à cette affaire, le ministre irakien de l'Intérieur avait ordonné en février l'expulsion de 250 anciens employés de Blackwater. Pas plus tard qu'en mai dernier, Washington a également retiré à la compagnie le service de protection de ses diplomates à Bagdad.

Un marché colossal 

La signature de ce nouveau contrat intervient alors qu'une commission, mise en place début 2008 au Congrès américain, a lancé ce mois-ci des auditions pour évaluer les contrats gouvernementaux concernant les opérations en Irak et en Afghanistan. Un marché colossal - 200 millions de dollars en 2008 - et en constante augmentation - il a doublé entre 2001 et 2008. Selon le premier rapport de la commission, publié en juin 2009, près de 250.000 contractuels soutiennent les activités de l'armée américaine dans toute la région, dont presque 70.000 en Afghanistan. Parmi ces derniers, environ 20.000 agents de sécurité. Or ce marché, constate le rapport de la commission, est fortement exposé à la «fraude» et au «gâchis».

En cause notamment, les méthodes d'attribution des contrats aux sociétés privées. «Je dois vous dire qu'en zone de guerre, nous avons des besoins en terme de sécurité (…) Malheureusement, il y a peu de compagnies qui fournissent ce genre de sécurité», a déclaré dimanche le directeur de la CIA, Leon Panetta, pour justifier le choix de Xe en Afghanistan. Deux autres sociétés de sécurité, Triple Canopy et DynCorp International, étaient en lice pour décrocher ce contrat. Au cours d'une audition réalisée le 21 juin, une responsable du département d'Etat chargé des programmes internationaux a précisé les trois critères servant à départager les concurrents : «Les compétences techniques, les performances passées et le prix». «Le premier de ces critères est la compétence technique», a-t-elle assuré. A la question de savoir si les tristes états de service de l'ex-Blackwater ont été pris en compte, la représentante d'Etat a botté en touche. «Un jury que nous avions formé a estimé qu'ils étaient capables de faire le travail et qu'ils ont rectifié leur attitude», a de son côté affirmé le patron de la CIA.

Le contrat va au mieux-offrant

Reste une raison fondamentale qui a fait porter le choix sur Xe : le prix. La compagnie «a fourni une offre inférieure de 26 millions de dollars à celle de toutes les autres (…) Aussi n'y avait-il guère d'autre choix que d'accepter ce contrat», a expliqué Leon Panetta. Depuis 1990, une loi prévoit en effet que le «secrétaire d'Etat doit accorder les contrats à l'entreprise techniquement acceptable qui offre le prix le plus bas». En clair, à partir du moment où le dossier est «acceptable», le contrat va au mieux-offrant, et ce même si un concurrent plus cher offre de meilleures garanties.

Dans un rapport sur le sujet, la Commission du Congrès prônait une modification de cette loi, qui génère selon elle des effets pervers. Certaines entreprises sous-estiment en effet délibérément leur offre pour rafler la mise, quitte à ensuite trancher dans les coûts pour rester dans les clous du budget promis. Au détriment de la qualité du service. Pour illustrer son propos, le rapport s'appuyait justement sur le cas de l'Afghanistan. Début 2009, les agents de la compagnie chargée d'assurer la sécurité de l'ambassade américaine de Kaboul, ArmorGrouo North America (AGNA), ont en effet été accusés, par leurs «mauvais comportements», de «menacer la sécurité de l'ambassade». 

Le Figaro,

 28/06/2010

 


3-15 Guantanamo : Les dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage certaines analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information

 

1 USA: des médecins ont pratiqué des « expérimentations humaines » pour la CIA

Quand la médecine participe à l’amélioration des techniques de torture…

Ou quand l’horreur le dispute à l’abject. Les guerres ont toujours été l’occasion de grandes avancées dans le domaine médical, il suffit de revenir 60 ans en arrière pour s’en convaincre, avec par exemple les expériences de dépressurisation faites par les nazis sur les prisonniers.

Est-il légitime de chercher à élever la torture au rang de science ?

Qu’en est-il du respect de la personne humaine ?

Qu’en est-il de la légalité et du droit international ?

Georges W. Bush a reconnu récemment ces cas de torture sur Khalid Sheik Mohammed à Guantanamo et explique qu’il "recommencerait, pour sauver des vies".(…)

(Ses mémoires devraient paraitre à l’automne prochain.)

 

Les médecins américains qui assistaient aux interrogatoires de la CIA après le 11-Septembre réunissaient des données médicales permettant d’affiner les méthodes de torture, une pratique qui s’apparente à de l’"expérimentation humaine", selon une organisation.

"Il y a des preuves que les médecins calibraient la douleur infligée par les techniques d’interrogatoire et cherchaient à améliorer leurs connaissances sur ces techniques", a expliqué lors d’une conférence de presse Nathaniel Raymond, un responsable de Phycisians for Human Rights (PHR, Médecins pour les droits de l’homme), qui a publié lundi un rapport intitulé "expérimentations dans la torture".

"Il ne s’agit de logique à la Jack Bauer (l’agent spécial de la série "24 heures chrono", ndlr), mais de médecins qui recueillent des données utilisées pour déterminer si ce qu’ils observent rentre dans la définition de la torture" telle qu’elle a été établie par le ministère de la Justice de George W. Bush, a-t-il poursuivi.

Les auteurs du rapport ont appelé à une enquête exhaustive sur les pratiques autorisées contre les suspects de terrorisme sous l’administration Bush. Mais, comme d’autres organisations de défense des droits de l’homme, ils ont reconnu ne pas trouver "une volonté politique au Congrès ni dans l’administration de prendre en mains ces questions".

Pour établir le rôle joué par les médecins de la CIA dans l’amélioration de l’efficacité des techniques infligées aux détenus, PHR s’est appuyé sur des documents publics révélés depuis 2008, dont une série de notes internes qui ont attesté l’usage répété de la torture contre certains détenus enfermés dans les prisons secrètes de la CIA.

Les Etats-Unis ont théorisé au lendemain du 11-Septembre une liste de "techniques d’interrogatoires améliorées" que le ministère de la Justice a par la suite justifiées au plan légal en limitant l’appellation torture à "une souffrance mentale ou physique sur le long terme équivalente à la douleur ressentie lors de la défaillance d’un organe ou la mort".

Concrètement, PHR démontre dans son étude que les médecins ont par exemple observé que la simulation de noyade – qui a été pratiquée des dizaines de fois sur au moins deux détenus -, si elle était répétée trop souvent avec de l’eau simple comportait des risques que le détenu attrape une pneumonie. Ils ont donc recommandé le recours à une solution saline.

La différence entre la simulation de noyade pratiquée au tout début, à partir d’expériences ponctuelles sur des soldats volontaires, et après l’intervention des médecins "indique que les médecins de la CIA ont participé à la modification de la technique", affirme PHR.

De même, dit l’organisation, les médecins ont "analysé les données récupérées lors des interrogatoires de 25 détenus soumis à une combinaison de +techniques d’interrogatoire améliorées+" et ont estimé que celle-ci ne comportait pas de contre-indications médicales majeures.

Parmi les techniques les plus connues, figure la privation de sommeil, la nudité forcée, le ligotage pendant des heures dans des positions inconfortables ou encore l’exposition à des températures extrêmes.

Les médecins de la CIA servaient aussi de témoin, en cas de poursuites futures pour attester que les interrogateurs agissaient "en toute bonne foi", sous directives médicales et en présence d’un médecin.

"Ce rapport est la partie émergée de l’iceberg et il est nécessaire de conduire une enquête complète, de chercher les responsabilités et d’éviter qu’une telle chose puisse jamais se reproduire", a estimé Allen Keller, médecin spécialiste des effets de la torture lors de la conférence de presse.

AFP

AFP

Paru sur  Romandie News 

 07 juin

Published on juin 9, 2010 par GeantVert



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  • " Déclaration Universelle des Droits de l'Homme  - Article 19

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